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3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 06:55

 

Le gouvernement promet aux Français de mettre fin en 2040 aux constructions de voitures à moteur thermique. En France, selon l’INSEE, 74 % des actifs se rendent au travail en voiture. Si cette tendance persiste, comment rechargera-t-on chaque jour toutes ces batteries dans les prochaines décennies ? Car on nous promet aussi la fermeture progressive de toutes les centrales nucléaires d’ici 2050. En faisant mine d’oublier qu’elles produisent aujourd’hui 70 % de notre électricité sans émettre de CO2 !

Par Gérard Le Puill

 

Depuis hier, les tarifs régulés de l’électricité sont en hausse de 1,6 %. Depuis juillet 2007, date d’ouverture à la concurrence pour les particuliers, les tarifs régulés de cette énergie ont augmenté de 60 %. Dans une ouverture totalement faussée à la concurrence sur demande de la Commission européenne, la loi oblige EDF à vendre un quart de la production électrique de ses centrales nucléaires à perte pour permettre à ses concurrents de vendre une énergie qu’ils ne produisent pas. Même le journal de 20 heures sur France 2 a brocardé cette aberration le 1 er février. Il n’est donc pas étonnant que les ménages paient déjà la facture au prix fort. Qu’en sera-t-il alors d’ici 2040, date à laquelle le gouvernement actuel promet qu’on ne produira plus que des voitures électriques en France ?

Diffusée par l’INSEE le 19 janvier 2021, une étude relative aux déplacements en voiture individuelle pour se rendre au travail n’a guère intéressé les principaux moyens d’information. L’étude de l’INSEE porte sur 2017. Cette année-là, « 74 % des actifs en emploi qui déclarent se déplacer pour rejoindre leur lieu de travail utilisent leur voiture, 16 % prennent les transports en commun et 8 % ont recours à des modes de transport doux (6 % à la marche et 2 % à vélo). Pour les distances inférieures à 5 kilomètres, la voiture représente encore 60 % des déplacements domicile travail ».

Mais, lit-on plus loin, « 77 % des personnes utilisent la voiture pour des distances comprises entre 5 et 15 kilomètres et 85 % entre 25 et 30 kilomètres. Les actifs résidants dans les pôles des aires d’attraction des villes recourent moins souvent à la voiture (58 %) que ceux des couronnes ou des communes hors attraction des villes. Ainsi, hors des aires d’attraction des villes, 90 % des actifs utilisent leur voiture pour rejoindre leur travail. Cependant, l’utilisation dominante de l’automobile n’est pas seulement liée à longueur du trajet domicile travail. En effet, la moitié des actifs résidant à moins d’un kilomètre de leur travail partent travailler en voiture », précise encore cette étude.

Des transports en commun peu utilisés en province

Si les transports en commun sont utilisés par 70 % des actifs résidants dans Paris et par 44 % dans « l’aire d’attraction de Paris », l’Ile-de-France reste une exception. Il est probable que cela soit en bonne partie imputable à la longueur des embouteillages autour de la capitale, ce qui dissuade beaucoup de gens de prendre la voiture quand ils habitent en proche et moyenne banlieue. C’est un aspect que l’INSEE ne semble pas avoir étudié. Mais l’Institut indique que « dans les aires d’attraction des autres villes, le recours aux transports en commun est bien plus faible. Il ne concerne que 8 % des actifs. Ce mode de transport est caractéristique des zones les plus urbanisées : 14 % des actifs des pôles (hors Paris) se déplacent en transports en commun contre 4 % des actifs résidents dans les couronnes et 2 % dans les communes hors attraction des villes ».

Le pari fou du 100 % électrique et renouvelable

Bien que les chiffres portent sur 2017, on peut penser que les choses n’ont guère changé depuis sur l’ensemble du pays. En France, la promesse vient d’être faite d’arrêter la construction des voitures à moteurs thermiques en 2040 pour les remplacer par des moteurs électriques, afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. À supposer que ce pari soit techniquement gagnable en moins de vingt ans, il conduit à se poser d’autres questions dont celle-ci : quels seront le prix et bilan carbone de l’extraction des matières premières, puis de la fabrication des voitures et de leurs batteries dans un monde qui va bientôt manquer de cuivre et de beaucoup de métaux rares ?

À supposer que ce pari soit finalement gagné, comment rechargera-t-on toutes ces batteries de nuit si, en même temps, comme on nous l’a annoncé tout récemment au nom d’un surprenant duo composé de « Réseau de Transport Électrique » (RTE) et de « l’Agence internationale de l’énergie » (AIE), notre mix énergétique devient totalement renouvelable à l’horizon 2050 avec des éoliennes et du solaire en plus des barrages ? Quel sera le prix de la recharge nocturne de la batterie de voiture du smicard suite à de très lourds investissements dans les énergies renouvelables ? À supposer que tout le monde puisse payer, la production cumulée des éoliennes, du solaire et des barrages suffira-t-elle pour satisfaire la demande alors que ces énergies intermittentes ne comptent actuellement que pour 27 % dans notre mix de production électrique contre environ 70 % provenant des centrales nucléaires ? (1)

N’occultons pas la mise en garde de Fatih Birol

Laurent Heredia rappelait dans l'Humanité, au nom de la Fédération nationale Mines-Énergie CGT, que « les énergies renouvelables comme l’éolien et le solaire sont intermittentes. Il faut pouvoir répondre au déficit de production dans ces moments-là (…) Le renouvellement du parc nucléaire est un défi immense, mais il ne faut pas écarter toute possibilité de production à moyen et long terme simplement parce que le mot nucléaire fait peur (…) Le problème, c’est que la France a fait le choix de stopper la recherche sur cette filière-là, contrairement à d’autres pays ».

La CGT-Mines-Energie n’est pas seule à dire cela. Pour revenir à l’étude RTE-AIE, citons cet extrait des propos de Fatih Birol, président de l’AIE, dans « Les Échos » du 28 janvier : « Fermer les centrales nucléaires françaises serait une erreur. L’énergie nucléaire est un atout national pour la France. Ces dernières décennies, son développement a été une des composantes de la croissance économique française sur le plan technique, elle a prouvé qu’elle fonctionne à grande échelle (…) Pour la France, le nucléaire et les énergies renouvelables sont complémentaires », disait encore Fatih Birol.

On ne sort pas du nucléaire comme de sa douche

Car on ne sort pas du nucléaire comme on sort de sa douche, surtout quand ses centrales produisent encore 70 % notre électricité en 2021. Les centrales nucléaires allemandes en produisaient trois fois moins que les nôtres. Leur fermeture totale pour 2022 se traduit déjà par une augmentation de l’utilisation du charbon, du gaz et même du maïs récolté en vert dont la production a doublé en superficie ces dernières années outre Rhin. Car on l’utilise désormais pour alimenter les fosses à lisier sans passer par la panse des vaches. Ça permet de faire croître la production de gaz méthane subventionné que l’on transforme en électricité. Du coup, la course aux hectares a fait doubler le prix des terres agricoles ces dernières années chez notre voisin.

En France, accélérer la sortie du nucléaire reviendrait à faire flamber le prix d’électricité et à subir des coupures intempestives en raison de la production intermittente des éoliennes et du solaire. L’expliquer aux Français fait aussi partie de la lutte contre le réchauffement climatique, si nous voulons mener cette lutte de manière cohérente.

 

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3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 06:46

 

 

 

Fragilisés par la crise, de plus en plus de Français peinent à payer leurs loyers, multipliant les risques d’expulsions. Dans son 26e rapport, publié ce mardi, la Fondation Abbé-Pierre dénonce l’attentisme coupable de l’exécutif, qui vient seulement d'annoncer la prolongation de la trêve hivernale jusqu'au 1er juin.

