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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 07:32

Plus de 50 personnes au Mille Club de la Madeleine le mardi 4 mars pour la réunion publique de la liste "Un bien vivre partagé à Morlaix" et une belle ambiance, fraternelle et conquérante.

François Plassart, Ismaël Dupont et Michèle Abramovicz ont introduit la réunion.

Nous avons dit nos très fortes réserves par rapport au projet d'ascenseur passerelle sur le Viaduc proposé par la Coopérative Citoyenne, projet chiffrable au bas mot à 8 millions d'euros et dont la plupart des Morlaisiens ne voient pas la nécessité. Projet qui à notre sens n'est nullement prioritaire par rapport à d'autres dépenses à prévoir: mise en accessibilité pour les handicapés et personnes en perte d'autonomie des bâtiments communaux, rénovation des écoles, lutte contre les inondations, navettes gratuites en centre-ville...

Nous avons redit notre engagement à ne pas augmenter les taux d'imposition tout en étant des élus au service des besoins de la population, prêts à résister à la politique libérale et d'austérité de l'Etat, qui prévoit 10 milliards de baisses de dotation aux collectivités ces prochaines années, pour financer les 50 milliards de cadeaux faits au patronat au nom de la "baisse du coût du travail".

Nous avons décliné notre projet pour redynamiser Morlaix, améliorer la qualité de vie des Morlaisiens et rendre la démocratie locale plus vivante.

Des questions ont été posées sur le transfert de la gestion du théâtre et de Langolvas à Morlaix Communauté (nous sommes pour), sur la nécessaire rénovation des immeubles Habitat 29 à Pors Ar Bayec que nous avons mis dans le débat public, sur les capacités d'auto-organisation et de mobilisation collective des locataires, sur la mise en oeuvre des rythmes scolaires à Morlaix, sur l'idée de Grand Morlaix, sur notre attitude au second tour... Autres interventions et questions: sur un service municipal des pompes funèbres (nous le proposons), sur le retour en régie publique du stationnement payant (nous le préparons, avec une réduction de la surface du stationnement payant), sur la délivrance gratuite de certificats d'hérédité par le maire après décès (plutôt que celui-ci délègue cet acte à des notaires, comme Agnès Le Brun, avec en prime un coût de 300€ pour le citoyen).

 

Photos de Jean-Luc Le Calvez 

Mille club 2

 

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Mille Club 3

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 07:26

Municipales de mars 2014

Réunion Publique

Mardi 4 mars à 20h au Mille Club de la Madeleine 

 

Les candidats de la liste "Un bien vivre partagé à Morlaix", liste de rassemblement présentée par le Front de Gauche et soutenue par le NPA, conduite par Ismaël Dupont et Michèle Abramovicz, invitent les habitants de la Madeleine, Kerfraval, Coat Congar, à venir échanger sur le Morlaix solidaire et dynamique que nous voulons contribuer à construire avec les citoyens dans les 6 années à venir, ainsi que sur les problématiques des quartiers: logement, voirie, transports, animations, accès aux services...  

François Plassart, Ismaël Dupont, Michèle Abramovicz introduiront la réunion pendant une trentaine de minutes et ensuite la parole sera aux habitants pour poser leurs questions, faire part de leurs attentes et de leurs besoins. 

Venez nombreux! 

Une petite collation sera offerte en fin de réunion. 

 

Un bien vivre partagé à Morlaix - photo de Groupe

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 18:21

La liste de rassemblement initiée par le Front de Gauche "Un bien vivre partagé à Morlaix" organise une

Réunion Publique en vue des Municipales dans le quartier de la Gare et de St Augustin

Le MERCREDI 26 FEVRIER 

à 20h au Foyer Jean Moulin (33, rue Jean Moulin)

 à la perpendiculaire de la rue du Roscoat qui remonte vers St Martin à partir de la rampe St Augustin)  

 

Ismaël Dupont et Michèle Abramovicz feront l'introduction de la réunion, de manière suffisamment concise pour permettre à tous les habitants présents de s'exprimer et de poser leurs questions sur des problématiques de quartier et sur l'avenir de Morlaix. 

 

Venez nombreux! 

