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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 07:12
9 à 13 ans de prison contre les indépendantistes catalans - Au coeur de l'Europe, une justice de répression étatique des aspirations populaires
9 à 13 ans de prison contre les indépendantistes catalans - Au coeur de l'Europe, une justice de répression étatique des aspirations populaires

"Le verdict est tombé. Entre 9 et 13 ans de prison pour les #prisonnierspolitiquescatalans. Jusqu’où la purge et le déni des droits de l’Homme? La France doit faire entendre la voix de la liberté, l’UE doit agir. Rester silencieux c’est désormais être complice. #Liberté et vite" (Marie-Pierre Vieu, conseillère régionale communiste, députée européenne communiste de 2017 à 2019)

 

Marie-Pierre Vieu : « On n’est pas sortis du franquisme » - L'Humanité
Mardi, 15 Octobre, 2019

Ex-députée européenne, l’éditrice d’Arcane 17 publie le livre Catalans, un recueil de nouvelles en solidarité avec les détenus politiques catalans.
 

 

Qu’est-ce que ces condamnations disent de l’état de nos démocraties ?

Elles sont mal en point. Examinons la séquence en Europe. Une résolution vient d’être adoptée qui dit que « communisme égale fascisme ». Au Kurdistan, on observe l’incapacité de l’Union européenne (UE) à dire quelque chose du fait du chantage de Recep Tayyip Erdogan. À Strasbourg, 200 députés européens de droite extrême viennent d’être élus. Et désormais, le silence de l’UE et de ses États membres face à ces condamnations. La question des droits de l’homme et des libertés est mise à mal partout. Si Emmanuel Macron et la France se taisent sur ce qui se passe en Espagne, cela signifie que nous sommes complices.

Comment se fait-il que les État peinent à résoudre démocratiquement la question de la montée des régionalismes ?

Les régionalismes peuvent conduire, selon l’histoire, à un mouvement de liberté, de progressisme, ou tout le contraire. En Europe, on observe une accélération des politiques libérales, les traités de libre-échange, la mise en concurrence avec les travailleurs détachés, une mise à mal des droits fondamentaux, mais également des cultures locales. Dans un contexte de montée des colères, peut resurgir la question de l’identité nationale ou régionale. Ces mouvements s’inscrivent dans le cadre d’un développement du libéralisme et de l’incapacité des États à régler ces questions-là par le dialogue.

Pourquoi avoir pris l’initiative d’un livre de solidarité avec les prisonniers politiques catalans ?

Députée européenne, je participais à la plateforme de dialogue sur la Catalogne. J’ai l’intime conviction qu’il faut sortir de cette question par le haut. Je n’ai jamais pris parti dans le débat sur l’indépendance. J’ai toujours pensé que la question était d’aménager constitutionnellement la Catalogne dans l’Espagne en passant par le dialogue entre l’État central et cette région ; et que les peuples doivent s’autodéterminer. Face aux arrestations, je me disais qu’il fallait faire monter un mouvement d’opinion. D’où ce livre. Notre parti pris a été de demander à quinze auteurs de raconter des histoires, de rédiger des nouvelles noires, pour témoigner de notre solidarité. Ce choix de la fiction était le moyen de tout dire sans filtre. On a demandé aux auteurs de se placer du point de vue des droits de l’homme. Lorsqu’on lit les quinze fictions de l’ouvrage, il ressort une idée-force. On n’est pas, en Espagne, sortis du franquisme.

(1) Catalans, collectif. Arcane 17.
Entretien réalisé par Gaël De Santis
 
Voir aussi: communiqué du PCF - 15 octobre 2019

Catalogne : contre ce déni de démocratie et de justice, pour une solution politique

Le PCF condamne fermement la décision du Tribunal suprême d'Espagne d'infliger à des responsables politiques catalans de lourdes peines de prison pour « sédition ». C'est un déni démocratique : il est inadmissible de judiciariser des processus politiques ; c'est un déni de justice : les droits de la défense au cours du « procès » ne furent pas respectés et que dire de la présence de Vox, le parti d'extrême-droite, parmi les parties civiles ? Ce verdict démontre que, sans évolution démocratique régénératrice des institutions espagnoles, la répression, l'étouffement des libertés et le déni de l’État de droit peuvent reprendre le dessus.

 

Catalogne : contre ce déni de démocratie et de justice, pour une solution politique

Le PCF soutient les forces de gauche politiques, sociales, citoyennes, en Catalogne et dans le reste de l'Etat espagnol qui se mobilisent pour exiger la libération immédiate des prisonniers pour motif politique. L'heure est à la relance urgente du dialogue politique entre les institutions de l’État espagnol et les autorités catalanes ; elle est aussi à la lutte contre les forces de droite et d'extrême-droite qui cherchent à profiter du conflit catalan pour imposer une véritable régression démocratique.

