19 octobre 2026
1
19
/10
/octobre
/2026
06:18
La force du mouvement
Fabien Gay - Directeur de l'Humanité
Samedi, des centaines de milliers de Françaises et de Français ont envahi les rues, les ronds-points et les places partout dans le pays. Lycéens, étudiants, salariés, retraités, Gilets jaunes, syndicalistes : une convergence réelle et déterminée contre la vie chère, l’austérité et le mépris du gouvernement. Cette journée n’est pas tombée du ciel. Elle s’enracine dans des semaines de révolte lycéenne face au manque de moyens de l’Éducation nationale, dans la colère face à l’envolée des prix à la pompe, dans le souvenir de la lutte des Gilets jaunes et dans le rejet par le mouvement social d’un budget de 54 milliards d’euros d’économies. Le peuple refuse de continuer à payer la facture d’un système qui enrichit les superprofits pétroliers et les actionnaires tout en asphyxiant les services publics et les salaires.
Sourd aux revendications du pays, comme le démontre l’intervention télévisuel du Président de la République, ce pouvoir délégitimé par les législatives de 2024 a choisi, une fois de plus, la répression policière. Grenades, gaz, nasses, interpellations par centaines, blessés parmi les manifestants – dont un adolescent de 17 ans qui a perdu une main. Comme si matraquer la jeunesse et les classes populaires allait résoudre les crises du pouvoir d’achat, des écoles ou de nos hôpitaux. La violence d’État comme le chantage du premier ministre à choisir « la République », qu’il réduit à la seule police, ou « le camp des casseurs » confirment l’impasse du pouvoir macroniste. Il est aux abois.
En face, les centaines de casseurs, qui sont une minorité, ont commis des actes de destruction et de pillage insupportables. Briser des vitrines, incendier des bâtiments publics n’a rien à voir avec la juste colère sociale. Ces agissements nuisent au mouvement social d’ampleur qui se développe dans le pays, et offrent un prétexte facile à ceux qui veulent le discréditer. Ils détournent l’attention des véritables enjeux et font hésiter ceux qui veulent s’engager. Les casseurs permettent surtout au gouvernement de jouer la carte du « retour à l’ordre » en étouffant les revendications sociales.
La réussite de la mobilisation réside dans sa détermination pacifique et populaire. Ces incidents ne doivent pas masquer ce qu’on a vu dans les cortèges : des sourires, des chants, des slogans inventifs, des solidarités nouvelles. Des lycéens qui parlent aux retraités, des Gilets jaunes qui marchent aux côtés de syndicalistes. C’est cela, la force du mouvement. « Un seul héros, le peuple », avons-nous dit. Et c’est vrai. Cette journée ne doit pas rester sans lendemain. Le 5 novembre, l’intersyndicale appelle à une nouvelle journée de grève et de manifestation. Il faut amplifier, unir, radicaliser les exigences : écoles, salaires, services publics, taxation des superprofits, fin de l’austérité. Le capital et ses relais politiques ne céderont que sous la pression d’un mouvement populaire large et déterminé.
Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix
-
dans
POLITIQUE NATIONALE
ACTUALITE NATIONALE DU PCF
commenter cet article …
commenter cet article …
/image%2F1489059%2F20230703%2Fob_d3a7c7_capture-d-ecran-2023-07-03-a-19-07.png)
/image%2F1489059%2F20261019%2Fob_1396c7_855251687-4443294765893466-77230596786.jpg)
/image%2F1489059%2F20261019%2Fob_dda01f_854389450-2646440872458798-39782608900.jpg)
