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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 09:11

 

 

Monsieur le Président de la République,

La situation sanitaire actuelle est critique et risque de perdurer, si nous ne trouvons pas une solution collective à cette crise.

Il devient de plus en plus difficile de contrôler la pandémie depuis l’arrivée de variants, qu’ils viennent de Grande-Bretagne, de Californie, d’Afrique du Sud ou du Brésil. Outre le maintien des gestes barrières, la politique de tests et d’accompagnement des personnes contaminées et cas contacts, tout le monde s’accorde à dire qu’une campagne de vaccination massive à l’échelle mondiale nous permettra d’entrevoir la sortie de cette crise sanitaire.

Aujourd’hui, plusieurs vaccins existent contre ce virus. C’est la bonne nouvelle de cette année. Il s’agit d’une prouesse scientifique, largement soutenue par les plus de 8 milliards d’euros investissements publics des États et, au sein de l’Union européenne, par la Commission européenne qui a investi 2,3 milliards d’euros pour le développement des capacités de production de l’industrie pharmaceutique. La découverte de ces vaccins a été aussi facilitée par le partage de la séquence complète du génome du coronavirus par les autorités chinoises, dès le 11 janvier 2020.

Il est désormais urgent que ces vaccins puissent être produits massivement et soient accessibles à tous les peuples du monde, le plus rapidement possible.

Malheureusement, ce n’est pas ce chemin qui est emprunté. Déjà aujourd’hui, plusieurs grands laboratoires sont incapables de respecter les engagements pris pour la livraison de leurs doses.

De plus, des inégalités apparaissent entre les pays à faibles revenus et les pays riches : ces derniers ont acheté suffisamment de doses pour vacciner deux à trois fois leur population quand les pays pauvres n’ont, à ce jour, qu’une dose pour trois habitants. La plateforme Covax est loin de répondre à cette situation.

Il y a donc urgence à ce que les États prennent le contrôle de cette campagne vaccinale et organisent la production et la diffusion de ces vaccins, comme le demandent l’Inde et l’Afrique du Sud.

Pour gagner cette guerre contre le virus, nous vous appelons à saisir l’Organisation mondiale de la santé afin de coordonner les efforts des États et faire du vaccin un bien public mondial. Ne laissons pas la campagne vaccinale dans les mains du secteur privé !

En France, de nombreuses voix s’élèvent ainsi pour appeler à une plus grande coopération à l’échelle de la planète. Les Académies des sciences, de médecine et de pharmacie relaient cet appel. Des scientifiques de plusieurs pays appellent à faire du vaccin un bien public permettant aux pays qui en font la demande de pouvoir le produire rapidement.

Comme vous le savez, l’OMC, l’Union européenne ou des États, comme la France, disposent des moyens juridiques pour suspendre les brevets en temps d’urgence sanitaire et obtenir les licences nécessaires permettant les transferts de technologie vers tous les laboratoires industriels compétents. Cela peut se mettre en place rapidement, sans spolier les industriels.

En effet, l’article 311 de l’Organisation mondiale du commerce stipule que l’on peut procéder à une levée des brevets « dans des situations d'urgence nationale ou d'autres circonstances d'extrême urgence ou en cas d'utilisation publique à des fins non commerciales ». Nous y sommes !

En France, la loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19 du 23 mars dernier a prévu « de prendre toute mesure permettant la mise à la disposition des patients de médicaments appropriés pour l'éradication de la catastrophe sanitaire ».

Le 30 novembre dernier, une initiative européenne citoyenne a été lancée2 demandant un changement législatif notamment pour « veiller à ce que les droits de propriété intellectuelle, brevets compris, n’entravent pas l’accessibilité ou la disponibilité de tout vaccin ou traitement futur contre la Covid-19 ».

Cette revendication recueille aujourd’hui l’adhésion d’un large panel d’organisations3 et bénéficie du soutien de nombreux experts de la santé.

Il y a urgence. C’est pourquoi, nous souhaiterions être reçus afin de vous faire part de nos propositions pour augmenter la capacité de production des vaccins à l’échelle européenne et à l’échelle mondiale.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’assurance de notre haute considération. »

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,

Paris, le 9 février 2021.

