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8 août 2025 5 08 /08 /août /2025 05:15

 

En 1996, le président sud-africain Nelson Mandela se fend d’une allocution vidéo à destination du public de la Fête de l’Humanité. Un événement, après des années de combat en faveur de sa libération et la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, auxquels notre journal a contribué.

 

Ce n’est pas le visage d’un ange, mais celui d’une icône qui est apparu au peuple de la Fête. Alors qu’il est à 12 000 kilomètres du stand de l’Association des élus communistes et républicains (Anecr) de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), le sourire de Nelson Mandela s’affiche sur un écran géant : « Je souhaite m’adresser à chacun d’entre vous qui êtes présents à la Fête de l’Humanité, et plus particulièrement aux jeunes. »

Ce samedi 14 septembre 1996, devant plusieurs centaines de personnes, le président sud-africain lance un message d’espoir : « Nous pouvons regarder le XXe siècle et le millénaire qui est sur le point de se terminer avec la certitude que nous, de la vieille génération, avons au moins réalisé certaines tâches majeures. »

« Pour nous c’était formidable »

Dans une déclaration vidéo, le héros de la lutte contre l’apartheid poursuit : « Au milieu du siècle, le nazisme et le fascisme ont subi une défaite écrasante. Lors de la seconde moitié de ce siècle, le système colonial, qui privait la majorité des peuples du monde des droits fondamentaux, a été vaincu dans la plupart des endroits de la planète. » Avant de mettre en garde quant aux défis à venir : « Mais qui oserait affirmer que tous les problèmes de ce monde ont été résolus ? »

Dans la foulée de ce message du président Sud Africain, un échange entre la célèbre township de Soweto et la Courneuve a lieu en direct par liaison sattelite. A la tribue du stand de l'Anecr, Jean Louis Tessié, de la CGT Energie, rappelle qu'EDF avait su consctruire une centrale nucléaire au Cap durant l'Apartheid mais que sur les 4 milliards de francs de l'investissement à l'étranger en 1996, la somme consacrée à l'Afrique du Sud était dérisoire. Une remarque qui fait mouche.

À ses côtés, le président de l’Anecr, André Lajoinie, assure que la tâche des élus français était d’intervenir auprès de l’exécutif et des entreprises publiques pour obtenir des réparations. La conclusion reviendra à Sophie Masité, la maire de Soweto.

 

« Pour nous, c’était formidable », lance en guise de remerciements l’édile, avant que ne retentisse l’hymne national de l’Afrique du Sud chanté par les amis Soweto. Cet incroyable dialogue illustre la dimension internationaliste de la Fête, qui connaît un tournant après la chute du bloc soviétique.

Nelson Mandela célébré par « l’Humanité » bien avant sa libération

Cette forme d’échange rendue possible par les nouvelles technologies de l’époque sera reproduite en 1997 depuis le camp de Dheisheh, près de Bethléem, après la diffusion d’un message vidéo du président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat. « La personnalité de Nelson Mandela a été tellement évoquée lors de la Fête ces dix dernières années que son intervention apparaît comme la suite logique d’une histoire déjà longue », assure l’Humanité dans son édition de la veille.

Dès l’embastillement du leader de l’African National Congress (ANC) lors du procès de Rivonia (1963-1964), la députée communiste Marie-Claude Vaillant-Couturier réclame sa libération à la tribune de l’Assemblée. Impulsé par la jeunesse communiste, le combat se matérialise par des manifestations de masse dans les rues, des meetings, ainsi que des actions pour entraver les transactions commerciales, notamment sur le charbon.

En 1984, 68 % des Français n’avaient jamais entendu parler de Mandela

Moins de six ans avant sa libération, une enquête de l’Humanité dimanche d’octobre 1984 révélait que 68 % des Français n’avaient jamais entendu parler de Nelson Mandela. « Le point d’orgue d’une campagne qui va croissante. (…) Nelson Mandela sera dans les cœurs à la Fête de l’Humanité. Il y sera d’autant plus naturellement que si son nom a franchi les barrières du silence complice en France, c’est grâce à la presse communiste », affirme l’Humanité dimanche.

Pour sa 50e édition, en 1985, la Fête de l’Humanité est dédiée au « plus ancien prisonnier politique du monde, comme l’ont été Julian Grimau, le communiste espagnol fusillé par Franco, et Angela Davis, l’Américaine, au moment où elle risquait la mort dans sa prison », précise le quotidien du 8 août.

La Cité internationale accueille un « espace Mandela » regroupant les stands de l’ANC, du Parti communiste sud-africain et de la Swapo, l’organisation de libération qui lutte en Namibie contre l’occupation illégale du régime ségrégationniste sud-africain.

En 1988, l’appel de Georges Marchais pour le prix Nobel

Ce dernier « est le seul pays du monde où le racisme fait partie intégrante de la Constitution et des lois. Dernier avatar des théories nazies, le régime de l’apartheid maintient au rang d’esclaves, sans partie sur leur propre terre, vingt millions de Noirs », poursuit l’Humanité sous la plume Michel Müller.

L’année suivante, en 1986, Yves Moreau, ancien résistant et chef du service international de l’Humanité, parvient à se rendre clandestinement à Soweto pour y réaliser un reportage. En 1988, Nelson Mandela fête ses 70 ans en prison. Sur la Grande Scène, le dimanche 11 septembre, Georges Marchais réitère sa demande de rupture de toute relation « avec ce régime monstrueux » d’Afrique du Sud, « comme le réclame l’ANC ».

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