Morlaix ensemble à la rencontre des salariés de la halle aux chaussures samedi après-midi dans la Zone artisanale du Launay. Suite à la crise sanitaire mondiale, les enseignes "la Halle aux chaussures et la Halle aux vêtements sont touchées, les salariés ont eu le soutien de Jean-Paul Vermot, tête de liste de Morlaix Ensemble pour les élections municipales de Morlaix et de ses colistiers de gauche, notamment Ahamada Zoubeiri qui nous a transmis ces photos avec Aicha Aboudou.
Morlaix Ensemble mobilisé pour la défense des salariés, de l'emploi, et d'une offre de commerces pour petits budgets à Morlaix.
Macron ne parle d’égalité des chances que pour faire table rase des facteurs sociaux et renvoyer chacun à sa responsabilité individuelle.
Au lendemain des manifestations contre le racisme et les violences policières, Emmanuel Macron a voulu répondre à cette colère qui monte, singulièrement dans la jeunesse. « Chacun, quelles que soient ses origines, sa religion, doit trouver sa place », a-t-il déclaré dans son allocution du 14 juin, déplorant que « le nom, l’adresse, la couleur de peau réduisent trop souvent encore l’égalité des chances que chacun doit avoir ». Il faut, a-t-il précisé, « permettre d’obtenir les diplômes et les emplois qui correspondent aux mérites de chacun ».
Un vrai condensé de macronisme. « L’égalité des chances », chez notre philosophe élyséen, c’est quand « chacun doit trouver sa place », mais une place strictement assortie « aux mérites et talents de chacun ». Aux premiers de cordée, l’air pur des cimes de la pyramide sociale, aux autres… ce qui reste. Bon emploi si bon diplôme et bon diplôme si « mérite et talent » : le chemin est tracé. L’égalité des chances, c’est demander à chacun de gravir le même escalier, et non que les uns aient à monter plus de marches que d’autres pour parvenir au même résultat. Et peu importe si les uns et les autres ne partent pas à égalité au pied de l’escalier : c’est que les uns ont moins de « mérite et talent » que les autres. C’est leur responsabilité. Et c’est leur faute s’ils n’y parviennent pas. Comme ces élèves qui ont « décroché » pendant le confinement – et peu importe s’ils vivent à 7 dans un F2 avec une seule connexion pour tous. L’égalité des chances à la mode Macron, c’est Parcoursup, avec tous ces élèves qui décrochent le bac avec mention mais où seuls ceux qui sortent des « bons » lycées, dans les « bons » quartiers sont choisis dans les « bonnes » filières. Mais l’égalité, ce n’est pas ça. L’égalité, c’est le contraire de ça : c’est donner à chacun, d’où qu’il parte, les moyens de parvenir en haut de l’escalier.
L’Humanité, avec sa plateforme numérique l’Humanite.fr, prend l’initiative d’ouvrir ses colonnes pour repenser le monde, avec l’ambition d’être utile à chacune et chacun d’entre nous. Cette initiative aura des prolongements avec la publication d’un hors-série à la fin de l’été et l’organisation de grands débats publics permettant de poursuivre ces écrits.
Aujourd’hui : « L’État : vrai recours, grand retour », par Ian Brossat, porte-parole du PCF.
« Quoi qu’il en coûte ! » D’une phrase prononcée par Emmanuel Macron le 12 mars 2020, l’État faisait son grand retour. Les déficits ? Oubliés. L’État prendra à sa charge une grande partie des graves conséquences économiques du confinement. Les services publics exsangues ? Derrière nous. L’État providence, mis à mal méthodiquement depuis l’élection de Macron, est désormais un « bien précieux ». Ses serviteurs, les fonctionnaires, dont les conditions de travail se dégradent inlassablement, et qui étaient hier encore soit méprisés, soit matraqués ? Des héros de la nation.
