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11 octobre 2022 2 11 /10 /octobre /2022 06:16
Au centre, lors de la conférence de presse du Comité de soutien à Vincenzo Vecchi, le député PCF Pierre Dharréville, initiateur d'une tribune collective de parlementaires pour Vincenzo Vecchi

Au centre, lors de la conférence de presse du Comité de soutien à Vincenzo Vecchi, le député PCF Pierre Dharréville, initiateur d'une tribune collective de parlementaires pour Vincenzo Vecchi

« Au nom de quelles valeurs l’exécutif s’acharne-t-il contre l'altermondialiste Vincenzo Vecchi ?» demande l’écrivain Eric Vuillard

Pilier du comité de soutien à l’altermondialiste italien, menacé d’extradition vers l’Italie, l’écrivain Eric Vuillard décortique, avec précision, les enjeux pour toutes et tous de cette affaire qui sera examinée ce mardi par la cour de Cassation. Voici le texte intégral de son intervention lors de la conférence de presse organisée à l’initiative du député PCF Pierre Dharréville mercredi dernier.

Publié le Lundi 10 Octobre 2022 - L'Humanité
 

La liberté de tous commence par la liberté d’un seul. Et cela, nous le comprenons à chaque fois différemment, au gré des rencontres, dans des circonstances nouvelles. Ainsi, la liberté défendue contre l’Ancien régime ou contre une dictature moderne n’est déjà pas de même nature, et celle défendue contre une démocratie libérale peut sembler à première vue de plus faible intensité ; pourtant, c’est toujours une personne, une personne comme vous et moi, que l’on tourmente, et qui se trouve prise dans le vent glacé des institutions, et livrée à l’arbitraire des impératifs d’un gouvernement. C’est toujours un individu que l’on menace, c’est toujours un individu contre lequel le pouvoir s’acharne.

Vincenzo Vecchi a participé en 2001 aux importantes manifestations contre le G8, à Gênes. Il faut se souvenir que 16 ans plus tard, dans un entretien à  La Repubblica, le chef de la police italienne, Franco Gabrielli, a reconnu que, lors de la terrible répression subie par les manifestants, ont été commis « des actes de tortures », ce sont ses propres mots. Et il ajoute : « A Gênes, un nombre incalculable de personnes innocentes ont subi des violences physiques et psychologiques qui les ont marquées à vie. » C’est le chef de la police italienne qui parle.

Mais la répression ne s’est pas cantonnée aux manifestations : après la police, la justice italienne a réactivé un ancien dispositif répressif, les lois Rocco, contre dix manifestants, parmi les 350 qui furent arrêtés, et ces dix manifestants furent condamnés à de très lourdes peines.

Ainsi, condamné à plus de dix ans de prison, Vincenzo Vecchi s’est réfugié en France. Il y a vécu paisiblement. En 2019, deux mandats d’arrêt européens sont émis contre lui. Le premier est caduc, la justice italienne ne pouvait l’ignorer, il s’agissait seulement de donner le sentiment à la justice française que Vincenzo Vecchi est un récidiviste. On instrumentalise le droit. On s’en sert à d’autres fins que celles pour lequel il est créé. Un mandat d’arrêt caduc est délivré pour donner l’impression que le prévenu est relaps, un repris de justice. Ce premier mandat d’arrêt n’est donc pas un mandat d’arrêt à proprement parler, c’est une manœuvre politique.

C’est donc à propos du second mandat d’arrêt que nous sommes réunis aujourd’hui. Il réclame que Vincenzo Vecchi soit livré à l’Italie afin d’y accomplir une peine de dix ans de prison pour « dévastation et saccage. » Le nom même de l’incrimination fait frémir : « dévastation et saccage. » On le sait bien, les noms ne sont jamais choisis au hasard. Ici, il faut faire peur, il faut donner le sentiment que les prévenus sont des gens sans aveux, des personnes dangereuses.

En réalité, c’est plutôt l’incrimination pour « dévastation et saccage » qui est un danger pour la justice. Elle répond en effet à une conception du droit tout à fait étrangère à nos traditions, tout à fait contraire à une tradition démocratique. Elle établit une infraction collective, sans qu’il soit besoin de démontrer une participation active de chacun ; il suffit que chacun ait « concouru moralement », notion bien vague, aux dégradations produites par la foule pour en être jugé responsable. Il s’agit d’une complicité passive. Or, dans notre droit, la responsabilité pénale ne peut être que personnelle, et la complicité active, on ne peut être accusé au nom d’une infraction que l’on n’a pas personnellement commise. Il faut des preuves, il faut une action personnelle. Cela va en réalité de soi. Alors qu’avec  dévastation et saccage, il suffit d’avoir été présent, il suffit d’avoir commis de menus délits qui, reliés à des délits commis par d’autres, constituent l’incrimination. Et les peines sont alors très lourdes, et pourtant il s’agit seulement d’atteintes aux biens. Les peines vont de 8 à 15 ans de prison, ce sont des peines criminelles.

On le comprend, c’est le droit de manifester qui est visé, il faut intimider les citoyens, cette loi est une menace. Mais les sanctions sont bien réelles, elle n’est pas qu’une menace, elle est une répression très sévère. Elle constitue donc une atteinte très grave au droit de manifester. Il suffit d’avoir été présent sur une manifestation pour être responsable des désordres qui s’y commettent, et risquer une peine qui peut aller jusqu’à 15 ans de prison !

Dans les démocraties libérales, on s’est malheureusement habitué à une régression dans ce domaine, la liberté de manifester est de plus en plus contrariée, limitée, encadrée. Mais ces régressions restent cependant sans rapport avec ce que permet la loi « dévastation et saccage ». Car cette loi n’est pas le triste aménagement répressif d’une démocratie libérale, cette loi est une loi d’origine fasciste, elle a été conçue, rédigée par des juristes fascistes et promulguée le 19 octobre 1930. Il s’agit donc à proprement parler d’une loi mussolinienne. C’est au nom d’une loi mussolinienne que Vincenzo Vecchi est aujourd’hui réclamé par la justice italienne.

Mais ce n’est pas seulement  une loi mussolinienne, ce n’est pas le sinistre vestige d’un ordre politique défunt, ce n’est pas  une loi parmi d’autres, une loi anodine, vénielle, quelconque. Non. L’incrimination pour  dévastation et saccage dont la cour de Cassation française va devoir dire le 11 octobre si elle est oui ou non compatible avec notre droit, puisque c’est là  le point central de l’affaire, le problème juridique qui se pose, cette incrimination dont la cour de Cassation va devoir dire si elle est comparable à une incrimination de droit français, si, comme le prétend outrageusement l’avocat général, on pourrait, par exemple, l’assimiler au vol, (et cela pour des madriers que monsieur Vecchi aurait pris sur un chantier pour les placer au milieu de la route), cette incrimination dont le gouvernement prétend qu’elle est compatible avec notre droit puisqu’il appuie ouvertement la remise à l’Italie de Monsieur Vecchi, cette incrimination, « dévastation et saccage », n’est pas une incrimination vénielle, comme le vol, n’est pas le genre d’incrimination que l’on retrouve dans le code pénal d’un droit libéral, et pour cause, c’est non seulement une incrimination d’origine mussolinienne, mais c’est même  la loi fasciste par excellence.

