Une campagne présidentielle christique et pathétique! - "le nous s'incarne si mal dans leurs "je-ux"
"Le nous" s'incarne si mal dans leurs "Je-ux"!
Certes, il faut de l'imaginaire, des émotions, du combat symbolique et réel en politique car les choix à faire sont tranchés et la vie sociale est faite de combats économiques et sociaux réels, d'une lutte des classes, tandis que la conscience de groupe se pose en s'opposant.
Mais les institutions pernicieuses et anti-démocratiques de la Ve République, aggravées par des pratiques politiques peu reluisantes et malhonnêtes pour la droite et l'extrême-droite, par un capitalisme financier prédateur et vampirisant, produisent une caricature de campagne présidentielle où des candidats prétendent marcher sur l'eau conduisant le troupeau ou s'exposer au sacrifice pour le faire monter au Ciel.
Après Marine Le Pen qui se veut l'incarnation de la colère du Peuple et soit la victime émissaire soit le fossoyeur du Système - Europe, juges, gouvernement, médias aux services des puissances d'argent, Emmanuel Macron qui tout en se donnant des airs de sauveur touché par la grâce se voulait aussi marginal et persécuté par rapport au "système" dont pourtant il défend si bien les intérêts capitalistes de court et moyen terme en brouillant de manière toujours plus accusée, dans la logique creusée par Hollande et Valls, le clivage gauche-droite, Jean-Luc Mélenchon qui dit "moi ou le déluge" et incarne aussi un style de charisme messianique centré sur l'idée que nous seuls, les Initiés, les Insoumis, incarnons la "pureté et pouvons sauver le pays" , "tout le reste n'étant que compromission et pourriture", c'est François Fillon qui joue les Christs martyrs d'un complot ourdi par la gauche et le système judiciaire. C'est la fin d'un faux suspense. Convoqué par les juges, le 15 mars, pour une probable mise en examen, François Fillon, criant son innocence, nous refait le coup du complot, de l'acharnement judiciaire et politique, allant jusqu'à évoquer la violation de l'Etat de droit, d'un assassinat politique de l'élection présidentielle elle-même. Il aurait bénéficié d'une justice inéquitable et uniquement à charge. Contrairement à l'engagement pris il y a un mois, à savoir qu'il se retirait s'il était mis en examen, il persiste et signe. Il ne cédera pas, il ne se retirera pas. Contre vents et marées, il en appelle au seul juge à ses yeux, le suffrage universel. Dans la foulée, François Fillon s'attaque à l'état de droit, à l'indépendance de la justice, multiplie les procès d'intention indignes. Il montre la droite qu'il représente en organisation mafieuse prête à tout pour le pouvoir et l'argent et qui ne respecte ni les valeurs, ni les lois de la République. En attendant, ce sont les citoyens qui portent leur croix, et ce n'est pas prêt de s'arrêter, apparemment!
Ismaël Dupont - le 1er mars 2017
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