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4 août 2019 7 04 /08 /août /2019 05:44

 

La canicule, avec ses longues sécheresses et ses orages dévastateurs, rappelle que la souveraineté alimentaire n’est pas acquise. Il y a urgence à adapter nos pratiques agricoles et réduire la taille des exploitations pour améliorer la qualité des sols et nourrir les générations futures.

À Mâcon, lors de son 50 e congrès en juin 2016, le syndicat Jeunes Agriculteurs avait mis en exergue ce mot d’ordre : « Des fermes plutôt que des firmes. » Le syndicalisme paysan des moins de 35 ans soulignait, via ce slogan, les difficultés qu’il rencontrait pour favoriser l’installation de jeunes paysans quand leurs aînés partaient en retraite. Souvent, les terres appartenant à différents propriétaires vont désormais agrandir des fermes déjà grandes. Nous sommes dans une Europe où les dirigeants des États membres de l’Union comme le collège des Commissaires agissant depuis Bruxelles semblent totalement incapables de proposer une politique agricole qui donnerait enfin la priorité à la coopération et à l’écologie. Le réchauffement climatique nous en montre pourtant l’urgence. Mais l’accord de libre-échange que la Commission européenne vient de conclure avec les pays du Mercosur est de nature à mettre en cause notre souveraineté alimentaire, tout en favorisant la croissance des émissions de CO 2 de l’agriculture au niveau mondial.

Il devient urgent de promouvoir, au niveau communautaire, une politique qui favorise la souveraineté alimentaire tout en réduisant le bilan carbone de l’assiette de 500 millions d’Européens. Une nouvelle réforme de la politique agricole commune (PAC) viendra en débat au cours des prochains mois. Il faudrait la fonder sur la promotion de l’agroécologie dans tous les pays membres. Car il s’agit de la seule voie possible pour freiner le réchauffement climatique. Et pour y parvenir, il nous faut des fermes plutôt que des firmes, gérées par des exploitants ayant une vision à long terme de leur métier.

Réduire le bilan carbone de chaque litre de lait de vache et de chaque kilo de viande bovine passe par une exploitation rationnelle de l’herbe composée d’un mélange approprié de graminées et de légumineuses, tout en réduisant progressivement les importations de soja comme les apports d’engrais azotés sur nos prairies, qui sont aussi des puits de carbone. En France, cela suppose qu’on garde un fort réseau d’exploitations familiales et sociétaires à taille humaine. Dans ces fermes, les vaches continueront d’aller au pré de mars à novembre. Il ne faut surtout pas développer l’antimodèle de la ferme dite des 1 000 vaches, en plus grand encore. Car, cela se traduirait forcément par une alimentation avec un bilan carbone désastreux.

Promouvoir sans attendre l’agroforesterie

Compte tenu du retard et des incohérences qu’on perçoit au niveau planétaire face au réchauffement climatique, il apparaît que la plupart des régions françaises seront durement impactées par ce phénomène d’ici à 2050. Notre agriculture peut encore limiter les effets négatifs de ce réchauffement. Voilà pourquoi l’agroforesterie doit être mise en place sans attendre. Il s’agit ici de planter des arbres dans les prairies comme dans les champs cultivés en rangs bien alignés, à raison d’une cinquantaine de troncs par hectare. Avec une multitude d’objectifs aux effets positifs cumulés, offrant de l’ombre aux animaux, captant plus de carbone, favorisant l’évapotranspiration par les feuilles, produisant des fruits, du bois à pellets, mais aussi du bois d’œuvre dans un horizon de 50 ans et plus…

Oliviers, noyers et noisetiers

Plus immédiatement, disposer de davantage d’oliviers, de noyers et de noisetiers pour produire de l’huile permettrait un moindre recours aux oléagineux comme le colza et le tournesol, cultivés annuellement pour cet usage. De même, relancer les châtaigneraies sur les terres pauvres et acides de certaines régions nous permettrait de consommer moins de céréales annuellement par habitant.

Il est également impératif de favoriser la conversion progressive d’un plus grand nombre d’exploitations françaises à l’agriculture biologique, tant pour répondre à une demande croissante des consommateurs que pour réduire le recours aux intrants chimiques. Cela implique que les paysans redeviennent des observateurs vigilants de la nature, ce qui n’est possible que par la pratique de l’agroécologie sur des fermes à taille humaine. Car, la France, comme l’Europe, doit relever en même temps les trois défis que sont la souveraineté alimentaire, la lutte contre le réchauffement climatique et l’amélioration de la qualité des sols.

Il est impossible de relever de tels défis en soumettant notre agriculture à des distorsions de concurrence. L’agroécologie est incompatible avec les accords de libre-échange comme celui que la Commission européenne, en toute fin de mandat, a signé avec les pays du Mercosur, le 29 juin 2019. S’il entre en vigueur, il permettra à quatre pays d’Amérique du Sud d’exporter chaque année en Europe 99 000 tonnes de viande bovine à tarifs douaniers réduits, en plus des 60 000 tonnes résultant d’un accord précédent. À cela s’ajouteront 100 000 tonnes de blanc de poulet, 180 000 de sucre et 450 000 d’éthanol. La contrepartie se traduirait notamment par une baisse des tarifs douaniers sur les voitures et les produits pharmaceutiques exportés sur le continent sud-américain par les industriels européens.