« J'ai commencé à travailler à 18 ans. J’ai toujours gagné ma vie sans rien demander à personne. Je pensais aller vers une retraite bien méritée et là, je vais me retrouver SDF. » Maître d’hôtel dans l’événementiel, Marc Crespo gagnait en moyenne de 2 500 à 3 000 euros par mois, entre ses périodes d’activité et de chômage. Aujourd’hui, la crise sanitaire menace de le jeter à la rue. À 59 ans, après avoir éclusé en juin ses droits au chômage, il n’a, pour la première fois de sa vie, pas pu payer son loyer. Il y a deux semaines, l’huissier est venu le prévenir. En juillet, son bail ne sera pas renouvelé. « C’est un déclassement social complet », résume-t-il. Autour de lui, de plus en plus de collègues connaissent des situations similaires. « En huit ans, c’est la première fois que je n’arrive pas à payer mes 230 euros de loyer », explique l’un d’eux.

Les signes d’une dégradation à plus long terme

« On voit bien qu’il y a une vague d’impayés de loyers. Elle n’est pas encore spectaculaire, mais elle se dessine », prévient Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation Abbé-Pierre (FAP), qui sort ce mardi son 26e rapport sur l'état du mal-logement en France, sur fond de pandémie. L’association a calculé qu’aux 16 000 expulsions avec concours de la force publique, effectuées tous les ans, devraient s’ajouter cette année environ 12 000 autres procédures, pour des ménages fragilisés, mais qui ont pu rester dans leur logement grâce à la prolongation, en 2020, de la trêve hivernale jusqu’au 10 juillet. À cela s’ajoute l’augmentation probable du nombre d’impayés en raison des pertes de revenus liés à la crise. « Au total, il va y avoir des dizaines de milliers de ménages menacés d’expulsion à partir du 1er avril 2021 », estime Manuel Domergue.

Les signes d’une dégradation à plus long terme sont là. En décembre 2020, le nombre d’appels préventifs de locataires du privé à SOS Loyers impayés, la structure gérée par l’Agence nationale pour l’information sur le logement, était en hausse de 47 % par rapport à 2019. Une tendance de fond puisque des chiffres similaires ont été relevés en novembre : + 48 % pour les locataires du parc privé et + 53 % pour ceux du public. Dans le secteur HLM, les bailleurs ont rapidement renforcé les suivis individuels et mis en place des plans d’apurement, ce qui a permis de limiter la casse. « Il y a eu 200 millions d’euros d’impayés en plus par rapport à 2019 en mai-juin, mais ça a baissé, et on retrouve aujourd’hui un taux plus classique », indique Marianne Louis, directrice de l’Union sociale pour l’habitat, qui représente l’ensemble des bailleurs sociaux. La crise n’épargne pas non plus les accédants à la propriété, dont certains ne sont plus en mesure de payer leurs traites.

Une majorité des situations passe sous les radars

La situation dans le parc privé, plus cher et où sont logés les plus précaires, suscite le plus d’inquiétude. Mais elle est aussi plus opaque. En juin, la Fnaim et l’Unis, qui gèrent parmi les plus grands réseaux d’agences et d’administrateurs de bien, évoquaient 10 % d’impayés. Ils ne communiquent plus depuis. « En juin, nous avons fait une relance le 5jour du mois pour 12 % des locataires. En décembre, pour 22 %. La relance par courrier au bout du 25jour a concerné 0,6 % de nos locataires en juin et 1,8 % en décembre. En temps normal, le taux d’impayés ne dépasse pas 0,7 % », détaille Arnaud Hacquart, directeur d’Imodirect, une agence en ligne qui gère 2 000 logements. En réalité, une majorité des situations passe sous les radars, parce que les locations, sont faites directement avec des petits propriétaires privés. « Avec mon statut, je n’ai jamais pu louer via une agence », confirme, par exemple, Marc Crespo.

 

 

L’explosion des impayés est, pour l’instant, peu visible. « Ceux qui ont des difficultés ne le crient pas sur les toits. Il y a une sorte de honte. Surtout, avant d’arrêter de payer leurs loyers, ils se privent sur tout le reste : l’alimentaire, la santé… Sans compter ceux qui font appel à des crédits revolving », souligne Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement. Beaucoup sont fragilisés, mais payent encore. Nina est de ceux-là. Graphiste, elle gagne 1 000 euros par mois avec un mi-temps en CDI. Elle travaille aussi comme indépendante pour une maison d’édition, qui vient de perdre un contrat qui lui rapportait 3 000 euros par an, et ne peux plus compter que sur 750 euros de plus. Son compagnon a, lui, perdu ses maigres revenus d’autoentrepreneur. Le couple est en difficulté pour payer son loyer parisien de 1 500 euros. « J’avais 3 000 euros sur mon livret A, j’ai dû les utiliser », raconte-t-elle. Les vacances, elle y a renoncé. Et avoue parfois voler dans les magasins. Son angoisse, c’est que sa propriétaire augmente le loyer de son meublé renouvelable tous les ans. « C’est stressant. Quand on n’a pas de CDI, on est hyperfragile. Et le Covid a accentué notre précarité », explique-t-elle. Le sondage réalisé par la FAP indique que 32 % des Français ont vu leur situation financière se dégrader. Et qu’ils sont plus de 20 % à éprouver des difficultés à payer leur loyer.

« La crise sociale va empirer »

Inquiets, bailleurs et associations ont les yeux rivés sur la fin des mesures prises pour limiter l’impact de la crise, notamment le chômage partiel« Notre souci, c’est ce qui va se passer quand les aides vont s’arrêter », résume Arnaud Hacquart. Avec 11 % de chômage attendus pour 2021 et une réforme restreignant le droit à l’allocation, l’explosion des impayés dans les années à venir paraît inexorable. « Ce qui nous préoccupe, c’est que la crise sociale va aller en empirant et que les outils pour y faire face vont être affaiblis », analyse Marianne Louis. En dehors d’un peu de publicité au printemps pour le numéro SOS Loyers impayés (1) et de la mise en place par Action Logement (ex-1 % patronal) d’une aide aux salariés locataires de 300 euros pendant deux à six mois, rien n’a été fait. « On a un peu l’impression que le gouvernement attend qu’il y ait une explosion des impayés pour agir », s’agace Christophe Robert, délégué général de la FAP. Pour montrer sa sensibilité au sujet, le gouvernement a mis en place, en novembre, un Observatoire des impayés. Il a aussi confié au député LaREM Nicolas Démoulin la rédaction d’un rapport. Remis dimanche à la ministre du Logement, il préconise une simplification des démarches pour obtenir de l’aide. Mais pas un centime n’a été mis sur la table dans le plan de relance ou ailleurs.

Cet article pourrait aussi vous intéresser : En débat : quelles actions d’urgence pour le mal-logement en temps de confinement ?

« Déjà limités en temps normal, les fonds de solidarité logement, qui servent à payer de façon transitoire les loyers des ménages en difficultés, sont encore plus insuffisants aujourd’hui », souligne Manuel Domergue. Certaines collectivités ont mis la main à la poche pour en augmenter le budget, mais l’État ne les a pas abondés. Gérés localement, ils restent très inégalitaires, avec des règles d’accès différentes selon les territoires. Dans les Alpes-Maritimes, par exemple, il faut avoir payé ses deux derniers mois de loyer pour en bénéficier. Quand Marc Crespo en a découvert l’existence, il n’y avait déjà plus droit. La FAP appelle à l’uniformisation de leurs règles et à leur revalorisation. Depuis mars, elle plaide aussi sans succès pour la mise en place d’un fonds d’urgence d’au moins 200 millions d’euros pour le paiement des loyers et des charges.

