Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 07:59
Attaques contre les communistes. L’escadre de l’ignominie (Olivier Gebhurer, Vendredi 30 Octobre 2020 - L'Humanité)

Attaques contre les communistes. L’escadre de l’ignominie

Vendredi 30 Octobre 2020
 

Olivier Gebuhrer Maître de conférences en mathématiques, retraité

Notre pays se remet difficilement de l’effroi et de l’indignation provoqués par l’odieux assassinat de Samuel Paty, victime du fascisme à prétexte islamique. Tout le corps enseignant est saisi d’inquiétude devant les menaces insaisissables pesant sur l’exercice de son métier, et la nation tout entière tente dans son hommage de se rassembler dans la ferveur de ses valeurs fondatrices.

C’est ce moment que choisit Monsieur le maire de Cannes (LR) pour réunir dans un même rappel le temps de la lutte contre le fascisme et « celui de la lutte contre le communisme ». C’est ce moment que des anonymes ignobles choisissent pour taguer le siège national du Parti communiste français. C’est ce moment que choisit Marion Maréchal pour, dans une tribune à FigaroVox, en appeler à la guerre sainte contre l’islam, qui, selon elle, vise l’Europe et « ses valeurs depuis treize siècles ».

Ce faisceau, cette escadre viennent de loin et n’ont rien d’une coïncidence. Les propos du maire de Cannes, objet d’une lettre ouverte, n’ont fait à ce jour l’objet d’aucune réprobation de la droite politique dite « républicaine ». Cette déclaration attente à la fois à la mémoire de Samuel Paty et à l’honneur des innombrables martyrs communistes de la barbarie nazie ! De quel temps parle donc Monsieur le maire ? De celui où l’occupant nazi pourchassait sans merci les communistes, les torturait, les fusillait et les envoyait en camp d’extermination avec l’aide active de ses supplétifs pétainistes traîtres à la patrie profanée ? De quel temps parle Monsieur le maire ? Du temps où le Parti communiste français était interdit, sa presse illégale, ses parlementaires emprisonnés en Algérie ?

En vérité, tous ces faits ont une propriété commune ; ils innocentent le fascisme. De quelque variété que l’on parle, de quelque attribut qu’il se pare, y compris religieux, le culte de la mort, celui du chef, celui d’une terreur sans fin contre toutes celles et tous ceux qui, en France, se reconnaissent dans la construction complexe d’une République démocratique, sociale, laïque où Liberté, Égalité, Fraternité ne soient pas de vains mots, et communs au fascisme qu’il est devenu vital d’identifier comme tel. Au fascisme et à lui seul.

Pendant qu’ici on disserte sur le « séparatisme », là on fustige « l’islamo-gauchisme », un seul ennemi est désigné à la vindicte, cet ennemi c’est, entre autres, le seul parti politique qui se soit dressé contre toutes les compromissions, le seul qui ait condamné Munich et la politique dite « d’apaisement », le seul qui ait organisé et combattu les armes à la main face à la barbarie nazie, le seul qui se soit dressé contre toutes les aventures coloniales, le PCF dont les fautes pâlissent devant les pages de gloire écrites avec le sang de ses militantes et militants.

Cette escadre de l’ignominie suppose la construction sans attendre d’une riposte à la hauteur de toute la gauche, de toutes les forces démocratiques. Se rassembler, débattre, agir et décider ensemble, telle est l’urgence.

Olivier Gebhurer

Ancien membre du conseil national du PCF, fils de Max Gebuhrer, déporté au camp de Djelfa en 1940, médecin du maquis FTPF d’Ardèche et veuf de Sonia Gebuhrer-Adam, née en 1944 à la prison de Fresnes, quartier des condamnés à mort.
Attaques contre les communistes. L’escadre de l’ignominie (Olivier Gebhurer, Vendredi 30 Octobre 2020 - L'Humanité)

Partager cet article

Repost0
30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 11:01
Budget de la Sécurité sociale : Pénurie, fragilité, dénuement - par Pierre Dharréville, membre de la direction du PCF, député des Bouches-du-Rhône.

Budget de la Sécurité sociale : Pénurie, fragilité, dénuement

Depuis trois ans maintenant, nous dénonçons les budgets de la Sécurité sociale qui se succèdent, nous dénonçons les choix politiques qu’ils représentent, l’affaiblissement de la sécurité sociale, la casse de l’hôpital public. Ces budgets, les uns après les autres, ont conduit le pays dans cet état de grande pénurie, de fragilité extrême, de dénuement face au surgissement du virus. Le gouvernement a été rattrapé par le réel. La situation dans les hôpitaux est catastrophique : c’est le revers de la médaille d’une politique qui renonce à prendre l’argent là où il est.

Dans les établissements, la tension est palpable. La colère aussi. Au moment où l’on constate une grande perte de sens, entendre la rengaine – « c’est un problème d’organisation » – exaspère. Le gouvernement a beau répéter qu’aucun gouvernement n’a fait autant pour la santé, ça ne va pas. Le Ségur de la santé ne rattrape pas le retard pris pendant des années, ne concerne pas tous ceux qu’il devrait embrasser et ne saurait être présenté pour solde de tout compte. Il nous fait seulement passer de la vingt-deuxième à la dix-huitième place européenne pour la rémunération des infirmières. Mais le personnel continue à s’en aller, refusant de persister à vivre ce jour sans fin.

Dès le mois de mars, il aurait fallu engager un grand plan de recrutement et de formation pour ajouter du personnel dans les hôpitaux et l’accompagner d’un plan d’investissement en matériel, en lits de réanimation et en lits en général. Il y avait, dans l’urgence, des actes forts à poser pour anticiper et commencer à changer de trajectoire. 3 400 lits ont été fermés en 2019 et 4 200 en 2018, 100 000 en vingt ans, mais le gouvernement annonce 4 000 créations en 2021.

Le gouvernement a dû faire des entorses à sa doctrine, financer assez massivement les dépenses Covid-19, et ajouter quelques touches avec des amendements mais le compte n’y est toujours pas.

Parmi les mesures positives, il y a l’allongement du congé de paternité ou de parentalité et la diminution du rôle de la T2A. Mais le problème, c’est que le gouvernement continue à ne pas tirer les leçons de l’épreuve et à se contenter d’affichage. Les dépenses exceptionnelles pour lutter contre le Covid-19 sont inscrites dans le budget, ainsi que les mesures du Ségur de la santé, même si elles sont insuffisantes et inégalitaires. Mais on continue à compresser le reste du financement, avec 4 milliards d’efforts demandés, dont 800 millions à l’hôpital. Quant à l’effacement d’un tiers de la dette des hôpitaux, le gouvernement le conditionne à « des engagements d’assainissement de la situation financière ». Les CREF (1) et autres COPERMO (2) continuent de courir ; c’est proprement insensé. Si l’on regarde plus loin, c’est assez logique puisqu’il souhaite maintenir le cap de l’assèchement des ressources de la Sécurité sociale, chargée de surcroît depuis quelques mois d’une dette covid indue, et de l’affaiblissement du principe même de la cotisation. Il essaie de régler le problème de l’hôpital à côté de l’hôpital, au lieu d’annoncer une nouvelle ère, avec l’ouverture de nouveaux services, de lits, de postes et une meilleure articulation avec la ville et l’ensemble du système de santé.

