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28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 17:33
Serge Klarsfeld : « Éric Zemmour promeut des thèses bestiales, comme les nazis » (L'Humanité, 28 décembre - entretien avec Aurélien Soucheyre)
Serge Klarsfeld : « Éric Zemmour promeut des thèses bestiales, comme les nazis »
Mardi 28 Décembre 2021 - L'Humanité

L’historien et fondateur de l’association Fils et Filles de déportés juifs de France (FFDJF) s’insurge contre les propos du polémiste concernant le rôle de Pétain dans la déportation des juifs.

Entretien

Vous avez combattu le négationnisme et le révisionnisme toute votre vie. Que ressentez-vous quand un candidat à la présidentielle comme Éric Zemmour est donné si haut dans les sondages alors qu’il fait preuve de révisionnisme au sujet de Pétain ?

Serge Klarsfeld Je trouve cela dégoûtant. Répugnant. Je ne m’y habituerai jamais, quand bien même le négationnisme et le révisionnisme n’ont jamais cessé. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, des gens comme Maurice Bardèche ont tout de suite nié le génocide des juifs et les chambres à gaz. Puis le négationnisme est réapparu à la fin des années 1970 avec Robert Faurisson, qui disait réfuter la « thèse » des chambres à gaz, comme s’il y avait deux « thèses » équivalentes, alors qu’il n’y a pas d’équivalence entre la réalité et la négation. Je n’ai pour ma part jamais cessé de combattre les négationnistes et les révisionnistes, qu’il s’agisse d’antisémites ou bien qu’il s’agisse, comme avec Eric Zemmour, de personnes d’origine juive qui reprennent le discours de l’extrême droite traditionnelle.

Que visent les négationnistes et les révisionnistes ? À nier et déformer les faits pour tenter de réhabiliter le nazisme et le pétainisme?

Serge Klarsfeld Il y a dans le noyau dur de l’AfD, le parti d’extrême droite allemand, une partie favorable à une réhabilitation d’Hitler qui met en avant la réelle lutte anticommuniste et la prétendue défense de la civilisation occidentale menées par le régime nazi. Ils vont parfois jusqu’à reprendre les thèmes de la propagande hitlérienne de l’époque. En France, c’est différent. Ce sont les partisans de Pétain qui n’ont jamais cessé de défendre Vichy. Il y a toujours eu des publications de gens engagés dans le pétainisme, puis de leurs héritiers, pour ressortir les mêmes faux arguments selon lesquels Pétain était le « bouclier » et de Gaulle le « glaive », face aux Allemands. C’est évidemment faux et aucun parallèle ne peut être tracé entre eux deux, entre le chef de la collaboration et le chef de la Résistance. Aujourd’hui, Éric Zemmour reprend cette « analyse » totalement infondée.

Éric Zemmour assure également que Vichy et Pétain ont « sauvé les juifs français »…

Serge Klarsfeld Pétain n’a pas du tout sauvé les juifs français tout simplement parce que 24 000 juifs français ont été déportés, soit environ un tiers des juifs envoyés vers la mort depuis la France. Vichy a persécuté les juifs français comme il a persécuté les juifs étrangers, notamment avec le statut des juifs. Il y avait à Vichy un antisémitisme d’exclusion, de dépossession et d’aryanisation des biens des juifs. Il faut aussi savoir que 7 000 juifs furent dénaturalisés, ce qui a facilité leur déportation. Ce qui est exact, et c’est sur quoi s’appuie Éric Zemmour, c’est que Vichy a placé les juifs français après les juifs étrangers dans l’ordre de déportation. Mais dans un premier temps seulement. Cela n’a pas du tout empêché la déportation de 6 000 enfants juifs français dont les parents étaient étrangers. Et, dans un second temps, cela n’a pas non plus empêché la déportation de juifs français adultes. En cas de victoire allemande, l’ensemble des juifs français auraient été déportés. Le régime de Vichy est, à jamais, coupable d’avoir accepté de coopérer à l’arrestation des juifs quelle que soit leur nationalité. Vichy a pleinement participé à la mise en place de la « solution finale » en France. Et on ne pourra jamais effacer de l’histoire le fait que la grande majorité des juifs déportés ont été arrêtés par des uniformes français.

Comment expliquez-vous que le révisionnisme de Zemmour ne soit pas disqualifiant aux yeux des électeurs ?

Serge Klarsfeld Hélas, il existe des électeurs antisémites, des électeurs xénophobes et des électeurs d’extrême droite. Et, enfin, des électeurs qui méconnaissent l’Histoire et qui, depuis longtemps, n’ont pas connu les horreurs de la haine et de la guerre. Les démagogues ont du talent, mais leurs idées n’en ont pas beaucoup. Quand leur démagogie redevient efficace, quand ils peuvent à nouveau désigner des boucs émissaires, quand les pulsions de violence reviennent, c’est souvent à la suite d’un délitement citoyen et une perte de sens républicain. C’est aussi l’échec des démocrates et des discours langue de bois des politiques traditionnelles… Il y a pourtant un très grand danger : l’extrême droite ne ramène jamais aucun « passé glorieux ». Elle amène toujours de grandes catastrophes et de grandes souffrances. Éric Zemmour promeut des thèses bestiales. Comme les nazis. À l’entendre, il faudrait se débarrasser des musulmans. Mais les nazis disaient pareil des juifs, sans préciser comment. Et nous avons eu les chambres à gaz… Comment Zemmour compte-t-il se débarrasser des musulmans ? Une fois arrivée au pouvoir, l’extrême droite a toujours mis ses menaces à exécution… Il faut les prendre au sérieux, et combattre l’obscurantisme et les totalitarismes, par la mobilisation et l’éducation, avec la dernière énergie.

