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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 06:00
Vendredi 27 mai à 19h à la Librairie Les Déferlantes: Rencontre avec l'écrivaine Maryam Madjidi (Pour que je m'aime encore, Marx et la poupée) - Place des Viarmes à Morlaix
Vendredi 27 mai à 19h à la Librairie Les Déferlantes: Rencontre avec l'écrivaine Maryam Madjidi (Pour que je m'aime encore, Marx et la poupée) - Place des Viarmes à Morlaix

VENDREDI 27 MAI 2022 À 19:00

Rencontre Maryam Madjidi

Les Déferlantes-Librairie-Café
Place des Viarmes à Morlaix
 
Rencontre avec Maryam Madjidi autour de son livre "Pour que je m'aime encore" publié en 2021.
L'auteure est née en 1980 à Téhéran et quitte l'Iran à 6 ans pour vivre à Paris puis à Drancy. Elle a vécu à Pékin et à Istanbul. Aujourd'hui elle enseigne le français à des élèves non francophones.
Dans ce roman très autobiographique, elle raconte le quotidien d'une adolescente de cité. Portant en elle sa double culture, elle nous dépeint avec humour et tendresse ce besoin irrépressible de s'intégrer, cette lutte permanente pour être acceptée et son rêve d'accéder à l'ascenseur social.
Vendredi 27 mai à 19h à la Librairie Les Déferlantes: Rencontre avec l'écrivaine Maryam Madjidi (Pour que je m'aime encore, Marx et la poupée) - Place des Viarmes à Morlaix

Récit drôle, tendre et profond d'une adolescence à Drancy, le deuxième roman pour adultes de Maryam Madjidi, est une nouvelle pépite, reprenant le cours d'une jeunesse atypique, que l'on avait laissée à l'école primaire avec  "Marx et la poupée", suite à l'exil d'Iran de Maryam avec ses parents communistes, et ouvrier en France pour son père. 

En courts chapitres enlevés et quasi picaresques, où les mots de l'enfance et les expressions des années 80 rythment un récit marqué par un quotidien d'adolescente complexée tiraillée entre plusieurs influences, récit du quotidien magnifié en aventures burlesques, Maryam Madjidi restitue avec finesse, par petites touches, toute une époque, le milieu immigré, de la banlieue, ainsi que la force polymorphe et mutante ouverte à toutes les contradictions et tous les possibles de l'adolescence, l'âge de l'inachèvement, de l'indécision, l'âge littéraire par excellence selon un auteur comme Gombrowicz.

Cheveux épais, frisés et bouclés, mono-sourcil, moustache, pilosité encombrante, Maryam fait son portrait d'adolescente en demi-monstre faisant de son corps un champ de bataille pour retrouver la féminité "idéale" ou "normale", tant la pression des normes sociales est forte à cet âge...

Elle raconte aussi les vexations et contrariétés subies par une fille, une enfant pauvre, dont les parents étrangers ne maîtrisent pas tous les codes, et qui ne peut ni s'acheter des vêtements de marque ou à la mode, ni partir en vacances, les brutalités d'autres ados, parfois encore plus défavorisés, à côté d'elle, les profs chahutés et ceux, puissants éducateurs, qui font naître des vocations au collège, l'ennui de Drancy, où Maryam vit dans un HLM de la Cité de la Muette, où furent internés pendant des années plusieurs milliers de Juifs en partance pour Auschwitz et les camps de la mort, gardés dans des conditions atroces par des gendarmes français.

Une rescapée de la Shoah viendra un jour troubler une partie de football où Maryam et ses copains shootent dans un ballon de foot contre une cible peinte sur un wagon posé au milieu d'une place entourée d'immeubles HLM. Le retour des fantômes dans cette cité cosmopolite où l'on se connaît bien d'autres problèmes que ceux de la dernière guerre. 

L'auteur a le sens du détail révélateur, des mots crus et vrais, son récit autobiographique, à la manière d'un portrait construit par anecdotes, séquences chronologiques et thématiques (le corps, l'école, la pauvreté, la banlieue, la découverte de l'amour et du sexe, l'ambition sociale et intellectuelle) est émouvant, palpitant, avec une portée universelle, parce qu'il préfère la pirouette comique et ironique au pathos et à l'apitoiement facile.

On pense à Pagnol, à Azouz Begag, à Fouad Laraoui ou bien encore à Riad Sattouf ou Marjane Satrapi pour la conjugaison de la véracité sociologique, de la description vivante du monde de l'enfance, et de l'humour désopilant. A chaque fois, le récit autobiographique saisit une réalité sociale et humaine plus vaste, loin des approches nombrilistes. 

Dans "Pour que je m'aime encore", nous vivons aussi la lutte des classes dans la classe, à l'école, qui malgré ses promesses d'émancipation universelle, reste souvent le haut lieu des ségrégations, et des distinctions sociales et culturelles et des murs invisibles contre lesquels les enfants des classes populaires se cognent le plus souvent. La traversée du périph pour rejoindre l'hypokhâgne au lycée Fénélon, dans le quartier Saint-Michel et le 6e arrondissement de Paris: "Parmi les 55 élites de la France, quatre filles venaient de banlieue parisienne "défavorisée": trois du 93 et une du 94, qui était la seule noire de la classe. Ils appelaient ça "le quota des banlieues""... 

Quelques jours de traversée des mondes de la séparation sociale qui s'avèrent, malgré l'intelligence et l’appétit de savoir de Maryam, une vraie "galère". Car on apprend pas autant dans un collège et un lycée de ZEP que dans les établissements privilégiés des beaux quartiers, car la culture des élites s'enseigne aux berceaux chez les élites, et pas dans les familles d'ouvriers et d'exilés. Ce récit ressuscite avec une sorte de nostalgie sans pesanteur les morts, la civilisation oubliée de l'enfance et de l'adolescence, celle des années 80, c'est un livre de dette, d'hommage, en même temps que d'explication à soi: celle notamment de l'éveil de vocation littéraire.

Pour ma part, j'ai lu ce livre d'une traite, avec un immense plaisir, beaucoup de sourires, et parfois aussi du franc rire, et je le recommande à tous les amateurs de romans...

Maryam Madjidi enseigne le français aux jeunes migrants. Elle nous avait enchantés début avril 2019 quand elle était venu à Morlaix et à Brest présenter son livre "Marx et la poupée", prix Goncourt du Premier Roman, et également dans le cadre de la campagne de Ian Brossat et de la liste du PCF aux élections européennes, sur laquelle était candidate cette grande voyageuse qui a vécu en Iran, où elle est née, en Chine, en Turquie.

