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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 16:05

Un lundi sur France 2, dans l’émission « Mots croisés » du révérend père Calvi on échangeait sur le thème : « Rigueur en campagne ». Invités principaux Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande candidat qui … « n’a pas encore de programme » et Bruno Lemaire chercheur d’idées d’un président, pas encore candidat ce qui ne l’empêche pas de battre la campagne.

 

Cravatés du dimanche, ces deux « responsables » devisaient de façon très urbaine, sur la potion qu’il faudrait bien administrer à notre peuple. Bien sûr, ils ergotaient de temps en temps sur telle ou telle formulation, sur les responsabilités de l’un ou l’autre camp dans la situation actuelle, sur l’inanité des propositions de l’un ou l’autre candidat .

 

Mais l’essentiel n’était pas là. Il s’agissait pour eux de prouver à qui de droit que leur poulain était le plus « raisonnable » et donc le plus à même d’accéder à la dignité de GRAND RIGORISTE au service et à la dévotion de la déesse FINANCE INTERNATIONALE.

 

Participait également à cette émission Dominique REYNIE, squater régulier de tous les plateaux télé où l’on parle de politique ou d’économie. Prof à Sciences Po il est également directeur général de la Fondation pour l’Innovation Politique, cercle de réflexion (think tank comme disent ceux qui veulent paraître dans le coup) proche de l’UMP et financé à 80 % par des fonds publics.

 

Fort de l’autorité de son statut de « spécialiste » invité dans toutes les émissions, ce personnage asséna la forte déclaration suivante : compte tenu de la situation de la France il faudra bien abandonner l’une après l’autre les garanties dont bénéficient les Français. Sous-entendu « dont ils abusent ».

 

Certes il ne faisait que reprendre à son compte la « pensée » de Denis Kessler, ancien vice-président du MEDEF, qui déclarait en 2007 : « il s’agit aujourd’hui de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la résistance ».

 

Aucun des deux invités principaux, représentant les candidats de droite et du PS à l’élection présidentielle, ne trouva opportun de rebondir sur cette déclaration, soit pour l’approuver soit pour la condamner.

 

Je mérite certainement une médaille car j’ai suivi l’émission jusqu’au bout. Et j’ai été récompensé. A un moment, parlant du programme qu’il est chargé de concocter pour Nicolas Sarkozy, Bruno Lemaire indiqua que,bien entendu, l’UMP demanderait l’avis de la CDU (la droite allemande) pour voir si ce programme ne mettait pas en cause la convergence nécessaire de leurs politiques.

 

Cette fois-ci Moscovici réagit pour dire… que le PS fera la même chose.

 

Un seul moment d’air frais lors de cette émission : lorsque Olivier DUHAMEL (un autre politologue) qui n’a pourtant pas la réputation d’être un dangereux révolutionnaire, déclara, à propos des propositions de Jean-Luc MELENCHON, qu’il n’était pas « anormal » que les électeurs de gauche demandent à un candidat de gauche, de défendre une politique de gauche ».

 

Etonnant ! Aucun des deux invités-vedettes ne jugea bon de rebondir sur cette remarque pourtant de bon sens.

 

Je tire de cette émission 4 conclusions :

 

1 – il n’y a pas de sortie possible de la situation actuelle sans remise en cause radicale de la domination sans partage de la finance.

 

2 – cette remise en cause suppose des mesures courageuses, à l’opposé de ce que les différents gouvernements ont mis en œuvre depuis des dizaines d’années ;

 

3 – à l’évidence les forces de gauche sont loin d’être sur la même longueur d’onde et sur les causes de la situation et sur les moyens d’en sortir et sur l’avenir.

 

4 – la victoire contre Sarkozy passe par la confrontation, devant le peuple, des positions des uns et des autres afin de lui permettre de faire entendre ses attentes et ses exigences et de participer à l’élaboration des réponses.

 

 

C’est la démarche du Front de Gauche, de son candidat à la Présidentielle (Jean-Luc MELENCHON) et de ses candidats aux législatives (Ismaël DUPONT et Marie HUON dans la 4ème circonscription) en proposant aux forces de gauche d’en débattre. Force est de constater qu’il n’y a pas une farouche volonté d’y répondre.

 

 

ENSEMBLE FAISONS MONTER L’EXIGENCE D’UNE DEMOCRATIE REELLE.

 

Alain DAVID  

 

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 06:54

Il y avait le lundi 14 novembre un mouvement de grève nationale à Pôle emploi à l'appel de du SNU Pôle emploi, se rattachant à la FSU. Il s'agissait de protester contre:

- la suppression de 1800 CDD non reconduits cette année

- la stagnation du budget de Pôle emploi en 2012 alors que le nombre de demandeurs d'emplois enregistrés atteint un pic de 4 millions qu'il n'avait pas connu depuis 11 ans (depuis 3 ans, 680.000 demandeurs d'emplois nouveaux ont été enregistrés).

- l'application mécanique de la décision de non-remplacement d'un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite qui a abouti à la suppression de 1600 emplois ces deux dernières années quand 2000 nouvelles suppressions de poste sont déjà programmées.

- une prise en charge des demandeurs d'emploi déshumanisée en raison du manque d'effectif, mais aussi des nouvelles normes de management, de la politique de la radiation, de la suspicion et du contrôle social vis à vis des chômeurs.

En moyenne, en 2008, un agent de Pôle emploi suivait 85 demandeurs d'emploi. Aujourd'hui, c'est plutôt 150, et en région Bretagne comme en région parisienne, le ratio est souvent plutôt de un agent pour 200 à 250 chômeurs... 

Les agents de Pôle emploi gèrent les flux comme ils le peuvent: les usagers doivent fatalement se sentir de plus en plus réduits à des matricules devant rentrer dans des cases en fonction de leur employabilité... Une salariée dénonçait hier dans la presse (article repris par le très pédagogique blog finistérien, réalisé par deux et ex-salariés de l'ANPE, dénonçant l'évolution du service public de l'emploi: La Fusion pour les Nuls) la "dictature du chiffre": "la direction n'attend que des données statistiques de son personnel", et surtout pas d'investissement réellement suivi et particularisé vis à vis des demandeurs d'emplois. "Nous sommes en pleine deshumanisation, déclarait hier une autre employée rentrée à l'ANPE en 2000. L'usager est devenu une marchandise. D'ailleurs, nos animateurs d'équipe s'appellent maintenant des responsables d'équipe de production. La production, quel terme horrible quand on parle d'accueil d'êtres humains". 

- De la même manière que l'on ne peut plus déplacer ou prendre un rendez-vous pour parler directement à un conseiller de pôle emploi en agence, il n'y a plus de ligne directe pour appeler une agence de Pôle emploi: le central d'appel est le seul moyen de contacter Pôle emploi. Au bout du fil, des employés en CDD remplacés tous les six mois avec seulement 4 jours de formation, excèdent les chômeurs en leur servant des discours pré-fabriqués et inadaptés. Le résultat, une syndicaliste SNU le rappelle: "les usagers débarquent dans les agences chargés de rancoeur et d'agressivité". 

- Cette rancoeur est entretenue aussi par le rappel constant de la radiation possible en cas d'absence à un rendez-vous téléphonique ou à Pôle emploi, de refus de plusieurs emplois successifs, mais aussi par l'allongement du délai d'attente à 2 mois pour pouvoir bénéficier d'un début de prise en charge. Cela a pour effet de multiplier les altercations, voire les agressions entre chômeurs et salariés de Pôle emploi.

Récemment, un chômeur a essayé de se suicider dans une agence de Saint Denis. Le 17 octobre, il y a eu une prise d'otage au Pôle emploi du XIème arrondissement de Paris. Les agressions ont augmenté de 20% depuis le premier trimestre 2011, conséquence des transformations des missions et des moyens des agents depuis la fusion ANPE-Unedic de 2008, mais aussi de la violence de la crise et de la prise en charge de plus en plus standarisée et repressive des chômeurs.

- A Pôle emploi, d'ailleurs, on recrute de moins en moins de travailleurs sociaux, alors qu'ils étaient majoritaires depuis les années 1970 à l'ANPE, et de plus en plus de commerciaux chargés d'optimiser, de vendre, ou d'adapter au besoin de l'entreprise les usagers-clients, mais aussi peut-être de les radier sans trop d'état d'âme s'ils sont trop rétifs à l'employabilité. La mise en place de plateformes régionales pour le contact avec les entreprises a de plus détruit le lien qui existait entre les sociétés locales et leur référent au sein des agences. Les agents Pôle emploi ne peuvent plus exercer vraiment leur rôle traditionnel d'intermédiaire entre employeurs et demandeurs d'emploi, se contentant désormais de faire passer les chômeurs dans des cases administratives pour les guider dans leur parcours du combattant. C'est un appauvrissement  de leurs missions que les agents supportent mal.    

