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13 avril 2018 5 13 /04 /avril /2018 19:34
Le collectif Liberté pour Salah, qui regroupe plusieurs structures de soutien aux prisonniers palestiniens, organise samedi 14 avril, les Six heures pour la Palestine, à la salle du Cheval Blanc, à Plourin-lès-Morlaix.

Le collectif Liberté pour Salah, qui regroupe plusieurs structures de soutien aux prisonniers palestiniens, organise samedi 14 avril, les Six heures pour la Palestine, à la salle du Cheval Blanc, à Plourin-lès-Morlaix.

 

Le collectif Liberté pour Salah du Pays de Morlaix organise un rendez-vous majeur avec la mise en place des « Six heures pour la Palestine », en solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens. Cet événement se déroulera, samedi 14 avril, à Plourin-lès-Morlaix, à la salle du Cheval Blanc à partir de 16 h.

Le collectif regroupe une vingtaine d’associations, structures divers, syndicats et partis politiques qui militent pour la défense de Salah Hamouri, avocat franco-palestinien incarcéré sans jugement dans les prisons israéliennes. François Rippe, responsable du collectif explique : « Cet événement a été conçu comme un jour de solidarité avec Salah Hamouri et sa famille mais l’actualité brûlante et les récents événements tragiques de Gaza donnent un caractère particulier à cette journée de soutien ».

Dès 16 h 30, Claude Leostic, présidente de la plateforme des ONG françaises pour la Palestine, et Jean-François Chevallier, membre de la direction nationale d’Amnesty International, au cours d’une rencontre-débat, restitueront le contexte particulier dans lequel se trouve plongée la résistance du peuple palestinien en cette année 2018, année de commémoration de la création de l’État d’Israël mais aussi de la « grande catastrophe » vécue par le peuple palestinien depuis 1948.

À 19 h 30, un repas « Couscous solidaire » sera partagé au son de la musique du trio de musique irlandaise Blended.


http://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/afps-morlaix-six-heures-pour-la-palestine-samedi-14-avril-12-04-2018-11924292.php

samedi 14 avril, 16h-22h: 6 heures pour la Palestine à Plourin-les-Morlaix avec Claude Léostic, présidente de la plateforme des ONG pour la Palestine, et Jean-François Chevallier (Amnesty International)

Un message du collectif "Liberté pour Salah" du Pays de Morlaix (à relayer et partager sans aucune modération)

TOUS ET TOUTES A PLOURIN LES MORLAIX LE SAMEDI 14 AVRIL à PARTIR DE 16 H

Après la prolongation de la détention administrative de Salah Hamouri, la condamnation de Ahed et Nariman Tamimi à 8 mois de prison, celle de Munther Amira à 6 mois, avec les arrestations quotidiennes en Palestine et la répression coloniale qui s'abat violemment sur le peuple palestinien COMME A GAZA où elle a tué 16 personnes et en a blessé plus de 1400, plus que jamais notre engagement solidaire est indispensable et utile. 

Partout en France, cette solidarité doit s'exprimer et exiger du gouvernement français qu'il agisse fermement pour faire sortir Salah Hamouri de prison et intervenir auprès des israéliens pour que cesse la répression.

(et surtout n'oubliez de réserver pour le repas- merci)

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1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 11:43
Auguste Blanqui

Auguste Blanqui

Blanqui l’Insurgé, l’Enfermé Conférence - Diaporama de Philippe FRECHET

Mercredi 18 avril 2018

– 15h00 - Maison du peuple

– 1 impasse Tréguier – 29600 Morlaix

Entrée gratuite

Cette conférence-diaporama dresse le portrait d’Auguste Blanqui (1805- 1881), inclassable et irréductible révolutionnaire qui passa plus de 33 ans en prison pour ses idées. Avec le support d’un diaporama illustré d’une riche iconographie et de tableaux didactiques, Philippe Fréchet retracera d’abord la vie du révolutionnaire ; il donnera lecture de quelques portraits de Blanqui (tracés par ses amis ou ses ennemis) ; enfin, un rapide panorama des idées sociopolitiques de l’époque tentera de situer l’insaisissable Blanqui (et ses émules, les « Blanquistes ») dans ce fouillis idéologique.

« Lorsque je travaillais sur des sujets touchant à l’histoire politique du XIXe siècle (que ce soit pour ma conférence sur Louise Michel, pour celle sur Élisée Reclus ou celle sur Jean Jaurès), chaque fois, j’ai rencontré des mots qui revenaient tel un refrain : « Blanqui », « le blanquisme », « les Blanquistes »... avec, toujours, une sorte d’aura de mystère autour de ces termes, sans que jamais les choses soient très claires... Blanqui et les Blanquistes étaient-ils socialistes, communistes, anarchistes, autre chose ? Pourquoi ce personnage récurrent fut-il, sur la scène politique, à la fois aussi présent et, en même temps, aussi absent (du fait, bien sûr, de ses nombreux et longs séjours en prison) ?

Qui était Auguste Blanqui ?

Que voulait-il exactement ?

Comment comptait-il l’obtenir ?

Cette conférence tente de répondre à toutes ces questions. », dit le conférencier.

Philippe FRECHET est un ancien enseignant. Conférence à l’initiative du Comité Trégor-Argoat des Amies et amis de la Commune de Paris 1871

http://commune-1871-tregor.monsite-orange.fr

Blanqui, "l'Enfermé" au Château du Taureau pendant la Commune de Paris en 1871

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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 12:07
Photos de la conférence de Greg Oxley - Ismaël Dupont

Photos de la conférence de Greg Oxley - Ismaël Dupont

Une conférence passionnante de Greg Oxley sur la Révolution Française au local du PCF devant 32 personnes ce mardi 27 mars 2018
Une conférence passionnante de Greg Oxley sur la Révolution Française au local du PCF devant 32 personnes ce mardi 27 mars 2018
Une conférence passionnante de Greg Oxley sur la Révolution Française au local du PCF devant 32 personnes ce mardi 27 mars 2018
Une conférence passionnante de Greg Oxley sur la Révolution Française au local du PCF devant 32 personnes ce mardi 27 mars 2018
Une conférence passionnante de Greg Oxley sur la Révolution Française au local du PCF devant 32 personnes ce mardi 27 mars 2018
Une conférence passionnante de Greg Oxley sur la Révolution Française au local du PCF devant 32 personnes ce mardi 27 mars 2018
Une conférence passionnante de Greg Oxley sur la Révolution Française au local du PCF devant 32 personnes ce mardi 27 mars 2018

Greg Oxley, animateur du journal La Riposte, militant communiste parisien, guide conférencier pour des voyages culturels à Paris et en Europe, a animé une conférence d'une très grande richesse et clarté sur la Révolution Française (1789-1794) qui a vivement intéressé les participants de cette fin d'après-midi d'éducation populaire, hier soir, entre 18h-20h. 

32 personnes étaient présentes, dont 15 qui n'étaient pas membres du PCF, ce que nous considérons comme encourageant (d'autant que de nombreuses autres personnes invitées et intéressées s'étaient excusées, car non disponibles) et elles n'ont pas regretté leur présence tant l'introduction à la Révolution Française de Greg Oxley était limpide et stimulante, ouvrant des perspectives sur le présent, des analogies historiques, et résumant avec un sens de la perspective politique et de la synthèse cette succession d'événements très touffue et si importante pour l'histoire moderne de l'Humanité, avec des thèses fortes de Greg Oxley que nous allons retranscrire.

La prochaine conférence-débat des Mardi de l'éducation populaire de la section PCF du pays de Morlaix aura lieu le mardi 17 avril de 18h à 20h. 

Réunion publique ouverte à tous, au local du PCF, 2 petite rue de Callac

Ses thèmes:

Le combat des femmes pour la liberté dans une société traditionnelle et musulmane, la révolution et la guerre en Syrie, les Kurdes syriens, la complexité de cette société et de ces identités enchâssées, la gauche intellectuelle en Syrie et dans le Proche-Orient, l'écriture de la mémoire et de la guerre  

Témoignage - Rencontre avec l'écrivaine, Maha Hassan, originaire d'Alep, réfugiée en France depuis 2004 et d'origine kurde, vivant à Morlaix depuis deux ans.  

