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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 05:00
La femme du jour: Joan Baez

La femme du jour : « JOAN BAEZ, UNE VOIX ET UNE CONSCIENCE UNIVERSELLES »
 

À 77 ans, Joan Baez, figure universelle du folk américain et messagère de la paix de longue date, met le point final à sa carrière.

Elle donnait hier le dernier de ses dix concerts à l’Olympia, point de passage obligé de sa tournée d’adieux mondial qui doit durer deux ans, baptisée « Fare Tee Well ». On regrette déjà la présence de cette artiste unique à la voix de soprano chaude si prenante. On n’a pas oublié qu’elle fut à la fête de l’Humanité en 1971, soit deux ans après Woodstòk, et qu’on a pu l’y revoir en 2011. Née d’un père mexicain et d’une mère britannique, Joan Baez, qui adhéra très tôt au mouvement des droits civiques aux États-Unis, fut très proche de Martin Luther King et protesta avec force contre la guerre du Vietnam. Elle s’engagea dans la lutte des femmes et s’est battue avec ardeur pour la cause de Nelson Mandela, tout en rejoignant les rangs d’Amnesty International où elle a été nommée, en 2015, « ambassadrice de conscience ».

 

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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 04:53
Macron ou le tri entre les bons et les mauvais pauvres (Pierre Duquesne, l'Humanité, 14 juin 2018)
Macron, ou le tri « entre les bons et les mauvais pauvres »
PIERRE DUQUESNE
JEUDI, 14 JUIN, 2018
L'HUMANITÉ
Hier, à Montpellier, Emmanuel Macron prononce un discours sur sa vision des politiques sociales. Sylvain Thomas/AFP
 

Cela fait plusieurs mois qu’Emmanuel Macron est taxé de mépris de classe. Mais ses déclarations chocs, loin d’être subies, visent à préparer les esprits.

Les déclarations d’Emmanuel Macron sur « le pognon de dingue (mis) dans les minima sociaux », filmées et diffusées mardi par ses propres conseillers, ne sont pas des dérapages incontrôlés. Cela fait plusieurs mois qu’Emmanuel Macron, à coups de déclarations chocs, prépare les esprits à une offensive violente contre les politiques sociales pour économiser des milliards. Florilège de phrases qui, en plus de puer le mépris de classe, esquissent la nouvelle politique destinée à tous ceux qui « ne sont rien ».

« Ce que veulent les jeunes et les moins jeunes des quartiers (…) : c’est le réseau, c’est l’accès à, c’est l’opportunité. Et ce n’est pas forcément une politique publique, ce n’est pas forcément la becquée ! »

Dans ce discours intitulé « La France, une chance pour chacun », Emmanuel Macron semble opposer les droits sociaux à d’autres droits plus légitimes, de nouveaux « droits d’accès » permettant d’être « au bon endroit, au bon moment ». Cette version renouvelée du discours sur « l’égalité des chances », déjà présent chez Nicolas Sarkozy, sert surtout à « stigmatiser les politiques visant une égalité des conditions de vie, au profit d’une méritocratie somme toute très illusoire », déplore Manuel Domergue. « Des politiques de mobilité sociale, aussi volontaristes soient-elles, ne pourront faire abstraction du fait que les perdants de la compétition scolaire et sociale étaient rarement égaux sur la ligne de départ par rapport à leurs concurrents. Qui peut séparer, dans les difficultés personnelles, la part de la responsabilité individuelle des déterminismes familiaux, sociaux, territoriaux ou sanitaires ? Et quand bien même l’égalité des chances était possible, une société juste peut-elle se satisfaire d’inégalités de conditions de vie aussi criantes au prétexte qu’elles seraient liées au “mérite” des individus ? »

« Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord. »

« Il y a des phrases qui pèsent leur poids… » enrage Jean-François Yon, du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP), pour qui ces déclarations attestent au mieux une « méconnaissance crasse » de la réalité, au pire un « puissant mépris » pour les premiers concernés. « Sa logique économique de réduction des politiques sociales est celle mise en œuvre en Angleterre et en Allemagne. Nous ne pouvons que nous opposer à ces politiques qui sont sources d’accroissement des inégalités, de la pauvreté et de la précarité du travail. » Le modèle social qui tend à se dessiner derrière toutes ces déclarations est « une société où rien n’est jamais “acquis”, où les aides sociales ne sont que des pieds à l’étrier mais pas des protections durables », déplore aussi Manuel Domergue. Cette philosophie contre un supposé « cancer de l’assistanat » se retrouve derrière le refus d’attribuer le RSA aux moins de 25 ans ou de l’augmenter pour atteindre le seuil de pauvreté, « comme si le dénuement était une bonne incitation au travail », raille le responsable de la Fondation Abbé-Pierre. Il y aurait d’un côté « le bon pauvre », absout de toute responsabilité, et, de l’autre, des pauvres suspects de ne pas chercher de façon suffisamment active un travail. Cette logique explique « le (léger) coup de pouce à des minima sociaux comme le minimum vieillesse et l’allocation adulte handicapé, ou la focalisation de l’exécutif sur les enfants des familles pauvres », souligne Manuel Domergue. De même, l’accès au logement social est « souvent dépeint comme un parcours qui vient “récompenser” un mal-logé méritant, plutôt que concrétiser un droit reconnu à tous. Même le droit du séjour, on l’a vu récemment avec le cas de Mamoudou Gassama, en vient à récompenser un grand mérite ».

