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30 avril 2022 6 30 /04 /avril /2022 05:43
Elsa Lefort, Salah Hamouri au cœur (L'Humanité, Pierre Barbancey, 24 avril 2022)
Elsa Lefort, Salah Hamouri au cœur

 

La jeune femme se bat au quotidien pour obtenir la libération de son époux, avocat franco-palestinien emprisonné en Israël, que leurs deux enfants n’ont pas vu depuis le mois de mai 2021.

Publié le
Dimanche 24 Avril 2022
 

Ce 25 avril est une journée particulière pour Elsa Lefort. Son époux, Salah Hamouri, fête ses 37 ans. Une journée particulière, certes, mais bien triste aussi. Elle est seule avec leurs deux enfants. Salah, lui, est emprisonné en Israël depuis le 4 mars. Il a été condamné, le 10, à quatre mois de détention administrative, ce qui signifie que ni lui, ni ses avocats et encore moins sa famille ne peuvent connaître les faits qui lui sont reprochés. Pis, cette détention administrative est renouvelable. « La campagne pour la libération de Salah et la non-révocation de sa carte de résident à Jérusalem m’occupent tous les jours », explique Elsa, qui travaille à temps plein dans une collectivité territoriale.

« En France, l’enjeu est d’élargir la campagne et le soutien »

La jeune femme a elle-même subi le harcèlement des autorités israéliennes. Il y a quelques années, enceinte, elle avait été placée en détention à l’aéroport de Tel-Aviv, avant d’être refoulée. Mais elle n’entend surtout pas baisser les bras. « En France, l’enjeu est d’élargir la campagne et le soutien à des personnes, qui ne sont habituellement pas impliquées, pour Salah. On peut compter sur des soutiens fidèles qui, au fil des années, ont suivi les précédentes campagnes et qui s’engagent spontanément, je pense à des élus et collectivités qui, par le passé, ont déjà écrit au ministère des Affaires étrangères ou fait Salah citoyen d’ho nneur, aux partis politiques, essentiellement à gauche dont le PCF, aux organisations syndicales ou associations, dont les associations de défense du peuple palestinien comme l’Association France Palestine Solidarité ou l’Union juive française pour la paix et d’autres encore. »

Figure emblématique des prisonniers politiques palestiniens

Elle se félicite ainsi que des ONG comme Amnesty International, la Fédération internationale des droits humains ou ­l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture se soient emparées du cas de Salah Hamouri, figure emblématique des prisonniers politiques palestiniens, surveillé par le logiciel espion Pegasus, développé par la société israélienne NSO, maintenant sous le coup d’une plainte. « Plus nous serons nombreux, citoyens, élus, associations, partis, ONG, à soutenir Salah, plus la diplomatie française devra intensifier son action. Concernant les élus, la plupart sont de gauche, mais je travaille aussi à ouvrir le soutien à toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la défense d’un Français arbitrairement incarcéré et harcelé depuis une vingtaine d’années. »

« La diplomatie française se fait humilier par Tel-Aviv »

Il y a un mois, le Quai d’Orsay affirmait avoir demandé des explications à Tel-Aviv. Interrogé vendredi par l’Humanité, le ministère des Affaires étrangères assure rester « pleinement mobilisé pour obtenir des explications sur les raisons de sa détention » et réitère le souhait « qu’il soit libéré et qu’il puisse mener une vie normale à Jérusalem ». Elsa est en contact régulier avec les diplomates français sur place, mais ces derniers n’ont toujours pas obtenu un droit de visite pour l’épouse de Salah et ses enfants. Elle ne décolère pas : « Ils me disent être mobilisés et agir, mais je ne vois pas de résultats de cette mobilisation : Salah est toujours en prison, il est toujours menacé d’expulsion définitive de Palestine, et nous n’avons pas pu lui parler. La diplomatie française se fait humilier par les autorités israéliennes, et c’est assez inquiétant. »

« Depuis qu’il est né, le grand vit loin de son père »

