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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 20:40
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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 20:10
La retraite à 60 ans pour tous, c’est possible !

 

La réalité sociale donne raison aux millions de citoyens qui se sont mobilisés contre la réforme des retraites en 2010. Comme nous l’avions dit, le report de l’âge légal de départ a mécaniquement provoqué la hausse du chômage. Bien au-delà de l’effet lié à la crise, le chômage des plus de 50 ans s’est envolé de 15% en 2011. Il touche près de 100 000 personnes de plus.

Ce qui va donc provisoirement être économisé dans les caisses de retraite sera donc dépensé en allocations chômage supplémentaires. Notre autre grande critique de la réforme Sarkozy visait la fausse évidence selon laquelle il faudrait travailler plus longtemps parce que l’on vit plus longtemps. Nous avons expliqué que c’est justement parce que l’on travaille moins longtemps que l’on vit plus longtemps. Et là encore, la réalité nous donne raison. Le relèvement de l’âge de la retraite à 67 ans en Allemagne, combiné à la précarisation du travail, a commencé à y faire reculer nettement l’espérance de vie. Enfin, faut-il rappeler que l’espérance de vie en bonne santé n’est que de 63 ans en France pour les hommes ? Et les femmes, qui subissent le plus fortement la décote avec des retraites inférieures de 38% à celle des hommes, sont les plus durement touchées par le report de 65 à 67 ans de l’âge d’obtention automatique du taux plein.

Pour finir, en infligeant au pays la plus dure réforme des retraites d’Europe, Sarkozy et Fillon n’ont nullement immunisé la France contre la perte du triple A, comme ils le prétendaient pourtant à l’époque. Face à l’échec complet de cette réforme, nous assumons, au Front de gauche, la nécessité de l’abroger.

Nous défendons le droit à la retraite à 60 ans, à taux plein, avec 75% du salaire de référence.

Alors que le pays n’a jamais été aussi 
riche, il n’y a aucune raison pour qu’on ne puisse plus financer aujourd’hui la retraite à 60 ans. Cela devient 
à nouveau possible si l’on rend aux travailleurs la part 
de la richesse qui est passée dans les poches du capital depuis vingt-cinq ans. Cela passe notamment par la taxation des revenus financiers des entreprises, comme le propose la CGT. Depuis 1983 et l’instauration de la retraite à 60 ans, la richesse créée par chaque actif a augmenté de 30% en euros constants.

Cela signifie que deux actifs d’aujourd’hui produisent autant de richesses que trois actifs de 1983. Il est donc non seulement possible de rétablir le droit 
à la retraite à 60 ans pour tous, mais aussi d’améliorer durablement les retraites. Nous proposons de prendre en compte la pénibilité de professions particulières pour donner droit à des départs anticipés avant 60 ans. Nous nous engageons plus largement à revaloriser 
les pensions pour qu’aucun salarié ne touche de retraite inférieure au Smic, ce qui est aujourd’hui 
le cas de 6,5 millions d’entre eux.

Au côté des salariés mobilisés et de leurs syndicats, 
le Front de gauche entend démontrer dans la campagne présidentielle que la retraite à 60 ans pour tous, c’est possible !

 

Jean-Luc Mélenchon, le 31 janvier 2012: pour le journal L'Humanité.

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 12:55

Après le 31 janvier 2012, ce n'est plus de cinquante ans mais de près d'un siècle d'histoire politique et sociale que Sarkozy et son gouvernement au service du Medef voudraient nous faire reculer.

Politique anti-sociale, anti-démocratique, sécuritaire, racisme, xénophobie d'Etat ainsi que les affaires (Bettencourt, Karachi, etc...), voilà de bonnes raisons de dégager Sarko et ses copains du Fouquet's.

Pour battre durablement Sarko et sa politique, pour releguer l'extrême-droite dans la poubelle de l'histoire, il nous faut autre chose que "donner du sens à la rigueur", il nous faut une gauche qui soit prête à en découdre avec le système capitaliste, les banques et la finance, une gauche organisatrice dès maintenant de la résistance et de la riposte sur tous les fronts.

Par ailleurs, je m'inquiète du rapport de la cour des comptes, dirigée faut-il le rappeler par Didier Migaud, qui conseille un renforcement de la rigueur et met la pression sur les dépenses dans les services publics. Ainsi, en dépit de sa surenchère anti-sociale le gouvernement n'aurait accompli l'an passé que 10% des efforts d'économies nécessaires pour les experts de la Cour des Comptes, des experts assurément objectifs, indépendants des idéologies politiques et des puissances financières.  

Je rappelle ici que la cour des comptes n'est pas une institution élue au suffrage universel et donc ne peut remplacer la volonté du peuple libre et souverain quand il s'agit de dire quelle politique il lui faut.

C'est pourquoi l'étiquette du président socialiste de la cour des comptes me laisse un goût désagréable tout en sachant qu'il est adepte depuis fort longtemps d'une politique d'austérité.

 

Robert Doré.

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 21:46
cf. Le compte-rendu du site de 20 MINUTES

POLITIQUE - Le candidat du Front de gauche a réuni plus de 10.000 personnes...

De notre envoyé spécial à Villeurbanne

Ils n’en attendaient que 7.000 au maximum. Mais les membres de l’équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon ont dû pousser les stands militants pour accueillir plus de 10.000 personnes, réparties dans deux salles de Villeurbanne. Dans le public, des militants et des sympathisants venus de Lyon, de Grenoble, du sud de la France en car, des travailleurs en lutte, les Péchiney, les Lejaby, les Arkema, qu’avait visité l’ancien membre du PS dans l’après-midi.

Tous venus voir le candidat du Front de gauche. Comme d’habitude, lui s’en défend. «Nous ne sommes pas rassemblés sur le nom d’une personne mais pour une cause. Nous ne crions pas des noms propres dans nos meetings mais des idées politiques», lance Mélenchon, avant de brandir le dernier rapport du CSA. «Depuis le mois de janvier, 70% du temps d’antenne a été accaparé par le PS et le l’UMP. Ne comptez que sur vous-mêmes. Et écoutez-moi, je vous transmets des arguments qui vous serviront. Le premier média du peuple, c’est le peuple lui-même», explique le candidat du Front de gauche, qui espère créer une dynamique par la base, assurer la «conjonction entre les luttes syndicales et politiques». Et ses meetings font le plein. Au mois de janvier, il a réuni 4.500 personnes à Besançon («Personne n’avait rempli le Palais des sports de cette ville, même le Vieux», glisse Mélenchon en faisant référence à Mitterrand). Mercredi soir, il fera encore un meeting à Montpellier. Jeudi, un autre au Blanc-Mesnil.

«La lutte contre la précarité a toujours été le but de l’humanité»

Mais mardi soir, à Villeurbanne, entre deux bonnes blagues sur le PS («J’ai demandé au traducteur en langue des signes ce que voulait dire le signe de ralliement pour Hollande, il m’a dit: “radio du thorax”… Faisons-là, la radio, car dans le thorax, le cœur est à gauche»), Mélenchon est venu parler précarité. «Entre le faible et le fort, c’est la loi qui protège et la liberté qui opprime», déclare le candidat, qui s’engage à titulariser les 850.000 travailleurs précaires de la fonction publique et à appliquer le décret de réquisition des logements vides. «La peur du lendemain s’est abattu sur notre pauvre pays. Et la peur du lendemain, c’est ça la précarité. Alors que la lutte contre la précarité a toujours été le but de l’humanité.»

En fil rouge de son discours, Mélenchon tape sur Marine Le Pen, l’un des combats de sa campagne. «80% des précaires sont des jeunes et des femmes. Le but de la plupart des femmes, c’est d’être maîtresses de leur destin alors que Marine Le Pen ne leur souhaite comme destin que d’engendrer», s’emporte le représentant du Front de gauche, qui met en garde l’électorat des salariés. «Pendant les manifestations des retraites, vous avec vos drapeaux de syndicalistes, elle vous avait traités d’émeutiers. Dites-le à vos camarades.» Plus tôt dans la journée, le quotidien Le Monde avait titré en une «Le Pen/Mélenchon, la guerre des populismes». «C’est bien des titres comme ça. C’est tellement insultant. Ça radicalise les consciences, comme en 2005», avait confié plus tôt dans la journée Mélenchon. 2005, l’année du non au référendum européen que personne n’attendait.

