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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 05:25

L'Europe du Grand Capital, disions-nous: tout cela se fait à ciel ouvert, avec le plus grand cynisme et le plus grand mépris des peuples...

Voir cet article du Monde:

Pluie de critiques après l’embauche de Barroso par Goldman Sachs
http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/07/09/pluie-de-critiques-apres-l-embauche-de-barroso-par-goldman-sachs_4967021_3214.html

« Sans honte », « indécent », un « bras d’honneur » : une pluie de critiques s’est abattue samedi 9 juillet en France et au Portugal sur l’ex-président de la Commission européenne, José Manuel Barroso qui va rejoindre la banque d’affaires américaine Goldman Sachs.

En France, plusieurs voix de gauche, jusqu’au sein du gouvernement, ont protesté contre son embauche par une banque à la réputation sulfureuse, notamment en raison de son rôle dans la crise des subprimes en 2008 et parce qu’elle avait aidé, au début des années 2000, l’Etat grec à masquer ses déficits pour rester dans l’euro.

Lire aussi : L’ex-président de la Commission européenne José Manuel Barroso recruté par Goldman Sachs

Le secrétaire d’Etat français au commerce extérieur, le socialiste Matthias Fekl, a qualifié, dans un tweet, le Portugais de « représentant indécent d’une vieilleEurope que notre génération va changer ».

Les eurodéputés PS français ont eux jugé « scandaleux » ce « nouveau pantouflage, qui ressemble fort à un conflit d’intérêt ». « Nous exigeons une révision des règles pour empêcher de tels recrutements d’anciens Commissaires européens », ont-ils écrit dans un communiqué.

Indignation au Portugal

Même indignation à Lisbonne, dans les rangs du parti socialiste au pouvoir et de ses alliés de la gauche radicale. « Cette nomination montre que l’élite européenne dont fait partie Barroso n’a aucune honte », a ainsi réagi Pedro Filipe Soares, chef de file parlementaire du Bloc de gauche.

Premier ministre du Portugal de 2002 à 2004, M. Barroso a occupé la présidence de la Commission européenne de 2004 à 2014, période durant laquelle l’Europe, secouée par la crise financière de 2008, a été perçue comme libérale et sans grand dessein. La banque Goldman Sachs a annoncé vendredi l’avoir engagé pour la conseiller, alors que la sortie du Royaume-Uni de l’UE devrait avoir des impacts sur le monde financier.

« Après avoir passé plus de trente ans dans la politique et le service public, c’est un défi intéressant et stimulant qui me permet d’utiliser mes compétences dans une institution financière mondiale », a expliqué M. Barroso à l’hebdomadaire portugais Expresso.

« Si l’on reste dans la vie politique, on est critiqué pour vivre aux crochets de l’Etat, si l’on va dans le privé, on est critiqué pour tirer profit de l’expérience acquise dans la politique », a-t-il ajouté, balayant tous les reproches.

Mais la presse française estime que cette nomination tombe au plus mal.« L’image de l’Union européenne qui n’est pas folichonne en ce moment, n’avait pas besoin de cela », écrit samedi L’Obs.

« C’est, au pire moment, un symbole désastreux pour l’Union et une aubaine pour les europhobes », renchérit le quotidien de gauche Libération

José Manuel Barroso n’a enfreint aucune règle, puisque au-delà de 18 mois après la fin de leur mandat, rien n’oblige les anciens membres de la Commission àrendre des comptes, a pour sa part souligné cette institution.

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 06:00
Un rapport accablant souligne les erreurs de Tony Blair sur la guerre en Irak en 2003 (Médiapart, 6 juillet 2016)

Un rapport accablant souligne les erreurs de Tony Blair sur la guerre d’Irak

6 JUILLET 2016 | PAR THOMAS CANTALOUBE

Après sept années d'enquête, la commission Chilcot a remis un rapport très négatif sur la manière dont le gouvernement britannique a engagé le Royaume-Uni en Irak en 2003 aux côtés des États-Unis : renseignements défectueux, manipulation politique, impréparation militaire…

De notre envoyé spécial au Royaume-Uni. - Moins de quinze jours après le référendum approuvant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, les Britanniques se sont de nouveau plongés, mercredi 6 juillet 2016, dans un de ces psychodrames dont ils possèdent le secret. Après sept années de labeur, la mort d’un de ses membres, des centaines d’audition et des dizaines de milliers de documents examinés, la commission Chilcot, du nom de son rapporteur Sir John Chilcot, un haut fonctionnaire en retraite, a finalement rendu son rapport sur l’engagement du pays dans la guerre d’Irak. Et c’est un document qui ne mâche pas ses mots.

Alors que beaucoup d’observateurs envisageaient un rapport un peu mou, qui ménagerait le pour et le contre et renverrait dos à dos les critiques et les avocats de l’invasion de l’Irak, le rapport Chilcot est étonnamment affirmatif, en déposant ses conclusions au pied du premier ministre de l’époque, Tony Blair. Ce dernier, juge-t-il en effet, est le principal responsable d’un désastre qui a provoqué la mort de 179 soldats britanniques, d’au moins 125 000 Irakiens, la plupart des civils, et abouti à la situation inextricable d’un pays aujourd’hui divisé et en plein guerre civile avec l’État islamique.

Dans une conférence de presse délivrée au moment de la remise de son rapport (12 volumes faisant chacun la taille d’un gros livre pour un total de 2,6 millions de mots), John Chilcot a résumé les principaux points de son enquête : « Nous avons conclu que le Royaume-Uni a choisi de se joindre à l’invasion de l’Irak, avant que toutes les options pacifiques pour un désarmement [de l’Irak] ne soient épuisées. L’action militaire à ce moment-là n’était pas un dernier ressort. » Autrement dit, tout le discours de rationalisation de la guerre développé à l’époque par le tandem George W. Bush-Tony Blair est mis à bas.