Mais cela se ferait sur le dos de nos paysans, donc au détriment de notre souveraineté alimentaire avec, de surcroît, des risques pour notre santé. Qu’il s’agisse du soja, du maïs ou de différentes viandes, les produits exportés par ces pays d’Amérique du Sud proviennent surtout de fermes géantes. Certaines pratiquent deux récoltes par an sur les mêmes parcelles de soja OGM résistant au glyphosate. Mais comme les mauvaises herbes y résistent aussi de mieux en mieux, au fil des ans les épandages de pesticides par avion sont en progression constante, provoquant des maladies aux abords des zones de cultures, ainsi que de nombreuses malformations chez les nouveau-nés.

Au Brésil, dans le Mato Grosso, le groupe agricole Bom Futuro, situé à Campo Verde, à une centaine de kilomètres de la capitale régionale, est passé en quelques années de 2 500 à 420 000 hectares de soja cultivés par an. Mais, au Brésil, 242 nouveaux pesticides, dont 42 dans la seule journée du 24 juin 2019 (1), ont été autorisés depuis l’arrivée au pouvoir du président Jair Bolsonaro et son équipe.

Lourd impact européen sur la déforestation

Ces chiffres sont révélateurs. Ils montrent que, sil était ratifié par le Parlement européen et les pays membres de l’Union, cet accord relancerait la déforestation en Amazonie et conduirait l’Europe à importer des produits toxiques dont elle peut se passer via la mise en place d’une agriculture plus autonome, plus diversifiée et plus écologique – pour peu que la prochaine réforme de la PAC soit orientée en ce sens.

Consommateur trompé

Prenant connaissance de la conclusion de cet accord, le président Macron a déclaré, le 29 juin, depuis le G20 qui se tenait Osaka au Japon : « Je l’ai toujours dit, un bon accord commercial est bon pour nos entreprises et nos emplois, et cet accord permettra d’ouvrir les marchés agricoles et industriels, et de protéger nos indications géographiques. Cet accord à ce stade est bon. »

Tous les syndicats paysans sont d’un avis opposé et l’ont fait savoir. Fait inhabituel, les syndicats majoritaires que sont la FNSEA et Jeunes Agriculteurs ont, dès le 1 er juillet, adressé au chef de l’État une lettre ouverte dans laquelle ils expliquent que cet accord « est inacceptable pour les agriculteurs français et européens car non seulement il menace des filières sensibles et stratégiques, mais en plus il nous place en porte-à-faux vis-à-vis des consommateurs. (…) Au-delà des producteurs, c’est le consommateur qui est trompé par cet accord ».

Il reste à voir si une pression de plus en plus forte en direction de l’Élysée, de Matignon, des assemblées parlementaires peut déboucher sur la non-ratification de cet accord mortifère pour notre agriculture et la santé des consommateurs.

(1) Article de Claire Gatinois, correspondante à S ão Paulo, dans « le Monde » du 28 juin 2019.

Gérard Le Puill

 

 

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3 août 2019 6 03 /08 /août /2019 05:32

 

Depuis 2012, l’ONG Global Witness s’attelle à recenser les crimes commis à l’encontre des militants environnementaux. L’an dernier, 164 personnes ont été tuées à travers le monde.

Il s’appelait Julian Carrillo, et c’est sur son histoire que Global Witness, ONG internationale de défense des droits humains et environnementaux, ouvre son dernier rapport. Le 24 octobre 2018, le corps de ce militant mexicain, vif opposant aux exploitations minières qui phagocytent l’État du Chihuahua, a été retrouvé criblé de balles. C’est le sixième membre de sa famille à se faire assassiner dans des circonstances similaires en deux ans, le quatorzième à l’être au Mexique en un an, son nom s’ajoute donc à un macabre inventaire. À son instar, rapporte Global Witness, 163 activistes environnementaux ont été tués en 2018 à travers le monde pour avoir défendu leurs terres, leur eau, leurs forêts et plus généralement leurs droits. Selon l’ONG, 40 meurtres au moins impliquent des forces de sécurité étatiques. En moyenne, l’an dernier, « plus de trois personnes ont été assassinées chaque semaine », résume l’organisation qui, depuis 2012, s’attelle à opérer le décompte des harcèlements et homicides dont sont victimes les militants écologistes.

Les Philippines, où on dénombre au minimum 30 personnes assassinées, sont le pays qui détient désormais le record des exactions meurtrières. Des exécutions pour moitié liées au développement de l’agrobusiness, et généralement perpétuées par de véritables milices – au service d’industriels – sur lesquelles les autorités ferment les yeux, quand elles ne leur prêtent pas main-forte.

Les populations indigènes payent le plus lourd tribut

Si l’archipel asiatique détrône pour la première fois le Brésil en la matière, la situation n’y est pas nouvelle pour autant, pas plus qu’elle n’est exceptionnelle dans le monde. Plus de la moitié des meurtres constatés en 2018 l’ont été en Amérique latine, qui, depuis que l’ONG a commencé à publier ses rapports, s’est constamment rangée en tête des régions les plus affectées par ce type d’exactions, entre autres du fait d’une « forte tradition de militantisme pour les droits humains ».