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23 mai 2022 1 23 /05 /mai /2022 05:51
Disparition. Miss.Tic, la sorcière du street art (L'Humanité, Sophie Joubert, 22 mai 2022)
Disparition. Miss.Tic, la sorcière du street art

L’artiste de 66 ans est morte dimanche des suites d’une maladie. Commencée sur les murs de Paris, son oeuvre au pochoir qui alliait graphisme et poésie était entrée dans les galeries.

Publié le
Dimanche 22 Mai 2022

Elle s’était choisi un pseudonyme de sorcière sexy, inspiré de Miss Tick, la maléfique créature aux cheveux de jais de la Bande à Picsou. Depuis le milieu des années 1980, l’artiste recouvrait les murs et les palissades parisiens de ses oeuvres au pochoir mêlant texte et images qui diffusaient dans la ville des messages poétiques, souvent féministes : « En péril une grande éraflure dans le ventre je rêve à des corps sans mémoire »,  « Exilée volontaire d’un continent sans nom j’écris dans la marge des non dits »,  « Dans le parfum indécent d’un rythme nos fantasmes urbains submergent les façades figées du quotidien… »

Nourrie de poésie, notamment surréaliste

Née Rhadia Novat en 1956, fille d’un père tunisien et d’une mère normande, Miss. Tic grandit dans le quartier de la Butte-Montmartre, dans le XVIII e arrondissement, l’un de ses futurs lieux d’expression. Dans les années 1970, elle découvre le  le théâtre de rue puis, au début des années 1980, séjourne aux Etats-Unis où éclôt le graff, branche de la culture hip-hop. De retour à Paris, elle a l’idée d’intervenir dans l’espace public en voyant les peintures d’étudiants des Beaux-arts sur des supports urbains. S’inscrivant dans un mouvement artistique naissant, elle choisit la technique du pochoir pour multiplier rapidement les interventions. Nourrie de poésie, notamment surréaliste, elle trouve son style en écrivant des poèmes auxquels elle ajoute des portraits de femmes, d’abord des autoportraits puis des figures inspirées des magazines, de la publicité ou de la mode.

Les années 2000 signent la fin de la clandestinité

Très vite, ses oeuvres libres et insolentes sont repérées par les galeries d’art, notamment la Galerie du Jour, propriété de la créatrice de mode Agnès B. , l’une des premières à l’exposer. Dans les années 1990, Miss.Tic, comme d’autres street artistes, est accusée de détériorer l’espace public. Un procès, qu’elle perd en 1999, la contraint à demander des autorisations pour continuer de peindre dans la rue. Les années 2000 signent la fin de la clandestinité puisqu’elle est sollicitée par des marques (Kenzo, Vuitton…) et multiplie les collaborations avec, par exemple, le cinéaste Claude Chabrol pour qui elle crée l’affiche de « la Fille coupée en deux », ou la Poste, qui édite des timbres inspirés de ses pochoirs.

Attachée à un art populaire, admiratrice d’Ernest Pignon-Ernest, Miss.Tic n’aimait pas le qualificatif d’ « artiste de rue », trop limitant. Femme, libre, anarchiste sur les bords, elle était artiste, tout simplement.

Disparition. Miss.Tic, la sorcière du street art (L'Humanité, Sophie Joubert, 22 mai 2022)
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19 mai 2022 4 19 /05 /mai /2022 05:19
Maha Hassan invitée de Tébéo le 18 mai 2022 et à Lannion le vendredi 20 mai à 20h30 à la Médiathèque avec Ismaël Dupont pour présenter Femmes d'Alep
Maha Hassan invitée de Tébéo le 18 mai 2022 et à Lannion le vendredi 20 mai à 20h30 à la Médiathèque avec Ismaël Dupont pour présenter Femmes d'Alep
Maha Hassan à la Librairie L'Aire de Broca à Pont L'Abbé le 14 mai 2022

Maha Hassan à la Librairie L'Aire de Broca à Pont L'Abbé le 14 mai 2022

Maha Hassan était l'invitée d'Hubert Coudurier dans l'émission "L'Invité" sur Tébéo ce mercredi 18 mai à 19h30.
Retrouvez ici l'interview de Maha Hassan, auteure de #femmesdalep dans l'émission "L'invité" sur #Tébéo : https://www.tebeo.bzh/replay/26-linvite
Maha Hassan invitée de Tébéo le 18 mai 2022 et à Lannion le vendredi 20 mai à 20h30 à la Médiathèque avec Ismaël Dupont pour présenter Femmes d'Alep
 
