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6 août 2021 5 06 /08 /août /2021 05:41

La Commission nationale consultative des droits de l’homme publie son 30e rapport sur la lutte contre le racisme. Un document qui révèle l’étendue des préjugés dans la société française.

Accès au logement et à l’emploi, préjugés dans les médias et l’éducation, évolutions générationnelles dans la conception des races… L’épais rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie vient d’être présenté au public, le 8 juillet. Une semaine plus tôt, il était remis, ainsi que 80 recommandations, au premier ministre Jean Castex. Parmi elles, augmenter les moyens de la recherche en sciences sociales sur ces questions, instaurer le récépissé lors des contrôles d’identité ou encore former les forces de police et de gendarmerie à recueillir les plaintes concernant les discriminations « pour que ces affaires soient mieux prises en compte et plus souvent condamnées », explique le président de la commission, l’avocat Jean-Marie Burguburu. Au fil de ses 400 pages, le dense volume propose une approche large des problématiques liées aux discriminations et relativise la baisse du racisme en France.

1. Une relative progression de la tolérance

66 sur 100. C’est l’indice de tolérance qu’attribuent aux Français les rédacteurs du 30e rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme. Un chiffre en constante progression depuis 2013 : il ne s’élevait alors qu’à 53 points. « Il y a un lent recul des préjugés, malgré le Covid et la montée des actes antimusulmans », commente la chercheuse Nonna Mayer. Derrière le chiffre global, se cachent des disparités sur la manière dont les citoyens conçoivent leur rapport aux différentes minorités. L’indice de tolérance ne s’établit qu’à 60 points concernant les musulmans et à 36 pour les Roms. 58 % des Français pensent d’ailleurs que les personnes issues de cette communauté « vivent essentiellement de vols et de trafics ». En parallèle, les faits antimusulmans comptabilisés par les renseignements ont progressé de 52 % entre 2019 et 2020. À en croire le rapport, le racisme a aussi évolué dans sa forme ces dernières années. S’il semble moins présent, c’est aussi qu’il a changé de visage. « Le racisme se modernise, observe Jean-Marie Burguburu. Avant, il pouvait consister à enfermer les juifs dans des ghettos, s’exprimer sur la couleur de peau des Noirs. Maintenant, les populations visées se sont mêlées au reste de la société et il a fallu trouver d’autres supports. On parle d’habitudes alimentaires ou vestimentaires différentes, d’accents… Est venu se greffer le sujet de la religion musulmane, devenue plus visible par le nombre de prati quants. »

2. Le Covid a fait réémerger le racisme antiasiatique

Si l’année 2020 et ses deux confinements ont globalement réduit le nombre d’actes racistes, ils ont aussi été le moment d’une recrudescence de la stigmatisation des personnes perçues comme d’origine asiatique. Des « soupçons de pratiques alimentaires insalubres » aux « clichés d’une communauté puissante et unie pour cacher des pratiques malhonnêtes », l’accumulation d’inconnues autour des origines du coronavirus, apparu en Chine, a renforcé les préjugés. « Un phénomène ancien qui a été exacerbé, décrit la sociologue Simeng Weng.  La crise sanitaire a joué le rôle de catalyseur dans sa prise de conscience. » Selon son enquête, 60 % des enquêtés affirment que ces comportements racistes ont augmenté depuis la pandémie. Jean-Marie Burguburu voit, lui, un lien entre la pandémie et la recrudescence des préjugés sur les Asiatiques. « Quand il y a une crise, on cherche un responsable, de préférence l’étranger, celui qui ne vous ressemble pas et n’a pas le même mode de vie que vous. »

3.  Des violences présentes au sein des institutions

Les discriminations fondées sur la race ne s’arrêtent pas aux comportements xénophobes d’une personne envers une autre, elles sont aussi présentes au sein des institutions, de manière inconsciente. Dans la culture par exemple : « Des situations de discrimination semblent persister malheureusement dans certains milieux culturels, qui reproduisent, consciemment ou non, un certain nombre de clichés et de stéréotypes », note le rapport. Le logement est aussi source de discriminations institutionnalisées. Comme le rappelait une rapporteuse spéciale de l’ONU en 2019, « les ressortissants français et ceux perçus comme “blancs” (ont) deux fois plus de chances que les personnes immigrées ou perçues comme “arabes” ou “noires” de trouver un logement dans l’année suivant le début de leur recherche ». Les sans-abri, les gens du voyage et les exilés comptent parmi les « groupes menacés de discrimination et d’exclusion sociale », affirme la même rapporteuse. L’action de la police, adepte de la pratique du contrôle d’identité « au faciès », est aussi un vecteur du racisme, dans une société où plus de la moitié des hommes perçus comme arabes ou noirs ont été contrôlés dans les cinq dernières années (contre 16 % dans la population). Les symptômes d’un « racisme systémique » ? Le président de la CNCDH conteste l’expression : « La France n’est pas raciste, mais il y a des racistes en France », affirme-t-il. La directrice de recherche Nonna Mayer tempère : « Il ne s’agit pas de dire que l’État est raciste mais il est vrai que certaines pratiques sont devenues tellement banales que l’on n’y fait même plus attention. En cela, elles font système. »

L’antisémitisme en réseaux

Une partie du rapport se penche sur « l’empreinte antisémite dans l’espace YouTube français ». Après avoir récolté près de 2 millions de commentaires sous les vidéos de 628 chaînes de la plateforme, les scientifiques du médialab de Sciences-Po ont établi que 0,4 à 0,6 % d’entre eux contenaient un fond antisémite. « Ils ne sont pas prévalents mais atteignent un niveau qui n’est pas négligeable », retient Benjamin Tainturier, l’un des auteurs de l’enquête. Si les chaînes d’extrême droite sont celles qui en comptent le plus, l’enquête révèle qu’ils sont en nombre sous les vidéos de médias généralistes, quel que soit le sujet abordé.

 

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5 août 2021 4 05 /08 /août /2021 05:28

 

Les retraité∙e∙s font partie des principales cibles des politiques fiscales et sociales réactionnaires menées depuis trente ans, et aggravées par Emmanuel Macron.

Une revalorisation des pensions de retraite insuffisante depuis 1988

En 1988, Philippe Seguin a décidé le décrochage des pensions de retraite du régime général par rapport au salaire moyen avec l’indexation des pensions de retraite de la CNAV sur l’indice des prix. Balladur, en 1993, a allongé la durée de cotisations et a modifié le calcul (25 meilleures années au lieu de 10). Si Juppé, en 1995, avait dû abandonner sa réforme, en 2003 Fillon a aligné la quasi-totalité des régimes de retraite sur la revalorisation en fonction de l’évolution des prix. Depuis 2008, la régression a subi une formidable accélération, accentuée à partir de 2013. À coup de mesures exceptionnelles, de modifications législatives, le montant brut des pensions a été très grandement dégradé. Pour les pensions de retraite complémentaires, les revalorisations ont été très insuffisantes.

Revalorisation des pensions de retraite

 

2013

2014

2015

2016

2017

2018

2019

2020

2021

Régimes de base

1,3 au 01 04 (1)

0

0,1 au 01 10

0

0,8 au 01 10

0 (2)

0,3 au 01 01 (3)

0,3 à 1 au 01 01

0,4 au 01 01

Complémentaires

0,8 au 01 04

0

0

0

0

0,6 au 01 11

1 au 01 11

0

?

  • Instauration de la CASA de 0,3 % au 1er avril
  • Augmentation de la CSG de 6,6 à 8,3 % au 1er janvier
  • En fonction du revenu fiscal de référence certains ont eu un retour à 6,6 % pour la CSG.