Le document le plus incriminant est sans doute un mémorandum « secret et personnel »adressé par le chef du gouvernement britannique à son homologue américain. Rédigé huit mois avant le déclenchement de l’invasion, Blair écrit : « Je serai avec vous quoi qu’il en soit. (…) Se débarrasser de Saddam Hussein est la bonne chose à faire. Il est une menace potentielle. Il pourrait être contenu. Mais le contenir, comme nous l’avons vu avec Al-Qaïda, est toujours risqué. Son départ libérerait la région. Et son régime est probablement, à l’exception possible de la Corée du Nord, le plus brutal et inhumain dans le monde. »

Pour les adversaires de la guerre en Irak, ce mémo est la preuve que Blair et Bush avaient décidé longtemps à l’avance de déposer Saddam Hussein, quelles que soient les circonstances. Les longs mois qui se sont écoulés entre l’été 2002 et l’invasion proprement dite de mars 2003, durant lesquels l’ONU et les spécialistes du désarmement ont été mis à contribution, n’auraient finalement été qu’un vernis destiné à valider une décision déjà prise. C’est bien ce que confirme ce fameux mémorandum, dans lequel Blair expose la stratégie à suivre pour bâtir une coalition et influencer l’opinion publique, qu’il estime, à raison, assez négative en Grande-Bretagne et dans le reste de l’Europe : « Si nous récapitulons toutes les preuves sur les armes de destruction massive, que nous y ajoutons ses tentatives d’acquérir une capacité nucléaire, et, comme cela semble possible, un lien avec Al-Qaïda, cela s’avérera extrêmement persuasif ici. »

Tous ces arguments seront effectivement développés ad nauseam par Londres et Washington fin 2002-début 2003, sur la base de renseignements plus ou moins sérieux, mais toujours présentés sous la lumière la plus favorable. Le cas le plus emblématique est le discours délivré par Tony Blair le 24 septembre 2002 devant le Parlement britannique, et accompagné d’un dossier résumant le danger présenté par Saddam Hussein, document qui a acquis un certaine postérité au Royaume-Uni sous le nom du« dossier bancal ». Le rapport Chilcot revient dessus et affirme : « Le jugement sur la dangerosité de la menace posée par l’Irak ce jour-là et dans le dossier publié le même jour a été présenté avec un degré de certitude qui n’était pas justifié. »

La commission Chilcot revient également sur les délibérations à l’intérieur du gouvernement de Tony Blair, en accusant le comité sur le renseignement qui « aurait dû dire clairement à Mr Blair que les renseignements secrets n’établissaient pas “au delà du doute” que l’Irak avait continué à fabriquer des armes chimiques et biologiques et avait poursuivi ses efforts pour développer des armes nucléaires ». Tous ces points sont aujourd’hui évidents mais, à l’époque, ils étaient l’objet de débats au sein et parmi les services secrets occidentaux. La faute de Blair et de Bush a été de présenter des présomptions comme des faits établis. Le rapport Chilcot revient également sur les bévues des renseignements produits par les services secrets britanniques, « qui ont assumé dès le départ que Saddam possédait des armes de destruction massive et n’ont jamais envisagé la possibilité qu’il s’en soit débarrassé, ce qui était le cas ».

Tony Blair est aujourd’hui une figure discréditée

Autre point soulevé par le rapport Chilcot, particulièrement douloureux pour les familles de soldats britanniques morts en Irak : l’armée de Sa Majesté était mal préparée et mal équipée pour la tâche dont elle s’est chargée. Cela a conduit à des décisions « humiliantes », comme les accords passés avec des milices ennemies, en raison d’une planification « complètement inadéquate ». De plus, le ministère de la défense a été très lent à réagir à l'évolution des conditions sur le terrain, en particulier l’utilisation des mines improvisées qui ont tué des dizaines de soldats.

Au sujet du manque de préparation, la commission Chilcot écrit noir sur blanc que Tony Blair a ignoré les avertissements sur ce qui risquait de se passer une fois Saddam Hussein déposé. Il note d’ailleurs que le gouvernement britannique ne s’est pas préoccupé de mettre en place une stratégie post-invasion, en attribuant notamment un rôle de planification aux différents ministères concernés, et n’a pas cherché à obtenir des « assurances définitives » de la part de Washington sur les plans pour la suite après la chute de Bagdad : « Le gouvernement n’a pas envisagé autre chose qu’un scénario dans lequel les forces de la coalition opéreraient dans un environnement relativement tranquille. » Enfin, si Blair a continué à s’entretenir régulièrement avec Bush après l’invasion, il est clair que « la Grande-Bretagne n’avait que très peu d’influence sur l’élaboration de la politique au jour le jour sur le terrain », qui était aux mains des Américains.

Par ailleurs, John Chilcot s’en prend également à l’attitude du gouvernement britannique durant cette période, qui a « miné l’autorité du Conseil de sécurité des Nations unies » : « Mr Blair et Mr Straw [le ministre des affaires étrangères] ont accusé la France d'être à l'origine de l’impasse du vote à l’ONU, en clamant que le gouvernement du Royaume-Uni agissait au nom de la communauté internationale afin de soutenir l’autorité du conseil de sécurité. En l’absence d’une majorité au Conseil en faveur de l’action militaire, nous estimons qu’en fait, c’est le Royaume-Uni qui a miné l’autorité du conseil de sécurité. »

Face à ce qui se révèle être une attaque sévère sur son jugement et sa sincérité en tant que premier ministre, Tony Blair a tenu à son tour une conférence de presse qui s’est transformée en marathon pour tenter de se défendre. Selon lui, la commission Chilcot l’absout de toute « mauvaise foi ». Il a par ailleurs rejeté les attaques des familles de soldats qui estiment que les sacrifices de leurs proches ont été inutiles : « Je ne serai jamais d’accord avec ceux qui disent que le sacrifice des soldats a été vain. Je sais que certaines familles ne l’accepteront pas, et que certains ne me pardonneront pas d’avoir pris cette décision, mais je pense l’avoir fait honnêtement. De mon point de vue, le monde se porte mieux sans Saddam Hussein. » Il a également ajouté, afin de se défendre face à ceux qui voient dans la guerre en Syrie et l’émergence de l’État islamique les conséquences de l’invasion de 2003, une curieuse justification : « Certains disent qu’en déposant Saddam, nous avons provoqué le terrorisme au Moyen-Orient. Je ne suis pas du tout d’accord. Si Saddam était resté au pouvoir jusqu’au Printemps arabe, il se serait accroché et aurait provoqué une situation identique à celle de la Syrie. »

Le problème pour Tony Blair est qu’il est aujourd’hui une figure discréditée. Son départ forcé en 2007, et son remplacement par Gordon Brown, avait au moins autant à voir avec la lassitude de dix années passées au 10 Downing Street durant lesquelles il a déçu une partie de l’électorat travailliste en pratiquant un thatchérisme soft, qu’avec son erreur de jugement sur la guerre d’Irak. Les Britanniques ont du mal à lui pardonner cette décision tragique, que beaucoup voient comme une manipulation. Comme le confie l’ancien député libéral-démocrate Menzies Campbell, « le rapport Chilcot est, d’une certaine manière, périmé. La durée de la commission a diminué son impact. D’un côté, Blair a eu le temps de préparer sa défense, d’un autre, rien de ce qui est contenu dans le rapport ne pourra endommager davantage sa réputation »

Pourtant, aujourd’hui, alors que le parti travailliste est en plein chambardement et proche de la rupture (il a perdu les deux dernières élections législatives et son chef de file, Jeremy Corbyn, est contesté par l’immense majorité des députés du parti), la question de l’engagement irakien de Tony Blair reste d’actualité. Comme le souligne le journaliste Steve Richards, auteur d’un livre sur Blair et la guerre d’Irak, « la question qui était posée à Tony Blair n’était pas : le Royaume-Uni doit-il envahir l’Irak ? Mais : dois-je soutenir le président Bush qui a décidé de se débarrasser de Saddam Hussein ? ». C’est en effet un questionnement différent, et le rapport Chilcot fait la part des choses, ce qui fragilise d’autant plus la défense de l’ancien premier ministre et donne finalement raison aux critiques de gauche du « blairisme ».

