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11 mars 2023 6 11 /03 /mars /2023 07:00
Kateb Yacine n’a cessé d’écrire, amassant au fil de ses pérégrinations des documents, multipliant les rencontres, les expériences. Ici, vers 1965.- Photo publiée dans l'Humanité

Kateb Yacine n’a cessé d’écrire, amassant au fil de ses pérégrinations des documents, multipliant les rencontres, les expériences. Ici, vers 1965.- Photo publiée dans l'Humanité

Communist'Art: Kateb Yacine
 
 Kateb Yacine naît en 1929 à Constantine.
Il est issu d'une famille chaouie originaire des Aurès. Son grand-père maternel est juge suppléant du cadi, à Condé Smendou, son père est avocat et sa famille le suit dans ses mutations successives.
Le jeune Kateb (nom qui signifie « écrivain» en arabe) entre en 1934 à l'école coranique de Sedrata, et en 1935 à l'école française à Lafayette (aujourd'hui Bougaa en Petite Kabylie, actuelle wilaya de Sétif), où sa famille s'est installée, puis en 1941, comme interne, au lycée de Sétif : le lycée Albertini.
Kateb Yacine se trouve en classe de troisième quand éclatent les manifestations du 8 mai 1945, auxquelles il participe et qui s'achèvent sur le massacre de plusieurs dizaines de milliers d'Algériens par la police, l'armée françaises et des milices.
Quatorze membres de sa famille sont tués au cours du massacre. Trois jours plus tard, il est arrêté et détenu durant deux mois. Il est définitivement acquis à la cause nationale, tandis qu'il voit sa mère « devenir folle ».
 
Il dira: «Je suis né quand j’avais seize ans, le 8 mai 1945. Puis, je fus tué fictivement, les yeux ouverts, auprès de vrais cadavres et loin de ma mère qui s’est enfuie pour se cacher, sans retour, dans une cellule d’hôpital psychiatrique. Elle vivait dans une parenthèse, qui, jamais plus, ne s’ouvrira. Ma mère, lumière voilée, perdue dans l’infini de son silence»
 
Exclu du lycée, traversant une période d'abattement, plongé dans Baudelaire et Lautréamont, son père l'envoie au lycée de Bône.
Il y rencontre Nedjma (l'étoile), « cousine déjà mariée », avec qui il vit « peut-être huit mois », confiera-t-il,et y publie en 1946 son premier recueil de poèmes.
Il se politise et commence à faire des conférences sous l'égide du Parti du peuple algérien, le parti nationaliste de masse de l'époque.
En 1947, Kateb arrive à Paris, « dans la gueule du loup ». Il prononce en mai, à la Salle des Sociétés savantes, une conférence sur l'émir Abdelkader et adhère au Parti communiste algérien.
Au cours d'un deuxième voyage en France métropolitaine, il publie l'année suivante Nedjma ou le Poème ou le Couteau (« embryon de ce qui allait suivre ») dans la revue Le Mercure de France.
Journaliste au quotidien communiste de rassemblement "Alger républicain"  entre 1949 et 1951, son premier grand reportage a lieu en Arabie saoudite et au Soudan (Khartoum).
À son retour, il publie notamment, sous le pseudonyme de Saïd Lamri, un article dénonçant l'« escroquerie » du lieu saint de La Mecque.
Après la mort de son père, survenue en 1950, Kateb devient docker à Alger, en 1952. Puis il s'installe à Paris jusqu'en 1959, où il travaille avec Malek Haddad, se lie avec M'hamed Issiakhem, Armand Gatti et, en 1954, s'entretient longuement avec Bertolt Brecht, dialogue avec Cesaire, Glissant.
En 1954, la revue Esprit publie « Le Cadavre encerclé » qui est mis en scène par Jean-Marie Serreau, mais interdit en France.
Son chef d’œuvre, Nedjma paraît en 1957 (et Kateb se souviendra de la réflexion d'un lecteur : « C'est trop compliqué, ça. En Algérie vous avez de si jolis moutons, pourquoi vous ne parlez pas de moutons ? »).
Nedjma, c’est à la fois la femme et l’Algérie, l’incarnation de la résistance à toutes les oppressions. Nedjma lui confère une place singulière dans la littérature, le propulse au premier rang, le consacre comme l’écrivain de la littérature moderne algérienne. Avant lui, Mammeri, Feraoun, ­Mohamed Dib, Malek Haddad avaient entrouvert la porte. Kateb la pousse définitivement.

Et la figure de Nedjma fera des apparitions récurrentes dans son œuvre, fantôme incarné qui franchit le temps et l’espace, toujours là avec, à ses côtés, ­Lakhdar et Mohamed.

En 1958, le metteur en scène et ami Jean-Marie Serreau monte le Cadavre encerclé, de Kateb. Cela fait quatre ans que l’Algérie est le théâtre d’une guerre sans nom. Les autorités françaises interdisent la pièce. Elle se jouera au Théâtre Molière, à Bruxelles, dans un climat de grande tension. Dans la distribution, Serreau, mais aussi José Valverde, Edwine Moatti, Paul Crauchet ou encore Antoine Vitez.