 

Sur le blog La Fusion pour les Nuls, on peut lire un exemple des raisons du mécontentement des agents de Pôle Emploi, en l'occurence ceux de Saint Brieuc, qui expliquent à travers une liste de dysfonctionnements les raisons de leur participation à la grève départementale du 18 octobre, en solidarité avec les grévistes des agences de Brest, qui ont maintenu leur mouvement près d'une semaine:

 

- Rendez-vous pour les demandeurs d'emploi à plus de 30 jours.

- disparition des courriers par voie postale, remplacés par des SMS, courriels: non respect des procédures légales.

- indemnisation différée de 30 jours sans paiement des allocations.

-suivi professionnel inexistant: pas de renseignement sur l'indemnisation et pas de conseil sur le projet professionnel.

-les convocations virtuelles déclenchent des radiations réelles.

-les entreprises ne peuvent plus nous joindre, nous ne sommes plus en capacité de rencontrer les employeurs: il n'y a donc plus d'offres d'emploi à proposer.

 

Face à cet état de fait, le Front de Gauche demande d'autres objectifs, d'autres méthodes de gestion du personnel, et plus de moyens et de considération pour les chômeurs et les personnels au service public de l'emploi. Il se bat pour  la marginalisation, décidée dans la loi (5% d'emploi précaires dans les grandes entreprises au maximum, 10% dans les PME) des contrats précaires et des temps partiels imposés qui expliquent la faible indemnisation de certains chômeurs ayant des emplois irréguliers et des carrières en dent de scie. Mais aussi pour la prise en charge des jeunes sortant du système scolaire par une sécurité sociale professionnelle leur assurant l'autonomie avant leurs premières embauches. Parmi les centaines de milliers de chômeurs pauvres, les jeunes sont parmi les catégories les plus representées. Elever le niveau de qualification à l'école et par la formation professionnelle contenue prise en charge par cette sécurité sociale professionnelle est également un moyen de favoriser la lutte contre le chômage, à condition que l'on n'accepte pas d'emblée la désindustrialisation ou la disparition de toute économie productive au profit de la conversion à une économie de services qui repartit les salariés entre des emplois peu qualifiés, reconnus et dévalorisés (services à la personne, ...) et des emplois de cadres commerciaux.    

Notre solution pour augmenter les salaires et lutter contre les déficits de la caisse d'assurance chômage passe par des mesures résolues de lutte contre le chômage, non pas en s'attaquant une nouvelle fois aux charges patronales et salariales qui financent la protection sociale, au nom de la course à la compétitivité de nos entreprises, fausse solution qui a montré son inefficacité car on ne rattrapera jamais l'attractivité des chinois ou des roumains en termes de bas coût du travail, mais en imposant une rupture avec les recettes économiques néo-libérales appliquées depuis 30 ans pour le plus grand profit du capital.

Nous voulons ainsi agir contre le chômage de masse en rendant effective la réduction du temps de travail (suppression de la réduction des charges sociales sur les heures supplémentaires) avec les embauches qui doivent aller avec. Les autres moyens que nous proposons au débat public de combattre les politiques monétaristes de la BCE favorables aux rentiers mais non à la relance de l'activité, d'en finir avec le dogme sacro-saint en Europe du libre-échange- entendez la concurrence libre et faussée par le dumping social des salaires bas des pays émergents, le dumping écologique et fiscal- qui favorise les délocalisations et la désindustrialisation. Nous voulons également une réappropriation publique du secteur bancaire afin d'orienter le crédit vers l'investissement utile pour l'emploi, les solidarités, et la conversion écologique de notre économie.

Nous visons enfin la définition d'une nouvelle convention Unedic pour mettre fin aux radiations, cesser le contrôle suspicieux des chômeurs et rééavaluer les indemnisations chômage des précaires et des chômeurs de longue durée afin qu'elles ne puissent en aucun cas se situer en dessous du seuil de pauvreté. Ces mesures s'ajoutent à d'autres en faveur notamment d'un accès de tous à un logement décent, à la santé, au transport, à la culture, au sport...etc.   

 

Avant-hier, j'ai été interloqué à cet égard d'entendre sur France Culture que le député socialiste responsable de la commission parlementaire réfléchissant au devenir de l'assurance-chômage avait pu proposer de réduire la prise en charge des chômeurs d'un an pour faire faire de nouvelles économies à l'UNEDIC. François Hollande et ses lieutenants cherchent semble t-il davantage à se crédibiliser vis à vis des milieux d'affaire (Michel Sapin, le responsable du projet présidentiel socialiste, organisait hier un dîner de séduction avec les principaux gestionnaires de portefeuilles de France pour montrer que, non, décidemment, il n'y avait rien à craindre de François Hollande de ce côté là)  que des français qui sont exposés à la précarité et au mal être au travail.

 

De manière plus prévisible, ces derniers mois, l'UMP allume ses contre-feux à la progression des thématiques de gauche et détourne l'attention du public de la dictature de la finance qui s'installe en Europe, creusant la recession par l'austérité, en martelant un discours poujadiste irrespectueux des personnes en souffrance, ayant pour but de diviser les français et de désigner des boucs-émissaires qui éloignent le regard du travail non déclaré par les entreprises, des exonérations de charges patronales et des évasions fiscales qui grèvent bien davantage les comptes de l'Etat et des caisses de protection sociale. Ce discours est honteusement adossé à un objectif prétendu de défense de la protection sociale alors qu'il vise à la démanteler et à faire croire aux français que l'excès de protection sociale est responsable de la crise de la dette. On s'insurge ainsi contre les assistés, "cancers de la société" selon Wauquiez, sur les profiteurs de la France d'en bas, salariés tire-au-flanc, malades imaginaires, à qui serait dû, plutôt qu'aux allégements de charges sociales et au stress entrenu au travail pour une meilleure productivité et de plus grands profits, le déficit de la sécurité sociale. 

La droite ne promet cependant aucune mesure supplémentaire pour dissuader ou poursuivre réellement les abus isolés éventuels: elle transforme la maladie au travail en faute professionnelle, brise des droits collectifs et considère tous les salariés comme des fraudeurs en puissance, en leur enlevant, dans le public comme dans le privé, une journée de salaire en cas de maladie, ce qui est aussi un moyen de stigmatiser les salariés du public, honteusement avantagés jusqu'ici par rapport à ceux du privé, avec leur absence de délai de carence pour l'indemnisation par l'assurance maladie (sachant que les 3 jours de délais de carence du privé étaient généralement indemnisés par des mutuelles).

 

Les chômeurs sont eux aussi visés par ce discours stigmatisant visant à réduire les solidarités sous prétexte qu'elles réduisent la compétitivité de nos entreprises ou bénéficient parfois à des "fainéants profiteurs" dont elles "entretiennent la paresse".  Jean-Baptiste Say, l'économiste libéral de la restauration, disait déjà pour lutter contre l'assistance publique aux pauvres sans travail qu'il n'y avait pas de plus efficace stimulant pour l'activité que l'aiguillon de la misère et du spectacle de la misère des autres, ceux "qui ne se prennent pas en charge". En janvier 2011 et août 2011, Pierre Méhaignerie et Bruno Le Maire avaient ouvert une brèche pour réduire les allocations chômage et la durée d'indemnisation en s'appuyant sur une analyse tronquée de la spécificité de notre régime d'indemnisation par rapport aux autres Etats européens.