Globalement, le secteur de l’agriculture industrielle arrive en deuxième position de ceux auxquels le plus de crimes sont associés (21 morts en 2018), juste après celui de l’extraction minière (43 morts). L’eau, enfin, se hisse de façon fracassante au rang des ressources pour lesquelles on tue le plus. Global Witness constate « une escalade des meurtres de défenseurs liés à sa protection ». De 4 en 2017, leur nombre est ainsi passé à 17 en 2018.

Côté victimes, ce sont les populations indigènes qui payent le plus lourd tribut, suivies de près par les petits paysans. Encore tous ces chiffres ne reflètent-ils qu’une part de la vérité. « Le bilan réel est probablement bien plus élevé, dans la mesure où beaucoup de cas ne peuvent être recensés » et que les enquêtes, localement, sont rarement menées jusqu’au bout.

Enfin, si le nombre global de meurtres identifiés en 2018 s’affiche moindre qu’en 2017 – on comptabilisait alors 207 morts –, cela ne doit pas laisser croire à une tendance durable. En juillet 2019, « les signes sont préoccupants et indiquent que la situation empire pour l’environnement et ses défenseurs », prévient l’ONG. La hausse du nombre de dirigeants populistes contribue à juguler toute velléité de protestation et, avec elle, l’usage plein et entier des droits.

Pour la première fois, Global Witness s’est ainsi attachée à recenser la criminalisation étatique de leurs actions. « Les conséquences sociales et politiques sont généralement désastreuses. » C’est le cas au Brésil, où le nouveau président, Jair Bolsonaro, a promis d’ouvrir les réserves indigènes à l’agro-industrie et à l’extraction minière.

Marie-Noëlle Bertrand

 

Les démocraties occidentales criminalisent les militants

On s’y fait nettement moins tuer, mais tout n’y est pas rose : les démocraties occidentales aussi se font épingler par Global Witness. Pour la première fois, l’ONG accorde un large chapitre aux cas de criminalisation d’activistes environnementaux. Et d’en siter plusieurs exemples. Aux États-Unis, Red Fawn Fallis, représentante indigène et opposante au Dakota Access Pipeline, a été condamnée à 57 mois de prison, accusée d’avoir brandi un revolver alors qu’elle était plaquée au sol par les forces publiques. Plus proches de nous, en Grande-Bretagne, trois militants anti-gaz de schiste se sont vu condamner à 15 et 16 mois de prison après avoir manifesté aux abords d’un site dirigé par la firme Cuadrilla… dont le Financial Times a rapporté qu’elle aurait dépensé plus de 253 millions de dollars pour obtenir le droit de produire commercialement du gaz de schiste au Royaume-Uni.

 

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1 août 2019 4 01 /08 /août /2019 05:57

 

Des OGM 2.0, il en existe depuis longtemps en raison d’un flou juridique. Alors que la Cour de justice européenne impose de les détecter depuis un an, Bruxelles traîne des pieds pour les évaluer et les contrôler.

Tandis que le Ceta vient d’être voté par les députés, le réseau européen des Amis de la Terre alerte sur le risque de voir importer massivement des OGM de nouvelle génération. L’inquiétude est d’autant plus grande que l’Union européenne n’a pas la capacité de les détecter. Sachant que les pays européens importent déjà ces plantes génétiquement modifiées…

Certes, il existe depuis 2001 une directive européenne qui réglemente les organismes génétiquement modifiés (OGM). Sauf que celle-ci ne concerne que les OGM dits de première génération, obtenus par transgenèse (c’est-à-dire par l’introduction d’un gène étranger). Ceux obtenus par mutagenèse (modifiés sans apport extérieur, à partir de leur propre génome), eux, avaient alors été exclus du champ d’application de la directive avec l’argument qu’ils étaient utilisés depuis longtemps « sans impacts sanitaires ou environnementaux constatés ». Vu qu’ils peuvent reproduire ce qui existe dans la nature, ils étaient considérés comme plus « naturels ». Un argument d’ailleurs souvent avancé par l’industrie agroalimentaire…

Des OGM cultivés et commercialisés dans l’opacité la plus totale

Pendant toutes ces années, un grand flou a été entretenu en Europe sur le statut juridique de ces produits issus de nouvelles techniques. Du coup, ces organismes créés en laboratoire n’ont pas été soumis aux règles de traçabilité, d’approbation et de contrôle imposées aux OGM transgéniques. Concrètement, cela signifie que des milliers d’hectares de tournesol et de colza, rendus résistants à certains herbicides par le biais de la mutagenèse, ont été – et sont toujours – cultivés en Europe, et donc en France…

C’était compter sans une décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) tombée en juillet 2018. Saisie par plusieurs organisations françaises, dont la Confédération paysanne, la Cour a tranché le débat, estimant que les produits obtenus par mutagenèse sont bien des OGM. Une décision qui doit donc les soumettre d’office aux mêmes règles en matière d’évaluation des risques sanitaires, d’obligation d’étiquetage, de traçabilité et de surveillance. Et c’est là que le bât blesse.

