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31 janvier 2021 7 31 /01 /janvier /2021 08:57
Présidentielle. Le PCF ouvre le débat pour 2022 - Julia Hamlaoui, L'Humanité, 30 janvier 2021 - et Résolution du Conseil National du PCF
Présidentielle. Le PCF ouvre le débat pour 2022
Samedi 30 Janvier 2021
Le Conseil national du PCF, réuni ce samedi en visio conférence, a lancé un appel à contributions et à candidatures en vue de la présidentielle et des législatives. Un texte portant sur son projet et sa stratégie doit être rédigé pour le 13 mars, en vue d’une conférence nationale qui réunira 1 000 délégués en avril, avant un vote de tous les adhérents en mai. En parallèle, les communistes ont choisi leurs têtes de liste pour les régionales de juin en Ile-de-France et en Occitanie.
 

Le débat en vue des élections de 2022 est officiellement ouvert au PCF. Lors d’un conseil national réuni ce samedi, la direction de la formation a adopté une résolution lançant un appel à contributions et à candidatures pour la présidentielle en vue d’une conférence nationale en avril. Celle-ci devrait réunir 1 000 délégués, via un système de visio entre réunions décentralisées, avant un vote de tous les militants du 7 au 9 mai. Même si le PCF continue de « contester sa primauté », l’élection du chef de l’Etat est « un temps majeur du débat politique dans le pays », a rappelé le secrétaire national du PCF Fabien Roussel en ouverture des travaux, samedi. « Nous n’y avons pas participé depuis près de 15 ans désormais, en tout cas, pas en tant que force politique qui présente un candidat et un projet pour le pays, a-t-il poursuivi. Nous allons donc désormais engager le débat et nous préparer à ces échéances présidentielle et législatives ». La prochaine étape de ce débat interne aura lieu le 13 mars avec la présentation d’un projet de texte rédigé à partir des contributions militantes et d’une série d’auditions de personnalités du monde syndical ou encore associatif, menée par une commission présidée par Éliane Assassi et Christian Picquet. À cette date, les aspirants candidats devront également s’être fait connaître. « Je répondrai à l’appel à candidatures », a pour sa part déjà confirmé Fabien Roussel qui a reçu de multiples soutiens ce samedi.

En amont de la dernière présidentielle de 2017, le choix stratégique des communistes - qui in fine avaient soutenu la candidature de Jean Luc Mélenchon - avait donné lieu à de vifs débats et à un 38 econgrès, en 2018, empreint de la volonté de réaffirmer la présence du PCF dans le paysage politique. Cette fois, les premiers échanges sont marqués par le risque de voir l’extrême droite franchir les portes du pouvoir et par l’état de faiblesse de la gauche au sein de laquelle de multiples candidatures s’annoncent. « Le PCF va-t-il laisser faire en contribuant à la division ? », ont ainsi interrogé quelques voix ce samedi. À l’inverse, pour les partisans d’une candidature autonome, celle-ci est nécessaire « pas seulement dans une logique d’affirmation de notre identité mais parce que c’est le moyen de peser sur la reconstruction d’une gauche porteuse réellement de perspectives de changement », a notamment plaidé Christian Picquet. « L’objectif est bien d’aller reconquérir les cœurs et les consciences d’un électorat populaire perdu, déçu, qui ne vote plus ni pour les uns ni pour les autres, voire qui se trompe de colère en votant à droite ou à l’extrême droite », juge également Fabien Roussel. Et d’insister également sur l’importance des législatives : « quel que soit le résultat de la présidentielle, nous devrons renforcer le poids de la gauche à l’Assemblée, et donc celui du groupe communiste, voire construire une majorité si les conditions le permettent ».

La perspective de 2022 n’éclipse pas pour autant les échéances régionales et départementales de 2021. Il s’agit pour le PCF d’y « porter des propositions ambitieuses » notamment en matière de services publics, d’emploi, de lutte contre la pauvreté ou d’écologie, comme de « chercher le rassemblement le plus large au premier puis au second tour » à gauche, a rappelé samedi Fabien Roussel, également candidat dans les Hauts-de-France. Dans cette région, comme en Normandie ou en Auvergne Rhône-Alpes, les communistes visent la tête d’une liste de rassemblement de la gauche, les négociations avec les autres formations étant encore en cours. Dans deux autres régions – l’Ile-de-France et l’Occitanie – les adhérents se sont prononcés par un vote ce week-end. En Occitanie, les résultats n’étaient pas encore définitifs à l’heure où ces lignes étaient écrites, du fait des possibilités de votes par correspondance. En Ile-de-France, sur fond de tensions sur les modalités d’organisation, ils ont choisi à 58,37 % une liste de rassemblement conduite par la députée insoumise Clémentine Autain. Ils ont également élu à 77% leur présidente de groupe au Conseil régional, Céline Malaisé, comme leur cheffe de file.

C’est aussi à agir dès maintenant face à la crise sanitaire et à la gestion chaotique du gouvernement, qu’ont invité les communistes, ce samedi, dans leur résolution. « Des mesures difficiles parce que contraignantes, pour lutter contre cette flambée épidémique, peuvent être prises s’il y a de la transparence, une trajectoire à moyen et long terme, une politique économique et sociale efficace qui empêche les plans sociaux, la pauvreté, une campagne de vaccinations de masse et un soutien à nos hôpitaux publics », estime le député du Nord qui propose un « pacte avec les Français » en ce sens. Campagne pour un accès libre et gratuit des vaccins à tous les peuples, intitulée « Pas de profit sur la pandémie », amplification des mobilisations sociales dans tous secteurs, ou encore pour un plan d’urgence pour les jeunes sont au programme des prochaines semaines.

Amplifier les mobilisations sociales, construire l’alternative dans les luttes et les échéances électorales de 2021 et 2022 !

 

 résolution du conseil national du PCF — 30 janvier 2021

 

Un an après le début de la pandémie, Emmanuel Macron et le gouvernement Castex s’enferment un peu plus chaque jour dans des logiques capitalistes et autoritaires incapables de répondre aux besoins de nos concitoyens.

 

Si la décision d’un troisième confinement était rendue nécessaire par l’arrivée de nouveaux variants du virus, cela ne doit pas masquer l’échec de la politique sanitaire du pouvoir. Après le fiasco des masques et des tests, l’inefficacité de la stratégie de vaccination est un nouveau scandale d’État.

 

Au lieu d’infantiliser les Français, l’heure est à  embaucher dans l’hôpital public et les Ehpad et à construire avec les habitants, les travailleurs, les élus locaux une politique de test et de vaccination à la hauteur des besoin du pays. Il ne peut y avoir de stratégie sanitaire efficace sans démocratie sanitaire. La transparence, la maîtrise publique et citoyenne de la politique de santé, la coopération de l’État avec le Parlement et les élus, les collectivités locales, les acteurs sociaux sont des nécessités.