Pour Elsa, il faut aussi gérer cette situation avec leur garçon de 6 ans et leur fille de 1 an. « Depuis qu’il est né, le grand vit loin de son père. Je lui ai expliqué les choses. Il comprend que Salah est en prison parce qu’il se bat pour la liberté des Palestiniens. Il en est fier », confie-t-elle. Ce n’est évidemment pas facile. « Dans ses jeux, il imagine Harry Potter qui vient délivrer son papa et ses codétenus. » Mais l’enfant est aussi confronté à la réalité pénitentiaire. Il avait réalisé un dessin et l’avait envoyé à Salah. Celui-ci ne l’a jamais reçu, la direction de la prison estimant que le sujet dessiné était trop politique ! « La petite, je lui montre des vidéos où elle peut voir Salah. Elle ne le connaît quasiment qu’ainsi. La dernière fois qu’elle l’a vu, elle n’avait que dix jours, explique Elsa, qui gère tout ça avec patience. Mais ne pas pouvoir se projeter dans l’avenir, c’est vraiment le plus dur. Je ne peux pas dire aux enfants : “Courage, dans cinq ou dix jours vous serez dans les bras de votre père.” Parce qu’on ne sait pas s’ils vont prolonger sa détention. Leur but est de briser des êtres humains. Il faut donc puiser dans ses propres forces pour que leur but ne soit jamais atteint. »

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29 avril 2022 5 29 /04 /avril /2022 13:44
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27 avril 2022 3 27 /04 /avril /2022 05:49

 

Occultée par la campagne électorale de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle, la hausse des prix sera forte en France d’ici les élections législatives des 12 et 19 juin prochains. Outre la flambée des prix du pétrole et du gaz, ceux des matières premières d’origine agricole sont aussi en forte hausse et le seront encore dans les prochaines semaines.

Réélu hier soir président de la République avec 58,54 % des suffrages exprimés contre 41,46 % à Marine Le Pen, Emmanuel Macron a soigné la mise en scène précédant sa prise de parole hier soir à Paris. Mais ce fut pour en dire le moins possible sur la politique qu’il entend conduire durant ce second mandat de cinq ans. Il s’est déclaré « dépositaire des divisions et des différences qui se sont exprimées » à travers ce scrutin. Puis il a ajouté que « nul ne sera laissé au bord du chemin », grâce à « une méthode refondée sur cinq années de mieux que celles que nous venons de vivre ». Voilà qui est clair comme du jus de chique.

En attendant d’en savoir plus sur les intentions du chef de l’État, les chiffres fournis la semaine dernière par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) indiquent que le prix du pétrole en euros a augmenté de 24,7 % au mois de mars après une hausse de 11,6 % en février. Durant ce même mois de mars, les prix des autres matières premières importées étaient en hausse de 9,3 % et ceux des matières premières agricoles continuaient d’augmenter avec une moyenne de +7,7 % sur le mois, tous produits confondus. Concernant les céréales et les oléagineux, le pire est peut-être à venir dans les prochains mois, une fois connue la récolte mondiale de l’été 2022 en volume et en qualité dans l’hémisphère nord.

Le prix de la tonne de colza a doublé en deux ans

En France, quelques semaines seulement après l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, des reportages télévisés montraient des pénuries d’huile de tournesol dans les rayons de la grande distribution. En 2020-2021 la part de l’Ukraine dans les exportations mondiales de tournesol était de 46,7 % et celle de la Russie atteignait 28,7 %. La spéculation, favorisée par la guerre, est donc la principale explication de la nouvelle flambée des prix, sachant que les semis se font au printemps et qu’ils sont très perturbés en Ukraine en raison des bombardements, du manque de carburants pour labourer, du manque de graines pour les semis, du manque d’engrais pour faire pousser les plantes dans un contexte de désorganisation de l’économie par la guerre.

En avril 2020, le prix de la tonne de blé français rendue au port de Rouen pour l’exportation était de 180 €. Ce prix fut tout le temps sous la barre des 200 € la tonne durant toute cette année 2020, ce qui rendait difficile la situation des producteurs. À partir d’octobre 2021, le prix de la tonne de blé tendre atteignait 270 € en moyenne avec des fluctuations de semaine en semaine. Le 19 avril dernier, cette tonne de blé cotait 398 € au port du Havre et on signalait que les derniers achats de l’Égypte qui venaient d’être chargés dans ce même port sur plusieurs bateaux coûtaient 492 dollars la tonne au pays importateur. Jusque-là, l’Égypte achetait surtout des blés produits en Ukraine et en Russie car leurs taux de protéines sont globalement plus élevés que ceux des blés français.

