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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 08:22

 

Ismaël Dupont, candidat du Front de Gauche dans la IVe Circonscription du Finistère (Morlaix).

 

Réponse au questionnaire du collectif École Publique en Danger.

Je vous remercie de m'avoir adressé ce questionnaire et surtout de mener cette action de sensibilisation et d'interpellation des candidats aux élections législatives afin de défendre l'école publique et ses valeurs fondatrices de laïcité, de gratuité, et de lutte contre l'inégalité des chances, afin aussi d'améliorer son efficacité pour lutter contre l'échec scolaire, faire réussir tous les enfants, promouvoir une culture commune de haut niveau.

Au Front de Gauche, nous faisons campagne depuis des mois pour une école de l'égalité et luttons contre le démantèlement des maternelles, des RASED, la logique comptable et idéologique qui préside aux destructrices suppressions de postes et de classes (le secondaire a d'abord été le plus touché à travers la réforme du bac pro 3 ans, des séries techniques, de la seconde, la suppression des options et l'alourdissement des effectifs dans les classes … puis le primaire), au sabordage de la formation des enseignants, des réseaux d'aide aux élèves en difficulté. On peut penser aussi à la réforme néo-libérale des Universités, de la sectorisation scolaire, aux avantages nouveaux donnés par la droite à l'école privée, devenue quasiment à ses yeux un service public d'intérêt général alors qu'elle exerce une concurrence déloyale vis à vis de l'école publique qui, elle, a l'obligation et la mission d'accueillir et de former tous les élèves.

Aujourd'hui, vous avez raison de faire entendre des exigences fortes aux individus et aux organisations politiques qui se présentent à vos suffrages car, pour relever l'école publique, il faut commencer par remettre en place les moyens que la droite a supprimés (ce que permettra difficilement une politique de rigueur dictée par l'impératif du retour à l'équilibre budgétaire pour respecter les engagements européens, ou alors en premier des moyens nécessaires à d'autres services publics déjà au bord de la rupture), en finir avec les logiques de plus en plus affirmée d'école à deux vitesses (public et privé, écoles d'excellence des beaux quartiers ou des secteurs plus favorisés socialement et les autres, professionnel et général, classes prépas ou écoles d'élite et le parent pauvre de l'Université) servies par l'assouplissement de la sectorisation, les avantages accordés au privé, et le désinvestissement financier de l'Etat. Il faut également faire un grand effort pour penser les modalités d'une plus grande implication des parents, des jeunes et des personnels dans la gestion de l'école et des dispositifs concrets innovants pour lutter contre le renforcement de la reproduction sociale et des inégalités par l'école.

En tant que professeur documentaliste syndiqué, père de deux enfants scolarisés en école primaire et maternelle publique dans un quartier populaire, je suis particulièrement en phase avec vos préoccupations et votre engagement pour une école publique de qualité.

 

  1. Scolarisation des enfants, temps scolaire et dispositifs de lutte contre l'échec scolaire:

Nous sommes pour un moratoire suspendant les fermetures et suppressions de classes et de postes proposées par le précédent gouvernement car elles vont contribuer à détériorer encore des conditions d'enseignement et d'encadrement déjà bien fragilisées (le projet de carte scolaire de janvier prévoyait 179 postes d'enseignants supprimés en Bretagne, dont 50 dans le Finistère – pour bien peu de créations de postes- auxquels il fallait ajouter la suppression de 18 postes d'enseignants spécialisés affectés aux RASED).

Nous sommes pour la scolarisation possible dès 2 ans dès septembre 2012 et la mise en application de cette ambition exige précisément l'annulation des suppressions de poste prévues par la droite à la rentrée, qui visaient tout particulièrement la maternelle, que l'on voulait réformer pour externaliser la formation des – 4 ou 5 ans à des jardins d'enfants privés ou gérés par des collectivités. La plupart des études montre que la scolarisation précoce en maternelle accentue les chances de réussite des enfants issus des milieux les moins favorisés socialement et par leur bagage scolaire.

 

Pour les enfants en difficulté scolaire, nous sommes favorables à des temps de soutien scolaire et de remédiation pris en charge par des personnels formés (enseignants mais pas seulement) car il importe de débloquer et de soutenir au jour le jour sans laisser s'accumuler des lacunes et un rejet de l'école difficilement réversible les enfants qui ont moins de facilité et de rapidité d'apprentissage. Pour les enfants présentant des handicaps ou des troubles de comportement, il faut le plus possible aller vers des accompagnements complémentaires d'adultes en classe mais les AVS, qui vivent actuellement dans la précarité avec un salaire insultant (650 € par mois souvent!) pour leurs compétences et le travail qu'elles font, doivent voir leur statut revalorisé (plus d'heures, mieux payées, avec de vraies formations). Les RASED bien entendu doivent être soutenus et ont doit continuer les plans de formation adaptée des enseignants qui travaillent avec des élèves dont les difficultés scolaires relèvent essentiellement de problèmes familiaux et de comportement. Les temps d'écoute et d'échanges, de mise à l'écart de la classe, et d'exercices atypiques mis en place par les enseignants des RASED sont souvent des bouffées d'oxygène pour les enfants, permettent d'alléger des situations quotidiennes douloureuses et aussi de les remettre dans des dispositions de travail.