« Les gens qui pensent (...) que le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL, ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’histoire de notre pays. »

Ce jour-là, le président de la République avait opposé la grandeur du sacrifice du gendarme Arnaud Beltrame à tous ceux qui défendaient les aides au logement. Si cette phrase a profondément choqué, c’est que cette mise en avant du sens du devoir du colonel a été « avancée explicitement pour décrédibiliser la revendication des droits », déplore Manuel Domergue, directeur des études à la Fondation Abbé-Pierre. Le « droit à » est présenté « comme une demande paresseuse, passive, presque contraire à la dignité des bénéficiaires ». On aurait pu espérer, déplore Manuel Domergue, que le respect des droits « fût partagé comme un socle minimal par nos gouvernants, tant il se trouve au fondement de notre système politique, depuis la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen jusqu’à son rappel dans chacune de nos constitutions successives et quantité de textes internationaux ». Or, le président comme le premier ministre ont stigmatisé les droits « sans que cela suscite la moindre critique », déplore-t-il. « Je me pose la question de savoir comment on peut passer à une logique où on donne des droits et on distribue de l’argent à une logique où on accompagne individuellement les personnes et où on investit dans leurs compétences pour qu’ils retrouvent une activité ou un emploi », déclarait Édouard Philippe, le 7 juin dernier.

« Si l’on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c’est toute la cordée qui dégringole. »

Le président fait erreur, s’indigne François Soulage, président du collectif Alerte, qui regroupe 37 associations de lutte contre la pauvreté. « Chacun sait, en montagne, que c’est le plus lent de la cordée qui impose le rythme, car la responsabilité du premier de cordée, s’il ouvre le chemin, doit aussi faire en sorte que toute la cordée arrive au but final. » L’ancien président du Secours catholique a une autre question à poser : « Quels moyens devons-nous mettre en œuvre pour que le dernier aille au même rythme que le reste de la cordée ? » C’est la même chose dans le monde de l’entreprise, ajoute-t-il en détournant le verbe macronien. « Si tous les salariés ne peuvent suivre le rythme qui leur est imposé, c’est toute la chaîne de fabrication qui n’avance pas. » S’il faut en finir avec quelque chose, c’est avec cette « théorie du ruissellement », rétorque à son tour Claire Hédon, présidente d’ATD Quart Monde. Elle dénonce « ce discours de la compétition, du mérite et de la productivité que l’on nous sert depuis quarante ans et qui nous a plongés dans une crise économique, sociale et environnementale sans précédent. Réussir, pour beaucoup de jeunes, de personnes en précarité, de citoyens inquiets pour l’avenir, ne signifie pas lancer des entreprises qui vont faire le maximum de profit, mais simplement pouvoir vivre dignement dans une société respectueuse de l’environnement de tous ». Pour cela, nul besoin que des premiers de cordée tirent la société « en avant ». Il est en revanche indispensable de s’appuyer « sur l’expérience et l’intelligence des plus exclus pour construire une société autrement ».

« On met un pognon de dingue dans les minima sociaux, (...) les gens sont quand même pauvres. »

Un refrain se fait de plus en plus insistant, du côté de l’Élysée, dès que l’on évoque les prestations sociales, la politique de la ville dans les banlieues, et, plus généralement, toutes les politiques redistributives. « On a mis beaucoup de pognon », et il y a toujours des pauvres, des mal-logés, des quartiers en difficulté, comme le clame lui-même Emmanuel Macron. La conclusion est invariablement la même : arrêtons le massacre et faisons des économies. Opter pour des mesures d’accompagnement social complémentaires à des aides monétaires n’est jamais évoqué, regrette Manuel Domergue. « Ce discours se fait même parfois moral, voire moralisateur, en stigmatisant la politique de redistribution monétaire, assimilée à “des chèques” aux plus pauvres, qui seraient presque humiliants pour eux. En réalité, cette austérité budgétaire sur le dos des couches populaires déguisée en philosophie d’empowerment se trompe. » La bonne vieille redistribution, ce n’est pas très original, mais ça marche. « Impôts et prestations réduisent les inégalités de moitié, d’après les chiffres de l’Insee. Les minima et les APL constituent un puissant levier contre la pauvreté, qui explique grandement pourquoi la France, malgré un taux de chômage élevé, compte moins de pauvres que bien des pays où le taux de chômage est plus faible. Le gouvernement devrait y réfléchir avant de les remplacer par d’hypothétiques mesures d’incitation, de formation ou d’accompagnement », alerte Manuel Domergue.

Le 22 mai 2018, à l’occasion d’un discours sur les banlieues

Le 18 février 2015, sur BFMTV

Le 7 mai 2018, sur France 3

Le 15 octobre 2017, sur TF1

Le 11 juin 2018, lors une réunion à l’Élysée

Journaliste
Macron ou le tri entre les bons et les mauvais pauvres (Pierre Duquesne, l'Humanité, 14 juin 2018)
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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 04:45

lundi 18 juin 2018

 
le « Zero reste à charge » n’est pas le « 100% Sécu » , mais le bluff de M. Macron !
 

 

 
Le PCF a pris connaissance de la signature par des deux des trois syndicats dentaires libéraux, de la nouvelle convention nationale dentaire. Cette nouvelle orientation nous inquiète car le faux concept de « Zéro reste à charge » nous éloigne un peu plus, du vrai « 100% Sécu ».
Cette convention, par l’obligation faite aux praticiens conventionnés de respecter certains nouveaux tarifs sécu mais aussi des plafonds complémentaires, persiste et signe le transfert de responsabilité de la santé bucco-dentaire de la Sécu vers le secteur assurantiel privé et les patients.
En fait, ce n’est qu’un compromis qui, comme la CMU, propose un panier de soins insatisfaisant pour les plus démunis et un autre, hors-nomenclature, pour celles et ceux qui auront des sur-complémentaires. C’est encore une protection sociale inégalitaire qui est acté, avec trois niveaux dont les deux derniers laissent un reste à charge pour plus de 50% des actes.
 
Elle ne dit rien des actes de parodontologie ou des implants, et cantonne la prévention au dépistage, même si on peut être satisfait que la tranche d’âge des 3 ans, soit enfin concernée. Nous ne cesserons pas de dire que c’est d’un véritable plan national de prévention bucco-dentaire dont nous avons besoin, à l’image de ceux mis en place dans des Départements comme celui du 93 et du 94.
 