 

Morceaux choisis de la:

Conférence de Greg Oxley sur la Révolution Française

Morlaix, 27 mars 2018  

 

L'actualité encore vivante de la Révolution Française, si elle continue à nous parler, c'est d'abord par le caractère inabouti des promesses révolutionnaires de liberté, d'égalité, de pouvoir par et pour le peuple. Aujourd'hui, il y a sans doute une plus grande concentration de richesses entre les mains d'une minorité que pendant l'Ancien Régime. Les questions qu'a posé la Révolution sont toujours d'actualité. La Révolution Française est aussi un enjeu politique actuel puisque une série d'historiens depuis les années 90 pratiquent une forme de révisionnisme en pensant la révolution sans le peuple, comme si ce n'était pas l'acte et l'accomplissement de la population opprimée. 

Comme n'importe dans quelle révolution profonde et sérieuse, le peuple s'est cherché pendant les événements révolutionnaires. Ceux-ci ont comporté deux temporalités différentes, divisés par une période de contre-révolution et dont l'alternance coïncide aussi avec le déclenchement de la guerre européenne. La révolution française n'est pas une montée linéaire, c'est une longue série de soulèvements, de mouvements insurrectionnels,  plus ou moins progressistes dans leur manifestation, se déroulant sur de longues années. 

Les masses sont ordinairement passives. Pour la plupart des gens, de manière accoutumée, la politique, c'est l'affaire des puissants. La Révolution Française a été un de ces moments rares où les masses ont pris en main leurs propres destinées, sans toujours bien distinguer au départ vrais amis et faux amis. Une révolution est en même temps un apprentissage. 

Dans la première phase de la Révolution, orientée par la bourgeoisie mais stimulée par le peuple, le peuple imaginait qu'il avait conquis la liberté et qu'il y avait un compromis possible avec la monarchie. A suivi une phase de rempli révolutionnaire après la première poussée en avant entre juillet et octobre 1789, puis est venue une deuxième phase avec la fuite en Belgique de la famille royale fin 1791 et le début de la guerre révolutionnaire en 1792. 

La Révolution Française n'a pas une valeur essentiellement nationale, fondatrice de notre nation, les révolutionnaires ont voulu immédiatement lui donner une portée internationale, universelle, et les ferments de révolution étaient présents aussi dans d'autres pays. Le but de la constitution de 1793 est l'émancipation de l'humanité, la liberté universelle. Les masses étaient de 1789 à 1793 imprégnées de l'idée qu'elles luttaient pour toute l'humanité. C'était une menace pour les puissances européennes de l'époque. 

Le contexte: la France à l'époque pré-révolutionnaire. 

Entre fin XVIIe et fin XVIIIe siècle, une période de forte expansion économique. Le commerce et la croissance multipliés par cinq, sous la monarchie absolutiste qui n'est déjà plus féodale mais qui utilise aussi l'ascension économique et sociale d'une bourgeoisie commerçante, administrative et juridique, classe émergente, sous un état centralisé. 85% de la population vivait à la campagne. Sur les 28 millions de Français, 1 million de mendiants peut-être, des milliers de glaneurs, quelques vestiges de l'époque féodale dans le statut de certains paysans pauvre, une terre très inéquitablement répartie et utilisée. La bourgeoisie est déjà la classe dirigeante pour une grande part au sein de la société avant 1789, elle a de l'influence politique au niveau des Parlements. C'est aussi à ses calculs politiques et économiques qu'on doit l'intervention du royaume de France au côté des Américains lors de leur guerre d'indépendance dans les années 1770.

Beaucoup disent que la révolution française est une révolution de la prospérité plutôt que de la souffrance. La révolution aurait eu lieu parce que les gens allaient trop bien, en somme. C'est à mieux vrai, la révolution est rarement le fait de couches de la population trop enfoncées dans la misère, le désespoir, l'incertitude du lendemain mais il y avait des gagnants et des perdants du développement économique, des écarts entre les riches et les plus pauvres qui augmentaient. Arthur Young dans son tour de France de 1788 dont les observations ont été consignées dans Voyage en France remarque que littéralement, les pauvres tombent comme des mouches, hommes, femmes et enfants dans certaines régions. 

La Révolution politique est également précédée par une révolution d'idée: les certitudes de l'ordre idéologique dominé par l'église et la religion s'érodent, le royaume de France persécute les penseurs des lumières, les menace, les emprisonne, les force à l'exil, mais, pays de la répression et de l'obscurantisme, la France produit aussi des penseurs remarquables - Voltaire, Rousseau, d'Holbach, Diderot, d'Alembert, et leur projet encyclopédique. 

Dans cette effervescence idéologique, politique et sociale, l'élément déclencheur de la révolution va être une situation de quasi faillite pour l'état due aux pensions de la haute noblesse et au train de vie de la Cour, à la mauvaise répartition de l'impôt, avant même les dépenses de la guerre d'indépendance américaine. La France n'a pas eu les retours très importants escomptés sur ses investissements pour la guerre des Etats-Unis contre l'Angleterre. Turgot, Necker, Calonne, ont tenté sans succès d'imposer des réformes fiscales étendant l'impôt aux ordres privilégiés. 

En 1781, la première fois qu'il était ministre, Necker a fait un appel à l'opinion publique en publiant les comptes de l'Etat. Cela a fait l'effet d'une bombe. Le livre a été distribué clandestinement pour une part et reproduit à des centaines de milliers d'exemplaires: il montrait bien l'arnaque des comptes de l'Etat au profit des plus riches. L'élément déclencheur de la révolution française a été la nécessité de trouver de l'argent. Et, sur cette nécessité, s'est greffé, comme souvent à l'origine des révolutions, une lutte entre deux fractions de la classe dirigeante, en l'occurrence d'abord un conflit entre la cour et la noblesse. Le roi voulait taxer la noblesse pour combler le déficit de l'Etat. La noblesse a un temps mené campagne contre le roi en essayant d'exciter et d'ameuter le peuple pour défendre ses privilèges. 

C'est un climat d'agitation sociale et de comptes déficitaires de l'Etat qui a conduit à la convocation des états généraux. Le roi a essayé de manœuvrer, de faire payer la note en grande partie à la noblesse en s'appuyant sur la bourgeoisie. Mais qui était le roi, sinon le plus grand des aristocrates? 

L'emballement

Le 11 juillet 89, le roi demande à la troupe d'entourer la capitale. Il voudrait retrouver le statut quo ante d'avant les états généraux. Il est débordé par des éléments qu'il a lui-même mis en branle. Mais le prend les Invalides et ses deux cent mille fusils cachés dans les caves, et prend la Bastille. Le 14 juillet 1789 n'est que l'acte d'ouverture de la révolution. Une insurrection victorieuse dans la capitale qui a contraint le roi a composer avec la bourgeoisie représentée aux Etats généraux. Le 14 juillet a donné naissance à la Grande Peur dans les campagnes par crainte de la réaction aristocratique. La nuit du 4 août est un épisode de la révolution française sur lequel on raconte beaucoup de bobards. On sentait surtout le besoin de dire quelque chose pour calmer les campagnes. Les droits féodaux ont été abolis officiellement, mais beaucoup n'avaient plus cours, et surtout une loi de 1790 annonçait bien qu'il s'agissait pour le peuple de racheter les droits féodaux. L'Assemblée Nationale était à Versailles. Le 5 et 6 octobre 1789, la marche du pain sur Versailles, avec 30 000 femmes et beaucoup plus d'hommes, des gardes nationaux conduits par La Fayette, ramène la famille royale et l'Assemblée Nationale à Paris. Là où il y a le roi, il y a plus d'argent, plus de nourriture.

La volonté de terminer la révolution sur un ordre bourgeois monarchique  

Pour la bourgeoisie, la révolution aurait dû s'arrêter là, le peuple était à sa place, c'est à dire en bas. Les caractéristiques du projet de la nouvelle Assemblée Constituante sont le maintien de la monarchie, de l'esclavage, de la distinction entre citoyens actifs, et citoyens passifs, les producteurs précisément. Seuls les citoyens actifs avaient le droit de vote, et encore que les hommes. Les biens de l'église n'ont pas été vraiment nationalisés pour la répartition de la terre et le profit de tous, ils ont été vendus au plus offrant, aux propriétaires terriens, aristocrates, bourgeois. S'en est suivit une phase de déception, d"abattement, de démoralisation, de retrait de la population de la vie politique. 

