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4 juillet 2019 4 04 /07 /juillet /2019 05:43
APL : les Thénardier au pouvoir (Ian Brossat - PCF)

Le Canard enchaîné révèle aujourd'hui la réforme des APL engagée par le gouvernement. C’est un nouveau coup dur. Ce sont plus d’un million de familles qui subiront de plein fouet une baisse des aides, voire une suppression totale.

Une fois de plus, ce gouvernement de Thénardier fait les poches aux familles populaires. La perte de pouvoir d’achat est immense : un milliard d’euros prélevé aux plus modestes. Pour une famille, ce sera 1000 euros en moins par an, soit presque un SMIC.

Après des mois de mobilisation sociale, c’est une véritable provocation.

C’est d’autant plus hallucinant que le gouvernement avait lui-même reconnu son erreur, après avoir baissé une première fois les APL en 2017.

Pourtant, deux ans après, Macron s’attaque de nouveau au pouvoir d’achat des familles populaires. N’oublions pas qu’entre temps, les cadeaux aux plus riches se sont multipliés : il est clair que le président des riches mérite plus que jamais son surnom.

 

Ian Brossat, porte parole du PCF et Responsable de la commission Logement au PCF

3 juillet 2019

APL: les Thénardier au pouvoir - Ian Brossat, porte-parole du PCF
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4 juillet 2019 4 04 /07 /juillet /2019 05:31
Accords commerciaux. Avec la ratification du Ceta, le pouvoir macroniste face à ses mensonges (Maud Vergnol, L'Humanité, 4 juillet 2019)
Accords commerciaux. Avec la ratification du Ceta, le pouvoir macroniste face à ses mensonges
Jeudi, 4 Juillet, 2019

En dépit des mobilisations politiques et citoyennes, le Conseil des ministres a validé, hier, le projet d’adoption du Ceta, qui sera soumis aux députés le 17 juillet. Une décision en contradiction totale avec les promesses de Macron.

 

Voilà un passage en force qui contredit sévèrement le prétendu virage écologiste de la majorité. En dépit des fortes oppositions à ce traité commercial avec le Canada, l’exécutif compte bien faire ratifier le Ceta le plus rapidement possible. « Le Conseil des ministres a délibéré et approuvé le projet de loi », a indiqué, hier, le secrétaire d’État Jean-Baptiste Lemoyne à la sortie du Conseil des ministres, jugeant « très positif » le bilan de cet accord, déjà entré en vigueur à 95 % depuis septembre 2017, avant même d’avoir été ratifié par les Parlements. « Nos exportations vers le Canada ont progressé de 6,6 % entre 2017 et 2018 », s’est-il félicité. Pourtant, les rapports réalisés sur les conséquences du Ceta, jugé « climaticide » par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), racontent une tout autre histoire. « Cet accord risque surtout d’être préjudiciable aux mesures prises par les États dans l’intérêt général, comme en matière de santé ou d’environnement, ces mesures étant susceptibles d’être accusées d’entraver le commerce », avertissait la CNCDH en 2016. Plus dures encore à assumer pour le gouvernement : les conclusions de la commission indépendante mandatée par le premier ministre lui-même. Cette mission d’experts a rendu des conclusions sans appel. Selon leurs travaux, le Ceta entraînera une forte hausse des émissions de gaz à effet de serre, causée par l’augmentation du transport international et la promotion des investissements dans les énergies fossiles. Elle relève également le risque d’une influence accrue des lobbys et d’utilisation des tribunaux d’arbitrage, une aberration démocratique qui permet à une multinationale de porter plainte contre un État lorsqu’elle considère qu’une de ses politiques va à l’encontre de ses intérêts. En dépit de ces premiers bilans accablants et malgré le changement de pied de la majorité sur le Mercosur, Emmanuel Macron compte bien passer en force. Pourtant, il y a moins d’un mois, à l’occasion de son allocution lors du centenaire de l’Organisation internationale du travail, le président déclarait : « Je ne veux plus d’accords commerciaux internationaux qui alimentent le dumping social et environnemental, et, en tant que dirigeant européen, je le refuserai partout où je n’aurai pas les garanties sur ce point. » C’est dire si sa propre majorité peine à assurer le service après-vente, préférant mettre en avant leur inquiétude au sujet du Mercosur. « J’ai le sentiment que l’on se dirige vers suffisamment de garanties, affirmait, hier, le député LaREM Aurélien Taché. Tout ce qui peut permettre une coopération et nourrir une forme d’interdépendance entre les nations va dans le bon sens. »

« Le Ceta va créer un précédent pour de nombreux autres accords bilatéraux »

Ce n’est pas l’avis des 72 organisations, d’Attac à la CGT, en passant par les professionnels des filières d’élevage, les associations de solidarité, de consommateurs ou de défense de l’environnement, qui, dans une lettre publique, demandent aux parlementaires de ne pas ratifier l’accord commercial. « Les risques sont largement documentés et doivent être pris d’autant plus au sérieux que le Ceta va créer un précédent pour de nombreux autres accords bilatéraux », alertent les signataires, qui s’inquiètent également au sujet des tribunaux d’arbitrage. D’autant que, comme « tout retour en arrière pourrait s’avérer extrêmement difficile, soulignent-ils, puisque des clauses – dites crépusculaires – prévoient que ces tribunaux pourraient exister encore vingt ans après une éventuelle dénonciation de l’accord (article 30.9.1 du Ceta) ». Selon leurs calculs, 41 811 entreprises américaines se verraient donc doter de nouvelles possibilités d’attaquer des lois et réglementations dans les États membres de l’UE. Ce choix apparaît d’autant plus incompréhensible pour les 72 organisations que « les États-Unis et le Canada, qui avaient été les premiers pays industrialisés à se doter entre eux d’un mécanisme d’arbitrage entre investisseurs et États, dans le cadre de l’Alena, ont justement décidé de l’abandonner ». Hier, Nicolas Hulot est également monté au créneau. « Le Canada est l’un des pires élèves du G20. Signer le Ceta, c’était le conforter, alors que ne pas le signer, c’était l’encourager à faire autrement », dénonce l’ancien ministre de la Transition écologique du premier gouvernement d’Édouard Philippe. De son côté, le député Matthieu Orphelin, ex-« marcheur », compte demander un « ajournement » du vote à fin 2019. À gauche, les parlementaires ne décolèrent pas. « Emmanuel Macron, s’il était conséquent en matière climatique comme il prétend l’être, et il ne l’est pas, devrait tout faire pour que ces accords soient refusés », estime le député FI Adrien Quatennens. Lors d’une conférence de presse, mardi, le député communiste Pierre Dharréville, dénonçant le caractère antidémocratique du traité, négocié dans la plus totale opacité sans aucune consultation des Parlements, a rappelé que son groupe avait fait adopter en 2017 une résolution qui préconisait notamment l’organisation d’un référendum. Une proposition reprise par les parlementaires socialistes, qui veulent soumettre, la semaine prochaine, une motion référendaire pour que cet accord soit soumis au suffrage des Français. Le projet de ratification, censé être voté le 17 juillet, arrive dès mardi prochain en commission.

