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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 15:20

Le Front de Gauche et Europe Ecologie les Verts de Plougasnou organisent une réunion citoyenne à la salle des associations vendredi 28 juin à 20h30 afin d'établir avec les habitants de la commune intéressés un projet et de définir la stratégie à adopter en vue des municipales de mars prochain.

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 06:24

réunion publique agro guerlesquin 1

Halles de Guerlesquin, 17h30-20h le vendredi 7 juin 2013, 50 personnes dont plusieurs salariés de l'agro-alimentaire et syndicalistes.

 

Ismaël Dupont (membre du secrétariat de section PCF, candidat aux législatives du Front de gauche en 2012 dans la circonscription de Morlaix):

 

La section PCF de Morlaix est très heureuse de pouvoir organiser cette réunion de débat, de réflexion et de mobilisation sur l'avenir de l'agro-alimentaire breton, une réunion qui intervient dans un contexte très particulier et inquiétant.

1er élément du contexte: un pouvoir social libéral et bien plus libéral que social.

Une politique du gouvernement qui tourne le dos aux attentes qu'une majorité de français avait formulées en faveur d'une politique de justice sociale réduisant les inégalités et rompant avec l'ultra-libéralisme des années précédentes. Cela se traduit, en bref et dans le désordre:

- par le refus d'opposer l'arme de la nationalisation, de l'interdiction des licenciements boursiers ou du moratoire sur les licenciements. Dès lors, difficile de contrecarrer des plans sociaux massifs, de sauver des activités d'intérêt général, de dissuader les capitalistes de brader l'outil de travail et de le délocaliser.

- on subit toujours une politique compatible avec les instructions les plus réactionnaires de Bruxelles et de Merkel, instructions qui favorisent les intérêts du patronat et du capital en remettant en cause les droits acquis des salariés. Ce gouvernement ne soutient pas le pouvoir d'achat des salariés et citoyens (refus d'augmenter le SMIC et les minima sociaux, de réduire par la loi l'usage au temps partiels imposés ou aux CDD) et n'engage pas réellement la lutte contre le chômage, laquelle ne peut que passer par la renonciation à l'austérité.

- on peut citer la signature du pacte budgétaire européen, le fameux pacte Merkozy qui fait de la réduction des déficits l'alpha et l'omega de nos obligations et prévoit que les Parlements ne pourront plus décider souverainement du budget national. La hausse de la TVA et les cadeaux fiscaux de 20 milliards d'€ en crédit d'impôt faits aux entreprises. L'ANI, signé par le MEDEF et des syndicats minoritaires, qui se revèlera très vite être une véritable machine inefernale susceptible de faire exploser le code du travail. C'est une loi que les socialistes ont voté majoritairement avec la droite malgré l'opposition farouche du monde syndical, de nombreux salariés et du Front de Gauche.

- Et maintenant, on nous vante une nouvelle contre-réforme des retraites , qui entend une nouvelle fois revenir sur des acquis sociaux fondamentaux, reculer l'âge de départ en retraite et diminuer les pensions, alors même que c'est le chômage de masse, les bas salaires, le non paiement des cotisations patronales qui expliquent le déficit des caisses de retraite et de protection sociale.

Face à cette politique de régression sociale qui laisse planer le risque d'un discrédit durable frappant toute la gauche, d'un retour en force de la droite radicalisée et de l'extrême-droite, le PCF et le Front de Gauche incarnent et construisent une alternative progressiste, dont le succès passe par la construction d'un nouveau Front du Peuple, d'un nouveau Front populaire, bien au-delà des limites actuelles du Front de Gauche, pour sortir de l'impasse actuelle.

Quelle est la nature de cette impasse?

- 5ème République très peu démocratique qui donne un pouvoir incroyable au Président de la république et à ses conseillers, installe une culture de l'oligarchie et de la délégation de pouvoir.

- domination sans partage des milieux financiers avec la complicité de dirigeants politiques qui ont perdu le sens de la réalité et ne raisonnent plus qu'en termes comptables, et non plus en prenant en compte la dimension humaine des choses.

Pour sortir de cette impasse, nous devons unir et rassembler tous ceux qui souhaitent en finir avec l'austérité et la domination de la finance, en tendant la main aux syndicalistes, aux militants de gauche, aux citoyens et militants qui ne sont pas ou pas encore dans le Front de Gauche. En Amérique Latine, c'est toujours de larges coalitions où était présent le monde syndical qui ont permis de reprendre le pouvoir à la droite réactionnaire et bourgeoise. C'est le rôle d'une réunion comme celle-ci ou encore des Assises Nationales du Front de Gauche du 16 juin de faire un premier pas en ce sens.  

2ème élément du contexte: une casse sociale accélérée dans l'agriculture et l'agro-alimentaire breton.  

Depuis plusieurs mois, le thermomètre s'affole dans notre région: 1000 emplois supprimés à Doux dans le sud-Finistère et le Morbihan, 150 emplois en passe d'être supprimés à Boutet-Nicolas à Rosporden (CECAB), 400 emplois supprimés à Marine Harvest à Poullaouen, et autour de 900 emplois sur la sellette à Lampaul Guimiliau. Mais on peut parler aussi de plusieurs centaines de suppression d'emplois dans l'agro dans la Manche, l'Ile et Vilaine, les Côtes d'Armor. Parallèlement, 5 exploitations agricoles disparaissent chaque jour en Bretagne et les suicides se multiplient chez les agriculteurs comme l'a montré une récente étude de la Mutualité agricole. La situation sociale de l'agro-alimentaire breton, en dehors de ces menaces sur les emplois ou de ces destructions d'emplois, c'est aussi des conditions de travail souvent dures et dégradées en raison des contraintes de productivité.

Le rôle de cette réunion sera:

a) identifier les causes de ces difficultés économiques, de ces désastres sociaux:

- responsabilité des directions d'entreprises

- spéculation sur les matières premières agricoles, coût de l'aliment

- pression des marges scandaleuses de la grande distribution

- mise en concurrence des travailleurs à l'échelle européenne

- absence de préparation et d'anticipation par rapport à l'évolution nécessaire du modèle productiviste.

b) voir comment, filière par filière (dans la filière porcine et avicole principalement), on peut envisager des portes de sortie, travailler à améliorer les choses.

c) voir comment on peut coordonner l'action politique, syndicale, paysanne et citoyenne pour mener une lutte efficace afin de sauver les emplois dans l'agro-alimentaire breton, car nous ne pouvons tolérer leur destruction, le saccage de territoires ruraux, de vies humaines et familiales guettées par le chômage, la pauvreté et le désespoir.

d) il nous faut aussi tracer des pistes pour construire un nouveau modèle agricole et agro-alimentaire breton en se plaçant dans une perspective de long terme. 

Au meeting du Front de Gauche à Rennes mercredi dernier (le 5 juin), Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon ont tous les deux exprimé une volonté de réorienter l'agriculture et l'agro-alimentaire pour atteindre plusieurs objectifs: proposer une alimentation de qualité pour tous. Rompre avec la domination sans partage du modèle productiviste. Mieux rémunérer le travail des agriculteurs et des ouvriers de l'agro-alimentaire. Encadrer et limiter les marges de la grande distribution. Relocaliser tout ce qui peut l'être pour réduire lm'empreinte écologique et créer de l'emploi dans les territoires. Rompre avec le dumping social, la course au moins-disant en terme de coût du travail, si besoin en, rétablissant des protections douanières, justifiés notamment par le coût écologique et énergétique des délocalisations d'activités.   

 

Corinne Nicole (représentante CGT à Tilly-Sapco Guerlesquin) 

  

Dépôt de bilan et fermeture de sîtes chez Doux, fragilisation de la filière avicole avec la décision de la Commission européenne de supprimer les restitutions pour l'exportation de poulet congelé au Moyen-Orient, des aides qui représentaient 20% du produit des exportations et permettaient de réduire le prix de vente pour être concurrentiels face aux industries agro-alimentaires brésiliennes, américaines, thaïlandaises, vietnamiennes, moins sourcilleuses sur les règles environnementales et le bien-être animal et faisant travailler des salariés moins bien payés: va t-on vers une catastrophe économique et sociale de grande ampleur touchant tout le secteur agro-alimentaire breton, comparable peut-être en termes de conséquences humaines dramatiques à la desindustrialisation du nord-est de la France dans les années 1980?     