 
#femmesdalep - Lannion. Vendredi 20 mai, 20h30 - Salle de conférence de la Médiathèque. Une conférence-débat sur les « Femmes d’Alep »
Invitée par "L’atelier des Belles Rouges" des Côtes-d’Armor, l’écrivaine et journaliste syrienne Maha Hassan, viendra parler de son roman « Femmes d’Alep » (Skol Vreizh, 480 pages, roman paru fin mars 2022) le vendredi 20 mai à 20h30 à la Salle des Conférences de la Médiathèque, à Lannion.
Écrivaine et journaliste syrienne, Maha Hassan, exilée en France depuis 2004 et vivant aujourd’hui à Morlaix (Finistère), est l’auteure de 13 romans diffusés dans tout le monde arabe.
La voix des femmes d’Alep, sur plusieurs générations
D’Alep à Morlaix...
Femmes d’Alep fait entendre les voix des femmes de la famille de Maha Hassan sur plusieurs générations. Un roman-odyssée qui plonge le lecteur dans la société et la culture syrienne.
L’auteure sera accompagnée d’Ismaël Dupont, qui a adapté ce roman en langue française.
***
Maha Hassan, syrienne réfugiée à Morlaix : « Je me suis exilée pour sauver mes histoires »
Ouest-France, Gaëlle Colin, 22 mars 2022
​Maha Hassan, autrice et journaliste syrienne réfugiée à Morlaix, dans le Finistère, publie son tout premier ouvrage en français. Il a été adapté par Ismaël Dupont, professeur documentaliste. Un récit bouleversant où chaque témoignage réel de femmes explique la mosaïque complexe que constitue la Syrie, jusqu’à son morcellement et sa réconciliation quasi-impossible actuelle. « Femmes d’Alep » sort ce mercredi 23 mars 2022, aux éditions Skol Vreizh. Un livre plus que nécessaire.
L’histoire a commencé derrière la devanture rouge vif du Café de l’Aurore, à Morlaix (Finistère). C’était à l’automne 2017. Maha Hassan, réfugiée syrienne depuis 2004, vit ici et rencontre alors pour la deuxième fois Ismaël Dupont. Le professeur documentaliste, secrétaire départemental du Parti communiste français et pas encore élu premier adjoint à la Ville, connaît la Syrie d’un unique voyage en 2010, « six mois avant la révolution »
À la fin de leur entrevue, leur relation se scelle autour d’une promesse : celle d’écrire ensemble le premier ouvrage en français de l’autrice et journaliste. Elle au récit, lui à l’adaptation en français. Langue qu’elle maîtrise très bien à l’oral, moins à l’écrit. « En arabe, j’ai une forme de censure qui me vient naturellement. En français, je m’en affranchis, décrit Maha Hassan. C’est comme une renaissance. Et puis, j’ai une dette envers ce pays qui m’accueille. Je me suis exilée pour sauver mes histoires. Je redonne à la France un bout. »
Des témoignages réels
Ce « bout » compile des morceaux de vies réels de femmes, remontant jusqu’au début des années 1900. Ils évoquent l’exil, la guerre et ses vies cabossées, le sentiment d’être l’étrangère dans son propre pays. Des témoignages puisés dans sa mémoire ou recueillis via WhatsApp, Facebook ou par téléphone. De quoi brosser un portrait complexe et crédible de la Syrie, de la mosaïque de langues et de cultures qui la composent. Et qui explique en partie la situation actuelle. « Elle n’aura pas pu l’écrire en arabe, nous n’aurions pas eu les témoignages éloquents autour du tabou sur la sexualité, l’identité ou l’islam », abonde Ismaël Dupont.
Les femmes, les plus effacées de l’histoire
La légèreté du quotidien relatée est souvent rattrapée par le tragique de la grande histoire, en passant par des recoins de vie intimes. Tout récit est présenté à la première personne. « Faire parler les femmes, c’était naturel : elles sont les créatrices et elles subissent le plus d’oppression. Et ce sont elles qui sont le plus silencieuses ou effacées de l’histoire », justifie la journaliste.
Le point de départ, c’est Zeinab, l’arrière-grand-mère de Maha Hassan. Une Arménienne ayant fui le génocide et qui est adoptée par une famille musulmane qui part pour la Syrie. Puis celui d’Halima, sa grand-mère paternelle, qui ne parlait que kurde et vivait à Alep. Ou Amina, sa maman, bien qu’ayant épousé son cousin et ouvrier analphabète travaillant dans une usine de textile, parle arabe. Dans un entourage kurde. « Je parle aussi arabe. Les Syriens me prennent pour une Kurde et les Kurdes me prennent pour une Syrienne », dénonce l’autrice.
« Je ne sais pas qui je suis »
La seconde partie de l’ouvrage se concentre ensuite sur la jeunesse de Maha, celle qui boit de l’arak, qui vit une histoire d’amour avec un homme plus âgé, hors mariage et qui suit au loin la répression des Frères Musulmans, la dictature du général al-Assad, premier du nom. Les racines de la violence qui écrase et opprime les femmes sont également esquissées. Jusqu’à arriver aux questionnements profonds et bouleversants de l’autrice elle-même : « Je ne suis ni française, ni syrienne, ni kurde. Je me sens illégale et je ne sais pas qui je suis. »
Treize romans plus tard, elle a écrit en arabe et certains ont été traduits en italien et néerlandais. Mais la question est restée sans réponse.
Mercredi 23 mars 2022, la maison d’édition morlaisienne Skol Vreizh offre ces paroles inédites. Une libération nécessaire. « J’ai écrit ce livre grâce à Morlaix, la sécurité et la tranquillité que j’y ai trouvé. Et grâce à Ismaël aussi. »
Femmes d’Alep, éditions Skol Vreizh, 460 p. 22 €. Tirage à 2000 exemplaires. Possibilité de le commander sur le site www.skolvreizh.com
Maha Hassan invitée de Tébéo le 18 mai 2022 et à Lannion le vendredi 20 mai à 20h30 à la Médiathèque avec Ismaël Dupont pour présenter Femmes d'Alep

Prochaines rencontres déjà prévues autour de Femmes d'Alep de Maha Hassan et Ismaël Dupont:

- Vendredi 20 mai, 20h30, Salle de conférence de la Médiathèque à Lannion

- Samedi 4 juin, 16h, Librairie D'un Livre à l'Autre à Avranches

- Samedi 11 juin, Maha Hassan à Toulouse, invitée du Festival Soeurcières par Osez le féminisme! Rencontre-dédicace

- Samedi 18 juin, 11h-12h30, Librairie "Librairie et curiosités" à Quimper

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19 mai 2022 4 19 /05 /mai /2022 05:04
René Vautier, « le cinéaste français le plus censuré » - Marie-José Sirach, L'Humanité, 14 mai 2022
 
 
René Vautier, « le cinéaste français le plus censuré »

Les Mutins de Pangée sortent un premier coffret consacré à la filmographie magistrale de René Vautier. Une œuvre pionnière et prolifique que cette coopérative d’édition et de production – et plateforme VOD – a contribué à faire sortir de l’oubli. Entretien avec son cofondateur, Olivier Azam.

Publié le Samedi 14 Mai 2022 - L'Humanité

Depuis 2005, les Mutins de Pangée détonnent dans le paysage des plateformes de VOD. Leur ligne éditoriale se caractérise par des choix singuliers et audacieux, à contre-courant d’un cinéma commercial, aussi indigeste qu’indigent. Ils comptent, dans leur catalogue, des films du patrimoine constitutifs de l’histoire sociale et populaire. On y trouve ceux de René Vautier, du groupe Medvedkine ou ceux réalisés par la belle équipe des Mutins : « Des Idées de génie ? », de Brice Gravelle, sur le patron de Gifi, « Howard Zinn, une histoire populaire américaine », de Daniel Mermet et Olivier Azam, ou « Hacking Justice », sur Julian Hassange. Nous avons rencontré Olivier Azam, réalisateur, cofondateur, avec Laure Guillot, des Mutins.

On peut lire sur la page d’accueil de votre site : « Vous n’êtes pas dans une grande boutique du consentement… » Dans quoi sommes-nous quand on se connecte aux Mutins de Pangée ?

Dans une coopérative de production, d’édition et de diffusion. Les Mutins découlent de notre histoire avec Zalea TV, première chaîne de télévision libre créée en 2000 et de notre histoire avec le cinéma. En 2005, nous créons Les Mutins pour être un outil de production de films qui s’inscrit dans les traditions coopératives de cinéma. Cela signifie que nous ne sommes pas à la recherche de profit à redistribuer à des actionnaires, ce qui nous donne une grande liberté de choix. C’est parce que nous avons d’abord voulu réaliser nos films pour le cinéma que nous avons fondé la coopérative : nos films sont tellement longs à fabriquer que, entre deux projets, nous nous sommes tournés vers l’édition DVD, puis nous avons fondé la plateforme de VOD CinéMutins.