Matthieu Goar 
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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 08:19

Dans les années 1970, un débat existait déjà à gauche sur l'efficacité et le réalisme du slogan (bien antérieur à cette période, il avait fleuri dans les années 1930): "Faire payer les riches". Beaucoup de gens attachés à la réduction des inégalités répondaient alors: il n'y a pas de trésor caché chez les riches. Leur reprendre une partie plus importante de leurs revenus ne pourrait guère améliorer la situation des ménages pauvres et modestes qui sont nettement plus nombreux. Il vaut mieux viser la croissance économique et celle du pouvoir d'achat pour réduire la pauvreté et les inégalités.

Trente ans plus tard- trente années de croissance même si elle a été moins forte qu'avant 1980- le même mot d'ordre donne lieu aux mêmes objections de certains défenseurs de l'égalité. Parmi eux, Louis Maurin, directeur de l'Observatoire des inégalités, ce site le plus fourni en arguments de qualité. Il a signé le 19 août 2011 un texte au titre assez rude: ""Faire payer les riches": un consensus démagogique". Son principal argument: par définition, les très riches, ceux qui semblent visés par ce mot d'ordre, par exemple les 0,1% ou les 0,01% des plus riches, sont très peu nombreux. Même s'ils ont en effet touché le pactole depuis dix ou quinze ans, une forte imposition de leurs revenus à partir d'un certain seuil ne dégagerait pas des sommes à la hauteur de l'enjeu.

Pour répondre à cet argument, il faut "enrichir" le sens de la formule "faire payer les riches" et partir de constats. En trente ans de rapports de forces en leur faveur, les dominants ont fait basculer de leur côté, sous des formes multiples, d'énormes montants de richesses économiques, privant de ce fait l'Etat et les collectivités locales de recettes très importantes. Cela a appauvri les services publics, la protection sociale et la protection de l'environnement naturel, et donc ceux qui en dépendent le plus parce que ces conquêtes collectives forment "le patrimoine de ceux qui n'en ont pas".

Ce n'est pas qu'une question comptable de répartition des richesses économiques, c'est aussi une question de répartition des pouvoirs économiques et politiques. Ceux qu'il faut faire payer, ce sont "les riches et les dominants", incluant les acteurs de la finance et des grandes entreprises, ceux qui ont profité et profitent encore de façon indécente d'une crise qu'ils ont provoquée, ceux qui ont creusé la dette publique et qui veulent aujourd'hui imposer aux peuples de la rembourser. Les "faire payer" signifie réduire leur pouvoir de nuisance et pas seulement leur excès de richesse.

Certains chiffres sont ici nécessaires.

Quand bien même on se limiterait à examiner ce que rapporterait le seul impôt sur le revenu- devenu une source mineure de recettes publiques après les vagues de réductions et d'éxonérations qui l'ont affecté- s'il faisait l'objet d'une réforme juste, ce ne serait déjà pas négligeable. Si l'on se contentait d'en revenir aux règles et barèmes de 1999, il rapporterait environ 15 milliards d'euros supplémentaires. Mais, vu l'ampleur de la crise, on pourrait exiger que l'on aille plus loin que la situation de 1999, qui était déjà régressive par rapport à celle de la première moitié des années 1980 où, par exemple, la tranche supérieure était imposée à 65%. On pourrait même s'inspirer de la politique fiscale de sortie de crise de Roosevelt avec des taux marginaux de 90% et revoir l'ensemble du barème, sans surimposer l'immense majorité des ménages.

Mais en réalité ce n'est pas principalement par les modifications des barèmes de l'impôt sur le revenu qu'est passé le déversement de richesses vers la ploutocratie qui a pris les rênes. C'est par trois phénomènes indépendants.

Le premier est la baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises au bénéfice des profits et surtout des profits distribués (non réinvestis), dont les principaux sont des dividendes versés aux actionnaires. Ces actionnaires (les plus gros d'entre eux) sont au coeur du pouvoir ploutocratique actuel. L'ordre de grandeur des profits nets distribués en 2010 par les sociétés non financières est de 85 milliards d'euros, soit 10% de leur masse salariale contre 3,4% en 1993. Si l'on ajoute ceux des sociétés financières, on tourne autour de 100 milliards d'euros de dividendes nets versés en 2010. Soit 5% du PIB.

Le second phénomène est la multiplication des niches fiscales et des sociales (réductions ou suppressions de cotisations patronales) depuis 2000. Certaines sont défendables au nom de l'intérêt général (par exemple des déductions d'impôt sur le revenu pour des dons aux associations ou aux fondations). La plupart sont de vrais cadeaux aux riches, mais aussi aux entreprises, principalement les plus grandes, dont on sait qu'elles sont beaucoup moins imposées que les PME. Le montant des pertes de recettes publiques liées aux niches décidées depuis 2000 est énorme, selon les rapports très officiels: entre 100 et 140 milliards de manque à gagner annuel selon les rapports et selon le périmètre des niches retenues.  

Le troisième et dernier phénomène est celui des "fuites" non légales (par opposition aux niches qui sont légales) de contributions (par opposition aux niches, qui sont légales) de contributions des personnes et des entreprises. La droite adore évoquer la fraude des bénéficiaires de prestations sociales, qui represente peut-être deux milliards d'euros. Mais c'est une goutte d'eau par rapport à la fraude aux cotisations patronales (environ 15 milliards) et la fraude fiscale (40 à 50 milliards par an), dont fait partie l'évasion fiscale non déclarée, en particulier vers les paradis fiscaux.

Or, dans tous les cas, ce sont bien les "riches et les puissants" qui sont de façon massive les bénéficiaires de ces dispositifs légaux et illégaux, auxquels il faut ajouter l'ISF, qui est pour l'instant une passoire à gros trous.

Selon les derniers travaux de l'INSEE, les 1% les plus riches en patrimoine détiennent 18% du patrimoine total pendant que les 50% les moins riches n'en détiennent que 7% et les 10% les moins riches que 0,1%! Autrement dit, entre le patrimoine moyen d'un ménage faisant partie des 1% les plus riches et celui d'un ménage faisant partie des 10% les plus pauvres, le rapport est de 1 à plus de 1800! La France est championne d'Europe des millionnaires en dollars. On en compte 2,6 millions en 2011 contre 2,2 en 2010.

Au total, même si les montants énormes de recettes potentielles qui viennent d'être cités ne peuvent pas être additionnés car certains se recoupent, et même si on ne peut pas supprimer du jour au lendemain fraudes et évasions illégales, trouver dès 2012, si la volonté politique existe, sans devoir invoquer la croissance, 80 à 100 milliards de recettes publiques supplémentaires par an n'est pas un problème économique. C'est uniquement une question de rapport de forces.

Mais faire cela, c'est bel et bien "faire payer les riches" en un sens plus large que celui de Louis Maurin: revenus, patrimoines, bénéfices non réinvestis des sociétés, taxe sur les transactions financières, suppression des niches pour riches, véritable chasse aux vrais fraudeurs, interdiction des paradis fiscaux et confiscation des capitaux illégalement transférés, etc.

Que penser alors de l'argument de classe omniprésent: taxer les riches, les gros actionnaires et les grandes entreprises, vous n'y pensez pas, ils vont fuir à l'étranger, eux ou du moins leurs comptes bancaires et leurs actifs!  Quatre réponses peuvent être combinées:

1) Mais qu'ils s'en aillent! Ils ont fait assez de dégâts. Ce n'est pas un mauvais argument, mais si on veut faire payer les riches, autant qu'ils soient là... On ne va pas organiser leur évasion.

2) Ne surestimons pas ce phénomène, qui existe. L'immense majorité restera, pour diverses raisons. L'Etat y perdra peut-être quelques milliards d'euros supplémentaires à court terme, mais une vraie répression serait dissuasive et permettrait même de récupérer rétroactivement des montants considérables.

3) Renoncer à 100 milliards d'euros par an au motif qu'on risque d'entre perdre cinq voire dix est une aberration économique. Céder devant le lobbyng des riches et puissants, c'est la certitude que la crise s'aggravera.

4) Il faut amplifier le mouvement citoyen national et international de protestation contre les paradis fiscaux, et plus généralement pour la justice fiscale.

 

Jean Gadrey.

Le Sarkophage n°29 en kiosque jusqu'au 17 mars 2012.

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 16:27
Promis, ce ne sera pas tous le jours que l'on recommandera la lecture des Echos
Les militants de la CGT ovationnent Mélenchon

En meeting sur la retraite à 60 ans, Bernard Thibault s'est livré hier à une violente charge contre Nicolas Sarkozy devant l'ensemble des partis de gauche, invités pour l'occasion.

