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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 05:20
Israël: le leader d'extrême-droite Avigdor Lieberman devient ministre de la défense (Le Monde)

L’ultranationaliste Avigdor Lieberman a été investi lundi 30 mai par le Parlement israélien comme ministre de la défense, un poste où il supervisera l’action dans les territoires palestiniens et où il a promis de se montrer « raisonnable » après des années de rhétorique agressive. Avec l’entrée de M. Lieberman, ce gouvernement est le plus à droite de l’histoire d’Israël selon les commentateurs.

La nomination du chef du parti d’extrême droite Israël Beitenou (« Israël notre maison »), et celle de Sofa Landver – membre de la même formation – au poste de ministre de l’intégration, a été approuvée par 55 voix contre 43 et une abstention, les 21 autres députés étant absents lors du vote.

Une coalition renforcée au Parlement

Après presque deux semaines de tractations et de revirements, le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a donc réussi, en intégrant Israël Beitenou dans la coalition gouvernementale, à porter de 61 à 66 voix la majorité ténue dont il dispose au Parlement (120 sièges).

M. Lieberman, malgré son manque d’expérience militaire, remplace donc à la défense Moshé Yaalon, considéré en Israël comme un avocat de la retenue envers les Palestiniens, qui vient de démissionner avec fracas. Connu pour ses diatribes anti-arabes et son populisme belliqueux, il se retrouve en position de numéro deux du gouvernement, avec une voix prépondérante sur le déclenchement des guerres, le conflit israélo-palestinien et l’administration des territoires occupés.

Avant ses négociations avec M. Nétanyahou, il accusait notamment le gouvernement de manquer de fermeté face aux attaques palestiniennes et lui reprochait de ne pas construire dans les colonies de Cisjordanie occupée.

Le premier ministre s’est voulu rassurant lundi, assurant que le retour de celui qui fut son mentor puis son ministre des affaires étrangères (2009-2012, 2013-2015) ne changerait pas les orientations gouvernementales.

L’Autorité palestinienne a dit voir dans le gouvernement israélien en gestation « une vraie menace d’instabilité et d’extrémisme dans la région ».

Lire aussi dans

la Tribune de Genève:

"La dérive ultranationaliste met Israël en ébullition" (Andrès Allemand, 30 mai 2016): démission de 2 ministres, un ancien général qui voit des similarités avec l'Allemagne Nazie. Séisme politique?

Coup sur coup, deux ministres israéliens viennent de démissionner en l’espace d’une semaine. Le second, Avi Gabbay, a annoncé ce vendredi matin qu’il quittait le cabinet de Benjamin Netanyahou, trop « extrémiste » après la nomination mercredi de l’ultranationaliste Avigdor Lieberman à la Défense. Une nomination pour élargir la coalition et ainsi disposer d’une majorité plus large au Parlement. Ainsi s’en va un représentant de Koulanou, unique parti centriste du gouvernement.

Le vendredi précédent, c’est Moshe Ya’alon qui claquait la porte pour les mêmes raisons. Ancien chef d’état-major, ce politicien conservateur, membre du Likoud comme Netanyahou, était outré de devoir laisser la Défense à un civil inexpérimenté et incendiaire. « Des éléments extrémistes et dangereux ont pris le pouvoir », a-t-il prévenu dans un discours au QG de l’armée à Tel-Aviv. Il dit avoir « peur pour l’avenir ».

« Graines de fascisme »

Ce n’est pas le seul. Soldat le plus décoré d’Israël, l’ancien premier ministre travailliste Ehoud Barak, qui fut aussi ministre de la Défense sous Netanyahou, estime que « le gouvernement a été infecté avec des graines de fascisme ». Quant à Moshe Arens, qui pour sa part fut en charge des armées à trois reprises, il voit un tournant majeur dans la politique israélienne : « Un séisme est en vue. Cela prendra peut-être un peu de temps, mais il arrive. »

Le très controversé Avigdor Lieberman vit dans une implantation illégale en Cisjordanie. Il veut réintroduire la peine de mort pour les terroristes palestiniens et appelle à décapiter les Arabes israéliens déloyaux. D’ailleurs, il estime que les Arabes citoyens d’Israël (20% de la population) forment une « cinquième colonne » et qu’il faudra qu’une partie soit transférée en territoire palestinien en cas d’accord de paix.