Si je vous dis que, non seulement vous êtes réalisateurs, mais réalisateurs cinéphiles…

Et archéologues. J’aime l’archéologie de l’archive, le recyclage, l’Histoire. Je fais de l’Histoire toute la journée, que ce soit comme éditeur ou réalisateur. C’est primordial de connaître l’Histoire. Quand tu connais l’histoire des luttes, que tu l’as en mémoire, c’est pas mal pour mener les luttes aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’avoir un regard figé sur le passé, aussi glorieux soit-il, mais de savoir tirer les leçons du passé pour construire le présent.

[video:https://www.youtube.com/watch?v=9XV6ZiCRJ3Q]

Le premier volume de la filmographie de René Vautier vient de paraître. C’est un travail colossa,l réalisé par Moïra Chappedelaine-Vautier, sa fille…

Oui, elle a été chargée de l’édition des deux coffrets. Le premier, 4 DVD, soit 17 films, tous restaurés, dont « Avoir 20 ans dans les Aurès », est accompagné d’un livret de 190 pages avec des entretiens, une iconographie très riche, des contributions d’universitaires, des articles de presse. Un travail effectivement colossal. Le deuxième volume sera consacré à la Bretagne. J’ai connu René Vautier pendant les vingt dernières années de sa vie. Nous avons commencé à diffuser à l’antenne de Zalea TV ses films censurés. Il faut se souvenir que René Vautier a été le cinéaste le plus censuré du cinéma. Son parcours, son engagement parlent pour lui. Il a toujours été à l’avant-garde. Il a été le premier cinéaste anticolonialiste. Il a 21 ans quand il réalise « Afrique 50 », lorsqu’il débarque en Afrique de l’Ouest en 1949, à la demande de la Ligue de l’enseignement, pour un reportage sur les conditions de vie dans les villages. Très vite, il va filmer là où les autorités coloniales ne voulaient pas qu’il filme, faisant un pied de nez au décret Laval, toujours en vigueur, qui interdisait de filmer sans le consentement du gouverneur. Vautier était un franc-tireur tendance Fanfan la Tulipe. Un côté un peu naïf dans un monde où chacun calcule. Le côté frondeur et frontal de Vautier est incompatible avec le système de production et de diffusion d’un film, mais il a eu raison de revendiquer et d’assumer son engagement.

Un engagement qui lui a valu d’être constamment plus qu’« ennuyé »…

René Vautier a été blacklisté, ses films saisis, coupés… Il a même fait de la prison pour avoir tourné « Afrique 50 ». Mais il n’a jamais renoncé à son cinéma. Toutefois, parler de Vautier à partir du seul prisme de la censure, c’est oublier qu’il a été avant tout un grand cinéaste. On lui a aussi collé l’étiquette de « militant » pour mieux le marginaliser. Ça permettait de ne pas traiter le sujet, en prétendant que ce n’était pas de l’art puisque ses films ne rentraient dans aucune case du catéchisme culturel. Vautier a été peu soutenu par la profession. Or il a apporté quelque chose au cinéma dans sa façon de filmer. Une liberté qu’il s’est toujours refusé de monnayer. La contrainte l’a obligé à inventer. Ses films n’obtenaient jamais de visa ? Il allait les tirer à l’étranger. Sur la couverture du livret qui accompagne le coffret, on a repris ces mots : « Votre nom : Vautier. Votre vie : la liberté ! Votre cinéma : engagé ! Votre parole : enragée ! »

Vous êtes un partisan du DVD. N’est-ce pas anachronique ?

Au contraire ! Tout le travail que nous réalisons sur les DVD, les coffrets, n’existe pas sur les plateformes. Cela a à voir avec la conservation des films. Un DVD, c’est une trace, cela veut dire que le film, peu importe lequel, est sauvé. Gardez donc vos lecteurs DVD ! Se débarrasser des DVD, c’est aussi effacer la mémoire. On n’est pas à l’abri d’un bug géant et alors, tout disparaîtrait sur le Net. La dématérialisation ne garantit pas la survie d’un film. Et puis, un DVD présenté dans un coffret avec un livret, c’est un bel objet. Je ne sais pas combien de temps on va pouvoir continuer à en faire. On résiste mieux que le marché et, depuis les confinements, on a constaté un regain d’intérêt. Si on voulait réellement soutenir l’édition DVD, il faudrait lui appliquer une TVA identique à celle des livres et le prix unique, ce qui empêcherait Amazon de casser les prix quand ils veulent et de tuer les éditeurs. Mais c’est un choix politique.

Parlez-nous de votre catalogue. Il est d’une très grande diversité…

Sur CinéMutins, je mets au défi le spectateur de s’ennuyer ! Le catalogue est effectivement très varié. On récupère des films qui restent une seule semaine en salle. On a quelques films porteurs sortis au cinéma récemment, comme « la Panthère des neiges » ou « Debout les femmes ! » Mais aussi des films passés plus inaperçus au cinéma ou rares (un quart de notre catalogue est composé d’inédits en exclusivité), des films qui racontent les luttes sociales, le monde paysan, le féminisme, en privilégiant la démarche artistique comme critère premier de nos choix. Loin de la caricature du cinéma « militant », ou d’une certaine forme de communautarisme idéologique, la ligne que nous essayons de tenir aux Mutins de Pangée, c’est l’idée que chaque individu, chaque spectateur est un être complet, sensible et intelligent, qui a besoin d’émotions et de raison, de rires et de larmes, de se sentir appartenir au monde ou de pouvoir s’en isoler pour penser ou rêver, selon les moments… Notre but est de faire découvrir, de susciter la curiosité, d’amener celui qui vient pour un film vers d’autres, plus confidentiels. Je fais un parallèle entre la malbouffe et Netflix. Quand je vais chez Netflix, j’ai l’impression d’entrer dans un McDo : c’est attirant, tu penses que c’est pas cher, tu regardes une série et tu es gavé. Pas question de culpabiliser. Disons que c’est une question d’hygiène mentale. Les Mutins de Pangée, c’est du commerce équitable !

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15 mai 2022 7 15 /05 /mai /2022 06:30
Eric Pellerin, le directeur artistique du festival Les Originales. | OUEST-FRANCE

Eric Pellerin, le directeur artistique du festival Les Originales. | OUEST-FRANCE

La 5e édition du festival Les Originales se tiendra du 14 au 21 mai dans le pays de Morlaix

Le festival Les Originales se tiendra du 14 au 21 mai 2022. Un chapiteau sera implanté à Plourin-lès-Morlaix (Finistère), d’autres spectacles seront programmés au Roudour, au théâtre du pays de Morlaix, à la Maison des jeunes et de la culture et au bar des Deux rivières.