Durant la guerre d'Algérie, Kateb, harcelé par la Direction de la surveillance du territoire, connaît une longue errance, invité comme écrivain ou subsistant à l'aide d'éventuels petits métiers, en France, Belgique, Allemagne, Italie, Yougoslavie et Union soviétique.
En 1962, après un séjour au Caire, Kateb est de retour en Algérie peu après les fêtes de l'Indépendance.
Il reprend sa collaboration à "Alger républicain", mais il effectue entre 1963 et 1967 de nombreux séjours à Moscou, en Allemagne et en France tandis que "La Femme sauvage", qu'il écrit entre 1954 et 1959, est représentée à Paris en 1963.
Il publie en 1964 dans "Alger républicain" six textes sur "Nos frères les Indiens" et raconte dans Jeune Afrique sa rencontre avec Jean-Paul Sartre, tandis que sa mère est internée à l'hôpital psychiatrique de Blida (« La Rose de Blida », dans Révolution Africaine, juillet 1965). En 1967, il part pour le Vietnam, abandonne complètement la forme romanesque et écrit "L'Homme aux sandales de caoutchouc".
Lorsqu’il décide de rester plus durablement en Algérie, en 1970, il abandonne l’écriture en français et se lance dans une expérience théâtrale en langue dialectale dont Mohamed, prends ta valise, sa pièce culte, donnera le ton. Fondateur de l’Action culturelle des travailleurs (ACT), il joue dans les lieux les plus reculés et improbables, usines, casernes, hangars, stades, places publiques... avec des moyens très simples et minimalistes — les comédiens s’habillent sur scène et interprètent plusieurs personnages —, le chant et la musique constituant des éléments de rythme et de respiration.
« Lorsque j’écrivais des romans ou de la poésie, je me sentais frustré parce que je ne pouvais toucher que quelques dizaines de milliers de francophones, tandis qu’au théâtre nous avons touché en cinq ans près d’un million de spectateurs. (...) Je suis contre l’idée d’arriver en Algérie par l’arabe classique parce que ce n’est pas la langue du peuple ; je veux pouvoir m’adresser au peuple tout entier, même s’il n’est pas lettré, je veux avoir accès au grand public, pas seulement les jeunes, et le grand public comprend les analphabètes. Il faut faire une véritable révolution culturelle. »
L’engagement politique de Kateb détermina fondamentalement ses choix esthétiques : « Notre théâtre est un théâtre de combat ; dans la lutte des classes, on ne choisit pas son arme. Le théâtre est la nôtre. Il ne peut pas être discours, nous vivons devant le peuple ce qu’il a vécu, nous brassons mille expériences en une seule, nous poussons plus loin et c’est tout. Nous sommes des apprentis de la vie . » Pour lui, seule la poésie peut en rendre compte ; elle est le centre de toutes choses, il la juge « vraiment essentielle dans l’expression de l’homme ». Avec ses images et ses symboles, elle ouvre une autre dimension. « Ce n’est plus l’abstraction désespérante d’une poésie repliée sur elle-même, réduite à l’impuissance, mais tout à fait le contraire (...). J’ai en tous les cas confiance dans [son] pouvoir explosif, autant que dans les moyens conscients du théâtre, du langage contrôlé, bien manié »
Un « pouvoir explosif » qu’il utilisera dans "Le Cadavre encerclé", où la journée meurtrière du 8 mai 1945, avec le saccage des trois villes de l’Est algérien, Guelma, Kherrata et Sétif, par les forces coloniales, est au cœur du récit faisant le lien entre histoire personnelle et collective.
Kateb Yacine a fait le procès de la colonisation, du néocolonialisme mais aussi de la dictature post-indépendance qui n’a cessé de spolier le peuple. Dénonçant violemment le fanatisme arabo-islamiste, il luttait sur tous les fronts et disait qu’il fallait «révolutionner la révolution ».
S’il considérait le français comme un « butin de guerre », il s’est aussi élevé contre la politique d’arabisation et revendiquait l’arabe dialectal et le tamazight (berbère) comme langues nationales. Surnommant les islamo-conservateurs les « Frères monuments », il appelait à l’émancipation des femmes, pour lui actrices et porteuses de l’histoire : « La question des femmes algériennes dans l’histoire m’a toujours frappé. Depuis mon plus jeune âge, elle m’a semblé primordiale. Tout ce que j’ai vécu, tout ce que j’ai fait jusqu’à présent a toujours eu pour source première ma mère (...). S’agissant notamment de la langue, s’agissant de l’éveil d’une conscience, c’est la mère qui fait prononcer les premiers mots à l’enfant, c’est elle qui construit son monde »
L’éventail et la radicalité de sa critique lui ont valu autant de passions que d’inimitiés.
En 1986 il livre un extrait d'une pièce sur Nelson Mandela, et reçoit en 1987 en France le Grand prix national des Lettres.
Dans la perspective du bicentenaire de la Révolution française, on lui commande une pièce. Il écrit le Bourgeois sans-culotte ou le Spectre du parc Monceau. Elle est jouée en 1984 à Arras, puis en 1988 au Festival d’Avignon. Il faut lire et relire cette pièce. C’est une sorte de grand embrasement révolutionnaire de 1789 aux luttes pour l’indépendance. Les terroristes – tels que les qualifiaient les royalistes, les pétainistes et les nazis, les défenseurs de l’Empire colonial français – sont des révolutionnaires. Kateb prend le contre-pied des thèses en vogue d’un Furet, qui s’acharne à détruire la figure de Robespierre. Pour lui, les révolutionnaires de 1789 sont les ancêtres des indépendantistes algériens : « Le préfet de police Papon achève l’œuvre de La Fayette. À Charonne comme au Champ-de-Mars, la police française a tué des Français. (…) Cinq cent mille Parisiens ont assisté à l’enterrement des neuf morts de Charonne. La France de la Révolution vient de se reconnaître dans l’Algérie indépendante. »

« Notre théâtre, confiait-il en 1975 à Colette Godard dans le Monde, est de combat. (…) Nous défendons, nous attaquons, c’est une forme d’action politique dans la ligne de la Révolution.(…) Nous ne faisons peut-être pas du théâtre, mais nous créons le débat idéologique sans lequel toute révolution n’est qu’un exercice militaire. » Kateb ne cède rien, ni aux sirènes de la gloire, ni au confort d’une reconnaissance réelle, ni au public qu’il bouscule dans ses retranchements : « Il faut le harceler, ne pas le laisser reprendre son souffle. Le vrai théâtre est un combat pour le public et contre lui », dira-t-il.

Son théâtre est aussi subversif par sa langue : indisciplinée, rugueuse, joyeuse. Le lire et le relire aujourd’hui est à la fois vertigineux et salutaire. Comme un Gatti, un Benedetto, ses écrits sont à redécouvrir. Il serait temps de retourner à ces création denses, d’oser les remettre sur le métier. À Paris, un square dans le 13e arrondissement porte son nom. À Grenoble, une bibliothèque. Le théâtre de Tizi Ouzou. C’est peu au regard de l’immensité de son talent, de son engagement. On ne connaît pas la date de naissance exacte de Kateb Yacine. On est sûr qu’il est mort le 28 octobre 1989. Laissant une œuvre inachevée qui respire encore…

Il est enterré au cimetière d'Al Alia à Alger.
 
Source: Wikipedia, article de Marina Da Silva dans Le Monde Diplomatique, article de Marie-José Sirach dans L'Humanité
LES FOURMIS ROUGES -
Kateb Yacine (1929-1989)
 
Fallait pas partir.
Si j'étais resté au collège, ils ne m'auraient pas arrêté.
Je serais encore étudiant, pas manoeuvre, et je ne serais pas enfermé une seconde fois, pour un coup de tête.
Fallait rester au collège, comme disait le chef de district.
Fallait rester au collège, au poste.
Fallait écouter le chef de district.
Mais les Européens s'étaient groupés.
Ils avaient déplacé les lits.
Ils se montraient les armes de leurs papas.
Y avait plus ni principal ni pions.
L'odeur des cuisines n'arrivait plus.
Le cuisinier et l'économe s'étaient enfuis.
Ils avaient peur de nous, de nous, de nous !
Les manifestants s'étaient volatilisés.
le suis passé à l'étude. J'ai pris les tracts.
J'ai caché la Vie d'Abdelkader .
J'ai ressenti la force des idées.
J'ai trouvé l'Algérie irascible. Sa respiration...
La respiration de l'Algérie suffisait.
Suffisait à chasser les mouches.
Puis l'Algérie elle même est devenue...
Devenue traîtreusement une mouche.
Mais les fourmis, les fourmis rouges,
Les fourmis rouges venaient à la rescousse.
Je suis parti avec les tracts.
Je les enterrés dans la rivière.
J'ai tracé sur le sable un plan...
Un plan de manifestation future.
Qu'on me donne cette rivière, et je me battrai.
je me battrai avec du sable et de l'eau.
De l'eau fraîche, du sable chaud. Je me battrai.
J'étais décidé. Je voyais donc loin. Très loin.
Je voyais un paysan arc-bouté comme une catapulte.
Je l'appelai, mais il ne vint pas. Il me fit signe.
Il me fit signe qu'il était en guerre.
En guerre avec son estomac, Tout le monde sait...
Tout le monde sait qu'un paysan n'a pas d'esprit.
Un paysan n'est qu'un estomac. Une catapulte.
Moi j'étais étudiant. J'étais une puce.
Un puce sentimentale... Les fleurs des peupliers...
Les fleurs des peupliers éclataient en bourre soyeuse.
Moi j'étais en guerre. je divertissais le paysan.
Je voulais qu'il oublie sa faim. Je faisais le fou. Je faisais le fou devant
mon père le paysan. Je bombardais la lune dans la rivière.
 