Le fait que la France, sixième puissance mondiale, ne parvienne pas à répondre aux besoins du pays est une humiliation ! L’échec de Sanofi sur le vaccin et les destructions d’emplois programmées sont un crime industriel et sanitaire. Force est de constater que le pouvoir accompagne les grands groupes, en particulier les laboratoires pharmaceutiques, dans le seul objectif de faire du profit sur la pandémie.  Nous exigeons l'interdiction du plan de suppressions d'emploi de Sanofi, notamment dans la recherche. Nous exigeons des laboratoires la levée des droits sur les brevets. Nous organiserons dans les prochains mois des assises du médicament.

 

       Le conseil national du PCF appelle à amplifier la campagne pour un accès libre et gratuit des vaccins à tous les peuples, intitulée « Pas de profit sur la pandémie » dans le cadre de l’initiative citoyenne européenne.

 

Sur le plan économique et social, les plans de licenciements des grands groupes qui se multiplient sont inacceptables. En cumul, depuis le 1er mars, 84 100 ruptures de contrats de travail ont été envisagées dans le cadre de PSE, soit près de trois fois plus que sur la même période l’année précédente. Et des milliers de petites et moyennes entreprises font faillite.

 

    Le conseil national du PCF appelle à amplifier les mobilisations sociales dans tous secteurs, à participer massivement à la journée d’action interprofessionnelle du 4 février et à agir dans tous les domaines pour une  nouvelle industrialisation et le développement des services publics. C’est le sens des états généraux de l’énergie qui débuteront le 13 février prochain.

 

La pauvreté atteint un niveau inédit depuis la Seconde Guerre mondiale, touchant plus de 10 millions de personnes dans notre pays. Et pendant ce temps, les interventions massives de la BCE et les aides publiques de l’État ont surtout nourri le capital et fait grimper les cours de bourse et les milliardaires français ont gagné 175 milliards d’euros entre mars et décembre 2020, soit deux fois le budget de l’hôpital public ! Ils ont retrouvé leur niveau de fortune en neuf mois quand il faudra plus de dix ans aux plus pauvres pour s’en relever. Les femmes sont particulièrement touchées.

 

       Le conseil national du PCF appelle à se mobiliser avec les habitants des quartiers populaires contre la misère, le racisme, les discriminations et les inégalités, à développer les actions de solidarité concrète, à faire connaître largement notre projet de sécurisation de l’emploi et de la formation visant à éradiquer le chômage et la précarité par de nouvelles mesures de sécurité sociale pour chacune et chacun.

Cela implique de poursuivre notre bataille pour l'emploi et sa sécurisation, tout particulièrement à partir des besoins de création d'emploi et de formation  dans la filière santé, de l'industrie à l'hôpital en passant par la recherche ; des mobilisations contre les plans sociaux des grands groupes et pour une transformation productive ; des exigences de la jeunesse ; de la situation des TPE-PME ; des exigences de contrôle des aides publiques et du chômage partiel.

Cela implique une toute autre utilisation de l’argent, des richesses créées par les travailleurs dont le pouvoir d’intervention doit grandir dans les entreprises et les services et de nouvelles institutions démocratiques à tous les niveaux.

 

Alors que les lycéens, les étudiants et les jeunes travailleurs du pays souffrent fortement de la crise, la politique du pouvoir n’apporte pas de réponse à la hauteur de leurs besoins. Pire, les inégalités s’aggravent car le gouvernement prend prétexte de la crise sanitaire pour accélérer les politiques libérales dans l’éducation en visant la fin de l’école unique, n’assure même pas aux jeunes le filet de sécurité que pourrait constituer le RSA. Nous ne voulons pas d’une génération sacrifiée !

 

     Le conseil national du PCF appelle à la mobilisation pour un plan d’urgence pour les jeunes et pour des états généraux de l’éducation comme l’ont réclamé récemment 100 personnalités issues du monde de l’éducation.

 

Dans ce contexte, les échéances électorales, départementales et régionales prévues en 2021, présidentielle et législatives en 2022, seront décisives pour construire une alternative de gauche et écologiste à Emmanuel Macron, à la droite et l’extrême droite, avec une influence des communistes renforcée.

 

       Pour y parvenir, le conseil national du PCF appelle :

 

à partager largement les projets communistes pour nos départements et nos régions, à agir jusqu’au bout pour les rassemblements les plus larges possibles pour faire gagner la gauche et faire élire le plus grand nombre possibles d’élus communistes pour les mettre en œuvre ;

 

à engager le débat avec les Français sur le projet pour le pays et le rassemblement à faire progresser pour ouvrir à la France une perspective d’espoir, qui rompe résolument avec la domination mortifère du capital comme avec les politiques néolibérales conduites depuis trop longtemps au sommet de l’État, et tout particulièrement celles que mène l’actuel pouvoir macronien.

 

Concernant les échéances de 2022,

 

Il appartient d’ores et déjà aux communistes de s’emparer des enjeux de ce rendez-vous politique qui sera décisif pour notre parti.

 Le conseil national du PCF appelle à l’organisation du débat dès à présent à tous les niveaux du parti sur la présidentielle et les législatives afin de nourrir ce travail par des contributions individuelles ou collectives qui seront mis à disposition à travers la lettre d’information CommunisteS puis sur un site internet national dédié.

La commission nationale du texte est au travail et présentera un projet de texte au conseil national du 13 mars. Toutes les organisations du parti, tous les communistes, seront alors appelés à contribuer à ce projet de texte en vue de la conférence nationale des 10 et 11 avril qui devra adopter un texte définitif et le bulletin de vote.

Les communistes voteront du 7 au 9 mai sur leurs choix pour les échéances de 2022. Le Conseil national du PCF, pour créer les conditions d’une candidature communiste à la présidentielle, lance ce jour l’appel à candidature à cette élection. Cet appel sera clôt le 13 mars au matin et les communistes seront informés des candidatures reçues.

Paris, le 30 janvier 2021

Conseil national du PCF

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31 janvier 2021 7 31 /01 /janvier /2021 08:39

 

Ma question s’adressait à M. le ministre de l’économie, des finances et de la relance. Hallucinants, vertigineux, indécents, tels sont les termes qui pourraient qualifier les constats dressés par l’ONG Oxfam dans son rapport annuel sur les inégalités. Comme le disent si bien ses auteurs, le monde est non seulement confronté au coronavirus, mais aussi au « virus des inégalités ».

Un seul chiffre pour illustrer cette incroyable réalité : pour notre pays, les milliardaires français ont vu leur fortune s’accroître de 175 milliards d’euros en 2020. C’est la troisième plus forte progression au monde, mais aussi l’équivalent de deux fois le budget de l’hôpital public en France. M. Bernard Arnault a même augmenté sa fortune de 44 milliards d’euros entre mars et décembre, un bond de 41 % ! (Exclamations.)