En cherchant à tourner le plus possible la page du travaillisme à l’ancienne pour bâtir un « New Labour », Blair a également cherché à inverser l’antipathie traditionnelle des Américains, en particulier les conservateurs, à l’égard des travaillistes. Selon Steve Richards : « Avant même les attaques du 11 septembre 2001, Blair expliquait à ses différents interlocuteurs qu’un de ses objectifs était de démontrer qu’un premier ministre travailliste pouvait travailler de concert avec un président républicain américain. » Après la publication du rapport, l’actuel dirigeant travailliste, Corbyn, qui s’était opposé en son temps à la décision d’envahir l’Irak, s’est excusé au nom du parti travailliste.

La publication du rapport Chilcot était attendue avec impatience, principalement par les familles de soldats tués, mais aussi par un certain nombre d’opposants à la guerre d’Irak, qui aimeraient désormais s’appuyer sur ses conclusions pour poursuivre Tony Blair devant la justice. Mais la plupart des juristes estiment qu’aucune cour de justice n’est vraiment habilitée à se saisir d’un tel cas, qui, pour eux, se résume d’un point de vue légal à « une mauvaise décision d’entrer en guerre ». Pour autant, les familles de soldats pourraient se saisir du rapport pour exiger des dédommagements auprès du ministère de la défense en raison des erreurs d’appréciation et de planification commises par l’armée. De plus, un certain nombre de députés au Parlement, dont les nationalistes écossais, les Verts et l’aile gauche du Labour, souhaiteraient engager une antique procédure visant à destituer Tony Blair, qui lui interdirait tout accès à des fonctions électives ou publiques. Ce serait avant tout symbolique, mais ce serait une tache encore plus indélébile sur le revers de l’ancien premier ministre qui, de l’aveu même de son ancien porte-parole,« sera hanté par cette décision jusqu’à la fin de ses jours ».

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 13:37
Liban: le double déracinement des réfugiés palestiniens de Syrie (L'Express, 5 juillet 2016)

Liban : le double déracinement des réfugiés palestiniens de Syrie

Outre le million et demi de Syriens réfugiés au Liban, plus de 40 000 Palestiniens installés en Syrie ont rejoint le pays du Cèdre, déracinés pour la seconde fois. Rencontre, à Zahlé, dans la plaine de la Bekaa.

Catherine Gouëset, L’Express, mardi 5 juillet 2016

À Taalabaya, dans l’est du Liban, l’école fondée pour les Palestiniens accueille désormais les Palestiniens de Syrie. Ceux-là sont doublement déracinés. "Nous avons souffert de la Nakba (la "catastrophe", le déplacement forcé d’un million de Palestiniens, en 1948), soupire Salaheddine, 53 ans, natif de Damas, mais originaire de Haïfa (aujourd’hui en Israël). Puis nous avons été chassés du camp de Yarmouk, près de Damas, par la guerre en Syrie."

Au million et demi de réfugiés syriens accueillis au Liban depuis le début de la guerre en Syrie s’ajoutent aujourd’hui plus de 40 000 Palestiniens qui résidaient en Syrie avant la guerre, en particulier dans le grand camp de Yarmouk, assiégé par le régime syrien à Damas. La plupart d’entre eux se sont installés dans les camps de réfugiés où vivent 60% des réfugiés palestiniens de 1948. Ils sont pris en charge par l’UNRWA, agence de l’ONU pour les réfugiés de Palestine.

Liban ou Syrie : l’avenir sombre des Palestiniens

Les réfugiés palestiniens du district de Zahlé, au coeur de la vallée de la Bekaa, ne vivent pas dans des camps. Ils sont mêlés au reste de la population. Mais sont, en revanche scolarisés dans l’école primaire de l’UNRWA. Les plus grands vont à l’école secondaire dans la ville voisine de Saadnayel, elle aussi gérée par l’agence onusienne, dont plus de la moitié du budget est financée par l’Union européenne et ses Etats membres.

Nour, 28 ans, qui a fui la banlieue sud de Damas pilonnée par l’aviation syrienne en 2012, rêve d’Europe, sans trop y croire "Il faut plus de 2000 dollars rien que pour atteindre la Grèce", calcule-t-elle. Mère de trois enfants, elle n’envisage pas le retour à Damas. "La Syrie est complètement détruite. Elle ne redeviendra jamais comme avant". Pourtant, les perspectives d’avenir au Liban sont réduites pour les Palestiniens. Toute une série de professions (médecins, ingénieurs, avocats) leur sont interdites, et ils n’ont pas le droit de posséder de biens immobiliers. Les derniers réfugiés arrivés de Syrie depuis 2014 sont considérés comme illégaux. Mariages et naissances ne sont plus enregistrés.

Les économies ont fondu

Petit artisan lorsqu’il vivait à Yarmouk, Salaheddine a puisé dans ses économies pour aider son aîné de 23 ans à s’embarquer sur un bateau vers la Grèce. "Il est arrivé en Norvège, il y a un an. Il ne reviendra pas, ni ici, ni en Syrie. Il a pris tous ces risques parce qu’il pensait qu’ici, il n’y a pas d’avenir." Mais les économies de Salaheddine ont fondu. Il ne pourra pas aider ses quatre autres enfants à partir.

Si la guerre vient à cesser en Syrie, et qu’il n’a pas d’autre opportunité, il essaiera, lui, d’y retourner. Mais il a peur qu’on lui dise "vous, les Palestiniens, vous n’avez plus rien à faire ici".

(Article transmis par la newsletter de l'AFPS)

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 12:59
Pétition pour la nomination de Marwan Barghouti au prix Nobel de la paix

Pétition : Pour la nomination de Marwan Barghouti au Prix Nobel de la paix

Au Comité du Prix Nobel de la paix : Nous, citoyens du monde entier, soutenons le peuple palestinien dans sa lutte pour ses droits et la fin de l’occupation. Nous soutenons la nomination du dirigeant et prisonnier politique Marwan Barghouthi au Prix Nobel de la paix. Marwan Barghouthi est un symbole mondial de la lutte contre l’injustice, la tyrannie et pour la liberté. La nomination de Marwan Barghouthi au Prix Nobel ferait toute la lumière sur la situation des prisonniers politiques, et contribuerait à mettre fin à l’occupation et à promouvoir la paix.