Dans ce budget, on trouve aussi la création, prétendument historique, d’une cinquième branche dédiée à l’autonomie. Comme pour la réforme des retraites – que la lucidité devrait conduire à abandonner au lieu de s’entêter –, on nous dit que c’est la grande réforme sociale du quinquennat. Mais là encore, on n’est pas au rendez-vous. Les objectifs assignés à la CNSA (3) ne nous rassurent pas. Le gouvernement refuse de créer une nouvelle ressource alors même que le rapport Libault évalue à 6,5 milliards les besoins de financement en 2024. Il a rejeté nos propositions en la matière. Ce défi appelle une ambition politique forte, garantissant à chacun un droit universel à l’autonomie, ce qui nécessite un niveau élevé de couverture sociale et l’existence d’un grand service public décentralisé de l’autonomie. C’est le sens de notre proposition d’établir un droit universel à l’autonomie qui garantisse à chacun et dans les mêmes conditions l’accès aux prestations d’autonomie, le libre choix des personnes sur le maintien à domicile et la réduction du reste à charge en établissement pour les assurés. Là où nous proposons de répondre à une nécessité sociale, le gouvernement s’en tient à une logique d’affichage et à des mesures comptables.

C’est donc un budget en trompe l’œil qui masque mal que la Sécurité sociale est peu à peu transformée en instrument de secours public et utilisée comme une variable d’ajustement des politiques économiques. Au moment où l’on fête ses 75 ans, comment ne pas s’interroger sur ces orientations qui dessinent une société moins protectrice et moins solidaire, où les patients, pourtant ayants droit, sont toujours plus regardés comme des clients potentiels pour le marché ?

Pierre Dharréville, membre du CEN, député des Bouches-du-Rhône.

__________________________

1. Contrats de retour à l’équilibre financier.

Partager cet article

Repost0
30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 09:00
Laurent Brun à Quimper en meeting pour les Européennes avec Marie-Pierre Vieu et Glenn Le Saoût - printemps 2019

Laurent Brun à Quimper en meeting pour les Européennes avec Marie-Pierre Vieu et Glenn Le Saoût - printemps 2019

CONFINEMENT ?
- par Laurent Brun
 
Le problème de notre pays c'est que le Gouvernement Macron est engoncé dans une idéologie ultra libérale fanatique qui le conduit à ne pas anticiper, ne pas intervenir sur les outils économiques et se contenter de faire du marketing politique. Ce n’est pas de l’incompétence. C’est du dogmatisme.
 
Le confinement est une mesure très archaïque. Comme on ne sait pas quoi faire d’autre, on fige le pays en espérant que ça fige le virus. C’est une mesure du moyen âge, qui peut se comprendre lorsqu’on est « surpris» en mars, que l’on ne dispose pas des plus élémentaires moyens matériels, et que l’hôpital est incapable de faire face à une épidémie massive.
 
Mais 8 mois plus tard, pourquoi est-on en situation de n’avoir pas plus de choix ?
 
Le confinement est un désastre économique et social. Sa mise en œuvre une seconde fois me met personnellement très en colère. Et ce n’est pas la colère hypocrite du MEDEF dont les membres les plus éminents, en bons capitalistes sans morale, ont profité de la pandémie pour s’enrichir ou pour restructurer et délocaliser les industries. C’est la colère des milliers de pauvres qui vont se noyer dans des difficultés financières supplémentaires parce que perdre quelques euros de revenu est un drame pour eux. La colère des milliers de chômeurs supplémentaires et de tous ces jeunes qui débarquent sur le « marché » de l’emploi dans ce contexte. La colère des filières culturelles ou sportives qui meurent. La colère des salariés des « commerces non essentiels » qui sont abandonnés. La colère de la sécu exsangue parce que ses caisses sont prises pour un distributeur automatique par le Gouvernement alors que les profits ne sont même pas égratignés. La colère pour les infirmières et les médecins qui servent de paillasson à leur Ministère, comme les profs d’ailleurs. La colère des premiers de corvée à qui on promet une 2ème vague plus meurtrière que la 1ère. La colère pour nous tous.
 
Nous devons nous confiner. Mais nous devons aussi demander des comptes à ce Gouvernement inconséquent...
 
Je ne m’étends pas sur la situation, nous la connaissons tous. Même Macron, tout de mépris vêtu, est obligé de reconnaître les erreurs. Mais il s’en exonère immédiatement sous le prétexte qu’on ne pouvait pas faire autrement. Responsable mais pas coupable. On l’a déjà entendu et c’est la question principale : pouvait on faire autrement ?
 
Sans aucun doute puisque d’autre pays y sont parvenus.
 
En octobre, la Chine - pays d’1,3 milliards d’habitants - prenait de nouvelles mesures ciblées et massives des qu’elle détectait quelques dizaines de cas... pas de seconde vague à l’horizon.
 
Le Vietnam ne compte que quelques cas détectés, tous importés, ces dernières semaines.
 
Pendant que l’Amérique du Sud plonge comme l’Europe, Cuba n’a connu que 87 décès et la pandémie semble sous contrôle. Il faut rajouter que l'île révolutionnaire a envoyé près de 50 000 médecins dans divers pays du monde pour aider à soigner (dont 15 en Martinique).
 
Objectivement, il n’y a pas que les pays socialistes qui s’en sortent bien : la Nouvelle Zélande (pays qui a renationalisé son chemin de fer il y a quelques mois - spéciale dédicace) s’inquiétait le 15 octobre d’une possible recrudescence après avoir détecté 1 cas !!! Des mesures énergiques étaient immédiatement prises...
A chaque fois il semble y avoir une caractéristique commune : on détecte vite car on test systématiquement et massivement, et on agit pour circonscrire le foyer infectieux.
 
Donc que devrait-on faire en France ?
 
Nous sommes « en guerre » selon le Président Macron. Et pourtant il se contente d’attendre le virus derrière la ligne Maginot des mesures barrière. La encore, je précise qu’il faut effectivement appliquer ces mesures. Mais elles ne sont que symboliques et manifestement peu efficaces. C’est ce qu’on applique quand il n’y a plus rien d’autre. C’est comme si toute la sécurité des circulations ferroviaires reposaient seulement sur le port du gilet orange. Heureusement que nous avons les mesures techniques lourdes et les procédures de sécurité, sinon il y aurait des morts tous les jours ! Le gilet ne sert modestement que lorsque toutes les autres mesures ont été débordées... donc en fait, il vaut mieux éviter d’avoir à s’en remettre à lui, même s’il faut le porter !
 