Le complot contre-révolutionnaire

En dépit des réhabilitations contemporaines ou de sa présentation en coquette malheureuse, frivole et perdue, Marie-Antoinette n'avait rien d'une innocente. Il n'y a qu'à lire ses correspondances pour voir que c'était une femme sanguinaire qui félicitait un officier d'avoir infligé le supplice de la roue à des mutins, qui voulaient un bain de sang, faire pendre jusqu'au dernier les démocrates. Toute la famille royale a passé la révolution à conspirer. En juin 1791, quand elle est arrêtée à Varennes, elle cherche à faire jonction avec les armées contre-révolutionnaires afin d'organiser une attaque sur Paris avec les Prussiens, les Autrichiens, et de rétablir les droits de la monarchie par la violence. La monarchie a tenu encore 14 mois après cette trahison. L'Assemblée Nationale a protégé le roi. Le roi a été placé sous sa protection. Au Champ de Mars, La Fayette fait ouvrir le feu sur les éléments du peuple qui accusent le roi de trahison. La bourgeoisie voulait maintenir le compromis avec l'aristocratie et la monarchie. Dans l'Assemblée Législative, les députés monarchistes sont majoritaires. Cette Assemblée est assez conservatrice. Son but est de contenir le mouvement populaire, de conserver le compromis avec la monarchie, de contenir la menace militaire et de s'en servir pour donner un dérivatif aux colères et pressions populaires. Le Mouvement des Girondins a été important dans l'Assemblée Législative: c'était une mouvance qui représentait essentiellement les intérêts de la bourgeoisie maritime et qui voulait que la révolution s'arrête. Les Brissotins s'orientaient vers une politique de guerre pour écarter cette menace étrangère et établir la stabilité intérieure. Ils ont créer une agitation pour accommoder la population à l'idée d'une guerre. En avril 1792, le roi lui-même a fait la déclaration de guerre contre ses parents et cousins. Le calcul de la Cour était de faire sortir la masse révolutionnaire de Paris, de la placer sous le commandement des aristocrates favorables à l'Ancien Régime, de parier sur un retournement des officiers de l'armée française à la jonction avec les armées ennemies. Cette guerre représentée comme une guerre de défense contre la menace des monarchies, une guerre du droit et de la démocratie, avait en réalité pour une grande part des objectifs contre-révolutionnaires avec une alliance de fait des Brissotins et de la Cour. Un seul homme ou presque s'est opposé à ce complot et à cette politique de guerre: Maximilien de Robespierre, qui a résisté à cette vague patriotique puissante, en disant, sans être guère entendu: si vous vous lancez dans cette guerre, dans ces conditions, vous serez trahis, et cela se retournera contre la révolution. Ne laissez pas l'ennemi, les Tuileries, dans votre dos.  Mais Rosa Luxembourg a montré et vu à ses dépens que quand l'idée de guerre prend chez un peuple, il est impossible d'arrêter la machine. Le 20 avril 1792, la moitié des officiers sont passés à l'ennemi, dont La Fayette. Tous les avertissements de Robespierre étaient vérifiés. 

Le roi avait constitué un gouvernement de Girondins, avec des ministres des Feuillants, le parti monarchiste, quand les officiers passés à l'ennemi déboulaient sur Paris. Il y avait une menace mortelle pour la révolution. Chacun dans le camp révolutionnaire savait que qui défiait un roi, questionnait son autorité, s'il avait le malheur de perdre, était mort. En juin et juillet 1792, des ministères contre-révolutionnaires sont installés. Mais souvent, dans les épisodes révolutionnaires, on a eu besoin d'une menace contre-révolutionnaire pour ranimer la révolution elle-même. Les sections, clubs politiques et de pensée bourgeois, les 48 sections parisiennes, ont ouvert leurs portes aux citoyens passifs, intégré le petit peuple. La milice révolutionnaire aussi s'est ouverte au petit peuple. 

Le moment de la révolution avancée: les sans-culottes et Robespierre

Le 9 août 1792, la municipalité parisienne se transforme en commune insurrectionnelle. Le peuple n'écoutait plus l'assemblée législative; la commune insurrectionnelle repose sur les sections révolutionnaires, le petit peuple. Le 10 août, les Tuileries sont prises d'assaut et la monarchie renversée de fait. Les girondins se voient sur le dos d'une bête féroce qui veut renverser la monarchie. Ils vont tenter de composer. La deuxième phase de la révolution est une phase de révolution sociale animée par le petit peuple et des hommes comme Marat, Robespierre, Danton, St Just, partisans d'une démocratie plus radicale. Robespierre était le grand penseur de la révolution. Le peuple appelle de ses vieux la dictature révolutionnaire, c'est à dire le pouvoir du peuple lui-même, des mesures sérieuses pour les pauvres, des avancées sociales, faire échec aux contre-révolutionnaires. Il prend l'aristocratie et la bourgeoisie par la gorge, impose une économie de guerre, l'émancipation politique et sociale. La victoire de Valmy, celle d'une armée de volontaires quatre fois plus petite, moins organisée et armée, sur les Autrichiens et les Prussiens, a une résonance énorme. La victoire de Jemmapes suit rapidement. La Convention abolit l'esclavage, la monarchie: en janvier 93, Louis XVI est décapité, en octobre 93, c'est le tour de Marie-Antoinette: c'était des symboles de l'oppression et des points de ralliement pour la contre-révolution. 

Dans cette guerre civile nationale et internationale: c'était eux ou nous. La violence révolutionnaire était un mal nécessaire. En même temps, au final, après la bataille de Fleurus, la sécurisation des frontières correspond à une phase de repli du peuple révolutionnaire agissant. Robespierre perd sa base, attaque à droite et à gauche pour maintenir la révolution sur les rails. Un coup d'Etat a lieu contre lui le 27 janvier 1794 et il est exécuté le lendemain. Le danger contre-révolutionnaire écarté, les révolutionnaires d'avant-garde sont bousculés par les conséquences de leurs propres victoires. La Terreur n'avait été qu'une facette de cet immense effort révolutionnaire sans lequel la révolution eut été vaincue. 

Suit une longue période de désillusion, de terreur blanche qui a tué beaucoup plus de gens que la terreur rouge, de contre-révolutions finissant avec Napoléon et ses guerres impérialistes, la restauration en deux temps de la monarchie. Les masses qui ont accompli la révolution sont celles qui ont le moins gagné dans l'immédiat. Un siècle de monarchie va suivre la révolution.       

(...)                

Morceaux 

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25 mars 2018 7 25 /03 /mars /2018 12:39
Mardi 27 mars, 18h - Conférence-débat avec Greg Oxley sur la Révolution Française au local du PCF à Morlaix, 2 petite rue de Callac
Mardi 27 mars, 18h - Conférence-débat avec Greg Oxley sur la Révolution Française au local du PCF à Morlaix, 2 petite rue de Callac

EDUCATION POPULAIRE

LES CONFÉRENCES-DÉBAT DU PCF PAYS DE MORLAIX

Ouvertes à toutes les personnes intéressées

Greg Oxley

militant communiste à Paris, traducteur, animateur du journal La Riposte, qui était venu faire une conférence-débat très intéressante au local du PCF Morlaix le 26 février 2015, sur l'actualité de la pensée de Karl Marx, et une autre conférence passionnante le 15 février 2017 sur la Révolution Russe de 1917 reviendra pour une conférence-débat sur:

la Révolution Française: 
Les étapes, les hommes, et les logiques de cet événement considérable (1789-1794).  

LE MARDI 27 MARS de 18h à 20h au local du PCF 

2 petite rue de CALLAC 

Conférence suivie d'un apéritif convivial

 

Greg Oxley à Morlaix, local du PCF, en février 2017 (conférence sur la Révolution Russe de 1917) - photo Ismaël Dupont

Greg Oxley à Morlaix, local du PCF, en février 2017 (conférence sur la Révolution Russe de 1917) - photo Ismaël Dupont

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25 mars 2018 7 25 /03 /mars /2018 12:39
Samedi 14 avril, 16h-22h à Plourin-les-Morlaix: 6 heures pour la Palestine à Morlaix, débat avec Claude Léostic, présidente de la plateforme des ONG pour la Palestine, et Jean-François Chevallier, d'Amnesty International

Un message du collectif "Liberté pour Salah" du Pays de Morlaix
TOUS ET TOUTES A PLOURIN LES MORLAIX LE SAMEDI 14 AVRIL 
à PARTIR DE 16 H

Après la prolongation de la détention administrative de Salah Hamouri, la condamnation de Ahed et Nariman Tamimi à 8 mois de prison, celle de Munther Amira à 6 mois, avec les arrestations quotidiennes en Palestine et la répression coloniale qui s'abat violemment sur le peuple palestinien et en particulier sa jeunesse, plus que jamais notre engagement solidaire est indispensable et utile.
Partout en France, cette solidarité doit s'exprimer et exiger du gouvernement français qu'il agisse fermement pour faire sortir Salah Hamouri de prison et intervenir auprès des israéliens pour que cesse la répression.