Pour les pensions de retraite de base, l’équivalent de deux ans de revalorisation a été perdu,
et 4,5 ans pour les retraites complémentaires

Jusqu’en 2008, la revalorisation des pensions de base intervenait au 1er janvier sur la base de l’inflation estimée par la loi de Finances, avec une régularisation tenant compte de l’inflation de l’année précédente. Le report de la revalorisation au 1er avril en 2009 par Sarkozy, au 1er octobre en 2015 par Hollande puis au 1er janvier en 2019 par Macron ont fait perdre une année. Le gel des pensions en 2014 et la modification par Hollande du calcul des revalorisations en fonction de l’inflation constatée sur l’année écoulée, et non plus sur l’inflation estimée pour l’année à venir, ont fait perdre une deuxième année (cette mesure a été appliquée au 1er octobre 2015 alors que la modification du Code de la Sécurité sociale n’avait pas encore été adoptée par le parlement).

Quant aux retraites complémentaires, leur non-revalorisation du 1er avril 2013 au 1er novembre 2017 est due au refus obstiné du patronat d’augmenter les cotisations. La CGT, contrairement à certaines organisations syndicales, a refusé ce diktat au détriment des retraités, sous prétexte de « sauver le régime ».

Des mesures fiscales très régressives depuis 2008

À ces revalorisations insuffisantes des pensions se sont ajoutées des mesures fiscales qui ont amputé encore plus le revenu disponible. Sans que la liste soit exhaustive : suppression de la demi-part en matière d’impôt sur le revenu pour la plupart des personnes vivant seules ayant élevé au moins un enfant (avec des conséquences importantes en matière d’impôts locaux et d’aides sociales) depuis l’imposition des revenus de 2008 (avec maintien limité, dans le temps et en impôt, jusqu’en 2013 pour les personnes qui avaient déjà eu cette demi-part), assujettissement à l’impôt sur le revenu de la majoration de pension pour les parents de 3 enfants et plus à partir de l’imposition des revenus de 2013, instauration de la CASA au 1er avril 2013, augmentation de la CSG au 1er janvier 2018. Pour la détermination du revenu imposable des retraités, 2,4 % ne sont pas déductibles pour ceux assujettis à la CSG à 6,6 ou 8,3 % ainsi que la CRDS et la CASA (soit 3,1 % au total) ; et pour ceux acquittant la CSG à 3,8 %, la CRDS n’est pas déduite.


Je paye 45 % d’impôt sur le revenu. Vrai ? Faux ?

Faux, avec la progressivité du barème le taux de 45 % ne s’applique que sur la dernière tranche. Ainsi pour un couple où un seul travaille il faut un revenu imposable en 2020 de 328 897 euros pour que chaque euros supplémentaire soit taxé à 45 %. Pour un couple de retraités c’est au-delà de 320 102 euros de revenu imposable, ce qui représente 28 347,75 euros de pensions mensuelles brutes.

Vrai, au-delà de ces limites ils paieront 45 % sur chaque euro supplémentaire. Mais même dans ces conditions pour 1 000 euros de revenus supplémentaires il reste encore 550 euros pour de menus achats ! ! ! ! ! les intéressés n’ont pas besoin d’aller frapper à la porte du Secours populaire !

Aux États-Unis le taux maximal de l’impôt sur le revenu a été dans les années 1930 de 91 %, pourtant le capitalisme n’est pas mort. En France dans les années 80 il y avait 14 tranches de 0 à 65 %.

L’impôt sur le revenu est un impôt progressif alors que la CSG est un impôt proportionnel. Ainsi en IR lorsque l’on passe de la tranche à 11 % à la tranche à 30 % le taux de 30 % n’est appliqué que sur la partie de revenu imposable (pour une part) excédant 25 710 euros. Avec la CSG lorsqu’une personne passe du taux de 3,8 à 6,6 %, elle paye dès le premier euro la CSG à 6,6 et cerise sur le gâteau elle acquitte aussi la CASA à 0,3 % et 1 % assurance maladie sur le montant de ses retraites complémentaires. Ainsi pour quelques euros supplémentaires de revenu brut, le revenu net est inférieur. Et certains envisagent très sérieusement, pas seulement dans la majorité macronienne, de fusionner l’impôt sur le revenu et la CSG et de supprimer ainsi la progressivité de l’impôt sur le revenu pour le plus grand profit des revenus les plus élevés et au détriment des plus modestes.


N’oublions pas les impôts indirects

Même si elles sont indolores, il ne faut pas l’importance des taxes indirectes, principalement la TVA et la TICPE (taxe intérieure sur les produits énergétiques). Elles pèsent lourdement sur les budgets, en particulier, de celles et ceux ayant les revenus les plus faibles. Il en est de même des dépenses de santé, surtout lorsque le manque de ressources conduit à ne pas pouvoir se payer une protection sociale complémentaire.

Un outil formidable : la flat tax

A son arrivée au pouvoir, Macron a tout de suite fixé ses priorités : taper sur les retraités avec l’instauration pour plus de 60 % des retraités d’un taux à 8,3 %, au lieu de 6,6 %, et favoriser les plus riches. Il a supprimé l’ISF à compter du 1er janvier 2018 et instauré le prélèvement forfaitaire unique ou « flat tax » sur les revenus de capitaux mobiliers (RCM). Jusqu’au 31 décembre 2017 ces revenus étaient une des composantes du revenu imposable et étaient donc soumis à la progressivité de l’impôt. Depuis le 1° janvier 2018, ils ne sont assujettis à l’impôt sur le revenu qu’à 12,8 % (auxquels s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux). Jusqu’à l’imposition des revenus de l’année 2020 ce taux était même inférieur à celui (14 %) de la première tranche effective de l’impôt sur le revenu. Pour les très gros revenus, au lieu de payer 45 000 euros d’impôt sur le reve négliger nu pour 100 000 euros de revenus de capitaux mobiliers, cela conduit à ne payer que 12 800 euros (avec ainsi la possibilité de pouvoir réinvestir immédiatement pour augmenter son capital).

La même mesure est intervenue il y a quelques années pour les plus-values immobilières. Elles sont taxées, à un taux fixe de 19 %, à l’impôt sur le revenu, alors qu’elles étaient une des composantes du revenu imposable. Ainsi les grandes fortunes payent un impôt moindre alors que les personnes modestes payent plus.

Les plus riches peuvent dire « merci Monsieur Macron pour ce magnifique cadeau »

Voilà une solidarité bien pensée les plus modestes payent pour les plus riches ! ! ! !

De nouveaux cadeaux pour les plus fortunés ?

Cette succession de cadeaux aux plus fortunés ne suffit pas, ce gouvernement et leurs amis des plus grandes fortunes en veulent toujours plus. Alors que le Président de la République et son gouvernement se refusent à rétablir l’impôt de solidarité sur la fortune ou à mettre en cause l’imposition favorable des RCM, ils envisagent la mise en place d’un nouvel outil permettant de siphonner les finances publiques au profit des plus riches.

Ils veulent instaurer une labellisation de 150 fonds dédiés à des « prêts participatifs » pour prêter de l’argent à des entreprises à des taux d’intérêt à 5 ou 6 %. Taux très supérieurs à tout ce qui existe sur le marché et ces prêts seraient garantis par l’État.

Il est envisagé une diminution de la fiscalité sur les donations et transmissions entre générations, ce qui bien entendu concerne les plus riches. Le matraquage idéologique sur la taxation des successions porte ses fruits : 87 % des français approuvent l’idée que l’impôt sur les successions doit diminuer alors que seulement un tiers des successions sont taxables.