NON, Monsieur MACRON n’a pas respecté sa soi-disante promesse d’accès aux soins bucco-dentaires pour toutes et tous, mais celle de détricoter la Sécu au seul bénéfice des assurances, qui ne manqueront pas dans les mois à venir de prononcer de forte hausse des cotisations.
OUI, LE 100% Sécu reste la seule et vraie solution à l’accès aux soins, tous les soins bucco-dentaires et aussi l’optique et l’audioprothèse, de toute la population.
Le zéro reste à charge n'est pas le 100% Sécu mais le bluff de M. Macron (PCF)
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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 04:45
Privatisations: un choix injustifiable (Romaric Godin - Médiapart, 18 juin 2018)
Privatisations: un choix injustifiable
 PAR 

La loi Pacte prévoit trois cessions d’actifs importantes de l’État : Engie, Aéroports de Paris et la Française des jeux. Un impératif de bonne gestion et de financement pour le gouvernement. Mais les arguments ne résistent guère à l’examen. 

Le gouvernement aura donc utilisé la loi Pacte pour lancer une nouvelle vague de privatisations. Le projet de loi fait sauter toutes les restrictions à l’ouverture du capital de trois sociétés : Aéroports de Paris (ADP, détenue à 50,6 % par l’État), la Française des jeux (FDJ, détenue à 72 % par la France) et Engie (société issue de la fusion entre GDF et Suez et dans laquelle l’État possède 24,1 % du capital). Diverses lois prévoyaient jusqu’ici une forme d’incessibilité de ces participations de l’État : ces provisions disparaissent avec la loi Pacte. Cela rappellera, au passage, à ceux qui ont voté l’incessibilité de la SNCF que ce type de garantie peut avoir une vie très courte…

Le projet de loi n’en dit pas plus. Les modalités des cessions seront définies plus tard, sans doute après le vote de la loi, prévu à la fin de l’année. On ignore donc si l’opération se fera par des cessions de gré à gré ou par une vente sur le marché. Mais Bruno Le Maire, le ministre de l’économie et des finances, a évoqué dans Les Échos du 13 juin un montant : « 15 milliards d’euros. »

L’argument de l’efficacité

Mais pourquoi ces cessions d’actifs de l’État ? Et pourquoi dans la loi Pacte ? Lestorytelling du gouvernement fonctionne sur ce plan à plein régime. Sa première ligne est, comme à son habitude, la vieille lune du privé plus performant que le public. Bruno Le Maire a ainsi justifié ces cessions en expliquant que « l’État n’a pas vocation à diriger des entreprises concurrentielles à la place d’actionnaires qui ont les compétences et les savoir-faire pour le faire mieux que lui ». Il y aurait donc le rétablissement d’un ordre naturel : dans le secteur concurrentiel, les actionnaires privés sont plus efficaces.

Ce message est contestable à plusieurs égards. La FDJ est un monopole d’État sur ses activités de loterie et de jeux de grattage et n’est donc pas une « entreprise concurrentielle » à proprement parler. Mais même si l’on considère que la FDJ est en concurrence directe sur les paris sportifs ou indirects pour d’autres jeux de hasard avec des acteurs en ligne, l’inefficacité de l’État actionnaire n’est pas patente, puisque l’entreprise est le quatrième acteur mondial de ce marché et a pris le virage d’Internet.

La remarque vaut aussi pour ADP, qui est un acteur en bonne santé et ne semble pas souffrir du manque de compétences de son actionnaire majoritaire. Quant à Engie, l’entreprise est déjà majoritairement dans les mains d’actionnaires privés qui n’ont, en soi, aucune « compétence » ni aucun « savoir-faire » : ce sont des acteurs financiers. De fait, ce ne sont pas les actionnaires qui dirigent directement l’entreprise et l’État a pleinement les moyens de nommer des gens compétents à la tête de ses entreprises.

Notons que l’État conserve des positions sur les secteurs concurrentiels – et a même formellement rappelé son engagement à les conserver. C’est le cas notamment de la SNCF, qui sera bientôt soumise à une concurrence sur le ferroviaire et l’est déjà dans le transport routier… Que faut-il en conclure ? Que la SNCF sera finalement privatisée ou que la règle édictée par Bruno Le Maire est sans objet ?

En réalité, cet argument de Bruno Le Maire n’a strictement aucun sens. Dans l’économie financiarisée d’aujourd’hui, la « compétence » et le « savoir-faire » ne sont pas ce qui caractérise l’actionnaire. La FDJ devrait être introduite en Bourse et la participation dans Engie également. Où se situera le surplus de compétence ? Faut-il croire que la « main invisible du marché » permettra une meilleure gestion de ces entreprises ?

Rappelons qu’un des concurrents les plus féroces d’ADP aujourd’hui s’appelle Fraport, l’opérateur de l’aéroport de Francfort, détenu à 53 % par le Land de Hesse et la ville de Francfort. Qui peut croire que ces deux collectivités allemandes ont plus de« compétences » que l’État français pour gérer « mieux que lui » un hub aéroportuaire ? Avec ou sans l’État à son capital, ADP et FDJ peuvent, si elles sont bien gérées, investir et développer une stratégie pertinente.

Rien ne démontre que ce n’était pas le cas actuellement. Dans l’économie contemporaine, au contraire, l’État peut avoir une fonction positive sur l’investissement et l’innovation des sociétés qu’il possède en favorisant ces choix plutôt que ceux de la seule rentabilité. Il peut donc jouer un rôle très positif dans un secteur concurrentiel, contrairement à ce qu’affirme Bruno Le Maire. À condition qu’il le veuille et que l’avenir de ces sociétés soit son objectif.

Aide à l'innovation ? Pas si sûr…

Le deuxième argument en faveur des privatisations est le financement de l’innovation. C’est ce qui justifie l’intégration de ces mesures dans la loi Pacte. Bercy espère ainsi abonder un fonds pour financer l’innovation de rupture à hauteur de 10 milliards d’euros. Sur le papier, l’idée est séduisante : ce fonds pourrait permettre à la France de réaliser sa montée de gamme, un des maillons faibles de l’économie française. Sauf qu’il ne s’agit pas pour l’État d’injecter 10 milliards d’euros dans des projets.