 

En France, rappelons que plus du tiers des demandeurs d'emploi sont en situation de pauvreté, que 40% d'entre eux ne sont indemnisés ni par l'assurance chômage, ni par l''allocation de solidarité spécifique versée à des chômeurs en fin de droit (l'ASS) et que le taux de demandeurs d'emploi indemnisés par l'assurance chômage n'est que de 50%. Les chômeurs ont droit à 23 mois d'allocation sans dégressivité à condition d'avoir travaillé autant de temps d'affilé au moins, le principe étant, qu'à partir de 4 mois travaillés, on bénéfice d'une journée d'indemnisation chômage pour une journée travaillée, la durée d'indemnisation étant calquée sur la durée du travail. La France s'écarte du modèle dominant en Europe en ayant le taux de cotisation pour l'assurance chômage le plus élevé (6,4% du salaire brut) et le plafond d'allocation le plus haut également (5800 euros nets par mois alors qu'il est plafonné ailleurs à environ 2500 euros mensuels) qui ne prend pas en compte la situation de famille de l'assuré. C'est que l'indemnisation chômage n'est pas conçue comme une assistance mais comme un droit obtenu grâce à une cotisation de type assurantielle permettant une mutualisation des risques. En termes de pourcentage de son ancien salaire, le taux d'indemnisation varie de 57% à 75%, contre 90% au Danemark, 80% en Suisse, 70 à 75% aux Pays-Bas.  Selon un article de Samuel Laurent dans Le Monde  démentant les mensonges de Méhaignerie en janvier 2011:" Notre pays n'est pas non plus le seul pays à offrir une durée du chômage sans dégressivité de presque deux ans.  Sur 11 pays européens en 2008, l'Allemagne, l'Espagne ou la Suisse indemnisent également vingt-quatre mois. Au Danemark, l'indemnisation est de quatre ans maximum. Au Pays-Bas ou au Portugal, elle peut aller jusqu'à trente-huit mois. De même, le système français d'indemnisation chômage, certes généreux, n'est pas le plus généreux d'Europe : avec un taux de remplacement de 57 % du salaire sur soixante mois, notre pays n'est que troisième, derrière l'Allemagne ou les Pays-Bas. Et en matière d'effort d'indemnisation, c'est-à-dire la part de richesse nationale consacrée au versement des allocations chômage, la France est au quatrième rang, derrière les Pays-Bas, l'Allemagne et la Belgique".

 

Ismaël Dupont.  

 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 08:28
C’est sous Giscard d’Estaing, dans une période de début de crise économique, de désindustrialisation et de chômage de masse que la droite, en véritable apprenti sorcier, a commencé à faire de l’immigration un problème pour l’emploi et la conservation de notre identité nationale. Victorieuse en 1981, la gauche, portée les années précédentes par l'activisme des associations de défense des droits des immigrés, a interrompu ses politiques discriminantes de restriction du regroupement familial, de reconduites à la frontière sur des critères ethniques, et elle a réformé le code de la nationalité et le droit de résidence en un sens humaniste.
Seulement, après 1983, le tournant de la rigueur, l’abandon de pans entiers de l’industrie française, la montée du chômage, de la précarité, et des logiques de ségrégation ethnique et sociale dans les quartiers populaires, ont donné du poids aux messages simplistes du Front national associant immigration et chômage et réclamant la préférence nationale. La peur du déclassement, la disparition progressive des collectifs de travail multi-culturels et la perte de repères idéologiques liés à la désindustrialisation et à la perte d'influence du PCF ont nourri ces progrès du vote FN dans les classes populaires. Ce parti issu de l’extrême droite traditionnelle - anticommuniste, antisémite et raciste, chrétienne intégriste, collaborationniste et colonialiste – parvint à séduire grâce à un leader charismatique utilisant toutes les ressources du contexte de désorientation idéologique et sociale et malgré un programme économique et social ultra-libéral inspiré de Reagan.
La réponse de la gauche mitterrandienne a été catastrophique. Sans même parler de l'introduction politicienne du scrutin proportionnel pour mettre le FN en position d'affaiblir le RPR, le recours trop systématique à la rhétorique anti-raciste, la valorisation des vertus du métissage, du cosmopolitisme et de la différence, la stigmatisation hautaine et bien-pensante par les belles âmes de la gauche caviar du fascisme ordinaire des ploucs franchouillards, ont constitué des diversions commodes dissuadant d’analyser les causes politiques et sociales de la montée de l’extrême droite et de l’abstention ouvrière et permettant du même coup de détourner le regard de tous les renoncements de la gauche de gouvernement convertie au libéralisme. SOS racisme, les manifs et les badges « Touche pas à mon pote », la générosité de plateaux télévisés, n’étaient pas en mesure de satisfaire les revendications d’égalité sociale de la marche des Beurs de l’automne 1983, pas plus qu’ils n’ont fait perdre une voix au Front National.
Pire, la droite gouvernementale elle-même est parvenue peu à peu à capter une partie non négligeable de l’électorat populaire traditionnellement acquis à la gauche en nourrissant les fantasmes sur l’insécurité, le caractère inassimilable de l’immigration africaine ou nord-africaine, le dépérissement annoncé de l’identité culturelle et ethnique française, les pratiques d’assistés d’immigrés présentés comme des profiteurs et des nuisibles. En 2002, c’est parce qu’il avait accepté la prétendue impuissance de l’Etat face aux délocalisations et aux licenciements boursiers, parce qu’il s’excusait d’être socialiste plus que de présenter un projet qui ne l’était pas, parce qu’il avait mené depuis 2 ans une politique de privatisation et de défiscalisation des activités financières que Jospin a nourri l’abstention ou la dispersion de l’électorat de gauche et n’a pas été en mesure d’arriver devant Le Pen au deuxième tour. Le score du FN au second tour cette année maudite montrait néanmoins que le péril d’une victoire en France de l’extrême droite était largement surévalué. Toutefois, ce poids politique conquis par le FN qui se nourrit des fractures sociales et géographiques entre les ruraux et les urbains a eu pour effet indirect de remobiliser l’électorat de gauche, au nom du vote utile, derrière un PS dénué de projet historique et ambition sociale véritable. La consolidation de ce vote de ressentiment, d’indignation et de xénophobie en faveur du FN a durci considérablement les politiques de la droite gouvernementale vis à vis des étrangers sans-papiers, des immigrés et des soi-disant assistés, des jeunes, des règles ordinaires de justice, jusqu'à aboutir à une situation, celle que nous connaissons depuis la victoire de Sarkozy en 2007, où tous les principes républicains fondamentaux qui protègent la liberté des citoyens, l’égalité de droit, l’accès à la nationalité et la prise en compte de l’humain, sont bafoués avec une morgue et un cynisme absolus par une droite de gouvernement qui a fait siennes bon nombre des propositions du FN.
Pour contrer le Front National, il ne faut plus désormais s’excuser d’être de gauche, internationaliste, sensible aux droits universels de l'homme et donc au sort des étrangers venus en France pour fuir la misère, l'absence d'avenir, de liberté, de sécurité. Il ne faut pas non plus chercher à copier Sarkozy dans la gesticulation sécuritaire. La gauche doit à l'inverse retrouver une ambition collective et reconquérir des marges de manœuvre économiques pour créer des emplois, lutter contre la précarité et le dépérissement de certaines zones urbaines désindustrialisées, agir pour une vraie mixité sociale et ethnique dans les villes, les écoles, les assemblées politiques et les emplois. Il faut qu’elle parvienne grâce au travail militant dans les quartiers et à la perspective politique crédible de transformation sociale qu’elle peut lui offrir, à condition de desserrer l'étau de la domination de la finance et du libéralisme, à refaire voter l’électorat populaire abstentionniste, bien plus important numériquement que celui qui vote pour le FN. Il ne faut surtout pas qu’elle se concentre exclusivement, comme la très social-libérale fondation Terra Nova le lui propose, sur ce noyau dur prétendu de son électorat que seraient les classes moyennes urbaines et éduquées, sensibles aux thématiques sociétales et à la valorisation de la société ouverte et de l’Europe fédérale, au détriment d'une prise en charge sérieuse des problèmes des inégalités, du chômage de masse, des délocalisations et de la précarité.
Ismaël Dupont
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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 19:28

"La leçon d'économie de Sarkozy" (titre du Télégramme en page 2 aujourd'hui); "le président de la République s'est livré hier soir à un exercice de pédagogie sur la crise de la dette" (page 2 du Ouest France ce 28 octobre): la grande machinerie médiatique à fabriquer du consentement ou de la résignation à la régression sociale se remet en marche.

 

L'accord signé par les participants du sommet européen du 26 octobre est censé avoir "sauvé l'Euro", "sauvé l'Europe", voire "évité une catastrophe mondiale" (Ouest France, p.2). En attendant, certains du côté des palais de la finance où l'on spécule depuis trois ans sur les dettes des Etats européens, se régalent de cet accord pour une mise au pas des démocraties européennes et une préparation de transferts massifs de l'argent des contribuables vers les banques en cas de défaut des Etats les plus endettés. En une journée, les valeurs de la bourse de Paris ont progressé de 6,28%, celles de Francfort de 5,35%, celles de New-York de 3% environ.   