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11 mars 2023 6 11 /03 /mars /2023 06:55
Colette Anna Grégoire, dite Anna Greki

Colette Anna Grégoire, dite Anna Greki

Communist'Art
 
Colette Anna Grégoire, dite Anna Greki, est une poétesse algérienne d’origine et d'expression française, fille d'instituteur, née à Batna le 14 mars 1931.
Elle est élevée au milieu d'une communauté berbère chaoui et se trouve très tôt confrontée à la misère des algériens.
Elle passe son enfance à Menaa et effectue ses études primaires à Collo, secondaires à Skikda (Philippeville) et Annaba.
Poursuivant ses études de lettres modernes à la Sorbonne, elle fait connaissance de l’étudiant Ahmed Inal, originaire de Tlemcen et membre du Parti communiste algérien.
En 1955, elle interrompt ses études et rentre en Algérie avec lui pour participer activement au combat pour l’indépendance et enseigne comme institutrice.
Ahmed Inal est tué par l’armée française le 20 octobre 1956 : « Vivant plus que vivant au cœur de ma mémoire et de mon cœur … » a écrit Anna dans l’un des poèmes dédiés à sa mémoire.
Devenue à son tour, par conviction, institutrice à Annaba (Bône) puis à Alger, elle milite au Parti Communiste algérien.
Membre actif des "Combattants de la Libération", elle sera arrêtée par les parachutistes de Massu en 1957, elle est torturée puis emprisonnée à la prison civile d'Alger, transférée au camp de transit de Beni Messous en 1958, et ensuite expulsée d'Algérie (sans doute parce qu'elle était française).
Elle travaille comme institutrice à Avignon de 1959 à 1961.
Elle épouse Jean-Claude Melki en 1960 puis gagne Tunis où vit son mari et où sera publié son premier recueil : « Algérie, Capitale Alger ».
Rentrée en Algérie à l’indépendance en 1962, elle signe ses poèmes « Anna Gréki », contraction de son nom « Grégoire » et de celui de son mari « Melki ».
Membre de la première Union des écrivains algériens, fondée le 28 octobre 1963.
Elle s’enthousiasme pour la construction d’une Algérie « démocratique populaire et socialiste », mais déplore rapidement le virage autoritaire du régime.
Son recueil Algérie, Capitale Alger, préfacé par Mostefa Lacheraf, est publié à Tunis et Paris en juillet 1963.
Obtenant sa licence en 1965 Anna Gréki est nommée professeure de français au lycée Abdelkader d’Alger.
Elle prend alors nettement position dans les débats qui sont menés autour des orientations révolutionnaires de la littérature.
Elle prépare simultanément une étude sur les voyages en Orient de Lamartine, Flaubert et Nerval et commence l’écriture d’un roman.
Elle décède tragiquement à 35 ans au cours de son accouchement à Alger le 6 janvier 1966, elle laisse un second recueil : « Temps forts » qui sera publié par "Présence africaine".
 
"Même en hiver le jour n’était qu’un verger doux
Quand le col du Guerza s’engorgeait sous la neige
Les grenades n’étaient alors que des fruits - seule
Leur peau de cuir saignait sous les gourmandises
On se cachait dans le maquis crépu pour rire
Seulement. Les fusils ne fouillaient que gibier.
Et si la montagne granitique sautait
A la dynamite, c’était l’instituteur
Mon père creusant la route à sa Citroën.
Aucune des maisons n’avait besoin de portes
Puisque les visages s’ouvraient dans les visages.
Et les voisins épars, simplement voisinaient.
La nuit n’existait pas puisque l’on y dormait.
C’était dans les Aurès..."
 
Extrait de "Même en hiver"...
Communist'Art
Avec la rage au cœur - Anna Gréki (1931-1966)
 
Je ne sais plus aimer qu'avec la rage au cœur
C'est ma manière d'avoir du cœur à revendre
C'est ma manière d'avoir raison des douleurs
C'est ma manière de faire flamber des cendres
A force de coups de cœur à force de rage
La seule façon loyale qui me ménage
Une route réfléchie au bord du naufrage
Avec son pesant d'or de joie et de détresse
Ces lèvres de ta bouche ma double richesse
A fond de cale à fleur de peau à l'abordage
Ma science se déroule comme des cordages
Judicieux où l'acier brûle ces méduses
Secrètes que j'ai draguées au fin fond du large
Là où le ciel aigu coupe au rasoir la terre
Là où les hommes nus n'ont plus besoin d'excuses
Pour rire déployés sous un ciel tortionnaire
Ils m'ont dit des paroles à rentrer sous terre
Mais je n'en tairai rien car il y a mieux à faire
Que de fermer les yeux quand on ouvre son ventre
Je ne sais plus aimer qu'avec la rage au cœur
Avec la rage au cœur aimer comme on se bat
Je suis impitoyable comme un cerveau neuf
Qui sait se satisfaire de ses certitudes
Dans la main que je prends je ne vois que la main
Dont la poignée ne vaut pas plus cher que la mienne
C'est bien suffisant pour que j'en aie gratitude
De quel droit exiger par exemple du jasmin
Qu'il soit plus que parfum étoile plus que fleur
De quel droit exiger que le corps qui m'étreint
Plante en moi sa douceur à jamais à jamais
Et que je te sois chère parce que je t'aimais
Plus souvent qu'a mon tour parce que je suis jeune
Je jette l'ancre dans ma mémoire et j'ai peur
Quand de mes amis l'ombre me descend au cœur
Quand de mes amis absents je vois le visage
Qui s'ouvre à la place de mes yeux - je suis jeune
Ce qui n'est pas une excuse mais un devoir
Exigeant un devoir poignant à ne pas croire
Qu'il fasse si doux ce soir au bord de la plage
Prise au défaut de ton épaule - à ne pas croire...
Dressée comme un roseau dans ma langue les cris
De mes amis coupent la quiétude meurtrie
Pour toujours - dans ma langue et dans tous les replis
De la nuit luisante - je ne sais plus aimer
Qu'avec cette plaie au cœur qu'avec cette plaie
Dans ma mémoire rassemblée comme un filet
Grenade désamorcée la nuit lourde roule
Sous ses lauriers-roses là où la mer fermente
Avec des odeurs de goudron chaud dans la houle
Je pense aux amis morts sans qu'on les ait aimés
Eux que l'on a jugés avant de les entendre
Je pense aux amis qui furent assassinés
A cause de l'amour qu'ils savaient prodiguer
Je ne sais plus aimer qu'avec la rage au cœur
A la saignée des bras les oiseaux viennent boire
 
***
J’habite une ville… - Anna Greki (1931-1966)
J’habite une ville si candide
Qu'on l'appelle Alger la Blanche
Ses maisons chaulées sont suspendues
En cascade en pain de sucre
En coquilles d'oeufs brisés
En lait de lumière solaire
En éblouissante lessive passée au bleu
En plein milieu
De tout le bleu
D'une pomme bleue
Je tourne sur moi-même
Et je bats ce sucre bleu du ciel
Et je bats cette neige bleue du ciel
Bâtis sur des îles battues qui furent mille
Ville audacieuse Ville démarrée
Ville au large rapide à l'aventure
On l'appelle El Djezaïr
Comme un navire
De la compagnie Charles le Borgne
 
***
Par-delà les murs clos
Par-delà les murs clos comme des poings fermés
à travers les barreaux ceinturant le soleil
nos pensées sont verticales et nos espoirs
L'avenir lové au coeur monte vers le ciel
comme des bras levés en signe d'adieu
des bras dressés enracinés dans la lumière
en signe d'appel d'amour de reviens ma vie
Je vous serre contre ma poitrine mes soeurs
bâtisseuses de liberté et de tendresse
et je vous dis à demain car nous le savons
L'avenir est pour demain
L'avenir est pour bientôt
***
JUSTE AU-DESSUS DU SILENCE
Je parle bas tout juste au-dessus du silence
Pour que même l'autre oreille n"entende pas
La terre dort à ciel ouvert et dans ma tête
se prolonge avec des rigueurs d'asphodèles
J'ai repeuplé quelques déserts beaucoup marché
Alors je gis dans ma fatigue et dans ma joie
Ces varechs jetés par les lames des étés
Dans des pays des morceaux de moi font semence
et donnent-surgeons de ma tendresse-de tels
Oasis que les jours sont des vergers en fête
Ou l'homme boit une vigueur amniotique
Le bonheur tombe dans le domaine public
 