Maud Vergnol
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4 juillet 2019 4 04 /07 /juillet /2019 05:21
Carrière

Il faut le lire pour le croire. Jacques Julliard, ce mondain qui fit toute sa carrière sous les ors de la social-démocratie, consacre une pleine page du Figaro pour annoncer que « les intellectuels n’aiment pas la liberté ».

Il est sur le sujet absolument catégorique. Dans l’Histoire, dit-il, ils auraient été fachos ou staliniens. Il aligne Aragon, Eluard, Joliot-Curie, Picasso. Et pour ce plumitif, le pire de tous semble avoir été Jean-Paul Sartre, assassiné ici comme « mauvais romancier qui a justifié tous les massacres pourvu qu’ils se réclament du socialisme », « petit vieillard en charentaises » et « insatiable buveur de sang ». Pourquoi tant de rage ? On se dit d’abord qu’il a mal digéré la canicule, un coup de chaud de trop. Et puis on se souvient que nos dominants veulent effacer de la mémoire nationale les traces de la Libération, du programme du CNR, des idées révolutionnaires d’alors. En loufiat appliqué, Julliard fait sa part du job en crachant sur l’intelligentsia et les idées émancipatrices de cette époque. Car, c’est sûr, Julliard, lui, il sait ce qu’est un vrai intellectuel, ce bobo néo-libertaire qui finit sa trajectoire pigiste au Figaro.

Gérard Streiff

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3 juillet 2019 3 03 /07 /juillet /2019 05:50
Mardi de l'éducation populaire - 1er juillet 2019 - Bérénice Manac'h - photo Caro Berardan

Mardi de l'éducation populaire - 1er juillet 2019 - Bérénice Manac'h - photo Caro Berardan

Mardi de l'éducation populaire - 1er juillet 2019 - Bérénice Manac'h - photo Caro Berardan

Mardi de l'éducation populaire - 1er juillet 2019 - Bérénice Manac'h - photo Caro Berardan

Mardi de l'éducation populaire - 1er juillet 2019 - Bérénice Manac'h - photo Caro Berardan

Mardi de l'éducation populaire - 1er juillet 2019 - Bérénice Manac'h - photo Caro Berardan

Mardi de l'éducation populaire - 1er juillet 2019 - Bérénice Manac'h - photo Caro Berardan

Mardi de l'éducation populaire - 1er juillet 2019 - Bérénice Manac'h - photo Caro Berardan

Mardi de l'éducation populaire - 1er juillet 2019 - Bérénice Manac'h - photo Ismaël Dupont

Mardi de l'éducation populaire - 1er juillet 2019 - Bérénice Manac'h - photo Ismaël Dupont

Mardi de l'éducation populaire avec Bérénice Manach, 1er juillet 2019 au local du PCF Morlaix: voyage dans l'Italie fasciste, la France des immigrés italiens des années 30, l'URSS du stalinisme, et la plus belle histoire et triste d'amour entre Nella, 16 ans et demi, et Emilio, le beau communiste italien déporté par Staline et exécuté en 1938, quand Nella rejoint Emilio à Pinega, où il est déporté au niveau du cercle polaire, pour des mois de vie d'amour et d'eau chaude, sans quasiment rien à manger, avant qu'Emilio soit déporté en Sibérie et que Nella ne rentre en Italie, à Turin, pour en France où elle commence à vivre avec l'ami d'Emilio, Etienne Manac'h, ancien militant et agent communiste, professeur de philosophie, futur diplomate, qui la fait venir à Istanbul où il travaille au lycée de Galatasaray tout en étant missionné par la France Libre. 

Un moment riche et poignant!

Bérénice Manach a dédicacé ensuite "Le livre de Nella" (publié chez skol vreizh) l''histoire belle, triste, passionnée de sa mère, de son premier amour, communiste italien victime du stalinisme, et de son combat pour la vérité. Elle nous a présenté des photos et des documents de l'URSS ou des partis communistes italiens, suisses et français des années d'une valeur extraordinaire.

 

"Le livre de Nella - Des vies d'exil" (Skol Vreizh, 2019, 22€)

Nella, la mère de Bérénice, est la fille de Teresa et Constante, ouvriers du Frioul en Italie du Nord contraints à se refugier en Europe car Constante Masutti, cadre du parti communiste, a tué un dirigeant du milice fasciste en 1921 dans un réflexe de légitime défense.  La famille va émigrer en Suisse, puis en France, avant de partir vivre en URSS où Nella passe une grande partie de sa jeunesse et de son adolescence, et tombe amoureuse d'Emilio, un autre italien communiste de la région de Turin, réfugié en URSS, mais qui, trop indépendant, sera bientôt victime de la répression stalinienne, déporté puis liquidé par le NKVD en 1938. Nella vivra plusieurs mois de déportation avec Emilio. Pendant la guerre, Nella s'unit à un ami d'Emilio, Etienne, un breton de Plouigneau émigré à Paris dans sa jeunesse, ancien militant communiste, passé à la France Libre au début de la guerre, profitant de son poste de professeur de philosophie à Istanbul. Ensemble, ils vont avoir à gérer le tempérament d'Etienne, Don Juan égocentrique, et le souvenir d'Emilio et une vie de diplomates en Europe de l'est. A la fin de sa vie, Nella, qui s'est éloignée d'Etienne, va faire la vérité sur la fin de vie d'Emilio, victime de la terreur stalinienne comme bien d'autres communistes italiens réfugiés en URSS.   