Dans ce contexte très tendu, il peut apparaître irresponsable de la part de la Commission Européenne de supprimer brutalement les restitutions qui permettent à Tilly-Sapco et Sauvaget, engagés depuis longue date dans l'export de volaille congelée, de réduire le différentiel de compétitivité avec leurs concurrents non-européens. En octobre 2012, on est passé de 32,5€ de restitutions pour 100 kg exportés à 21,70€ et en janvier de 21,70€ à 10,85€/ 100kg, avec une suppression annoncée de ces aides à l'exportation dans quelques mois.  

La pression mise sur les abattoirs peut se répercuter, en particulier pour les pourvoyeurs de Doux, par une baisse drastique des contrats passés avec les éleveurs, qui craignent de vendre des poulets à un prix inférieur au prix de revient.  

Certains peuvent se féliciter de cette suppression des aides à l'exportation.

Les libéraux puisqu'elle a fait l'objet d'un accord au nom de la "concurrence libre et non faussée" dans un sommet de l'OMC en 2005 entre l'UE, les Etats-Unis, le Japon, qu'elle va dans le sens de la refonte de la PAC et des économies budgétaires (70 millions à 80 millions d'euros par an y étaient consacrés).

Quand on est préoccupé d'écologie et de progression d'une agriculture paysanne et biologique relocalisé, on peut se dire que ça affaiblit et oblige à réorienter un "modèle" agricole breton productiviste, hyper-concentré, tourné vers le quantitatif, le bas de gamme, les marchés extérieurs, coûteux pour l'environnement, l'agriculture vivrière des pays du sud, voire la santé publique.

Petit bémol toutefois: les poulets entiers congelés Tilly ou Doux font l'objet d'une traçabilité et de contrôles dont ne peuvent se prévaloir les morceaux de poulet destinés à la restauration collective et aux plats préparés que commercialisent à moindre coût les Allemands, les Belges et les Néerlandais. Le Moyen-Orient ne bénéficie pas de conditions écologiques et climatiques pour produire lui-même ses poulets: et quasiment toute la production à l'export de Doux et Tilly y est destinée. Ce sont les concurrents américains ou asiatiques de Tilly et Doux qui prendront le marché si les entreprises bretonnes n'ont plus les moyens d'offrir des prix attractifs... Et ces industries concurrentes ne sont pas plus vertueuses écologiquement et socialement.   

Sur un plan politique, on peut condamner les restitutions en disant que c'est une manière de rémunérer des capitalistes sans contrepartie exigée sur le plan social et écologique et, en effet, pendant des dizaine d'années, la fortune de Charles Doux ou de Tilly s'est nourrie de ces aides publiques européennes. Pourtant, dans le contexte actuel, la fin des restitutions risque de fragiliser dangereusement, voir de condamner les abattoirs de volaille bretons, les éleveurs, les transporteurs et tous les emplois corrélés à cette filière. Avec combien de salariés et de travailleurs sur le carreau? Et quelles solutions de rechange pour eux?     

Le problème est complexe. Mais il y a une urgence humaine qu'il faut prendre en compte.   

Ces restitutions ne sont pas des subventions pour maintenir des emplois mais des aides versées aux industriels qui exportent de la volaille congelée pour qu'ils soient compétitifs et puissent maintenir des prix attractifs par rapport à la concurrence brésilienne, américaine, vietnamienne, chinoise, en particulier sur les marchés arabes.

En Europe, seuls deux industriels, finistériens tous deux, Doux et Tilly, exportent du poulet congelé, ouvrant droit jusqu'ici à restitution. A l'origine, ces restitutions étaient des moyens pour compenser le prix élevé des céréales payés pour nourrir les animaux en Europe. Aujourd'hui, seule l'exportation de volaille congelée vendue entière en bénéficie, à l'exclusion de la volaille congelée de nos concurrents européens intégrée dans des produits transformés, qui gagne sans cesse des parts de marché en Europe, à tel point que la France, qui n'importait que 10% de ses poulets consommés il y a quelques années, en importe aujourd'hui 40%.

Actuellement, ces restitutions sont vitales pour que leurs activités ne soient pas déficitaires. En 2010, Tilly présentait des comptes à l'équilibre (sans bénéfice) avec des restitutions à 320€ la tonne. Depuis le 18 janvier dernier, elles ont été réduites à 108€ la tonne et elles seront nulles dans quelques mois.

Pourtant, ces deux industriels du poulet congelé destiné à l'exportation qui touchaient 80 millions d'€ d'aides publiques européennes via les restitutions génèrent 5000 emplois directs dans la région tandis que les céréaliers français, qui représentent 36000 emplois, touchent 6 milliards d'euros d'aides européennes. Au prorata montant des aides/ emplois maintenus: il faudrait que les céréaliers génèrent 600 000 emplois en France pour avoir le même rendement en termes d'emplois associés que les aides à l'exportation à destination de la filière avicole.

Si une entreprise comme Doux s'écroule complètement, c'est 3400 emplois salariés qui sont directement menacés, et 15 000 emplois induits en Bretagne (transporteurs, éleveurs, manutentionnaires) qui sont touchés... Les exportations de Doux représentent 30% du trafic du port de Brest.   

A Tilly, il y a actuellement 350 emplois en CDI, 30 intérimaires et depuis 2006, après le dépôt de bilan d'UNICOPA assorti de 250 suppressions de postes, le repreneur Daniel Sauvaget a fait un vrai effort pour employer les restitutions et les bénéfices à mieux payer les salariés, à mieux les former, à maintenir des emplois. 12 millions d'euros ont été consacrés à cela. Et l'entreprise a prévu d'engager encore 20 millions d'euros dans les années à venir pour accroître la compétitivité et la rentabilité. La conditionnalité obtenue par les représentants du personnel du Conseil Régional des abandons de créances contractées du temps d'Unicopa a permis ce résultat que les bénéfices servent depuis 2006 à l'investissement, au plan de formation, au relèvement du pouvoir d'achat des salariés, à la sécurisation de l'emploi. Les conditions de travail en abattoir ne sont toujours pas faciles mais elles se sont améliorées depuis 2006, semble t-il.  

Qu'est-ce qui a joué contre le maintien des restitutions?

Les Allemands qui produisent de la volaille fraîche très compétitive en aidant indirectement l'exportation par des abaissements de TVA et en employant de la main d'œuvre sous-payée se félicitent de fragiliser ainsi par la baisse des aides publiques européennes la filière avicole française, alors que la France importe actuellement 40% de sa volaille.

Peut-être qu'avec moins de libre-échange, plus de protectionnisme, il y aurait une demande intérieure pour faire tourner nos élevages et nos abattoirs bretons. Actuellement, ils sont naturellement en difficulté face à la concurrence mondiale quand on sait que le salarié brésilien est payé 4 fois moins cher que le salarié français et que leurs industries agro-alimentaires exportatrices sont aidées par l'État qui dispose en outre d'une réserve de terres quasi infinie pour la production des aliments d'élevage.

En France, des hommes politiques de gauche et des écologistes condamnent avec raison le gâchis et l'immoralité des aides publiques absorbés par les profits financiers des industriels et des actionnaires sans contrepartie au niveau de l'investissement, de l'emploi, des salaires. Doux est dans ce cas, qui ferme des activités au moment même où il continue à goinfrer ses actionnaires (la banque Barclays entre autre) d'aides publiques européennes en se vantant de produire pour produire et toucher davantage d'aides à l'exportation. La mauvaise politique du groupe Doux, son irresponsabilité, aura sans doute été ce qui a précipité la remise en cause sans délai du système des restitutions, qui existe depuis une trentaine d'années dans le cadre de la PAC.

Seulement, dans le contexte actuel, sans restitutions, ces abattoirs, les éleveurs qui les alimentent, les transporteurs, les emplois induits s'écroulent. A Tilly, on passe de 20 millions d'euros d'aides environ à 400 000 euros de crédit d'impôt compensatoire à la fin des restitutions de l'État. Des clopinettes....