Des «stocks report» en baisse au moment de la récolte

Stagnant à 160 € en moyenne en 2020, le prix de la tonne de maïs dépassait 250 € entre septembre 2021 et février 2022. Il atteignait 335 € à Creil le 19 avril dernier. En 2020-2021, 13,1 % des volumes de maïs exportés dans le monde provenaient d’Ukraine et 38,4 % des États-Unis. Actuellement, alors que les semis ukrainiens de maïs sont perturbés et réduits en superficie, le président des États Unis déclarait récemment vouloir produire toujours plus d’éthanol à partir du maïs et du blé pour moins dépendre du prix mondial du pétrole. Voilà pourquoi de nombreux observateurs redoutent aujourd’hui une flambée spéculative et durable des prix du blé, du maïs, du tournesol, du colza et du soja.

Concernant le blé produit en France, le conseil spécial de FranceAgriMer a tenu sa réunion mensuelle le 13 avril dernier. Il prévoit que le stock de blé tendre sera inférieur à 3 millions de tonnes au 30 juin prochain, un volume inférieur à 10 % de la récolte de 2021 qui était de 35,5 millions de tonnes. Dans les pays exportateurs autres que l’Ukraine et la Russie, les stocks de report de fin de campagne seront plus bas cette année que durant les années précédentes, ce qui est susceptible de faire monter les prix. Voilà pourquoi l’inquiétude est grande dans les pays importateurs nets dont font partie l’Égypte, la Tunisie, le Liban, le Maroc, l’Algérie et de nombreux pays africains. Au Yémen, l’ONU estime que les deux tiers des 29 millions d’habitants pourraient avoir besoin d’une assistance alimentaire au cours du second semestre de 2022. En pages 22 et 23 de « L’Humanité-magazine » du 21 au 27 avril une infographie avec un commentaire de Bruno Odent montre la forte dépendance de 26 pays du continent africain et ses alentours des blés exportés par la Russie et l’Ukraine.

Risque de pénurie mondiale en cas de baisse des récoltes

Il est déjà acquis que la production de céréales et d’oléagineux en Ukraine sera en forte baisse au moment de la moisson cette année en raison des conséquences de la guerre. On sait aussi que la Russie va limiter ses exportations de céréales afin de contenir les prix sur son marché intérieur. De son côté, la Chine saura prendre rapidement des dispositions pour importer en temps voulu ses besoins évalués à près de 10 millions de tonnes de blé par an. Pour toutes ces raisons, une baisse de la récolte mondiale en 2022, probablement aggravée par des sécheresses déjà perceptibles dès ce printemps, risque d’entretenir la spéculation dans les prochains mois sur le prix du blé et des autres céréales. Il y a bien un risque de pénurie mondiale et il pourrait déboucher sur des émeutes de la faim dans un grand nombre de pays.

Réélu président la République tandis qu’il préside aussi l’Union européenne jusqu’au 30 juin prochain, que dira Emmanuel Macron sur un sujet comme la mise en jachère d’une partie des terres agricoles dans les pays membres de l’Union européenne prévue dans la nouvelle réforme de la Politique agricole commune ? Les chiffres montrent déjà qu’une telle politique favoriserait la pénurie et contribuerait à maintenir des prix très élevés, rendant inaccessibles les aliments comme le pain et les pâtes pour les ménages à faible pouvoir d’achat en France et, plus encore, pour les populations pauvres dans un grand nombre de pays importateurs de blé et autres céréales.

 

 

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25 avril 2022 1 25 /04 /avril /2022 09:10

 

Mesdames et Messieurs,


Ce soir, le pire a été évité à la France.

Grâce à la mobilisation de millions de nos compatriotes, la représentante de l’extrême droite ne pourra pas, à l’Élysée, perpétrer le coup de force institutionnel qu’elle envisageait pour disloquer la République.
Elle ne pourra pas installer un pouvoir autoritaire, mettant en pièces nos principales conquêtes démocratiques, autant que les droits sociaux chèrement conquis par notre peuple.
Dans la clarté politique, sans illusion sur le projet d’Emmanuel Macron, nous avons clairement participé à ce résultat.

La bataille n’est, pour autant, pas achevée. Loin de là.


La représentante de l’extrême droite française a recueilli 42 % des suffrages, soit 8 points de plus qu’au second tour de 2017. Un résultat sans précédents depuis la Libération
Une lourde menace pèse sur notre démocratie.