Comme l’explique l’historien Thomas Branthôme, ce recours à l’État en temps de grave crise sanitaire s’apparente à un « appel à l’aide » de la part de citoyens sidérés par une épidémie soudaine et aux conséquences imprévisibles. Les mêmes qui, hier encore, ne juraient que par la réduction de la place de l’État, trop présent, trop lourd, trop gourmand, s’en sont fait les défenseurs : de l’État viendrait le salut sanitaire, économique et social. Mais qu’en est-il précisément, quelques semaines plus tard ?
Une fois de plus, le décalage entre le discours présidentiel et les faits est cruel. Nous pourrions nous en étonner si cette distorsion ne constituait pas un mode de gouvernement systématique de l’ère Macron. Nous pourrions nous en amuser si les conséquences n’étaient pas dramatiques.
« Nous attendions un État stratège, à même de construire une réponse économique et industrielle, en se saisissant des prérogatives qui sont pourtant les siennes et des outils existants. »
Car si les Français ont appelé au secours l’État, un autre sentiment a rapidement prédominé : la honte. La honte de constater que, dans la sixième puissance mondiale, la réponse gouvernementale n’a pas été à la hauteur. Nous attendions un État fort, capable d’organiser la riposte sanitaire et de mettre à disposition de chacun l’équipement nécessaire, et avant tout des personnels soignants. Nous attendions un État stratège, à même de construire une réponse économique et industrielle, en se saisissant des prérogatives qui sont pourtant les siennes et des outils existants, tels que les réquisitions d’usines ou les nationalisations d’entreprises. Il n’en a rien été. La pénurie de masques a frappé partout les soignants et les travailleurs clés, n’en déplaise au chef de l’État. La réponse industrielle de la France a été minimaliste, faute de volonté politique. Enfin, aux engagements se sont substitués des promesses et des renoncements. Face aux défaillances successives, les Françaises et les Français ont opté, contraints, pour la débrouille généralisée, pour le meilleur – les élans d’entraide et de solidarité – et souvent pour le pire.
Mais de quel État parle-t-on ? Ses fonctionnaires ? Évidemment non : en ordre de bataille dès les premiers jours, ils se sont mobilisés nuit et jour, dans des conditions parfois indignes, pour éviter l’effondrement complet de services pourtant indispensables à la population. Rendons-leur hommage.
« Ce dont on parle ici, c’est la défaillance d’un gouvernement et d’une idéologie qui consiste à appliquer une méthodologie bien éprouvée. »
Ce dont on parle ici, c’est la défaillance d’un gouvernement et d’une idéologie qui consiste à appliquer une méthodologie bien éprouvée. Cette dernière est une valse libérale en trois temps : d’abord, couper les budgets et sabrer les effectifs des services publics, au nom de l’efficacité et de la compétitivité ; puis constater, faussement surpris, la dégradation du service rendu aux habitants, et s’en émouvoir publiquement ; enfin, pour y remédier, proposer la privatisation de pans entiers de notre société.
À cette attaque en règle de notre pacte social s’ajoute une grande transformation qui s’est opérée ces dernières années au sein de l’administration. D’un État productif, nous sommes passés à un État normatif. Renonçant de lui-même à son pouvoir, dans le champ industriel et économique notamment, l’État a fréquemment laissé faire, et plus souvent encore contribué activement à son affaissement. Le sens de l’action publique s’éloigne du terrain, et ce sont celles et ceux qui ont l’honneur de la déployer qui en sont les premières victimes. La décision se perd dans les strates administratives complexes, incompréhensibles des citoyens. Toute responsabilité se dissout. Le fiasco des masques en constitue une bonne illustration : personne n’assume l’effondrement des stocks, avant que le président n’en vienne même à nier la réalité de la pénurie elle-même.