Avaaz, mercredi 6 juillet 2016

>>Signez la pétition !

Un des leaders palestiniens les plus respectés au-delà des clivages partisans, Marwan Barghouthi, a passé plus de 20 ans dans les geôles israéliennes. Cela ne l’a pas empêché de poursuivre ses efforts pour la paix et la liberté, même après des années d’isolement. Il a rédigé le Document des prisonniers pour la réconciliation nationale, définissant ainsi une stratégie palestinienne pour l’unité, la liberté et la paix. Alors que la situation des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes continue de se détériorer, que l’occupation et la colonisation se poursuivent et que la division palestinienne ne cesse de s’amplifier, le rôle de Marwan Barghouthi est plus nécessaire que jamais.

Cette année, l’appel planétaire à la libération de Marwan Barghouthi et des prisonniers palestiniens (dont des parlementaires démocratiquement élus !) a atteint une ampleur sans pareille. Une campagne internationale pour la liberté de Marwan Barghouthi et de tous les prisonniers palestiniens a été lancée en 2013 par l’icône de la lutte anti-apartheid Ahmed Kathrada, depuis la cellule même de Nelson Mandela. Huit Prix Nobel de la paix, des figures internationales, d’anciens Chefs d’État et de gouvernements, des parlementaires à travers le monde, des artistes et des intellectuels, des professeurs et des organisations des droits de l’Homme ont signé la Déclaration de Robben Island pour la liberté de Marwan et des prisonniers palestiniens et 115 gouvernements ont apporté leur soutien à cette campagne.

Cette campagne a culminé avec la proposition de nomination de Marwan au Prix Nobel de la paix. Le nom de Marwan a été avancé à 6 reprises cette année, y compris par deux Prix Nobel de la paix, Adolfo Pérez Esquivel et l’Archevêque Desmond Tutu, d’éminents parlementaires belges, le Parlement arabe, le Président du l’Union Inter-Parlementaire arabe et le Président du Conseil National Palestinien.

Mais sans un soutien massif à la nomination au Prix Nobel de la paix de ce symbole vivant de la Palestine, le Comité du Prix Nobel risque fort d’ignorer les luttes de Marwan et le sort de milliers de prisonniers palestiniens, y compris des centaines d’enfants.

Signez la pétition maintenant. Dès que nous aurons atteint 100 000 signatures, la courageuse compagne de Marwan Barghouthi et défenseuse des droits de l’Homme, Fadwa, se rendra à Oslo, accompagnée de prisonniers palestiniens libérés et d’anciens prisonniers de renommée internationale, et remettra cette pétition directement au Comité norvégien du Prix Nobel de la paix.

Extraits de la Déclaration de Robben Island pour la liberté de Marwan et de tous les prisonniers palestiniens

Le peuple palestinien lutte depuis des décennies pour la justice et la mise en oeuvre de ses droits inaliénables... La réalisation de ces droits implique la libération de Marwan Barghouthi et de l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens, dont la captivité symbolise la privation de liberté que le peuple palestinien endure depuis des décennies. Depuis 1967, plus de 850 000 Palestiniens ont été emprisonnés à un moment donné de leur vie, dans l’un des exemples les plus frappants de détention de masse visant à détruire le tissu national et social d’un peuple occupé, et à briser sa volonté de libération.

Parmi ces prisonniers, un nom a émergé à la fois au niveau national et international, incontournable pour l’unité, la liberté et la paix... A l’instar de la mobilisation internationale qui a conduit à la libération de Nelson Mandela et de tous les prisonniers anti-Apartheid, nous croyons fermement que la communauté internationale doit oeuvrer pour la libération de Marwan Barghouthi et de l’ensemble des prisonniers palestiniens. Cela fait partie de sa responsabilité morale, juridique et politique à contribuer à la mise en oeuvre des droits du peuple palestinien.

L’un des indicateurs les plus importants de la volonté de faire la paix avec votre adversaire est la libération de tous les prisonniers politiques. Il s’agit d’un signal fort en faveur de la reconnaissance des droits d’un peuple et de sa revendication légitime à vivre en liberté. Cela marquerait une nouvelle ère, où la liberté ouvrirait le chemin de la paix. L’occupation et la paix sont incompatibles. L’occupation, sous toutes ses formes, doit cesser de sorte que la liberté et la dignité puissent prévaloir. La liberté doit l’emporter pour mettre fin au conflit et pour que les peuples de la région puissent vivre en paix et en sécurité.

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 10:42

Déclaration de Patrick Le Hyaric

Accord Canada / Union européenne

mercredi 6 juillet 2016

Les actions et les interventions que nous avons déployées ces derniers jours ont finalement contraint la Commission européenne à reculer cette après-midi sur le traité de libre-échange avec le Canada.

Contrairement à l’opinion que soutenait M. Juncker en séance du Parlement européen, le collège des commissaires a décidé que ce traité serait soumis aux Parlements nationaux. C’est une première victoire. Mais le combat n’est pas terminé !

En effet la Commission européenne a trouvé une autre astuce. Incroyable mais vrai ! Elle veut que le traité s’applique après le vote au Parlement européen. Elle préjuge donc d’un vote positif de celui-ci. D’autre part, comment décider d’un mode d’agrément d’un tel texte associant les Parlements nationaux et le mettre en œuvre sans attendre l’opinion de ceux-ci. C’est la nouvelle arnaque de M. Juncker. Le combat continue donc. Que les citoyens et les élus exigent la non-application de ce traité de la mondialisation ultralibérale. (....)

Lire la déclaration de Patrick Le Hyaric Député – Vice-président du groupe de la Gauche unitaire européenne – gauche verte nordique (GUE/NGL)

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 05:55
Respect du peuple, le contre-exemple britannique - par Francis Wurtz (L'Humanité Dimanche, 2 juillet 2016)
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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 13:05
Selahattin Demirtaş

Selahattin Demirtaş

La sale guerre du président Erdoğan

« L’homme qui se prend pour un sultan »

Dans sa soif croissante de pouvoir, le président turc a lancé une chasse aux sorcières contre ses opposants. L’un des principaux responsables de la gauche témoigne de sa dérive autocratique.

par Selahattin Demirtaş

La vie politique turque s’est encore rapprochée du gouffre qui menace de l’engloutir lorsque, le 20 mai 2016, le vote d’un amendement temporaire à la Constitution a entraîné la levée immédiate de l’immunité parlementaire de plusieurs dizaines de députés. L’article adopté ce jour-là bafoue non seulement la Constitution elle-même, mais les principes universels du droit et de la démocratie.