L'avenir de l'emploi sur place est donc menacé, quand on sait qu'aux 380 emplois directs sont aussi associés à des emplois induits (deux à trois fois plus). Or, la situation économique de la région est loin d'être rose. Les salariés de Tilly, qui ont 47 ans en moyenne, n'ont pas beaucoup de qualifications, même si la formation professionnelle s'est améliorée, sont usés physiquement par la dureté des conditions de travail dans l'agro-alimentaire, vont-ils facilement retrouver un job dans le Finistère où les Côtes d'Armor dans le contexte actuel, avec 15% de chômeurs? Et on pourrait en dire autant des salariés de GAD, très inquiets sur leur avenir, et bien sûr de ceux de Doux.

Ce système des restitutions était insatisfaisant puisqu'il ne s'accompagnait pas d'exigences en retour par rapport aux salaires, à l'emploi, à la formation, à l'investissement, ni de droit de contrôle des salariés, qu'il ne concernait que les industriels et non tous les acteurs de la filière. 

Pour exemple, à Doux, les salaires sont gelés depuis 5 ans et on continue à distribuer de l'argent aux actionnaires alors que tout va mal.  

Il perpétuait les inconvénients de l'agriculture productiviste et surtout de son hyper-concentration en Bretagne.

Mais en même temps, la Bretagne s'est construite et développée avec l'élevage hors-sol souvent par défaut, faute d'autre développement agricole ou industriel possible dans les années 60-70, et grâce à l'atout de ses ports, et aujourd'hui, on a pas de solutions alternatives immédiates à proposer aux salariés menacés de perdre leur emploi.

Au-delà de la construction souhaitable d'un nouveau modèle économique et agricole plus vertueux socialement et écologiquement,  il y a  la réalité de milliers de personnes travaillant dans la filière aux emplois menacés à prendre en compte de manière prioritaire.

Préparer l'avenir certes, par une planification écologique, une relocalisation progressive, une diversification agricole et le développement d'une agriculture de meilleure qualité. Par une refonte des filières, une meilleure protection contre le dumping social et la concurrence internationale.

Mais aussi penser aux ouvriers, éleveurs et salariés d'aujourd'hui que la crise de l'agro-alimentaire breton plonge dans le désarroi et l'incertitude du lendemain, qui vont être des milliers à perdre leur gagne-pain.

 

Olivier Le Bras     (salarié de GAD, délégué syndical central FO, le syndicat majoritaire à Lampaul-Guimiliau, représentant des salariés de GAD pendant le redressement judiciaire).

Extraits de l'intervention: " Gad a été créé à Lampaul en 1956, au départ avec un petit noyau de salariés. L'entreprise a pris très vite le pli du développement de l'agro-alimentaire et du productivisme hors norme. On y a gagné beaucoup d'argent. Pour l'actionnariat, ce qui comptait, c'étaient les dividendes. On a laissé l'outil partir progressivement. Nous sommes aussi victimes de la financiarisation de l'économie. La grande distribution et ses plateformes d'achat compriment un maximum de nos marges. De l'autre côté du Rhin, on fait à peu près le même boulot pour 6€ de l'heure. L'esclavage est installé au coeur de l'Europe. Avec des salariés que l'on fait dormir dans des baraquements. 850 emplois sont directement menacés sur l'outil de Lampaul. Actuellement, du côté des décideurs, on manque clairement de courage politique. On a affaire à des gens déconnectés de la réalité: je l'ai dit quand j'ai rencontré le ministre Garreau et son secrétaire" .

 

Xavier Compain (agriculteur, syndicaliste agricole dans le 22, membre du Conseil National du PCF en charge de l'agriculture et de la pêche)

Extraits de l'intervention: La Bretagne est la première région agricole de France mais l'avant-dernière en terme de revenu paysan. 5 fermes disparaissent chaque jour en Bretagne. La PAC ne fait rien pour enrayer ce processus: on est dans la même configuration que pour la politique commune de la pêche. On a préféré financer la destruction des bateaux plutôt que de maintenir la pêche artisanale. Jusqu'à présent, ce qui a fait l'attractivité de la Bretagne pour l'agro, c'est une main d'oeuvre à pas cher, la proximité des ports. Aujourd'hui, c'est difficile de tenir dans un contexte d'hyper-concurrence et de dérégulation: pour les paysans, les salariés, ce qui prévaut, c'est le prix mondial.

Pourtant, dans l'agriculture et l'agro-alimentaire, on peut recréer de l'emploi pourvu que l'on cherche à développer une alimentation de qualité pour tous. 

Il faut construire une autre politique agricole commune. Or, ce qu'on nous propose, c'est le libéralisme, toujours plus de libéralisme. Depuis 1992, les Tony Blair, les Aznar, les Sarkozy ont construit une politique agricole libérale en démantelant des outils de régulation (restitutions, droits de douane, soutiens publics). La question posée, c'est celle de la souveraineté alimentaire au niveau international. Avec les aides publiques, on dispose d'un pouvoir d'orientation. La question, c'est: ces aides publiques, on fait quoi avec?  

Ce qu'il faut dire aussi c'est qu'hors aides ou subventions compensatrices, le salaire des paysans a été divisé par deux depuis 1992. La répartition des aides est à revoir: certains, les plus gros céréaliers par exemple, sont gavés et regavés.

L'objectif essentiel, c'est l'alimentation saine et accessible: le choix de société, c'est que tout à chacun puisse se nourrir bien avec les signes de qualité qu'on s'est choisi.

Un obstacle: le faible niveau du revenu paysan dû aux marges de la grande distribution, lequel encourage à faire au plus productif et au moins qualitatif. Tous les gouvernements successifs de droite et de gauche (plurielle) ont calé devant la grande distribution. Cela suffit. Il faut encadrer les marges de la grande distribution. Cela existait jusqu'en 1986: cela a été supprimé quand on a placé l'agriculture dans le GATT. La loi des coefficients multiplicateurs a été supprimée avec la libéralisation des prix agricoles et agro-alimentaires. Nous voulons la rétablir. La majorité de gauche au sénat a presque voté pour avant la victoire de Hollande, pour en tout cas la création d'un observatoire des prix et des marges et des négociations annuelles imposées à la grande distribution et incluant une large palette de syndicats, associations d'usagers... Nous attendons que ces bonnes intentions soient suivies d'effet. Pour les grandes surfaces, le taux de rémunération pour les fruits et légumes est de l'ordre de 400%: c'est inacceptable. La première chose, c'est d'avancer avec courage pour réduire l'accaparement de valeur auquel se livre la grande distribution. Sur 100€ d'achat agro-alimentaire, seulement 7% va dans la poche du producteur. Il n'y a pas de négociation agricole mais des rapports de prix fixes imposés par la grande distribution.

Nous intégrons aussi la question agricole dans le cadre d'un amènagement équilibré du territoire: celui repose sur 2 piliers. Assurer la rémunération des salariés et des paysans dans le monde rural, maintenir des services publics de proximité.

 

Un intervenant (ancien contrôleur sanitaire dans les abattoirs): Pour que tout ça se fasse, il faudrait une politique européenne qui soit la même pour tout le monde. Ce n'est pas le cas. Par exemple, il y a des pesticides interdits en France qui peuvent être autorisés en Espagne. Les normes sanitaires et sociales sont différentes d'un pays à l'autre. Les primes PAC, les petits agriculteurs en profitent très peu, ce sont les céréaliers qui en profitent. Actuellement, on observe des phénomènes de spéculation sur les prix du blé, des céréales, et les petits éleveurs sont étranglés. En Europe, il semble que ce ne sont plus les politiques qui décident, mais des technocrates. Par rapport aux normes, c'est bien de se préoccuper du bien-être animal, mais qui songe au bien-être des salariés de l'agro?  

 

réunion publique agro 2

 

Jean-Victor Gruat (maire de Brennilis, ancien membre de l'Organisation Internationale du Travail): ne serait-il pas possible de saisir des instances juridiques internationales, l'OIT, sur les conditions de travail en Allemagne? Est-ce qu'on a joué le jeu avec la confédération européenne des syndicats?