Le faux prétexte de la dette

La comparaison régulièrement utilisée entre montant de la dette et PIB n’a guère de sens car il est ainsi comparé un stock (la dette) à un flux (le PIB) alors que ce qui compte c’est le montant des intérêts à rembourser et qu’en ce moment la France emprunte à des taux négatifs.

Qui se préoccupe que le Japon ait un taux d’endettement de 240 % ?

La dette est utilisée comme un épouvantail afin de poursuivre les politiques néolibérales particulièrement destructrices. La principale question est celle de son utilité sociale : que finance-t-elle ? Sert-elle l’intérêt publique ou contribue-t-elle à alimenter les actionnaires ?

Une détérioration très importante du revenu disponible des retraités

Les tableaux démontrent la dégradation, pour la très grande majorité des retraités, de leur revenu net après payement de l’impôt sur le revenu et des contributions et cotisations sociales. Et même un retraité qui ne paye ni IR ni contributions sociales qui percevait 1 000 euros de retraite au 1er janvier 2013, contrairement au discours officiel, n’a pas le maintien du pouvoir d’achat malgré les 1 % au 1er janvier 2020. Son revenu disponible annuel en 2020 progresse de 2,5 % par rapport à 2013 alors que les prix selon l’indice INSEE ont progressé de 5,2 %. Où est le maintien de son pouvoir d’achat ? Et la situation est encore pire si une partie des pensions de retraite provient de complémentaires.

Pour celles et ceux ayant subi la suppression de la demi-part pour le calcul de l’impôt sur le revenu, c’est une perte nette importante, ainsi que pour les parents de trois enfants et plus qui ont vu la majoration de pension devenir imposable.

Dans quelques cas, la revalorisation est supérieure à la hausse constatée par l’INSEE ; cela est dû à une diminution de l’impôt sur le revenu liée à la modification des tranches et des taux ou à la décote, mais aussi parce que les pensions ont été revalorisées moins que les tranches du barème de l’IR, entraînant une minoration du revenu fiscal de référence et un passage du taux de CSG de 6,6 à 3,8 % entraînant la suppression de la CASA et du 1 % assurance maladie pour les retraites complémentaires.

Nous sommes donc très loin de l’affirmation des « retraités privilégiés ». De plus, les pensions de retraite ne sont pas une allocation, elles sont le fruit des droits acquis par le versement de cotisations pendant la vie active. Ces cotisations ont servi à payer les pensions de celles et ceux qui étaient à la retraite et à générer des droits pour la future retraite. C’est le principe de la retraite par répartition.

Pour ces tableaux pour 2 parts il est considéré que les deux membres du couple ont les mêmes revenus.

 

  • En 2013 : CSG à 6,6 % et CRDS à 0,5 % pour ceux payant l’IR + CASA à 0,3 % à partir du 1° avril, CSG à 3,8 % et CRDS à 0,5 % pour ceux dont l’IR est inférieur ou égal à 61 euros (impôt non mis en recouvrement), rien pour les non imposables à l’IR
  •  En 2020 CSG à 8,3 ou 6,6 % + CRDS à 0,5 % + CASA à 0,3 % ou CSG à 3,8 % + CRDS 0,5 % ou exonération de CSG selon le revenu fiscal de référence de l’année N-2.
  • Un abattement est accordé aux redevables de plus de 65 ans en fonction du revenu net global.

 

 

  • En 2013 : CSG à 6,6 % et CRDS à 0,5 % pour ceux payant l’IR + CASA à 0,3 % à partir du 1° avril, CSG à 3,8 % et CRDS à 0,5 % pour ceux dont l’IR est inférieur ou égal à 61 euros (impôt non mis en recouvrement), rien pour les non imposables à l’IR
  •  En 2020 CSG à 8,3 ou 6,6 % + CRDS à 0,5 % + CASA à 0,3 % ou CSG à 3,8 % + CRDS 0,5 % ou exonération de CSG selon le revenu fiscal de référence de l’année N-2.
  • Y compris le 1 % assurance maladie sur les retraites complémentaires
  •  Un abattement est accordé aux redevables de plus de 65 ans en fonction du revenu net global.

Les principales revendications syndicales pour les retraités

  • Pas de retraite inférieure au SMIC revendiqué par la CGT pour une carrière complète.
  • Revalorisation immédiate de toutes les pensions avec une remise à niveau par rapport au salaire moyen, de 100 euros au 1er janvier 2021 avant une véritable revalorisation de 300 euros.
  • Revalorisation annuelle des pensions et retraites de base sur l’évolution du salaire moyen.
  • Suppression de la CASA et de la hausse de CSG de 1,7 point en allant vers la transformation de la CSG en cotisation sociale.
  • Rétablissement de la demi-part en matière d’impôt sur le revenu pour toutes les personnes vivant seules ayant élevé au moins un enfant et suppression de la fiscalisation de la majoration de pension pour les parents de 3 enfants et plus.
  • Rétablissement de l’impôt sur la fortune (ISF), retour de l’imposition des revenus du capital (les dividendes) à l’impôt sur le revenu (suppression de la flat tax), rétablissement d’un impôt sur le revenu réellement progressif de 0 à 65 ou 70 % (avec le taux 0 au niveau du SMIC), réduction de la TVA à 15 % et sa suppression sur les produits de première nécessité.
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4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 05:35

 

La crise sanitaire a généré une crainte de la contrainte et de l’incertitude. Pourtant, la solution est dans la vaccination, affirme Marie-Claire Villeval, économiste spécialiste des comportements. ENTRETIEN

MARIE-CLAIRE VILLEVAL

Directrice de recherche au CNRS, université de Lyon

 

Comment expliquez-vous la défiance qui s’exprime dans les mobilisations du samedi ?

MARIE-CLAIRE VILLEVAL Plusieurs facteurs expliquent cette défiance incontestable. Il y a des craintes réelles d’une partie de la population vis-à-vis de l’incertitude des vaccins. Une crainte face à une contrainte et un produit inconnu. Surtout s’agissant d’un vaccin nouveau, mis au point si rapidement, en situation d’urgence.

Il y a une exploitation des fake news sur ses effets possibles à long terme et sur le fait que l’autorisation de mise sur le marché soit temporaire. Il est vrai, dans ces conditions, que cela n’est pas un vaccin comme les autres, même si on commence quand même à avoir du recul. Cela dit, il y a certaines contradictions. Chez les gens qui fument, par exemple : ils connaissent très bien les risques du tabac pour la santé et ils se méfient en même temps du vaccin…

Seconde explication : la méfiance d’une partie de la population vis-à-vis des scientifiques. Elle s’explique par les hésitations des experts sur les mesures à prendre et leur manque d’unanimité au début de la pandémie. Il est normal qu’il y ait des débats scientifiques, mais cela crée de l’inquiétude et peut expliquer, en partie, les réticences.

 

Il y a également un manque de confiance vis-à-vis des politiques et des gouvernants…

MARIE-CLAIRE VILLEVAL Tout à fait. Il y a beaucoup de contraintes depuis plus d’un an. La fronde actuelle que l’on observe est aussi le réceptacle des oppositions, des rancœurs, d’une colère sociale. Une façon d’exprimer des insatisfactions, des frustrations, qui n’ont rien à voir avec les conditions sanitaires, mais qui relèvent plus d’un mécontentement général.