(et surtout n'oubliez de réserver pour le repas- merci)

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25 mars 2018 7 25 /03 /mars /2018 08:31
Châteaulin. Conférence "L'écrivain dans la guerre"

Conférence animée par Maha Hassan, écrivaine kurde syrienne, dans la cadre des semaines syriennes.

 

Date : le samedi 31 mars à 10h30.
Catégorie : Débat / Conférence
Adresse : à Châteaulin, à la bibliothèque 
Gratuit
Organisateur : mairie de Châteaulin
La bibliothécaire Sandrine Colas, le peintre Jacques Hemery et Jérôme Carrière, le représentant local de l'association « Yalla ! Pour les enfants », préparent les Semaines syriennes qui rythmeront tout le mois de mars, à travers de nombreuses animations.

La bibliothécaire Sandrine Colas, le peintre Jacques Hemery et Jérôme Carrière, le représentant local de l'association « Yalla ! Pour les enfants », préparent les Semaines syriennes qui rythmeront tout le mois de mars, à travers de nombreuses animations.

Durant tout le mois de mars, les Semaines syriennes sensibiliseront, avec le concours de plusieurs structures et associations châteaulinoises, à la dégradation des conditions de vie des enfants syriens déplacés par le conflit.

À l'initiative de l'association « Yalla ! Pour les enfants » (Yalla signifie « En avant »), la Ville s'apprête à vivre un mois de mars rythmé par des événements défendant la cause des enfants syriens. L'école de musique, le cercle celtique, l'Agora, la bibliothèque et la section théâtre du lycée Jean-Moulin s'y préparent activement. La cause des enfants « L'idée, pour ce mois de mars, est d'organiser plusieurs manifestations afin d'expliquer la dégradation des conditions de vie des enfants syriens déplacés par le conflit », indique Jérôme Carrière, responsable local de l'association nationale Yalla !


Le Télégramme. 

Maha Hassan : Shéhérazade à Morlaix

Saviez-vous qu'à Morlaix vivait une grande conteuse et romancière de langue arabe, Maha Hassan ?

Maha Hassan est née à la littérature porteuse des histoires de sa grand-mère paternelle analphabète.

Halima, sa grand-mère spirituelle, une kurde syrienne, originaire d'un village du nord de la Syrie mais vivant à Alep pendant la jeunesse de Maha.

Son père, ouvrier d'une fabrique de tissus à Alep, était lui aussi analphabète.

Il n'y avait pas un livre dans la maison de Maha pendant sa jeunesse.

C'est pourtant grâce aux engagements de son père et à ses camarades du Parti Communiste que la jeune Maha va acquérir très jeune le goût des lectures complexes en commençant à tenter de comprendre les brochures communistes clandestines que font circuler les amis de son père.

« Mon père ne nous a pas éduqués dans le nationalisme. Il ne voulait pas que l'on se reconnaisse d'abord comme kurdes. Nous étions tous syriens, avec une société à construire ensemble, la culture ou religion d'origine était secondaire. La question kurde n'était pas sa priorité ».

Les lectures de Maha vont renforcer ses convictions universalistes.

Maha a un tel appétit d'apprendre qu'à partir de 15-16 ans, après les traductions arabes de Tchékov et Pouchkine, elle découvre Hegel, Marx et Nietzsche.

« Je pleurais quand je n'arrivais pas à comprendre des passages de la dialectique de Hegel ».

Ainsi parlait Zarathoustra était, dit-elle, un livre qui parlait aux lettrés kurdes du fait de la valorisation d'une origine culturelle indo-européenne de l'espace persique auxquels ils pensaient se rattacher.

Mais le grand initiateur est surtout Sartre, pour qui elle éprouve un amour immodéré, jusqu'à lire L'être et le néant à dix-huit ans dans une traduction arabe.

Quand elle arrive à Paris en 2004, Maha ne pense qu'à Sartre, lui parle intérieurement en se promenant dans ses endroits préférés : « J'attendais qu'il me réponde par les rêves, comme mes personnages de roman qui se découvrent pendant la nuit, mais il n'en a rien été ».

Plus tard, elle sera déçue d'apprendre certains aspects du grand ego qu'avait Sartre et le dénouement de sa relation d'amitié avec Camus, un autre des familiers de la jeune Maha Hassan, dont elle lut avec passion une grande partie de l’œuvre dans sa jeunesse.

Mais c'est sans doute l'auteur de La plaisanterie , Milan Kundera qui eut le plus d'influence sur elle et la naissance de sa vocation d'écrivain, par sa prodigieuse liberté, sa faculté à prendre de la hauteur face à la peur et aux mesquineries produites par une dictature policière pour affirmer les droits de l'individu vivant et de l'esprit.

Comme un de ses personnages de roman, Maha Hassan eut l'impression de « respirer Kundera » en circulant dans le quartier de Montparnasse.

Le responsable de l'Institut du Monde Arabe ne crut pas sans doute lui faire un tel plaisir quand il lui dit qu'elle écrivait comme l'écrivain tchèque. C'était faux, sans doute. C'était pour l'encourager.

Pendant des mois, néanmoins, Maha s'exerça pour s'amuser à écrire un chapitre selon ses façons spontanées, un chapitre narré comme un pastiche de Kundera.

Le premier écrit publié de Maha Hassan (elle a dix-neuf ans) est une nouvelle à dimension érotique à peine voilée, « Le marié du doigt », traitant entre autre de manière déguisée de la masturbation des femmes, nouvelle qui paraît dans une grande revue intellectuelle de Beyrouth, Al Naqid, « Le Critique » où son nom apparaît au côté de celui de Samih Alqasim, un grand écrivain. le magazine publie aussi Mahmoud Darwich. Maha ouvre de grands yeux et n'en revient toujours pas ! Jusque dans son exil morlaisien, elle garde cette revue qui la fait rentrer en deux temps trois mouvements dans la cour des grands.

Pour elle qui avait confié à dix-neuf ans le manuscrit à un ami se déplaçant au Liban, c'est complètement inespéré. Évidemment, la nouvelle est interdite de publication par le régime syrien, ainsi que les autres du recueil.

Sans doute en raison de la folle audace d'une écriture qui explore les tabous de la sexualité et de la condition féminine. Pour d'autres raisons aussi, peut-être.

Pour justifier l'interdiction des Chants du néant (2009, qui paraîtront finalement au Liban), un roman qui pose pour la première fois la question existentielle propre aux kurdes, ce qu'a relevé la censure du régime des al-Assad, c'est le caractère subversif d'une note faisant référence à la tradition de la kabbale qualifiée de « soufisme » des Juifs.

Dans la Syrie des Al-Assad, le Juif est l'ennemi par excellence et tabou, le régime appuyant une partie de son entreprise de légitimation sur son statut de résistant à l’État d'Israël.

Autant dire que Maha Hassan sera relativement déboussolée au départ d'être invitée pour plusieurs mois à une résidence d'écrivaine dans l'immeuble d'Anne Frank à Amsterdam après qu'Human Rights Watch lui ait décerné le prix Hellman-Hammett en 2005 réservée aux écrivains persécutés, un prix attribué après les excès du maccartysme aux Etats-Unis.

Un immeuble plein de fantômes, d'éclats de rire et de frissons de peur, pour travailler, dans un voisinage invitant à se questionner plus que tout autre sur la question de l'identité et du piège nationaliste et xénophobe des identités exclusives, identifiées à des appartenances collectives héritées et enfermantes. Maha Hassan réfléchit d'ailleurs aujourd'hui à un livre qui aurait pour titre «le péché d'identité ».

Maha Hassan qualifie elle-même son écriture de « littérature bâtarde ». Ce n'est pas de la littérature kurde, parce qu'elle écrit en arabe. Ce n'est pas de la littérature arabe « pure » parce qu'elle porte une mémoire collective kurde avant même d'avoir appris à parler. Ce n'est pas de la littérature arabe non plus parce qu'elle a découvert la littérature et la philosophie européennes avant Naguib Mahfouz ou d'autres grands écrivains arabes, parce que ses références intellectuelles sont autant occidentales qu'orientales.

La jeune fille issue d'un quartier et d'une famille populaires d'Alep où l'on ne connaissait pas les livres s'est ouverte au monde libérateur de la littérature grâce à la générosité d'un libraire qui lui prêtait des livres traduits qu'elle n'avait pas les moyens de payer.

Après la parution de sa nouvelle dans une grande revue libanaise, elle écrit un livre moins scandaleux pour les autorités syriennes, mais qu'elle aime beaucoup aussi, L'infini, qui paraît en 1995 chez un éditeur de Lattaquié.

