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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 06:52
Photo Marie-Hélène Le Guen 27 juin 2019

Photo Marie-Hélène Le Guen 27 juin 2019

Photo Marie-Hélène Le Guen 27 juin 2019

Photo Marie-Hélène Le Guen 27 juin 2019

Photo Marie-Hélène Le Guen 27 juin 2019

Photo Marie-Hélène Le Guen 27 juin 2019

Le jeudi 27 juin 2019, dans le cadre de l'action nationale pour la défense de la fonction publique et à l'appel de la CGT,les facteurs du secteur de Morlaix (de Landivisiau à Châteauneuf Du Faou) se sont rassemblés sous les fenêtres de leur direction rue Straja à Morlaix pour dénoncer les mauvaises conditions de travail, les tournées à découvert, le dialogue de sourd qui caractérise toutes les rencontres avec Poste ,la dénaturation de leurs activités et un service public qui se délite de plus en plus. Une délégation a été reçue par la directrice sans convaincre les présents qui se sont promis de revenir "chanter" sous sa fenêtre à la rentée.

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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 06:51
Fête du travailleur bigouden le 6 juillet à partir de 19 heures au Guilvinec avec la présence de Glenn Le Saout qui a été candidat aux élections européennes de mai 2019 pour le parti communiste

Fête du travailleur bigouden le 6 juillet à partir de 19 heures au Guilvinec avec la présence de Glenn Le Saout qui a été candidat aux élections européennes de mai 2019 pour le parti communiste

Avec la participation de Glenn LE SAOUT, candidat finistérien sur la liste de Ian BROSSAT aux élections européennes.

http://pcbigouden.over-blog.com/

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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 05:56
Jérusalem, quartier arabe du vieux Jérusalem auprès de la porte de Damas grignoté par les colons israéliens - ici maison dite "de Sharon" (photo mission AFPS, 2015)

Jérusalem, quartier arabe du vieux Jérusalem auprès de la porte de Damas grignoté par les colons israéliens - ici maison dite "de Sharon" (photo mission AFPS, 2015)

Inauguration de la place Jérusalem à Paris: Indignation et solidarité avec le peuple palestinien

 

Intervention de Pascal Torre pour le Parti communiste français

Seule le prononcé fait foi

Comme l'a souligné Pierre Laurent, sénateur de Paris et président du Conseil national du PCF, l'inauguration d'une place Jérusalem à Paris aurait pu être une belle idée si elle ne faisait pas abstraction du contexte, si elle permettait d'éclairer le sort des populations brisées par des décennies de violence et si elle frayait un chemin vers la paix. Malheureusement, les choix effectués par la maire de Paris, Mme Anne Hidalgo, ont délibérément tourné le dos à ces exigences.

Cette inauguration, qui résulte d'une demande du président du Consistoire des communautés juives a été conçue dans la perspective exclusive de conforter les liens qui unissent Paris avec l'État d'Israël. Il en a résulté une immédiate instrumentalisation politique puisque Joël Mergui s'est empressé de déclarer que Jérusalem est la "capitale d'Israël" en violation du droit international et de la position de la France. Or, Jérusalem est une ville importante pour toutes les confessions. L'invitation du maire de Jérusalem, notoirement connu pour ses positions extrémistes, et le fait que les autres religions n'aient pas été associées ont conforté ce choix partisan de Mme Hidalgo.

Cette inauguration a éludé la situation de Jérusalem, ville dont la partie orientale a été annexée et dont l'environnement fait l'objet d'une colonisation illégale, méthodique et implacable depuis 1967. Jérusalem n'est pas uniquement une ville israélienne. Les Palestiniens sont victimes d'une violence inouïe, subissent une politique de terreur et d'apartheid sur leur propre terre. La souffrance des populations de Gaza en témoigne quotidiennement. Cela Mme Hidalgo ne l'ignore pas.

Cette inauguration se déroule également dans un contexte international délétère. Benyamin Netanyahou et Donald Trump ont décidé conjointement de mettre un terme à toute idée de création d'un État palestinien. La reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'État hébreu, la remise en cause du statut des réfugiés, l'aval donné à l'annexion du Golan et de la Cisjordanie constituent une accélération d'une politique qui entend humilier et marginaliser les Palestiniens jusqu'à leur capitulation. Lors de la conférence de Manama à Bahreïn, Jared Kushner en écho aux revendications de l'extrême droite israélienne a piétiné la légalité internationale. Cela Mme Hidalgo ne l'ignore pas.

Cette inauguration aura été perçue dans ses objectifs et dans sa forme comme une caution à la politique d'Israël. Pas un mot n'a été prononcé contre la colonisation, la souffrance des populations et l'exigence d'un État palestinien. Il ne faut donc pas s'étonner de la polémique qui n'a pas cessé d'enfler. Le droit de chaque État à vivre en paix et en sécurité, la nécessité de combattre de toutes nos forces un antisémitisme croissant constituent des exigences légitimes. Cependant ces objectifs ne pourront être atteints qu'en faisant prévaloir la justice, le respect du droit afin de bâtir une paix juste et durable. Cette décision qui divise, qui transpose sur notre territoire ce conflit, exacerbe les tensions.