« La relance économique ne doit pas perpétuer le monde d’avant, mais servir de levier pour imposer partout une ambition sociale et écologique, créer de l’emploi et revaloriser les travailleurs clés. »
Oui, nous avons besoin d’un grand retour de l’État. Pas seulement d’un État pompier, mais un État qui assume sur la durée une ambition pour les services publics, aussi bien la santé, l’éducation, les transports, le logement, la sécurité ou encore la justice. Alors que les budgets ont été drastiquement réduits, année après année, que les hôpitaux, les maternités et les tribunaux disparaissent les uns après les autres, que des dessertes ferroviaires sont abandonnées, que les enseignants exercent leur métier dans des conditions indignes, que la transition écologique est sous-financée et instrumentalisée, nous sommes à la croisée des chemins. La récession frappe durement notre pays. L’État mobilise des dizaines de milliards d’euros pour venir en aide aux secteurs les plus touchés par la crise : c’est indispensable, mais cela ne suffit pas. La relance économique ne doit pas perpétuer le monde d’avant, mais servir de levier pour imposer partout une ambition sociale et écologique, créer de l’emploi et revaloriser les travailleurs clés.
Ni grand discours ni promesse, ce sont des décisions qui sont attendues : simples, claires, efficaces, redonnant du sens à l’action publique, offrant aux citoyens des services publics de qualité, et aux fonctionnaires des conditions de travail dignes. Un État transformé qui retrouve sa capacité productive, un État fort qui ne laisse pas le marché dicter sa loi, un État ambitieux qui lutte contre toutes les inégalités et toutes les discriminations.
Alors que le nom de programme et le slogan de campagne de la liste de gauche Morlaix Ensemble était depuis 6 mois "Un nouvel élan pour Morlaix", l'ex-maire sarkozyste de Morlaix vient de se trouver elle aussi un nouveau slogan "Gardons l'élan" pour le second tour du 28 juin. Quel élan? Celui du 1er tour du 15 mars qui l'a mis en deuxième position alors que les deux listes de gauche faisaient en score cumulé 56%. UN désaveu net...
Sur son affiche de deuxième tour aussi (elle a dû changer l'équipe de com du 1er tour), elle reprend les trois piliers de notre projet de gauche pour Morlaix: Solidarité- écologie - économie...
La preuve que la dynamique est de notre côté puisque la maire ex-UMP et LR reprend les thématiques de gauche de la campagne qui nous a porté en tête au premier tour, avec un crédit improbable au regard de sa politique menée depuis douze ans.
Manque d'imagination? Triangulation compliquée? Pied de nez?
En tout cas il faut une bonne dose d'aveuglement pour voir dans la situation de la ville depuis 12 ans un élan et une dynamiques postives. Quel élan? Plus de 1000 habitants en moins depuis 2008 qu'Agnès Le Brun est élue, des associations et un personnel qui vivent très mal son autoritarisme et le manque d'écoute et de projets construits ensemble.
En tout cas, notre ami Nono était visionnaire puisqu'il nous a fait ce dessin il y a un mois pour la campagne de Morlaix Ensemble.
Un élan pour Morlaix? Quel élan?
Pas celui en tout cas impulsé par une maire qui n'a eu aucune réaction face au soutien que lui ont apporté dès le premier tour les cadres d'extrême-droite du Rassemblement National.
Morlaix, ville ouverte, généreuse, mérite mieux!!!
Quand Agnès Le Brun et son équipe propagent des Fake news et alimentent la peur du rouge. Laissez-la aux bêtes à cornes... Merci à notre ami Nono pour son dessin de soutien à Morlaix Ensemble.
Les rumeurs vont bon train en ville... Non, Morlaix n'aura pas un maire communiste le 28 juin 2020.
Depuis quelques semaines, l'équipe de campagne d'Agnès Le Brun fait courir le bruit, et la fake news, au porte-à-porte, sur le marché, auprès des commerçants, que je pourrais être le prochain maire de Morlaix: "horreur, un communiste! "
Faire peur quand on a peur soi-même pour sa place, en réutilisant les clichés réactionnaires les plus éculés qu'on croyait enterrés en 1981 quand les chars soviétiques ont renoncé à fêter la victoire de Mitterrand dans les beaux quartiers de Paris comme l'avaient prédit Giscard et la presse bourgeoise de l'époque.
Sur les réseaux sociaux, le fan-club d'Agnès Le Brun, comme Bernard Le Vaillant et ses amis de la droite réactionnaire à Plouigneau, revient sur tous les poncifs de la droite ultra vis-à-vis des communistes: partisans d'un état et d'une société totalitaire, prêts à ruiner la ville, adeptes du culte de Staline, le couteau entre les dents, etc.