À cela, il faut ajouter l’exploitation qui en est faite par certains partis politiques, dont la stratégie consiste à essayer de coaliser les sources, diverses, de mécontentement. Une partie de l’extrême droite est très active dans ces mouvements. Enfin, il y a, selon moi, ce qui relève d’une forme d’égoïsme et de refus de solidarité face à un bien public, à savoir la vaccination pour protéger les autres et pas seulement pour se protéger soi-même.

 

N’y a-t-il pas dans ces réticences et cette colère l’absence de perspectives, le fait de ne pas voir le bout du tunnel ?

MARIE-CLAIRE VILLEVAL Oui, on appelle cela la crainte de l’incertitude. On fera peser un poids beaucoup plus fort à une situation incertaine. On ne sait pas y mettre de probabilités. Or, l’absence de probabilité explicite génère de l’anxiété et donc des comportements frileux. Alors oui, cela contribue à cette atmosphère délétère. Mais, en même temps, la solution est dans la vaccination. On est en pleine situation contradictoire. La vaccination permettrait d’émettre des probabilités et de réduire l’incertitude.

Ne peut-on pas expliquer la contestation par le sentiment d’être dépossédé de la prise de décision ? N’y a-t-il pas un problème démocratique ?

MARIE-CLAIRE VILLEVAL Nous ne sommes pas en dictature, le Parlement est consulté. Le recours aux spécialistes, aux experts, s’impose. Nous avons des instances représentatives, je pense qu’il faut mieux travailler sur la représentativité de nos élus, convaincre les gens de participer aux élections.

En matière sanitaire, nous avons besoin de scientifiques, de connaissances médicales. Dans ce domaine, la consultation citoyenne n’a pas lieu d’être. Il s’agit de décisions qui ne sont pas un choix d’opinion. Sur ces sujets pour lesquels il faut faire des choix sur la base de connaissances disponibles à un moment donné, il vaut mieux, vraiment, faire confiance.

vaccins

 

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4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 05:23

 

L’adhésion durable d’une partie importante de l’opinion au parti d’extrême-droite ne provient finalement pas des choix économiques qu’il formule, mais de sa capacité à imposer dans le débat public l’idée que la cause des inégalités proviendrait de l’étranger, de « l’autre ».

Après avoir associé son programme à la sortie de l’euro et à une sorte de nostalgie de la France d’avant 1962 durant la présidentielle de 2017, le Marine Le Pen met dorénavant en scène avec ostentation ce qui est généralement interprété comme un retour, en matière économique, aux préceptes néolibéraux du Front National. Ces derniers, teintés de poujadisme, prévalaient en effet dans le Front national de Jean-Marie Le Pen : l’épargne et le capital d’abord, baisse des dépenses publiques et sociales, la libre entreprise comme horizon indépassable, les aides sociales perçues comme de l’assistanat et encourageant la paresse des pauvres, etc. Aujourd’hui, le ton est de nouveau donné, par exemple :

  • dans un article de L’Opinion la candidate déclare « Oui, une dette doit être remboursée. Il y a là un aspect moral essentiel » et ajoute « la dette d’une nation s’apprécie globalement, dettes publiques et dettes privées. Or, le gonflement des dettes privées en France est tout aussi préoccupant… Le meilleur remède à la dette, ce sont les fonds propres. La France doit impérativement passer d’une économie de dettes à une économie de fonds propres » ;
  • proposition d’un plan pour l’emploi des jeunes qui consisterait à ouvrir à toute personne de moins de 30 ans qui créera son entreprise une dotation en fond propre, égale à son propre apport. Ainsi qu’une « exonération totale d’impôt sur les sociétés et d’impôt sur le revenu, sur cinq ans et sur tout le territoire ».

Le tournant avait déjà été pris dès l’abandon en direct, lors du débat télévisé de 2017, du thème de la sortie de l’euro, préludant à l’expulsion des « souverainistes » à la Philippot et à la disparition de certaines tonalités interventionnistes en économie.

Mais est-ce si important ? Les fascistes, et cela est une constante dans l’histoire du XXe siècle, se sont toujours distingués par une grande capacité à ajuster leurs programmes économiques selon les circonstances et selon ce qu’ils supposent être les attentes des électorats qu’ils visent. La seule constante est le nationalisme, avec ses principales déclinaisons que sont la lutte contre l’autre (l’étranger, le juif, l’immigré, mais également « l’assisté »), l’hostilité viscérale au mouvement syndical et à ses organisations, et le prêche pour une collaboration de classe sous l’égide du patronat.

L’étranger au fondement des inégalités : la colonne vertébrale de l’extrême droite

Comme tout populisme, les propositions de l’extrême droite sont largement mouvantes car guidées par l’humeur des masses, à une exception près, elle bien constante : le nationalisme. On avait pu montrer que le programme de Marine Le Pen se caractérisait surtout, en 2017, par son incohérence, sauf sur un point : le rejet de l’immigration comme solution à tous les maux des Français [1].

L’adhésion durable d’une partie importante de l’opinion au parti d’extrême-droite ne provient finalement pas des choix économiques qu’il formule, mais de sa capacité à imposer dans le débat public l’idée que la cause des inégalités proviendrait de l’étranger, de « l’autre ». Quand une entreprise licencie, la responsabilité est alors attribuée, au choix : aux travailleurs immigrés, aux pays à bas coûts, à l’Union Européenne… Jamais à notre bourgeoisie et patronat. Lorsque Jean-Marie Le Pen se plaisait à être qualifié de « Reagan français », c’était sans nul doute en référence à son patriotisme réactionnaire teinté de racisme. Il lui a d’ailleurs repris son fameux « America, love it or leave it », le transposant en « la France, tu l’aimes ou tu la quittes ».

Dans les villes où elle est aux commandes, l’extrême-droite s’illustre exclusivement par des politiques répressives, xénophobes, anti-migrants et « anti-assistanat ». Ainsi l’adoption dans les municipalités RN d’une charte intitulée « ma commune sans migrants » impulsée par le Conseil municipal de Beaucaire. Ainsi également la tentative d’expulsion du Secours populaire à Hayange et de la Ligue des droits de l’Homme à Hénin-Beaumont jugeant ces associations « pro-migrants ». Pour le social, on repassera : coupe dans les budgets sociaux, fin de la gratuité dans certaines cantines scolaires, baisse des crédits des centres sociaux, hausse des indemnités de maire, etc… autant de mesures frappant les couches populaires, immigrées ou non.

Une défense du capitalisme contre les couches populaires

Quels que soient leurs errements et leurs ambiguïtés, les propositions économiques du FN, puis du RN, ne vont cependant jamais en direction d’une critique du capitalisme. Le changement de ton opéré par Jean-Marie Le Pen en 2007 ne doit pas induire en erreur. En effet, dans son dernier programme présidentiel, le fondateur du FN ajoutait alors à la liste des maux de la société la « mondialisation ultra-libérale ». Derrière cet antilibéralisme de façade se niche la défense d’une partie du patronat et de la bourgeoisie qui entend tirer profit d’un retour au franc dévalué et de mesures protectionnistes. Pas un mot sur les salariés, sauf la critique radicale des organisations syndicales, des immigrés et des « assistés ». Par ailleurs, mettre l’accent sur la « mondialisation ultra-libérale » permet de ne pas le mettre sur le fondement même de celle-ci, à savoir le capitalisme, ni même le fond du libéralisme en tant qu’idéologie prétendant qu’il existe une symétrie et une égalité entre le patron et le travailleur. Le libéralisme, dans l’esprit du FN puis du RN, est réduit à la disparition relative des frontières matérielles entre pays. Le clivage doit désormais se faire entre « mondialistes » et « nationalistes », afin d’entretenir un flou et de contourner le clivage gauche/droite qui révèle inéluctablement, en bout de course, un contenu de classe. Comment ne pas reconnaître ici les mêmes ressorts qui firent naître le concept de « nation prolétaire » dans l’Italie des années 1920 permettant aux fascistes de désigner une logique d’exploitation entre pays, tout en niant le clivage de classe interne au pays. La lutte n’est alors pas entre classes, mais entre nations.