Le lundi 25 janvier, le jour même de la publication de ce rapport, le président de la République déclarait devant un parterre de dirigeants d’entreprises étrangers : « Nous ne ralentirons pas la réduction de l’impôt sur les sociétés, qui sera ramené à 25 % l’an prochain. Nous ne renoncerons pas à la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Et nous réduirons les impôts de production de 10 milliards d’euros par an […]. » Nous en conclurons donc que le remboursement de la dette, ce sera pour tous les autres !

Quand le Gouvernement va-t-il mettre à contribution ceux qui ont de plus en plus pour soutenir ceux qui ont de moins en moins ? (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE et sur des travées du groupe SER.)

M. le président. La parole est à M. le ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises.

M. Alain Griset, ministre délégué auprès du ministre de l’économie, des finances et de la relance, chargé des petites et moyennes entreprises. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur Éric Bocquet, à l’occasion de cette deuxième question sur le rapport d’Oxfam, permettez-moi d’essayer de détailler les premiers propos que j’ai tenus à ce sujet.

Depuis le début de ce quinquennat, le Gouvernement a massivement réduit les impôts sur les ménages. De 2018 à 2021, ce sont 22 milliards d’euros de fiscalité que nous leur rendons.

Nous n’avons pas oublié les ménages les plus modestes – loin de là ! Si on regarde les situations individuelles, on voit que, grâce aux différentes mesures mises en place par le Gouvernement en faveur du pouvoir d’achat, notamment la prime d’activité ou le dégrèvement de la taxe d’habitation, un couple locataire gagnant deux SMIC bénéficiera d’un supplément de revenus de 272 euros par mois.

M. Pascal Savoldelli. Voilà des Français qui coûtent cher !

M. Alain Griset, ministre délégué. Lorsque l’on additionne les mesures fiscales prises depuis le début du quinquennat et jusqu’à la crise sanitaire, l’effet redistributif est largement moindre – de l’ordre de 2,5 fois moins – sur les 20 % les plus aisés que sur les autres ménages.

Notre politique fiscale a démontré son efficacité. Avant la crise, nous avions reconstruit notre compétitivité, enrayé l’exil fiscal et accéléré le retour en France de contribuables.

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) permet de faire contribuer de manière spécifique les foyers les plus aisés aux charges publiques. Le Gouvernement n’envisage pas d’augmenter son taux.

Notre politique consiste à baisser les impôts, non à les augmenter, et ce pour tout le monde. C’est plus vrai encore dans le contexte actuel, qui appelle des mesures de soutien et de relance.

Par ailleurs, une augmentation de ce taux poserait a priori un problème constitutionnel. En venant s’additionner à l’impôt sur le revenu au taux maximal de 45 % et aux prélèvements sociaux de 17,2 %, elle pourrait aboutir à une taxation globale considérée comme confiscatoire par le Conseil constitutionnel.

M. Pascal Savoldelli. Ce que vous dites fait rêver !

M. Alain Griset, ministre délégué. Ainsi, je peux aisément vous répondre que ce gouvernement a été au rendez-vous pour améliorer le pouvoir d’achat de l’ensemble des Français, tout en protégeant les plus vulnérables.

M. le président. La parole est à M. Éric Bocquet, pour la réplique.

M. Éric Bocquet. Monsieur le ministre, y a-t-il quelqu’un à Bercy pour s’occuper des milliardaires ? (Rires.)

Hier, au sommet virtuel de Davos, le président de la République déclarait : « On ne sortira pas de cette crise sans combattre les inégalités. » Passez aux actes ! Rétablissez un ISF renforcé ! Taxez les dividendes ! Augmentez le taux de la taxe sur les transactions financières (TTF), aujourd’hui fixé à 0,3 % ! Combattez résolument l’évasion fiscale, qui nous coûte des dizaines de milliards d’euros chaque année !

 

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30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 08:32

« Jamais nous ne tolérerons que ne soit renié un seul des avantages de la Sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie, cette loi humaine et de progrès ».
C'est cet engagement d'Ambroise Croizat, dont nous célébrons le 120e anniversaire de sa naissance ce 28 janvier, que les communistes, avec de nombreux syndicalistes, font vivre dans toutes les luttes des salarié·e·s et des retraité·e·s face aux attaques portées contre notre modèle social, par les puissances de l'argent et les gouvernements successifs.

 

 

Mises en cause des droit des salarié·e·s, des droits de leurs représentants syndicaux, contre-réformes des retraites... les gouvernements successifs, soucieux de nourrir les appétits de la finance, n'ont eu de cesse de s'attaquer à l'édifice bâti par le ministre communiste.
Et alors que la campagne de vaccination balbutie et n'offre encore aucune perspective de sortie de la pandémie, l'exécutif et sa majorité parlementaire dessinent déjà les projets de régression qu'ils comptent imposer au monde du travail et de la création, comme pour préparer les consciences au pire. 

« Il faudra payer », tel est désormais le credo de ceux qui ont fait de la pandémie une crise sanitaire, parce qu'ils ont, depuis des années, affaibli l'hôpital public et perverti le financement de la Sécurité sociale par l'austérité budgétaire, au profit du grand patronat. 

Ils veulent désormais profiter de la crise économique pour reprendre au plus vite leur entreprise de démolition des fondements de notre modèle social. Avec des conséquences lourdes pour le monde du travail : moins de protection sociale, une retraite précaire et plus tardive, un allongement de la durée du temps de travail, la précarité des contrats. 


Il faut aujourd'hui choisir : soit continuer à préserver le capital, les marchés financiers et les grandes fortunes, qui nous ont mené à cette crise inédite, soit s'engager résolument dans la réponse aux besoins de sécurisation de la santé, de l'emploi, de la formation, du système des retraites pour chacune et chacun.


Ce choix, Ambroise Croizat l'a fait au sortir de la tragédie de la Seconde Guerre mondiale en construisant un édifice jusqu'à lors inconnu et a ainsi permis à notre pays de prospérer.
Aujourd'hui, pour sortir d'une crise inédite depuis 1945, le PCF appelle à être à la hauteur de cet héritage. Il propose d'engager notre pays dans la voie d'un nouvel âge de la Sécurité sociale et de poursuivre ainsi l'oeuvre du Conseil national de la Résistance et d'Ambroise Croizat. Ce sera le sens de toute son action dans les prochains mois, dans les luttes avec les salarié·e·s comme dans les institutions.