Et la victoire d’Emmanuel Macron ne peut pas l’évacuer.

Quand 42 % de nos concitoyens utilisent le bulletin de vote de celle qui propose un référendum sur le voile, l’immigration avec la volonté de créer, ce qui n’existe dans nul autre pays au monde, un régime ségrégationniste en fonction de ses origines et de sa religion, c’est grave.

Et quand 28 % font même le choix de s’abstenir, en prenant le risque de son élection, nous mesurons à quel point l’extrême droite et ses idées se sont banalisées dans notre pays.


Le président sortant, s’il est réélu aujourd’hui, l’est uniquement à la faveur d’un rejet de la représentante de l’extrême droite.

Il ne doit pas considérer que ce résultat exprime un soutien à sa politique.
Nous l’avons interpellé publiquement, à plusieurs reprises, afin qu’il entende, avec humilité, la colère qui s’est exprimée lors de ces élections concernant le pouvoir d’achat, ou même son projet de réforme des retraites.

Il a refusé de remettre en cause ses choix, sa politique, avec une pointe d’arrogance que les Français ne supportent plus.

Nous devons maintenant le battre et battre sa politique aux élections législatives les 12 et 19 juin prochains.
C’est tout l’enjeu des semaines à venir.

Les Français, le monde du travail, la jeunesse ont besoin d’une perspective d’espoir.
Ils ont besoin de réformes heureuses, positives; ils ont besoin de progrès social, de justice sociale.
Ils ont besoin de services publics, partout et pour tous.

Ils attendent qu’on mette enfin les formidables richesses que nous avons au service de l’emploi, de l’augmentation des salaires, des pensions et de meilleures conditions de travail.
Pour mettre en œuvre de telles réformes, nous aurons besoin d’une majorité de gauche à l’Assemblée nationale, une majorité connectée aux attentes populaires.

Et pour y parvenir, nous devrons d’abord battre l’extrême droite qui progresse dans de nombreuses autres circonscriptions, hormis quelques exceptions dont nous nous félicitons, car nous avons contribué à son recul.


Mais dans une majorité d’entre-elles, la situation reste préoccupante. Créons, partout, toutes les conditions, ensemble, pour offrir une perspective de victoire à gauche dans ces territoires où l’extrême droite pourrait l’emporter.

Il nous faut ensuite enclencher une vraie dynamique d’espoir à gauche et nous adresser aux 11 millions d’électeurs de gauche du 1er tour et aux 12 millions d’abstentionnistes.
Le 10 avril dernier, avec 32,5 % des suffrages exprimés, la diversité des candidatures à gauche a permis de progresser de quatre points par rapport à 2017.


En nous additionnant, dès ce premier tour des élections législatives, nous pouvons par conséquent battre à la fois le bloc raciste de l’extrême droite, comme le bloc libéral de la droite représentée par Macron.
En nous additionnant, en nous rassemblant avec un contrat de législature, avec des engagements communs pour le pays, nous pouvons y parvenir.

C’est le sens de nos discussions avec La France insoumise, Europe-Écologie-Les Verts, le Parti socialiste.

Pour ces élections législatives, faisons tout pour être unis, retrouvons-nous autour d’un contrat de législature répondant à l’aspiration des Français sur le pouvoir d’achat, le droit à la retraite, la transition écologique et la justice climatique, les services publics, une République refondée.
Fixons-nous l’objectif d’un accord global, nous réunissant dans la totalité des circonscriptions, en évitant toute division dans des circonscriptions ayant déjà des députés de gauche, et en allant ensemble à la conquête d’une majorité de députés partout ailleurs.

Faisons-le en respectant bien sûr le rapport de force issus de la présidentielle, mais aussi en tenant compte des ancrages locaux et des différentes sensibilités à gauche.

En se rassemblant et en faisant de nos différences une richesse, toute la gauche peut, non seulement retrouver les 11 millions d’électeurs et électrices du 10 avril, mais elle peut contribuer aussi à remobiliser nombre d’abstentionnistes.

L’heure est trop grave, la menace de l’extrême droite sur de nombreuses circonscriptions trop angoissante, l’arrogance dévastatrice du président de la République trop dangereuse, pour que nous ne fassions pas preuve d’une grande responsabilité.