Lorsqu’elle est adoptée par décret en 1930, Mussolini est au pouvoir depuis huit ans. L’Italie est alors l’une des dictatures les plus autoritaires de l’Histoire. Et la loi « dévastation et saccage » est le cœur même de son arsenal répressif. Cette loi est donc par essence fasciste, elle est l’expression juridique d’un ordre dictatorial. En 1930, la structure pénale du régime mussolinien est définitivement consolidée par cette loi. On ne peut donc pas interpréter cette loi comme s’il s’agissait d’une loi  comme les autres. Ce n’est pas le genre de loi que l’on vote dans un Parlement, et le mot « fasciste », ici, n’est pas une expression imagée, ni une comparaison éloquente ou excessive, c’est une loi  littéralement fasciste. Dans sa propagande Mussolini voyait même dans cette loi un cas emblématique, il parlait d’une loi  fascistissime.

Il est donc inquiétant de lire, dans les mémoires des différents avocats généraux, une tentative impérieuse, résolue, d’amalgamer cette loi à notre droit. Il est inquiétant de penser qu’un avocat général français, notre contemporain, discute et interprète l’arsenal répressif de la dictature mussolinienne comme un autre élément de droit, et le juge parfaitement compatible avec le droit français, au point même de se pourvoir deux fois en cassation contre les décisions de deux cours d’appel qui elles, Dieu merci, ont jugé à l’inverse que cette loi fasciste ne devait pas être confondue avec le droit français.

Mais alors, que veut l’exécutif ? Au nom de quelles valeurs s’acharne-t-il à appuyer la requête de la justice italienne ? Au nom de quelles valeurs fait-il  comme s’il ne s’agissait pas d’une loi fasciste, mais d’une simple loi de  notre voisin italien ?

Il y invoque pour cela une raison, dans le rapport que le gouvernement français a fait parvenir à la Cour de justice de la communauté européenne, qui vient de rendre sur l’affaire Vecchi un avis très préoccupant. La raison que le gouvernement français invoque, c’est la coopération européenne. Au nom de cette valeur suprême, la coopération européenne, mieux vaudrait, c’est la voix de la France, que soit appliquée une loi littéralement fasciste plutôt que l’impunité d’un prévenu. Il n’y aurait rien de pire qu’une mauvaise  coopération européenne.

Ce serait donc cela  nos valeurs ? Cette expression qui revient à longueur de temps ne signifierait ici que cela : la coopération européenne à tout prix, fût-ce au prix de l’identification de notre droit pénal avec le droit pénal mussolinien ?

Enfin, on ne peut pas oublier le contexte politique. Depuis que Vincenzo Vecchi est réclamé par l’Italie, l’extrême droite italienne est présente. Aujourd’hui, elle est même aux portes du pouvoir. Matteo Salvini était ministre de l’Intérieur lors de l’exécution du mandat d’arrêt européen à l’encontre de Vincenzo Vecchi. On sait que sa politique et ses références flirtent avec le régime fasciste, qu’il détourne sans complexe des slogans de Mussolini, qu’il se montre au balcon depuis lequel le dictateur avait assisté au lynchage de deux jeunes antifascistes. Ce n’est donc pas anodin.

À présent, c’est Frères d’Italie (Fratelli d’Italia) qui arrive au pouvoir, et dont l’idéologie se revendique très clairement  du fascisme. C’est donc au nom d’une loi instituant une odieuse complicité passive, et réprimant autoritairement le droit de manifester, que le gouvernement français veut ouvertement livrer Vincenzo Vecchi à l’Italie, mais c’est encore une loi d’origine mussolinienne, et pas une loi ordinaire, mais une loi appartenant au cœur du dispositif pénal fasciste, une loi destinée à assurer l’autorité nécessaire à une dictature, que l’avocat général voudrait assimiler à la loi française, et cela au moment même où, en Italie, les émules du fascisme sont au pouvoir, c’est au nom d’une loi mussolinienne qu’il faudrait leur livrer un opposant, un militant antifasciste, un altermondialiste !

Mais alors, à quoi sert le contrôle du juge, à quoi bon, et quelle est donc la qualité cachée, la morale secrète de cette coopération européenne, qu’il faudrait assurer par-dessous tout, en sacrifiant, ici, les principes les plus fondamentaux, ceux que nous avons hérités de toute l’histoire démocratique ?

Car enfin, le problème technique posé par le mandat d’arrêt européen n’est pas qu’une affaire de droit. La cour de Justice a rendu un avis qui pourrait juguler terriblement le pouvoir de contrôle du juge.

Rappelons que dans le cadre des mandats d’arrêt européens, il existe une liste de 32 incriminations pour lesquelles il n’y a pas de discussion possible, si le droit a été formellement respecté, le prévenu est livré au pays européen qui le réclame. Mais dans tous les autres cas, le juge doit contrôler si la condition de double incrimination est respectée. En 2021, c’est un membre de la commission des lois, ici même, un député de la majorité présidentielle qui déclarait, lors de l’examen d’un amendement à la loi pour la confiance dans l’institution judiciaire : « La double incrimination doit être maintenue car elle est un principe fondamental du droit international. »

Si c’est un principe fondamental, alors le juge doit pouvoir contrôler, dans l’affaire Vecchi, si à une loi fasciste correspond une loi française. Ce ne peut pas être le cas. Si la cour de Cassation acceptait de réduire son contrôle, autrement dit son pouvoir, ce qui pour une institution serait une première assez curieuse, elle ferait du mandat d’arrêt européen une simple formalité. Dans ce cas, la cour de Cassation sacrifierait son rôle judiciaire, elle se cantonnerait à une fonction purement exécutive. Or, on le sait bien, il existe au moins trois pouvoirs, c’est au fondement de nos institutions, il existe trois pouvoirs qui doivent être séparés les uns des autres. Mais à priver le juge de son moyen de contrôle sur les mandats d’arrêt européen, on le ravale à une fonction exécutive, on en fait le simple exécutant des volontés gouvernementales. Ce serait inquiétant.

Car en dernière instance, le ton général de notre droit vient de la Révolution française, de ses prolongements. Le rapport que nous avons au droit vient d’un moment où les avocats, les juristes, ont joué un rôle de premier plan dans l’émancipation des hommes, dans l’expression des libertés et dans leur défense. Aussi, c’est la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui constitue le fond idéologique de notre droit. Il ne faut jamais l’oublier. C’est au nom de cette déclaration qu’en dernière analyse les magistrats doivent juger et interpréter le droit. C’est au nom de la liberté qu’ils doivent contrôler si un mandat d’arrêt doit ou non être exécuté, c’est au nom de la liberté qu’il leur faut écarter l’application d’une loi répressive venue d’un régime totalitaire.

C’est pourquoi, je remercie sincèrement, au nom du comité de soutien, les journalistes qui se sont, à un degré ou un autre, intéressés à l’affaire et qui ont tenté de la faire connaître et d’en faire comprendre les enjeux. Nous remercions notamment Antoine Agasse, de l’AFP Rennes, Emmanuel Cazale, de l’agence de presse italienne, François Bonnet de Mediapart, Grégoire Leménager de L’Obs, Emmanuel Fansten de Libération, Henri Seckel et Christine Rousseau du Monde, Thomas Lemahieu de L’Humanité, Bénédicte Lutaud du Figaro, Nolwenn Weiler de Bastamag, Sonia Kronlund et Adila Bennedjaï-Zou pour France Culture.