Le gouvernement n’est pas non plus revenu sur les coupes successives sur les aides au logement (APL), adoptées depuis le début du quinquennat (voir notre infographie). Il a même maintenu, en janvier, la réforme prévue avant la crise et le passage à un mode de calcul « en temps réel ». Sous couvert de les faire mieux correspondre aux revenus des demandeurs, elle permet au budget de l’État d’économiser des centaines de millions d’euros. La FAP appelle à revenir sur ces économies, comme sur celles imposées au secteur HLM. Au-delà, c’est le logement dans son ensemble qu’il faut arrêter de considérer comme un vulgaire produit de spéculation, pour le traiter enfin pour ce qu’il est : un bien essentiel.

 

 

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3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 06:43

 

Le système hospitalier a à faire avec une transformation profonde du pays, née des progrès du XXe et du XXIe siècle. La population générale augmente et la proportion des personnes âgées croît rapidement. Cet allongement de la vie pose des problèmes particuliers : les besoins sociaux et médicaux sont plus importants et les pathologies se transformentAlain Brémaud, « La protection sociale face à la transition épidémiologique et à la transition démographique », in les Cahiers de santé publique et de protection sociale, no18, septembre 2015, p. 60.

*Le docteur Michel Limousin est membre de la commission Santé et Protection sociale du PCF. Le docteur Paul Cesbron est gynécologue obstétricien, ancien chef de service de la maternité du Centre hospitalier de Creil.

Nous sommes face à ce qu’on appelle « transitions démographique et épidémiologique »Laurent Chambaud, « Le système de santé français à l’épreuve des transitions », la Nouvelle Revue des sciences sociales, no6, 2016, p. 157-170., C’est un contexte dans lequel l’hôpital, par son importance (plus de 1 000 établissements et 1,6 million d’emplois), n’échappe pas à la transition écologique liée à la crise climatique.

 

UNE TRANSITION MULTIFACTORIELLE

La transition démographique revêt deux aspects. D’une part, la population générale a augmenté, et le nombre de médecins formés, défini en 1971, est resté à un niveau très bas alors qu’il y a 10 millions de personnes de plus à prendre en charge ; la désertification médicale que nous connaissons aujourd’hui est la résultante de cet état. Quant à l’allongement de la durée de vie, il est spectaculaire. Or c’est bien cette tranche d’âge dite des « baby-boomers » qui mobilise le plus de soins.

D’autre part, pour ce qui est de la transition épidémiologique, l’évolution s’est faite là aussi rapidement, en parallèle à celle de la démographie. De nombreuses maladies qui étaient mortelles il y a peu encore sont devenues curables. Ainsi les maladies infectieuses dans l’ensemble ont-elles reculé, même si le coronavirus SRAS-CoV-2 nous impacte durement ces temps-ci. Les maladies cardio-vasculaires sont prises en charge à temps, et de ce fait il y a moins de morts prématurées. Enfin, si les cancers progressent en nombre, ils sont mieux soignés. Idem pour le diabète, l’obésité et les maladies dégénératives. Tout cela nécessite des moyens nouveaux que la science permet. Prendre en charge un malade chronique coûte plus cher qu’un décès brutal pour l’Assurance maladie.

Les médecins face à des problématiques multifactorielles

 

UNE CRISE DÛE AVANT TOUT À LA CRISE SOCIALE

Pour autant, est-ce qu’on peut dire que c’est là la cause des déficits des différentes caisses de protection sociale, et donc des difficultés des hôpitaux ? Non, les économistes de tout bord sont d’accord sur ce point. Il n’y a pas de gaspillage. Même les économistes libéraux ne s’aventurent plus sur cet argument. D’ailleurs, des politiques de réduction des dépenses de santé ont été conduites depuis longtemps ; elles n’ont jamais donné de résultats probants quant à la réduction des déficits. Le déficit des hôpitaux est lié à la crise de financement de la Sécurité sociale et à la crise économique : l’augmentation du chômage de masse réduit l’apport des cotisations, la baisse du pouvoir d’achat qui en résulte va dans le même sens, les dispenses de cotisations sociales patronales idem. Les profits explosent, les inégalités sociales de toutes natures s’accroissent, les ressources disponibles pour la santé se tarissent alors que la création de richesses continue. Des secteurs entiers de l’économie échappent à la cotisation sociale.

On est même en droit de considérer que ces transitions démographique et épidémiologique sont bénéfiques pour l’économie. Le fait que des sujets jeunes vivent plus longtemps induit qu’ils restent dans le secteur de la production ; si mourir jeune brutalement ne coûte pas cher en soins, c’est certes une catastrophe humaine pour la famille, et aussi une catastrophe économique globale. Quant aux personnes du troisième âge, elles contribuent sous de multiples formes à la création de richesses, par leur expérience transmise, le travail pour-suivi, l’appui familial pour l’éducation et la garde des enfants, l’aide financière en direction des jeunes adultes quand c’est possible et le travail social, bien souvent gratuit, qui est un apport non négligeable pour enrichir la société et l’humaniser. Enfin, pourquoi ne pas considérer que l’activité sanitaire – au même titre que, entre autres,la culture, l’éducation ou la production de biens matériels – est une activité économique moderne et que son développement est un apport précieux à l’emploi et à la création de richesses ?

 

DE NOUVELLES VARIABLES POUR RESTRUCTURER L’HÔPITAL

En conséquence de ces évolutions démographique et épidémiologique, l’hôpital public doit s’adapter, tout comme l’ensemble du système de santé. Il a à prendre en charge des pathologies différentes et des populations plus âgées. Il doit tenir compte des problèmes sociaux différents, comme le maintien à domicile, l’accompagnement des malades chroniques. Il doit se tourner vers l’extérieur et rompre avec l’hospitalocentrisme. Il doit coopérer. C’est une véritable révolution culturelle qu’il doit opérer tout en s’adaptant aussi aux nouvelles données des sciences et techniques. Enfin, l’évolution profonde des mentalités des patients l’y oblige dans le domaine de l’accueil,de l’accompagnement, du respect des personnes et de la qualité des relations humaines. Il le fait, mais cela suppose des moyens matériels, des personnels formés, une organisation souple et adaptable. L’hôpital public entre dans une nouvelle ère où les besoins des populations se transforment et les pathologies elles-mêmes évoluent.

Les évolutions démographique et épidémiologique poussent l’hôpital public et l’ensemble du système de santé à s’adapter.

L’avenir de l’hôpital doit être pensé en intégrant ces notions fondamentales de révolutions démographique et épidémiologique.

La crise écologique en cours présente de multiples aspects qui convergent tous vers la nécessité d’un abord global et multiforme. La planète Terre ne peut donner plus, et l’homme doit s’adapter. Toutes les nations, tous les peuples sont concernés. Viennent d’importants bouleversements climatiques et la nécessité de profondes transformations de nos rapports au monde. Les crises du réchauffement de l’atmosphère, de la destruction de la biodiversité, du manque de ressources agricoles, et particulièrement de l’eau, des ressources énergétiques, des migrations posent la question de la responsabilité de l’homme face à la nature. Ses modes de vie, d’habitat, d’urbanisation, de nourriture, de production de biens, de déplacement, de soins de lui-même sont interrogés. Cela met en cause la vie sociale et politique. Les inégalités sociales se creusent en même temps que la crise écologique se précise. La question de la démocratie est concernée. Les modes de production sont interrogés, y compris le système économique de marché dominant qui impose la loi du profit maximal pour quelques-uns.

Il ne pourra y avoir de refondation de l’hôpital public sans la prise en compte de ces réalités écologiques, ce qui devra se faire à un double niveau.