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28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 08:58
Grande manifestation pour la Paix - Toutes et tous à Brest le dimanche 9 janvier 2022 (Mouvement de la Paix)
Grande manifestation pour la Paix - Toutes et tous à Brest le dimanche 9 janvier 2022 (Mouvement de la Paix)
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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 17:38

 

Au lieu de la facture envoyée après un passage à l'hôpital, un nouveau dispositif entre en vigueur ce 1er janvier. Avec des conséquences directes pour les Français sans mutuelle et le personnel soignant.

 

SANTÉ - La mesure a été officialisée il y a de longs mois, mais elle s’apprête à entrer en vigueur dans la discrétion la plus totale. À partir du 1er janvier, lors d’un passage aux urgences, chaque patient qui ne sera pas hospitalisé dans la foulée devra régler sur place une somme d’un peu moins de 20 euros. 

Un changement notable alors que jusqu’à présent, il fallait attendre plusieurs semaines pour recevoir une facture à son domicile, laquelle variait en fonction des actes pratiqués à l’hôpital (simple consultation, tel ou tel examen, une batterie de tests...) et était prise en charge par les complémentaires santé dont bénéficient 95% des Français. 

L’évolution contenue dans ce nouveau dispositif baptisé “forfait patient urgences” réside dans l’instauration d’un tarif unique et plafonné pour chaque passage aux urgences non suivi d’hospitalisation (19,61 euros pour 2022). Un montant minoré à 8,49 euros pour les femmes enceintes de plus de cinq mois et les personnes atteintes par une affection longue durée (formes graves d’épilepsie, AVC invalidant, infection au VIH pour donner quelques exemples). Et pour les enfants victimes de sévices, les victimes de terrorisme et les malades du Covid soignés dans le cadre de l’urgence sanitaire, ils sont même exemptés des frais. 

Des difficultés logistiques à l’hôpital

Cette réforme n’est pas inattendue puisqu’elle découle des travaux menés en 2019 à la demande d’Édouard Philippe par le député LREM de la Charente et ancien urgentiste Thomas Mesnier avec le professeur spécialiste des urgences hospitalières Pierre Carli. D’ailleurs, ce dispositif, annoncé en octobre 2020 et voté dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2021, aurait dû entrer en vigueur dès septembre. Il a cependant été retardé à la demande de la Fédération hospitalière de France (FHF) du fait des complexités informatiques qu’il engendre pour les hôpitaux ainsi que d’un contexte budgétaire spécifique lié à la pandémie de coronavirus

Sauf que ce nouveau système interroge dans le milieu de la santé: “Très concrètement, le 31 décembre, si tu arrives aux urgences, tu es pris en charge et tu repars sans payer. Dès le 1er janvier, après t’avoir pris en charge, on te demande 19 euros”, résume après du HuffPost un employé d’hôpital. 

Dès lors, une première critique revient, de source hospitalière: celle de la difficulté de la mise en œuvre de ce nouveau fonctionnement pour les structures. “Les services d’urgence ne sont pas adaptés à l’encaissement de paiements: il faut des lecteurs de carte vitale, de la monnaie, des lecteurs de carte bleue...”, explique un connaisseur de ces problématiques. 

Le tiers payant simplifie la donne

Aurélien Sourdille, de la Fédération hospitalière de France confirme cette difficulté logistique pour certains établissements. “La nuit par exemple, il n’y a pas toujours de secrétaires médicaux. Il y a des infirmiers et des aide-soignants, qui sont avant tout là pour les soins, et dont ce n’est pas la mission première de passer une carte bleue.” De la même manière, explique-t-il, les hôpitaux ne sont pas “des supermarchés où il faut passer à la caisse”, et il n’y a pas forcément de bureau de sortie suffisamment confidentiel dans lequel les patients pourront régler leur facture. 

Néanmoins, ce cadre de FHF nuance en expliquant que ce nouveau fonctionnement va permettre d’éviter une part de la déperdition de trésorerie liée aux factures non réglées par les patients passés aux urgences, à qui il est parfois impossible d’envoyer ce qu’ils doivent régler parce qu’ils sont partis trop vite, qu’ils sont étrangers, trop précaires... “Aujourd’hui, la plupart des impayés à l’hôpital sont liés aux urgences, là c’est terminé”, décrit-il. Le député Thomas Mesnier abonde: ”À l’heure actuelle, seuls 30% du reste à charge des passages aux urgences vont dans les caisses des hôpitaux tant la facturation est difficile à faire.” 

Surtout, 95% environ des Français disposent d’une complémentaire santé ou d’une aide équivalente (la complémentaire santé solidaire pour les petits revenus ou l’aide médicale d’État pour les plus précaires). Ce qui signifie que toute cette partie de la population pourra faire jouer le tiers payant au moment de régler ses 19,61 euros aux urgences et donc ne rien avoir à payer en dépit du nouveau système. Il leur faudra présenter leur carte vitale et leur carte de mutuelle, ce qu’on n’a pas toujours sur soi lorsqu’on arrive aux urgences après une blessure sur un terrain de sport ou un accident de la circulation. 

Le public risque de découvrir cette nouveauté sur le fait

Il reste aussi les 5% de la population, qui peuvent être des retraités ou des chômeurs par exemple (la complémentaire santé est obligatoire pour une vaste majorité de salariés), et qui ont fait le calcul suivant: payer une mutuelle leur reviendrait plus cher que ce qu’ils dépensent en frais médicaux. Et pour eux, à partir du 1er janvier 2022, il faudra effectivement passer à la caisse s’ils viennent aux urgences. 