Un bien vivre partagé à Morlaix - photo de Groupe 

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 16:46

 

AVT Louis-Aragon 399

 

La Maison de la Poésie du Pays de Quimperlé,

Les Amis de la Sardine Rient,

avec la complicité de la librairie Penn da Benn

 

vous proposent de

 

(re) découvrir Louis Aragon

à l'occasion d'une soirée d'échange et de débat avec

 

Pierre Juquin

auteur d'une récente biographie de l'écrivain « Aragon, un destin français »

publiée aux éditions de la Martinière.

 

Bernard Vasseur,

directeur de la Maison Elsa Triolet-Aragon

 

le vendredi 21 février 2014 de 19h30 à 21 h30

salle Anne Follézou

Port de Brigneau Moëlan sur Mer

 

 

entrée libre...mais on pourra participer aux frais d'organisation de la soirée !

 

 

Les Amis de la Sardine Rient Port de Brigneau 29350 Moëlan sur mer

lesamisdelasardinerient@orange.fr

renseignements/réservations :06 74 44 04 90./02 98 71 12 36

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 08:58

Réunions municipales à Morlaix: 

 

Mercredi 26 février à 20h:  Foyer Jean Moulin (quartier de la gare)

Mardi 4 mars  à 20h: salle du Mille-Club (quartier de la Madeleine)

Jeudi 6 mars à 20h: école du Poan Ben (quartier des Jacobins)

 

Lundi 10 mars à 19h30 : AG du Front de Gauche Pays de Morlaix (ancien lycée de Kernéguès)

 

Mercredi 12 mars à 20h: salle Zoé Puyo (quartier de la Vierge Noire)

Jeudi 13 mars à 20h: salle de Troudousten (quartier Troudousten-Coatserho)

Lundi 17 mars à 20h: Ploujean

Jeudi 20 mars à 20h: salle des mariages de la Mairie    

 

Un-bien-vivre-partage-a-Morlaix---photo-de-Groupe.JPG


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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 19:31
Pour sa deuxième édition des mercredis du Marxisme le MJCF 29 vous invite à venir profiter de la réunion débat ayant pour sujet "Le Matérialisme Dialectique".

Mercredi 05 février 18h au Local pu PCF Brest rue André Berger.

En espérant vous y retrouver.

Fraternellement 
 
Thomas pour la JC 29
photo Marx 1868
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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 19:39

Le lundi 13 janvier, le Front de Gauche du pays de Morlaix invite ses adhérents et toute personne intéressée à participer à son Assemblée Générale de rentrée qui aura lieu à l'ancien lycée de Kernéguès à partir de 19h30. Au menu: débats sur la situation politique nationale, actualité du Front de Gauche en pays de Morlaix, point sur les municipales et les actions à venir.

 

front de Gauche Morlaix

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 20:47
La section de la Ligue de  Droits de l'Homme des pays de Morlaix
vous invite à réserver votre soirée du 29 novembre
20h30 à Ti an Oll à Plourin-les-Morlaix
 
pour une conférence-débat animée par Vincent Rebérioux, vice-président de la LDH,
sur le thême du droit de vote des résidents étrangers
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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 16:36

Première introduction au débat  par Ismaël Dupont

Face à la crise sociale en Europe, en France et en Bretagne, quelles réponses politiques ?

 

La crise...

Faut-il parler de crise quand depuis la fin des années 1970, ce terme de « crise » sert à bâtir de la résignation et du renoncement face au recul des droits sociaux, au chômage, et à transformer une évolution du rapport de force entre le capital et le travail, liée à une mondialisation libérale qui est l'effet de choix politiques et économiques, en réalité naturelle fatale contre laquelle on ne pourrait rien mais qui nécessiterait toujours plus d'adaptations, c'est à dire de régressions sociales ?

La crise fait baisser les yeux, fait baisser la tête, décourage la revendication, la lutte sociale... Elle transforme les lions indomptables en moutons apeurés et désorientés...  

On peut penser à l'émission d'inspiration reaganienne de Montand et Tapie, intitulée cyniquement « Vive la crise », qui cherchait à faire accepter des remises en cause du droit social et de l’État-providence au nom du dynamisme économique et de la défense des créateurs de richesse de la libre entreprise.

Si nous sommes au cœur d'une crise, ce n'est pas une crise de la production mais une crise du partage des richesses, au sens la société devient de plus en plus inégalitaire et violente pour les individus et les familles: les souffrances et les privations des plus modestes augmentent, le pouvoir d'achat et les conditions de vie du grand nombre régressent en France et Europe, où les jeunes peinent à avoir du travail, à avoir des contrats en rapport avec leurs qualifications, où le chômage touche de un sixième à un cinquième de la population active.  