Donc, c’est parti pour le confinement. Déjà on s’interroge : pourquoi l’État se contente d’interdire et n’organise pas?
Il faut réquisitionner les centres de colo ou de vacances (qui de toutes façons ne servent pas) pour loger correctement les SDF, les orphelins, et tous ceux qui sont en détresse.
A ce titre, le Comite Central d’Entreprise SNCF avait mis à disposition des pouvoirs publics ses propriétés lors du précédent confinement mais très peu ont été utilisées... Ensuite il faut stopper les procédures d’expulsion locative (je sais, la trêve commence le 1er novembre, mais elles reprennent le 31 mars et rien ne sera réglé à ce moment là d’après le conseil scientifique, donc autant anticiper et trouver des solutions alternatives).
Il faut également assurer le ravitaillement des personnes isolées, ou celles qui ne peuvent pas sortir (handicapées), ou celles qui ne devraient pas sortir car jugées fragiles face au virus. Certaines mairies ont mis en place des choses mais c’est insuffisant et inégal d’une ville à l’autre. Pourquoi ne pas mobiliser les personnels municipaux pour les livraisons et réquisitionner les plateformes de la grande distribution pour l’approvisionnement... la « guerre », c’est le moment où on organise la survie, pas celui où on fait des expériences de décentralisation libérale !
Concernant l’application numérique pour tracer les cas contacts. Il y a clairement un manque de confiance des citoyens vis à vis de ce dispositif. La crainte principale semble être le flicage ou l’utilisation mercantile des données collectées par l’entreprise privée fabricante. Plutôt que de faire la morale, le Gouvernement devrait chercher à faire la transparence : confier la création et la gestion de cet outil à un organisme public au dessus de tout soupçon (l’INSEE ou une autre structure disposant d’un peu d’indépendance pourrait s’en occuper), et créer un organisme de contrôle de l’utilisation avec des représentants de toutes les tendances politiques, d’associations, et même de citoyens tirés au sort. Bref, tout faire pour que ce dispositif ne soit plus un objet de controverse mais redevienne un outil technique neutre au service de l’intérêt général. Au passage, l’indépendance des fonctionnaires grâce à leur statut, ça sert à ça...
Si on veut limiter le confinement dans le temps, faire baisser rapidement le taux de contamination et surtout éviter une remontée lors du confinement, il faut tester, tester, tester !!! Mais pas selon le système actuel (on ne test que les cas symptomatiques donc c'est déjà trop tard, et on attend les résultats trop longtemps donc ça ne sert à rien). Il faut passer au test systématique afin de débusquer tous les cas non symptomatiques, les confiner rapidement et ainsi briser la chaîne de contamination. Donc déjà il faut des tests rapides et simples d’utilisation (les test anti géniques donnent un résultat en 30 minutes et ne nécessite pas de geste médical). La chine en dispose depuis mars après avoir organisé la coopération de 22 de ses universités afin de les développer... en France ils débarquent à peine parce qu’on laisse les entreprises privées et le marché les développer... Grâce à eux il est possible de créer de véritable check-point partout, par exemple à l’entrée des EHPAD (ce qui permettrait d’autoriser les visites), évidemment à tous les points d’entrée du pays, et dans n’importe quelles structures repérées comme génératrice de foyers d’infection. L’armée pourrait être mobilisée pour créer des points de test dans les quartiers, dans les gares, dans les centres commerciaux. Les employeurs pourraient également être mis à contribution : ils ne veulent pas du confinement, et bien qu’ils organisent les tests systématiques à la prise de service.
En France 287 grandes entreprises emploient 4 millions de salariés, ce serait déjà ça de moins à organiser pour les pouvoirs publics. Si on élargit aux entreprises de taille intermédiaire c’est 7,5 millions de salariés de plus. Enfin l’école et l’université pourraient aussi être des lieux de tests massifs. Et une fois la détection largement déployée, il faudrait confiner immédiatement les cas positifs, en prévoyant des dispositions pour les exonérer du travail et les indemniser (afin qu’ils ne soient pas récalcitrants à se faire tester), et aussi pour les isoler de leur famille s’ils le souhaitent (dans le cas contraire, c’est toute la famille qui serait confinée). Si ce genre de dispositif était déployé réellement, le confinement systématique ne serait plus nécessaire. Et on disposerait aussi de statistiques fiables sur l’évolution de l’épidémie.
Pour terminer, il faut se préoccuper sérieusement de la dernière ligne de défense, l’hôpital public, qui est dans un état grave. Macron fanfaronne en expliquant qu’on ne peut rien faire puisqu’il faut 5 à 10 ans pour former le personnel. Il faudrait déjà néanmoins afficher l’arrêt des fermetures de lits et une programmation pluriannuelle de formation et d’embauche de personnel médical. Ça ne résoudrait pas nos problèmes d’aujourd’hui mais ça éviterait d’en créer dans 10 ans, comme l’ont fait Sarkozy et Hollande. 10 ans c est demain.
Ensuite il faut remotiver sérieusement les effectifs existants, stopper l’hémorragie. Au delà du plan d’embauche il faut de la reconnaissance : les personnels revendiquent 300€ d’augmentation mensuelle, accordons leur immédiatement, sans mégoter ! La CGT a chiffré la mesure à 8,7 milliards. Certains en seront horrifiés mais c’est 1/10e du CICE qui n a crée aucun emploi, c’est la moitie du plan d’aide au secteur aérien qui licencie à tour de bras, etc... et c’est une vraie mesure de relance parce qu’en plus, ça dope la consommation et donc la reprise économique...
Coté réaction immédiate pour faire face à la vague, il faut une mobilisation générale pour soulager la médecine de ville et les urgences, pour faire les tests partout, etc... cette mobilisation pourrait par exemple s’incarner dans la réquisition des spécialités non essentielles (chirurgie plastique et plein d’autres). Ces gens ont fait médecine. Ils ne peuvent peut être pas traiter un patient en réa, mais ils peuvent sûrement aider aux étapes antérieures de la maladie. Il faut réquisitionner les personnels et infrastructures privées, et pourquoi pas solliciter l’aide des pays qui ont déjà vaincu la maladie. Les personnels de santé eux mêmes ont probablement des idées sur la manière de leur apporter des moyens. La aussi il ne faut pas ergoter !
Nos lits de réa, qui devaient passer à 15000 avec des respirateurs made in France qui ne sont finalement jamais arrivés, doivent effectivement être augmentés. 50 lits en moyenne par département c'est un scandale. Lancer une entreprise publique de fabrication de ce genre de matériel ne serait pas du luxe. Et en profiter pour rouvrir quelques hôpitaux fermés récemment pourrait aussi être utile, notamment pour ne pas reporter trop d’opérations et de traitement des autres maladies graves. Si les chinois arrivent à construire un hôpital de campagne en 15 jours, nous devrions pouvoir rafraîchir et re équiper un bâtiment assez rapidement (Hôtel-Dieu à Paris et à Lyon, Val de Grâce...). Peu importe qu’ils aient été cède pour des opérations immobilières. Si on peut mettre entre parenthèse le code du travail, pourquoi ne le pourrait on pas avec le code du commerce ? On reprend ce qui n’aurait jamais dû être vendu, dans l’intérêt supérieur de la Nation !
 
