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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 19:50

Assemblée Citoyenne de Lanmeur, salle Gallouédec, 8 décembre 2011

 

Compte-rendu des débats (réalisé à partir de mes notes lacunaires: les propos rapportés correspondent dans l'esprit à ceux qui ont été tenus).

 

Il y avait plus de 40 personnes à cette Assemblée où beaucoup de choses ont été débattues: stratégie politique, moyen de faire voter l'électorat populaire pour ses intérêts, Europe, programme économique, transport public, énergies, démocratie...

 

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Michel Tudo, secrétaire de la section communiste de Lanmeur, a fait une introduction pour présenter le principe des Assemblées Citoyennes et nos objectifs de rénovation démocratique.

 

 

Dans le cadre des élections présidentielle et législatives, le Front de Gauche ouvre ses portes et ses fenêtres !: « Nous voulons créer un mouvement civil et pacifique, qui unit mouvement social, mouvement intellectuel, mouvement politique en un nouveau Front Populaire du XXIème siècle »

 

Et pour cela des assemblées citoyennes vont être organisées, animées partout en France.

Donc nous vous disons :

 

PRENEZ LE POUVOIR !

 

Et aujourd’hui à Lanmeur nous inaugurons la 1ère assemblée citoyenne en présence de nos deux candidats du front de gauche pour les législatives de 2012 dans notre circonscription : Ismael DUPONT ET Marie HUON. Ils se présenterons plus largement dans un instant.

 

Ces assemblées citoyennes sont des lieux de débats et de prises d’initiatives citoyennes. Elles ne sont limitées ni dans le temps, ni dans un lieu, ni même par une appartenance politique. Elles sont un espace ouvert, de rencontre et de discussion où chacun et chacune doit trouver sa place. Vous y ferez part de vos attentes, de vos envies, de vos analyses sur la situation politique. La finalité des assemblées citoyennes ne se trouve pas uniquement dans le constat. Des actions pourront être décidées en soutien aux luttes et résistances locales soulevées et débattues par les participants de l’assemblée. C’est ici et là, dans vos lieux de vie, de travail, mais aussi dans le café au coin d’une rue que peuvent surgir ces assemblées. Les assemblées citoyennes fonctionneront dès lors que l’implication populaire y sera grande. Alors n’attendez pas ! Investissez, créez, organisez, pensez les assemblées citoyennes.

 

 

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Puis, c'est Marie Huon qui a pris la parole:

 

J'ai 22 ans. Je suis venue à la politique par un engagement précoce dans le syndicalisme étudiant à SUD lorsque j'étais en faculté de sociologie à Brest. J'ai une licence de sociologie. Après l'avoir obtenue, je suis allée passer deux ans d'études en Argentine où j'ai eu des expériences de travailleuse sociale avec des enfants et des handicapés dans les quartiers pauvres voisins de Buenos Aires. Je suis passionnée de chevaux et je travaille pour avoir un diplôme d'éducatrice spécialisée dans l'équithérapie en même temps que j'exerce mes fonctions d'assistante d'éducation au collège de Lanmeur.

Ce qui m'amène à m'engager, c'est d'abord une indignation par rapport au discours dominant: les caisses sont vides pour vous, il va falloir vous serrer la ceinture, il faut davantage de compétitivité pour notre économie et donc moins d'impôts pour la solidarité. Pendant ce temps, on persiste à défendre le patrimoine, la rente, les inégalités. Ce discours  que la droite et la social-démocratie tiennent toujours aujourd'hui en face d'une population qui galère de plus en plus:

- jeunes que l'on stigmatise, qui peinent à financer leurs études, puis se retrouver à cumuler les stages, les CDD, les périodes de chômage, même quand ils sont diplômés, en parvenant pas toujours à avoir leur logement indépendant

- agriculteurs qui souffrent de l'absence de prix garantis, de la fixation des prix par les marchés mondiaux et la grande distribution.  

- 8 millions de pauvres (dont beaucoup de travailleurs et surtout travailleuses pauvres, payés au SMIC à temps partiel, ou cumulant les CDD et les périodes d'intérim, tout en ayant des enfants à élever: ce sont les femmes, et singulièrement les femmes célibataires, qui payent le plus lourd tribu à la précarité) et 5 millions de chômeurs qui galèrent de plus en plus, comme toute une partie de la classe moyenne, avec l'explosion des dépenses logement, énergie, transport, santé (hausse des mutuelles, déremboursement de médicaments, forfait hospitalier) ces 10 dernières années.

- vieux en perte d'autonomie qui sont victimes du manque d'engagement de l'Etat et des carences de la sécurité sociale solidaire.

- salariés que l'on rend harcèle avec les nouvelles méthodes de management, que l'on croit rendre productifs en accentuant leur stress, en les mettant en compétition, en intrumentalisant de manière perverse leur désir de sécurité, de promotion sociale, ou d'estime de soi.

D'où une multiplication des arrêts de travail, des suicides. - fonctionnaires et salariés d'entreprise à capitaux majoritairement publics dont on méprise le sens de l'intérêt général, que l'on voudrait transformer en commerciaux en rapport avec des clients

Le Front de Gauche est la seule force politique qui dans le contexte actuel cherche à rassembler le plus largement possible autour d'une alternative à cet ultra-libéralisme et ce capitalisme financier qui nous mènent droit dans le mur. J'ai l'espoir que nous parviendrons à semer des graines pour faire monter l'envie d'autre chose, le désir de changer de système.

 

Photo-AC-Lanmeur-1.jpg 

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Introduction au débat par Ismaël Dupont:

 

Tout d'abord, je voulais dire que c'est un grand honneur pour moi d'être en première ligne pour défendre aux élections législatives l'ambitieux et l'indispensable projet de transformation sociale du Front de Gauche et de prolonger du mieux que je le pourrai le travail formidable de notre candidat aux présidentielles, Jean-Luc Mélenchon, et surtout l'investissement très important des militants des collectifs citoyens du Front de Gauche, venus de cultures politiques diverses qui s'apportent beaucoup de choses les unes aux autres ces derniers temps.

Le Front de Gauche est cette force politique nouvelle qui entend répondre aux nouveaux défis du temps, liés aux enjeux écologiques et à la transformation de la société, tout en reprenant le flambeau des combats historiques du mouvement ouvrier et de la gauche socialiste révolutionnaire et communiste, depuis le 19ème siècle.

C'est un grand honneur et aussi une charge lourde car nous avons une responsabilité énorme dans la situation actuelle, celle de convaincre le maximum de personnes qu'il y a des marges de manœuvre pour défaire les carcans nationaux et européens de la domination de la finance et du libéralisme, qu'il y a la possibilité de sortir de l'austérité, de gagner la lutte contre la précarité, les inégalités, l'affaiblissement du service public et de la protection sociale, la dégradation de notre éco-système.

La possibilité théorique de redistribuer les richesses pour faire droit aux besoins sociaux existe, beaucoup de gens n'en doutent pas. On a bien trouvé des milliards pour « sauver » le système financier en 2008 alors que l'on disait précédemment que les caisses étaient vides... En revanche, c'est la possibilité pratique qui pose question à beaucoup. On ne croit pas en particulier qu'en France, le PS ait une réelle volonté d'impulser une autre dynamique européenne et de rompre avec les recettes de l'austérité et du libéralisme. On ne croit pas non plus qu'une force plus à gauche que le PS ait la capacité de prendre l'ascendant et de battre la droite. Du coup, beaucoup de sympathisants de gauche qui regrettent la dérive centriste du PS sont prêts néanmoins à voter « utile », comme on dit, à se résigner au moins pire plutôt que de voir rester au pouvoir une droite dure, cynique et corrompue, plutôt qu'à affirmer avec force leur volonté d'un véritable changement.

Les gens ont peut-être l'impression que ceux qui veulent le changement (nous) ne peuvent pas le mettre en œuvre tandis que ceux qui le pourraient (le PS, les gouvernements européens) ne le veulent pas. On peut penser aussi aux sentiments défaitistes d'une bonne partie de la population qui pense que, quel que soit le gouvernement, on est pied et poing liés à cette Europe et à cette globalisation libérale.

A ceux là, nous voulons dire que la séquence de la crise 2007-2008 a rappelé que rien n'était installé de manière immuable dans l'histoire humaine, que l'édifice du capitalisme était instable, fragile, promis peut-être à accoucher d'autres systèmes de distribution des ressources et des pouvoirs. Quant à l'Europe: on voit comment on s'est assis sur les critères du Traité de Maastricht en 2008 avant de les remettre à l'honneur aujourd'hui pour continuer le travail de démolition des acquis sociaux.

On peut aussi penser à l'attitude fataliste de ceux qui sont intoxiqués par l'énorme machine politico-médiatique de propagande faisant du poids de la dette et de la menace d'une perte de la confiance des marchés, d'une montée des taux d'intérêts, un risque énorme de perte de souveraineté et de méga-crise économique justifiant de nouvelles atteintes aux droits sociaux et aux services publics au nom des sacrifices ou des efforts nécessaires.

 

Or, ce que nous disons à propos de cette prétendue « crise de la dette », ce qui fait sans doute consensus entre nous et que nous aurons à rappeler de manière inlassable auprès de la population, c'est:

 

1°) que la crise que nous vivons n'est pas une crise de la dette (et de la trop grande générosité d'une société de redistribution) mais une crise systémique du capitalisme, qui en relève les tendances et la nocivité profonde. La crise financière est directement liée à une politique de partage des richesses et d'établissement d'un rapport de force entre le capital et le travail très défavorable aux salariés. C'est parce que les acteurs financiers ont cherché  à produire toujours à moindre coût tout en continuant à entretenir la consommation dans les pays occidentaux qu'ils ont favorisé l'endettement privé par l'acquisition immobilière, à l'origine de la crise des subprimes. C'est parce qu'ils ont réduit les salaires par le consentement au chômage de masse et le chantage à la perte d'emploi, le dumping fiscal, les délocalisations, parce qu'ils ont plaidé sans relâche pour la destruction des systèmes solidaires de services publics et de protections sociales qu'ils ont considérablement augmenté le poids de l'économie financière par rapport à l'économie productive et ainsi donné toujours plus de prise aux phénomènes de spéculation.

2°) La dette en France a été creusée par les politiques libérales à travers plusieurs phénomènes:

a) la décision prise en France à partir de 1973 par Pompidou, ancien cadre de la banque Rotschild, t'interdire à l'Etat de faire marcher la planche à billet de la banque centrale pour se refinancer à 0%- et l'obligation conjointe d'emprunter sur le marché auprès des banques privées. Obligation confirmée par les statuts qui ont été donné à la Banque Centrale Européenne par les traités européens, et notamment celui de Maastricht. Le poids de la dette était de 22% du PIB en 1974: il est de 88% aujourd'hui. Or, les intérêts payés en plus du remboursement de la dette depuis le début des années 1980 représentent nous disait Yves Dimicoli environ 70% (1300 milliards) du poids global de la dette française aujourd'hui: 1700 milliards d'euros. D'où la nécessité d'un audit sur la dette publique, et de prévoir peut-être une annulation d'une partie de la dette, jugée illégitime, celle qui procède de baisses des cotisations et impôts pour les grosses entreprises, celle qui procède de taux d'intérêts abusifs...: cf. 2010: les 5 réseaux bancaires français ont réalisé 20 milliards de profit net, en pleine « crise de la dette », et après avoir été recapitalisés à peu de frais par l'Etat en 2008. D'où la nécessité aussi de permettre aux Etats et aux collectivités locales d'emprunter directement auprès de pôles financiers publics, des banques centrales nationales et européennes.

b) Ce sont aussi les baisses de cotisations sociales et de cotisations patronales au nom de la compétitivité, de l'emploi et de la lutte contre le chômage, les baisses d'impôts et les niches fiscales pour les plus riches au nom de politiques clientélistes ou de la juste rémunération des mérites pour ne pas faire fuir « nos plus grands talents », qui ont renforcé aussi le poids des déficits des caisses sociales et de l'Etat. Les 25 dernières années, l'ensemble des réformes fiscales mises en place ont privé les caisses de l'Etat de 140 à 150 milliards d'euros (Jean-Marc Durand, membre de la section économique du PCF).

c) La dette a enfin considérablement augmenté ces 5 dernières années avec le recul de l'activité liée à la politique sarkozyste d'attaque contre le pouvoir d'achat des catégories populaires et surtout à cause de la crise financière que le néo-libéralisme au pouvoir dans une bonne partie du monde depuis 25 ans au 30 ans a causé.

3°) Le niveau de la dette française n'a rien d'insupportable en lui-même: on dit qu'il représente aujourd'hui près de 90% des richesses produites chaque année (1850 milliards d'années) et on nous invite à comparer la situation de notre Etat avec celle d'une famille au bord de la cessation de paiement, de la restriction de crédit... Mais en réalité le service de la dette ne représente guère que 14% du PIB (avec certes beaucoup d'intérêts payés dessus): il faut bien se dire que le remboursement de la dette est échelonné, en moyenne sur 7 ou 8 ans. Quelle famille ne rêverait pas d'un taux d'endettement aussi faible, là où le remboursement des dettes (voiture, maison...) prend souvent 50% du budget? Par ailleurs, l'Etat a une capacité qu'une famille n'a pas: il ne tient qu'à lui d'augmenter ses ressources, ses recettes, en élargissant sa base fiscale.

4°) Ce qui est vraiment critique dans la situation actuelle, ce n'est donc pas le niveau de la dette, mais les mécanismes institutionnels qui donnent tout pouvoir aux marchés pour spéculer sur les dettes souveraines et provoquer l'augmentation irrationnelle des taux d'intérêt, laquelle est dissociée des possibilités effectives de remboursement et tend même à les réduire. Ce qui est inacceptable, c'est d'être contraint de se justifier devant des agences de notation plutôt que devant les électeurs parce que l'on refuse que les Etats puissent se financer par l'émission monétaire de banques centrales ou la coopération directe.

5°) L'austérité, les politiques de rigueur les plus radicales qu'on nous présente comme le seul moyen d'amadouer les agences de notation sont les pires moyens pour diminuer le poids de la dette car cela contracte l'activité, fait rentrer les économies en récession, réduit le poids de la consommation et des recettes fiscales. Les agences de notation conviennent d'ailleurs de l'inefficacité de la rigueur budgétaire et des atteintes actuelles aux droits sociaux et aux dépenses sociales en Europe en continuant à brandir l'épée de Damoclès d'une note négative au-dessus des États malgré la docilité des gouvernements vis à vis des attentes du capital.

 

La dette n'est donc qu'un nouveau prétexte pour vider de contenu la démocratie en Europe (la signification de l'alternance politique, des élections), pour appauvrir démanteler les dispositifs de solidarité et l'Etat après l'avoir appauvri, et confier toujours plus de champs de la vie sociale et de l'existence individuelle à l'emprise de la finance et de la marchandisation.

Ce n'est pas le moindre paradoxe de cette crise du capitalisme financier qui a été quasiment universellement reconnue par les commentateurs, même les plus libéraux, en 2008, que de conduire à un renforcement sans précédent des logiques de destructuration du champ social et politique au service du capitalisme.

En même temps, ce mouvement de renforcement autoritaire de la domination du libéralisme et de la finance conduit politiquement à l'échelle européenne et nationale est si rapide et violent qu'il peut produire:

- Soit une résignation face à un mal qui apparaît inévitable. Résignation qui s'accompagne du dégoût généralisé vis à vis de la politique et des politiques - « tous pourris »- de la montée d'une culture de la peur, du ressentiment vis à vis de boucs-émissaires, d'ennemis de l'intérieur ou de l'extérieur, culture instrumentalisée par la droite pour renforcer la domination des riches.

- Soit l'émergence d'une conscience critique plus forte de la population vis à vis du capitalisme et du fonctionnement oligarchique des élites, d'une nouvelle espérance politique, d'une nouvelle combativité sociale qui peut faire naître des possibilités de progrès social et de riposte enfin puissante après 30 ans de coups encaissées par le salariat et la classe ouvrière.

 

Notre boulot, dans cette séquence de campagne électorale et au-delà, c'est de dire que l'argent existe pour satisfaire les besoins sociaux en termes de salaires, d'accès aux études, à la retraite, au logement, aux pensions sociales, à des services publics de qualité pour que chacun puisse vivre bien, dignement, comme lui en donne droit sa qualité d'homme et de citoyen. Les richesses produites en France aujourd'hui sont deux fois plus élevées qu'en 1980 (PIB x 2) grâce notamment à l'augmentation de la productivité du travail (liée aux progrès techniques mais aussi à de nouvelles organisations du travail qui associent rendement et stress, compétition pour la survie, la promotion ou la prime...). L'argent existe mais, c'est bien connu, depuis le tournant libéral des politiques publiques en France au milieu des années 1980, 10 points de la richesse nationale, de la répartition de la valeur ajoutée, sont passées du travail au capital: soit 195 milliards par an.

Notre intention est donc de renverser la tendance pour aller vers plus de partage des richesses, plus de contribution du capital au financement de la vie sociale et des solidarités collectives: aujourd'hui, le capital est taxé en réalité à 18% alors que le travail l'est en moyenne à 42%. Cette intention nous ne pourrons la mettre en œuvre qu'en nous donnant des outils efficaces pour reprendre en cas de victoire électorale l'ascendant sur les marchés et les pouvoirs financiers - pôle bancaire public, accès sélectif au crédit, nouveaux pouvoirs donnés aux salariés dans les entreprises, rupture avec les traités européens existants et leur sacralisation du libre-échange et de la course à la défiscalisation du travail, au moins-disant fiscal pour les entreprises....

Mais surtout, il faut qu'elle s'accompagne d'une vraie mobilisation populaire débordant les forces actuelles du FDG. Cette mobilisation, c'est peut-être la campagne contre le renforcement de l'austérité et la confiscation des choix économiques au niveau européen qui peut permettre de la stimuler.

 

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 LE DEBAT de l'ASSEMBLEE CITOYENNE

 

Une intervenante : Tout ce que vous dîtes de ce qu'est le PS et de ce que l'on peut en attendre, on le sait bien. Moi, je les connais depuis les années 60 et je ne leur ai jamais fait confiance, même en 1981. Aujourd'hui, Hollande a clairement fait le choix d'attirer le centre, un bout de la droite, les bobos. Mais la question que je vous pose, c'est: comment allez-vous faire pour faire revenir un vote de gauche résolue les catégories populaires, et notamment les gens qui pouvaient voter PCF dans les années 60 et qui aujourd'hui font souvent le choix de Marine Le Pen, en se disant qu'ils ont essayé les autres qui n'ont pas changé grand chose à leur vie?