Le PCF réaffirme sa solidarité avec le Parti Communiste d'Espagne, le PSUC Viu, la Gauche Unie et les autres forces et confluences progressistes qui luttent en Catalogne et en Espagne pour porter l'objectif d'un nouvel modèle territorial reflétant le caractère plurinational de l'Etat et d'une république fédérale.

 

Catalogne. La justice espagnole a la main lourde
Mardi, 15 Octobre, 2019 - L'Humanité

Douze dirigeants indépendantistes catalans ont été condamnés au total à plus de cent quatre ans de prison. Une réponse répressive à la crise politique ouverte par le référendum d’octobre 2017.

 

Ils étaient en préventive depuis bientôt deux ans, et voilà qu’avec la sentence prononcée par le Tribunal suprême, ils pourraient grosso modo y rester une décennie encore. Hier matin, sept magistrats de la plus haute juridiction espagnole ont condamné neuf dirigeants des partis et du mouvement citoyen indépendantistes catalans, reconnus coupables de « sédition » – un délit politique de premier plan en Espagne –, aggravée pour quelques-uns de « malversations », à des peines de prison allant de treize à neuf ans. L’accusation de « violences concertées » a, elle, été écartée par le tribunal qui ne dépeint pas le processus d’indépendance unilatérale comme une insurrection.

Parmi les plus emblématiques de ces « prisonniers politiques » – selon une expression partagée, au-delà des rangs pro-indépendantistes, au sein de la gauche espagnole (Podemos et Izquierda Unida) –, il y a Oriol Junqueras, ex-vice-président de l’exécutif catalan, dirigeant de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), élu député européen en mai dernier, malgré son emprisonnement, mais aussi Raul Romeva, ex-ministre de la Catalogne et dirigeant de la coalition indépendantiste, et Carme Forcadell, l’ex-présidente du Parlement catalan, ainsi que les Jordis – selon leur sobriquet affectueux (Jordi Sanchez et Jordi Cuixart) –, les deux leaders des mouvements citoyens pro-indépendance (Assemblée nationale catalane et Omnium). Trois autres responsables politiques, restés en liberté jusque-là, se sont vus infliger, pour cause de « désobéissance », une peine d’un an et huit mois de prison ferme. Tout comme quelques-uns de ses proches, Carles Puigdemont, ancien président de centre-droit de la Generalitat – le gouvernement catalan –, en exil depuis la mise en branle de l’appareil judiciaire espagnol contre les indépendantistes, échappe au verdict, mais un nouveau mandat d’arrêt européen et international à son encontre a été émis hier par les autorités espagnoles.

La nouvelle de ces condamnations a fait l’effet d’une bombe

Cent quatre années et six mois, au total, dans les geôles espagnoles pour avoir, sans rechercher de consensus général, tenté de mettre sur pied la république catalane… C’est l’aboutissement de la gestion exclusivement judiciaire et répressive, mais si peu politique, de la crise ouverte par le mouvement indépendantiste qui, disposant d’une majorité au Parlement régional et donc régnant à la Generalitat, a poussé la confrontation avec Madrid jusqu’à organiser, le 1er octobre 2017, un référendum d’autodétermination, en dehors du cadre constitutionnel espagnol, puis à adopter une déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne, le 27 octobre de la même année. Selon ses organisateurs, malgré les multiples brutalités policières le jour du référendum, 2,4 millions d’électeurs, soit plus de 40 % du corps électoral, avaient participé au scrutin et 90 % d’entre eux s’étaient prononcés en faveur du oui à l’indépendance.

À Barcelone et dans toute la Catalogne, la nouvelle de ces condamnations a fait l’effet d’une bombe. Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue, à l’appel des partis, des syndicats et des associations indépendantistes, mais également d’une plateforme baptisée « Tsunami démocratique » et animée, via une messagerie cryptée, par des militants anonymes. Les grandes artères de la capitale catalane ont été rapidement envahies et bloquées par les manifestants, ainsi que les autoroutes, les gares et l’aéroport. Symbole de l’émoi à Barcelone, le club emblématique de la ville, le Barça, dénonce dans un communiqué les condamnations : « La prison n’est pas la solution, écrivent ses dirigeants. La résolution du conflit que vit la Catalogne passe exclusivement par le dialogue politique. »

Les indépendantistes demeurent légèrement majoritaires à Barcelone

Alors que des forces policières de tout le pays ont afflué sur la Catalogne ces derniers jours, la droite (Parti populaire et Ciudadanos) pousse, au contraire, les socialistes espagnols (lire ci-contre), toujours aux affaires avant de nouvelles élections législatives en Espagne dans les prochaines semaines, à durcir encore le ton face au regain des mobilisations indépendantistes. Successeur de Mariano Rajoy à la tête du PP – premier ministre espagnol à l’automne 2017 et tenant de la ligne de confrontation répressive avec les indépendantistes catalans –, Pablo Casado a proposé, hier, à ses homologues du Psoe et de Ciudadanos de ratifier un pacte garantissant que « les délinquants prisonniers catalans ne bénéficieront jamais de la moindre mesure d’aménagement pénitentiaire ou d’une remise de peine ». Même vindicte irascible du côté d’Alberto Rivera, le leader du parti ultralibéral Ciudadanos, qui s’est allié à la formation d’extrême droite Vox pour gouverner la région de Madrid…