Alors bien sûr tout cela coûte beaucoup d’argent. Donc dans les mesures d’urgence, il faut aussi trouver de quoi assumer. A situation exceptionnelle (nous sommes en guerre ou pas ?), mesure exceptionnelle : les sociétés du CAC40 prévoient 30 milliards de dividendes à leurs actionnaires cette années, taxons cela à hauteur de 50, 70, ou 100%, en fonction de ce qui est nécessaire.
 
Si l’on élargit à toutes les sociétés cotées de France, on peut imaginer qu’au moins 80 à 100 milliards sont mobilisables. Et si l’on rajoute les grandes fortunes, les très hauts revenus, la rémunération des propriétaires d’entreprises non cotées, on voit qu’il n’y a pas trop de problème.
Si Chypre a pu prélever 60% de l’épargne de ses citoyens au delà de 100000€ pour faire face à une petite crise financière, nous pouvons faire pareil sur les grosses fortunes pour affronter la pire pandémie de notre siècle. Et si nous voulions être encore plus efficaces, on ne se contenterait pas de taxer, on reverserait la somme sous forme de salaire exceptionnel aux salariés, l’État en récupèrerait au moins 20% sous forme de fiscalité, les collectivités locales en profiteraient aussi, et la sécu - grâce aux cotisations sociales - en récupèrerait 30%, et ça doperait un peu la consommation pour relancer les spectacles, les librairies, les restau, etc...
Le dernier point c’est la mise en œuvre.
2 étapes : dès maintenant, trouver des formes de lutte sociales pour exiger des mesures concrètes de son entreprise, d’ une autorité de santé, d’un préfet... la CGT peut y contribuer alors syndiquez vous, organisez vous, battons nous !
Et en 2022 on vire ces incompétents et on se mobilise massivement pour porter au pouvoir des gens qui mettront réellement des solutions en place !
Voilà, j’écris tout parce que ça fait du bien de formaliser ses idées pour les soumettre au débat. Je n’en peut plus des commentaires permanents sur les chaînes d’info et de la répétition stupide des éléments de langage du gouvernement dans la plupart des médias. Oui on peut faire autrement que l’enchaînement d’imbécilités qu’ils nous imposent !!
 
Laurent Brun

Partager cet article

Repost0
30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 08:21
Tribune.
Le moment est grave, il ne quittera pas nos mémoires. Samuel Paty, professeur d’histoire et de géographie, a été assassiné par un terroriste islamiste. A Nice, un autre crime ignoble a été commis. Ces actes monstrueux ont pour but de semer la haine et la terreur.
Pourtant, cette fois, les appels à l’unité n’ont pas suffi à limiter les tensions au sein de la société française. En démocratie, le débat est souhaitable après de tels évènements. Mais depuis la tragédie du 16 octobre, certains, parfois même au sein du gouvernement, se sont engagés sur la voie des anathèmes et des accusations délirantes. Ils prennent la lourde responsabilité d’affaiblir le pays face aux terroristes en dressant les Français les uns contre les autres. Les assassins et ceux qui les ont encouragés auraient-ils déjà gagné ?
Il est urgent de nous mobiliser ensemble autour des principes laïques et républicains. Si nous échouons, l’islamisme radical aura remporté, avec l’extrême droite, une victoire décisive en faisant de la question religieuse, et plus précisément de l’islam, le pivot de la politique française, au détriment des urgences sociales, écologiques et démocratiques. Pire, il aura installé des germes durables de guerre civile.
Pour avancer, il importe d’abord de reconnaître les manquements du passé. Combien d’atteintes à la laïcité et à la liberté d’expression et d’enseignement restées sans réponse ? Combien d’appels au secours ignorés, qu’ils viennent d’enseignants et d’autres agents des services publics devant la dégradation de leurs conditions de travail, ou d’habitants des quartiers populaires devant l’absence de l’Etat, notamment sur le terrain de la sécurité ? Combien de discriminations à l’égard de musulmans ou de ceux qui sont supposés l’être, laissées impunies ?
Une insuffisance de moyens
Manifestement, le gouvernement considère que l’on pourrait lutter efficacement contre l’islamisme radical sans combattre en même temps, à la racine, le racisme, les discriminations et les déchirures sociales et urbaines des territoires abandonnés. Il feint également d’ignorer qu’existent au sein de l’islam, en France et ailleurs, des forces prêtes à combattre les influences mortifères. Cette absence de vision globale donne toujours une victoire symbolique aux islamistes radicaux. Elle a depuis longtemps favorisé leur implantation.
Oui, les manifestations agressives d’une idéologie totalitaire allant jusqu’au terrorisme doivent être combattues sans trêve ni repos dans le cadre de l’Etat de droit. Pour cela, de nombreux leviers juridiques existent déjà. Il faut résister à la tentation de réagir à chaque attentat par une loi supplémentaire ou des gesticulations spectaculaires. Les carences relèvent surtout d’une insuffisance de moyens de renseignement et de coordination, notamment dans le suivi des réseaux sociaux.
Le combat contre l’islamisme radical, les pressions qu’il exerce à l’école et ailleurs pour restreindre les libertés, notamment celles des femmes ou des personnes LGBTI +, appelle des actions construites, déterminées et proportionnées. Ces politiques doivent être conduites dans la durée et mises en œuvre sans faiblir dans un cadre légal défini et protecteur des libertés. Pour être efficace, il nous faut combattre l’intégrisme islamiste en priorité sur le terrain éducatif, social et politique. Là où les fondamentalismes tentent de faire primer le dogme religieux sur les lois de la République, la fermeté de l’action publique est indispensable.
L’école doit être aux avant-postes de ce combat. Mais elle ne peut pas être laissée seule. Celles et ceux qui y enseignent doivent être reconnus, soutenus et protégés au quotidien, et pas seulement passagèrement au lendemain des drames, particulièrement par un accompagnement humain en cas de difficultés, des outils et une formation pédagogiques renforcés pour permettre à tous les acteurs de l’école de savoir réagir.
Assauts répétés des obscurantismes
La laïcité définie par la loi de 1905 n’est pas une option : elle est et doit rester la loi de la République. Elle a traversé le XXe siècle, faisons-la vivre en garantissant effectivement la liberté de croire, notamment pour les musulmans, ou de ne pas croire. Plus qu’à la multiplication de lois nouvelles, veillons à l’application effective de celles qui existent déjà.
La République, promesse inachevée, doit repenser sa présence dans tous les territoires pour faire exister l’égalité réelle par des politiques publiques offensives, avec des moyens humains et financiers substantiels, notamment dans le cadre de la mise en œuvre d’une transition écologique juste. Elle doit, conformément à sa devise, garantir l’absence de toute discrimination et chercher à réduire toutes les inégalités dans un esprit de fraternité.
Pour nous, il n’y a pas de fatalité à ce que la France tombe dans le piège tendu par les terroristes. Nous ne cesserons jamais de vouloir tisser des liens entre tous les humains, malgré les assauts répétés des obscurantismes. Nous continuerons de lutter partout et toujours contre toutes les formes de racisme, d’antisémitisme et d’intolérance.
Nous avons parfaitement conscience qu’il existe des désaccords entre nous sur ces sujets et que beaucoup reste à faire pour consolider ces réponses : ce texte se veut d’abord un appel à la gauche, aux écologistes et, au-delà, à tous les républicains, à engager ensemble ce travail à un moment où l’essentiel est en danger.
 