L’association les Amis de la Terre Europe a récupéré des documents attestant que, en avril 2017, les autorités européennes ont stoppé des travaux destinés à développer des outils permettant de détecter ces nouvelles techniques de modifications génétiques ; et un rapport sur le sujet rendu en mars dernier souligne les difficultés techniques pour pouvoir identifier ces produits… « La Commission européenne n’est pas à l’aise avec l’arrêt de la CJUE, analyse Christophe Noisette, rédacteur en chef d’Inf’OGM. Elle considère que les conclusions à tirer de cette décision ne sont pas claires et qu’elles doivent être discutées. Il semblerait qu’elle ait également tendu la main aux semenciers en les invitant à préparer et à proposer des solutions législatives qui les satisferaient. »

Un an a donc passé depuis la décision de la CJUE, et il ne s’est toujours rien passé. Bruxelles n’a toujours pas pris acte du jugement… à la grande satisfaction des exportateurs canadiens et américains de colza et de soja ! Les OGM issus des nouvelles techniques de mutagenèse sont cultivés, commercialisés et exportés en France et en Europe dans l’opacité la plus totale, les gouvernements des États membres n’étant pas en mesure de tester ces produits.

Alexandra Chaignon

 

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31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 05:52

 

Record de précocité pour le jour du dépassement écologique. À partir d’aujourd’hui, l’humanité n’est plus capable de couvrir notre boulimie en ressources naturelles.

En 2014, c’était le 10 août. En 2017, le 2 août. En 2018, le 1er août. En cette année 2019, le jour du dépassement écologique planétaire (l’Overshoot Day, en anglais) intervient aujourd’hui. Cela signifie que les ressources que notre planète est capable de régénérer en un an a officiellement été consommé. Estimé au 29 décembre en 1970, puis au 29 septembre en 1999, par le Global Footprint Network, think tank indépendant transatlantique, le dépassement arrive de plus en plus tôt dans l’année. Et si l’humanité vit désormais à crédit, c’est pour soutenir un mode de vie de plus en plus gourmand en énergie.

« Le jour du dépassement symbolise l’aspect prédateur de l’humanité quant aux ­ressources naturelles. Et ce comportement est insoutenable pour toute la planète. Pour satisfaire un tel régime de fonctionnement, il ne faudrait pas moins de 1,8 planète ! » déplore Arnaud Gauffier, codirecteur des programmes de l’ONG environnementale WWF France (World Wide Fund for Nature). Et, à y regarder de plus près, ce sont bien les pays occidentaux les champions du gaspillage des ressources.

« Nous, pays développés, avons l’empreinte carbone la plus forte »

Si l’ensemble des hommes vivaient comme les Américains, cinq planètes seraient nécessaires pour satisfaire les besoins humains. « Nous, pays développés, avons l’empreinte carbone la plus forte. De plus, nous exportons ce même modèle de consommation et d’émission de CO2. Pointer du doigt la pollution de la Chine ou de tout pays émergent est trop facile, puisque nous, Occidentaux, y avons délocalisé nos lieux de production et nos activités les plus polluantes, poursuit l’écologiste. Il est l’heure de prendre nos responsabilités, avant de provoquer irréversiblement l’effondrement d’écosystèmes, impactant dans la foulée l’ensemble des civilisations. »

En cause, l’accélération exponentielle de notre régime d’exploitation des ressources. L’urgence est d’autant plus forte que notre capital naturel global est mis en péril chaque année par des pratiques pourtant communes. Ainsi, 90 % des stocks de poissons sont soumis à la surpêche, 15 millions d’hectares de terrains sont sujets à la déforestation et les émissions de gaz à effet de serre qui en découlent atterrent les défenseurs de l’écologie au quotidien.

Le responsable WWF se fait néanmoins volontariste : « La situation est critique, mais pas irrémédiable. Le temps de l’action est venu. En France, la sensibilisation du public passe entre autres par la question de l’alimentation carnée. Notre message : c’est moins de viande, et de la meilleure viande. Autre point, revoir nos modes de transport. Les vols intérieurs doivent cesser de faire de la concurrence à la solution ferroviaire. De plus, la majorité des trajets en voiture des Français ne concerne aujourd’hui que des distances inférieures à 5 km. La mobilité doit être repensée en profondeur. » L’ajustement des comportements est donc un enjeu dans le combat contre la crise écologique. Mais est-ce suffisant ? « En changeant les agissements de chacun, on réglerait seulement un quart du problème des émissions de carbone, pour ne citer que cela », regrette le militant, qui persiste : « Il faut du politique. Notre souhait serait d’arriver à la neutralité carbone dès 2040, mais pour cela il faut prendre des mesures fortes. »

L’annonce du dépassement intervient alors que les épisodes caniculaires sont de plus en plus nombreux et intenses en Europe. Ces événements contraignent les États membres à prendre des mesures dans l’urgence pour pallier les conséquences de la sécheresse et les pics de pollution. Mais les actions révélatrices d’une vision à long terme manquent terriblement.