Quant à elle, l’abandon de la sortie de la zone euro n’est qu’une rupture de façade avec la stratégie nationaliste du RN. Avec la montée des populismes d’extrême droite dans l’UE, et les possibilités de coalitions qu’elle offre au parti de Marine Le Pen, le thème de la sortie de l’euro devient vraisemblablement plus périlleux qu’utile au projet nationaliste du RN. Le temps d’après pourrait d’ailleurs être consacré à magnifier le patriotisme européen et chrétien[1].

L’extrême droite, une arme de réserve de la bourgeoisie 

Au-delà des épisodes qui peuvent nourrir l’impression d’un climat « préfasciste » (généraux séditieux, violences contre la CGT, omniprésence des prêcheurs de xénophobie et de nationalisme dans les médias, complotisme…), la crise peut faire du RN un recours très dangereux si la bourgeoisie considère, à un moment ou un autre, que les partis de gouvernement ne sont plus capables d’assurer à la fois la défense de ses intérêts et un minimum de discipline dans la population. Le récent tweet de Raphaël Enthoven (« plutôt Trump que Chavez ») révèle avec force cet arrière-plan de l’opinion collective d’une partie de la bourgeoisie.

L’histoire récente nous a montré combien le fascisme pouvait être l’expression de la décadence du capitalisme, et qu’il pouvait émerger lorsque la forme républicaine des institutions politiques n’était plus à même de sauvegarder les intérêts économiques de la bourgeoisie. Que ce soit en Italie ou en Allemagne, la montée du fascisme a été nourrie par la crise économique et sociale et portée par une grande partie du patronat. L’idée d’un déclassement économique et industriel national, au profit de nations considérées comme étant plus favorisées, a sûrement été un facteur clé dans la montée en puissance des chemises noires et brunes. Pour cela il a fallu construire de toute pièce la catégorie de « l’autre », tout en la reliant au capitalisme dans un contexte où les années 1930, notamment en Allemagne et en Italie, étaient fortement imprégnées d’idées progressistes anticapitalistes. Il y a donc eu un travail de construction identitaire et de déconstruction d’identification de classe.

La lutte de classes comme seul remède à la « lutte des races » 

Si le vote RN est devenu important aujourd’hui, notamment au sein des classes populaires, c’est que le parti d’extrême droite a réussi à imposer dans le débat public une analyse, une explication, et une réponse à la dégradation des conditions de vie des travailleurs français. Le chômage, la précarité, l’insécurité étant alors liés à l’immigration et sa culture, à l’assistanat, au voisin, le salut passerait donc par une lutte contre celle-ci. Le rapport au « national » devient ici le fondement de tous les maux, et la clé de toutes les solutions. Cette « ethnicisation » des problèmes sociaux, qui a pris une place prépondérante dans le débat public depuis les années 1970, illustre l’affaiblissement parallèle des forces politiques progressistes. Si le débat public a pu autant se polariser sur le critère national, c’est qu’il a pu investir le vide politique créé par l’abandon tendanciel du critère social, pierre angulaire des analyses portées historiquement par le marxisme et le communisme. On paye aujourd’hui l’acharnement de toute une gauche, depuis cinquante ans, à vider de leur contenu de classe les mobilisations sociales et sociétales.

À l’inverse, Zev Sternhell a pu observer que c’est le marxisme qui a été le rempart à la pénétration des tentations fascistes dans le mouvement ouvrier français au début du XXe siècle [2].

Aujourd’hui, le problème posé aux forces démocratiques, en premier lieu à la gauche, est donc son impuissance à opposer à la menace RN autre chose qu’un « barrage » de plus en plus inopérant. Car l’enjeu n’est pas de « barrer » mais de marginaliser cette idéologie politique en imposant dans le débat une autre analyse des problèmes que rencontrent la population. Au-delà d’être inopérant politiquement à court terme, cette attitude défensive renforce à plus long terme le discrédit de la gauche dans les milieux populaires et des idées auxquelles elle est identifiée.

Le rôle historique du PCF

Or, dans les conditions actuelles de la crise sanitaire, économique, écologique, morale, la possibilité existe d’un autre rassemblement populaire. Non à partir d’un critère national, mais d’un critère social et internationaliste. Un rassemblement de classe, celui des salariés et des fonctionnaires contre leur ennemi commun, la domination du capital sur tous les travailleurs et sur leur vie au-delà du travail. Cela nécessite pour la gauche de retrouver son entrain révolutionnaire, de retrouver ses repères de classe, de renouer avec le monde du travail. Cela implique aussi de donner un sens moderne au travail. Et cela au moment même où les travailleurs de ce pays, plongés dans une globalisation financière dévastatrice, sont le plus à même à être réceptifs à un discours de transformation radicale. C’est précisément la responsabilité ainsi que le rôle historique du PCF, pour reconstruire la cohérence entre le combat contre le capital et l’antiracisme, l’ouverture au monde, la lutte pour une France de l’hospitalité assumant pleinement sa responsabilité d’accueillir dignement les migrants tout en agissant pour une mondialisation de coopération et de paix.

Et c’est la cohérence (objectifs – moyens – pouvoirs) qu’il propose aujourd’hui pour combattre cette domination. C’est ce qui lui permet de dessiner un chemin concret d’issue à la crise, depuis les luttes immédiates pour l’emploi, les salaires, les services publics, les conditions de vie, l’émancipation de toutes les discriminations, jusqu’au dépassement de la civilisation capitaliste et libérale, dans une transition structurée par les éléments d’un projet de civilisation : sécurisation de l’emploi et de la formation, essor de nouveaux services publics, prise de pouvoir sur l’utilisation de l’argent avec de nouveaux critères de gestion et une nouvelle orientation des crédits bancaires, autre mondialisation de coopération. Cette cohérence a été mise en œuvre, par exemple dans nos propositions lors du mouvement des Gilets jaunes[3]. Elle devient décisive pour le succès de la campagne présidentielle dans laquelle les communistes ont décidé de s’engager.

En effet, loin de justifier un nouvel effacement du PCF, la menace fasciste rend plus que jamais vitale une affirmation beaucoup plus audacieuse de sa présence avec toute son originalité sur le terrain des idées et des luttes, avec toute sa capacité militante dans les mobilisations sociales et avec ce qui reste de sa force d’organisation dans les batailles électorales et institutionnelles.


[1] Le funeste GRECE, fondé en 1969 avec Alain de Benoist comme penseur, est toujours une composante de l’extrême-droite française, de même que les nostalgiques du Troisième Reich.


[1] Voir par exemple Ecolinks, Petit manuel économique anti-FN, préface de Thomas Piketty, Le Cavalier Bleu, 2017.

[2] Zeev Sternhell, Ni droite, ni gauche, l’idéologie fasciste en France, Gallimard, quatrième édition, 2012.

[3]  Voir « Pour répondre à la colère sociale, s’attaquer au coût du capital » (Dossier d’Économie et Politique), n° 772-773, novembre-décembre 2018, et « Conjoncture économique, gilets jaunes et enjeux politiques », Économie et politique, n° 774-775, janvier-février 2019.