 

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 08:54

 

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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 09:30

Prélevons à la source les bénéfices des multinationales !

On le fait bien sur nos salaires !

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8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 17:08

 

Nous nous sommes rendus en délégation, vendredi dernier, sur le site de l’usine Carambar de Marcq-en-Barœul. Les salariés y sont en lutte depuis plusieurs semaines après l’annonce par la direction du transfert de l’activité sur un site voisin de Bondues. Rien de délirant dans cette idée de déménagement mais, au passage, elle prévoit une baisse de la rémunération des 112 salariés. Décision absolument inacceptable.

Thierry Gaillard, PDG du groupe Carambar & Co a déclaré : « Certains niveaux de rémunération sont déconnectés du marché ». Alors, on essaie d’explorer le sujet et l’on découvrira que l’usine fait partie d’une galaxie beaucoup plus large, elle est même planétaire, elle appartient au groupe Eurazeo.

Eurazeo, c’est un fonds d’investissement qui gère un portefeuille de 430 entreprises. Un montant de 18.8 milliards d’euros d’actifs sous gestion, hormis Carambar, Poulain, Kréma, Lutti, La Pie qui chante, Rochers Suchard… il est présent dans de très nombreux domaines, finance et services financiers, plus de 3 400 banques et institutions dans l’UE, production d’énergie durable, agroalimentaire…

Eurazeo est dirigé par un Conseil de surveillance qui compte des membres « prestigieux », un ancien collègue LR du Sénat, l’épouse d’un PDG de la Société Générale, la Présidente de la Française des jeux récemment privatisée… Ces gens-là préfèrent les dollars aux caramels.

L’action du groupe a crû de 18% entre 2013 et 2018. Lors de l’Assemblée générale des actionnaires du 30 avril 2020, il fut décidé d’augmenter le dividende de 10% afin, je cite le compte-rendu, « de récompenser les actionnaires détenant des titres au nominatif de façon continue pendant au moins deux ans… » Fichtre ! Voilà une illustration concrète et parfaite de ce que l’on appelle le capitalisme financiarisé. Donc, ce n’est pas pour ces valeureux dirigeants, le capital qui coûte cher, mais le travail.

La direction avait proposé aux salariés une prime d’incitation de 8 000 euros, ramenée subitement à 3 000 euros, puis dégressivité des salaires sur quatre ans pour arriver au niveau des salaires de l’usine Lutti de Bondues…

Au fait, dans ma pérégrination documentaire sur Eurazeo, j’ai découvert que le groupe avait une entité au Luxembourg, « Eurazeo Funds Management », ceux qui s’occupent des sous, et l’adresse c’est 25 boulevard Royal… Ça ne s’invente pas. On va gratter un peu !

 

 

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8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 17:05

Episode n°1 du Vlog en Normandie

 

 

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8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 17:02

 

Le « super giant triple XXL mega king size hamburger” vient de sortir chez McDonald’s. On connaît les dimensions hors normes de cette multinationale, leader mondial de la restauration rapide avec plus 38 000 « restaurants » dans 119 pays, les deux tiers de la planète ! Chaque jour, ce ne sont pas moins de 70 millions de client.e.s qui y sont servis.

En termes d’emplois, McDonald’s est le deuxième employeur privé au monde avec plus de 2 millions de salarié.e.s sous enseigne. Notre pays joue un rôle particulier dans la domination mondiale de la marque. Nous sommes, en effet, le deuxième marché au monde en termes de chiffres d’affaires, juste derrière les Etats-Unis. L’enseigne y emploie plus de 75 000 salarié.e.s dans près de 1 500 « restaurants ».

Il y a quelques jours, une ONG, ReACT*, a publié un rapport qui nous permet, de manière très documentée, de comprendre comment ce géant de la restauration rapide vit cette pandémie planétaire. Disons-le d’emblée, ça ne se passe pas mal du tout.