 

réunion publique agro guerlesquin 3

 

Olivier Le Bras Il y a déjà des ministres belges qui se sont plaint pour distorsion de concurrence, FO l'a fait aussi par rapport aux pratiques des abattoirs allemands. C'est en cours de traitement. C'est scandaleux qu'au niveau de l'UE en établisse des normes sur le "bien-être animal" et qu'au niveau de la défense du "bien-être humain", on ait rien. L'esclavage qui se pratique en Allemagne, cela ne gêne personne.  

 

Un intervenant (salarié d'un abattoir de porcs à Briec, syndicaliste): dans les abattoirs allemands, 91% des salariés viennent de l'étranger. Là-bas, ils appliquent la loi Bolkenstein. Sur un potentiel de 6000 cochons dans le grand ouest, un tiers part en Allemagne. C'est aussi 3000 bovins élevés en France qui partent se faire abattre en Turquie. On marche sur la tête.

 

réunion publique agro alimentaire 5

 

une intervenante: est-ce qu'on va les laisser longtemps tranquille ces gens de la grande distribution qui font la pluie et le beau temps, casse les prix des producteurs, rançonnent les consommateurs, exploitent les salariés? Comment les gens font pour vivre quand ils sont au chômage, en situation de précarité, avec cette vie chère entretenenue? Quand est-ce qu'on ira affirmer les droits de la vie en allant se servir dans les grands magasins? A un moment, la nécessité fait loi: il faut prendre conscience que nous ne sommes pas obligés de crever la dalle devant quelques-uns qui vivent dans l'abondance.  

 

Xavier Compain:

Il faut se rassembler bien au-delà de nos corporations et de nos métiers. Trouver des alternatives à l'austérité qu'ils nous vendent tous. Le dimanche 16 juin, il y a les Assises de la refondation sociale organisées par le Front de gauche: le CCFD y sera, la confédération paysanne... En Bretagne, le PCF souhaite être à l'origine d'une conférence ou d'un forum sur l'emploi agricole et agro-alimentaire où on inviterait tous les acteurs (syndicats, entreprises, salariés, banques, associations d'usagers, paysans...): sur 15 propositions mises en débat, si on se met d'accord sur cinq d'entre elles, ce sera déjà un progrès.  

L'alimentation de qualité à la portée de tous est la bonne porte d'entrée. Un enfant sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté. La demande alimentaire dans 30 ans sera encore plus forte. Le continent africain va devoir multiplier par cinq sa production. Un grand pays comme la Chine doit trouver des solutions, avec ses 1,3 milliards d'habitants et ses 10% de terres cultivables. Aujourd'hui, il est inacceptable que l'agro-business puisse faire du fric en spéculant sur la famine, via les matières premières agricoles ou les terres cultivables. Nous pouvons très bien nous joindre à des campagnes contre la spéculation sur la ressource alimentaire telles que celle conduite par OXFAM. Des banques françaises comme le Crédit Agricole, BNP Paribas versent dans la spéculation alimentaire. Une action intelligente ciblant les vrais responsables consisterait à demander des comptes dans l'agence du coin. Bien sûr on ne propose pas ces produits spéculatifs au désargenté mais uniquement aux gros et bien nourris dont l'argent va fructifier en spéculant sur l'orge, le blé, l'avoine. Des banques allemandes comme Deutschbank, Allianz pratiquent aussi allégrement cette spéculation. Si on avait le manche, on prendrait des mesures pour la non-spéculation financière sur les biens alimentaires. On leur dirait: votre capitalisme, il ne nous convient pas, mais avant même de pouvoir y mettre fin, on vous propose une auto-limitation: une convention internationale sur la non-spéculation sur les biens alimentaires. Il y a aussi la nécessité de prendre en compte le besoin de restaurer nos stocks alimentaires: la FAO disait qu'il fallait au moins 60 jours de stock. En France, on en est plutôt à 15 jours de stock. Les stocks de sécurité alimentaire en France et en Europe sont insuffisants. Ces propositions sont euro-compatibles.

 

Patrick Le Goas  (salarié de GAD, représentant syndical FO): Il faut que l'on repense ce modèle qui dévaste la nature et les hommes en mettant en concurrence les agricultures. A Almeiria, les sols sont pollués de manière irrémédiable. En Espagne, la xénophobie vis à vis des étrangers se développe.

N'attendons pas que tout nous vienne de la politique d'en haut. Prenons nos destin en main ici et maintenant. Il y a actuellement un accord de principe entre éleveurs et salariés de l'agro-alimentaire pour se battrent ensemble pour éviter cette casse sociale effroyable dans l'agro... Or, allons-y. Il y a des opportunités révolutionnaires quand les gens perdent tout. Pourquoi est-ce que nous nous censurerions? Ce qui s'est passé en Guadeloupe, avec un large front révolutionnaire pour affirmer le droit à vivre convenablement et faire baisser les prix de la grande distribution tenue par des anciens colons en situation de monopole, pourrait nous servir d'exemple? Comment obtenir la redistribution des richesses quand le pouvoir est confisqué par des élites égoïstes et sourdes aux besoins de la population sinon en montrant notre force collective et en cessant d'être dociles? Les terres de la Guadeloupe, de la Martinique, sont irrémédiablement pollués par les produits chimiques pour traiter les bananes, et les cueilleurs ont attrapé toute sorte de maladies: la violence, elle est là, dans cette indifférence à l'humain des capitalistes.

 

Ismaël Dupont: C'est vrai qu'il est inacceptable que l'UE se soit penché sur la question du bien-être animal dans l'élevage et les abattoirs sans dénoncer les conditions de travail pour les salariés et exiger des améliorations. Mais je ne pense pas qu'il faille opposer ces deux considérations: les bêtes sont des êtres sensibles et pas que des machines à produire de la viande. On les mange soit, mais assurons-leur une vie un tant soit peu digne du vivant et de l'animal. C'est aussi un devoir de civilisation. Cela ne signifie pas que l'on doive négliger le bien-être des travailleurs. J'aimerais aussi que Xavier compain nous dise comment on peut développer le bio et l'agriculture paysanne pour réorienter le modèle dominant en agriculture, et si les pouvoirs publics (UE, gouvernement, région) se donnent vraiment les moyens actuellement de poursuivre cet objectif.

 

Xavier Compain  Il faut préserver la terre agricole, privilégier le foncier agricole sur les parkings de supermarché. Lors des municipales, on pourra affirmer haut et fort la proposition de relocaliser notre alimentation. Les cantines du coin (école, maison de retraite) doivent acheter local, et si possible agriculture bio ou raisonnée. Il faut remplacer la surface minimum d'installation par une surface maximale afin de privilégier l'installation des petits et des moyens et l'emploi, de lutter contre l'hyper-concentration dans l'agriculture.  Il faut dire halte aux pesticides, un scandale sans doute plus meurtrier que celui de l'amiante. Pour changer les pratiques paysannes, la clef, c'est la rémunération du travail. Pour sortir du pesticide, il faut proposer des voies de reconversion aux usines chimiques: c'est parfaitement possible.

 

Olivier Le Bras:  Il faut transformer notre colère en luttes pour enfin changer les choses.

 

Corinne Nicole:  S'il y a une urgence, c'est de sortir de la culture de la délégation de pouvoir. C'est nous le nombre, la force: prenons notre destin en main.

 

Compte-rendu partiel terminé le 18 juin.

Par Ismaël Dupont.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 05:06

MARDI 11 JUIN 2013- 20H30

à Ti An Oll, Plourin-les-Morlaix, entrée gratuite

Inscription au 02 98 72 54 27 ou tianoll2@wanadoo.fr

 

Conférence de Jean-Pierre Dubois

"Pour une démocratie fondée sur les Droits de l'Homme"

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Jean-Pierre Dubois est le Président d'Honneur de la Ligue des Droits de l'Homme.

 

Propos des organisateurs:

 

Le Centre Social Ti an Oll et la section du pays de Morlaix de la Ligue des Droits de l'Homme reçoivent Jean-Pierre Dubois, l'un des présidents d'honneur de la LDH.