 

Hubert Peneau: il faut faire attention à avoir en tête des données exactes quand on parle de montée du FN. Les scores de Le Pen en pourcentage augmentent grâce au poids de l'abstention: en réalité, les scores du FN se tassent ou ont même tendance à régresser. Notre travail, ce sera justement de faire voter pour une gauche utile au peuple les abstentionnistes. Actuellement, les médias à travers la publication de leurs sondages alarmistes sur la montée du et la banalisation de la candidature Marine Le Pen cherchent à alimenter les logiques de vote « utile » ou pire encore, à placer le FN en position pour être au second tour. C'est que pour la droite ou le PS, à condition de passer l'obstacle du premier tour, ce serait la victoire assurée. En réalité, le FN est aujourd'hui porté par le système, c'est un allié objectif de ce système capitaliste prédateur sur la défensive.

 

Jacques Carrasse: Aujourd'hui, il est urgent, plutôt que de se positionner uniquement sur la défensive par rapport au discours de propagande pro-capitaliste omniprésent (sur le mode « c'est la crise, il va falloir se serrer la ceinture »...) en disant à raison que l'austérité va amener à nous appauvrir, de dessiner les perspectives concrètes d'un autre modèle de société capable de fixer un objectif aux luttes et de remobiliser des gens qui n'y croient plus. Il faut reconstruire de l'utopie, dessiner pour l'imagination ce que pourraient être un autre modèle de développement (délivré du productivisme et de la course à la croissance, impliquant la réduction du temps de travail, le développement des coopératives, des circuits courts, des solidarités locales). C'est très important de mettre dans la tête des gens l'idée qu'il existe des contre-modèles globaux déjà pensés, qui permettent de donner du sens à la résistance.

 

Patrick Le Nan: Je suis d'accord pour dire qu'il faut rallumer ces lumières dans la tête des gens. D'autant que, par rapport à notre communication avec les citoyens, il est extrêmement important de dégager les objectifs généraux de notre projet, sa cohérence et les axes de changement qu'il entend promouvoir, car les gens se méfient des propositions programmatiques généreuses, des belles promesses (augmentation du SMIC...) du type « on rase gratis ». Quand ils lisent certaines de nos promesses, beaucoup se disent peut-être: « tous des menteurs », « tous les politiques sont achetés »... D'où l'importance de la pédagogie, de notre capacité à bien faire sentir dans quelle direction on veut aller et pourquoi la direction suivie actuellement nous mène dans le mur.

 

Jean-François Huon: Je voudrais mettre un peu plus d'optimisme dans cette réunion. Rappelez-vous la campagne contre le Traité Constitutionnel Européen en 2005: nous avions 90% des politiques et des médias qui considéraient un éventuel non comme le summum de l'irréflexion, de l'irresponsabilité, qui chargeaient les opposants de tous les vices, et pourtant les citoyens, un peu comme aujourd'hui dans le Front de Gauche, ont commencé à s'associer pour se mêler de leurs affaires, produire collectivement un discours critique et faire une campagne de proximité qui nous a permis de gagner. Le Front de Gauche est l'émanation de la victoire de 2005 avec une vraie capacité à associer la revendication sociale, la culture écologiste, le projet de rénovation de la démocratie. A ce propos, je crois qu'il faut absolument que nous portions avec force l'exigence du non cumul des mandats (pas plusieurs mandats en même temps, limiter à deux mandats la possibilité de prolonger ses fonctions d'élus dans le temps). C'est le seul moyen de sortir de l'oligarchie, d'éviter que les élus se laissent plus ou moins détourner de leurs voies initiales par l'influence des lobbys patronaux qu'ils fréquentent au quotidien.

 

Jean Rozech: Le non cumul des mandats, la limitation à un seul mandat, me semblent des évidences si l'on veut assainir notre démocratie. Et les élus du Front de Gauche doivent commencer par donner l'exemple de ce qui est inscrit dans notre programme, ce qui n'est pas toujours le cas. Je voudrais aussi revenir sur un objectif que la gauche n'a pas assez défendu depuis 2002: la réduction du temps de travail. La productivité du travail et le niveau de richesses produites dans notre pays rendraient possible sans aucune difficulté, avec un vrai partage des richesses, une semaine de 4 jours et de 32h avec maintien du salaire. Cette semaine de 4 jours serait un moyen d'éviter la multiplication des heures supplémentaires et une possibilité de créer réellement de l'emploi.

 

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Ismaël Dupont: Je suis parfaitement d'accord sur la nécessité de défendre la réduction du temps de travail. Revenir à des 35 heures strictes en supprimant les facilitations données aux heures supplémentaires est d'ailleurs la première proposition du programme du Front de Gauche en matière économique, dans la partie « Partager les richesses et abolir la sécurité sociale ». Pourquoi on ne va pas plus loin? Sans doute par pragmatisme, pour ne pas éloigner de nous les catégories populaires et les ouvriers parce qu'on sait que beaucoup ont mal vécu les 35 heures, alors que les professions intellectuelles et les cadres s'en félicitent. Pourquoi? Parce qu'Aubry a fait passé sa loi au profit de beaucoup de concessions faites au patronat: annualisation du temps de travail, flexibilité, stagnation des salaires pour des salariés qui étaient juste au SMIC ou au dessus du SMIC. En revanche, il est complètement faux de dire comme la droite que la RTT a nui à la compétitivité de notre économie et à l'emploi: elle a permis de créer des dizaines de milliers d'emplois et elle aurait permis d'en créer davantage si l'Etat employeur avait eu l'esprit de suite et avait réellement compensé les heures de services perdues avec la RTT, à l'hôpital notamment. Par ailleurs, la Réduction du Temps de Travail, revendication constante de la gauche sociale depuis le 19ème siècle, est un moyen de réduire les profits capitalistes sans pour autant continuer à tomber dans l'encouragement au consumérisme...Elle permet à la société d'avoir des citoyens plus capables de trouver de l'énergie pour leur développement personnel, de s'investir dans leur vie familiale, de se cultiver, de faire du sport, de s'engager au service des autres dans le secteur associatif, la politique. C'est une richesse non immédiatement mesurable en termes comptables et c'est une des bases d'un projet de civilisation alternatif, basé sur le bien vivre et non sur la multiplication des échanges marchands, que nous devons porter. Au Front de Gauche, il y a encore des débats entre nous sur la valeur de la croissance, la validité de la mise en avant d'objectifs de décroissance ou de sobriété: au PCF, par exemple, on continue majoritairement à penser comme avant qu'on a besoin de croissance pour satisfaire les besoins sociaux de plus en plus grands, et en particuliers dans les pays du Sud avec l'explosion démographique. Mais les positions se font plus nuancés: on apprend au contact d'autres cultures politiques et sociales.

 

Hubert Peneau: Il y a en tout cas un objectif qui nous réunit, c'est celui de la décroissance des inégalités...

 

Jacques Normand: Sur la question des énergies, je crois qu'il nous faut creuser des expériences locales alternatives qui ont déjà été tentées comme la création du premier parc éolien citoyen réalisé en bord de Vilaine en Bretagne grâce à des participations financières de gens du coin et de Cigales. C'est sur ces questions énergétiques (nucléaire, installation d'une centrale à Gaz, d'un méthaniseur) que la démocratie participative que nous appelons de nos vœux peut s'exercer entre des gens qui ne font pas parti de l'oligarchie. En 1981, quand l'union de la Gauche est passée, c'est parce que les gens avaient envie que ça change. Ils avaient envie d'une alternative et pas d'une alternance. Il faut proposer des alternatives, y compris dans la manière dont on fait de la politique. Chacun doit oser dire quelle est sa petite part d'idéal et rentrer ensuite dans une démarche d'éducation populaire. Au Front de Gauche, nous ne devons pas avoir peur des propositions clivantes, non consensuelles, qui peuvent interroger la population et l'amener à réfléchir, et nous faire percevoir comment une force politique qui ne se met pas à la remorque de revendications déjà bien partagées (syndicalement notamment) mais constitue une vraie force d'invention et de proposition. Par exemple, sur l'immigration, on a raison de dire sans faux-fuyant que nous sommes pour une régularisation et une décriminalisation des sans-papiers, pour l'octroi possible de la nationalité au bout de 5 ans de résidence, pour un carte de séjour unique à 10 ans et le caractère automatique du droit d'asile... On ne peut plaire à tout le monde: il faut que les gens aient le sentiment que l'on s'engage sur les sujets parce qu'on a un grand dessein en tête et une résolution d'aller au bout.

 

Jacques Carrasse: Nous avons à travailler pour dessiner des perspectives, montrer comment elles pourraient se concrétiser sur les territoires, sur un plan local: comment économiser et produire l'énergie pour faire face aux défis écologiques et sociaux, comment développer les circuits courts? Il faut que l'on développe une expertise sur ce qui se fait déjà au niveau des communautés de commune et ce que l'on pourrait proposer de neuf. Il est possible de commencer à construire la société meilleure à laquelle nous aspirons sur un plan très local.

 

Hervé Penven: Je crois que le Front de Gauche doit tout le temps rappeler qu'il a l'ambition d'être majoritaire à gauche, comme l'a fait Bayrou en 2007, avec beaucoup moins de forces militantes que nous et le bon résultat que l'on sait. Pour retrouver l'électorat populaire, le convaincre de fuir l'abstention, il faut aller dans le concret sur tous les sujets: parler par exemple des haricots verts du Kenya vendus dans nos supermarchés pour faire ressentir la bêtise de la mondialisation à outrance. De quoi se préoccupent les gens: de leur emplois et de leurs salaires, de leur logement, de leurs transports, de leur remboursement de santé... etc. Il faut décliner notre programme avec des phrases simples, percutantes, exemplifiées, sur ces sujets là. Il faut aller voir les gens au porte-à porte chez eux à l'heure où ils rentrent du travail, et établir un contact, et non se contenter de mettre les tracts dans les boîtes à lettre. Le programme du Front de Gauche a beaucoup de qualité mais il compte un peu trop pour financer toutes nos mesures de progrès social sur la taxation des revenus du capital et je ne pense pas qu'il soit réaliste de proposer le SMIC à 1700 euros brut dès 2012, ni que les citoyens penseront que l'on est en mesure de réaliser ce que l'on promet. En revanche, il faut insister sur la nécessité d'une grande réforme fiscale: augmenter la fiscalité sur le patrimoine, l'héritage, faire de l'impôt sur le revenu l'impôt essentiel et le rendre plus progressif encore.

 

Jacques Normand: Ce qui serait concret par exemple, c'est de demander à ce que collectivement, les citoyens décident des indicateurs du développement humain, pour ne pas nous faire voler la définition des critères de la richesse et du développement par le capital: pourraient y entrer le niveau de santé publique, d'éducation, de prise en charge des loisirs, le niveau des inégalités...

 

Une intervenante :Je voulais poser des questions au candidat et aux militants du Front de Gauche sur votre rapport à la politique de la ville – car j'habitais en région parisienne et je vois bien que la gauche a dû mal à être écoutée dans ces quartiers là, où il y a de plus en plus d'exclusion, de moins en moins de mixité sociale et « ethnique », les classes populaires un peu plus intégrées ou moyennes les ayant désertés - mais aussi sur l'indépendance des médias et le renouveau de la démocratie.

 

Ismaël Dupont: Le dernier chapitre du programme du Front de Gauche, L'Humain d'abord, porte sur « le droit à la ville »: il s'agit d'en finir avec « la politique de la ville », politique spécifique de charité stigmatisante vis à vis des quartiers périphériques et populaires des grandes villes dits sensibles, et de refaire rentrer la politique de la ville dans le droit commun, la volonté d'accorder à tous le droit à l'emploi, au travail non précaire, au logement de qualité, à la mobilité, au sport et aux loisirs. Notre volonté est d'aller « vers des quartiers équilibrés, qui ne soient pas uniquement résidentiels ou dortoirs, mais de vrais quartiers de vie, avec des logements, de l'activité économique, de l'emploi, des équipements publics et privés de proximité, des lieux de loisirs et de culture ». L'accès de tous au logement de qualité est une priorité de notre projet, qui prévoit de construire 1 millions de logement sociaux en 5 ans (200.000 par an), de renforcer la proportion de logement social dans les villes (passer à 25 ou 30% suivant le niveau des loyers du secteur privé et des prix à l'achat), les pénalités pour les villes qui ne respectent leurs obligations au titre de la SRU, mais aussi de plafonner les prix des ventes et des loyers pour éviter la spéculation et maintenir un budget logement inférieur à 20% du budget total des ménages. Sur l'indépendance des médias, un des chevaux de bataille de Mélenchon et une de nos dénonciations constante et ancienne concerne les collusions entre le grand capital et les groupes de télévision et de presse influents, notamment les groupes financiers (Rotschild), de BTP (Bouygues), d'armement (Lagardère, Dassault) qui prennent les commandes de l'Etat ou se font servir par lui en créant des conflits d'intérêt avec des hommes politiques qui travaillent pour eux en échange de bons procédés. Pour cela, il faudrait une loi anti-monopole dans les médias comme le programme commun le proposait déjà il me semble et transformer le pluralisme de la presse d'opinion en exigence de service public impliquant la possibilité de subventionner publiquement des journaux pour les rendre indépendants des groupes financiers et des annonceurs. Une diversité d'expression médiatique est une des conditions d'existence de la démocratie. Par rapport à la démocratie, nous avons un projet extrêmement ambitieux de création d'une assemblée constituante et d'un grand débat national pour aller vers une 6ème République qui, à notre sens, devrait introduire la proportionnelle intégrale à toutes les élections, multiplier les référendums d'initiative populaire, aller vers plus de démocratie participative aussi au niveau des collectivités territoriales (budgets participatifs votés par des assemblées de citoyens volontaires ou tirés au sort), des communes, mettre fin au présidentialisme monarchique, au pouvoir du Sénat et à la mise sous tutelle de la justice. Là-dessus, l'accord gouvernement conclu entre le PS et EELV est extrêmement timide, conservateur: et pour cause, le PS n'a aucune raison de vouloir mettre fin aux logiques institutionnelles qui renforcent le bipartisme et la délégation de pouvoir et les Verts sont prêts à céder sur l'essentiel de leurs exigences programmatiques pour avoir quelques fauteuils et des financements. Nous sommes les seuls aussi à proposer une vraie démocratie sociale, une démocratie dans l'entreprise, avec un pouvoir accru donné aux salariés pour définir l'usage des profits dans les entreprises, interdire les licenciements , les ponctions excessives des actionnaires et soutenir l'investissement productif.

 

Jacques Normand: Nos Assemblées Citoyennes en rodage doivent donner l'exemple de la vie politique que nous voulons, elles ne doivent pas s'arrêter en juin 2012 mais continuer à se rassembler pour être les lieux d'influence des politiques ou des résistances collectives futures, les think tanks du peuple.

 

La même intervenante que les deux fois précédentes: Lors du coup d'État de Napoléon III, une véritable armée citoyenne s'était monté en Provence à la suite de rumeurs de résistance pour mettre le tyran dehors. Elle a tenu plusieurs mois, réfugiée dans les montagnes de l'arrière-pays. Aujourd'hui, on entend les jeunes anglais se révolter à plusieurs reprises, les Espagnols créer le formidable mouvement des Indignés et chez nous, en France, cela ne prend pas assez, le signal de la révolte ne crée pas de contagion... Cela m'interroge.

 

Hubert Peneau: Les indignés en France, ils ont gagné en 2005, ils étaient des batailles pour la défense des droits sociaux collectifs en 1995, 2003, 2006, 2010 pour les retraites. A chaque fois, on a méprisé leurs mobilisations et leurs revendications. Maintenant, il faut à tout prix que l'on s'organise et que l'on se rassemble politiquement pour donner dès 2012 un débouché politique à ces luttes pour la justice. C'est notre combat.

 

Jacques Carrasse: Il faut que l'on travaille sur des mots d'ordre simples et universels: propriété des moyens de production, de la terre, des biens fondamentaux qui doivent être gérés collectivement et accessibles à tous (eau, électricité, transport en commun et de proximité). Pourquoi par exemple les premiers mètres cubes ou kwh d'eau et d'électricité ne seraient-ils pas gratuits et au-delà d'un certain seuil de consommation, pourquoi n'y aurait-il pas des surtaxes sanctionnant un usage excessif?

 

Jean-François Huon: Sur les transports collectifs, le coût de la gratuité pour la communauté de commune, ce serait 283000 €: c'est tout à fait gérable. On aurait intérêt à aller vers là pour des raisons sociales et écologiques plutôt qu'à dilapider l'argent ailleurs.

 

Hervé Penven:Je ne suis pas pour une gratuité complète du transport en commun de proximité car il faut le développer – nous n'avons qu'un vingtième actuellement de ce qu'il faudrait. Il faut financer ce développement nécessaire des transports en commun et je ne crois pas que l'on puisse compter que sur une fiscalité qui ne touche pas spécifiquement les usagers. A Vitroles, à Vitré, à Chateauroux, on expérimente la gratuité des transports mais il faudrait faire un bilan précis de ce que cela coûte et rapporte à la collectivité. En revanche, au niveau de la communauté d'agglomération, il y a actuellement une DSP: il faut revendiquer une maîtrise publique qui coûtera moins cher et permettra de continuer à investir dans le transport en commun. Il faut soutenir partout aussi le covoiturage, la mise à disposition en prêt de véhicules, la création de mini-taxis sous forme de navettes. Par ailleurs, le Programme partagé a un autre défaut: toutes nos dépenses publiques pour financer la satisfaction des besoins sociaux sont garanties par des taxes sur les entreprises et leur capital financier. Cette manne là n'est pas extensible, surtout si l'on veut limiter l'économie spéculative. Il faut donc surtout insister sur une réforme globale de la fiscalité, un impôt sur le revenu qui redeviendrait l'impôt le plus important dans les recettes de l'État et dont la progressivité serait accrue.

 

Jean Rozech: Comment allons-nous donner le plus d'efficacité et de prolongement à ce qui se dit dans les Assemblées Citoyennes? Je crois que l'on peut décider, à l'issue de ces assemblées citoyennes, de créer des ateliers constituées de personnes motivées pour travailler ensemble des propositions à faire remonter à l'échelon national après en avoir décidé collectivement lors d'assemblées citoyennes suivantes... Par exemple, on prenant pour thème de travail en mini-groupes dès aujourd'hui la gratuité, le transport.