Ce n'est guère malin, ni original...
Utiliser la peur des rouges et les fantasmes anti-communistes datés, issus de la lutte contre le Front Populaire, de la guerre froide, et des officines du patronat et des classes possédantes, est encore malheureusement une stratégie nationale de la droite à Marseille, en région parisienne, à Lorient, Douarnenez, Plouigneau, à défaut de meilleurs arguments.
Et pourtant, les élus communistes sont de bons gestionnaires, des rassembleurs, des femmes et des hommes de devoir, honnêtes et droits, serviteurs de l'intérêt général et de l'égalité des droits. Nous n'avons pas à rougir de notre action locale et municipale, ni de la contribution des communistes à l'histoire de la France (combats du Front populaire, de la Résistance, Sécurité sociale, Grands services publics, conquêtes sociales, entreprise d'émancipation des ouvriers et des travailleurs, éducation populaire et le sport et la culture pour tous, lutte contre la colonisation, le racisme, pour l'égalité femmes-hommes et la lutte contre les discriminations).
Toutes ces avancées, les communistes les ont souvent favorisées en s'inscrivant dans des logiques de rassemblement de la gauche et des progressistes, comme à Morlaix depuis des mois avec l'équipe de Morlaix Ensemble.
Si les Morlaisiens en décident ainsi, et il a toutes les compétences et les qualités pour mériter cette confiance, Jean-Paul Vermot sera notre prochain maire, à la tête d'une majorité de gauche diverse et unie, animée d'un même esprit pour construire ensemble avec les habitants les moyens de mieux servir les Morlaisiens et de faire rebondir notre ville, dans un partenariat constructif avec Morlaix-Communauté, qui aura quoiqu'il arrive une majorité de gauche, et dont la plupart des maires espèrent une victoire de la gauche à Morlaix.
Nous sommes heureux d'avoir pu participer très activement à cette belle aventure collective, fraternelle et riche de rencontres, qui doit déboucher, d'ici une semaine, à la victoire de Morlaix en mettant fin à une longue et interminable parenthèse de 12 ans de gestion de droite de cette ville qui a le cœur à gauche par Agnès Le Brun.
Avec Jean-Paul Vermot et toute notre équipe de "Morlaix Ensemble" (+ 50% de citoyens qui n'adhèrent pas à des partis politiques tout en étant animés par des idées de gauche et écologistes, Génération.S, PS, PCF), nos centaines de soutiens, et les électeurs qui ont choisi de nous mettre en tête aux premier tour des élections municipales le 15 mars dernier, nous avons une occasion unique le 28 juin d'ouvrir une nouvelle belle page de l'histoire de Morlaix.
Luchino Visconti: celui qui ouvrit les portes du Néoréalisme entre beauté et Résistance
Partie 10
Les flammes du Walhalla : La caduta degli dei (Les damnés)
« La caduta degli dei » (1969) - Les damnés - est le dernier résultat d’une série de travaux d’écriture, peu à peu modifiés au cours des années. Au début, l’idée était de transférer le "Macbeth" de William Shakespeare en Angleterre des années 60, avec des références à la société et à la politique contemporaine. Par la suite, le projet change et avec Suso Cecchi D’Amico, une première ébauche de scénario est écrite avec un décor dans la haute bourgeoisie industrielle italienne.
L’essai de William L. Shirer, "Histoire du Troisième Reich", et d’autres lectures du même sujet serviront de matière à l'inspiration de Luchino Visconti au point de remanier pour la troisième fois la rédaction du film, d’abord avec Enrico Medioli, puis avec le développement définitif de Nicola Badalucco. Cette fois nous sommes en Allemagne à cheval de 1933 et 1935, de l’incendie du Reichstag aux prémisses de la guerre, avec les protagonistes de la famille Von Essenbeck, puissants et impitoyables industriels de l’acier.