Ce n’est certes pas la première fois que le chef du parti Israël Beytenou (Notre Maison Israël) entre au gouvernement. Lieberman fut même en charge de la diplomatie israélienne entre 2009 et 2015. Mais à présent, il intègre une coalition déjà très à droite, le Likoud s’appuyant sur les ultraorthodoxes et les ultranationalistes. Par ailleurs, la Défense est le poste le plus important (et le plus sensible) après celui du premier ministre. Traditionnellement, il est confié à un ancien militaire expérimenté.

« Procédés nazis »

Mais il y a pire. Le retour spectaculaire de Lieberman ne ferait que confirmer la dérive ultranationaliste en Israël. Une dérive si inquiétante qu’elle rappelle à certains les débuts du nazisme. Le 5 mai, Journée de commémoration de l’Holocauste, le général Yair Golan, adjoint du chef d’état-major de l’armée, a osé la comparaison : « Ce qui m’effraie en repensant à l’Holocauste, c’est de connaître les procédés abjects utilisés en Europe en général - et en Allemagne en particulier - il y a 70, 80, 90 ans… et d’en voir des traces ici au milieu de nous, en 2016 ! »

Désavoué par le premier ministre, le général a été soutenu par Moshe Ya’alon (avant sa démission). L’ex-ministre de la Défense s’est déjà trouvé en porte-à-faux en mars quand il a condamné un soldat qui avait abattu d’une balle dans la tête un assaillant palestinien blessé qui ne représentait plus de menace. Netanyahou, lui, avait appelé le père pour lui assurer que son fils serait jugé équitablement. Et Lieberman ? Il n’y voyait pas du tout un crime.

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 19:21
Migrants/drames humains en Méditerranée: l'UE et les Etats-membres doivent respecter les droits humains (PCF)

Lettre des relations internationales du PCF - Spécial Migrants, mars 2016

Migrants/drame en Méditerranée : L'UE et les États-membres doivent respecter les droits humains

C'est une tragédie de plus qui s'est déroulée ces derniers jours en Méditerranée.

Des centaines de migrants dont au moins 40 enfants qui voulaient rejoindre les côtes italiennes en provenance de Libye ont disparu dans trois naufrages.

Le porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a déclaré : « la situation est chaotique, nous ne sommes pas sûrs des chiffres, mais nous craignons que jusqu'à 700 personnes se soient noyées, cette semaine ».

Les récits des survivants sont bouleversants. Ces nouveaux drames suscitent un profond sentiment de colère et de honte.

Les mesures prises de surveillance aéronavale se montrent impuissantes à éviter de tels drames, même si l'intervention de sauvetage de la marine italienne, de l'opération européenne Sofia, des ONG, et même des garde-côtes libyens, ont permis de sauver 5600 migrants la semaine dernière.

La seule réponse véritable pour préserver ces vies de femmes, d'hommes et d'enfants qui fuient guerres, violence et misère, et « casser » le trafic organisé par les passeurs, c'est, comme le réclament les ONG, d'ouvrir des voies légales et sécurisées pour leur passage des côtes libyennes vers l'Europe.

Jusqu'à quand, et jusqu'à combien de disparitions, l'UE et les États-membres persisteront-ils dans ce refus criminel qui conduit à de tels drames et à faire le lit des passeurs ?

La fermeture de la route des Balkans et l'accord honteux UE-Turquie de bloquer toute entrée par ces voies, multiplient les drames.

Le PCF réaffirme que l'UE et les États-membres se doivent d'abandonner cette politique d'Europe-forteresse et de s'engager au respect du droit international et droits humains pour accueillir ces réfugiés, mais également de ses propres valeurs fondatrices de solidarité, de respect de la dignité humaine. Les migrants ne sont pas des criminels.