" Ce livre n'est ni un manuel d'Histoire ni un roman. Il tient pourtant de l'un et de l'autre. Il raconte l'histoire d'une famille ouvrière d'origine italienne écartelée entre plusieurs pays et plusieurs langues. C'est une histoire d'exils, de départs, de retours, qui se mêle plus ou moins étroitement à bien des drames que l'Europe a vécus au cours du 20e siècle. Les gens simples ont rarement été là pour dire ce qu'ils ont vécu. Ce récite retrace la vie de ces témoins et leur donne la parole, de l'Italie fasciste à l'immigration clandestine en région parisienne, de l'expatriation à Moscou sous la terreur stalinienne au retour en France.."

A la découverte des destins extraordinaires de Nella, Emilio, Costante, Etienne, marqués par le communisme et les tragédies du XXe siècle - photos de la conférence de Bérénice Manac'h pour les Mardis de l'éducation populaire le 1er juillet 2019
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2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 09:33
Italie. Solidarité pour la « capitaine Courage »
Lundi, 1 Juillet, 2019

Carola Rackete, aux commandes du Sea-Watch 3, a été interpellée en Sicile, après quinze jours d’errance forcée en mer, avec 42 migrants à bord de son bateau.

 

«Dévoué, le marin accepte l’incertitude du lendemain, est prêt à affronter le danger et à agir par tous temps et en tous lieux, quelles que soient les circonstances. » Ces mots sont inscrits en première page du Livret des valeurs de la marine française. La capitaine Carola Rackete, aux commandes du navire humanitaire Sea-Watch 3, n’a fait qu’obéir à ces valeurs. Elle force le respect. À son arrivée, samedi, dans le port de Lampedusa (Italie), pour y débarquer 42 exilés sauvés des eaux 17 jours plus tôt, la jeune femme a dû faire face à l’attaque d’un navire de guerre, envoyé pour la stopper par le très xénophobe ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini. Mais au final, rien n’aura empêché cette scientifique, spécialisée dans la navigation en Arctique et en Antarctique, de mener jusqu’au bout sa mission de sauvetage. Une vingtaine de policiers l’attendaient à sa descente du navire pour l’assigner à résidence. De nombreux militants de la solidarité étaient là aussi, venus l’applaudir pour avoir su tenir tête au nouveau « duce » (guide – NDLR) de l’extrême droite européenne et avoir fait revenir de force l’humanité en Europe.

Des messages haineux, sexistes et xénophobes...

« Carola, merci d’avoir mis ton corps dans cette bataille de civilisation », a publié sur Twitter l’écrivain antimafia Roberto Saviano, parmi des centaines d’autres messages rendant hommage à la jeune capitaine allemande. « Vous avez obéi à la loi des hommes, les mêmes hommes qui, il y a plus de 70 ans, ont plongé dans le trou noir de l’histoire, ceux qui relèvent encore la tête aujourd’hui. »

Ces derniers étaient, pour leur part, une poignée à vociférer sur le quai. « Les menottes ! », « J’espère que tu vas te faire violer par ces nègres », ont-ils aboyé, se plaçant à la même hauteur de langage et de pensée politique que leur mentor, Matteo Salvini, qualifiant, l’avant-veille, Carola Rackete d’« emmerdeuse » qui lui « casse les couilles ». La fachosphère française également, sur le site de Riposte laïque notamment, diffuse depuis toute une série de messages haineux, sexistes et xénophobes, et qualifiant les naufragés secourus par le bateau humanitaire de « 42 futurs égorgeurs ».

La justice italienne doit annoncer aujourd’hui, à l’issue d’un interrogatoire mené par le parquet d’Agrigente, en Sicile, si la capitaine de 31 ans sera effectivement poursuivie. Comme sa consœur Pia Klemp, en attente de son procès depuis 2017, elle est passible de quinze ans de prison. Elle pourrait également être accusée de « résistance à un bateau militaire ». Un délit passible de trois à dix ans de réclusion.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, demande, quant à lui, une « clarification rapide » des accusations. « Sauver des vies est une obligation humanitaire, a-t-il déclaré samedi. Le sauvetage en mer ne doit pas être criminalisé. » La France, elle, se contente d’annoncer qu’elle peut accueillir dix des exilés mis à l’abri par Carola Rackete. « Ni la Commission européenne ni aucun gouvernement européen n’ont trouvé la solution pour le débarquement des 40 survivants, déclare pour sa part l’ONG qui affrète le navire humanitaire. C’est finalement la capitaine Carola Rackete qui, étant à la fois forcée et aussi prête à prendre ses responsabilités, a enfin mis en sécurité ces personnes. »

Une cagnotte pour l’aider à financer ses frais de justice atteignait bientôt, hier après-midi, les 400 000 euros tandis que dans plusieurs communes d’Europe se tenaient des rassemblements de soutien à la « capitaine Courage ».

Émilien Urbach
Italie. Solidarité pour la capitaine Courage Carola Rackete, interpellée à bord du Sea-Watch 3 en Sicile, pour avoir sauvé 42 migrants à bord de son bateau (L'Humanité, 1er juillet 2019)  
Avec Carola Rackete et Pia Klemp, pour la justice et l’humanité

https://you.wemove.eu/campaigns/avec-carola-rackete-et-pia-klemp-pour-la-justice-et-l-humanite

Au gouvernement italien
Au Parlement européen, à la Commission européenne et aux gouvernements de l'Europe
A tous les citoyens et citoyennes de l'Europe

Cette pétition prend la suite de l’appel publié les 27 et 28 juin sur Le Monde, Paris, et Il Manifesto, Rome : « Sea-Watch 3 : C’est maintenant qu’il faut inverser la destruction du droit et de l’humanité », avec 700 signataires. Elle est proposée par le Comité Européen contre la Criminalisation du Sauvetage en Mer (CECCSM).

Un appel international

En faisant arrêter la capitaine Carola Rackete comme « hors la loi » et l’accusant de « rébellion » militaire, en séquestrant son navire comme « bateau pirate », en menaçant l’ONG propriétaire d’une « maxi-sanction » de dizaines de milliers d’euros, le Ministre Matteo Salvini qui semble exercer désormais dans son pays un pouvoir sans limites vient d’ajouter le délire à l’infamie. C’est lui qui place l’Italie en dehors du droit international et des principes fondamentaux dont nos Etats tirent leur légitimité démocratique. De graves conséquences vont s’ensuivre si on n’y fait pas obstacle.