 

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3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 05:49

Le 19 avril dernier, Fabien Roussel révélait que Pfizer envisageait une augmentation des prix des vaccins. Aujourd'hui nous apprenons que c'est effectivement le cas. Le prix du Pfizer va passer à 19,5 euros la dose pour 15 euros actuellement, alors que ce laboratoire prévoit un profit de l'ordre de 30 milliards de dollars!! Tout ça avec l'assentiment de la commission européenne qui se cache derrière le secret des négociations.

Nous réaffirmons le besoin absolu que la transparence soit faite sur les négociations entre l'UE et les bigpharmas et qu'une levée des brevets soit décrétée pour produire les doses suffisantes et mettre fin à la rapacité des laboratoires pharmaceutiques.

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2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 08:16

 

 

 

Quelques 13 millions de retraité-es perçoivent une pension de l'AGIRC-ARRCO. Ce régime complémentaire enregistre une baisse de ses recettes liée à la forte diminution de ses cotisations due au chômage partiel et aux délais de paiement accordés aux entreprises impactées par la crise sanitaire. Face à cette perte de ressources, son conseil d'administration a décidé, contre l'avis de plusieurs syndicats, de revoir à la baisse la revalorisation des pensions indexées sur l'inflation.

Avec cette décision, chaque mois, les retraités affiliés à l'AGIRC-ARRCO perdront donc en moyenne 2 à 3 euros, et bien plus pour certains pensionnés. Mais pour des millions de pensionnés, cette perte constitue un nouveau recul insupportable du pouvoir d’achat, déjà très maigre.

Car, dans le même temps, les factures d'électricité, de gaz, les mutuelles, les assurances, les carburants continuent de flamber !

Ce n'est pourtant pas à nos aînés de payer les effets d’une crise sanitaire qu’ils subissent déjà violemment et pour laquelle l’Etat a beaucoup plus accompagné les entreprises que les familles et les salariés. Par ailleurs, les caisses de l'AGIRC-ARRCO ne sont pas vides, puisqu’elles assurent encore l’équivalent de 9 mois de réserve.

  • Avec Fabien Roussel, candidat communiste à l’élection présidentielle, nous proposons une toute autre logique que cette nouvelle mise en cause du pouvoir d’achat des retraités avec :
  • L’augmentation sensible des pensions de base pour qu’aucune d’entre elles ne soient inférieures au SMIC ;
  • Une modulation des cotisations patronales qui pénalisent notamment les grandes entreprises qui s’en prennent à l’emploi et aux salaires et assèchent ainsi les ressources des caisses de retraites;
  • Une cotisation exceptionnelle sur les revenus financiers des entreprises pour qu’elles participent aussi à l’effort d’équilibre financier des caisses de retraites complémentaires, les retraités ayant déjà vus leur pension de retraite gelée l’année dernière.

 

Le PCF appelle à faire des échéances de 2022 un temps fort de débat et d’exigences pour consolider le droit à la retraite dès 60 ans, garantissant des pensions dignes pour toutes et tous et mobilisant de nouvelles ressources. Il faut pour cela cesser de s’attaquer aux salaires et aux pensions et s’attaquer aux immenses privilèges de la finance, qui profite allègrement de la crise sanitaire.

 

Parti communiste français,

Paris, le 29 juillet 2021.

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2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 05:50

 

Emmanuel Macron remet sur le tapis la question du financement des retraites. Depuis la grande bataille de l’hiver 2019-2020, des évolutions ont eu lieu :

  • la Bourse s’est envolée ;
  • l’espérance de vie a reculé, ôtant aux partisans d’un recul de l’âge de départ un de leurs arguments les plus cyniques (ce qui amène le président du MEDEF à des contorsions dans son interview aux Echos du 9 juin).

Précisément, le pré-rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) relativise fortement l’ampleur des déficits dans l’immédiat, et table sur les évolutions démographiques pour alléger le coût des retraites dans le long terme :

  • le nombre de retraités baisserait dès 2022,
  • ceux qui restent toucheraient moins longtemps une retraite,
  • en effet, le COR anticipe un recul de trois ans de l’espérance de vie d’ici à 2070.

Extrait du pré-rapport du COR (page 9 du document de synthèse) :
« les réserves resteraient positives à l’horizon de la période de projection et contribueraient sur toute la période à l’équilibre du système de retraite. Dit autrement, les déficits temporaires du système de retraite ne nécessiteraient pas de recourir à l’endettement dans ces scénarios. Dans le scénario 1,0 %, un léger endettement temporaire serait nécessaire (au maximum de 2,2 % du PIB) mais cette dette serait résorbée en fin de période de projection ».

Mais cela laisse entier le problème du financement d’un système de retraites permettant le départ à 60 ans pour toutes celles et tous ceux qui le souhaitent, avec un revenu de remplacement net au moins égal au SMIC et égal à 75 % du salaire des meilleures années d’activité, avec la prise en compte de la pénibilité des emplois occupés…

Un système de retraites digne du XXIe siècle est un projet de civilisation [1]

Il faut consacrer plus de richesses aux pensions versées à un nombre croissant de retraités, destinés à vivre plus longtemps. Mais il faut aussi plus de dépenses pour préserver la santé et l’autonomie des personnes âgées, plus de dépenses pour l’éducation, la formation, la recherche, la sécurité, la justice, l’écologie, bref pour tous les services publics. En résumé, il faut une plus grande « part du gâteau » pour les retraites, mais à l’intérieur d’un « gâteau » plus gros et produit autrement, c’est-à-dire une autre logique économique que celle du capital. Ces dépenses de service publics et des retraités pourraient ainsi stimuler cette autre logique économique et une production accrue de richesses. À ce titre, nos propositions pour le financement des retraites sont cohérentes avec celles que nous faisons pour sortir de la « crise siamoise », sanitaire et économique[2].

Le principal obstacle, c’est le comportement des entreprises et des banques. Toutes leurs décisions sont dominées par la logique du capital (profit et accumulation) :

  • ses prélèvements sur les richesses créées
  • toutes ses décisions d’investissement matériel ou de délocalisations contre l’emploi et contre la création de richesses.

Nous devons entrer dans un bras de fer avec le capital et sa logique pour inverser radicalement la tendance. C’est possible.

Pour produire plus de richesses, il faut davantage d’emplois, plus qualifiés. On peut estimer qu’en créant 2 millions d’emplois supplémentaires en cinq ans, l’économie française, à l’issue de cette période, pourrait dégager 300 milliards de PIB supplémentaires chaque année. Si, au cours de la même période, la part des richesses consacrées aux salaires et au financement de la Sécurité sociale revenait à son niveau d’avant la libéralisation financière des années 1980, les ressources supplémentaires dégagées pour le financement de la Sécurité sociale approcheraient 140 milliards d’euros.

Cela exprimerait le passage progressif à un nouveau fonctionnement de l’économie, plus efficace parce qu’émancipé de la domination du capital et fondé sur le développement des capacités des travailleurs. Cela suppose

  • la conquête de nouveaux pouvoirs des salariés dans les entreprises sur les décisions d’embauche, d’investissement, de recherche, de financement ;
  • et des leviers de politique économique incitant les entreprises à viser une production efficace de richesses utiles à l’ensemble de la population, et non les profits financiers et la baisse du coût du travail pour augmenter la rentabilité du capital ;

Deux mesures sont centrales dans notre projet de financement des retraites :

  • un prélèvement sur les revenus financiers des entreprises pour les dissuader de placer leurs profits en titres financiers et les pousser à les utiliser, plutôt, pour des investissements porteurs d’emplois et d’efficacité économique. Les revenus financiers des entreprises ont atteint 261,4 milliards d’euros en 2020, dont 81,8 milliards d’intérêts et 162 milliards de dividendes (voir tableau ci-dessous). Si ces revenus étaient soumis à un prélèvement au même taux que celui des cotisations patronales vieillesse sur les salaires, cela rapporterait à la Sécurité sociale 27,3 milliards d’euros la première année.