Or dans ce cas, le personnel hospitalier pourrait avoir à avoir à gérer un public pas forcément au courant de cette évolution du fonctionnement des urgences. “Le 1er janvier, ce sont des agents des admissions, en première ligne donc, qui vont devoir expliquer qu’à partir de maintenant, c’est payant. Et gérer la grogne qui va avec”, anticipe une source en milieu hospitalier, évoquant de surcroît le contexte de sur-sollicitation des urgences et leur manque de moyens encore dénoncés jeudi 16 décembre au Sénat par le médecin François Escat

Or alors que le nouveau système va entrer en fonction dans quelques jours se pose la question de l’absence de communication de la part des autorités sur le sujet. Sollicités par Le HuffPost, ni le ministère de la Santé ni l’entourage du Premier ministre Jean Castex n’ont apporté de précision à ce propos. Le député Thomas Mesnier, lui, évoque pour expliquer cette non-communication une mesure essentiellement “techno” (comprendre technocratique, qui concernerait surtout le milieu médical et donc pas directement le grand public). 

Vers une communication locale

Aurélien Sourdille apporte un élément d’analyse: “Je pense qu’il y a effectivement une sous-estimation de la part du gouvernement de ce que le nouveau forfait représente pour les établissements hospitaliers. Et en même temps, pour 95% des patients, cela ne change rien du tout.” Tant et si bien que pour le cadre de la FHF, le plus simple est que les établissements communiquent à leur niveau, avec leurs patients, en leur présentant les atouts du nouveau dispositif et notamment sa lisibilité évidente. 

Une source hospitalière se demande toutefois quelles conséquences pratiques le forfait patient urgences peut avoir sur la santé des Français. “Il y a sûrement des gens qui n’iront plus aux urgences par peur de devoir payer, alors qu’il le faudrait.” Et cette même source de rappeler qu’au cours de l’entretien accordé à LCI mercredi 15 décembre, le président de la République a insisté sur le fait “qu’il était vigilant à l’impact de ses décisions sur la vie des Français”. 

Mais pour Thomas Mesnier, le “forfait patient urgence” reste quand même une avancée majeure. “Honnêtement, je n’en fais même pas un objet politique: c’est une vraie réforme de simplification”, explique l’élu charentais. ”À l’heure actuelle, si l’on passe des examens en plus de la consultation lors d’un passage aux urgences, la facture peut monter. Et beaucoup. Alors que là, la facture va être plus juste, plus équitable, plus simple à comprendre.” 

Ce que confirme Aurélien Sourdille, de la Fédération hospitalière de France: “Avant, les services hospitaliers devaient attendre de connaître tous les actes pour savoir de combien serait la facture. Là, c’est simplifié à l’extrême et l’on sait immédiatement combien le patient doit régler. Et dans la plupart des cas, c’est sa mutuelle qui paiera.” Et pour ceux qui n’en ont pas, ce sera donc au personnel médical de gérer la transition d’un dispositif à l’autre. 

 

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25 décembre 2021 6 25 /12 /décembre /2021 06:21

Il vous est sans doute arrivé de croiser cette phrase au détour d’une consultation sur internet, la voici : « Nous sommes dans un monde où ceux qui gagnent 100 000 euros par an persuadent ceux qui ont 1 700 euros par mois que c’est la faute de ceux qui en touchent 500 si le pays va mal. » Et il faut bien le reconnaître, ça marche, au moins en partie. Les millions de personnes qui perçoivent des aides sociales sont stigmatisées comme étant des assistés.

De notre côté, nous appelons ça la solidarité nationale, qui nous permet d’être globalement mieux logés, mieux soignés, par exemple. Dans ce pays, 6,9 millions de personnes perçoivent les minima sociaux, 10 % de la population ; 4,3 millions de salariés, aux revenus faibles, perçoivent la prime d’activité. Pas moins de 13,5 millions de foyers sont allocataires de la Caisse d’allocations familiales (CAF), ce qui représente 32,5 millions de personnes. Plus de 3 millions de demandeurs d’emploi sont indemnisés chaque mois…

On se demande ici comment notre société tiendrait si toutes ces politiques de solidarité n’existaient pas. Macron désigna un jour ces aides par cette formule choc « un pognon de dingue. » Ce genre de discours tend à diviser, à fracturer et à opposer… Nous, on veut lever les yeux, ne pas porter un regard horizontal en direction des prétendus « assistés », nous regardons vers le haut…

Les hauts dirigeants négocient pour eux-mêmes des protections gigantesques de leur fortune. Il existe en France ce que l’on appelle, dans le jargon de Berçy, des « niches fiscales », elles sont au nombre de 450 et ont pesé dans le budget de cette année près de 86 milliards d’euros. Les plus riches parviennent ainsi à réduire leur impôt en toute légalité, sans être stigmatisés.

Et puis, ils nous ressortent régulièrement la chasse aux « fraudeurs sociaux », oui ça existe, quelques centaines de millions par an… en oubliant délibérément les effets dévastateurs de la fraude et de l’évasion fiscale qui coûtent des dizaines de milliards d’euros chaque année à la République, vous savez, celle qui doit garantir l’égalité et défendre notre modèle social…

Les véritables assistés sont trop souvent hors de notre champ de vision !