Premier chapitre de la "trilogie allemande", qui aura les épisodes suivants dans « Morte a Venezia » et « Ludwig », le film vit d’un climat d’intrigue obscur et des environnements sombres où se déplacent les personnages sans scrupules qui rappellent ainsi la tragédie shakespearienne. Le mélodrame italien est bien loin, « La caduta degli dei » est le film introductif de la tragédie dans la cinématographie de Visconti.
En mettant en scène cette histoire, le maître milanais n’est pas intéressé par la vraisemblance et le récit chronologique des faits, qui ont porté le nazisme à s'imposer, ce qui d'ailleurs est souvent critiqué. L’intérêt est plutôt tourné à la représentation du Mal vu comme moyen qui mène au pouvoir pour ensuite détruire ses acteurs, dans un jeu mortel. Tout cela demande détachement du Vrai : confirmation est la mise en scène manifestement théâtrale, cohérente avec la filmographie précédente et suivante, qui confère fiction et rapproche le spectateur du climat d’un "Macbeth moderne" comme le même auteur rebaptisa le film. L’entrée en scène de tous les protagonistes, au début du film, est celle d’un acteur de théâtre dans sa chambre/loge devant un miroir ou tout en mettant les vêtements du personnage qu’il va jouer. L’usage de l’espace scénique, à l’intérieur du château des Von Essenbeck, est celui d’une scène : l’entrée est semblable à un arc d’avant-scène et le plancher de noyer résonne comme au théâtre. La théâtralité trouve son corps dans la répétition de cérémonies faites à partir de réunions à table, récitation où la fiction est la clé pour représenter la décadence progressive de la famille. Le mariage final entre Friederich et Sophie, représenté comme une parodie macabre du mariage, est emblématique.
Les sources d’inspiration sont diverses et amalgamées ensemble : pas seulement l’essai de Shirer, cité plus haut, et la tragédie du "Macbeth", mais surtout le grand drame wagnérien. Il suffit de penser aux images des fours des aciéries des Essenbeck qui ouvrent et ferment le film et qui évoquent les flammes allumées au Walhalla qui sanctionnent le crépuscule des dieux.
Le thème, par contre, de la décadence de la tradition familiale, si typique de la filmographie de Visconti, trouve une claire inspiration dans les pages des "Buddenbrook" de Thomas Mann. La chute de la famille Essenbeck, donc de la civilisation bourgeoise, est due à la montée du monde barbare et instinctif, ici représenté par le nazisme. Le rapport d’instrumentalisation du nazisme et du capital est inversé de manière à dépeindre la famille des industriels comme des êtres sans défense emportés par les événements et l’histoire. Avec les différences dues, un destin semblable à beaucoup d’autres familles vicomtes, à commencer par « Le Gattopardo ».
La photographie sombre de Armando Nannuzzi et Pasqualino De Santis contribue aux atmosphères voulues par Visconti avec des virages de couleurs sur le rouge ou le vert pour caractériser les moments les plus dramatiques. Emblématique l’utilisation de la couleur dans le long épisode de la nuit des longs couteaux (presque vingt minutes, un film dans le film) qui donne une atmosphère suspendue, soulignée par le remplacement des bruits aux dialogues (les mots eux-mêmes dans l’original prennent une fonction purement sonore). Un exemple de la liberté esthétique de Visconti, qui confirme encore son cinéma personnel et rebelle.Le film reçoit la nomination à l’Oscar comme meilleur scénario original en 1970 (ensuite remporté par William Goldman pour "Butch Cassidy") et deux prix aux Rubans d’argent comme meilleur film et à Umberto Orsini comme meilleur acteur.
Morte a Venezia, Luchino Visconti
Partie 11
Le vice et la beauté : Morte a Venezia (Mort à Venise)
« La caduta degli dei » témoigne d’une fissure sur la surface polie du cadre viscontien, d’un changement qui n’en touche pas la surface seule, mais qui affecte en profondeur le corps même de son cinéma. La forme devient bruyante, violente, monstrueuse; les rapports humains bouillonnent de haine, de troubles secrets et de pulsions de prévarication; l’Histoire n’est plus le produit d’une lutte de classe, mais une stagnante accumulation d’horreurs, d’égoïsmes et de maladresse.