 

REFONDER SA CONCEPTION MÊME

Penser l’hôpital dans ses plans, son architecture comme écologique : il utilisera toutes les ressources modernes pour isoler ses murs, réduire ses consommations d’énergie, gérer ses circulations internes, créer un cadre agréable à l’œil et tenant compte des besoins des patients comme des personnels. Il devra utiliser des matériaux recyclables, et être implanté dans des villes de telle façon qu’il soit facilement accessible par tous les moyens de mobilité. Enfin, aujourd’hui, pas d’hôpital écologique sans possibilité de logement social de proximité pour les personnels ou de crèches. Le principe de proximité est central : il permet d’accéder facilement aux soins et est économe en moyens de déplacement. C’est l’opposé de ce qui se fait aujourd’hui via la concentration des hôpitaux.

 

REFONDER L'ACTIVITÉ

Il s’agit d’intégrer plus que la seule médecine technique. Il faut faire une place à la santé dans sa globalité : prévention, promotion de la santé, éducation à la santé. Toutes ces disciplines seront articulées autour de la personne. C’est un système de haut savoir et de haute technologie centrée humain – l’humain d’abord ! – qui prendra en compte l’humain dans sa complexité. Il établira un lien avec la médecine hors hôpital, constituera un réseau de communications et de relations sociales et professionnelles ; ce sera une intégration dans un système de santé qui traitera de toutes les composantes de la santé : physique, mentale et sociale, comme le définit l’OMS. L’hôpital public sera alors un puissant outil écologique qui aidera à faire face aux difficultés qui arrivent et qui pour un grand nombre sont inconnues ou négligées par le « système » et la « pensée unique ». Des accidents industriels, pharmaceutiques, alimentaires, le maintien d’inégalités insoutenables ont suscité des positions critiques face à un progrès injuste et dangereux.

Un très fort courant s’est développé ayant pour nom « écologie ». Il remet en cause notre modèle de développement. C’est évidemment une question politique désormais essentielle. Nous ne sommes pas extérieurs à la nature, nous en sommes des acteurs. Soyons clairs : ce qui nous différencie fondamentalement des autres vivants c’est notre créativité et, à ce titre,notre responsabilité. Côté sanitaire, il nous faut désormais investir en premier le champ de la prévention. Alimentation, soins du corps, hygiène générale de vie... de l’air en particulier. Beaucoup est à faire de ce côté et, quoi qu’on dise, est incompatible avec notre modèle socio-économique bâti sur une consommation non maîtrisée et des inégalités. Nous ne sommes pas que des consommateurs mais des créateurs. Nous ne sommes pas que des usagers, nous sommes des citoyens.

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 08:49

 

Chers amis, chères amies, sachez-le, le commerce du luxe se porte à merveille. En 2019, la valeur du marché mondial du luxe s’était élevée à 1 268 milliards d’euros. Certes, en 2020, la crise sanitaire a quelque peu ralenti cette évolution. La lecture d’un hors-série du magazine Capital nous apporte de nombreuses informations sur l’évolution de cette activité. On se demande parfois comment on peut dépenser son argent quand on en a énormément, eh bien voici les dernières fantaisies à la mode.

Commençons par un morceau de choix. En octobre 2020, le squelette d’un tyrannosaure a été adjugé, chez Christie’s, pour la modique somme de 31.8 millions d’euros. Certes, il faut le voir chez soi. Les ultrariches ne se battent plus pour acheter des œuvres d’art mais pour des squelettes de dinosaures qui voient ainsi leur côte flamber depuis quelques années.

Si vous préférez les animaux vivants, vous pouvez toujours vous rabattre sur un safari grande classe au Botswana, en louant une « lodge » à un prix compris entre 2 000 et 3 300 euros la nuit par personne. Sinon, vous pouvez aussi louer l’appartement le plus cher du monde, à Monaco, dans la tour Odéon, à 170 mètres de hauteur, somptueux appartement de 3 300 mètres carrés, répartis sur cinq niveaux, avec vue à 360° sur la principauté et la méditerranée. Si vous préférez en faire l’acquisition, il vous en coûtera 300 millions d’euros !

Vous pourriez aussi préférer séjourner pour des vacances, chez une star, à Los Angeles, une maison de 660 mètres carrés, propriété de la chanteuse la plus riche du monde, Rihanna… loyer mensuel 32 000 euros mais à ce prix-là vous pourrez disposer de 10 salles de bains !

Les classiques n’ont évidemment pas disparu, offrez-vous une bouteille d’un excellent whisky, par exemple un flacon de Dalmore 50 ans d’âge, pour 135 000 euros. Une folie, n’en perdez pas une goutte, elle vaut de l’or.

Les grands vins ne sont pas en reste, imaginez une bouteille de Domaine de la Romanée Conti, grand cru de 1945 au prix de 14 173 euros ! A consommer avec la plus extrême modération, ou à garder au coffre-fort !

Et pour finir, même le petit coin a droit au grand luxe. Une cuvette de WC haut de gamme, « le Trône », c’est son nom, au coût compris entre 1 520 et 1 929 euros, selon les accessoires. Il faut bien ça pour pisser un Dalmore ou un Romanée Conti…

Allez, on va s’en remettre avec un peu de philosophie et Montaigne : « Sur le plus haut trône du monde, on n’est jamais assis que sur son cul ».

 

 

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 20:11
Manif de soutien à Florence Gourlay à Lorient le 26 janvier avec les camarades du PCF

Manif de soutien à Florence Gourlay à Lorient le 26 janvier avec les camarades du PCF

Malaise étudiant. Le témoignage de Florence Gourlay, professeure :  Au bout d’un moment, il faut désobéir  (L'Humanité, 1er février 2021)
Malaise étudiant. Le témoignage de Florence Gourlay, professeure : « Au bout d’un moment, il faut désobéir »
Lundi 1 Février 2021

Le 25 janvier, cette professeure de géographie à l’université de Lorient a fait cours en présentiel. L’écho rencontré par son initiative traduit l’urgence d’une plus large reprise pour les étudiants.

 

« Pendant le cours, raconte Florence Gourlay, les étudiants sont restés concentrés, l’ambiance était à l’apprentissage. C’était convivial, avec des interactions pédagogiques, des questions, des regards qui indiquent qu’il faut insister sur telle ou telle notion… » Bref, un cours ordinaire, à l’université de Bretagne Sud (UBS), à Lorient, dans le Morbihan. Sauf que, depuis novembre, la fac est quasi désertée, pour cause d’épidémie et de mise en place de cours « hybrides ». Sauf que ce cours ordinaire est devenu une aventure extraordinaire, organisée par une enseignante et des étudiants déterminés, malgré l’interdit, à « montrer que c’était possible ». Ce qui leur a valu quelques remontrances et un retentissement médiatique inespéré.

Florence Gourlay n’a pas exactement le profil d’une pasionaria. Certes, en dehors de l’université, elle est une femme engagée, élue d’opposition à Lorient sur une liste qui rassemblait la gauche, des Verts aux communistes. Mais, à l’UBS, elle est avant tout cette maîtresse de conférences en géographie depuis 1996, responsable du master « aménagement et urbanisme des territoires littoraux » (Auteli) et qui dispense aussi son savoir auprès des étudiants de la licence « sciences, écologie et société » (SES). Une enseignante que Louen, inscrit en L3, décrit comme « appréciée pour ses cours et proche de ses étudiants »« empathique », ajoute sa camarade Léa, mais qui sait « rester toujours dans une posture de professeure ».

