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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 12:11
Corentin Derrien - 27 mai 2020 - Square de la résistance à Morlaix

Corentin Derrien - 27 mai 2020 - Square de la résistance à Morlaix

A l'issue de ces municipales 2020, Corentin Derrien sera sans doute un des élus les plus jeunes de France et de Bretagne.

Corentin Derrien est un jeune très mature, un amoureux de la nature et de la Bretagne. Au bout de 15 jours passés loin de son Finistère, il a le mal du pays. A 18 ans, étudiant brillant, il finit sa première année de Sciences Politiques à Rennes, tout en revenant tous les week-end et les vacances dans le Finistère.

Il a adhéré en 2019 au PCF et au MJCF, après une participation à la fête de l'Humanité sur le stand du Finistère en 2018 (il avait fait la course à pied de l'Humanité avec son père), et a déjà participé à l'université d'été du Parti communiste en août 2019 à Aix-en-Provence, une très belle expérience qu'il est prêt à renouveler dès cette année si la crise du Covid-19 permet d'organiser à nouveau notre Université d'été, prévue à Marseille. Pour quelqu'un qui ne prise guère les vacances dans le Sud et qui craint la chaleur, cela témoigne de l'intérêt qu'il a trouvé à la rencontre des camarades de toute la France, des intellectuels et universitaires du parti ou sympathisants, des ateliers théoriques et pratiques sur le militantisme, la société, l'économie, l'histoire, la philosophie, l'art. Corentin est déjà très cultivé et est venu au Parti communiste par un choix réfléchi et intellectualisé. Lecteur du Manifeste du Parti communiste et des textes historiques de Marx, comme de Schopenhauer et de Nietzsche, il a l'habitude de prendre du recul sur les faits sociaux et est très bien informé. Ce qui n'empêche cet intellectuel d'être aussi un sportif accompli. Sa passion est la plongée et la "promenade sous-marine", pour la contemplation autant que pour la tâche, l'été comme l'hiver dans la Manche auprès de la maison de ses grands-parents maternels à Plouguerneau. Il adore aussi marcher et courir en forêt, sur les sentiers dans la campagne du Léon et des Monts d'Arrée, et participe régulièrement à des courses à pied et des trails, tout en continuant en s'entraîner au tir à l'arc, même s'il n'a plus le temps de prendre des cours et de faire de la compétition.

Corentin se décrit comme assez casanier et l'idée de s'engager durablement pour sa commune à 18 ans, d'y revenir toutes les semaines pour assumer ses responsabilités de conseiller municipal, est pour lui toute naturelle. 

Corentin, comment as-tu occupé tes deux mois de confinement?

J'avais du travail pour préparer mes partielles, rendre des devoirs, lire les cours dans le cadre d'une continuité pédagogique qui a été bien assurée à Sciences-Po Rennes? J'ai fait des lectures historiques - La République de Maurice Agulhon, Platon, etc. Je me suis aussi beaucoup promené dans la nature.

A quel moment tu as pensé à t'engager dans la campagne des municipales à Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec?

Vers la fin octobre. La section PCF de Morlaix m'a proposé de m'investir dans cette campagne. J'ai rencontré Solange Creignou en mairie en novembre et le courant est bien passé. On avait de nombreuses convergences dans notre façon de voir la politique locale et la commune. J'ai participé à du porte-à-porte, à des réunions de construction du programme, à la réunion publique de Saint-Thégonnec. Nous avons fait une vraie campagne comme si une liste concurrente était présentée. C'est important de respecter les électeurs, de communiquer sur les réalisations du mandat précédent, de faire connaître le programme, de le montrer. J'ai rencontré des citoyens contents de nous voir, ouverts sur la discussion. Au centre de notre projet, il y a 3 axes:

- L'attention à la place de l'humain au sein de tous les projets

- La transition écologique

- La démocratie participative

Il y avait assez peu de candidats affiliés politiquement sur notre liste: un ou deux au PS, dont le maire, Solange Creignou, un militant écologiste, Josselin Boireau, et moi, au PCF. Nous avons fait notre première séance d'installation du Conseil Municipal, principalement consacrée à la gestion de la crise sanitaire et de la crise économique, sociale, humaine qu'elle engendrera et dont nous devons limiter les effets. Cet enjeu aura une grande importance dans les années à venir. On s'est aussi penché sur la sortie du confinement des écoles. L'installation des commissions se fera au conseil municipal du 4 juin. Je vais m'engager sur la commission transition écologique, développement durable, une thématique transversale à tout notre projet, et sur le projet "Territoire zéro chômeur de longue durée". Je serai aussi à la commission bâtiment et patrimoine historique.

On va s'appuyer sur la formation, la mise en contact des demandeurs d'emplois avec les employeurs. Le Conseil municipal est composé de deux tiers d'anciens ayant déjà un ou quelques mandats au compteur et d'un tiers de nouveaux. L'ambiance de travail est très bonne. La fusion entre Saint Thégonnec et Loc-Eguiner est réussie aux yeux de tous. Françoise Raoult et Solange Creignou s'entendent bien. Il y a 5 km entre les deux bourgs mais la fusion de communes profite à tous. Des investissements sont réalisés sur les bâtiments.

Qu'est-ce que cela change pour toi d'être élu à Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec, à 18 ans?

Cela change l'emploi du temps. Pendant la campagne, j'ai réussi à tenir les deux bouts, en me déplaçant souvent entre Rennes et Saint-Thégonnec. Mes activités d'étudiant à Sciences-Po et d'élu local vont se nourrir mutuellement. Je vais apporter l'expérience de la politique locale et de ses contraintes dans mes études politiques et l'expérience de la connaissance des institutions dans ma pratique d'élu. Je suis le plus jeune de l'équipe, le plus jeune après moi à une trentaine d'années. Ce que je peux apporter à 18 ans, c'est aussi un contact direct avec les jeunes et leurs attentes. Ayant fait mon début de collège à Saint-Thégonnec, je connais un certain nombre de jeunes de ma génération dans ma commune. Nous voulons créer un conseil des jeunes, dans la continuité d'un axe directeur de notre équipe qu'est la consultation citoyenne. Dans une petite commune comme Loc-Eguiner Saint-Thégonnec, les élus sont naturellement proches des habitants et à l'écoute de leurs préoccupations. Même en dehors d'une institutionnalisation de la démocratie participative. Vis-à-vis de moi et de mon jeune âge, j'ai senti d'abord de la bienveillance dans l'équipe. Je connaissais déjà plusieurs élus, comme Olivier Le Bras, un ami de mon père dans sa jeunesse, avec lequel j'ai fait des courses à pied. Il y a une grande diversité sociale et professionnelle dans cette liste: des agriculteurs, des professeurs, des cadres, des ouvriers. En tant qu'étudiant, je participe de cette diversité. J'ai hâte de commencer le travail. Je pense pouvoir m'organiser avec des conseils municipaux tous les un mois et demi, deux mois. Je ne vais pas faire passer le travail d'élu local derrière mon travail d'étudiant. Je pense pouvoir avoir droit à des dispenses administratives à Sciences Po. Ce serait un paradoxe qu'on ne puisse exercer correctement un mandat d'élu dans cette enceinte?

Comment décrirais-tu ta commune?

C'est une commune en grande partie rurale, avec un très beau bourg, une église, un enclos paroissial et un calvaire magnifique, un beau patrimoine architectural en général. Nous avons aussi un beau patrimoine rural et agricole, des bois. La commune a également pris une dimension péri-urbaine, avec beaucoup d'habitants qui travaillent le long de la RN12, à Morlaix, Brest, Landivisiau, Landerneau. 

Quel sont les rôles de l'action municipale et de l'échelon communal pour toi?