Hormis le poids économique évident de ce mastodonte, Mc Donald’s sait tirer profit de toutes les aubaines qui se présentent. C’est ainsi qu’ils ont distribué environ 4,6 milliards de dollars à leurs milliardaires. Quelle est leur recette ? L’entreprise doit sans doute disposer des meilleurs directeurs financiers au monde.

McDonald’s émarge à tous les guichets publics existant dans notre pays. Il y a d’abord une politique salariale claire, les bas salaires y sont très majoritaires. Les entités sont quasi exclusivement constituées de moins de 50 salariés, ce qui permet d’échapper à l’obligation de leur verser une participation (environ 1 000 euros par an).

McDo a bénéficié, depuis 2013, du fameux CICE. Selon l’ONG, les montants se situeraient entre 300 et 400 millions d’euros. Suivi par les allègements de cotisations, estimés à 135 millions par an pour les années à venir.

McDo s’était publiquement engagé à créer 20 000 emplois, à la date d’aujourd’hui, nous en sommes à 10 000… Ils ont aussi bénéficié du chômage partiel. Ils peuvent facilement « négocier » leurs loyers, puisqu’ils sont propriétaires des locaux qu’ils occupent via une filiale. Ils bénéficient aussi de primes pour l’embauche de jeunes, 45 millions d’euros par an, et enfin, la suppression des impôts de production leur fera économiser 11 millions par an. Voilà le plus gros hamburger du monde. Avec McDonald’s, c’est le beurre, l’argent du beurre et les cuisses de… Marianne, c’est-à-dire nous tous !

Merci ReACT pour ce beau travail !

*Le rapport de ReACT sera analysé et commenté dans le prochain numéro d’Alternatives Economiques en février

 

 

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5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 06:24

 

LE PCF a lancé une campagne "Pas de profit sur la pandémie"

Le mercredi 3 Février un rassemblement a été organisé Devant le siège de Pfizer France à Paris pour la levée des droits sur les brevets de vaccins contre le Covid-19. Il est possible de faire plier les grandes entreprises !

 

_________________________________________________________________________

 

Le PCF a lancé une pétition européenne en faveur de l'accessibilité gratuite pour tous d'un vaccin ou un traitement contre le Covid - 19.

La campagne est une collaboration unique entre plus de dix partis de gauche de toute l'Europe et le groupe de la Gauche Unitaire Européennes (GUE / NGL) au Parlement Européen.

 Pour gagner contre cette pandémie, il est vital qu’un vaccin ou un médicament soit librement accessible à tous. C’est une question de justice et un enjeu fondamental pour la santé publique. Le vaccin contre la polio est entré sur le marché international libre de brevet et la maladie a été éradiquée dans de nombreuses régions du monde. Nous ne pouvons pas permettre que l’industrie pharmaceutique fasse du profit sur cette pandémie. 

Cette pétition internationale est nécessaire car il y un danger très réel que, par le système des brevets, le vaccin devienne la propriété privée de quelques multinationales pharmaceutiques.  Le vaccin contre le coronavirus est en train d’être développé aujourd’hui avec des milliards d’euros d’argent public, du contribuable. Nous ne pouvons pas permettre aux entreprises pharmaceutiques, qui ont refusé jusque-là d’investir dans ce vaccin, de maintenant se l’approprier et de décider du prix et de l’offre. L’industrie pharmaceutique base ses prix sur ce que le patient ou un pays veut bien payer. De cette façon, il maximise les bénéfices pour les actionnaires. En conséquence, certains vaccins coûtent beaucoup d’argent. Et cela coûte des vies. Tous les jours.

C'est pourquoi nous demandons à ce que le vaccin contre le coronavirus soit déclaré bien commun de l'humanité et accessible à toutes et tous. Ce sera le moyen le plus efficace de lutter contre la pandémie.

La présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, avait promis que le vaccin deviendrait un bien commun. Cependant, cette promesse n’a pas été retenue dans la stratégie européenne pour les vaccins. Avec la pétition européenne #Right2Cure, les initiateurs veulent mettre la pression sur la Commission européenne pour transformer les paroles en actes. Ils demandent spécifiquement à l’Europe de garantir que les vaccins et traitements anti-pandémiques deviennent une question d’intérêt général et mondial, librement accessibles à tous.