 

L'application de la loi de 2005 sur l'application de la scolarisation des enfants handicapés en milieu ordinaire, bien que partielle, n'est pas sans effets pervers, du fait qu'elle ne s'est pas accompagné de moyens suffisants pour des encadrements complémentaires dans les classes déjà chargés et à multiple niveau parfois (à l'école primaire et maternelle). Les enseignants de milieux ordinaires (pas plus que les AVS, comme je l'ai déjà dit) n'ont pas été formés pour s'adapter au besoins d'enfants dont les handicaps peuvent être multiples, ni pour les intégrer à des classes dont la majorité des enfants ont des profils plus conventionnels. Résultat: l'intégration des enfants handicapés n'est souvent qu'à moitié réalisée et peut se solder par un échec et parfois des souffrances pour tout le monde (les enfants handicapés, leurs camarades, les personnels de l'éducation et enseignants). Sans revenir à une logique de séparation discriminante, il faut s'interroger sur le niveau adéquat de prise en charge pour certains handicaps (dans certains IME, des instituteurs spécialisés ne peuvent-ils pas obtenir des résultats plus satisfaisants, avec des moyens plus grands et moins d'effectifs?) et tout au moins se donner les moyens humains et professionnels (une vraie formation pour les éducateurs et enseignants) d'une prise en charge de qualité.

 

Je suis pour la semaine de 5 jours avec des journées allégées car je trouve que la semaine de 4 jours rend l'apprentissage trop discontinu et les journées trop chargées, surtout si on y ajoute le soutien scolaire sur les temps de pause méridienne ou le soir pour certains. Il faut maintenir un nombre d'heures de cours suffisant pour tous dans les disciplines fondamentales que sont le français, les maths, les disciplines d'éveil au monde et à la vie (sciences, histoire...) et les allègements possibles des journées d'école chargées en effet pour les élèves ou l'introduction de plus d'éveil sportif, artistique et culturel, doit tenir compte de cette nécessité dont dépend la solidité de la formation intellectuelle des futurs adultes.

 

2) Formation des enseignants et encadrement à l'école:

 

Nous sommes pour le pré-recrutement des enseignants pour que cette profession reste accessible à tous les milieux sociaux. Il faut revenir à une vraie formation initiale appuyée principalement sur une pratique encadrée et des temps d'échanges pédagogiques, ce qui ne conçoit pas avec un temps plein pour les néo-titulaires. Le besoin de formation continue des enseignants doit aussi être reconnu et valorisé par l'institution.

 

Il y a une loi handicap très ambitieuse en France et tous les moyens n'ont pas été mis pour en mettre en œuvre les objectifs qui sont pourtant des obligations de l'Etat. Les AVS font un travail absolument nécessaire à partir du moment où on intègre en milieu ordinaire et dans des classes chargées des élèves ayant des handicaps ou des troubles divers. Elles font en général du super boulot et sont passionnées par leur métier mais il est honteux que l'Etat les maintienne dans une telle situation de précarité: 650€ pour vivre! Il faut pérenniser et requalifier ces postes, les porter à 35h payés au SMIC pour que les personnes puissent vivre décemment, leur offrir des vraies conditions de formation initiale ou continue. De manière générale, le Front de Gauche milite pour la titularisation des 800000 précaires de la fonction publique.

 

Nous voulons créer un statut de représentant des parents d'élèves pour permettre à tous les parents de participer à la vie des établissements, en obtenant si besoin des heures indemnisées pour cela auprès de leur employeur. Des temps et des lieux aménagés pour les rencontres avec l'équipe éducative devront être mis en place. Nous voulons aussi intégrer les parents, ainsi que des élus, des personnels, et des élèves à partir du collège, à des observatoires des inégalités à l'école, constitués par territoire et visant à améliorer les choses sur le terrain. 

 

3) L'école: ses objectifs, la laïcité

  

Atteinte à la laïcité: quelles mesures à prendre?

  

La laïcité, c'est la neutralité de l'État, de l'enseignement, leur indépendance par rapport aux groupes de pression religieux, idéologiques, économiques, ce qui permet à la fois la coexistence pacifique dans le respect des différences et de la liberté de conscience et l'éducation libre de la raison pour forger l'esprit critique et l'autonomie de pensée. C'est l'école publique seule qui garantit la laïcité de l'enseignement. Or cette école publique qui devrait être choyée par les responsables politiques comme moyen de former la société meilleure de demain, de corriger les inégalités de naissance, de construire une culture commune de haut niveau et une conscience citoyenne chez les individus, est aujourd'hui fragilisée par sa mise en concurrence avec l'école privée, confessionnelle mais pas seulement, qui a rarement été aussi soutenue par les pouvoirs publics qu'aujourd'hui.

  