Des cours pirates, sans autorisation

En tout cas, une enseignante suffisamment à l’écoute de ses étudiants, même à distance, pour avoir compris très vite ce que le passage en distanciel impliquait pour eux : « En décembre, on a vu qu’ils commençaient à sombrer. Nous avons de petits effectifs, surtout en master – 18 étudiants en M1 et autant en M2 – et nous les connaissons tous. Ça se manifestait par des caméras coupées pendant les visioconférences, des rendus hors délai… Certains nous disaient clairement qu’ils n’en pouvaient plus. » Gwenaëlle, en M2, était dans ce cas : « Je suis plutôt bonne élève, mais, au bout de trois semaines de visioconférence, j’ai décroché. Je ne trouvais plus de sens à ce qu’on faisait. » Pour des formations professionnalisantes, impliquant beaucoup de terrain, le mode distanciel est encore plus pénalisant. Léa : « On se demande si on aura le niveau pour postuler au master. Très peu d’entre nous ont trouvé un stage, qu’on doit commencer en avril. Ça pèse énormément. On perd l’estime de soi. »

Grâce à ces petits effectifs de master, en négociant âprement avec le rectorat pour pouvoir transformer quelques cours en TP, autorisés en présentiel, Florence Gourlay et ses collègues avaient réussi à maintenir le fil. Mais c’est lors d’un cours de licence, après les partiels de janvier, que le déclic s’est produit : « Je leur ai dit que je n’en pouvais plus et que je ne comprenais pas pourquoi ils ne s’exprimaient pas davantage. Et là, ils m’ont répondu : “Mais nous aussi, Madame, on veut faire cours.” » Louen explique : « On en discutait déjà entre nous. Il y avait de la détresse et aussi un sentiment d’injustice par rapport aux prépas, aux BTS qui, eux, n’ont jamais cessé d’avoir cours. On se disait que c’était possible pour nous aussi, en respectant les mesures barrières. »

« Les licences SES sont des étudiants très impliqués, militants », commente Florence Gourlay. « Ils ont activement participé à l’organisation des marches pour le climat, de conférences sur le changement climatique… » Ni une ni deux : constatant que ce qui est interdit aux universités est autorisé aux lieux de culte, les étudiants contactent églises, mosquées, temples pour tenter d’y organiser des cours. Ils obtiendront d’ailleurs quelques réponses positives.

 

Inutile : Florence Gourlay prend le taureau par les cornes, trouve une salle de 90 places dans l’université, prévient ses supérieurs, reçoit le soutien de son syndicat, le Snesup-FSU, et après un cours en présentiel aux M1, lundi 18 janvier, elle fait cours le lendemain aux L3 : 35 étudiants en présentiel, 22 à distance, mesures barrières respectées. « Ça m’a fait l’effet d’une bouffée d’air, témoigne Léa : se détacher de son ordinateur, voir des gens autour de vous, avec vous… refaire société, en fait. » Louen renchérit : « C’était beaucoup plus intéressant et puis… on ne s’est pas retrouvés seuls à la fin du cours. »

D’autant moins seuls que, de leur propre initiative, ils ont averti les médias, qui ont donné un retentissement national à ce « cours pirate ». « On voulait ça, pose Louen. On n’est pas une génération d’égoïstes, on souhaitait aussi alerter sur la détresse de tous les étudiants, sur l’urgence pédagogique de reprendre les cours, et démontrer que c’était possible. Nous avons voulu en faire un acte politique. » Le soir même, un peu effarée, Florence Gourlay reçoit jusque chez elle des appels « pour (lui) dire : “Vous êtes une résistante !” Une collègue de Poitiers (lui) a dit qu’elle aussi allait faire cours »…

 

 

C’est sans doute cet écho inattendu qui a entraîné sa convocation, le lundi suivant, par la présidente de l’UBS (qui est aussi vice-présidente de la conférence des présidents d’université). Un avertissement sans frais, peut-être aussi grâce à la mobilisation d’une centaine de personnes devant les locaux de l’UBS. « Il ne faut pas exagérer, conclut la géographe, ce n’est pas un acte de résistance. Mais on ne peut pas accepter l’injustice, qu’on nous fasse comprendre qu’il existe des étudiants essentiels et d’autres non essentiels. Au bout d’un moment, il faut désobéir. Ce n’est pas ma carrière qui me soucie, ce sont mes étudiants. » Comme eux, tout ce qu’elle attend à présent, c’est qu’on leur permettre de continuer. À Lorient et ailleurs.

Et maintenant, quelle reprise ?

Depuis le 22 janvier, les universités peuvent faire revenir un peu plus leurs étudiants, au-delà de ceux de première année. La circulaire qui les y autorise prévoit une limite « de 20 % de leur capacité d’accueil globale » et, comme annoncé par Emmanuel Macron à Saclay, une journée par semaine. Plus facile à énoncer qu’à mettre en pratique… Ce qui explique sans doute que peu d’établissements l’aient encore fait, alors qu’ils doivent théoriquement être prêts le 8 février, au plus tard.

Malaise étudiant. Le témoignage de Florence Gourlay, professeure :  Au bout d’un moment, il faut désobéir  (L'Humanité, 1er février 2021)
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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 10:16

 

DIDIER LE RESTE ET PHILIPPE DENOLLE

Membres du bureau de la Convergence nationale rail (CNR)

 

Depuis près de trente ans, l’entreprise publique est victime du libéralisme, produit des politiques nationale et européenne. Une succession de réformes et de lois qui ont conduit en France à l’éclatement de la SNCF en cinq sociétés anonymes. La libéralisation du fret ferroviaire, intervenue en 2006, s’est traduite par un cuisant échec. Malgré tout, les dirigeants de la SNCF ont poursuivi une politique d’externalisation par le rachat d’autres entreprises et le développement des filiales routières, créant les conditions de sa propre concurrence. Une spirale du déclin, condamnant toute possibilité de reprise notable de trafics, contribuant à délaisser nombre de territoires, à détruire l’emploi et à la perte des savoir-faire.

A contrario, la régionalisation des TER, généralisée en 2002, a permis de développer les transports du quotidien mais avec des limites à la suite du désengagement financier de l’État. Aujourd’hui, la région devient un élément décisif pour l’avenir du réseau, au point que l’État organise le transfert de l’entretien de lignes dites de « dessertes fines » aux collectivités territoriales. Une stratégie qui consiste à faire supporter à celles-ci la fermeture de ces lignes et leur transfert sur la route.

Avec la pandémie, la SNCF connaît des pertes abyssales qui s’ajoutent à la dette colossale de l’État que supporte l’entreprise publique. De ce point de vue, où en est-on de la reprise par l’État de 35 milliards de sa dette, promise en 2018 ? A fortiori, dans le cadre du « plan de relance » présenté dernièrement par le gouvernement, celui-ci a bien moins aidé la SNCF que d’autres groupes comme Air France et Renault !

Actuellement, la SNCF poursuit la réduction de l’offre, validée par la plupart des régions pour la partie des TER, voire TET (trains Corail…). Ce sont des guichets fermés, des salles d’attente closes obligeant les usagers à attendre dans le froid pour respecter les gestes barrières. Situation ubuesque, quand, à bord des trains, la SNCF met fin à la réservation obligatoire pour favoriser les remplissages. En début et fin de semaine, de nombreux étudiants et scolaires voyagent dans la configuration des métros aux heures de pointe. Privés de restauration dans les grandes gares, les usagers des TGV sont priés d’éviter de se restaurer, mais finissent par le faire à moins d’un mètre d’un autre voyageur.

Nombre d’usagers interpellent sur les conditions de nettoyage des surfaces de contact avant, pendant et après leurs déplacements quand ces activités sont confiées à des entreprises privées ! Question cruciale au moment où apparaissent plusieurs variants et une controverse sur l’efficacité de certains types de masques ! Pour la CNR, il ne peut y avoir de politique du risque calculé.