Ils sont essentiels, particulièrement en ces temps de crise, devant les défaillances de l'Etat. Les politiques néo-libérales menées depuis des années ont fragilisé les capacités d'intervention planificatrice et régulatrice de l’État, les communes ont pallié à toutes ses carences comme elles l'ont pu. En même temps, on a vu aussi à l’œuvre le plus mauvais de la centralisation dans cette crise du Covid-19 comme quand l’État interdisait pour tous les territoires, mêmes ruraux, l'accès aux sentiers de randonnée, aux plages, aux bois, l'interdiction de faire du vélo pour compenser par un surcroît de restriction de liberté son imprévoyance et la casse des outils de santé publique.  On a vu dans cette crise du coronavirus une accumulation de décisions déconnectées du terrain. On aurait pu avoir des décisions plus rationnelles, plus efficaces, plus proches de la réalité à l'échelle locale. Quoi de commun dans ce contexte entre les problèmes posés dans les grandes métropoles et à Paris, dans les villes moyennes, et dans les petites communes? Les maires et élus des collectivités locales peuvent avoir une approche plus pragmatique, même si on a aussi besoin d'un État plus efficace dans la planification, ce que j'appellerai une forme de socialisme au meilleur sens du terme, celui de la gestion collective des biens communs.  

Propos recueillis par Ismaël Dupont - 28 mai 2020

Parole à Corentin Derrien, 18 ans, nouveau conseiller municipal de Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 05:00
Photo Le Télégramme, 27 mai 2020

Photo Le Télégramme, 27 mai 2020

Le Télégramme 27 mai 2020, Morlaix

Un hommage appuyé aux Résistantes

En cette journée Nationale de la Résistance du 27 mai, plusieurs cérémonies commémoratives ont permis de rendre hommage aux Résistants, et plus encore aux Résistantes. A 11h, les participants au dépôt de gerbe, place Rol-Tanguy, devant la gare de Morlaix, ont salué la mémoire de cet ancien homme politique mais également celle de sa compagne, Cécile Rol-Tanguy, disparue en début de mois, tout comme une autre militante communiste rescapée du camp d'Auschwitz (Paulette Sarcey).

Le Conseil national de la Résistance en 1943

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du Parti communiste français pour le Finistère, est revenu sur l'historique de l'engagement et le courage, dès les premières heures, des Résistants bretons. Il a aussi rappelé que, alors "le pays, mis à l'arrêt par la pandémie, est à reconstruire", que cette journée a valeur de symbole, de par la célébration de la création du Conseil National de la Résistance en 1943, en plein conflit de la seconde guerre mondiale. A noter qu'à 11h45, une autre cérémonie attendait les participants, cette fois square de la Résistance à Morlaix. 

Discours lu par Ismaël Dupont place Rol-Tanguy à Morlaix le 27 mai 2020 pour la Journée Nationale de la Résistance.

Réunis ce jour en cette place, quasiment un an après notre hommage du 12 juin 2019 le jour anniversaire des 111 ans de la naissance de Henri Tanguy, futur Rol-Tanguy, dirigeant de la CGT, du PCF, des Brigades Internationales et de la Résistance, en gare de Morlaix, nous avons une pensée émue pour sa compagne, Cécile Rol-Tanguy, décédée le 8 mai 2020 à 101 ans, tout un symbole pour cette grande résistante communiste, issue de la famille bretonne des Le Bihan, militante CGT, du Secours Rouge International, de la solidarité avec l'Espagne Républicaine, membre de l'Organisation Spéciale du Parti communiste pendant l'Occupation, agent de liaison des F.T.P, Francs Tireurs et Partisans. Nos camarades brestois à la même heure lui rendent hommage place Rol-Tanguy devant la gare de Brest.

Nous pensons aussi fort à Paulette Sarcey cette rescapée d’Auschwitz, militante communiste juive parisienne de la FTP-MOI, compagnon d’arme sous l’Occupation d’Henri Krasucki, décédée à l’âge de 96 ans en début de mois.

Ces femmes résistantes ont longtemps été tenus en lisière de la mémoire de la Résistance et des hommages, des honneurs officielles, et pourtant, dans le Finistère comme ailleurs, elles étaient très nombreuses.

Le Chiffon Rouge et la Fédération du PCF du Finistère leur ont rendu hommage en cette année centenaire du PCF : Marie Lambert, résistante brestoise, députée du Finistère à la Libération, Corentine Tanniou et Denise Firmin-Larnicol, résistantes du Pays Bigouden, Denise Lazul-Goyat, résistante quimpéroise, Jeanne Goasguen-Cariou, dite Tante Jeanne, une des dirigeantes de la résistance communiste brestoise, membre du triangle de direction à Brest, et tant d'autres : Raymonde Vadaine, déportée, Marie Le Cam-Salou , déportée, Angèle Le Nédellec, déportée, Yvette Castel Richard, Aline de Bortoli, Simone Moreau, Virginie Bénard, Marie Miry, Germaine Le Lièvre, Francine Poulichet et Rosine Kersulec de Scaër...

Nous voulons aussi avoir une pensée d'hommage pour Ernest Mazé, résistant communiste brestois né au Relecq-Kerhuon, décédé ce week-end à Douarnenez, à l'âge de 97 ans, et dont Syndicaliste, comme le frère Édouard Mazé a été tué à Brest d’une balle en pleine tête lors d’une manifestation à Brest en 1950 à l’âge de 26 ans, en pleine guerre froide. Une histoire racontée par René Vautier dans le documentaire « Un homme est mort », puis dans la BD de Chris et Davodeau.

Nous voulons simplement rappeler ce que notre pays, notre liberté et nos droits sociaux doivent à ces résistants et à ces femmes et hommes communistes, prêts à sacrifier leur vie, leur confort et leur sûreté pour leur idéal de générosité humaine et de justice sociale !!! Et qui l'ont fait tout naturellement, sans trop se poser de questions.

Ce 27 mai, journée nationale de la Résistance, célèbre la création du Conseil National de la Résistance.

Né en 1943, en pleine guerre, il réunit, sous la direction de Jean Moulin, huit mouvements de Résistance, six partis politiques et deux centrales syndicales. Le PCF y était représenté pour le Front National de Libération de la France par Pierre Villon (dont le vrai nom est Roger Ginsburger, juif alsacien, fils de rabbin et communiste depuis 1932) et Fernand Grenier qui le 21 avril 1944 déposera l'amendement accordant enfin le droit de vote aux femmes, après deux siècles de suffrage universel tronqué en régime républicain.

Cette journée rend hommage, aussi, à toutes celles et ceux qui ont combattu et à celles et ceux morts durant cette guerre : 50 à 70 millions de personnes.

La Bretagne a été avec des régions comme le Dauphiné, le Nord, le Limousin, la banlieue parisienne, une grande terre de résistance. On estime à 35 000 le nombre de FFI en activité après le 6 juin 1944 en Bretagne. On compte 3743 déportés dans la Bretagne à 5 départements (à l'époque, avec la Loire-Inférieure) dont la moitié périrent, autour de 2700 résistants bretons fusillés, des milliers de tués au combat. Dans le Finistère, plus de la moitié du millier de déportés est morte dans les camps nazis (549 sur 1091 déportés) après d'indicibles souffrances et tortures. Rien qu'à Morlaix, on compte à la fin des tristes années de la guerre une centaine de déportés dans les camps nazis, dont moins de la moitié reviendront de Buchenwald, Flossenburg, Ravensbruck, Bergen Belsen, Mathausen, Dachau, Auschwitz qui sont devenus les symboles de la barbarie nazie.

Parmi ces combattants de la résistance, une grande diversité d'opinions, de classes sociales, d'itinéraires personnels, d'idéologies, une même France courageuse et déterminée, qui dit « non » à l'envahisseur, qui refuse l'abjection de la collaboration et du régime de Vichy, qui dit « oui » à la Liberté. Ils ont refusé le caractère irrévocable de la défaite, la servitude, l'humiliation et le pillage systématique imposés par l'ennemi, le racisme, l'antisémitisme d'Etat, un régime obscurantiste de Réaction, de persécution, de corruption profonde des valeurs derrière un vernis de « moralisme chrétien ».

Au sein de cette diversité, les communistes et la classe ouvrière en général ont joué un rôle déterminant dans la résistance intérieure, l'action de propagande patriotique et la lutte armée, un rôle que beaucoup tendent à effacer aujourd'hui.

Dans la région de Morlaix, le village de Trédudon-les-Moines, en Berrien, dans les Monts d'Arrée, témoigne de la force de cette résistance populaire. Nous nous y rendrons cet après-midi à 16h avec la section de Carhaix-Huelgoat. Un village comme Berrien a payé un très lourd tribut à la libération de la France et sa résistance, très forte, animée principalement par des communistes, sera lourdement réprimée: 22 résistants fusillés, 16 déportés, 11 résistants tués au combat dans ce village rouge des Monts d'Arrée.