Mis en difficulté par les conséquences judiciaires de leur référendum d’autodétermination, mais pas vraiment affaiblis dans les urnes – les républicains de gauche de l’ERC ont, avec le renfort de quelques personnalités venues des rangs communistes ou municipalistes, supplanté dans leur camp le centre-droit de Carles Puigdemont, mais, au total, les indépendantistes demeurent légèrement majoritaires à Barcelone –, les forces nationalistes catalanes comptent en profiter pour relancer la machine, alors que leurs leaders condamnés annoncent d’ores et déjà des recours contre leurs condamnations. « À ceux dont la seule volonté est de faire du mal, nous disons que rien n’est terminé aujourd’hui, écrit Oriol Junqueras dans un courrier depuis sa prison rendu public par son parti. Vous n’avez ni vaincu ni convaincu. Nous reviendrons et nous reviendrons encore plus forts. N’ayez aucun doute, nous reviendrons et nous gagnerons. » Dans ce concert de déclarations va-t-en-guerre, quelques voix tracent des chemins pour sortir la Catalogne et l’Espagne de l’impasse de la répression. C’est le cas d’Ada Colau, la maire de Barcelone, qui n’est ni avec les indépendantistes catalans ni avec les nationalistes espagnols : « Nous sommes aujourd’hui confrontés à la pire version de la judiciarisation de la politique, avec la cruauté », dénonce-t-elle, en exprimant sa solidarité avec les condamnés et leurs familles. Dirigeant de Podemos, Pablo Iglesias appelle, sans masquer ses désaccords avec les indépendantistes catalans, à bifurquer radicalement : « Nous devons emprunter avec sensibilité et intelligence la voie de la réconciliation sans exclure aucune solution… Les mêmes recettes qui nous ont portés ici ne seront pas celles qui nous en sortiront. » Eurodéputée communiste, membre de la coalition Izquierda Unida, Sira Rego dénonce un verdict « disproportionné » qui « ne permet pas de résoudre la situation en Catalogne ». « L’opposition politique ne devrait jamais être poursuivie, rappelle-t-elle. Face à ceux qui continuent à chercher leur revanche, nous continuerons d’exiger un dialogue politique avec une autre hauteur de vue. »

Thomas Lemahieu - L'Humanité, 15 octobre 2019
9 à 13 ans de prison contre les indépendantistes catalans - Au coeur de l'Europe, une justice de répression étatique des aspirations populaires

Communiqué publié par Nicolas Garcia, secrétaire départemental du PCF des Pyrénées Orientales, le 13 octobre avant le verdict:

Les communistes de catalogne nord rejettent toutes sanctions contre les prisonniers politiques Catalans en Espagne. Els comunistes de Catalunya nord rebutgen totes les sancions contra els presos politics catalans a Espanya.

En Catalogne tout le monde retient son souffle en attendant le verdict qui s’annonce sévère à l’encontre des prisonniers politiques catalans qui depuis bientôt deux ans sont en prison préventive. Leur tort est d’avoir défendu pacifiquement des positions politiques, d’avoir soutenu et permis l’organisation d’un référendum proposant la république catalane. Ils en avaient reçu le mandat du suffrage universel en obtenant la majorité absolue au parlement de Catalogne. Désormais ils risquent 15 à 20 ans de prison pour sédition et rébellion. Le président de la Generalitat de Catalunya, Carles Puigdemont et quelques autres se trouvent à Waterloo ou dans un autre pays étranger. A l’instar de la totalité de nos sénateurs et députés communistes, nous exigeons la libération des prisonniers politiques victimes d’une parodie de procès et considérons que la solution au problème politique de la catalogne en Espagne ne peut être que politique. Dans aucun pays du monde la répression et les sanctions contre des responsables politiques, citoyens, associatifs ou syndicaux qui revendiquent démocratiquement et pacifiquement, ne sont acceptables. Comme tant d’autre peuples, le peuple catalan a le droit de décider librement de son avenir. La France et l’Europe doivent agir et vite pour exiger le dialogue et la solution politique, car dans le pays qui nous est le plus proche, l’irresponsabilité de la justice et de l’État espagnols, ainsi que la sanction qui s’annonce pourraient mettre le feu aux poudres. Le PCF66 appelle ses militantes et militants à manifester pour la liberté et la démocratie en toutes circonstances.