Colette Anna Grégoire, dite Anna Greki, est une poétesse algérienne d’origine et d'expression française, fille d'instituteur, née à Batna le 14 mars 1931.
Elle est élevée au milieu d'une communauté berbère chaoui et se trouve très tôt confrontée à la misère des algériens.
Elle passe son enfance à Menaa et effectue ses études primaires à Collo, secondaires à Skikda (Philippeville) et Annaba. Poursuivant ses études de lettres modernes à la Sorbonne, elle fait connaissance de l’étudiant Ahmed Inal, originaire de Tlemcen et membre du Parti communiste algérien. En 1955, elle interrompt ses études et rentre en Algérie avec lui pour participer activement au combat pour l’indépendance et enseigne comme institutrice. Ahmed Inal est tué par l’armée française le 20 octobre 1956 : « Vivant plus que vivant au cœur de ma mémoire et de mon cœur … » a écrit Anna dans l’un des poèmes dédiés à sa mémoire.
Devenue à son tour, par conviction, institutrice à Annaba (Bône) puis à Alger, elle milite au Parti Communiste algérien.
Membre actif des "Combattants de la Libération", elle sera arrêtée par les parachutistes de Massu en 1957, elle est torturée puis emprisonnée à la prison civile d'Alger, transférée au camp de transit de Beni Messous en 1958, et ensuite expulsée d'Algérie (sans doute parce qu'elle était française).
Elle rejoint alors Jean Melki, son mari, à Tunis.
Elle travaille comme institutrice à Avignon de 1959 à 1961. Elle épouse Jean-Claude Melki en 1960 puis gagne Tunis où vit son mari et où sera publié son premier recueil : « Algérie, Capitale Alger ».
Rentrée en Algérie à l’indépendance en 1962, elle signe ses poèmes « Anna Gréki », contraction de son nom « Grégoire » et de celui de son mari « Melki ». Membre de la première Union des écrivains algériens, fondée le 28 octobre 1963.
Elle s’enthousiasme pour la construction d’une Algérie « démocratique populaire et socialiste », mais déplore rapidement le virage autoritaire du régime. Son recueil Algérie, Capitale Alger, préfacé par Mostefa Lacheraf, est publié à Tunis et Paris en juillet 1963.
Obtenant sa licence en 1965 Anna Gréki est nommée professeure de français au lycée Abdelkader d’Alger. Elle prend alors nettement position dans les débats qui sont menés autour des orientations révolutionnaires de la littérature. Elle prépare simultanément une étude sur les voyages en Orient de Lamartine, Flaubert et Nerval et commence l’écriture d’un roman.
Elle décède tragiquement à 35 ans au cours de son accouchement à Alger le 6 janvier 1966, elle laisse un second recueil : « Temps forts » qui sera publié par "Présence africaine".
"Même en hiver le jour n’était qu’un verger doux
Quand le col du Guerza s’engorgeait sous la neige
Les grenades n’étaient alors que des fruits - seule
Leur peau de cuir saignait sous les gourmandises
On se cachait dans le maquis crépu pour rire
Seulement. Les fusils ne fouillaient que gibier.
Et si la montagne granitique sautait
A la dynamite, c’était l’instituteur
Mon père creusant la route à sa Citroën.
Aucune des maisons n’avait besoin de portes
Puisque les visages s’ouvraient dans les visages.
Et les voisins épars, simplement voisinaient.
La nuit n’existait pas puisque l’on y dormait.
C’était dans les Aurès..."
Extrait de "Même en hiver"...
 
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8 mars 2023 3 08 /03 /mars /2023 07:47
Rose Zehner , militante CGTU , membre du PCF . Photographie prise en mars 1938 par Willy Ronis dans l’atelier de sellerie des Usines Citroën , Quai de Javel , à Paris

Rose Zehner , militante CGTU , membre du PCF . Photographie prise en mars 1938 par Willy Ronis dans l’atelier de sellerie des Usines Citroën , Quai de Javel , à Paris

Exposition Willy Ronis, au Musée de Pont-Aven.

Samedi 6 mai, à partir de 10h:

Dans le cadre de ses sessions de formation et d'éducation populaire autour de l'art et de ses enjeux politiques et sociaux, le PCF Finistère organise deux visites commentées d'une heure de l'exposition Willy Ronis à la suite, de 10h15 à 11h15 puis de 11h15 à 12h15 pour deux groupes constitués de 20 personnes maximum, soit 40 places en tout.

Réception des inscriptions: papin.sylviane@orange.fr

Cette visite de l'exposition Willy Ronis sera suivie par une Conférence de Renaud Faroux au port de Brigneau à Moëlan sur Mer

Renaud Faroux notre conférencier historien et critique d'art préféré nous éclairera sur les thèmes Photographie et Humanisme - Les communistes et la photographie - la photographie dans les journaux progressistes et communistes: Regard, Vu, Ce Soir, L'Humanité...

Chacun amène son pique-nique et on partagera.

Pour l'inscription il faudra préciser impérativement l'heure choisie pour la visite guidée à Pont Aven

 

Photographie de 1936, photo de Willy Ronis exposée à Pont-Aven

Photographie de 1936, photo de Willy Ronis exposée à Pont-Aven

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5 mars 2023 7 05 /03 /mars /2023 08:24
Alberto Moravia et Elsa Morante à Capri dans les années 1940.

Alberto Moravia et Elsa Morante à Capri dans les années 1940.

Moravia -
L'homme nu et autres poèmes (Flammarion)
 
Qui me rendra
l'odeur
enivrante
et suffocante
des petites roses blanches
entre les piquets
des grilles
des jardins
de mai?
 
Comparaison - Moravia
 
La vie est comme une boule
de mercure
elle se divise
se fragmente
se pulvérise
sous le pouce
de la pensée
et puis se reforme
boule liquide
si lourde
d'angoisse.
 