S'il y a crise et crise grave...

C'est aussi au sens où notre mode de vie collectif et notre mode de développement économique ne garantissent pas une pérennité de la nature, de notre environnement, et dégradent avec une gravité croissante la qualité des conditions de vie des hommes sur terre, avec le pillage et la raréfaction des ressources naturelles périssables, la pollution, le réchauffement climatique, les catastrophes causées par notre hubris et par les logiques d'ostentation, de consommation excessive et de libre-échange portées par le capitalisme.

C'est enfin au sens où beaucoup de gens autour de nous ont le sentiment de ne plus avoir grand chose à attendre du politique ou de l'action collective (syndicale ou autre) : du fait des renoncements et du sentiment d'impuissance et d'absence de crédibilité donné par les pouvoirs politiques démocratiques, à cause de décennies de défaites sociales, des logiques de division et de ressentiment portées par l'isolement et les nouvelles formes de domination au travail, par la concurrence, les souffrances sociales, le discours des mass médiasau service du capital qui passe leur temps à détourner la colère des gens vers des boucs-émissaires (immigrés, Roms, fonctionnaires, assistés, chômeurs, minorités...) plutôt que vers les vrais responsables et profiteurs d'un système qui les aliène. La progression des idées xénophobes et intolérantes de la droite et de l'extrême-droite est à la fois un effet et un levier de la prise de pouvoir du Capital.

Cette crise protéiforme (économique, sociale, politique, culturelle, environnementale) est donc moins une crise conjoncturelle, un événement soudain, pathologique, et imprévisible, qu'une évolution dramatique, dévastatrice, mais néanmoins normale d'un système capitaliste de plus en plus pur, dominateur, mondialisé et financiarisé, dont les logiques prennent l'ascendant dans tous les secteurs de la vie économique, sociale, politique, culturelle.

Le capitalisme met les sociétés en crise mais n'est pas en crise  lui-même: il prospère plus que jamais à sa manière naturelle, violente et instable, en absorbant ses marges (les économies et les ressources des états les moins développés aux pouvoirs corrompus, les ressources naturelles, le vivant, la culture, la communication, les systèmes de protection sociale solidaire...) .

Il les met en crise... en produisant la destruction des emplois, des droits sociaux obtenus de haute lutte par les travailleurs (ses 60 dernières années) , en remplaçant partout des logiques de solidarité et de communauté par des logiques de concurrence et d'individualisme, en réduisant à presque rien la souveraineté des citoyens, bafouée quotidiennement par des hommes politiques et des institutions technocratiques internationales aux ordres de la finance et de la bourgeoisie.

En 2008 pourtant, l'éclatement spectaculaire de la bulle de l'économie spéculative (immobilière et assurancielle notamment) aux Etats-Unis et en Europe ont provoqué, le temps d'un gigantesque hold-up au cours desquels les Etats ont dévalisé les contribuables pour venir en aide aux banques et aux institutions financières, une prise de conscience et un espoir : on allait enfin réduire l'emprise des logiques spéculatives sur l'économie réelle, mettre les banques et la finance au pas, réguler le marché mondial, les mouvements de capitaux, réintroduire la souveraineté du politique sur l'économie... 

Que nenni ? Ce fut un rideau de fumée. Six mois plus tard, les économistes mondains, d'argent et de pouvoir, comme Jacques Attali, reniaient leur reniement de Saint Pierre: ce n'était plus à cause de l'ultra-capitalisme, de la toute-puissance de la finance et des choix politiques libéraux qu'on était en crise, mais à cause de la dette et du manque de compétitivité, eux-mêmes créés par la trop grande « générosité » de notre système social et de nos salaires et protections collectives.

La dette, qui a été multipliée par deux en France à cause des conséquences récessives de la crise financière, qui est structurellement liée aux politiques d'allègement d'impôts pour les riches et les entreprises, et à la nécessité pour l'Etat d'emprunter auprès des banques privées, est devenue une arme de propagande brandie contre la défense et l'amélioration des services publics et des droits sociaux, et pour faire accepter le recul des solidarités.

 

En France, la population s'est tout de même rendu compte, comme elle l'a montré notamment en 2010 à l'occasion de la réforme des retraites, qu'il y avait maldonne, qu'on tentait de lui faire prendre des vessies pour des lanternes.