C’est dans cet esprit que nous discutons depuis plusieurs jours avec toutes les forces de gauche. Créons les conditions d’un tel accord.

Je redis à Jean-Luc Mélenchon, à Julien Bayou, à Olivier Faure ma totale disponibilité pour nous retrouver tous ensemble, le plus rapidement possible, pour atteindre l’objectif ambitieux que nous pourrions nous fixer à gauche.

Les communistes sont déterminés à tout faire pour aboutir et apporter notre contribution avec « La France des Jours heureux » que nous avons défendue pendant la campagne.


Je vous remercie.

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22 avril 2022 5 22 /04 /avril /2022 07:34
La seule option possible - Fabien Gay, L'Humanité, 21 avril 2022
La seule option possible - Fabien Gay, L'Humanité, 21 avril 2022
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22 avril 2022 5 22 /04 /avril /2022 07:30
Présidentielle 2022 - Appels de Odette Nilès, Carine Picard-Nilès, Bertrand Badie, Dominique Vidal à faire barrage à l'extrême-droite - L'Humanité, Débats, 20 avril 2022
Présidentielle 2022 Appels contre l’extrême droite

Le 10 avril, les candidats Marine Le Pen, Éric Zemmour et Nicolas Dupont-Aignan ont rassemblé 33 % des suffrages exprimés. Cette fois-ci, le danger est réel pour le second tour.

Publié le
Mercredi 20 Avril 2022
 

Odette Nilès Officier de la Légion d’Honneur, ancienne internée du camp de Châteaubriant

Monsieur Macron, dimanche 24 avril, je mettrai un bulletin de vote à votre nom dans l’urne, sans adhésion aucune à votre projet mais par fidélité à mon combat contre le fascisme et pour la jeunesse.

En 1941, à 17 ans, j’ai été arrêtée par des policiers français, lors d’une manifestation anti-Allemands à Paris, sur dénonciation, parce que jeune militante communiste drancéenne. J’ai connu les interrogatoires, l’enfermement, la faim, le froid pour avoir voulu défendre mon pays et mes idées. Mais j’ai aussi eu l’honneur de rencontrer, notamment, Jean-Pierre Timbaud, dirigeant syndicaliste CGT, et Guy Môquet, étudiant de 17 ans comme moi.

Je suis, à 99 ans, la dernière survivante à les avoir vu partir pour la mort, le 22 octobre 1941, en hurlant la Marseillaise. Guy Môquet nous a laissé, du haut de ses 17 printemps, une maxime qui aujourd’hui encore est ma raison d’être : « Les copains, qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui vont mourir. » Témoin et actrice de cette époque douloureuse de l’Occupation où régnaient en maîtres les nazis et leurs serviteurs français, pétainistes, je ne peux accepter que les thèses de l’extrême droite se propagent à nouveau. Je ne veux pas qu’ils s’approprient notre drapeau tricolore et encore moins la Marseillaise, qui a donné le courage à mes camarades d’aller affronter la mort pour notre France. Je ne peux les laisser se présenter en défenseurs de la patrie quand ils font l’apologie des traîtres de tous pays et qu’ils témoignent tant de mépris pour notre devise de la République : « Liberté, Égalité, Fraternité. » Ces valeurs qui rassemblent tous les démocrates et toute notre population, issue de la diversité des migrations, de la décolonisation et des conflits.

Sachez qu’à mon âge, jamais je ne baisserai la garde et ne vous permettrai de prendre mon vote pour acquis. Je veux que ce qui nous animait en 1945, ces« Jours heureux » qui ont forgé la Sécurité sociale, le service public et la reconnaissance du travail, vous les portiez comme un rempart contre la haine et le fascisme. Votre jeunesse ne peut rester sourde à mon parcours et à mes mots qui sauront être une boussole pour les générations à venir.

Carine Picard-Nilès Présidente de l’Amicale de Châteaubriant. Voves-Aincourt-Rouillé

Le racisme et le fascisme ne sont pas des opinions mais des délits punis par la loi. Nous perpétuons, au sein de l’Amicale, la volonté de rassemblement, au-delà des divergences politiques ou religieuses, contre toutes idéologies de haine ou de violence. A-t-on jamais vu des membres des partis d’extrême droite dans les grandes manifestations revendicatives des travailleurs alors qu’ils se targuent de les soutenir ? Eux, dont les dirigeants font partie des premières fortunes de France. Dimanche 24 avril, je m’opposerai donc à un ennemi fasciste en mettant un bulletin pour un adversaire politique dont je ne partage pas les idées libérales, mais que je combattrai fermement. M’abstenir serait un consentement à l’extrême droite.