Le Parti communiste français (PCF) entend poursuivre et amplifier sa solidarité avec le peuple palestinien alors que les manoeuvres américaines, confortées par certains États arabes et encouragées par Israël, voudraient à jamais anéantir leurs droits inaliénables.

Pascal Torre

Inauguration de la place Jérusalem à Paris: Indignation et solidarité avec le peuple palestinien - Pascal Torre, Pierre Laurent, élus communistes de Paris

Non à la confiscation de Jérusalem!

 

Sur proposition de la Maire de Paris, Mme Anne Hidalgo, le Conseil de Paris a voté le 12 juin la création d’une place de Jérusalem.

Cela aurait pu être une bonne idée, pour éclairer la population sur la situation de cette ville martyre, fracturée, divisée, puis annexée; pour rappeler la nécessité absolue de mettre fin à la violation du droit international et du droit humanitaire que constitue l’annexion de Jérusalem par Israël, et pour condamner sans ambiguïté le fait accompli et la loi du plus fort.

Une bonne idée aussi s’il s’était agi d’en faire un symbole de paix, en rappelant que cette ville, que les Israéliens ont conquise par la force et qu’ils considèrent comme leur capitale, est aussi la capitale revendiquée par les Palestiniens, et un symbole particulièrement fort de leur identité nationale. Et, sur le plan religieux, en donnant toute leur place aux trois religions monothéistes pour lesquelles Jérusalem est une ville sainte.

Anne Hidalgo a choisi une autre voie, celle de céder aux réseaux d’influence pro-israéliens, en localisant cette place à côté du futur centre européen du judaïsme, et en invitant à l’inauguration le maire de Jérusalem, le maire d’une ville illégalement annexée à Israël, et l’artisan des plans d’urbanisme qui développent les colonies israéliennes et expulsent les habitants palestiniens de Jérusalem de leurs maisons.

Cette démarche est particulièrement mal venue dans le contexte de la décision étasunienne de reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël et semble ainsi se situer en continuité. Comme cela a été rappelé en décembre 2017 par de nombreux États dont la France, le droit international ne reconnaît aucune souveraineté sur Jérusalem en l’absence d’accord entre les parties, et l’annexion de Jérusalem Est par Israël a été explicitement condamnée par l’ONU.

Nous refusons cette logique d’exclusion promue par Mme Anne Hidalgo dans la droite ligne de la politique israélienne d’apartheid consacrée par le vote de la loi de l’État-nation du peuple juif en juillet 2018. Nous demandons que la place de Jérusalem soit déplacée dans un lieu qui respecte pleinement la diversité culturelle et religieuse de Jérusalem, et que soit clairement marqué le projet d’en faire le symbole de la nécessaire reconnaissance du droit et de la recherche d’une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens.

Nous appelons tous les habitants d’Île-de-France à se rassembler le dimanche 30 juin à 15h Place du maréchal Juin, pour protester contre la démarche scandaleuse de la maire de Paris, et porter l’exigence de la justice et du respect du droit international.

Le Collectif national pour une Paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens dont est membre le PCF.

a dénomination d’une place Jérusalem doit être annulée !

Lors du conseil de Paris de juin dernier, a été soumise au vote des conseillers une délibération concernant la dénomination d’une place Jérusalem, en remplacement d’une rue ayant disparue.

Dans l’exposé des motifs aucune mention des objectifs de la Ville d’utiliser celle-ci dans le but de commémorer l’amitié qui unit la ville de Paris à l’État d’Israël comme l’écrit Mme Hidalgo dans cette même lettre.

Aux inquiétudes de nos groupes, a été répondu qu’en aucun cas cette dénomination ne serait utilisée à des fins « geo-politiques » comme Catherine Vieu-Charier l’a d’ailleurs souligné dans sa réponse au conseil, nous étions simplement dans la tradition parisienne de donner des noms de villes à nos rues. Nous avons émis des réserves, et nous nous sommes abstenus forts de ces assurances données.

Las, deux jours à peine après le conseil nous découvrons par un tweet de Joël Mergui, président du Consistoire central israélite de France, qu’en réalité, cette dénomination fait suite à une demande directe qu’il aurait faite à Anne Hidalgo lors de la visite du président israélien Reuven Rivlin à l’Hôtel de Ville.

Ce qui nous a étonnés c’est l’inauguration expresse de cette place et l’invitation du maire de Jérusalem connu pour ses prises de position et ses actions en faveur de la colonisation. Nous sommes choqués de voir qu’aucun des représentants des trois communautés religieuses creuset de Jérusalem n’y sont invités, et encore plus de l’absence de représentant de l’autorité palestinienne.

L’ensemble de ces faits, mis bout à bout, semble légitimer une confiscation de Jérusalem par l’État d’Israël alors que nous aurions pu en faire un symbole de la paix entre les peuples et les différentes communautés.

Pour toutes ces raisons, nous demandons à Mme Hidalgo de renoncer à cette inauguration vécue comme une provocation et qui ne respecte pas les positions prises par la diplomatie française sur le statut de Jérusalem.