Introduit sur ordre du président Recep Tayyip Erdoğan, l’amendement visait principalement le Parti démocratique des peuples (HDP). le groupe d’opposition le plus dynamique au Parlement. Pas moins de 417 chefs d’accusation ont été établis contre 53 députés du HDP pour des propos tenus lors de réunions publiques. En d’autres termes, ils sont poursuivis exclusivement

pour leur usage du droit fondamental à la liberté d’expression. M. Erdoğan a ainsi franchi un pas supplémentaire dans sa tentative de bannir le HDP du Parlement et de la vie démocratique.

Le chef de l’État considère notre parti comme un obstacle à l’instauration d’un pouvoir autocratique. Parce que notre formation constitue la principale plate-forme pour les forces populaires et démocratiques turques en général, et pour le mouvement politique kurde en particulier, il entend la réduire au silence.

Il veut faire barrage à toute opposition et bâillonner les voix qui, au Parlement. dénoncent les violations des droits humains perpétrées dans les régions à majorité kurde.

Nous ne plierons pas face aux manœuvres qui visent à déférer nos élus devant des tribunaux transformés en machines de guerre à la solde du Parti de la justice et du développement (AKP). Nous poursuivrons notre combat pour la justice et pour l’égalité, main dans la main avec les autres forces démocratiques de Turquie, en nous dressant contre les poursuites dont nos députés sont la cible et contre les arrestations de nos élus locaux. Le pays qui, fût-ce de manière formelle, discutait il n’y a pas si longtemps de l’harmonisation de ses normes démocratiques avec l’Union européenne est à présent assourdi par le fracas des blindés et de l'artillerie dans les villes kurdes et par les vociférations de M. Erdogan, apparemment convaincu qu'il lui suffit de hurler de plus en plus fort depuis son palais pour asseoir sa légitimité.

Une guerre de facto, aux conséquences funestes, se déchaîne une fois encore contre les villes kurdes, menaçant de réduire en poussière l'unité de la société. Cette guerre se mène avec des armes lourdes et des chars qui tirent sur les maisons. Des centaines de civils, des centaines de membres des forces de sécurité turques et un nombre inconnu de miliciens kurdes ont perdu la vie depuis juillet 2015 afin que le parti de M. Erdogan puisse gagner des voix supplémentaires et assurer l'avènement d'un système présidentiel, quitte à précipiter le pays tout entier dans une spirale de destruction.

Devant les menées guerrières du palais, le peuple a fait entendre ses craintes d'un retour aux années noires de la décennie 1990. Ce qui se produit aujourd'hui dépasse pourtant en atrocité tout ce que nous avons connu. Dans la ville de Cizre, par exemple, des centaines de personnes ont été brûlées vives dans leurs caves, tandis que le vieux quartier de Sür, à Diyarbakir, a été totalement rasé.

Un sentiment d'inquiétude et de détresse s'empare de la société, qui voit sa sécurité quotidienne mise en péril. L'espace dévolu à la vie démocratique se réduit comme peau de chagrin à mesure que l'on muselle les voix de l'opposition. Les détenteurs du pouvoir instaurent un régime de plus en plus autoritaire pour resserrer leur contrôle et perpétuer leur règne. Telle est la situation en Turquie aujourd'hui.

Et pendant ce temps, que font les institutions européennes? On attend toujours qu'elles expriment une condamnation un tant soit peu ferme et audible. Non seulement elles ignorent les destructions en cours, mais elles refusent ouvertement d'entamer les démarches qui pourraient peut-être empêcher les exactions. Les organisations internationales ne font guère mieux: après trois mois de tergiversations, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'homme a appelé Ankara à créer une commission d'enquête indépendante sur les tueries de Cizre. Aucune mesure concrète n'a en revanche été prévue pour enjoindre à la Turquie de respecter les traités internationaux dont elle est signataire (la convention européenne des droits de l'homme de 1954, le pacte international relatif aux droits civils et politiques en 2003).

L'Europe regarde ailleurs alors des valeurs aussi universelles que la démocratie et les droits humains sont piétinées en Turquie. Les Européens s'inquiètent de la crise des réfugiés, tandis que les Américains se soucient surtout de la guerre contre l'Organisation de l'Etat islamique (OEI). Certes ce sont des dossiers cruciaux. Mais, pourquoi négliger la situation des Kurdes de Turquie, à laquelle ils sont étroitement liés? On peine à comprendre ce silence devant les violations des droits fondamentaux par M. Erdogan et par l'AKP, qui utilisent les rescapés de la guerre en Syrie comme arme de chantage*.

Le processus de paix entamé fin 2012 avait apporté à tous une grande bouffée d'oxygène. La route était encore longue, mais un grand pas avait été franchi vers une réconciliation durable entre peuples turc et kurde. Cependant, en avril 2015, le régime d'Ankara a soudainement décidé de durcir les conditions de détention de M. Abdullah Ocalan, dirigeant historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et architecte du processus de paix, à qui toute visite et tout contact avec l'extérieur ont été brusquement interdits. Cette stratégie de la tension a abouti au déclenchement à l'été 2015 de l'offensive militaire dans la région kurde.

Le président ne veut surtout pas que le dialogue puisse se rouvrir. Pas question pour lui de retourner à la table des discussions ou de mettre fin à une guerre sans laquelle son trône risquerait de lui échappé. On en est arrivé au point où, en Turquie, le simple fait de plaider pour la paix est considéré comme un délit. En témoigne le sort de ces quatre universitaires poursuivis pour "propagande terroriste" et démis de leurs fonctions pour avoir lu en public une pétition réclamant la fin des opérations militaires dans les villes du Sud-Est (MM Muzaffer Kaya, Kivanc Ersoy, Meral Camci et Esra Munger).

M. Erdogan n'hésite pas non plus à aligner dans son viseur les Kurdes syriens qui ont héroïquement combattu l'OEI et, avec le soutien de la coalition internationale, obtenu des avancées significatives sur le terrain. Ankara a ainsi fermé toutes les frontières susceptibles d'être franchies par les combattants kurdes du Parti de l'Union Démocratique (PYD, formation sœur du PKK en Syrie), bien que ces derniers n'aient jamais tiré une seule balle en direction de la Turquie.

Nous demandons la levée immédiate de l'état de siège des villes kurdes, avant qu'il ne soit trop tard et que la violence en Turquie n'atteigne des niveaux incontrôlables. Nous appelons les deux parties à mettre fin à la guerre. Car, aussi longtemps que prévaut le langage des armes, la sphère démocratique continue de se réduire, permettant à M. Erdogan de s'ériger en seul garant de la stabilité nationale.

Au Proche-Orient, dont les frontières ont été dessinées sur un coin de nappe il y a un siècle, il semble impossible de s'extraire de l'alternative mortelle entre l'OEI et des régimes despotiques. La seule issue passe par un modèle démocratique séculier et pluraliste qui mette les différents peuples et confessions sur un pied d'égalité, avec des administrations locales plus fortes et autonomes, et un éventail plus large et plus solide de droits collectifs et individuels.