Alors que la crise s'accentue un peu plus chaque jour, elle renforce encore le pouvoir du libéralisme économique qui exige des gouvernements qu'ils portent atteinte aux droits sociaux. Elle ouvre la voie à de graves régressions démocratiques.

C'est cette double régression des droits- sociaux et démocratiques - qui est à l'oeuvre en Grèce, au Portugal et en Espagne. Elle se traduit par une explosion de pauvreté, un regain d'exclusion, des limitations portées à la délibération démocratique. Elle conduit de surcroît à une impasse économique, et accroît les risques de dérives politiques. 

L'égalité des droits se dispute- parfois violemment - dans les rues des pays occidentaux. La question des sans-papiers n'est toujours pas réglée. La confiance des citoyens votants dans la démocratie représentative s'amenuise de plus en plus.

Pourtant, Jean-Pierre Dubois nous dit que l'Europe dispose d'"atouts considérables en tant qu'espaces de démocratie, de respect des droits de l'homme et de protection sociale très supérieure à la moyenne mondiale". 

 

Aujourd'hui, quel portrait pouvons-nous faire de la France? Toujours la patrie des droits de l'Homme?  

 

 

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 10:19

Le site internet du journal Ouest-France L'avenir de l'agroalimentaire en débat le 7 - Morlaix

lundi 03 juin 2013

Roger Héré, membre du PCF du pays de Morlaix, Ismaël Dupont, responsable du Front de gauche du pays de Morlaix, Patrick Le Goas, représentant syndical FO, délégué du personnel à Gad Lampaul-Guimiliau et Xavier Compain, membre du conseil national du PCF en charge de l'agriculture. Daniel Ravasio, membre du PCF du pays de Morlaix, Ismaël Dupont, responsable du Front de gauche du pays de Morlaix, Patrick Le Goas, représentant syndical FO, délégué du personnel à Gad Lampaul-Guimiliau et Xavier Compain, membre du conseil national du PCF en charge de l'agriculture.

Dans le cadre d'un travail régional sur l'agriculture et l'agroalimentaire, le PCF organise un débat à Guerlesquin.

« Quel avenir pour l'agroalimentaire breton ? » Telle est la question sur laquelle le Parti communiste du pays de Morlaix appelle à débattre lors d'une soirée organisée sous les halles de Guerlesquin, le vendredi 7 juin, à partir de 17 h 30.

En pleine mutation de l'agriculture et l'agroalimentaire breton en plein marasme avec les fermetures d'unité chez Doux, et les menaces sur le groupe Gad, entre autres, le Parti communiste organise cette réunion publique « pour réfléchir aux moyens de préserver les emplois dans l'agriculture bretonne nécessaire pour notre territoire ». Mais aussi de « préserver notre souveraineté alimentaire tout en améliorant les conditions de travail des salariés, en réorientant l'activité pour répondre aux besoins sociaux en matière de santé publique, de qualité de l'alimentation, de préservation de l'environnement », avance Xavier Compain, membre du conseil national, responsable Agriculture, pêche, forêt.

Il rappelle que la filière, principal employeur en Bretagne, traverse une grave crise et que pas moins de cinq exploitations agricoles disparaissent chaque jour du paysage breton. « Nous ne sommes pas pour la désindustrialisation de la Bretagne. » Lors de cette soirée, le responsable politique souhaite « croiser la parole syndicale et politique pour repenser la filière agroalimentaire préservant les emplois tout en dénonçant et luttant contre le dumping social allemand dans l'industrie agroalimentaire » estimant que la rémunération des employés de l'agroalimentaire, mais aussi des agriculteurs, est « au coeur du débat ».

Et sur la question sociétale, « pourquoi aller chercher à l'autre bout du monde ce que l'on peut faire ici ». Tout en visant la grande distribution « en recadrant ses marges, ce qu'aucun gouvernement, de droite ou de gauche, n'a fait depuis vingt ans ».

Interviendront lors de la soirée du 7 juin (entrée libre), Xavier Compain, membre du conseil national du PCF en charge de l'agriculture, Corinne Nicole, salariée et déléguée syndicale chez Tilly-Sabco à Guerlesquin, Olivier Le Bras, délégué syndical central FO, représentant des salariés de Gad SAS pendant le redressement syndical et Patrick Le Goas, représentant syndicale, délégué du personnel à Gad Lampaul-Guimiliau.

http://www.ouest-france.fr/2013/06/03/morlaix/L-avenir-de-l-agroalimentaire-en-debat-le-7--65277819.html

 


4 juin 2013 article Le Télégramme

Le Parti communiste et le Front de gauche organisent une réunion publique sur le thème « Quel avenir pour l'agroalimentaire breton ? », vendredi, à Guerlesquin. Dans le contexte de crise que vit la filière en Bretagne, Ismaël Dupont (membre du Parti communiste et du Front de gauche morlaisien) et Xavier Compain (Costarmoricain, membre du conseil national du PCF) expliquent les raisons de cette réunion.

Dans quel cadre la prochaine réunion publique de Guerlesquin est-elle programmée ?

Ismaël Dupont. Nous voulons exprimer notre solidarité vis-à-vis des salariés de l' agroalimentaire, qui connaissent des conditions de travail très dures et des conditions de rémunérations révoltantes, alors que la filière agroalimentaire (principal employeur en Bretagne) connaît une crise très grave. Il faut absolument mettre en oeuvre toutes les réflexions possibles, pour éviter que la région ne connaisse la même désindustrialisation que la Lorraine avec la sidérurgie.

Qui souhaitez-vous mettre autour de la table ?
L'idée est de lancer une plateforme de discussion entre le monde syndical (avec des représentants syndicaux CGT de chez Tilly ou FO de chez Gad), le monde agricole et le monde politique. On ne peut pas occulter que les difficultés actuelles de la branche sont aussi le fruit d'une politique européenne, qui a favorisé le dumping économique et social.

Le PCF est-il, face à ces bouleversements et ces coups de massue annoncés sur l'emploi, force de proposition ?
Xavier Compain. Cette conférence n'est pas un coup politique. Elle a pour objectif de trouver comment recréer de la valeur ajoutée sur le territoire breton, dans les dix prochaines années. Nos propositions concrètes portent, en la matière, sur la réappropriation rapide, par le marché local, de l'alimentation. Pourquoi aller chercher au bout du monde ce que l'on peut produire et consommer ici ? Pour y arriver et renverser la chute, jugée irrémédiable (nous y croyons !), du nombre d'agriculteurs en France, nous préconisons aussi la création d'un pôle public bancaire, qui apporterait, au niveau régional, des fonds pour refinancer les activités locales. En clair : ou on subit, ou on se retrousse les manches. Au PCF, nous préconisons la deuxième solution.

 

Pratique Aux Halles de Guerlesquin, vendredi, à 17 h 30. Entrée libre.

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 06:00

Mercredi 29 Mai 2013 de 18h00 à 20h30 au Faou : réunion débat organisée par le collectif du pays de Daoulas sur les langues régionales

avec Marie-Jeanne Verny (PCF) et Fanch Broudig

 

bandeau Front De Gauche

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 05:57

Dans le cadre du suivi de la marche du 5 mai et de la préparation des assises du 16 juin 2013, l’Alliance FdG du Pays de Châteauneuf et du Poher organise une assemblée citoyenne le vendredi 14 juin à Carhaix sur le thème "2014: Une année de choix".
Participation annoncée des secrétaires départementaux du PCF et du PG.
Information sur site en signature et en pièce jointe.

http://www.frontdegauche-chateauneufpoher.fr

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 06:04

Collectif Front de Gauche Centre-Finistère :

 

 Réunion débat organisée par le Front de Gauche et le Mouvement de la Paix

 Dimanche 12 mai 19h30

 Berrien - Café Librairie L'autre Rive

 

Paix et désarmement

 

 

 *********************

A noter sur vos agendas

  

Dimanche 9 Juin

Presqu'ïle de Crozon

Crozon- Lanvéoc - Le Fret

Île Longue

Festival Debout tout le Monde

Paix et désarmement

Mouvement de la Paix

Pour l'Elimination des armes nucléaires

Pour une civilisation de justice et de Paix

  

bandeau Front De Gauche

 

 

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 11:55

 

Restitution de l’Atelier n°2

Transition Ecologique

Les 3 personnes ayant préparé l’atelier ont introduit le sujet, exposant le cadre que chacun connaît, celui du Capitalisme et du Productivisme prédateurs de l’Humain et de la Planète.