La liberté d'enseignement est constitutionnelle: il ne s'agit pas de la remettre en cause. Le problème est dans le financement. Le public et le privé n'ont pas les mêmes obligations et le financement des uns et des autres doit tenir compte de cela. Actuellement, la règle de répartition des crédits publics, c'est 20% pour le privé, 80% pour le public, ce qui correspond à peu près à la proportion d'élèves scolarisés dans chaque système. Mais, si on attribuait les moyens en tenant compte de la mixité sociale, on n'aurait pas tout à fait les mêmes résultats. En Avignon, on a fait l'expérience il y a quelques années d'un redécoupage de la carte scolaire pour rassembler les enfants de milieux plutôt aisés et bien dotés culturellement et les enfants de milieux populaires: les enfants des collèges périphériques d'Avigon pouvaient aller vers le centre-ville. Résultat: les bourgeois ont mis leurs enfants dans le privé pour éviter que leurs rejetons se retrouvent avec les autres. Le privé aboutit à créer dans le public une réduction de la mixité sociale. Nous sommes de plus dans une région où il y a des endroits où il y a de l'école privée mais pas d'école publique. Il s'agit d'une anomalie à corriger. Sur le fond, cela me pose tout de même problème que Hollande défende la loi Carle: on est dans une république laïque et on finance tout de même des établissements confessionnels.  Les maires ont l'obligation de prendre en charge les frais d'externat dans le privé si il n'y a pas d'enseignement privé dans leur commune. Cette loi provient d'abord d'un amendement de Michel Charasse, pourtant réputé laïc, qui obligeait les maires à payer y compris pour les enfants qui vont dans le privé à l'extérieur de leur commune. C'est un pas de plus dans un système où on considère que le privé, c'est la même chose que le public. C'est une concurrence déloyale car le privé n'a pas les mêmes obligations -notamment celle d'accueillir tous les élèves- et la fondation Terra Nova a montré par ailleurs que le privé a perdu moins de postes que le public ces cinq dernières années, sauf cette année Il devrait également y avoir une obligation, pour les communes présentant un nombre d'habitants minimum, de disposer d'une école publique et les élus du Front de Gauche privilégieront toujours l'école publique par rapport à l'école privée, qui est une liberté tolérée mais non un service public d'intérêt général.

 

Zéro dérogation pour le périmètre scolaire? Autre solution de mixité sociale?

 

Il faut reconfigurer les cartes scolaires pour les rendre plus efficaces encore afin de garantir une mixité sociale et lutter contre les assouplissements et les désectorisations qui favorisent la mise en concurrence des établissements, des écoles à plusieurs vitesses et plus homogènes socialement.

 

intérêt et possibilités du développement du bilinguisme.

 

Le déclin des langues régionales est lié assurément dans un premier temps (au XIXème siècle notamment) à une volonté d'acculturation et d'homogénéisation de la communauté nationale portée par l'école et l'Etat à travers des discours et des mesures de dévalorisation, de stigmatisation de l'usage des langues régionales dans l'espace public ou officiel. Entre le début du XXème siècle et les années 1960, c'est surtout la volonté des familles d'échapper à un complexe d'infériorité lié à une faible maîtrise de la langue dominante, les transformations des conditions économiques, l'exode rural, la guerre et le travail porteurs de mélanges et de rencontres, le désir de réussite par l'école, la standardisation et le désir de progrès lié à la modernité industrielle, culturelle et médiatique, qui ont présidé au déclin accéléré des langues régionales. Comme d'autres régions à fort particularisme, la Bretagne a vu naître dans les années 30 d'abord, puis dans les années 60-70 un fort mouvement citoyen et associatif de revitalisation de la culture régionale dans ses différents aspects, de moins en moins majoritairement associé à des revendications nationalistes ou autonomistes, et le sentiment d'appartenance à une "petite patrie" au riche passée et aux particularismes valorisants et intéressants est très développé chez nous, traversant d'ailleurs les courants politiques. Pourtant, les dialectes locaux du breton unifiés dans les années 30 ne vivent plus guère dans les conversations courantes et l'arbre du militantisme culturel plutôt bien soutenu depuis les années 1980-90 par la Région et les collectivités ne saurait cacher la forêt du dépérissement progressif du breton ou du gallo comme langues parlées.  Destin annoncé de langue morte que beaucoup veulent éviter en promouvant un volontarisme politique au service de la diffusion de la langue et de la culture régionale, volontarisme qui parait trouver un cadre adapté dans la charte européenne des langues régionales et minoritaires que la France a refusé jusqu'à présent de signer car elle est considérée comme inconstitutionnelle, l'amendement Lamassoure traduit depuis 1992 dans l'article 2 de la constitution spécifiant que "la langue de la République est le français".

La charte européenne des langues régionales ou minoritaires, qui a l'immense mérite de fixer l'objectif de la perpétuation de la richesse que représente la diversité linguistique et culturelle et de promouvoir la mise à disposition de moyens financiers, symboliques, éducatifs, médiatiques pour le réaliser, a un défaut: elle ne donne pas de statut protecteur pour la transmission des langues issues de l'immigration.

En revanche, il est parfaitement légitime de vouloir que la langue de sa région ne périsse pas avec le décès de ceux dont c'est la langue maternelle en tant qu'elle est porteuse d'une culture populaire séculaire, de représentations du monde, d'une richesse de vie, de sensibilité et d'intelligence déposée dans des expressions et un lexique qui n'appartiennent qu'à elle, comme il est souhaitable de transmettre une mémoire historique régionale par les moyens de l'école, d'un soutien à l'édition et au secteur associatif.

La mort ou l'étouffement progressif de toute culture est en effet une bien triste chose qu'il faut éviter à se donnant les moyens pour que l' héritage culturel menacé se transmette d'une génération à l'autre, fusse au prix de toutes les transformations qu'apporte heureusement le vivant qui évolue avec son temps, dans la culture, la langue, la musique, etc...

De ce point de vue, je pense, comme bon nombre de militants du Parti Communiste et du Front de Gauche, qu'il faut soutenir avec un vrai volontarisme l'enseignement bilingue facultatif dans l'éducation nationale, en rendant possible le maintien des postes, même en cas d'effectifs d'élèves assez réduits, la continuité des cursus entre primaire et secondaire, la possibilité de choisir la maîtrise du breton pour ses enfants sans avoir à les envoyer en internat loin de chez soi ou dans le privé. De la même manière, il est légitime que les collectivités subventionnent les associations et initiatives (enseignement de la langue aux adultes, médias, édition, spectacle vivant, musique, recherche historique, ...) qui permettent à la culture régionale de continuer à vivre dans sa différence et sa diversité nourrissantes pour les esprits et les consciences, et pas seulement ceux des habitants « de souche » de la région.