Aux élections de juin 2015, notre parti a réussi à réunir 13% des voix, grâce à un programme qui promouvait cette vision à la fois pour la Turquie et pour les pays du Proche-Orient. Nous avons assuré une représentation aux citoyens arméniens, yézidis, arabes et assyriens, aux travailleurs, aux universitaires, à la jeunesse et aux femmes, aux alévis et aux sunnites, aux Turcs et aux Kurdes. Bref, c'est le pays dans toute sa diversité qui est entré au Parlement, main dans la main, avec sur les lèvres des chants de paix.

Six millions d'électeurs ont accordé leur voix à un avenir commun, et le HDP est devenu le point de convergence où se matérialisent les espoirs de paix. Les peuples du pays en ont retiré la conviction qu'ensemble ils pouvaient soigner la démocratie turque en souffrance.

Oui, nous étions l'avenir de la Turquie. Mais il existait aussi une autre fraction: celle qui s'accroche à un passé d'oppression et qui a échoué à apporter quelque bienfait que ce soit au peuple. Notre succès aux élections du 7 juin 2015 à privé l'AKP nationaliste et sectaire de son régime de parti unique**. Il a introduit un grain de sable dans les rouages du système de M. Erdogan, l'homme qui se prend pour un sultan. En vertu de quoi le président a présenté notre parti comme un ennemi qui mérite d'être écrasé à n'importe quel prix, nous qualifiant de "terroristes", déclarant mort et enterré le processus de paix et replongeant le peuple dans la guerre civile des années 1990.

Son hostilité tient aussi à notre engagement en faveur de l'égalité des ethnies et des sexes, antithèse absolue du profil sectaire et "mâle dominant" de l'AKP. Cette incompatibilité est apparue au grand jour durant les négociations de paix, quand les représentants du régime trouvaient systématiquement des objections à toutes nos exigences, nous demandant par exemple: "Qu'est ce que la question des femmes a à voir avec le processus de paix kurde?" Ils trouvaient cela étrange, parce que nos mentalités diffèrent totalement. Parce que nous ne luttions pas seulement pour les kurdes: nous luttions pour tout le monde.

Peut-être l'Occident croit-il toujours pouvoir faire des affaires avec M. Erdogan. Mais voyez seulement le sort de M. Ahmet Davutoglu, le premier ministre congédié par son maître. Le président turc n'a aucune notion de la justice, ou de la démocratie, ou des droits humains; il n'a de considération que pour lui-même et pour son omniscience, convaincu qu'il peut à lui seul forger l'avenir du pays et de la région entière pour le siècle à venir.

M. Erdogan est en train d'instaurer un système présidentiel "à la turque" au mépris de la Constitution de son pays. Il ambitionne de graver cet état de fait dans le marbre de la loi; c'est pourquoi il a levé l'immunité parlementaire de nos députés. Mais il ne lui sera pas aisé de mener cette dernière étape à son terme. L'opposition démocratique, que ce soit au sein du Parlement ou au-dehors, ne cédera pas à ce coup de force.

Selahattin Demirtas.

* Le 18 mars 2016, l'UE et la Turquie ont signé un accord par lequel cette dernière s'engage à limiter l'afflux de migrants (essentiellement des réfugiés syriens) vers l'Union.

** En obtenant 12,9% des voix et 80 députés aux élections législatives du 7 juin 2015, le HDP a contrarié l'ambition de M.Erdogan, qui souhaite instaurer un régime présidentiel à la place de l'actuel régime parlementaire. Faute de réunir les 3 cinquièmes des députés (330), il ne peut organiser un réferendum pour modifier la Constitution. En convoquant de nouvelles élections en novembre 2015, il a obtenu une majorité absolue pour l'AKP, mais toujours pas de majorité qualifiée.

Jan Schmidt-Whitley. – « Retour à Cizre », 2016 (Le Monde Diplomatique)

Jan Schmidt-Whitley. – « Retour à Cizre », 2016 (Le Monde Diplomatique)

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 06:07

Attentat/Istanbul : « La politique guerrière d'Erdogan alimente le terrorisme »

Un nouvel attentat suicide à l'aéroport d'Istanbul, et attribué à l'organisation Etat islamique (Daesh), vient d'endeuiller la Turquie. Il fait suite à une longue série d’attaques meurtrières qui, depuis deux ans, frappe des dizaines de civils innocents et défenseurs des droits humains et démocratiques en Turquie.

Le Parti communiste français tient à exprimer sa profonde tristesse et à assurer les familles des victimes, les rescapés, les forces démocratiques et progressistes turques et tous les peuples de Turquie de son entière solidarité et de son soutien.

Le peuple turc paie aujourd’hui la complicité qu’a entretenue, pour lutter contre les Kurdes et contre les démocrates turcs, le président Recep Tayyip Erdogan avec les organisations djihadistes.

Des cellules terroristes ont proliféré en toute impunité dans tout le pays ; des troupes l'ont maintes fois traversé pour accéder au front à Kobané et attaquer les forces démocratiques syriennes. Des individus parfaitement identifiés depuis longtemps ont été laissés en liberté comme ceux qui ont commis l’horrible carnage d’Ankara le 10 octobre 2015 contre la manifestation populaire pour la paix et la démocratie.

Après avoir rompu les négociations avec Abdullah Ocalan, en vue d’instaurer un processus de paix avec les Kurdes, Erdogan a mis en œuvre une stratégie totale du chaos en déclenchant une guerre meurtrière dans la région du Kurdistan turc tout en bombardant le Kurdistan d'Irak et de Syrie, détruisant en Turquie des villes entières, faisant un millier de victimes et provoquant l’exode de 200 000 femmes, hommes et enfants.

Erdogan s’ingénie depuis des mois à instaurer une dictature en Turquie : il emprisonne et poursuit des journalistes pour délits d'opinion, des intellectuels, des militants politiques et syndicaux, y compris à l'étranger et avec l'assentiment des gouvernements européens ; il active les réseaux ultranationalistes turcs, encourage les pogroms.

Il y a quelques semaines, le président turc a réussi tant bien que mal à faire lever l’immunité parlementaire de 51 députés du HDP (Parti démocratique des peuples de Turquie) parmi lesquels son co-président qui encourt une sentence de 480 ans de prison (!) pour s'opposer aux choix du « sultan fou ». Erdogan poursuit son délire d’imposer un régime hyperprésidentiel sans aucun contre-pouvoir.

La Turquie est devenue un bateau ivre de plus en plus isolé sur le plan diplomatique, qui ne trouve plus d'appui que dans le régime d'extrême droite israélien dirigé par Benjamin Netanyahou et dans le silence complice et cynique des pays membres de l'UE, Allemagne et France en tête.