Toutefois, l’effet attendu de cette mesure est une réduction des placements financiers des entreprises, et donc des revenus qu’elles en tirent. Le produit de ce prélèvement est donc appelé à fondre avec le temps. Il serait progressivement remplacé par les ressources nouvelles dégagées d’une création de richesses accrues et des salaires distribués à partir de ces richesses.

  • moduler les cotisations patronales pour agir sur les entreprises et changer leur relation à l’emploi. À partir d’un taux normal (qui pourrait être plus élevé qu’aujourd’hui), le taux de cotisation sociale employeur serait augmenté pour les entreprises dont la part du total (salaires + dépenses de formation) dans la valeur ajoutée diminue, ou augmente moins, que la moyenne de leur branche. Les autres entreprises bénéficieraient du taux normal. L’incitation à accroître les salaires tendrait à augmenter la base des cotisations en valeur ajoutée produite et leur assiette salaire et, donc, la masse des cotisations.

Deux autres leviers d’action sur les gestions d’entreprises concourraient au même résultat :

  • une modulation du taux de l’impôt sur les sociétés en fonction du respect par les entreprises de critères précis en matière économique (création de valeur ajoutée en économisant le capital matériel et financier), sociale (emploi, formation, salaires) et écologique (économies d’énergie et de matières premières).
  • Une réorientation du crédit bancaire et de la politique monétaire pour faire baisser l’influence des marchés financiers et le coût du capital et pour favoriser les investissements porteurs d’emploi de qualité.

Au total, si les dépenses de retraites étaient augmentées de 100 milliards d’euros au bout de cinq ans, elles passeraient de 14 % du PIB de 2020 à 16 % du PIB de 2025. La « part du gâteau » consacrée aux retraites serait plus grande mais ce ne serait pas au détriment des autres parts puisque le gâteau grossirait lui aussi.

Revenus financiers des entreprises (milliards d’euros)

Sociétés non financières

Sociétés financières

Ensemble

Intérêts *

47,1

34,7

81,8

Dividendes

126,2

35,9

162,0

Prélèvements sur les revenus des quasi-sociétés

1,8

 

1,8

Bénéfices réinvestis d’investissements directs étrangers

-1,5

1,3

-0,2

Autres revenus d’investissements

1,1

15,0

16,1

Total des revenus financiers à soumettre à prélèvement

174,6

86,8

261,4

Montant du prélèvement au taux des cotisations sociales patronales (maladie, vieillesse, famille, chômage : 30,955%)

54,0

26,9

80,9

Dont cotisations retraites (10,45%)

18,2

9,1

27,3

* pour les sociétés financières : intérêts perçus nets des intérêts versés.

 

 

 

Source : INSEE, comptes nationaux 2020.

 

 

 


Un peu d’histoire

D’après les comptes de la Nation, les organismes d’administration de Sécurité sociale (ODASS) ont été déficitaires de 1949 à 1954, le poids de ce déficit oscillant entre 1,3% et 0,4% du PIB.
Rapporté au PIB d’aujourd’hui, cela ferait entre 9 et 31 milliards ! En clair, notre système de Sécurité sociale a été développé « à crédit », c’est à dire par un déficit financé, et l’activité dynamique qui a caractérisé la période, avec un essor de l’emploi et de la productivité, a résorbé ce déficit, au point qu’on oublie souvent, aujourd’hui, le rôle qu’il a joué dans le développement de notre système social.

[1] Frédéric Boccara, Denis Durand, Catherine Mills (coord.), Les retraites, un bras de fer avec le capital, Delga, 2020.

[2] Frédéric Boccara, « Financer l’action d’urgence contre la crise. Les propositions du PCF », Économie&Politique, juillet-août 2020, n° 792-793.

 

 

 

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2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 05:38

 

L’obligation vaccinale des soignants et plus encore l’extension du « passe sanitaire » décidées par Emmanuel Macron divisent les Français. Gestion autoritaire de la crise, inégalités entre les citoyens, atteinte au droit du travail et aux libertés... Alors que de nouvelles manifestations contre le « passe sanitaire » se tiennent ce samedi 31 juillet dans plusieurs villes de France, les raisons de la colère sont nombreuses.

Emmanuel Macron a tranché. Face à la quatrième vague née du variant Delta, le président de la République a souhaité donner un grand coup d’accélérateur à la vaccination. Pas en déployant une meilleure stratégie, mais en rendant la vaccination obligatoire pour les personnels soignants et en étendant le « passe sanitaire », tandis que les tests ne seront plus remboursés à l’automne. Des décisions qui ont provoqué la colère de milliers de personnes descendues dans la rue pour des raisons diverses. Ces manifestations ont choqué du fait de comparaisons scandaleuses faites par certains entre la Shoah et les mesures sanitaires du gouvernement. Reste certaines critiques légitimes, dont des parlementaires se sont fait l’écho lors de l’examen du texte.

 

1. La démocratie toujours mise de côté

Une dictature sanitaire ? C’est l’un des mots d’ordre des rassemblements contre les nouvelles mesures du gouvernement. Si la dénomination ne correspond pas à la réalité du régime, elle naît cependant d’une gestion solitaire et autoritaire de la crise par Emmanuel Macron. Le 12 juillet, c’est seul que le chef de l’État a annoncé les futures restrictions, avant de convoquer le Parlement à la hâte pour les faire valider. Malgré les tensions suscitées par ce projet de loi, ce texte n’a été examiné qu’en cinq jours, par l’Assemblée nationale et le Sénat et validé à l’issue d’une commission mixte paritaire lors de laquelle les marcheurs ont imposé la vision présidentielle, malgré quelques modifications. Ce projet de loi contient également une énième prorogation du régime d’exception permettant au gouvernement de légiférer par décrets dans de nombreux domaines, jusqu’au 15 novembre.

 

2. Une stratégie vaccinale source de rupture d’égalité

Les nouvelles restrictions de liberté ont créé de fortes crispations, d’autant qu’elles ne sont pas les mêmes pour tous les citoyens. Cette rupture d’égalité est d’autant plus mal perçue que, faute de doses, tous les Français risqueraient de ne pas être vaccinés à l’automne, lorsque les tests ne seront plus remboursés. La gauche déplore que ces mesures aient été rendues nécessaires par un manque d’anticipation du gouvernement, incapable par ailleurs de porter une véritable stratégie vaccinale auprès des précaires et des personnes à risques, les moins vaccinés d’Europe de l’Ouest. Pour certains, l’injonction à la vaccination constituerait également une atteinte aux libertés individuelles. « La liberté est le fruit d’un approfondissement constant de la relation entre les citoyens et la communauté nationale pour que les contraintes soient admises comme un progrès et non pas un affaiblissement démocratique. C’est pourquoi la vaccination ne peut être un acte liberticide », estime le député André Chassaigne (PCF).