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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 04:56

 

Le PCF condamne fermement la décision du Tribunal suprême d'Espagne d'infliger à des responsables politiques catalans de lourdes peines de prison pour « sédition ». C'est un déni démocratique : il est inadmissible de judiciariser des processus politiques ; c'est un déni de justice : les droits de la défense au cours du « procès » ne furent pas respectés et que dire de la présence de Vox, le parti d'extrême-droite, parmi les parties civiles ? Ce verdict démontre que, sans évolution démocratique régénératrice des institutions espagnoles, la répression, l'étouffement des libertés et le déni de l’État de droit peuvent reprendre le dessus.

 

Catalogne : contre ce déni de démocratie et de justice, pour une solution politique

Le PCF soutient les forces de gauche politiques, sociales, citoyennes, en Catalogne et dans le reste de l'Etat espagnol qui se mobilisent pour exiger la libération immédiate des prisonniers pour motif politique. L'heure est à la relance urgente du dialogue politique entre les institutions de l’État espagnol et les autorités catalanes ; elle est aussi à la lutte contre les forces de droite et d'extrême-droite qui cherchent à profiter du conflit catalan pour imposer une véritable régression démocratique.

Le PCF réaffirme sa solidarité avec le Parti Communiste d'Espagne, le PSUC Viu, la Gauche Unie et les autres forces et confluences progressistes qui luttent en Catalogne et en Espagne pour porter l'objectif d'un nouvel modèle territorial reflétant le caractère plurinational de l'Etat et d'une république fédérale.

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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 16:50
Législatives au Portugal : les défis pour la gauche

En donnant dimanche 6 octobre une large avance au PS avec 36,6% et en sanctionnant la droite encore plus durement qu’aux législatives précédentes en 2015, avec seulement 31%, le peuple portugais a envoyé un message clair: celui de poursuivre la voie anti-austéritaire et de récupération des droits sociaux entreprise depuis 2015, qui a permis «d’interrompre une politique de désastre national» (pour reprendre les mots de Jeronimo de Sousa, secrétaire général du PCP), à savoir celle menée par la droite avant 2015.

En effet, et sous la pression constante du PCP et du Bloc de Gauche, plusieurs mesures importantes ont été prises: l’arrêt des privatisations, le rétablissement de quatre jours de congés payés, l’augmentation du salaire minimum de 20%, l’augmentation des petites retraites, l’augmentation de l’impôt sur les grandes fortunes, l’instauration d’une taxe sur l’immobilier de luxe…

Mais il faut noter que c’est le PS qui profite électoralement de cette politique, tandis que les deux partis sous la pression desquels elle a été menée sont en recul: le Bloc de Gauche recule légèrement (en passant de 10% à 9,6%) mais reste la 3e force politique et, surtout, le PCP, dans le cadre de la Coalition démocratique unitaire avec les Verts, passe de 8,2% à 6,47%, et perd 5 sièges, avec désormais 12 députés. Le PCP a souffert de l’abstention et également d’une politique de diffamation à son encontre menée par la presse de droite. Il ne remet cependant pas en cause la politique qu’il a menée depuis 2015 malgré les limites (refus du PS de s’attaquer aux questions structurelles du travail ou du pacte budgétaire et de la règle d’or). Il s’est dit disponible pour envisager désormais un soutien budget par budget, année par année. Il avance plusieurs mesures immédiates qui sont nécessaires: porter le salaire minimum à 850 euros, poursuivre la revalorisation des retraites, le droit au logement social, la gratuité des crèches, des investissements pour les transports publics et la santé…

Le défi principal est bien de poursuivre et d’approfondir la politique menée depuis 2015 en s’attaquant à des questions structurelles, alors que les rapports de force entre le PS et les deux organisations à sa gauche se dessinent incontestablement en faveur du premier et que le PS pourrait en outre compter sur l’apport du parti animaliste, le PAN, qui avec 4% renforce sa place au Parlement. La CGTP (Confédération générale des travailleurs portugais) vient à ce propos de lancer un appel à «changer la politique liée au travail» en mettant sur la table, par exemple, la semaine de 35h de travail sans diminution de salaire.

« Le rôle du mouvement social sera encore plus déterminant »

Car le résultat de ces élections montre également des signes d’alerte. L’abstention atteint le chiffre de 45%, ce qui représente le taux le plus élevé depuis la Révolution des Œillets. Cette hausse est particulièrement sensible dans les classes populaires et le résultat du PCP en a souffert. Un autre signe d’alerte est l’entrée, pour la première fois depuis 1974, de l’extrême droite au Parlement portugais, avec, certes, «seulement» un siège, mais c’est un signe politique à prendre au sérieux.