Alberto Moravia (1907-1990)
Alberto Moravia, nom de plume d'Alberto Pincherle, naît dans un quartier aisé de Rome le 28 novembre 1907 d'un père, architecte d'origine vénitienne et de confession juive, et d'une mère catholique d'origine dalmate dans une famille de quatre enfants.
Tout jeune, il est en partie élevé par une gouvernante française.
Il dit avoir fait à neuf ans le choix de la littérature, comme "une vocation", "un besoin physiologique".
À l'âge de neuf ans, il est atteint de tuberculose osseuse, ce qui l'immobilise pendant huit années et l'empêche de suivre ses études. Il séjourne dans des sanatoriums durant deux ans. Cela lui laissera de profondes séquelles. Durant cette période, il lit Shakespeare, Molière, Goldoni, Marcel Proust, Arthur Rimbaud, Dostoïevski.
Il n'a que 19 ans, lorsque Les Indifférents, son premier roman, connaît un succès critique qui marque l’entrée fracassante d’Alberto Moravia, qui s’est entre-temps trouvé un nom de plume, sur la scène intellectuelle et littéraire italienne.
Il écrit Les Indifférents dans le sanatorium de Bressanone, au nord de l'Italie. L'ouvrage est publié à compte d'auteur. Il s'agit d'un roman existentialiste avant la lettre qui restera la référence idéologique et littéraire la plus marquante de l'œuvre de Moravia. Le livre obtient un succès de scandale en raison de l'âpre description désenchantée de la bourgeoisie romaine. À partir de ce succès, l'auteur écrit avec une « régularité bureaucratique » une œuvre abondante.
En 1927, Moravia rencontre Corrado Alvaro et Massimo Bontempelli.
Il commence sa carrière de journaliste au magazine 900.
À partir de 1930, il séjourne à Londres, Paris, New York et visite la Chine, la Grèce, l'Allemagne et le Mexique. Il voyage pour échapper, dit-il, à l'atmosphère étouffante du fascisme. En Italie, il signe des articles de presse (journaux et revues). Son net antifascisme le rend suspect et les origines juives de son père contribuent à la précarité de sa situation.
Durant l'écriture de son deuxième roman, d'une durée de six années, il lit Karl Marx et Sigmund Freud.
En 1941, Moravia épouse Elsa Morante, qu'il quittera en 1962. Peu après son divorce, il partage sa vie avec Dacia Maraini. Toutes deux sont des femmes de lettres.
Recherché par les fascistes à partir de 1943, Moravia s'enfuit de Rome et se réfugie dans les montagnes de la ville de Fondi, au nord de Naples où il séjournera neuf mois.
En mai 1944, Alberto Moravia retourne à Rome et commence à collaborer avec Corrado Alvaro, écrivant pour des journaux italiens de premier plan comme Il Mondo et Il Corriere della Sera, pour lequel il continuera à écrire jusqu'à sa mort.
C'est le succès de La Romana (1947) qui lui apporte une certaine aisance matérielle et la consécration par la critique. Ces œuvres sont mises à l'Index en 1952. Avec Alberto Carocci, il lance la revue Nuovi Argomenti en 1953, une des plus importantes revues littéraires de l'après-guerre. Pier Paolo Pasolini les rejoindra plus tard.
Entre 1959 et 1962 Moravia est président du PEN International.
Moravia est l'auteur de plusieurs essais sur l'Afrique, la Chine, l'URSS. C'est un compagnon de route du Parti communiste même s'il n'a jamais adhéré formellement au PCI.
Moravia est un grand ami de Pasolini, le poète, cinéaste et intellectuel marxiste, communiste, d'origine bourgeoise et "libertin" comme lui, tué le 2 novembre 1975 sur la plage d'Ostie à Rome.
En 1984, Moravia est élu au Parlement européen, représentant le Parti communiste italien.
Cette expérience, qui s'achève en 1988, est contée dans Il Diario Europeo (The European Diary). En 1986, peu après la mort d'Elsa Morante en novembre 1985, il épouse Carmen Llera à qui est dédicacé son recueil de nouvelles La Chose.
 
Plusieurs romans de Moravia sont adaptés au cinéma:
La Provinciale de Mario Soldati (1953) et La Belle Romaine de Luigi Zampa (1954), tous deux avec Gina Lollobrigida, "Le conformiste" de Bertolucci (1970, avec Jean-Louis Trintignant: le thème principal de ce film : la bourgeoisie italienne, qu'il situe dans les années 1930 et qu'il associe à la mentalité fasciste), Le Mépris (1963) de Jean-Luc Godard avec Michel Piccoli et Brigitte Bardot adapté de son roman de 1954.
 
L'œuvre d'Alberto Moravia dissèque souvent les rapports amoureux, sexuels ou non, charnels ou spirituels, en fouillant de manière distanciée la psychologie de ses personnages.
Jouant avec les conventions sociales et leur influence sur les sentiments, ses livres questionnent volontiers la société et le couple dans leurs rapports (Le Mépris, L'Ennui, L'Amour conjugal, La Femme léopard).
La matière parfois scabreuse de ses romans et de ses nouvelles est moins superficielle que le succès à scandale qu'elle a souvent entraîné : les personnages velléitaires de cette œuvre sont les produits d'une crise de la société bourgeoise, puritaine et fasciste, que Moravia regarde d'un œil impitoyable, mais non dépourvu de complaisance littéraire.
Il a été nommé 15 fois pour le Prix Nobel de littérature entre 1949 et 1965.
Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma.
Le Mépris est classé 48e dans le classement des Cent livres du siècle réalisé par le journal le Monde.
 
 
 
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5 mars 2023 7 05 /03 /mars /2023 08:21
Communist'Art: Italo Calvino (1923-1985)
Crâne - Italo Calvino
 
Dans votre petit crâne
est enfermée une guêpe
folle furieuse
qui grille et vrombit.
Mon crâne est ouvert
battu par le vent.
Ô vent combien de pensées
apportes-tu en moi et en chasses-tu
rapide à tout moment,
Ô vent.
Ô pluie, je suis sans
couvercle
et ma tête est une conque.
Tu la laves et débordes.
Ô pluie.
J’ai la tête pleine de pluie
et de vent et de soleil et de mer.
Ô vent.
Si tu pouvais suspendre une pensée.
Si tu pouvais la suspendre un moment.
Ô vent.
Mais mon crâne est sans paroi
C’est le monde.
Dans votre petit crâne
il n’y a de la place
que pour une guêpe méchante
folle furieuse
qui vrombit
et se cogne la tête
contre les parois aveugles.
 
Poème de jeunesse d'Italo Calvino (1942) - Cairn Info
 
***
 
Peuple, un jour tu accrocheras tes mains
lasses aux grilles, dans un vrombissement de ruche.
Tu te répandras, flot émacié,
allégées les digues de la longue injure.
Une armée en guenilles sans défense
en pavois de deuils, de déchirures et de bandes
avancera à la reconquête tardive
du bien perdu toutes ces années de patience.
Je ne sais d’où, tremblant,
hommes, je suivrai votre rachat.
Avec des cris ou muet j’inciterai à la furie ;
ou s’il suffira encore à votre débandade
d’entendre le pas d’un patron ou de ses sbires,
hommes, je ne regarderai plus vos yeux,
vils comme les miens sont vils.
 