 

Hubert Peneau: Moi, je ne suis pas partisan d'une spécialisation des Assemblées Citoyennes et de la création de ces micro-ateliers préparatoires. Ces assemblées citoyennes doivent garder un côté informel, ne pas perdent de vue la défense de la globalité de notre projet vis à vis de la population, car l'urgence est d'abord de rassembler chaque semaine toujours plus en vue d'une victoire au printemps 2012. Il faut aussi que l'on passe à l'action, à travers des distributions de tracts...etc.

 

Jacques Normand: Sur le contenu de nos propositions sociales, je pense qu'on pourrait aller plus loin dans la lutte contre les inégalités de revenus et limiter par exemple l'écart des retraites à une échelle de 1 à 5, l'écart des salaires à une échelle de 1 à 10 en suivant l'exemple des grilles salariales de la fonction publique. Jean-François Huon Il y a des propositions qui me tiennent à cœur et que l'on doit porter haut et fort. Par exemple, taxer à 100% toute spéculation qui n'est pas investissement productif. Réduire considérablement le budget de la défense: il faut voir que tout l'argent que l'on met dans l'armée (16% du budget de l'Etat), on ne le met pas pour satisfaire les besoins sociaux. On travaille pour des industriels comme Dassault et la diplomatie de la France est dictée par le besoin de vendre des Rafales, y compris à la Libye... C'est inacceptable que ces intérêts financiers influencent notre politique stratégique. Il faut également être incisifs sur l'Europe et réaliser l'Europe sociale sans laisser de prise au retour des nationalismes et de la xénophobie. Or, tout ce que l'on voit, c'est que ce que l'on dénonçait dans Maastricht, le TCE, le Traité de Lisbonne – à savoir une mise en concurrence généralisée des salariats et des entreprises sans critères de convergence sociale- a produit des effets catastrophiques. L'Allemagne, dans l'agro-alimentaire notamment, ne cesse de faire du dumping social. Son soit-disant modèle économique, c'est la réduction des salaires et des garanties sociales des salariés, un taux de pauvreté plus élevé qu'en France. L'Europe doit devenir un espace harmonisé au niveau social, et par le haut. Cela doit être un de nos objectifs fondamentaux.

 

Hervé Penven: Il faut développer l'impôt sur le revenu, l'impôt sur l'héritage et les donations et faire des propositions pour un autre barème: on trouvera ainsi l'argent pour satisfaire les besoins sociaux sans mettre en péril l'activité économique.

 

Jacques Carrasse: Pour affiner nos argumentaires, ce serait intéressant d'établir des tableaux comparatifs avec les droits sociaux il y a 10 ou 20 ans (APL, remboursements médicaux, services publics) et les outils fiscaux d'alors, afin que l'on visualise très bien dans quel sens s'est opéré la distribution ou la non-distribution de la richesse.

 

Jean Rozech: Au sujet des retraites, je plaide moi pour une égalité stricte des pensions. Il n'y a pas de raison pour que ceux qui se sont crevé le cul pendant plus de 40 ans pour des salaires minimalistes n'aient pas en plus les moyens de payer l'aide à l'autonomie, les loisirs, les maisons de retraite, alors que d'autres auront accumulé des biens immobiliers et un patrimoine et jouiront encore de revenus considérables à ne pas savoir qu'en faire. Il faut harmoniser les pensions: seul le travail justifie les différences de revenus.

 

Ismaël Dupont: Des pensions de retraite proportionnelles aux cotisations, c'est la philosophie du système de sécurité sociale et de financement des retraites pensé à la Libération dans le sillage du CNR. Ceci dit, sans être moi-même pour une égalisation complète des pensions, je pense que l'on pourrait réduire considérablement l'échelle des retraites perçues pour augmenter les petites retraites (ceux qui ont travaillé avec des très bas salaires ou qui n'ont pas travaillé toute leur vie: les femmes, ceux qui ont des périodes de chômage et d'inactivité) et réduire les retraites de ceux qui avaient des revenus suffisants du temps de leur activité pour acquérir du patrimoine, de l'épargne, des actions, leur permettant d'envisager l'avenir avec plus que de la sérénité. D'accord donc pour lisser les retraites en partie.

 

Jacques Normand: Sur ces sujets, on a intérêt à être imaginatifs, à ne pas nous contenter de nous plier aux cadres existants ou de prolonger des revendications syndicales. Il faut poser l'exigence de justice dans toute son étendue et sur tous les sujets et essayant de tout remettre à plat pour réintroduire de l'idéal et du projet de société global.

 

 

 

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 06:17

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Lundi 12 décembre 2011 – 18 h 

Réunion du Collectif «Front de gauche du Pays de Morlaix»

Local PCF, 2 Petite Rue Callac MORLAIX (derrière le bar Corto Maltesse)


Bonjour à tous,


Le 13 Octobre dernier, un collectif citoyen du Front de Gauche s’est créé sur le Pays de Morlaix. Les 32 personnes de la première réunion sont aujourd’hui 50.

Ensemble, nous avons décidé de faire grandir l'exigence d'un vrai changement à gauche.

 

Ils disent «les banques d’abord»…Les dirigeants actuels de l’Union européenne, qu'ils soient de droite ou sociaux-démocrates, pensent qu’il faut avant toute chose «rassurer les marchés», satisfaire les banques et les agences de notation. Le résultat ? Les plans d’austérité se multiplient car à chaque fois que l’activité est étranglée, les déficits augmentent et la finance impose un nouveau tour de vis.

 

… nous disons «le peuple d’abord» Le Front de Gauche pense lui que pour sortir de la crise, il faut d’abord protéger les peuples. L’intérêt général doit s’imposer aux banques. La spéculation doit être brisée et la finance remise à sa place. Notre programme «l’Humain d’abord» permet de régler cette crise en partageant les richesses, en rétablissant le pouvoir des États face aux banques, en désobéissant aux dispositions destructrices des traités européens, en engageant une planification écologique, en renversant l’oligarchie grâce à une Sixième République rédigée par une Assemblée Constituante.

Notre collectif s’est lancé dans de nombreuses activités :

 

°    Distributions – ventes de programmes partagés et distributions de tracts du Front de Gauche dans les marchés du Pays de Morlaix et devant des entreprises [Morlaix : Sermeta / Saint Thégonnec : Géminox]

°    Distributions de tracts lors de manifestations [manifestation interprofessionnelle du 11 octobre / Manifestation des retraités le 6 Octobre]

°    Réunions publiques [Samedi 29 Octobre : réunion sur le programme du Front de Gauche avec Marie – George BUFFET / Lundi 21 novembre : réunion sur la crise animée par Yves DIMICOLI].

°    Soutien aux travailleurs en grève comme ceux de la Poste.

°    Communiqués de presse

°    Création d'une page facebook « Front De Gauche Morlaix »

°    Déplacement en covoiturage à Brest. Réunion publique avec Jean-luc Mélenchon.

°    Déplacement en car à la fête de l'humanité Bretagne, à Lorient.

 

Ismaël DUPONT (PCF) et Marie HUON (Citoyenne engagée) sont nos candidats Front De Gauche aux législatives.

 

 Rejoignez-nous ce lundi 12 décembre

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 19:07

2261C'était une si belle journée pour entrer en campagne... En conférence de presse et en réunion publique, Marie-George a été drôle, sensible, sympathique, rassembleuse comme elle sait si bien le faire. Devant 80 personnes conquises, elle a porté bien haut, à Saint Martin des Champs, les couleurs du Front de Gauche qu'elle a contribué à initier il y a 3 ans, défendant la nécessité de son projet de transformation sociale dans le contexte actuel de crise du capitalisme et d'agressivité inégalée de la droite qui bat en brèche les valeurs de la République et les acquis sociaux les uns après les autres. La réussite de cette journée a aussi été rendue possible par la vingtaine de militants communistes et du collectif Front de Gauche qui ont distribué des tracts annonçant la venue de Marie-George Buffet au marché le samedi matin, vendu notre petit livre rouge, L'Humain d'abord, et préparé la salle et la sono (merci Lanmeur!). Bref, un grand moment de militantisme pour tout le monde.      

 

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 07:45

annonces-venue-d-Yves-Dimicoli-dans-la-presse.jpgAprès les 80 participants à la réunion publique de Marie-George Buffet le 29 octobre, les 35 auditeurs de Charles Silvestre qui nous a entretenu de manière passionnante de Jean-Jaurès le 7 novembre, ce sont 50 personnes qui ont assisté à la très stimulante et éclairante conférence d'Yves Dimicoli sur la crise financière le 21 novembre. Merci à tous d'avoir été présents à ces rendez-vous qui ont su placer haut l'idéal et l''exigence d'intelligence de notre temps: je crois que les personnes qui se sont déplacé à chaque fois n'auront pas été déçus par ces réunions publiques de qualités remarquables, dans les interventions des invités comme dans le débat.

 

Les références de l'orateur du soir, invité du Front de Gauche de la circonscription de Morlaix, Yves Dimicoli: créateur de la revue Economie et politique, membre du Conseil National du PCF et responsable de la section économie de notre parti, à l'origine parmi quelques autres des propositions du volet économique du Programme partagé du Front de Gauche. Membre du collectif d'économistes critiques vis à vis du libéralisme auteur du Manifeste des économistes attérés. Invité fréquent des sections locales d'ATTAC.

 

Principales idées de l'introduction d'Yves Dimicoli (50 mn)

 

On est passé par un grand jeu de manipulation de la crise du capitalisme depuis le grand tournant de 2008-2009 à la crise des dettes publiques en Europe. Il y a aujourd'hui un énorme besoin de rassemblement pour jeter les bases d'une nouvelle société. Il se déroule en ce moment des choses très contradictoires.

Les capitalistes sont sur la défensive comme ils ne l'ont jamais été: ils sont engagés dans une fuite en avant comme ils ne l'ont jamais fait jusqu'alors, même dans l'entre-deux guerres. Cela correspond à une crise de légitimité du système capitaliste qui est ressentie très largement, y compris par ses bénéficiaires.  En témoignent les propos récents de Jean-Pierre Jouyet, président de l'autorité financière en France, ancien ami de Hollande passé au sarkozysme, sur la dictature des marchés qui est en train de s'instaurer en Europe.

L'Europe est au bord du gouffre et les plans d'austérité draconiens aggravent la récession. Cette logique tue l'emploi et la croissance européenne elle-même. 0,5%: c'est la croissance prévue cette année pour la zone euro. Ces politiques de rigueur exacerbée ne permettent pas, loin s'en faut, de réduire la dette: en France, la dette rapportée au PIB était de 88% en 2011: elle sera de 90% en 2012. La Grèce est un pays sacrifié actuellement: le taux de suicide y est en pleine augmentation. La Grèce a perdu 10% de son PIB. Les politiques menées au nom de la réduction des dettes augmentent le poids des dettes.

Dès lors, il est hallucinant d'entendre Fillon marteler: on tiendra sur le retour à 3% de la dette par rapport aux richesses produites et on ira à 0% en 2016. La commission européenne dit aussi: cela ne suffira pas comme plans d'austérité. Il faut aller plus loin, plus fort... contre les services publics, le pouvoir d'achat des classes populaires, les protections sociales. Quant à Hollande, comment ne pas être dérouté quand il dit, pas plus tard que vendredi dernier, qu'il faudra une contraction budgétaire de 50 milliards en France d'ici 2013-2014. Une contraction certes, par des recettes fiscales nouvelles et des économies budgétaires en forme de purges, mais qui va accoucher de quoi?

Partout, le cercle vicieux est lancé: au nom de la lutte contre la dette publique, on fait des politiques d'austérité, mais ces politiques entraînent de la récession, donc moins de recettes fiscales. De la même manière, pour défendre le fameux triple A, on fait des politiques qui enveniment les difficultés. Comme la spéculation monte et fragilise les banques en même temps que les Etats endettés, les banques qui détiennent de la dette publique vont rationner le crédit.     

Il est vraiment étonnant que les socialistes et Hollande aient en France la même obsession, la même hantise néo-libérale et ultra-réactionnaire, contre la dette, les déficits et en somme, contre la possibilité même du développement social. La question que l'on peut poser aux socialistes, c'est: comment pouvez-vous à la fois prétendre développer le modèle social et prôner des mesures d'austérité. Ce qui surgit en Europe, ce sont des "coups d'Etat permanents", pour reprendre une expression de François Mitterrand: on fait sauter des gopuvernements qui ne gouvernent pas correctement selon les critères des marchés financiers. Les marchés cherchent à placer directement leurs hommes aux commandes, qu'ils soient issus de Goldman Sachs ou de la BCE, ou font confiance à des technocrates qui ont fait les preuve de leur sympathie pour le néo-libéralisme.

Il y a pourtant dans tout cela la possibilité de remettre en question profondément la légitimité de leurs choix et d'entrer en résistance.

 

Comment en est-on arrivé là?

En 2008-2009, nous avons connu la crise financière la plus grave depuis la guerre, laquelle a provoqué une récession mondiale, la première depuis l'après-guerre. C'est le résultat de trente années d'endettement aux services des logiques capitalistes et à l'encontre des besoins sociaux, ou de la préservation de notre niche écologique, la terre.

Dans les années 1970, l'essor des technologies informationnelles a permis de réaliser des économies considérables en terme de temps de travail nécessaire à la production. Il serait parfaitement possible aujourd'hui de travailler 20h ou 25h payés 39, du fait du déeveloppement de la productivité du travail. Et ainsi, de passer de plus en plus de temps en formation, dans des activités de promotion de soi-même. Mais, ces technologies, les capitalistes les utilisent contre l'emploi. La baisse de 10 points depuis les années 1980 de la part des salaires dans les richesses produites s'explique par cela. Depuis les années 80, d'un côté, on développe des capacités de plus en plus productives, de l'autre, on crée du chômage de masse et on fait pression sur les salaires.

A ces technologies qui nous font gagner beaucoup en temps de travail mais qui sont retournées contre l'emploi s'ajoute un appel à l'endettement. A partir de 1973, l'Etat n'a plus le droit de faire marcher la planche à billets par l'intermédiaire de sa banque centrale. Sur les marchés où l'Etat emprunte, l'Etat est surveillé, contrôlé par des agences privées. D'où une envolée des taux d'intérêt, de la dette, et de la dépendance des politiques publiques vis à vis des banques.

En 1978, la proportion de la dette publique en France par rapport au PIB était de 22%: aujourd'hui, cette proportion est passée à 82%. Nous avons désormais en France 1700 milliards de dette à peu près mais nous avons déjà donné 1300 milliards depuis 1980 à nos créanciers au titre des taux d'intérêt... Giscard justifiait son choix d'obliger les Etats à s'endetter auprès des banques plutôt qu'à faire émettre de la monnaie par leurs banques centrales par la volonté de créer à travers cette décision un grand marché mobilier. C'est désormais chose faite et le mouvement s'est encore accru depuis le passage à l'euro pour les marchés financiers... Les Etats-Unis attirent l'argent du monde entier vers eux comme un gigantesque trou noir... La BCE a été créée indépendante de l'autorité politique et des peuples: cela n'existe nul part ailleurs. Il faut se représenter les intentions de ceux qui ont créé une BCE qui n'intervient jamais au service des Etats, qui lutte contre l'inflation et toute forme de politique de relance pour maintenir le niveau de profitabilité du capital.

En 2007-2008, le système a explosé comme une immense poche de pus. On a organisé alors le sauvetage des banques sans changer les critères du crédit et leurs règles de fonctionnement: on a continué à soutenir ce système qui fout en l'air les sociétés. Le surendettement public a pris le relais de l'endettement privé. Pourquoi ça a commencé par la Grèce? Parce c'était le pays le plus vulnérable: là où il y avait eu le moins d'effort de développement, de productivité. On a créé le FESF (Fonds Européen de Stabilité Financière) pour offrir aux Etats une garantie à la hauteur de 400 milliards d'abord (1000 ensuite...) pour emprunter sur les marchés financiers: les Etats européens s'engagent à venir en aide aux Etats les plus en difficulté pour les aider à rembourser leurs intérêts aux banques, à condition d'engager toujours plus de mesures de purge sociale. Alors que la Banque Centrale Européenne avait été sanctuarisée, mise hors de portée de tout contrôle et de toute discussion, par le traité de Maastricht, celle-ci est aujourd'hui remise en cause dans ses tabous fondateurs. Elle a été obligée de racheter des titres de dette publique d'Etats mis en difficulté. On a annulé 50% des créances de la dette grecque. Les dogmes intégrés aux traités européens ont été battus en brèche.

En même temps, en ce moment, la remise au pas s'organise. L'Allemagne essaie de découpler la France des pays d'Europe du Sud. A strasbourg, Sarkozy a dit devant les étudiants: nous voulons suivre le modèle allemand, c'est la seule façon pour nous de rompre avec cette image de pays d'Europe du Sud. Cette façon de lâcher et de mépriser les pays d'Europe du Sud, dont nous faisons également parti, est extrêmement inquiétante.

En ce moment, la zone euro et l'Europe elle-même sont au bord de l'implosion. La Grèce, c'était 370 milliards d'euros de dette publique, l'Italie, c'est 1900 milliards d'euros de dette: la ruée spéculative contre elle n'aura pas le même impact. Les gouvernements sont en train de perdre la maîtrise et, en même temps, il y a une mise en cause profonde en Europe de la démocratie, de la souveraineté populaire. A mon avis, le fédéralisme en Europe ne peut être qu'autoritaire, consister à imposer le point de vue du plus fort au plus faible. En ce moment et pour l'avenir, le gouvernement allemand veut imposer une tutelle directe sur les gouvernements et les parlements dans la définition des budgets publics.

 

L'enjeu maintenant, c'est de commencer à rompre avec ces cercles vicieux pour aller enclencher un cercle vertueux. Il y a essentiellement deux grands piliers du modèle social à défendre:

- l'emploi, la formation.

- les services publics.

 

En ce moment, on observe plutôt des recherches d'union sacrée dans notre pays, comme pour défendre la guerre à outrance en 14-18, pour imposer leur modèle néo-libéral. Cela passe par trois diabolisations.

 

1°) Celle qui concerne les prélèvements publics et sociaux, sur les entreprises et les grandes fortunes. "Trop de charges, trop d'impôts: cela étouffe la compétitivité des entreprises, l'attractivité du territoire". Les services publics sont des charges pour les entreprises.

 

2°) celle qui concerne l'inflation, qui permettrait justement par un effet directe (déprécier sa valeur) et indirect (contrepartie d'une relance de l'activité et de l'investissement) de faire baisse le poids de la dette.

 

3°) celle qui renvoie à la dette publique elle-même. Or, pourquoi est-elle dangeureuse, et parfois insupportable? Parce qu'on ne peut pas financer la dette autrement que par le marché financier...