Pour cela nos organisations seront présentes au rassemblement prévu par le « collectif national pour une paix juste et durable » pour protester de cette décision le jour même de l’inauguration, si celle-ci n’est pas annulée.

Communiqué des élus communistes de Paris, 25 juin 2019

[Sénat-Paris- Affaires étrangères]
L’inauguration d’une « Place de Jérusalem » en plein Paris aurait pu être une belle idée, l’occasion d’adresser un message de paix et une exigence de respect du droit international, au moment où l’une et l’autre sont gravement bafoués par les décisions conjuguées du gouvernement Nethanyaou et de l’administration Trump.
Le gouvernement Nethanyaou accélère chaque jour la colonisation de Jérusalem-est, foulant au pied les résolutions de l’ONU et tous les droits des Palestiniens, faisant de leur vie quotidienne un calvaire , enfreignant chaque jour le statu quo régissant la cohabitation des trois religions juive, chrétienne et musulmane dont le Consulat de France est le garant international. Et l’administration Trump appuie cette annexion pure et simple en déplaçant son ambassade à Jérusalem, en dépit d’une très large condamnation internationale, dont celle de la France.
Mais force est de constater que l’inauguration de cette place a pris un sens contraire aux messages qu’elle aurait dû permettre d’envoyer depuis Paris. Conçue à la demande du consistoire des communautés juives de Paris, n’associant à aucun moment ni la Mission de Palestine, ni les responsables des autres religions, n’invitant que le maire israélien, ardent défenseur de la colonisation, elle est présentée comme un acte de solidarité avec l’État d’Israël, au moment où son gouvernement nie tout autant la souveraineté partagée sur la ville que son caractère multiconfessionnel.
Loin de rassembler, cette inauguration va diviser Il est encore temps de revenir sur cette décision. Paris doit rester une ville qui porte haut et fort dans le monde le message d’une paix plus nécessaire que jamais, une paix que pourrait si magnifiquement symboliser une Jérusalem devenue capitale partagée de deux Etats.

Pierre Laurent
sénateur de Paris
vice président de la commission des affaires étrangères

Inauguration de la place Jérusalem à Paris: Indignation et solidarité avec le peuple palestinien - Pascal Torre, Pierre Laurent, élus communistes de Paris
Inauguration de la place Jérusalem à Paris: Indignation et solidarité avec le peuple palestinien - Pascal Torre, Pierre Laurent, élus communistes de Paris
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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 05:30
4 juillet 2019 - La Sénatrice communiste des Côtes d'Armor Christine Prunaud interpelle le gouvernement sur les effets nocifs du traité de libre-échange Mercosur sur l'agriculture et la santé

 

Allez voir la vidéo sur la page Facebook de Christine Prunaud:

Sénateurs Communistes Républicains Citoyens et Écologistes

Question d'actualité de Christine Prunaud à propos du traité du Mercosur : Cet accord est nocif pour la santé et surtout pour notre agriculture. Vous prenez là, monsieur le ministre, avec le gouvernement, une lourde responsabilité contre l’environnement et la ruralité !

 

 

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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 05:20
Les parlementaires communistes avec le député Jean-Paul Le Coq, les sénatrices et sénateurs Laurence Cohen, Pierre Laurent, Christine Prunaud avec Hadja Idrissa BAH notamment (source: page Facebook de Christine Prunaud)

Les parlementaires communistes avec le député Jean-Paul Le Coq, les sénatrices et sénateurs Laurence Cohen, Pierre Laurent, Christine Prunaud avec Hadja Idrissa BAH notamment (source: page Facebook de Christine Prunaud)

Christine Prunaud, sénatrice communiste des Côtes d'Armor et Hadja Idrissa BAH (source: page Facebook de Christine Prunaud)

Christine Prunaud, sénatrice communiste des Côtes d'Armor et Hadja Idrissa BAH (source: page Facebook de Christine Prunaud)

Pierre Laurent, sénateur communiste de Paris, avec Hadja Idrissa BAH (source: page Facebook de Christine Prunaud)

Pierre Laurent, sénateur communiste de Paris, avec Hadja Idrissa BAH (source: page Facebook de Christine Prunaud)

Au Sénat, le 25 et 26 juin
Rencontre avec Hadja Idrissa BAH,
Présidente du Parlement des enfants et des jeunes filles leader de Guinée.
A l’initiative de mes collègues Laurence Cohen et Pierre Laurent une belle rencontre avec cette jeune ambassadrice, activiste du combat en Guinée contre l’excision, le mariage forcé et le viol.
Agée seulement de 19 ans, Hadja nous a exposé avec une conviction rare son engagement contre les violences faites aux femmes et en faveur de l’égalité homme/femme : en Guinée 97 % des filles sont excisées et 52% sont mariées avant leurs 18 ans.
Selon Hadja : « les filles ne sont rien devant les hommes justement parce qu’elles sont des filles ». Et de continuer « il n’y aura pas de parité, tant que la femme est réduite à une minorité ».
La Guinée s’est dotée de loi contre ces violences « mais le problème, c’est leur application » ! Tout en évoquant « le poids des traditions ou des religions qui enferment », elle nous a affirmé que « le meilleur était à venir ».
Je salue le courage et la maturité de Hadja qui démontre une fois de plus que les violences sexuelles sont partout.
Notre combat féministe est universel, ensemble faisons reculer les inégalités basées sur le genre.
Sénateurs Communistes Républicains Citoyens et Écologistes
PCF - monde