Italo Calvino - Écrit sous terre, Le 11-12-44
Publié par Cairn Info
 
Italo Calvino (1923, Santiago de las Vegas à Cuba - 1985, Sienne, Toscane)
Italo Calvino naît à Cuba où son père Mario (1875-1951), d'origine ligurienne, travaille comme agronome, et sa mère Eva Mameli Calvino (1886-1978), native de Sardaigne, est biologiste. En 1925, la famille rentre en Italie, alors mussolinienne, où le jeune Italo grandit (à Sanremo) et reçoit une éducation laïque et antifasciste.
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il interrompt ses études d'agronomie ; en 1943, il rejoint la résistance communiste en Ligurie et les partisans des brigades Garibaldi. En 1945, il se retrouve à Turin où il participe à plusieurs journaux. Il travaille pour l’imprimerie turinoise qui publie L’Unita (le quotidien officiel du parti communiste italien) entre 1948 et 1949 et milite au Parti communiste italien. Italo Calvino entreprend des études de lettres qu'il conclut par un mémoire de littérature anglaise sur Joseph Conrad. À cette époque, il fait la connaissance de Cesare Pavese qui l'encourage à écrire et qui parle d'Italo Calvino dans son journal intime "Le Métier de Vivre".
En 1947, il publie son premier roman, Le Sentier des nids d'araignées, qui évoque son expérience de résistant. L'œuvre rencontre un certain succès. En 1949 paraît Le Corbeau vient le dernier. Ces deux œuvres naissent dans l'atmosphère néoréaliste. En 1952, sur les conseils de son éditeur, il abandonne sa manière néo-réaliste pour se tourner vers le conte fantastique, à travers Le Vicomte pourfendu qui formera, avec Le Baron perché et Le Chevalier inexistant, la célèbre trilogie Nos ancêtres, vision allégorique de la condition humaine moderne.
Entre 1950 et 1956, il entreprend la compilation et la traduction des Contes populaires italiens à partir de contes folkloriques du XIXe siècle.
Après l'invasion de la Hongrie par les troupes soviétiques en 1956, Calvino quitte le parti communiste comme des centaines d'intellectuels.
Il défend néanmoins en 1957 "La Chute de Berlin", le film sur l’armée rouge pendant la deuxième guerre mondiale réalisé par Michail Ciaureli.
En 1968, Italo Calvino est à Paris pour participer aux évènements du « Joli Mai » (à ce sujet, il nous laissa d’ailleurs un lettre magnifique, relativement peu connue, mais qui vaut la peine d’être citée : « nous vivons les derniers jours de cette ville extraordinaire sans voitures et sans métro, avec les files d’attentes devant les magasins, et les discours de De Gaulle, avec les klaxons de ses soutiens qui essaient de pénétrer le Quartier Latin mais qui se font refouler; la Sorbonne ressemble à une forteresse assiégée, avec les militants prêts au combat et les jeunes qui craignent le pire et insultent le Parti Communiste. Des nuits durant lesquelles vous ne faites rien si ce n’est marcher parmi les alarmes qui ne cessent jamais, dans un climat d’excitation continue. […] Il me semble que quelque chose est véritablement en train de changer en Europe. Sans aucun doute c’est un pas vers l’organisation d’une nouvelle force révolutionnaire soutenue par la classe ouvrière, alors qu’à ce moment précis la voie prise par les partis communistes est irréversible, comme le fut celle des démocraties sociales à la veille de la première guerre mondiale. La question de savoir à quel point la réaction au mouvement va progressivement s’orienter vers le fascisme ne semble pas inquiéter les jeunes révolutionnaires : et qui sait, peut-être ont-ils raison, car nous vivons une époque tellement différente de notre passé, et les choses ne sont jamais comme nous les avions présagées »).
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26 décembre 2022 1 26 /12 /décembre /2022 07:04
Aragon: Un monde habité par le chant - Clément Garcia, L'Humanité, 23 décembre 2022
Aragon : Un monde habité par le chant

La poésie d’Aragon s’est rendue populaire grâce à des musiciens qui ont brodé sur ses vers des mélodies impérissables. « Une forme supérieure de critique » pour le poète. Et une histoire toujours vivante.

Publié le Vendredi 23 Décembre 2022

De chant, il est largement question dans l’œuvre d’Aragon. Pourtant, et contrairement à bon nombre de ses contemporains, le poète n’a jamais versifié pour la chanson. Comme pour s’indigner du paradoxe, les chansonniers ont en retour mis en musique son œuvre avec une constance admirable. Entre « la voix Ferrat, la voix Ferré », se sont frayés quantité de chemins de traverse. Hélène Martin, Georges Brassens, Lino Léonardi, Marc Robine, pour en rester là, ont composé sur ses vers des mélodies entonnées par des interprètes fameux : Jacques Douai, Monique Morelli, Marc Ogeret, Francesca Solleville et tant d’autres. Une somme qui permet à l’œuvre d’Aragon de continuer à vivre dans la mémoire populaire. « La mise en chanson d’un poème est à mes yeux une forme supérieure de critique poétique, écrivait Aragon. Même si ce n’est pas tout ce que j’ai dit ou voulu dire, c’en est une ombre dansante, un reflet fantastique, et j’aime ce théâtre qui est fait de moi. » Aujourd’hui encore, il n’est pas rare qu’un jeune musicien se prenne au jeu du « reflet fantastique ». Comment expliquer pareille permanence ?

Léo Ferré note que « ce qu’Aragon déploie dans la phrase poétique n’a besoin d’aucun support, bien sûr, mais la matière même de son langage est faite pour la mise sur le métier des sons ». Le chanteur anarchiste relève ici ce qui apparaît comme une évolution formelle commandée par la politique. Dans son ouvrage Aragon et la chanson (Textuel, 2007), Nathalie Piégay-Gros relève que, « dès la fin des années 1930 puis de manière décisive pendant les années de guerre, Aragon renoue avec une ancienne tradition littéraire française : il s’agit de montrer la continuité de la culture française et d’affirmer qu’elle est prête à résister à l’occupation (…). En puisant dans la tradition du “chant” français, Aragon entend prolonger la veine épique qui a tissé une identité et forgé une langue ». Cette reconnexion au patrimoine littéraire se manifeste par une attention apportée à la rime comme à la cadence des vers, de manière à être retenus, lus et chantés. Georges Auric comme Francis Poulenc prendront la balle au bond, le premier avec la Rose et le Réséda et le second en composant, si l’on peut dire, le premier tube sur un texte d’Aragon avec C. Le poète ne se départira plus de cette manière épique perceptible dans le Roman inachevé comme le Fou d’Elsa, abondamment butinés par Ferré et Ferrat.

Le groupe Feu ! Chatterton perpétue la tradition dans son album ­ l’Oiseleur (2018) avec une composition originale du prodige Samy Osta sur le poème Zone libre, tiré du recueil résistant le Crève-cœur. Le groupe clôt également ses concerts en reprenant l’Affiche rouge. « Avec ­l’Affiche rouge, l’intime et le politique s’embrassent avec une puissance prodigieuse », confiaient-ils à l’Humanité. La chanteuse Véronique Pestel dédie un spectacle à Aragon avec des mélodies nouvelles, quand Thomas et Jacques Dutronc viennent de publier Aragon, morceau qui reprend les vers du poème Bierstube Magie allemande et sa lancinante question : « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? » Quelques mois plus tôt, le rockeur Axel Bauer s’inspirait des mêmes vers dans un album dédié à son père résistant.

L’auteur-compositeur Florent Marchet s’est distingué en composant la musique de tout un spectacle sur divers poèmes d’Aragon clamés par le comédien Patrick Mille. Dans la revue Hexagone, il explique : « La poésie d’Aragon a une dimension intemporelle (…). Nous avons aussi besoin de l’esprit de résistance qu’il véhicule. L’époque n’est plus la même mais il y a un engagement qui est tout autant nécessaire. » Lyrique, épique et politique, le mariage de la musique et du texte aragonien a encore de beaux jours devant lui.

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26 décembre 2022 1 26 /12 /décembre /2022 06:53
Aragon et Elsa

Aragon et Elsa

Aragon dans les tourments du siècle

Il y a quarante ans, le 24 décembre 1982, disparaissait Louis Aragon. Sa vie, son œuvre épousèrent les espoirs et les désillusions du XXe siècle. Envers et contre tout, il demeure l’un des plus grands écrivains de son temps.

Publié le
Vendredi 23 Décembre 2022

Y a-t-il un mystère Aragon ? Quarante ans après sa mort, comment comprendre son œuvre littéraire sans se (re)plonger dans la tourmente du XXe siècle ? Son engagement en littérature, ce goût prononcé pour la modernité, celle qui marque des ruptures essentielles dans tous les arts comme en politique, sont indissociables. Sa vie fut aussi tumultueuse que le siècle qui le vit grandir.