Parmi les premiers signataires : Arié Alimi, avocat ; Clémentine Autain, députée ; Manuel Bompard, député européen ; Laurence De Cock, historienne ; Cécile Duflot, ancienne ministre ; Guillaume Duval, ancien journaliste ; Aurore Lalucq, députée européenne ; Pierre Laurent, sénateur ; Philippe Martinez, syndicaliste ; Jean-Pierre Mignard, avocat ; Béligh Nabli, universitaire ; Matthieu Orphelin, député ; Christian Paul, ancien ministre ; Eric Piolle, maire ; Thomas Piketty, économiste ; Sandra Regol, militante écologiste ; Aïssata Seck, élue ; Sophie Taillé-Polian, sénatrice ; Benoit Teste, syndicaliste ; Aurélie Trouvé, responsable d’ONG.
La liste complète des signataires est accessible : https://www.reponsecommune.fr

Partager cet article

Repost0
30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 08:18
Anaïs Fley

Anaïs Fley

Anaïs Fley, 28 octobre:
Qu'il est long, le chemin pour atteindre le bout de cette période bien trouble. Il y a de quoi poser le genou à terre.
Neuf mois plus tard, le Président de la République annonce un nouveau confinement. Dans son discours, il assume que son impréparation nous mène, une seconde fois, à un scénario où l'on doit choisir, entre deux lits d'hôpital, qui vit et qui meurt. Quel cynisme effroyable, morbide. Une nouvelle fois, les français·e·s vont serrer les dents et la ceinture, et traverser ce désert avec l'esprit de responsabilité et de solidarité qui a été le leur depuis mars dernier. Une nouvelle fois, le personnel de santé, dont les revendications pour un meilleur salaire et de nouveaux effectifs ne sont toujours pas entendues, seront en première ligne, avec les enseignant·e·s, les assistant·e·s sociaux et le personnel d'entretien. Il est temps que notre pays reconnaisse le travail et la grande valeur de celles et ceux qui le maintiennent debout dans les heures les plus sombres.
Quelques jours seulement après l'assassinat effroyable de Samuel Paty, un nouvel attentat, semble-t-il terroriste, a lieu ce matin à l'église Notre-Dame de Nice. Une nouvelle décapitation. Comme nous l'avons toujours fait, nous allons devoir garder la tête froide, exiger que justice soit rendue contre ces meurtriers, et rappeler que ni les étranger·e·s ni l'écrasante majorité des musulman·ne·s de ce pays ne sont responsables de ces actes ignobles. Nous savons que la France soutient financièrement des puissances telles que l'Arabie Saoudite dans leurs stratégies d'influence. Nous savons d'où proviennent nombre de leurs armes. Cela doit cesser. Les hyènes réactionnaires et l'extrême-droite ne peuvent continuer de récupérer de telles atrocités pour en faire un réquisitoire contre nos concitoyen·ne·s innocent·e·s.
La liste serait longue, si l'on revenait sur chaque coup de massue reçu ces dernières semaines. Il est difficile de rester lucide, face à ces événements qui bouleversent violemment nos émotions, dans le contexte déjà épuisant de la Covid. En tant qu'étudiante de 22 ans, je mesure quotidiennement les efforts immenses concédés par ma génération et les plus jeunes, qui continuent de se construire dans ces circonstances. A l'université, le passage de l'intégralité des enseignements en distanciel remet en question les principes les plus fondamentaux de nos cours : l'échange, le débat, les rencontres, les révisions collectives, les encouragements mutuels... La fracture numérique, le manque d'espace et de calme pour travailler, l'isolement, sont des problèmes graves dont il a été question durant le dernier confinement. Le gouvernement ne peut pas continuer, comme il prévoit de le faire, d'ignorer la réalité de notre travail. Comme la dernière fois, rien n'est prévu à l'échelle du pays pour lutter contre les lacunes et les dépressions. Il revient à chaque enseignant·e, par ailleurs déjà bien occupé·e à gérer son propre travail et ses propres recherches, de limiter les dégâts pédagogiques et psychologiques. Pour les en remercier, le gouvernement faisait passer cette nuit des articles de la LPR qui attaquent gravement le travail des enseignant·e·s et la démocratie à l'université...
Dans ce clair-obscur, la flamme de la transformation sociale peut vaciller, ou éclairer à nouveau la voie vers des lendemains meilleurs. Partout où nous sommes, continuons d'en montrer les étincelles, de faire vivre les valeurs humaines et solidaires, d'encourager nos ami·e·s, collègues, camarades de rejoindre la bataille pour changer le monde. Ce week-end, lors de la Conférence nationale de l'UEC, j'ai eu la joie et l'honneur de rencontrer une centaine d'étudiant·e·s qui portent au cœur la même soif d'éclairer l'avenir, ensemble. Face aux conditions nouvelles d'enseignement qui s'annoncent, les idées fusent : révisions solidaires en ligne, chaînes de solidarité dans le travail quotidien, échanges de travaux, apéros de promo confinés... Sans oublier la mobilisation pour un revenu étudiant, qui prendra de nouvelles formes pour convaincre toujours plus d'étudiant·e·s de se joindre à la bataille, d'apporter leurs témoignages et de partager la pétition autour d'elles et eux.
C'est dans ces moments que nous nous rendons compte que rien n'est plus précieux que les organisations communistes, pour nous rassembler dans l'action politique. J'ai confiance en la capacité de ces nouvelles générations de militant·e·s de faire briller plus vivement que jamais, avec celles et ceux qui les ont précédé·e·s, le chemin du communisme.