 

Un point positif: la restructuration de la dette grecque. Malgré les résistances du secteur bancaire, les créanciers de la Grèce renoncent d'ici 2020 à 50% de leurs créances sur la dette du pays par l'intermédiaire d'une décote de leurs titres de dette. Cela représente un effacement de 100 milliards d'euros de la dette grecque, dont le montant actuel de 350 milliards d'euros à été plus que nourri par l'énormité des intérêts extorqués par les banques et les fonds d'investissement. Cette mesure scelle l'échec absolu de deux ans d'hyper-austérité imposée à la Grèce qui a fait doubler le poids de sa dette et qui a rendu les taux d'intérêt qu'on lui octroie pour de nouveaux emprunts inacceptables. En même temps, cette mesure est assortie d'un contrôle encore plus sévère par les créanciers, la BCE, la commission et les Etats européens les plus puissants tels que la France et l'Allemagne de l'effectivité des réformes ultra-libérales de privatisation, de baisse des salaires et des pensions, de démantèlement de la protection sociale et de hausse d'impôts pour les plus modestes imposés aux grecs.

 

En échange de cette décision tardive et inévitable (car les Grecs n'auraient jamais pu rembourser en s'enfonçant chaque jour davantage dans la récession et la misère) de restructurer la dette grecque, les dirigeants européens se sont accordés pour généraliser la rigueur, accroître le contrôle budgétaire des dépenses publiques par le biais notamment du carcan budgétaire de la "règle d'or" à inscrire dans les constitutions pour 2012.   

 

Surtout, les dirigeants européens, grâce à la poigne de fer de Merkel et Sarkozy, ont accepté que l'argent des salariés servent à augmenter les moyens du Fonds de stabilité de la zone euro sous la forme d'une garantie passant de 400 milliards à 1000 milliards, grossissant- un peu actuellement et beaucoup prochainement - la dette des Etats, ce qui sert en retour à justifier une hausse de la TVA, une pression accrue sur les salaires, une mise à mal de la Sécurité sociale, un allongement de la durée du travail.

 

Ce Fonds européen de stabilité permet de prêter avec l'argent des Etats les moins en difficulté, qui l'empruntent eux-mêmes aux banques, de l'argent aux Etats au bord du défaut de paiement à des taux d'intérêt inférieurs au marché, mais évidemment sans garanties de remboursement autres que celles qui sont assurées par la prise de contrôle des politiques économiques et sociales de ces Etats surendettés et vassalisés. Le Fonds peut aussi aller jusqu'à acheter directement des titres de la dette publique d'Etats en difficulté auprès des banques. 

 

Ce plan qui ne réforme rien en profondeur pour toucher aux causes de la crise financière et de la crise de la dette, il se contente degarantir que ces manifestations morbides d'un capitalisme débridé profiteront le plus possible aux capitalistes.  

 

Patrick Le Hyaric l'analyse très bien dans un éditorial de L'Humanité:

 

"Aucune décision n'est prise pour la relance de l'investissement productif. Pourtant, la solution existe! Elle consiste à transformer le fonds financier européen en un fonds de développement social, écologique et humain. De l'abonder grâce à un rôle nouveau de la Banque centrale européenne et à son pouvoir de création monétaire, tout en imagineant un nouveau système de crédit public pour le travail, les investissements utiles, le progrès social, culturel, écologique. Il n'y a d'ailleurs plus de solution viable sans nationalisation démocratique des grandes banques et des institutions financières pour relancer un crédit public contre la spéculation financière.

Derrière le vocable de "gouvernance économique" se profile une modification de l'idée même de communauté européenne telle que nous l'avons connue, en un système autoritaire, centralisé, impérial qui va donner, pour le compte de la haute finance, des pouvoirs nouveaux à la Commission de Bruxelles et à la BCE. Non seulement ils veulent contrôler et surveiller les budgets des Etats, mais ils veulent aussi s'octroyer le pouvoir de les modifier autoritairement en cours d'exercice par delà les parlements et les gouvernements nationaux. C'est ce qu'ils visent à travers la modification des traités, mettre fin au droit de souveraineté populaire et au droit de souveraineté nationale. Le Traité de Lisbonne ainsi aggravé sera un verrou contre tout projet européen progressiste. Une véritable gangue qui aggrave la crise économique et sociale en amorçant désormais une crise politique grosse de dangers pour les peuples et l'idée de construction européenne. Pour la sauver, il faut en sauver radicalement le cours".

 

On en est là: l'Europe va plus que jamais être associée dans la tête d'une grande partie des Européens à la saignée sociale au profit des intérêts égoïstes des financiers et la récession et les transferts d'argent entre sociétés européennes vont nourrir des logiques de repli identaire, de ressentiment, qui font le lit de l'extrême-droite.

 

En France, Nicolas Sarkozy a déjà annoncé une nouvelle louche de mesures d'austérité à la hauteur de 6 à 8 milliards et un rapprochement avec le modèle économique allemand, ses baisses de salaires et de protection sociale, ses réduction d'impôts sur les entreprises imposés par Schröder et Merkel après lui au nom de l'ajustement à la mondialisation. "La vérité, c'est qu'il y a trop de fonctionnaires" a dit-il encore précisé sur TF1 jeudi soir histoire de ne laisser aucun doute sur ses intentions, tout en tapant une nouvelle fois sur la réforme des 35 heures, responsables du déficit de compétitivité de notre économie, de notre dette publique et de tous nos maux: qu'il est malhonnête cet "argument massue", ce gros mensonge revenant depuis 10 ans dans les discours de la droite, surtout quand on connaît les gains de productivité, de flexibilité, et de "modération salariale" conquis par le patronat à la faveur de la deuxième réforme Aubry des 35 heures.  

 

La réaction de François Hollande, nouveau candidat du PS à la présidentielle, à cet accord européen qui se refuse à changer les statuts de la BCE, à empêcher la spéculation sur les dettes, à désserer l'étreinte de politiques libérales qui plongent les économies européennes dans le marasme, mais qui à l'inverse installe des outils pour réduire la souveraineté des peuples et transférer toujours plus de richesses publiques dans des mains privées, est plus qu'inquiétante, se contentant de s'inquiéter de la participation de fonds souverains chinois au Fonds Européen de stabilité Financière: "Le pire a été évité...Mais pourquoi avoir attendu si longtemps pour prendre des mesures à la hauteur de l'enjeu? Je trouve profondément troublante la participation des grands Etats extérieurs à l'Europe dans la mise en oeuvre de ce fonds".

 

On comprend pourquoi le vendredi 21 octobre Pierre Laurent critiquait ouvertement François Hollande "pour son respect draconien des injonctions européennes de réduction des déficits, son contrat de génération qui fait la part belle aux exonérations de cotisations patronales, ou sa visite à Zapatero" qui a "appliqué avec zèle l'austérité au peuple d'Espagne". Hollande ne pourra pas décevoir, trahir des engagements en termes de progrès social: il est déjà couché devant les professeurs de bonnes gestion libérale appointés ou non par le patronat et les agences de notation. Comme l'a rappelé Michel Sapin, son "Monsieur Economie" en début de semaine dans le Ouest France, la réduction de la dépense publique, le passage à 3% de déficit en 2013 (nous en sommes à 7% du PIB), est pour son champion un objectif inconditionnel, tout comme la course à la compétitivité qui exige réduction de la dépense publique et des charges patronales tant que l'on ne s'attaque pas aux règles du libre-échange mondial et au pouvoir de la finance.

 

Si les français veulent disposer d'un vrai choix de société à faire en 2012, il faut qu'ils résistent à la tentation de penser que cet homme de centre-gauche qui a bénéficié de tous les soutiens au sein des notables de la droite du PS, qui participe aux dîners mondains du Siècle où se forgent les amitiés entre patrons, grands journalistes, hommes politiques partisans du consensus libéral, est le candidat naturel pour battre le FN au premier tour et Sarkozy au second tour.  

 

Ismaël Dupont.

 

 

 

   

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 09:01
Dans une lettre, Jean-Luc Mélenchon propose à François Hollande, Eva Joly, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou de porter avec lui la proposition d'un référendum sur la sortie du nucléaire.
(Photo : Place au peuple - Flickr - cc)
Cher François Hollande, chère Eva Joly, chère Nathalie Arthaud, cher Philippe Poutou,

La question du recours à l’énergie nucléaire divise la gauche. Cette situation paralyse la réflexion et l’action sur l’enjeu majeur de notre temps pour l’humanité. Car elle fait perdre de vue l’objectif commun : sortir des énergies carbonées. Notre génération a le devoir de ne pas se laisser enfermer dans l’impasse actuelle. La catastrophe écologique qui s’avance est sans doute la manifestation la plus terrible de l’aberration à laquelle conduit le mode de développement dominant. Les scientifiques s’accordent pour dire que les énergies carbonées aggravent le changement climatique dans des conditions qui ne tarderont pas à devenir immaîtrisables. Mais nous connaissons aussi les risques et les servitudes liés à l’utilisation de l’énergie nucléaire. Nul parmi nous ne les nie. Nous pouvons tous également anticiper la raréfaction puis l’épuisement des ressources en énergies fossiles. Hélas, rien n’est fait pour parer au problème. Alors même que ces processus menacent les conditions de la vie humaine sur Terre, le capital financier qui dicte aujourd’hui sa marche au monde ne se préoccupe que de ses profits à court terme. Il pousse même parfois le cynisme jusqu’à se prévaloir d’un « capitalisme vert » qui amnistierait le productivisme de ses tares.