La liberté de tous commence par la liberté d’un seul. Il ne faut jamais se dire : c’est un cas isolé, cela ne me concerne pas. C’est en se penchant sur la vie d’un autre que l’on saisit mieux les principes qui fondent une société, c’est en soutenant la liberté d’un autre que l’on comprend plus précisément le sens des mots, que l’on peut sentir palpiter en soi, en nous, un sentiment, quelque chose, une disposition qui n’appartient à personne en particulier, et qui garantit la liberté de tous.

Paris prêt à livrer à Rome un militant altermondialiste

Justice Le député PCF Pierre Dharréville a réuni le comité de soutien parlementaire à Vincenzo Vecchi, menacé d’extradition.

Publié le Lundi 10 Octobre 2022 - L'Humanité

Un fil ténu lie Vincenzo Vecchi à la future première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni. En 2001, le mentor de celle-ci, Gianfranco Fini, alors vice-président du Conseil, est à la préfecture de Gênes et orchestre la violente répression contre les protestations anti-G8. Vincenzo Vecchi, lui, se trouve parmi les manifestants. Depuis onze ans, le militant altermondialiste est réfugié en Bretagne. Mais dans son pays, il a été condamné à douze ans de prison pour « saccage et dévastation » avec des preuves très discutables. Ce délit n’est pas reconnu dans le droit français si bien qu’à deux reprises, la justice française a rendu une décision en faveur de Vincenzo Vecchi. Mais Rome s’acharne, avec le soutien du parquet français, à vouloir extrader son ressortissant en faisant usage du mandat d’arrêt européen.

Il serait de « sinistre augure que la première relation de Giorgia Meloni avec la République française soit de recevoir, au titre d’une loi de Mussolini, un militant altermondialiste »

L’affaire doit être à nouveau examinée le 11 octobre par la Cour de cassation. Ce mercredi, à l’Assemblée, le député PCF Pierre Dharréville a réuni le comité de soutien parlementaire à Vincenzo Vecchi. « La loi dont il est fait usage pour le condamner en Italie vient du code Rocco, qui date de 1930, soit l’un des éléments de l’édifice juridique qui date de la période mussolinienne ! » s’indigne l’élu communiste des Bouches-du-Rhône pour qui extrader le militant reviendrait à appliquer, en France, une loi fasciste . Il serait de « sinistre augure que la première relation de Giorgia Meloni avec la République française soit de recevoir, au titre d’une loi de Mussolini, un militant altermondialiste », relève l’ex-député FI Jean-Luc Mélenchon.

 

 

Le 14 juillet 2022, la Cour de justice de l’Union européenne (Cjue) a aboli le contrôle de double incrimination selon lequel un individu ne peut être extradé que s’il est retenu coupable d’un délit sanctionné dans les deux États. Or, le délit de « saccage et dévastation » n’existe pas dans le droit français et pour cause. Il permet de condamner quelqu’un au motif de sa « participation à une manifestation » qui a mal tourné, s’inquiète Paul Molac, député Libertés et Territoires. « On le condamne pour des faits commis par d’autres », relève-t-il. « Cette conception du droit est dangereuse », avertit l’écrivain Éric Vuillard, pour qui il s’agit d’une « infraction collective » contraire au droit français, dans lequel « la responsabilité pénale ne peut être que personnelle ». La fin de l’exigence de double incrimination, avalisée par la décision de la Cjue, est inquiétante , relève l’avocat Maxime Tessier. « Je ne veux pas faire de la science-fiction, s’alarme le juriste, mais si un gouvernement européen se mettait à pénaliser l’IVG, si une personne était condamnée et trouvait refuge chez nous, la remettrait-on à l’État qui la demande pour qu’elle soit condamnée ? » L’affaire Vecchi dépasse son seul cas.

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11 octobre 2022 2 11 /10 /octobre /2022 06:04
Fabien Roussel : « S’Il y a du carburant à mettre, c’est bien dans les salaires » (L'Humanité, Naïm Sakhi, 10 octobre 2022)
Fabien Roussel : « S’Il y a du carburant à mettre, c’est bien dans les salaires ».

Gauche Le secrétaire national du PCF a présenté à la presse, lundi, son Tour de France « avec vous sans tabou », commencé dans le Pas de Calais, le 3 octobre. Face à la flambée des prix de l’énergie, et au risque de récession, le communiste alerte sur les délocalisations en cascade à venir.

Publié le Lundi 10 Octobre 2022 -L'Humanité
 

« Je souhaite que le PCF soit en phase avec ce qu’attendent les Français. » Fabien Roussel a présenté ce lundi, lors d’une conférence de presse, son tour de France « avec vous sans tabou ». Commencée le 3 octobre dernier, dans le Pas-de-Calais, cette tournée de 13 étapes thématiques, dans chacune des régions métropolitaines, permettra au secrétaire national du PCF d’ouvrir un dialogue avec les Français, ponctué de rencontres avec les habitants, les élus, les militants et les syndicalistes. « Ils viendront avec leurs questions, moi avec mes réponses », glisse le député, qui se refuse à tenir des meetings. Un exercice déjà expérimenté durant la campagne présidentielle par l’ex-candidat du PCF, lors des « Rencontre des jours heureux ». Dorénavant pour Fabien Roussel, l’enjeu est double : « savoir ce que les Français attendent de la gauche et du PCF », assure-t-il, mais aussi « parler à nouveau à la France périphérique pour que la gauche devienne majoritaire demain », glisse Ian Brossat, le porte-parole de la formation.

« Total a versé 2,5 milliards d’euros de dividendes exceptionnels à ses actionnaires. Cela représente 300 euros d’augmentation mensuelle pendant 12 ans pour les salariés. S’Il y a du carburant à mettre, c’est bien dans les salaires »

Après une halte dans le Pas-de-Calais sur le thème de l’industrie, la prochaine étape de ce tour de France se tiendra les 24 et 25 octobre, dans les Drôme et dans l’Isère, pour évoquer les enjeux du mix énergétique. Un sujet central en pleine crise climatique et de l’énergie, qui couplée à la menace nucléaire en Ukraine s’apparente à un « un cocktail explosif », selon Fabien Roussel. De plus, le communiste dit « craindre » une récession liée à la crise de l’énergie dans les mois, provoquant une vague de délocalisations. « Certaines entreprises pourraient accélérer des plans de suppression de postes déjà dans les cartons, poursuit le député, elles anticipent une augmentation durable de l’énergie, avec des coûts de production au final deux ou trois fois plus élevés qu’en Asie ou Amérique ». Le 3 octobre dernier, il avait d’ailleurs rencontré les syndicalistes et dirigeants de l’usine Arc Internationale, dans laquelle 4 800 emplois sont menacés par l’explosion de la facture énergétique, passant de 17 millions à 75 millions. En outre, Fabien Roussel a rappelé son soutien aux mobilisations en cours dans la pétrochimie, visant, selon la CGT à obtenir une hausse de 10 % des salaires  : « Total a versé 2,5 milliards d’euros de dividendes exceptionnels à ses actionnaires. Cela représente 300 euros d’augmentation mensuelle pendant 12 ans pour les salariés. S’il y a du carburant à mettre, c’est bien dans les salaires ».

Ce tour de France, en parallèle des mobilisations sociales et syndicales, doit aussi permettre au secrétaire national du PCF de porter la voix de sa formation, à côté du rassemblement à gauche . « Nous faisons partie de la Nupes, mais nous avons notre propre originalité et nous la faisons vivre, mesure Fabien Roussel, nous continuerions à nous faire entendre car à gauche, nous avons besoin de nous additionner ». Des rencontres avec les travailleurs sont notamment prévues, le député assure vouloir s’en « nourrir », afin d’incarner « une gauche qui défend le travail ». Une expression qui fait écho au débat suscité lors de la Fête de L’Humanité, où le député a jugé que la gauche ne devait pas être « celle des allocations et des minima sociaux. » Un mois plus tard, Fabien Roussel se dit « conforté » dans ses propos, satisfait des nombreux « témoignages de soutiens et d’encouragements » reçus lors de ses rencontres avec les Français.