Partager cet article

Repost0
30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 08:08
Le Monde, 27 octobre
 
Collectif
Dans une tribune au « Monde », trois intellectuels démocrates et laïques syriens et libanais analysent la crise de l’islam, soulignant les deux faces de la question : d’un côté, le nihilisme djihadiste ; et de l’autre, la haine des musulmans sans distinction.
 
 
Tribune.
L’assassinat de Samuel Paty est venu s’ajouter à une série de crimes terroristes commis par de jeunes musulmans français ou résidant en France. Par son horreur et sa sinistre symbolique, ce meurtre a exacerbé les passions et rendu presque impossible de débattre sereinement de tout ce qui a trait à l’islam et aux musulmans.
C’est ce qui nous incite, comme intellectuels démocrates et laïques et comme héritiers d’une culture plurielle marquée par l’islam, à affirmer que le débat est plus que jamais nécessaire pour échapper au piège que nous tendent les Anzorov.
Ce qu’ils cherchent, ainsi que leurs instigateurs et tous ceux qui justifient leur folie meurtrière, c’est justement à élargir davantage le fossé entre les musulmans et le reste de l’humanité. Et il ne manque pas en Occident de gens qui se plaisent à jouer le même jeu et aimeraient vivre dans des citadelles fortifiées, indifférents à tout ce qui se passe alentour.
La haine du monde, des valeurs de justice, de liberté et d’égalité ne cesse de se répandre dans des milieux musulmans, mais ailleurs aussi, en Europe et aux Etats-Unis, comme en Russie, en Inde, en Chine ou au Brésil. Cela au moment où seule l’éclosion d’une société mondiale solidaire serait à même d’apporter des solutions aux grands problèmes de notre époque, qu’il s’agisse de l’environnement, du réchauffement climatique, des épidémies, des famines ou des migrations.
Aux origines du djihadisme
Le monde d’aujourd’hui, dans sa diversité et son unité, est en crise. Rien ne relie plus ses composantes les unes aux autres. Les musulmans et leur religion en font partie, qu’ils le veuillent ou non. Et Emmanuel Macron n’avait pas tort de dire que l’islam est en crise. Beaucoup d’intellectuels du monde musulman, croyants ou non, le répètent depuis des décennies, et avec des mots plus durs que les siens.
Il n’a rien dit, en revanche, de l’autre crise qui affecte notre monde et qui aggrave celle qui est propre à l’islam. Ni évoqué le fait que la crise de l’islam, qui se manifeste en particulier par la montée en son sein du djihadisme nihiliste, s’envenime au fur et à mesure que se renforcent, en Occident et ailleurs, la xénophobie et le racisme.
La profession même de Samuel Paty, qui enseignait l’histoire, devrait faire réfléchir sur les origines de ce djihadisme. Celui-ci a fait son irruption au début des années 1980 en Afghanistan, quand les Américains se sont employés à faire de ce pays, occupé par l’Union soviétique, une sorte de « Vietnam islamique » qui vengerait le leur. En connivence avec les services pakistanais et avec l’apport en dollars et en prosélytisme wahhabite de l’Arabie saoudite, ils ont mobilisé des milliers de jeunes, les ont entraînés et lancés sur le terrain. C’était en même temps l’époque où la République islamique d’Iran, née de la révolution de 1979, commençait à exporter son idéologie vers les pays voisins, ciblant les minorités chiites, qui se sentaient brimées. En guerre ouverte ou larvée avec ses adversaires, elle a ainsi promu, parallèlement au néosalafisme sunnite, un islamisme chiite aussi radical.
En 2003, l’invasion américaine de l’Irak sous des prétextes fallacieux a offert au djihadisme ambulant un terrain fertile, ce pays étant déjà ravagé, dans ses infrastructures comme dans son tissu social, par le despotisme de Saddam Hussein et ses interminables guerres. A quoi s’est ajoutée, depuis 2011, la destruction de la société syrienne par le régime de Bachar Al-Assad et ses protecteurs iranien et russe. Et c’est sur les décombres de ces deux pays, l’Irak et la Syrie, que Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] a fondé son internationale du crime.
Le nihilisme djihadiste prospère quand se ferment les systèmes politiques dans les pays à majorité musulmane, quand leur destin leur échappe. Si la religion, selon le jeune Marx, est l’âme d’un monde sans âme, elle est, en « terre d’islam », la politique d’un monde sans politique. La privation de politique va de pair avec le nihilisme. En revanche, la participation des citoyens au gouvernement de la cité les immunise contre lui.
Le « terrorisme islamiste », mal absolu
Depuis les années 1990, puis à la suite des attaques du 11 septembre 2001, les puissances occidentales ont désigné le « terrorisme islamiste » comme le mal absolu. Ce qui ne l’a pas endigué, mais les a amenées à aborder les problèmes du monde musulman sous l’angle sécuritaire et à pactiser avec des régimes infâmes.
Deux décennies plus tard, le monde est devenu moins sûr, les haines se sont enracinées, et les grands criminels continuent de jouir d’une confortable impunité. Nul tribunal n’a rendu justice aux victimes musulmanes du terrorisme et de l’antiterrorisme. Et seules les victimes non musulmanes suscitent de la compassion et méritent d’être vengées.
« Il n’y a plus de criminels tant qu’ils se rangent sous la bannière de la guerre contre le terrorisme, et tant qu’il n’est de terrorisme que le terrorisme islamiste »
A quoi, donc, a servi cette guerre contre le terrorisme, sinon à blanchir les terroristes qui s’y sont engagés : l’Etat de Bachar Al-Assad en Syrie, celui de Sissi en Egypte, le régime génocidaire des Rohingyas au Myanmar ? Elle a conforté le gouvernement de Modi en Inde, coupable pourtant d’une flagrante discrimination envers la population musulmane. Elle n’inquiète nullement les autorités chinoises, qui ont enfermé un million d’Ouïgours dans des camps de « dressage ». Et elle est régulièrement invoquée par Israël pour légitimer la colonisation et l’apartheid. Il n’y a plus de criminels tant qu’ils se rangent sous cette bannière, et tant qu’il n’est de terrorisme que le terrorisme islamiste.
Nous ne cesserons de le répéter : la question musulmane a deux faces. D’un côté le nihilisme djihadiste, et de l’autre la haine des musulmans sans distinction. Ne voir que l’une ou l’autre nous promet un sombre avenir. L’islamophobie, qui prolonge une histoire de conquêtes coloniales, alimente l’islamisme le plus radical. Inversement, cet islamisme-là ne fait qu’attiser la haine des musulmans. Il ne prospère que dans les ambiances morbides.
Il est encore temps de poser la question musulmane à la fois dans sa spécificité et dans sa relation à notre monde déboussolé. Nous ne voulons pas jouer les Cassandre, mais ce que nous voyons nous fait craindre le pire. Et le pire n’annonce jamais l’heure de son arrivée.
 