« Certes, la nouvelle venue de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a évoqué de nouvelles ambitions quant à la réduction des gaz à effet de serre, proposant une diminution plus drastique de 50 % d’ici à 2030. Mais, dans le même temps, d’autres décisions climaticides sont prises au nom d’intérêts commerciaux, déplore Arnaud Gauffier ­Comment ne pas se désoler du vote du Ceta la semaine dernière ou encore les discussions menées autour du Mercosur ? Cela ne va pas dans la bonne direction. Alors que c’est l’avenir de l’humanité qui se joue. »

Iris Bertran

 

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28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 07:20

 

Dans cette vaste province du nord-est de la Russie, le bouleversement ­climatique provoque la fonte du permafrost jusqu’ici gelé toute l’année. Une situation aggravée par la multiplication des incendies.

Àla fin de juin, la Sibérie a connu des températures exceptionnelles, dépassant de 10 degrés les normales saisonnières. Fait rarement observé sous ces latitudes, le réchauffement climatique a été pointé du doigt. À raison. Le nord de la planète se réchauffe, et la Russie environ 2,5 fois plus vite que le reste du monde : « Les températures moyennes en janvier, en Sibérie, augmenteront de 3,4 à 9,1 C d’ici à 2080 », prévoit une étude menée conjointement par des chercheurs américains et russes. En Alaska, cet État américain situé aux mêmes latitudes, la situation est identique. Incendies de forêts, fonte du permafrost qui disparaît et autres catastrophes se multiplient avec des conséquences dont on commence à peine à mesurer les effets.

Les rivages russes perdent deux mètres par an

Certes, les incendies sont fréquents dans l’hémisphère Nord, notamment entre mai et octobre, mais l’année 2019 marque un tournant. Dans le courant de mai, 140 000 hectares de forêt ont ainsi brûlé en quelques jours en Sibérie orientale. La République de Bouriatie est l’une des régions les plus affectées, avec 58 incendies recensés et plus de 74 000 hectares brûlés, tout comme la région d’Irkoutsk, qui a enregistré 19 incendies sur plus de 41 000 hectares. La chaleur assèche les forêts, ce qui les rend plus susceptibles de s’embraser. Selon l’Organisation mondiale de la météorologie, « les forêts boréales se consument à un rythme jamais atteint depuis au moins 10 000 ans ». Et ce sont autant de puits de carbone qui disparaissent. Le CO2, libéré par les feux de forêt, contribue en effet au réchauffement climatique, qui, en retour, favorise les incendies et la pollution.

Si les dégâts sur la forêt sont le phénomène le plus visible, reste ce permafrost caché sous terre. Ce ciment glacé des terres extrêmes se liquéfie sous les coups de boutoir de températures anormalement élevées. Des chercheurs viennent ainsi de découvrir que cette épaisse couche de glace, qui couvre 25 % de l’hémisphère Nord, a fondu avec soixante-dix ans d’avance. Et on ne compte plus les dégâts. Le ministère russe de l’Environnement a signalé dans son dernier rapport annuel que la dégradation du permafrost posait de nombreux problèmes pour les populations, mais surtout les ­infrastructures. Et d’en énumérer la liste : « Canalisations d’eau et des égouts, oléoducs, structures de stockage de déchets chimiques, biologiques et radioactifs avec risques de propagation de polluants. » Il y a aussi les habitations des grandes villes qui s’effondrent et celles des campagnes qui prennent l’eau, avec la montée du niveau de nombreux lacs de Sibérie qui, chaque été, débordent.

Parallèlement aux dégâts matériels, il y a des traits de côtes qui disparaissent. Ainsi les rivages russes de l’Arctique perdent environ deux mètres par an à cause du réchauffement, entraînant le dégel du permafrost, lequel libère des gaz à effet de serre qui, eux-mêmes, accélèrent la montée des températures. Les experts estiment que le permafrost renferme deux fois plus de carbone que l’atmosphère. Or, même les prévisions les plus pessimistes du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, avec un réchauffement à 4 ou 5°, n’incluaient pas dans leurs calculs la fonte du pergélisol – son autre nom. Et comme si cela ne suffisait pas, ce ciment glacé relâche aussi du mercure et pire encore du méthane, un autre gaz à effet de serre, dont les effets sont 20 à 25 fois plus importants que le CO2 lui-même. E. S.

 

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 09:26
Apostrophe. Le mirage du capitalisme vert ( L'HUMANITE -10 juillet 2019)

Certains crieront à l’alliance contre nature.

 

Certains crieront à l’alliance contre nature. Mais pour les principaux intéressés, c’est une question de « pragmatisme », comme le dit Emmanuel Macron, qui invite aujourd’hui le monde de la finance à l’Élysée pour s’engager en faveur du climat. Huit des plus grands fonds privés mondiaux (parmi lesquels Blackrock, Goldman Sachs, BNP Paribas…), pesant ensemble 15 000 milliards de dollars, ont répondu présent. Il faut dire qu’ils ont tout à y gagner. Ces fonds, qui tirent leurs principales ressources de l’exploitation d’hydrocarbures, « comprennent qu’en intégrant le risque du changement climatique dans leurs investissements, ils peuvent être plus rentables », fait ainsi valoir Lawrence Yanovitch, le coordinateur du groupe de travail fonds souverains du One Planet Summit… On comprend mieux la sortie d’Emmanuel Macron, regrettant que Total ait renoncé à sponsoriser les jeux Olympiques de 2024 faute d’accord avec Paris : « Si Total peut mettre de l’argent pour aider à financer des Jeux verts, et mettre de l’argent pour aider à financer la transition, c’est une bonne chose. » Tout est dit !