 
Ecrit par
Derek PERROTTE
Derek PERROTTE
Journaliste
Bernard Thibault hier au Zénith, entouré d'Eric Aubin et Nadine Prigent.
Bernard Thibault hier au Zénith, entouré d\'Eric Aubin et Nadine Prigent.

La CGT se lance dans le meeting politique. Hier, devant 6.000 délégués réunis au Zénith de Paris pour un meeting officiellement consacré à la retraite à 60 ans, Bernard Thibault a multiplié les charges, très virulentes, à l'encontre de Nicolas Sarkozy devant les représentants de tous les partis de gauche, invités, officiellement, au titre de leur soutien en 2010 au mouvement contre la réforme des retraites.

A dix reprises, le nom du chef de l'Etat aura été prononcé. A dix reprises, une bronca d'une rare intensité l'aura accompagné, dans un exercice aux allures de défouloir pour une organisation qui mise d'autant plus sur l'alternance qu'elle est consciente que le quinquennat aura aussi montré son incapacité à faire reculer l'exécutif, désormais visé dans son ensemble.    « Je voudrais dire aussi aux députés que nous saurons rafraîchir la mémoire des salariés électeurs » lors des législatives de juin, a prévenu Bernard Thibault entre deux saillies sur les « mesures antisociales » et le « bilan peu glorieux » de Nicolas Sarkozy.

« Rétablir la justice sociale »

Au premier rang, Eva Joly (EELV), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), Philippe Poutou (NPA) et Nathalie Arthaud (LO) ont bu du petit lait. François Hollande avait décliné l'invitation, mais s'était fait représenté par Harlem Désir et Jean-Marc Ayrault. Un geste diplomatique que Bernard Thibault a rendu en étouffant ses critiques sur le recul partiel du PS sur la retraite à 60 ans. Et si le leader cégétiste a répété que la « CGT ne soutient aucun candidat », la salle s'en est chargée, en ovationnant Jean-Luc Mélenchon. Une façon, aussi, de pousser le PS à plus d'ambitions sociales. « Nous le disons en toute amitié aux partis de gauche, leurs élus, leurs candidats, entendez cette aspiration à rétablir la justice sociale », a insisté Bernard Thibault.

Il a sans surprise dénoncé la hausse de TVA, « l'impôt le plus inégalitaire qui soit », et les accords de compétitivité, « une offensive sans précédent à l'égard du Code du travail ». Il appelle, en réaction, à une mobilisation « unitaire » le mercredi 29 février, dans le cadre de la journée européenne contre l'austérité organisée par la Confédération européenne des syndicats. Une réunion de l'intersyndicale est en préparation. FO et la CFTC devraient y faire leur retour.

Un appel unitaire à manifester est toutefois improbable tant chacun a conscience que la proximité de l'élection n'est pas propice à une mobilisation, les Français préférant généralement attendre de s'exprimer dans les urnes.  

DEREK PERROTTE
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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 16:18
Samedi dernier, se tenait le congrès de France Nature Environnement (la fédération des associations de protection de la Nature) qui lance "l'Appel des 3000", ses propositions dans le cadre des élections.
Pour l'occasion, elle a demandé aux candidats à la présidentielle de s'exprimer sur l'écologie. Pas moyen de trouver les videos de leurs interventions. Mais voici un compte-rendu de Laure Noualhat, journaliste écologiste de longue date, sur le blog du journal Libération.
Présidentielles: le grand oral bio des candidats

En 2007, avec le pas de danse «Hulotien», l'environnement avait eu une petite place dans la campagne présidentielle. En 2012, avec Fukushima, seul le nucléaire existe dans cette élection. Et encore, il suffit qu'on perde son triple A pour qu'on en oublie les économies d'énergie. Sans compter que la crise occulte tous les autres sujets -pourtant majeurs- de l'écologie. Voilà pourquoi la fédération France Nature Environnement (FNE) a convié les candidats à la présidentielle à un grand oral samedi à Montreuil, en fin d'après-midi. Objectif: placer, le temps d'un cours de maths, l'environnement et les questions écologiques au cœur de la campagne. Les 3000 associations de FNE ont appelé les candidats à lister les mesures écolos qu'ils mettraient prioritairement en œuvre au lendemain de leur élection. François Bayrou, Eva Joly, Corinne Lepage, Jean-Luc Mélenchon, Hervé Morin, Dominique de Villepin et François Hollande se sont pliés à l'exercice. Ils disposaient chacun de 15 minutes face à une salle remplie de 2000 écolos de tous bords. Petit décryptage subjectif du grand oral écolo des candidats, dans leur ordre d'apparition.

BayrouFrançois Bayrou. 5/10. Décevant pour un politique aussi AOC.

Il a débarqué en premier sur la scène, a remercié les associations pour leur engagement permanent sur le terrain avant de parler d' «harmonie esthétique et culturelle» en mentionnant les rapports homme-nature. C'est l'un des seuls à s'être vraiment plié à l'exercice imposé: choisir, parmi les propositions des écolos, celles qu'il mettra en œuvre tout de suite. Comme François Bayrou a des ruches, il s'occupera en priorité de la survie des abeilles. «C'est un objectif politique dans lequel les responsables publics doivent être engagés. Le frelon asiatique n'a pas assez sa place dans les discours politiques.» Je vous assure que ça fait tout drôle d'entendre ça. D'ailleurs, mon collègue de Politis se demande si ce premier candidat «ne se foutait pas de la gueule de l'assemblée en balançant ça...» Côté énergie, Bayrou veut décarboner l'activité humaine, économiser l'énergie, lutter contre l'imperméabilisation des sols, créer une autorité internationale pour prendre en main le destin des océans. Il a aussi été applaudi quand il a évoqué l'éducation à l'environnement comme priorité de son programme.

Eva-JolyEva Joly. 5,5/10. Trimestre très décevant. 

Vêtue d'une veste en cuir rouge assortie à ses fameuses lunettes, Eva Joly a été accueillie par des tonnerres d'applaudissements. Au premier rang, un parterre de personnalités bios: Yannick Jadot, Dominique Voynet, Allain Bougrain-Dubourg, Sandrine Bélier (récitant par cœur le discours de la candidate), …, arborant tous des sourires éclatants. Bref, c'est la candidate des écolos, elle disposait logiquement d'une salle acquise à sa cause. Sauf que voilà, elle était soit en manque de magnésium, soit bourrée de trac, soit en sous-régime, mais elle n'a pas trouvé la flamme. «Si certains pensent que l'environnement, ça commence à bien faire, alors je leur dis sans agressivité, vous n'avez rien vu, cela ne fait que commencer.» Succès garanti. Mais au milieu de quelques formules faisant mouche, elle a sorti des propositions déjà connues des militants: sortie du nucléaire, bien sûr, opposabilité des trames vertes et bleues, plan de sortie des pesticides en une génération, moratoire sur les OGM et l'exploitation des gaz de schiste, une contribution climat-énergie (la taxe carbone, ndlr), lutte contre les lobbies, … Bref, que du réchauffé. «Nul! Pourquoi n'embrase-t-elle pas la salle?», questionne, dépité, le patron d'une association de défense de la montagne qui attendait visiblement à autre chose. Sur le fonds, R.A.S., mais sur la forme, c'est vrai qu'Eva Joly était un cran en-dessous de la candidate suivante.

LepageCorinne Lepage. 8/10. Bonne élève, mais réelle candidate?

Trente-cinq ans de vie professionnelle au service de l'écologie, Corinne Lepage ne s'est pas privée de parsemer son discours de références bien senties concernant son engagement personnel comme avocate, ministre ou eurodéputée. «Votre appel des 3000, je ne peux qu'y souscrire, scande-t-elle, l'écologie ce n'est pas le problème, c'est la solution.» En s'appuyant sur un texte documenté (mentionnant les 2,5 milliards d'euros de subventions aux énergies fossiles, par exemple), la candidate-avocate se lance dans une série de propositions un peu décalées et très judiciaires: protection des lanceurs d'alerte, création d'un délit de rétention d'information d'intérêt général et aussi d'un tribunal pénal international où se régleraient les conséquences des catastrophes du type Bhopal, nomination d'un contrôleur du développement durable auprès du Premier ministre, … Elle n'oublie pas non plus de rappeler qu'il faut sortir du nucléaire: «Negawatt, avec son scenario, nous offre une voie, empruntons-la !». Au fil du discours, elle gagne en assurance et énergie. Sauf que voilà, avec elle, les militants ne savent pas à quel saint se vouer: «Elle roule pour qui au final? Hollande ou Bayrou?» demande l'un. «Non, non, avec Bayrou, ils ne peuvent plus s'encadrer», assure une connaisseuse. «Donc, si elle fait ça pour négocier, ce sera surement avec Hollande.» «C'est moche parce que son projet est super et, en l'état, Hollande n'en voudra jamais.»