C'est pour ses derniers livres, publiés en arabe au Liban, chez les éditions El-Rayyes, dirigé par le responsable du magazine qui l'avait fait connaître à 19 ans, en 1993, pour sa nouvelle détonante, et qui attendait d'elle une confirmation de son talent, que Maha Hassan commence à être reconnue dans le petit monde littéraire des pays arabes.

Elle fait des salons en Tunisie, en Palestine, en Egypte, aux Emirats. Ceux qui paient ne sont pas toujours les pays où l'on trouve le plus de lecteurs, mais les rois du pétrole ou autres princes en quête de reconnaissance internationale.

Deux de ses romans ont été sélectionnés dans la liste finale du prix Booker Arabe.

Maha Hassan a néanmoins le sentiment que le fait d'être kurde rend pour elle la reconnaissance littéraire moins aisée dans le monde arabe.

Ses premiers livres sont considérés comme féministes, parlant de condition féminine, de sexualité, de conservatisme religieux, de politique. En 2000, ses livres sont interdits de parution en Syrie. Dans les romans, écrits depuis son exil français et publiés au Liban reviennent le sujet des crimes d'honneur contre les femmes (« Les filles des prairies », Banât al-barârî – 2011).

Maha Hassan

Maha Hassan

Dans Cordon Ombilical (2010), on a le portrait de deux femmes partagés entre Orient et Occident, interrogeant les notions d'identité kurde, d'appartenance, de relation à l'autre.

Dans les Tambours de l'amour (2012), son avant-dernier roman publié, Maha Hassan construit le premier récit romanesque de la révolution syrienne prenant en comptant l'an unde la révolte démocratique du peuple syrien contre Bachar-al-Assad et son régime d'oppression, révolution qui comme plus tard la guerre syrienne malgré toute sa barbarie, va révéler à eux-mêmes et à la liberté des jeunes femmes et jeunes hommes qui vont se défaire de leurs peurs et des corsets sociaux pour affirmer leur désir d'engagement, de dignité, de vie.

Ce roman est sur le point d'être publié en Italie où il bénéficie déjà d'une très bonne critique.

Maha Hassan m'a dévoilé hier la trame narrative de son dernier roman, le premier qui sera écrit en français, grâce au concours de Anne Cousin et de l'association Tro-coat, qui a fait la rencontre de Maha et lui a proposé cette collaboration pour écrire en français à la suite d'un travail en atelier d'écriture et de leur présentation première lors d'un débat avec l'écrivain yéménite ami de Maha Ali Al Muqri à la librairie « A pleine voix » à Morlaix, tenue par Laurent Baudry.

C'est une fresque historique très ambitieuse et palpitante, avec des situations romanesques fascinantes, où une moderne Shéhérazade et sa fille traversent quarante ans d'histoire de la Syrie. Une première partie met en scène deux femmes en quête de bonheur et d'émancipation d'un quartier traditionaliste d'Alep que la loi des hommes dominedeux femmes qui vivent avec leur mari commun derrière le QG des moukhâbarât, les forces de sécurité du régime, cruelles et despotiques, qui y torturent à tour de bras. La deuxième partie nous plongera dansl'actualité de la guerre en Syrie, où vont s'affronter des jeunes qui se connaissaient dans le camp djihadiste et dans le camp des peshmergas, ce qui donne à Maha Hassan l'occasion d'explorer ce qu'il y a de nouveau dans la condition féminine kurde dans le fait de combattre, et de combattre les partisans d'une forme religieuse dévoyée, portant la haine des femmes,obscurantiste, totalitaire, ultra-violente. 

Entendre et imaginer le déploiement de ce roman à travers quelques indications de cette magnifique et profonde conteuse qu'est Maha Hassan ne donne qu'une envie : que ses précédents romans soient vite publiés en français. Pour y lire ses histoires d'amour, de libération féminine, de relation à la tradition, aux identités, à la tyrannie du régime syrien. Pour y découvrir ses personnages riches et attachants. Quand elle était étudiante, Maha a fait le tour des partis révolutionnaires et contestataires, kurdes ou communistes.

Maha Hassan avec Anne Cousin à la MJC de Morlaix dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale décembre 2017

Maha Hassan avec Anne Cousin à la MJC de Morlaix dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale décembre 2017

Maha Hassan et Ismaël Dupont - novembre 2017, pour le portrait interview du Chiffon Rouge

Maha Hassan et Ismaël Dupont - novembre 2017, pour le portrait interview du Chiffon Rouge

Son père avait très peur qu'elle s'engage trop en politique même s'il ne s'est pas opposé à ce qu'elle fasse des études, comme pour sa sœur cadette, étudiante en droit elle-aussi, car les moukhâbarât n'hésitaient pas à violer et violenter les filles rebelles ou soupçonnées de l'être. Malgré la défense de son père, Maha était une fille têtue et a mené ses expériences en femme libre et courageuse, affrontant la pression du groupe et des hommes, malgré la peur, omniprésente dans le régime d'oppression de la Syrie d'Hafez-al-Assad puis de Bachar-al-Assad.

Son premier rendez-vous contraint avec les services de sécurité date de ses dix-huit ans, quand, pour financer ses études, elle s'apprête à postuler pour un poste d'institutrice remplaçante et que les renseignements font chantage sur elle dans un bureau de l'éducation nationale et lui demandent de donner des informations sur les amis de son père (les communistes sont pourchassés, emprisonnés, torturés par Hafez-al-Assad). Elle refuse et son certificat de nomination est déchirée sous ses yeux.

C'est à la suite d'un énième entretien forcé avec les moukhâbarât au moment de la révolte kurde au début des années 2000 et de sa répression par le régime qu'elle décide de quitter la Syrie, puis de gagner la France où elle obtient l'asile politique en 2004, d'abord logée pendant quelques mois à la maison des journalistes, avant de rencontrer Philippe, son amoureux breton, et d'arriver à Morlaix avec lui il y a deux ans.

Depuis son père et sa mère sont décédés en Syrie, sa mère des suites du bombardement de sa maison par la rébellion islamique à Alep. Ils ont été enterrés à la va-vite dans un jardin public, dans le quartier de Khaledia. La maison familiale n'existe plus.

Maha a demandé en vain un visa humanitaire pour sa mère et sa sœur au plus fort de la guerre. Beaucoup de ses voisins, de ses amis, sont morts aussi, la plupart victimes des assassinats et tortures du régime. Un de ses voisins a été torturé à mort parce que son frère s'était engagé dans l'armée rebelle.

Ses frères et sœurs sont en Suède, en Finlande, au Pays-Bas, en Allemagne dans un camp pour réfugiés, en Turquie.

Sa mère a été interrogée par les services de sécurité du régime après le départ de Maha : elle leur a dit, pour protéger tout le monde, car sa fille était morte.

Morte à une partie d'elle-même peut-être, mais si vivante dans son désir d'être heureuse, de créer, de construire une littérature d'émancipation éclairant le monde pour le transformer.

Maha connaît la douleur d'avoir été contrainte de quitter son monde, son pays et de le voir disparaître dans la plus fratricide et barbare des guerres. Néanmoins, elle n'en condamne pas pour autant une révolte démocratique qui, au départ, voulait seulement dénoncer la barbarie de la police de Bachar-al-Assad qui avait torturé affreusement des adolescents, exiger plus de justice, de démocratie, de liberté d'expression, moins de corruption et de clientélisme, plus d'égalité. Une révolte laïque où l'on trouvait des jeunes et moins jeunes de toutes les origines culturelles de la Syrie. Pour elle, la guerre a aussi réveillé les Syriens, la révolution a libéré beaucoup de femmes, allant jusqu'à parler de « baiser de la guerre ».

Elle a espéré, espéré, les six années précédentes, que le régime criminel allait enfin tomber, qu'il allait cesser d'assassiner le peuple syrien en toute impunité. En vain, aujourd'hui, elle constate que la guerre est un affrontement d'intérêts internationaux, que Daesh est devenu l'ennemi premier, que Bachar, le boucher de Damas, est revenu au centre du jeu, même pour les Américains et les Français.

Quant aux Kurdes, ils ont agi de manière pragmatique en cherchant à faire progresser leur volonté d'indépendance ou d'autonomie en se protégeant des agressions du régime comme des islamistes djihadistes. Néanmoins, dans sa famille, son frère, kurde, lui aussi, combattait la répression du régime avec ses amis arabes.

Aujourd'hui, Maha vit en exil d'elle-même, ni là-bas, ni tout à fait ici, malgré le plaisir qu'elle a à sentir la sollicitude, la franchise et la vie sereine des Bretons et à vivre à Morlaix avec son ami.

Chaque nuit, chaque sieste ou presque la ramène par ses rêves en Syrie.

