À l’approche de l’élection présidentielle et avec le candidat Ivan Cepeda donné en tête des sondages, la gauche compte bien poursuivre les réformes sociales lancées en 2022 avec l’arrivée de Gustavo Petro au pouvoir. Entretien avec Claudia Florez, secrétaire générale du Parti communiste colombien
À moins d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle, la droite colombienne tente d’alimenter un climat de peur pour défaire la gauche dans les urnes. Mais la secrétaire générale du Parti communiste colombien, Claudia Florez, mise sur le large soutien populaire acquis grâce au bilan positif de la présidence de Gustavo Petro pour que son dauphin, Ivan Cepeda, s’impose le 31 mai.
Comment se positionne le Parti communiste colombien dans le cadre des prochaines élections présidentielles ?
Claudia Florez
Secrétaire générale du Parti communiste colombien
Le Parti communiste colombien est l’une des six forces fondatrices du Pacte historique (coalition créée en 2021 pour propulser Gustavo Petro à la présidence, en 2022, puis devenu un parti en juin 2025). Par conséquent, nous sommes engagés à cent pour cent en faveur de la candidature présidentielle d’Ivan Cepeda Castro et d’Aida Quilcué, car ils représentent la continuité des transformations sociales que le gouvernement populaire de Gustavo Petro a menées ces quatre dernières années.
Face à la menace d’un retour au passé avec une droite synonyme de guerre et de mort, la gauche révolutionnaire et le progressisme continuent de proposer une « révolution pour la vie ».
Le candidat Ivan Cepeda est actuellement donné en tête des sondages, loin devant deux candidats de droite. Pensez-vous qu’il sera possible d’atteindre l’objectif de dépasser les 50 % pour assurer la victoire dès le premier tour ?
Ce ne sera pas si simple de gagner dès le premier tour, mais ce n’est ni plus ni moins que l’objectif que nous nous fixons dans cette campagne. Les sondages et notre ressenti au contact des gens nous indiquent que nous sommes sur la bonne voie, et nous ne voulons prendre aucun risque (en cas de second tour). Tout notre travail militant est concentré sur cet objectif pour assurer la victoire dès le 31 mai.
e dernier sondage indique que nous sommes à cinq points de la victoire dès le premier tour (c’est-à-dire à 45 % des intentions de vote, NDLR), et il reste un peu moins d’un mois de campagne. Il ne faut pas relâcher ni se montrer trop confiants, pour continuer à travailler dans les rues, dans les territoires, dans les quartiers, dans les foyers, en continuant d’établir un dialogue direct avec les gens.
Le contexte des récents attentats peut-il favoriser une remontée de la droite ?
C’est une façon sinistre de faire de la politique, même si dans notre pays cela n’a rien de surprenant. La droite et l’extrême droite ont gouverné pendant une grande partie du XXe et XXIe siècle sur la base de la peur.
Ce n’est pas une coïncidence si les attentats ont lieu (en ce moment) et si la candidate de l’uribisme et des partis traditionnels, Paloma Valencia (actuellement donnée en troisième position avec 20 % des intentions de vote, NDLR), essaie d’exploiter la situation en proposant l’ancien président Alvaro Uribe Vélez (2002-2010) comme ministre de la Défense.
Comment maintenir focalisée l’attention médiatique sur le programme du Pacte historique alors que les questions sécuritaires prennent une telle importance…
Il n’y a pas de contradiction entre notre programme de gouvernement et les politiques de sécurité, car nous avons aussi des propositions concrètes dans ce domaine. Dans notre Plan national de développement « Colombie, puissance de la vie », nous proposons une politique de « sécurité humaine », c’est-à-dire de gauche et progressiste, pour les villes et les zones rurales, mais sa finalité est la protection intégrale de la vie.
Cela signifie un changement radical d’approche par rapport à la doctrine sécuritaire héritée de la droite, qui a été imposée pendant des décennies au sein des forces armées de notre pays, et avec les conséquences terribles que l’on sait.