Alexandra Chaignon

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30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 09:00

 

Présenté aujourd’hui devant l’Assemblée nationale, le texte censé donner un coup d’accélérateur à la politique climatique de la France déçoit ceux qui espéraient une hausse de l’ambition.

Rarement discussion parlementaire aura si bien collé, si ce n’est avec son temps, du moins avec le temps. Alors que la canicule attaque l’été à la racine, l’Assemblée nationale se penche, à compter d’aujourd’hui, sur le projet de loi énergie-climat. Quinze ans après que la France s’est dotée de son premier plan stratégique de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), le texte vise à donner un coup d’accélérateur à une transition énergétique qui piétine. En 2015, la loi relative à la croissance verte avait établi plusieurs objectifs en ce sens. Le nouveau projet entend les remanier à l’aune de ceux adoptés dans le cadre de l’accord de Paris. Et, déjà, des dents grincent, en dépit d’ambitions qui se veulent appétissantes.

Atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 : tel est le nouvel engagement avancé par l’État, qui marque aussi une nouvelle manière d’envisager le problème. Jusqu’à présent, les objectifs de la France en matière de réduction de GES s’affichaient de façon nette et facilement calculable : la loi de 2015 avait acté celui de les avoir réduits de 40 % d’ici à 2030 (par rapport à 1990) et divisés par quatre en 2050 (objectif baptisé facteur 4). L’opération n’est plus aussi aisée dans la nouvelle configuration proposée.

Techniquement, il s’agit de faire en sorte que, dans une trentaine d’années, la France, via ses activités industrielles et ses infrastructures, n’émette pas plus de GES qu’elle ne peut en absorber, entre autres grâce à ses puits de carbone naturels – forêts, zones humides, etc. Or, l’envergure de ces derniers fluctue rapidement dans l’espace et le temps, et avec elle leur capacité d’absorption. En février, à l’heure de présenter le projet, le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, affirmait qu’atteindre la neutralité carbone en 2050 impliquait d’avoir divisé par huit le niveau d’émissions du pays. Amendé en commission parlementaire, le texte n’évoque plus qu’« un facteur supérieur à six ». Il déçoit d’autant plus ceux qui misaient sur des efforts importants de la part de l’Hexagone que l’échéance de 2050 sonne à leurs oreilles comme une néfaste remise à plus tard. Les ONG rassemblées au sein du Réseau action climat (RAC) espéraient avancer cette échéance à 2040 : elles n’ont pas eu gain de cause, pas plus qu’elles n’ont obtenu, pour l’heure, le renforcement des engagements à court terme.

De fait, le projet a beau inscrire « l’urgence écologique et climatique » en tête de ses objectifs, il déçoit, et les mesures envisagées concrètement déçoivent à l’avenant. Les ONG environnementales ne sont pas seules, au reste, à manifester leur frustration. Par exemple, face au rejet de la proposition d’interdire progressivement la mise en location des passoires thermiques, ces logements impossibles à chauffer, consommateurs d’énergie et générateurs de précarité.

Côté production énergétique, le projet de loi laisse, enfin et là encore, beaucoup d’acteurs sur leur faim. Le flou maintenu autour de la fermeture des centrales à charbon de Cordemais et du Havre est de nature à ne satisfaire personne, à commencer par les travailleurs des centrales, qui manifestaient la semaine dernière à l’appel de la CGT pour exiger « une information large pour tous les salariés impactés par ces fermetures ». La validation du report de 2025 à 2035 de l’objectif de ramener la part du nucléaire à 50 %, contre plus de 70 %, enfin, divise les forces sociales. Certaines y voient un répit accordé à une énergie de fait décarbonée. D’autres un nouveau report de l’essor des énergies renouvelables.

Marie-Noëlle Bertrand

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26 juin 2019 3 26 /06 /juin /2019 07:23

L'été va être meurtrier et il va l'être principalement pour les plus vulnérables. Ce sont en effet en premier lieu les plus fragiles qui vont être exposés aux conséquences des fortes chaleurs et du réchauffement climatique

L'été va être meurtrier et il va l'être principalement pour les plus vulnérables. Ce sont en effet en premier lieu les plus fragiles qui vont être exposés aux conséquences des fortes chaleurs et du réchauffement climatique.

Face à l'urgence climatique, les mesures annoncées par le gouvernement sont clairement insuffisantes et des actions fortes s'imposent. Il nous faut atteindre des objectifs chiffrés de réduction de gaz à effet de serre. Pour cela, le PCF propose une mesure simple, efficace et immédiate : la gratuité des transports en commun.