Le secrétaire national du PCF a en tout cas marqué des points en termes d’incarnation. Selon un sondage Odoxa pour le Figaro, publié la semaine dernière, Fabien Roussel est la personnalité de gauche la plus populaire dans le pays, avec 29 % de bonnes opinions. Dans son camp, le député communiste (42 %) se classe second, derrière Jean-Luc Mélenchon (49 %), mais devant François Ruffin (34 %) et le socialiste Olivier Faure (28 %). Par ailleurs, à gauche, le secrétaire national du PCF (33 %) recueille moins de mauvaises opinions que Jean-Luc Mélenchon (45 %) ou encore Sandrine Rousseau (37 %).

« Le PCF ne se résume pas à ma personne, nous pouvons compter sur un grand nombre de militants et de personnalités qui ont émergé durant la campagne présidentielle »

Le député du Nord a également précisé, lors de la conférence de presse, qu’il sera bien présent au rassemblement nordiste contre la vie chère, prévu le samedi 15 octobre, mais qu’il sera en revanche absent du défilé parisien, le dimanche 16 octobre. « Le PCF ne se résume pas à ma personne, nous pouvons compter sur un grand nombre de militants et de personnalités qui ont émergé durant la campagne présidentielle », insiste l’élu de Saint-Amand-les-Eaux, qui assure être, comme tous les week-ends, retenu dans sa circonscription.

Fabien Roussel : « S’Il y a du carburant à mettre, c’est bien dans les salaires » (L'Humanité, Naïm Sakhi, 10 octobre 2022)

Dans le cadre de son tour de France, Fabien Roussel sera dans le Finistère et la région de Morlaix les 5 et 6 décembre 2022. Une réunion publique-forum avec Fabien Roussel est prévue au Roudour de Saint-Martin-des-Champs, commune voisine de Morlaix, le lundi 5 décembre.

Fabien Roussel engage un tour de France à la rencontre du monde du travail

PCF Le député du Nord Fabien Roussel entame une tournée qui fera escale dans 14 départements pour un dialogue « sans filtre et sans tabou » avec les Français. Première étape dans le Pas de Calais, lundi, autour des enjeux industriels et énergétiques. Reportage.

Publié le Mardi 4 Octobre 2022 - L'Humanité

Arques, Avion et Sallaumines (Pas de Calais), envoyé spécial.

« Je me fais poser une prothèse à la hanche dans 10 jours. J’ai 59 ans et je suis physiquement et mentalement usé. Impossible pour moi de tenir jusqu’à 65 ans pour avoir une retraite ». Jean-Luc est ouvrier chez Faurecia. Après 37 années à enchaîner les horaires décalés, sa rémunération ne décolle pas du Smic. Un salaire qui ne lui permet plus de faire face à l’inflation, d’autant que son entreprise, un sous-traitant dans l’automobile, a placé ses employés au chômage technique plusieurs jours par mois, entraînant une baisse de revenu 100 euros. Ce, « alors que le groupe a versé 90 millions de dividendes aux actionnaires », soupire ce syndicaliste CGT, en interpellant Fabien Roussel, lors d’une réunion publique à Sallaumines, lundi. Depuis le Pas-de-Calais, le secrétaire national du PCF a tenu la première des 14 étapes de son « Tour de France du monde du travail ». « Cette tournée des régions va nous permettre de nous confronter à la réalité de nos concitoyens, assure le député du Nord. Je ne suis pas là pour faire un meeting, mais pour dialoguer sans tabou ni filtre, car je me nourris de ces échanges. »

Christophe était le premier, salle Maurice Thorez, à interpeller l’ex-candidat du PCF à l’Élysée. « Nous sommes des citrons pressés et jetés à la poubelle », tance, les larmes aux yeux, l’ancien secrétaire de la CGT de l’usine Bridgestone à Béthune, qui a fermé ses portes il y a 17 mois. « Les dégâts sont irréparables, le seul responsable c’est le capital », ajoute le référent du cabinet de reclassement, alors que seulement 30 employés ont pu être recasés. « Notre crainte est que la crise énergétique entraîne de nouvelles vagues de délocalisation », pointe Fabien Roussel. Un sujet de taille dans les Hauts-de-France.

«  Les gens doivent vivre dignement avec un salaire, nous refusons l’affrontement entre les chômeurs et ceux qui travaillent, favorisé par la politique des chèques. » Fabien Roussel.

Dans la matinée, le communiste avait rencontré les syndicats et dirigeants de l’usine Arc Internationale. 4 800 emplois sont en jeu, alors que la facture énergétique a explosé de 341 %, dépassant pour la première fois la masse salariale de l’entreprise des arts de la table. Pour faire face, le député réclame à plan d’envergure de soutien à l’industrie : « L’Allemagne, qui n’est pourtant pas un pays socialiste, l’a fait en débloquant 200 milliards d’euros. » Et, à l’issue de la rencontre, il raconte comment il a été interpellé par un ouvrier qualifié, qui malgré 34 ans d’ancienneté, ne touche que 1 448 euros mensuels, l’obligeant à s’en remettre à la prime d’activité et au chèque énergie pour boucler les fins de mois. « Les travailleurs pauvres, cela ne devrait pas exister. Que les ouvriers fassent fortune !, lance le dirigeant du PCF. Les gens doivent vivre dignement avec un salaire, nous refusons l’affrontement entre les chômeurs et ceux qui travaillent, favorisé par la politique des chèques. »

Une référence au débat que le député a suscité lors de la Fête de l’Humanité, en affirmant vouloir incarner « une gauche qui défend le travail et non pas celle des allocations et des minima sociaux ». Parmi les 250 participants venus aborder les questions du quotidien, lundi soir, cette position trouve de l’écho. Comme chez Frédéric, ouvrier chez Arkema, pour qui « Fabien Roussel et François Ruffin s’emparent de la grande absente de l’élection présidentielle : le travail ». Un moyen selon l’employé dans l’industrie chimie « de poser les bases de la lutte des classes ». « Moi je suis fier de créer la richesse. Le problème c’est qu’elle n’est pas partagée et les oisifs ne sont pas les chômeurs, et l’enjeu est bien de valoriser le travail », poursuit Jean-Luc.

« Quelles sont les propositions du PCF pour enrayer la crise de l’énergie ? »

Raphaël, lui, s’inquiète des conséquences de la flambée des prix de l’énergie, malgré le bouclier tarifaire. « Quelles sont les propositions du PCF pour enrayer la crise de l’énergie ? », interroge ce salarié d’Enedis. « Recréer un service public, défendre le nucléaire et sortir de l’ARENH (qui contraint EDF à vendre de l’énergie nucléaire aux fournisseurs privés, N.D.L.R.) et du marché européen de l’énergie », lui répond le parlementaire. Plus tôt dans la journée, le communiste avait d’ailleurs visité l’entreprise Gazonor, qui produit de l’énergie verte, à partir du méthane relâché naturellement par les anciennes mines de Charbon. Outre le gaz et l’électricité, le site produira de quoi chauffer les équipements municipaux de la ville d’Avion, d’ici 2025. « D’entrée de jeu, c’est minimum 50 % d’économie pour la ville », souligne l’édile PCF Jean-Marc Tellier. L’entreprise prévoit de passer de 4 à 22 transformateurs électriques, dans le Nord et le Pas-de-Calais. Mais sans les autorisations gouvernementales, le projet est pour l’heure bloqué. « Il est assez invraisemblable d’importer du gaz de schiste des États-Unis alors qu’avec le gaz de mines nous pourrions fournir 200 000 foyers dans le bassin minier », insiste Fabien Roussel. Le secrétaire national du PCF poursuivra son tour de France jusqu’en avril, date à laquelle se tiendra le congrès de sa formation.