Cet argent sera placé auprès du Trésor public pour rapporter de 200 à 300 millions d’euros par an, soit un rendement de 2 à 3 %. Cette démarche fait tomber l’argument de Bruno Le Maire qui estime que l’État dispose d’un patrimoine « immobilisé » dans ces entreprises qu’il faudrait mieux utiliser ailleurs. Or l’État va utiliser les sommes récupérées par les privatisations pour les placer sur les marchés financiers et en attendre les retours.

Elles seront donc aussi immobilisées. Pire même, elles seront beaucoup plus en danger sur des marchés actuellement au plus haut que dans des entreprises prospères comme ADP, FDJ et Engie… D’autant que le rendement des actifs actuels est très proche de ce qu’espère l’État. Selon les calculs de Libération, depuis 2006, FDJ et ADP ont versé en moyenne 290 millions d’euros à l’État. Il faut y ajouter Engie qui a versé 550 millions d’euros à l’État de dividendes pour ses 24,1 % du capital. Rien que sur 2017, les trois entreprises ont rapporté 712 millions d’euros de dividendes. Certes, ces montants peuvent varier mais ce sera aussi le cas des actifs placés par le Trésor. Factuellement, l’État s’appauvrit donc par ces cessions.

Enfin, d’immenses doutes planent sur la pertinence de ce fonds. Les sommes mises à disposition serviront à tout et à rien. Selon Bercy, un tiers des fonds versés seront consacrés à des projets venus du terrain (concours de start-up, prêts, avances) et deux tiers à des projets définis comme prioritaires par le gouvernement (intelligence artificielle, nanotechnologies, etc.). Tout cela ressemble à un vague saupoudrage sans véritable cohérence. Qui peut croire qu’une ou deux centaines de millions d’euros par an permettront à la France de récupérer son retard dans ces technologies alors que la Chine investit 2 milliards d’euros par an dans le domaine ?

Comme l’a montré l’économiste Mariana Mazzucato dans ses deux derniers ouvrages, l’État joue un rôle primordial dans l’innovation et, partant, dans la création de valeur de l’économie. La France a un besoin urgent d’innovations pour monter en gamme, mais cela ne peut se faire que par des investissements massifs dans la recherche fondamentale. Il faut des moyens et une stratégie claire. Les privatisations ne donnent ni les uns ni les autres : ses recettes ne fournissent pas plus de moyens que le rendement des actifs vendus…

Pourquoi alors ?

Il n’existe ainsi pas de raison objective de pratiquer ces cessions et donc d’appauvrir et d’affaiblir l'État, dont la dette est un objet de plainte perpétuelle des membres du gouvernement. Certes, tout ce qui viendra au-delà de 10 milliards d’euros servira au désendettement de l’État. Mais c’est une stratégie de courte vue : plutôt que de rembourser une goutte d’eau de la dette nominale, il eût été plus porteur de renforcer l’économie et donc le flux de recettes de l’État par d’autres investissements.

Mais il y a plus. Peut-on, lorsque l’on prétend « rendre à notre planète sa grandeur », confier à des seuls intérêts privés un aéroport ? Peut-on laisser un opérateur de jeux de hasard dans une seule logique concurrentielle et de rentabilité ? Bercy ferme le débat en rappelant qu’ADP sera toujours soumis à un contrat de régulation économique, comme aujourd’hui, passé avec l’État. Mais cela semble surtout un moyen de réduire les repreneurs intéressés à Vinci. Le contenu de ce contrat devra forcément prendre en compte les intérêts du nouvel actionnaire. Il ne pourra donc pas être du même type qu’aujourd’hui. Qu’on le veuille ou non, l’État incarne un intérêt général et sa gestion s’en ressent.

 

Quant à la FDJ, Bercy met en avant l’existence d’un nouvel organisme de régulation « indépendant ». Sera-t-il cependant aussi sensible que l’État à l’intérêt général alors que la direction de la FDJ ne cesse, depuis des années, de demander un assouplissement de la réglementation ?

Avec ces privatisations, Emmanuel Macron réalise ce qu’il avait échoué à imposer à Manuel Valls et François Hollande lorsqu’il était ministre de l’économie en 2015. Une bonne part d’idéologie, une autre de revanche et une dernière de volonté d’offrir un cadeau au secteur privé ont sans doute joué dans cette décision. Mais une chose semble désormais certaine : à plusieurs titres, l’intérêt général est sacrifié avec ces opérations.

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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 15:07
Ce ne sont pas les prestations sociales qui maintiennent les gens dans la pauvreté: Christian Favier, président communiste du conseil départemental du Val-de-Marne

« On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas » … « les gens pauvres restent pauvres ».  Avec ces propos, le Président de la République assume un choix politique dangereux pour la cohésion sociale de notre pays. Celui de stigmatiser 7 millions de français, enfants compris, qui, grâce à la solidarité nationale, et malgré des réalités quotidiennes particulièrement difficiles, peuvent vivre dans la dignité.

Créteil, le 14 juin 2018

 

Plus que toute autre chose, ces mots sont déconnectés de la réalité. Aujourd’hui, 33% des personnes éligibles au RSA ne le demandent pas.   Surtout, 83% des ayants droits suivent un parcours d’insertion professionnelle. Tous les indicateurs démontrent ainsi que notre système de solidarité nationale est un des plus efficaces d’Europe.

Ce ne sont donc pas les prestations sociales qui maintiennent les gens dans la pauvreté. La pauvreté existe parce que l’on compte 5,2 millions de demandeurs d’emplois pour seulement 1,7 millions de projets d’embauches. La pauvreté s’aggrave lorsque la politique fiscale gouvernementale est érigée au profit des 5% les plus riches, quand les autres sont écrasés par une fiscalité injuste. La pauvreté prospère parce que l’Etat contraint les Collectivités à réduire les moyens de leurs ambitions dans leurs actions de proximité.