Il découvre, à 20 ans, les horreurs de la Première Guerre mondiale. C’est au Chemin des Dames qu’il commence l’écriture d’Anicet ou le panorama, roman. Démobilisé, il retourne à Paris. Aragon fréquente les milieux littéraires. Entre des amours tumultueuses, contrariées ou trahies, il se lance à corps perdu dans l’écriture comme un remède à cette mélancolie teintée de rage qui traverse sa génération. Dadaïste, surréaliste, il s’insurge contre la littérature bourgeoise, qu’il veut jeter à la Seine, rien de moins. Période prolifique. Paraîtront le Paysan de Paris, le Con d’Irène (qui lui vaudra les foudres de la censure), des poèmes (Persécuté persécuteur), des essais (Traité du style). Avec André Breton, ils adhèrent au Parti communiste. Mais le climat entre les deux écrivains s’envenime. Breton quitte le PCF. Ils se retrouveront pourtant en 1931 pour dénoncer l’exposition coloniale, « ce carnaval de squelettes ».

Un engagement communiste couplé à un antifascisme viscéral

Aragon a rencontré Elsa Triolet, belle-sœur de Maïakovski, qui se suicide en 1930. Avec Elsa, ils séjournent fréquemment en Union soviétique. Les années 1930 sont constellées d’engagements politiques et esthétiques vigoureux, d’affrontements rudes alors que l’Europe sombre dans le fascisme. Le soutien aveugle et indéfectible à l’Union soviétique se conjugue cependant avec l’engagement antifasciste face à des droites qui préfèrent Hitler au Front populaire. Aragon est de tous ces débats. Il prend la plume comme journaliste à l’Humanité et à Ce soir. Il obtient le Renaudot pour les Beaux Quartiers en 1936.

En 1939, il est de nouveau mobilisé. Après la défaite, il entre en résistance. En publiant clandestinement les Lettres françaises, il rallie, bien au-delà de la sphère communiste, les intellectuels qui refusent de capituler. À la Libération, Aragon acquiert une nouvelle dimension. Après avoir été l’une des figures du surréalisme, le romancier engagé, le poète de la Résistance, il est consacré poète national. La guerre froide, les interventions soviétiques à Budapest, à Prague provoquent des ruptures sans retour parmi les intellectuels français. Aragon est souvent ébranlé mais ne renoncera jamais. En Mai 68, à la Sorbonne, il est chahuté par les étudiants. Une blessure de plus.

La politique, la littérature : Aragon a mené de front ces deux engagements. Avec le Roman inachevé, Olivier Barbarant estime qu’il « réintègre la communauté littéraire » (lire ci-contre). L’avait-il jamais quittée ? À la fin de sa vie, Aragon affiche son homosexualité, porte des masques. « Je ne suis pas celui que vous croyez », laisse-t-il entendre. Son œuvre est dense et cruelle, comme le siècle qui l’a inspirée, avec sa cohorte de trahisons et de désillusions, ses remises en question, y compris dans ses périodes les plus sombres. Et s’il revendique dans Épilogue « le droit au désespoir », il ajoute : « Le chant n’est pas moins beau quand il décline. Il faut savoir ailleurs l’entendre qui renaît comme l’écho dans la colline. »

Aragon, de la flamme à la brûlure

Acquis à la révolution russe et au soutien de l’URSS dès les années 1930, Aragon prend ses distances dans les années 1950, d’abord à mots couverts puis ouvertement, tout en restant fidèle au PCF dans une visée démocratique.

Publié le
Vendredi 23 Décembre 2022

Septembre 1968. Trois mois seulement se sont écoulés après le grand mouvement de mai avec, dans la rue, la jeunesse et les usines. Aragon est allé à la rencontre des étudiants malgré, pour une part d’entre eux, son image de stalinien. Un mois depuis l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes de l’Union soviétique et le pacte de Varsovie, mettant fin à sa démocratisation, pour, dit-on alors, un socialisme à visage humain. Dans les Lettres françaises, dont il est le directeur, Aragon publie un article sans concession contre cette intervention, qu’il intitule « J’appelle un chat un chat », reprenant une phrase de Boileau. C’est une réponse directe à la Literatournaïa Gazeta de Moscou commentant et critiquant une déclaration du Comité national des écrivains condamnant l’agression soviétique. « J’ai la certitude, écrit-il, que l’odieux est du côté de ceux qui donnent un nom mensonger à l’invasion brutale de la Tchécoslovaquie, à la rupture brutale de la fraternité entre les partis communistes, au recours à la force comme méthode de discussion. » Dans la période précédente, les Lettres françaises ont déjà apporté leur soutien aux écrivains Andreï Siniavski et Iouli Daniel, traduits en justice à Moscou pour des écrits satiriques sur la vie en URSS… Il soutient Rostropovitch, un ami personnel, le cinéaste Paradjanov.

Il n’en a pas toujours été ainsi. En 1931, alors qu’il a déjà adhéré au PCF, Aragon publie le poème Front rouge. Son excès de zèle révolutionnaire y éclate en formules chocs. « Descendez les flics, camarades, descendez les flics, feu sur les ours savants de la social-démocratie ! » L’Humanité désavoue le poème, qui fait crépiter aussi les lettres SSSR, comme un tir de mitrailleuses. Faut-il le dire, malgré ou avec ses excès, c’est en même temps un superbe poème, faisant écho à ceux de Maïakovski. « Quand les hommes descendaient des faubourgs / et que place de la République / le flot noir se formait comme un poing qui se ferme / les boutiques portaient leurs volets à leurs yeux pour ne pas voir passer l’éclair… »

Dès lors, toutefois, Aragon apparaît comme un écrivain dévoué à la révolution, telle qu’elle s’incarne alors dans l’Union soviétique, aux yeux de millions de communistes. Il a rompu avec André Breton et les surréalistes, voyage en URSS en 1934 avec André Malraux et Jean-Richard Bloch. Il marque cependant une distance avec le réalisme socialiste qui y prévaut désormais en parlant de réalisme français, de Courbet, Poussin, Flaubert… Résistant, il va faire circuler ses poèmes, renvoyant souvent à l’histoire même de la France, y compris avec ses figures emblématiques comme celle de Jeanne d’Arc, « quand Jeanne vint à Vaucouleurs » dans ses « chants de la France malheureuse »…

Les années d’après guerre voient le Parti communiste, grandi par son rôle dans la Résistance, à la première place des débats politiques et intellectuels. Le couple Aragon-Elsa Triolet en est un des phares. Bien au-delà de ses militants, l’Union soviétique et Staline jouissent d’un prestige considérable. Pourtant, peu à peu, les certitudes se fissurent. En 1953, Aragon et Elsa reviennent de Moscou en plein doute alors qu’y a lieu le procès de médecins juifs dit « du complot des blouses blanches », accusés du meurtre de dirigeants soviétiques. L’affaire tombera deux mois après la mort de Staline, cette même année.

« Pour ce qu’on a fait de nous /prenant tout pour de l’eau pure »

En 1956, Aragon publie, dans le recueil le Roman inachevé, le poème la Nuit de Moscou. « On sourira de nous d’avoir aimé la flamme / au point d’en devenir nous-mêmes l’aliment. » Un an plus tard, dans la Semaine sainte, il met sa désillusion dans la bouche du peintre Géricault et règle son compte au réalisme socialiste. En 1963, dans le Fou d’Elsa, œuvre aux entrées multiples, sa tristesse se lit de page en page : « Pour ce qu’on a fait de nous / prenant tout pour de l’eau pure. » En 1972, quand ferment les Lettres françaises, il écrit : « J’ai gâché ma vie et c’est tout. » Il n’en est pas moins et toujours membre du comité central du PCF, et s’implique pleinement dans ses débats, pour la liberté de création, l’ouverture, la diversité…

« Homme de demain, soufflez sur les charbons / À vous de dire ce que je vois. »