MélenchonJean-Luc Mélenchon. 8/10. Revient de loin.

Orateur hors pair, Mélenchon semble avoir parfaitement compris où il se trouvait: devant un public avide d'écologie, certes, mais aussi assoiffé de justice sociale. Il est le seul à avoir admirablement articulé les deux mondes. «Il n'y a pas de contradiction, affirme-t-il, entre les intérêts à long terme des gens et la planification à long terme, par définition écologique.» Il en a soufflé plus d'un. En ce qui concerne le nucléaire, cet ancien pro-nuke a été extrêmement clair: «soit le nucléaire est dangereux et, dans ce cas, on ferme toutes les centrales, soit il n'est pas dangereux, et on peut construire de nouvelles centrales.» Imparable. «A titre personnel, je suis pour une sortie du nucléaire, mais je reprendrai la proposition 38 des 110 propositions socialistes du projet de 1981, et qui n'a pas été tenue: un référendum sur le sujet.» Il ne croit pas en un capitalisme vert, lequel est, lui aussi, «incompatible avec la financiarisation de l'économie». Il veut remonter le smic à 1700 euros nets afin que les ouvriers et les bas salaires puissent manger bio... Le candidat le plus pastèque qui soit: vert à l'extérieur avec du gros rouge à l'intérieur. Goûteux.

Herve-morin_10848Hervé Morin. 3/10. Hors-sujet.

Le candidat du Nouveau Centre a tenté de séduire la salle avec des formules à l'emporte-pièce. «Crise au balcon, environnement à l'abandon.», «Un triple A qui disparaît, et hop, c'est l'environnement qui passe à la trappe!», … Un joli bide, bien bio. Il a plus parlé de normes empêchantes -pour les pêcheurs par exemple- que d'environnement. Mais du coup, on a appris qu'il était parti à la pêche récemment. Mais on lui donne une super séance de rattrapage quand il veut, à cause d'une vilaine migraine survenue pendant sa prestation.

Dominique_de_Villepin_Lady_Gaga_a_A_sa_tableDominique de Villepin. 4/10. Trop scolaire. Très distancié.

C'est en toute honnêteté que l'ancien Premier ministre s'est présenté devant le parterre de militants écologistes, à savoir comme un politique sans culture écologique. Même s'il a dirigé un gouvernement qui a bouclé le réseau Natura 2000 et fait voter la loi sur la transparence nucléaire en 2006, on sent que cet objet ne figure pas dans son ADN. Ceci dit, il a insisté sur les morceaux qui lui restaient: les paysages, le territoire, le bâti qui défigure notre beau pays. Lui aussi veut un référendum sur le nucléaire, une agriculture soutenable (ce qui veut tout et rien dire), un renforcement de l'environnement dans les politiques publiques (idem), …

Francois_hollande_ouv_referenceFrançois Hollande. 5/10. Peut mieux faire.

A force d'arriver en dernier et de faire figure de star, François Hollande déçoit les attentes. De toute façon, on ne peut pas être bon dans toutes les matières, et manifestement, l'écologie n'est pas son fort. Côté nucléaire, il est quasiment le seul à refuser un référendum sur le nucléaire, il préfère un grand débat national (on en compte déjà un certain nombre de débats publics sur le nucléaire... avec quel succès ?) qui se déroulerait sur six mois ou un an. Mais il maintient son objectif visant à faire baisser la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% d'ici à 2025. Il mettra en place une tarification progressive de l'électricité et de l'eau. Il développera une véritable fiscalité écologique et veut conditionner les aides aux agriculteurs à des mesures agro-environnementales, … Bref, du déjà-vu, déjà-débattu, notamment dans le cadre du Grenelle. Le tout sans grande conviction.

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 20:00

La France, comme la plupart des pays européens, plonge dans la dictature ultra-libérale.

Dictature, oui, le mot n'est pas excessif. Interrogé en direct sur huit chaînes de télévision - ah, les vertus de la concurrence pour garantir le pluralisme de l'information et l'existence de contre-pouvoirs face à l'exécutif.... - Nicolas Sarkozy a annoncé un nouveau train de réformes s'attaquant au pouvoir d'achat des plus modestes et au caractère protecteur du droit du travail dont certaines parmi les plus importantes feront l'objet d'une législation gouvernementale et ne seront même pas examinées et débattues au Parlement.

"Jamais nous avons assisté à un tel piétinement du débat démocratique et de l'expression du suffrage universel" écrit avec raison Patrick Le Hyaric dans son édito dans L'Humanité du mardi 31 janvier 2012.

L'ennemi déclaré de la droite, c'est tantôt l'endettement public, tantôt le coût du travail qui affecte la compétitivité de nos entreprises, mais le mouton qu'elle voudrait tondre jusqu'à lui entailler les chairs, c'est le peuple, qu'elle a tout fait pour paralyser en nourrissant la peur de l'effondrement économique en cas de hausse des déficits après avoir créé chez lui la peur de l'invasion étrangère, des jeunes, des pauvres, de l'insécurité.

Nicolas Sarkozy a donc feint de faire vivre le dialogue social et de respecter les pseudo « partenaires sociaux » en leur laissant le soin de négocier au niveau des entreprises- et non des branches professionnelles- pour trouver dans les deux mois la voie d'accords compétitivité-emploi où il s'agirait en toute simplicité de trouver des modalités acceptables de part et d'autres pour briser l'étau des 35h, des dispositions légales touchant le chômage technique, l'annualisation du travail, la flexibilité, les salaires. « Privés d'accords nationaux et de références sur le temps de travail, les salariés seraient libre de construire les armes du patronat en combinant eux-mêmes leurs salaires et leur temps de travail sans avoir le choix d'en contester la logique de répartition des profits entre le capital et le travail, l'investissement dans l'emploi et la réindustrialisation ou la fuite en avant spéculative », commentait le journaliste de L'Humanité, Dominique Biègles, le lundi 30 janvier.

Côté Le Télégramme, notre quotidien régional local, on en redemande et on fait le service après-vente du chef de l'Etat qui n'a pas eu assez d'oreilles attentives et bienveillantes dimanche. Hubert Coudurier félicite Sarkozy d'"affronter les syndicats pour réduire les coûts salariaux de l'entreprise" à l'instar de Gerhard Schröder en Allemagne. Il le remercie aussi pour son bilan "qui n'a rien de déshonorant" mais qui n'est pas non plus reluisant, du fait d'une "période épouvantable": les fameuses circonstances extérieures cataclysmiques... La faute aux conditions météo, donc, si la France compte, depuis 2007, 500 milliards d'euros de dettes en plus, 350.000 emplois industriels en moins, un millions de chômeurs et de pauvres en plus, une protection sociale et des services publics exsangues. Henry Lauret dans le même journal ne craint pas de transformer Sarkozy en Lénine de la lutte anti-crise tout en reconnaissant qu'il puise davantage ses sources d'inspiration chez les ultra-libéraux allemands que chez les bolcheviks: "A 80 jours de l'élection présidentielle, la compétitivité et la croissance obsèdent le président de la république. Le modèle allemand lui inspire de jouer de la hausse de 1,6 points du taux standard de la TVA pour supprimer les cotisations de la branche famille sur les salaires jusqu'à plus de deux fois le SMIC. Une sorte de révolution d'octobre puisque la mesure ne serait de toute façon pas applicable avant l'automne".  

Comme bien sûr il ne saurait y avoir beaucoup d'accords entre, d'un côté, un patronat qui veut casser les protections du droit du travail et, de l'autre côté, des salariés et des syndicats sachant bien qu'elles sont plus que jamais nécessaires, et comme l'idée même de laisser faire le dialogue social patronat-syndicat est une gageure étant donné l'iniquité du rapport de force, ce sera finalement le gouvernement, en toute illégitimité, sans recourir au Parlement, qui tranchera pour enterrer définitivement les 35 heures et toute une batterie d'autres garanties salariales. L'objectif assumé est donc de s'aligner sur le modèle allemand, ses 8% de chômeurs (chiffre sous-estimée du fait d'astuces comptables), ces travailleuirs flexibles et précarisés, ayant vu leurs salaires, surtout dans le secteur des services, diminuer de manière drastique depuis les années 1990, son espérance de vie en baisse...