 

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30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 08:16

 

Loin de la magie supposée la « Silicon Valley », rappelons ce qu’est une « startup », c’est-à-dire en français moderne : une entreprise qui démarre. Une « startup » est une entreprise qui n’a pas encore de modèle économique et qui trouve des financements basés sur une spéculation sur la réussite commerciale d’innovations technologiques dont elle est censée être porteuse. Une « startup » se doit de lever un maximum de fonds financiers en faisant exploser son volume d’affaires, en particulier en maintenant des coûts bas pour assurer le plus haut niveau de rentabilité possible. Pour cela, sous la férule d’un « CEO (6) » érigé en gourou au pouvoir dictatorial, on exploite des armées de stagiaires, d’auto-entrepreneurs et de salariés fortement sous-payés au regard des heures effectuées. En France l’objectif réel des fondateurs de startups est d’empocher un maximum d’aides publiques tout en pratiquant l’« optimisation fiscale » (sic) afin de payer un minimum d’impôt, et en cas de réussite de se faire racheter sa technologie au prix fort par un grand groupe. Il ne s’agit en rien de bâtir une entreprise durable et encore moins de contribuer à lutter contre le chômage ou de participer au bien commun d’une nation.

Le concept de « startup nation » est simple : favoriser la naissance d’une multitude de startups par aides publiques et incitations fiscales, faire que quelque-unes deviennent des licornes (7), et que parmi ces licornes naissent avec un peu de chance des géants mondiaux des nouvelles technologies. Or ce schéma relève du conte de fées. Dans la vraie vie cela ne se passe pas comme ça, en particulier aux États-Unis : une startup comme Telsa-Space X n’aurait pu voir le jour et se développer sans le financement massif du Pentagone, de la NASA et l’exploitation de la « recherche & développement » des plus riches laboratoires universitaires des États-Unis. Aux États-Unis les premières startups sont nées dans les années 1920 dans le sillage du développement technologique de la télégraphie sans fil. Il s’agissait et s’agit toujours, dans le contexte juridique, démographique, géographique et économique particulier des États-Unis, de contourner la bureaucratie et la technocratie étouffantes des grandes entreprises et de l’État fédéral afin de financer des projets technologiques hétérodoxes. Le pari étant que sur des dizaines de milliers de projets qui échouent faute de trouver une utilité ou un modèle commercial, quelques-uns réussissent.

Les États-Unis ne sont pas une startup nation, mais leurs startups participent de leur domination mondiale dans le domaine des technologies nouvelles. Cet éco système des startups ne pourrait exister sans les riches et la puissance des laboratoires des universités de ce pays, sans l’intervention et le soutien de l’État via ses agences comme la NASA ou la DARPA (8), montrant ainsi que pour les États-Unis le libéralisme n’est qu’un produit d’exportation. En s’appuyant sur son richissime complexe militaro-industriel et sur une base industrielle qui reste puissante, seule la puissance du capitalisme américain peut se payer le luxe du système des startups qui est hyper spéculatif, très coûteux en ressources financières, générateur d’énormes gâchis humains, mais qui permet de produire les GAFAM, Tesla, SpaceXX, Intel, Cisco, Moderna, et bien d’autres groupes en situation d’oligopole… Or le contexte du capitalisme français est tout autre, le pays a été fortement désindustrialisé, les universités sont très loin d’avoir les moyens de leurs homologues étatsuniennes, il n’existe pas d’équivalent à la DARPA, ce qui rend le système des startups inadapté et inadaptable à la réalité française. Imiter servilement les États-Unis ne peut que conduire à l’échec.

L’incapacité à développer un vaccin, la désorganisation de la campagne de vaccination contre la Covid-19 ont fini de démontrer que la «startup nation » avec sa « French tech » n’était qu’un village Potemkine.

En effet, malgré la multiplication des startups de biotech en France, cet éco système est en échec sur la conception d’un vaccin contre la Covid-19. Les startups du numérique ont pour leur part été incapables de concevoir une plateforme globale pour organiser la vaccination. Seul doctolib a proposé une application très frustre de prise de rendez-vous en ligne à partir de son application générale. Or dès l’été, au moment où la plupart des vaccins entraient en phase 3, l’anticipation d’une organisation efficace de la campagne appelait la production d’une plateforme numérique nationale globale pour gérer la logistique, mais aussi les rendez-vous des personnes à vacciner, leur accueil, leur suivi, les ressources humaines et matérielles à mobiliser sur les lieux de vaccination, l’organisation de l’accès à ces lieux, la constitution d’équipes mobiles de vaccination… Dans un pays correctement administré, cette plateforme aurait pu naître d’une mobilisation et d’une coopération coordonnée par l’État entre services publics de santé, services de l’État, pompiers, l’armée avec son service de santé, ses moyens logistiques et la Délégation générale à l’armement, les collectivités territoriales, l’université, le CNRS, le CEA, la Sécurité sociale, les centres et écoles de formation d’informaticiens, la communauté du logiciel libre, les entreprises de la filière informatique, la CNIL et l’ANSSI (9) pour la protection des données. Ce grand projet commun et collectif à toute la nation aurait pu prendre la forme d’un hackathon géant. Pour cela, il aurait fallu avoir un gouvernement qui fasse confiance aux capacités d’initiatives et de créativité de son peuple en entier et non en une poignée de « premiers de cordée ». Or ce gouvernement se défie de son peuple, il en a peur.

Notre pays n’a pas besoin de devenir une « startup nation » pour le seul profit parasitaire de quelques grands groupes capitalistes, il doit simplement faire nation avec et pour tout son peuple. C’est ce à quoi œuvre le Parti communiste français avec ses parlementaires et ses élu·e·s territoriaux.

Yann Le Pollotec

secteur numérique

 

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30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 08:00
Ian Brossat en meeting des Européennes à Rennes (photo France Chapa)

Ian Brossat en meeting des Européennes à Rennes (photo France Chapa)

Il faut construire en conciliant l’écologie et le social

Ian Brossat Maire adjoint PCF à Paris, en charge du logement

Imaginait-on, il y a encore quelques années, qu’une étrange coalition contre nature, associant la droite la plus réactionnaire, EELV et la France insoumise, puisse s’opposer à la création de 80 logements sociaux (55 pour des familles modestes, 25 pour des sans-abri) en plein cœur du 16e arrondissement ? Une telle perspective aurait été tout simplement inenvisageable. C’est pourtant ce qui s’est produit, rue Erlanger. Pour annuler le permis de construire, le tribunal administratif s’appuie sur un vœu adopté au Conseil de Paris, au printemps dernier, par cette alliance de la carpe et du lapin.

Les arguments invoqués par les opposants sont pourtant d’une insondable faiblesse, arguant du fait qu’il s’agirait de « bétonner » un espace vert, oubliant que les logements prendraient la place d’une cour d’école bitumée et ignorant par la même occasion que le site est situé à 200 mètres du bois de Boulogne.

Cet événement n’aurait guère d’importance s’il ne renvoyait pas à un débat plus large sur l’avenir de nos métropoles. À l’heure où plusieurs municipalités lancent une révision de leur plan local d’urbanisme, un mot est dans toutes les bouches, « dédensification ».