(source: page Facebook de Christine Prunaud)

Hadja Idrissa Bah « Les fausses croyances religieuses pèsent plus que la loi  »
Jeudi, 27 Juin, 2019 - L'Humanité

Guinée. Fondatrice du Club des jeunes filles leaders de Guinée, Hadja Idrissa Bah, 19 ans, est dans son pays une figure de la lutte contre les mutilations génitales et le mariage des enfants. Entretien.

 

Comment expliquer qu’en Guinée 97 % des femmes sont victimes d’excision ?

Hadja Idrissa Bah La population est à plus de 90 % musulmane et elle continue d’utiliser ce contexte pour justifier la pratique des mutilations génitales. Or, ce n’est en rien une obligation religieuse. Ceux qui la pratiquent pensent qu’il faut maintenir les coutumes africaines. De plus, l’excision est une forme de commerce.

Un commerce ?

Hadja Idrissa Bah Aujourd’hui, on organise des cérémonies au cours desquelles on donne de l’argent aux exciseuses pour qu’elles déclarent devant les médias qu’elles vont « lâcher le couteau ». Mais la somme ainsi gagnée est épuisée en trois jours et elles reprennent leur activité. Il faut donc privilégier des actions de longue durée, former ces femmes pour qu’elles aient des activités génératrices de revenu, comme cela s’est fait avec succès au Sénégal. La deuxième question à se poser est celle des parents. Ils vendent notre corps. Lorsqu’on ampute notre corps – et je veux prononcer ce mot-là –, lorsqu’on enlève une partie intime de nous, les parents s’attendent à ce que les marraines et parrains offrent des habits et cadeaux. Il faudrait sensibiliser, informer davantage les parents.

Quels sont les autres atteintes aux droits des femmes ?

Hadja Idrissa Bah 51 % des jeunes filles sont mariées avant l’âge de 18 ans. Des filles de 13, 12 ans sont données à un époux. Certaines grandes filles également, parce que, dans notre communauté, on pense qu’une fille non mariée ne peut participer à toutes les cérémonies. Elle n’est pas considérée comme une grande personne et est mise de côté. Les ONG et le gouvernement s’inquiètent également des viols sur des mineurs, contre des jeunes filles, parfois des bébés, par les parents, les proches, les voisins et des enseignants. Enfin, on observe une déscolarisation des jeunes filles. Lorsqu’elles se marient, elles sont obligées d’arrêter leurs études pour s’occuper du foyer.

L’État est-il volontariste pour faire appliquer les lois contre l’excision et le mariage précoce ?

Hadja Idrissa Bah Il est engagé tant au niveau national qu’international. Ainsi, la Guinée est le quatorzième pays à avoir signé la convention mondiale sur les droits des enfants. Notre Code pénal, notre Code civil et notre Code des enfants abordent tous la protection des jeunes filles contre les mutilations génitales féminines, le mariage des enfants et le viol des mineurs. Mais les traditions, les coutumes et les fausses croyances religieuses pèsent plus que la loi.

C’est donc une bataille culturelle que vous menez avec le Club des jeunes filles leaders que vous avez fondé ?

Hadja Idrissa Bah Nous tentons de faire en sorte que les lois soient appliquées. Nous vulgarisons celles-ci, pour qu’elles ne soient pas gardées dans des tiroirs. À tous les niveaux, on sensibilise les jeunes filles, les leaders religieux, communautaires et politiques et suscitons des actions répressives avec la police pour empêcher le mariage des enfants.

Quels types d’action menez-vous ?

Hadja Idrissa Bah La loi est avec nous. Une fille qui va être mariée ou un membre de sa famille peut nous appeler en numéro masqué. On donne alors rendez-vous à la fille ; on échange avec elle, on lui redonne confiance et on l’emmène. On joue en quelque sorte à une prise d’otage. On la place en sécurité et, avec la police, on va chez ses parents. On le fait parfois dans ma voiture, car les policiers n’ont pas de carburant. On leur dit : « Vous voulez donner votre fille en mariage, mais savez-vous que la loi l’interdit ? » Certains l’ignorent, d’autres disent qu’ils ont toujours donné leurs enfants en mariage. On leur explique quelles sont les amendes et peines de prison encourues. Quand ils reviennent sur leur décision, ils prennent l’engagement de ne pas faire de mal à la fille, de faire qu’elle reste intégrée socialement, qu’elle poursuive des études si elle en faisait, ou qu’elle puisse se former à un métier.

Si on nous prévient du mariage, le jour J, on arrête le mariage avec les camions de police, les médias, alors même que les gens sont en train de danser. On récupère alors la fille dans sa belle robe de cérémonie. Ce type d’action est sensible, car toute la famille est regroupée.