La politique de Recep Tayyip Erdogan est un des principaux facteurs d’instabilité régionale, un des principaux obstacles à la paix au Proche et Moyen-Orient ; elle alimente le terrorisme et le déplacement de populations entières, la misère et la guerre.

L'Union européenne, elle-même en pleine crise de légitimité, ne peut plus décemment cautionner la tyrannie d'Erdogan.

La France a le devoir d'appuyer de toutes ses forces les militants et organisations démocratiques, progressistes, les syndicats et associations citoyennes turques, qui cherchent à ouvrir pour les peuples de leur pays et de la région une véritable perspective de paix et de solidarité.

Le PCF entend interpeller sans relâche le gouvernement et le président français qui, depuis maintenant plusieurs années, ont fourvoyé la politique française en en faisant un soutien actif du régime turc.

Attentats terroristes d'Istambul: la politique guerrière d'Erdogan alimente le terrorisme (PCF)
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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 06:00

Stathis Kouvelakis: «L’UE n’est pas réformable»

25 JUIN 2016 | PAR JOSEPH CONFAVREUX

Stathis Kouvelakis, enseignant en philosophie politique au King's College de Londres, ancien membre du comité central de Syriza, actuel membre d’Unité populaire, analyse pour Mediapart les enjeux du Brexit.

Stathis Kouvelakis était membre du comité central de Syriza lors de la victoire de ce parti en Grèce en janvier 2015. Il fit ensuite partie de ceux qui, prônant une sortie de l’euro et une rupture franche avec les institutions européennes, ont décidé de faire scission avec le premier ministre Alexis Tsipras. Enseignant et vivant à Londres, il analyse pour Mediapart les conséquences du référendum britannique.

Mediapart : Quelle lecture faites-vous du vote en faveur du Brexit ?

Stathis Kouvelakis : Le premier constat est que l’UE perd tous les référendums qui se déroulent autour des propositions qui en émanent ou de l’appartenance à l’une de ses instances. Les défenseurs inconditionnels du projet européen devraient quand même commencer à se demander pourquoi. Mais c’est la première fois que la question du maintien ou du départ a été posée directement. Et le fait que l’un des trois grands pays européens choisisse la rupture avec l’UE signe, pour moi, la fin du projet européen actuel. Ce résultat révèle définitivement ce qu’on savait déjà, à savoir qu’il s’agissait d’un projet construit par et pour des élites, qui ne bénéficiait pas d’un soutien populaire.

Vous en réjouissez-vous ?

Oui. Certes, ce rejet légitime de l’UE risque d’être confisqué par des forces de droite et xénophobes, comme la campagne britannique l’a montré. Mais, pour moi, il peut aussi s’agir d’une opportunité pour des forces progressistes en lutte contre l’Europe néolibérale et autoritaire, c’est-à-dire l’UE telle qu’elle existe. Je pense que des forces antilibérales de gauche peuvent plus facilement s’exprimer dans d’autres pays qu’en Grande-Bretagne, où il est vrai que le « Lexit » (contraction de Left et Exit -ndlr) a été très peu audible, et a révélé une fracture entre la direction des principales forces de gauche, politiques et syndicales, et la base populaire et ouvrière, qui a dans sa grande majorité rejeté l’UE.

Le parti travailliste, notamment, est fracturé entre une large partie de son électorat d’un côté et ses élus et son appareil de l’autre, avec les cadres et les militants écartelés entre les deux. De surcroît, son dirigeant actuel, Jeremy Corbyn, est en réalité très hostile à l’UE, mais il a été contraint de faire campagne pour le maintien, compte tenu du rapport de force interne à l’appareil et au groupe parlementaire.

En février 2015, lorsque je faisais encore partie du comité central de Syriza, à l’occasion d’une grande réunion qui s’était tenue à Londres, au siège de la confédération des syndicats britanniques, pour fêter la victoire de notre parti en Grèce, Jeremy Corbyn, dont personne n’envisageait alors qu’il puisse prendre la direction du parti travailliste, était venu me parler en marge de la réunion, en me disant : « Est-ce que vous avez un plan B ? Parce que l’UE va vous écraser, en commençant par attaquer votre système bancaire. »

Il m’a raconté le choc qu’il avait subi lorsqu’il était jeune militant et que le parti travailliste avait gagné les élections de 1974 sur un programme radical. Le système bancaire britannique avait immédiatement été attaqué, contraignant le Royaume-Uni à faire appel au FMI pour demander un prêt et à mettre en place des politiques austéritaires en échange. Il voulait que je le rassure sur le fait que nous avions un plan B, et moi qui appartenais à la minorité de la direction de Syriza, je ne pouvais que lui répondre qu’il fallait qu’il en parle avec Tsipras, pour tenter de le convaincre.

Cette anecdote montre qu’il ne se fait aucune illusion sur l’UE. Seulement, l’appareil du parti travailliste et ses élus lui sont farouchement hostiles. Et on lui reproche désormais d’avoir fait un service minimum en faveur du « Remain ». Les mêmes médias, qui avaient appelé à voter « Remain », voudraient qu’il parte, alors même que le Brexit a gagné, parce qu’il n’en aurait pas fait assez…

Avez-vous été surpris de ce résultat ?

Non. Ce qui m’a frappé pendant cette campagne britannique, c’est une impression de déjà-vu. J’ai eu la chance de vivre à la fois le référendum sur la Constitution européenne de 2005 en France, celui de l’année dernière sur le plan d’austérité Juncker en Grèce, et celui de cette année en Grande-Bretagne. À chaque fois, ceux qui défendent l’UE portent de moins en moins de discours positifs et emploient essentiellement des arguments fondés sur l’intimidation et la peur, en mettant en scène tous les maux qui s’abattraient sur le Royaume-Uni si les Britanniques votaient mal.

Schaüble et Juncker se sont faits menaçants, comme à l’accoutumé, et même Obama a joué sa partition pour expliquer à quel point un Brexit serait catastrophique. En France, on a beaucoup focalisé sur le fait que la campagne pro-Brexit était animée par des personnages effectivement peu ragoûtants, de Boris Johnson à Nigel Farage. Mais les médias ont moins souligné que le « Remain » était porté par tout l’establishment content de lui-même, avec la City arrogante en première ligne, ce qui avait de quoi motiver le rejet de l’électorat populaire.

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Une refondation démocratique de l’Europe, que beaucoup appellent de leurs vœux au lendemain du Brexit, vous semble-t-elle encore possible ?