Grâce au Front de Gauche, la campagne présidentielle de 2012 s'est joué essentiellement sur le thème de l'égalité, de la justice sociale, de la lutte contre la toute-puissance de la finance et les dérives oligarchiques.

Même si nous savons que notre projet dans cette élection était le seul susceptible d'ouvrir un espoir de sortie de la crise sociale et européenne actuelle, nous avons pu percevoir en même temps, que même si nos idées et analyses étaient en résonance avec les préoccupations et l'expérience des citoyens, il nous reste beaucoup de chemin à faire pour convaincre qu'on était en capacité, nous, de faire bouger les choses dans le bon sens.

Les gens ont choisi en préférant Hollande et le PS à Mélenchon et le Front de gauche le moindre mal contre la plus haute espérance. Ils avaient aussi des doutes sur la faisabilité de nos (re)conquêtes sociales et politiques au vu des contraintes institutionnelles européennes, et surtout des contraintes économiques internationales liées à la mondialisation.

Le système est mauvais et on en souffre, chacun s'en accorde, mais peut-on réellement en changer ou le changer ? Là, les gens sont davantage dans le doute. En même temps, le sens de la résistance sociale s'est perdu chez beaucoup, du fait des nouveaux modes d'organisation du travail.

Car pour la population, force est de reconnaître qu'il y a peu de contre-modèles, plus de système alternatif aux contours clairs proposé par l'histoire ou une théorie mobilisant les masses. 

Un an et demi après l'élection présidentielle on a le sentiment de n'avoir pas progressé d'un poil, pire d'avoir régressé.

Car le gouvernement socialiste, loin d'offrir des perspectives de progrès social et de mettre en mouvement la population pour conquérir des droits, mène une politique néo-libérale de soumission à la doxa capitaliste de Bruxelles et au service du monde de l'entreprise et de la finance. Cette politique jette des millions d'électeurs dans la désespérance, le dégoût de la politique, et aussi dans les bras du Front National.

En même temps, l'échec des sociaux-démocrates était attendu du côté du Front de Gauche: on savait beaucoup de responsables socialistes très proches du monde de l'argent, convertis au social-libéralisme, et, sans remise en cause globale des logiques du système, sans tentative pour installer un autre rapport de force vis à vis des pouvoirs financiers à base de mobilisation populaire, de rupture avec les traités libéraux de l'UE, de rétablissement de l'égalité par la loi et l'impôt, la gauche d'accommodement se condamne à l'impuissance et à la défaite. Dans ce monde du capitalisme mondialisé, la social-démocratie est un projet dépassé : il n'y a plus vraiment de moyen terme entre une politique pro-capitaliste et une politique de rupture et d'affrontement avec les logiques du capitalisme.  

On en est là ! La droite et l'extrême-droite s'offrent même le luxe de reprendre à leur compte la rhétorique et les symboles de la révolution ou de l'insurrection populaire pour défendre les patrons, le droit de polluer librement, une conception de la famille et de la société réactionnaire. 

Cela nous donne une transition toute trouvée avec les luttes sociales en Bretagne autour des fermetures d'activités et des suppressions de postes qui se succèdent dramatiquement dans l'agro-alimentaire.

Depuis plusieurs mois, les salariés de l'agro-alimentaire qui font face à la destruction programmée de leurs emplois, se battent courageusement pour garder l'activité, convaincre de sa pérennité possible, en travaillant avec les politiques de tous bords, les paysans, les patrons, mais aussi en affrontant clairement leurs employeurs ingrats qui les sacrifient sans état d'âme après les avoir exploité pendant des années pour tirer la plus-value.

L'urgence est à la sécurisation de ces emplois en Bretagne. Le gouvernement doit s'engager plus qu'il ne le fait. Il ne doit pas céder devant les forces de marché, alimenter le laisser-faire, livrer l'agriculture et l'agro-alimentaire breton à la concurrence très faussée au niveau mondial.

 

En même temps, il y a devant nous le vaste chantier de la réorientation du modèle agricole et agro-alimentaire breton, pour produire une alimentation de qualité pour tous, destinée prioritairement au marché national, s'affranchissant des logiques ultra-productivistes tout en continuant à créer de l'emploi.

