Wolinski, 80 ans lorsqu'il a été tué le 7 janvier, dessinait depuis des décennies. Son trait, féroce et incisif, se faisait tendre pour croquer la classe ouvrière. Wolinski a oeuvré dans "l'Humanité" de 1977 à 1984.
José Fort le raconte: "Wolinski vient de loin. Fils de juif tunisien. Rapatrié vers le Nord froid et gris au moment de la décolonisation. Service militaire à Reggane, le centre d'essai de la bombe atomique française. Il aurait pu succéder à son beau-père et à sa boutique, lui que son instituteur notait "d'intelligence moyenne mais d'un esprit vid" et qui rêvait de devenir "architecte ou médecin de marine". Il a suivi - heureusement - un autre chemin..." (L'Humanité, numéro spécial du 15 janvier 2015).
Ces dessins de Wolinski dans l'Huma, couvrant particulièrement la période 1977-1978, il y a 36-37 ans déjà, nous montrent que si les enjeux n'ont pas changé fondamentalement, il y a plus que jamais besoin d'héritiers à Wolinski, Charb, Cabu et compagnie, pour dénoncer avec humour et sens du résumé les injustices et indécences du temps.
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