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24 décembre 2021 5 24 /12 /décembre /2021 07:01
Contrôle des chômeurs. À Pôle emploi, la politique de radiation bat son plein (L'Humanité, Cécile Rousseau, 22 décembre 2021)
Contrôle des chômeurs. À Pôle emploi, la politique de radiation bat son plein
Mercredi 22 Décembre 2021 - L'Humanité

Alors que le gouvernement exige le renforcement des contrôles sous couvert de remettre les chômeurs récalcitrants au travail, les privés d’emploi, notamment de longue durée, vont être également soumis à ce flicage pour faire baisser les statistiques.

 

« L es demandeurs d’emploi qui ne démontreront pas une recherche active verront leur allocation suspendue. » Cette phrase couperet, prononcée par le futur candidat Emmanuel Macron, le 9 novembre, n’a pas tardé à être suivie d’effet. Depuis le 1er décembre et jusqu’en mai 2022, les contrôles des chômeurs sont intensifiés, avec une hausse de 25 % pour atteindre 250 000 procédures dans les six prochains mois (500 000 au total en 2022 contre 400 000 en 2019). Dans cette vaste opération de flicage, les personnes identifiées sur les métiers en tension (bâtiment, aide à la personne…) et celles en projet de création d’entreprise depuis plus de six mois sont ciblées en priorité.

« Bas salaires, conditions de travail pourries »

« On n’arrête pas de nous parler de ces 200 000 à 300 0000 offres non pourvues sur ces professions où il est difficile de recruter, mais on oublie souvent de dire que les conditions de travail sont pourries et les salaires bas », rappelle Guillaume Bourdic, représentant syndical de la CGT Pôle emploi. La ministre du Travail, Élisabeth Borne, a tenté de justifier ces contrôles accrus : « C’est bien normal, alors qu’on accompagne comme on ne l’a jamais fait les demandeurs d’emploi, qu’on s’assure qu’ils cherchent effectivement du travail. » ​​​​​​​Qu’importe si les effectifs de Pôle emploi n’ont été renforcés que de 100 équivalents temps plein pour cette année et que seules 941 000 offres soient actuellement disponibles sur le site Internet de l’établissement public pour 6,5 millions de chômeurs, il s’agit de faire baisser les statistiques.

Dans la même veine, le plan censé « redynamiser » les demandeurs d’emploi de longue durée (Deld) risque aussi de se traduire par une exclusion des listes de l’ex-ANPE. Ce dispositif lancé fin septembre par le gouvernement consiste à recontacter 1,5 million de personnes d’ici à fin 2021. Stéphanie (1), conseillère Pôle emploi en région parisienne, a pu constater que la course contre la montre s’était enclenchée. « On nous demande de convoquer des chômeurs à tour de bras, mais il faut bien comprendre que, s’ils ne trouvent pas d’emploi depuis un moment, c’est souvent parce qu’il y a de grandes problématiques sociales derrière. On ne peut pas les diriger sur un poste en claquant des doigts. »

Pour aller plus vite d’ici au 31 décembre, la direction de l’agence n’a pas hésité à reprendre la main sur les portefeuilles des conseillers. « Un de mes chômeurs s’est vu inscrire dans son dossier qu’un entretien avait eu lieu alors que ce n’était pas le cas. Pour une autre personne, il a été signalé qu’elle ne s’était pas rendue à une convocation alors qu’elle n’a rien reçu ! C’est n’importe quoi », enrage-t-elle. Pour ce dernier cas de figure, la marche à suivre est explicite. Si le demandeur d’emploi de longue durée est injoignable, il devra être signalé aux services de contrôle de la recherche d’emploi (CRE), a fortiori s’il est sur les métiers en tension. Les jeunes du programme #TousMobilisés, déclarés absents, subiront aussi le même sort. De quoi faire encore grimper les radiations.

Pour les agents, la dénonciation, c’est non

Depuis cet automne, Stéphanie, comme d’autres agents, avait déjà constaté que la machine à rayer des listes était repartie à la hausse. Pour elle, hors de question d’aller dénoncer les demandeurs d’emploi. « Je n’ai dû le faire que deux ou trois fois pour des fraudes. Les conseillers estiment que cela ne fait pas partie de leurs missions, explique-t-elle avant de poursuivre.  « Il y a déjà des tensions à l’accueil des Pôle emploi depuis le Covid et avec la réforme de l’assurance-chômage. Nous allons en plus devoir gérer en partie le contrat d’engagement jeune (CEJ), ça commence à faire beaucoup, là ! Dans notre agence, il nous manque huit personnes. »

L’impression de devenir le « bras armé d’Emmanuel Macron »

Avec cette course aux résultats, le benchmarking (analyse comparative) entre les Pôle emploi bat aussi son plein. « C’est la compétition entre les agences d’une même région. Il y a un classement pour savoir qui a convoqué le plus de demandeurs d’emploi de longue durée, pointe Guillaume Bourdic. C’est le même principe pour le contrôle de la recherche d’emploi. Les collègues ont de plus en plus l’impression de devenir le bras armé d’Emmanuel Macron. »

Alors que les radiations administratives ont grimpé de 28,4 % entre le deuxième et le troisième trimestre 2021 – après une période d’arrêt pendant la première vague du Covid – pour revenir sensiblement au niveau d’avant la crise, la tendance n’est pas près de faiblir.

