Selon le baromètre énergie-info 2025, 36% des ménages "déclarent rencontrer des difficultés pour payer leurs factures de gaz ou d’électricité".
Un phénomène en progression. Un tiers des Français est en situation de précarité énergétique, selon la 19e édition du baromètre énergie-info du médiateur national de l'énergie, que franceinfo a pu consulter mardi 28 octobre.
Selon cette étude, menée par l'institut Becoming en septembre 2025 auprès de 2 000 foyers en France, La précarité énergétique atteint un "seuil préoccupant" : 36% des ménages "déclarent rencontrer des difficultés pour payer leurs factures de gaz ou d’électricité", c'est le niveau "le plus haut jamais enregistré". C'est même plus qu'en 2023, lors de la crise énergétique, due à la guerre en Ukraine.
"On est souvent dans des profils de familles, de jeunes ou de foyers avec un seul revenu, des personnes également au chômage, qui, bien souvent, habitent dans ce qu’on appelle des passoires thermiques - des logements mal isolés - et pour lesquelles le coût de l’énergie est très important", explique sur franceinfo Frédérique Feriaud, directrice générale du Médiateur national de l’énergie.
La sobriété énergétique plus subie que choisie
Autre chiffre en hausse : le nombre de ménages déclarant "avoir souffert du froid au moins 24 heures dans leur logement l’hiver dernier". Ils sont 35% cette année, contre 30% en 2024. Ils étaient 14% en 2020. Ce sont les ménages les plus modestes qui sont les plus touchés par la précarité énergétique : 59% des bénéficiaires du chèque énergie disent avoir souffert du froid.
Le coût de l’énergie s’est stabilisé et le tarif réglementé de l’électricité a baissé, mais les foyers modestes n’arrivent pas pour autant à faire face aux factures. Frédérique Feriaud l’explique par plusieurs facteurs : "La crise des prix de l’énergie pendant deux ans a fait considérablement augmenter les tarifs. Il n’y a plus de bouclier et il y a eu de l’inflation sur les produits alimentaires notamment. (...) Si on compare le niveau des tarifs réglementés aujourd’hui à celui de 2021, on est sur une hausse d’environ 20%".
Cette étude montre également que la sobriété énergétique est "davantage subie, que pleinement choisie". 87% des ménages qui disent adapter leurs comportements pour réduire leur consommation d’énergie le font pour "réduire leurs factures" alors que 34% évoquent une "motivation environnementale".
Le médiateur national de l’énergie appelle une nouvelle fois à "interdire les coupures d’électricité en cas d’impayés" et à "instaurer un droit à une alimentation minimale en électricité" toute l'année, et pas uniquement pendant la trêve hivernale, qui a lieu du 1er novembre au 31 mars. L’année dernière, 1 200 000 personnes étaient concernées par des restrictions d’électricité pour non-paiement de leur facture.
L’envoi du chèque énergie en 2025 est exceptionnellement programmé en novembre, au lieu du mois d’avril, juste après la fin de la trêve hivernale des coupures d’énergie. Cela risque d’avoir des conséquences : "Tous les bénéficiaires du chèque énergie qui auront dû attendre plusieurs mois supplémentaires pour le recevoir vont se retrouver en difficulté. Il risque d’y avoir davantage d’interventions pour impayés", craint Frédérique Feriaud.
Information France Info
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