Bertrand Badie Politiste Dominique Vidal Journaliste

Vous avez voté Mélenchon, Jadot, Roussel, Hidalgo, Arthaud ou Poutou. Vous regrettez que la gauche ne soit pas au second tour. Vous ne déposerez évidemment pas un bulletin Le Pen dans l’urne. Mais vous êtes tenté par l’abstention.

Nous pourrions l’être aussi ! Le bilan de Macron est sans aucun doute des plus négatifs : une manière des plus arrogantes, une politique favorable aux plus riches, la destruction de nombreux acquis sociaux, une répression souvent sauvage des mouvements de contestation, une France mise en échec dans le monde… Rien de tout cela ne donne envie de voter Macron. Mais peut-on pour autant laisser passer Le Pen ? Car s’abstenir, c’est mathématiquement voter pour la candidate du RN qui est aux portes de la victoire ! Car seuls comptent les bulletins exprimés…

Or, l’histoire le montre : entre la droite et l’extrême droite, ce n’est jamais « blanc bonnet et bonnet blanc ». Les Italiens comme les Allemands, dans les années 1920 et 1930, en ont fait l’expérience tragique, et toute l’Europe avec eux. En ce début de XXI e siècle, Américains, Hongrois, Polonais et Brésiliens l’ont aussi appris à leurs dépens…

Il faut lire attentivement le programme de Marine Le Pen : putsch contre la démocratie et l’État de droit, régression sociale, menace sur les libertés, xénophobie d’État, déni du réchauffement climatique, remise en cause de certains droits des femmes, alignement sur Poutine. Bref, la victoire des néofascistes entraînerait un grand bond en arrière dans tous les domaines.

Nous avons en particulier une responsabilité vis-à-vis de nos frères étrangers et descendants d’immigrés. Le référendum que projette Le Pen les vise directement : préférence nationale, restriction du droit du sol, enterrement des lois antiracistes, menaces sur la presse, dénaturalisation de certains Français, voire début de « remigration » – sans oublier le symbole de cette islamophobie qu’est l’interdiction du voile dans l’espace public… Quelle femme, quel homme de gauche pourrait assumer en conscience ce racisme (in)digne de Vichy ?

Demain, après les élections présidentielle et législatives, il faudra reconstruire une vraie gauche moderne, unie et pluraliste. En attendant, dans ce second tour, pour barrer la route au néofascisme à la française, nous n’avons – hélas – qu’un instrument : le bulletin de vote Macron. Utilisons-le toutes et tous.

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22 avril 2022 5 22 /04 /avril /2022 07:27
Formation PCF à Brest avec Amar Bellal le 20 mars 2022

Formation PCF à Brest avec Amar Bellal le 20 mars 2022

Le mauvais calcul
Publié le Vendredi 22 Avril 2022
 

Amar Bellal Rédacteur en chef de Progressistes

Fabien Roussel a été une des révélations de la campagne. Il a su développer une vision de gauche de ce que serait un mix énergétique incluant le nucléaire, sur le climat, la réindustrialisation de la France, mais aussi sur des sujets comme la tranquillité publique, la laïcité, la ­liberté d’expression. Il a sans nul doute contribué à rajouter des voix à gauche, avec des électeurs qui ne se seraient pas déplacés pour voter le 10 avril. Cela s’est vérifié dans l’histoire : la gauche est plus forte dans la diversité des idées et par les débats « par le haut » qu’elle peut susciter, et cela n’a pas grand-chose à voir avec le nombre de candidatures. Notons que la présence de trois candidats à l’extrême droite ne l’a pas empêchée d’accéder au second tour. Fabien Roussel a occupé de précieuses heures d’antenne arrachées aux éternels débats de la pensée unique économique et des thèmes identitaires, cela a contribué au renforcement global de la gauche en ancrant les débats sur les questions sociales.