Inquiet, découragé par la marche d’une réalité insaisissable, par l’avancement inexorable de la vieillesse, par la sensation d’une décadence physique qui ira bientôt miner la santé du corps, Visconti trouve dans la mémoire un nouvel instrument pour enquêter sur les choses du monde, comme un objectif à longue focale qui est aussi un nouveau regard, non plus tourné vers les nœuds de l’Histoire ou vers les gargouilles de l’action politique - avec les obligées prises de position pour apaiser le sentiment de culpabilité aristocratique - mais dirigé vers lui-même. Au cours de ces années, indifférent à la marche de la société et de la confrontation politique, Visconti réalisera une série de films très personnels, sans plus de filtres.
Parfait exemple de ce changement d’état de choses est « Morte a Venezia » (1971) - du roman court de Thomas Mann, projet longtemps rêvé par Visconti - dont il peut enfin commencer le tournage en avril 1970 grâce à l’intervention de Warner Bross, après les refus des producteurs italiens, intimidés par l’histoire d’un artiste sénescent séduit par la beauté incomparable d’un jeune homme en vacances dans la ville lagunaire.
Pour trouver un interprète approprié pour l’enfant de 12 ans, Visconti va dans les pays scandinaves, laissant mémoire de son enquête en « À la recherche de Tadzio » (1970), opérette documentaire agile accompagnée par le commentaire hors champ d’Oreste del Buono, dans laquelle, au tournage des auditions, s'alternent brèves interviews, aperçus des capitales nordiques, lectures de Thomas Mann et inspections avec la troupe parmi les sestieri vénitiens.
Deuxième chapitre de la "trilogie allemande" - avec « La caduta degli dei » et le successif « Ludwig » - « Morte a Vanezia » est présenté en compétition à la XXIV édition du Festival de Cannes. Il ne remporte aucun prix, mais jouit d’un excellent accueil, même en vertu de l’inspiration promotionnelle de Visconti, qui, toujours habile à tisser son goût aux modes culturelles, il entrevoit et développe une résonance secrète entre la prose débordante de Mann et l’inquiet Adagetto de la "Cinquième Symphonie" de Gustav Mahler, faisant du film un événement incontournable pour la bourgeoisie intellectuelle. Et même si, avec les années, le consensus est devenu encore plus solide pour ce mélange suant de réalisme onirique et de décadence raffinée, il faut dire que « Morte a Venezia » est, en réalité, un ouvrage qui alterne les superbes accents lyriques des Visconti mûrs et les tentatives didactiques, tendues à imposer un compromis avec les thèmes de la narrative mannienne. En effet, le film et la nouvelle continuent sur des chemins assez différents. Dans la nouvelle, Aschenbach est un auteur à succès, loué pour la solidité de la prose, pour les élans surveillés d’un lyrique prudent et pour les vertus morales dont ses pages sont tissées; un intellectuel intégré, loin des caprices des avant-gardes, autant des bizarreries de l’esthétique bohémienne.
En faisant de lui un compositeur inquiet, bouleversé par l’incompréhension des contemporains, et séduit par les ambiguïtés des formes musicales, par l’appel d’un battement démoniaque, qui vibre sous les notes, Visconti a voulu traduire un conflit éthique - le spectre de la pédérastie, qui, chez Mann, abat l’hypocrisie des vertus bourgeoises - dans un désaccord esthétique - jusqu’à dévoiler qu’au fond de la beauté il y a un cœur de perversion intime.