« Seule la classe ouvrière dans sa masse aura été fidèle à la France profanée », a dit l'écrivain catholique François Mauriac » dans le Cahier noir en août 43 aux éditions de Minuit. L'opinion de Pierre Mendès France en 1943, résistant, condamné et évadé, clandestin sous de faux papiers, observateur de la France occupée, est la même.

Et pourtant, les autorités officielles, le discours médiatique meanstream ont tendance à minimiser le rôle de la résistance communiste. Pour des raisons de bataille idéologique et de lutte des classes évidentes. Et cela ne date pas d'hier !

Pas un seul résistant communiste, pas un seul ouvrier au panthéon, par exemple, et pourtant les personnalités emblématiques de manquent pas : Marie-Claude Vaillant-Couturier, Danielle Casanova, Martha Desrumaux, Lucie Aubrac, Charlotte Delbo, Madeleine Riffaud, Rol Tanguy, le libérateur de Paris, chef des FFI lors du soulèvement dans la capitale, Missak Manouchian fusillé le 21 avril 1944, le poète arménien chef de la FTP-MOI, rescapé du génocide, Guy Moquêt, Ambroise Croizat, le créateur de la Sécurité Sociale dans le gouvernement d'union issu du Conseil National de la Résistance, Charles Tillon, l'auteur du Premier Appel à la résistance le 17 juin 1940, Georges Guingouin, le libérateur du Limousin et de Limoges, à la tête d'une véritable armée populaire chassant les Allemands...

L'esprit de la Résistance... Une France courageuse et déterminée, qui dit « non » à l'envahisseur et « oui » à la Liberté. Le 18 juin 1940, alors qu’une partie de notre pays est occupée par les Allemands, le Général de Gaulle lance depuis la BBC son appel à la Résistance.

La veille, à Draguignan, le rennais Charles Tillon, un des organisateurs des grèves des sardinières de Douarnenez et du Pays Bigouden en 1925, membre de la direction du PCF, lançait lui aussi contre le fascisme hitlérien et ses valets en France son appel au « peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, les commerçants, les artisans, les intellectuels, les soldats, les marins, les aviateurs encore sous les armes à s'unir dans l'action ». « Les gouvernements bourgeois ont livré à Hitler et Mussolini l'Espagne, l'Autriche, l'Albanie et la Tchécoslovaquie, et maintenant ils livrent la France, ils ont tout trahi »...

Contrairement à ce que prétendent les révisionnistes, l'entrée dans la résistance des communistes n'a pas commencé avec l'invasion de l'URSS à l'été 1941. A Brest, par exemple, et dans le Pays Bigouden, elle commence dès l'été 40.

Des centaines de militants communistes, femmes et hommes, souvent très jeunes, d'une vingtaine d'années, vont s'engager dans la résistance dans le Finistère dès 1940-1941-1942, s'engageant dans des attentats, des sabotages, des actions armées directes contre l'occupant et les collaborateurs dès le printemps 1941.

Ainsi, André Guéziec, d'une famille protestante de Tremel, peintre, membre du PCF clandestin dans les Côtes-du-Nord. En octobre 1940, il travaillait à l’aérodrome de Morlaix situé sur la commune de Ploujean contrôlé par les Allemands. Arrêté le 22 janvier 1941, il fut condamné à mort le 14 avril 1941 à Brest par les Allemands (K 752 de Quimper) « pour intelligence avec l’ennemi et pour avoir favorisé l’ennemi ». Il est fusillé à 19 ans le 12 mai 1941 à Brest.

En octobre 42, une vague de répression menée notamement par la SPAC, une unité spéciale anti-communiste de la police française et la préfecture s'abat contre la résistance communiste. Jean Kerautret, 24 ans, tapissier, responsable de la CGTU et du Parti communiste dans la région brestoise, et Vincent Guivarc'h, brestois de 24 ans, soudeur à l'Arsenal de Brest, membre des FTPF du Parti communiste clandestin, sont fusillés à Morlaix le 14 octobre 1942.

Ces Résistants communistes, fusillés par les Allemands, sont souvent d'abord traqués, arrêtés et torturés, par des policiers français, avant d'être livrés aux Allemands. Cela aussi, nous ne l'oublions pas !

De la prison Jacques Cartier de Rennes, Albert Rannou, dont nous avons eu en possession une quinzaine de lettres manuscrites confiées par Jacques Guivarc'h, le marbrier de Saint Martin des Champs, ancien militant communiste comme son père, Jean, résistant, Albert Rannou, arrêté en octobre 1942 et qui sera fusillé le 17 septembre 1943 au Mont Valérien avec 18 autres camarades communistes finistériens, originaire de Guimiliau, ouvrier maçon, né le 5 mars 1914, écrit à ses parents :

 

Albert Rannou qui écrit le jour de son exécution de la Prison de Fresnes le 17 septembre 1943

 

Cher Papa et chère Maman

Il est 11 heures moins le quart, on vient de nous prévenir qu'on va être fusillés à 16 heures. Je vais donc donner ma vie à la France, pour ma patrie que j'ai toujours aimée et pour laquelle j'ai combattu. Je meurs content car mon sacrifice (j'en ai la certitude) n'aura pas été vain. J'ai lutté durant ma courte existence pour le bonheur des travailleurs et pour que la paix règne en ce monde.

Mes chers parents, vous savez que je vous ai toujours aimés et que vous me le rendez bien ainsi qu'Yfic. Ça me fait une peine immense de vous quitter à jamais. Je ne sais comment vous exprimer toute ma gratitude pour ce que vous avez fait pour moi. Vous m'avez choyé depuis mon enfance jusqu'à ma dernière heure. Si quelquefois je vous ai fait de la peine, vous m'avez pardonné. Je n'oublie pas non plus ma belle-sœur. Grand-mère et toute la famille auxquels vous voudrez bien envoyer mes amitiés dernières. Je pense à vous tous en ce moment qui est plus pénible pour vous que pour moi. Je viens de voir l’aumônier, j'ai refusé la communion. Donc aucun service religieux à mon intention. Mes amitiés aussi à tous les voisins et camarades, qu'ils sachent que j'ai fait mon devoir de Français et de communiste.

Papa, Maman, ma dernière pensée sera pour vous et pour mon frère. Je vous embrasse tous dans un même élan.

Soyez courageux.

Adieu tous.

Votre fils Albert.

Vive la France, Vive le parti communiste

Paix- Liberté- Justice »

 

Ces résistants sont l’orgueil de notre peuple qui ne plie pas devant l’abominable.

Ce 27 mai 2020, nous voulons célébrer la naissance du Conseil National de la Résistance et l’incroyable défi que se sont fixés des hommes et des femmes d’imaginer la France dans laquelle ils rêvaient de vivre pour restaurer la République des Lumières, pour créer une France nouvelle, plus juste, plus égalitaire.

Deux ans après, dans une France en ruine, un gouvernement réunissant des ministres gaullistes, de la SFIO et du PCF, reconstruisent le pays en faisant le choix de mettre en œuvre des avancées sociales, économiques et politiques majeures, complétant les conquêtes, quelques années plus tôt, du Front populaire : les femmes votent pour la première fois le 29 août 1945, la Sécurité sociale est inventée et mise en place, tout comme notre système de retraite par répartition, le gouvernement nationalise les Houillères, Renault, les banques de dépôt et la Banque de France, l’électricité et le rail. Le droit à l'éducation et à la culture pour tous est instauré.

Manifestant l'unité profonde des réformes accomplies par les gouvernements néo-libéraux en France depuis le milieu des années 1980, avec une accélération dans les années 2000-2010, Denis Kessler, n°2 et idéologue du MEDEF (au côté d’Ernest-Antoine Seillières) de 1994 à 1998, écrivait dans un éditorial du journal Challenge (04/10/2007) :

« Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie.

Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...

A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ».

L'actualité du Conseil National de la Résistance et de son programme de réformes sociales et démocatiques, signé le 15 mars 1944, à l’unanimité des membres du Conseil national de la Résistance, c'est celui d'un effort créateur et de rassemblement pour imaginer un avenir de société vivable par-delà la noirceur du temps présent, c'est celui d'un retour à l'esprit du Front Populaire pour assurer le bonheur et la sécurité dans la vie de tous et abattre les féodalités économiques.