Dans les pays du Sud de l'Europe comme la France, l'Italie, l'Espagne, de grandes et petites associations, des élus des villes et villages, des citoyens, sont prêts à accueillir des migrants… Leurs États doivent assumer leur responsabilité d'accueil et la France, parmi les premiers, lever tous les obstacles mis à leur venue.

Le PCF, le 31 mai 2016

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 05:10

"Libre-échange: avec TISA, les multinationales réclament un droit de veto sur les Etats"
WikiLeaks rend publics de nouveaux documents sur les négociations secrètes d'un accord sur les services (TISA). Ils révèlent comment les grands groupes cherchent à organiser leur irresponsabilité juridique et financière. Ils font pression pour obtenir la suppression de toute réglementation contraignante et avoir un droit de veto à l’avenir sur toutes les lois nationales.

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 07:28
L'élection présidentielle en Autriche sonne comme un dernier avertissement (PCF)

L'élection présidentielle en Autriche sonne comme un dernier avertissement

Le candidat indépendant écologiste Alexander Van der Bellen remporte dans un mouchoir de poche les élections présidentielles en Autriche, contre le candidat d’extrême-droite Norbert Hofer. Le PCF salue le choix du peuple autrichien et la victoire de Van der Bellen contre le candidat du FPÖ.

Il partage le soulagement des progressistes en Autriche et en Europe d’éviter, in extremis, l’accession de l’extrême-droite à la tête d’un État pour la première fois en Europe depuis 1945.

Ce résultat du FPÖ ne peut être banalisé.

Ce scrutin est peut-être le dernier avertissement avant que l’extrême-droite ne soit en mesure de s’emparer de leviers de pouvoirs décisifs en Europe.

Après la percée d’afD aux élections régionales allemandes, et celle de l’extrême-droite aux élections législatives slovaques, et vu le niveau du Front national en France, ces élections montrent que les sentiments xénophobes et de repli identitaire travaillent une large part des populations européennes.

L'Union Européenne porte une lourde responsabilité. Il faut rompre avec l'austérité et l'autoritarisme.

L’heure est à la mobilisation de de toutes les forces de progrès pour répondre aux urgences démocratiques et sociales en Europe.

Quand, comme en Autriche, un chancelier social-démocrate gouverne avec la droite pour légitimer le discours de l’extrême-droite, cette dernière en tire des profits immédiats.

L’heure est à la construction de politiques qui s’appuient sur la justice, la solidarité et sur l’impératif de souveraineté des peuples.

Parti communiste français, 23 mai 2016.

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 07:16
Eric Hazan

Eric Hazan

D’après Manuel Valls, «l’antisionisme est tout simplement le synonyme d’antisémitisme».

Ce propos n’est pas surprenant de la part d’un homme politique pour lequel «l’état d’urgence, c’est l’Etat de droit», et qui entend lutter contre le chômage en facilitant les licenciements.

Mais sérieusement, qu’est-ce au juste que «l’antisionisme ?»

Il y a deux réponses possibles.

La première, celle des dîners du Crif, repose sur deux assertions successives : l’Etat d’Israël parle au nom des Juifs du monde entier ; par conséquent, être «antisioniste», critiquer la politique israélienne, c’est dénigrer non seulement le gouvernement israélien, mais la population du pays et l’ensemble de tous les Juifs - c’est de l’antisémitisme.

Cette façon de voir occulte deux points essentiels : la grande majorité des Juifs vivent ailleurs qu’en Israël et parmi eux, nombreux sont ceux qui n’approuvent pas sa politique ; d’autre part, critiquer un gouvernement ne signifie nullement que l’on accuse la population du pays.

Non, condamner la politique coloniale d’Israël n’a rien à voir avec l’antisémitisme.