Si le taux de radiation pour absence d’actes positifs de recherche d’emploi se maintient autour de 15 % entre 2019 et 2021, battant en brèche le mythe des chômeurs profiteurs, certains d’entre eux sont aussi percutés par le passage obligé au tout-numérique. Comme le raconte Luc Chevallier, représentant syndical SUD emploi : « Avec la CGT, nous avons eu connaissance du cas d’une personne qui avait postulé à 29 offres par courriers recommandés et qui a été radiée car cela n’avait pas été fait via le site Internet. Ils ont jugé que cela ne constituait pas des actes positifs suffisants ! »

Tout en précisant ces mesures gouvernementales, le directeur général de Pôle emploi, Jean Bassères, gonflé d’optimisme, avait même estimé dans les colonnes du Parisien le 13 décembre que « le plein-emploi (était) un objectif atteignable ». Après le coup de massue de la réforme de l’assurance-chômage diminuant les droits de centaines de milliers de précaires, pour Éric Heyer, économiste à l’OFCE, cette stratégie de contrôles renforcés risque de ne pas produire le résultat espéré. « Contrairement au modèle scandinave, où le marché du travail est flexible et les demandeurs d’emploi peuvent, comme au Danemark, toucher 90 % de leur ancien salaire pendant quatre ans, en France, il y a une flexibilité sans sécurité. En catégorie A, seuls 48 % des chômeurs sont indemnisés, on va les radier, et après ? Cela va juste faire baisser le chômage un mois ou deux. En focalisant les contrôles sur les métiers en tension, l’idée est aussi de contraindre à prendre des offres dégradées. Il aurait plutôt fallu mettre des moyens pour mieux accompagner les demandeurs d’emploi vers un travail. » Face à ce climat anxiogène, les syndicats de Pôle emploi envisagent une journée d’action nationale en début d’année.

(1) Le prénom a été changé.
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24 décembre 2021 5 24 /12 /décembre /2021 06:51

 

A l'occasion de son déplacement à la Réunion, Fabien Roussel était l'invité du JT de Réunion la 1ère le 21 décembre 2021.

 

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24 décembre 2021 5 24 /12 /décembre /2021 06:20

 

Madame la présidente, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, cinq ans après l’adoption de la loi, issue d’une proposition de nos collègues Michelle Meunier et Muguette Dini, j’ai malheureusement le sentiment que la situation ne s’est pas réellement améliorée pour les 350 000 enfants et jeunes suivis par l’ASE.

Lorsque je vous ai rencontré en février dernier, monsieur le secrétaire d’État, lors de la présentation du projet de loi, j’ai eu un espoir de changement. Votre vision et les objectifs que vous nous présentiez faisaient écho à ceux de nombre d’associations, qui jugent nécessaire une grande loi sur l’enfance..

Toutefois, force est de le constater, cette belle ambition s’est heurtée à l’absence d’enveloppe financière et de moyens humains suffisants pour atteindre les objectifs assignés à ce texte. C’est d’ailleurs l’appréciation des nombreuses personnes et associations entendues en audition par M. le rapporteur Bernard Bonne, dont je salue le travail et l’écoute.

La médiatisation de l’aide sociale à l’enfance a mis en lumière un système trop souvent maltraitant, souffrant des réductions budgétaires des départements et d’un manque de personnel suffisamment formé et reconnu.

On ne peut comprendre, encore moins accepter que des mineurs déjà victimes de précarité sociale, financière et affective, et éventuellement victimes de violences continuent de subir un désengagement de la puissance publique ?

Je vous renvoie, mes chers collègues, à l’ouvrage Enfance, l’état d’urgence, du collectif Construire ensemble la politique de l’enfance (CEP-Enfance), composé d’une centaine d’organismes, qui fait état notamment des dysfonctionnements dans trois domaines fondamentaux de la vie des enfants : leur santé, leur éducation, leurs relations avec la justice.

Je remercie également l’association Repairs !, Léo Mathey, Lyes Louffok et Juliette Gallouin, de leur expertise.

L’amélioration de la coordination entre les acteurs ne suffira pas pour remédier à l’absence de politique globale en faveur de l’enfance et aux conséquences désastreuses de nombreuses mesures mises en œuvre par les différents gouvernements. Les besoins sont immenses pour la protection maternelle infantile, les centres médico-psycho pédagogiques, la revalorisation des métiers des travailleurs sociaux, mais également pour le renforcement des moyens humains et financiers de la justice des mineurs.

La priorité doit être donnée à l’amélioration de la prise en charge des enfants par l’aide sociale et à celle des conditions de travail des assistants familiaux.

La prise en charge des enfants concerne évidemment l’accompagnement éducatif en établissement, mais également l’accompagnement médical, y compris en termes de santé mentale. En effet, le fait que la pédopsychiatrie soit sinistrée en France rend difficile une prise en charge adaptée des 32 % des enfants placés souffrant de troubles psychiatriques.

Le présent projet de loi prévoit différentes mesures positives pour l’amélioration de la prise en charge des mineurs de l’ASE. Je pense par exemple à la création d’une base nationale des agréments des assistants familiaux, au renforcement de la place des tiers dignes de confiance, à un meilleur pilotage national, à la non- séparation des fratries ou à l’interdiction des placements à l’hôtel. Toutefois, sans moyens supplémentaires, monsieur le secrétaire d’État, votre interdiction de l’hébergement à l’hôtel ne sera jamais qu’un encadrement assorti de nombreuses dérogations.

Pour ce qui se rapporte aux sorties sèches des jeunes majeurs issus de l’ASE, les départements ont réduit, au cours des dernières années, les possibilités de bénéficier des contrats jeune majeur. Les inégalités entre départements sont particulièrement fortes, car le budget de ces collectivités est de plus en plus réduit. Il revient donc à l’État de garantir un statut social pour les majeurs de 18 à 21 ans et de réfléchir à l’accompagnement des jeunes de 21 à 25 ans.