Nous devons faire en sorte je crois que l'école publique soit la solution privilégiée par tous les parents qui veulent que leurs enfants aient une culture linguistique solide en breton, en corse, en basque, en alsacien ou dans une autre langue régionale comme l'occitan, pour les enrichir personnellement et pour pérenniser la langue et la culture régionale afin qu'elles ne meurent pas. A ce titre, je ne vois pas d'objection à ce qu'un enseignement par immersion puisse se faire dans le cadre du service public dans la mesure où il est plus efficace pour développer chez les jeunes un bilinguisme véritable.

L'association d'enseignement du breton par immersion Diwan s'est constituée dans un contexte de vacance d'offre du service public pour ce choix pédagogique et il me semble que, comme elle présente des garanties au niveau de l'unité des programmes, des examens, de la qualité de la formation intellectuelle et des valeurs républicaines transmises par l'enseignement, on peut l'intégrer dans le service public d'éducation.  

Les connaisseurs disent que sans immersion, l'apprentissage du breton reste assez superficiel et on échoue à assurer réellement la perpétuation de la pratique de la langue dans la vie quotidienne.  De plus, l'enseignement par immersion n'est nullement incompatible avec une bonne maîtrise de la langue nationale.

Actuellement, même si les effectifs des élèves faisant l'apprentissage du breton progressent (entre 2001 et 2011, +120%  dans l'enseignement bilingue public, + 77% dans l'enseignement privé catholique, + 50% à Diwan) cette augmentation limitée n'assure pas sur la durée la survie du breton menacée par la disparition des gens qui en Basse-Bretagne l'ont pratiqué couramment pendant leur enfance et au-delà. Dans le premier degré, il n'y a 2291 élèves inscrits dans l'enseignement bilingue, dans le second degré (collèges et lycées): 2357 élèves (chiffres donnés lors du colloque de la FSU Bretagne). Il ne s'agit que de 2% des élèves scolarisés.  2,5% des élèves du primaire sont dans l'enseignement bilingue en Bretagne contre 40% au Pays Basque et 20% en Alsace.

L'enseignement bilingue ne représente nullement une menace pour l'unité de la République en Bretagne et ne suffit pas, à son niveau actuel, à empêcher le breton de devenir une langue quasiment morte à moyen terme, ce qui serait un appauvrissement culturel significatif. 

Après, on ne peut pas non plus forcer tous les élèves et leurs parents à suivre une initiation ou un cursus en breton pour sauver la langue. Force est de reconnaître que la plupart des bretons tout en étant majoritairement attachés symboliquement à la survie de la langue et de la culture bretonne, ne les pratiquent pas avec assiduité et le combat pour la culture doit se mener dans l'ouverture à toutes les composantes de la société pour se gagner et ne pas se jouer simplement dans des cercles de convaincus... Mais, encore une fois, c'est plus facile à dire qu'à faire.

 

Ismaël Dupont.

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 06:49

 

Le vote FRONT DE GAUCHE

pour créer les conditions d’un véritable changement

 

A l’élection présidentielle les Français ont condamné Nicolas Sarkozy et sa néfaste politique en même temps que tous les mauvais coups qu’il préparait.

 

L’écart entre les deux candidats au second tour montre d’une façon indubitable que les 4 millions de voix du Front de Gauche ont joué un rôle capital dans la défaite de la droite.

 

En même temps, compte tenu de l’enjeu, il est évident que nombre d’électeurs de François Hollande ont voté davantage pour battre Sarkozy que par adhésion à son programme et ses propositions.

 

Cela n’empêche pas le Parti Socialiste de viser la majorité absolue à l’Assemblée nationale…et le carton plein dans les 8 circonscriptions du Finistère, en contradiction avec la réalité politique exprimée par notre peuple. Jamais la nécessité démocratique de l’instauration de la proportionnelle n’a été aussi aveuglante.

 

En éjectant Sarkozy, les Français ont aussi émis l’exigence d’une politique radicalement différente qui leur permette concrètement de vivre mieux grâce à une autre répartition des richesses et à un développement de la démocratie de la Cité à la tête de l’Etat en passant par les entreprises

 

A l’évidence le programme de François Hollande n’a ni cette ambition, ni cette volonté.

 

Pour qu’au changement de gouvernement succède un changement réel de politique il importe donc que le PS et ses satellites ou ses obligés n’aient pas la majorité absolue à l’assemblée nationale.

 

Outre la nécessité de battre partout le Front National, on voit bien que la mise en œuvre d’une politique radicalement différente exige l’instauration d’un nouveau rapport de forces à gauche.

 

Et cela suppose nécessairement un renforcement du poids du Front de Gauche que les électeurs ont placé en deuxième position de la gauche. Ce renforcement passe évidemment par l’élection d’un nombre maximum de députés qui seront porteurs de propositions répondant aux besoins et aux exigences de la population et qui seront garants du respect de ses intérêts par le pouvoir.

 

Mais le rapport de forces se nourrira aussi du nombre de voix nouvelles qui, dans toutes les circonscriptions, se porteront sur le Front de Gauche. Quel que soit le pronostic de résultat, il n’y a donc aucun vote inutile…au contraire.