La densité, voilà l’ennemi. C’est mettre de côté deux éléments fondamentaux. Le premier, c’est que les besoins en logements – et tout particulièrement en logements abordables – sont absolument considérables. Le deuxième, c’est qu’à ne pas vouloir bâtir d’habitations en zone dense, on prend le risque de pousser à l’étalement urbain, donc à l’artificialisation des terres. Car il faut bien construire quelque part. Notre pays compte désormais 300 000 sans domicile fixe, et il y a fort à parier que cet état de fait se dégrade dans les années qui viennent avec la crise économique et sociale qui s’aiguise.

À cet argument, beaucoup répondent qu’il conviendrait plutôt de mobiliser les surfaces vacantes : logements et immeubles de bureaux vides. Ce point est juste. Il l’est tellement que la Ville de Paris n’a attendu personne pour convertir 350 000 mètres carrés de bureaux obsolètes en logements au cours des six dernières années. La capitale compte par ailleurs plus de 100 000 logements vacants. Mais c’est oublier un peu vite que les municipalités n’ont aucun pouvoir de réquisition ; celui-ci est à la main du préfet, qui, lorsque des adresses lui sont pourtant signalées, rechigne à l’appliquer. Il y aurait matière à se mobiliser pour réclamer que les communes disposent de plus de compétences dans ce domaine. Après tout, les élus locaux ne seraient pas les plus mal placés pour décider de la réquisition de tel ou tel bâtiment laissé inoccupé depuis des lustres. Il reste que les municipalités ne disposent pas de cette arme-là aujourd’hui et il est fort peu probable que le gouvernement, qui n’a pas témoigné d’une confiance débordante vis-à-vis des collectivités territoriales, leur confie cette responsabilité.

Faut-il par conséquent attendre un bouleversement législatif – peu plausible à court terme – pour agir en faveur du logement pour tous ? Assurément non. Encore moins dans cette période caractérisée par une explosion de la pauvreté et de la précarité. Il faut par conséquent construire. Et il veut mieux construire en zone dense qu’entretenir le développement du pavillonnaire en deuxième couronne. C’est, à mes yeux, la seule position cohérente et sérieuse. La seule qui permette de concilier l’écologie et le social.

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29 janvier 2021 5 29 /01 /janvier /2021 10:27

La France fait face à une augmentation importante de personnes contaminées. La circulation du virus s’emballe. La situation est préoccupante, notamment à cause de plusieurs souches de virus mutants présentes dans le pays.

 

 

Pourtant l’incertitude, l’angoisse d’un reconfinement, l’absence de perspective, la crise sociale qui s'aggrave pèsent sur tous les français-es, qu’ils soient étudiant-es, salarié-es, retraité-es, ou chefs d’entreprise. Ce dont le pays a le plus besoin aujourd’hui, ce qui doit être au cœur des prochaines décisions, c’est une trajectoire, une véritable stratégie pour les prochains, une gestion de la crise pour enfin voir le bout du tunnel.

L’exécutif doit passer un pacte de vérité et de transparence avec le peuple de France. Il n’y a pas 66 millions de procureurs, il y a 66 millions de gens qui ont déjà beaucoup donné, qui ont accepté les consignes sanitaires, qui ont tenu le pays à bout de bras, notamment les personnels de santé et les salariés de la seconde ligne, qui éprouvent une grande lassitude face à un horizon sanitaire et social toujours plus menaçant.

Si nous devons passer par une nouvelle période de confinement, un vrai débat démocratique doit permettre d’en décider les modalités. Pour le Parti communiste français, les prochaines semaines doivent d’abord être celles d’une vaccination massive, car le vaccin est la seule solution contre ce virus. Seule la vaccination nous permettra de sortir des confinements qui brisent un nombre considérable de vies.

Je demande un débat régulier, hebdomadaire au parlement pour que les décisions soient prises collectivement et non à 15 dans un bunker avec un Président coupé du monde et de la réalité.

Je demande à ce que l’on donne une trajectoire à nos concitoyens : confinement, vaccination, déconfinement, ouverture progressive des lieux culturels, sportifs et des restaurants… jusqu’à l’été 2021.

 

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,

 

 

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29 janvier 2021 5 29 /01 /janvier /2021 09:32

 

Sanofi, Michelin, Thalès, Air France KLM, Les Fonderies du Poitou, Derichebourg Aeronautics, Mecafi, Jacob Delafon, Auchan, Comatelec, Sodexo… La litanie pourrait continuer encore, et elle fait froid dans le dos. Ces derniers mois, les annonces de si mal nommés « plans de sauvegarde de l’emploi » se sont succédé, trop souvent assorties d’une tentative de nous faire croire que ces suppressions d’emplois massives sont une conséquence de la pandémie de la Covid-19.

 

 

Pourtant, certains de ces plans étaient prévus bien avant la crise, tandis que d’autres ont été annoncés au sein d’entreprises dont les carnets de commandes sont pleins, comme par exemple dans le cas de l’équipementier aéronautique Lisi-Creuzet. Or, ces vagues de licenciements interviennent au sein de groupes ayant pour la plupart bénéficié d’aides publiques depuis des années, notamment du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) ou du Crédit d’impôt recherche (CIR). Surtout, nombre de ces groupes ont été aidés par l’État pendant la crise sanitaire, que ce soit sous la forme de Prêts garantis par l’État ou de chômage partiel. Les exemples sont nombreux, tel celui du voyagiste TUI France qui se débarrasse – il n’y a pas d’autres termes lorsqu’un directeur annonce un PSE par visioconférence sans concertation depuis sa résidence au Maroc – de 60 % de ses effectifs français alors que 100 millions d’euros de prêts garantis par l’État allemand ont été consacrés à la branche française.

Si encore ces groupes s’appliquaient à eux-mêmes leurs pratiques austéritaires d’économies de bouts de chandelles, sans doute la pilule passerait-elle mieux. Mais loin de mettre en pratique les vertus qu’ils prêchent – pour les autres –, les actionnaires n’ont de cesse de continuer à se verser leurs dividendes et à les augmenter toujours davantage. La tendance est au profit immédiat, même en période de crise, sans vision d’avenir pour les entreprises devenues les cibles de ces parasites voraces qui ponctionnent tant et plus de dividendes. Dividendes par ailleurs chers payés, puisque ce faisant ils dépouillent la recherche et le développement, les investissements, la formation… et, bien évidemment, les salariés qui en paient le prix, sans compter les bassins d’emplois sinistrés et la perte d’attractivité des territoires concernés. Car les entreprises ne sont pas – ou plutôt, ne devraient pas être – des jouets aux mains des actionnaires : elles représentent la force productive de la France, elles fonctionnent grâce aux salariés, à leurs savoir-faire et leurs compétences, sont en lien direct avec leurs sous-traitants qui bien souvent dépendent d’elles. Plus grave, cette tendance traduit une modification profonde du rapport à la souveraineté de la France et de sa stratégie industrielle, à l’œuvre depuis des décennies.