Quant aux travailleurs sociaux, qui sont des femmes à 96 % et dont le rôle est primordial pour la protection de l’enfance, ils subissent l’absence de reconnaissance de leur métier et les disparités départementales. En l’absence d’un statut et d’un cadre d’emploi de catégorie B dans la fonction publique, ils sont soumis à des carrières et à des pensions précaires.

En ce qui concerne les assistants familiaux, l’instauration d’une rémunération minimale fixée au niveau du SMIC pour l’accueil du premier enfant constitue un progrès qui ne doit pas remettre en cause la majoration pour l’accueil d’un deuxième enfant.

Enfin, pour ce qui concerne les mineurs non accompagnés, ce texte rend obligatoire la présentation des jeunes se déclarant mineurs en préfecture, ainsi que l’utilisation du fichier d’appui à l’évaluation de la minorité, qui était facultative jusqu’à présent. Cette mesure n’a rien à voir avec la protection de l’enfance, mais relève uniquement du contrôle migratoire La Défenseur des droits, Claire Hédon, s’est inquiétée, dans son rapport sur ce projet de loi, de l’existence « d’un droit spécifique des MNA, de plus en plus éloigné de la protection de l’enfance ».

Même si des progrès sont accomplis avec ce projet de loi, il demeure un écart important à combler pour que chaque enfant soit réellement un sujet de droit, pour faire sortir 3 millions d’enfants de la pauvreté et pour consolider et améliorer des services publics réservés à l’enfance, dotés de moyens humains et financiers suffisants.

Le groupe communiste républicain citoyen et écologiste réserve son vote, qui dépendra des débats et des modifications qui seront apportées au texte par le Sénat.

 

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23 décembre 2021 4 23 /12 /décembre /2021 06:17

 

 

Aujourd’hui en France, la précarité énergétique touche 12 millions de personnes (5,6 millions de ménages soit 20 % des ménages français) qui ne peuvent pas répondre à leurs besoins fondamentaux. À cela s’ajoute le fait que près d’une résidence principale sur six est une passoire thermique.

Or, depuis septembre 2021 nous connaissons un emballement historique des prix de l’énergie.

En effet, si au cours des dix dernières années, les prix du gaz domestique ont augmenté de plus de 40 % pour les usagers particuliers, depuis l’été 2021 ces prix connaissant une augmentation particulièrement inquiétante : plus 8,7 % en septembre, qui fait suite aux augmentations de 5 % en août, et de 10 % en juillet, soit une augmentation de près 298€ de la facture annuelle de gaz entre les mois de juin et septembre 2021. Cela sans compter l’augmentation de 12,6 % d’octobre 2021.
Même constat pour les prix de l’électricité qui connaissent une hausse continue depuis plus de 10 ans (plus 52%) et tout comme pour le gaz, le prix de l’électricité continue de flamber et semblerait atteindre un pic de +15% en février 2022 (au lieu des 6% initialement prévus par la CRE) après une augmentation de 1,6 % en février 2021 et de 0,48 % en août.

Cette hausse historique pourrait avoir pour conséquence une hausse de 180 euros en moyenne sur la facture annuelle des Français.

Or, déjà en2019, près de 300000foyers ont subi une coupure d’électricité ou une réduction de puissance en raison de factures impayées. En comptant les coupures de gaz, il y a eu au total plus de 670 000 interventions en 2019.

Et la situation menace aujourd’hui d’empirer sous l’effet de la crise économique et de la déflagration sociale qu’elle entraîne. Les impayés risquent de s’accumuler et le nombre de coupures va se multiplier en conséquence.

Or, l’annonce d’un gel des prix du tarif réglementé de vente de gaz (TRVG) ne constitue en rien une mesure protectrice du pouvoir d’achat des consommateurs.

En effet, si d’ici le printemps prochain les tarifs du TRGV resteront figés au haut niveau actuel, le « lissage » des prix évoqué par le Premier ministre imposera en réalité aux consommateurs de payer par la suite, à une période sans risque électoral, ce qui ne l’aura pas été d’ici-là. Autrement dit, au global, les consommateurs ne tireront aucun bénéfice d’un gel des tarifs, ils paieront la note.

Le gel des tarifs, le bien mal nommé « bouclier tarifaire », ne trompe personne. Il correspond en réalité à un gel du pouvoir d’achat.

De plus, face à l’envolé des prix de l’énergie, Edf a annoncé, le 12 novembre, qu’elle cesserait de couper l’électricité en cas d’impayés à partir de la fin de la trêve en 2022, cela tout au long de l’année. Toutefois, les usagers concernés verront toutefois leur débit électrique réduit à 1 kW par jour.

Ainsi, bien que les coupures soient interdites durant la trêve hivernale, les réductions de puissance (sauf pour les usagers en situation de précarité énergétique) conduisent tout de même les personnes concernées à faire des choix cruels : la lumière, le chauffage ou la machine à laver.

Il est inacceptable qu’un ménage soit conduit à choisir entre se chauffer au risque d’impayés ou ne plus se chauffer et subir les conséquences du froid sur sa santé, son logement. Il est de la responsabilité des pouvoirs publics de mettre fin à de telles situations et de garantir les conditions d’une vie décente à l’ensemble des individus.
C’est bien le sens de l’article L.121-1 du code de l’énergie qui définit l’électricité comme un « produit de première nécessité », cela après l’adoption d’un amendement du groupe CRCE lors du débat sur la loi de transition énergétique pour une croissance verte.