 

Le maximum de votes pour les candidats du Front de Gauche associés au développement des mouvements populaires, voilà la clef d’un véritable changement.

 

Alain DAVID

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 06:49

Le choix de Jean-Marc Ayrault par François Hollande pour assurer la fonction de premier ministre était en cohérence avec les options idéologiques de longue date du nouveau président: un centre-gauche libéral hérité de la deuxième gauche, ennemi de la conflictualité entre les classes et vis à vis du monde capitaliste et financier, partisan de l'orthodoxie budgétaire et d'un "réalisme économique" qu'on invoque pour justifier le peu d'empressement à répondre aux attentes et aux revendications des salariés, des précaires, de tous ceux qui, dans ce pays, souffrent et aspirent à une juste rémunération de leur travail ou à une juste reconnaissance de leur qualité de citoyens.

Jean-Marc Ayrault a nommé un gouvernement qui, tout en préservant a minima  les équilibres politiques politiciens internes au PS (avec Montebourg, Fabius, les aubryistes) et avec les partis satellites (radicaux, EELV), est plutôt très marqué à droite, et fort peu annonciateur d'une volonté résolue de réorientation de l'Europe, de rupture avec la réforme néo-libérale de l'Etat et des services publics (éducation, collectivités territoriales...), ou de refus de l'austérité. Cette politique probable de rigueur et de compromission avec les exigences de la finance dont la composition du gouvernement est annonciatrice est incapable de nous sortir de la crise économique, sociale, écologique et démocratique que vit notre pays comme tant d'autres en Europe, soumis au joug du libéralisme autoritaire.  

Jugez plutôt.

 Côté gestion économique de la France, qui avons-nous? Pierre Moscovici, ministre de l'économie, un technocrate social-libéral arrogant proche de Dominique Strauss-Kahn dont on se demande quand on l'écoute attentivement, surtout quand il a le temps de s'exprimer sur une radio pour gens bien nés telle que France Culture, comment des gens qui ont des intérêts et des valeurs de gauche pourraient lui faire confiance.

A côté de lui, ministre délégué au budget, Jerôme Cahuzac, qui jugeait presque fantaisiste à la taxation à 75% des revenus de plus de 1 millions d'euros par an que Hollande avait annoncé par surprise pour servir de contre-feu à l'ascension du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon, ce même Jerôme Cahuzac qui dans un rapport sur la protection sociale et la compétitivité co-redigé avec le parlementaire de droite Pierre Méheigneurie, préconisait de réduire de 1 an le bénéfice possible de l'indemnisation chômage pour "fluidifier" le marché du travail et restaurer l'équilibre des caisses.

Caution de gauche du gouvernement avec Montebourg, Benoît Hamon hérite d'un ministère passionnant mais sans véritable levier de pouvoir sur la politique économique, celui de l'économie sociale et solidaire.

Au ministère du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social (une formulation très chrétienne-démocrate ou CFDT d'Edmond Maire de Nicole Nota, ou de Chérèque...), on trouve Michel Sapin, un partisan de l'austérité, l'homme du "donner du sens à la rigueur" de la première partie de campagne présidentielle de François Hollande.

Vincent Peillon, l'homme qui ferait passer Jaurès pour un humaniste mystique partisan d'une République apaisée de petits propriétaires plutôt que pour un leader socialiste marxiste et partisan de la propriété publique des moyens de production et d'échanges, cet opportuniste qui a choisi pour occuper un créneau au sein du PS le Non au référendum sur le TCE de 2005, puis le soutien à Royal, l'abstention sur le Traité de Lisbonne, avant de se faire le partisan de la stratégie d'union avec le centre, hérite du ministère de l'éducation nationale. Je n'attends pas grand chose pour ma part en tant que praticien de l'enseignement de cet homme que je sens fondamentalement en accord avec l'agenda de la réforme néo-libérale de l'école et des Universités. A ses côtés, Geneviève Fioraso, nommée à l'enseignement supérieur, a travaillé pendant plusieurs années dans des entreprises spécialisées dans les hautes technologies et on la dit particulièrement à l'écoute des attentes du monde de l'entreprise.

A l'Intérieur, dans la peau du super-flic sans excès de sentimentalisme, Manuel Valls, le partisan de la TVA sociale qui se situait plus à droite que Strauss-Kahn encore: c'est l'idiot utile du sarkozysme qu'on récompense pour les satisfecits répétés qu'il a su donner aux politiques sécuritaires, liberticides, stigmatisantes, anti-immigration, du gouvernement Fillon. Le changement, c'est maintenant... Pitié, on aurait tant voulu y croire...

Jean-Yves Le Drian à la défense: les intérêts du budget de la Défense, du nucléaire militaire, des avionneurs, seront bien gardés. Dans le genre conservateur des équilibres anciens et pragmatique opportuniste, on ne fait guère mieux que ce proche de Hollande depuis la période des "trans-courants" inspirés par le centrisme de Delors.  

Stephane Le Foll, ministre de l'agriculture et de l'agroalimentaire: les intérêts de l'agriculture productiviste et de l'agro-business, là encore, seront sans doute jalousement préservés par cet interlocuteur qui a toute l'estime de la FNSEA, et l'emploi agricole pourrait continuer à chuter tandis que la transition écologique de l'agriculture se fera attendre.

