Le Conseil national du PCF a commencé, ce samedi 28 mars, à se pencher sur les résultats des élections des dimanches 15 et 22 mars derniers. Le parti revendique plus de 400 maires et plusieurs milliers de conseillers municipaux.
Gaël de Santis, L'Humanité, 29 mars 2026
Les communistes ont un motif de fierté : leur implantation locale, sur laquelle leur Conseil national a planché, samedi, une semaine après les élections municipales. « Je voulais saluer et remercier l’ensemble des militantes et militants du PCF, qui ont mené une formidable bataille sur le terrain », a déclaré en lançant les travaux leur secrétaire national, Fabien Roussel.
« Grâce à elles, grâce à eux, des listes de large rassemblement ont pu gagner partout en France », fait-il valoir, avant de mettre en avant les « belles victoires de nos camarades à Nîmes », première ville de plus de 150 000 habitants conquise en vingt-cinq ans par un communiste, Vincent Bouget, « mais aussi à Martigues, Échirolles et en Île-de-France, à Montreuil, à Vitry-sur-Seine, à Bagneux, à Villejuif, à Gennevilliers, à Noisy-le-Sec, à Mitry-Mory et dans plus de 400 communes de France métropolitaine ».
En outre, des « milliers d’élus communistes » siégeront les sept années à venir dans les conseils municipaux. Cela permet au PCF de demeurer la troisième force municipale, derrière « les Républicains » (LR) et le Parti socialiste.
Le constat d’une gauche faible dans son ensemble
Si la satisfaction était de mise, place du Colonel-Fabien, la lucidité également. Si neuf villes de plus de 3 500 habitants ont été gagnées – dont Nîmes face au Rassemblement national (RN), Aubagne (48 000 habitants) et Héricourt –, dans la même catégorie, quarante ont été perdues, dont Vénissieux (66 000 habitants) et La Courneuve au profit de la France Insoumise (FI), Corbeil-Essonnes et Champs-sur-Marne au profit de la droite, Vierzon, au profit de l’extrême droite.
Un autre motif inquiète la direction du PCF : dans une centaine de villages, des maires n’ont pas pu assurer la relève avec un successeur issu du PCF, symptôme de la difficulté à renouveler les effectifs.
Le constat est fait d’une gauche qui reste faible. Pour elle, désormais, « l’enjeu (…) n’est pas de se partager une part de marché électoral plafonnant à 30 %, estime Véronique Sanchez, responsable de la commission santé et protection sociale, mais de construire un projet politique capable de parler à une majorité sociale ». Le secrétaire du Rhône, Benoît Roux, alerte sur la situation de son département, où la gauche l’emporte à Lyon et Villeurbanne, « mais, dès qu’on passe le périphérique, c’est la raclée ».
Évelyne Ternant, du Doubs, explique les reculs de la gauche : « La fusion des trois droites se réalise. L’électorat précède souvent les décisions des états-majors » de LR, RN ou macroniste en « votant utile dès le premier tour pour le candidat qui va l’emporter ».
La question de l’union de la gauche a également interrogé les conseillers nationaux. Adrien Tiberti, du secteur élections, relève la capacité des communistes, aux municipales, à rassembler l’électorat de gauche : « Il y a des points d’appui. Dans les endroits où il y a absence de l’union de toute la gauche, la FI est éteinte quand la liste d’union est menée par les communistes. Au Havre, à Nîmes, la France insoumise fait 4 % au premier tour. » D’autres estiment que la dispersion au premier tour n’a pas permis de rassembler les électorats au second tour et que la nationalisation du débat a empêché de se concentrer sur les enjeux locaux.
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