Après un tour de table pour que chacun exprime les sujets qu’il souhaitait aborder, une bonne partie de la discussion s’est déroulée autour de divers projets que nous pourrions qualifier de Petits Projets Inutiles et qui présentent de nombreuses similitudes avec les Grands Projets Inutiles tels que l’aéroport de Notre Dame des Landes. En particulier, les projets de ports de plaisance (Le Guilvinec, Plougasnou), le projet de Centrale à Gaz de Landivisiau et le cas des usines de méthanisation ont été exposés et discutés.

D’autres grands thèmes ont également été abordé ou évoqués : le modèle agricole et ses dégâts (humains et environnementaux), l’urbanisme (mitage) et l’habitat écologique, la transition énergétique. Concernant l’habitat, l’un des participants, professionnel du secteur, a présenté une proposition qu’il fait aux communes : il s’agit d’employer des personnes sans travail et/ou sans logement (en cdd et pendant un an) pour construire des logements sociaux écologiques. Les employés deviennent ensuite au locataire du logement construit.

Deux grandes réorientation de la société ressortent de ces discussions :

  1. La nécessité de faire progresser la démocratie :

Les Projets Inutiles mettent en lumière l’important déficit démocratique des processus de décision et ce, même lorsque les règles actuelles de la démocratie (enquêtes publiques, décisions d’assemblées élues, débats publics) sont respectées. A chaque fois, des responsables élus prennent des décisions faisant fi des besoins et des souhaits des populations locales. Ce n’est que lorsque les citoyens se mobilisent, faisant preuve d’une grande capacité d’analyse et de proposition, que ces projets peuvent être mis en doutes (Association pour un petit port sympa à Plougasnou, Scénario électrique alternatif breton du collectif GASPARE contre la centrale à gaz, contre-étude économique dans le cas de l’aéroport de NDDL).

Les discussions ont également fait apparaître le manque de formation des élus face aux problématiques complexes soulevées. Par exemple, les conseillers municipaux (certains participants à l’atelier) ne peuvent maîtriser tous les sujets, loin de là, ce qui les rend moins à même de contrer les argumentaires des lobbys ou groupes organisés et d’expérimenter de nouvelles voies. Par exemple, pour ce qui concerne le logement social, certaines entreprises sont spécialisées dans ces marchés et proposent des prestations faciles à mettre en œuvre pour la collectivité et juteuses pour les intérêts privés (on pourrait également penser à la gestion de l’eau). Entre la complexité de certains dossiers et le nombre d’entre eux, les élus peuvent parfois reconduire les pratiques habituelles par manque d’arguments, ce qui ne favorise pas la transition.

  1. La nécessité de repartir des besoins des populations 

L’ensemble des sujets abordés font apparaître le fait que notre société et les décisions publiques sont basées sur d’autres critères, d’autres intérêts que les besoins fondamentaux humains :

Ainsi, dans le cas des projets de ports de plaisance qui se multiplienti, c’est bien souvent l’intérêt d’un petit nombre de propriétaires fortunés qui est privilégié plutôt que celui de la majorité de la population locale. Par exemple, le projet de port du Diben à Plougasnou prévoit un tarif tel que les pêcheurs professionnels ne pourront se payer leur place. Et ce alors même que la moyenne de sortie des bateaux de plaisance est d’une journée par an ! Le projet détruira des zones naturelles à fort intérêt et a déjà entraîné une hausse de l’immobilier avec un risque de désertifier le bourg hors période touristique. Les importants investissements publics prévus ne seraient-ils pas plus utiles ailleurs, par exemple pour mettre en place un véritable réseau de transports en commun à l’échelle intercommunale ? Dans cet exemple, les besoins des habitants de la commune et de l’intercommunalité (qui est financeur) sont-ils prioritaires ?

Pour ce qui concerne la transition énergétique, les projets tels que la centrale à gaz (le nucléaire a également été mentionné) répondent-ils aux enjeux actuels ? Ils ont plutôt tendance à accentuer la consommation alors que la priorité devrait être donnée à la sobriété et aux économies d’énergie. De même, dans le cas des usines de méthanisation fonctionnant avec les déjections du bétail, on encourage plutôt la poursuite du modèle agricole productivisteii.

Lorsque les gens n’ont pas les moyens de rénover leur habitation avec des matériaux et selon des techniques écologiques, il apparaît également clairement que la société n’est pas organisée pour répondre aux besoins concrets de la population.

La consommation de terres agricoles (et de milieux naturels, de biodiversité) par les Grands Projets Inutiles et par l’urbanisation effrénée sont également très problématiques à l’heure où le besoin de relocalisation des cultures vivrières et de souveraineté alimentaire se fait pressant.

L’ensemble de ces réflexions montre que la nécessité de partir des besoins des populations pose la question du modèle de développement. Souhaite-t-on perpétuer le modèle agro-industriel breton avec son cortège de dégâts sur l’eau, l’environnement, le milieu de vie, ses conditions de travail et ses exportations prédatrices ? Quelle politique industrielle (que fait-on de l’arsenal de Brest) et quelle place de l’artisanat ? Quelle politique énergétique (économies d’énergie, modes de production, moyens de productions) ?

L’un des participants a également attiré l’attention sur le fait que, de plus en plus, le Finistère est voué à une vocation touristique (accentué par les ports de plaisance et par la logique d’aménagement du territoire que met en lumière le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes), ce qui se traduit par des emplois précaires et mal payés.

La discussion a laissé en suspens nombre de questions et a souligné la nécessité de poursuivre les débats sur certains sujets, avec le besoin définir certains mots afin de parler un langage commun :

- Transition écologique ou Planification écologique ? Quelle place pour l’autogestion ?

- Croissance/Décroissance/Objection de croissance

- Partage de l’emploi : la question est à relier aux questions écologiques car elle est liée au productivisme et au consumérisme

- Place des comportements et pratiques personnels : question de cohérence, mais attention à ne pas culpabiliser

 

Pour finir, l’atelier montre que face à l’urgence d’engager la transition écologique, notre société n’est pas organisée pour répondre rapidement. Bien que de nombreuses alternatives au système se fassent jour, elles peinent souvent à se développer. Parmi les obstacles, figurent les manques de formation professionnelle (habitat écologique par exemple), le manque de formation des élus (cf plus haut), et bien sûr le pouvoir de l’argent, des lobbys et des multinationales.

Dans ce contexte, le Front de Gauche doit travailler sur des propositions alternatives. Il doit se mobiliser et se positionner sur les questions locales, qui concernent directement les populations, afin de démontrer sa capacité d’analyse et de proposition. Il doit enfin travailler avec les mobilisations citoyennes, afin de pousser les élus à les entendre ou d’aider ceux qui portent ces espoirs de changement.

1) Lors de la discussion ayant suivi la restitution, des personnes semblant bien connaître le sujet ont exprimé l’intérêt qu’ont pour elles ce type de projets en termes d’emploi et de revivification des ports finistériens.

2) Là encore, la discussion après restitution a donné l’occasion à une personne d’exprimer l’intérêt qu’il peut voir dans la technique de méthanisation

3) Les expériences de parcs éoliens citoyens et d’Energie Partagée ont été mentionnées.

 

Synthèse par Franck Simonnet (Front de Gauche Morlaix)

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 05:30

 

Rencontres du Front de Gauche Finistère

Alternative à l'austérité

30 mars 2013

 

La Transition Ecologique

 

Guy Ledem, Michèle Hergoualc'h, Dominique Resmon

 

 

Introduction :

J'ai un pote qui a eu sa toiture à refaire, la charpente, les tuiles. En bon écolo il s'est dit autant faire des travaux d'isolation. Il s'est donc rapproché de plusieurs entreprises et les devis sont arrivés...

Le devis minimum se montait à 30,000 euros...

Il s'est trouvé face à un problème de financement, sa banque refusant de lui accorder un prêt du fait de sa précarité professionnelle. Il a donc fait le choix de s'en tenir juste à sa toiture en fonction de son budget en empruntant auprès de ses copains et en réalisant une partie des travaux par lui même.