La deuxième réponse à la question qu’est-ce que «l’antisionisme ?» est d’ordre historique. Au début du XXe siècle, quand Theodor Herzl invitait les Juifs d’Europe à partir pour la Palestine, beaucoup d’entre eux s’y opposaient, notamment les ouvriers révolutionnaires polonais du Bund. Ils étaient antisionistes, les seuls peut-être à avoir mérité ce terme qui n’a plus guère de sens aujourd’hui.

Par la suite, dans l’entre-deux-guerres, la présence juive en Palestine étant un fait accompli, plusieurs intellectuels juifs de grand renom comme Hannah Arendt, Martin Buber ou Gershom Scholem dirent et écrivirent que cette présence ne pouvait plus être remise en cause, mais qu’il fallait surtout éviter que s’établisse une souveraineté juive sur la Palestine.

En octobre 1947, alors que le statut de la Palestine était encore en discussion à l’ONU, Arendt prit la parole devant la commission internationale chargée d’éclairer l’Assemblée générale, et plaida en faveur d’une fédération, d’un Etat binational sur le territoire de la Palestine mandataire. Aujourd’hui, les termes du débat sont les mêmes. I

l y a d’un côté ceux qui défendent un Etat juif souverain, le plus puissant et le plus homogène possible, qui travaille à judaïser tout le territoire de la Palestine historique en maintenant en sujétion ses habitants non juifs, les Palestiniens d’Israël et ceux des Territoires occupés.

Et de l’autre côté, il y a ceux pour lesquels les quelque 11 millions d’êtres humains habitant entre le Jourdain et la mer ont tous le droit de vivre en égaux dans un Etat commun. (On peut laisser de côté la solution des deux Etats, fiction destinée à faire accepter le statu quo).

Pour ceux, Juifs ou Arabes, qui soutiennent la création d’un tel Etat, la présence juive en Palestine ne se discute plus depuis longtemps, c’est la souveraineté juive qui est le cœur du litige. Le boycott d’Israël est pour eux un moyen d’en finir avec cette souveraineté. Les accuser de vouloir la «destruction d’Israël», d’être des antisémites, c’est utiliser une fois de plus Auschwitz pour légitimer la politique coloniale du gouvernement israélien.

Le boycott n’est pas une arme contre les Juifs israéliens.

Bien au contraire, il les aide à faire un jour partie intégrante de la région du monde où leurs aînés ont été autrefois conduits, à quitter leurs habits de colons pour devenir des égaux vivant enfin en paix dans un pays réconcilié.

Eric Hazan

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 07:00
Maison dite d'Ariel Shalon, un exemple symbolique de la politique de colonisation israélienne en plein cœur du quartier musulman du vieux Jérusalem

Maison dite d'Ariel Shalon, un exemple symbolique de la politique de colonisation israélienne en plein cœur du quartier musulman du vieux Jérusalem

Report de la conférence internationale sur le Proche-Orient : Une politique sous influence

Comment interpréter le report de la conférence internationale sur le Proche Orient prévue le 31 mai - d'abord à "l'été" puis finalement au 3 juin -, conférence initiée, avant son départ du Quai d’Orsay, par Laurent Fabius qui s’engageait en cas d’échec à ce que la France reconnaisse officiellement l’Etat de Palestine ?

Qu'en penser quand on sait que Jean-Marc Ayrault a annoncé "qu'en cas d'échec, la France renoncerait à la reconnaissance de l'Etat palestinien" dès les premiers jours de son entrée en fonctions.

L’opposition de B. Netanyahou, relayée en France par les fervents soutiens de la politique israélienne, la critique virulente du vote de la France de la résolution de l’UNESCO reprochant à Israël, puissance occupante, ses multiples violations du droits international et des droits humains à l’intérieur de la vieille ville de Jérusalem, les provocations de groupes religieux intégristes ont conduit, rapidement, le premier ministre Manuel Valls a désavoué l'ambassadeur de France à l'UNESCO, et l'Elysée à reporter la conférence.