Marisol Touraine à la santé. De cette strauss-kahnienne, on aimerait pouvoir attendre autre chose qu'un approfondissement de la réforme néo-libérale de l'hôpital et de la protection sociale ou qu'un statut quo par rapport au travail de démantèlement déjà accompli par la droite? D'ailleurs, dans le programme de François Hollande, il n'est pas question de recrutement de nouveaux fonctionnaires dans la santé, ni de la suppression du forfait hospitalier, des déremboursements de médicaments et franchises médicales. Sa ministre déléguée, Michèle Delaunay, est une "ministre chargée des personnes âgées et de la dépendance" et non de la perte d'autonomie: n'est-ce pas révélateur d'une certaine appréhension du problème?

Arnaud Montebourg,récompensé pour l'opportunisme de son ralliement en rase campagne au chantre de la rigueur Hollande, hérite d'un ministère du redressement productif, drôle d'expression technocratique qui met l'accent sur la productivité plutôt que sur la relocalisation ou le maintien du travail industriel alors que que les salariés français sont déjà parmi les plus productifs au monde, et que cette productivité, liée aussi à la non compensation des gains de productivité liés au progrès technique sous la forme d'un partage du temps de travail, à un prix énorme sur leur santé et leur bien-être au travail. Enfin, on a évité le ministère de la "compétitivité des entreprises"...

A la brillante et opportuniste Cécile Duflot, qui aura bien de la peine à repeindre en vert la façade du gouvernement, bien récompensée pour ses cirages de pompe de dernière minute à l'endroit de Hollande et les boulets rouges qu'elle a destinés pendant la campagne présidentielle au Front de Gauche et à Jean-Luc Mélenchon, échoie le ministère de l'égalité des territoires et du logement. L'intitulé du ministère est très intéressant, rompant avec une "politique de la ville" stigmatisante pour les quartiers populaires et posant la question centrale de l'égalité des droits. C'est un chantier énorme qui attend le gouvernement en matière de déghettoïsation de certaines cités et de politique du logement: réussir exige de rompre avec l'austérité et de remettre en cause la libre fixation des prix de l'immobilier, encourageant toutes les spéculations.  

Laurent Fabius aux Affaires Etrangères, n°2 du gouvernement. Ce n'est pas une surprise. Candidat peu convaincant, homme politique caméléon, tantôt thuriféraire de la société de marché et du libéralisme, tantôt partisan d'une réorientation de l'Europe, c'est tout de même un des hommes politiques les plus brillants du PS ayant une stature d'homme d'Etat.  

Christiane Taubira à la justice. Plutôt une bonne surprise. Cette femme politique est plutôt talentueuse et attachante et elle pourra difficilement faire plus mal en termes de stigmatisation des juges, de négation de l'indépendance de la justice et d'organisation de son inefficacité que ses prédecesseurs. En revanche, il n'est nullement prévu dans le programme de Hollande d'augmenter le budget de la justice, honteusement bas, ni d'employer plus de juges, de greffiers, d'avocats commis d'office, pour la rendre plus rapide et respectueuse des droits des victimes et des prévenus. Pas beaucoup de détails non plus, dans le programme de Hollande, sur les moyens de rendre les conditions carcérales moins négatrices de la dignité des individus et plus propres à la réinsertion, ni sur les alternatives à la prison.

Quant à Marylise Lebranchu, Ayrault et Hollande lui ont offert un poste qui correspond à ses spécialisations au PS afin de respecter un certain pluralisme du gouvernement faisant une place aux partisans de Martine Aubry. Ce ministère important mais soumis aux orientations du ministère du Budget et de l'économie est celui de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la fonction publique.

L'intitulé du ministère n'est en soi guère prometteur pour nous autres qui sommes attachés au service publics car la réforme de l'Etat et la réforme des collectivités territoriales ont été des leviers importants jusqu'ici, notamment depuis la loi LOLF promue par les socialistes sous le gouvernement Jospin, de la réduction de l'emploi public, de la surface et de la qualité des services publics. Ce ministère risque bien d'être un des piliers essentiels de la politique de rigueur voulue par Hollande. Ce que nous demanderions à Marylise Lebranchu, c'est pour commencer de s'engager à réduire la précarité dans la fonction publique en allant vers une titularisation des 800 000 précaires de la fonction publique. C'est aussi d'abroger la réforme des collectivités territoriales mise en place par la droite et contre laquelle les socialistes ont voté au Parlement il y a un an et demi, reforme de recentralisation, d'approfondissement du fossé entre les élus et les citoyens et de la casse des services publics. Il s'agira ensuite d'engager un débat national pour penser les moyens de démocratiser les collectivités territoriales (notamment par l'élection proportionnelle étendue et le recours plus fréquent à la consultation directe des citoyens) et de faire revivre des services publics de proximité cruellement affaiblis.

 

Le message que nous adressons maintenant aux électeurs de la IVème Circonscription du Finistère, c'est: donnez de la force à un groupe parlementaire Front de Gauche indépendant pour empêcher que ce gouvernement aux allures très centriste et social-libérale ne mènent une politique semblable à celle qui a été conduite en Espagne du temps de Zapatero, en Italie du temps de Romano Prodi et Massimo d'Allema, en Allemagne du temps de Schröder, ou en Grèce avec Papandréou.

 

Nous avons besoin d'un vrai changement de cap et d'élus déterminés à mettre fin à la dictature sans partage des marchés financiers pour répondre aux urgences sociales et engager des réformes de structure afin de rendre la société plus égalitaire, démocratique et respectueuse de l'éco-système.  

 

Ismaël Dupont.