 

Face à ces trois diabolisations, il faut opposer trois alternatives possibles dans la bagarre idéologique:

 

1°) Arrêter de dire que le travail, c'est un coût: le travail et la créativité des travailleurs, c'est la source de toute richesse.

On ne parle pas de ces autres coûts que sont les prélèvements financiers, parfaitement stériles et parasitaires le plus souvent. Aujourd'hui, en France, on paie 110 milliards d'euros de charges sociales sur le travail mais certains empochent 340 milliards d"euros de dividendes et d'intérêts: ces charges financièrent foutent en l'air l'économie... l'économie réelle, productive.

2°) La création monétaire et le crédit ne sont pas inflationistes par essence. Il y a nécessité de créer de la croissance réelle péréenne.

3°) Il y a une alternative au financement de la dette par le marché financier.

 

Cette union sacrée recherchée contre les luttes sociales contre l'austérité prend parfois la forme curieuse d'un encouragement aux euro-obligations, autrefois proposées par les socialistes et aujhourd'hui promues par l'Europe. Pourquoi, parce que cela permet de ne pas changer les statuts de la BCE et des banques centrales.

 

Il faut aujourd'hui un audit de la dette car une partie des dettes publiques est le fait de logiques spéculatives. Mais il faut faire attention au simplisme et mesurer les risques d'une annulation pure et simple des dettes publiques et les conséquences que ça aurait en terme de restriction du crédit.

 

Comme la crise de la dette est fondamentalement une crise de l'intervention publique au service des marchés, il faut s'attaquer aux facteurs qui ont conduit à l'accumulation de la dette. Aujourd'hui, 70% de notre dette publique est détenue par des agents extérieurs. Ce système capitaliste est en crise et il est mondialisé: il faut donc intervenir à tous les niveaux pour le changement: au niveau mondial, au niveau européen, au niveau national et local.

 

Au niveau mondial:  il faut cesser d'agiter la peur des pays émergents, de la Chine, et croire qu'il sera plus commode de se réfugier dans le protectionnisme et la guerre commerciale. Le chômage est également important en Chine: les multinationales ne créent pas assez d'emplois. Il y a des luttes qu'il faut prolonger par des efforts de coopération et non de mise à l'écart des peuples. Actuellement le monde est sous l'hégémonie du dollar mais cette domination des Etats-Unis qui s'endettent sur le dos des autres est contestée. L'objectif d'une monnaie commune mondiale peut être partagé par les Chinois, les Brésiliens, les Sud-Américains. Il faut créer une monnaie qui sera celle de toute l'humanité et non pas celle des financiers américains.

 

Au niveau européen: nous ne sommes pas pour la sortie de l'euro. La première raison, c'est qu'un retour au franc entraînerait un dévaluation du franc. C'est ce que propose Le Pen- la dévaluation compétitive pour la relance des exportations assortie d"un protectionnisme. Cela a une certaine cohérence mais cela enclenche une logique de guerre économique, le risque de la mlontée des rivalités entre européens. La deuxième raison est que cette force de création monétaire commune en Europe nous dote d'une capacité considérable.   En réalité, la sortie de la France de la zone euro entraînerait une explosion de l'euro dont profiteraient les américains.

 

Il faut donc utiliser autrement la force de l'euro en créant d'abord un fonds social et solidaire de développement européen démocratique qui pourrait être saisi par les peuples et leurs représentations. Les pays pourraient émettre des titres de dettes publiques pour le développement des services publics: ils seraient présentés à la BCE qui les racheterait, faisant marcher la planche à billet. Le fonds permettrait la coopération. Il se placerait dans le cadre d'une option confédérale et non pas fédérale. Actuellement, la BCE refinance les crédits des banques ordinaires. On peut bien financer des crédits pour la spéculation, pourquoi ne pourrait-on pas le faire pour l'économie réelle?

 

Au niveau national, il faut promouvoir un pôle financier public, idée qui est dans le débat politique depuis les années 1990, portée par des organisations syndicales.  Celui-ci serait constitué de la Caisse des Dépôts, de la Banque Postale, de Banques nationalisées (en fonction du rapport de force que l'on pourra établir) et de mutuelles, dans le respect de leurs statuts: cet ensemble permettra de financer un nouveau type de crédit. En 1982, on a nationalisé les banques mais on n'a pas changé dans le même temps les règles du crédit. Ce pôle financier public ferait des prêts à taux d'intérêt nul ou même négatif: on subventionne actuellement des banques. Pourquoi pas des taux d'intérêt abaissés pour l'emploi, l'écologie, les solidarités...

                    

Daniel Crassin 

C'est rafraîchissant de voir qu'il y autre chose que ce que l'on entend à la télévision et à la radio. Le problème, c'est que pas un social-démocrate ne tient ce discours qui ouvre des perspectives sur un changement possible. A quoi cela rime de virer Sarkozy si l'on a un Zapatero à la française à la place. Le PS ou des syndicats comme la CFDT sont aujourd'hui des forces d'accompagnement du capitalisme et le problème, c'est que devant ce black-out médiatique en matière de propositions alternatives, la population semble résigner à accepter de nouvelles purges.

 

Christian Corre

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi. Quand on discute avec les gens, ils savent que Hollande, c'est un nouveau Zapatero, et même au PS, on pense: si Hollande passe et fait comme Zapatero, les carottes sont cuites. Je suis moins pessimiste que toi là-dessus: les gens ne sont pas bêtes, ils se rendent bien compte que la Grèce est moribonde à la suite de ses plans d'austérité. La vraie question que se pose les gens, c'est: est-ce que l'on sera assez fort pour imposer un vrai changement ou est-ce qu'il ne faut pas se contenter du moins pire. Les gens ne gobent pas la nécessité de l'austérité. En même temps, même avec Hollande, la pression populaire pourrait déboucher sur une politique de gauche: souvenons-nous que le gouvernement de Léon Blum n'avait pas anticipé avant juin 36 toutes les avancées sociales qu'il a accompli.

 

Nicole Labelle

Je pense aussi que les gens sont de moins en moins dupes. Les banques et le système de crédit leur paraissent bien responsables de la crise dans laquelle ils sont plongés. Une fois que l'on a dit cela, se pose en effet la question: oui, mais qu'est ce que l'on peut faire? "C'est vrai, mais on ne peut rien y faire": c'est ce que pensent beaucoup. Il faut virer Sarkozy de toute façon et Hollande est un peu moins mal. Nous devons reprendre à notre compte le slogan d'Obama "Yes we can" et il faut résolument remettre en cause le système.

 

Michel Le Saint

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis membre d'EELV/ les Verts. Je suis en accord avec beaucoup de choses qui ont été dites mais je vais insister sur des points de désaccord importants. Il ne faut pas diaboliser la dette publique, certes, mais il faut tout de même la réduire. Des dettes élevées produisent des transferts d'argent des catégories populaires vers les catégories aisées qui possèdent essentiellement les titres de la dette d'Etat et prélèvent des intérêts dessus. La charge de la dette, c'est actuellement 17% du budget de l'Etat qui est gaspillé chaque année: argent qui pourrait être mis dans les services publics... Je suis aussi partisan des euro-obligations comme Hollande et les socialistes.  Pour moi, il existe un triangle de cohérence entre le maintien de l'euro, la monétisation de la dette et l'Europe fédérale. On ne peut pas à la fois être pour l'harmonisation par le haut des normes sociales en Europe et plaider contre l'Europe fédérale, pour une Europe confédérale. De plus, je suis certain que notre orateur, Yves Dimicoli, a fait une erreur en établissant la proportion entre d'un côté la part des intérêts et des dividendes, soit des prélèvements financiers, dans les richesses publiques et d'un autre côté la part des cotisations sociales. Cette dernière n'est pas deux fois moins élevé que la première. Par ailleurs, il faut se méfier de la tentation de croire qu'il est simple et souhaitable d'annuler purement et simplement des dettes publiques jugées illégitimes ou dangeureuses pour l'économie: il y a aussi de l'épargne des classes moyennes dans ces dettes, des assurances-vie.

 

Alain David

Il y a certes actuellement beaucoup de débats sur la possibilité réelle de changer. La volonté de changer est largement majoritaire et notre croyance en notre capacité de le faire progresse. C'est que de l'argent, il y en a: on l'a bien vu quand il s'est agi de recapitaliser les banques. Ce n'est pas la possibilité qui fait défaut mais la volonté. Le problème, c'est que ce n'est pas simplement avec nos petits bras de militants que l'on parviendra à faire changer les choses. On n'y arrivera pas si on n'a pas la capacité à expliquer, rassembler, à faire prendre conscience. Il faut aussi sortir de la culture de la délégation de pouvoir.

 

Un intervenant 

Je me pose une question que je vais formuler naïvement à propos de la dette: si on ne la paye pas, qu'est-ce qui se passe? Un Etat ne fait pas faillite, a fortiori si la dette est detenue par des capitaux étrangers. C'est notre cas, à la différence des Japonais qui détiennent leur propre dette à 90%.

 

Yves Dimicoli

Moi, je crois au triangle de cohérence entre les objectifs sociaux, l'argent pour les financer, et les luttes pour utiliser l'argent à les financer, et non à financer autre chose. Le couple euro-obligations/fédéralisme actuellement promu par l'Allemagne et par la Commission Européenne est là pour formater l'Europe aux exigences des marchés financiers. Inversement, on ne peut pas non plus se laisser tenter par des mesures simplistes du type protectionnisme/ sortie de l'euro. Cela introduirait un climat de guerre économique. Le Pen associe ainsi très fortement dévaluation compétitive et protectionnisme. Par rapport au rapprochement entre le modèle français et le modèle allemand que la droite cherche à imposer, il faut rappeler qu'il y a là deux façons très différentes de faire du profit. Le capitalisme allemand se base sur la production réelle, l'industrie. Le capitalisme français est essentiellement financier, s'est très bien accomodé de l'hémorragie de l'emploi industrie. Depuis les années 80, nous avons perdu 2 millions d'emplois industriels.

Il faut bien peser les éléments de bataille sur lesquels on veut rassembler.  A ce titre, je suis contre la revendication protectionniste. Il ne faut pas être naïf: au protectionnisme va répondre d'autres protectionnismes. Par contre, il faut des protections sélectives:

- taxer les réimportations des produits délocalisés.

- donner plus de pouvoir aux salariés dans les entreprises, notamment pour empêcher les délocalisations d'activité ou faciliter la réappropriation collective d'une entreprise lâchée par ses actionnaires.

- Développer un crédit sélectif, à des taux d'intérêt élevé pour les entreprises qui privilégient les prélèvements financiers, à des taux d'intérêt bas pour celles qui privilégient l'emploi, l'investissement productif, les salaires, les objectifs écologiques.  

- Harmoniser par le haut les garanties sociales européennes (SMIC, fiscalité, protection sociale), préalable à tout relèvement sélectif des taxes douanières aux frontières de l'Europe. Il faut travailler à faire naître des normes communes de progrès social et écologique: mettre en place des coopérations pour aider les pays à accéder à ces normes communes. Cela, ça nous différencie profondément du souverainisme ou du nationalisme de droite, de gauche, ou d'extrême-droite: ces projets de coopération ou de co-développement, Le Pen y est complètement étranger.

Actuellement, nous subissons des interdépendances non-solidaires: il y a nécessité de passer à des interdépendances solidaires.

 

La conséquence de l'austérité actuelle en Europe pourrait être un éclatement de la zone euro qui aurait des conséquences catastrophiques sur l'exaspération des rivalités commerciales: c'est de cela que nous ne voulons pas, c'est pour cela que nous luttons pour le retour de l'investissement social en Europe. Ceci dit, au risque de me repéter, je dirai que nous voulons une Europe confédérale et non pas fédérale. Il ne faut pas déposséder les peuples de leur pouvoir d'initiative et de création. Il faut respecter les souverainetés populaires.

Un grand essor des services publics: cela fait partie des solutions de sortie de crise. L'augmentation des gains de productivité réalisés grâce aux progrès techniques doit permettre d'augmenter la demande pour ne pas faire de chômage. Il faut mettre le paquet sur un certain type de dépenses pour consolider l'offre et soutenir la demande. Par exemple, les dépenses de santé consolident les gains de productivité. Il faut être fou pour penser comme les américains que les salariés seront plus compétitifs en étant en mauvaise santé. Pour que notre modèle écomique soit tiré par l'essor des services publics, il faut aussi une industrie qui tienne le coup. La parade au chômage de masse et aux inégalités, c'est l'investissement pour la protection de l'emploi, le maintien et l'augmentation des salaires, et le développement de revenus mutualisés, non marchands, pour créer une sécurité sociale professionnelle et une possibilité de formation tout au long de la vie.

Après, il faut faire attention aux solutions miracles telles que l'annulation de la dette. L'Argentine a répudié sa dette dans une phase où se préparait un regain de croissance. En France, une telle annulation plomberait les assurances et les banques qui détiennent les titres de la dette publique française, à 66% des institutions non bancaires et bancaires européennes, et notamment des banques allemandes. Cela aurait des effets en chaîne sur l'économie européenne.    

 

 

Denise Serandour

Je m'interroge par rapport à notre note triple A: il y a débat entre les économistes à ce sujet. Cette note qui permet à la France d'emprunter à des taux d'intérêt raisonnables est-elle déjà perdue comme l'explique Jacques Attali, ou est-ce encore une épée de Damoclès qui nous pousse à surveiller avec attention les exigences des marchés? Quelle attitude devons-nous adopter par rapport aux agences de notation?

 

 

Yves Dimicoli

Les économistes se sont beaucoup trompés, beaucoup beaucoup trompés, et même des économistes sérieux et reconnus. Il faut mettre en cause une certaine orthodoxie économique, développer une capacité d'analyse citoyenne sur l'économie au service des luttes et de l'expérimentation d'autres types de solution. Le but: retirer aux économistes et aux patrons le monopole sur l'économie grâce à l'éducation populaire. Marx disait en son temps que le mouvement ouvrier anglais avait clairement une supériorité sur ses pairs dans la connaissance économique, le mouvement ouvrier français dans l'expérimentation politique. Il faut réunir ces deux niveaux. La coupure entre l'économie et le politique est une rupture bourgeoise...

Le capitalisme est une formation sociale historiquement finissante et ils ont peur: ils sont sur la défensive.

Il faut dire ce que l'on peut faire, qui doit faire la jonction avec ce que l'on doit faire. Notre cible principale pour nous donner les moyens de faire une autre politique, ce doit être la banque et le crédit. Au 31 août 2011, il y avait 21 milliards d'euros déposés dans les banques du Finistère. Et cet argent qui vient pour l'essentiel du versement des salaires, des pensions, des retraites, il est utilisé pour faire quoi? Il y a dans votre département également une forme de sous-investissement dans l'activité économique. Voilà une bataille qui peut être menée sur le terrain, par la remise en cause des gestions bancaires. Il faut en nombre aller se placer devant les banques et interpeller: "à quoi sert notre argent dans les banques?". Ce discours peut porter d'autant que la suppression de l'emploi, c'est aussi maintenant dans les services, dans les banques.

Il faut remettre sur la table la séparation entre banques d'affaire et banques de dépôt: il faut faire cette séparation mais cela ne suffira pas. C'est à la loi bancaire Delors de 1983/1984 que l'on doit cette bombe à retardement:  les banques de dépôt font tous les métiers. Les banques françaises sont en Europe parmi les plus extraverties: leur investissement dans l'économie nationale est d'ailleurs une des raisons a contrario de l'efficacité des banques allemandes. Pour vous expliquer par un exemple saisissant l'ampleur de l'aberration des politiques de crédit des banques: en 2007, elles ont trouvé 13 milliards d'euros de lignes de crédit en quelques jours, et à 2% d'intérêt, pour permettre à Pernot Ricard de réaliser une OPA sur une compagnie de Vodka. Pendant ce temps, il y avait peu de crédit pour l'économie réelle, les petites entreprises, et bien plus cher. La force du capitalisme, c'est son pouvoir sur la monnaie et le crédit.

La croissance et l'inflation, c'est ce qui permettra de réduire la dette publique. Il faut de la croissance durable: respectueuse de la niche écologique des humains et péréenne. Je réaffirme la nécessité d'un audit des dettes publiques et d'une dénonciation vigoureuse du dogme selon lequel la dette devrait être financée sur les marchés publics.  

 

Ismaël Dupont

Je voulais revenir sur les propos de Michel Le Saint. Même si son plaidoyer en faveur du fédéralisme européen s'accompagne sans doute de la volonté de démocratiser les institutions européennes, de renforcer sans doute le pouvoir du Parlement par rapport à la BCE et la Commission, il me semble servir objectivement dans le contexte actuel de crise financière et de crise de la dette l'agenda de ceux qui veulent, à travers les dures négociations pour accorder des emprunts aux Etats comme à travers des mécanismes institutionnels tels que le pacte de stabilité pour l'euro et la règle d'or, installer une dictature de la finance en Europe, avec possibilité d'instaurer un contrôle tatillon sur les politiques économiques et sociales des gouvernements et des Parlements, de censurer les budgets nationaux, de renverser des représentants élus quand ils ne rassurent pas les marchés... La souveraineté des peuples, la possibilité de l'alternative politique venue du mécontentement populaire, se réduit de plus en plus à néant au moment où les partis de gouvernement, conservateurs ou sociaux-démocrates (ou sociaux-libéraux) prônent la même politique inefficace d'austérité et de purge sociale pour ne surtout rien changer au système, et se succèdent au pouvoir avec les mêmes orientations et les mêmes résultats. 