Des défis très importants pour la gauche, non seulement au Portugal mais, avec le rôle joué par l’expérience portugaise depuis 2015, pour l’ensemble de la gauche européenne, sont donc devant nous: comment le rapport de force politique va-t-il s’exercer dans cette nouvelle configuration? et surtout sur quelle base? Le rôle du mouvement social, qui a été important dans la période précédente, sera encore plus déterminant dans celle qui s’ouvre. C’est pour cela que la CGTP appelle, dès le 11 octobre prochain, à des «rencontres nationales des militants syndicaux» pour «dynamiser la lutte revendicative» et «préparer l’intervention syndicale dans le cadre de la discussion du prochain budget».

Vincent Boulet
responsable-adjoint aux questions européennes PCF

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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 15:33

Appel de Ian Brossat, Président de l'Association Nationale des Élu·e·s Communistes et Républicains, à soutenir le peuple kurde.

Il propose 3 choses :
➡️ Participer très nombreux aux manifestations qui ont lieu ce samedi un peu partout en France (liste des rassemblements en fin de vidéo) ;
➡️ Déposer des voeux dans l’ensemble des conseils municipaux ou c’est possible ;
➡️ Apposer des banderoles sur les hôtels de ville pour exprimer la solidarité avec le peuple kurde.

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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 15:28

Mobilisation  pour le Rojava  contre l’agression militaire turque

 

Morlaix

Appel du « Collectif Rojava du Pays de Morlaix »

pour un rassemblement Samedi 12 Octobre 2019

à 12H au kiosque de la Mairie

 

La section PCF de Morlaix soutient cet appel du "collectif Rojava du Pays de Morlaix"

et appelle à  ce rassemblement

 

STOP ERDOGAN - Solidarite avec le peuple Kurde et la population du Rojava
STOP ERDOGAN - Solidarite avec le peuple Kurde et la population du Rojava
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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 06:01

 

 

L'éditorial de Maurice Ulrich.  L’Union européenne a « exigé » l’arrêt de l’offensive. La France, qui s’était contentée jusqu’alors de demander à la Turquie de se garder de toute « décision unilatérale »

 

On eut le sentiment hier qu’un scénario de l’infamie écrit d’avance se réalisait quand est tombée la première dépêche AFP rapportant ces mots : « Les avions de guerre turcs ont commencé à mener des frappes aériennes sur des zones civiles. » Quelque temps après, c’est le président turc lui-même qui annonçait le début de l’opération cyniquement nommée « Source de paix », visant selon lui les terroristes de Daech et d’YPG, mettant donc sur le même plan l’organisation islamiste et ceux qui l’ont combattue avec le courage et l’énergie que l’on sait.

Mais l’infamie, c’est d’abord celle de Donald Trump. Son annonce dimanche du retrait des forces américaines de la zone marquera d’une flétrissure la présidence de la première puissance mondiale. Il savait qu’il laissait le champ libre à Erdogan pour écraser les Kurdes, qu’il combat avec autant de violence et de hargne à l’extérieur qu’à l’intérieur de la Turquie. Qui pouvait croire sérieusement à ses paroles quand, face aux réactions aux États-Unis et chez certains républicains eux-mêmes, il menaçait la Turquie de représailles économiques si « elle dépassait les bornes » ? C’est la frontière qui est franchie. Il a prétendu justifier sa décision en jouant de la repentance à propos des interventions américaines au Moyen-Orient, qui auraient été « la pire décision de l’histoire des États-Unis », à partir d’un mensonge sur des armes de destruction massive qui n’existaient pas. Comme si un mensonge pouvait le gêner. Que dire aussi de l’avertissement de Vladimir Poutine invitant le président turc à « bien réfléchir ».

L’Union européenne a « exigé » l’arrêt de l’offensive. La France, qui s’était contentée jusqu’alors de demander à la Turquie de se garder de toute « décision unilatérale », a monté le ton hier en condamnant fermement l’agression et prépare une résolution avec l’Allemagne et le Royaume-Uni. Le Conseil de sécurité de l’ONU va se réunir aujourd’hui en urgence. Nous sommes entrés dans un engrenage guerrier. Les forces de progrès doivent porter une seule exigence. Stop ! Arrêt immédiat de l’offensive turque.

Par Maurice Ulrich
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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 05:56

Décidément, en matière de lutte contre l’évasion fiscale, l’Union européenne ose tout. Déjà absente de la liste noire, la Suisse est ainsi sortie ce jeudi de la « liste grise » par un tour de passe-passe dont Bruxelles a le secret. Le pays du chocolat aurait donné des garanties suffisantes en matière d’échanges d’informations. Prière de circuler, il n’y a plus rien à voir en quelque sorte. Tous les experts et ONG, à commencer par Tax Justice Network, qui classent régulièrement la Suisse sur le podium mondial de la triche fiscal, avec les Etats-Unis et les Îles Caïman, n’ont décidément rien compris.