Y a-t-il une prise de conscience chez les hommes ?

Hadja Idrissa Bah Des jeunes garçons féministes nous accompagnent et nous soutiennent. Nos passages dans les écoles, dans les endroits où il n’y a pas que des filles, nous permettent de faire passer notre message, et certains sont émus. On leur dit : « Nous sommes appelées à être vos futures femmes, nous sommes vos sœurs, nous sommes vos mères. Vous ne pouvez rester les bras croisés pendant que vos mamans sont battues, que vos sœurs de lait sont mariées à un monsieur qu’elles ne connaissent pas. » Alors, certes, nous avons des hommes qui, sur les réseaux sociaux, disent qu’il faut conserver la tradition africaine. Ils sont bêtes. S’ils ont un smartphone, c’est qu’on n’est plus au XVIIIe siècle. Si on voyage en avion, on a accès aux technologies, c’est qu’on n’en est pas resté aux traditions. On est au XXIe siècle et la jeunesse en a marre.

Entretien réalisé par Gaël De Santis
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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 05:06
Finance. La France, l’eldorado des fortunes
Jeudi, 4 Juillet, 2019

Les milliardaires français sont ceux qui, en six mois, ont connu la plus forte progression de leur patrimoine.

 

Après six mois marqués par le mouvement des gilets jaunes contre la montée des inégalités en France, illustration est de nouveau faite que la politique menée par le président de la République profite d’abord et surtout aux plus fortunés. Les différentes réformes de l’ISF, mais surtout le prélèvement forfaitaire unique, forme de bouclier fiscal qui limite la taxation des revenus financiers à 30 %, expliquent en grande partie l’envolée. En 2018, les versements de dividendes ont grimpé de 24,34 % en un an, soit 8 milliards de plus, pour atteindre 37,11 milliards d’euros. Et 2019 devrait poursuivre cette trajectoire. D’autant que la suppression de la taxe d’habitation ou l’allégement de l’impôt sur les revenus, mesures promises aux « classes moyennes », seront finalement ouverts aux plus aisés.

Ainsi, la première mesure permettra aux 20 % les plus riches un gain d’environ 1 158 euros, contre 555 euros en moyenne dès 2020, selon les calculs du journal le Monde. Idem pour l’impôt sur le revenu.

À les entendre, ils seraient stigmatisés, maltraités, matraqués fiscalement. Ils sont pourtant les leaders mondiaux de l’enrichissement personnel. En six mois, les 14 milliardaires français ont fait exploser leur fortune de 70 milliards d’euros, une hausse de près de 35 %, selon Bloomberg. Dans cette course folle, les Pinault (Kering), Bettencourt-Meyers (L’Oréal) et Arnault (LVMH) sont parvenus à largement distancer les autres, avec une hausse deux fois plus importante que celles de leurs homologues chinois (+ 17 %) et américains (+ 15 %). Seuls les Thaïlandais et Singapouriens ont pu rivaliser (avec respectivement + 32,4 % et + 30,8 %). Bernard Arnault est devenu le premier Français dont les revenus ont dépassé 100 milliards de dollars, soit 88 milliards d’euros, le plaçant ainsi numéro trois des plus grosses fortunes du monde.

Clotilde Mathieu
Finance. La France, l'eldorado des fortunes (Clothilde Mathieu, L'Humanité, 4 juillet 2019)
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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 04:58
Énergie. À Total, la palme du mauvais choix
Jeudi, 4 Juillet, 2019

La raffinerie de biocarburants de la major française de la Mède a démarré sa production à base d’huile de palme, au grand dam des associations de défense de l’environnement.

 

C’est dans la nuit de lundi à mardi que la production de biodiesel à la raffinerie de la Mède (Bouches-du-Rhône) a été lancée. Elle sera l’une des plus grandes bioraffineries d’Europe avec celles de l’énergéticien Eni en Italie et de Neste en Finlande. Il y a quelques semaines, lors de l’assemblée générale des actionnaires, le PDG de Total, Patrick Pouyanné, avait annoncé la couleur : « Maintenant tout est opérationnel. » Mais c’est dès la fin mars que le lièvre était levé, lorsque la première cargaison d’huile de palme brute en provenance de l’île de Sumatra (Indonésie) – 20 000 tonnes – était arrivée à bon port. Pour rappel, cette raffinerie fonctionnera pour moitié avec la transformation d’huile de palme importée. Projet lancé en 2015, avec l’approbation du gouvernement afin de convertir l’ancienne raffinerie de pétrole brut en « bio », elle permettra, selon le groupe pétrolier, la sauvegarde de 250 emplois sur les 430 qui existaient. Seulement voilà, le bonheur des uns ne fait pas celui des autres et plus particulièrement des ONG environnementales qui se battent pour que ce projet, jugé contre nature, ne voie pas le jour.