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9 octobre 2022 7 09 /10 /octobre /2022 11:56
Liberté pour Salah Hamouri: Vœu adopté à l'unanimité moins une abstention par le conseil municipal de Quimper le 6 octobre 2022
Liberté pour Salah Hamouri: Vœu adopté à l'unanimité moins une abstention par le conseil municipal de Quimper le 6 octobre 2022
LIBERTÉ POUR SALAH HAMOURI !
 
Vœu adopté à l'unanimité moins une abstention par le conseil municipal de Quimper le 6 octobre 2022 sur proposition des élus communistes Yvonne Rainero, Bernard Jasserand et Ronan Sinquin, avec le soutien de la majorité de gauche et écologiste.
 
Yvonne Rainero présenté ce vœu en séance en faisant part à mes collègues de la grève de la faim entamée en protestation par Salah Hamouri avec 30 "détenus administratifs" la semaine dernière et du danger qui pèse sur leurs vies.

 

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Notre compatriote Monsieur Salah Hamouri, avocat franco-palestinien de 37 ans spécialisé dans la défense des Droits Humains et travaillant pour l’ONG Adameer, ancien élève du collège catholique De la Salle des Frères des Écoles Chrétiennes de Jérusalem, demeurant dans cette ville où il est né d’une mère française professeure de français et d’un père palestinien restaurateur, est une nouvelle fois emprisonné en Israël depuis le 7 mars 2022 sans procès et sans que lui ait été notifié aucun motif d’inculpation.
Monsieur Salah Hamouri est marié, sa femme française et ses 2 enfants nés en France qui résident dans notre pays se voient interdire depuis janvier 2016 de le rejoindre à Jérusalem contrairement à toutes les conventions internationales.
Lui-même s’est vu retirer son droit acquis de naissance de résident permanent de Jérusalem Est et si cette décision est confirmée il est expulsable à tout moment.
L’internement « administratif » qui le frappe, hérité des pratiques coloniales du mandat britannique sur la Palestine au début du siècle dernier, est utilisé par les autorités israéliennes pour emprisonner arbitrairement par périodes allant jusqu’à 6 mois, renouvelables à l’infini, tout opposant à leur politique dans les territoires palestiniens.
Les autorités européennes et françaises ont exprimé à de multiples reprises leur vive préoccupation concernant un dispositif aussi contraire à tous les usages démocratiques.
La ville de Quimper a plusieurs fois témoigné son soutien à Monsieur Salah Hamouri.
Ainsi en septembre 2012 il avait été reçu en mairie par M. Piero Rainero adjoint au maire en charge des relations internationales, représentant le maire M. Bernard Poignant.
En février 2017 un vœu fut voté par le Conseil Municipal exigeant sa libération alors qu’il venait d’être emprisonné dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui.
En décembre 2018, libéré grâce à la mobilisation nationale et européenne en sa faveur, il fut reçu à la mairie par le maire M. Ludovic Jolivet.
Les autorités françaises ont été amenées elles aussi à agir en faveur de notre compatriote.
Le Président Nicolas Sarkozy et le Ministre des Affaires étrangères M. Alain Juppé sont intervenus en leur temps auprès du gouvernement israélien pour obtenir sa libération.
Le Président Emmanuel Macron s’en est entretenu avec les autorités israéliennes et, son chef de cabinet, dans un courrier, a précisé que : « l’ensemble des services français sont mobilisés sur ce dossier. »
Les organisations de défense des Droits Humains, la Ligue des Droits de l’Homme, Amnesty International, l’ACAT (Association des Chrétiens contre la Torture), Caritas International, l’Union Juive Française pour la Paix, une Autre Voix Juive, le Syndicat des Avocats de France et bien d’autres ont demandé la libération de Monsieur Salah Hamouri.
De nombreuses personnalités sont intervenues dans ce sens comme MM. Michel Warschawski (historien israélien, fils de l’ancien Grand Rabbin de Strasbourg), Jean Ziegler (Vice-Président du comité consultatif des Droits de l’Homme de l’ONU), Rony Brauman (fondateur de Médecins sans Frontières), les cinéastes Ken Loach, Robert Guédiguian, l’acteur François Cluzet, M. Richard Falk (professeur de droit international aux USA), M. Dov Kénin député israélien à la Knesset, etc....
Le comité national de soutien en faveur de Salah Hamouri comporte des personnalités comme Mme Christiane Taubira, MM. Jack Lang, Jean Louis Bianco, Edgar Morin, Monseigneur Jacques Gaillot..…
Monsieur Jean-Jacques Urvoas ancien Garde des Sceaux est intervenu lui aussi en sa faveur ainsi qu’il l’a fait savoir par courrier.
Plus de cent élu-e-s du Finistère ont cosigné en novembre 2021 une lettre demandant le rétablissement de ses droits.
Le Conseil Municipal de Quimper, fidèle à sa tradition de défense des Droits de l’Homme à laquelle est attachée la population de notre ville, exige la libération de notre compatriote Monsieur Salah Hamouri et demande au gouvernement et au Président de la République d’agir avec la plus grande fermeté pour que soient levées toutes les mesures de privation de liberté dont il est victime.
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9 octobre 2022 7 09 /10 /octobre /2022 05:46
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9 octobre 2022 7 09 /10 /octobre /2022 05:43

 

Alimentation, transports, aides à domicile… de nombreux domaines économiques sont ciblés par l’ubérisation. En moins d’une décennie, les applis ont envahi nos vies, faisant de la politique du « clic » et de l’instantanéité la nouvelle norme. Derrière ces nouveaux modes de consommations, c’est un véritable capitalisme de plateforme qui a pris place avec des plateformes numériques de travail qui façonnent non seulement beaucoup de nos activités au quotidien, le monde du travail mais aussi notre modèle de société.

 

 

Présent à Strasbourg pour le rendez-vous annuel des communistes aux universités d’été qui se sont tenues les 26, 27 et 28 août derniers, Pascal Savoldelli, sénateur communiste du Val-de-Marne, a sensibilisé les camarades, tant au « choc » qu’au « choix » de société de ce nouveau modèle alimenté par la numérique ubérisation. Dans son intervention, il rappelle que si les avantages de ce modèle semblent nombreux, il est important de s’interroger sur la façon dont notre société pourrait en subir les conséquences et pousse à réfléchir aux alternatives à ce capitalisme qui tend à nous vendre l’actualisation de ses formes de domination, d’exploitation et d’aliénation comme de nouveaux espaces de liberté.