La Convergence nationale rail a interpellé le président de la SNCF et le ministre des Transports en exigeant de surseoir au plan d’économies qui se met en place, de rétablir le maximum de trains en créant l’espace nécessaire entre les usagers par la mise en place de réservations gratuites, de mettre en place un protocole sanitaire en gare et à bord des trains, accessible aux usagers et aux cheminots, de revoir l’accueil en gare par la réouverture des guichets et le retour de services essentiels, et, enfin, d’engager rapidement un vaste plan d’embauches de cheminots.

 

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 08:45

 

Le « super giant triple XXL mega king size hamburger” vient de sortir chez McDonald’s. On connaît les dimensions hors normes de cette multinationale, leader mondial de la restauration rapide avec plus 38 000 « restaurants » dans 119 pays, les deux tiers de la planète ! Chaque jour, ce ne sont pas moins de 70 millions de client.e.s qui y sont servis.

En termes d’emplois, McDonald’s est le deuxième employeur privé au monde avec plus de 2 millions de salarié.e.s sous enseigne. Notre pays joue un rôle particulier dans la domination mondiale de la marque. Nous sommes, en effet, le deuxième marché au monde en termes de chiffres d’affaires, juste derrière les Etats-Unis. L’enseigne y emploie plus de 75 000 salarié.e.s dans près de 1 500 « restaurants ».

Il y a quelques jours, une ONG, ReACT*, a publié un rapport qui nous permet, de manière très documentée, de comprendre comment ce géant de la restauration rapide vit cette pandémie planétaire. Disons-le d’emblée, ça ne se passe pas mal du tout.

Hormis le poids économique évident de ce mastodonte, Mc Donald’s sait tirer profit de toutes les aubaines qui se présentent. C’est ainsi qu’ils ont distribué environ 4,6 milliards de dollars à leurs milliardaires. Quelle est leur recette ? L’entreprise doit sans doute disposer des meilleurs directeurs financiers au monde.

McDonald’s émarge à tous les guichets publics existant dans notre pays. Il y a d’abord une politique salariale claire, les bas salaires y sont très majoritaires. Les entités sont quasi exclusivement constituées de moins de 50 salariés, ce qui permet d’échapper à l’obligation de leur verser une participation (environ 1 000 euros par an).

McDo a bénéficié, depuis 2013, du fameux CICE. Selon l’ONG, les montants se situeraient entre 300 et 400 millions d’euros. Suivi par les allègements de cotisations, estimés à 135 millions par an pour les années à venir.

McDo s’était publiquement engagé à créer 20 000 emplois, à la date d’aujourd’hui, nous en sommes à 10 000… Ils ont aussi bénéficié du chômage partiel. Ils peuvent facilement « négocier » leurs loyers, puisqu’ils sont propriétaires des locaux qu’ils occupent via une filiale. Ils bénéficient aussi de primes pour l’embauche de jeunes, 45 millions d’euros par an, et enfin, la suppression des impôts de production leur fera économiser 11 millions par an. Voilà le plus gros hamburger du monde. Avec McDonald’s, c’est le beurre, l’argent du beurre et les cuisses de… Marianne, c’est-à-dire nous tous !

Merci ReACT pour ce beau travail !

*Le rapport de ReACT sera analysé et commenté dans le prochain numéro d’Alternatives Economiques en février

 

 

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31 janvier 2021 7 31 /01 /janvier /2021 08:57
Présidentielle. Le PCF ouvre le débat pour 2022 - Julia Hamlaoui, L'Humanité, 30 janvier 2021 - et Résolution du Conseil National du PCF
Présidentielle. Le PCF ouvre le débat pour 2022
Samedi 30 Janvier 2021
Le Conseil national du PCF, réuni ce samedi en visio conférence, a lancé un appel à contributions et à candidatures en vue de la présidentielle et des législatives. Un texte portant sur son projet et sa stratégie doit être rédigé pour le 13 mars, en vue d’une conférence nationale qui réunira 1 000 délégués en avril, avant un vote de tous les adhérents en mai. En parallèle, les communistes ont choisi leurs têtes de liste pour les régionales de juin en Ile-de-France et en Occitanie.
 

Le débat en vue des élections de 2022 est officiellement ouvert au PCF. Lors d’un conseil national réuni ce samedi, la direction de la formation a adopté une résolution lançant un appel à contributions et à candidatures pour la présidentielle en vue d’une conférence nationale en avril. Celle-ci devrait réunir 1 000 délégués, via un système de visio entre réunions décentralisées, avant un vote de tous les militants du 7 au 9 mai. Même si le PCF continue de « contester sa primauté », l’élection du chef de l’Etat est « un temps majeur du débat politique dans le pays », a rappelé le secrétaire national du PCF Fabien Roussel en ouverture des travaux, samedi. « Nous n’y avons pas participé depuis près de 15 ans désormais, en tout cas, pas en tant que force politique qui présente un candidat et un projet pour le pays, a-t-il poursuivi. Nous allons donc désormais engager le débat et nous préparer à ces échéances présidentielle et législatives ». La prochaine étape de ce débat interne aura lieu le 13 mars avec la présentation d’un projet de texte rédigé à partir des contributions militantes et d’une série d’auditions de personnalités du monde syndical ou encore associatif, menée par une commission présidée par Éliane Assassi et Christian Picquet. À cette date, les aspirants candidats devront également s’être fait connaître. « Je répondrai à l’appel à candidatures », a pour sa part déjà confirmé Fabien Roussel qui a reçu de multiples soutiens ce samedi.

En amont de la dernière présidentielle de 2017, le choix stratégique des communistes - qui in fine avaient soutenu la candidature de Jean Luc Mélenchon - avait donné lieu à de vifs débats et à un 38 econgrès, en 2018, empreint de la volonté de réaffirmer la présence du PCF dans le paysage politique. Cette fois, les premiers échanges sont marqués par le risque de voir l’extrême droite franchir les portes du pouvoir et par l’état de faiblesse de la gauche au sein de laquelle de multiples candidatures s’annoncent. « Le PCF va-t-il laisser faire en contribuant à la division ? », ont ainsi interrogé quelques voix ce samedi. À l’inverse, pour les partisans d’une candidature autonome, celle-ci est nécessaire « pas seulement dans une logique d’affirmation de notre identité mais parce que c’est le moyen de peser sur la reconstruction d’une gauche porteuse réellement de perspectives de changement », a notamment plaidé Christian Picquet. « L’objectif est bien d’aller reconquérir les cœurs et les consciences d’un électorat populaire perdu, déçu, qui ne vote plus ni pour les uns ni pour les autres, voire qui se trompe de colère en votant à droite ou à l’extrême droite », juge également Fabien Roussel. Et d’insister également sur l’importance des législatives : « quel que soit le résultat de la présidentielle, nous devrons renforcer le poids de la gauche à l’Assemblée, et donc celui du groupe communiste, voire construire une majorité si les conditions le permettent ».

La perspective de 2022 n’éclipse pas pour autant les échéances régionales et départementales de 2021. Il s’agit pour le PCF d’y « porter des propositions ambitieuses » notamment en matière de services publics, d’emploi, de lutte contre la pauvreté ou d’écologie, comme de « chercher le rassemblement le plus large au premier puis au second tour » à gauche, a rappelé samedi Fabien Roussel, également candidat dans les Hauts-de-France. Dans cette région, comme en Normandie ou en Auvergne Rhône-Alpes, les communistes visent la tête d’une liste de rassemblement de la gauche, les négociations avec les autres formations étant encore en cours. Dans deux autres régions – l’Ile-de-France et l’Occitanie – les adhérents se sont prononcés par un vote ce week-end. En Occitanie, les résultats n’étaient pas encore définitifs à l’heure où ces lignes étaient écrites, du fait des possibilités de votes par correspondance. En Ile-de-France, sur fond de tensions sur les modalités d’organisation, ils ont choisi à 58,37 % une liste de rassemblement conduite par la députée insoumise Clémentine Autain. Ils ont également élu à 77% leur présidente de groupe au Conseil régional, Céline Malaisé, comme leur cheffe de file.