Cela dit, pour retrouver des marges de manoeuvres afin de mener des politiques sociales ambitieuses en Europe, je n'écarterais pas comme la porte d'entrée de la guerre commerciale, du repli nationaliste, l'outil du protectionnisme. Aujourd'hui, pour aller vers une amélioration des conditions de vie, une relance de l'activité économique, il faudrait partager l'emploi en poursuivant la réduction du temps de travail, augmenter les salaires et la protection sociale, construire des logements bon marchés, investir dans la santé et l'éducation. Mais pour que toutes ces politiques soient applicables, il faut sortir du chantage permanent à la délocalisation, à la fuite des capitaux vers des pays où la fiscalité, les droits des travailleurs et leur combativité, les contraintes écologiques sont bien moins importants. Je crois qu'on peut être protectionniste, en plaidant de manière ciblée pour des taxes supérieures pour certaines importations ou réimportations, une protection des normes salariales et de la qualité de la production locale, et pour la coopération des peuples. N'est-ce pas le libre-échange imposé de force par les accords de l'OMC, le FMI, qui affame aujourd'hui les paysans des pays pauvres en accaparant leurs terres qui leur permettaient au moins de survivre au profit de monocultures d'exportation et en leur imposant la concurrence de produits importés? Ne peut-on pas penser que si l'Europe protège son industrie et son activité productive en général pour des raisons sociales (lutte contre le chômage, pour la conservation de bons emplois) et écologiques (éviter l'émission excessive de gaz carbonique en sortant de l'extrême spécialisation des pays dans la division internationale du travail et en s'épargant des transports de marchandises incessants), des pays comme la Chine, l'Inde, ou d'autres états d'Asie du Sud Est seront amenés à se recentrer sur leurs marchés intérieurs et à augmenter chez eux les salaires afin de se créer une classe moyenne capable d'absorber une partie de la production locale. Pour ce qui est de l'Europe, je suis également pour la solidarité européenne, et en théorie donc pour un protectionnisme à l'échelle européenne qui supposerait une harmonisation préalable des normes sociales, fiscales et écologiques par le haut. Cependant, l'Europe politique réelle et sociale s'est construite, grâce aux socialistes français et à Delors notamment, sur des bases totalement opposées: la sanctuarisation du libre-échange, de la concurrence, de la lutte contre les protections et les règlements, les monopoles publics, les politiques de relance par l'inflation. Le traité de Maastricht, disait Madelin, était "une assurance-vie contre le socialisme". Le traité de Lisbonne, dont le contenu avait été rejeté par les peuples, n'a fait que renforcer cette tendance.  Résultat, c'est en Europe que s'organise le dumping fiscal, social, et écologique, que les entreprises françaises délocalisent ou externalisent, que l'on va chercher une main d'oeuvre bon marché, pour le plus grand profit des financiers. L'élargissement au pays d'Europe de l'est a constitué en ce sens une accélaration du délitement de toute ambition de bâtir une Europe sociale et une Europe de coopération: on a investi là-bas, leur a apporté des emplois supprimés en Europe de l'ouest, mais on ne leur a apporté quasiment plus aucune aide directe pour qu'ils puissent relever leurs standards sociaux rapidement afin qu'il n'y ait pas de concurrence déloyale et faussée dans ce grand marché. La Grèce a payé aussi ce virage vers la suppression des aides directes et des politiques publiques de coopération décidés par les Etats les plus riches d'Europe.  

Résultat: depuis des décennies, c'est un chantage permanent à la fuite des emplois que l'on exerce pour baisser les cotisations patronales, la fiscalité sur les hauts revenus, le patrimoine, les entreprises, au nom de la compétitivité et de l'attractivité, de l'adaptation à la mondialisation et à l'Europe ouverte. La dette, ce ne sont pas des politiques de redistribution trop généreuses qui l'ont produite, mais le consentement au chômage de masse comme moyen de lutter contre l'inflation, de maintenir les taux de profit et de contenir les salaires, mais la baisse de la fiscalité au nom du maintien de l'emploi, mais cette crise financière de 2007-2008 que l'excessive financiarisation de l'économie a produite. Il est paradoxal que cette dette produite par le néo-libéralisme serve aujourd'hui à plaider pour un renforcement de celui-ci.

Après, je m'interroge: si le front de Gauche arrive au pouvoir en 2012, il aura du mal à convaincre les partenaires de la France au niveau européen, des Etats gouvernés à 90% par des partis conservateurs ultra-libéraux et réactionnaires, du fait de la faillite historique de la sociale-démocratie qui n'a pas de projet alternatif à proposer à la domination sans partage du capitalisme financier, d'adopter des mesures communes d'harmonisation fiscale, salariale, et de protectionnisme. On se sera bien obligé de mettre en oeuvre des mesures unilatérales, ayant vocation à servir de modèles et à montrer aux populations européennes exaspérées par l'austérité, la dureté du néo-libéralisme de plus en plus autoritaire, qu'une autre voie est possible. Et il pourrait y avoir des effets de contagion... Cependant, on risque de se retrouver d'emblée confronté au mur de l'argent, à la fuite des capitaux, des investissements, des emplois... Comment faire pour desserer l'étau que la mondialisation libérale et son cortège de dérèglementations a créé pour réduire l'éventail des politiques possibles?        

 

 

Yves Dimicoli 

Il y a une tentative chez Hollande d'enfermer le débat économique dans la seule question de la fiscalité, ce qui lui permet de ne pas aborder la question du contrôle du point névralgique du capitalisme: les banques et le crédit. Le débat fiscal est pour lui un hameçon qui le crédibilise socialement dans les limites de l'acceptation du statut quo libéral en termes de rapport entre le politique et le secteur financier. Ceci dit, il est vrai qu'il faut, mais cela Hollande ne le propose pas, revenir sur la suppression de la taxe professionnelle, la déresponsabilisation fiscale et sociale des entreprises: les réductions de cotisations patronales sur les heures sup, les bas salaires, ... que la droite a entrepris depuis qu'elle est au pouvoir (2002), ce sont 172 milliards d'euros de pertes pour le budget de l'Etat. Pour la droite, le désarmement fiscal a été une priorité: il fallait défiscaliser le capital et ses revenus: parce qu'il y avait la mondialisation, la concurrence. Il ne faut pas céder à l'hameçon de la fiscalité, mais au contraire rentrer dans le dur de l'alternative: la banque, le crédit. Il y a une proposition fiscale des socialistes qui est très dangereuse: c'est la fusion entre CSG et impôt sur le revenu: on fiscalise ainsi la protection sociale, aujourd'hui indexée sur le prélèvement de la richesse produite par le travail. C'est très grave sur le principe car on revient sur un acquis de la résistance et dans les faits car on risque de sacrifier les services publics à la protection sociale, ou l'inverse.

 

 

Compte-rendu réalisé d'après ses notes par Ismaël Dupont.

  

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 12:51

Dans le cadre de son déplacement en Bretagne les 25, 26 et 27 novembre prochain pour être présent notamment à la Fête de l'Humanité Bretagne à Lanester le dimanche 27:  

Jean Luc Mélenchon sera présent à Brest le Vendredi 25 novembre à 20H à la salle des syndicats pour une rencontre dans le cadre d'une Assemblée Citoyenne.

 

 

Bandeau Melenchon-158c7

 

Je propose un départ de co-voiturage à partir de Morlaix et de la place du Pouliet vendredi 25 novembre (parking côté place de la résistance) à 18H45. Pour les personnes intéressées, possibilité d'un contact par mail: dupont.ismael@yahoo.fr   

 

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 12:45

 

 

photo-Marie-George-Buffet-copie-1.jpg

 

Samedi 29 octobre

Venez débattre sur les contenus du programme du Front de Gauche.

 

Marie-Georges Buffet, à l'origine de la création du Front de Gauche en 2008, responsable nationale du PCF, sera à Morlaix pour montrer, dans ce contexte de crise financière, que la dynamique du Front de Gauche offre un espoir de transformation sociale en France et en Europe.  

 

 

Après une conférence de presse à L'Aurore (rue Traverse, auprès de la place Allende) elle rencontrera à partir de 9h30 la population sur le marché et animera une réunion publique en présence de la plupart des candidats finistèriens aux Législatives du Front de Gauche :

 

Salle Le Gallouédec de St Martin des Champs (rue de la mairie) à 10H30.

 

Venez nombreux rencontrer notre ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports et soutenir le projet alternatif porté par le Front de Gauche.  

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 06:37

 

Une quarantaine de personnes se sont déjà inscrites dans ce collectif citoyen du Front de Gauche pour la circonscription de Morlaix. Cette première réunion du collectif citoyen du Front de Gauche nous a permis de débattre sur le contexte politique (les primaires socialistes, la crise du capitalisme financier), sur notre rapport avec le PS et sur nos ambitions pour les présidentielles et les législatives, sur les moyens de reconquérir l'électorat abstentionniste et de dynamiser notre campagne politique afin de hausser le niveau d'exigence sociale de la population, de critique vis à vis du système existant et de confiance vis à vis de notre capacité à le transformer.

 

Daniel Ravasio a commencé par rappeler quelles étaient les forces politiques constituant le Front de Gauche, quel était l'historique de ce mouvement, quelles avaient été les modalités de désignation de nos candidats communs aux présidentielles et législatives. Il a appelé chacun à s'exprimer sur ses motivations pour soutenir la campagne du Front de Gauche, sur le rôle qu'il voulait que le collectif citoyen joue et sur le fonctionnement qu'il devait avoir. Il a précisé que l'urgence pour nous était de rassembler, de faire connaître nos propositions, de mener une campagne de terrain en cherchant à convaincre ses proches, ses voisins, à organiser de micro-débats publics à l'image de ce qui s'était passé pour la campagne contre le Traité Constitutionnel Européen en 2005. Il faut aussi que nous cherchions à convaincre par capillarité, travail d'argumentation de proche en proche.

 

Françoise Wolinski-Pilate s'est interrogée sur le degré d'accord entre le Front de Gauche et les propositions un peu ternes se dégageant du débat Martine Aubry-Montebourg dans l'entre deux-tours des primaires socialistes.

 

Patrick a mis en avant le caractère inédit du contexte dans lequel s'inscrit cette campagne électorale pas comme les autres qui nous impose de sortir du capitalisme financier car on arrive à bout de ce moment historique.

 

Yvon Le Jallu a confirmé que, pour lui, cette crise était sans précédent dans l'histoire.

 

Arnaud Ranou a souligné que, dans le dernier débat socialiste du 12 octobre, il n'y avait pas eu un mot sur l'écologie, le développement de l'économie locale. Pour lui, il faut appeler à voter Front de Gauche, non seulement au 1er tour mais aussi au 2nd .

 

Hubert Peneau a déclaré pour sa part que, s'il allait s'investir dans la campagne, c'est parce qu'il pensait que le Front de Gauche pouvait être au second tour. Second tour que Le Pen avait atteint en 2002 avec 17%. Aux européennes de 2009 nous étions, en additionnant les voix du FDG et du NPA, à 12%: nous avons encore une marge de progression. Il est possible de faire 18% et d'être au second tour à condition de se concentrer sur les gens qui ne vont pas voter, sur les catégories populaires, d'aller les voir et de discuter.

 

Ismaël Dupont rappelle que la création de ces collectifs citoyens du Front de Gauche a pour but de rompre avec le seul face à face entre les militants des 3 organisations fondatrices du Front de Gauche et de permettre aux citoyens engagés de s'approprier notre projet alternatif et de le défendre auprès de la population pour créer une véritable dynamique dans cette campagne. Il est d'autant plus urgent de nous mobiliser pour argumenter sur le terrain en faveur de nos propositions que les médias organisent un black-out sur notre mouvement et son programme, ne parlant du FDG que pour évoquer les mouvements d'humeur de Mélenchon et non pour décrypter notre projet. Avec les Primaires, il n'y en a que pour le PS et ses enjeux de pouvoir internes. Ce parti est présenté comme le seul pouvant placer son candidat au second tour des présidentielles et à ce titre, comme le représentant in fine de toute la gauche. La peur de voir le Front National à nouveau passer au second tour fait fermer les yeux sur la dérive centriste du PS qui s'accélère, avec l'acceptation des dogmes libéraux du Traité de Lisbonne, puis désormais du cadre du pacte européen de stabilité qui fait que l'on s'engage à réduire le déficit à 3% du PIB à l'horizon 2013 alors qu'il est aujourd'hui de 7%: avec quels prix en termes d'austérité, de réduction des services publics et de la protection sociale? Si le PS a certaines propositions de gauche en matière fiscale, il ne revient pas sur les suppressions de poste dans la fonction publique, l'allongement de la durée de cotisation pour bénéficier d'une retraite à taux plein, accepte la précarisation des contrats de travail. Surtout, il ne prévoit aucune réforme des institutions européennes ou françaises visant à les démocratiser: et pour cause, elles rendent inéluctables des politiques libérales qu'il approuve et un bipartisme qui l'avantage. Seul le Front de Gauche assume la nécessité d'établir un rapport de force avec les pouvoirs financiers tout en cherchant à rassembler pour mettre une gauche de conquête sociale au pouvoir. De la situation actuelle de crise financière d'une gravité inédite peut ressortir le pire comme le meilleur: une régression sociale généralisée en Europe pour recapitaliser les banques et éponger les conséquences de leurs bêtises dont sortiraient renforcées la droite et l'extrême-droite car la xénophobie et les logiques de ressentiment prospèrent dans les crises ou une remise en cause profonde du capitalisme financier et une réorientation de l'Union Européenne, si notre gauche est assez forte pour rendre à la France, cinquième puissance économique mondiale, un rôle d'éclaireur pour les peuples indignés d'Europe, en montrant que la domination d'une oligarchie et la dictature de la finance ne sont pas des fatalités.

 

Daniel Crassin a préféré que l'on insiste, plutôt que de se faire plaisir avec des projections optimistes, sur la nécessité de faire le meilleur score possible au 1er tour. Après tout, du temps où le PCF était très fort, Jacques Duclos n'a jamais fait plus de 20% aux présidentielles. Il est surtout important de créer une dynamique en vue des législatives qui décideront également du rapport de force à gauche. Il ne faut pas penser qu'en dehors d'une qualification au 2me tour des présidentielles, tout est perdu: ce n'est pas la même chose d'avoir un gouvernement de centre-gauche et un gouvernement de droite dure... On a jamais assisté à un tel détricotage des lois sociales. Si on pouvait avoir 50 ou 60 députés au gouvernement, on serait en mesure de peser sur un gouvernement social-démocrate. Il nous faudra surtout combattre la puissance de l'idée de vote utile dans la population. Il y a deux forces politiques qui ont été complètement occultées tout au long de ces primaires qui ont donné une force d'exposition maximale au PS: les Verts et nous.

 

Pour Christian Delannee, il sera d'autant plus facile de faire un bon score que l'on réussira à faire passer le message qu'il est possible de faire autre chose. Il ne faut pas partir trop triomphalistes malgré le contexte de crise du capitalisme financier: en 1936, on avait des mouvements sociaux forts, puissants: ce qu'on a pas aujourd'hui. Il ne faut pas non plus dire qu'entre l'UMP et le PS c'est blanc bonnet et bonnet blanc et s'asseoir au 2ème tour sur le droit de vote, conquis de haute lutte. La politique de l'UMP est une politique de droite ultra-dure, qui manifeste la captation de propositions et d'hommes venus de l'extrême-droite. Une partie de la droite traditionnelle en a conscience puisque les élections sénatoriales ont montré que des éléments de droite avaient voté pour le changement.

 

Pour Yvon Le Jallu, si l'on s'intéresse aux gens qui ne sont pas là avec nous malgré leur précarité et leurs problèmes sociaux et qui ne votent plus, il faut bien se dire que pendant longtemps, il y a eu chez nous trop de consensus avec les socialistes. Par ailleurs, les modes de scrutin uninominaux à deux tours sont pipés: il faut une représentation à la proportionnelle.

 

Pour Patrick, la réponse à la question « une autre politique est-elle possible? » doit être subordonnée au constat qu'une autre politique est absolument nécessaire car ce système capitaliste mondialisé, financiarisé et dérégulé, saccage la planète et les sociétés. Nous sommes vraiment dans une situation d'une gravité inédite qui nous impose l'obligation d'inventer autre chose.

 

Pierre Le Steun rappelle que ce qui sonner le signal du détricotage des lois sociales en France, c'est le tournant de la rigueur des socialistes en France en 1983. Par la suite, ils ont toujours accompagné ou impulsé les réformes libérales de privatisations, d'ouvertures à la concurrence, de fragilisation du secteur public et des contrats de travail.

 

Pour Serge Puil, il faut rappeler aux gens dans nos interventions publiques que ce sont les politiques ultra-libérales de tous les pays industrialisés depuis des décennies qui ont généré la crise. Le but de Sarkozy, cela a été d'abolir le code du travail. Le paradoxe, c'est que cette grave crise dans laquelle ils nous ont plongés peut leur faire prendre une grande crédibilité à toutes ces personnes libérales qui veulent revenir à un déficit à 3% du PIB.

 

Pour Guy, le score le plus inquiétant, c'est celui de l'abstention. Ce quinquennat sarkozien a complètement dénaturé la politique. Le meilleur défi pour nous serait de parvenir à faire voter au moins 80% de la population, indépendamment même du contenu de ces votes. Pour cela, il est urgent que le débat soit présent partout, et pas uniquement le débat partisan. N'en doutons pas, une abstention forte fera le jeu de la droite et de l'extrême droite.

 

Pour Jean-Luc Le Calvez, ce qui fait la force du Front de Gauche, c'est avant tout son programme qui ne résulte pas seulement d'un accord de sommet: ses propositions ont été travaillées à la base dans des réunions participatives et veulent répondre aux gens sans utopie. Cela fait bien longtemps qu'on ne s'est pas présenté aux électeurs avec un programme aussi solide, cohérent, en phase avec les enjeux du moment. Ceci dit, c'est vrai qu'il ne faut pas stigmatiser les gens qui ont été aux primaires et qui ont pu aussi manifester à travers cette démarche un désir de changement. Il faut avant tout s'atteler à gagner les gens à nos propositions à partant de problèmes concrets comme celui des postes et des heures d'ouverture de bureaux supprimés à La Poste. Quand les socialistes se disputaient sur la question de leur leadership, nous défendions dans la presse les salariés et les usagers de La Poste: cela se remarque... La crédibilité de nos propositions a progressé et la situation économique internationale et nationale nous offre un boulevard pour les défendre. Les gens savent que 400 milliards de cadeaux fiscaux ont été fait pour les plus riches pendant le quinquennat Sarkozy, que l'on a su trouver des milliards pour les banques en difficulté et non pour équilibrer les budgets de la Sécurité Sociale, des retraites ou financer les services publics...

 

Pour Yves Abramovicz, notre campagne doit associer présidentielles et législatives et elle peut être menée sereinement, sans angoisse excessive, car notre candidat Jean-Luc Mélenchon est le seul qui apporte des propositions concrètes pour combattre la crise, le diktat des marchés. Aujourd'hui, tout est prétexte à dire: ce n'est pas notre faute si on vous impose l'austérité, c'est l'Europe... On est les mieux placés pour faire un travail d'explication là dessus, nous qui avons permis le non au Traité Constitutionnel Européen en 2005, victoire volée avec la complicité des socialistes qui se sont abstenus lors de la ratification à Versailles du Traité de Lisbonne. Notre souci premier, ce doit être de reconquérir les électeurs qui ont cessé d'aller voter. On parle beaucoup de la progression du FN mais elle est largement surfaite: en réalité, si le FN a progressé en pourcentage aux dernières élections, c'est en raison du poids de l'abstention et non d'une augmentation arithmétique significative de ses électeurs. Il est faux de dire que les classes populaires votent maintenant majoritairement à l'extrême droite: elles s'abstiennent. Et c'est contre cela que nous devons lutter.