Là où, par contre, le film brille, c’est dans l'ensemble des rapports, des échanges, toujours en équilibre entre des extravagances et des réminiscences soignées, ainsi que dans la qualité du regard qui les découvre. Parmi les nombreuses restaurations opérées par Visconti, celle de la riche bourgeoisie en orbite autour de l’Hôtel des Baines reste, peut-être, le meilleur : vive, mais souillée d’une légère mélancolie. La raison en est vite dite : dans ces mêmes milieux, où le réalisateur passe ses vacances dans la première jeunesse, Thomas Mann avait séjourné et reçu l’inspiration pour la nouvelle. Il y a donc un renversement des trajectoires du regard : ce qui pour Mann est la préfiguration d’un mal qui dans quelques années aurait investi la société européenne, pour Visconti devient un retour aux lieux de l’enfance, à cette plage endormie, fixée en quelques traits de peinture impressionniste - et nous ne doutons pas que dans ces fragments de baignade se cache l’écho le plus proche du rêve d’une adaptation proustienne. L’échantillon humain, qui se montre le long du littoral, a l’extravagance tranquille d’une vie défunte, qui se promène, joue, s’amuse et voltige dans une danse sereine de spectres. De ce festin funèbre, nous ressentons distinctement les miasmes de la décomposition et il nous impressionne l’aise avec laquelle Visconti communique, en de brefs gestes, sans contexte, le sens d’une catastrophe imminente : on la reconnaît dans le sourire tordu d’un dandy onctueux, dans le corps sec d’un pauvre homme, qui s’effondre épuisé fronçant comme un nu de Egon Schiele, dans le masque méphistophélique d’un musicien de rue.
D’un cinéma réaliste - c’est-à-dire : critique, capable de restituer l’Histoire non pas par narration, mais par reconstruction - Visconti aboutit à un cinéma de pure contemplation, replié sur lui-même et entièrement destiné à fouiller dans les désordres de son monde intellectuel.
Retrouvez le texte intégral de notre réponse au Télégramme ci-dessous.
Quelle place pour la voiture au centre-ville ? (L'occasion de parler de stationnement, de transports doux...).
Le centre-ville est un lieu d’activités culturels, sportives, de commerce, de services, de vie et d’animations. Il mixte ceux qui y vivent, y travaillent, y viennent pour ses services. Son accessibilité pour tous est nécessaire dans une approche équilibrée ou personne n’est exclu, en améliorant sa qualité écologique et son attractivité.
Sur la question du parking, la situation actuelle, décidée à la va-vite, du « stationnement libre et gratuit jusqu’à nouvel ordre » génère des voitures-ventouses qui perturbent l’accès aux commerces. La gratuité des parkings sera poursuivie jusqu’à l’élaboration rapide d’une vraie politique du parking mais en assurant à nouveau la rotation des véhicules pour rendre son accessibilité au centre-ville.
Nous avons construit une stratégie en plusieurs points :
- Développer l’usage du vélo avec la création d’un schéma de déplacement urbain concerté pour créer et sécuriser les voies cyclables, en lien avec Morlaix Co.
- Renforcer les parkings relais gratuits
- Mettre en place de navettes électriques rapides gratuites qui relient les quartiers et le centre-ville via les parkings relais
- Créer de parkings pour les résidents en fond d’immeubles
- Construire une politique du parking du centre-ville avec plusieurs zones que nous définirons avec les utilisateurs : éventuellement payantes en hyper centre, puis bleues, etc… Des achats en centre-ville pourraient par exemple ouvrir à la gratuité d’un parking.
Nous pourrons ainsi avancer vers la piétonisation d’espaces pour une meilleure qualité du centre-ville : élargissement des trottoirs pour les personnes à mobilité réduite et les poussettes, piétonisation d’espaces pour nos commerçants et visiteurs, etc.
Un vrai travail nous attend avec les associations, les usagers et les habitants.
Conférence de presse le 15 juin au local de Morlaix Ensemble au 10, place des Otages, entre le Comptoir Irlandais et A l'aise Breizh, avec Jean-Paul Vermot, Catherine Tréanton, Ismaël Dupont, Yvon Laurans, Marie-Françoise Madec Jacob, Annie Bergot Le Calvez, Hervé Gouédard
Cinq piliers de notre projet pour la démocratie participative à Morlaix, un concept que Agnès Le Brun a rejeté pendant douze ans avant d'amorcer un timide virage en 2019 à coloration électoraliste:
1 - une écoute permanente et des réponses aux Morlaisiens, associations, etc.