A partir de cette expérience, je me suis dit qu'elle est la situation sur le Finistère ?

Le Finistère compte en ce début d'année 2013 environ 900,000 habitants soit 350,000 foyers (de 1 à plusieurs individus)

75% des Finistériens vivent en zones urbaines

25% en zones rurales

Sur ces 350,000 foyers

80% vivent en maisons individuelles soit 280,000

20% en habitats collectifs soit 70,000 foyers)

Les prospectives tablent sur environ 1,000,000 d'habitants vers 2025 en Finistère. Environ 75% des besoins des besoins d'habitations pour 2050 existent actuellement.

On peut donc estimer le nombre de logements en habitat individuel ou collectif à construire entre 50,000 et 75,000 dans les 40 prochaines années en envisageant d'une part une baisse du nombre moyen d'individus par foyer une augmentation de la population et son vieillissement, une forte demande sur l'habitat individuel en zone urbanisée en particulier sur le littoral finistérien, un renouvellement d'une partie du parc d'habitations.

Sur les 280,000 maisons individuelles existantes en ce début d'année 2013, environ 8,000 feront l'objet dans l'année d'une rénovation de leur toiture soit 4% pour un besoin estimé réel de près de 25,000 habitations

Sur ces 8,000 rénovations seules 10 % soit 800 s'accompagneront d'une véritable isolation de la toiture, des combles

90% soit 7,200 des 8,000 rénovations de toitures n'intègreront pas cette dimension isolation...

Le coût moyen TTC d'une réfection de toiture par une entreprise professionnelle est estimée à 15,000 euros, le coût moyen d'une rénovation de toiture avec isolation est estimé à 25,000 euros

Si je dois tirer un fil de cette courte introduction, il me faudra constater que tout se place actuellement sous le rapport de l'argent, le rapport capitaliste de l'offre et de la demande.

 

La transition écologique c'est donc apporter un regard neuf et une réponse humaine à une double impasse : celle des modes de production et des modes de consommation qui épuisent à la fois l'être humain et la planète

 

Les responsables de cette double impasse sont le capitalisme et le productivisme.

 

Le capitalisme:

faire de toute chose une nouvelle sources de dividendes, de profits

creusement des inégalités

dégradation de notre environnement

augmentation et délocalisation des pollutions

altération de l'écosystème, dérèglements climatiques

mondialisation, globalisation des systèmes productifs

faire payer ses crises par les peuples, les salariés, les retraités, par l'austérité

 

Le productivisme

épuisement des ressources naturelles

épuisement des hommes

idéologie consuméristes, mercantile

élévation de l'(accumulation matérielle et financière

 

les vrais coupables

l'oligarchie capitaliste et financière

les gouvernants libéraux soumis à cette oligarchie et aux lobbies , multinationales

les idéologues de la concurrence libre et non faussée

du capitalisme vert, du libre échange

 

La transition écologique

est une alternative pour sortir de la crise imposer l'intérêt général

partage des richesses

nouvelle économie fondée sur les besoins sur la sobriété

préservation du climat de l'Écosystème de la biodiversité

respect des êtres humains

 

Car l'être humain est d'abord partie intégrante de l'écosystème dans lequel il vit.

Il n'y a qu'un seul écosystème global compatible avec la vie humaine

 

1 seul écosystème : 1 seule planète

qui a vu passer sa population de 1 milliard en 1900 à 7 milliards d'habitants en 2012 avec une perspective annoncée de 10 milliards vers 2025.

 

La transition écologique allie l'économique, le social, la culture, l'humain.

 

Elle doit être pensée comme un nouveau projet politique réalisant la synthèse d'une écologie nécessairement anti-capitaliste, d'un socialisme débarrassé de ses logiques productivistes.

 

C'est une projet d'une société alternative au capitalisme, alternative à l'austérité pour les peuples

 

C'est un projet pour développer le progrès social, mettre fin aux saccages qui touchent l'environnement et notre écosystème, mettre fin à l'exploitation de l'homme par l'homme

 

C'est prendre en compte les besoins humains sur le long terme et les limites de la planète

 

C'est repenser l'utilité sociale des productions, nos manières de consommer, redéfinir nos besoins réels, la finalité des produits et la manière de les produire

 

Il nous faut d'abord rejeter les impasses idéologiques, le mensonge du capitalisme vert

l'impasse sociale libérale démocrate.

 

Le libéralisme n'est pas compatible avec une réelle vision de l'écologie

le libéralisme épuise l'écosystème épuise la planète il culpabilise les individus

il cache la responsabilité majeure du productivisme et du capitalisme

il refuse de voir l'exploitation des hommes, le pillages des richesses, l'écrasement des pays

 

le libéralisme repose sur une croissance sans fin

des productions et de la consommation matérielle globale;

il maintient la puissance du capital financier

il fait croire à une répartition de la richesse grâce aux fruits de la croissance

il développe sans fin l'accumulation du capital entre les mains d'une oligarchie minoritaire

 

La transition écologique c'est le renouvellement et la mise à jour du socialisme de notre temps

au travers du partage de la richesse

de la démocratisation des pouvoirs

de l'éducation globale

 

Ses méthodes sont

la radicalité concrète

la planification écologique

la révolution citoyenne

la participation citoyenne

 

Ce qui est bien en cause c'est l'accaparement des richesses sur un modèle d'expansion infinie qui est la voie vers un suicide de l'écosystème et de la civilisation humaine

 

la transition écologique doit penser le bien vivre social ensemble

avec un impératif: que chaque être humain puisse accéder aux biens pour satisfaire ses besoins fondamentaux

 

A partir de là la relance des activités d'intérêt général est indispensable mais ce n'est pas une relance de la croissance économique aveugle.

 

Il faut d'abord répondre aux urgences sociales et collectives en tenant compte de la préservation de l'écosystème des ressources naturelles, du climat.

 

La transition écologique c'est donc d'abord de mettre l'économie aux services des besoins humains.

 

 

Pour cela il faut en finir avec la politique de l'offre défendue, imposée par les libéraux:

produire tout et n'importe quoi en l'écoulant sur les marchés par des dépenses publicitaires considérables avec comme logique:

l'augmentation des profits par un système prêt à tout

produits programmés pour tomber en panne espérance de vie réduite des produits

effets de mode

gâchis

déchets

pollutions

 

La transition écologique veut donc inverser ces logiques

en mettant en adéquation le système productif

avec les impératifs humains et environnementaux

 

La base repose sur la fin du capitalisme, du libéralisme,

la fin de la dictature des intérêts particuliers

et de la propriété privée des moyens de production.

 

 

La transition écologique doit donc prôner

l'appropriation sociale des moyens de production

des propositions alternatives d'économie sociale et solidaire, l'autogestion, les coopératives

les services publics

comme elle doit prôner la réduction du temps de travail

se fixer comme objectif

le plein emploi

le progrès social et humain

 

A partir de là

il faut refonder en profondeur

notre système de production

re-localisation des activités

ré-industrialisation écologique

reconversion de l'outil industriel

redistribution du travail

répondre aux besoins non satisfaits

répondre aux besoins humains

développer les recherches et filières vertes

pour réduire notre dépendance aux ressources épuisables

développer et transformer les emplois

 

Parler de transformation écologique

 

C'est parler de rupture civilisationnelle

c'est agir avec le plus grand nombre

c'est faire converger les luttes

et les expériences de projets alternatifs et environnementaux

 

La reconversion écologique se fera avec les salariés, les retraités

ceux qui portent les projets dans le sens de l'intérêt commun

 

l'adversaire ce sont bien les actionnaires , les financiers,

les multinationales, les oligarques, le capital

 

Le Front de Gauche combine déjà propositions (l'humain d'abord),

présence dans les luttes sociales

résistances

aux côtés de ceux qui s'impliquent

dans le développement d'expérimentations et d'alternatives concrètes,

auprès de ceux qui défendent les services publics et les biens communs

 

C'est sur cette bas que nous devons travailler

à la prise en compte du temps long et de la maîtrise publique.