Nous prenons tout particulièrement en compte les territoires frappés par des conflits complexes, notamment en raison de la présence d’acteurs armés se finançant par le narcotrafic, l’exploitation minière illégale et d’autres économies rendues illégales.
Notre proposition vise une transformation territoriale grâce à une présence intégrale de l’État. Cela signifie une action de la force publique, mais aussi des politiques publiques sociales radicales qui changent la vie des gens. Dans cette équation, la réforme agraire que nous menons est primordiale.
Comment analysez-vous l’annonce de la candidate Paloma Valencia de vouloir nommer l’ancien président Uribe comme son ministre de la Défense ?
C’est à l’évidence une proposition opportuniste qui met en évidence la façon dont l’extrême droite veut capitaliser électoralement sur la terreur que subit la population civile.
Mais à y regarder de plus près, c’est une proposition qui dessert sa cause. Bien qu’Uribe Vélez reste le leader naturel d’un secteur important de la droite, il est également une réalité incontestable : la majorité sociale du pays identifie l’ancien président comme le principal personnage d’une époque autoritaire de gouvernance paramilitaire, caractérisée par la répression contre le peuple et la violation systématique des libertés démocratiques.
Énormément de monde se pose depuis des années la même question que notre candidat Ivan Cepeda Castro a formulée publiquement, en faisant de ce dossier l’un de ses grands combats, il y a quelques années : avec 7 837 « faux positifs » sur le dos, quand est-ce qu’Alvaro Uribe Vélez sera enfin jugé pour crimes contre l’humanité ?
Quel rôle joue l’uribisme dans cette campagne ?
Il est indéniable que lors des dernières élections législatives colombiennes (le 8 mars dernier, NDLR), le parti (uribiste) Centre démocratique (principal parti d’extrême droite) a regagné des positions au point de représenter la deuxième force politique au Congrès.
Mais il est également vrai que la conjoncture est différente aujourd’hui et ce que nous voyons, c’est une lutte cannibale au sein de la droite : les candidats Paloma Valencia et Abelardo de la Espriella (en seconde position dans les sondages avec 21.5 %, NDLR) se déchirent pour assurer une place au second tour.
Pendant que Paloma et le Centre démocratique tentent de se donner une image de « centre » en adoucissant leurs discours, de la Espriella se radicalise avec un discours néofasciste de style Bukele ou Bolsonaro.
Ils se retrouvent toutefois loin derrière le candidat Petro…
Ces fissures et tensions au sein de la droite mettent en évidence deux choses. La première est qu’ils n’ont pas de projet de pays cohérent à offrir aux citoyens. Et la seconde est que le président Gustavo Petro les a totalement déstabilisés : les droites ne savent pas comment faire face au fait que l’actuel gouvernement a réussi à convaincre une grande majorité de la population, avec des politiques sociales qui ont changé la vie des gens, et qu’il est très difficile de comparer cette nouvelle réalité avec des candidats qui représentent un retour du passé.
D’un point de vue logique, la gauche et le progressisme sont en train de gagner. Il reste maintenant à le confirmer dans les urnes.
Et que dire du président de l’Équateur, Daniel Noboa, qui tente clairement de déstabiliser les derniers mois de mandat de Gustavo Petro ?
C’est surtout le rôle joué par Donald Trump qu’il faut souligner : Daniel Noboa ne sert que d’intermédiaire dans le cadre de la doctrine Monroe 2.0. mise en place par la Maison blanche. Je n’ai aucun doute quant au fait que l’actuelle crise entre la Colombie et l’Équateur est orchestrée par Washington. Les États-Unis sont occupés au Moyen-Orient – par leur guerre sioniste contre l’Iran – mais ils ne peuvent pas négliger leur « arrière-cour » latino-américaine.
Ils exécutent donc un plan pour interférer dans les élections de notre pays, comme ils l’ont déjà fait récemment en Argentine et au Honduras. Cependant, nous sommes confiants que notre peuple confirmera dans les urnes la défense de la souveraineté nationale, de l’autodétermination et de l’intégration de toute Notre Amérique.