        

       

 

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 06:22

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Une victoire qui ouvre un nouvel espoir en France et en Europe

En élisant aujourd'hui 6 mai, François Hollande président de la République, le peuple de France s'est libéré d'un pouvoir qui l'a méprisé et agressé pendant 5 ans. Je veux dire la joie des communistes qui ont combattu sans relâche Nicolas Sarkozy et sa politique et qui ont œuvré de toutes leurs forces à cette victoire.

Je veux féliciter François Hollande pour son élection. Les femmes et les hommes qui se sont rassemblés sur sa candidature pour infliger à Nicolas Sarkozy la défaite qu'il méritait ont ouvert un nouvel espoir en France, et en Europe.

Je veux remercier les millions d'électrices et d'électeurs du Front de gauche qui ont apporté une contribution décisive à ce résultat. Sans la campagne mobilisatrice menée par le Parti communiste français et ses partenaires du Front de gauche avec leur candidat commun, Jean-Luc Mélenchon, sans les propositions de notre programme, L'Humain d'abord, sans notre engagement déterminé entre les deux tours, la victoire n'aurait pas été possible. Elle ouvre un nouveau chapitre pour notre pays.

François Hollande est le premier président élu par les électrices et les électeurs de gauche depuis 24 ans.

Il était indispensable de mettre un terme à une présidence au service des privilégiés, prenant systématiquement pour cible le monde du travail, ses droits sociaux et démocratiques, les libertés démocratiques.

Il était indispensable que le co-auteur, avec Angela Merkel, d'un traité européen promettant l'austérité à perpétuité aux peuples et les plein-pouvoirs au capitalisme financier, soit désavoué par son propre peuple.

À tous les peuples d'Europe qui attendaient ce signe de la France, je dis : ensemble, il redevient possible de faire reculer la dictature financière qui nous menace tous ; ensemble, nous pouvons relancer le combat pour une Europe démocratique, une Europe de justice sociale, de développement solidaire et écologique.

Oui, ce 6 mai 2012, nous avons remporté une première bataille capitale. Un président de gauche siège à l'Élysée. La gauche doit sans tarder répondre aux urgences sociales qui n'attendront pas. Des mesures immédiates pour les salaires, pour la relance du pouvoir d'achat, pour la lutte contre le chômage et la renégociation d'un traité européen doivent être prises.

S'ouvre dans le même temps une nouvelle bataille, celle des élections législatives dont va maintenant dépendre la possibilité de maintenir grande ouverte la porte du changement.

Il faut maintenant élire à l'Assemblée nationale une majorité de gauche qui soit à la hauteur de la situation et compte pour cela en son sein les députés prêts à voter les lois sociales et démocratiques sans lesquelles le changement ne sera rien.

Il faut de très nombreux députés qui n'aient pas une seconde d'hésitation pour abroger les lois scélérates du quinquennat Sarkozy et des dix années de droite au pouvoir.

Il faut de très nombreux députés pour reprendre le pouvoir sur le secteur bancaire et financier, pour mettre en place un pôle public de la banque et du crédit.

Il faut de très nombreux députés favorables au relèvement significatif du SMIC et des salaires, décidés à engager le retour de la retraite à 60 ans à taux plein pour tous, à interdire les licenciements boursiers, à relancer l'emploi industriel et les services publics.

Il faut de très nombreux députés qui aient le courage de soumettre au vote des droits nouveaux pour les salariés du public comme du privé, pour les travailleurs indépendants à l'avenir précaire, pour les jeunes qui méritent mieux que l'apprentissage à vie, pour les femmes dont les salaires sont toujours largement en deçà de ceux de leurs collègues masculins.

Les menaces de la droite et de l'extrême droite pour empêcher ces changements ne sont pas mortes avec la défaite de Nicolas Sarkozy. Leurs candidats aux élections législatives doivent être partout battus, et il faut barrer la route à l'entrée du FN à l'Assemblée nationale. Partout où elle a eu cette possibilité en Europe, l'extrême droite a aggravé les reculs sociaux. Il n'en sera pas ainsi en France, le PCF et ses partenaires du Front de gauche s'y engagent.

Ce soir, j'appelle les candidates et candidats du Front de gauche aux élections législatives à repartir partout au combat pour rassembler autour de ces objectifs l'ensemble des électrices et des électeurs qui ont permis la victoire à l'élection présidentielle.
J'appelle l'ensemble de ces électrices et électeurs, pour garantir le changement, à mettre les candidats du Front de gauche en tête de la gauche dans le maximum de circonscriptions, le 10 juin, et à en élire ensuite le plus grand nombre, le 17 juin prochain.


Pierre Laurent
Secrétaire national du Parti communiste français


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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 17:01

Non à l’austérité en Europe, non au Pacte budgétaire !

Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique rassemble une trentaine d’organisations du mouvement social[1]. Son objectif est d’ouvrir le débat sur les vraies alternatives à la crise de la dette pour sortir de la pensée unique de la rigueur budgétaire en France comme en Europe.
 
Fort des 60000 signatures de son 
appel constitutif, et de plus d’une centaine de collectifs unitaires locaux, le Collectif lance une vaste campagne d’éducation populaire sur le nouveau traité européen, le Pacte budgétaire, sur la base d’un document d’explication disponible en ligne (cliquez ici).
 
Quelle que soit l’issue du scrutin présidentiel, le mouvement social doit faire pression pour que ce traité d’austérité soit rejeté. L’ajout d’un volet de croissance, appelé des vœux de M.Hollande, ne sera d’aucune utilité sans le rejet des dispositifs coercitifs et technocratiques qui visent à imposer de force l’austérité en Europe.
 