Nous étions tellement impatients qu’elle arrive cette cinquième édition des Originales ! Placée sous le signe des voyages imaginaires, la voici enfin pour des moments de partages, d’émotions, de rires, de poésie et d’énergie », ​raconte Eric Pellerin, le directeur artistique du festival Les Originales, association basée à Morlaix (Finistère).

Des animations du 14 au 21 mai

Cette année, plusieurs spectacles et animations s’étaleront du 14 au 21 mai 2022 de Plourin-lès-Morlaix à Saint-Martin-des-Champs et à Morlaix. Nous allons installer un chapiteau derrière la mairie de Plourin-lès-Morlaix. Il y a deux ans, nous avions émis l’idée de faire une programmation conséquente sur l’ensemble d’un week-end dans cette commune. Pendant deux jours, Plourin-lès-Morlaix deviendra une commune en chanson.

Contes, spectacle, musique, exposition…​

Deux randonnées chantées et contées seront animées par Alain Diverrès le samedi 14 mai et le lendemain dimanche 15 mai 2022, par Yves Briens, comédien, chanteur, conteur, accompagné de la voix et de l’accordéon de Steve Normandin.

Pour cette nouvelle édition, nous innovons avec le spectacle Kourouk et Mashka de Sylvie et Steve Normandin, destiné aux touts petits d’un à six ans, mais aussi en proposant au public un passe chapiteau de 30 €, qui donne accès à tous les spectacles du week-end !

Nous étions tellement impatients qu’elle arrive cette cinquième édition des Originales ! Placée sous le signe des voyages imaginaires, la voici enfin pour des moments de partages, d’émotions, de rires, de poésie et d’énergie », ​raconte Eric Pellerin, le directeur artistique du festival Les Originales, association basée à Morlaix (Finistère).

Des animations du 14 au 21 mai

Cette année, plusieurs spectacles et animations s’étaleront du 14 au 21 mai 2022 de Plourin-lès-Morlaix à Saint-Martin-des-Champs et à Morlaix. Nous allons installer un chapiteau derrière la mairie de Plourin-lès-Morlaix. Il y a deux ans, nous avions émis l’idée de faire une programmation conséquente sur l’ensemble d’un week-end dans cette commune. Pendant deux jours, Plourin-lès-Morlaix deviendra une commune en chanson.

Contes, spectacle, musique, exposition…​

Deux randonnées chantées et contées seront animées par Alain Diverrès le samedi 14 mai et le lendemain dimanche 15 mai 2022, par Yves Briens, comédien, chanteur, conteur, accompagné de la voix et de l’accordéon de Steve Normandin.

Pour cette nouvelle édition, nous innovons avec le spectacle Kourouk et Mashka de Sylvie et Steve Normandin, destiné aux touts petits d’un à six ans, mais aussi en proposant au public un passe chapiteau de 30 €, qui donne accès à tous les spectacles du week-end !

Dans la programmation des 14 et 15 mai, Christian Paccoud et le Sister System, quatre femmes et l’accordéoniste chanteur pour un récit de nos vies et de notre société », mais aussi​Le Trio Marcaurel, qui revisitera les grands standards de la chanson française. ​Dominique Babilotte pour un spectacle sur les chansons de Nougaro, entre jazz et java. Dominique Babilotte n’imite pas Nougaro, il le chante tout en chaleur et douceur. Jusqu’au 23 mai 2022, le hall de la mairie accueillera une exposition de photos autour de la chanson. Il y aura des portraits d’artistes qui sont passés dans le festival depuis sa créationUn stand de petite restauration est prévu. Il permettra de savourer des spécialités bretonnes et africaines. Elles seront concoctées par l’école alternative des monts d’Arrée de Pleyber-Christ. Le repas africain sera au profit de cette école alternative qui accueille des migrants.​.

La programmation continue avec La Caravane passe, au Roudour, cabaret électoral au bar des Deux rivières de Morlaix, Louise O’sman à la Maison des jeunes et de la culture de Morlaix, Lili Cros et Thierry Chazelle au théâtre. La billetterie est accessible en ligne sur le site du festival. Les billets seront également en vente sur place.

Contact : 06 16 34 36 97 ou www.festival-lesoriginales.fr

La 5e édition du festival Les Originales se tiendra du 14 au 21 mai dans le pays de Morlaix (Ouest-France)
La 5e édition du festival Les Originales se tiendra du 14 au 21 mai dans le pays de Morlaix (Ouest-France)
La 5e édition du festival Les Originales se tiendra du 14 au 21 mai dans le pays de Morlaix (Ouest-France)
La 5e édition du festival Les Originales se tiendra du 14 au 21 mai dans le pays de Morlaix (Ouest-France)
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30 avril 2022 6 30 /04 /avril /2022 05:20

 

 

 

 

 

 

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6 avril 2022 3 06 /04 /avril /2022 05:01
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3 avril 2022 7 03 /04 /avril /2022 06:47
Maha Hassan porte la voix des Femmes d'Alep - Le Télégramme, Sophie Guillerm, 31 mars 2022
Nos prochaines rencontres autour de Femmes d'Alep:
 
- samedi 9 avril, Maha Hassan est invitée d'un festival culturel sur les droits des femmes dans le cadre d'une journée sur les femmes migrantes et réfugiées à Port-de-Bouc près de Marseille, Bibliothèque Boris Vian, à 17h
- samedi 16 avril, 16h: Invitation de Maha Hassan et Ismaël Dupont à l'Institut Kurde de Paris
- vendredi 22 avril, 19h, salle des fêtes de Saint-Cadou à Sizun
- samedi 23 avril, à 17h, rencontre à la librairie Les Déferlantes, place des Viarmes à Morlaix
- jeudi 5 mai, rencontre-présentation du livre à la librairie Livres in Room à Saint-Pol-de-Léon à 18h30
- samedi 7 mai, FNAC de Morlaix, de 15h à 18h, Zone commerciale St Fiacre à Plourin-les-Morlaix
- Vendredi 13 mai, conférence-débat à Saint-Brieuc, 18h, à l'invitation des Belles Rouges 22, Salle 16 rue Courteline
- Samedi 4 juin à Avranches, 16h - Librairie D'un livre à l'autre
- samedi 11 juin à Toulouse, rencontre à l'invitation du festival féministe Sœurcières (organisé par Osez le féminisme!) en librairie à Toulouse.
 