Le montant des minima sociaux représente 1% du PIB. C’est trois fois moins que les 80 milliards d’euros de fraude fiscale. L’argent existe donc pour investir dans l’emploi, dans les salaires et les pensions, dans la formation et dans l’éducation.

Aujourd’hui, l’Etat doit plus d’1 milliard d’euros au Conseil départemental du Val-de-Marne dans la non compensation du transfert des allocations de solidarité. Malgré cela, nous prenons nos responsabilités pour continuer des politiques utiles et d’inclusions sociales et, face aux difficultés de la vie, toujours tendre la main à celles et ceux qui ont besoin d’un coup de pouce pour mieux se relever.

 

Christian Favier,
Président du Conseil départemental du Val-de-Marne (PCF)

Ce ne sont pas les prestations sociales qui maintiennent les gens dans la pauvreté: Christian Favier, président communiste du conseil départemental du Val-de-Marne
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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 05:25
Lors du congrès départemental de la CGT des Côtes-d’Armor, à Ploufragan, Philippe Martinez a apporté son soutien à l’hôpital de Guingamp.

Lors du congrès départemental de la CGT des Côtes-d’Armor, à Ploufragan, Philippe Martinez a apporté son soutien à l’hôpital de Guingamp.

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, participe depuis jeudi au congrès départemental de la CGT des Côtes-d’Armor, à Ploufragan. Dans ce cadre et à la demande de l’Union locale de Guingamp, il a échangé avec les responsables CGT du Centre hospitalier de Guingamp et des services de l’aide et du soin à domicile. Notamment sur la situation générale de l’hôpital et la fermeture de la maternité.

« Il apporte tout son soutien et celui de la confédération aux organisations syndicales engagées dans leur lutte, ainsi qu’au personnel de l’hôpital », a relayé Thierry Perennes de la CGT. « Il s’est également intéressé à la création du comité de défense de la santé du Pays de Guingamp, qui développe l’information et la mobilisation contre la politique de casse de la santé mise en œuvre par l’ARS Bretagne et dans lequel la CGT locale est très investie ».

Pascal Lasbleiz, secrétaire de la CGT à l’hôpital de Lannion, soutient, lui aussi, ses collègues guingampais, « en proposant un travail de convergence des luttes et non de rivalité entre les hôpitaux publics ».

 

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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 06:57
17 juin 1940: l'appel à la résistance de Charles Tillon
Charles Tillon à Carhaix en 1945 comme ministre de l'Air (archives Jean-Claude Cariou): Une photo prise au milieu de la foule sur le stade de Carhaix en 1945, près de l'emplacement actuelle des "Vieilles Charrues". Cette photo appartient à la collection privée de Jean-Claude Cariou. Au dos, on y trouve un tampon du service du ministère de l'Air. De gauche à droite, on peut voir avançant au milieu de la foule un officier de l'armée de l'air, Charles Tillon, Alain Cariou, résistant communiste, vice-président du Comité Départemental de Libération, chargé de l'épuration des fonctionnaires, permanent du PCF jusqu'en 1947 avant de reprendre ses fonctions d'instituteur, Gaby Paul, député PCF de Brest, membre du Comité Départemental de Libération, un élu (le maire de Carhaix), et sans doute le secrétaire de Charles Tillon et un membre du cabinet (légende Jean-Claude Cariou)

Charles Tillon à Carhaix en 1945 comme ministre de l'Air (archives Jean-Claude Cariou): Une photo prise au milieu de la foule sur le stade de Carhaix en 1945, près de l'emplacement actuelle des "Vieilles Charrues". Cette photo appartient à la collection privée de Jean-Claude Cariou. Au dos, on y trouve un tampon du service du ministère de l'Air. De gauche à droite, on peut voir avançant au milieu de la foule un officier de l'armée de l'air, Charles Tillon, Alain Cariou, résistant communiste, vice-président du Comité Départemental de Libération, chargé de l'épuration des fonctionnaires, permanent du PCF jusqu'en 1947 avant de reprendre ses fonctions d'instituteur, Gaby Paul, député PCF de Brest, membre du Comité Départemental de Libération, un élu (le maire de Carhaix), et sans doute le secrétaire de Charles Tillon et un membre du cabinet (légende Jean-Claude Cariou)

L’appel à la résistance du 17 juin 1940 de Charles TILLON - 

Page Facebook de Robert Clément 
 

« Les gouvernements bourgeois ont livré à Hitler et à Mussolini : l’Espagne, l’Autriche, l’Albanie et la Tchécoslovaquie... Et maintenant, ils livrent la France.
Ils ont tout trahi.
Après avoir livré les armées du Nord et de l’Est, après avoir livré Paris, ses usines, ses ouvriers, ils jugent pouvoir, avec le concours de Hitler, livrer le pays entier, au fascisme.
Mais le peuple français ne veut pas de la misère de l’esclavage du fascisme.
Pas plus qu’il n’a voulu de la guerre des capitalistes.
Il est le nombre : uni, il sera la force.
Pour l’arrestation immédiate des traîtres
Pour un gouvernement populaire s’appuyant sur les masses, libérant les travailleurs, établissant la légalité du parti communiste, luttant contre le fascisme hitlérien et les 200 familles, s’entendant avec l’URSS pour une paix équitable, luttant pour l’indépendance nationale et prenant des mesures contre les organisations fascistes.
Peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins, aviateurs encore sous les armes,

UNISSEZ VOUS DANS L’ACTION!"
Charles TILLON,
Gradignan, 17 juin 1940
 

Antoine Porcu (1) a présente le texte de cet appel et en a expliqué le sens dans un entretien accordé à l’Humanité le 4 mars 2006
 