Oui il est temps de relancer un effort de rassembler des bonnes volontés et des forces politiques progressistes pour faire face aux défis du temps.

Cette actualité de la Résistance est tellement vivante aujourd’hui:

- Parce que l'idéologie de l'extrême-droite revient en force en France, en Europe et dans le monde.

- Parce que la progression et la diffusion des idées des partis qui s'en réclament et en héritent est de plus en plus banalisée, normalisée.

- Parce que notre démocratie est de plus en plus dénaturée et minée par l'influence des puissances financières et des milliardaire, souvent exilés fiscaux, qui possèdent ou guident les hommes et les partis politiques,la bourgeoisie d'Etat des technocrates inspirant les gouvernements, les médias audiovisuels, de presse écrite, du numérique, les principales entreprises, tout en faisant jouer à l'interventionnisme d'Etat un rôle de défenseur de leurs intérêts privés capitalistes, comme au bon vieux temps du 19e siècle.

- Parce que nous avons plus que jamais besoin d'une inspiration de rassemblement, et de création politique, d'une force d'espoir pour conjurer les menaces très fortes auxquelles notre société est exposée et la reconstruire sur des bases plus justes et durables.

A l’heure ou tout le monde s’interroge sur les moyens de reconstruire nos pays, mis à l’arrêt par la pandémie, fragilisé par des années de politiques néo-libérales et capitalistes qui ont battu en brèche l'héritage du Conseil National de la Résistance, et affaibli notre pays dans sa capacité à faire face à des défis comme celui de l'épidémie du coronavirus.

Car cette pandémie que nous continuons d’affronter, dans toute sa brutalité, met elle aussi au cœur du débat le choix de société dans lequel nous voulons vivre, en portant l’exigence de traiter en profondeur les racines du mal. Elle révèle au grand jour les conséquences de ce modèle économique sur nos vies; un modèle dédié à la finance qui a misé sur la course au profit, l’exploitation des êtres humains, des ressources naturelles, choisissant d’affaiblir le rôle des États et de ses services publics.

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 04:36
Corentin Derrien, tout jeune et nouveau conseiller municipal PCF à Saint-Thégonnec, lit le programme du CNR acté le 5 mars 1944 avec Walden Gauthier à ses côtés - photo Rodolphe Thirard

Corentin Derrien, tout jeune et nouveau conseiller municipal PCF à Saint-Thégonnec, lit le programme du CNR acté le 5 mars 1944 avec Walden Gauthier à ses côtés - photo Rodolphe Thirard

Corentin Derrien, tout jeune et nouveau conseiller municipal PCF à Saint-Thégonnec, lit le programme du CNR acté le 5 mars 1944 avec Walden Gauthier à ses côtés

Corentin Derrien, tout jeune et nouveau conseiller municipal PCF à Saint-Thégonnec, lit le programme du CNR acté le 5 mars 1944 avec Walden Gauthier à ses côtés

Hommage au programme du Conseil National de la Résistance ce mercredi 27 mai 2020 à Morlaix, square de la résistance
Hommage au programme du Conseil National de la Résistance ce mercredi 27 mai 2020 à Morlaix, square de la résistance
Photo Jean-Victor Gruat

Photo Jean-Victor Gruat

Photo Catherine Tréanton

Photo Catherine Tréanton

Hommage au programme du Conseil National de la Résistance ce mercredi 27 mai 2020 à Morlaix, square de la résistance
Hommage au programme du Conseil National de la Résistance ce mercredi 27 mai 2020 à Morlaix, square de la résistance
Hommage au programme du Conseil National de la Résistance ce mercredi 27 mai 2020 à Morlaix, square de la résistance
Hommage au programme du Conseil National de la Résistance ce mercredi 27 mai 2020 à Morlaix, square de la résistance
Photo Rodolphe Thirard - Rassemblement du PCF square de la Résistance à Morlaix, 27 mai 2020 - Journée Nationale de la résistance

Photo Rodolphe Thirard - Rassemblement du PCF square de la Résistance à Morlaix, 27 mai 2020 - Journée Nationale de la résistance

Photo Rodolphe Thirard - Rassemblement du PCF square de la Résistance à Morlaix, 27 mai 2020 - Journée Nationale de la résistance

Photo Rodolphe Thirard - Rassemblement du PCF square de la Résistance à Morlaix, 27 mai 2020 - Journée Nationale de la résistance

A midi square de la résistance entre la place du Poulliet et la place René Cassin à Morlaix, avec pour témoin les drapeaux du Parti communiste, de la JC, et le drapeau tricolore, mais surtout le portrait de Rol-Tanguy par Guy Denning peint l'année dernière à l'occasion de l'hommage que le PCF Pays de Morlaix lui avait rendu sur son lieu de naissance en gare de Morlaix, en cette journée d'anniversaire de la création du conseil national de la résistance, journée nationale d'hommage à la résistance, Corentin Derrien, tout jeune élu conseiller municipal à Saint-Thegonnec, 18 ans, militant du PCF, et Walden Gauthier, 16 ans, nouvel adhérent aux jeunesses communistes, qui avait lu le discours d'hommage à la résistance une heure plus tôt à Plouigneau, son lieu de résidence, devant le Monument aux morts, à l'honneur pour commémorer au côté des camarades du PCF et de Catherine Tréanton de Génération.s, cette France belle, rebelle, digne qui a combattu l'occupation et la barbarie nazie et le régime collaborateur, réactionnaire, liberticide et criminel de Vichy. Corentin Derrien a lu la deuxième partie du programme du Conseil national de la résistance magnifiquement appelée "Les jours heureux", publié le 5 mars 1944, et dont l'actualité reste prégnante dans des ambitions même si les gouvernements néo-libéraux font tout pour abattre son héritage dans le modèle social et démocratique français, comme l'avait affirmé très clairement et avec beaucoup de cynisme Denis Kessler, n°2 du MEDEF, en 2007. Le rassemblement était organisé par le PCF, dans le respect des recommandations sanitaires, pour la Journée nationale de la Résistance.

 

 MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en oeuvre pour atteindre ce but qui est la Libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques, groupés au sein du C.N.R. proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la Libération :

1 ) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2 ) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3 ) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation, ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’Axe et par leurs ressortissants dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4 ) Afin d’assurer :

- l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;
- la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
- la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères ;
- la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
- l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
- le respect de la personne humaine ;
- l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

• l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
• une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des États fascistes ;
• l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
• le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;
• Le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
• Le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

b) Sur le plan social :

• le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail.
• un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine.
• la garantie du pouvoir d’achat national par une politique tendant à la stabilité de la monnaie ;
• la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
• un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;
• la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
• l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance contre les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;
• une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
• le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.

L’union des représentants de la RÉSISTANCE pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourraient freiner leur action et ne servir que l’ennemi.

En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président, le général De Gaulle !

En avant pour le combat, en avant pour la victoire, afin que VIVE LA FRANCE !

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

 

Hommage au programme du Conseil National de la Résistance ce mercredi 27 mai 2020 à Morlaix, square de la résistance

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 16:00
Hommage du PCF à la résistance au monument aux morts de Plouigneau le 27 mai
Hommage du PCF à la résistance au monument aux morts de Plouigneau le 27 mai

Hommage du PCF à la résistance au monument aux morts de Plouigneau le 27 mai à 11h sur la place de la mairie avec un discours lu par notre jeune camarade, nouvel adhérent des JC de 16 ans, Walden Gauthier. En présence de Roger Héré, Jean-Claude Le Fer, Michel Prigent, Jean-Claude Postic, Guy Darol. 

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:46
Ouest-France Morlaix - 26 mai

Ouest-France Morlaix - 26 mai

C'est aujourd'hui mercredi 27 mai à Morlaix, Plouigneau, Guimiliau, Trédudon-les-Moines en Berrien, premier village résistant de France : en cette journée nationale de la Résistance, le PCF rend hommage aux combats de la résistance et à l'esprit de rassemblement et de création sociale et démocratique du conseil national de la résistance. Ouest-France ... D'autres rassemblements sont organisés par le parti communiste a Brest (2), Penmarc'h, Lesconil, Quimper... Et par avec nos camarades au côté de l'ANACR à Scaër, Châteaulin.