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29 mars 2022 2 29 /03 /mars /2022 04:00
Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, Photo Julia Thatje

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, Photo Julia Thatje

Maha Hassan, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, Photo Julia Thatje

Maha Hassan, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, Photo Julia Thatje

Maha Hassan, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, Photo Julia Thatje

Maha Hassan, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, Photo Julia Thatje

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, photo Jean-René Le Quéau

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, photo Jean-René Le Quéau

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, photo Jean-René Le Quéau

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, photo Jean-René Le Quéau

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, photo Jean-René Le Quéau

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, photo Jean-René Le Quéau

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, photo Jean-René Le Quéau

Maha Hassan et Ismaël Dupont, 25 mars - Sortie et première rencontre de présentation du livre Femmes d'Alep à la Manufacture des Tabacs de Morlaix, locaux de Skol Vreizh, photo Jean-René Le Quéau

Rencontre très chaleureuse autour de "Femmes d'Alep", le roman de 460 pages co-écrit par Maha Hassan et Ismaël Dupont, dans les locaux de Skol Vreizh à la Manufacture des Tabacs de Morlaix pour le lancement du livre ce vendredi 25 mars 2022.
 
Programme de rencontres de présentation du livre et dédicace déjà programmées (d'autres sont en cours de finalisation):
 
Nous avons déjà plusieurs rencontres déjà prévues pour présenter "Femmes d'Alep":
 
- samedi 26 mars à 16h à Dialogues Morlaix: Présentation du livre "Femmes d'Alep" avec Maha Hassan et Ismaël Dupont et dédicaces
 
- vendredi 1er avril, Dédicace au centre culturel Leclerc de Morlaix, de 16h45 à 19h
 
- samedi 2 avril à 14h30 à Lampaul Guimiliau, rencontre à la librairie l'Ivresse des Mots
 
- samedi 2 avril à 18h au Caplan & Co à Guimaëc (Poul Rodou)
 
- samedi 9 avril, Maha Hassan est invitée d'un festival culturel sur les droits des femmes dans le cadre d'une journée sur les femmes migrantes et réfugiées à Port-de-Bouc près de Marseille, Bibliothèque Boris Vian, à 17h
 
- samedi 16 avril, 16h: Invitation de Maha Hassan et Ismaël Dupont à l'Institut Kurde de Paris
 
- vendredi 22 avril, 19h, salle des fêtes de Saint-Cadou à Sizun
 
- samedi 23 avril, à 17h, rencontre à la librairie Les Déferlantes, place des Viarmes à Morlaix
 
- jeudi 5 mai, rencontre-présentation du livre à la librairie Livres in Room à Saint-Pol-de-Léon à 18h30
 
- samedi 7 mai, FNAC de Morlaix, de 15h à 18h, Zone commerciale St Fiacre à Plourin-les-Morlaix
 
- Vendredi 13 mai, conférence-débat à Saint-Brieuc, 18h, à l'invitation des Belles Rouges 22, Salle 16 rue Courteline
 
- Samedi 4 juin à Avranches, 16h - Librairie D'un livre à l'autre
 
- samedi 11 juin à Toulouse, rencontre à l'invitation du festival féministe Sœurcières (organisé par Osez le féminisme!) en librairie à Toulouse.
 
 
 
 
 
 
 
 
Et rencontre à 16h ce samedi 26 mars 2022 - Rencontre dédicace à Dialogues Morlaix avec Maha Hassan et Ismaël Dupont

Et rencontre à 16h ce samedi 26 mars 2022 - Rencontre dédicace à Dialogues Morlaix avec Maha Hassan et Ismaël Dupont

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23 mars 2022 3 23 /03 /mars /2022 11:55
Les premières rencontres annoncées autour de "Femmes d'Alep":
 
- vendredi 25 mars à 17h30 Présentation de "Femmes d'Alep" dans les locaux de Skol Vreizh, à la Manufacture des Tabacs de Morlaix
 
- samedi 26 mars à 16h à Dialogues Morlaix: Présentation du livre "Femmes d'Alep" avec Maha Hassan et Ismaël Dupont et dédicaces
 
- samedi 2 avril à 14h30 à Lampaul Guimiliau, rencontre à la librairie l'Ivresse des Mots
 
- samedi 9 avril, Maha Hassan est invitée d'un festival culturel sur les droits des femmes dans le cadre d'une journée sur les femmes migrantes et réfugiées à Port-de-Bouc près de Marseille, Bibliothèque Boris Vian, à 17h
 
- vendredi 22 avril, 19h, salle des fêtes de Saint-Cadou à Sizun
 
- samedi 23 avril, à 17h, rencontre à la librairie Les Déferlantes, place des Viarmes à Morlaix
 
- jeudi 5 mai, rencontre-présentation du livre à la librairie Livres in Room à Saint-Pol-de-Léon à 18h30
 
- samedi 7 mai, FNAC de Morlaix, de 15h à 18h, Zone commerciale St Fiacre à Plourin-les-Morlaix
 
- Vendredi 13 mai, conférence-débat à Saint-Brieuc, 18h, à l'invitation des Belles Rouges 22, Salle 16 rue Courteline
 
Sortie du livre de Maha Hassan et Ismaël Dupont "Femmes d'Alep" chez Skol Vreizh: les rencontres prévues
Sortie du livre de Maha Hassan et Ismaël Dupont "Femmes d'Alep" chez Skol Vreizh: les rencontres prévues
Une immense joie de voir le roman co-écrit avec mon amie l'écrivaine Maha Hassan publié avec le beau tableau de couverture du peintre kurde syrien d'Afrin Lokman Mohamad, dans le catalogue de notre éditeur Skol Vreizh. A vente cette semaine en librairie.
Un travail littéraire passionnant débuté en décembre 2017, sitôt après notre rencontre à une soirée organisée par Amnesty International sur la guerre en Syrie, un pays et un peuple j'ai appris à aimer à l'été 2010, 6 mois avant la Révolution, et ce roman aux cents visages de femmes qui va déboucher 4 ans et 4 mois après.
Nous allons bientôt vous inviter, chers lectrices et lecteurs futurs, j'espère, à une plongée en profondeur dans la société et la culture syrienne, l'histoire des femmes de ce pays si fascinant et cruel, les drames du patriarcat et de la dictature du clan Assad, la guerre et l'exil, une réflexion puissante sur la dialectique de l'identité multiple et métissée, et les chemins de la liberté d'une écrivaine, née avec des parents analphabètes, mais des grands-mères, arménienne, kurde, arabe, riches d'histoire, dont l'exil aura pleinement libéré la fécondité créatrice.
Merci à notre éditeur, à Jean-René Le Quéau, à Paolig Combot, d'avoir su apprécier ce livre fort, ambitieux et d'une originalité véritable, un sésame pour découvrir l'Orient compliqué et la Syrie d'avant la Révolution et de la guerre civile.
Merci à Maha pour sa confiance, de m'avoir fait partager sa création et sa puissance romanesque pas à pas! Et à tous les amis qui nous ont aidés dans cette entreprise, Patrick Gambache, Guy Darol, et d'autres encore!
 