 

3. Un contrôle des citoyens par les citoyens

« Bienvenue dans la société du contrôle permanent. Celle où vous triez les bons et les mauvais citoyens ! » a interpellé la députée insoumise Mathilde Panot. Comme de nombreux restaurateurs et responsables de lieux de loisirs et culture concernés, les parlementaires de gauche ont déploré le choix du gouvernement de faire peser sur eux le contrôle des passes sanitaires. « Dans toute démocratie, ces contrôles incombent à l’État », jugent les élus socialistes, qui proposent la mise en place d’une vaccination obligatoire pour tous les adultes. Pour André Chassaigne, le système mis en place par le gouvernement est une obligation vaccinale qui « ne veut pas dire son nom. Et elle est instaurée par le pire des détours : celui de la contrainte individuelle en mettant en avant une vision utilitariste et consumériste du vaccin ».

 

4. Des sanctions inacceptables pour les travailleurs

Autre point de crispation : les sanctions prévues pour certains travailleurs. Les personnes qui travaillent dans des lieux accueillant du public devront présenter un « passe sanitaire » à partir du 15 septembre, au risque de voir leur contrat et leur rémunération suspendus. Si la situation perdure plus de trois jours, la personne sera convoquée pour un entretien afin d’examiner « les moyens de régulariser sa situation, notamment les possibilités d’affectation ». Alors que le gouvernement souhaitait introduire un nouveau motif de licenciement après deux mois de suspension, cette possibilité a été écartée pour les salariés en CDI, sous la pression des syndicats et de la gauche. En revanche, « un contrat à durée déterminée pourra être rompu avant l’échéance du terme ».  Les soignants qui ne seraient pas vaccinés au 15 octobre seront aussi suspendus et ne pourront plus exercer, tant que l’obligation vaccinale reste ­imposée par la loi.

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1 août 2021 7 01 /08 /août /2021 05:39

 

Infirmière à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, et militante CGT, Aurélie Jochaud décrit un quotidien mis à rude épreuve par dix-huit mois de crise sanitaire.

Elle n’est pas du genre à raconter ses coups de blues. Si elle en a eu, on n’en saura rien. Car ce qui anime Aurélie Jochaud, 43 ans, c’est la colère. À l’heure où ses collègues démissionnent en cascade, l’infirmière au service hématologie de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, garde vaille que vaille le goût du travail en équipe et l’envie tenace de s’occuper des autres. Mais elle n’oublie pas, à chaque fois qu’elle le peut, de pester contre les manques de l’hôpital. Contre cette politique du gouvernement qui « ne veut pas lâcher de moyens ». À Saint-Antoine, tout le monde connaît la militante CGT.

Quand l’inéluctable tsunami arrive

Depuis vingt et un ans qu’elle exerce, elle s’est toujours bagarrée. À l’hôpital de l’Hôtel-Dieu d’abord. Où elle a lutté contre la fermeture de l’établissement. En vain. « On a perdu la bataille, mais pas la guerre », sourit-elle. La pandémie n’aura fait que renforcer ses convictions. Février 2020. Avec ses collègues, elle regarde avec attention ce qui est en train de se passer à Mulhouse, l’un des principaux foyers de l’épidémie de Covid. En dix jours, l’hôpital était saturé. « On savait que le tsunami allait arriver ici. On craignait de ne pas réussir à être à la hauteur », se souvient-elle. Toutes les équipes feront front. « On s’est démultiplié pour que l’hôpital tienne. Sans protection, avec des masques qui faisaient défaut. J’avais la sensation de ne pas être protégée et de ne pas protéger mes patients, déjà très fragiles. » Une dizaine de ses collègues sont transférés du service hématologie pour s’occuper des malades du Covid. « La première vague a été très importante. On a accepté beaucoup de choses : de travailler plus, de ne pas prendre de repos ni de vacances. » Aurélie garde la rage. Comment, en 2021, l’hôpital n’est-il pas en capacité de faire face ? Dans son service, il manque encore aujourd’hui 25 infirmiers. « Mes collègues pensaient que le gouvernement, qui mettait tant en avant le dévouement du personnel soignant, allait prendre conscience que l’hôpital allait mal, bien avant le Covid. Moi, je savais que non. L’hôpital, c’est pas son problème. » Elle en est convaincue : les choses bougeront de l’intérieur. « Il ne faut compter que sur nous-mêmes. Si nous n’avions pas été là, les hospitaliers, ça aurait été une catastrophe. » Alors qu’une quatrième vague se profile, l’infirmière voit ses collègues quitter le navire, de guerre lasse et épuisés. Les postes vacants s’accumulent. « On ne nous facilite pas la tâche, souffle Aurélie. Une nouvelle vague arrive et les conditions ont empiré… » Pourtant, assure-t-elle, la jeune garde ne demande qu’à prendre du service. « Sur Parcoursup, 80 000 étudiants ont demandé la formation d’infirmier, pour très peu d’élus par manque de places. Un comble ! » Elle le sait : si le gouvernement avait débloqué des moyens, les soignants n’auraient pas vécu la pandémie de la même manière. Dernier exemple en date : la vaccination obligatoire. « On était des héros, on est maintenant des zéros si on ne se fait pas vacciner », tempête l’infirmière. Vaccinée, elle ne supporte pas cette injonction et surtout cette culpabilisation. « Les collègues sont fatigués. Avec l’impression de toujours donner sans jamais rien avoir en retour. » Alors beaucoup prennent la douloureuse décision de partir car « ils n’ont pas envie d’y laisser leur peau ». Aurélie, elle, ne lâchera rien. « C’est la colère qui me porte. » Encore et toujours.

 

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1 août 2021 7 01 /08 /août /2021 05:36

 

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93. Il publie, chaque semaine, une chronique dans nos colonnes.

La focalisation ces dernières semaines du débat autour des mesures concernant la vaccination obligatoire et le passe sanitaire permet au gouvernement d’avancer sur d’autres sujets, en passant sous la ligne d’horizon et en évitant ainsi d’éventuelles réactions. C’est ce qui est en train de se passer autour de projets de réforme, actuellement travaillés par le gouvernement, concernant les assurances maladie complémentaires, encore appelées à tort « mutuelles ». En effet, le constat partagé est que notre système à plusieurs étages – Sécurité sociale, complémentaire, surcomplémentaire – est devenu de plus en plus complexe et coûteux.

Ce dernier aspect a alerté la Cour des comptes qui pointe le fait que les coûts de gestion du système sont disproportionnés et qu’il faut le simplifier. Comme toujours, lorsque les fameux « sages » de cette institution font des préconisations, il faut être particulièrement attentif, car leur objectif unique et obsessionnel est de « faire des économies » et de « réduire les dépenses publiques ». Si nous pouvons adhérer au constat, les préconisations avancées par la Cour des comptes ne peuvent que nous inquiéter.

En effet, il est proposé de réduire la prise en charge par l’assurance-maladie à un socle, dit « panier de soins », minimal, c’est-à-dire en réalité à un filet de sécurité pour les plus pauvres, notamment pour les soins hospitaliers les plus coûteux. Pour le reste, il faudra faire appel à une assurance privée pour couvrir les autres dépenses. Pour aller vite, il s’agit de glisser rapidement vers un système à l’américaine, en ouvrant encore plus au marché le secteur de la santé, tant au niveau de l’assurance que de l’offre de soins.

Il est urgent que les citoyens s’intéressent à cette question pour bloquer cette évolution et réclamer une Sécurité sociale intégrale, prenant en charge l’ensemble des dépenses de santé, de la naissance à la mort. Un système avec un seul opérateur est performant et peu coûteux du fait de l’unicité du gestionnaire. À l’inverse, le système de marché est coûteux, car il multiplie les intervenants afin de multiplier les sources de profit.

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