Le PCF fait par ailleurs plusieurs propositions pour lutter contre le réchauffement climatique et l'inaction du gouvernement :

  • Péages gratuits et TVA à 0% pour le fret ferroviaire,
  • Multiplication par 10 du budget de l’ANAH pour un vrai service public de rénovation énergétique des logements,
  • Bonus-malus sur les achats de voitures neuves en fonction du poids,
  • Moratoire sur la fermeture des petites lignes ferroviaires, plan d’investissement pour les transports publics,
  • Multiplication par 10 du budget vélo de l’Etat,
  • Dotation aux collectivités de 3 milliards par an pour la rénovation énergétique des bâtiments publics,
  • Plan d’investissement pour la création d’espaces logistiques urbains.
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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 15:44

 

Selon le Bureau de recherches géologiques et minières, le niveau des nappes souterraines de Bourgogne-Franche-Comté, de la Région Auvergne Rhône-Alpes et de quelques autres zones est anormalement bas en ce début d’été que l’on nous promet chaud. Une situation préoccupante dans un pays ou 68 % de l’eau potable et environ le tiers de l’eau d’irrigation sont pompées dans les nappes souterraines. La situation est beaucoup plus préoccupante dans de nombreux pays du monde plus densément peuplés que la France. L’accès à l’eau potable sera l’un des grands enjeux de ce siècle alors que la population mondiale va croître de 20 % d’ici 2050.

 

L’Organisation des Nations Unies (ONU) vient de faire savoir que la population mondiale a augmenté de 2 milliards de personnes en trente ans atteignant 9,7 milliards d’humains en 2050. Cela nous donne une progression proche de 20 % en trois décennies. La population de l’Inde augmentera de 19 %, celle du Pakistan de 53 %, celle de l’Égypte de 56 %, celle de l’Irak de 76 %. Celle de l’Afrique dans sa globalité augmentera de 100 %, dont 95 % pour le Nigeria, le pays le plus peuplé de ce continent. D’ici cette date, beaucoup de ce pays seront sévèrement impactés par les conséquences du réchauffement climatique. Certains sont déjà dans une situation de déficit sévère concernant la production agricole tandis que leurs faibles ressources en eau douce compliquent déjà la vie de la population, comme le montrait, en page 16 de l’Humanité du 18 juin, l’article d'Eric Serres consacré à l’Inde.

Des nappes phréatiques au plus bas dans de nombreux pays

Même la France, bien que nettement mieux pourvu que l’immense majorité de la planète concernant les ressources en eau, aille devoir apprendre à mieux gérer cette ressource, à commencer par les réserves des nappes phréatiques de son sous-sol. Selon un document du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) rendu public le 18 juin, « Les eaux souterraines, c’est 68 % de la consommation d’eau potable en France métropolitaine et plus du tiers de celle du monde agricole. Ailleurs dans le monde, de nombreuses nappes phréatiques sont déjà au plus bas dans des pays très peuplés comme la Chine, l’Inde, le Pakistan, l’Iran, l’Irak, le pourtour méditerranéen d’une façon générale. L’Espagne, notre voisin du sud, est le principal exportateur de fruits et légumes dans l’Union européenne. En raison du développement des cultures irriguées depuis est entrée dans le marché commun agricole, l’Espagne voit ses nappes souterraines s’assécher progressivement et le cours de certains fleuves manquent de débit de manière préoccupante.

En France, selon le BRGM, le plus haut niveau des eaux dans les nappes souterraines pour 2019 a été enregistré au mois de février. Le document faisant état du niveau de ces mêmes nappes à l’approche de l’été indique que « durant le mois de mai 2019, le début de la vidange se confirme pour l’ensemble des nappes, avec des niveaux généralement en baisse ou stable (…) A noter que certains secteurs n’ont pas enregistré de recharge pendant la période hivernale, notamment en Bourgogne-Franche-Comté et en Auvergne Rhône-Alpes ». En raison de bonnes pluies hivernales, « les nappes des alluvions côtières de Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Corse sont les seules à se retrouver au-dessus des moyennes de mai », souligne le document du BRGM.

Inversement, « les nappes des alluvions du sud de l’Alsace, de Bourgogne, du Rhône amont, ainsi que la nappe des calcaires du Berry présentent des niveaux peu favorables, parfois proches des minima enregistrés pour un mois de mai ». Les pluies assez abondantes durant la première décade de mai ont, selon le BRGM, fait que « de légères recharges ont été enregistrées, avant que les tendances ne repartent à la baisse en Normandie, Hauts de France, Ile-de-France, Champagne et Lorraine (…) Les apports n’ont cependant pas été suffisants pour que les niveaux mensuels moyens s’orientent à la hausse ».