De plus, la décision d’EDF ne concerne pas les autres fournisseurs et ne s’applique qu’à l’électricité et non au gaz, ainsi allonger temporairement la trêve hivernale n’est pas une solution à la hauteur des enjeux. D’autant que de nombreux fournisseurs choisissent de résilier les contrats pour cause d’impayés ou de difficultés avant la trêve hivernale.

D’autre part, cela ne règle en rien la dette que ces familles accumulent et qu’au final elles devront régler pour retrouver la totalité de leur abonnement.
Enfin, cette mesure risque d’avoir un effet rebond et de permettre une baisse de puissance aujourd’hui interdite pour les personnes en situation de précarité qui serait le corollaire d’une interdiction des coupures tout au long de l’année.

Il faut donc aller plus loin, les coupures d’électricité comme de gaz doivent être abolies et les réductions de puissance plus limitées.

De plus, le Premier Ministre a annoncé un chèque énergie exceptionnel de 100 euros, certes cette mesure est à prendre, mais elle est loin d’être satisfaisante pour répondre aux besoins de millions d’usagers en précarité énergétique et ne compensera pas non plus les hausses continues des prix de l’énergie livrée à la « libre concurrence » qui, soi-disant, devait faire baisser les prix.

Une facture de chauffage, c’est en moyenne 1 600 euros par an, (1 925 euros en moyenne pour les ménages en précarité énergétique, selon l’enquête nationale logement (ENL) menée par l’Insee en 2013). C’est pourquoi, l’Observatoire National de la Précarité́ Energétique préconisait une revalorisation du chèque énergie de 710 euros en moyenne afin que le taux d’effort énergétique des familles en situation de précarité soit inférieur à 8 %.

D’autant que les conditions pour bénéficier de certaines aides sont trop restrictives et laissent de côté de nombreux ménages en situation de précarité. C’est le cas pour les ménages chauffés par une chaudière collective (le Chèque énergie ne peut pas être utilisé pour régler des charges de chauffage collectif, que l’on soit copropriétaire ou locataire, dans le parc social comme privé), les étudiants et les gens du voyage.
Enfin, selon l’Observatoire de la précarité énergétique, si 5,7 millions de chèques ont été émis en 2019 leur d’utilisation n’est que de 80 %.

Toutefois, cette augmentation du chèque énergie ne saurait être financée par une augmentation des charges de service public ou par la création d’une autre qui serait au final payée par les usagers.

Ce droit inconditionnel d’accès à l’énergie peut être financé par les fournisseurs d’énergie comme Engie ou Total. Ces dernières ont versé cette année respectivement 1,3 et 7,6 milliards d’euros à leurs actionnaires. Du fait de l’envolée des prix de l’énergie, Total a même multiplié ses bénéfices par 23 en un an.

La lutte contre la précarité énergétique et l’instauration d’un véritable droit à l’énergie constituent des chantiers prioritaires pour mener à bien la transition énergétique dont notre pays a besoin. En ce sens, il est impératif de considérer la précarité énergétique comme une question de politique énergétique et non pas seulement comme une question sociale. C’est pourquoi les parlementaires du groupe Communiste citoyen, républicain et écologiste plaident pour un bilan et un débat public sur des dizaines d’années de casse néolibérale du secteur de l’électricité et du gaz : aucun des objectifs n’a été atteint par cette libéralisation dogmatique et autoritaire du marché de l’énergie.


Proposition de résolution pour une interdiction des coupures énergétiques et une revalorisation du chèque énergie

Le Sénat,
Vu l’article 34-1 de la Constitution,
Vu la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, Vu le paragraphe 11 du préambule de la Constitution de 1946,
Vu le Socle européen des droits sociaux approuvé par le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne le 17 novembre 2017,
Vu le Protocole n° 26 sur les services d’intérêt général, attaché au traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,
Vu le code de l’énergie et en particulier son article L. 111-1,
Vu la programmation pluriannuelle de l’énergie 2019-2023,
Vu la décision n° 2015-470 QPC du 29 mai 2015 du Conseil constitutionnel relative à l’interdiction des coupures d’eau tout au long de l’année,
Considérant que la libéralisation du secteur énergétique en Europe et en France n’a pas permis l’émergence de productions énergétiques alternatives compétitives – hors subventionnements publics – aux énergies fossiles, hydrauliques et nucléaires ;
Considérant que l’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie s’est traduite par une hausse continue des prix pour les usagers ;
Considérant les conséquences sociales de l’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie qui, par l’augmentation continue des tarifs réglementés de vente de l’électricité et du gaz, a participé à renforcer la précarité énergétique touchant maintenant plus de 5 millions de foyers en France ;
Considérant que l’objectif de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte de réduction de 15 % de la précarité énergétique en 2020 n’a pas été atteint ;
Considérant que l’accès à l’énergie a été reconnu comme un service essentiel intégré à la proclamation interinstitutionnelle sur le Socle européen des droits sociaux du 13 décembre 2017 ;

Invite le Gouvernement à interdire aux fournisseurs d’électricité, de chaleur ou de gaz de procéder, dans une résidence principale, à l’interruption, y compris par résiliation de contrat, pour non-paiement des factures, de la fourniture d’électricité, de chaleur ou de gaz aux personnes ou aux familles en précarité énergétique. Les fournisseurs d’électricité ne peuvent procéder à une réduction de puissance ne garantissant pas des conditions convenables d’existence. Ces dispositions s’appliquent tout au long de l’année ;

Invite le Gouvernement à augmenter significativement le montant moyen annuel du chèque énergie et à l’indexer sur les tarifs réglementés de vente de l’énergie ;
Invite enfin le Gouvernement à présenter au Parlement un bilan de la libéralisation du secteur énergétique et à organiser un débat public sur l’avenir de ce secteur.