Fils d’un grand dirigeant communiste condamné à l’exil puis assassiné par des paramilitaires, Ivan Cepeda a grandi entre Cuba, Prague ou Sofia. Son histoire l’a amené à s’engager pour les droits humains. Candidat de la gauche pour la présidentielle en Colombie, iI se livre à « l’Humanité magazine » sur la nécessité pour le camp progressiste de se rassembler face à une internationale néofasciste.
L'Humanité, 13 février 2026
Philosophe, sénateur, militant des droits humains, et facilitateur pour le processus de paix en Colombie, Ivan Cepeda sera le candidat d’une gauche visant à assurer, lors des élections du 31 mai prochain, la continuité du processus politique progressiste enclenché en 2022 par le président Gustavo Petro. Quelques jours après le bombardement du Venezuela et l’enlèvement de son président, Nicolas Maduro, par les États-Unis, « l’Humanité magazine » l’a rencontré à Madrid lors d’une conférence durant laquelle celui dont le père, Manuel Cepeda, fut un des présidents historiques du Parti communiste colombien a notamment appelé à s’organiser pour vaincre le péril d’une « internationale néofasciste ».
Pouvez-vous nous parler de votre enfance, marquée par les violentes persécutions politiques contre votre père, Manuel Cepeda ?
Ivan Cepeda
candidat de la gauche pour la présidentielle en Colombie
Je suis né en 1962 dans une famille de journalistes. Mon père était directeur politique de la Jeunesse communiste et travaillait pour le journal du Parti communiste, la Voix de la démocratie. Il réalisait des reportages dans le département de Tolima, où la résistance paysanne se développait contre les attaques visant les communautés paysannes. Cette résistance finira par aboutir à la création des Farc, et il a rencontré plusieurs de ceux qui allaient devenir les dirigeants de cette guérilla.
Il fut accusé d’être un agitateur communiste puis emprisonné pendant un an, mais, une fois sorti de prison, il a commencé à subir des menaces et du harcèlement. Il ne s’agissait plus seulement d’une persécution judiciaire, mais de menaces concrètes d’assassinat. Ma famille s’est alors exilée, d’abord à La Havane entre 1966 et 1967. Mon père y a rencontré Ernesto « Che » Guevara et les dirigeants de la révolution cubaine, avec lesquels il a eu de riches débats, ce même qu’avec diverses forces de gauche du continent. C’était l’époque qui a vu naître la Tricontinentale.
Après Cuba, vous avez émigré vers la Tchécoslovaquie, puis vous avez étudié en Bulgarie. En quoi ces expériences en Europe de l’Est ont changé votre vision de la politique ?
J’ai vécu le printemps de Prague puis, plus tard, je suis parti étudier à Sofia la philosophie – après six mois passés à Moscou – où j’ai vécu la perestroïka et son résultat : une fracture du « socialisme réel ». Lorsque je suis rentré en Colombie en 1987, j’ai débattu avec mes camarades communistes, non seulement à propos des courants critiques du marxisme en Europe de l’Est mais aussi de la réalité de la Colombie, à propos de la guérilla qui n’était plus une force révolutionnaire au service du peuple.
L’enlèvement n’était plus une forme de pression politique, mais un outil de financement. Et, bien sûr, c’est une perversion parce que, si l’on veut créer un monde humaniste, on ne peut pas considérer les êtres humains comme une marchandise, avec le simple argument qu’ils sont plus riches que les autres ou qu’ils ont commis des crimes en exploitant les travailleurs. J’ai participé à de nombreuses discussions, tant dans la vie politique qu’au sein de ma famille, mais toujours de manière très respectueuse.