Alors qu’en 2017 le plan climat annonçait la fin de l’utilisation d’huile de palme dans les carburants, qu’en 2018 l’Assemblée votait l’exclusion des produits à base de cette huile de la liste des « biocarburants » dès 2020, le gouvernement espère encore pouvoir changer la donne en faveur du pétrolier. De quoi faire bondir Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France : « Le gouvernement a beau vanter l’exemplarité de la France sur le plan climatique, il autorise tout de même une aberration environnementale sur notre territoire. » Un sentiment que partage Sylvain Angerand, président de Canopée et porte-parole de la fédération des Amis de la Terre France : « Dans six mois, sauf revirement, le couperet tombera et ce projet sera condamné économiquement. » L’exclusion de l’huile de palme de la liste des biocarburants va en effet priver Total d’un avantage fiscal non négligeable : environ 100 millions d’euros par an.

L’huile de palme, l’une des causes principales de déforestation

Qu’importe la déforestation dans les pays exportateurs, Total déploie ses plus beaux atours sur notre territoire comme le révèle son communiqué : « La plateforme de la Mède comprend : une bioraffinerie d’une capacité de 500 000 tonnes par an de biocarburants ; une ferme solaire d’une capacité de 8 mégawatts capable d’alimenter 13 000 habitants ; une unité de production d’AdBlue, un additif qui permet de réduire les émissions d’oxydes d’azote des poids lourds… » Et d’ajouter que dans le cadre de la transformation du site, « 65 % des commandes ont été passées à des entreprises locales, soit 800 emplois et 140 millions d’euros de chiffre d’affaires ». Certes, mais reste que l’huile de palme est l’une des causes principales de déforestation dans le monde. En Indonésie, ce sont 339 000 hectares qui ont disparu ces dernières années et, en Malaisie, 144 000 ha. « Les agrocarburants, c’est pire qu’une énergie fossile, parce qu’on déboise, on utilise des terres destinées à l’alimentation », conclut, remontée, Laura Monnier, juriste à Greenpeace.

Éric Serres
Energie - A Total, la palme du mauvais choix : comment la raffinerie de biocarburants de la Mède alimente la déforestation de l'Indonésie (Eric Serres, L'Humanité, 4 juillet 2019)
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4 juillet 2019 4 04 /07 /juillet /2019 06:27

Merci à Yves Jardin (AFPS pays de Douarnenez) pour la traduction et la transmission de cet article.

http://maki.org.il/en/?p=18953

Le Hadash et les partis arabes s’unissent à nouveau pour les prochaines élections générales
PCI / il y a 6 jours
 
Le Hadash (Le Front Démocratique pour la Paix et l’Egalité - Parti Communiste d’Israël) (1) et trois partis politiques représentant la minorité nationale arabo-palestinienne d’Israël, Ta’al (2), Ra’am (3) et Balad (4), ont annoncé qu’ils s’uniront à nouveau pour les prochaines élections à la Knesset
Hadash MK Ayman Odeh and Secretary General of the
            Communist Party of Israel, Adel Amer, during a meeting in
            Haifa

Le député du Hadash, Ayman Odeh, et le Secrétaire Général du Parti Communiste d’Israël,  Adel Amer, pendant un meeting à Haïfa (Enregistrement: page Facebook du Hadash)

Les quatre partis s’étaient unis une première fois en 2015 dans la campagne pour la  20ème Knesset, à la suite de la décision législative adoptée à l’initiative de l’extrême-droite pour relever le seuil électoral pour entrer à la Knesset (5) à 3,25% (un minimum de 4 sièges), qui était de façon précise dirigé contre la représentation des arabes à la Knesset, en formant la Liste Unie qui avait obtenu 13 sièges dans le parlement de 120 membres en devenant le troisième groupe politique.

Après leur prestation décevante aux élections d'avril, où les quatre partis, faisant campagne en deux blocs, ont obtenu 10 sièges au total, le mouvement actuel d’unification, comme en 2015, est destiné à  amplifier la participation électorale et à améliorer la représentation de la minorité arabe et des forces progressistes juives au parlement d’Israël. Le pays se dirige vers ses deuxièmes élections générales cette année, le 17 septembre, après que le premier ministre d’extrême-droite, Benjamin Netanyahu, ait échoué à former une coalition de gouvernement majoritaire à la suite du scrutin d’avril.

Le député du Hadash, Ayman Odeh, l’éventuel chef du groupe, a déclaré jeudi, 20 juin, que cela avait été une erreur de faire campagne de façon séparée. Odeh a dit après l’annonce de la décision: «nos forces sont unifiées, nous avons des passés semblables, des vues semblables pour notre avenir, et, à partir d’aujourd’hui, une liste commune. Nous nous battrons pour les droits des Arabes dans ce pays, pour la paix, et pour la démocratie pour tous les citoyens d’Israël. » Le quotidien communiste Al Ittihad a rapporté qu’un forum commun se réunira dans les jours prochains pour décider de la constitution finale de la liste.

Les partis ont déclaré qu’une liste commune n’était pas moins importante aujourd’hui qu’elle ne l’était en 2015, compte tenu particulièrement de l’adoption l’an dernier  de « la  Loi raciste, coloniale de l’Etat-nation (6) et de ses conséquences, les politiques discriminatoires, le siège (de Gaza), la confiscation des terres dont les Arabes sont propriétaires, la pénurie de logements disponibles dans la communauté arabe, la volonté  des pouvoirs établis de vider de tout son sens notre citoyenneté et de notre volonté de combattre la criminalité et la violence croissantes dans nos communautés.» 

