1 avril 2025
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Marine Le Pen disait en 2013 sur Public Sénat: "Qu'allons-nous tirer les leçons et effectivement mettre en place l'inéligibilité à vie pour tous ceux qui ont été condamnés pour des faits commis grâce ou à l'occasion de leurs mandats?".
Aujourd'hui elle est condamnée à 5 ans d'inéligibilité dont 2 fermes (sous bracelet électronique), et à rembourser 3,2 millions d'euros au Parlement européen tout en s'acquittant d'une amende de 2 millions d'euros, dont 1 million d'euros ferme. Tout ceci sanctionnant un système de détournement de l'argent public européen mis en place par Jean-Marie Le Pen et poursuivi par sa fille à la tête du FN puis du RN pour financer le fonctionnement de leur parti politique, et soutenir ses cadres, de manière à accompagner la marche vers le pouvoir de l'extrême-droite en France.
Poutine, Trump, Elon Musk, Orban, Meloni, l'extrême-droite européenne dans son entier, François Bayrou, Laurent Wauquiez, Jean-Luc Mélenchon, volent au secours de Marine Le Pen, disant leur "trouble", dénonçant une politisation de la justice, demandant l'impunité pour les hommes et les femmes politiques qui dérogent aux lois sous prétexte de respect du peuple souverain et du suffrage populaire, et pourtant la loi est bien l'expression du peuple souverain et du suffrage populaire, et les hommes et femmes politiques, et les partis ont un devoir d'exemplarité par rapport à l'application de la loi commune.
C'est ce que rappelle Rosa Moussaoui, journaliste à l'Humanité:
Il y a quelque temps, un jeune homme de 20 ans avait été condamné par le tribunal correctionnel de Versailles à six mois de prison ferme avec mandat de dépôt pour avoir volé, dans un magasin de Conflans-Sainte-Honorine, un sandwich et deux bouteilles de jus d’orange. Montant du butin : moins de 5 euros. « Je n’ai aucune excuse : j’ai volé. Mais c’était pour manger. J’avais faim et je n’avais pas d’argent », avait expliqué le prévenu face au juge. Six mois de prison ferme pour 5 euros. De telles histoires arrivent tous les jours dans la France de la crise, de la misère, de l’inflation et du rabotage continu des indemnités chômage.
Aujourd’hui Le Pen et son clan s’indignent de la supposée sévérité du verdict qui condamne 23 élus et cadres du RN pour « détournement de fonds publics ». Le tribunal a estimé que le préjudice total de la prise en charge « par le Parlement européen des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti » d'extrême droite était de 4,1 millions d'euros. Marine Le Pen n’ira pas en prison. Sa peine est aménagée : comme pour Nicolas Sarkozy, ce sera le bracelet électronique, pas Fleury Mérogis. Elle est inéligible pour cinq ans. Dura lex, sed lex : elle-même réclamait en 2013 que les élus reconnus coupables de détournement de fonds publics soient déclarés inéligibles à vie.
Les Le Pen ont passé leur vie à vilipender la justice pour son prétendu laxisme, à réclamer des peines exemplaires, des peines sévères, des peines planchers, des peines dissuasives, des peines impitoyables, des peines exécutoires, des peines incompressibles. Pour les autres, pas pour eux. Prise la main de la sac et condamnée selon les sanctions prévues par la loi, la cheffe du RN crie au complot et cherche à exploiter la situation à son avantage politique.
C’est cohérent avec son détestable projet politique. Partout dans le monde, l’État de droit et l’indépendance des magistrats sont les premières cibles de l’extrême droite. Dans leur croisade contre la justice, c’est la démocratie que l’extrême droite et la droite extrême veulent mettre à bas. Voilà le vrai coup d’état.
Rosa Moussaoui
Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix
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dans
POLITIQUE NATIONALE
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