Née à Alep en Syrie dans une famille kurde, avec un père ouvrier communiste dans une usine de textile, partagé entre idéologie progressiste et conservatisme social, Maha Hassan a vécu une enfance croisée entre la grande ville du nord de la Syrie, aux milieux sociaux très divers, et le village kurde de Metîna, dans la région d'Afrin. Athée mais voilée, avec ses amies du lycée Al-Nil, elle vient à la littérature et au monde des idées par Marx, Gorki, Hemingway, Sartre, Breton, de Beauvoir, Rimbaud qu'elle découvre entre ses 15 et ses 18 ans dans sa chambre du quartier populaire d'Alkhalidiya, à l'ouest d'Alep, d'abord grâce aux brochures et livres qui lui offrent les copains communistes de son père.
Écrivaine et journaliste de langue arabe, elle s'exile en France en 2004 à la suite du printemps kurde, déjà réprimé par Bachar al-Assad. Elle est l'auteur de 13 romans en langue arabe, dont plusieurs ont été sélectionnés pour des prix internationaux de littérature arabe, la plupart publiés au Liban. Deux de ses romans sont traduits en italien, un en néerlandais et un autre est en cours de traduction en Angleterre.
 
Femmes d'Alep - un roman de Maha Hassan
écrit en français avec l'aide de Ismaël Dupont
 