Notre responsabilité est donc immense. Jamais sans doute dans l’histoire, l’humanité toute entière n’a été confrontée à un tel défi. Jamais nous, les héritiers des lumières et du mouvement ouvrier n’avons été mis au pied du mur de résoudre une aussi grande difficulté. Il n’y a qu’un seul écosystème viable pour tous les êtres humains quelles que soient leurs opinions politiques, qu’ils soient riches ou pauvres. C’est à nous d’incarner une nouvelle fois dans l’histoire l’intérêt général humain, les droits universels.

Dans ce contexte, nous ne pouvons-nous contenter d’échanger des anathèmes, de nous admonester mutuellement ou de nous opposer des oukases contradictoires. Nous devons, à mon avis, d’abord chercher ce qui peut unifier la société autour d’un intérêt général. Ce point de convergence c’est, je crois, la nécessité de sortir des énergies carbonées. Il est aujourd’hui partagé par tous. En prenant le problème posé par ce bout, on peut avancer. La question du recours à l’énergie nucléaire s'y ajoute. C’est une réflexion d’ampleur inouïe : proposons à la société tout entière de s’y impliquer.

Je n’évacue pas les discussions qui traversent la gauche sur ce point du nucléaire. Elles ont leur noblesse. La force des arguments qui se confrontent est connue.  Evitons de faire des dogmes avec des raisonnements. Admettons la loyauté de chacun de ceux qui contribuent à cette discussion et respectons les argumentations. Ma position personnelle à ce sujet est connue. Je suis favorable à une sortie programmée du nucléaire. Si je reviens sur cette conviction personnelle c’est précisément parce qu’elle n’est pas partagée au sein du Front de Gauche dont je suis pourtant le candidat commun. En effet, notre rassemblement regroupe plusieurs points de vue sur ce sujet, à l’image de la gauche et de la France dans son ensemble ! Comment avons-nous surmonté cette difficulté ? Nous avons pris le temps d’échanger nos arguments et de nous écouter. Je vous propose de vous inspirer de notre exemple. Je suggère qu’on en propose autant au pays.

Puisque cette question n’a jamais été soumise au peuple lui-même, faisons le maintenant. Rendons-le juge du problème à trancher. Proposons un référendum  au pays. Un référendum argumenté et informé. Ne demandons pas une réponse émotive ou crispée. Chaque point de vue aurait le devoir de proposer un scénario énergétique complet avec son calendrier d’application et son mode de suivi et d’évaluation des résultats.

Ne pouvons-nous nous accorder sur cette idée et la démarche raisonnée qu’elle avance ? Ne serions-nous pas les uns et les autres prêts à nous incliner devant la décision de la volonté populaire ? Notre pays ne sortirait-il pas grandi et mieux informé et donc plus fort après cet exercice de souveraineté populaire ?

Je vous propose donc que nous portions cette proposition tous ensemble. Elle est respectueuse des idées de chacun et permet au pays tout entier d’avancer sur la solution d’un problème majeur qui engage son avenir. Cette démarche serait à l’honneur de la gauche et à la hauteur de la responsabilité qui est la nôtre sur un sujet qui touche à l’intérêt général humain.

Je vous prie de croire, chers camarades, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Jean-Luc Mélenchon,
Candidat du Front de gauche
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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 08:54

 Lors de la primaire du parti socialiste, François Hollande a longuement développé, pour montrer sa volonté de rupture avec Sarkozy, son engagement de créer 60 000 emplois supplémentaires dans l’éducation nationale.

 

L’élection acquise (et cette promesse n’est pas pour rien), le député Michel Sapin, proche du candidat retenu, a donné à la presse un certain nombre de précisions. Et des précisions inquiétantes.

 

Qu’on en juge :

 

« bien entendu ces 60 000 créations seront compensées par des baisses de postes ailleurs » dans quels secteurs ? Mystère

«L’idée est de ne pas augmenter le nombre de fonctionnaires »

«L’idée est de stabiliser la masse salariale dans le budget de l’Etat » . Bonjour l’austérité !

 

Ce n’est sans doute que le début d’un certain nombre de « clarifications » et de gages donnés à ceux qui craindraient encore que la révolution soit en marche.

 

Il faut que cesse ce petit jeu. La gauche ne peut pas gagner sur le seul thème « il faut battre Sarkozy ». Assez de flou, d’approximations, de dissimulations, de demi-mesures, de demi-vérités et donc de demi-mensonges.

 

Il faut, devant les Français, que les choses soient claires. Cette clarification nécessaire c’est l’objectif du débat public que le Front de Gauche propose à tous les candidats de gauche …

Débat qu’ils ne semblent pas pressés d’accepter.


Il n’y a pas de solutions réelles répondant aux besoins et aux exigences des peuples sans une remise en cause radicale de la domination qu’exerce sans partage la finance mondialisée. Car la crise qui menace le monde entier n’est pas la crise de la dette, dont on nous rabat les oreilles depuis des mois, mais, plus que jamais, une crise du système capitaliste tel qu’il s’est mondialisé dans les dernières décennies.



Les Français se rappellent que, chaque fois que la gauche a refusé de s’attaquer au mur de l’argent, elle a fini par perdre… et c’est le peuple qui a payé l’addition. C’est pourquoi la gravité de la situation exige que ce peuple, informé et mobilisé, dans sa diversité, investisse le champ politique et fasse valoir avec détermination ses attentes et ses exigences. C’est ce que propose le Front de Gauche dans le cadre des collectifs et assemblées citoyennes qu’il met en place.

La porte est grande ouverte. Franchissez-la.

 

Alain DAVID

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 17:47

La primaire socialiste vient de se terminer.

 

Elle a abouti à la désignation de François Hollande. Comme il ne s’agissait pas de désigner le candidat de la gauche à l’élection présidentielle mais, tout simplement, de choisir qui porterait les couleurs du PS en 2012, je n’ai pas participé à cette consultation. Que le parti socialiste ait initialement voulu brouiller les cartes, que les médias persistent à parler de « candidat de la gauche » ne change rien à l’affaire. Il n’en demeure pas moins que cette primaire est un succès . D’abord par une participation qui a dépassé et de loin les espérances de ses organisateurs. Ensuite par l’importance de l’audience obtenue par chacune des émissions radio ou télévisées. Enfin, et c’est beaucoup plus critiquable par la véritable saturation, par sondages interposés, de l’information pendant toute cette période.

 

Il faut en tirer toutes les significations. Et en premier lieu la volonté fortement exprimée de décider des choix.  Des personnes comme des contenus. En ce sens l’importance du vote Montebourg, même si son ralliement à Hollande a dû en laisser plus d’un pantois, est significative de la volonté de ne pas se laisser enfermer dans une gestion « raisonnable » de la société de marché. De graves problèmes restent posés.

 

D’abord l’emprise de plus en plus forte de la Présidentielle sur la vie politique avec pour conséquence la subordination des élections législatives perçues comme son prolongement. On voit là l’énorme responsabilité des socialistes qui ont pris l’initiative d’inverser l’ordre de ces deux élections. L’adoption du quinquennat venant ensuite terminer le travail.

 

Deuxième enseignement: la personnalisation prédominante au détriment des contenus peu ou pas abordés pendant la plus grande partie de cette campagne. Les questions posées étant le plus souvent : « A qui faites-vous confiance ? » « Qui peut le mieux battre Sarkozy ? » « Quelles sont les qualités que vous trouvez à … ?»  Les déclarations de soutien allant d’ailleurs la plupart du temps dans le même sens. C’est une étape supplémentaire vers l’instauration du bipartisme. Lors d’une émission de France-Inter où j’ai pu intervenir, les « experts » et politologues de service ont bien entendu rejeté cette idée en s’appuyant sur le nombre de candidats… Mais quelques minutes plus tard Olivier Ferrand, responsable de Terra Nova, l’organe de réflexion du PS, penseur et promoteur de la primaire, vendait la mèche en regrettant que l’objectif initial n’ait pas été atteint. Il s’agissait, par souci d’efficacité, de « défragmenter la gauche ». C'est-à-dire en langage courant d’empêcher la diversité de la gauche de s’exprimer et d’obtenir son alignement derrière le candidat socialiste. .