C’est aussi à agir dès maintenant face à la crise sanitaire et à la gestion chaotique du gouvernement, qu’ont invité les communistes, ce samedi, dans leur résolution. « Des mesures difficiles parce que contraignantes, pour lutter contre cette flambée épidémique, peuvent être prises s’il y a de la transparence, une trajectoire à moyen et long terme, une politique économique et sociale efficace qui empêche les plans sociaux, la pauvreté, une campagne de vaccinations de masse et un soutien à nos hôpitaux publics », estime le député du Nord qui propose un « pacte avec les Français » en ce sens. Campagne pour un accès libre et gratuit des vaccins à tous les peuples, intitulée « Pas de profit sur la pandémie », amplification des mobilisations sociales dans tous secteurs, ou encore pour un plan d’urgence pour les jeunes sont au programme des prochaines semaines.

Amplifier les mobilisations sociales, construire l’alternative dans les luttes et les échéances électorales de 2021 et 2022 !

 

 résolution du conseil national du PCF — 30 janvier 2021

 

Un an après le début de la pandémie, Emmanuel Macron et le gouvernement Castex s’enferment un peu plus chaque jour dans des logiques capitalistes et autoritaires incapables de répondre aux besoins de nos concitoyens.

 

Si la décision d’un troisième confinement était rendue nécessaire par l’arrivée de nouveaux variants du virus, cela ne doit pas masquer l’échec de la politique sanitaire du pouvoir. Après le fiasco des masques et des tests, l’inefficacité de la stratégie de vaccination est un nouveau scandale d’État.

 

Au lieu d’infantiliser les Français, l’heure est à  embaucher dans l’hôpital public et les Ehpad et à construire avec les habitants, les travailleurs, les élus locaux une politique de test et de vaccination à la hauteur des besoin du pays. Il ne peut y avoir de stratégie sanitaire efficace sans démocratie sanitaire. La transparence, la maîtrise publique et citoyenne de la politique de santé, la coopération de l’État avec le Parlement et les élus, les collectivités locales, les acteurs sociaux sont des nécessités.

Le fait que la France, sixième puissance mondiale, ne parvienne pas à répondre aux besoins du pays est une humiliation ! L’échec de Sanofi sur le vaccin et les destructions d’emplois programmées sont un crime industriel et sanitaire. Force est de constater que le pouvoir accompagne les grands groupes, en particulier les laboratoires pharmaceutiques, dans le seul objectif de faire du profit sur la pandémie.  Nous exigeons l'interdiction du plan de suppressions d'emploi de Sanofi, notamment dans la recherche. Nous exigeons des laboratoires la levée des droits sur les brevets. Nous organiserons dans les prochains mois des assises du médicament.

 

       Le conseil national du PCF appelle à amplifier la campagne pour un accès libre et gratuit des vaccins à tous les peuples, intitulée « Pas de profit sur la pandémie » dans le cadre de l’initiative citoyenne européenne.

 

Sur le plan économique et social, les plans de licenciements des grands groupes qui se multiplient sont inacceptables. En cumul, depuis le 1er mars, 84 100 ruptures de contrats de travail ont été envisagées dans le cadre de PSE, soit près de trois fois plus que sur la même période l’année précédente. Et des milliers de petites et moyennes entreprises font faillite.

 

    Le conseil national du PCF appelle à amplifier les mobilisations sociales dans tous secteurs, à participer massivement à la journée d’action interprofessionnelle du 4 février et à agir dans tous les domaines pour une  nouvelle industrialisation et le développement des services publics. C’est le sens des états généraux de l’énergie qui débuteront le 13 février prochain.

 

La pauvreté atteint un niveau inédit depuis la Seconde Guerre mondiale, touchant plus de 10 millions de personnes dans notre pays. Et pendant ce temps, les interventions massives de la BCE et les aides publiques de l’État ont surtout nourri le capital et fait grimper les cours de bourse et les milliardaires français ont gagné 175 milliards d’euros entre mars et décembre 2020, soit deux fois le budget de l’hôpital public ! Ils ont retrouvé leur niveau de fortune en neuf mois quand il faudra plus de dix ans aux plus pauvres pour s’en relever. Les femmes sont particulièrement touchées.

 

       Le conseil national du PCF appelle à se mobiliser avec les habitants des quartiers populaires contre la misère, le racisme, les discriminations et les inégalités, à développer les actions de solidarité concrète, à faire connaître largement notre projet de sécurisation de l’emploi et de la formation visant à éradiquer le chômage et la précarité par de nouvelles mesures de sécurité sociale pour chacune et chacun.

Cela implique de poursuivre notre bataille pour l'emploi et sa sécurisation, tout particulièrement à partir des besoins de création d'emploi et de formation  dans la filière santé, de l'industrie à l'hôpital en passant par la recherche ; des mobilisations contre les plans sociaux des grands groupes et pour une transformation productive ; des exigences de la jeunesse ; de la situation des TPE-PME ; des exigences de contrôle des aides publiques et du chômage partiel.

Cela implique une toute autre utilisation de l’argent, des richesses créées par les travailleurs dont le pouvoir d’intervention doit grandir dans les entreprises et les services et de nouvelles institutions démocratiques à tous les niveaux.

 

Alors que les lycéens, les étudiants et les jeunes travailleurs du pays souffrent fortement de la crise, la politique du pouvoir n’apporte pas de réponse à la hauteur de leurs besoins. Pire, les inégalités s’aggravent car le gouvernement prend prétexte de la crise sanitaire pour accélérer les politiques libérales dans l’éducation en visant la fin de l’école unique, n’assure même pas aux jeunes le filet de sécurité que pourrait constituer le RSA. Nous ne voulons pas d’une génération sacrifiée !

 

     Le conseil national du PCF appelle à la mobilisation pour un plan d’urgence pour les jeunes et pour des états généraux de l’éducation comme l’ont réclamé récemment 100 personnalités issues du monde de l’éducation.

 

Dans ce contexte, les échéances électorales, départementales et régionales prévues en 2021, présidentielle et législatives en 2022, seront décisives pour construire une alternative de gauche et écologiste à Emmanuel Macron, à la droite et l’extrême droite, avec une influence des communistes renforcée.

 

       Pour y parvenir, le conseil national du PCF appelle :

 

à partager largement les projets communistes pour nos départements et nos régions, à agir jusqu’au bout pour les rassemblements les plus larges possibles pour faire gagner la gauche et faire élire le plus grand nombre possibles d’élus communistes pour les mettre en œuvre ;

 

à engager le débat avec les Français sur le projet pour le pays et le rassemblement à faire progresser pour ouvrir à la France une perspective d’espoir, qui rompe résolument avec la domination mortifère du capital comme avec les politiques néolibérales conduites depuis trop longtemps au sommet de l’État, et tout particulièrement celles que mène l’actuel pouvoir macronien.

 

Concernant les échéances de 2022,

 

Il appartient d’ores et déjà aux communistes de s’emparer des enjeux de ce rendez-vous politique qui sera décisif pour notre parti.

 Le conseil national du PCF appelle à l’organisation du débat dès à présent à tous les niveaux du parti sur la présidentielle et les législatives afin de nourrir ce travail par des contributions individuelles ou collectives qui seront mis à disposition à travers la lettre d’information CommunisteS puis sur un site internet national dédié.

La commission nationale du texte est au travail et présentera un projet de texte au conseil national du 13 mars. Toutes les organisations du parti, tous les communistes, seront alors appelés à contribuer à ce projet de texte en vue de la conférence nationale des 10 et 11 avril qui devra adopter un texte définitif et le bulletin de vote.