Le communiqué publié conjointement par les quatre partis a déclaré que les résultats des dernières élections – dans lesquelles ils ont perdu trois sièges – constituaient un « coup rude pour le travail politique » dans la communauté arabe. A ce titre, il était essentiel d’en tirer des conclusions et d’en retenir les enseignements.

Le communiqué a ajouté: «à cette fin, il y a de nouveaux défis au niveau diplomatique, particulièrement à la suite des démarches de l’administration des EU  de mettre en oeuvre l’«Affaire du Siècle » en reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël et en y transférant l’Ambassade des EU, en reconnaissant l’annexion des Hauteurs du Golan, à la suite des attaques  contre l’UNRWA (l’organisation des NU pour les réfugiés palestiniens, dont le budget a été coupé par les EU); et à la suite des inquiétantes «conversations régionales » qui ont lieu, telle que la prochaine conférence  qui doit se tenir à Manama, la capitale de Bahreïn.”

(traduit de l’anglais par Yves Jardin, membre du GT de l’AFPS sur les prisonniers palestiniens) 
 
(1) Le Hadash (= nouveau en hébreu), créé en 1977, réunit diverses organisations de gauche  dont la plus importante est le Parti Communiste d’Israël, parti israélien binational, qui conserve son statut indépendant; le Hadash avait cinq sièges dans la Knesset élue en 2015);
 
(2) Ta'al (acronyme en hébreu pour le Mouvement arabe pour le renouveau), parti nationaliste arabe fondé en 1996; aux élections de janvier 2009, juste à la fin de la première attaque israélienne contre Gaza, l’alliance Ta’al- Ra’am fut interdite de se présenter aux élections.
 
(3) Ra’am  (acronyme en hébreu pour la Liste arabe unie), parti créé en 1996, par l’union du Parti démocratique arabe et des éléments de la branche Sud du Mouvement islamique et du Front d’unité nationale.
 
(4) Balad (acronyme en hébreu pour la Ligue démocratique nationale), parti nationaliste arabe créé en 1995, progressiste et démocratique; comprend aussi des militants juifs. 
 
(5) Knesset (= assemblée): parlement monocaméral de l’Etat d’israël, siégeant à Jérusalem; il compte 120 députés, élus à la proportionnelle avec un seuil électoral de 2 %, porté en 2014 à 3,25 %, pour une durée de 4 ans; mais sur 20 Knesset élus, 13 ont été dissoutes et les élections anticipées sont fréquentes en Israël.
 
(6) Le 19 juillet 2018, a été adoptée une loi fondamentale à valeur constitutionnelle (Israël n’a pas de constitution écrite), faisant d’Israël l’«Etat-nation du peuple juif »; cette loi officialise et aggrave un régime d’apartheid, qui existait  déjà de fait en Israël.  
 
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4 juillet 2019 4 04 /07 /juillet /2019 06:00
ADP: la France n'est pas à vendre ! Signez la pétition pour un référendum d'initiative partagée contre la privatisation, déjà 500 000 signatures! Objectif 4,7 millions

 

ADP : Tous ensemble, nous pouvons obtenir ce référendum et mettre Macron en échec sur son projet de privatisation. (Fabien Roussel)

SIGNEZ ICI

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4 juillet 2019 4 04 /07 /juillet /2019 05:52
Santé: le député communiste Alain Brunel plonge dans l'enfer des urgences - L'Humanité, 3 juillet 2019 - Maud Vergnol
La pétition lancée par Alain Bruneel contre les fermetures de lits et de services dans les hôpitaux, pour de nouveaux moyens financiers dans l'hôpital public. Cliquez sur le lien:  Urgence Santé
 
Objectif 1 million de signatures
Santé. La plongée d’un député dans l’enfer des
urgences
Mercredi, 3 Juillet, 2019

L’élu PCF du Nord Alain Bruneel a passé six heures aux urgences de Douai pour juger par lui-même les conditions de travail et d’accueil des patients : « Dramatique ».

 

Enveloppée de verre, la façade moderne de l’hôpital de Douai, dans le Nord, ne laisse rien deviner de la fièvre qui monte derrière ses murs. Il est 21 h 30 lorsque Alain Bruneel pousse la porte des urgences. Le député communiste, venu incognito, vendredi, pour juger de ses propres yeux ce que vivent les usagers et les agents, ne sera pas déçu du voyage. Le service est saturé. 200 autres patients sont déjà enregistrés. Première étape : le « tri ». Alain Bruneel prétend souffrir de violents maux de ventre. « Une fois que ma tension et ma température ont été prises, j’ai été installé sur un brancard dans une salle de régulation avant qu’une deuxième infirmière se charge de me faire un électrocardiogramme. » Il est « abasourdi » que seules deux infirmières de régulation assument toute une nuit l’accueil des patients, l’appel des familles, le lien avec le Samu ou les ambulanciers. « De véritables héroïnes », lâche-t-il.