François Hollande et Manuel Valls se sont donc pliés aux exigences d’un gouvernement d’extrême-droite, celui de Netanyahou. Le chemin vers la paix et la justice ne peut être pavé de renoncements ou de mensonges. Le Parti communiste français demande au gouvernement et au chef de l'Etat de mener au Proche Orient une politique s’appuyant sur le droit international, le respect des résolutions de l’ONU pour qu’enfin les Palestiniens voient leur Etat reconnu dans ses frontières de 1967 et avec Jérusalem Est pour capitale.

C'est la seule véritable façon d’assurer le respect des droits fondamentaux du peuple palestinien et la sécurité d’Israël.

Le PCF, 21 mai 2016

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 06:37
Turquie: levée de l'immunité parlementaire de 50 députés du HDP: coup d'état d'Erdogan (PCF)

Turquie/Levée de l'immunité parlementaire de députés du HDP : "Coup d'Etat d'Erdogan"

Le Parlement turc vient de voter la levée de l’immunité parlementaire de 50 des 59 députés du HDP. Il s’agit d’un véritable coup d’État liberticide. Recep Tayyip Erdogan tente ainsi d’éliminer la seule opposition démocratique qui entrave sa marche vers une réforme constitutionnelle lui conférant tous les pouvoirs pour installer sa dictature.

La France et l’Union européenne doivent en tirer toutes les conséquences en cessant de soutenir ce tyran qui emprisonne les journalistes, les intellectuels, les militants progressistes et qui mène une guerre sanglante contre le peuple kurde.

Le PCF exprime sa solidarité entière aux forces démocratiques et aux peuples de Turquie.

La Rencontre internationale "Pour une Conférence Mondiale pour la Paix et le Progrès" (#CMPP2016) qui se tiendra à Paris, le 1er juin, se fera largement l’écho de cette exigence de paix, de solidarité et de démocratie.

* Le HDP de Selahattin Demirtaş est le "Syrisa turc", Parti démocratique, laïc de gauche kurde qui a fait une percée électorale lors des dernières élections législatives de novembre 2015. Selahattin Demirtas sera présent normalement à la "Conférence mondiale pour la Paix et le Progrès organisée par le PCF à Paris, place du colonel Fabien, le 1er juin 2016.

Selahattin Demirtaş

Selahattin Demirtaş

les élus turcs d'opposition sans immunité - Ouest-France, 21 mai 2016

les élus turcs d'opposition sans immunité - Ouest-France, 21 mai 2016

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 10:03

L’initiative française malmenée

L’initiative française ne serait-elle qu’un moment de lucidité face à un « processus de paix » enterré depuis longtemps par la volonté des gouvernements israéliens successifs ?

Le report de la réunion annoncée pour le 30 mai en raison de l’agenda de John Kerry aurait pu prêter simplement à sourire, sans les déclarations de François Hollande à Europe 1.

On y apprend d’abord que, à la suite de MM. Valls et Cazeneuve qui s’étaient improvisés responsables des Affaires étrangères, il regrette lui aussi finalement le vote de la France à l’Unesco sur Jérusalem, après avoir dans un premier temps récusé la lecture qu’en faisait le CRIF : démonstration désolante de l’incohérence française !

A-t-il été impressionné par les propos délirants de Netanyahou et de ses relais français, pour faire à son tour une lecture fantasmée de cette résolution et en promettre une nouvelle mouture pour l’automne ?

La résolution ne faisait en réalité que rappeler la position constante de l’ONU concernant les lieux saints de Jérusalem, à savoir le maintien du statu quo mis à mal par les violations répétées d’Israël puissance occupante. Quant à la conférence désormais reportée, elle doit avoir lieu parce que selon François Hollande « la colonisation, les attaques, les attaques terroristes, un certain nombre de conflits …vont se poursuivre, les Palestiniens … vont aller vers le Conseil de sécurité ».

Mais quel risque y aurait-il donc à ce que les Palestiniens aillent demander justice devant le Conseil de sécurité ?