 

C'est sur cette base qu'il s'agit de mettre en œuvre

une «planification économique et sociale, écologique et humaine»

 

C'est sur cette base qu'il s'agit de placer la maîtrise publique

sous le contrôle des citoyens, des travailleurs, des retraités et des usagers, de la population.

 

 

C'est donc un mélange d'intervention populaire, de révolution citoyenne, d'utopisme révolutionnaire, de démocratie citoyenne auquel nous aspirons.

 

La Plan écologique doit donner la possibilité à tous les niveaux,

du local au global d'organiser la bifurcation

vers un autre mode de développement,

en interrogeant

nos besoins,

la production,

l'échange et la consommation

l'utilité sociale et écologique

les financements

 

A partir de là nous devons jeter un regard neuf

sur l'éducation publique,

l'éducation populaire,

l'élévation des connaissances

l'intervention des salariés dans la gestion des entreprises

l'intervention populaire dans les affaires publiques

 

Là se trouve donc le lien entre

partages des richesse

transition écologique

nouvelle république et démocratie

rôle et force du Front de Gauche

 

Notre projet réaffirme le rôle des collectivités et services publics

du local au global pour planifier la rupture

et la construction de nouveaux rapports sociétaux

garantir l'égalité d'accès aux droits fondamentaux

pour tous partout

 

Ménager le territoire

limiter l'étalement urbain

mais aussi la concentration des populations

en finir avec la concurrence des territoires

prôner un nouvel urbanisme rapprochant les fonctions indispensables

au bien vivre commun :

services publics

santé

éducation

logement

travail

culture et loisirs

biodiversité

agriculture

 

redonner une dimension publique

au vivant

aux biens communs comme

l'eau

le savoir

les services publics

les transports

la culture...

 

Notre bataille sera culturelle et idéologique par l'éducation populaire

pour redonner du sens à la citoyenneté

à l'intervention populaire

 

Notre bataille sera politique pour faire sauter le carcan des traités libéraux autoritaires

qui contribuent à l'épuisement des ressources naturelles

à l'exploitation des hommes

à l'affaiblissement social des pays développés

au pillage des peuples du sud

 

En finir avec le libéralisme et l'austérité

c'est maîtriser et orienter le contenu de la production et des échanges

vers des objectifs de progrès humain

 

C'est un combat internationaliste, planétaire

je le rappelle : une seule planète

un seul écosystème compatible avec la vie humaine pour 7 milliards d'hommes et de femmes

 

Les décisions prises à un endroit de la planète ont maintenant des répercussions partout ailleurs.

 

Il nous faudra porter ce combat internationaliste pour que convergent les savoirs, les expériences et les méthodes mises en œuvre.

Notre projet de transition planification écologiste devra pouvoir être porté par un forum social international.

 

Le projet du Front de Gauche

implique une refonte radicale des institutions, des rapports de classe

il exige une démocratie réelle de la souveraineté populaire

une réappropriation de l'initiative politique et citoyenne

un nouveau regard sur les choix économiques sociaux humains

 

Le projet veut donner le pouvoir à chacun

non pour l'intérêt d'une catégorie sociale ou d'un particulier

mais pour le bien de tous les êtres humains.

 

C'est une voie nouvelle profondément démocratique avec notre peuple

 

Le peuple n'est pas le problème: il est la solution!  

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 04:40

 

Rencontres départementales du Front de Gauche

 

 

014

                                                                              Noëlle Péoc'h et Daniel Ferrenbach 

 

Introduction d’ouverture aux travaux  de l’atelier « Démocratie » - Daniel Ferrenbach

 

Dans son livre : « l’Humain d’abord », le Front de Gauche énonce un certain nombre de propositions pour sortir de la crise du système capitaliste, pour une véritable émancipation des individus, dans une république nouvelle qui implique une intervention populaire permanente.

 

Cela passe par un processus constituant, devant déboucher, à terme, sur une assemblée constituante d’une VIème République. Toutes les actions et toutes les propositions du Front de Gauche s’inscrivent dans ce processus, que nous voulons en lien permanent avec le mouvement social.

Traiter de la refonte des institutions nationales ou, plus généralement d’une nouvelle constitution républicaine, c’est traiter des conditions d’un fonctionnement démocratique d’une société d’hommes et de femmes où les notions de liberté, d’égalité et de fraternité ne s’arrêtent pas à la porte des entreprises, aux guichets des administrations, à l’entrée de l’université ou aux barrières des discriminations.  

Mais cette constitution nouvelle, à laquelle nous aspirons, ne pourra être vraiment démocratique que si l’ensemble de la nation participe à son élaboration. Cela veut dire que ce n’est pas seulement un projet venu d’une assemblée, fut-elle constituante, qui sera soumis à débat dans le pays, mais bien le débat du peuple qui fournira les matériaux et participera de bout en bout à l’élaboration cette constitution.  

Cette proposition est à l’image du Front de Gauche, elle est ouverte à l’implication populaire. Non seulement parce qu’elle touche à notre rapport aux institutions européennes et nationales, mais aussi à celles des institutions locales.  

Dans cet esprit, nous vous proposons d’organiser notre atelier en traitant de la question de la démocratie, à partir d’exemples concrets, examinés sous ses différents aspects, notamment :

 

  • droit fondamental

  • institutionnel

  • économique

  • social

  • culturel

  • écologique

 

Sous ces différents aspects, nous pourrions par exemple, examiner :

 

- l’eau un bien public universel et les DSP: droit à l’eau, son prix, sa nécessité sanitaire, sa place dans notre culture, sa dimension écologique, l’emprise des multinationales, etc.

- l’affaire « Doux » et l’avenir de la filière avicole : les aides publiques, l’emploi, quelle maîtrise de la filière avicole, l’autogestion, le rôle possible des comités d’entreprises, des élus locaux, les conséquences de la PAC, etc.

- la transition énergétique, le projet d’usine à gaz: le droit à l’énergie, le respect de l’environnement, les énergies propres et renouvelables, les coûts pour les usagés et les collectivités, énergie – développement économique – emplois, etc

- élections municipales et démocratie locale: le droit de vote pour tous, démocratie participative, élaboration collective des projets, conseil municipaux de quartier, fonctionnement des municipalités, les compétences des fonctionnaires territoriaux au service de la démocratie locale, respect des droits des fonctionnaires territoriaux, l’apprentissage de la démocratie à l’école – dans la vie associative – dans les quartiers, etc

- la solidarité internationale, la Paix et les collectivités locales

- du national au local, les associations de solidarité internationale, les jumelages, les projets économiques spécifiques, liens avec les populations immigrées ou issues de l’immigration, le mise en valeur des différents apports culturels, etc.

- manque de démocratie dans les décisions relatives à l’armement et au désarmement, aux engagements militaires extérieurs, comme au manque de démocratie à l’égard des militants anticolonialistes et anti-impérialistes.

- ou autre sujet…

 

Ainsi, chaque sujet nécessite un examen approfondi sous ses différents aspects. Pour cela il existe grosso modo deux grandes manières de procéder. La plus courante est celle qui nous est servie chaque jour par la plupart des élus, des journalistes et de leurs experts en tous genres. C'est-à-dire ceux qui sont censés connaitre les problèmes et les bonnes solutions, à tous les niveaux, y compris au niveau local. Cela bien sûr au nom de la légitimité des élus issus du suffrage universel.

La seconde est celle qui consiste à élaborer les projets avec les intéressés eux-mêmes, par le dialogue, la transparence, le partage et une conception du service public qui soit une véritable restitution de services AU public. Ce qui suppose non seulement de mieux utiliser les moyens démocratiques existants, mais aussi de créer, d’inventer avec les intéressés eux-mêmes, les formes de concertation, de participation, de co-élaboration correspondant à chaque problématique, à chaque projet, en tenant compte de leur importance à l’échelle d’un territoire, d’une branche d’activité ou d’un domaine culturel.

 

Ceci étant posé, et si vous en êtes d’accord, nous pourrions organiser notre atelier de la manière suivante. Noëlle PÉOC’H tiendra le rôle d’animatrice, assistée par Jean-Louis GRIVEAU. Yves Jardin fera la restitution.

 

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