Yassin Al-Haj Saleh, écrivain syrien et ancien prisonnier politique, est l’auteur de « La Question syrienne » (Actes Sud, 2016).
Ziad Majed, politiste franco-libanais, est l’auteur (avec Subhi Hadidi et Farouk Mardam-Bey) de « Dans la tête de Bachar Al-Assad » (Actes Sud, 2018).

Partager cet article

Repost0
30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 08:01

Effondré, bouleversé après ce nouvel acte terroriste à Nice où trois personnes ont laissé la vie. Toutes mes pensées les plus chaleureuses aux familles des victimes. J'adresse aussi toute mon amitié et ma solidarité aux catholiques de notre pays, endeuillés aujourd'hui. Je pense à ceux de ma circonscription, de St Amand, à mon ami l'abbé Bocquet, à Monseigneur Dollmann. Je pense aussi à mes amis musulmans, juifs et non-croyants qui voient partout la haine grandir. Je pense aux enseignants encore endeuillé.es. La situation est grave. Le terrorisme islamiste doit être combattu fermement. Ils combattent les valeurs de notre république laïque. Ils veulent une nouvelle guerre des religions et diviser notre pays. Ne cédons pas.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF 

Attentat de Nice. Le cauchemar continue.

... Et l'on rêve d'une gomme à effacer la bêtise et la méchanceté humaine. On pense très fort aux victimes et aux témoins de ce nouveau massacre perpétré par les islamistes djihadistes sur notre territoire dans une ville déjà traumatisée par l'attaque de la promenade des Anglais. On pense aux chrétiens déjà durement touchés par l'assassinat du père Hamel dans son église de Saint-Etienne-de-Rouvray, la commune d'Hubert Wulfranc, en 2016. On pense aussi aux musulmans français qui pour l'immense majorité d'entre eux sont révoltés par ces violences barbares et souffrent qu'elles puissent être commises par des fanatiques au nom de l'Islam. Pas de mot pour dire notre tristesse, notre inquiétude et notre colère face à cette violence barbare déclenchée contre des civils pour créer une situation d'exacerbation des tensions et des haines dans notre pays. La meilleure manière de résister: combattre le projet politique totalitaire et violent des islamistes, se garder de tout amalgame et raccourcis xénophobes, incarner dans la réalité quotidienne de notre pays les valeurs républicaines qui garantissent la cohésion de notre nation. Et il y a du boulot tant les inégalités sociales, territoriales, les ghettos pour le gotha et pour les gueux, le mépris de la France d'en haut pour celle d'en bas se sont affermis depuis des années!

Ismaël Dupont, secrétaire départemental PCF Finistère

Partager cet article

Repost0
29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 08:18
De l'hôpital à l'Assemblée nationale, à quelques minutes du vote sur le PLFSS, nous portons la voix du personnel soignant. Nous voterons résolument contre ce texte qui laisse les hôpitaux sans moyens pour affronter la seconde vague. - Les députés communistes, 27 octobre 2020

De l'hôpital à l'Assemblée nationale, à quelques minutes du vote sur le PLFSS, nous portons la voix du personnel soignant. Nous voterons résolument contre ce texte qui laisse les hôpitaux sans moyens pour affronter la seconde vague. - Les députés communistes, 27 octobre 2020

Santé. Sécu post-Covid : rien n’a changé

Mercredi 28 Octobre 2020

Les députés ont adopté mardi le PLFSS – le budget de la Sécurité sociale –, qui demande toujours plus d’économies et creuse le déficit malgré quelques concessions imposées.

 

Des députés en blouse blanche au beau milieu de l’Assemblée nationale ? Ce n’est pas une énième extension de la crise sanitaire, mais bien un « coup de com » en soutien aux personnels soignants de la part des députés communistes, ce mardi. « De l’hôpital à l’Assemblée nationale, nous voulons relayer leur parole et leurs souffrances », témoigne le député du Nord, Alain Bruneel, chargé de l’explication du vote des députés du groupe.

Un vote négatif à l’encontre de ce budget qui ne prévoit « même pas un plan d’embauche pour l’hôpital, rien », se désole Alain Bruneel. « Vous pouvez compter sur nous, l’inverse reste à prouver » : en février dernier, le neurologue François Salachas se faisait le porte-voix des personels soignants lors de la visite d’Emmanuel Macron à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Neuf mois plus tard, après une première vague, puis un retour épidémique, les soignants savent : ils ne peuvent pas compter sur le gouvernement. Ni sur la majorité, qui a adopté, mardi, en première lecture, le budget de la Sécurité sociale (dit projet de loi de finances de la Sécurité sociale, PLFSS), avant son examen par le Sénat, dès le 9 novembre.

4 milliards d’euros d’économies sur le système de santé

Si ce PLFSS est le premier de l’ère Covid-19, la philosophie reste la même que depuis trois ans. « Le gouvernement était obligé de tenir compte de la situation de crise et de répondre à un certain nombre de revendications », analyse Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône. Ce PLFSS prévoit donc, en extrême urgence, une hausse de l’Ondam (Objectif national des dépenses de l’assurance-maladie, c’est-à-dire le montant des dépenses remboursées) de 2,4 milliards d’euros, ce qui paraît bien maigre au regard des dépenses occasionnées par la crise sanitaire – alors que les masques ne sont pas pris en charge. De même, il intègre les mesures prévues par le Ségur de la santé, même si elles sont « inégalitaires et insuffisantes », déplore Pierre Dharréville. Mais si le gouvernement a dû se résoudre à ces mesures « qui leur ont été imposées par le rapport de forces dans le pays », rappelle le député, il semble incapable de changer quoi que ce soit à son idéologie. Ainsi, ce PLFSS prévoit 4 milliards d’euros d’économies sur le système de santé, dont 800 millions d’euros rien que pour l’hôpital public.

Une branche dépendance sans moyens

Parmi les autres mesures importantes de ce PLFSS, la création d’un « forfait urgence » de 18 euros pour remplacer l’actuel « ticket modérateur », le doublement du congé paternité, porté à quatre semaines, et surtout la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale : la branche autonomie, censée répondre aux enjeux de dépendance.