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 16:45

Paul Ariès*

au Roudour de Saint Martin des Champs, à l'invitation d'Attac, de l'ADESS, du CPIE, du RESAM

en ouverture du FER, FORUM DE L'ECONOMIE RESPONSABLE le jeudi 17 octobre 2013:

 

paul_aries2.jpg

 

* Théoricien de la décroissance, fondateur du Sarkophage, soutien de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche aux élections présidentielles de 2012.

 

" La Bretagne peut être le laboratoire des transitions économiques, sociales, écologiques pour sortir par le haut de cette crise du modèle agro-alimentaire.

J'ai travaillé par le passé dans le centre Europe-Tiers Monde cherchant à imposer l'idée qu'il n'y a pas deux mondes -un monde développé au nord et un monde sous-développé au sud - mais un seul monde, mal développé. Pendant 12 ans, j'ai été membre de la commission inter-ministérielle des sectes. J'ai considéré les sectes comme un miroir grossissant de ce qui ne va pas dans le monde, tout comme la malbouffe, les nouveaux modes de management, que j'ai aussi étudié.

 

J'ai une mauvaise nouvelle et une bonne nouvelle à vous annoncer: la mauvaise nouvelle, c'est que nous traversons bien une crise systémique: économique, sociale, du politique, environnementale. Notre société a totalement sombré dans l'hubris, la demesure. Réchauffement climatique, inégalité des ressources, explosion obsène des inégalités sociales, tout cela est dû au fantasme de toute-puissance, à la recherche l'illimité nourris par le système capitaliste: ce n'est qu'en faisant prévaloir la culture qu'on peut se protéger contre cela.

La crise sociale atteint le développement des classes moyennes, nées de l'avènement de la société de consommation. La casse des cultures rurales traditionnelles a été un effet de la modernisation. On a transformé les cultures populaires en sous-produit de la culture dominante: à des cultures différenciées et porteuses de lien collectif s'est substitué une culture de masse, avec des variantes de classe. Le phénomène majeur aujourd'hui, c'est celui de la dé-moyennisation de la société, de la fin programmée des classes moyennes. Le bac +5 à moins de 1000€, ce n'est pas qu'un phénomène conjoncturel.

L'autre grande crise est la crise écologique: la possibilité même de poursuivre l'aventure humaine dans de bonnes conditions se trouve posée. Si on transforme toutes nos activités en équivalent carbone, force est de constater qu'on consomme comme ressource et produit comme déchets et pollutions le double de ce que la terre peut supporter. C'est dire l'urgence du changement à initier et son ampleur. La solution, ce ne peut être simplement de "faire la même chose en moins". La prise en compte sérieuse de cette crise environnementale rejoint la question sociale et la volonté de lutter contre les inégalités.

Aujourd'hui, 20% des humains s'approprient 86% du gâteau planétaire. Le gâteau planétaire peut-il croître démesurément, indéfiniment? Non. Donc il faut partager et il faut que dans les pays riches, on vive plus sobrement. Pour absorber les standards de vie d'un Européen, il faudrait trois planètes Terre. Et pour absorber ceux d'un Américain du Nord, il en faudrait sept. Il y a assurément d'autres façons de satisfaire l'humanité qui les recettes qui nous ont conduit dans le mur.

A l'échelle européenne, partout les extrême-droites font entre 15 et 20%, c'est une autre dimension extrêmement inquiétante de la crise multiforme que nous vivons. C'est lié à l'absence actuelle de grand projet, qui fédère et donne envie, qui porte vers le haut.

Le "capitalisme vert", c'est la volonté d'adapter la planète au besoin du toujours plus. Tout sera tenté plutôt que de remettre en cause les logiques de rentabilité par l'exploitation sans retenue des ressources et l'idéologie dominante. Si on regarde les champs de recherche les plus financés aujourd'hui, on a: filtrer la lumière solaire, piéger et stocker des puits de carbone... Derrière, il y a l'idée que la science aura réponse à tout: qu'on peut continuer à développer l'économie dans la même logique productiviste et ultra-capitaliste: la science saura réparer les dégâts causés par ce modèle, trouver des alternatives. Cette idée est folle car elle nourrit une fuite en avant perpétuelle.