De son côté, en « forçant le blocus » de la douane italienne après 14 jours d’atermoiements de l’UE et l’aveu d’incapacité lamentable de la CEDH, en accostant malgré l’interdiction à Lampedusa pour sauver ses passagers en détresse, la Capitaine du Sea Watch 3 n’a fait que son devoir. Elle en a assumé les risques mais ne doit pas en payer injustement le prix. Il appartient aux citoyens d’Europe et à leurs gouvernements – premiers concernés et impliqués – de faire immédiatement le nécessaire pour que cesse la persécution illégale et déshonorante contre les sauveteurs et l’équipage du Sea Watch 3.

Ne l’oublions pas cependant : une autre capitaine allemande est jugée en Italie pour avoir sauvé plus d’un millier de vies en Méditerranée : accusée d’aide à l’immigration clandestine et de complicité avec les « passeurs », Pia Klemp risque vingt ans de prison pour les vies qu’elle a sauvées – ce qui provoque l’indignation de beaucoup en Europe et dans le monde mais ne semble pas émouvoir nos gouvernements. On veut faire peur aux sauveteurs, mais Carola et Pia ne seront pas les dernières à prendre de tels risques alors que l’hécatombe des noyades se poursuit en Méditerranée avec la complicité des Etats qui devraient l’empêcher.

Nous exigeons donc que le gouvernement italien se ressaisisse, abandonne ses poursuites, libère immédiatement la capitaine Rackete et débloque le Sea Watch 3 pour qu’il puisse poursuivre sa mission. Nous exigeons qu’il accueille les hommes, femmes et enfants rescapés de la guerre et de la noyade, en concertation avec les ONG et les autres pays européens, et instruise correctement leur demande d’asile. Nous exigeons qu’il cesse de criminaliser la solidarité exercée au nom des droits humains par ses propres citoyens. Nous exigeons qu’il cesse d’ameuter l’opinion publique contre les migrants dénués de tout et forcés de quitter l’Afrique.

Nous appelons le nouveau Parlement européen à proposer, la Commission à élaborer, et les Gouvernements à décider enfin, dans l’esprit de la Convention de Genève, la politique commune de l’asile, ainsi que les règles de répartition équitable des personnes qui permettront à l’Europe de remplir ses obligations, de restaurer sa légitimité morale, en faisant preuve de sa capacité politique. Nous les appelons à respecter les conventions SOLAS et SAR qui imposent le débarquement en lieu sûr des personnes secourues en mer, en déclarant que ni la Libye ni la Tunisie ne sont aujourd’hui des lieux sûrs. Nous les appelons à ordonner la reprise des sauvetages en mer et à cesser de financer et d’entraîner les garde-côtes libyens qui traquent et torturent les fugitifs sous prétexte de lutter contre les trafics. Toute autre attitude est en réalité criminelle, elle relève de la lâcheté et de l’idiotie. En voulant épargner des conflits à l’Europe, elle les aiguise et détruit son propre avenir.

Enfin nous appelons tous les citoyens et citoyennes d’Europe à s’élever contre la politique d’hostilité envers les réfugiés et les migrants dont l’Italie aujourd’hui se fait gloire et que d’autres pays pratiquent de façon hypocrite. Nous les appelons à se solidariser avec Carola Rackete et Pia Klemp. A l’heure où Matteo Salvini et d’autres cherchent ainsi à nous entraîner dans l’ignominie, ces femmes courageuses, avec leurs équipages, sont l’honneur du continent européen. Citoyens et citoyennes de l’UE, battons-nous pour les libérer et rejoignons-les dans leur combat qui s’amplifie. Il est certes difficile, mais ses enjeux sont incontestables : contre l’arbitraire, contre l’hystérie xénophobe et le racisme, pour le droit, pour la vie humaine, pour l’hospitalité et aux côtés de tous ceux qui la font vivre. Ne restons pas spectateurs.

Photo: SeaWatch

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2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 06:31
Photo du Conseil communautaire de Morlaix, Pierre-Yvon Boisnard, 1er juillet 2019

Photo du Conseil communautaire de Morlaix, Pierre-Yvon Boisnard, 1er juillet 2019

Photo du Conseil communautaire de Morlaix, Pierre-Yvon Boisnard, 1er juillet 2019

Photo du Conseil communautaire de Morlaix, Pierre-Yvon Boisnard, 1er juillet 2019

Comme à Morlaix (12 voix pour dont 4 des élus de la majorité de droite et 8 des élus d'opposition de gauche, et le reste, 21 abstentions), le vœu que j'ai présenté en fin de conseil le 1er juillet 2019 en Conseil de Communauté de Morlaix-Communauté a été adopté avec 35 voix pour, 8 abstentions, 2 oppositions. 

Il a donné lieu à un débat politique, Christian Le Manac'h, maire de Plouégat Guérand, et sympathisant LREM, demandant un report du vote, disant qu'il n'avait pas assez d'éléments pour juger à ce stade (sic), malgré le débat parlementaire et le fait que cette question soit dans le cœur de l'actualité depuis des mois, Jean Guy Guéguen, maire de droite de Carantec, se montrant favorable à la privatisation, au motif que les aéroports de Paris selon son expérience personnelle ne fonctionnerait pas bien, Cathy Lucas (maire PS de Lanmeur), Thierry Piriou (président de la communauté PS, maire de Pleyber-Christ), Guy Pennec (maire de Plourin-les-Morlaix, vice-président à l'environnement, PS), Jean-Paul Vermot (élu d'opposition PS à Morlaix et Conseil Départemental), Solange Creignou (maire de Loc Eguiner Saint Thégonnec et conseillère départementale PS) intervenant à l'inverse en faveur d'un vote pour le vœu, citant le fiasco des autoroutes (Thierry Piriou et Cathy Lucas), un choix à faire entre ce qui pouvait relever du privé et du public, Guy Pennec évoquant même la privatisation de l'armée, de la sécurité et de la guerre, dans certains pays. Au final, cette question a donné lieu à un vrai débat politique, ce qui était heureux car ce n'est pas si courant à l'occasion du vote d'un vœu, qui souvent, ne donne pas lieu à débat. En fin de conseil, Cathy Lucas m'a annoncé qu'elle présenterait ce vœu au conseil municipal de Lanmeur.