Qu’on se penche un instant seulement sur le cas de Sanofi qui a annoncé 400 suppressions d’emplois cette année. Qu’est-ce qui se cache derrière ce plan, au-delà des pertes d’emplois – dramatiques – pour les salariés, et de la perte de compétences et de savoir-faire ? Ces 400 emplois concernent la recherche et développement, ce qui, pour un pharmaceutique en pleine pandémie, donne le frisson, d’autant que ce sont en tout quelque 1 000 emplois en France qui sont visés sur trois ans. Or, au cours des dix dernières années, Sanofi a touché autour d’un milliard d’euros de crédits d’impôts divers (CIR, CICE). Et n’oublions pas que l’entreprise bénéficie des remboursements de médicaments de la Sécurité sociale, ce qui représente 80 % de son chiffre d’affaires – chiffre d’affaires d’ailleurs en hausse du fait de la vente d’antidouleur en période de pandémie de la Covid-19. Ce serait risible si ce n’était pas si tragique.

Le groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste au Sénat porte la conditionnalité des aides publiques aux garanties d’emplois, ainsi que les enjeux de souveraineté et la nécessaire réindustrialisation de la France. 

Fabien Gay

sénateur

 

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29 janvier 2021 5 29 /01 /janvier /2021 09:27

 

*Le docteur Michel Limousin, est coordonnateur du livre Refonder l’hôpital public et coanimateur du Comité français pour le soutien à la pétition ICE « Pas de profit sur la pandémie »

La pandémie de Covid 19 touche des millions de gens et a déjà fait près de deux millions de morts. C’est une catastrophe naturelle dont les causes sont encore à ce jour mal définies. Elle occupe les médias avec des chiffres, des statistiques, des conseils… où tout se mélange, mais à y regarder de près elle apparaît surtout comme révélatrice des difficultés de notre système de santé. Celui-ci est impacté par les politiques d’austérité qui se sont succédé depuis trente ans. Il est malmené dans toutes ses composantes et l’hôpital public n’est pas le dernier à en subir les conséquences. La privatisation féroce des établissements accueillant les personnes âgées n’est pas non plus pour rien dans le désastre des 10 000 morts de la première vague de Covid et des déjà 5000 morts dans le début de la deuxième vague en cours.

Il y a un an, un certain nombre d’entre nous, sur la base des travaux de la Commission nationale santé et protection du Parti communiste, se sont lancés dans la rédaction d’un ouvrage qui avait pour but de livrer une analyse assez complète de la question et de faire des propositions. Ce livre, Refonder l’hôpital public, est paru en juin 2020, au Temps des Cerises. C’est cette trame qui a permis de proposer une série d’articles sur ce sujet à la rédaction de Progressistes qui nous sollicitait. Nous traitons dans notre dossier un certain nombre de questions évoquées dans cet ouvrage.

Tout d’abord soulignons un aspect idéologique qui met sous contrainte l’hôpital et l’enfonce dans la crise : l’idée sans cesse martelée que la santé et la protection sociale seraient des charges pour la société. Dans cette optique, les ressources doivent être constamment limitées sous peine de gâchis et les fonds alors libérés doivent aller au capital supposé productif. Or le progrès économique et social est un tout. C’est l’homme qui produit la richesse. Tout ce qui lui permet de vivre mieux est facteur de développement économique et social. Si on se réjouit légitimement du développement de l’industrie de la culture, du tourisme, de l’habitat ou de l’électroménager, pourquoi ne se réjouirait-on pas du développement de l’économie de la santé ? Est-ce que c’est parce qu’il échappe en partie au contrôle du mégacapital ? parce qu’il est largement socialisé ? C’est la myopie de cette idéologie du marché qui a orienté le système vers la privatisation et immédiate en appliquant des règles de gestion stupides : réduction du nombre des personnels de santé, réduction des capacités d’accueil, maintien des bas salaires, abandon des outils de sécurité, abandon des politiques de prévention et de prévision, destruction progressive des ressources de l’Assurance maladie, gestion autoritaire et antidémocratique au profit du privé. Bref, l’incohérence a fait le lit des errements du gouvernement qui sont aujourd’hui visibles comme jamais.

Tout le monde est sur le pont pour lutter contre le coronavirus. On ne peut faire l’impasse sur cette urgence. Mais ne perdons pas de vue la nécessité d’une réflexion approfondie sur les causes de la crise sanitaire. Des propositions de sortie de crise doivent être construites ensemble, des alternatives doivent être proposées dans le débat public. C’est pourquoi nous avançons l’idée d’une réforme du système industriel de recherche et de production des médicaments et de vaccins. C’est cette idée de bien commun universel pour tous les peuples qui nous guide, et c’est pourquoi nous avons lancé avec plus de vingt organisations diverses une initiative citoyenne européenne (ICE) le 30 novembre 2020 intitulée « Pas de profit sur la pandémie », que nous vous invitons à signer sur le site https://noprofitonpandemic.eu . Réfléchir, proposer, rassembler, agir, c’est notre démarche

 

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29 janvier 2021 5 29 /01 /janvier /2021 09:26

 

Avec les vaches de race charolaise, limousine, blonde d’Aquitaine, salers, Aubrac, rouge des prés et quelques autres, les éleveurs français disposent d’une sélection génétique incomparable dans l’Union européenne. Mais, depuis quelques années, tirer un revenu décent de ce type d’élevage devient difficile. Le prix de vente des bovins de boucherie reste bas. Des étés de plus en plus chauds et secs sont devenus des facteurs aggravants faisant croître les coûts de production et favorisant le stress chez les animaux.

Par Gérard Le Puill

 

Selon l’Institut de l’élevage, la production de viande bovine a baissé en France de 1 % durant l’année 2020. Cette baisse serait imputable à une « décapitalisation » qui consiste à vendre plus d’animaux que souhaité quand on manque de trésorerie. Car on assiste à une augmentation des coûts de productions imputable aux sécheresses de 2019 et 2020. Selon les éleveurs du Massif Central affiliés à la FNSEA, la priorité est d’obtenir des « prix couvrant les coûts de production » au moment de vendre les animaux de boucherie, ce qui n’est pas toujours le cas. Les difficultés sont encore plus grandes sur le marché des « broutards », ces jeunes bovins vendus au moment du sevrage pour être engraissés en Italie notamment. Sur le marché intérieur, les baisses de prix résultent surtout des importations de viandes issues des vaches laitières de réforme dont usent et abusent les distributeurs pour leurs promotions à prix cassés.

Dans la filière allaitante, le prix du kilo de carcasse des jeunes bovins engraissé en France pour la boucherie a toujours été inférieur à 3,70 € entre le mois d’août et le mois de décembre 2020 alors qu’il se situait entre 3,85 et 3,95 € au cours des mêmes mois en 2019. De même, les jeunes bovins maigres, ces « broutards » dont la France exporte plus de 800 000 têtes par an au moment du sevrage pour être engraissés dans d’autres pays, se sont vendus 5 à 10 % moins cher en 2020 qu’en 2019. Le prix du kilo vif était tombé 2,41 € en décembre. Il était de 2,43 € le 18 janvier dernier à Mauriac.