Prenons exemple sur l’inventeur américain Jonas Salk, qui a découvert le vaccin contre la polio. Lorsqu’on lui a demandé qui avait obtenu le brevet pour son invention, Salk a répondu : « Le peuple. Il n’y a pas de brevet. Pourriez-vous breveter le soleil ? » Le vaccin contre la polio est ainsi entré sur le marché international libre de brevet et la maladie a maintenant été éradiquée dans de nombreuses régions du monde.

Selon le PCF, cela devrait également être possible pour le vaccin contre le Covid-19. L’Union européenne dispose de leviers essentiels pour cela : L’Organisation mondiale de la Santé a mis en place un ‘pool’, une communauté de brevets, pour rassembler et partager des informations sur le virus dans le monde entier. L’Union européenne peut exiger que les médicaments développés avec des fonds publics finissent dans ce pool. Il suffirait de faire de ce partage une condition à l’octroi de subventions à l’industrie pharmaceutique.

Le PCF appelle l’Union européenne à garantir la libre disponibilité d’un vaccin ou d’un médicament contre Covid-19. Cela demande du courage politique, mais ce n’est pas impossible. Nelson Mandela l’a fait avant nous. Dans les années 1990, l’épidémie du Sida a fait d’innombrables victimes en Afrique du Sud. Les prix des traitements étaient exorbitants. Mandela a forcé l’industrie à fournir ces médicaments à des prix beaucoup plus bas.

La pétition # Right2Cure est portée dans d’autres pays par des partis tels le Parti des travailleurs belges (Belgique), Podemos et Izquierda Unida (Espagne), Sinn Fein (Irlande), Socialistische Partij (Pays-Bas), AKEL (Chypre), Potere al Popolo et Rifondazione Comunista (Italie), Bildu (Pays Basque), le Parti communiste de Bohème et Moravie (République tchèque) et Die Linke au Parlement européen (Allemagne).

 

Pour signer la pétition

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5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 06:16

Député communiste de Seine-Maritime, Sébastien Jumel explique, dans cet entretien très pédagogique, toutes les raisons qui doivent conduire à la mobilisation des usagers, des salariés, des élus, pour mettre en échec le projet #Hercule de démantèlement d'EDF et de libéralisation accrue du secteur de l'énergie.

Macron et la Commission européenne, qui organise la libéralisation depuis 30 ans, peuvent être mis en échec

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 07:02

 

Des militants syndicaux ont exploré le site alimenté par Pôle emploi et consacré au plan « Un jeune, une solution ». Sur 289 offres examinées, 173 présenteraient « au moins une mention illégale », dénonce leur rapport.

Des militants de la CGT ont exploré le site « Un jeune, une solution », vitrine du plan du même nom lancé en juillet dernier par le gouvernement, en réponse à la crise du Covid. Réalisée les 18 et 19 janvier, leur étude porte sur 289 offres d’emploi situés à Saint-Denis (et jusqu’à 10 kilomètres environ), dans les domaines du commerce et du bâtiment, « secteurs où de nombreux jeunes commencent leur parcours professionnel », explique le comité national CGT des travailleurs privés d’emploi et précaires

 

 

site www.1jeune1solution.gouv.fr.

Alors que ce site est l'instrument du plan à 6,5 milliards d’euros censé répondre aux inquiétudes des 700 000 nouveaux entrants sur le marché du travail, la partie dédiée aux offres a été conçue par Pôle Emploi de manière bancale, juge ce comité de la CGT, dans leur rapport. Le syndicat dénonce même des « offres inexistantes, imprécisions, confusions, mensonges ».

De son côté, Pôle emploi conteste les conclusions de ce rapport. Auprès de Mediapart, son service communication affirme que « pour limiter les offres illégales, Pôle emploi a entrepris depuis plusieurs années de former ses conseillers pour mieux repérer les offres illégales, de sensibiliser les recruteurs pour mieux rédiger leurs offres ou bien encore d’impliquer ses sites partenaires sur le sujet »

Pourtant, selon la CGT, 173 des 289 offres examinées sur le site « Un jeune, une solution » auraient « au moins une mention illégale ». L’intégralité du rapport et des documents sur lesquels il s’appuie est à retrouver ici.