Ismaël Dupont

 

Vœu pour un référendum contre la privatisation d'ADP - Aéroports de Paris

Conseil Communautaire de Morlaix-Communauté du 1er Juillet 2019

Présenté par :  Ismaël Dupont

Le  Président de la République et le Gouvernement ont pour objectif de privatiser complément  les Aéroports de Paris (ADP) – qui gèrent Roissy Charles de Gaule, Orly, Le Bourget – un groupe dont l’État est actuellement actionnaire à 50,6 %. La privatisation d'ADP a été votée par la loi Pacte au printemps 2019. Outre ADP, elle prévoit aussi la vente de ENGIE et de la Française des Jeux. Ils rapportent à eux trois 800 millions d'euros par an à l’État : 173 millions de dividendes pour l’État l'an passé pour ADP. ADP est la deuxième valeur boursière détenue par l’État après EDF.

Ce projet soulève une très forte opposition dans tout le pays, à l'Assemblée Nationale et au Sénat..

En effet, la maîtrise publique de nos plus grands aéroports nationaux est un enjeu d'intérêt national avec une forte dimension stratégique, économique et sécuritaire.  86 % des aéroports dans le monde sont sous contrôle public, dont 100 % aux États-Unis.

Si ADP est privatisé, quel impact sur l'aménagement du grand Paris ? Sur une augmentation des coûts des prestations pour les compagnies aériennes et les usagers ?

Pour privatiser, l’État devra payer les actuels actionnaires minoritaires d'ADP à hauteur de 1 milliard. Parmi eux, le groupe Vinci, qui est candidat au rachat ! ADP est le principal hub d’Air France, le privatiser c’est faire courir des risques à la compagnie nationale. La privatisation d'ADP fait peser de lourdes menaces sur les conditions de travail des salariés de l'entreprise.

Un exemple devrait inciter le président de la République à plus de prudence : le précédent de la vente de l'aéroport de Toulouse. Vendu pour 308 millions d'euros à un groupe chinois sans aucune expérience en matière aéroportuaire et composé à 51% d''une entreprise publique chinoise et à 49% d'un fonds d'investissement Hong Kongais domicilié dans un paradis fiscal - les îles vierges britanniques - il a été revendu 200 millions d'euros plus cher après que les actionnaires en aient vidé les caisses. Cette privatisation a été épinglée par la Cour des comptes.

Les compagnies aériennes se sont déclarées défavorables à la privatisation car elles craignent une augmentation des coûts pour elles et donc une répercussion sur les prix des billets. L'association internationale du transport aérien a en effet mené une étude sur près de 90 aéroports internationaux qui confirme que les aéroports privatisés sont plus chers que ceux restés dans le giron public

A l’initiative des parlementaires PCF, FI, PS et LR, la représentation nationale a réussi à imposer un Référendum d’Initiative Partagée (RIP) sur la reconnaissance du caractère de « service public national » des aérodromes parisiens, proposition d'un RIP validé le 9 mai dernier par le Conseil Constitutionnel. Il faudra réunir avant le 12 mars 2020 4,7 millions soutiens à la loi cosignée par 248 parlementaires de gauche et de droite qui consacre ADP comme un service public national, donc non cessible au privé.

Si ces 4,7 millions de signatures sont recueillies, le gouvernement se trouvera l'obligation de consulter les Français sur ce projet. Il va être possible de s'opposer à une nouvelle privatisation et au bradage du patrimoine public au profit exclusif des intérêts privés.

C'est un enjeu de maîtrise publique d'un secteur stratégique pour notre pays, un enjeu de démocratie, et aussi un enjeu financier pour l’État car ADP est rentable et permet d'investir des millions chaque année dans le service public.

En tant qu'élus de Morlaix-Communauté, nous nous sentons concernés par la possibilité que puisse se tenir ce Référendum d'initiative partagée et souhaitons que les habitants de la communauté d'agglomération puissent s'exprimer sur ce sujet.

En tant qu'élus de Morlaix-Communauté, nous exprimons notre refus de la vente et de la privatisation complète d'ADP, une question qui nous concerne tous.

Conseil communautaire de Morlaix du 1er juillet: le voeu contre la privatisation d'ADP présenté par Ismaël Dupont adopté à 35 voix pour, 8 abstentions, 2 oppositions
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2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 06:27
Ian Brossat au meeting de Rennes des Européennes, 24 avril dernier, devant mille personnes (le plus gros meeting de la campagne Européennes en Bretagne, tous partis et mouvements confondus) - photo France Chapa

Ian Brossat au meeting de Rennes des Européennes, 24 avril dernier, devant mille personnes (le plus gros meeting de la campagne Européennes en Bretagne, tous partis et mouvements confondus) - photo France Chapa

Élections municipales. Ian Brossat mènera campagne à Paris
Dimanche, 30 Juin, 2019
 
Les communistes parisiens se sont dotés d’une équipe collégiale pour le scrutin de 2020. L’actuel maire-adjoint au logement, Ian Brossat, sera leur porte-voix.

 

 
Ian Brossat a été désigné pour mener la campagne des communistes à Paris pour les municipales de 2020. « L’enjeu est de battre la République en marche, qui a décidé de jeter toutes ses forces dans la bataille, y compris depuis l’Elysée, et de faire gagner la gauche, en travaillant au rassemblement, sur la base d’un projet qui répondent aux aspirations des familles parisiennes », explique-t-il. L’actuel maire-adjoint au logement considère que les macronistes « ne veulent pas seulement remplacer la maire Anne Hidalgo, mais aussi les habitants », en faisant de la capitale une « ville pour les riches et les touristes ».

Fort de son bilan, avec la création de « 42 000 logements sociaux durant la mandature, ce qui constitue record absolu », Ian Brossat ne compte pas laisser LaREM les vendre comme elle le prévoit. « Les 550 000 familles modestes qui vivent à Paris grâce au logement social seraient poussées dehors », s’inquiète-t-il. A l’inverse, l’élu compte poursuivre sa politique et atteindre les 30% de logements sociaux à Paris en 2030. Soit 7000 de plus par an, notamment en s’attaquant aux 200 000 logements vacants, et en poursuivant les rachats pour transformer le bâti existant.