Les communistes voteront du 7 au 9 mai sur leurs choix pour les échéances de 2022. Le Conseil national du PCF, pour créer les conditions d’une candidature communiste à la présidentielle, lance ce jour l’appel à candidature à cette élection. Cet appel sera clôt le 13 mars au matin et les communistes seront informés des candidatures reçues.

Paris, le 30 janvier 2021

Conseil national du PCF

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31 janvier 2021 7 31 /01 /janvier /2021 08:39

 

Ma question s’adressait à M. le ministre de l’économie, des finances et de la relance. Hallucinants, vertigineux, indécents, tels sont les termes qui pourraient qualifier les constats dressés par l’ONG Oxfam dans son rapport annuel sur les inégalités. Comme le disent si bien ses auteurs, le monde est non seulement confronté au coronavirus, mais aussi au « virus des inégalités ».

Un seul chiffre pour illustrer cette incroyable réalité : pour notre pays, les milliardaires français ont vu leur fortune s’accroître de 175 milliards d’euros en 2020. C’est la troisième plus forte progression au monde, mais aussi l’équivalent de deux fois le budget de l’hôpital public en France. M. Bernard Arnault a même augmenté sa fortune de 44 milliards d’euros entre mars et décembre, un bond de 41 % ! (Exclamations.)

Le lundi 25 janvier, le jour même de la publication de ce rapport, le président de la République déclarait devant un parterre de dirigeants d’entreprises étrangers : « Nous ne ralentirons pas la réduction de l’impôt sur les sociétés, qui sera ramené à 25 % l’an prochain. Nous ne renoncerons pas à la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Et nous réduirons les impôts de production de 10 milliards d’euros par an […]. » Nous en conclurons donc que le remboursement de la dette, ce sera pour tous les autres !

Quand le Gouvernement va-t-il mettre à contribution ceux qui ont de plus en plus pour soutenir ceux qui ont de moins en moins ? (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE et sur des travées du groupe SER.)

M. le président. La parole est à M. le ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises.

M. Alain Griset, ministre délégué auprès du ministre de l’économie, des finances et de la relance, chargé des petites et moyennes entreprises. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur Éric Bocquet, à l’occasion de cette deuxième question sur le rapport d’Oxfam, permettez-moi d’essayer de détailler les premiers propos que j’ai tenus à ce sujet.

Depuis le début de ce quinquennat, le Gouvernement a massivement réduit les impôts sur les ménages. De 2018 à 2021, ce sont 22 milliards d’euros de fiscalité que nous leur rendons.

Nous n’avons pas oublié les ménages les plus modestes – loin de là ! Si on regarde les situations individuelles, on voit que, grâce aux différentes mesures mises en place par le Gouvernement en faveur du pouvoir d’achat, notamment la prime d’activité ou le dégrèvement de la taxe d’habitation, un couple locataire gagnant deux SMIC bénéficiera d’un supplément de revenus de 272 euros par mois.

M. Pascal Savoldelli. Voilà des Français qui coûtent cher !

M. Alain Griset, ministre délégué. Lorsque l’on additionne les mesures fiscales prises depuis le début du quinquennat et jusqu’à la crise sanitaire, l’effet redistributif est largement moindre – de l’ordre de 2,5 fois moins – sur les 20 % les plus aisés que sur les autres ménages.

Notre politique fiscale a démontré son efficacité. Avant la crise, nous avions reconstruit notre compétitivité, enrayé l’exil fiscal et accéléré le retour en France de contribuables.

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) permet de faire contribuer de manière spécifique les foyers les plus aisés aux charges publiques. Le Gouvernement n’envisage pas d’augmenter son taux.

Notre politique consiste à baisser les impôts, non à les augmenter, et ce pour tout le monde. C’est plus vrai encore dans le contexte actuel, qui appelle des mesures de soutien et de relance.

Par ailleurs, une augmentation de ce taux poserait a priori un problème constitutionnel. En venant s’additionner à l’impôt sur le revenu au taux maximal de 45 % et aux prélèvements sociaux de 17,2 %, elle pourrait aboutir à une taxation globale considérée comme confiscatoire par le Conseil constitutionnel.

M. Pascal Savoldelli. Ce que vous dites fait rêver !

M. Alain Griset, ministre délégué. Ainsi, je peux aisément vous répondre que ce gouvernement a été au rendez-vous pour améliorer le pouvoir d’achat de l’ensemble des Français, tout en protégeant les plus vulnérables.

M. le président. La parole est à M. Éric Bocquet, pour la réplique.

M. Éric Bocquet. Monsieur le ministre, y a-t-il quelqu’un à Bercy pour s’occuper des milliardaires ? (Rires.)

Hier, au sommet virtuel de Davos, le président de la République déclarait : « On ne sortira pas de cette crise sans combattre les inégalités. » Passez aux actes ! Rétablissez un ISF renforcé ! Taxez les dividendes ! Augmentez le taux de la taxe sur les transactions financières (TTF), aujourd’hui fixé à 0,3 % ! Combattez résolument l’évasion fiscale, qui nous coûte des dizaines de milliards d’euros chaque année !

 

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30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 08:32

« Jamais nous ne tolérerons que ne soit renié un seul des avantages de la Sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie, cette loi humaine et de progrès ».
C'est cet engagement d'Ambroise Croizat, dont nous célébrons le 120e anniversaire de sa naissance ce 28 janvier, que les communistes, avec de nombreux syndicalistes, font vivre dans toutes les luttes des salarié·e·s et des retraité·e·s face aux attaques portées contre notre modèle social, par les puissances de l'argent et les gouvernements successifs.

 

 

Mises en cause des droit des salarié·e·s, des droits de leurs représentants syndicaux, contre-réformes des retraites... les gouvernements successifs, soucieux de nourrir les appétits de la finance, n'ont eu de cesse de s'attaquer à l'édifice bâti par le ministre communiste.
Et alors que la campagne de vaccination balbutie et n'offre encore aucune perspective de sortie de la pandémie, l'exécutif et sa majorité parlementaire dessinent déjà les projets de régression qu'ils comptent imposer au monde du travail et de la création, comme pour préparer les consciences au pire. 

« Il faudra payer », tel est désormais le credo de ceux qui ont fait de la pandémie une crise sanitaire, parce qu'ils ont, depuis des années, affaibli l'hôpital public et perverti le financement de la Sécurité sociale par l'austérité budgétaire, au profit du grand patronat. 

Ils veulent désormais profiter de la crise économique pour reprendre au plus vite leur entreprise de démolition des fondements de notre modèle social. Avec des conséquences lourdes pour le monde du travail : moins de protection sociale, une retraite précaire et plus tardive, un allongement de la durée du temps de travail, la précarité des contrats. 


Il faut aujourd'hui choisir : soit continuer à préserver le capital, les marchés financiers et les grandes fortunes, qui nous ont mené à cette crise inédite, soit s'engager résolument dans la réponse aux besoins de sécurisation de la santé, de l'emploi, de la formation, du système des retraites pour chacune et chacun.


Ce choix, Ambroise Croizat l'a fait au sortir de la tragédie de la Seconde Guerre mondiale en construisant un édifice jusqu'à lors inconnu et a ainsi permis à notre pays de prospérer.
Aujourd'hui, pour sortir d'une crise inédite depuis 1945, le PCF appelle à être à la hauteur de cet héritage. Il propose d'engager notre pays dans la voie d'un nouvel âge de la Sécurité sociale et de poursuivre ainsi l'oeuvre du Conseil national de la Résistance et d'Ambroise Croizat. Ce sera le sens de toute son action dans les prochains mois, dans les luttes avec les salarié·e·s comme dans les institutions.

 

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