La dernière blague de Bruxelles : la Suisse sortie de la liste des paradis fiscaux par l’UE (Fabien Roussel)

Pourquoi sortir la Suisse à un tel moment, alors que les progrès évoqués concernent essentiellement les relations avec les Etats-Unis, en raison de l’application du FATCA ? Les pratiques des banques suisses, de surcroît, n’ont pas changé en profondeur puisqu’elles continuent de proposer des montages d’optimisation fiscale à l’extrême limite de la légalité, en tous les cas toujours opaques.

Avec une liste noire sur laquelle ne figure aucun des principaux paradis fiscaux, l’Union européenne affiche une inquiétante soumission aux intérêts financiers et géopolitiques. Des pays entrent et sortent ainsi des listes, tels le Panama, les ïles vierges britanniques ou encore l’Arabie Saoudite, au gré des tractations diplomatiques et des enjeux économiques, plutôt qu’en vertu de réels progrès sur les pratiques dénoncées.

A l’heure où l’exigence de transparence n’a jamais été aussi forte, il est urgent de mettre en place des procédures claires et lisibles, comme la création d’une commission indépendante composée d’élus, mais aussi d’experts indépendants, pour établir des listes plus proches de la réalité. Il est inacceptable que des ONG classent 60 pays parmi les paradis fiscaux, quand les listes « officielles » des Etats, elles, n’en répertorient que quelques-uns et jamais les principaux. La France peut montrer l’exemple, en adoptant d’autres critères, plus solides, assortis de sanctions et en organisant un débat annuel au parlement, comme je l’ai détaillé en 2018 dans une Proposition de loi à l’Assemblée nationale. 

Fabien Roussel, député et secrétaire national du PCF, membre de la commission des finances

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 07:25
Leïla Shahid, ancienne représentante de l'OLP et de l'Autorité Palestinienne en France, présente à Brest à la fac Ségalen le 31 octobre à 18h30
A l'invitation de l'AFPS, Leïla Shahid , cette femme exceptionnelle qui représenta avec énormement de conviction la Palestine en France pendant des années, sera présente à Brest le 31 octobre à 18 h 30 à la fac Ségalen. Retenez la date dans vos agendas.
 
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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 05:57
Rassemblement pour Afrin l'an passé  à Morlaix - photo Jean-Marc Nayet

Rassemblement pour Afrin l'an passé à Morlaix - photo Jean-Marc Nayet

NON À L’INVASION TURQUE AU ROJAVA

 

Rassemblement à Morlaix Samedi 12 octobre 2019 à 12 heures au kiosque

ou le jour de l’invasion au kiosque à 18 heures

Depuis plusieurs semaines, le président turc, R.T. Erdogan déclare ouvertement que son pays va envahir le Rojava pour écraser la révolution kurde qui est un espoir de paix et de fraternité pour tout le Moyen-Orient. Si la Turquie envahit le Rojava, on peut s’attendre à des massacres encore pires que ce qu’on a vu à Afrin.

Ce dimanche 6 octobre, l’administration américaine a annoncé que «les troupes américaines stationnées en Syrie allaient se retirer des abords de la frontière turque car la Turquie va bientôt mettre en œuvre une opération prévue de longue date dans le nord du pays. » (Huffingtonpost)

La Turquie désormais responsable de tous les combattants capturés de l’EI dans la région

«Le gouvernement des États-Unis a pressé la France, l’Allemagne et d’autres pays européens, d’où viennent beaucoup des combattants de l’EI [État Islamique ou DAECH] capturés, de les reprendre, mais ils ne veulent pas et refusent”, a dit la Maison Blanche. “La Turquie va maintenant être responsable pour tous les combattants de l’EI dans la zone, capturés dans les deux dernières années”, a-t-elle ajouté. »(Huffingtonpost)

L’annonce de retrait est confirmée par ANF qui écrit ce matin que : « les forces de la coalition internationale auraient commencé à se retirer des postes d’observation frontaliers de Serêkaniyê et Girê Spî, dans la région de l’Euphrate.»

Cette annonce est un nouveau coup mortel porté aux Kurdes et tous les peuples de la Syrie du Nord et d’Est qui veulent vivre ensemble, réunis autour d’un projet démocratique, sans être à la merci des dictateurs sanguinaires – dont Bashar al-Assad – qui hantent la région depuis des décennies.

Nous sommes de nouveau témoin de la solitude des Kurdes encerclés de toutes parts et dont les bourreaux sont soutenus à la fois par la Russie de Poutine et les États-Unis de Trump. Mais les Kurdes ont déclaré ne pas attendre les bras croisés devant cette nouvelle boucherie annoncée par la Turquie et ont ajouté qu’ils se battraient jusqu’à leur dernier souffle – tout en sachant qu’ils n’auront pas les mêmes armes que la Turquie qui fait partie de l’OTAN…

Vous avez vu l’invasion d’Afrin, les massacres et le nettoyage ethnique qui y ont été commis ? Alors, imaginez ce qui se passera au Rojava, où 6 millions de civils kurdes, arabes, arméniens, turkmènes sans défense risquent d’être chassés de leurs terres, en cas d’invasion turque.