 

Mais le plus grave est l’insuffisance du contenu des propositions qui ne permettent pas de remettre en cause la domination absolue de la finance spéculative sur l’ensemble des activités . Pourtant de toutes les réunions et les rencontres émanent des messages forts et exigeants qui se nourrissent de l’expérience collective : « la gauche n’a plus le droit de se tromper », « on ne veut pas être cocu une nouvelle fois », « peut-on mener une politique de gauche sans remettre en cause la domination des marchés financiers ? « , « face à la crise, faut-il réguler le système ou le dépasser ? » 

 

Rappelons-nous que chaque fois que la gauche n’a pas osé s’attaquer au mur de l’argent elle a échoué… et c’est le peuple qui a payé l’addition.

 

Sans parler du flou concernant les alliances. Avec les appels du pied à peine dissimulés en direction des centristes… dont on sait qu’ils ne sont pas prêts à remettre en cause le système qui génère tous les drames et les difficultés qui nous assaillent. Ces impasses et ces difficultés, le Front de Gauche vous propose de les surmonter en soutenant et en votant pour son programme « L’humain d’abord » aux élections présidentielle et législatives. Le changement réel ne peut pas être quoi qu’en disent les médias, remplacer un autocrate au service de la finance par un homme « de gauche » providentiel … et « si raisonnable ». Il implique des choix radicalement différents portés par le plus grand nombre. Nous vous proposons de participer à ce combat en rejoignant le collectif du Front de Gauche du Pays de Morlaix.

 

Alain DAVID

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 05:47

Ca y est donc c'est fait, la "MEDIACRATIE" dominante  a parlé, vous connaissez maintenant le prochain président: François Hollande, le grand rassembleur devant l'éternel!
 Restez chez vous braves gens et dormez tranquilles, les jeux sont fait, les français ne sont pas des fous, en face du grand méchant loup Sarkozy, c'est plus que certains qu'ils choisiront le plus "raisonnable" et le plus "responsable" de ses "opposants"!
Entendons bien le discours de nos bons maîtres qui savent ce qui est bon pour nous et qui sont capables de lire dans les boules de cristal ce que sera le résultat du second tour de la présidentielle de 2012!
Hollande lui même ne doute pas de sa victoire, avec ces grands accents dignes de ses futures responsabilités élyséennes, comme quoi de toute façon il faudra bien être rassemblé au second tour en face de la droite, comme quoi il ne faut pas se braquer contre nos partenaires européens, et qu'il est fondamental pour gagner en 2012 de rassembler tous les républicains...
On connait la rengaine, plus de 10 ans premier secrétaire du PS (tout ça pour ça!), nous l'avions pas mal entendu en 2005, quand à l'unisson avec les centristes et la droite il nous enjoignait de voter le coeur ouvert pour cette merveilleuse constitution européenne!
Manque de pot!
Mais bon, son désespoir fut de courte durée, puisqu'il a finalement eu gain de cause, avec son collègue Sarkozy lorsque peu après son élection, ils ont voté ensemble pour le traité de Lisbonne, adopté par voie parlementaire en passant outre le résultat du référendum de 2005!
Circulez: y a rien à voir!
Il ne nous reste plus qu'à prier, dans nos petits intérieurs bien douillets et bien confortables, qu'Hollande n'aille pas chez son ami le grec Papandreou, social-libéral-démocrate comme lui, quémander quelques conseils pour régler la crise...
Vous comprenez ma bonne dame, on ne peut tout de même pas inquiéter les marchés! Quand même! Hein? Tout de même!

A moins que...

Si comme nous, au Front de Gauche, vous considérez que le problème n'est pas une personne (Sarkozy en l'occurrence, c'eût pu être un autre! Et d'ailleurs ce sera peut être un autre!), mais la logique d'un système devenu fou, qui a fait de l'humain un moyen et une variable d'ajustement là où il aurait dû être une fin!

Si comme nous, au FDG, vous êtes persuadé que dans leur sacro-saint traité de Lisbonne il n'y a rien de bon pour l'avenir de vos enfants!

Si comme nous au FDG, vous pensez que l'avenir n'est pas inscrit dans le foie des volailles et encore moins au journal de 20H, mais qu'il résultera de ce que nous construirons ensemble!

Si comme nous au FDG, vous êtes indigné par ses inégalités d'années en années plus intolérables, si vous êtes révoltés de vous entendre dire que vous ne travaillez pas assez alors que la richesse de notre pays n'a jamais été aussi importante! (PIB en 1980: 1000 milliards d'euros, PIB en 2010: 2000 milliards d'euros! Soit 100% de croissance!!!), si vous vous rendez bien compte qu'une croissance infinie sur une planète finie semble une folie, si vous pensez qu'après Fukushima il est temps que le peuple tranche par référendum de la poursuite du nucléaire ou pas, si vous n'en pouvez plus de les entendre dire à longueur d'années que le chômage est leur principale préoccupation, si vous ne supportez plus que dans la cinquième puissance économique mondiale les queues devant les restaurants du coeur ne cessent de s'allonger!

Si comme nous au FDG, vous pensez que cette belle démocratie française n'est plus qu'une fable pour enfants, si vous pensez comme nous que nous sommes bel et bien dans un régime oligarchique qui ne gouverne que pour lui-même, si vous pensez comme nous que la Cinquième République du Général (Coup d'état permanent dixit F. Mitterrand) n'est plus à la hauteur du niveau d'éducation et de l'aspiration de chacun a pouvoir exprimer ce qu'il pense bon pour tous, si vous pensez comme nous qu'il est désormais temps de passer à la Sixième République!

Si comme nous au FDG, vous pensez qu'il est plus qu'urgent de faire la révolution par les urnes avant qu'elle ne vienne d'elle-même par la rue! (Beaucoup plus inquiétante, beaucoup plus fatiguante, beaucoup plus incertaine..!).

Si comme nous au FDG, vous considérez que ce dogme de la concurrence de tout le monde contre tout le monde, ce dogme de la compétitivité mondiale entre tous les travailleurs quel que soit leurs conditions de travail, ce dogme du libre échange généralisé à tous les secteurs de la société est une folie sans fin,si comme nous vous pensez que pour affronter l'avenir qui se profile (crise de l'Europe, crise économique, crise sociale, crise financière, crise écologique, etc.) il est préférable de le faire dans la solidarité le partage et au nom de l'intêret général défini par des institutions véritablement démocratiques!

Alors, soutenez nous, participez à la campagne, votez pour la révolution citoyenne, mettez le feu aux urnes, résistez comme en 2005! Faites connaitre le Front de Gauche et son programme: l'humain d'abord!
Parlez-en, et ne vous laissez pas endormir, amadouer, dominer, rouler ou écraser!
Il n'y a pas besoin d'être un économiste, un politique, un "expert", une élite ou un spécialiste, pour choisir en conscience et en être humain responsable le chemin de notre avenir à tous!
L'avenir, c'est ce que nous allons faire!

 

Hubert Peneau 

(Parti de Gauche)

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 16:26

Alors, ces primaires?  Démocratisation de la vie politique par une ouverture plus grande de partis à bout de souffle et à court de légitimité ou processus d'américanisation de la vie politique française et de marginalisation des autres partis de gauche que l'on cherche à transformer en satellites ou en sectes contestaires s'effaçant devant la grosse écurie gouvernementale qui parle aux français les yeux dans les yeux et leur demande d'arbitrer ses différences idéologiques mineures et ses conflits d'intérêts et d'ambitions internes?

Comment ne pas le reconnaître, il y a beaucoup d'électeurs de gauche, même très critiques vis à vis des choix et dufonctionnement du PS des dernières années ou décennies, qui s'intéressent à ces primaires, et se demandent s'ils vont aller y voter. On vous donne l'opportunité de juger qui à le profil le plus intéressant pour gagner face à la droite et qui conduirait en tant que président la meilleure politique au sein du parti qui à gauche a a priori le plus de chance d'amener un réprésentant au second tour des Présidentielles: c'est tout à fait normal d'être émoustillé par la perspective du choix et de commencer à s'intéresser aux débats des primaires, mêmez feutrés et poseurs. De là à se passionner pour la personnalité et les petites phrases de Martine, Manuel, François, Arnaud ou Ségolène, il y a peut-être un pas dificile à franchir, où alors il faut vraiment que de brillants commentateurs politiques nous prennent par la main...   