2 - des comités citoyens de quartiers (avec possibilité de gérer un budget participatif)
3 - des commissions extra municipales ouvertes aux acteurs concernés et intéressés (culture, sport, social, caritatif, jeunesse, etc)
4- des compte rendus de mandat annuels au moment du vote de budget
5 - la possibilité d'inscrire des questions a l'ordre du jour du conseil municipal par des pétitions citoyennes.
A Morlaix, bientôt, le citoyen au cœur de la politique municipale et de la construction de la décision. Pour une citoyenneté active et une démocratie vivante.
Le Télégramme, 18 juin 2020
Alors que l’abstention se renforce à chaque élection, la démocratie participative est devenue un enjeu politique majeur. Comment impliquer les citoyens ? Les deux candidats ont leur idée.
Jean-Paul Vermot (Morlaix Ensemble)
Nous avons un enjeu démocratique à combattre le désintérêt des citoyens et à les associer aux décisions qui engagent l’avenir de la ville. Pour garantir de meilleurs débats, pour construire de meilleures décisions, pour assurer la qualité et la transparence de l’information destinée aux habitants, la démocratie participative est une nécessité. Nous avons, pour répondre à ces impératifs, retenu trois outils prioritaires. 1. Des commissions extra-municipales publiques pour associer au débat les habitants, les associations, etc., sur les questions de la vie de notre ville. 2. Dans chaque quartier, un conseil citoyen sera créé et doté d’un budget participatif. Celui-ci pourra financer des projets proposés par les habitants. Réuni régulièrement, le conseil de quartier permettra un dialogue permanent entre les élus et les habitants sur les décisions qui les concernent. 3. Un nouveau droit à l’initiative citoyenne sera proposé pour donner la possibilité aux Morlaisiennes et aux Morlaisiens de saisir le conseil municipal d’une question d’intérêt général.
Dans chaque quartier, un conseil citoyen sera créé et doté d’un budget participatif.Jean-Paul Vermot
Pour permettre, sur les soucis du quotidien, un lien rapide et une traçabilité réelle avec les services de la ville, une application numérique permettra de signaler en direct un défaut constaté sur l’espace public (éclairage, nid-de-poule, dégradation...). La proximité avec les services de la ville est aussi une question de démocratie participative.
Pour réaliser ces objectifs, une charte du dialogue citoyen sera construite pour associer les habitants aux différentes étapes de production des politiques publiques jusqu’à son évaluation. Cette charte sera construite dans les conseils de quartier.
Agnès Le Brun (Vivons Morlaix !)
Très attachés à la démocratie représentative, qui permet par le suffrage universel de confier à des élus la responsabilité de représenter les citoyens pour gérer les affaires de la cité, nous pensons que l’évolution de la société rend nécessaire de mieux associer les citoyens au processus de décision politique et de conforter le lien mairie/citoyens. Concrètement, nous proposons de mettre en place, en plus des permanences d’élus, des ateliers implicatifs. « Les Ateliers du Rebond » permettront aux Morlaisiens volontaires de s’exprimer sur les grands enjeux de la ville, les projets de la municipalité et la vie des quartiers dans une instance intermédiaire entre le conseil municipal et la population. Les séances du conseil municipal sont publiques et nous avons souhaité qu’elles soient filmées et accessibles sur internet depuis juin 2015. Nous voulons aller plus loin en permettant aux citoyens qui le souhaitent d’intervenir directement pour interroger le conseil dans un temps dédié.
Nous proposons de mettre en place, en plus des permanences d’élus, des ateliers implicatifs. Agnès Le Brun
Comme nous l’avons fait par exemple fin 2019 sur le stationnement au centre-ville, nous souhaitons par ailleurs développer les consultations de la population. Nous mettrons en place des ateliers de travail, en particulier dans le cadre de la rénovation des espaces publics des places des Otages, Cornic et de Gaulle.
Nous poursuivrons les concertations approfondies avec les associations sur les projets municipaux, dans le même esprit que la réflexion menée avec les associations sportives sur la salle de Kervéguen et les stades, ou avec « À pied à vélo » sur les parcours cyclables et piétons en ville. Notre volonté est d’associer le plus possible les citoyens et les associations aux décisions pour une qualité de vie partagée.
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Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste.
Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale.
Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.