 

Le PCF Pays de Morlaix et Finistère soutient les initiatives de soutien au peuple kurde et à l'expérience démocratique et progressiste du Rojava syrien contre l'impérialisme ethniciste, islamiste et fasciste de Erdogan. 

Communiqué du PCF, 8 octobre 2019:

Après plusieurs mois de menaces, d'intimidations et de bruits de botte, la Turquie vient de lancer une nouvelle offensive criminelle contre le Kurdistan de Syrie. Le Rojava a proclamé son autonomie lors du soulèvement populaire de 2011 mettant en œuvre des expérimentations démocratiques, pacifistes, féministes et anticapitalistes.

Les Kurdes de Syrie avec les forces arabes ont aussi constitué la principale force armée, alliée de la coalition internationale, pour lutter contre l'Etat islamique.

La Turquie d'Erdogan ne pouvait l'accepter, elle qui impose une chape de plomb dictatoriale sur son peuple et n'a de cesse de briser les aspirations à vivre libre du peuple kurde.

La Turquie d'Erdogan a pour cela apporté son soutien aux organisations islamistes et s'est engagée dans une politique d'extension territoriale en Syrie (Afrin) et en Irak. Cette agression, sans aucune légalité internationale, aura des conséquences dramatiques:

- Des troupes turques et leurs supplétifs se livrent déjà à des crimes contre les droits humains.

- Ankara opère un nettoyage ethnique pour chasser les kurdes de leurs terres comme elle l'a fait avec les Arméniens.

- Elle ouvre un nouveau foyer de guerre qui renforcera l’État islamique.

Le PCF condamne solennellement cette invasion et appelle le gouvernement de la France à saisir en urgence le Conseil de sécurité. Les Kurdes doivent être placés sous protection internationale pour éviter de criminels massacres alors qu'ils incarnent la paix et la démocratie au Moyen-Orient. Le PCF s'associe à toutes les initiatives de solidarité.

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 05:00
Avec une offensive de l'armée turque au Rojava contrôlé par les Kurdes, la résurgence des groupes terroristes menacera directement l'Europe (Khaled Issa, interviewé par Rosa Moussaoui, L'Humanité, 8 octobre 2019)
Khaled Issa « La résurgence des groupes terroristes menacera directement l’Europe »
Mardi, 8 Octobre, 2019

Représentant en France du Kurdistan syrien, Khaled Issa met en garde contre les graves conséquences d’une offensive turque dans le nord-est de la Syrie.
 

 

Khaled Issa est  Représentant en France du Kurdistan syrien

Comment expliquer cette nouvelle volte-face du ­président des États-Unis, avec le retrait des forces américaines du nord-est de la Syrie et le feu vert donné à l’offensive planifiée de la Turquie dans cette région ?

Khaled Issa C’est une question à poser aux Américains. Nous avons pourtant accompli avec eux un ­travail extraordinaire dans le cadre de la coalition (contre l’« État ­islamique » - NDLR). Il faut rappeler que la France fut le premier État à nous soutenir dans notre résistance contre Daech ; elle est ensuite ­devenue, dans le cadre de cette coalition internationale, un appui déterminant pour défaire ces terroristes. Mais le travail n’est pas terminé. Il existe encore des cellules dormantes. Si la force qui s’est ­battue contre Daech est affaiblie, le terrain sera propice pour la ­résurgence de l’« État islamique ». D’autant que certaines puissances régionales, à commencer par la Turquie, ont offert leur appui à Daech et à d’autres groupes intégristes. Ce n’est un secret pour personne : les autorités turques entretenaient avec ces terroristes de très bonnes relations. Leurs menaces sont une façon de voler à leur secours. Le paradoxe, c’est qu’on abandonne au milieu du chemin la force qui a ­contribué à leur défaite.

Le communiqué de la Maison-Blanche confie explicitement à Ankara le sort des djihadistes détenus dans le nord-est de la Syrie, sous la garde des Forces démocratiques ­syriennes. Quelles peuvent être les conséquences d’un tel choix ?

Khaled Issa Nous avons payé un lourd tribut à cette guerre. Nos garçons, nos filles sont tombés au combat. Plus de 11 000 jeunes gens ont sacrifié leur vie à cette lutte contre Daech. Les prisonniers sous notre garde ont été arrêtés sur notre territoire, leurs victimes sont des habitants de cette région. Au lieu de nous soutenir dans le cadre d’une coopération nationale en vue de les juger, on les remet à une puissance régionale qui les appuyait. C’est très paradoxal. Nous ne trouvons pas qu’il soit juste de confier ces terroristes à Ankara. Nous pensons que les autorités turques vont les recycler, comme ils ont déjà recyclé de nombreux éléments en fuite, qu’ils ont installés à Afrin. Ces choix conduiront à une dé­stabilisation totale de la région. En fait, Erdogan utilise ces terroristes pour faire chanter les pays européens. Lorsqu’il menace de laisser passer des réfugiés vers l’Europe, il sous-entend qu’il laissera aussi la voie libre aux terroristes. Si cette région échappe au contrôle de notre administration, de nos forces, la résurgence des groupes terroristes et de la violence ­menacera directement la sécurité en Europe.