L’aboutissement d’un rêve néo-libéral

En s’affranchissant des règles de concurrences et des règles sociales et fiscales, c’est une véritable offensive pour un acte fondateur qui s’opère avec l’ubérisation. Uber, Deliveroo, Docadom et consorts, avec la complicité de différents gouvernements, ont réussi à disrupter le marché avec succès en rendant leurs nouveaux standards de qualité de services et d’orientation client incontournables. D’une part, les entreprises traditionnelles n’ont d’autres choix que de s’aligner sur ce modèle pour survivre. De l’autre, c’est le retour du travail à la tâche et du tâcheron enfermé dans la précarité. Ce même forçat qui devrait remercier ces multinationales d’être enfermé dans la boite noire de l’algorithme. Affectant le statut de l’emploi, les conditions de travail, le rapport à l’espace et au temps de travail, c’est une véritable casse du salariat et de ses protections qu’entraine la plateformisation de la société.

Une nécessaire organisation collective

L’une des premières stratégies pour lutter contre l’ubérisation repose sur l’organisation collective. Le travail ubérisé est par essence une forme d’emploi qui se veut rendre les mobilisations improbables. Cependant, entre actions collectives pour requalifier l’activité de ceux qui offrent leur service en emploi salarié, création de « mutuelle de travail associé » et mise en place de plateforme coopérative de communs numériques, l’uberisation doit constituer un terrain de lutte de classe sans merci. Si les algorithmes nous enferment dans une bulle, il ne tient qu’à nous de nous ouvrir à nouveau au rassemblement. L’ubérisation relève bien évidemment d’une lutte syndicale qu’il convient d’adapter et d’organiser pour répondre aux nouveaux défis que pose le monde du travail numérique et l’ubérisation. Il ne tient qu’à nous de reconstruire un service commun qui porterait une institution de la valeur pour le travail des communes contre la seule qui existe à ce jour, celle du capital.

Pour un nouveau modèle de société

Ce qu’on appelait la “question sociale” doit opérer un retour en force dans nos réflexions. Remettant complètement en question le modèle économique traditionnel, le modèle du salariat et de l’emploi et, encore pire, le caractère interventionniste de notre État, l’ubérisation rappelle qu’il est urgent de penser la société que nous voulons, puis d’agir pour la construire. C’est dans cette volonté d’impulser une nouvelle orientation politique que, dans le prolongement de sa proposition de loi sur la requalification en statut salarial, Pascal Savoldelli a, pour le groupe CRCE, récemment légiféré sur le rôle des algorithmes et leur seuil d’interférence à l’autonomie des travailleurs. Car pourquoi faudrait-il adouber l’uberisation de l’économie sans en interroger l’idéologie et les effets délétères à long terme ? Ce monde-là n’est pas une fatalité. Le chantier est immense et à engager d’urgence. À penser sur le temps long, il est politique au sens premier du terme.

Héléna Laouisset-Royer

Collaboratrice du sénateur communiste Pascal Savoldelli 

 

 

 

 

 

 

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8 octobre 2022 6 08 /10 /octobre /2022 06:41
Maryam Madjidi à Morlaix en 2019 (librairie Dialogues)

Maryam Madjidi à Morlaix en 2019 (librairie Dialogues)

Iran. Maryam Madjidi, la jeune fille et la mort
 
L’assassinat de Mahsa Amini, tuée par la police des mœurs, a soulevé un vent de révolte en Iran. Contrainte de fuir Téhéran avec sa mère, l’écrivaine Maryam Madjidi exprime le même cri de liberté que les femmes iraniennes, dans un texte bouleversant qu’elle a confié à « l’Humanité Magazine ».
 