En tant que simples citoyens, moi et mes amis, nous rêverions que le PS au pouvoir soit enfin de gauche et applique la politique de démondialisation, de transformation de l'Union Européenne, de protection des salariés et de combativité vis à vis du capital, que propose Montebourg... Sans parler de son mot d'ordre d'une 6ème République dont il ne parle plus guère, s'alignant peut-être sur le projet socialiste qui conserve un statut quo favorisant chaque jour davantage le bipartisme et donc les intérêts partisans des socialistes.

Mais j'avoue que je n'y crois pas. Montebourg a démontré ses qualités de girouette opportuniste en passant au gré de ses intérêts personnels et de ses calculs d'un camp à l'autre du PS, de la gauche anti-libérale au soutien à Ségolène Royal. Il cherche surtout dans ce contexte un positionnement tactique qui lui permet d'exister et de continuer à faire parler de lui. Il essaiera peut-être d'arracher quelques promesses à Martine Aubry en monneyant chèrement ses 10 à 15%. Et encore... Un ministère lui suffira sûrement.  

Faut-il alors jouer le "tout sauf Hollande" parce qu'il assume le choix de la rigueur budgétaire et de nouveaux sacrifices sociaux à faire au nom du retour à l'équilibre des comptes depuis qu'il se positionne sur une ligne centriste delorienne après avoir eu la mollesse et le sens du non-choix proverbiaux de cet état quand il était premier secrétaire du PS? 

Mais, quoique que l'on puisse apprécier davantage sa cohérence et se plaire à imaginer une femme présidente, Martine Aubry offre t-elle vraiment des garanties pour mener une politique de gauche dans le cadre de la crise de la dette et d'engagements européens du PS qui vont avec une adhésion au principe de recherche de compétitivité dans le capitalisme mondialisé et celui, illusoire, d'une gestion travailliste ou sociale-démocrate à la papa de ce système capitaliste qui s'emballe et emporte les sociétés européennes dans la tourmente? Je ne le crois pas. 

Sa majorité au PS est à l'origine d'un projet du Parti pour 2012 qui prévoit l'austérité bugétaire faute d'aller chercher l'argent là où il goinfre la minorité de priviligiés, n'envisage pas de tourner le dos au traité de Lisbonne, à la réforme des retraites, ni d'augmenter les salaires, de lutter contre le travail précaire, de revenir sur les déremboursements de médicaments et la réforme de l'hôpital ou de remplacer les centaines de milliers de postes supprimés par Sarkozy et ses sbires dans la fonction publique. Ce sont les insuffisances de ce projet socialiste, pour qui en a connaissance, qui doivent nous conduire à refuser de laisser croire, et donc de vouloir, que seuls les socialistes soient capables à gauche d'atteindre le second tour des présidentielles, et donc que leur candidat représente potentiellement toute la gauche.

 

Au Front de Gauche, nous avons l'ambition de rendre le pouvoir au peuple en commençant par le repolitiser et faire monter le niveau de ses exigences en faveur d'un changement de société émancipateur. Nous voulons que cette société de plus en plus dure, individualiste et inhumaine change vraiment et non pas simplement que les pauvres et les classes moyennes prennent moins de coups parce que Sarkozy, le représentant assumé de l'oligarchie, sera détrôné. Nous avons donc l'espoir et la volonté de passer à plus ou moins court terme devant les socialistes au premier tour des élections. Ceux-ci, même si leurs scores et leurs butins électoraux restent flatteurs du fait des institutions, du black-out des médias sur les alternatives et des logiques du pseudo-vote utile, ne suscitent guère la confiance et l'estime de la population, au niveau national du moins, et n'ont plus de projet historique à la hauteur des enjeux de la période. De plus, les dirigeants du PS, qu'ils soient des politiciens professionnels précoces ou bourgeois dotés d'un capital social, culturel, scolaire, qui les persuadent d'être nés pour gouverner,  ont montré à de multiples reprises qu'ils faisaient corps avec le système et n'étaient nullement une menace pour les intérêts capitalistes.       

 

L'avantage de leur primaire pour les socialistes, c'est que même les médias de droite ou de centre-droit se choisissent un champion au PS pour ne pas décevoir l'intérêt du public et renforcer le bipartisme tout en faisant croire qu'ils respectent la diversité des sensibilités politiques des lecteurs.

 

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A défaut de DSK, et en pleine sarko-sinistrose, le Télégramme de Brest, soutiendrait Hollande..

Ainsi,  y a dix jours, en page 3 du Télégramme du 19 septembre 2011, je lis un gros titre à rassurer papi et mamie "La compétence et la morale" et juste, en dessous, devinez qui apparaît avec l'air vraiment sérieux et chagriné d'avance pour nous qui allons, par "esprit de responsabilité", tout faire pour revenir à 3% de déficit dès 2013 (on est presque à 7% du PIB de déficit aujourd'hui) et appliquer le Pacte de Stabilité pour l'euro... Je vous le donne en mille: François Hollande en veste et cravette bleue, les lèvres fermées et le regard sévère de l'homme qui sait qu'il va nous dire quelque chose qui ne va pas plaire mais qu'on doit être capable d'entendre.

La légende: "Pour séduire les français en vue de la présidentielle, les candidats à l'Elysée ne pourront faire l'économie d'un discours sur la morale publique". Tant qu'il ne s'agit que d'un discours et d'un impératif de communication, tout va bien. Strauss Kahn avait, selon les raccourcis du Télégramme qui ne prétend s'appuyer que sur la rumeur publique, la compétence sans la morale. Hollande incarnerait-il la réconciliation de ces deux qualités si l'on en croit le raccourci inconscient qui se fait à la vue du titre et de la photo?  

L'éditorialiste Christine Clerc, marque néanmoins certaines réserves dans l'article renversant de subtilité qui entoure la photo, où elle définit l'homme, très calculateur et ennuyeux malgré son sens de l'humour pince sans rire, en "bon élève de Jacques Chirac le Corrézien et de François Mitterrand le Charentais". Oh! tout de même, il n'a pas toutes les qualités François, puisqu'il promet 60000 créations de poste dans l'éducation nationale et pour Mme Clerc spécialisée en voyance, c'est sans doute le gros mensonge qui lui fera de gagner des chances d'être élu. Elle préfère néanmoins Manuel Valls qui ne sacrifie pas la vérité à la conquête du pouvoir.

  

Il y a deux jours, je reçois dans ma boîte aux lettres comme beaucoup de morlaisiens deux tracts du PS destinés à aller ensemble, l'un pour appeler à voter aux primaires socialistes, l'autre pour aller voter comme Marylise Lebranchu (députée), Richard Ferrand (Pdt du groupe PS à la région), Jean-Luc Fichet (Sénateur), Gwenegan Gui (vice président de la Région), Joëlle Huon (vice présidente du Conseil Général du Finistère), André Prigent (maire de Plougonven)...etc. 

Car, me dit-on, le Finistère (il s'agit peut-être ici plutôt du Finistère qui compte vraiment) est avec Martine Aubry. Le texte commence par coutumière concession à la lamentation compassionnelle: "La République va mal et les français souffrent" pour se terminer sur un éloge de Martine Aubry "femme de gauche et femme d'Etat". On n'a pas jugé utile de dire ici que Martine Aubry a gagné ses brevets de pilote d'Etat par sale temps de crise financière en rappelant qu'elle a été n°3 de Péchiney avant de hanter les palais de la République. 

 

Comment interpréter la forme significative de ce prospectus sans contenu ? 

 

Appelle t-on le lecteur à se dire: "j'aime mon chef qui aime ce chef, donc je devrais aimer le chef que se reconnait mon chef"... ? "Les mauvais langues diront peut-être avec perfidie que l'on a constitué les comités de soutien en mode mineur que l'on voit s'étaler dans les communiqués publiés par les socialistes ces derniers jours dans les pages locales des quotidiens régionaux selon la même logique de caporalisation motivée par des intérêts d'ambition individuelle: "mon chef dit que ce chef serait mieux pour nous, donc si je veux être bien vu, il vaut mieux que je me range à son avis..." 

D'autres, plus malveillants encore, diront que les élus locaux se donnent de l'importance en s'affiliant à l'un des poids lourds en concurrence, Aubry et Hollande, conduits en attelage jusqu'à la victoire ou la défaite par des chevaux légers toujours aussi impétieux malgré les années et le cumul des mandats: sénateurs ou députés, conseillers régionaux, maires ou présidents de comité d'agglomération...