Dans la même veine, on a le "transhumanisme" promu par des gens tels que Alain Madelin, l'introducteur de l'ultra-libéralisme en France, ou Jacques Attali, le conseiller des présidents quelqu'ils soient. Les promotteurs du "trans-humanisme" envisagent une modification de l'homme pour le rendre plus performant, adapté aux logiques de l'économie et du système. On est dans le "fantasme de passer à l'humain augmenté" (Jacques Testart), par exemple en agissant sur le cerveau par des voies chimiques. "Sous quelle échéance est-ce possible?" est une question moins importante quelque part que cette autre "Est-ce ce monde que nous voulons léguer à nos enfants et petits enfants?".

L'ONU calcule qu'il faudrait 40 milliards de dollars supplémentaires par an pour régler en 25 ans le problème de la faim dans le monde et 80 milliards par an pour régler le problème de la pauvreté. A titre de comparaison, le marché publicitaire mondial, c'est 800 milliards de dollars par an, le gaspillage alimentaire aux Etats-Unis, 100 milliards de dollars par an. Le marché de l'armement, plus des milliards de dollars par an... Il faut qu'on se pose la question: qu'est-ce qu'on produit? Pourquoi? Pour qui? On choisit de produire ce qui remplit les tiroirs caisse, et non plus les ventres. C'est ça le problème. Il faut clairement plus de justice sociale, plus de justice climatique et économique.

 

Une bonne nouvelle, c'est que dans les pays du Sud s'inventent des alternatives. La recherche d'une "vie équilibrée", du "buen vivir", l'anti extractivisme en Amérique Latine (Equateur, Bolivie, Uruguay). Clairement, pour ces responsables politiques et syndicaux de la gauche de transformation, la solution n'est plus dans la logique productiviste, capitaliste.

Au Brésil, le questionnement sur le pillage des ressources naturelles (en l'occurence en eau) est venue des paysans les plus pauvres, des paysans sans terre qui s'opposaient à la multiplication des barrages électriques non pas parce qu'ils étaient contre l'énergie hydrolique mais parce qu'ils avaient besoin de terre et d'eau pour celles-ci et qu'ils posaient la question de savoir à qui profite l'énergie. L'énergie pour qui? Pour faire quoi? Pour ceux qui ont besoin de toujours plus: les riches. C'est aussi en Amérique Latine, dans ces théories politiques de gauche et écologiques portées par les classes populaires que l'on peut faire pièce à l'idée que l'écologie serait bonne pour les gens qui ont les moyens, un truc de bobos, un supplément d'âme qu'il faut mettre au placard devant les dures réalités de la crise. Cela nous donne une inspiration pour lutter contre les grands projets inutiles et imposés comme Notre-Dame des Landes.

La défense de la Terre Mère, le "Pachamamisme" des Indiens, loin d'être une mystique new-age, est aussi en prise avec les enjeux de notre temps. Aujourd'hui, ce système capitaliste et productiviste soumet la nature aux lois de l'économie. A l'inverse, il faut soumettre l'économie aux lois du vivant.

En Inde aussi, on observe une écologie des pauvres, portée par les basses castes, les femmes, notamment à travers la notion d'hydro-pirates qui a servi contre des usines de fermeture de bouteille de Coca-Cola qui utilisaient et polluaient des millions d'hectolitres d'eau potable.

En Afrique, on trouve une sorte d'équivalent à la sobriété heureuse du "buen vivir" sud-américain dans la philosophie négro-africaine du "plus vivre". Le "bien vivre", ce n'est pas le bien être au sens de la société d'hyperconsommation. C'est le fait de revoir nos rapports aux autres, au temps, à la nature, en se concentrant sur l'être, et sur l'être en relation, plus que sur l'avoir.

Ces exemples montrent qu'il y a une capacité à mobiliser largement sur des thèmes écologiques en condition d'avoir une approche positive et populaire.

Justement, cela suppose de changer notre regard sur la pauvreté. Souvent, elle est définie en termes négatifs: manque de pouvoir d'achat, d'éducation, de participation politique. La positivité potentielle des modes de vie populaires, de la culture rurale traditionnelle est occultée. Moi, je suis pour qu'on rende visible l'invisible, qu'on prenne conscience des multitudes d'alternatives qui existent, y compris en prenant appui sur des modes de vie populaires traditionnels. Il y a des alternatives en souffrance qui ne demandent qu'à faire école, une société post-capitaliste et post-productiviste en souffrance.

 

On ne changera pas les choses en culpabilisant, en appelant à la responsabilité, mais en donnant envie. 