L’idée de base de l’initiative française, malgré de sérieux manquements, est juste, dans la mesure où elle permet de sortir du face à face inégal occupant - occupé. De cela il est malheureusement clair que le gouvernement israélien ne veut pas et qu’il faudra d’une manière ou d’une autre l’y contraindre. Pour ne pas la voir se transformer, au vu du blocage israélien, en petits marchandages mettant de côté le droit international, c’est une approche de cohérence et fermeté qui doit être celle de la France. Les complaisances à l’égard de la puissance occupante ne mènent à rien. C’est en réalité la question des sanctions qui est posée, en même temps que la pleine reconnaissance de l’Etat de Palestine.

Le Bureau national de l'AFPS - Association France Palestine Solidarité (AFPS)

Négociations Israël-Palestine: l'initiative française malmenée (AFPS)
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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 10:02
Communiqué du Collectif national pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens - semaine d'action du 30 mai au 5 juin 2016

APPELS AU BOYCOTT, AU DÉSINVESTISSEMENT ET AUX SANCTIONS CONTRE ISRAËL

Communiqué du Collectif national pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens

jeudi 19 mai 2016

Appels au boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre Israël

Un droit d’expression légitime

Semaine d’action du 30 mai au 5 juin 2016

Dans le contexte général d’atteintes aux libertés que nous connaissons, la condamnation de militants appelant au boycott et à des sanctions contre l’Etat d’Israël afin qu’il respecte le droit international et l’ensemble des résolutions de l’O.N.U est une grave atteinte aux libertés citoyennes.

C’est pour avoir demandé dans le cadre de la campagne internationale « Boycott-Désinvestissement-Sanctions » (BDS) à des clients de supermarchés de s’abstenir d’acheter des produits exportés par Israël que 12 militants de Mulhouse ont été récemment condamnés par la Cour de cassation après avoir été relaxés par le tribunal de Grande Instance puis condamnés, à nouveau par la cour d’appel de Colmar. Aujourd’hui, ces derniers en appellent à la Cour européenne des droits de l’homme, dernier rempart contre la volonté des autorités française de museler toute dénonciation de la politique israélienne.

Car la France est le seul pays d’Europe qui agit de la sorte pour faire de l’appel au boycott un délit. Devant une atteinte aussi grave aux libertés, Il faut que se mobilisent toutes celles et ceux qui refusent de voir ces militants condamnés et cette expression réprimée.

C’est pourquoi, le Collectif national pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens appelle à une semaine d’action du 30 mai au 5 juin 2015 pour la défense des libertés et du droit au boycott, le droit à la solidarité, la fin de l’occupation, et l’exigence de sanctions contre l’Etat d’Israël tant qu’il viole le droit international et nie les droits nationaux du peuple palestinien.

Il invite à prendre localement toutes initiatives pour interpeller dans l’unité la plus large les autorités de l’Etat et demander l’abrogation des circulaires Alliot-Marie et Mercier.

Signataires membres du Collectif national pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens

Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui (ACCA) – AFD International – AILES Femmes du Maroc - Alternative Libertaire (AL) - Américains contre la guerre (AAW) - Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) - Association des Tunisiens en France (ATF) - Association France Palestine Solidarité (AFPS) -Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (ANECR) - Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC) - Association pour les Jumelages entre les camps de réfugiés Palestiniens et les villes Françaises (AJPF) - Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) - Association Universitaire pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP) - Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP) - Cedetim / IPAM - Collectif des Musulmans de France (CMF) - Collectif Faty Koumba : Association des Libertés, Droits de l’Homme et non-violence - Collectif interuniversitaire pour la coopération avec les Universités Palestiniennes (CICUP) - Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP) - Collectif Paix Palestine Israël (CPPI Saint-Denis) - Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR PO) - Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient du 5e arrt (CJPP5) - Droit-Solidarité – Ensemble ! - Europe Ecologie les Verts (EELV) – Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) - Fédération Syndicale Unitaire (FSU) – Forum Palestine Citoyenneté - Génération Palestine - La Courneuve-Palestine - le Mouvement de la Paix - les Femmes en noir - Ligue des Droits de l’Homme (LDH) - Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, section française de la Women’s International League for Peace and Freedom (WILPF) (LIFPL) - Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) - Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF) – Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) - Organisation de Femmes Egalité - Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF) - Parti Communiste Français (PCF) - Parti de Gauche (PG) - Parti de l’émancipation du peuple - Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM) – Socialistes pour la Paix – Sortir du colonialisme - Une Autre Voix Juive (UAVJ) – Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT) – Union Juive Française pour la Paix (UJFP) - Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) - Union syndicale Solidaires