Dans la journée, elle a des moments d'absence, où elle retrouve Alep et ses amis et parents.

La littérature est un des moyens qui lui reste pour éprouver son existence.

Littérature de l'exil, littérature de l'affirmation vitale et des naissances à soi, à l'amour et à l'autre, par-delà la tradition patriarcale, le despotisme, la guerre.

Péché d'identité... Tout dernièrement, Maha a découvert que sa grand-mère maternelle était arménienne, qu'elle avait été adoptée à cinq ans par sa famille kurde alors que ses parents allaient à l'abattoir oavaient déjà été massacrés par les génocidaires turcs et leurs alliés.

Cette grand-mère d'origine chrétienne arménienne avait donné à son premier fils le nom de Mohamed, vivant toute sa vie dans la dissimulation et la culpabilité par rapport à ses origines.

Cette vie tragique est un roman dont le continent reste à explorer... Comme la littérature de Maha Hassan pour le lecteur français. 

Entretien avec Ismaël Dupont - 29 novembre 2017

Romans de Maha Hassan publiés au Liban ou en Syrie :

Titres traduits de l'arabe:

- Métro d'Alep

- Bonjour la guerre

- Les Tambours de l’Amour, éditions El-Rayyes, Beyrouth, Liban, 2012.
Les filles de prairies (roman), éditions El- Rayyes, Beyrouth, Liban, 2011.
Cordon ombilical, éditions El- Rayyes, Beyrouth, Liban, 2010. (sélectionné sur la liste du prix du roman arabe «Booker»).
Chants du néant, éditions El- Rayyes, Beyrouth, Liban, 2009.
Le tableau de la couverture. Les murs de déception sont plus hauts, éditions Nashiron, Syrie, 2002.
L’infini- récit de l’autre, éditions Al-Hiwar, Syrie, 1995.

Une rencontre extraordinaire avec Maha Hassan, accompagnée notamment de Jean-Laurent d'Amnesty International, et d'Anne Cousin, son amie qui écrit un roman en français avec elle, à la MJC ce soir.

Morceaux choisis des paroles fortes de Maha Hassan, cette écrivaine syrienne vivant à Morlaix depuis deux ans qui à tant à dire, raconter, analyser des souffrances de son pays, des pouvoirs de la littérature, de sa vie au confluent des cultures et des drames de l'histoire:

" J'ai commencé par là, venue à la littérature grâce à la politique de mon père, analphabète, mais qui fréquentait beaucoup de camarades communistes instruits, qui m'amenait à ses réunions, ce qui me permettait de lire des brochures clandestines avec des portraits de Lénine, de Marx, que je gardais et étudiais précieusement, mais aussi parfois des petits livres de Tolstoï, Tchékov, Pouchkine... Puis ça a été la rencontre avec les textes de Marx, Sartre, Camus. La politique de mon père, cela a permis aussi que l'on considère qu'il était légitime qu'une femme étudie, lise. C'était une éducation plutôt libérale pour une fille en Syrie. J'étais l'aînée, acceptée dans un milieu d'hommes, plutôt anti-conformiste. L'engagement politique, cela a été un pass pour un autre monde. J'ai commencé par là, l'envie de raconter l'histoire, les histoires des femmes autour de moi, les histoires de mes grand-mères d'origine kurde, arménienne, arabe, analphabètes mais magnifiques conteuses. Dans cette société, écrire ou penser, c'est un crime, un péché. Dans ce contexte, j'ai écrit: je suis née pour conter, pour écrire. J'ai faite mien le titre d'un livre de Gabriel Garcia Marquez: "Vivre pour la raconter." Après, il y a eu de la censure sur mes livres, une interdiction de publier mes romans, c'était insupportable. Il fallait l'autorisation du ministère de l'information et des services secrets pour publier. Je ne savais pas pourquoi on me censurait. La raison fondamentale sans doute: une fille kurde qui veut publier, avec un père communiste, c'est forcément suspect. J'avais tous les péchés. J'aurais voulu continuer ma vie en Syrie, mais c'était l'écriture, la publication, auxquelles je tenais plus que tout. En 2004, avec la répression du début de rébellion kurde, les choses étaient devenues très compliquées et dangereuses pour nous. Je suis né pour écrire, si quelqu'un m'empêche d'écrire ou de publier, c'est une prison pour moi. Je suis la fille de l'exil, des schizophrénies d'une vie partagée entre langue arabe et mémoire kurde, Orient et Occident".

"Avant la guerre, avec mes amis, mes voisins, on ne faisait pas de différence entre kurdes, arabes, sunnites, chiites, musulmans, alaouites, chrétiens. Aujourd'hui, c'est autre chose. Le conflit a généré des fractures communautaires ou les a aggravées. Pourtant, du temps d'Hafez al-Assad, les langues kurde et arméniennes étaient interdites, les spécificités culturelles réprimées, à tel point que les enfants des villages kurdes forcés d'apprendre un arabe écrit classique comme à la télévision parlait davantage l'arabe châtié des médias officiels que comprenaient à peine les arabes parlant le dialecte des campagnes ou des quartiers".

"Pour moi l'écriture, c'est comme la toile de Pénélope, sans cesse on remet le travail sur le métier, on défait et refait ce que l'on a déjà fait, pour se découvrir soi-même, pour découvrir la liberté. C'est un exercice permanent. Cela permet de se libérer de ses peurs, d'apprivoiser ses douleurs, de se faire le porte-parole d'opprimés, les femmes notamment. Cela permet de se regarder soi-même il y a quinze ans, vingt ans, de prendre pitié de soi, d'avoir peur pour soi, rétrospectivement. L'écriture, c'est aussi une maladie: c'est pas facile, on vit avec les fantômes des gens, les douleurs des gens. Je suis finalement satisfaite et fière d'être née dans cette société compliquée qui me permet d'exprimer ce que beaucoup de femmes ont ressenti, n'ont pu écrire. Pour moi, l'écriture est un acte pour mieux se connaître à chaque moment".

"J'ai connu plusieurs exils dans ma vie, plusieurs fois je me suis sentie étrangère: 
Un père venu d'un village vers la grande ville d'Alep. 
Etre kurde dans un pays où cette identité est niée, où parler kurde est interdit, porter en arabe, cette langue si belle et que j'aime, dont j'ai fait mon passeport mais qui n'est pas encore tout à fait la mienne aujourd'hui, la parole et les histoires du peuple kurde. Car l'identité kurde n'est pas l'identité arabe, la mémoire kurde est spécifique, même si je n'ai jamais été pour le nationalisme et la mise en avant communautariste en Syrie. 
Etre une femme libre dans un pays et une société qui les opprime. 
Devoir quitter ma ville, mon pays, mes parents, pour avoir la liberté de m'exprimer et ne pas être inquiétée par la police de Bachar al-Assad en tant que kurde, fille de communiste, intellectuelle, femme libre... 
Vivre en Hollande en se disant française. 
Vivre à Paris à proximité de beaucoup d'amis mais sans m'y sentir si bien, vraiment. 
Je sens que la Bretagne, elle m'accueille. Les bretons sont un peu comme les kurdes, francs, authentiques, accueillants. La Bretagne, c'est trop riche pour moi, on s'y sent bien "

"Eve, c'était la première révoltée contre le texte, contre le désir de Dieu. C'est elle qui a persuadé Adam de goûter du fruit défendu, celui de l'arbre du savoir. Je ne suis pas féministe mais je sens que la femme a un sens profond de la révolte. La littérature que j'écris, c'est celle qui porte la douleur, les malheurs, le désir de liberté et de bonheur de la femme orientale. J'aimerais que ma littérature porte un message de paix et d'amour et même temps qu'elle fasse comprendre la misère des femmes arabes et de Syrie, soumises à la claustration, à la loi patriarcale, à la répression des désirs, à une éducation qui nie parfois leur droit au bonheur et à l'individualité, au viol, aux crimes d'honneur".

" Hafez-al-Assad, dont le portrait sévère, sans sourire, était partout, pour les Syriens, c'était comme un Dieu terrible, on le craignait plus que Dieu, on osait même pas penser du mal de lui. C'était Big Brother. J'avais trente ans quand il est mort. Quand on nous l'a annoncé au travail, je ne pouvais pas y croire, j'avais peur, peur d'exprimer quelque émotion, soulagement, peur qu'on considère que j'étais pour quelque chose dans cette mort, cette calamité nationale, lui qui devait être éternel, indestructible, comme la Syrie elle-même. On n'imagine pas comment la dictature était intériorisée, s'exerçait sur les esprits et les émotions".