Transférer de manière autoritaire, sans débat et prise de décision au Parlement, le financement de la protection sociale des cotisations patronales à la TVA, relevée d'1,6 points pour atteindre un taux normal de 21,2% vise, dans une politique de l'offre, à faire peser le poids des allégements fiscaux pour l'entreprise à tous les citoyens. Avec quelles conséquences sur la consommation? Les entreprises françaises ne sont pas tournées prioritairement comme les entreprises allemandes vers l'exportation: si la consommation des français est déprimée, c'est toute l'activité économique et les recettes fiscales qui s'en trouvent réduites. L'objectif de Sarkozy est peut-être cependant moins le redressement économique que la prolongation de la casse des mécanismes du droit social et des solidarités au profit des intérêts du capital et des plus riches, et surtout la mise en œuvre d'une stratégie du choc pour assurer sa réélection aujourd'hui très compromise.

L'idée est d'imposer en toute urgence des « réformes structurelles » impopulaires mais présentées comme nécessaires pour redresser l'économie et les comptes de la France de manière à incarner la figure du « président courage » n'hésitant pas à faire les sacrifices qui s'imposent dans la tempête mais peut-être plus encore de façon à laisser croire aux français qu'il n'y a pas d'alternative possible, puisque le candidat de droite n'a d'autre choix que de compromettre sa réélection en prenant ces mesures fatalement impopulaires.

Comme le signalait un journaliste du journal Le Monde en fin de semaine dernière, Sarkozy utilise là une tactique de Gerard Schröder qui n'avait pas hésité à mettre un coup d'accélérateur à son entreprise de démolition de l'état social en fin de mandat alors qu'il était très impopulaire et que sa réélection était très compromise, et qui, ce faisant, s'était imposé en homme d'action énergique tentant d'appliquer les seules mesures possibles pour redresser le pays. Le résultat électoral du SPD avait été de ce fait bien moins catastrophique que prévu. Modèle allemand, disions-nous...

La taxe Tobin et la hausse de 2% de la CSG sur les revenus du patrimoine à côté sont une bien maigre concession au rejet majoritaire en France de la domination du capitalisme financier.

Comme l'écrit dans un communiqué daté du 30 janvier l'association ATTAC qui avait pourtant fait de cette taxe Tobin un combat emblématique à sa fondation: «  Nicolas Sarkozy a tranché: avec la hausse prévue de la TVA, les patrons verront leurs coûts salariaux diminuer de 13 milliards d'euros. En revanche la fameuse taxe Tobin à la française ne rapporterait qu'1 milliard d'euros. Même en y ajoutant la hausse de la CSG sur les revenus du capital (qui devrait rapporter moins de 2 milliards), le compte n'est pas bon pour la justice fiscale. En effet, qui va payer la TVA? Pour l'essentiel, les consommateurs... La TVA « sociale » réduira donc la consommation et aggravera la récession dans laquelle la France est engagée depuis quelques mois. C'est la première raison pour la rejeter. La deuxième tient à son injustice: en augmentant la TVA, on réduit encore la progressivité du système fiscal. Car la TVA pèse plus lourdement sur les ménages populaires, qui consomment tout leur revenu, que sur les ménages aisés qui en épargnent une bonne partie. Cette stratégie de TVA « sociale » s'inscrit dans la logique de dumping social et fiscal caractéristique de l'Union européenne et de la mondialisation néolibérale: or c'est précisément la course vers le bas des coûts salariaux qui entraîne l'Europe et son modèle social vers le gouffre. La hausse de la TVA, déjà pratiquée en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, n'est qu'un volet des plans d'austérité qui sont en train d'enfoncer l'Europe dans la récession.» 

 

Merkel a bien senti en Sarkozy son allié pour conduire en Europe la guerre des classes au service du capitalisme financier: c'est pourquoi elle a déjà promis d'assister à un de ses meetings de campagne alors qu'il n'est pas encore candidat officiellement. Il paraît que la date et le lieu en sont déjà fixés.

 

Hier, au Conseil Européen, cette gouvernance Merkozy s'est traduit par l'approbation, sauf par la Grande-Bretagne et la République Tchèque, du mécanisme européen de stabilité et d'un nouveau traité européen qui impose la règle d'or et des sanctions quasi automatiques pour les Etats présentant des bilans comptables en déficit tout en recommandant des réformes structurelles comparables à celles qu'exigeait le FMI pour les pays d'Amérique du SUD et d'Afrique afin d'accroître la compétitivité de l'économie sur le dos des dispositifs de solidarité et des services publics. Le texte sur lequel les chefs d'Etat se sont entendus est en pleine cohérence avec les dernières réformes qu'a annoncé Sarkozy puisqu'il vise à tailler dans "les coûts du travail non salariaux", c'est à dire dans les charges sociales et autres prélèvements sociaux. "La sortie de la crise passerait par le dumping social, commente le journaliste de l'Huma ce 31 janvier. Qu'importe si cette politique a failli. L'Organisation Internationale du Travail (OIT) relevait la semaine dernière que la moidération salariale en Allemagne a contribué à contracter la demande intérieure dans toute l'UE. L'OIT y voit l'une des causes de la crise. Généralisée à toute la zone euro, cette politique produirait des effets dévastateurs".

 

Ce nouveau traité européen accompagne la création d'un fonds de garantie européen de 500 milliards d'euros encore mieux doté que le FMI: garantie contre les défauts des Etats, avec l'argent des contribuables, au profit des banques et des fonds d'investissement...

Ce traité limitera à 0,5% du PIB le déficit structurel des Etats, et imposera que ces objectifs dont la non satisfaction entraînera des sanctions financières automatiques, lourdes et immédiates soient inscrits dans les législations de chaque Etat membre. Bien évidemment, aucun Etat européen n'a probablement l'intention de laisser à sa population le soin d'adopter ou non ce traité qui remet en cause la souveraineté politique des citoyens. Ceux ne pourront plus, en fonction de leurs objectifs majoritaires du moment traduits dans les élections, maîtriser vraiment leurs dépenses et leurs recettes publiques.

Ce carcan d'austérité imposée interdirait potentiellement (mais il n'a qu'une réalité de papier comme les critères de Maastricht allègrement ransgressées en 2008 pour venir en aide aux banques, et nous le briserons si on nous en donne l'occasion) toute politique de relance par la hausse des salaires, la dépense publique au service de l'emploi et des solidarités. L'Allemagne fait même pression, pensant évidemment en premier lieu à la Grèce, pour qu'on crée "un commissaire budgétaire européen" pouvant suspendre en cas d'endettement excessif la compétence des parlements et des gouvernements sur la définition de leurs budgets et les mettre ainsi sous tutelle.   

 

La réaction de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et président de la Gauche Européenne, a été très forte face à ce nouveau traité honteux imposé sans légitimité démocratique:

 

"Ce traité, c'est le débarquement assuré de la « Troïka », le pillage des biens communs et la casse des droits sociaux, dans tous les pays de l'Union.

Avec le transfert du pouvoir budgétaire des parlements nationaux vers la commission, ils remettent en cause les souverainetés populaires, et ils le font sans débat ni consultation des citoyens. C'est une attaque sans précédent des droits politiques élémentaires des peuples européens, un changement de régime vers la dictature des marchés.

Pour avoir une vision claire de l'Europe qu'ils préparent, voyons ce qu'il se passe en Grèce, qu'Angela Merkel veut mettre officiellement sous tutelle; ou en France, où Nicolas Sarkozy vient d'annoncer un 3ème plan d'austérité augmentant les impôts indirects et cassant les conventions collectives sur le temps de travail pour financer de nouveaux cadeaux au patronat.

Au final, c'est l'autodestruction de l'Union Européenne qui est en cours. L'UE ne peut se construire contre les peuples et dans la suspicion permanente entre les États membres. Jamais les institutions européenne n'auront la légitimité qu'elles revendiquent en prenant des décisions autoritaires et néfastes pour les peuples. Jamais l'idée d'union ne sera préservée si un État peut demander la mise sous tutelle d'un autre. Il n'y aura pas d'Union dans la division et la mise en concurrence des peuples.

Au nom du Parti de la gauche européenne, je rejette cet accord international et nous mènerons campagne dans tous les pays de l'Union pour qu'il ne soit pas ratifié".

 

J'étais à Paris ce week-end pour assister au lancement national de la campagne législative des communistes au sein du Front de Gauche le samedi 28 janvier.