 

Pour Daniel Crassin, il faut s'inspirer de la campagne de 1981 et du succès de la distribution du Programme commun vendu à 1,5 millions d'exemplaires (essentiellement par des militants communistes). On peut faire du porte-à-porte avec le programme, aller sur les marchés pour le vendre. On peut faire comprendre simplement que la misère n'est pas inéluctable, que le fric existe: on a trouvé des dizaines de milliards pour sauver les banques et on n'en trouverait pas pour les systèmes sociaux... Il faut aller là où les gens ne votent plus: HLM, restos du cœur, dans les quartiers, sur les marchés...

Pour Hubert, on peut faire des petites réunions-débats décentralisées à l'échelle d'un quartier, chez les uns et les autres, autour du programme partagé du Front de Gauche.

 

Pour Guy, si on veut aller rencontrer les gens qui ne vont plus voter, il ne faut pas avoir le programme comme seul support, programme que seuls les plus politisés et convaincus risqueront de vouloir acheter : il faut un tract, qui rappelle l'intérêt d'aller voter, la nécessité de s'opposer au bipartisme en cours d'installation et les idées fortes du programme.

 

Christian Hadouche propose que l'on se retrouve souvent tous ensemble ou à plusieurs sur le marché pour donner une visibilité au collectif citoyen du Front de Gauche.

 

Marie-Paul Kerebel propose de faire une soupe populaire place de la Commune pour discuter politique avec la population dans un contexte convivial et de don.

 

Ismaël Dupont propose une soupe populaire itinérante: un jour dans une commune, un autre dans une autre. Il serait très intéressant de se lancer dès le moins d'octobre dans la distribution de programmes partagés ou de tracts sur le programme et les réunions publiques thématiques, pas seulement à Morlaix mais partout dans la circonscription, pour montrer que notre visée n'est pas simplement électoraliste et faire grandir l'exigence chez citoyens d'une vraie rupture avec les politiques libérales menées jusque là au niveau français et européen.

 

Pour Daniel Crassin, il est également important de commencer tôt la campagne et de tenir la durée. Il faudrait établir un calendrier des marchés de la circonscription et inscrire trois-quatre personnes à chaque fois pour ceux où l'on veut être présent. Il faut consacrer une réunion spécifique pour avancer sur les questions d'organisation et la question du tract présentant notre programme avant la prochaine réunion publique du collectif citoyen du 26 octobre. Quant au porte à porte, c'est bien, mais cela demande une énergie très importante, et du monde...

 

Pour Marie Huon, il faut réfléchir aux lieux où l'on pourrait toucher les jeunes et ne pas se contenter de formes de campagnes politiques classiques, qui ne les touchent pas vraiment. Or, beaucoup de jeunes sont des indignés très critiques vis à vis du système mais en mal de repères politiques.

 

Arnaud Ranou rappelle à ce titre qu'Internet peut être un bon moyen pour mobiliser: il faut pousser les boîtes aux lettres électroniques.

 

On évoque alors l'intérêt qu'il y aurait à ce que chacun rebascule nos annonces Front de Gauche vers 3 ou 4 contacts sur internet, afin de faire grandir l'audience du collectif citoyen.

 

Hubert Peneau propose pour l'organisation de réaliser un tableau de tâches que l'on pourrait remplir sur internet et qui permettre d'établir les responsabilités pour l'envoi de mails, la présence sur les marchés, les distributions de tracts et les ventes de programmes partagés, les communiqués à la presse.

 

Daniel Crassin propose, avant que le piège des Primaires se referme tout à fait en excluant toute expression publique alternative par rapport à celle du PS ou de l'UMP, de mettre en place un calendrier pour une présence sur les marchés de la circonscription.

 

Christian Corre suggère la possibilité d'assurer une permanence toutes les semaines pour rencontrer la population, vendre le programme partagé.

 

Otilia Nunès demande à ce que l'on prévoit d'organiser des réunions publiques pendant les vacances pour permettre à des jeunes comme son fils, très intéressé par la démarche du FDG, de venir.

En fin de réunion, nous décidons d'organiser une réunion de travail le 18 octobre (18h) pour réaliser un tract et avancer sur les propositions d'actions militantes à faire en réunion publique plénière du collectif citoyen du Front de Gauche le 26 octobre 2011 à 18h au 2, petite rue de Callac à Morlaix.

 

Compte-rendu réalisé à partir de ses notes par Ismaël Dupont.

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 10:11

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Le temps presse pour la riposte. Alors: A vos agendas!

 

 

 

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LE VENDREDI 7 OCTOBRE A 20H00

Salle Le Gallouédec à SAINT MARTIN DES CHAMPS  

 

Conférence-débat du Front de Gauche sur la Crise Financière

 

Quelles politiques nous y ont plongés? Quelle exploitation en font les gouvernements européens pour renforcer la domination de la finance sur nos sociétés? Comment en sortir?

 

Introduction au débat par YVES DIMICOLI

économiste, membre de la commission Finance-Economie du PCF

 

Après le débat il est prévu de faire le point avec tous nos sympathisants pour réfléchir à l'animation de la campagne des Présidentielles et des Légistatives 2012 du Front de Gauche dans notre circonscription.     

 

 

Pour se mettre en bouche et clarifier par avance ses idées sur les tenants et aboutissants de la crise de la dette et de la crise financière actuelle en prenant de la distance par rapport aux pédogogies du renoncement et de l'acceptation de l'austérité, voici deux brillants articles datés d'il y a quelques jours de notre prochain conférencier, Yves DIMICOLI.

Décréter l'état d'urgence.

Les choix faits depuis mai 2010 et, encore plus, lors du sommet de l'euro-groupe de juillet dernier, conjuguent surenchères dans les politiques d'austérité, graves reculs de la démocratie et de la souveraineté populaire. C’est un véritable une fuite en avant au service de la domination des marchés financiers. Ces choix débouchent sur un énorme fiasco du point de vue même de l’objectif qu'ils prétendent viser: le recul de l'endettement public. La fragilisation de l'Europe qu'engendre l'aveuglement des dirigeants de la zone euro et dont se réjouissent les fonds spéculatifs, anglo-américains notamment, va conduire au désastre : freinage de la croissance, augmentation du chômage, rationnement des services publics et étouffement des revenus salariaux. Il faut rompre avec cette logique folle qui assassine les Grecs, et qui prépare l'éclatement de la zone euro au risque d'une confrontation fratricide entre Européens à coup de dévaluations compétitives.

La gauche, en France, a une responsabilité immense. Il ne suffit pas de se proclamer pour une opposition à la « règle d'or » en évoquant le caractère spécieux de l'initiative de Sarkozy. Il faut appeler les salariés, les chômeurs, les retraités, les jeunes à une grande mobilisation exigeant un changement de logique avec une autre utilisation de l'euro et de la création monétaire de la la BCE :

 -  Une grande expansion concertée des services publics, rompant avec les orientations des pactes de stabilité et de l'euro plus, et posant la nécessité de  choix budgétaires de relance sociale pour 2010;

-  Une maitrise populaire du crédit et des banques pour sécuriser l'emploi, la formation, les revenus salariaux, de conserve avec une répression systématique de la spéculation.

 Rejetons toute tentation d'union sacrée derrière les marchés financiers. Cessons de diaboliser, comme la droite et l'extrême droite, les déficits et les dettes publiques. Décrétons l'état d'urgence pour imposer une réorientation des pratiques des banques et des grands groupes en exigeant des droits et pouvoirs d'intervention des salariés, des citoyens et des élus sur l'utilisation de l'argent des profits, des fonds publics et du crédit.

Les institutions bancaires et de crédits doivent redevenir du domaine public et fonctionner selon une logique anti-spéculative et de soutien à la relance sociale et économique, aux salaires, emplois, aux investissements socialement utiles et générateurs de croissance.

 

 

 

A propos de l'accroissement de la dette publique.

Analyse des causes de la crise financière, économique et sociale par Yves Dimicoli et présentation des moyens d'en sortir. Article placé initialement à la mi-septembre 2011 sur le blog du PCF de Clichy.   

 

IOù en est-on de la dette publique aujourd'hui?

■ En France, elle augmente depuis trente ans. Mais, c'est à partir de la fin des années 1970 et, plus encore, du début des années 1980, avec le recours de plus en plus systématique au marché financier, que le dette publique française commence de s'envoler.
De 21,2% du PIB en 1978, elle passe à 36% en 1983, pour bondir à 60% en 1998. Les années 2000, après une courte période de latence due à une nette reprise de la croissance dans les pays développés, donnent lieu à un véritable emballement: De 63,3% du PIB en 2003, l'endettement public passe à 79% en 2009, puis 82,3% en 2010, soit 1591,2 milliards d'euros.
La seule dette de l'État, qui était de 44 milliards d'euros en 1978, a été multipliée par 25 depuis, pour atteindre 1101 milliards d'euros fin 2009. Avec 50 milliards d'euro, la charge d'intérêts de la dette est devenue le troisième poste de dépense du budget.

■ Tous les pays avancés ont connu un tel phénomène:

Par exemple, depuis 1981, date d'envolée du dollar et des marchés financiers aux États-Unis, la limite d'endettement public décidée par le Congrès y a été relevée cinq fois: de 8 000 milliards de dollars entre 1981 et 1985, sous Reagan, elle a été portée à plus de 10 000 milliards avec Bush père (1989-1992), puis prés de 13 000 milliards sous Clinton (1993-2000), pour atteindre 14 294 milliards de dollars avec Bush junior... Obama vient, avec difficultés, d'obtenir son relèvement de 2100 milliards de dollars et, pour la première fois, la dette publique des Etats-Unis a dépassé le seuil de 100% du PIB.
Au Japon, depuis un point bas de 63,2% en 1992, la dette publique a progressé jusqu'à 197,2% du PIB en 2010.
Les pays de la zone euro n'ont pas échappé à cette tendance: Alors que, rapportée au PIB, la dette publique agrégée de la zone enregistrait une moyenne de 67% du PIB de 2000 à 2008, elle passe brusquement à 78,8% en 2009.


II – Appel au marché financier ou à la création monétaire de la banque centrale?
C'est par une loi "Pompidou-Giscard" du 3 janvier 1973 que le choix a été fait, en France, de mobiliser la force de l'Etat pour promouvoir le marché financier et soutenir les opérations financières des banques ordinaires.
Elle stipule en son article 25 que "le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France". En pratique, cela signifie qu'on interdit à la République française l’accès direct à la création monétaire de la Banque centrale en l'obligeant à emprunter auprès des banques privées sur les marchés d'obligations à des taux d'intérêt dépendant de la conjoncture de ces derniers.
Par cette réforme, "il s'agissait à l'époque de constituer un véritable marché des titres à court, moyen et long terme, qu'ils soient émis par une entité privée ou publique" confirme V. Giscard d'Estaing . Et il la justifie: "la possibilité du prêt direct de la Banque de France au trésor public a généré partout où il fut appliqué une situation d'inflation monétaire permanente".
Constatation très discutable, car ce n'est pas, en soi, l'appel public à la création monétaire de la Banque centrale qui est inflationniste, mais la façon dont cette création monétaire, utilisée par l'État pour de massifs transferts en direction des capitaux monopolistes, n'a pas engendré une croissance suffisante des richesses réelles, d'où l'inflation.
Les dispositions de l'article 25 de la loi de janvier 1973 ont été reconduites par une loi du 4 août 1993. L'enjeu était non seulement l'endettement de l'État au service des grands groupes, mais aussi le financement de ces derniers: Face aux défis de partage de la révolution informationnelle et pour la rentabilité financière, ils étaient en effet appelés à se lancer dans de vastes opérations de restructuration et de fusions-acquisitions à l'échelle du monde entier, requérant d'énormes fonds levés sur les marchés.
Cela a ouvert la porte à une longue période d'essor du marché financier et à une envolée de la dette publique qui y est financée à partir de 1978. De fait, avec le ralentissement de la croissance et la montée du chômage, avec les transferts de plus en plus massifs de l'État vers les grandes entreprises faisant exploser les gâchis de financements publics, avec l'inauguration des politiques d'austérité raréfiant les recettes fiscales et sociales, les comptes publics de la France ont commencé à s'enfoncer structurellement dans le rouge à partir de 1974 pour, depuis, ne plus jamais revenir dans le vert.

Par la suite, l'accumulation de la dette et la progression des intérêts engendrés ont fait surgir un phénomène "boule de neige" avec une croissance économique de plus en plus ralentie: la dette publique augmente mécaniquement, du fait que le taux d'intérêt payé sur elle est plus élevé que le taux de croissance des ressources qui servent à la rembourser.
Aujourd'hui, la seule charge d'intérêts de la dette coûte plus de 50 milliards d'euros à la collectivité et représente le troisième poste du budget de l'Etat. La pratique de l'appel par l'Etat au marché financier pour financer ses déficits est devenue encore plus systématique et d'ampleur avec le passage à un euro conçu, précisément, au service de la domination des marchés financiers, avec une banque centrale "indépendante" et interdite par traité de toute monétisation de dettes publiques.


III – Insuffisance de recettes et gâchis de dépenses publiques:

Les dettes publiques augmentent brutalement en 2008-2009 avec l'intervention massive des Etats face à l'explosion de l'excès d'endettement privé accumulé depuis des années en contrepartie, surtout, d'opérations et placements boursiers, de LBO, de délocalisations, d'investissements contre l'emploi et de formidables spéculations boursières et immobilières.
L'endettement public a pris ainsi le relai de l'endettement privé pour continuer de soutenir l'accumulation capitaliste.
Aux Etats-Unis, près de 800 milliards d'euros sur deux ans ont été injectés, dont 40% en réductions d'impôts. Dans la zone euro, l'ensemble des plans adoptés ont injectés 200 milliards d'euros.

En France, après un plan d'aide à l'investissement, contre l'emploi et les salaires de 26 milliards d'euros, Sarkozy a lancé un "grand emprunt" obligataire de 35 milliards d'euros.
Tout cet argent public a été accordé sans aucun changement des critères du crédit et sans contrepartie en emplois exigées sur les aides. Cela permit de sortir de la récession , mais avec une croissance très insuffisante, très peu d'emplois et le maintien, par le chômage, d'une lourde pression sur les salaires. Par contre, les profits financiers et la spéculation ont repris de plus bel.
En France, après une récession au cours de la quelle le PIB recula de 2,2% en 2009, année où la bourse de Paris enregistra, elle, une augmentation de 22,32%, la croissance réelle a atteint péniblement 1,2% en 2010. Et, après une croissance nulle au deuxième trimestre, l'année 2011 s'annonce fort médiocre. Cette insuffisance de la croissance réelle accentue l'insuffisance des recettes publiques par rapport à la dépense qui, elle, est poussée par des besoins irrépressibles (santé, éducation, recherche, accompagnement social...) ce qui, dans ces conditions, creuse les déficits, lesquels grossissent la dette.

Pour contrer cette évolution, il aurait fallu, outre la recherche d'une plus grande efficacité sociale de la dépense, augmenter les prélèvements obligatoires. Or, ceux-ci, relativement au PIB, sont toujours restés sensiblement inférieurs aux dépenses publiques, de 7,9 points en moyenne de 2003 à 2008, mais de 12,8 points en 2009 et de 12,2 points en 2010.

Cela tient, avant tout, au fait que les gouvernements successifs n'ont cessé de multiplier les cadeaux fiscaux et para-fiscaux (Ex.: allègements de "charges sociales", suppression de la taxe professionnelle,baisse de l'Impôt sur les sociétés) au profit des entreprises, au nom de la compétitivité, et des grandes fortunes, sous prétexte que cela inciterait leurs détenteurs à ne pas les délocaliser.

Outre les cadeaux faits aux plus riches (allègement ISF, Bouclier fiscal...), ce sont les allègements d'impôts (la suppression de la taxe professionnelle par exemple) et de cotisations sociales dont ont bénéficié les entreprises qui sont au cœur de cette évolution.
Selon le Conseil des prélèvements obligatoires , le manque à gagner total, pour l'Etat, des allègements accordés aux entreprises est de 172 milliards d'euros en année pleine, soit 67,7% du total des recettes fiscales nettes du budget 2011 et 1,87 fois le déficit prévu!
Dans ce total, on retrouve les exonérations de cotisations sociales patronales dont la compensation coûte annuellement quelque 30 milliards d'euros désormais (29,8 milliards en 2009).
Le cumul de ces exonérations, accordées par tous les gouvernements en alternance depuis 1992, se monte à 250,5 milliards d'euros!
Au cœur des facteurs concourant à l'augmentation de la dette publique, il y a la volonté des dirigeants français et européens de développer le plus possible le marché financier pour attirer le maximum de capitaux vers les entreprises.
D'où deux phénomènes:

1 – La progression régulière et importante de la part des richesses produites dans les entreprises captée par les prélèvements financiers (intérêts et dividendes..);

2 – Les efforts répétitifs des gouvernements pour, au nom de la compétitivité, faire reculer la part des richesses produites dans les entreprises allant aux prélèvements obligatoires.

Bref, pour laisser le capital financier prélever une dime de plus en plus importante sur la richesse nationale, les politiques gouvernementales ont systématiquement cherché à faire reculer la part des richesses produites qui sert au financement des services publics et de la protection sociale.
Le recours systématique à l'endettement a permis ainsi, bon an mal an, de faire face aux dépenses croissantes, tout en les contenant, sans avoir à augmenter les prélèvements obligatoires.


IV – Et l' Euro là-dedans?
L'euro a été conçu au service de la domination des marchés financiers en prétendant rivaliser avec les États-Unis dans l'attraction des capitaux mondiaux moyennant un taux d'intérêt offert supérieur en permanence à celui de la devise américaine.
Avec l'euro, les dirigeants européens cherchent à disputer aux États-Unis le privilège exorbitant dont il dispose avec le dollar. La monnaie nationale des États-Unis est aussi, en effet, monnaie commune mondiale de fait.
Cela leur permet de s'endetter énormément auprès du reste du monde et de rembourser en émettant de nouveaux dollars, en faisant "marcher la planche à billets" (la FED vient de racheter pour 600 milliards de dollars de bons du Trésor des USA).
Face à cela, la zone euro, avec sa BCE "indépendante" et vouée à soutenir la force financière de l'euro, cherche à promouvoir tant et plus ses marchés financiers. Simultanément, avec le pacte de stabilité, les dépenses de services publics sont rationnées dans le but de tenir les déficits publics sous la barre de 3% du PIB.
L'euro a facilité un fort endettement des États membres, à commencer par ceux d'Europe du sud, en retard de développement, qui ont pu ainsi bénéficier de taux d'intérêt très abaissés.
Mais cet argent emprunté, au lieu de servir à développer les capacités humaines, a servi à la croissance financière des capitaux et à la spéculation, immobilière notamment, sans parler des exportations de capitaux et délocalisations. Simultanément, les services publics végétaient et les dépenses d'armement et de soutien aux capitaux financiers s'envolaient.
D'où une croissance réelle insuffisante, pauvre en emplois, très déséquilibrée et qui s'est effondrée quand cette "bulle" a éclaté.
C'est cela qui a fait apparaitre excessif l' endettement public de ces pays, relativement à leurs capacités réelles de rembourser, et déclencher une intense spéculation faisant brutalement remonter leurs taux d'intérêt.