 Aragon dans les tourments du siècle - Marie José Sirach et Maurice Ulrich, L'Humanité, 23 décembre 2022
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13 novembre 2022 7 13 /11 /novembre /2022 06:00
12 novembre 2022 - Passionnante conférence de Renaud Faroux sur l'exposition Libres comme l'art suite à l'AG du PCF Finistère à la MPT de Quimerc'h
12 novembre 2022 - Passionnante conférence de Renaud Faroux sur l'exposition Libres comme l'art suite à l'AG du PCF Finistère à la MPT de Quimerc'h
12 novembre 2022 - Passionnante conférence de Renaud Faroux sur l'exposition Libres comme l'art suite à l'AG du PCF Finistère à la MPT de Quimerc'h
12 novembre 2022 - Passionnante conférence de Renaud Faroux sur l'exposition Libres comme l'art suite à l'AG du PCF Finistère à la MPT de Quimerc'h
12 novembre 2022 - Passionnante conférence de Renaud Faroux sur l'exposition Libres comme l'art suite à l'AG du PCF Finistère à la MPT de Quimerc'h
12 novembre 2022 - Passionnante conférence de Renaud Faroux sur l'exposition Libres comme l'art suite à l'AG du PCF Finistère à la MPT de Quimerc'h
12 novembre 2022 - Passionnante conférence de Renaud Faroux sur l'exposition Libres comme l'art suite à l'AG du PCF Finistère à la MPT de Quimerc'h
12 novembre 2022 - Passionnante conférence de Renaud Faroux sur l'exposition Libres comme l'art suite à l'AG du PCF Finistère à la MPT de Quimerc'h
12 novembre 2022 - Passionnante conférence de Renaud Faroux sur l'exposition Libres comme l'art suite à l'AG du PCF Finistère à la MPT de Quimerc'h
Passionnante après-midi passée avec Renaud Faroux, historien d'art, critique d'art, commissaire de l'exposition Libres comme l'Art présentée à l'espace Niemeyer et qui avait exploré cent ans d'histoire entre les artistes et le PCF, avec des œuvres appartenant à celui-ci comme "J'écris ton nom Liberté", poème d'Eluard illustré par Fernand Léger, ou la Joconde moustachue de Marcel Duchamp offerte par l'artiste à Aragon qui en fit don au PCF, aujourd'hui en dépôt au centre Pompidou ; et bien d'autres issues de grands musées, parfois tirées de l'oubli.
Picasso, Fougeron, Léger, Matisse, Giacometti, Taslitsky, Pignon, Masson, Kijno, Matta et tant d'autres dont Renaud Faroux évoqua les œuvres en un va-et-vient constant avec les peintres contemporains ou ceux des siècles passés ; du pur bonheur mais aussi des moments de gravité car le 20ème siècle connut deux guerres mondiales, les camps de concentration, la guerre d'Indochine comme celle d'Algérie, qui ne laissèrent pas indifférents ces grands artistes.
Renaud Faroux était accompagné de son ami le scénographe Eric Morin, scénographe de l'exposition Libres comme l'art à Colonel Fabien en 2020-2021, et de nombre d'expositions du musée de Pont-Aven, de l'espace des Capucins à Landerneau. Eric Morin nous a expliqué sa démarche de circulation entre les œuvres avec les contraintes spécifiques du bâtiment de Niemeyer, de sa luminosité, de ses plans inclinés.
Une belle manière de conclure l'assemblée départementale des communistes du Finistère qui s'est tenue le matin avec la participation d'Igor Zamichiei pour la direction du PCF.
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2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 09:54
Conférence de Renaud Faroux sur Ernest Pignon Ernest à Landerneau à l'invitation du PCF Finistère - 70 personnes y ont assisté
Conférence de Renaud Faroux sur Ernest Pignon Ernest à Landerneau à l'invitation du PCF Finistère - 70 personnes y ont assisté
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Sorties culturelles et artistiques du PCF Finistère

Samedi 1er octobre, après la visite de l'exposition Ernest Pignon Ernest, 2 heures passionnantes de conférence de Renaud Faroux au Mille Clubs de Landerneau de 12h à 14h, pour donner à comprendre et parcourir l’œuvre de l'artiste niçois, dans son contexte artistique, culturel, social et politique, et en lien avec les artistes de la tradition et les poètes qui l'ont inspiré.

C'était la septième intervention de l'historien d'art et spécialiste de la Figuration libre et du Salon de la jeune peinture, du Pop art européen, Renaud Faroux pour le PCF Finistère et ses invités en lien avec des expositions du FHEL à Landerneau ou du musée de Pont Aven et 70 personnes ont eu la chance de suivre cette conférence brillante et passionnée de Renaud Faroux sur Ernest Pignon Ernest, avant un pique- nique convivial au soleil en bordure d'Elorn.

Renaud Faroux a promis de revenir prochainement dans le Finistère nous présenter les artistes et la cohérence interne de l'exposition Libres comme l'art, 100 ans d'histoire entre le PCF et les artistes, présente à Colonel Fabien en 2021.

Conférence de Renaud Faroux sur Ernest Pignon Ernest à Landerneau à l'invitation du PCF Finistère - 70 personnes y ont assisté
Conférence de Renaud Faroux sur Ernest Pignon Ernest à Landerneau à l'invitation du PCF Finistère - 70 personnes y ont assisté
Conférence de Renaud Faroux sur Ernest Pignon Ernest à Landerneau à l'invitation du PCF Finistère - 70 personnes y ont assisté
Conférence de Renaud Faroux sur Ernest Pignon Ernest à Landerneau à l'invitation du PCF Finistère - 70 personnes y ont assisté
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2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 09:44
Samedi 1er octobre - Visite de l'exposition Ernest Pignon Ernest à Landerneau avec le PCF Finistère - Reportage photo
Samedi 1er octobre - Visite de l'exposition Ernest Pignon Ernest à Landerneau avec le PCF Finistère - Reportage photo
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Samedi 1er octobre - Visite de l'exposition Ernest Pignon Ernest à Landerneau avec le PCF Finistère - Reportage photo
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Samedi 1er octobre - Visite de l'exposition Ernest Pignon Ernest à Landerneau avec le PCF Finistère - Reportage photo
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Exposition Ernest Pignon Ernest à l'espace des Capucins de Landerneau visitée avec 60 camarades à l'invitation du PCF Finistère ce samedi 1er octobre- quand l'art urbain sublime l'art baroque et sacré, l'art engagé et la poésie... Desnos, Rimbaud, Genet, Pasolini, Maïakovski, Darwich, Neruda, Maurice Audin, Ségalen, Caravage, Artaud, mais aussi les Communards, les immigrants, les expulsés, les ouvriers, les prisonniers, les "aliénés", les SDF, les femmes victimes de l'interdiction de l'IVG, les rebelles, les victimes de l'apartheid, du colonialisme et du racisme, les combattants de la justice sociale et de l'égalité des droits, ils sont à l'honneur de la splendide exposition rétrospective dont Ernest Pignon Ernest a été le maître d’œuvre au fonds Hélène et Édouard Leclerc. De la prison de Lyon Saint-Paul à Naples, en passant par Ramallah, Santiago du Chili, Brest, Marseille, Soweto, Alger, voyage dans l’œuvre impressionnante de Ernest Pignon Ernest, artiste d'origine niçoise né en 1942.

70 personnes ont ensuite assisté à la passionnante conférence de Renaud Faroux, historien d'art, critique d'art, spécialiste du Pop Art européen, co-commissaire avec Yolande Rasle de l'exposition Libres comme l'art qui présentait aussi des œuvres d'Ernest Pignon Ernest et de ses complices en création artistique à Colonel Fabien autour des 100 ans d'histoire entre le PCF et les artistes.

Samedi 1er octobre - Visite de l'exposition Ernest Pignon Ernest à Landerneau avec le PCF Finistère - Reportage photo
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