Publié le Samedi 8 Octobre 2022
 
 
Aéroport de Téhéran, juillet 1986
« Ton voile est mal mis. Donne-moi ton passeport. »
Cette phrase, « ton voile est mal mis », je l’ai entendue à l’âge de 6 ans dans l’aéroport de Téhéran. La phrase était adressée à ma mère. Nous étions dans la salle d’embarquement. Nous attendions de monter dans l’avion pour fuir à Paris. Mon père était déjà là-bas depuis sept mois. Je n’ai pas compris le lien entre « ton voile est mal mis » et cet homme barbu au regard d’acier qui arrache le passeport des mains de ma mère et disparaît. Ton voile est mal mis. Donne-moi ton passeport.
La peur dans les yeux de ma mère, la peur qui fait du corps entier un morceau de chair inerte, paralysée. C’est même plus de la chair, non, c’est devenu tout dur, comme le corps d’une morte, froid et insensible, on dirait de la pierre. Ce n’est même plus de la peur qui entre dans le corps, c’est le souffle glacé de la mort qui vient caresser notre nuque. Le froid entre dans les tissus, les cellules, les veines, les muscles et paralyse le corps entier. Le corps de ma mère ne bouge plus. Je la secoue pour courir derrière l’homme qui a disparu avec notre passeport. Elle se réveille brusquement et nous courons à sa recherche. Nous le voyons entrer dans une pièce, nous frappons, il ne répond pas, nous frappons plus fort, il ouvre la porte et nous dit de nous asseoir.
Il répète : ton voile était mal mis. Tu connais la loi islamique. Un voile mal mis doit être puni. Je ne comprends pas. Dans ma tête de petite fille âgée de 6 ans, je m’interroge : le voile doit être puni ? C’est la faute du voile s’il est mal mis ? Oui, ça me paraît logique. Un voile qui glisse sur les cheveux, un voile dont le tissu n’accroche pas assez aux cheveux, un voile au tissu pas islamique, un voile rebelle, fourbe, vicieux, qui laisse échapper des mèches. Le monsieur barbu va donc punir le voile de ma mère. Mais pourquoi a-t-il pris notre passeport ? Pourquoi nous empêche-t-il de partir ? Ça, je le comprends très vite, tant que le passeport est dans ses mains, nous ne pourrons pas prendre l’avion. Ce passeport que nous avons eu tant de mal à nous procurer. Les dernières semaines, je n’entendais que ce mot à la maison : le passeport. Comment obtenir un passeport ? Un passeport pour partir. Sans passeport, pas d’avion et pas de papa.
J’ai 6 ans, je ne comprends rien. Les mots tourbillonnent dans ma tête comme des démons autour d’un feu au-dessus duquel nous sommes suspendues.
Voile - mal mis - mèches qui dépassent - punir - passeport - avion - France - France papa - pas de passe- port - pas d’avion - pas de papa.
Ça tourne, ça tourne dans ma tête, j’ai 6 ans, je ne comprends pas ce monde, je ne comprends pas les mots de ce monde, de ce monsieur qui me fait peur – ma mère toujours une pierre, une pierre qui entrevoit dans une brume ce que je ne peux voir moi du haut de mes 6 ans, la prison, les coups, la torture, l’impossibilité de s’exiler, de partir pour toujours, prisonnière en Iran, moi sa fille en prison aussi ?
Je pleure, je hurle, je crie que je veux revoir mon père. Le monstre a une fille, sa fille a le même âge que moi, et il y a quelque chose en lui qui vacille comme une faible lueur : sa dernière goutte d’humanité. Cette goutte d’humanité envahit ses yeux durs, rase sa barbe noire, essuie le sang de ses mains, et il nous jette le passeport.
Nous atterrissons à Paris quelques heures plus tard.
J’ai 42 ans, je vais sur Internet et je lis trente-six ans plus tard sur l’écran de mon ordinateur la même phrase : son voile était mal mis. Puis je lis cette phrase : « Elle est décédée trois jours plus tard à l’hôpital. » Là non plus je ne comprends pas le lien entre les deux phrases. Un voile mal mis et la mort de cette jeune fille de 22 ans.
Mahsa Amini est morte parce que son voile était mal mis. Une mèche de cheveux dépassait. Son crime : une mèche de cheveux. C’est à cause de cette mèche qui dépassait qu’elle est morte. Voilà, c’est ça, c’est cette causalité-là que je tente de comprendre mais c’est impossible, trente-six ans plus tard, cinquante ans plus tard, cent ans plus tard, je ne comprendrai jamais. Mon cerveau ne veut pas comprendre un monde dans lequel un tel lien de cause à effet existe. Alors je rumine sans cesse ces mots, « voile mal mis », jusqu’à l’insomnie, jusqu’à la nausée dans mon appartement, les yeux ouverts sur le plafond blanc : son voile était mal mis. Je me lève, je tourne en rond, je répète cette phrase. Soudain, je ne suis plus à Paris. Je ne suis plus en France. Je suis à Téhéran et mon voile est mal mis, j’entre dans la fourgonnette de la police des mœurs, de la guidance islamique, on me frappe, je reçois des coups violents à la tête, j’ai une fracture crânienne, une hémorragie, je sens la mort qui entre dans mon corps et elle m’emporte. Mais ce n’est pas vrai, je ne suis pas Mahsa Amini. J’ai beau pleurer, hurler, crier, je ne serai jamais cette femme dont la vie était suspendue à une mèche de cheveux. Je ne serai jamais cette femme où quelque part dans le Grand Livre de la Destinée il était écrit d’une main invisible à la page de sa vie : toi, Mahsa Amini, tu mourras à l’âge de 22 ans parce que ton voile laissait échapper des cheveux.
Voir aussi :
Iran. La mèche rebelle de Mahsa devenue arme de combat
Je culpabilise comme tous les exilés du monde en pensant que le voile mal mis de ma mère ne nous a pas coûté la vie, à elle, à nous. Cette pensée me perce le cœur. Je culpabilise comme tous les survivants d’une tragédie. Pourquoi son voile à elle a causé sa mort et pourquoi, nous, nous avons survécu à ce voile mal mis ?
Je culpabilise d’être vivante, en bonne santé, libre en France. J’essaie de me convaincre du contraire, de me mettre à la place de toutes les femmes iraniennes qui protestent au risque de leur vie, mais ça ne marche pas, ça ne prend pas. Personne n’est dupe.
Voir aussi :
Entendre les voix d’une révolution féministe en Iran
J’aurais aimé que la police dise à Mahsa : tu avais une arme sur toi, tu voulais assassiner le guide suprême, on t’embarque.
J’aurais aimé que la police lui dise : tu as tenté de commettre un attentat, on t’embarque. Mais le régime islamique iranien ne dit jamais cela.
Il dit : ton voile était mal mis, on t’embarque, on te frappe, on te tue.
Il dit : tu défends les droits des femmes et des prisonniers, on t’embarque, on te fouette et on t’emprisonne (1).
Il dit : tu as pris des photos devant la prison de Téhéran, on t’embarque, on te torture, on te viole, on te tue (2).
Il dit : tu as distribué des fleurs dans le métro sans ton voile pour réclamer un peu de liberté, on t’embarque et on t’emprisonne (3).
Il dit : tu as dansé et tu t’es filmée en train de danser, on t’embarque et on t’humilie (4).
Il dit : tu manifestes pour une bouffée de justice, on te tire dessus pour te tuer (5).
Il dit : tu es une femme et ta vie ne vaut rien, on a tous les droits sur toi.
Vous n’embarquerez pas nos idées, nos luttes, notre soif de justice et de liberté. Quand l’une de nous est condamnée à se taire, des millions d’autres se mettent à chanter, danser, crier, lutter, manifester, écrire.
Voir aussi :
Iran. Le témoignage de Naghmeh, qui marche désormais sans voile dans les rues de Téhéran
(1) Nasrin Sotoudeh, avocate condamnée à 33 ans de prison et 148 coups de fouet en mars 2019.
(2) Zahra Ziba Kazemi, journaliste et photographe irano-canadienne, arrêtée, torturée, violée et assassinée en juillet 2003.
(3) Yasaman Ariani et sa mère, Monireh Arabshahi, condamnées à 16 ans de prison en juillet 2019.
(4) Maedeh Hojabri, arrêtée et forcée à des aveux en juillet 2018.
(5) Hadis Najafi, morte de six balles tirées par les forces de sécurité le 22 septembre 2022 à Karaj.
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8 octobre 2022 6 08 /10 /octobre /2022 05:47
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8 octobre 2022 6 08 /10 /octobre /2022 05:38

 

 

En cette rentrée, des millions de nos concitoyennes et concitoyens affrontent d’immenses difficultés : hausse des prix, salaires qui stagnent, délocalisations d’activités et plans de licenciements, précarisation de l’emploi, poursuite de la casse des services publics de santé et d’éducation. La crise énergétique a de graves conséquences par la hausse des prix pour les usagers, les collectivités et les entreprises à forte consommation d’énergie. Les difficultés pour le monde du travail, pour les étudiant.es, la jeunesse, les salarié.es, les retraité.es, en particulier pour les femmes, sont plus fortes que jamais.

 

La politique du pouvoir, faite de gros cadeaux aux profits, de petits chèques aux milieux populaires et de nouvelles régressions sociales, ne permet pas de répondre à l’exigence d’une vie digne pour chacune et chacun ni aux défis économiques, sociaux, énergétiques et climatiques. Réforme de l'assurance chômage, réforme des retraites, budgets d'austérité pour la sécurité sociale et l’État, restrictions énergétiques... c'est un programme de classe, un programme de combat qui enfonce le pays dans la crise qu’annonce Emmanuel Macron en cette rentrée pour satisfaire aux diktats austéritaires du capital et de l’Union européenne.

 

Dans ce contexte, le PCF se félicite du succès de la première grande journée d’action interprofessionnelle le 29 septembre dernier et appelle à poursuivre la lutte avec les organisations syndicales pour l’augmentation des salaires et à créer les conditions d’une large mobilisation pour les retraites.

 

Un million de grévistes et 250 000 manifestant.e.s se sont mobilisé.e.s à travers tout le pays. Cette mobilisation unitaire des salarié.e.s, de leurs organisations syndicales, sur leurs lieux de travail, par la grève et toute forme d’actions, est un élément central du combat pour les salaires, l’emploi, la défense des retraites contre la domination capitaliste. Dans toutes les mobilisations à venir, le travail en commun et le respect des organisations syndicales est un gage d’élargissement et de succès. C’est essentiel pour construire une mobilisation victorieuse contre la réforme des retraites du pouvoir et pour une réforme des retraites digne du 21e siècle.

 

C’est pourquoi le PCF se félicite de la déclaration de l’intersyndicale du 3 octobre qui réaffirme que toutes les organisations représentées sont d’une part fermement opposées à tout recul de l’âge légal de départ en retraite et à une augmentation de la durée de cotisation et travaillent d’autre part à à porter des revendications communes. C’est dans le même état d’esprit qu’avec Fabien Roussel, le PCF a proposé à toutes les forces de gauche de travailler à un contre-projet unitaire de réforme des retraites et mettra en débat ses propres propositions pour une réforme de progrès social, cohérente et ambitieuse. En outre, puisque le pouvoir n’a clairement pas de majorité sur son projet, les députés communistes travaillent au dépôt d’une motion référendaire pour que le peuple s’exprime.