Le 9 août 1994, votre père est assassiné par des agents de l’État en complicité avec des paramilitaires. Vous avez 32 ans, et vous décidez de vous consacrer désormais à lutter pour les droits humains…
Ce crime s’inscrit dans un autre grand processus en cours : le génocide contre les militants de l’Union patriotique, à laquelle appartenait mon père. J’ai cherché à établir la vérité sur ce crime, et à traiter de nombreux autres cas, jusqu’à créer un mouvement de victimes de l’État colombien. Une partie de l’impunité en tant que phénomène s’explique par le fait qu’il existe un environnement idéologique, moral ou immoral dans la société qui permet d’admettre que ces crimes ne sont pas punis.
Une société qui vit une période de violence aussi longue souffre d’une sorte d’insensibilité éthique, face au respect de la vie, face aux victimes. Les sociétés qui ont la possibilité de faire un travail de mémoire et de recherche de la vérité peuvent avoir une chance de surmonter la violence. Bien sûr, ce travail ne suffit pas ; nous l’avons vu ces derniers temps, quand un peuple qui a été victime de génocide est coupable de commettre lui-même un génocide : je parle évidemment de ce qui se passe en Israël avec la Palestine.
Vous avez dû vous exiler à nouveau en 2000, cette fois en France, en raison de menaces liées à l’élucidation du meurtre de votre père…
À cette époque, le paramilitarisme gagnait du terrain, et la violence d’État commençait à adopter des méthodes et des outils paramilitaires. C’était aussi l’ère du Plan Colombie, avec une forte présence américaine dans notre pays et, dans ce contexte, faire la lumière sur l’affaire de mon père avait des conséquences politiques pour le pays.
Heureusement, j’ai vécu l’exil d’une manière très enrichissante. J’y ai rencontré de nombreux défenseurs des droits humains venus d’autres pays d’Afrique, d’Amérique latine, d’Europe. Parallèlement, le gouvernement d’Alvaro Uribe (président de 2002 à 2010 – NDLR) émergeait et l’extrême droite prenait une nouvelle forme politique. En Colombie, il y a toujours eu une droite et une extrême droite ; mais, avec Uribe, une extrême droite organisée a vu le jour.
Pourquoi avez-vous finalement décidé de rentrer en Colombie ?
J’étais en France, et c’était très pénible pour moi de savoir que tout cela se passait et de ne pas pouvoir participer à la vie politique de mon pays de manière plus active et décisive. C’est pourquoi j’ai commencé par écrire des tribunes, puis des livres sur ce sujet. À mon retour, en 2003, j’ai créé le Mouvement national des victimes de crimes d’État. Nous avons obtenu que la Cour interaméricaine des droits de l’homme reconnaisse la responsabilité de l’État dans le cas de mon père et d’autres personnes.
Je suis retourné dans ces régions où les pires actes de violence se produisaient. J’ai rencontré les paysans, les victimes de cette violence paramilitaire et mon travail a coïncidé avec l’action de (l’actuel président) Gustavo Petro qui était, à ce moment-là, député. Il menait des débats très intenses au Congrès sur le paramilitarisme, la parapolitique et l’accaparement des terres. Nous avions donc déjà de profondes affinités à propos de la Colombie rurale, dans des départements comme Sucre, Cordoba, la côte Caraïbe ou le Meta.
Après un procès qui vous a opposé à Alvaro Uribe pendant treize ans sur ses liens avec le paramilitarisme, l’ancien président a finalement été condamné à douze ans de prison pour délits de corruption et fraude procédurale, verdict depuis annulé. Vous venez de présenter un recours en cassation devant la Cour suprême de justice. Quel est le sens de votre persévérance ?
Ce processus continue aussi parce que Uribe doit faire face à d’autres accusations. Ceux qui sont patients et sereins, ce sont les victimes, ce n’est pas Uribe. Le combat pour la vérité et la justice est cumulatif. Nous avons réussi à prouver qu’un ancien président peut être jugé et même condamné. Il s’agit donc d’une victoire démocratique, juridique et éthique pour les victimes et, par conséquent, ce combat se poursuivra. À la suite de cet épisode historique, le peuple a exigé ma candidature à la présidence. C’est un honneur, mais c’est aussi une immense responsabilité. J’ai mûrement réfléchi avant d’accepter.