Cela a débouché sur une grave crise de surendettement public et de vives tensions au sein de la zone euro.
Des réponses d'ampleur ont été apportées. Mais elles demeurent insuffisantes et, surtout, très contradictoires: Elles cherchent, avant tout, à rassurer les créanciers, à consolider les marchés financiers, au prix de l'écrasement des dépenses salariales et sociales et des services publics. Elles cassent donc la croissance et l'emploi et rendent encore plus improbables les remboursements.
D'où la poursuite de la spéculation contre les pays concernés, dont le défaut de paiement est anticipé, mais aussi contre tout le système de l'euro, avec les risques d'une contagion.
Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a été mis en place pour tenter d'endiguer cette crise et d'empêcher sa contagion, de conserve avec le FMI et la Commission européenne.
Il dispose de la garantie des États de la zone euro, ce qui lui permet d'emprunter jusqu'à 440 milliards d'euros sur les marchés financiers et de reprêter aux États en difficulté avec des conditions punitives.
Cette logique consiste donc à emprunter encore et toujours plus sur les marchés et donc à encourager leur croissance cancéreuse et leur domination sur le social et le public, au lieu de faire appel à la création monétaire de la BCE vouée, elle, à maintenir l'euro "fort". Cela ne peut qu'accentuer les cercles vicieux de la dette contre l'emploi, les salaires, la formation, les services publics et la croissance réelle européenne.
Désormais, ces tentatives de réponse portent gravement atteinte aux souverainetés nationales et à la démocratie, la BCE, sur mandat des gouvernements, s'arrogeant le pouvoir de dicter à un pays comme l'Italie un terrible plan d'austérité.


V – Il faut une tout autre politique:

1)- Arrêtons de diaboliser la dette publique!
La dette n'est pas mauvaise en soi. Il y a de bonnes et de mauvaises dettes. Tout dépend de l'utilisation que l'on fait de l'argent emprunté. S'il est utilisé pour accroître les richesses réelles, par exemple pour la santé, l'éducation, la recherche, le logement social, la sécurisation de l'emploi, de la formation et des salaires, l'environnement, cela fait de la croissance durable et saine. Celle-ci va alors entrainer un accroissement des recettes publiques (impôts et cotisations sociales), ce qui permettra de rembourser l'argent emprunté.
Par contre, si l'argent emprunté sert à spéculer sur les marchés bousiers et immobiliers, à délocaliser, à détruire des emplois, à déqualifier et à tirer les salaires vers le bas, cela freine la croissance, raréfie les recettes, ce qui creuse les déficits et les dettes.

  1. Ce n'est pas fatal d'aller chercher l'argent dont on a besoin sur les marchés financiers:

    a) – On peut augmenter et rendre plus efficaces les prélèvements obligatoires :
    Il faut une réforme de la fiscalité, non seulement pour accroitre les recettes des impôts et faire reculer les inégalités mais aussi pour pénaliser la croissance financière des capitaux, la recherche de l'argent pour l'argent, les délocalisations et, au contraire, encourager les comportements favorables à la croissance de l'emploi et des richesses réelles. Il faut aussi de nouvelles ressources immédiatement pour la protection sociale.
    Quatre exemples:
    ► Impôt sur les sociétés: Nous voulons le moduler de façon à pénaliser les entreprises qui investissent pour diminuer l'emploi et la masse salariale, préfèrent faire des placements financiers ou cherchent surtout à payer des dividendes; nous voulons, par contre, encourager les entreprises qui investissent en programmant des créations d'emplois, des mises en formation correctement rémunérés et contrôlés.
    ► Impôt territorial sur les entreprises: Nous voulons établir un impôt local sur le capital des entreprises pour en dissuader les gâchis. Il s'agirait d'une "taxe professionnelle" moderne qui serait assise non seulement sur les équipements des entreprises, mais aussi sur les actifs financiers des sociétés et des banques. Cela permettrait aux collectivités territoriales de disposer de quelque 20 milliards d'euros supplémentaires tout de suite et de voir l'emploi progresser sur leur territoire, ce qui augmentera la base de leurs recettes futures, plutôt que de s'endetter tant et plus auprès des banques ou des marchés financiers.
    ► Impôt sur les grandes fortunes: Nous voulons accroître son rendement, non seulement en augmentant son barème, mais aussi en élargissant sa base; par exemple en faisant contribuer les fortunes professionnelles de façon modulée, selon que les entreprises concernées augmentent ou non l'emploi et la masse salariale, alors qu'aujourd'hui les équipements professionnels sont exonérés de l'ISF.
    ► Cotisations sociales patronales: Nous proposons de faire cotiser les revenus financiers des entreprises et des banques au même taux que les salaires.


    b) – On peut utiliser autrement l'argent des prélèvements obligatoires:
    ► Nous voulons un contrôle et une évaluation publics et sociaux de la dépense publique, au lieu d'un rationnement systématique avec la RGPP et la prétendue "règle d'or des finances publiques". Celle-ci ne vise qu' à faire entrer dans notre Constitution des principes pour dessaisir automatiquement les élus de la Nation de tout pouvoir de décision budgétaire et mieux conformer les dépenses de l'Etat, des collectivités territoriales et de la protection sociale aux normes des pactes de stabilité et de l'euro plus, aux injonctions de la BCE et des marchés financiers.
    ► Il faut en finir avec les baisses de cotisations sociales patronales au nom de la compétitivité (et de l'emploi qui en dépendrait). Nous voulons, pour accroître l'efficacité sociale des entreprises, non pas baisser les "charges sociales", comme le préconisent la droite et le PS, mais pérenniser un financement efficace de la protection sociale et baisser les charges financières des entreprises (intérêts payés sur les crédits).
    Pour cela, nous proposons:

- De réformer le calcul des cotisations sociales pour accroitre durablement leurs recettes: Leur taux serait modulé de façon à décourager la croissance financière, les politiques salariales régressives et à encourager la création d'emplois et de formations correctement rémunérés;

- De dédier à un Fonds national de sécurisation de l'emploi et de la formation les quelque 30 milliards d'euros d'argent public aujourd'hui utilisés à baisser les "charges sociales". Cet argent servirait à prendre d'autant plus en charge les intérêts payés aux banques par les entreprises sur leurs crédits pour l'investissement matériel et de recherche que celui ci programmerait plus d'emplois, de formations correctement rémunérés et de progrès écologiques.

- Décentralisé au niveau régional, ce Fonds national serait partie prenante d'un pôle bancaire et financier public à partir de la Caisse des dépôts, des autres institutions financières publiques ou semi-publiques et de banques re-nationalisées. Ce pôle aura pour mission de développer, sous contrôle social, un nouveau crédit pour l'investissement des entreprises dont le taux d’intérêt serait d'autant plus abaissé, jusqu'à devenir nul, voire négatif, que cet investissement programmerait plus d'emplois et de formations correctement rémunérés.

Tout cela permettra un vigoureux essor de la croissance des richesses réelles et, donc, des recettes publiques en impôts et cotisations, tandis que reculerait la spéculation en France.

c)- On peut faire appel à la création monétaire de la BCE:

C'est ce que font aujourd'hui la FED et la Banque d'Angleterre, à la différence de la BCE. Mais elles le font pour soutenir les dépenses d'armement, les cadeaux fiscaux aux riches, les profits financiers des banques et des groupes, les placements financiers,la spéculation...
La BCE a été contrainte de transgresser ses propres dogmes monétaristes, sous le poids de la crise. Désormais, elle rachète des titres de dette publique des États en difficulté, mais pas directement auprès d'eux sur le "marché primaire", ni pour aider au développement des dépenses de services publics et pour la croissance réelle.
Elle les achète sur le "marché secondaire", auprès des banques qui détiennent ces titres afin de continuer la course folle à l'endettement sur les marchés financiers...où les banques achètent les nouveaux titres de dette publique émis à taux d'intérêt élevés avec, notamment, l'argent que leur prête la BCE à 1%!
Il faut absolument que la création monétaire de la BCE serve à une vigoureuse relance des dépenses sociales et pour les services publiques.

  1. – Comment faire?


    a) – Des mesures immédiates pour le remboursement des dettes légitimes:
    Il est indispensable de commencer à frapper très durement les spéculateurs et mettre à contribution les institutions financières pour commencer à alléger celles de dettes publiques qui sont « légitimes ».
    La mise en place d'une taxe Tobin sur les transactions financières est plus nécessaire que jamais. En même temps, il faudrait mettre à contribution, par un prélèvement spécifique, les banques, les sociétés d'assurances, les OPCVM et tous les fonds spéculatifs, dans chaque pays et à l'échelle de l'Europe.
    Devraient être particulièrement pénalisés les opérateurs qui se sont assurés contre un risque de défaut grec (ou autre) dans un but essentiellement spéculatif. Il s'agirait, ce faisant, d'en finir avec les instruments financiers du type des « CDS » (Credit default swap).Les fonds publics ainsi collectés devront être affectés à une réduction de la dette publique grecque.
    En même temps qu'il faut refuser tout plan d'austérité en France et en Europe et, au contraire, augmenter les dépenses pour les services publics, il faut exiger que la création monétaire de la BCE soit sollicitée à cette fin.
    Ça suffit cette BCE qui n'a de compte à rendre à personne et qui se permet de détailler aux États en difficulté, par dessus les peuples et leurs élus, les mesures qu'ils doivent prendre!


    b) – L'enjeu majeur: créer un Fonds social et solidaire pour le développement européen:
    ► Ni "eurobligations", ni sortie de l'euro...
    Sortir de l'euro ferait redoubler les difficultés et la spéculation, exacerberait les rivalités entre Européens et, au total, consoliderait la domination mondiale du dollar, pourtant elle-même en crise très profonde. Surtout, cela reviendrait à se priver de la force d'une création monétaire commune à l'échelle européenne et, alors, à se contenter de conditions de financement qui serait très limitée, à l'heure de la mondialisation, par rapport à des pays-continent comme les États-Unis ou la Chine.
    Le bond en avant dans le fédéralisme européen, avec notamment l'émission d'euro-obligations, ne contribuerait qu'à éloigner encore plus les centres de pouvoir des salariés, des peuples et de leurs élus, pour les concentrer au service de la domination des marchés financiers.
    De plus, les euro-obligations interdiraient de conduire des politiques différenciées selon les besoins propres de chaque pays, de chaque région. Émises au nom de la zone euro prise comme un tout elles imposeraient, pour garder leur notation, aux pays les plus faibles en termes de productivité de s'aligner sur les normes des pays qui dominent, Allemagne en tête, et pousserait vers une politique budgétaire unique.
    Non, l'enjeu est bien celui de commencer à rompre, de façon cohérente et pas seulement en paroles, avec cette logique qui consiste à faire accumuler de nouvelle dettes, pour tenter de régler celles en cours, en empruntant toujours plus sur les marchés financiers.
    ► Utiliser l'euro et la BCE autrement:
    De partout on voit grandir les luttes sociales en Europe et dans le monde. Le développement récent des mouvement des "indignés" le confirme. Toutes ces luttes cherchent à tâtons les voies de constructions politiques qui permettraient enfin de s'émanciper de la dictature des marchés, de la course aux armements et de disposer des moyens financiers et des pouvoirs pour imposer des solutions conformes à leurs besoins sociaux et culturels de développement.
    Ces luttes ont besoin de converger vers de grandes exigences formant cohérence alternative face à la cohérence des "adorateurs du veau d'or".
    Il faut viser une autre utilisation de l'euro, de la création monétaire de la BCE, du crédit bancaire, des fonds publics nationaux et européens pour de nouvelles interventions de solidarité européenne des États. Mais cela, non pour renforcer la domination des banques et l'hégémonie d'un noyau autour de l'Allemagne (fédéralisme), mais pour un développement de progrès social et un rattrapage effectif des retards de productivité des pays en difficulté.

  2. Le PCF, dans le Front de gauche, et le Parti de la gauche européenne (PGE) proposent de construire un Fonds social et solidaire pour le développement européen.
    Seraient ainsi émis des titres nationaux de dette publique rachetés par la BCE à un taux d'intérêt nul dont les recettes alimenteraient ce nouveau Fonds. Celui-ci serait chargé de les répartir, démocratiquement, entre chaque pays, selon leurs besoins respectifs, dans le but, expressément, de développer leurs services publics et leur potentiel de croissance sociale nouvelle, en coopération, au lieu d'une création monétaire inflationniste.
    La dénonciation du pacte de stabilité, le rejet déterminé du pacte de l'euro +, marcheraient alors de paire avec le lancement d'un nouveau pacte pour une croissance sociale, écologique et solidaire européenne.
    Il s'agirait, inséparablement, de réorienter la politique monétaire de la BCE dont le contrôle devrait être assuré par les parlements européen et nationaux, au lieu de l'indépendance actuelle au service de la domination des marchés financiers.
    Le taux d'intérêt auquel elle assure le refinancement des banques ordinaires devrait être modulé: il devrait être d'autant plus abaissé, jusqu'à être nul, voire négatif, que les crédits que la BCE refinance servent à des investissement programmant plus de d'emplois et de formation correctement rémunérés. Ce taux d'intérêt serait, par contre, d'autant plus relevé que les crédits à refinancer serviraient à spéculer, délocaliser ou diminuer les masses salariales.
    c)- Une affaire mondiale et pas seulement européenne:
    Il faut en finir avec la dictature des agences de notation privées pour le compte des marchés financiers et la spéculation. Cela nécessite une profonde transformation du système monétaire international dans le cadre d'une nouvelle conférence mondiale qui serait au moins de la portée de celle de Bretton Woods de 1944.
    L' Europe peut jouer un rôle majeur dans ce sens, de concert avec sa propre transformation, à l'appui des luttes:
    - En se tournant vers les besoins énormes de développement du monde arabe en révolution et de l'Afrique sub-Sahara avec un nouveau plan de type Marshall sans domination;
    - En se rapprochant des pays émergents pour faire reculer le rôle du dollar et aller vers la création d'une monnaie commune mondiale de coopération, à partir des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI, comme l'envisagent désormais explicitement la Chine, la Russie, la CNUCED... et d'une refondation des institutions monétaires, financières et commerciales internationales. YVES DIMICOLI

 

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 06:00

Comment des révolutionnaires proclamés et M. Dominique Strauss-Kahn peuvent-ils simultanément invoquer Jean Jaurès ? Pourquoi continue-t-on de se demander si le tribun pacifiste qui harangua en 1913 les foules du Pré-Saint-Gervais contre la prolongation du service militaire aurait, un an plus tard, rejoint l’Union sacrée lors du déclenchement de la première guerre mondiale ? Peut-être le journaliste Jaurès, auteur prolifique (1312 articles dans La Dépêche de Toulouse, 2650 dans L’Humanité), a-t-il produit tellement de munitions que celles-ci ont pu ensuite alimenter toutes les artilleries intellectuelles. Le chef socialiste « n’a pas peur de se répéter », de frapper sur le même clou. Mais, dans une période aussi agitée que la sienne (1859-1914), on doit parfois modifier son appréciation des dangers et des priorités. La défense de la laïcité, par exemple, devient moins pressante quand l’Eglise « n’est plus capable de grands élans » et quand « l’argent menace plus que le cléricalisme ». Selon Charles Sylvestre, deux fils rouges équilibrent néanmoins chez Jaurès tous les changements de perspective et permettent, aujourd’hui encore, de distinguer les disciples des imposteurs : « Faire du sort réservé aux ouvriers la mesure en tout » ; « Qui ne pose pas la question de la propriété n’est pas socialiste ». Serge Halimi , Le Monde Diplomatique

 

 

  la passion du journalisme

 

 

Charles Silvestre, ancien journaliste et rédacteur en chef adjoint de l'Humanité, président de l'association des Amis de l'Humanité, sera invité par la section PCF de Morlaix le lundi 7 novembre à 20h, salle du Cheval Blanc à Plourin les Morlaix, pour y animer une conférence-débat sur "Jaurès journaliste". Cet homme passionné et truculent cherchera à retrouver les moments d'élaboration d'une pensée politique au fil des évènements qui interpellaient Jaurès chroniqueur de l'actualité (le boulangisme, le scandale de Panama, la répression des grandes grèves de mineurs, viticulteurs, fonctionnaires, l'affaire Dreyfus, les aventures coloniales...).

 
 

 

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 22:00

Réunion publique organisée par la section PCF de Morlaix le 4 juillet à Plourin les Morlaix.   

 

 I. Introduction par Daniel Ravasio:

 

Réforme territoriale: halte au massacre.

 

Le Préfet du Finistère a lancé une consultation sur le projet de schéma départemental de la coopération intercommunale concocté par ses services. Toutes les communes, les communautés de communes et d’agglomération, les syndicats intercommunaux vont devoir rapidement se prononcer (sans consultation de la population).  Cette consultation s’intègre dans la réforme des collectivités locales votée de justesse en décembre 2010.

 

Revenons donc pour entamer notre réunion, notre débat sur cette réforme.

Le gouvernement a pour objectif prioritaire de faire des coupes sombres dans les dépenses publiques jugées excessives, budgétivores, responsables de la dette publique … et j’en passe. Pour ce faire il a trouvé un outil terriblement efficace, tout en mettant au pas la démocratie locale : la réforme des collectivités territoriales. Le remodelage administratif et politique devrait prendre effet d’ici 2 à 3 ans. Que prévoit-elle ?

 

Suppression progressive de l’essentiel des communes et à terme de tous les départements transformés, avant leurs disparitions, en rouages captifs et dociles de l’État.

-Regroupement autoritaire en intercommunalité.

 -Transfert de compétences à la majorité simple.

Incitation financière illusoire pour la transformation des intercommunalités en « commune nouvelle ».

Financements croisés quasiment interdits (alors qu’ils représentent 5 % des dépenses globales).