Les reproches qui lui sont adressés, ainsi qu’à d’autres, d’être responsable de l’absence d’un candidat de gauche au second tour relèvent, au mieux, d’une méconnaissance des dynamiques électorales en jeu, au pire, d’une ligne assumée prônant l’existence d’un nombre réduit de candidats au service d’une vision hégémonique. Poussé à l’extrême, cela conduirait au système caractéristique des États-Unis où on ne peut quasiment voter que pour deux partis. En France, c’est une vision qui n’est pas nouvelle : déjà, en 2007, le PS et sa candidate Ségolène Royal reprochaient aux autres formations de gauche la multiplicité des candidatures.

Une forme d’autodéfense, que les psychologues connaissent bien chez les individus, face à un problème difficile à résoudre, consiste à lui trouver une explication facile afin que ce soit plus supportable à vivre. Et souvent alors, il est plus commode de rejeter la faute sur les autres et de trouver des coupables. Reprocher ainsi au candidat des « Jours heureux » ses 800 000 voix, c’est refuser de voir les 12 millions d’inscrits qui se sont abstenus et que personne n’a réussi à convaincre, auxquels il faut bien ajouter les 10 millions de voix qui votaient jadis à gauche. Aussi, les votes ne s’additionnent pas forcément parce que les offres politiques et les électorats ne se recoupent pas toujours.

Pourquoi la gauche plafonne-t-elle à 30 %, alors que dans un passé récent elle atteignait le seuil des 50 % et pouvait même espérer gagner une telle élection ? Telle est la seule vraie question sérieuse à se poser. Au fil des années, notons ce glissement curieux : il ne s’agit plus de gagner la présidentielle, mais simplement d’accéder au second tour et se donner deux semaines de sursis dans les débats.

Ces plus de 15 millions de voix qui manquent traduisent cruellement l’incapacité de la gauche tout entière à parler au monde du travail, à travailler correctement avec les syndicats, à avoir un discours crédible sur un tas de sujets. Et c’est un problème bien plus ardu qu’un simple jeu d’arithmétique électoral auquel il faudra faire face.

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20 avril 2022 3 20 /04 /avril /2022 07:15
Nous appelons à battre l'extrême-droite - édito du journal Le Viaduc, journal du PCF Morlaix et des amis de la fête du Viaduc, pour annoncer la fête du 1er mai, place Allende à Morlaix, la 56e fête du Viaduc
"Le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent" - Lucie Aubrac
édito du Journal Le Viaduc du PCF Morlaix et des Amis de la fête du Viaduc pour annoncer la fête du dimanche 1er mai, place Allende à Morlaix
 
Une majorité d’électeurs, au lendemain du premier tour, sont déçus ou en colère mais surtout inquiets. Le scénario dont 80 % des Français ne voulaient pas il y a encore quelques semaines s’est reproduit hier à la faveur, entre autres, d’une abstention forte - 12 millions d’électeurs n’ont pas jugé utile de se déplacer - qui révèle autant les fractures de notre société qu’un malaise profond.
 
L’extrême droite, représentée par plusieurs candidats, n’a jamais été aussi forte dans notre pays.
 
Le vote dit « utile » a largement servi les 3 candidats arrivés en tête, au détriment de tous les autres.
 
Chacune des voix portées sur la candidature de Fabien Roussel sera toujours demain un point d’appui pour faire gagner la justice sociale et l’égalité, pour unir nos forces, au service du monde du travail et de la jeunesse. 15 340 voix pour Fabien Roussel dans le Finistère (2,83%), ce n’est pas à la hauteur de nos espoirs et de la belle campagne menée pour la France des Jours Heureux, mais c’est un point d’appui pour nos luttes futures et notre candidat a su engranger de la sympathie bien au-delà de nos résultats, même si le « vote utile » à gauche a joué contre nous.
 
Malgré tout, la gauche, à l’issue de ce premier tour, reste historiquement faible. Pour la première fois, le total des voix de gauche est inférieur au total des voix d’extrême droite. L’enjeu est bien aujourd’hui de reconstruire une gauche forte, nouvelle, populaire, respectueuse de sa diversité et soucieuse d’unité pour être en capacité de l’emporter demain. Notre détermination est d’autant plus forte que notre pays affronte un défi redoutable.
 
En effet, l’extrême droite accède au second tour avec une réserve de voix faisant peser une menace majeure sur l’avenir de la République.
 