Il y a été rappelé que notre objectif prioritaire était de battre Sarkozy et l'UMP et de créer en France une majorité de gauche avec une orientation clairement à gauche. La présidentielle doit être convertie en un référendum pour ou contre l'austérité, comme l'a indiqué avec force notre candidat Jean-Luc Mélenchon. Patrick Le Hyaric a rappelé que l'austérité n'est pas d'abord une réponse à la crise mais une politique préméditée qui nous plonge dans la crise pour renforcer la mainmise de la finance sur la vie sociale et économique. Jean-Luc Mélenchon aussi, qui est intervenu en début d'après-midi à notre rencontre nationale des candidats communistes aux législatives et des responsables de section à La Plaine Saint Denis, s'est félicité que François Hollande regarde moins désormais (grâce à notre poids grandissant ou à la droitisation de Bayrou, devenu une nouvelle alternative pour la droite et les privilégiés?) vers Bayrou et le centre, qu'il acceptele principe d'un appel à voter en faveur du Front de Gauche s'il n'est pas présent au second tour des présidentielles, et prétende même que son objectif n'est plus simplement de "donner du sens à la rigueur" mais de "maîtriser" la finance ou d'en faire "l'adversaire principal".  

Personne n'est dupe chez nous de cette inflexion rhétorique d'inspiration miterrandienne mais elle traduit sur un mode électoraliste la prise de conscience de l'efficacité de la campagne du Front de Gauche sur le terrain et du caractère incontournable des attentes des citoyens pour une vraie alternative au néo-libéralisme. Jean-Luc Mélenchon parie sur la force d'entraînement de certains mots qui deviennent dominants dans le débat public grâce au dynamisme de notre campagne. Pierre Laurent a lui réaffirmé sa satisfaction que prenne corps son désir de voir à l'oeuvre une conception du Front de Gauche ouverte, rassembleuse, accueillante pour chacun tel qu'il est, à condition de se retrouver dans cette gauche de combat et d'invention sur les ruines de la social-démocratie.

Grâce à notre campagne de terrain et au travail de Jean-Luc Mélenchon, la gauche, que les médias dominants avait voulu évincer du paysage, est de retour. Le Front de Gauche, selon Pierre Laurent, doit continuer à grandir en devenant une affaire populaire, une force citoyenne qui dépasse le cartel d'organisations. On observe déjà un phénomène significatif de réengagement de nombreux syndicalistes qui s'étaient tenus à distance du débat politique. En effet, nous sommes dans un mouvement de transformation très profond dans le pays et, depuis 2008, il y a une prise de conscience de la nocivité du capitalisme financiarisé et de la nécessité d'inventer autre chose que le mode de développement capitaliste. Le Front de Gauche a vocation à construire le mouvement majoritaire de réinvention de la gauche pour un dépassement de ce capitalisme financier. La fécondité de notre démarche, selon notre secrétaire national, a été de ne pas s'enfermer dans un nouveau parti aux frontières étanches, mais d'avoir gardé le jeu ouvert afin de mettre en mouvement dans une structure souple de multiples forces sociales, tous les gens qui veulent se mobiliser sur des objectifs clairs de transformation du système.

Le constat, aujourd'hui, c'est qu'il devient de plus en plus probable que nous battions Sarkozy sur son terrain de prédilection, celui de la sortie de crise. La signification de cette victoire ne serait pas mineure: il s'agirait d'une victoire contre un de ceux qui dirigent le monde capitaliste. Cest pourquoi nous ne devrons pas mégoter selon Pierre Laurent quand la question d'un rassemblement de la gauche se posera afin de battre la droite. Aujourd'hui, une des seules chances pour Sarkozy de garder le pouvoir est de compter sur un bon report de voix et un bon score du côté de l'extrême-droite. Pour empêcher que cette stratégie paye grâce à la mise en avant de thématiques qui renforcent la droite (l'immigration, l'insécurité, méfaits de "l'assistanat"...) en divisant le salariat et en brouillant les repères des classes populaires et moyennes comme la contradiction d'intérêt effective entre le monde du travail et le capital, il faut tenir haut le débat politique, parler hausse des salaires et baisses des dividendes pour les actionnaires, logement, santé, lutte contre la précarité, pouvoirs des travailleurs sur les orientations stratégiques des entreprises. En partant de ces besoins concrètement perçus par les français, il est possible de faire grandir l'exigence de changement dans la population, de montrer les insuffisances du projet de François Hollande et le besoin de donner le plus grand poids politique possible au Front de Gauche.         

  

Que penser du projet présidentiel de François Hollande?

 

A sa une, le vendredi 27 janvier, le journal Le Monde a félicité François Hollande et les concepteurs de son programme présenté le jeudi 26 janvier en parlant d'un « projet à la tonalité churchillienne » qui « porte la marque du réalisme et de la rigueur ». Le grand progressiste qu'était Churchill apprécierait t-il d'être comparé à cet adversaire résolu de la finance qu'est le candidat socialiste (sic)? Peut-être bien, oui, s'il avait pu entendre il y a un an notre futur candidat socialiste le paraphraser en promettant « du sang et des larmes » si la gauche revenait au pouvoir dans un contexte de crise. Nous y sommes presque.  

Mais cette crise est précisément provoquée par la financiarisation de l'économie à l'échelle internationale, les dégâts du libéralisme en Europe, et elle ne saurait jamais que se renforcer si on ne prend aucune mesure énergique pour une autre politique publique du crédit et du contrôle des banques en Europe et pour soutenir l'activité par la relance des salaires et de la dépense publique en tournant le dos aux politiques d'austérité qui aggravent la crise et le niveau d'endettement public partout en Europe. Or, à l'évidence, Hollande et les socialistes ne croient pas qu'il est possible ou souhaitable de faire autrement que d'accompagner en le régulant à la marge ce système capitaliste financiarisé et mondialisé. Ils ne pensent pas non plus certainement qu'il est raisonnable ou opportun de s'attaquer significativement aux profits du capital et des grandes fortunes: pensez à la fuite précipitée de ces philanthropes que sont les investisseurs.... Ségolène Royal ne s'était-elle pas donné pour priorité en 2007 de réconcilier les français avec le monde de l'entreprise, car entre lui et nous, c'était "gagnant-gagnant"?

Dans le projet présidentiel de son ex-mari, on parle d'efforts équitablement partagés, non des moyens politiques réels tangibles d'une reprise de contrôle sur le monde de la finance, d'une marche vers plus d'égalité, non d'une politique résolue pour sortir de la précarité et de l'insécurité sociale des millions de français en rendant le droit du travail à nouveau plus protecteur et en donnant un sérieux coup de pouce à la protection sociale et aux services publics.

 

Il y a dans les 60 propositions de François Hollande quelques mesures qui vont dans le bon sens et qu'on peut saluer. On peut évoquer notamment un plan ambitieux pour le logement, la séparation des activités de dépôt et d'investissement des banques, une banque publique d'investissement gérée de manière décentralisée, et une légère augmentation de 15% de l'impôt sur les bénéfices des banques.  

 

Mais à côté de cela, Hollande ne prévoit pas de recréer les postes supprimés dans les services publics par la droite depuis 10 ans au nom de la RGPP. Ainsi, les 60.000 postes supplémentaires dans l'éducation (qui ne sont pas tous des postes d'enseignants loin s'en faut) concerneront essentiellement le premier degré et seront compensés par des suppressions de postes dans d'autres services publics, alors que chacun d'eux est au bord de l'asphyxie. Les 500.000 places en crèche promises pendant les primaires socialistes sont repoussées aux calendes grecques, quand la croissance et le desendettement public le permettront. Comme il l'avait annoncé, Hollande ne veut pas d'une refonte significative de la réforme Fillon sur les retraites avec un rétablissement de la retraite à 60 ans. Il ne prévoit pas non plus d'abroger la loi Bachelot sur l'hôpital ou de supprimer les franchises et les déremboursements de médicaments pour rendre la santé accessible à tous.

Sa notation sociale des entreprises et son système de bonus-malus au niveau des cotisations sociales  pour encourager l'embauche, la hausse des salaires, la limitation des contrats précaires est un outil peu efficace qui ne saurait faire oublier la volonté de ne pas légiférer pour augmenter les salaires et réduire les contrats précaires dans l'entreprise et les services publics. Pour faire embaucher 150.000 jeunes dans le cadre du "contrat de génération", Hollande mise avant tout à nouveau sur les baisses de cotisations patronales. 

Les 29 milliards d'euros de recettes que Hollande espère trouver par  la suppression des niches fiscales ne seront pas simplement pris aux plus riches et les 20 milliards d'économies qu'il espère réaliser de surcroît toucheront aussi la protection sociale et  les services publics qui démocratisent l'accès à des biens fondamentaux (la santé, la justice, l'éducation, la sécurité, la culture...):  il n'est aucunement question dans ce projet d'élever le niveau de protection sociale, le salaire minimum et les pensions.