Dans le cadre de la campagne de 2020, Ian Brossat propose aussi un référendum pour interdire Airbnb dans les quartiers les plus impactés, et un autre sur l’encadrement des loyers, afin de maintenir le dispositif actuel ou de mettre en place un blocage pendant cinq ans. Les communistes « qui ont joué un rôle essentiel tout au long de la mandature » visent toujours la gratuité totale des transports en commun en 2030. « Après l’avoir obtenu pour les personnes âgées et les 4 à 11 ans, il faut que cela soit gratuit pour tous les mineurs lors du prochain mandat », insiste Ian Brossat, qui place « le combat contre la vie chère et pour la qualité environnementale » au cœur du débat. « La puissance publique devra également intervenir davantage contre l’uberisation. On voit que des entreprises peuvent transformer la ville en un jour. Il faut réagir », ajoute-t-il.

Les communistes parisiens, qui avaient dans un premier temps choisi Nicolas Bonnet-Oulaldj pour mener campagne, ont tenu mardi dernier un conseil départemental qui a décidé de la création d’une équipe collégiale, notamment composé « d’Hélène Bidard et de Nicolas, en charge du projet », explique Ian Brossat. L’ancienne tête de liste du PCF aux européennes tire de ce dernier scrutin « la nécessité que la gauche reprenne le chemin du dialogue, car le risque du duel entre RN et LaREM existe aussi pour les municipales ». Il soutient un accord sur des contenus, son parti ayant écrit aux autres forces de gauche. Des rencontres ont actuellement lieu. La décision de se rassembler avec la maire PS de Paris Anne Hidalgo au premier tour « si nos propositions sont entendues », ou au second tour sera tranchée en octobre, précise Ian Brossat.

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2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 06:00
Commerce. Quand l’UE et le Mercosur signent le pillage de la planète (Cathy Dos Santos, L'Humanité, 1er juillet 2019, et entretien de Eric Serres avec Maxime Combes)
Commerce. Quand l’UE et le Mercosur signent le pillage de la planète
Lundi, 1 Juillet, 2019

L’accord conclu entre Bruxelles et les pays du cône sud-américain prévoit de faire sauter les taxes douanières, entraînant des désastres pour les filières agricoles et l’environnement. Il doit encore être ratifié par chaque parlement.

 

Les multinationales et autres investisseurs rêvaient depuis longtemps d’une zone commerciale gigantesque, « libre et non faussée ». L’Union européenne et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) se proposent de la leur offrir sur un plateau en or avec une quasi-impunité fiscale, sociale et environnementale aux conséquences désastreuses dans ces domaines de part et d’autre de l’Atlantique. Après vingt ans de tractations et de marchandages pour savoir qui remportera le plus gros morceau de la bête, ces deux blocs de 777 millions d’habitants sont convenus, vendredi, de la création d’un accord de libre-échange qui pèsera pour près d’un quart du PIB mondial. « Accord commercial fait ! Un moment historique. Au milieu des tensions commerciales internationales, nous sommes en train d’envoyer un signal fort que nous appuyons le commerce basé sur des normes », a jubilé dans un tweet le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui entend quitter ses fonctions, en brandissant le texte tel un trophée de guerre.

« Tournant historique en faveur de l’ouverture économique »

C’est « une conquête » pour Buenos Aires, alors que le président de droite Mauricio Macri devra affronter une élection présidentielle à l’issue incertaine en raison de l’impopularité de ses réformes libérales et austères. « Tournant historique (…) en faveur de l’ouverture économique », s’est félicité le Brésil du président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, qui offre, avec cet accord, du pain bénit à ses soutiens de l’agrobusiness et aux multinationales qui exploitent les territoires amazoniens.

Ces satisfactions ne parviennent pas à étouffer les salves de critiques qui ont accompagné cette nouvelle phase de libéralisation des échanges commerciaux. Car, l’accord UE-Mercosur, c’est une affaire de gros sous aux retombées sociales et économiques asymétriques en raison de la levée des taxes douanières et de l’ouverture de marchés, jusqu’alors réglementés. L’organisme sud-américain exigeait des impôts de l’ordre de 91 % sur les produits en provenance de l’Europe. En retour, cette dernière éliminera jusqu’à 92 % de ses taxes sur les importations en provenance du cône sud. Le deal conclu n’épargne aucun domaine, mais des secteurs clés sont particulièrement touchés. L’Europe pourrait à l’avenir exporter ses produits industriels, notamment de la filière automobile. Elle serait également avantagée en ce qui concerne l’importation de métaux rares pour les hautes technologies, faisant la part belle aux compagnies extractivistes, au détriment des normes environnementales. Elle sortirait également gagnante sur le terrain des marchés publics – infrastructures, télécommunications – des pays du Mercosur qui avaient jusqu’à présent mis leur veto à ces secteurs stratégiques pour leur propre économie. Les Latino-Américains, quant à eux, ont finalement remporté la palme des négociations en obtenant un feu vert – conditionné à des normes sanitaires et environnementales à la marge – leur permettant d’inonder les Vingt-Huit de produits agricoles et agro-industriels : bœuf, volaille, sucre, éthanol, jus d’orange, café instantané…

Depuis l’an 2000, le chapitre agricole a été la pierre d’achoppement des négociateurs au point de faire capoter la trentaine de rounds de pourparlers qui ont eu lieu. Il pourrait d’ailleurs constituer le principal obstacle à la mise en œuvre de l’accord, qui, pour voir le jour, devra encore être ratifié par l’ensemble des parlements des États membres, puis par le Parlement européen, ainsi que par les assemblées nationales des pays latino-américains concernés. Et pour cause, ces derniers constituent à eux seuls une puissance agricole à même de dévaster l’agriculture européenne. Selon l’accord conclu – aux vastes zones d’ombre –, le Mercosur aurait gagné de pouvoir exporter 99 000 tonnes de viande bovine avec des taxes douanières réduites à 7,5 %. Lors de précédentes tractations, les Latino-Américains exigeaient que ses exportations soient libres d’impôts, contre les 70 000 tonnes avancées par l’UE. Le compromis final n’en est pas un, et il risque d’affaiblir à mort une filière de la viande déjà très fragilisée, la Fédération nationale bovine estimant que la baisse du nombre d’élevages bovins a doublé depuis 2017. Pour rappel : le Mercosur exporte déjà près de 250 000 tonnes de bœuf vers l’Europe, soit 75 % des importations totales de l’UE. Le nouvel accord, dont tous les aboutissants ne sont pas connus, pourrait dévaster les éleveurs européens. De l’aveu du commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, l’UE a opéré des « concessions significatives », à même de poser, a-t-il dit, non sans euphémisme, « certains défis pour les agriculteurs européens » que « l’aide financière » d’un milliard d’euros « en cas de perturbation du marché » ne saurait pallier.