Le 27 mai, nous rendrons hommage à la Résistance et au programme du conseil national de la résistance dont l'esprit doit animer les combats et rassemblements d'aujourd'hui pour refonder la démocratie française (PCF pays de Morlaix)

Le mercredi 27 mai, nous rendrons hommage à la Résistance et au programme du conseil national de la résistance dont l'esprit doit animer les combats et rassemblements d'aujourd'hui pour refonder la démocratie française

Section PCF pays de Morlaix - 23 mai 2020

Ce mercredi 27 mai, journée nationale de la Résistance, célèbre la création du Conseil National de la Résistance.

Né en 1943, en pleine guerre, il réunit huit mouvements de Résistance, six partis politiques et deux centrales syndicales. Une France courageuse et déterminée, qui dit « non » à l'envahisseur, à un régime fascisant, réactionnaire, raciste et antisémite, et « oui » à la Liberté, à une République rénovée, plus fraternelle, égalitaire et démocratique. 

Ce 27 mai 2020, nous voulons célébrer la naissance du Conseil National de la Résistance et l’incroyable défi que se sont fixés des hommes et des femmes d’imaginer la France dans laquelle ils rêvaient de vivre pour restaurer la République des Lumières.

Deux ans après, dans une France en ruine, un gouvernement réunissant des ministres gaullistes, de la SFIO et du PCF, reconstruisent le pays en faisant le choix de mettre en œuvre des avancées sociales, économiques et politiques majeures, complétant les conquêtes, quelques années plus tôt, du Front populaire : les femmes votent pour la première fois le 29 août 1945, la Sécurité sociale est inventée et mise en place, tout comme notre système de retraite par répartition, le gouvernement nationalise les Houillères, Renault, les banques de dépôt et la Banque de France, l’électricité et le rail. Le droit à l'éducation et à la culture pour tous est instauré.

Cette actualité de la Résistance est tellement vivante aujourd’hui:

Parce que l'idéologie de l'extrême-droite revient en force en France, en Europe et dans le monde.  Parce que la progression et la diffusion des idées des partis qui s'en réclament et en héritent est de plus en plus banalisée, normalisée.

Parce que notre démocratie est de plus en plus dénaturée et minée par le poids des féodalités économiques, oligarchies et inégalités contre lesquelles luttait le Conseil National de la Résistance au nom d'une vision d'une société rénovée et plus juste, avec son programme magnifiquement baptisé "Les jours heureux".

Parce que nous avons plus que jamais besoin d'une inspiration de rassemblement, et de création politique, d'une force d'espoir pour conjurer les menaces très fortes auxquelles notre société est exposée et la reconstruire sur des bases plus justes et durables.

A l’heure ou tout le monde s’interroge sur les moyens de reconstruire nos pays, mis à l’arrêt par la pandémie, fragilisé par des années de politiques néo-libérales et capitalistes qui ont battu en brèche l'héritage du Conseil National de la Résistance, et affaibli notre pays dans sa capacité à faire face à des défis comme celui de l'épidémie du coronavirus.

Car cette pandémie que nous continuons d’affronter, dans toute sa brutalité, met elle aussi au cœur du débat le choix de société dans lequel nous voulons vivre, en portant l’exigence de traiter en profondeur les racines du mal. Elle révèle au grand jour les conséquences de ce modèle économique sur nos vies; un modèle dédié à la finance qui a misé sur la course au profit, l’exploitation des êtres humains, des ressources naturelles, choisissant d’affaiblir le rôle des États et de ses services publics.

Le 27 mai, la section PCF du pays de Morlaix appelle à rendre hommage aux résistants et au programme social et démocratique de rénovation profonde du Conseil National de la Résistance en déposant des fleurs, des bouquets devant les monuments aux morts, plaques et stèles d'hommage, lieux symboliques et porteurs de la mémoire de la résistance. 

Le 27 mai, les communistes organiseront des hommages à la résistance dans le respect des consignes sanitaires: 

- à 11h place Rol-Tanguy devant la gare à Morlaix 

- à 11h devant le monument aux morts à Plouigneau

- à 11h45 square de la résistance entre la place du Poulliet et la place René Cassin à Morlaix

- à 14h30 devant la tombe d'Albert Rannou à Guimiliau, héros des Brigades Internationales et de la résistance communiste finistérienne, fusillé avec 18 autres communistes finistériens le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien 

- à 16h à Trédudon-le-Moine, devant la stèle d'hommage au premier village résistant de France, sur la commune de Berrien et la route de la Feuillée.

Les communistes finistériens organiseront le 27 mai d'autres rassemblements de moins de 10 personnes d'hommage à la résistance à Brest, Quimper, et dans d'autres communes du Finistère, comme partout en France, en cette journée d'hommage à la Résistance.

 

La section PCF du Pays de Morlaix - 23 mai 2020

Le 27 mai, nous rendrons hommage à la Résistance et au programme du conseil national de la résistance dont l'esprit doit animer les combats et rassemblements d'aujourd'hui pour refonder la démocratie française (PCF pays de Morlaix)

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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 07:41
La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
Supplément à l'Huma - Notre Finistère, 1965

Supplément à l'Huma - Notre Finistère, 1965

La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur

A partir de l'expo préparée par Jean-Luc Le Calvez pour la 50ème fête du Viaduc en 2014 et du dépouillement de quelques exemplaires du Journal du PCF, Le Viaduc, on pouvait restituer quelques moments forts de l'histoire de la section PCF de Morlaix ces 50 dernières années, tour à tour dirigée par Michel Derrien, Alain David, Jean-Yvon Ollivier, Stephane Mayer, François Bourven, Daniel Ravasio.

La Fête du Viaduc est née non pas le 1er Mai mais en septembre 1964.

Elle avait lieu d'abord au Stade de Kernéguès et était déjà une grande fête populaire. L'entrée était payante (2 francs). Il n'y avait pas encore de partie musicale et artistique mais on pouvait y entendre l'allocution d'un membre du comité fédéral du PCF (Gabriel Paul en 1965), y participer ou y assister à des tournois de foot (entre des équipes coporatives: Ameublement, Renault, Hôpital...), des concours de Palais, de Luttes Bretonnes.

Plus tard, à la fin des années 1960 et jusqu'en 1978, la Fête du Viaduc s'est déplacée au Terrain de la Madeleine. La Musique s'est invitée, comme le Radio-Crochet, la Course à l'Oeuf, la Course Humoristique, les Floralies, les Concours de Dominos.

Dans les années 1980 et jusqu'en 2004, la Fête du Viaduc avait lieu dans la Vallée du Ty-Dour. Puis à Ploujean en 2005 et 2006, place Allende de 2007 à 2009, place de la Commune en 2010 à La Boissière, puis à nouveau place Allende.

 

La naissance de cette fête du Viaduc témoigne d'un renforcement et d'une ambition nouvelle du PCF dans le Pays de Morlaix et coïncide avec la création du journal Le Viaduc, organe de la section du Parti Communiste de Morlaix.

Ce journal naît fin 1963 avec pour directeur de publication Louis Ollivier. On y lit aussi des articles de Michel Derrien, le secrétaire de section du PCF Morlaix, qui sera adjoint au maire pendant plusieurs mandats, et de François Paugam, le très estimé dirigeant de la CGT des Cheminots, responsable à l'organisation du PCF.

Alain David, qui sera secrétaire de section du PCF Morlaix de 1968 à 1976, devient à la fin des années 1960 et pour plusieurs décennies le directeur de publication et la plus brillante plume du Viaduc.

 

Le premier éditorial du Viaduc commence ainsi, donnant le ton à la fois populaire, impertinent et bien senti du journal :

 

"Travailleurs morlaisiens, vivez-vous au dessus de vos moyens? C'est du moins l'avis de notre Ministre des finances qui entend ajouter un cran à votre ceinture. Toute la propagande gaulliste de la presse, de la radio et de la télévision, est insuffisante pour démontrer que les vessies sont des lanternes. En effet, depuis 1958, les prix ont augmenté de 42,50%, les taxes de vie chère de 78% et les profits des grosses sociétés de 85%. Mais depuis 5 ans, bien des yeux se sont ouverts sur la nature du pouvoir des financiers dont les méfaits pèsent de plus en plus sur la population laborieuse de notre ville.