"Comment des Margot, des belles filles, peuvent abandonner des droits conquis de haute lutte pour les libertés démocratiques, pour la liberté des femmes, l'avortement, l'égalité juridique, pour aller faire un pseudo djihad en Syrie et arriver là-bas, être traitées comme des moins-que-rien, des créatures du diable, dans le cadre d'une morale du moyen-âge, vivre à l'ombre de mecs incultes et violents, qui ont mené leur vie de petits caïds auparavant en France ou en Europe, avec les nanas, le shit, les boîtes de nuit, et qui voudraient maintenant l'austérité et la religion totalitaire pour tous? Cela me dépasse complètement cela m'abasourdit, c'est un mystère et une grande souffrance. Pourquoi les valeurs de la République Française ne peuvent pas suffire à prémunir contre les séductions du djihadisme et ses "valeurs" du Moyen-Age? Qu'est-ce qu'on a raté dans notre société pour en arriver là? C'est peut-être le problème de la France, autant et plus que le problème de l'Islam". Je pose les questions mais je ne donne pas les réponses".

"Oui je pourrais parler de la Bretagne dans mes romans, de cette beauté, de cette liberté, de cet accueil que je trouve ici, mais pour l'instant, quand la guerre est devant moi, je ne peux pas tourner le dos. Et quand c'est la femme qui fait la guerre, car les kurdes font la guerre à Daesh, il faut que j'essaie de comprendre et faire comprendre ce que ça signifie".

 

 

Propos recueillis lors de la réunion du 2 décembre 2017 par Ismaël Dupont. 

 

Samedi 31 mars, 10h30, bibliothèque de Châteaulin: Maha Hassan, l'écrivaine morlaisienne d'origine kurde syrienne invitée pour une conférence-débat à Châteaulin sur L'écrivain dans la guerre à l'occasion des Semaines Syriennes à Châteaulin organisées par l'association "Yalla! Pour les enfants"
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14 mars 2018 3 14 /03 /mars /2018 09:35
Festival L'autre c'est toi, c'est moi - Vendredi 16 mars à Ti an Oll, Plourin-les-Morlaix, 20h30: conférence gesticulée Les marges de l'universel - dimanche 18 mars, 15h: Lettre à Adama, sur un racisme devenu ordinaire...

 

Vendredi 16 mars. à 20h30, à Ti an Oll

Conférence gesticulée "les marges de l'universel"

sur la décolonisation, l'esclavage à partir d'une histoire familiale sur 3 continents (Afrique, Antilles et Europe) et de l'histoire française (du Code noir aux lois esclavagistes, à la colonisation, et au racisme encore en place aujourd'hui).

Et du 9 au 24 mars, à Ti an Oll Collecte de médicaments pour la Grèce, via l'association Bretagne Grèce Solidarité Santé. Possible de déposer les médicaments toute la journée à Ti an Oll.

 

Festival L'autre c'est toi, c'est moi - Vendredi 16 mars à Ti an Oll, Plourin-les-Morlaix, 20h30: conférence gesticulée Les marges de l'universel - dimanche 18 mars, 15h: Lettre à Adama, sur un racisme devenu ordinaire...
Lattre à Adama

L'histoire d'un racisme devenu ordinaire

Le dimanche 18 mars 2018

15h00

Ti An Oll
1 Rue des Genêts

Plourin-lès-Morlaix 29600

Rencontre avec Assa Traoré, Marine N’Guyen et Céline Ziwès
La vie d’Assa Traoré a basculé le 19 juillet 2016, un soir de canicule où son frère cadet Adama est déclaré mort dans la cour de la gendarmerie de Persan. Mains menottées dans le dos, face contre terre, asphyxié. Ce jour-là, il devait fêter ses 24 ans. Dans sa «Lettre à Adama», Assa Traoré raconte une lutte citoyenne inédite contre les violences policières, une bataille judiciaire et médiatique pour déconstruire les mensonges et rester dépositaire de l’histoire d’Adama. Elle met en lumière le déterminisme auquel sa famille n’a pas échappé et dénonce le
rôle des forces de l’ordre face à une jeunesse marginalisée et stigmatisée au quotidien.

DIMANCHE 18 MARS / 15H / Ti an Oll, Plourin-lès-Morlaix
OUVERT À TOU.TE.S / PRIX LIBRE / Inscription obligatoire : 02 98 72 54 27

Soirée de lancement de la nouvelle collecte de médicaments en soutien au peuple grec, en présence de bénévoles qui sont allés dans les dispensaires grecs. Face à la crise depuis des années, le peuple grec n’a plus les moyens de se soigner.  Soirée de lancement de la collecte VENDREDI 9 MARS / À 20H30 / Ti an Oll, Plourin-lès-Morlaix OUVERT À TOU.TE.S / GRATUIT  Collecte de médicaments DU 9 AU 24 MARS / dans le hall de Ti an Oll

Soirée de lancement de la nouvelle collecte de médicaments en soutien au peuple grec, en présence de bénévoles qui sont allés dans les dispensaires grecs. Face à la crise depuis des années, le peuple grec n’a plus les moyens de se soigner. Soirée de lancement de la collecte VENDREDI 9 MARS / À 20H30 / Ti an Oll, Plourin-lès-Morlaix OUVERT À TOU.TE.S / GRATUIT Collecte de médicaments DU 9 AU 24 MARS / dans le hall de Ti an Oll

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4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 05:33
Jean-Michel Galano introduit à la révolution théorique Karl Marx à Morlaix ce 31 janvier
Jean-Michel Galano introduit à la révolution théorique Karl Marx à Morlaix ce 31 janvier
Jean-Michel Galano introduit à la révolution théorique Karl Marx à Morlaix ce 31 janvier
Jean-Michel Galano introduit à la révolution théorique Karl Marx à Morlaix ce 31 janvier
Jean-Michel Galano introduit à la révolution théorique Karl Marx à Morlaix ce 31 janvier
Jean-Michel Galano introduit à la révolution théorique Karl Marx à Morlaix ce 31 janvier

Le jeune Marx, le rapport à l'idéalisme philosophique, au matérialisme, au travail, à la nature sociale de l'homme, l'histoire, l'aliénation, l'appropriation, le lien entre nature, conscience et construction sociale, l'anthropologie nouvelle construite par Marx, les rapports de classe et le lien avec la liberté, la règne de la marchandise, du "devoir compter pour compter vraiment" ont émaillé la conférence très vivante du professeur de philosophie Jean-Michel Galano au local du PCF, 2, petite rue de Callac, autour de la nouveauté et de l'actualité de Karl Marx, devant 30 personnes ce mercredi 31 janvier à Morlaix. Un beau moment d'éducation populaire et une introduction stimulante à la pensée du penseur allemand du communisme.

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31 janvier 2018 3 31 /01 /janvier /2018 07:59
Conférence-débat avec Jean-Michel Galano sur la pensée de Marx et les 150 ans du Capital le mercredi 31 janvier 2018 à Morlaix, au local du PCF, 2, petite rue de Callac
Conférence-débat avec Jean-Michel Galano sur la pensée de Marx et les 150 ans du Capital le mercredi 31 janvier 2018 à Morlaix, au local du PCF, 2, petite rue de Callac
Les communistes du pays de Morlaix vous invitent à une réunion publique sur l'actualité de la pensée de Marx à l'occasion des 150 ans de la parution du Capital et du succès du fil "Le jeune Karl Marx" de Raoul Peck ce mercredi 31 janvier à 16h30, au local du PCF Morlaix, 2 petite rue de Callac, à Morlaix. 
 
34% des jeunes considèrent que le communisme à encore une actualité, révélait la semaine passé un sondage de la fondation Gabriel Péri présenté par L'Humanité. Seulement 28 % des jeunes jugent que les idées communistes n'ont plus aucune pertinence, contre 57 % des plus anciens.
 
Nous y voyons un motif d'espoir pour reconstruire une ambition révolutionnaire face à un système capitaliste de plus en plus brutal et régressif pour les droits et les libertés. Cela passe aussi par une réflexion  théorique et une connaissance de la pensée de Marx, qui a bien des égards, continue à nous faire penser le monde d'aujourd'hui. 
 
Venez participer à cette formation d'éducation populaire avec Jean-Michel Galano, philosophe, ancien professeur agrégé de classe préparatoire, avant sa tournée costarmoricaine les 1,2,3 février pour animer les débats autour du film "Le jeune Marx".

Le philosophe Jean-Michel Galano, ancien professeur agrégé en classe préparatoire, membre du PCF, sera à Morlaix, à l'invitation de la Fédération et de la section de Morlaix, pour animer une conférence débat sur l'actualité du Marxisme, à l'occasion de l'anniversaire de la publication des 150 ans du Capital.