25 projets de recherche et développement mis en route par le BRGM

Lors d’une rencontre avec la presse dans le cadre de la journée d’étude qui se tenait à Paris le 18 juin, Nathalie Dorfliger, directrice de programme scientifique au BRGM, a indiqué que ses services travaillaient sur la gestion des aquifères en prenant en compte une réduction probable de leur alimentation via l’infiltration des eaux de pluies là où les précipitations pourraient diminuer en lien avec le réchauffement climatique. Au niveau du BRGM quelque 25 projets de recherche et développement ont été mis en route. Ils sont « centrés sur les approches sociales économiques de l’eau ces dernières années. La demande et les financements proviennent des syndicats mixtes de gestion des eaux, de l’Agence française pour la bio diversité (ministère de la transition écologique et solidaire) du BRGM sur fonds propres, de l’Union européenne ou encore de l’Agence nationale de la recherche. Ils ciblent trois domaines d’application principaux : la gestion intégrée des ressources en eau à l’échelle des bassins-versants, la gestion de l’environnement e contexte urbain (eau, sols, friches industrielles), enfin les risques naturels et le changement climatique ».

Nathalie Dorfliger a estimé de trop d’eau de pluie partait en ruissellement au regard de la proportion qui s’infiltre dans les sols. Alors que l’on nous promet de températures élevées et de nouveaux orages pour les prochains jours, il est probable que les pluies estivales seront plus dévastatrices pour les sols, du fait du ruissellement, qu’utiles pour l’alimentation des nappes souterraines. Nathalie Dorfliger a évoqué des solutions à construire comme la mise en place de « puisards » alimentés par ces eaux de pluies ou par celles de certains cours d’eau ou de barrages en période de hautes eaux afin de produire de l’infiltration. Des techniques de ce genre seraient déjà mises en place aux États Unis et en Australie, deux pays qui sont déjà sérieusement concernés par le stress hydrique.

« Nous allons vers une diminution des précipitations alors que nous sommes confrontés à des besoins réguliers en eau potable et que la consommation de l’agriculture sera augmentation pour les mêmes raisons », a expliqué Nathalie Dorfliger ajoutant que plus le niveau des nappes souterraines baisse, plus la recharge est lente par la suite. En attendant, il est possible que certaines régions françaises soient soumises aux restrictions d’eau dans les prochaines semaines

 

 

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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 13:24

 

Urgence climatique. Ces mots raisonnent comme une évidence depuis plusieurs années. Pourtant, rien ne bouge. Pire, alors que les statistiques macabres s’accumulent sur les bureaux des décideurs politiques, les décisions prises vont à rebours de la gravité de la situation. Le compte à rebours a commencé.

La dernière étude publiée par la revue European Heart Journal indique que la pollution est responsable de 8,8 millions de morts prématurées chaque année dans le monde. La pollution tue plus que le tabac ! En France, les chiffres font froid dans le dos, on parle de 67.000 décès en 2018. Le taux de mortalité, en Europe, pour cause de pollution est de 133 décès pour 100.000 habitants, alors que la moyenne mondiale est de 120. Allons-nous continuer longtemps à regarder notre planète périr sans agir ?

Et la SNCF dans tout ça.

Qui de mieux placé qu’une entreprise publique de transport de marchandises pour mener une politique ambitieuse de lutte contre le réchauffement climatique en développant le fret ferroviaire ?

Pourtant, alors que le dernier rapport du GIEC (octobre 2018) indique que pour limiter la hausse des températures en deçà de 1,5 degrés il faut baisser les émissions de CO2 de 45% d’ici 2030, la SNCF fait le choix de sacrifier le fret ferroviaire au profit de sa filiale de transport routier Géodis. Irresponsable.

Lors de la réunion des managers de Géodis à Rotterdam, en février dernier, la filiale de la SNCF a révélé le montant de son chiffre d’affaires pour 2018 : 8,2 milliards d’euros, soit une hausse de 4% par rapport à l’année précédente. Pour les 5 prochaines années, Géodis se fixe comme objectif une croissance de 20% de son CA. Tant pis pour la planète !

Dans le même temps, le fret ferroviaire se meurt. En 10 ans, le nombre de cheminots a été divisé par deux, la part de marchandises transportée par rail est tombée sous la barre des 10% et les triages ferment les uns après les autres. Pas plus tard que cette semaine, la SNCF a démonté le dernier embranchement présent sur la ligne Troyes-Saint Florentin et qui permettait d’acheminer des céréales. Désormais le chargement sera fait par camions ! Pour rappel un camion de 35 wagons, c’est 55 camions de 32 tonnes !

Depuis des années, la SNCF, avec la complaisance des différents pouvoirs politiques, joue un jeu de dupes. Elle affiche un discours écolo en façade, mais multiplie les camions sur les routes en supprimant les trains de marchandises. Plus de 1,6 millions sont chaque année jetés sur nos routes !

La pollution n’est pas inéluctable. Rien n’est gravé dans le marbre, il est encore temps d’agir. Collectivement, nous pouvons changer les choses. Des choix s’imposent, à contre-courant des orientations libérales actuelles. C’est le prix à payer pour sauver notre planète et assurer aux générations futures une vie décente, dans un environnement sain.

Au court-termisme du profit, opposons une ambition de développement durable, qui protège nos ressources naturelles, et assure à l’intérêt général une prédominance sur l’argent de quelques-uns.

Il faut taper fort et vite. Le temps des demies mesures est révolu.

Thomas Portes, responsable national du PCF en charge du collectif des cheminots communiste

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