- Les salaires et traitements sont en retard sur les prix

- Les vieux vivent dans la misère

- Les logements neufs sont inabordables

- Notre zone n'a d'industriel que le nom. Pourquoi?

La main d'oeuvre qualifiée manque, mais le pouvoir et la municipalité laissent dormir dans les cartons le projet de collège technique...

Nous voulons combattre avec vous sur tous les plans la politique néfaste du gaullisme, du patronat et de leurs représentants à la municipalité".

 

Au delà de ces déclarations politiques générales, le 1er Viaduc fait aussi la part belle aux revendications locales: mieux équiper pour les besoins des sportifs la salle du Poulliet, datant d'un an, et que l'on détruit cette année, 50 ans après, prévoir une école pour le quartier Saint Augustin, dont la population a cru avec les nouveaux immeubles de la Rape Saint Augustin.

 

L'édito du Viaduc n°2, publié en janvier 1964, a un titre et des propositions que l'on ne renierait pas aujourd'hui:

 

" Pour une démocratie véritable.

Le remplacement du pouvoir gaulliste par une république démocratique est à l'ordre du jour. De part, la constitution actuelle, le pouvoir sert les banquiers, les marchands de pétrole, les trusts: il faut que ça cesse. Il faut remplacer le pouvoir d'un seul homme par celui de tout le peuple et non par celui d'un autre homme. Le PCF propose à tous les démocrates comme base d'un programme commun:

- élection à la proportionnelle d'une assemblée constituante qui dotera le pays d'une constitution démocratique.

- par l'intermédiaire de l'Assemblée Nationale, le gouvernement doit être l'émanation de la volonté populaire.

- transfert du pouvoir des Préfets aux conseils généraux élus à la proportionnelle

- laïcité de l'Etat et de l'Ecole et réforme démocratique de l'enseignement

- réforme de la fiscalité permettant de faire payer les grosses sociétés

- nationalisation des monopoles pour permettre une véritable politique sociale

- abandon de la force de frappe, signature des accords de Moscou et politique de désarmement"

 

Suite une présentation de François Paugam, "sympathiquement connu de notre population", candidat du Parti aux Cantonales.

 

Au verso du journal qui ne compte que feuille A4 recto verso jusqu'en 1970, on trouve des articles locaux truculents sur la nécessité de nettoyer les abords de l'école du Calvaire - en l'occurence la promenade ombragée par les peupliers qui offre un magnifique panorama sur la ville mais où s'entassent les boîtes de conserve qui servent aux jeux de "foot boîtes" des enfants. On demande à brancher les eaux de ruissellement de future école Corentin Caer au tout-à-l'égoût et à installer des bancs en contrebas sur la promenade. On apprend que les crédits pédagogiques dont bénéficient les écoles publiques morlaisiennes sont insuffisants, comme leurs systèmes de chauffage sont défaillants. A l'inverse, on nous présente une école maternelle et primaire modèle de Moscou où le taux d'encadrement et les conditions pédagogiques sont optimales: "dans l'Etat socialiste, l'ENFANT EST ROI".

 

Viaduc n°3 - Mars 1964 - sous le titre ironique "Les arguments frappants des patrons", une charge contre Tilly qui fait tabasser les militants de la CGT à Guerlesquin: "La direction "TILLY" à GUERLESQUIN, n'aime pas les défenseurs des ouvriers. F. PAUGAM, responsable CGT en a fait l'expérience. Aux tracts qu'il distribuait à GUERLESQUIN pour dénoncer l'exploitation dont sont victimes les ouvriers de cette entreprise, le beau-frère de Mr Tilly a opposé les coups de poing. La classe ouvrière ne peut tolérer de telles méthodes. Pour parer cette méthode fasciste dont notre camarade F.PAUGAM a déjà été victime, tous les travailleurs doivent faire preuve d'une vigilante solidarité à l'égard de leurs responsables, prévoir et assurer leur défense dans tous leurs déplacements intéressant leur travail de militant".

 

Sur le plan local, diatribe contre les voitures qui encombrent l'allée du Poan Ben, jadis "réservée aux jeunes enfants et aux vieillards qui y trouvaient une paisible retraite, loin de l'agitation de la ville": "leur gaz d'échappement n'a rien de comparable avec l'air pur des sommets" et la mairie ne finance pas de classe de neige pour les enfants, "la pétarade des moteurs crée dans les classes une ambiance défavorable aux études et sensibilise des organismes déjà fortement éprouvés par les trépidations de la vie moderne".

Cette attaque contre l'invasion de l'allée du Poan Ben par la voiture ne s'arrête pas là: "Le moins dangereux n'est pas le gymkana des voitures parmi les enfants aux heures d'entrée et de sortie des écoles. Attend-on un accident grave pour remédier à cet état de chose? Qu'a cela ne tienne des mesures sont envisagées: un agrandissement du parking par la couverture de la rivière! pas moins...

Ce qui, parait-il coûterait plus cher que la couverture du bassin. Ce serait, avouez-le, porter beaucoup d'estime aux quatres roues et bien peu à nos enfants qui n'ont, il est vrai, que deux jambes à garer. Pourquoi ne pas transformer les cours d'écoles en parking? ..."

 

Toujours dans ce Viaduc n°3, le PCF, dans son programme pour les cantonales, plaide pour le rattachement de Morlaix à St Martin des Champs, précise sa conception du soutien public au développement économique du territoire: "l'expansion économique ne signifie pas pour nous, des cadeaux aux capitalistes sous forme de terrains et d'installations gratuites (zone de Kerivin aménagée aux frais du contribuable)".

 

En fin, au bas de la page 2, ce qui deviendra une tradition dans le journal des communistes morlaisiens, on peut lire une mise en cause du Télégramme:

 

"LES SILENCES ... DU TELEGRAMME"

Le télégramme a omis d'informer ses lecteurs des raisons pour lesquelles il n'a pu paraitre vendredi 21 février:

Les linotypistes ont fait grève pour soutenir un de leur camarade mis à pied injustement. Bravo pour cet exemple

LOUABLE DE SOLIDARITE OUVRIERE!".

 

Dans le Viaduc N°4 (juin 1964), les rédacteurs qui militent pour l'installation d'un centre médico-pédagogique à Morlaix s'offusquent que la Salle Omnisports de Morlaix soit retenue pour la célébration du messe à l'occasion de la fête Diau tandis que le 7 juin, le stade de Kernéguez est également retenu pour la célébration d'une messe: "Décidément le pouvoir encourage au maximum le clergé et celui-ci en profite. Après la radio et la télé, la réaction monopolise les installations sportives".

 

Dans Le Viaduc n°6 (novembre 1964), le PCFMorlaix justifie la constitution d'une liste indépendante au 1er tour des élections Municipales tout en se montrant partisan d'une union avec les socialistes au second tour sur la base d'un programme commun. "Une liste d'union au 1er tour consisterait à passer sous silence les grandes réalisations des élus communistes, notamment à SCAER, LEUHAN, SCRIGNAC, HUELGOAT etc... où ils détiennent la municipalité depuis 20 ans... En présentant une liste d'union au 1er tour comme en 1959 nous créerons la confusion et faciliterons ainsi l'élection des représentants du pouvoir... Notre Parti, qui arrive en tête des partis de gauche à MORLAIX, ne peut accepter d'être une force d'appoint. Pour avoir la confiance des travailleurs, il faut que chaque Parti détermine le niveau de ses forces...

Quand nous aurons mis en échec les défenseurs du Pouvoir Gaulliste, au soir du 1er tour, les Communistes feront tout, à Morlaix, pour former une liste d'union pour le 2e tour; sur la base d'un programme commun et compte-tenu des forces de chaque organisation.

Les Communistes ont prouvé leur discipline républicaine en votant en masse pour élire les camarades PRAT et TANGUY PRIGENT. Il est temps de cesser la polémique et de passer au travail de masse, c'est à dire à l'explication aux électeurs des malfaisances du régime gaulliste et de l'équipe du docteur Le Duc".

 

Lors des Municipales de 1965, les communistes affirment le caractère politique des élections locales:

"Nous proclamons que les élections municipales ont un caractère politique.

Pour qui réalise t-on?

Qui paie?

Répondre à ces deux questions, c'est faire un choix politique.