« 74 % des produits phytosanitaires au Brésil sont interdits en Europe »

La possible déferlante de produits agricoles et de l’agrobusiness a soulevé une vague de contestation en Europe. Cette « politique commerciale a deux poids et deux mesures » creuse le fossé « entre ce qui est demandé aux agriculteurs européens et ce qui est toléré des producteurs du Mercosur » quant aux normes sanitaires et environnementales, a protesté la Copa Cogeca, la puissante fédération qui regroupe les syndicats agricoles de l’UE. Même tonalité pour le principal syndicat allemand, le Deutscher Bauernverband, qui estime que « beaucoup d’exploitations agricoles familiales » seront en danger si l’accord est ratifié. En France, les réactions à charge n’ont pas manqué, des Jeunes Agriculteurs à la FNSA qui, par la voix de Christiane Lambert, ont fustigé « un coup dur pour l’agriculture ». « 74 % des produits phytosanitaires utilisés au Brésil sont interdits en Europe », a-t-elle alerté. C’est là l’autre préoccupation majeure qui avait déjà été soulevée par 340 ONG européennes et sud-américaines concernant l’impact environnemental.

Salve de critiques des syndicats agricoles et des partis politiques

« On ne peut pas promouvoir une agriculture durable et faire du climat une priorité, et importer sa viande de l’autre bout de la planète en favorisant un modèle agricole intensif responsable de 80 % de la destruction de la forêt amazonienne », a vivement réagi l’eurodéputé PS Éric Andrieu. Pour Esther Benbassa, d’Europe Écologie-les Verts, l’accord est « une catastrophe écologique », tandis que le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a mis en garde contre « un projet qui va abîmer la planète, notre santé et l’agriculture française ». La France insoumise appelle à un rassemblement, mardi, devant le Parlement européen, pour dénoncer un « accord opaque » conclu « au cours de la vacance parlementaire et sans transmission de la moindre information aux députés sortants ».

Alors que l’eurodéputé LaREM Pascal Durand qualifie la signature du projet de « jour funeste », le président français Emmanuel Macron a évoqué un « bon » texte, tout en parlant de « vigilance » dans sa mise en œuvre. L’hôte de l’Élysée avait pourtant juré sur tous les tons qu’il n’y aurait pas de signature tant que Brasília ne confirmait pas son soutien à l’accord de Paris sur le climat, dont Jair Bolsonaro a menacé de se retirer. Avant de se coucher face aux pressions de ses partenaires européens. À l’issue du sommet du G20 à Osaka au Japon, le locataire du Planalto, climatosceptique par excellence et fossoyeur de l’Amazonie, a griffonné son accord de principe, les promesses n’engageant que ceux qui y croient.

Cathy Dos Santos
Maxime Combes : « On ouvre encore plus les portes à l’agrobusiness »
Lundi, 1 Juillet, 2019

Salué par Macron, le traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur entraîne une levée de boucliers de la part de nombre d’organisations non gouvernementales. Entretien avec Maxime Combes, économiste à Attac et militant pour la justice climatique.

 

 

Emmanuel Macron avait promis qu’il ne signerait pas un mauvais accord. Et pourtant, ce traité de libre-échange avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) va encore une fois à l’encontre de ses dires ?

Maxime Combes Clairement ! On donne notamment une légitimité à un Jair Bolsonaro alors que celui-ci remet en cause de manière permanente les régulations environnementales au Brésil. Il a démantelé le ministère de l’Écologie. Il favorise la déforestation au profit de l’agrobusiness et viole les droits de populations indigènes. Signer cet accord, c’est lui délivrer un blanc-seing. Mais, au-delà, regardons les répercussions en Europe. L’UE, en acceptant d’importer des produits agricoles (viande bovine, volaille) et en continuant à importer massivement du soja (transgénique), va fortement déstabiliser son secteur agricole.

Un tel accord va-t-il aussi à l’encontre des efforts faits par certains en Europe pour mettre sur pied une agriculture responsable ?

Maxime Combes C’est un très mauvais signal qu’on donne. Cet accord va avoir des impacts négatifs sur la capacité des pouvoirs publics et du monde paysan à organiser une transition vers une agriculture locale et de qualité. On ouvre encore plus les portes à l’agrobusiness et à ses multinationales.

Au-delà de l’agriculture, qu’en est-il aussi du secteur de l’énergie ? Ainsi l’Argentine et ses hydrocarbures non conventionnels. Ne va-t-on pas inciter ce pays à produire toujours plus et à détruire encore ?

Maxime Combes Le mandat avec lequel la Commission européenne a négocié avec le Mercosur n’a jamais été rendu public. On ne sait rien des secteurs qui ont été mis sur la table. Il est clair, par contre, que cette fuite en avant fera primer les intérêts des multinationales sur les exigences sociales, les droits humains, la lutte contre le réchauffement climatique et la protection de la biodiversité. Tout cela est lié à la nature même des règles qui organisent le commerce international et sur laquelle se base la signature de ces accords. Ces règles imposent que rien ne puisse entraver un accord, et ce, même s’il nuit à des principes fondamentaux.

Est-il encore possible que les pays européens, qui doivent ratifier le traité, le retoquent ?

Maxime Combes Il faut d’abord rappeler que le mandat commercial avec lequel la Commission européenne a négocié est fondé sur des règles édictées au siècle passé. Or celles-ci sont aujourd’hui obsolètes. Cette vieille doctrine européenne qui voulait placer l’Europe au cœur des négociations économiques n’est plus d’actualité. Le climat et les inégalités sociales sont les seuls enjeux de demain. Ensuite, tout est possible. Nous sommes sûrement devant un accord mixte, qui mêle des enjeux de commerce, mais aussi des éléments qui ne sont pas liés à celui-ci. Or ces éléments extérieurs doivent aussi être ratifiés par les parlements de chaque État membre et, pourquoi pas, invalidés. Du coup, rien n’est terminé. Ces derniers jours, il y a eu de très fortes mobilisations de nombreux secteurs : ONG, syndicats et monde agricole dans son ensemble. Pour rappel, le Parlement européen était extrêmement divisé lorsqu’il a fallu discuter avec l’Amérique de Donald Trump. Pourquoi pas dès lors avec le Brésil de Bolsonaro ?