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 05:22
Mahmoud Abbas et le pape François (photo L'Humanité)

Mahmoud Abbas et le pape François (photo L'Humanité)

Bon, il y a tout de même l'absolution et le renouvellement de confiance pour le triste cardinal Barbarin qui nous rappelle que l'Eglise est l'Eglise, mais nous devons avouer que les propos de ce pape, trop peu cités par la presse et les médias qui se concentrent sur les histoires de pédophilie et Barbarin (pas plus de respect pour l'Eglise que pour le Parti Communiste, deux vieilles institutions désuètes pour les médias capitalistes post-modernes), détonnent dans le paysage de chefs d'Etat réactionnaires, obscurantistes, et ultra-libéraux: il dénonce un monde de prédation capitaliste, les rapports coloniaux et néo-coloniaux nord-sud, l'impérialisme occidental, les théories du choc des civilisations, l'essentialisation culturaliste ou ethnique de l'Europe, il réclame la lucidité dans les rapports internationaux pour préserver la paix, le désarmement, le caractère inconditionnel de l'accueil pour les réfugiés, la tolérance et la compréhension pour les musulmans.

Ce Pape est animé par l'esprit des évangiles. Il rehausse la médiocrité, l'irresponsabilité et le cynisme ambiant parmi les responsables politiques du monde. C'est une voix d'humanité, de générosité et de raison à entendre.

« Le pire accueil est de les ghettoïser alors qu’il faut au contraire les intégrer » a dit le pape lors de son entretien à La Croix (visite du pape du camp de réfugiés de Moria le 16 avril 2016). / Filippo Monteforte/AFP

La Croix : Dans vos discours sur l’Europe, vous évoquez les « racines » du continent, sans jamais pour autant les qualifier de chrétiennes. Vous définissez plutôt « l’identité européenne » comme « dynamique et multiculturelle ». Selon vous, l’expression de « racines chrétiennes » est inappropriée pour l’Europe ?

Pape François : Il faut parler de racines au pluriel car il y en a tant. En ce sens, quand j’entends parler des racines chrétiennes de l’Europe, j’en redoute parfois la tonalité, qui peut être triomphaliste ou vengeresse. Cela devient alors du colonialisme. Jean-Paul II en parlait avec une tonalité tranquille. L’Europe, oui, a des racines chrétiennes. Le christianisme a pour devoir de les arroser, mais dans un esprit de service comme pour le lavement des pieds. Le devoir du christianisme pour l’Europe, c’est le service. Erich Przywara, grand maître de Romano Guardini et de Hans Urs von Balthasar, nous l’enseigne : l’apport du christianisme à une culture est celui du Christ avec le lavement des pieds, c’est-à-dire le service et le don de la vie. Ce ne doit pas être un apport colonialiste.

Vous avez posé un geste fort en ramenant des réfugiés de Lesbos à Rome le 16 avril dernier. Mais l’Europe peut-elle accueillir tant de migrants ?

Pape François : C’est une question juste et responsable parce qu’on ne peut pas ouvrir grand les portes de façon irrationnelle. Mais la question de fond à se poser est pourquoi il y a tant de migrants aujourd’hui. Quand je suis allé à Lampedusa, il y a trois ans, ce phénomène commençait déjà.

Le problème initial, ce sont les guerres au Moyen-Orient et en Afrique et le sous-développement du continent africain, qui provoque la faim. S’il y a des guerres, c’est parce qu’il y a des fabricants d’armes – ce qui peut se justifier pour la défense – et surtout des trafiquants d’armes. S’il y a autant de chômage, c’est à cause du manque d’investissements pouvant procurer du travail, comme l’Afrique en a tant besoin.