Nous, Communistes, avons choisi. Nous voulons réaliser pour les travailleurs, pour les classes les plus deshéritées; nous voulons faire payer les riches et avant tout les gros patrons.

Toutes les municipalités communistes ont toujours appliqué ces deux principes.

Le rôle d'une municipalité ouvrière est de réaliser avant tout pour alléger la peine des travailleurs, de défendre l'enfance, d'organiser les loisirs de la jeunesse, d'aider les vieux".

Pour les enfants, le PCF de Morlaix propose la création de trois nouveaux patronages laïques (Madeleine, centre-ville, Rampe Saint Augustin) et le soutien au départ en vacances en colonies des enfants de famille modeste. Pour les mères qui travaillent à la Manufacture, à l'hôpital, aux PTT, il propose une crèche municipale. Pour les vieux, la création d'un Foyer, la création d'une aide aux travailleurs. La création aussi d'un office municipal d'HLM et l'achat par la ville des terrains nécessaires à la construction de logements accessibles aux bourses modestes. Le gros chantier du mandat parait-être celui de l'aissinissement: "le docteur Le Duc, maire de Morlaix depuis 18 années, écrit: "il convient d'améliorer les conditions d'hygiène et de ne plus utiliser la rivière comme exutoire naturel". Bravo, Monsieur le Maire, il eut fallu penser plus tôt et commencer par construire un épurateur et un collecteur central et ensuite étendre à toute la ville le tout-à-l'égout".

 

Dans le Viaduc de juin 1965, c'est une pétition pour demander l'implantation d'un STOP à l'intersection de la Bellevue de la Madeleine et de la Venelle de la Madeleine à cause des collisions de voitures à répétition. "Attend t-on un autre accident, peut-être mortel, celui-là? La vie d'un homme vaut-elle moins qu'un panneau? Les habitants du quartier de la Madeleine, lorsqu'ils entendront un crissement strident et si un malheur arrivait sauront accuser les responsables de cette négligence que l'on pourra qualifier de criminelle".

 

Après une interruption, en 1970, Le Viaduc, qui a a désormais comme directeur de publication Alain David, secrétaire de section du PCF Morlaix depuis quelques mois, s'étoffe, gagne en quantité d'articles, à qualité de mise en page, et en ambition: notamment celle d'établir un dialogue avec les lecteurs. Il parait toujours tous les deux mois.

En novembre 70, le journal qui coûte 30 centimes, auquel on s'abonne, a pour éditorial:

 

Pourquoi ce journal?

 

AMIS LECTEURS,

 

En France, l'écrasante majorité des journaux appartient à un petit nombre de groupes financiers. Quant à la radio-télévision, elle demeure un instrument de propagande au service du gouvernement. Et ce n'est pas parce qu'un dirigeant communiste ou syndical peut faire de temps à autre une apparition sur le petit écran que cela change quelque chose à l'essentiel. L'information est unilatérale, dirigée, partiale.

C'est pourquoi la section de Morlaix du PCF a décidé de publier un journal local afin de faire connaître à la population de Morlaix et de ses environs le point de vue des communistes sur quelques questions internationales, nationales et locales.

Il est évident que, dans une publication modeste comme la nôtre, il nous sera impossible d'aborder ou de développer tous les problèmes de l'actualité. D'autre part, les auteurs des différents articles de ce journal sont des militants de base de la section de Morlaix du Parti Communiste, ce sont des ouvriers, des paysans, des artisans, des enseignants et ils n'ont pas, pour rédiger, la facilité des journalistes professionnels.

Nous espérons cependant que vous lirez avec intérêt ce journal que vous recevrez tous les deux mois.

C'est avec plaisir que nous accepterions de dialoguer avec vous en répondant, dans nos prochains numéros, aux questions que vous nous auriez posées en écrivant au siège de notre parti, situé 5, rue Haute à Morlaix.

Le Comité de rédaction".

 

Signent leurs articles dans ce journal Renée Deroux (la place de l'EPS dans l'éducation nationale), François Paugam (luttes sociales aux Combustibles Morlaisiens), Daniel Crassin (Regards sur la RDA: réaction argumentée à un article du Télégramme), Janine Tardivel qui fait le compte rendu d'une conférence où Alain David et Louis Le Roux, membre du Comité Cental du PCF, ont parlé de la situation prometteuse du Chili.

 

En juin 1971, Le Viaduc relate une conférence débat avec le grand résistant communiste ROL-Tanguy, né en gare de Morlaix, ouvrier metallurgiste, ancien des Brigades Internationales et libérateur de Paris. "150 personnes étaient venues assister à la conférence-débat que donnait Rol-Tanguy dans la salle des conférences de la mairie de Morlaix. Aux côtés de Rol-Tanguy avaient pris place au bureau les camarades Alain David, secrétaire de section, Louis Aminot, membre du comité fédéral et Le Nagar de Plougonven".

 

En mai-juin 1972, il est question de la 8e fête du Viaduc. Louis Ollivier commente: "Le 1er mai 1972, malgré son temps incertain, a apporté sur le terrain de la Madeleine, un millier de personnes. Notre "Fête du Viaduc" devient la kermesse la plus importante de notre ville. En effet, le grand nombre de stands, leur décoration, leur qualité et surtout le match de football ont contribué à son succès en créant une ambiance gaie, joyeuse et sportive". Alain David écrit un article anti-colonialiste de circonstance:

Halte à l'agression américaine au Vietnam:

"Depuis plus d'un quart de siècle, les peuples d'Indochine sont contraints à défendre leur existence et leur dignité, leur indépendance et leur liberté. En minant les ports de la République Démocratique du Vietnam, en reprenant les bombardements intensifs sur les objectifs civils, le gouvernement américain fait un pas de plus dans l'escalade de la guerre. Il faut en finir avec cette "sale guerre". Comme tous les peuples du monde, les peuples indochinois ont un droit imprescriptible: le droit à la paix. Cette paix ne pourra voir le jour tant que l'envahisseur américain occupera l'Indochine"...

Comme d'habitude François Paugam se fait écho des luttes sociales dans la région de Morlaix, aux PTT et aux Imprimeries. Michel Derrien écrit sur les implantations d'école à La Vierge Noire et à La Boissière, et sur le manque d'espaces de vie collective dans le nouveau quartier HLM de La Vierge Noire. Son texte, toujours d'actualité, mérite d'être cité:

"Le vendredi 19 mai, la première chaîne de télévision présentait une dramatique: "Un dimanche volé". C'est le drame réel d'un ouvrier vaincu par la fatigue du travail, les bruits de la rue et de l'immeuble filtrant à travers les cloisons et les fenêtres de l'appartement, le manque de sommeil accumulé. Au-delà de cette existence, on peut trouver une condamnation des logements construits au rabais, véritables usines à névroses, des cadences de travail, de l'absence de terrains de jeux pour les enfants des HLM, condamnés à jouer au milieu des voitures ou dans les escaliers. Allez vous promener dans la rue de La Vierge Noire à Morlaix. Voyez ces clapiers humains qui montent, les espaces libres sont chichement mesurés. Dans quelques années, des centaines d'enfants y habiteront. Ce décor de béton vous fera immanquablement penser au film de Gérard Chouchan. Existe t-il une solution? Certes oui. Les constructions de ce quartier sont en place, on n'y peut plus rien. Mais il existe encore, tout à côté, du terrain. Il faut d'urgence que la ville de Morlaix achète, si ce n'est déjà fait, le "petit bois de Coat Serho", ainsi que les prés et les terrains qui bordent la route de Lanmeur. A cet endroit, il est possible, sans de trop grandes dépenses, d'aménager une part de promenade et de loisir. L'aménagement d'un bassin ne pose aucune difficulté. En outre, il faut des terrains de jeux pour les enfants. Ne serait-il pas possible de prévoir un tel espace entre la Boissière et la Vierge Noire? L'erreur serait d'attendre que les constructions soient terminées pour penser à un tel problème..."

 

En décembre 1972, Le Viaduc s'ouvre sur un article d'Alain David sur le Programme Commun:

 

"Le programme... c'est le vôtre.

Le programme commun signé par le Parti Communiste, le Parti Socialiste, et les Radicaux de Gauche ouvre au peuple des perspectives nouvelles.