 

Ce qui me chagrine, c'est que la gauche a choisi de casser le mouvement coopératif, le syndicalisme multi-carte, le socialisme ou le communisme municipal, qui étaient de vraies voies d'émancipation fondée sur la participation. On doit pouvoir reconstruire des voies semblables.

Il faut multiplier les pas de côté, l'un après l'autre, mais jusqu'à l'extase. Il y a une nécessité d'inverser les logiques dominantes.

 

Le capitalisme, c'est trois choses:

- l'exploitation du travail: à ce titre, on oublie souvent que le mode de vie actuel de l'occident est aussi tributaire de siècles d'esclavagisme, de colonialisme et de néo-colonialisme.

- le pillage de la nature.

C'est, c'est la définition couramment retenue à gauche et dans le marxisme.

Ce qu'on met moins en avant, c'est la troisième dimension: celle de l'aliénation de l'individu transformé pour satisfaire les logiques du système (production/ consommation). En 1963, Benoît Frachon, le secrétaire national de la CGT, disait: si nous acceptons la civilisation de la voiture, nous aurons le mode de vie des Américains. On est en plein dans la confirmation de sa prophétie mais aujourd'hui, on aurait plus de peine à trouver un syndicaliste pour remettre en cause le progrès technique, la consommation de nouveaux biens d'agrément matériels par une augmentation du pouvoir d'achat. Qu'est-ce qui fait que le capitalisme peut modéler l'individu selon ses besoins de rentabilité en producteur/consommateur compulsif? C'est qu'il donne des réponses pratiques à nos angoisses existentielles, à la peur de mourir, à la finitude, en nous proposant des divertissements, au sens pascalien. Le capitalisme, c'est un fait, il nous fait jouir. Mais ce n'est qu'une jouissance d'accumulation, de possession et il est nécessaire d'inventer d'autres dissolvants d'angoisse existentielle que ceux du "toujours plus".

 

Quelles réponses politiques peut-on développer face aux défis qu'on a mentionnés?   

 

1° la défense et l'affrondissement des services publics, des biens communs, qui sont la richesse des pauvres.

2° la recherche et l'extension de la gratuité, politiquement construite. Gratuité de l'eau vitale, des abonnements services publics (bibliothèque), de la restauration scolaire, des transports en commun urbains, des services funéraires. J'aime bien cette idée de remettre la mort au centre de la vie, d'en refaire un objet politique: non pas pour être morbide, mais pour être jouisseurs. Soyons au moins égaux devant la mort. Attention: il y a des gratuités d'accompagnement du système, celles, plus ou moins stigmatisantes, liés à des situations sociales reconnues comme précaires, et des gratuités d'émancipation: la santé, l'éducation vont parti de ces biens largement reconnus comme devant faire l'objet d'une gratuité financée par l'impôt. Pourquoi pas le transport en commun, l'alimentation? Une étude a montré qu'il faudrait 60 millions d'euros pour rendre gratuit l'accès à une alimentation saine pour tous les Français: cela ne représente que quatre fois le budget de l'armée. Il faut que nous mettions au coeur de notre réflexion cette question de la gratuité.

3° relocalisation de nos activités, développement des circuits courts. La restauration sociale (restaurants scolaires, de services publics, d'entreprise) peut être un levier pour transformer l'alimentation et l'agriculture. On peut nourrir 9, 10, 11, 12 milliards d'humains, mais pas avec l'agriculture locale. Les monnaies locales (comme le Grignero à Grigny) peuvent servir à développer les circuits courts, par exemple en reversant une partie des aides sociales sous cette forme. 

4° Il faut promouvoir une économie sociale et solidaire de rupture avec les logiques dominantes. En Martinique, où j'étais ces dernières semaines, comme ailleurs, la solution, c'est de développer l'autonomie alimentaire, économique, la pharmacopée locale. L'économie sociale et solidaire doit être le principal levier de l'économie. Cela serait mieux que Montebourg en stakhanoviste de la relance économique.

 

Gratuité, relocalisation, valorisation de l'économie coopérative, voilà des solutions. Il faut réaffirmer le droit au beau. Le monde capitaliste ne fait plus société. Etre forçat du travail et de la consommation: quel sens cela peut-il avoir?