Tout a commencé avec elles : l’Arménienne chrétienne à l'identité enfouie et dissimulée, et Halima, la Kurde musulmane. Deux femmes analphabètes qui ont tissé les fils de mon destin. L’histoire débute donc avec elles : Halima, Amina, Samia, Hanifa, Nadia et… toutes ces femmes qui racontent leurs vies dans ce livre.
“Je suis née pour raconter, pour les raconter. Je suis née femme pour raconter les histoires de ces femmes autour de moi : femmes de ma famille, femmes d'ailleurs, voisines, cousines, amies, rendues étrangères à elles-mêmes. Femmes sorties de l’ombre où elles ont vécu dans l'injustice et la peur, femmes aux vies cabossées par la guerre et l'exil. Je suis née dans cette société orientale tyrannique pour témoigner des expériences des femmes dans ce monde définitivement perdu que fut la Syrie d'avant la Révolution et la guerre civile. Je suis née là-bas pour m'exiler et écrire ce livre rendu possible et nécessaire par la distance et l'éloignement. Je suis née pour raconter et je me suis exilée pour sauver mes histoires.”
Format : 14 X 22 cm, 488 p.,
impression NB, papier bouffant, relié, couverture souple impression couleurs, pelliculée, 22 €
ISBN 978-2-36758-137-8
Sortie du livre de Maha Hassan et Ismaël Dupont "Femmes d'Alep" chez Skol Vreizh: les rencontres prévues
Sortie du livre de Maha Hassan et Ismaël Dupont "Femmes d'Alep" chez Skol Vreizh: les rencontres prévues
Sortie du livre de Maha Hassan et Ismaël Dupont "Femmes d'Alep" chez Skol Vreizh: les rencontres prévues
Sortie du livre de Maha Hassan et Ismaël Dupont "Femmes d'Alep" chez Skol Vreizh: les rencontres prévues
Femmes d'Alep
Les communistes en Syrie, une longue histoire compliquée et une influence certaine.
C’est l’histoire d’un père, analphabète, ouvrier dans une usine de textile des faubourgs d’Alep, qui rêvait d’envoyer sa fille aînée faire des études de sciences politiques en Russie... Ses nièces "nationalistes" kurdes le surnomment Gorbatchev. Nabi, kurde venu du village de Metîna, dont la fille, Maha, publiera à douze ans son premier article dans le journal du Parti communiste syrien Al-Bayraq, pour la plus grande fierté des amis et camarades de son père, tandis que sa première nouvelle sera publiée à 20 ans dans le journal de Mahmoud Darwich au Liban, le poète et résistant palestinien, un autre ancien militant communiste.
C'est l'histoire d'un car de jeunes issus de familles communistes allant sur une journée de vacances hors de leur ville que les services de sécurité arrêtent à un barrage, harcelant ensuite chacun d'entre eux, certains étant arrêtés et torturés, d'autres intimidés, afin de chercher à collecter des renseignements... Une histoire vraie!
« Le Parti communiste a joué un rôle important très tôt dans ma vie. Il m’a préservée contre le destin des filles de mon quartier et de ma famille… Je dois à ce parti de ne pas avoir été éduquée dans une ambiance religieuse qui aurait arrêté le développement de mon esprit critique ».
Parmi les souvenirs lointains d’enfance de la jeune Maha, les visites chez les camarades du quartier, dont les filles chantent dans les chorales du Parti, ou encore, au village paternel kurde de Metîna, dans la région d’Afrin, la visite à Mohammad Medina avec sa tante Farida, un militant sortant de prison, encore handicapé des suites de la torture.
Le communisme a joué un grand rôle dans la vie de Maha : vecteur de culture, c’est grâce aux camarades de son père qu’elle a pu découvrir le monde des livres et des idées, Marx, Lénine, Sartre, Gorki, et bien d’autres ensuite… C’est le communisme qui lui a permis d’avoir des références internationalistes, de vivre dans une ambiance où l’on refusait le sectarisme communautariste, comme l’intégrisme religieux et le nationalisme autoritaire du Baas.
Même si les camarades de son père étaient aussi perméables à la culture patriarcale et clanique dominante, n’avaient pas forcément des femmes libres et émancipées, ils respectaient davantage la liberté de leurs filles, qui, souvent, ne mettaient pas le voile.
Le communisme en Syrie et dans le monde arabe a été fort dans certaines minorités : kurde, chrétienne, druze, alaouite. C’était une promesse universaliste d’égalité et de fraternité humaine, c’était aussi l’espoir d’une société sécularisée où la pensée critique, la création, la liberté individuelle, notamment des femmes, pourraient se déployer plus librement.
Le communisme était aussi une manière de résister au totalitarisme du Parti et de l’idéologie au pouvoir, qui s’attaquait avec la même violence à tous ses opposants, islamistes, ou de gauche, laïcs, et communistes.
Ainsi le livre « Femmes d’Alep » fait référence à Farajallah El Helou, le grand chef communiste libanais, torturé et assassiné par les services de sécurité syriens en 1959.
A l’adolescence de Maha, c’est bien souvent dans des librairies « communistes » d’Alep que l’on trouvait des femmes en jean et sans voile, et des livres dissidents critiquant la religion. C’est là qu’allaient faire provision d’arguments et de connaissance les filles athées voilées du lycée Al-Nil d’Alep.
Toute une partie de la résistance contre la dictature des Al-Assad, le père Hafez, et le fils Bachar, était d’inspiration communiste, même si, peut-être plus encore que dans les pays européens, l’histoire du mouvement communiste, que la dictature a toujours cherché à diviser en même temps qu’elle le réprimait impitoyablement, a été marquée par de nombreuses scissions, divisions et parfois des reniements face à la puissance d'intimidation et de chantage du régime.
Je me souviens que 6 mois avant la Révolution syrienne, à la fête de l'Humanité, il y avait deux stands communistes syriens, dans l'un des opposants persécutés par Bachar, dans l'autre un parti qui tout en s'opposant officiellement au Baas était intégré à un système électoral truqué et sous contrôle.
Toujours est-il que dans la Révolution de 2011, et dans les coordinations civiles de la Révolution, beaucoup des militants aguerris qui pensaient et organisaient la résistance civile étaient soit communistes, soit influencés par cette culture progressiste, universaliste et laïque arabe, également très présente chez les intellectuels, même si beaucoup devaient cacher leurs idées pour ne pas être inquiétés par la dictature.
Le livre « Femmes d’Alep » raconte aussi la résistance de femmes communistes, certaines qui ont vécu des années de clandestinité, cachées ou sous des identités d’emprunt, pendant plusieurs années du temps de Hafez al-Assad pour échapper à l’arrestation et la torture, voire l’élimination. D’autres qui ont combattu, la plupart du temps en manifestant et résistant pacifiquement, par la liberté d’expression et la solidarité concrète, contre la dictature du Boucher de Damas, Bachar al-Assad.
Ce livre raconte la résistance et aussi la persécution, l’exil de ces militants, militants de l’ombre ou intellectuels, et leur amertume face au destin de la révolution syrienne. Leur héroïsme aussi pour continuer à rire du régime, parler-vrai, et librement, sous les bombes, la menace des enlèvements et de l’arrestation par les "moukhabarat" (police secrète) ou les "chabiha" (voyous mafieux ultra-violents à la solde du pouvoir) de Bachar al-Assad.
Ce livre, la deuxième partie notamment, "Héritières de l'exil", est également un hommage à ces héros ordinaires de la Révolution syrienne.
Le Parti communiste en Syrie a commencé à être très influent dans les années 50, dans un contexte de démocratie parlementaire libérale, dans l’opposition. Le Parti communiste du premier député communiste arabe, le kurde Khaled Bakdach, était un parti qui recrutait majoritairement en milieu minoritaire kurde et chrétien. Dans les années 63-68, jusqu’à la prise de pouvoir de Hafez al-Assad, la collaboration du parti Baas au pouvoir en Syrie et de l’URSS était très forte. En 68, le général alaouite Hafez al-Assad, ministre de la Défense, se fait le partisan d'une ligne moins « gauchiste » et plus « pragmatique » du Baas. Les militants communistes sont arrêtés. Et le 6 octobre 1970, Hafez al-Assad prend la tête du pays à 40 ans, en évinçant les membres rivaux de son parti. Il instaure un régime présidentiel autoritaire très personnalisé, s’appuyant sur une institution militaire toute puissance et des services de renseignement et de répression dominés par les Alaouites. Hafez al-Assad engage le « Mouvement rectificatif » réhabilitant le secteur privé et renouant avec les pays arabes, y compris l’Arabie Saoudite. La Syrie intervient contre les Palestiniens dans la guerre du Liban qui a débuté en 1975, avec l’intention de rééquilibrer le rapport de force entre l’OLP et la gauche libanaise d’un côté, et les Phalanges maronites de l’autre. Une « trahison » de la cause palestinienne qui suscite des critiques, y compris au sein du Baas. La Syrie restera engagée au Liban jusqu’en 2005. Dans les années 79-85, Hafez al-Assad exerce sous état d’urgence une répression très féroce contre les Frères musulmans, mais aussi ses opposants de gauche, et les militants communistes. Le régime arrête arbitrairement et torture sans pitié dans ses prisons infernales bien décrites par Mustafa Khalifé dans La Coquille des milliers de suspects : islamistes, démocrates, opposants de gauche.
Le 10 juin 2000, c’est la mort de « l’Éternel » Hafez al-Assad après 30 ans de pouvoir sans partage. Son fils Bachar, 34 ans, lui succède, du fait de la mort de Bassel, le fils aîné et l’héritier pressenti, dans un accident de voiture en 1994. Bachar, qui a fait des études de médecine et d’ophtalmologie à Londres, est présenté au départ comme un président moderne, ouvert aux évolutions. Riad al-Turk, l’opposant de toujours et chef historique du Parti communiste syrien qu’il a fondé en dissidence du parti de Khaled Bakdach, désormais allié au régime, est le premier à critiquer la révision constitutionnelle qui permet à Bachar de prendre la tête de l’état en abaissant l’âge ouvrant droit à l’élection à la présidence de la République.
En janvier 2001 : un autre manifeste portant cette fois la signature de 1000 intellectuels et activistes met davantage l’accent sur des revendications de démocratie et de pluralisme, et des « Comités de revitalisation de la société civile » voient le jour. Bachar tente de se construire une popularité par une hausse des salaires de 25 %, l’autorisation des partis du Front national progressiste de diffuser des journaux en leur nom, la libération de 600 prisonniers politiques, pour la plupart islamistes.
Mais dès février 2001, l’appareil sécuritaire et répressif préservant les privilèges et la mainmise absolue du régime et du clan alaouite au pouvoir se reprend. Le « printemps de Damas » prend fin avec l’arrestation du député et dissident politique Riyad Seif, de Mamoun al-Homsi ainsi que du leader communiste Riad al-Turk, surnommé le Mandela syrien.
Face à la réaction, qu’elle soit basée sur l’autoritarisme militaire mafieux, communautariste et nationaliste, comme celui du parti Baas, ou sur l’islamisme favorisé d’abord par les pays du Golfe et les États-Unis comme parade à l’affirmation du progressisme arabe, le communisme a bien souvent été une force d’émancipation en Syrie et dans le monde arabe, contrairement aux idées reçues qui assimilent communisme et totalitarisme ou négation des libertés individuelles. Le communisme a aussi été un soutien constant aux forces progressistes palestiniennes. Et un vecteur de liberté et d’affranchissement culturel dans la vie sociale et individuelle face aux conservatismes communautaires et religieux.
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