La conférence-débat visant à introduire à la pensée économique, sociale et philosophique de Marx aura lieu mercredi à 16h30 au local du PCF, 2 petite rue de Callac à Morlaix.

Toute personne intéressée peut y participer.      

Conférence-débat avec Jean-Michel Galano sur la pensée de Marx et les 150 ans du Capital le mercredi 31 janvier 2018 à Morlaix, au local du PCF, 2, petite rue de Callac
Conférence-débat avec Jean-Michel Galano sur la pensée de Marx et les 150 ans du Capital le mercredi 31 janvier 2018 à Morlaix, au local du PCF, 2, petite rue de Callac
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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 07:31
Organisé par la section PCF de Brest, un débat très riche sur l'industrie maritime dans le cadre des états généraux du progrès social... Jeudi 24 janvier au bar le Mouton à cinq pattes à Brest
Organisé par la section PCF de Brest, un débat très riche sur l'industrie maritime dans le cadre des états généraux du progrès social... Jeudi 24 janvier au bar le Mouton à cinq pattes à Brest
Organisé par la section PCF de Brest, un débat très riche sur l'industrie maritime dans le cadre des états généraux du progrès social... Jeudi 24 janvier au bar le Mouton à cinq pattes à Brest
Organisé par la section PCF de Brest, un débat très riche sur l'industrie maritime dans le cadre des états généraux du progrès social... Jeudi 24 janvier au bar le Mouton à cinq pattes à Brest
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Organisé par la section PCF de Brest, un débat très riche sur l'industrie maritime dans le cadre des états généraux du progrès social... Jeudi 24 janvier au bar le Mouton à cinq pattes à Brest
Organisé par la section PCF de Brest, un débat très riche sur l'industrie maritime dans le cadre des états généraux du progrès social... Jeudi 24 janvier au bar le Mouton à cinq pattes à Brest

Débat sur l'industrie maritime brestoise au bar le Mouton à 5 pattes place Guérin à Brest. Organisée par la section PCF de Brest dans le cadre des états généraux du Progrès Social, animée par Remi Salaün, ancien travailleur de l'arsenal, et Erwan Rivoalan, tous deux membres du PCF et de la CGT, avec des interventions introductives de Guy Jourden, président du conseil de développement économique pour la métropole de Brest, de Olivier Le Pichon, secrétaire de l'UL CGT, de Stephane Créach, représentant le comité régional CGT, l'union départementale, membre du Ceser, puis des interventions notamment de travailleurs de l'industrie maritime et de la construction navale, comme Christian Gagou et un employé de Damen, de Dominique Gontier, pour la commission maritime du PCF Finistère, de Roland de Penanros, pour l'Université européenne pour la paix, de Louis Aminot, de Gérard Le Briquer, ancien responsable Transport, mobilité à la direction nationale de la CGT, ce débat qui a duré 2h, réuni une trentaine de personnes, et était enregistré par la radio locale Pikez, a été particulièrement riche.

L'industrie est passée depuis 30 ans de 20% à 12% dans la part de la richesse nationale, c'est le fruit du choix du retrait de l'Etat, des privatisations, de l'absence de pilotage stratégique et de planification, du choix de la concurrence et des plus-values pour les actionnaires. Par exemple, il ne faudrait que 100 millions d'euros pour financer les équipements relançant la construction navale à Brest, à rapporter aux 43 milliards versés aux actionnaires qu'à coûté le CICE à l'Etat. Aujourd'hui, le plan EMR breton de constructions d'hydroliennes semble patiner alors que c'est un secteur d'innovation industrielle et de production énergique durable essentiel. Depuis 20 ans, le personnel construction, réparation navale est passé de 9000 à 10000 emplois à Brest, à 3500, dont 600 salariés simplement à statut d'état à Naval Group. Le secteur de la déconstruction, qui doit être investi avec une protection des salariés contre l'amiante, présente un potentiel d'une centaine d'emplois nouveaux. Le progrès social suppose une véritable stratégie industrielle, qu'on ne laisse pas le marché décidé, que l'Etat reprenne une main-mise sur des secteurs qu'il n'aurait jamais dû privatiser, a fait valoir Olivier Le Pichon. Il faut des pôles publics industriels et une planification des pouvoirs publics nationaux et régionaux. Aujourd'hui, on laisse les groupes à capital privé se concurrencer stérilement plutôt que de développer l'activité de manière cohérence: Alstom produit ainsi des éoliennes offshore contre EDF et GDF. Pour ce qui est de la construction de navires militaires, cela doit s'intégrer à une réflexion politique globale sur les conditions de la guerre, sur la défense que nous voulons, mais il faut, si on construit des navires, que la production soit 100% publique, sous contrôle des arsenaux. La réparation navale civile, avec ses enjeux en termes de sécurité sur mer et d'écologie, doit aussi recevoir un financement public pour être développée dans nos ports. 75 000 bateaux passent par le rail d'Ouessant, bien plus s'arrêteraient pour réparation si les règles internationales de sécurité maritime étaient plus strictes et si on développait l'infrastructure de réparation sur Brest. Malheureusement, le choix de développer le nucléaire militaire à l'île longue a figé également des possibilités de développement de la construction et réparation navale civile sur Brest. Pour Guy Jourden, tout cumulé, les emplois liés à la mer dans l'agglomération brestoise représentent 15 000 emplois, 23% de l'emploi local. Pour lui, les champs d'éoliennes flottantes sont bien programmés, vont créer beaucoup d'emplois de maintenance, et le polder à Brest va servir, inévitablement. 2 éoliennes flottantes à installer par mois comme c'est prévu dans la programmation, cela fait du boulot. Les usines de fabrication se trouvent au Havre et à St Nazaire. Les grands groupes privés de bétonneurs comme Vinci et Bouygues se positionnent. L'industrie maritime reste un des avenirs de Brest, mais pas le seul. Un bateau de pêche à construire ou déconstruire, c'est aussi de l'industrie. La Britanny Ferries fait construire un bateau en Allemagne, réparer en Pologne, alors qu'elle est financée par le Conseil Régional: est-ce normal? Mais avons nous les capacités aujourd'hui de proposer le service en Bretagne? Stephane Créach a rappelé que Brest restait le 1er port de réparation navale civile. Il a avancé aussi que pour la première fois, à l'échelle nationale et régionale, on était en train d'écrire une stratégie de la mer et du littoral. Auparavant, en dépit du potentiel, la France n'apparaissait pas comme un grand pays maritime. L'économie maritime est et doit rester une économie diversifiée. C'est quand on fait de la mono-activité qu'il y a des coups durs. C'est la mixité qui fait qu'on a une richesse industrielle. A l'époque, il y a 30 ans, l'armée de croyait pas en la déconstruction navale, on préférait faire appel au Bangladesh pour ces tâches peu valorisées et ingrates. On a vu ce que ça a donné en terme social, de santé publique, d'écologie. Il n'est plus acceptable non plus d'océaniser nos navires avec des métaux lourds. La richesse de Brest, c'est sa diversité industrielle: la recherche, le nautisme, la navale militaire, la réparation navale civile, ce sont des activités complémentaires qui ne se contredisent pas. Après, la question, c'est comment on implique les salariés, les citoyens, les territoires dans les choix de développement, y compris dans les stratégies d'entreprise. Pour Stephane Créach, l'enjeu aujourd'hui est de dépasser les constats et les déclarations pour travailler sur un projet maritime progressiste. Les énergies renouvelables marines se développent avec des fonds publics: 220 millions investis par l'Etat, la région, la métropole. Cela doit aboutir: c'est budgété. Les salariés doivent être porteurs de revendications et de projets, ils ne doivent pas se cantonner dans un rôle de réaction par rapport à ce que d'autres décident pour eux. Ils doivent proposer, mettre en débat. Pour Stephane Créach, ce qui est dangereux, c'est la volonté de spécialisation des ports, les activités mixtes sont une garantie. Pour le reste, on ne peut pas expliquer les restructurations par la mondialisation. C'est simplement le choix de verser par exemple le marché de l'armement, extrêmement juteux, vers des intérêts privés. L'industrie maritime pour Stephane Créach a de l'avenir à Brest avec la construction-conversion-déconstruction des navires, de la flotte sous-marine, le passage à 35% d'énergie renouvelable en Bretagne. Ensuite, le salarié de Damen présent à fait état des départs en retraite non remplacées dans la boîte, faisant passer l'effectif salarié de 220 à 150, avec des recrutements surtout d'hollandais et de travailleurs détachés.

Suite du compte rendu du débat plus tard...

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