 

Afin de créer les conditions d’un grand mouvement social porté par le monde du travail, le PCF appelle toutes les forces de gauche à respecter et soutenir le calendrier de l’intersyndicale et se joindre à toute date de mobilisation nationale décidée par elle. 

 

Dans cette perspective, les communistes décident d’un mois d’actions politiques partout en France pour les salaires, l’emploi et les retraites. Nous prendrons des initiatives publiques pour mettre en débat nos propositions sur ces enjeux. Nous participerons aux différentes mobilisations d’ores et déjà annoncées par des forces politiques, syndicats ou associations. En ce sens, les communistes participeront à la marche du 16 octobre contre la vie chère et l'inaction climatique. Nous appelons également à participer à la semaine d’action du 17 octobre organisée par la CGT, notamment aux mobilisations du 18 octobre des cheminots et des enseignants de l’enseignement professionnel.

 

Toutes et tous ensemble, travaillons à la réussite des mobilisations pour mettre en échec les projets du pouvoir, obtenir des avancées sociales et construire l’alternative politique !

 

Paris, le 6 octobre 2022.

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7 octobre 2022 5 07 /10 /octobre /2022 05:36
Fabien Roussel engage un tour de France à la rencontre du monde du travail (L'Humanité, 4 octobre 2022)

Dans le cadre de son tour de France, Fabien Roussel sera dans le Finistère et la région de Morlaix les 5 et 6 décembre 2022. Une réunion publique-forum avec Fabien Roussel est prévue au Roudour de Saint-Martin-des-Champs, commune voisine de Morlaix, le lundi 5 décembre.

Fabien Roussel engage un tour de France à la rencontre du monde du travail

PCF Le député du Nord Fabien Roussel entame une tournée qui fera escale dans 14 départements pour un dialogue « sans filtre et sans tabou » avec les Français. Première étape dans le Pas de Calais, lundi, autour des enjeux industriels et énergétiques. Reportage.

Publié le Mardi 4 Octobre 2022 - L'Humanité

Arques, Avion et Sallaumines (Pas de Calais), envoyé spécial.

« Je me fais poser une prothèse à la hanche dans 10 jours. J’ai 59 ans et je suis physiquement et mentalement usé. Impossible pour moi de tenir jusqu’à 65 ans pour avoir une retraite ». Jean-Luc est ouvrier chez Faurecia. Après 37 années à enchaîner les horaires décalés, sa rémunération ne décolle pas du Smic. Un salaire qui ne lui permet plus de faire face à l’inflation, d’autant que son entreprise, un sous-traitant dans l’automobile, a placé ses employés au chômage technique plusieurs jours par mois, entraînant une baisse de revenu 100 euros. Ce, « alors que le groupe a versé 90 millions de dividendes aux actionnaires », soupire ce syndicaliste CGT, en interpellant Fabien Roussel, lors d’une réunion publique à Sallaumines, lundi. Depuis le Pas-de-Calais, le secrétaire national du PCF a tenu la première des 14 étapes de son « Tour de France du monde du travail ». « Cette tournée des régions va nous permettre de nous confronter à la réalité de nos concitoyens, assure le député du Nord. Je ne suis pas là pour faire un meeting, mais pour dialoguer sans tabou ni filtre, car je me nourris de ces échanges. »

Christophe était le premier, salle Maurice Thorez, à interpeller l’ex-candidat du PCF à l’Élysée. « Nous sommes des citrons pressés et jetés à la poubelle », tance, les larmes aux yeux, l’ancien secrétaire de la CGT de l’usine Bridgestone à Béthune, qui a fermé ses portes il y a 17 mois. « Les dégâts sont irréparables, le seul responsable c’est le capital », ajoute le référent du cabinet de reclassement, alors que seulement 30 employés ont pu être recasés. « Notre crainte est que la crise énergétique entraîne de nouvelles vagues de délocalisation », pointe Fabien Roussel. Un sujet de taille dans les Hauts-de-France.

«  Les gens doivent vivre dignement avec un salaire, nous refusons l’affrontement entre les chômeurs et ceux qui travaillent, favorisé par la politique des chèques. » Fabien Roussel.

Dans la matinée, le communiste avait rencontré les syndicats et dirigeants de l’usine Arc Internationale. 4 800 emplois sont en jeu, alors que la facture énergétique a explosé de 341 %, dépassant pour la première fois la masse salariale de l’entreprise des arts de la table. Pour faire face, le député réclame à plan d’envergure de soutien à l’industrie : « L’Allemagne, qui n’est pourtant pas un pays socialiste, l’a fait en débloquant 200 milliards d’euros. » Et, à l’issue de la rencontre, il raconte comment il a été interpellé par un ouvrier qualifié, qui malgré 34 ans d’ancienneté, ne touche que 1 448 euros mensuels, l’obligeant à s’en remettre à la prime d’activité et au chèque énergie pour boucler les fins de mois. « Les travailleurs pauvres, cela ne devrait pas exister. Que les ouvriers fassent fortune !, lance le dirigeant du PCF. Les gens doivent vivre dignement avec un salaire, nous refusons l’affrontement entre les chômeurs et ceux qui travaillent, favorisé par la politique des chèques. »

Une référence au débat que le député a suscité lors de la Fête de l’Humanité, en affirmant vouloir incarner « une gauche qui défend le travail et non pas celle des allocations et des minima sociaux ». Parmi les 250 participants venus aborder les questions du quotidien, lundi soir, cette position trouve de l’écho. Comme chez Frédéric, ouvrier chez Arkema, pour qui « Fabien Roussel et François Ruffin s’emparent de la grande absente de l’élection présidentielle : le travail ». Un moyen selon l’employé dans l’industrie chimie « de poser les bases de la lutte des classes ». « Moi je suis fier de créer la richesse. Le problème c’est qu’elle n’est pas partagée et les oisifs ne sont pas les chômeurs, et l’enjeu est bien de valoriser le travail », poursuit Jean-Luc.

« Quelles sont les propositions du PCF pour enrayer la crise de l’énergie ? »

Raphaël, lui, s’inquiète des conséquences de la flambée des prix de l’énergie, malgré le bouclier tarifaire. « Quelles sont les propositions du PCF pour enrayer la crise de l’énergie ? », interroge ce salarié d’Enedis. « Recréer un service public, défendre le nucléaire et sortir de l’ARENH (qui contraint EDF à vendre de l’énergie nucléaire aux fournisseurs privés, N.D.L.R.) et du marché européen de l’énergie », lui répond le parlementaire. Plus tôt dans la journée, le communiste avait d’ailleurs visité l’entreprise Gazonor, qui produit de l’énergie verte, à partir du méthane relâché naturellement par les anciennes mines de Charbon. Outre le gaz et l’électricité, le site produira de quoi chauffer les équipements municipaux de la ville d’Avion, d’ici 2025. « D’entrée de jeu, c’est minimum 50 % d’économie pour la ville », souligne l’édile PCF Jean-Marc Tellier. L’entreprise prévoit de passer de 4 à 22 transformateurs électriques, dans le Nord et le Pas-de-Calais. Mais sans les autorisations gouvernementales, le projet est pour l’heure bloqué. « Il est assez invraisemblable d’importer du gaz de schiste des États-Unis alors qu’avec le gaz de mines nous pourrions fournir 200 000 foyers dans le bassin minier », insiste Fabien Roussel. Le secrétaire national du PCF poursuivra son tour de France jusqu’en avril, date à laquelle se tiendra le congrès de sa formation.

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7 octobre 2022 5 07 /10 /octobre /2022 05:32
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