Obligation pour les collectivités de financer leurs projets à 50 % sur leurs fonds propres.

-Compétence générale supprimée sauf pour les communes… qui n’auront plus les moyens de l’exercer.

 

-Constitution de féodalités avec des super-régions et métropoles.

 

Avec cette réforme le gouvernement prétend s’attaquer au « mille feuille » des institutions. En réalité elle se traduira par la création des super-territoires qui seront des monstres éloignés des citoyens, des « archipels » du profit financier !

 

Éloignement le plus possible des citoyens des lieux de décision.

 

-Création de conseillers territoriaux cumulant des pouvoirs rendant impossible leurs fonctions avec la proximité des citoyens et transformés en élus techniciens.

 

- 5660 conseillers généraux et régionaux seraient remplacés par 3471 conseillers territoriaux élus sans contraintes de parité (alors que lae scrutin de liste avec proportionnelle oblige et permet donc cette parité) et de non – cumul des mandats.

 

-Au nom d’un développement de la coopération intercommunale rationalisation (quel bon mot bien à la mode !) de la carte des syndicats intercommunaux par regroupement dans des structures plus larges (départementales voire régionales).

-Absence de moyens supplémentaires pour un exercice élargi de la citoyenneté.

 

Retour d’un État qui ne paye rien et commande tout. L’arbitraire est de retour avec le « Grand Paris », des préfets omnipotents, la « RGPP » qui réduit à peau de chagrin les services déconcentrés de l’État. Le monde associatif, sportif et culturel est en détresse financière.

 

Division par deux des agents de la fonction publique territoriale. Alors qu’ils sont les acteurs irremplaçables des services publics de proximité, alors que les collectivités sont des amortisseurs des désastres sociaux provoqués par la crise.

 

C’est un boulevard pour la privatisation des services publics, « leur externalisation ».

- C’est une catastrophe pour les personnels et les petites communes.

 

L'étranglement financier des collectivités locales est un coup de grâce qui sonne l’agonie financière de ces collectivités Comment : en supprimant la taxe professionnelle. Créée par Jacques Chirac, la taxe professionnelle, un impôt légitime qui responsabilise les entreprises, a été sommairement jugée « impôt imbécile » Au lieu de la moderniser, notamment par la taxation du capital financier, au lieu de s’assurer d’abord de la santé financière des comptes publics, elle est supprimée à la hussarde. Là aussi, les citoyens seront les principales victimes ! Que l’on juge sur pièces : la taxe professionnelle représente 50 % des ressources fiscales des communes. Les ménages contribuent pour les autres à 50 %. Avec la réforme, les recettes fiscales proviendront pour les 2/3 des ménages et seulement pour 1/3 des entreprises. On en rigole encore au MEDEF !

Une bonne réforme des institutions, c’est aller dans le sens du progrès:

 

- Plus de démocratie locale : Priorité à plus de pouvoirs aux citoyens et au vivre ensemble

- Plus de moyens pour satisfaire les droits humains et plus de justice sociale

-  Sortir de l’asphyxie financière par des moyens financiers solidaires et une fiscalité modernisée et progressive responsabilisant la sphère de l’économie et de la finance

-  Encourager les collectivités à promouvoir un nouveau mode de développement, une écologie populaire

-  Mettre au coeur des politiques locales les mutualisations, les partenariats, les coopérations, un aménagement du territoire fondé sur la solidarité, affirmant le besoin d’un développement harmonieux de la ruralité, complémentaire d’une construction urbaine, économe en ressources naturelles, imprimant un nouveau type de développement à tous les territoires

Plus de services publics par un plan de reconquête, de développement, d’amélioration et de financement, de création de services publics

 

C'est UNE LUTTE HISTORIQUE : Il ne faut pas laisser passer cette entreprise de démolition des richesses, des talents, des innovations et des sagesses de notre démocratie de proximité !

 

II. Explication du projet préfectoral et synthèse du document de schéma de coopération intercommunale (par François Plassart).

 

La loi du 16 décembre 2010 prévoit d'achever la carte communale des EPCI, de rationaliser la carte communale des EPCI, de supprimer et de transférer les compétences des syndicats inter-communaux (voirie, gestion des collèges, des centres de secours, des transports scolaires...). Le Finistère était plutôt en pointe sur le passage à un maillage de tout le territoire par des communautés de commune de plus de 5000 habitants. Aucune commune avait refusé son intégration à une communauté de commune à part Ouessant et Molène, îles qui ont des intérêts spécifiques: le Préfet les laisse décider souverainement de leur intégration ou non à une EPCI et accepte tacitement qu'elles gardent leur statut. De même, il fait des concessions pour avancer sur d'autres dossiers sur les 2 EPCI de moins de 5000 habitants du Finistère: Yeun Elez et communauté de communes des Monts d'Arrée. En revanche, le préfet exige la dissolution des syndicats locaux d'électrification, de gestion de la distribution de l'eau (avec une concession éventuellement qui consisterait à créer deux syndicats départementaux d'harmonisation de la gestion de l'eau dans le Finistère Nord et le Finistère Sud), et la départementalisation de ces compétences. D'ailleurs, la réforme territoriale avait été lancée avant l'heure, dès 2007, par le Préfet, pour ce qui est de la gestion de la compétence électricité.

 

III. Enjeux de cette application de la réforme territoriale aux communautés de commune (par Ismaël Dupont).

 

Quelles sont les principales critiques que l'on peut faire au contenu même de cette réforme?

 

C'est une remise en cause de la démocratie locale, de la décentralisation et de la spécificité française et républicaine d'un territoire maillé par 36000 communes dans lesquels des élus proches de leurs concitoyens cherchent à répondre au mieux à leurs besoins en intervenant auprès d'autres échelons de l'Etat.  

 

 

D'abord la méthode employée pour mettre en oeuvre rapidement cette réforme grâce à des pouvoirs exhorbitants confiés au Préfet pour vaincre les résistances au niveau des élus locaux dont on réduit considérablement les prérogatives et les marges de manoeuvre témoigne d'une forme d'autoritarisme jacobin en cohérence avec le contenu de cette réforme des collectivités territoriales qui revient en arrière par rapport aux réformes de décentralisation menées depuis le début des années 80.

Les collectivités deviennent de simples rouages de l'Etat: le préfet les transforme et réduit les compétences des communes en les consultant pour la forme mais sans leur reconnaître aucune forme de souveraineté pour décider de leur avenir. Les conseils communautaires et municipaux n'ont qu'un avis consultatif à émettre par rapport au schéma de coopération intercommunale remis par le préfet. Si pas ils n'émettent pas d'avis au bout de 2 mois jusqu'à la fin juillet, cela vaut pour accord... Exemple: pour le regroupement départemental des syndicats mixtes d'électrification, une seule réunion de la Commission Départementale de Coopération Intercommunale (CDCI) présidée par le préfet: compte rendu biaisé pour servir les intérêts de la réforme.

 

Cette réforme, c'est la casse d'une démocratie de proximité qui n'est pas achevée ni irréprochable dans son fonctionnement actuel, mais qui est moins en crise que la démocratie à l'échelon national, les citoyens faisant davantage confiance à leurs élus locaux, réputés plus abordables, plus dévoués à l'intérêt général. La droite veut manifestement éloigner la population des instances et des espaces de décision et déssaisir les élus locaux d'une partie de leurs missions.

S'y substitueront des super-élus techniciens ou managers ayant moins de compte à rendre directement à leurs concitoyens et aux décisions et actions moins connues du grand nombre, et plus sûrement encore des administrateurs de collectivités aux dimensions hypertrophiées et aux règles de fonctionnement toujours plus complexes et inaccessibles au profane.

 

Ces réformes des compétences des communes et communautés de commune ne s'accompagnent pas d'une véritable démocratisation de leur fonctionnement. Le projet de loi relatif à l'élection des conseillers territoriaux abaisse de 3500 hab à 500 hab le seuil de population des communes auxquelles est applicable le scrutin de liste pour les élections municipales. Il prévoit une fausse élection au suffrage universel direct des conseillers communautaires par un système de fléchage sur les listes communales. Nous aurions préféré deux élections séparées, avec des élus communautaires ne représentant plus leurs communes mais l'intérêt général de l'ensemble du pays sur lequel s'applique la gestion de la communauté de commune et élus sur un projet politique cohérent, connu, et partagé. Dans le projet de loi, il existe des objectifs acceptables pour limiter la sous-représentation et la sur-représentation des centres urbains dans les conseils des EPCI (Etablissements Publics de Coopération intercommunale): mais l'équilibre déliquat à trouver et les mesures avancées sont d'une efficacité douteuse.

Nous proposons nous une véritable transformation de la démocratie locale qui passe par des moyens financiers de fonctionnement restaurés pour la démocratie locale et les élus locaux (VS. Suppression de la taxe professionnelle- coût de 7 milliards d'euros pour les collectivités, 50% des recettes fiscales des communes- transferts de compétence non compensés), une valorisation du rôle et du travail des élus (statut plus protecteur, droit à la formation et à la reconversion...), l'instauration de la proportionnelle à toutes les élections (dans la réforme des collectivités territoriales, scrutin uninominal à un tour par circonscription -canton- pour 80% des élus territoriaux, les 20% restant se partagageant entre les candidats et les partis ayant fait les meilleurs scores derrière), la limitation du cumul des mandats (aller vers un mandat unique?) et le respect de la parité, le droit de vote et d'éligibilité pour tous les résidents étrangers. Nous voulons surtout instituer un partage des décisions entre élus et citoyens en systématisant le recours à la démocratie participative: ateliers et panels de citoyens tirés au sort ou volontaires, budgets participatifs, association à l'élaboration des décisions budgétaires.

 

On peut parler aussi d'une réforme territoriale néo-libérale qui remet en cause la qualité des services publics de proximité et offre un boulevard pour de nouvelles externalisation ou privatisation des missions d'intérêt général assurées jusqu'ici dans le cadre de la fonction publique.

 

On peut, pour rappeler les motivations de cette réforme des collectivités territoriales, en faire un petit historique. Objectifs de la RGPP: faire des économies d'argent public en rationalisant et optimisant les fonctionnements des services publics, des collectivités; en diminuant le nombre de fonctionnaires dans le but de désendetter, de diminuer les impôts, de transférer au privé supposé gérer de manière optimale certaines activités de service, et d'accroître la compétitivité de l'économie française.

Le total des dépenses des collectivités locales représente environ 200 milliards d'euros – 20% de la dépense publique- et a augmenté beaucoup plus fortement depuis 2000 que le budget de l'Etat et de la Sécurité sociale sous l'influence des transferts de compétence liées aux décentralisations Raffarin et à l'autonomie budgétaire relative et contrainte (car moins d'aides directes de l'Etat qui diminue lui même ses impôts directs et les impôts des entreprises) des collectivités locales. Depuis 2007, effectifs de la fonction publique territoriale augmentent de 5,2% là où les effectifs de la fonction publique d'Etat diminuent. Un des buts de la réforme des collectivités territoriales proposée par le comité Balladur en 2009 (et entérinée en novembre 2010 au Sénat par une courte majorité de 4 voix) est de réduire l'emploi public, la dépense publique, et le champ d'intervention du service public.

 

Avec les pertes de ressources pour les communes liées à la dissolution des syndicats mixtes locaux à compétence unique qui rapportaient des recettes telles que l'électrification et la gestion de la distribution de l'eau, comment vont-elles payer leurs agents?

 

La création dans le cadre de la réforme territoriale de grandes structures (EPCI, métropoles aux compétences élargies, sociétés publiques départementales de gestion de l'énergie) laisse à penser que les collectivités recouriront plus facilement sans doute à des externalisations d'activité confiées à des opérateurs privés, à des DSP... On peut certes négocier des contrats plus avantageux à un niveau supérieur d'organisation territoriale mais on est également sans doute plus en congruence avec les intérêts financiers, plus sensible à l'action des lobbies. Le futur des régies directes municipales et intercommunales de gestion de l'eau est très compromis et il est frappant que départementalise la gestion de la distribution qui rapporte de l'argent tandis que l'on garde au niveau des EPCI la gestion de l'assainissement qui coûte de l'argent.

 

En créant des EPCI et des syndicats de coopération départementale surdimensionnés, des usines à gaz, on risque de donner plus de champ à une technocratie moins efficace que les élus de proximité, ce qui pourra donner lieu à des décisions coûteuses et moins directement en phase avec les besoins sociaux, mais aussi à des dépenses de personnel plus fortes. De plus, des structures plus lourdes, s'exerçant sur un plus vaste territoritoire, ont tendance à coûter plus chères. Si on fait des économies dès lors, ce ne sera pas tant, comme l'a dit François Plassart lors d'une réunion de préparation, des économies de fonctionnement que des économies de non fonctionnement (délais d'intervention qui découragent la demande, besoins non satisfaits faute d'interlocuteurs disponibles et de réponse rapide...).

 

IV. Le débat.

 

Martine Carn fait remarquer que les communes ont 3 mois pour donner leur avis et que le principe « Qui ne dit mot consent ». Cette procédure accélérée n'est pas innocente: elle vise à empêcher les conseillers municipaux déjà débordés de prendre le recul de la réflexion et du débat sur ce texte. Une inquiétude forte sur la gestion de l'eau, assurée par un syndicat public à Plougonven et Plourin. Si cette distribution d'eau part dans une grande firme, les citoyens vont voir le coût de leur facture d'eau tripler ou quadrupler. Or, actuellement, les régies publiques de l'eau fonctionnent très bien. Comme pour les syndicats de l'électricité, dont les budgets additionnés au niveau du département équivalent au budget du Conseil Général, il semble que de gros prédateurs s'intéressent à ces marchés. Les élus sont remontés contre ce projet préfectoral qui passera de toute façon quoiqu'ils en pensent, d'autant qu'ils s'inquiètent sur la périnnité des recettes de leurs collectivités. Cette année, l'Etat a versé en dotation la même somme qui était prévue dans le cadre de la taxe professionnelle, mais qu'en sera t-il l'an prochain?

 

François Plassart fait remarquer que les communautés de commune vont être obligées de prendre des compétences des syndicats mixtes avec des charges supplémentaires: elles aussi vont sans doute être contraintes de réduire de moitié leur personnel.

 

Jean Luc Le Calvez rappelle que ce sont les élus communistes au Sénat qui ont pris la tête de la fronde contre la réforme des collectivités territoriales et qu'ils ont été écoutés au-delà de leur camp.

 

Daniel Ravasio rappelle pour exemple qu'à Saint Thegonnec, la gestion de l'eau est assurée par un syndicat intercommunal à cheval sur deux communautés de commune: qui va prendre en charge cette compétence?

 

Martine Carn rappelle que le citoyen n'aura plus dans quelques mois de référent au niveau de la commune quand il aura un souci. Le but est aussi de supprimer de multiples communes rurales ou de réduire leurs compétences à la plus simple expression: état civil, arbitrage pour prévenir les conflits de voisinage, ramassage des chiens et des chats crevés. Comment vont se débrouiller les communes qui ont investi dans des maisons médicales? Celles qui perdent leur bureau de poste?

 

Marie-Hélène Le Guen nous dit que tout ce tient: la reconversion forcée des employés de la fonction publique territoriale, la loi du licenciement des fonctionnaires en cas de refus de 3 propositions d'emplois, l'objectif de non remplacement d'un fonctionnaire sur deux. On face de nous: il y a des gens qui pensent et qui ont un agenda précis pour transformer le service public en champ de ruine sur lequel pourront se faire des affaires. Ils procèdent avec méthode, progressivement.

 

Alain David affirme que les choses se sont organisées de manière méthodique ces dernbières années, le but étant qu'aucun aspect de la vie de la société ne doit échapper aux organismes financiers. Aujourd'hui, 75% des investissements sont gérés par des collectivités locales qui ont aussi la compétence des services à la personne en pleine expansion à assurer. C'est une masse de pognon qui échappe pour l'instant, mais peut-être pas pour longtemps, aux intérêts financiers. Le processus de la réforme territoriale a débuté par la mise sous tutelle de toutes les collectivités locales liée à la suppression de la taxe professionnelle, qui leur enlève le pouvoir de gérer leurs propres recettes, désormais constituées essentiellement de dotations de l'Etat. Il y a eu de fortes oppositions chez les élus locaux, au Sénat et à l'Assemblée, quand la réforme des collectivités territoriales s'est mise en place mais ceux qui qui étaient bec et ongle contre ces textes sont-ils prêts à les remettre en cause quand ils seront au pouvoir. C'est moins sûr.

 

Ismaël Dupont rappelle qu'en effet cette réforme renforce les logiques de concurrence entre les territoires, que ne désapprouve pas les socialistes tout à leur obsession de la compétitivité dans le cadre de l'adaptation à la mondialisation libérale. De plus, elle renforce le bipartisme par le mode d'élection honteux et anti-démocratique des conseillers territoriaux (80% d'entre eux seront élus lors d'un scrutin uninominal à un tour qui renforcera mécaniquement l'UMP et le PS et les 20% de sièges de conseillers territoriaux restant à répartir à la proportionnelle iront encore à 50 ou 60% à l'UMP ou au PS, les autres partis et sensibilités politiques n'ayant qu'à récolter les restes). Il faut je pense subordonner des accords électoraux avec le PS à l'abrogation de la réforme territoriale et des institutions étouffantes de la Vème République, à l'acceptation de la proportionnelle aux élections.

 

Alain David: Ce qu'on cherche à gommer avec cette réforme, c'est la spécificité française du pluralisme politique et de la possibilité de l'alternative. Le bipartisme, c'est: on change de dirigeants mais on ne change pas de politique.

 

Martine Carn: La population n'a pas été mise au courant de cette réforme. Il n'y a pas d'information dans les journaux régionaux que lisent les gens, ou alors biaisée. Mais il est vrai qu'entre les gens victimes de la crise qui sont englués dans leur problème et auxquels personne ne prête attention et les autres, complètement déploitisés, qui ne songent qu'à agrandir leur terrasse ou s'acheter une voiture plus puissante que le voisin, c'est difficile de faire bouger les gens.

 

A la fin de la réunion, l'assemblée prend plusieurs décisions pour organiser la riposte contre cette réforme des collectivités territoriales, sensibiliser la population et les élus à ses enjeux: 1) conférence de presse avec les élus locaux communistes et sympathisants des pays de Morlaix, Saint Pol, Lanmeur 2) envoi d'une lettre d'explication et d'argumentaire aux élus de la région 3) diffusion d'un tract assorti peut-être d'une pétition pour alerter la population sur les risques de destruction des services publics de proximité liés à cette réforme.

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