Cela soulève plus largement la question d’un système économique mondial tombé dans l’idolâtrie de l’argent. Plus de 80 % des richesses de l’humanité sont aux mains d’environ 16 % de la population. Un marché complètement libre ne fonctionne pas. Le marché en soi est une bonne chose mais il lui faut, en point d’appui, un tiers, l’État, pour le contrôler et l’équilibrer. Ce qu’on appelle l’économie sociale de marché.

Revenons aux migrants. Le pire accueil est de les ghettoïser alors qu’il faut au contraire les intégrer. À Bruxelles, les terroristes étaient des Belges, enfants de migrants, mais ils venaient d’un ghetto. À Londres, le nouveau maire (Sadiq Khan, fils de Pakistanais, musulman, NDLR) a prêté serment dans une cathédrale et sera sans doute reçu par la reine. Cela montre pour l’Europe l’importance de retrouver sa capacité d’intégrer. Je pense à Grégoire le Grand (pape de 590 à 604, NDLR), qui a négocié avec ceux qu’on appelait les barbares, qui se sont ensuite intégrés.

Cette intégration est d’autant plus nécessaire aujourd’hui que l’Europe connaît un grave problème de dénatalité, en raison d’une recherche égoïste de bien-être. Un vide démographique s’installe. En France toutefois, grâce à la politique familiale, cette tendance est atténuée.

La crainte d’accueillir des migrants se nourrit en partie d’une crainte de l’islam. Selon vous, la peur que suscite cette religion en Europe est-elle justifiée ?

Pape François : Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui une peur de l’islam, en tant que tel, mais de Daech et de sa guerre de conquête, tirée en partie de l’islam. L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter, avec la même idée de conquête, la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations.

Devant l’actuel terrorisme islamiste, il conviendrait de s’interroger sur la manière dont a été exporté un modèle de démocratie trop occidentale dans des pays où il y avait un pouvoir fort, comme en Irak. Ou en Libye, à la structure tribale. On ne peut avancer sans tenir compte de cette culture. Comme disait un Libyen il y a quelque temps : « Autrefois, nous avions Kadhafi, maintenant, nous en avons 50 ! »

Sur le fond, la coexistence entre chrétiens et musulmans est possible. Je viens d’un pays où ils cohabitent en bonne familiarité. Les musulmans y vénèrent la Vierge Marie et saint Georges. Dans un pays d’Afrique, on m’a rapporté que pour le Jubilé de la miséricorde, les musulmans font longuement la queue à la cathédrale pour passer la porte sainte et prier la Vierge Marie. En Centrafrique, avant la guerre, chrétiens et musulmans vivaient ensemble et doivent le réapprendre aujourd’hui. Le Liban aussi montre que c’est possible.

La Croix : L’importance de l’islam aujourd’hui en France comme l’ancrage historique chrétien du pays soulèvent des questions récurrentes sur la place des religions dans l’espace public. Quelle est, selon vous, une bonne laïcité ?

Pape François : Un État doit être laïque. Les États confessionnels finissent mal. Cela va contre l’Histoire. Je crois qu’une laïcité accompagnée d’une solide loi garantissant la liberté religieuse offre un cadre pour aller de l’avant. Nous sommes tous égaux, comme fils de Dieu ou avec notre dignité de personne. Mais chacun doit avoir la liberté d’extérioriser sa propre foi. Si une femme musulmane veut porter le voile, elle doit pouvoir le faire. De même, si un catholique veut porter une croix. On doit pouvoir professer sa foi non pas à côté mais au sein de la culture.

La petite critique que j’adresserais à la France à cet égard est d’exagérer la laïcité. Cela provient d’une manière de considérer les religions comme une sous-culture et non comme une culture à part entière. Je crains que cette approche, qui se comprend par l’héritage des Lumières, ne demeure encore.

La France devrait faire un pas en avant à ce sujet pour accepter que l’ouverture à la transcendance soit un droit pour tous.

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