Le président-candidat est le premier responsable de cette situation. Après un quinquennat où notre peuple a vu se dégrader son pouvoir d’achat, ses conditions de travail, ses services publics, sa souveraineté industrielle ou énergétique, il a refusé le débat devant les Françaises et les Français. Pour tout programme, il n’a présenté que des mesures de casse sociale aggravée, à commencer par le passage à 65 ans de l’âge du départ à la retraite. Une large partie de la France vient de lui dire qu’elle ne supportait plus son comportement méprisant et sa volonté d’enrichir les plus riches.
Il appartient maintenant à Emmanuel Macron de dire qu’il a entendu le message.
 
Il doit renoncer à infliger à nos compatriotes une nouvelle cure de souffrance, et il doit d’ores et déjà retirer son projet d’allongement d’âge de départ à la retraite, de casse de l’hôpital public, de privatisation de l’école publique, que le pays rejette.
 
Pour notre part, nous ferons le choix de la responsabilité. Fidèle à toute l’histoire de notre famille politique, nous ne permettrons jamais qu’un projet raciste et xénophobe soit mis en œuvre à la tête de l’État. Nous ne nous résoudrons jamais à ce que Madame Le Pen puisse utiliser nos institutions au service de son entreprise de haine et de division.
 
Jamais nous ne banaliserons l’extrême droite et ses idées. C’est pourquoi, comme l’a fait Fabien Roussel au soir du premier tour, nous appelons à battre l’extrême droite.
 
Ces 5 dernières années, nous avons combattu la politique de ce gouvernement et du président Macron. Nous serons toujours ses adversaires résolus.
 
Pour résister aux projets dangereux de la droite comme de l’extrême-droite, arracher des avancées pour les Français, il nous faudra envoyer le plus grand nombre possible de députés de gauche à l’Assemblée nationale.
 
Le Parti communiste continuera à se battre pour faire passer le travail avant les dividendes, pour arracher l’augmentation des salaires, des retraites et du pouvoir d’achat, pour rebâtir une République sociale, laïque et universaliste, pour d’agir pour la souveraineté énergétique, industrielle, alimentaire de notre pays, de faire grandir une voix indépendante de la France en Europe et dans le monde.
 
Nous appelons à battre l'extrême-droite - édito du journal Le Viaduc, journal du PCF Morlaix et des amis de la fête du Viaduc, pour annoncer la fête du 1er mai, place Allende à Morlaix, la 56e fête du Viaduc
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20 avril 2022 3 20 /04 /avril /2022 06:16
Communiqué du PCF Finistère, 20 avril: Prenons nos responsabilités face au danger bien réel d'une victoire de l'extrême-droite
Prenons nos responsabilités face au danger bien réel d'une victoire de l'extrême-droite le dimanche 24 avril: utilisons le seul bulletin à notre disposition pour faire barrage à Marine Le Pen.
 
Communiqué du PCF Finistère, 20 avril 2022
 
"Pour la troisième fois depuis 2002, les Françaises et les Français ont une mis une candidature d'extrême-droite au second tour l'élection présidentielle.
Cependant, pour la première fois sous la Ve République, le courant raciste et xénophobe porté par Marine Le Pen a des possibilités réelles de pouvoir l'emporter dimanche prochain. La stratégie de dédiabolisation orchestrée depuis des années montre aujourd'hui son efficacité à fonctionner.
 
Soyons conscients des dangers de son accession au pouvoir le week-end prochain. Marine Le Pen à l'Elysée, c'est une grave menace pour la démocratie, l’État de droit, notre modèle social et les droits humains.
 
Les communistes, fidèles à leur histoire et à leurs valeurs, appellent nos concitoyens à faire barrage à l'extrême-droite en se saisissant du seul bulletin de vote à notre disposition pour y parvenir: Emmanuel Macron.
Ce vote ne sera pas un vote d'adhésion et de confiance au président sortant, ni un blanc seing, mais un vote contre la politique raciste, xénophobe, discriminante, anti-sociale de Marine Le Pen.
 
Et comme nous l'avons fait sans relâche depuis 5 ans, nous continuerons à nous battre dès le 25 avril contre la politique libérale et régressive d'Emmanuel Macron".
 
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20 avril 2022 3 20 /04 /avril /2022 06:13
L'Humanité 20 avril

L'Humanité 20 avril

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