Entretien réalisé par Éric Serres
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2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 05:54
Hébergement d’urgence. L’État repart à la chasse aux réfugiés
Mardi, 2 Juillet, 2019

Le gouvernement prépare un texte pour contraindre le 115 à transmettre la liste des réfugiés et demandeurs d’asile hébergés.

 

Le gouvernement rouvre la chasse aux réfugiés par la petite porte. Après la circulaire Collomb il y a un peu plus d’un an, un nouveau texte, rédigé conjointement par le ministère de l’Intérieur et celui de la Cohésion des territoires, demande au 115 de fournir à l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) des informations sur le statut et l’état civil des réfugiés et demandeurs d’asile hébergés. Cette circulaire, encore non publiée mais que nous avons pu consulter, prévoit l’organisation de réunions mensuelles entre les deux instances au niveau départemental. Elle envisage, à terme, la fusion de leurs fichiers, au risque de faire passer l’hébergement d’urgence sous la supervision du ministère de l’Intérieur.

Renforcer le contrôle et la répression des étrangers

Le Conseil d’État avait pourtant encadré la circulaire Collomb, qui tentait de remettre en cause le caractère inconditionnel de l’accueil des personnes à la rue. En avril 2018, il avait indiqué que les recensements de migrants dans les centres d’hébergement d’urgence ne pouvaient se faire qu’avec l’accord de la structure d’accueil et sur une base volontaire. Dans ces conditions, le déploiement d’équipes mobiles de l’Ofii dans les centres d’accueil, que la nouvelle circulaire prévoit de relancer, n’a permis qu’un recensement minimal. La visite de 11 structures, où 240 entretiens volontaires ont été menés, a abouti à 6 relogements et aucune régularisation, soulignent les associations. Officiellement, la nouvelle circulaire a pour objet d’améliorer l’orientation des publics dans les structures adaptées. L’idée serait de permettre aux demandeurs d’asile d’intégrer un centre d’accueil et d’examen des situations (Caes) et aux personnes disposant déjà du statut de réfugié d’avoir accès à un logement. Un vœu pieux compte tenu de l’engorgement de ces structures sous-dimensionnées et des difficultés d’entrer dans l’emploi et le logement pour des réfugiés statutaires abandonnés à eux-mêmes. Selon une estimation récente citée par le Monde, 11 000 demandeurs d’asile et 8 000 réfugiés ont du coup atterri dans l’hébergement d’urgence.

La nouvelle circulaire semble surtout destinée à renforcer le contrôle et la répression des étrangers. Elle ne s’en cache pas et contient des dispositions comme le retrait de l’aide au logement versée à un demandeur s’il est hébergé, mais aussi un transfert plus simple des déboutés vers les structures organisant les reconduites à la frontière. Elle devrait aussi complexifier l’accueil des exilés. Une stratégie gouvernementale dénoncée par les associations et qui consiste à laisser des milliers d’exilés vivre dans des conditions indignes avec le vain espoir que cela les empêcherait de venir chercher l’asile en France.

Camille Bauer
Hébergement d'urgence: l'état repart à la chasse aux réfugiés (Camille Bauer, L'Humanité, 2 juillet 2019)
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2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 05:45
Référendum ADP: la barre des 10% de demandes citoyennes pour l'obtenir est franchie (L'Humanité, 2 juillet 2019)
Référendum adp. La barre des 10 % de signatures est franchie
Mardi, 2 Juillet, 2019

Le Conseil constitutionnel a annoncé hier que 480 300 noms ont été enregistrées sur les 4,7 millions exigées.

 

Ce sont « 480 300 soutiens (qui) ont été enregistrés sur le site Internet du ministère de l’Intérieur dédié à (la) procédure » ouverte par 248 parlementaires de toute l’opposition, hors RN, contre la privatisation des Aéroports de Paris (ADP), a annoncé hier le Conseil constitutionnel. Soit un peu plus de 10 % des 4 717 396 signatures nécessaires pour ouvrir la voie à un référendum d’initiative partagée (RIP). Pour recueillir assez de soutiens dans le délai imparti de 9 mois, le recueil doit suivre un rythme de 17 000 signatures quotidiennes jusqu’au 12 mars 2020. Pour l’heure, 26 683 ont été enregistrées chaque jour en moyenne.

Depuis l’ouverture de la procédure, le 13 juin, de très nombreuses critiques quant à l’accessibilité du site ou aux conditions faites aux 2 000 communes censées participer à la collecte se font entendre. « Les réclamations dont le Conseil constitutionnel a été saisi à ce jour portent dans une très grande proportion sur le fonctionnement du site Internet dédié », a reconnu celui-ci, hier. Et de temporiser aussitôt en arguant de la mise en ligne « d’un tutoriel, d’une “foire aux questions’’, d’une carte interactive des points d’accès proposés dans des mairies et consulats », et de précisions apportées sur les informations à mentionner dans le formulaire. Du côté de la place Beauvau, on « assume », assure le secrétaire général adjoint du ministère, Alain Espinasse, au Monde. « Entre ergonomie et sécurité, on avait des arbitrages à faire », justifie-t-il.

« Beaucoup renoncent parce que c’est trop compliqué »

« Des sites nécessitant autant de sécurité, comme pour les cartes d’identité ou les passeports, sont beaucoup plus faciles d’accès. Là, beaucoup renoncent parce que c’est trop compliqué », réplique le député PCF Stéphane Peu, qui a demandé la semaine dernière à Christophe Castaner le cahier des charges du site. Avec ses collègues des autres groupes parlementaires, il sollicite également une nouvelle rencontre au ministère, qui pourrait avoir lieu cette semaine.

Le délai entre deux annonces du nombre de signataires est également considéré par beaucoup de soutiens au RIP comme un défaut de transparence et un obstacle à la mobilisation. Alors que le ministère a fait fermer l’un des compteurs militants, les sages de la rue de Montpensier n’ont cure, eux non plus, des multiples demandes d’un décompte plus régulier, hebdomadaire, voire quotidien : « Le prochain communiqué sur le recueil des soutiens interviendra normalement fin juillet. »

Julia Hamlaoui
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