Sur la réforme des institutions et la prise en compte des enjeux environnementaux, le projet présidentiel de Hollande est loin de prendre en compte la gravité des crises démocratiques et écologiques en cours. Il s'accomode de la perpétuation de la Vème République qui concentre les pouvoirs et les délègue systémiquement au profit d'un bipartisme de fait étouffant pour la démocratie.

Surtout, Hollande assume une politique d'austérité qui place à un rang tout à fait secondaire la nécessité d'un meilleur partage des richesses en faisant croire que les français ont vécu au-dessus de leurs moyens alors qu'on n'a cessé de leur extorquer le produit de leur travail et les droits sociaux qu'ils avaient conquis de haute lutte. L'augmentation à 45% du taux de la dernière tranche de l'impôt sur le revenu aura des effets dérisoires (ne concernant que 0,5% des foyers fiscaux parmi les plus riches: au-delà de 450000 euros par an par couple avec deux enfants, par exemple) et ne suffira pas loin de là à rétablir un impôt réellement redistributif: la fiscalité sur le patrimoine et sur le capital sont pendant ce temps des points aveugles du projet.        

Surtout, on n'a pas vu Hollande réclamer avec force un contrôle démocratique sur une BCE qui pourrait prêter aux Etats pour l'investissement social, écologique, et la relance de l'activité économique. On ne l'a pas entendu dénoncer les mesures de constitutionnalisation de l'austérité et de la baisse du coût du travail du pacte de stabilité et de croissance pour l'euro. De manière générale, l'absence de mise en mouvement de la société et de proposition de réformes structurelles pour reprendre un contrôle démocratique sur les marchés et les banques laisse penser qu'en cas d'aggravation de la crise de la dette, des attaques des spéculateurs et des agences de notation, Hollande agira probablement de la même manière que Papendréou, Zapatero et Socrates: c'est à dire par la capitalation face au diktats anti-démocratiques et réactionnaires du monde de la finance.    

 

En somme, Je vais enfoncer des portes ouvertes en disant que c'est bien avec un pistolet à bouchon que le chevalier Hollande monte, pour épater la galerie, à l'assaut de la citadelle de la finance, et la réalité de son projet consiste bien pluôt à calmer les attentes populaires car monsieur est le candidat du "sérieux", de la "vérité", dont les certificats d'authentification se décernent dans les milieux de l'oligarchie patronale et politique européenne, et non celui de la combativité sociale pour faire reculer les forces de l'argent. Le dernier mot qui résume l'ambition folle de ce programme revient à Michel Sapin: "Le tout, tout de suite, est d'un autre temps", celui d'avant, celui des dinosaures qui pouvaient encore croire que la gauche avait vocation à changer la vie.  

 

Nous ne demandions pas pourtant un "feu d'artifice de promesses" mais des engagements clairs sur des réformes de structures pour sortir de la crise économique, sociale, démocratique, écologique, culturelle, que traverse notre pays comme le reste de l'Europe à cause de plusieures années de politiques néo-libérales au service du capital. Ces engagements, nous ne les trouvons en France, appuyés sur un dynamique de rassemblement, que dans le Programme Populaire et Partagé du Front de Gauche, L'Humain d'abord.     

 

Ismaël Dupont.  

le 31 janvier 2011.  

 

 

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 07:01

François Hollande a gauchisé son discours dimanche dernier lors de son premier grand meeting de campagne au Bourget retrouvant parait-il des accents mitterrandiens.

A t-il pour autant promis de limiter les CDD et les temps partiels imposés, d'augmenter le salaire minimum et les minima sociaux, de briser la concentration du capital et les conflits d'intérêt dans les médias pour garantir le pluralisme, de démocratiser les institutions, de mettre hors d'état de nuire les agences de notation, de relancer l'activité par la dépense publique et la lutte contre l'austérité, de réformer le financement des Etats pour qu'ils empruntent directement à la BCE ou par le biais d'emprunts forcés aux banques nationales à des taux d'intérêt peu elevé ?  Bien évidemment non. 

L'égalité dans le partage des sacrifices entre les riches et les pauvres à l'horizon d'une rigueur insurmontable, mais surtout pas de nouveaux droits sociaux ou de reconstruction d'une protection sociale et de services publics cassés par la droite: car ce serait mettre trop dangereusement à contribution le capital financier, les entreprises, les grandes fortunes, et donc paraît-il nuire à notre compétitivité dans la mondialisation. 

Rien sur la santé (les déremboursements, les franchises médicales, les hausses des mutuelles à annuler) ou sur les moyens de lutter contre la précarité dans son programme présenté à la presse et aux français il y a deux jours: et une acceptation intolérable de l'essentiel de la réforme Fillon des retraites de 2010. Voilà qui ne devrait pas beaucoup intimider le monde de la finance... Mais faut-il s'en étonner?  

Nous publions ici un lien avec le site internet des éditions Aden, Joli Mai, qui donne des renseignements sur le pedigree distingué des nouveaux chiens de garde du capital qui constituent le conseil économique de François Hollande, pour beaucoup des habitués du très aristocratique et subversif dîner du Siècle comme le nouveau Che Guevara du PS.

 

François Hollande et le monde des affaires. Par Geoffrey Geuens
January 23, 2012

Quand le CAC40 prépare l’alternance

Par Geoffrey Geuens

En choisissant comme directeur de campagne le vice-président du Cercle de l’Industrie – lobby réunissant les PDG des principaux groupes industriels français – le candidat de la gauche de droite aux prochaines élections présidentielles a envoyé un signal, on ne peut plus clair, aux marchés financiers : l’alternance ne constituera pas une menace, bien au contraire, pour les classes possédantes. Après José Sócrates, José Luis Zapatero, George Papandréou et Elio Di Rupo, François Hollande sera-t-il le prochain dirigeant socialiste à prétexter la « crise des dettes publiques » pour imposer aux travailleurs l’austérité et la régression sociale ? Au vu du pédigrée de ses responsables de campagne, il y a tout lieu de le craindre : c’est que les principaux conseillers dudit candidat se signalent par leur proximité avec le monde des affaires et leur volonté de rassurer l’Europe des marchés. A moins de quatre mois des élections, un passage en revue des troupes s’imposait.

Pierre Moscovici (directeur de campagne)

Ex-ministre en charge des Affaires européennes dans le gouvernement de Lionel Jospin,  Pierre Moscovici est vice-président du Cercle de l’Industrie. Ce lobby, représentant les intérêts des trusts français à l’échelle européenne, a été créé en 1993 par Raymond Lévy, alors président de Renault, et Dominique Strauss-Kahn, qui venait tout juste de quitter le ministère de l’Industrie et du Commerce extérieur. Partenaire du MEDEF, de l’Institut de l’Entreprise et de la Table ronde des Industriels européens, le Cercle de l’Industrie s’est doté du conseil d’administration bipartisan suivant :

Denis Ranque (président)
Administrateur de CMA-CGM, de Saint-Gobain et du Fonds Stratégique d’Investissement français ; ex-PDG de Thalès

Pierre Moscovici (vice-président)
Membre du Parti socialiste, ancien ministre chargé des Affaires européennes (1997-2002)

Alain Lamassoure (vice-président)
Membre de l’UMP, ancien ministre chargé des Affaires européennes (1993-95)

Jean-Yves Naouri (trésorier)
Directeur des opérations du groupe Publicis. Son frère, Jean-Charles Naouri, a été directeur de cabinet de Bérégovoy à Bercy et associé-gérant de Rothschild & Cie Banque, avant de prendre le contrôle du groupe de distribution Casino, et de devenir l’une des plus importantes fortunes de France estimée, en 2011, à 883 millions d’euros par le magazine écofi Challenges. Jean-Charles Naouri est aussi conseiller de la Banque de France, administrateur de Rothschild & Cie Banque et de Fimalac. Cette dernière holding, chapeautant l’agence de notation Fitch Ratings, appartient à un proche de Laurent Fabius : Marc Ladreit de Lacharrière.