« L’appel de Charles TILLON est un appel à la résistance sur le territoire national, tandis que celui du général de Gaulle s’adresse d’abord aux français présents en Angleterre pour leur demander de se rassembler autour de lui. Par ailleurs, l’appel de Charles TILLON est explicitement lancé au nom de la lutte contre le fascisme.
Cela le différencie également de l’appel de Thorez et Duclos du 10 juillet 1940, conforme à la ligne de la IIIeme Internationale. Celle-ci réduisait la guerre en cours à un affrontement antiimpérialiste. Cela ne permettait pas de cerner la spécificité du phénomène fasciste. À l’inverse, Charles Tillon en appelle au rassemblement du peuple dans l’action contre le « fascisme hitlérien », dans le droit fil de la stratégie du Front Populaire pour laquelle Maurice Thorez s’était lui-même battu.
Depuis la Libération, la propagande anticommuniste affirme que les communistes ne sont entrés en résistance qu’en juin 1941, lorsque l’Union soviétique est attaquée par les nazis. C’est une parfaite falsification. D’ailleurs, l’importance de ce texte a été appréciée par la direction clandestine du Parti Communiste, laquelle intègre Charles Tillon, à la demande de Benoît Frachon. Mais derrière ce genre d ‘accusation, c’est le rapport même des communistes au peuple français de l’époque qui est questionné. L’appel de Charles TILLON permet de lever toute ambiguïté. Il prouve que l’engagement des communistes s’est fait indépendamment des directives de la IIIeme Internationale.
Car cet appel n’est pas une initiative purement personnelle. Lorsqu’il le rédige Charles TILLON est mandaté par le Comité central pour réorganiser le parti communiste dans tout le Sud-Ouest de la France. Son appel y rencontre un certain écho. Les kiosquiers de Bordeaux l’insèrent dans les journaux. Il parvient même jusqu’aux chantiers navals de Saint-Nazaire. Le Parti communiste français a été traversé par de nombreuses et dramatiques contradictions. Mais il a toujours été avant tout un collectif de femmes et d’hommes mobilisés pour l’émancipation humaine. Le combat pour cette reconnaissance est crucial dans un contexte où la droite la plus réactionnaire reprend le flambeau de la virulente campagne anticommuniste d’après-guerre dans le but de briser tout espoir de transformation sociale. »
(1) Antoine PORCU, ouvrier métallurgiste, il adhère au PCF en 1943. Il rejoint alors le réseau des jeunes communistes résistants. Secrétaire de la fédération du PCF de Meurthe et Moselle de 1961 à 1979, 
Il est député de 1978 à 1981, il collabore au cabinet de Charles Fiterman au ministère des transports. Il ne renonce pas à son idéal et écrit de nombreux ouvrages en l’honneur des militants et résistants communistes. Il meurt le 1er mars 2017

 

Lire aussi: 

 

1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance

1945: Charles Tillon, ministre de l'air, en visite à Carhaix (une photo inédite avec Gaby Paul et Alain Cariou, cadres du PCF dans le Finistère à la libération)

Les communistes et la résistance: 17 juin 1940: la reconnaissance de l'appel de Charles Tillon

Communistes de Bretagne (1921-1945)

 

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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 06:50
Retraites, le nouveau chantier de démolition
DIEGO CHAUVET
JEUDI, 14 JUIN, 2018
HUMANITÉ DIMANCHE

Le coup d’envoi de la future réforme des retraites vient d’être donné. L’objectif du gouvernement : remplacer le système actuel, basé sur la répartition, par une capitalisation à peine déguisée. à la clé, des pensions toujours plus basses.

Après le Code du travail, les cotisations sociales, l’ISF ou encore la SNCF, le gouvernement vient de donner le coup d’envoi de son prochain grand chantier de démolition sociale : sa réforme des retraites. C’est le 31 mai que le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a lancé une « première expédition citoyenne dans le futur de notre système de retraite ». Une réunion de 20 « citoyens », en fait, au ministère des Solidarités et de la Santé, en présence du haut-commissaire et un intitulé alléchant : « En 2040, tous égaux dans le nouveau système de retraite ». Dans la foulée, le gouvernement a ouvert un site Internet (1) au moyen duquel il annonce donc lancer une grande consultation des Français dans la perspective d’un futur projet de loi prévu à l’horizon fin 2019-début 2020. Et le ton est donné, puisqu’il s’agit, dans la présentation qu’il en fait, d’instaurer l’égalité pour tous dans un nouveau système de retraite qui viendrait de surcroît régler les problèmes de financement.

La méthode est donc en soi biaisée. On trouve dans les questions qui sont débattues lors des « expéditions citoyennes » des idées avec lesquelles on ne pourrait qu’être d’accord (l’égalité) et des préoccupations futuristes éliminant notamment les syndicats, représentants des salariés et des retraités… voire toute décision politique : « Quelles seront les conséquences à moyen terme si une intelligence artificielle décidait tous les cinq ans du niveau des pensions en fonction de l’espérance de vie moyenne actualisée et de la croissance du pays ? » peut-on lire dans le résumé des sujets en débat le 31 mai dernier. Ainsi, donc, le simple fait de poser cette question permettrait de dessiner une solution qui viendrait à bout de toutes les revendications. L’intelligence artificielle, solution miracle pour le Medef !

Nous vendre le modèle suédois
Plus sérieusement, Emmanuel Macron tente de nous vendre une réforme en s’inspirant, dit-il, du modèle suédois… Il s’agit de la retraite par points. Exit les trimestres de cotisation, on compterait désormais les droits à la retraite en euros sonnants et trébuchants : accumulés tout au long de la carrière, ils formeraient à la fin un capital qui serait donc reversé sous forme de rente. La retraite par points n’est rien d’autre qu’une forme de retraite par capitalisation. Là encore, le gouvernement nous tend un miroir aux alouettes. Si les retraites ne sont plus calculées en fonction des trimestres cotisés, l’âge légal de départ pourrait lui-même disparaître… « Que se passerait-il dans vingt ans si chacun pouvait décider de partir à la retraite quand il le souhaite ? » interroge le site officiel de la consultation en ligne. En somme, il suffirait de compter ses points, et si on estime en avoir assez, choisir de partir un peu plus tôt que prévu. Mais l’âge légal de 62 ans restera en vigueur, et le Medef veille à ce que l’on rende le mécanisme suffisamment dissuasif, en mettant en place de nouvelles décotes, pour pousser les salariés à travailler plus longtemps, soit à s’aligner sur les 65-67 ans en vigueur dans d’autres pays européens.