Là encore, une coquille vide : même la droite a dénoncé un projet « sous-financé », et les propositions des députés PCF pour améliorer le reste à charge des familles ont été rejetées. Quant au déficit, qui devrait atteindre 46,6 milliards d’euros cette année, il est dû autant à la hausse des dépenses qu’à la baisse des recettes. « Le niveau d’exonérations de cotisations est massif », rappelle Pierre Dharréville. Les députés communistes ont proposé d’apporter des ressources supplémentaires, notamment sur les hauts patrimoines qui augmentent avec la crise sanitaire et sociale, mais « le gouvernement a refusé », déplore le député des Bouches-du-Rhône. Épidémie ou pas, LaREM ne dévie pas d’un iota de sa ligne idéologique. Non, décidément, les soignants ne peuvent pas compter sur eux.

Partager cet article

Repost0
29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 08:10
Rencontre littéraire à la librairie Dialogues de Morlaix avec Maryam Madjidi

Rencontre littéraire à la librairie Dialogues de Morlaix avec Maryam Madjidi

« Laissez nos librairies ouvertes » : communiqué du SNE, du SLF et du CPE

La lecture de livres est une activité essentielle à nos vies citoyennes et individuelles.

L’extraordinaire appétit de lectures chez les Français, jeunes ou adultes, s’est à nouveau confirmé ces derniers mois ; les livres assouvissent notre besoin de compréhension, de réflexion, d’évasion, de distraction, mais aussi de partage et de communication, y compris dans l’isolement.

Le premier confinement n’avait pas permis hélas de maintenir les librairies ouvertes, blessant au cœur toute la filière du livre ; les professionnels n’y étaient pas préparés. Mais depuis, les librairies de proximité, qui maillent tout notre territoire, se sont organisées et équipées. Elles peuvent être parfaitement en mesure d’accueillir les lecteurs dans la perspective d’un nouveau confinement, dans des conditions sanitaires sûres et éprouvées.

Le « click and collect » est indispensable et d’ores et déjà en place dans un très grand nombre de points de vente. Mais il ne saurait combler toutes les attentes des lecteurs, notamment dans les deux mois précédant les fêtes de fin d’année où plus d’un quart des livres sont achetés. Les livres sont, depuis plusieurs années, le cadeau le plus offert par les Français. Comment y renoncer ? 

Aussi, auteurs, illustrateurs, éditeurs et libraires lancent un appel solennel, solidaire et responsable, au gouvernement : laissez nos librairies ouvertes pour que le confinement social ne soit pas aussi un isolement culturel. Nos lecteurs, attachés à la librairie indépendante, ne le comprendraient pas et le vivraient comme une injustice.

Nous sommes prêts à assumer nos responsabilités culturelles et sanitaires.

Syndicat national de l’édition (SNE)
Syndicat de la librairie française (SLF)
Conseil permanent des écrivains (CPE)

Partager cet article

Repost0
29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 08:01
ATD Quart-Monde: Pauvreté, le mépris du gouvernement (communiqué de presse, 24 octobre 2020)

[Communiqué de presse] Pauvreté : le mépris du Gouvernement

 

Communiqué de presse – 24 octobre 2020

Le Premier ministre a annoncé des mesures en direction des plus modestes, ce samedi 24 octobre. Une semaine après la Journée mondiale du Refus de la misère, le Gouvernement montre une fois de plus son manque de volonté à s’attaquer aux racines de la pauvreté.

Le « choc de participation », que le président de la République avait annoncé en septembre 2018, n’a pas eu lieu : malgré des concertations tous azimuts, des rendez-vous avec les associations et l’implication des personnes concernées, force est de constater que le Gouvernement continue de décider seul. Résultat : des mesures pansements, déconnectées de la vie des gens, loin d’être à la hauteur de la situation.

Le retour des emplois aidés, les aides à la mobilité et la création de 30 000 accompagnements supplémentaires dans le dispositif d’aide d’insertion par l’activité économique sont une goutte d’eau face au nombre de chômeurs grandissant qui attendent un emploi durable et décent. De même, les 50 000 nouvelles places en Garantie Jeune – par ailleurs déjà prévues dans la Stratégie pauvreté – ne font pas le poids quand ce sont 700 000 jeunes qui se présentent chaque année sur le marché de l’emploi.

En s’obstinant à refuser une augmentation significative des minima sociaux – et son ouverture dès 18 ans – pour lui préférer une aide ponctuelle, le gouvernement acte son manque de considération pour les 10 millions de personnes qui vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. En 1988 lors de sa création, le RMI représentait 50 % du SMIC ; aujourd’hui le RSA (qui lui a succédé) ne représente plus que 40 % du SMIC. Le décrochage est terrible pour les plus pauvres alors que sur la même période, les charges incompressibles (loyer, factures, assurances…) ont été en moyenne multipliées par deux en proportion des revenus.

D’autant que les personnes les plus pauvres sont déjà les grandes oubliées des mesures socio-économiques de la première moitié du quinquennat : suppression de l’ISF et de la taxe d’habitation y compris pour les plus aisés, soutien aux entreprises sans contreparties, quand dans le même temps on rabote sur les aides au logement et que le plan de relance ne consacre que 0,8 % des 100 milliards débloqués pour le soutien aux plus vulnérables.

Autant de choix politiques qui font sciemment l’impasse sur la réalité de millions de personnes qui vivent dans des conditions difficiles. Des choix motivés par une logique éculée consistant à opposer les « bons pauvres », à qui l’on donnerait un coup de pouce pour les aider à retrouver le marché de l’emploi, et les « mauvais pauvres », à qui l’on distribuerait des miettes. Pourtant, aucune étude ne montre que le versement des minima sociaux décourage le retour à l’activité.

Pour Marie-Aleth Grard, présidente d’ATD Quart Monde : « Comme il fait du greenwashing sur les questions climat, le Gouvernement fait du socialwashing, se contentant de mesures d’urgence et refusant de mettre en place des politiques structurelles pour s’attaquer véritablement à la pauvreté ».

Il est temps que le gouvernement s’engage concrètement avec les citoyens les plus pauvres. Ces derniers ont des idées. A ATD Quart Monde, suite au confinement, plusieurs centaines de personnes en situation de précarité ont travaillé à des propositions sur le décrochage scolaire, le logement, l’accès à la culture, la participation citoyenne, l’accès à une nourriture saine et locale plutôt que l’institutionnalisation de l’aide alimentaire, le droit à la connexion, dont le confinement a montré l’impérieuse nécessité, etc. Ce que disent ces personnes, c’est qu’elles peuvent et veulent partager leur expérience de la grande pauvreté pour soutenir celles et ceux qui y basculent aujourd’hui et qui ne savent pas comment faire face à cette épreuve. Ne pas les écouter démontre une nouvelle fois le mépris du Gouvernement pour les plus vulnérables.

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011