Benoît Potier (administrateur)
PDG d’Air Liquide, administrateur de Danone et de Michelin, vice-président de la Table ronde des Industriels européens

Louis Gallois (administrateur)
PDG d’EADS, administrateur de Michelin, ex-directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement au ministère de la Défense

Pierre-André de Chalendar (administrateur)
PDG de Saint-Gobain, administrateur de Veolia Environnement

Pierre Gadonneix (administrateur)
Président d’honneur d’EDF, ex-administrateur de France Télécom, Elf-Erap, Usinor, Renault

Bertrand Collomb (administrateur)
Administrateur des sociétés Total, DuPont et Reuters Founders Share Company, conseiller de la Banque de France, président d’honneur de Lafarge et ex-vice-président d’Unilever

Michel Sapin (responsable du projet présidentiel)

Ancien ministre délégué à la Justice (1991-92), ministre de l’Économie et des Finances (1992-93), et ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’État (2000-02), Michel Sapin pourra, en cas de victoire à la présidentielle, s’appuyer sur ses ex-conseillers : Thierry Aulagnon (directeur de cabinet à Bercy) est membre du comité de direction de la Société générale ; Eric Lombard (conseiller technique à Bercy) est président de BNP Paribas Cardif et du Groupement français des Bancassureurs ; quant à Godefroy Beauvallet (conseiller e-Government au ministère de la Fonction publique), il dirige actuellement le Fonds Axa pour la Recherche.

Les conseillers économiques de François Hollande (1)

Elie Cohen
Directeur de recherche au CNRS et à Sciences Po, membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre, il est aussi administrateur des firmes EDF Energies Nouvelles, Steria et PagesJaunes, ex-administrateur d’Orange et Vigeo.

Jean-Hervé Lorenzi
Professeur à l’Université Paris-Dauphine, président du Cercle des économistes, membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre, ex-conseiller du président du groupe Havas et du Premier ministre socialiste Edith Cresson, actuel administrateur de BNP Paribas Assurances, de la Cie financière Edmond de Rothschild, et membre du conseil d’orientation de l’Institut Montaigne, think tank créé par Claude Bébéar (Axa).

Jean-Paul Fitoussi
Président de l’Observatoire français de la conjoncture économique (OFCE), membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre, ex-coordonnateur de la « Commission sur la performance économique et le progrès social » – lancée à l’initiative du président Sarkozy – et président de la sous-commission de la « Commission des Nations-Unies sur la Réforme du système monétaire et financier international », ce chroniqueur du Monde et de La Republicca est aussi administrateur du trust financier italien Sanpaolo IMI, de Telecom Italia et de Banca Sella Holding.

Emmanuel Macron
Ancien membre de la « Commission Attali pour la libération de la croissance » – installée par le président Sarkozy – et actuel associé-gérant chez Rothschild & Cie Banque.

Stéphane Boujnah
Ex-membre de la « Commission Attali pour la libération de la croissance » et conseiller de Dominique Strauss-Kahn à Bercy, il est aujourd’hui le patron de la branche française du groupe financier espagnol Santander.

Forts de leurs positions dans le monde des mass-médias (Libé, Le Nouvel Observateur, Le Monde), les jeunes loups du capitalisme à la française sont désormais en mesure de faire coup double : dénoncer, à longueur de chroniques ampoulées, les « excès » des marchés financiers, tout en bénéficiant des profits symboliques et, plus encore, matériels associés à leur statut de dirigeants de la haute banque et de la grande industrie. Un économiste tel que Daniel Cohen – membre de l’équipe de campagne de Martine Aubry – a pu ainsi prêcher la bonne parole « régulationniste » dans l’émission de France Télévisions « Fric, Krach et gueule de bois », à l’appui de poncifs sur les traders fous, l’aveuglement libéral et la droite de Reagan et Thatcher, sans que Pierre Arditi, animateur de la soirée, ne juge bon de préciser que cet éditorialiste au Monde siégeait, au même moment, à la banque d’affaires Lazard, au conseil scientifique de la Fondation Jean-Jaurès et au think tank « A Gauche, en Europe », une boîte à idées sociale-libérale créée par Rocard, Strauss-Kahn et Moscovici. La boucle est bouclée.

(1) Pour plus d’informations sur la contribution apportée par ces économistes à la campagne de François Hollande, lire Fanny Guinochet et Gaëlle Macke, « Ces économistes et ces patrons qui soutiennent François Hollande », Challenges, 16 octobre 2011.

Pour en savoir plus sur les travaux de Geoffrey Geuens, vous pouvez lire son ouvrage, La finance imaginaire, aux éditions Aden : http://www.aden.be/index.php?aden=la-finance-imaginaire

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 06:55

MARINE LE PEN VOUS MENT !

 

 LE FRONT DE GAUCHE VOUS DEFEND !

 

SORTIR DE L'Euro ?

Avec un franc qui serait dévalué de 20 %, la dette extérieure de l'Etat augmenterait instantanément de 25 %, et les taux d'intérêts risqueraient de monter très haut. Au profit de qui ? Des rentiers, français ou étrangers.

Ce n'est pas l'Euro qu'il faut abandonner, mais la façon dont il est géré par la BCE, au profit des rentiers, alors qu'il pourrait être un outil de progrès social pour toute l'Europe.

 

TAXER LES PRODUITS ETRANGERS AUX FRONTIERES DE LA FRANCE ?

Ce serait provoquer une riposte du même genre des pays voisins, et nos industries exportatrices seraient pénalisées à leur tour.

Ce ne sont pas les frontières de la France qu'il faut fermer aux produits étrangers, mais celles de l'Europe qu'il ne faut pas laisser grandes ouvertes sans rien imposer aux chinois, aux indiens ou aux américains.

 

AUGMENTER LES SALAIRES EN SUPPRIMANT LES COTISATIONS SOCIALES ?

Ce serait démolir la Sécurité Sociale et notre système de retraite par répartition. Au profit de qui ? Au profit de retraites par capitalisation, gérées par des assurances privées, sans aucune garantie : Mme Le Pen défend là les mêmes intérêts que les frères Sarkozy, Guillaume (assureur privé) et Nicolas (celui qu'on va virer).

 

VERSER UN SALAIRE AUX FEMMES AU FOYER ?

Au Front de Gauche, nous pensons que les femmes ont le droit de travailler comme les hommes, que les tâches familiales doivent être partagées au sein des couples, et qu'il faut développer l'aide à la petite enfance.

 

Et avec quelles recettes Mme Le Pen propose-t-elle cela ? Aucune, ou presque ! Comme son père, c'est une démagogue, qui fait semblant de proposer des allocations nouvelles, alors qu'elle propose de baisser toutes les cotisations sociales et tous les impôts.

 

Au contraire, le Front de Gauche n'hésite pas à dire qu'il faut que les grandes entreprises soient imposées au moins autant que les petites, que l'impôt sur le revenu des ménages soit plus élevé pour les ménages aisés, et beaucoup plus élevé pour les ménages très aisés, et qu'il faut que l'impôt sur les successions et donations soit beaucoup plus fort pour les grandes fortunes.

 

L'augmentation de tous ces impôts directs serait un moyen de favoriser le développement d'activités qui créeraient des emplois non-délocalisables, et qui amélioreraient votre pouvoir d'achat et vos conditions de vie :

-Construire 200 000 logements sociaux par an pendant cinq ans, ce serait donner du confort aux ménages les plus modestes et aux jeunes travailleurs, tout en favorisant la baisse des loyers pour beaucoup de locataires ;

- Développer les transports collectifs de proximité, en particulier dans et autour des petites villes, ça améliorerait votre budget en vous permettant d'avoir une voiture de moins à la maison ou au pied de votre immeuble ;

- Réinstaller en France des industries anciennes, développer des industries nouvelles, en particulier dans les énergies renouvelables utilisant la force des marées et des courants marins, la force du vent, la chaleur et la lumière du soleil, ce serait à la fois créer des emplois et assurer l'avenir de la France.

 

Voilà en quelques lignes ce que vous propose le Front de Gauche, pendant que Mme Le Pen radote sur la "préférence nationale" et l'expulsion des immigrés, où elle est pire que Guéant et Sarkozy : les immigrés paient leurs impôts (à commencer par la TVA, comme tous les habitants du pays) et leurs cotisations sociales. Contrairement à ce que dit Mme Le Pen, ils versent davantage d'argent à l'Etat et à la Sécurité sociale qu'ils n'en reçoivent.

 

N'ECOUTEZ PAS CELLE QUI CHERCHE A OPPOSER LES FRANÇAIS AUX ETRANGERS : DIVISER LE PEUPLE A TOUJOURS SERVI LES INTERETS DES SUPER-RICHES DES PATRONS LES PLUS BRUTAUX.

 

Hervé Penven.

(proposition d'un tract pour le collectif Front de Gauche de Morlaix).

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