Evincer les syndicats
En attendant un contenu qui va être appelé à se préciser dans les mois qui viennent, la méthode choisie par le gouvernement relève déjà en soi de la manipulation. Avec cette consultation en ligne et les quelques dates « d’expéditions citoyennes » à venir, il s’agit d’une véritable opération d’enfumage des citoyens et de contournement des syndicats. Avec cette méthode, le gouvernement cherche à faire croire qu’il pourrait obtenir l’assentiment des « Français », qu’il opposerait ainsi aux organisations syndicales qui ne manqueraient pas de s’élever contre cette réforme. Cette apparence « démocratique » n’est qu’un nouvel avatar de la stratégie utilisée par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne de 2012. L’ex-président s’en était alors violemment pris aux « corps intermédiaires qui font écran entre l’État et le peuple ».

(1) Sur https ://participez.reforme-retraite.gouv.fr/projects

Journaliste à l'Humanité Dimanche
Retraites, le nouveau chantier de démolition (Diego Chauvet, l'Humanité Dimanche - 14 juin 2018)
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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 05:58
La fusion entre Fincantieri et Naval Group, l’autre dossier entre la France et l’Italie (Médiapart - Martine Orange, 15 juin 2018)
La fusion entre Fincantieri et Naval Group, l’autre dossier entre la France et l’Italie
 PAR 

 

En dépit des tensions diplomatiques, le nouveau premier ministre italien avait une bonne raison de se rendre à l’Élysée : discuter de l’avancement du projet de rapprochement entre les chantiers publics navals italiens Fincantieri et les anciens arsenaux français Naval Group.

 

n dépit des tensions diplomatiques entre la France et l’Italie sur l’immigration, il y avait une bonne raison pour que le nouveau premier ministre italien rencontre, malgré tout, Emmanuel Macron ce vendredi 15 juin à l’Élysée. Pas plus que son prédécesseur, Giuseppe Conte ne veut laisser passer la chance historique que lui offre le gouvernement français actuel : réaliser une fusion entre les chantiers navals italiens Fincantieri et Naval Group (ex-DCNS).

Alors que le groupe public naval italien a déjà récupéré 50 % des chantiers de Saint-Nazaire pour 80 millions d’euros – les actifs du chantier sont estimés entre un et deux milliards d’euros –, le gouvernement français propose de prolonger la coopération en y adjoignant les anciens arsenaux militaires. « C’est le gros lot offert par la France pour faire oublier le clash avec l’Italie au moment de l’affaire STX France », grince un proche du dossier. Le gouvernement français avait alors violemment froissé Rome, en annonçant en juillet 2017 la pseudo-nationalisation des chantiers de Saint-Nazaire pour s’opposer à la prise de contrôle de Fincantieri.

Le dossier est complexe. Pourtant, côté français, on semble pressé d’aboutir : les deux gouvernements espèrent, selon nos informations, pouvoir annoncer ce grand projet en octobre, à l’occasion du salon Euronaval. Le sujet est quasi exclusivement discuté par l’Élysée, sous la direction d’Alexis Kohler, et par Bercy ; le ministère de la défense, pourtant le premier concerné, semble jouer les supplétifs, afin de contourner l’opposition de l’armée.

Dans un premier temps, le rapprochement se ferait par un échange de participations de l’ordre de 10 % : Thales, actionnaire à hauteur de 35 % de Naval Group, aux côtés de l’État, actionnaire à hauteur de 62 %, serait appelé à rétrocéder 10 % aux Italiens. Par la suite, les échanges de participations pourraient monter à 35 % ou davantage, au fur et à mesure que des programmes communs seraient élaborés. Il s’agirait de concevoir et de réaliser en commun de nouveaux bâtiments de surface, de mutualiser les efforts de recherche et de développement, de réaliser des synergies – en d’autres termes, des économies – grâce à la mutualisation des achats.

Le nom du projet est déjà tout trouvé. Pour le gouvernement, il s’agit de construire un « Airbus de la mer ». Le seul nom fait déjà frémir nombre d’observateurs, qui redoutent que l’Airbus de la mer ne devienne l’équivalent de l’Airbus du rail entre Siemens et Alstom. « Un nouveau bradage industriel français se prépare », dénonce une partie de l’encadrement et des salariés de Naval Group, qui multiplient les alertes auprès de tous les experts et décideurs politiques. À leurs côtés, de nombreuses voix, tant du côté industriel que militaire, se font entendre pour dénoncer ce mariage qui n’a rien d’égal, où DCNS risque de passer sous contrôle italien, désintégrant au passage la filière industrielle maritime ou ce qu’il en reste.

Car même si Fincantieri affiche un chiffre d’affaires (5 milliards d’euros) plus gros que Naval (3,7 milliards), les compétences entre les deux groupes sont loin d’être équivalentes. D’un côté, le groupe italien est d’abord et surtout un constructeur de bateaux de commerce et ne fabrique pas de coques de navire militaire. De l’autre, DCNS a grandi en développant des bateaux militaires totalement intégrés, à l’image des frégates Fremm (celles vendues pour plus d’un milliard d’euros par Sarkozy aux Russes).

Il s’appuie sur une coopération poussée avec Thales en matière de système d’armement et d’électronique embarquée, désormais beaucoup plus importants que les bâtiments. De plus, c’est DCNS qui conçoit et fabrique les sous-marins nucléaires, la partie la plus importante de la dissuasion française. C’est toute cette intégration, cette filière industrielle qui, selon des connaisseurs du dossier, est menacée, au risque de laisser la défense nucléaire orpheline car coupée du reste de l’entreprise, de ses recherches, de ses travaux.