200 000 vaches de moins en deux ans

Alors que de nombre de vaches allaitantes dépassaient les 4 millions de têtes en 2015, 2016 et 2017, il est tombé à 3, 9 millions en 2019 et à 3,8 millions en 2020. En Europe, la France possède, et de loin, le plus gros troupeau de vaches allaitantes issues de prestigieuses races à viande. L’augmentation des effectifs a été favorisée sur plusieurs décennies par la Prime annuelle au maintien du troupeau de vaches allaitantes (PMTVA) versée par l’Union européenne pour chaque mère qui fait naître un veau par an. Cela a permis de préserver l’élevage à l’herbe sur des terres peu favorables aux cultures céréalières.

Mais, en viande bovine, les marchés des pays tiers sont difficiles à conquérir, à commencer par celui de la Chine, qui fait jouer la concurrence internationale. Ces pays tiers n’ont acheté que 33 400 broutards en France sur les sept premiers mois de l’année 2020, dont 26.500 pour l’Algérie, soit un repli de 23 % sur 2019. Ajoutons que ces longs transports d’animaux vivants ne sont pas ce qui se fait de mieux en matière de bien-être animal.

Inquiétudes sur les conséquences du réchauffement climatique

La PMTVA est indispensable pour le maintien du troupeau allaitant, comme pour l’élevage à l’herbe permettant de stocker du carbone. Il serait possible et souhaitable d’en augmenter le montant par tête. Mais peut-être conviendrait-il, en même temps, de faire croître la superficie par vache sur chaque exploitation dans le cadre de la prochaine réforme de la Politique agricole commune. Cela permettrait de rendre les exploitations plus autonomes en fourrages avec un moindre chargement d’animaux à l’hectare. Car, depuis quelques mois, nous assistons aussi à une hausse de plus de 20 % des prix des céréales fourragères et des tourteaux de soja utilisés pour engraisser le bétail.

Avec le réchauffement climatique, le plus dur est peut-être à venir pour la filière française des bovins à viande. Dans l’hebdomadaire « La France Agricole » du 20 novembre 2020, un dossier était consacré à l’adaptation de cet élevage au changement climatique. L’étude indiquait que « les rendements fourragers sont attendus en forte baisse » dans les prochaines décennies. Parallèlement, « les trois dernières années de sécheresse ont également fait mûrir la réflexion des organismes de sélection quand aux orientations de leurs races respectives ». En Bourgogne prédomine la race charolaise tandis que la limousine, la salers et la blonde d’Aquitaine occupent plutôt les zones situées au sud de la Loire.

Les études concluaient que le stress des animaux ira croissant au fil des ans sur des périodes allant du milieu du printemps au milieu de l’automne. Trois graphiques figuraient côte à côte dans ce dossier, à partir d’une étude réalisée par le modèle de prédiction « Adalin RCP » dans le nord-ouest de la Saône et Loire. Le premier était consacré aux années comprises en 1986 et 2015. Sur les 100 jours les plus chauds de ces années, l’étude pointait une moyenne de 30 jours de « stress léger » dans les troupeaux de bovins sous l’effet de la chaleur. Il y avait autant de jours avec un « stress modéré ». S’y ajoutaient 20 jours de « stress marqué », dans les périodes de forte canicule. Les prévisions portant sur les années qui vont de 2030 à 2060, faisaient croître sensiblement le nombre de jours en « stress marqué » et en « stress modéré » tandis que reculait parallèlement le nombre de jours en « stress léger ». Entre 2070 et 2100 on atteignait une moyenne globale de plus de 50 jours de « stress marqué » sur 100.

La grotesque leçon d’économie du président Macron en 2019

Alors que la situation des éleveurs est difficile, la Commission européenne est mandatée par les pays membres de l’Union européenne, dont la France, pour négocier et signer des accords de libre-échange avec l’Australie et la Nouvelle Zélande, deux pays qui veulent aussi vendre plus de viande bovine en Europe. Ceci après d’autres accords déjà signés avec le Canada et les pays du Mercosur dont le Brésil et l’Argentine. Nous savons aussi que les exportations accrues de produits agricoles par les pays de Mercosur sont responsables des incendies et de la déforestation qui fait croître le réchauffement global de la planète.

Enfin, après avoir montré la complexité des problèmes actuels et à venir de la filière des bovins à viande en France, reproduisons, tels que publiés par l’hebdomadaire « l’Express » en novembre dernier, les propos tenus par le président Macron devant ces éleveurs lors d’un repas pris en commun sur le Salon de l’Agriculture en février 2019. Ce jour-là, après avoir fait la leçon aux éleveurs de porcs, le président de la République s’adressait aux éleveurs de bovins allaitants en ces termes : « Je vous ai ouvert les portes de la Chine et vous n’avez exporté que quelques tonnes. En France, les gens veulent du steak haché au restaurant, le charolais ne les intéresse pas. Donc bougez-vous ».

Cette fois encore, le parler « cash » de l’actuel président de la République le conduisait à faire étalage de son incompétence sur un dossier qu’il connaît mal. Ce faisant, il affichait aussi son mépris pour ceux et celles qui travaillent dur pour nourrir leurs semblables, sans en tirer un revenu leur permettant d’en vivre décemment.

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 19:59
Sécurité sociale. L’indispensable héritage d’Ambroise Croizat (L'Humanité, 28 janvier 2021)
Sécurité sociale. L’indispensable héritage d’Ambroise Croizat

L’ancien ministre du Travail communiste, né il y a cent vingt ans, le 28 janvier 1901, fut l’un des grands artisans de notre système de Sécurité sociale. Bien qu’il ait prouvé sa robustesse face à la crise, ce dernier est toujours la cible d’attaques.

 

« Libérer les Français de l’angoisse du lendemain. » Cette injonction, brandie comme un credo, Ambroise Croizat (1901-1951), qui aurait eu 120 ans ce jeudi, s’est attaché à la faire vivre à travers la Sécurité sociale, édifice maintes fois attaqué mais plus que jamais d’actualité. Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, le ministre du Travail (1) a contribué à jeter les bases du système de protection sociale français, dans l’esprit indiqué par le Conseil national de la Résistance (CNR). Aujourd’hui, même les responsables du gouvernement se félicitent de ce « filet de protection » qui nous a aidés à amortir le choc de la crise. Ce sont pourtant les mêmes qui travaillent à son affaiblissement.