 

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22 décembre 2021 3 22 /12 /décembre /2021 17:22
Besoin d'Humanité - Participez à la souscription de fin d'année pour le journal de Jaurès, L'Humanité
#besoindHumanite Donnons-nous de la force pour le développement de L'HUMANITÉ
 
#besoindHumanite : avec ce hashtag, votre journal veut vous alerter. La période que traverse le pays est lourde de dangers.
 
À l’approche de scrutins décisifs, la crise sociale, économique, sanitaire, environnementale fait planer de sourdes inquiétudes sur la tête des classes populaires et menace les fondements de la République sociale, tandis que le capital redouble d’offensive pour assurer sa domination. L’Humanité se doit d’être au rendez-vous, de jouer son rôle historique. Pour y parvenir, le journal a besoin de mobiliser son plus grand atout, la communauté de ses lectrices et lecteurs, de ses amis et soutiens. L’appel à souscription que nous lançons vise à nous permettre de mener à bien les projets de développement indispensables au rayonnement du journal.
 
 
Souscription. Donnons-nous de la force pour développer l’Humanité !
Mardi 2 Novembre 2021
 

Fabien Gay
Directeur de l'Humanité

La période que traverse le pays est lourde de dangers. À l’approche de scrutins décisifs, la crise sociale, économique, sanitaire, environnementale fait planer de sourdes inquiétudes sur la tête des classes populaires et menace les fondements de la République sociale. Dans ce paysage inquiétant, les droites aiguisent leurs couteaux, se recomposent et trouvent leur centre de gravité dans un discours ultraréactionnaire, tandis que le capital redouble d’offensive pour assurer sa domination.

L’Humanité se doit d’être au rendez-vous, de jouer son rôle historique pour empêcher que notre pays ne sombre dans la haine et la division et résiste à la lame de fond ultralibérale. Elle doit ainsi afficher son utilité en montant au front du débat idéologique et en menant des combats fédérateurs pour les classes populaires. Fidèle à sa vocation, l’Humanité est déterminée, avec ses équipes, à nourrir le monde du travail et les créateurs d’analyses originales, de décryptages, d’informations étouffées par un système médiatique devenu théâtre de l’offensive idéologique des droites extrémisées ; à être fer de lance des luttes actuelles pour sauver l’humain et la planète de la barbarie capitaliste et de ses crises mortifères. L’initiative communiste, militante, syndicale, associative, culturelle doit pouvoir y trouver toute sa place.

Pour répondre à ces objectifs, plusieurs chantiers sont lancés.

  • Les 20 et 24 janvier prochains, de nouvelles formules de l’Humanité Dimanche et de l’Humanité, plus incisives, auront vocation à renforcer l’utilité et l’audience de nos journaux.
  • Notre plateforme Internet sera elle aussi profondément rénovée dans le courant de l’année pour répondre aux enjeux des nouveaux modes de lecture et d’accès à l’information aujourd’hui trustés par les géants du numérique.
  • Nous travaillons enfin à repenser la Fête de l’Humanité, heureuse d’atterrir au cœur de l’Essonne, pour renforcer et élargir encore l’audience de cet événement à nul autre pareil et indispensable aux forces de progrès.

Menaces sur l’existence d’une presse pluraliste et indépendante

L’Humanité entre ainsi dans une nouvelle étape de sa longue existence. Mais non sans obstacles. Le plan de continuation validé par le tribunal de commerce, s’il a permis de faire vivre l’Humanité après une âpre bataille, l’a amputée de moyens pour permettre son plein développement. D’autres difficultés redoutables se profilent, dont le renchérissement des prix du papier, la hausse des coûts d’impression, de transport et de mise en kiosque, et les dangers qui pèsent sur la distribution postale. Sur chacun de ces sujets qui menacent l’existence d’une presse pluraliste et indépendante, nous mènerons les actions nécessaires.

Aussi, notre groupe dispose d’importants atouts pour relever ces défis. Parmi lesquels une équipe jeune, renouvelée, travailleuse et dévouée au combat pour l’émancipation humaine. Mais aussi d’une indépendance qui nous protège et nous renforce dans le débat public. C’est donc dans un état d’esprit combatif et déterminé que nous comptons affronter ces temps troublés.

Pour y parvenir, l’Humanité a besoin de mobiliser son plus grand atout, la communauté de ses lectrices et lecteurs, de ses amis et soutiens. L’appel à souscription que nous lançons aujourd’hui vise à nous permettre de mener à bien les projets de développement indispensables au rayonnement de l’Humanité. C’est là un enjeu d’intérêt général qui concerne toutes celles et tous ceux qui refusent le profilage capitaliste du pays et la gangrène nationaliste.

Comme toujours au cours de son histoire, c’est par la mobilisation de toutes les énergies, de toutes les volontés que l’Humanité se dressera pour affronter les défis qui s’amoncellent. Votre indispensable soutien est aussi le gage des liens puissants et singuliers qui lient l’Humanité à ses lecteurs et amis. Plus que jamais, donnons-nous ensemble de la force pour affronter l’avenir !

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22 décembre 2021 3 22 /12 /décembre /2021 09:51

 

 

 

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