J'ai participé avec Emmaüs à un forum mondial de la pauvreté auquel ont participé 20000 personnes. Nous avons réfléchi à ce que peuvent nous apprendre les pauvres. En convenant que bien souvent, il faut faire le deuil de la réinsertion possible dans le système ordinaire, qui n'est pas si humain, normal et idéal que cela. Peut-être qu'on a aussi à apprendre de leur mode d'être au monde. Avec eux, il faut multiplier les pas de côtés: comme construire un éco-village où le beau est présent.

 

Enfin, ce qui est important, c'est de ne pas reproduire les modes de fonctionnement de la société que l'on combat dans nos organisations. Il nous faut une politique fraternelle, une politique de l'amitié, une manière populaire et vivante de faire de la politique".

 

Déclarations lors des questions/ réponses         

           

"La notion d'économie sociale et solidaire est parfois un mot poison, dont la valorisation spontanée recouvre des réalités différentes et dont les acteurs peuvent être digérés par les logiques dominantes. Il faut un renouveau de l'idée coopérative, de production, de consommation, d'habitation. L'idée c'est aussi de changer la finalité du travail, de faire des choses socialement utiles. Plus de 60% des Français disent ne pas aimer ce qu'ils font au travail. C'est grave. Ils ne comprennent pas l'utilité de leur travail. Au "Forum mondial de la désobéissance" que nous organisons à Grigny dans le Rhône le 26 octobre, nous avons invité des postiers désobéisseurs qui refusent d'être transformés en VRP de l'entreprise Poste. Dans un service public, une coopérative, la question du pouvoir dans l'entreprise se pose differemment. Il faut en finir avec l'idéologie managériale, y compris dans les collectivités".

 

" Il faut rompre avec l'idéologie consumériste, penser une économie du bonheur se soustrayant à la dictature des normes comptables et économiques".

 

" Il faut un revenu minimum garanti pour tous même sans emploi, un revenu minimum inconditionnel, et un revenu maximum autorisé. Nous devons aussi reprendre le combat historique pour la baisse du temps de travail et ne pas transiger sur le droit à la retraite à 60 ans. Rappelons nous qu'il y a quelques temps les organisations syndicales réclamaient la retraite à 55 ans. Si le temps de travail était porté à 30h par semaine, il pourrait y avoir une réduction significative du chômage".

 

"Il ne faut pas opposer les formes de résistance au système dominant. Il y a plusieurs manières d'être acteur du changement: 1) faire le choix de la simplicité volontaire. Avoir ici et maintenant un mode de vie qui se conforme à nos valeurs plutôt que de prévoir changer nos modes de vie à l'issue du grand soir. Tout ce qu'on peut faire tout de suite, il faut le faire. On se sent acteur de cette société qui a des facettes belles et d'autres plus noires: en tant que consommateur, on se sent également citoyen. On se remet en question, en cause personnellement. On cherche à avoir une attitude exemplaire par rapport à ses valeurs. 2) il serait insuffisant et dangereux de se limiter à la simplicité volontaire. A quoi cela servirait d'être un certain nombre à se faire plaisir. Il ne faut pas jouer les "cathares", les "purs": cela fait fuir autour de soi et dessert nos idées comme notre joie. Par contre, il y a tout un travail collectif à faire dans les SEL, les AMAP, les pédagogies alternatives, autour de l'idée de coopérative. Le futur s'invente dans les marges, les franges. 3) le système peut parvenir à digérer des comportements alternatifs, c'est le cas par exemple pour la culture biologique. Le bio qui se développe aujourd'hui, c'est la bio-industrie. C'est pourquoi nous avons besoin d'engagement politique collectif, de construire un nouveau projet politique, orienté par exemple sur l'idée de "bien vivre", de "buen vivir". Quels nouveaux jours heureux? Quel bien vivre à la française? Ces problématiques, on les retrouve jusque dans les congrès de la fédération national des centres sociaux. Oui, on peut recommencer à espérer: ce qui fait l'efficacité d'un rateau, c'est d'avoir toutes ses dents. Ne nous opposons pas les uns aux autres. Ne sur-idéologisons pas nos débats, dépassons les sectarismes. On ne pourra pas changer ce monde d'un coup de baguette magique, mais rien ne pourra nous dissuader d'en construire un autre".    

 

Compte rendu réalisé par Ismaël Dupont le 22 octobre 2013   

 

http://paularies.canalblog.com/

 

 

 

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