1. L’assurance-maladie, indispensable mais attaquée

Hospitalisations, arrêts maladie, campagnes de dépistage, de vaccination… la crise sanitaire a mis à l’épreuve la branche maladie de la Sécurité sociale, et l’édifice pensé par Ambroise Croizat a tenu le choc. Mais, si notre système de protection sociale a permis d’éviter une explosion de la précarité, l’État, en choisissant de financer ses mesures d’urgence liées à la pandémie par l’alourdissement de la dette de la Sécurité sociale, « continue de poser les jalons de son démantèlement », déplore la CGT. Ainsi, de 1,5 milliard d’euros de déficit en 2019, la branche maladie de la Sécurité sociale a enregistré un déficit record de 33,7 milliards d’euros en 2020. Et les prévisions pour 2021 tablent sur un endettement de 19 milliards d’euros.

« C’est le rôle de la Sécurité sociale de prendre en charge la santé dans son ensemble, elle a été fondée sur cette base, pour éviter que la santé ne soit une marchandise », explique Murielle Pereyron, de la CGT organismes sociaux du Rhône. Pour la syndicaliste, « ce  trou » ne doit pas être vu comme n’importe quelle dette. « La Sécu est constitutionnelle, elle ne peut pas faire faillite », rappelle-t-elle. Pourtant, « ce gouvernement, que la pandémie n’a jamais fait varier de politique, va chercher à faire payer la note aux salariés et aux retraités par le biais des contributions au remboursement de la dette sociale ».

Les faits donnent d’ailleurs raison au syndicat. La loi de financement de la Sécurité sociale, votée fin 2020, en pleine crise sanitaire, prévoit 800 millions d’euros de réduction des dépenses. Une austérité menée au nom du déficit de l’assurance-maladie, qui justifie depuis des années, déremboursements, suppressions de postes, de lits d’hôpitaux et autres restrictions. Quant aux tests PCR, « une franchise médicale de 2 euros est facturée aux assurés pour chacun d’eux », relève Murielle Pereyron.

 

2. L’assurance-chômage mise sous tutelle

Le gouvernement persiste et signe dans son ambition de rogner les droits des privés d’emploi. S’il promet de n’appliquer certains points de sa réforme régressive de l’assurance-chômage de 2019 qu’en cas d’éclaircie économique, les mesures les plus dangereuses comme le changement du mode de calcul du salaire journalier de référence (SJR) sont toujours d’actualité. Faisant fi de l’opposition farouche des syndicats, le ministre du Travail envisage un décret d’application d’ici quelques semaines. Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron poursuit au bulldozer son entreprise de reprise en main de l’Unédic.

En octobre 2018, une première étape cruciale avait été franchie avec la suppression de la cotisation salariale pour financer le régime au profit de la CSG, entérinant un changement de philosophie majeur. Au fondement même de l’assurance-chômage, la gestion paritaire (syndicat et patronat) prend alors un sérieux coup dans l’aile.

Créé en 1958 sous l’impulsion du général de Gaulle, ce système était à son origine conçu pour verser un revenu de remplacement aux salariés de l’industrie et du commerce se retrouvant sans emploi. La première convention fut signée la même année par le CNPF (ancêtre du Medef) et la CGC, FO et la CFTC. La CGT, elle, aurait alors préféré que cette caisse devienne une 5e branche de la Sécurité sociale.

Soixante-deux ans plus tard, le pouvoir macroniste s’inscrit à rebours de l’histoire. Et ce n’est pas fini. Dans une étude dévoilée le 12 janvier, les économistes du Conseil d’analyse économique préconisaient même une étatisation de sa gouvernance. Pour la CGT, en ces temps de crise majeure, il serait plutôt temps « d’ouvrir l’assurance-chômage à toutes celles et tous ceux privés du droit au travail ».

3. Le régime des retraites, rempart menacé

Ambroise Croizat n’a pas inventé le système de retraites, mais il fut l’un des grands artisans de son extension. En 1945, un million de Français seulement bénéficient d’une couverture, quand les autres se débrouillent avec leurs économies.

Le 22 mai 1946, après des mois de débats, le ministre arrive à ses fins : la loi posant le principe de la généralisation du régime à tous les travailleurs est votée. « Quand il quittera le gouvernement, en mai 1947, le montant des retraites aura augmenté de 130 %, écrit l’historien Michel Étiévent. Plus de 4 millions de Français en bénéficient. »

Depuis, le régime a été considérablement élargi, avant d’être attaqué par les gouvernements libéraux (réformes Balladur de 1993, Fillon de 2003, Woerth de 2010, etc.). Malgré la crise, le pouvoir macroniste n’a pas renoncé à sa réforme, qui vise notamment à instaurer un système par points, très inégalitaire. Avec le sempiternel argument du déficit comme justificatif : « Je suis désolé de devoir me répéter, mais nous aurons besoin d’une réforme des retraites qui rétablisse les équilibres financiers », a encore martelé le ministre Bruno Le Maire, ce mercredi.

4. Une cinquième branche polémique

Alors que la pandémie a très durement frappé les personnes âgées, le débat autour de la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale, consacrée à l’autonomie, est revenu sur le devant de la scène. Plébiscitée par le gouvernement et le patronat, l’instauration d’un 5e risque distinct révulse la CGT. Le syndicat plaide pour une prise en charge de la dépendance par la branche maladie. « En quoi les soins nécessaires aux personnes dépendantes diffèrent-ils des soins pris en charge par la branche maladie ? En rien », martèle le syndicat, qui fustige un projet taille patron. En effet, le financement de ce 5e risque serait, entre autres, assuré par l’impôt (CSG et CRDS). « Tout sauf les cotisations sociales, tout sauf le salaire socialisé ! » alerte la CGT, qui pourfend « une branche pour les personnes âgées qui ne coûte rien aux employeurs ».

5. Pour une sécurité sociale intégrale

Reconquérir les principes fondamentaux de la Sécurité sociale, à savoir l’universalité, la solidarité, la répartition ou encore la globalisation des risques, devient urgent en cette période troublée. Comme le souligne la CGT, une protection sociale intégrale pourrait ainsi couvrir les besoins en termes de santé, de famille, de retraite, d’autonomie, mais aussi de formation professionnelle ou encore de droits au chômage. Alors que nombre de privés d’emploi se retrouvent sur le carreau, parfois sans allocation, le syndicat rappelle également qu’il défend depuis des années un nouveau statut du travail salarié. Celui-ci pourrait permettre à chaque personne tout au long de sa carrière professionnelle « de disposer d’un certain nombre de droits cumulatifs et progressifs, transférables d’une entreprise à l’autre, d’une branche à l’autre, opposables à tout employeur ». Au cœur de ce nouveau statut, la Sécurité sociale professionnelle, proche de la sécurité emploi-formation théorisée par le PCF, propose de maintenir les droits les plus avantageux, notamment au chômage, lors de la transition entre deux emplois. Autant de projets ambitieux qui devraient trouver écho dans cette situation de précarité généralisée engendrée par le Covid.

(1) Ambroise Croizat fut ministre du Travail (puis ministre du Travail et de la Sécurité sociale) à plusieurs reprises : de novembre 1945 à janvier 1946 ; de janvier à décembre 1946 ; et de janvier à mai 1947.

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