« C’est grâce à leur professionnalisme que l’hôpital tient encore debout »

À 22 h 50, l’une d’elles l’oriente vers la zone des « semi-lourds ». Comprendre : « pas d’urgence vitale ». Au bout de ce couloir étroit, où une vingtaine de brancards sont placés en file indienne : le sésame. À savoir ces fameux « box » où il pourra enfin être ausculté par un médecin. Ce sera cinq heures plus tard. Mais le député ne le sait pas encore. Allongé sur sa civière, Alain Bruneel observe, prend des notes. « De toute manière, je ne pouvais pas travailler sur mon portable car il n’y a pas de réseau. » Dans ce passage saturé, le personnel hospitalier peine à se faufiler au milieu des brancards. Six heures sans eau ni nourriture. Une personne âgée veut aller aux toilettes. Personne à l’horizon pour l’aider. Alors Alain Bruneel et un autre patient viennent à son secours et la guident. C’est qu’aucune infirmière n’est disponible pour accompagner les patients dans ce goulet d’attente interminable. Alors c’est un agent de sécurité qui les rassure. C’est lui qui répondra des dizaines de fois aux questions récurrentes : « Ça va être encore long ? », « Vous êtes sûr que je vais pouvoir voir un médecin ? ». Ce soir-là, pas d’esclandres, ni d’agressions. « J’ai été étonné de la solidarité entre les patients et leur respect du personnel soignant, confie Alain Bruneel. Les grèves ont permis de faire prendre conscience au public des conditions de travail et de l’engagement des salariés. » Le 18 juin, au même endroit, une infirmière avait reçu deux coups de poing au visage. Une agression qui venait s’ajouter à une cinquantaine d’autres depuis le début de l’année. Le lendemain, les 110 salariés des urgences, tous postes confondus, avaient initié un mouvement de grève. Cette année, une infirmière de nuit a tenté de se suicider. Le taux d’absentéisme ne cesse de grimper. Le CHSCT et la médecine du travail sont débordés…

Une heure du matin. Et toujours rien. Pas de cohue dans les couloirs, juste le silence, parfois perturbé par des sonneries ou des soupirs. Et le bruit des portes battantes qui claquent de temps à autre, laissant espérer l’appel de son nom. « La souffrance des personnels se lit sur leur visage. C’est indécent comme on les traite ! enrage le député. Alors que c’est grâce à leur professionnalisme que l’hôpital tient encore debout. » À côté de lui, un vieux monsieur angoisse. « Je vis ma dernière heure », lance-t-il au député. La vie et la mort, le soulagement ou l’inquiétude : c’est ça, l’hôpital. Il est 3 h 15 : « Monsieur Bruneel ? » Enfin… Six heures après son arrivée, il va pouvoir rencontrer un médecin. C’est parfois bien pire. Quel que soit leur âge, des personnes peuvent attendre quatorze à vingt-quatre heures sur un brancard. Mais le parcours du combattant n’est pas terminé. La médecin qui l’a appelé s’agace : « Bon sang, on n’a pas de box disponible, c’est plus possible de travailler comme ça ! » Une fois un box libéré, elle y accueille le député, qui lui confie son identité et les raisons de cette immersion. « J’appréhendais un peu sa réaction, mais elle a été très surprise et touchée de ma présence. Je ne voulais pas la déranger trop longtemps, mais elle m’a parlé des conditions indignes de travail, du danger pour les patients… » Quand Alain Bruneel s’en va, elle lui lance : « Vous le direz, hein, qu’il manque des box ? » Six heures qui en disent plus que n’importe quel rapport, et qui expliquent le caractère inédit du mouvement de grève qui s’est manifesté, hier encore, à Paris (voir page 9).

« De l’argent, il y en a. Ce n’est qu’une question de volonté politique ! »

Si c’est la première fois que le député communiste du Nord se rend aux urgences de Douai pour lui-même – il habite à dix minutes en voiture –, le terrain ne lui était pas inconnu, venu il y a quelques semaines soutenir les grévistes. Début avril, il y avait organisé une chaîne humaine pour protester contre l’annonce d’un plan d’économies de 2 millions d’euros. Et puis, il connaît son sujet, lui qui ferraille régulièrement dans l’Hémicycle pour un système de santé ambitieux. Il est l’un des parlementaires communistes à avoir initié le tour de France des hôpitaux en 2018, qui aboutira sur une proposition de loi-cadre pour la santé, présentée par les communistes en septembre. « Les solutions existent. De l’argent, il y en a. Ce n’est qu’une question de volonté politique ! » rappelle celui qui a visité plus de 50 hôpitaux et Ehpad sur tout le territoire. De quoi se faire une idée précise d’une situation explosive qu’il résume ainsi : en 2000, les urgences accueillaient 5 millions de passages. En 2017, 21 millions. Dans la même période, 100 000 lits ont été supprimés… Des chiffres qui claquent, des êtres humains qui souffrent.

Maud Vergnol
 
Voir également  le clip produit par Alain Bruneel sur "urgence santé"
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