 

 

Le rapport indique que 32% des offres étudiées comportant la mention “Débutant accepté” demandent, en réalité, une expérience. © DR

  • Des offres présentées comme réservées aux débutants nécessitent, en réalité, plusieurs années d’expérience. 

La CGT en veut pour preuve une offre d’emploi de responsable d’affaires. L’offre indique à la fois que le poste est ouvert aux débutants et qu’il faut bénéficier d’une expérience d’au moins cinq ans dans la gestion d’affaires en électricité tertiaire, à quelques lignes d’écart. Or, l’article L. 5331-3 du Code du travail dispose qu’« il est interdit de faire publier […] une insertion d’offres d’emploi ou d’offres de travaux à domicile comportant des allégations fausses ou susceptibles d’induire en erreur ».r

  • À Carrefour, des 13es mois qui n’existent pas.

Sur les 209 offres dans le secteur du commerce qui ont été analysées par le syndicat, 38 d’entre elles sont des postes à pourvoir au sein du groupe Carrefour. 34 de ces 38 offres sont en réalité des contrats de professionnalisation pour un an. 

Sur chacune des 34 offres, il est fait mention d’un 13ème mois (Carrefour Market), voire d’un 13,5 mois (Carrefour hyper). Or, les salariés en contrats de professionnalisation n’ont jamais accès à ces salaires puisque chez Carrefour Market, il faut plus d’un an d’ancienneté calendaire, c'est-à -dire du 1er janvier au 31 décembre. Chez Carrefour hyper, il faut plus d’un an d’ancienneté et là aussi, ce n’est jamais le cas pour les jeunes en contrats de professionnalisation. « Aucun embauché en contrat de professionnalisation d’un an ne remplira ces conditions. Pareil pour la prime de vacances », résument dans un communiqué commun le Comité national CGT des travailleurs privés d’emploi et précaires et la section CGT de Carrefour.

  • Des offres peu claires.

Il y a cette offre illisible o` des signes sont venus s’intercaler entre les lettres, cette autre où on ne sait pas si le poste à pourvoir est en intérim, CDD ou CDI, ce poste d’expert bancaire référencé en tant qu’employé de rayon produits alimentaires ou encore cette offre pour un poste de coiffeuse, publiée le 7 janvier 2021, qui précise que « la prise de poste se fera post-confinement », une date pour le mois floue tant la période est incertaine.

 

Selon Pierre Garnodier, secrétaire général du Comité national CGT des travailleurs privés d’emploi et précaires, ces pratiques sont récurrentes : « C’est une politique systématique de Pôle emploi, qui est le reflet de la politique du gouvernement et de l’état du marché de l’emploi. Gonfler artificiellement les offres de Pôle emploi, ça permet à Emmanuel Macron de dire qu’il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi et à Élisabeth Borne de maintenir le contrôle sur les chômeurs et de multiplier les radiations, y compris durant cette période de pénurie d’emplois. » 

Dans son communiqué de presse, le comité s’interroge sur les similitudes dans l’erreur, entre le site consacré aux chômeurs et celui réservé aux 700 000 nouveaux entrants sur le marché du travail : « Jean Bassères, le directeur général de Pôle emploi, et le ministère du travail sont au courant depuis des années des dérives sur pole-emploi.fr. Pourquoi persister, et même faire pire sur 1jeune1solution.gouv.fr ? »

De son côté, Pôle emploi l’assure : tout va bien. Mieux : « En 2019, après l’étude de 4 550 offres, 92,5 % des offres étaient conformes au cadre légal. La méthode pour mener cette étude a été auditée par un cabinet indépendant et les résultats ont été partagés avec les partenaires de Pôle emploi », assure l’établissement public. Une étude qui n’a pas été publiée et à laquelle le Comité national CGT des travailleurs privés d’emploi et précaires n’a pas eu accès.