On a le sentiment que vous n’avez jamais éprouvé de désir de vengeance, contrairement à Uribe après l’assassinat de son père par les Farc. D’où vient cette sagesse qui vous permet aujourd’hui de vivre avec les morts ?
Cela découle essentiellement de trois expériences de vie. La première est le contact avec les victimes qui se battent depuis tant d’années, dans des conditions si difficiles, et qui font preuve d’une résilience admirable. Elle découle, entre autres, de la capacité à surmonter la douleur, à comprendre que, quelles que soient les difficultés, un autre temps viendra. Et ce temps-là, il faut le saisir, le cultiver et le construire. Grâce à cette lutte patiente, j’ai beaucoup appris de ceux qui ont vécu les pires situations.
Ensuite, il ne faut pas oublier qu’en Colombie nous avons subi un niveau de violence qui est peut-être le plus atroce, le plus sanglant qu’ait connu le continent. Face à ces circonstances, plusieurs options s’offrent à nous : fuir ou se mettre à l’abri, ou s’adapter, se rendre complice d’une certaine manière, ou simplement devenir spectateur. Autre option : s’engager frontalement. Enfin, il y a ma propre formation philosophique. J’ai été influencé notamment par la philosophie éthique et la pratique des stoïciens.
Pouvez-vous nous parler du concept de « révolution éthique » qui est au centre de votre campagne dans le cadre de l’élection présidentielle ?
La dégradation morale du monde est le résultat du modèle néolibéral, qui transforme l’être humain en une marchandise, génère des dynamiques de corruption énormes dans les États, crée la possibilité que la violence soit le seul moyen de résoudre les conflits. Si nous éliminons la pauvreté, réduisons les inégalités et développons économiquement les territoires isolés, nous pourrons créer une économie prospère, notamment agricole, qui respecte mieux la nature.
Depuis un an, les affrontements entre les dissidences des Farc et l’ELN (armée de libération nationale) ont repris dans le département du Catatumbo, provoquant des dizaines de morts et plus de 100 000 personnes déplacées. Comment feriez-vous face à cette situation si vous étiez élu à la tête du pays ?
Nous dialoguons avec l’ELN depuis trente ans. Il est temps de parvenir à un accord. Une fois à la présidence du pays, nous continuerons la politique de l’actuel président, tout en corrigeant certaines erreurs. Mon travail ne se limitera pas à des actions ponctuelles, j’exigerai des résultats avec une politique sociale forte de l’État. La négociation détermine non seulement la construction de la paix, mais aussi, et fondamentalement, la transformation des territoires. Mon programme n’a pas d’autres objectifs, mais, pour y parvenir, plusieurs conditions sont nécessaires. L’une d’elles est l’élimination de la pauvreté et des inégalités.
Le président Gustavo Petro a fermement dénoncé l’intervention militaire états-unienne du 3 janvier dernier, au Venezuela. Quelle est votre position à ce sujet ?
Ceux qui réduisent ce qui s’est passé au Venezuela au renversement d’un dictateur ignorent avec mauvaise foi les véritables dangers auxquels nos peuples sont confrontés aujourd’hui. Ceux qui vilipendent Maduro ont-ils condamné le processus électoral au Honduras, les bombardements (états-uniens) dans la mer des Caraïbes ? Sans paix, sans légalité internationale et sans stabilité, il n’y a pas de prospérité possible.
Il faut préserver l’Amérique latine en tant que zone de paix. Nous sommes témoins de l’énorme fracture de l’ordre international, du système de sécurité et de paix dans la région. Nous observons l’émergence d’une doctrine très dangereuse selon laquelle les États-Unis dominent l’hémisphère occidental, décidant du sort des populations, jusqu’à celui de présidents. Dans le seul but de s’approprier les richesses d’une nation, considérant qu’elles lui appartiennent.
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