Dans les discussions en cours, selon nos informations, c’est Fincantieri qui demande la direction des opérations. Le président du groupe italien, Giuseppe Bono, s’estime en position de force après avoir remporté au Qatar un contrat de cinq corvettes équipées, son premier grand contrat de ce type, obtenu semble-t-il après de nombreuses concessions et marchandages. S’appuyant sur ce succès, le groupe italien revendique aussi d’avoir le contrôle de certains marchés d’exportation substantiels comme le Brésil, bien que Naval Group y soit un fournisseur important et de longue date. De même, il pousse pour être le maître d’œuvre des futurs programmes, en s’appuyant sur ses fournisseurs et ses sous-traitants.

Thales a tout de suite vu le danger. Il craint de ne plus être le fournisseur exclusif de la défense française et de se retrouver exclu ou en position minoritaire des futurs contrats au bénéfice de son concurrent italien, Leonardo. « Nous sommes davantage qu'un actionnaire, puisque nous avons apporté en 2007 nos systèmes de combat en échange d'une montée dans le capital du constructeur naval, afin de partager notre destin. Quand on fait la frégate FTI avec Naval Group, c'est comme pour le Rafale avec Dassault, c'est une alliance à la vie, à la mort », a expliqué fin mai le PDG de Thales, Patrice Caine, lors de son assemblée générale. Et pour asseoir son opposition à ce projet, il menace de ne pas céder une seule action de Naval Group s’il ne récupère pas ses systèmes de combat.

La demande est jugée inacceptable par le gouvernement et par le PDG de Naval Group, qui veulent à tout prix voir aboutir l’opération. Ceux-ci cherchent par tous les moyens à tordre le bras au président de Thales. Car sans lui, rien ne peut se conclure.

« Macron a remis en cause la doctrine de la France sur la défense »

Cela fait longtemps que la France souhaite un regroupement des capacités de construction navales en Europe, afin de réduire les coûts de développement et les surcapacités. Pendant des années, les gouvernements allemand et français ont regardé si un rapprochement était possible entre leurs chantiers navals. Le projet n’a jamais pu aboutir. « Il aurait fallu sacrifier soit Kiel, soit Cherbourg. Aucun des États n’était prêt à un tel sacrifice », explique un connaisseur du dossier. L’idée a donc été enterrée. 

En parallèle, des conversations ont été engagées avec l’Italie, sans que cela n’aille très loin. Jusqu’à ce que Hervé Guillou soit nommé président de DCNS en 2014. Ingénieur de l’armement, passé chez EADS où il a travaillé aux côtés de Tom Enders, alors président de la branche défense (Cassidian, devenu Airbus Defence & Space), avant de reprendre lui-même la présidence de cette unité, Hervé Guillou rêve dès son arrivée chez DCNS – qu’il renomme Naval Group – à une grande alliance européenne.

Il commence donc à travailler sur des hypothèses de rapprochement avec le groupe public italien Fincantieri. Plusieurs scénarios sont alors évoqués sous le nom de Magellan, Magellan +, Magellan ++, qui échafaudent un rapprochement plus ou moins poussé avec Fincantieri. Mais le projet capote. Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la défense de François Hollande, s’oppose à ce rapprochement, considéré tant par les militaires que par les industriels comme une perte de compétences et de contrôle dangereuse pour la défense.

L’arrivée d’Emmanuel Macron change radicalement la perspective. Sous l’influence d’Hervé Grandjean, concepteur de son programme de défense dans le cadre de la campagne présidentielle, devenu conseiller industriel au ministère de la défense, le président de la République n’a plus du tout la même approche des questions stratégiques.

 

« Peu de personnes y ont pris garde. Mais lors de son intervention au Bourget [le 20 juin 2017], Emmanuel Macron a totalement remis en cause la doctrine traditionnelle de la France en matière de défense. Tandis que jusqu’alors tout reposait sur la conception de l’autonomie nationale stratégique, il a parlé de compétences partagées, de dépendance mutuelle. En gros, on partage tout avec les autres Européens, au nom d’une défense commune qui risque de ne jamais exister. En matière de défense, les Européens ne sont d’accord sur rien. Et il n’y a que la France qui mette ses compétences en partage. Tous les autres les conservent soigneusement », dénonce un opposant à ce changement de doctrine.

Ce jour-là, tous les observateurs relèvent qu’Hervé Guillou est au premier rang pour écouter le discours présidentiel du Bourget. Il attend son heure, qui ne tarde pas à venir. Alors que le conflit avec Rome s’envenime en juillet 2017, après l’annonce de la nationalisation de STX, le président de Naval Group s’empresse de ressortir son dossier Magellan et d’aller le vendre auprès du gouvernement.

Proposer une grande alliance avec Fincantieri dans le domaine militaire maritime, voilà la bonne solution pour sortir par le haut de la brouille diplomatique avec le gouvernement italien et amener Fincantieri à accepter des concessions sur Saint-Nazaire comme le demandent les grands clients du chantier, à commencer par MSC. Dès sa visite à Rome début septembre, Bruno Le Maire, qui est chargé de déminer le dossier, commence à parler de ce projet. L’idée est tout de suite acceptée par le gouvernement italien : il n’en espérait pas tant, surtout à de telles conditions.

Depuis, le projet de rapprochement chemine rapidement. Outre l’opposition de Thales, le seul vrai point d’achoppement semble être la bataille des égos entre le président de Naval Group et Fincantieri, l’un et l’autre réclamant tout le pouvoir. C’est ainsi que se décide la politique industrielle et de défense française pour le gouvernement. Au vu des précédents d’Alstom, de Technip ou de Saint-Nazaire, menées avec la même logique par Emmanuel Macron, il y a tout à craindre.

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16 juin 2018 6 16 /06 /juin /2018 05:45
Le 30 juin 2018, Rassemblement contre la fermeture de la maternité de Guingamp à 11h devant la Mairie: tous ensemble pour la défense du service public hospitalier de proximité!
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