 

En tout cas, on ne peut que constater une chose: il n'y a dans ces tracts aucun projet, aucune proposition faite à la population, aucune analyse de la situation de crise profonde qu'elle subit. Ces Primaires censées passionner les français selon les médias dominants lassés de la mafia sarkozyste et en mal de gouvernements "sérieux et modérés", sont moins une résonnance des luttes sociales, des interrogations politiques et des difficultés que traverse le pays que des exercices d'auto-satisfactions nombrilistes et des exercices d'affiliation à des Champions dont on décline à l'envie, à défaut de projets structurés en phase avec les enjeux de l'époque, les traits de personnalité, les stratégies de com' et les habiletés. Bref, encore une fois, ce qui sembler primer sur le débat d'idées, c'est la politique-spectacle, la personnalisation des enjeux électoraux, la lutte pour les bonnes places à tous les niveaux du pays et du parti, l'espoir rabougri du changement des dirigeants sans le changement social... En interne, il est possible qu'on parle plus logos, coupes de cheveux, pages Facebook, comptes twitter, passages radios et télés des champions, trahisons des personnalités et revanches à prendre, pronostics et sondages, plus que de la crise financière, du chômage, des bas salaires et de la précarité, de la montée du Front National.  

En attendant, les socialistes parviennent depuis quelques semaines à  occuper la quasi-totalité de l'espace médiatique, en laissant à peine une petite place pour les états d'âme de centristes sarkozistes repentis comme Borloo ou Morin ou pour les déroutes et les affaires de corruption de la droite. Depuis qu'Hulot n'est plus l'homme providentiel de l'écologie, on entend plus parler d'Europe Ecologie les Verts, encore moins du NPA, du Front de Gauche, si ce n'est pour salir Mélenchon, à défaut de prendre au sérieux et d'argumenter contre nos analyses de la situation et nos propositions, en repassant en boucle le film de ses mouvements d'humeur périodiques.

 

Dans l'opinion, on cherche à imposer l'idée que les espoirs de la gauche ne peuvent être portés que par un candidat PS que l'on retrouvera quoiqu'il arrive au second tour si l'électeur ne joue pas la politique du pire en se faisant plaisir en votant pour des petits, laissant ainsi une voie royale à Marine Le Pen. Cette exposition médiatique de leur compétition pour le pouvoir est à double tranchant pour les socialistes car elle ne les rend pas forcément plus aimables en condamnant à l'effacement leurs adversaires de gauche.

En tout cas, elle est l'occasion pour les notables du PS de se faire valoir. Un exemple choisi en tout bien tout honneur: après avoir opportunément rappelé qu'il serait presque logique que DSK appelle à voter Aubry car "après tout, Martine et Dominique ont toujours été sur la même longueur d'ondes" , ce qui est inquiétant, et annoncé sans faire de manière qu'elle serait candidate à un quatrième mandat de député, parce que la démocratie françaisea besoin d'un nouveau souffle, Marilyse Lebranchu confie sans fausse pudeur ses ambitions à Sophie Prévost dans le Ouest France du 10 septembre, en disant qu'elle accepterait sans hésiter un ministère confiée par sa vieille amie Martine Aubry. Tout le monde est appelé à se rejouir pour elle... Mais quel service veut-elle rendre aux français? Quel projet politique veut-elle défendre en prenant des responsabilités dans un gouvernement de gauche éventuel en 2012? Sans doute que l'exercice d'une conférence de presse pour un quotidien régional où il s'agit surtout de se faire photographier avec Martine ne permet pas de rentrer dans ces détails qui n'intéressent guère le lecteur moyen, qui n'aspire qu'à savoir que ses chefs sont bien où ils sont, bien dans leurs pompes...

 

lecture4 019

 

 

Ismaël Dupont.    

 

       

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 19:15

Ca y est: le Front de Gauche est en campagne.

On va la changer cette société oui ou non? ça pourrait ressembler à la révolution citoyenne par les urnes comme nos camarades de Bolivie l'ont fait! On va aller chercher tous les indignés, tous les outragés, tous les écoeurés, tous les dégoûtés, tous les martyrisés, pour être au second tour avec un petit 18%!
Il reste bien encore en France 18% de dignes représentants de nos ancêtres révolutionnaires de 1789 tout de même!
Bon dieu, il faut qu'on renverse la table de ces quarante années de consensus politique qui nous ont conduit où nous en sommes!!!
Nous allons créer des collectifs Front de Gauche, où chaque citoyen pourra participer à la campagne, au programme, sans adhérer à quelque parti politique que ce soit.

 

A Morlaix, la réunion de lancement du collectif Front de Gauche est fixée le jeudi 13 octobre à 20 heures, au local du PCF, 2 petite rue de Callac.

 

L'idée est de retrouver une énergie populaire de façon à ce que le vote leur explose à la gueule, comme il leur a explosé à la gueule en 2005, lors du référendum sur la" constitution européenne des marchés financiers!".

 

Le front de gauche avec son programme partagé "l'humain d'abord!" peut devenir ce front populaire qui peut (qui doit!) bouleverser l'histoire de notre pays, comme celui de 1936!

 

Vite fait en résumé, quelques points du programme:

 

- 6ème république, pour qu'on sorte de l'oligarchie, avec certainement la suppression du président de la république. Exit Mélenchon (ça c'est pour ceux qui ne peuvent pas blairer ses couleurs de cravates!).

- SMA, salaire maximun autorisé, soit 20 fois le smic, mais je vous annonce déjà que j'organiserai dés le début du mandat, une pétition citoyenne pour qu'on passe plutôt à 10 fois le smic! Non mais, pourquoi pas 200 fois le smic pendant qu'on y est?

- RMA, revenu maximum autorisé, au dessus de 360 000 euros par an, on prend tout! ( C'est possible qu'on lance une pétition aussi!)

- Planification écologique, parce qu'une croissance infinie n'est pas possible dans un monde fini! J'ai rencontré l'autre fois un enfant de sept ans qui avait compris cela!!!

- Référendum sur l'orientation nucléaire de notre pays, avec une effervescence démocratique comme celle de 2005 pour se désintoxiquer de quarante années de propagande sur le sujet! Quand je vous disais qu'on ne va pas s'ennuyer! 

- SMIC à 1700 euros brut, et à ceux qui vous disent que ce n'est pas possible, demandez leur plutôt si c'est possible de vivre correctement avec le SMIC actuel!

- Sortie du Traité de Lisbonne parce que nous ne voulons plus que nos enfants vivent dans une société ou le dogme de la finance et de la concurrence de tous contre tous passe avant tout le reste! Nous c'est le partage, la solidarité et l'humain d'abord!

 

Ensuite il y a tout un tas de mesures, diverses et variées, dans le programme partagé que je me ferais un plaisir de vous donner  quand il sera en ma possession.

Raisonnons logiquement.

Soit la droite reste au pouvoir... no comment!
Soit les sociaux démocrates accèdent au pouvoir (fussent-ils verts!) et alors c'est un avenir à la grecque qui nous attend! Le premier ministre grec, social démocrate, président de la première internationale socialiste!, vient de recevoir les félicitations des institutions européennes, Sarko et Merckel en tête pour la stricte application des deux plans d'austérité qui visent à faire payer la crise au populo qui n'y comprend rien! Mais qui encaisse tout!

On connait leur discours, c'est bien triste ma pov' dame, mais on va pas se mettre à dos nos "partenaires" européens, le monde est libéral, l'europe est libéral, l'économie de marché est partout maintenant, on a adopté le traité de Lisbonne c'est pour que ça nous serve quand même, et il faut qu'on reste concurrentiel face aux pays émergents, nous ne pouvons pas nous marginaliser enfin! Et puis avec plus de croissance nous créerrons de l'emploi et nous partagerons mieux les richesses! Mais il faut aussi reconnaître raisonnablement qu'il est normal de travailler plus longtemps lorsque l'on vit plus longtemps!

Et bla bla bli, et bla bla bla bla!

Bref la sociale-démocratie quoi!

Soit c'est les centristes... la droite quoi!

Soit c'est les fachos... et c'est encore la droite!

 A ceux qui pensent ne pas voter, qu'ils considèrent bien que les copains de Sarko eux, ne vont pas oublier d'aller voter!

A ceux qui pensent que le vote ne sert à rien, parce qu'au final le petit populo se fait toujours baiser, peut-être, mais c'est vraiment pas fatiguant de mettre un bulletin dans l'urne pour la révolution citoyenne, et si malgré tout ça ne fonctionne pas, je serai avec ceux qui feront la révolution à la mode Tunisienne ou Egyptienne, mais il faut bien reconnaître là, que ça risque d'être un peu plus fatiguant et que le résultat est lui aussi plutôt incertain!

HUBERT Peneau.
militant du Parti de Gauche dans le pays de Morlaix.

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