Des responsables du Front de libération nationale kanak socialiste (FLNKS) ont confirmé, mercredi 13 août; rejeter l’accord signé à la mi-juillet. Leur président, Christian Tein, avait appelé à un rejet « clair et sans ambiguïté » du texte.
La position finale du Front de libération nationale kanak socialiste (FLNKS) est désormais connue : il « rejette formellement le projet d’accord de Bougival, en raison de son incompatibilité avec les fondements et acquis de [sa] lutte », a confirmé, mercredi 13 août, Dominique Fochi, secrétaire général de l’Union calédonienne et membre du bureau politique du mouvement indépendantiste kanak.
L’État et les représentants des forces politiques de Kanaky-Nouvelle-Calédonie (KNC) avaient signé le texte, le 12 juillet, à Bougival – nom de la ville des Yvelines où se sont tenues des négociations serrées. L’accord s’inscrit dans la continuité historique des deux grands autres, celui de Matignon-Oudinot (1988), et celui de Nouméa (1998).
Le texte de l’accord prévoit notamment la création d’un « État de Nouvelle-Calédonie » et d’une nationalité calédonienne, ainsi que la possibilité de transférer des compétences régaliennes (monnaie, justice, police). Mais il ne prévoit pas de nouveau référendum sur l’indépendance.
L’appel à un rejet « clair et sans ambiguïté » de l’accord
Le ministre des Outre-mer Manuel Valls a annoncé, dimanche 10 août, qu’il se rendrait en Kanaky-Nouvelle-Calédonie durant « la semaine du 18 août » sur le réseau social Facebook. « Je ne me résigne pas », a-t-il déclaré. « Tout porte à croire qu’il aurait été décidé un rejet de l’accord » sur un nouveau statut du territoire. « L’accord de Bougival n’est pas tombé du ciel. Il est un compromis historique, fruit de mois de travail (…) avec toutes les délégations y compris celle du FLNKS. Chacun y a apposé sa signature », a-t-il avancé.
De son côté, lors de l’ouverture du congrès du FLNKS, samedi 9 août, à La Conception, en banlieue de Nouméa, le président du mouvement, Christian Tein, avait appelé, dans une déclaration lue par une militante, à un rejet « clair et sans ambiguïté » de l’accord. Le leader kanak a assisté aux débats par visioconférence : sous contrôle judiciaire, le militant indépendantiste est interdit de séjour dans l’archipel français du Pacifique.
Libéré le 13 juin après un an de détention provisoire à la prison de Mulhouse-Lutterbach (HautRhin), il est accusé d’avoir orchestré les révoltes qui ont embrasé la Kanaky-Nouvelle-Calédonie en mai 2024. Christian Tein, dit Bichou, a également indiqué que les dispositions de l’accord n’étaient « que l’illustration du mépris de la puissance administrante à l’égard de notre combat pour la reconnaissance en tant que peuple colonisé ».
Le dirigeant de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) a prôné la « poursuite du dialogue », mais « uniquement sur les modalités d’accession à la pleine souveraineté », « en format bilatéral » avec l’État et ce « jusqu’au 24 septembre », comme en avait décidé le précédent congrès du mouvement, tenu en janvier. « Nous devons capitaliser sur nos atouts et les valoriser au mieux afin d’accéder à la pleine souveraineté au plus tard avant les élections présidentielles de 2027 », a-t-il conclu.
Celui qui est devenu le symbole d’une répression judiciaire coloniale indiquait un an plus tôt, dans nos colonnes : « Nous, les Kanak, nous savons les raisons pour lesquelles on avance, quel est notre combat commun. C’est un combat de longue haleine », déclarait-il au moment où il était incarcéré à 17 000 kilomètres de chez lui.
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