Ankara veut empêcher l’installation à ses frontières d’une zone autonome kurde. L’offensive turque vise-t-elle, ­par-delà les Kurdes, l’expérience politique initiée dans le nord-est de la Syrie ?

Khaled Issa Il y a dans le nord-est de la Syrie des Kurdes, des Arabes, des Assyro-Chaldéens, des Turcomènes, des Tcherkesses, une ­mosaïque de communautés et de confessions. Nous avons mis en place une administration dans des conditions très difficiles mais c’était la zone la plus stable, celle où la guerre civile, les conflits entre communautés ont été évités. Les menaces planant aujourd’hui sur cette administration, sur les Forces démocratiques syriennes, éloignent les perspectives de paix pour la région, pour la Syrie. Elles font aussi planer de graves dangers sur la stabilité internationale.

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui
Syrie. Le revirement de Trump déstabilise ses alliés
Mercredi, 9 Octobre, 2019 - l'Humanité

Après avoir annoncé le retrait de ses forces, le président américain recule, mais sans s’opposer vraiment à une attaque turque contre les forces kurdes.

 

La politique américaine au Moyen-Orient avait-elle besoin d’un discrédit de plus ? Lundi soir, le président Trump est revenu sur sa décision, prise la veille, de retirer les soldats états-uniens stationnés en Syrie, accordant un blanc-seing à la Turquie pour une offensive contre les forces kurdes. En réalité, explique un haut responsable américain qui requiert l’anonymat, il s’agirait d’un redéploiement de 50 à 100 éléments des forces spéciales « vers d’autres bases » du pays et non d’un retrait pur. Ce repli stratégique viserait ainsi à protéger les boys, qui « ne doivent pas courir le risque d’être blessés, tués ou capturés si les Turcs passent la frontière et engagent des combats avec les forces kurdes locales », selon ce dirigeant. Et d’insister : « Le fait qu’on les déplace ne constitue pas un feu vert » à Ankara.

Pour autant, le déplacement des soldats américains ne peut laisser de doute sur le fait que Washington n’opposerait aucune résistance, quoi qu’en dise Trump, à l’entrée de l’armée turque, par ailleurs membre de l’Otan, en Syrie. « Si la Turquie fait quoi que ce soit dont j’estime, dans ma grande et inégalable sagesse, que cela dépasse les bornes, je détruirai et anéantirai complètement l’économie de la Turquie », a tweeté le locataire de la Maison-Blanche. Durant l’été 2018, les deux chefs d’État s’étaient déjà affrontés sur le terrain économique, entraînant une chute brutale de la livre turque. À la suite de la détention par Ankara d’un pasteur américain, Donald Trump avait exigé la mise en place d’importantes taxes douanières sur l’acier et l’aluminium turcs.

La France pourrait se retrouver seule face aux forces turques

La Turquie, qui a déjà mené deux offensives en Syrie, la première en 2016 contre le groupe « État islamique » (EI) et la deuxième en 2018, à Afrine, contre les Unités de protection du peuple (YPG) kurdes, a indiqué lundi avoir achevé les préparatifs en vue du lancement de son opération militaire. Elle entend ainsi préserver sa frontière des YPG, qu’elle considère comme la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé par Ankara sur la liste des organisations terroristes. Ankara espère également installer à terme dans cette « zone de sécurité » les 3,5 millions de réfugiés syriens présents sur son territoire.

Pour se prémunir d’une intervention, la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) aurait creusé des tranchées et des tunnels à Ras al-Aïn, Tal Abyad et près de Kobané, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) basé à Londres. La France, qui dispose actuellement de cinq bases au Rojava, le Kurdistan syrien, pourrait également se retrouver seule face aux forces turques. Paris a ainsi exhorté Ankara à « éviter une initiative » – chaque mot est pesé – qui nuirait à la lutte contre l’EI alors même que la restructuration de l’organisation est en cours. La diplomatie française a en outre plaidé pour que la détention des djihadistes étrangers, parmi lesquels des ressortissants français, dans les camps du Nord-Est syrien reste « sûre ». Lundi, lors d’un entretien avec son homologue turc, le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Djavad Zarif, a exprimé son « opposition » à une action en Syrie. Allié du président syrien Bachar Al Assad, Téhéran n’a jamais procédé au retrait du corps des Gardiens de la révolution, comme l’exigeaient un temps les États-Unis. Là encore, le camouflet est net.

Lina Sankari
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