De plus en plus de forces de gauche comprennent que l’UE n’est pas réformable dans un sens progressiste, avec un fonctionnement plus démocratique, parce qu’elle est conçue, dans son architecture intrinsèque, pour ne pas être réformable. Tout est verrouillé et, pour enseigner dans un département d’études européennes, je peux vous assurer que mes collègues spécialistes le savent. L’UE n’a pas été conçue pour fonctionner avec les règles de la démocratie parlementaire, dont on craint toujours la tentation « populiste ».

Le vote britannique est donc une occasion à saisir pour toutes celles et ceux qui réfléchissent à un plan B, et sont conscients que de véritables alternatives impliquent une rupture avec l’UE. Que ce soit Jean-Luc Mélenchon en France, Oskar Lafontaine et Sahra Wagenknecht en Allemagne, l’aile gauche de Podemos ou ceux qui ont quitté Syriza l’an dernier : toutes ces forces anti-libérales et progressistes doivent se saisir de ce moment, si elles ne veulent pas être gravement punies par une droite nationaliste et xénophobe qui capterait la colère populaire.

Mais, en Grèce, la gauche qui a fait scission avec Tsipras, semble pourtant plutôt atone ?

Le dernier sondage américain PEW sur l’europhilie, effectué sur un très large échantillon de populations européennes, a montré que plus de 71 % des Grecs n’acceptaient plus l’UE et qu’un bon tiers souhaitaient sortir de l’euro. Certes, le champ politique grec est bloqué et, suite à la capitulation de Tsipras l’été dernier, le sentiment de défaite et de démoralisation reste fort. Mais on commence à voir des mouvements à gauche de Syriza, que ce soit Unité populaire ou le mouvement lancé par Zoé Konstantopoúlou, gagner du terrain. Nous sommes à la veille de reclassements importants, à l’échelle de l’Europe, et face à un choix entre une radicalité qui sera soit de gauche et internationaliste, soit de droite et xénophobe. Si la gauche qui se veut hostile au néolibéralisme continue à répéter la litanie de l’« Europe sociale » et de la « réforme des institutions européennes », elle ne s’enfoncera pas simplement dans l’impuissance, elle sera tout bonnement balayée.

La manière dont la Grèce a été traitée l’été dernier a-t-elle joué dans le vote britannique ?

Nigel Farage en 2015

Nigel Farage, le dirigeant du parti nationaliste et xénophobe UKIP, avait tenu au Parlement européen des propos dans lesquels il accusait l’UE de se comporter de manière dictatoriale avec la Grèce. Il disait des choses qui auraient dû être dites par toute la gauche britannique et européenne. Le référendum britannique est juste un nouveau signe du rejet de l’UE, dont les électeurs comprennent qu’elle se situe au cœur du problème de la politique représentative actuelle, celui d’une élite européiste qui méprise les couches populaires et la notion même de souveraineté du peuple. Passivement toléré lorsque la situation économique paraissait fluide, le projet européen se délite lorsque celle-ci se dégrade et que le carcan des politiques d’austérité se durcit partout, sous l’impulsion et le contrôle tatillon des instances de l’UE.

Le découpage spatial du vote britannique est saisissant. Il y a deux pays. La bulle de la City et du Sud-Est du pays face à un autre pays, dont on ne parle jamais parce qu’on préfère évoquer le Londres branché et multi-culturel. Avant d’enseigner à Londres, j’exerçais dans une université de la banlieue de Birmingham, Wolverhampton. La différence est abyssale. Le centre-ville était en ruine. Dans cette Angleterre où la révolution industrielle a commencé, tout le monde se sent abandonné et condamné à une mort économique et sociale. Le parti travailliste a abandonné à leur sort des populations entières et laissé ainsi le champ libre à des partis comme le UKIP.

Ce qui est d’ailleurs paradoxal, parce qu’alors que le Front national a toujours su, en France, se parer d’un vocabulaire et d’atours pour « faire peuple », le UKIP incarnait, à l’origine, tout ce dont les classes populaires anglaises se sont toujours moqué : un côté vieillissant, anglican, traditionnel, classes moyennes coincées, 100 % blanches, le conservatisme de grand-papa en somme. On imagine la colère et le sentiment d’abandon qu’il a fallu pour qu’un tel parti ait pourtant réussi à capter le vote des classes populaires…

Comment vous positionnez-vous face à la perspective de nouveaux référendums sur l’appartenance à l’UE dans d’autres pays d’Europe ?

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L’UE n’est pas réformable et je pense qu’il n’existe pas d’autre solution que sa dissolution. Une vraie refondation de l’Europe signifie briser la cage de fer de l’austérité perpétuelle et du néolibéralisme autoritaire, et cela passe par une rupture avec la machinerie institutionnelle de l’UE. Il faudra donc jouer le jeu des référendums, tout en empêchant les forces de la droite xénophobe et nationaliste de gagner l’hégémonie et de dévoyer la révolte populaire. La gauche de la gauche a pris beaucoup de retard, mais elle ne peut plus penser qu’elle parviendra, sans rupture avec l’UE, à changer le rapport de force à l’intérieur d’une machinerie spécialement conçue pour empêcher toute divergence, et face à un rouleau compresseur dont on a vu comment il a pu écraser la Grèce.

Statis Kouvelakis photo L'Humanité

Statis Kouvelakis photo L'Humanité

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 05:44
Pétition de "Peuples solidaires" contre l'accord de partenariat économique entre l'Union Européenne et l'Afrique (APE) qui protège surtout les intérêts des multinationales européennes

STOPPONS L'ACCORD DE PARTENARIAT ÉCONOMIQUE QUI APPAUVRIRAIT L’AFRIQUE DE L’OUEST !

Initié par l’Union européenne en 2000, l’Accord de partenariat économique (APE) est censé favoriser le développement économique et réduire la pauvreté en Afrique de l’Ouest. Mais en contraignant cette dernière à supprimer la plupart de ses protections commerciales vis-à-vis des importations de produits européens, l’APE servirait avant tout les intérêts d’une poignée de multinationales européennes au détriment des populations les plus vulnérables d’Afrique de l’Ouest.

En Europe, le Parlement européen a prévu de voter sur la ratification de l’APE en septembre 2016. Il est urgent d’agir et de se mobiliser dès maintenant pour demander un vote contre l’Accord. Les eurodéputé-e-s ont une dernière chance de stopper l’Accord, qui est une menace pour la souveraineté alimentaire et économique de l’Afrique de l’Ouest et qui est synonyme d’appauvrissement pour des millions de familles africaines.

Si l’APE était conclu, l’Afrique de l’Ouest ne pourrait, par exemple, plus taxer l’importation de poudre de lait et cela mettrait en concurrence la production laitière européenne et la production locale : les producteurs et productrices africaines perdraient à terme leurs moyens de subsistance.

Par votre signature, demandez aux eurodéputé-e-s qu'ils votent NON à la ratification de l’APE avec l’Afrique de l’Ouest !

JE SIGNE LA PETITION

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