Ce programme n'est pas un simple accord électoral conclu entre les dirigeants des trois partis; ce programme commun que les travailleurs ont attendu si longtemps c'est une arme que nous mettons entre leurs mains pour qu'ils puissent se libérer des quelques monopoles parasites qui sucent le fruit du travail de tout un pays.

Le programme commun est le programme de tous ceux qui ont intérêt à l'avènement d'une démocratie véritable. C'est le programme des ouvriers dont l'exploitation est sans cesse accrue, des employés et des fonctionnaires dont le pouvoir d'achat est sans cesse menacé par la hausse des prix, des artisans et des commerçants de plus en plus victimes du secteur monopoliste, des paysans que l'on force à quitter la terre pour grossir les rangs des chômeurs ou des O.S, des femmes surexploitées qui bouclent de plus en plus difficilement leur budget, des jeunes à qui ce régime n'offre aucun espoir et des personnes âgées qu'il oblige à vivre dans la misère.

En un mot le programme commun que nous vous appelons à acheter, à étudier, à populariser et à soutenir, c'est le VOTRE.

A.DAVID"

La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur
La fête du Viaduc du PCF pays de Morlaix, née en septembre 1964, a 56 ans, 55 éditions au compteur

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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 05:37
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015
Quelques photos souvenirs de Rodolphe Thirard des fêtes du Viaduc 2012 et 2015

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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 05:20

Un joli montage de notre ami Pierre-Yvon Boisnard sur la fête du Viaduc 2019, le rassemblement syndical du 1er mai 2019 a Morlaix et une année de défense des droits des travailleurs, contre la réforme des retraites notamment, sur fond de "Ma France" de Jean Ferrat, superbe!!!

Et nous avons aussi un autre reportage - montage de Pierre-Yvon Boisnard sur la 54e Fête du Viaduc en 2018 place Allende à Morlaix.

Un grand merci à Pierre-Yvon!!!

 

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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 09:06
Fête du Viaduc 2019

Fête du Viaduc 2019

Fête du Viaduc 2019

Fête du Viaduc 2019

Fête du Viaduc 2019

Fête du Viaduc 2019

Fête du Viaduc 2019

Fête du Viaduc 2019

COMMUNIQUE DE PRESSE - 15 avril 2020

 

Annulation et report de la fête du Viaduc, qui devait se tenir le 1er mai place Allende

 

Suite aux annonces du Président de la République, l'association des Amis du Viaduc et la section PCF du Pays de Morlaix, organisant traditionnellement leur grande fête du 1er Mai à Morlaix, ne seront pas en mesure, au vu du contexte national lié à la crise sanitaire, d'assurer leur traditionnelle manifestation politique, la fête du Viaduc.

Cette fête devait comporter un banquet (180 personnes), des concerts (Le Théâtre de la Corniche, Claude Couamme et Patricia Paulus, Célestino Lopez, etc), une rétrospective artistique des photos de Jean-Marc Nayet, des stands divers (jeux, librairie, loterie, stand politique, crêperie, associations amies: AFPS, Morlaix-Wavel), une intervention politique d'un jeune dirigeant national du PCF, Guillaume Roubaud-Quashie, animateur des initiatives du centenaire du PCF, et de la maison Aragon et Elsa Triolet. 

C'est une lourde décision mais nous n'avions pas le choix : la situation de crise sanitaire et le confinement imposé pour des raisons de santé publique ne nous permettent pas d'organiser l'évènement le 1er mai, le jour de la journée internationale de défense des droits des travailleurs.

Ce sera la première fois depuis 56 ans que la fête du Viaduc ne pourra pas se tenir le 1er mai. Mais beaucoup d'autres événements culturels, artistiques, sportifs ou politiques sont bien évidemment impactés par l'interdiction justifiée des rassemblements dans la période.

Nous tenons également par ce communiqué à remercier les bénévoles, militants et sympathisants, professionnels, habitants de la région de Morlaix, qui permettent chaque année la bonne tenue de cette fête populaire réunissant plusieurs centaines de personnes, des acteurs sans qui cette fête n'existerait pas.

Nous n'abandonnons pas l'idée qu'une 56e « Fête du Viaduc » sous un autre format puisse se faire après l'été, par exemple à l'automne prochain.

L'association des amis du Viaduc et le PCF Pays de Morlaix souhaitent bon courage à toutes et tous dans cette période compliquée d'épidémie du Coronavirus et remercient l'ensemble des habitués de la fête du 1er mai pour leur soutien.

L'association des amis du Viaduc et le PCF Pays de Morlaix.

Fête du Viaduc 2018

Fête du Viaduc 2018

Ouest-France, 18 avril 2020

Ouest-France, 18 avril 2020

La Fête du Viaduc du 1er-Mai annulée

Le Télégramme

Au vu du contexte national lié à la crise sanitaire, et suite aux annonces du Président de la République, l’association des Amis du Viaduc et la section PCF du Pays de Morlaix ne seront pas en mesure d’organiser leur traditionnelle fête du 1er-Mai à Morlaix, baptisée « Fête du Viaduc ». Elle devait comporter un banquet (180 personnes), des concerts (Claude Couamme, Célestino Lopez), une rétrospective artistique des photos de Jean-Marc Nayet, des stands divers et une intervention politique d’un jeune dirigeant national du PCF (Guillaume Roubaud-Quashie), animateur des initiatives du centenaire du PCF et de la maison Aragon et Elsa Triolet. C’est la première fois, depuis 56 ans que la fête du Viaduc existe, qu’elle ne peut pas se tenir le 1er mai. Elle pourrait, si les conditions sanitaires le permettent, se faire après l’été, par exemple à l’automne.

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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 11:54
Communiqué des communistes de Plouigneau - après quarante ans de direction municipale par la droite, Plouigneau retrouve enfin les couleurs de gauche qui la caractérisent.

PCF

Communiqué des communistes de Plouigneau - 19 mars 2020

En votant à 53,17 % pour la liste #ChangeonsPlouigneau, les électeurs de la commune ont exprimé sans ambiguïté leur choix en faveur de la liste de large rassemblement à gauche. Ils lui ont accordé leur confiance pour construire avec eux une commune ouverte, sociale et écologique. Nous les en remercions vivement.

Nombreux étaient celles et ceux qui attendaient cela depuis fort longtemps. Aujourd’hui, après quarante ans de direction municipale par la droite, Plouigneau retrouve enfin les couleurs de gauche qui la caractérisent.

Cela a été permis par un large rassemblement des organisations politiques et de citoyens autour de valeurs de gauche. Pour sa part, le PCF a travaillé sans relâche au sein d’une équipe unie, déterminée et enthousiaste et a activement participé à cette réalisation.

Les règles du scrutin n’ont pas permis à tous d’être élus, et certains n’étaient même pas candidats. Il n’empêche que leur engagement n’a jamais faibli, que leur nom ait figuré ou non sur la liste. C’est bien l’ensemble de cette force militante qui a forgé le succès de la liste.

Notons que ce succès a été obtenu nonobstant une campagne agressive menée par la majorité de droite sortante, dont trois tracts injurieux et calomnieux qui visaient la tête de liste, les militants communistes et le PCF lui-même. Cependant, en définitive cela n’a pas eu pour effet de troubler les électeurs, dont beaucoup nous ont dit avoir été choqués voire révoltés par ces agissements, mais plutôt de révéler au grand jour certaines postures politiques.

Les communistes de Plouigneau se félicitent et s’honorent grandement du large succès pour lequel ils se sont pleinement investis et mobilisés avec toute l’équipe de campagne.

Durant le mandat qui s’amorce, ils ne ménageront ni leurs efforts ni leur engagement, avec l’ensemble de l’équipe municipale pour répondre aux attentes et aspirations des habitants et construire avec eux une commune où l’expression vivre ensemble aura du sens.

Pour l’heure, les moments que nous vivons sont préoccupants. Dans cette situation particulière les personnels soignants sont mobilisés comme jamais, et ce malgré les difficultés qu’ils éprouvent au quotidien dans l’exercice de leurs missions en raison de l’insuffisance des moyens mis à leur disposition. Qu’ils reçoivent ici l’hommage qu’ils méritent pour leur sens de l’intérêt général au service de toute la population.

Gageons que lorsque ce moment difficile sera passé, nous pourrons librement déployer toute notre énergie au service des habitants de Plouigneau, et avec eux.

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