 

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 06:59

 

Le débat sur les conditions de couverture à long terme de nos besoins d’électricité est important. Il n’est pas sûr que les études du type de celle réalisée par Réseau de transport d’électricité (RTE) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) à l’initiative du ministère de la Transition écologique, misant sur « le tout-renouvelable », soient très éclairantes. Elles installent l’idée que la solution aux enjeux climatiques se résumerait à la substitution d’énergies renouvelables aux capacités de production d’électricité nucléaire. Cette idée est erronée tant sur le plan technique que du point de vue économique, sociétal et politique. Elle conduit à une impasse.

Le changement climatique est causé par les émissions de CO2. L’objectif est donc de développer l’utilisation de sources d’énergie non émettrices de ce gaz, non de réduire celles qui répondent dès aujourd’hui à ce besoin, au premier rang desquelles figure le nucléaire. Les rapports du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) s’inscrivent en faux face au raccourci « non émetteur de CO2 = renouvelable » qui domine le débat énergétique en Europe.

Sur le plan technique la montée en puissance des énergies renouvelables se heurte à de sérieuses difficultés, compte tenu de leur caractère intermittent et non pilotable.

Pour pallier cette intermittence, l’étude RTE-AIE énumère les conditions techniques indispensables : équiper le pays d’installations de stockage de l’électricité à « grande échelle », dont le coût et la faisabilité ne sont pas acquis ; multiplier les lignes à haute tension pour profiter des décalages géographiques de production éolienne et solaire ; investir dans des équipements stabilisant de la fréquence du courant. S’y ajoutent des contraintes sociétales aujourd’hui inconnues : la demande des usagers deviendrait directement pilotée par le gestionnaire du réseau électrique. En cas de vent faible et de soleil couché ou voilé, les usagers verraient automatiquement leur chauffage baisser, leur chauffe-eau coupé, la recharge de leur véhicule électrique différée, voire leur plein déchargé pour produire l’électricité que les éoliennes et les panneaux solaires ne produisent pas…

La plupart des études sont muettes sur la dimension financière et les surcoûts générés par la sortie du nucléaire. Au mieux elles sous-estiment les coûts de renforcement du réseau électrique et de stockage du renouvelable. Elles ne prennent pas en compte la charge que représentent les tarifs préférentiels de rachat étalés sur quinze ou vingt ans et l’avantage lié à une priorité d’injection quasi inconditionnelle. Les scénarios associés au « tout-renouvelable » s’appuient sur des hypothèses de réduction drastique de la consommation électrique qui mettent en cause la plupart des activités industrielles et l’accès à l’énergie pour tous. Cette approche s’inspire des thèses malthusiennes de négaWatt.

De plus, les experts s’accordent à dire que l’éolien et le solaire sont beaucoup plus consommateurs de matières premières, et notamment de terres ou métaux rares. L’étude RTE-AIE le mentionne, sans toutefois en souligner l’importance écologique.

Enfin le choix de chercher à se passer coûte que coûte du nucléaire comporte un risque politique majeur en termes de souveraineté. Comme en matière alimentaire et sanitaire, la souveraineté énergétique est fondamentale. Après le passage d’Alstom sous pavillon américain, le non-renouvellement du parc nucléaire que visent à justifier les scénarios 100 % renouvelables conduirait à la liquidation des atouts de la France dans le nucléaire civil. La France serait alors complètement dépendante pour son approvisionnement électrique comme elle l’est déjà pour le solaire vis-à-vis des productions chinoises et pour l’éolien avec les producteurs danois ou allemands. De fait, elle serait demain fortement dépendante des productions thermiques, charbon et gaz, de ses voisins européens pour assurer l’équilibre production-consommation. Si chaque pays européen procédait de la sorte, c’est toute l’Europe qui risquerait le black-out. Sombre perspective dont on peut conjurer la réalisation.

JEAN-CHRISTOPHE LE DUIGOU ET JEAN-PIERRE SOTURA

Syndicalistes, anciens membres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE)

 

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