Partout en Europe, les peuples se lèvent contre ces politiques injustes qui plongent l’Europe dans la crise. Les dirigeants européens ne peuvent pas continuer à bafouer leurs droits démocratiques et sociaux !
 
Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique,
Le 4 avril 2012

 
[1] Voici les organisations signataires de l’appel constitutif du Collectif pour un audit citoyen de la dette publique :
 
Membres du collectif
 : Act Up-Paris, Agir ensemble contre le chômage (AC!), AITEC, Amis de la Terre, Attac, CADTM, CEDETIM, Collectif National pour les Droits des Femmes, Collectif Richesse, Confédération CGT, Convergence SP, Coopérative DHR, Economistes Atterrés, Emmaüs International, Fakir, Fédération Syndicale Unitaire, Finances CGT, Fondation Copernic, Indecosa-CGT, L’Appel des Appels, Ligue des Droits de l’Homme, Marches Européennes, Marche Mondiale des Femmes France, Mouvement Utopia, Réseau Education Populaire, Résistance Sociale, SNESUP, Sud BPCE, Union SNUI-SUD Trésor Solidaires, Union syndicale Solidaires.
 
En soutien : Alliance Ecologiste Indépendante, Alternatifs, Association Nationale des Élus Communistes et Républicains, Démocratie & socialisme, Europe Ecologie Les Verts, FASE, Gauche Anticapitaliste, Gauche Unitaire, M’PEP, NPA, Parti Communiste Français, PCOF, Parti de Gauche, Parti pour la décroissance

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 19:33
"Chères amies, chers amis,

Il me tient à cœur de vous expliquer pour quelles raisons je vais voter pour Jean-Luc Mélenchon du Front de Gauche au premier tour de la présidentielle le 22 avril prochain, et peut-être, je l'espère, au second tour. J'espère que mes raisons, si elles ne vous convainquent pas, vous feront au moins réfléchir. Si certains sont convaincus par mon e-mail, n'hésitez pas à le partager autour de vous.

Tout d’abord, comprenez que je souhaite que le Front de Gauche dépasse le Front National au premier tour. La peur d'une Marine Le Pen présente au second tour reste dans tous les esprits, cela verrouille le système de la Ve République et pousse la plupart des électeurs de gauche, qui se sentiraient enclin à voter Mélenchon, à préférer voter Hollande, sans véritable conviction. Et il pourrait être élu président par défaut . A tous ceux qui seraient dans cette configuration de pensée, rappelez vous qu'il y a cinq ans, Le Pen avait été largement surestimé (16/17%) alors que son score final fût de 10,5%. Par ailleurs, comme l’a montré l'histoire : plus la gauche est forte au premier tour, c'est à dire l'association gauche de transformation sociale et gauche sociale-libérale, plus le candidat de gauche du second tour peut facilement l'emporter. Ce fut par exemple le cas en 1981, le PCF faisait 15,8% et Mitterrand arrivait deuxième au 1er tour : cela ne l'a pourtant pas empêché de remporter l'élection présidentielle devant Giscard. En effet, comme les sondages le montrent : plus le Front de Gauche monte, plus la gauche gagne largement au second tour. Pour conclure ma première démonstration : un bon score du Front de Gauche n'empêchera sûrement pas la victoire de la gauche contre l'UMP, mais bien au contraire la rend maintenant très probable, et de plus en plus "confortable". (57/43% récemment, même si nous ne devons pas nous laisser influencer par les sondages les  changement d'orientations sont sensibles). Hollande sera immanquablement au second tour, la droite sarkozyste ramasse déjà les gaules, et les désertions s'accumulent, de  très nombreuses personnalités de droite appelant à voter Hollande: anciens ministres, droite chiraquienne, etc...

Un sondage récent (jeudi dernier) créditait Jean-Luc Mélenchon de 17%, à deux points de Marine Le Pen. Un tel résultat sondagier montre le mouvement qu'a su créer le Front de Gauche ("crédité" de 5% il y a 6 mois) dans l'opinion publique, en associant plusieurs partis à la gauche du P."S" (PCF, PG, Gauche Unitaire, la Fase...) et des citoyens engagés. Pourquoi et comment un tel regroupement a t-il pu créer ce mouvement, alors qu'on disait la gauche de la gauche, ou la gauche du P."S" morte de sa belle mort, vouée aux gémonies, parce que trop archaïque etc....?

En premier lieu, le Front de Gauche propose un vrai programme, et non pas une succession de propositions. Autrement dit, le programme "L'Humain d'abord" définit un véritable projet de société, holistique et cohérent. A tel point qu'on a vu au cours de cette campagne, l'ensemble des partis de droite comme de gauche, s'appuyer et "emprunter" dans notre programme pour modifier leurs propositions, ce qui nous a ravi, bien sûr. Malheureusement, prendre une par une les propositions symboliques du programme, comme le font la plupart des journalistes, n'a aucune utilité. C'est regarder par le petit bout de la lorgnette, alors qu'il faut au contraire s'extraire du contingent pour avoir un œil nouveau. C'est la vision d'une société nouvelle construite qui a généré les démonstrations de force de la Bastille, de Toulouse et de Marseille, pas seulement la personnalité ou les qualités d'orateur de Jean-Luc Mélenchon.

L'Humain d'abord part du constat suivant : la crise économique que traversent l'Europe et la France - la pire depuis les années 1930 - n'est pas ordinaire, elle n'est pas "normale". c'est une crise de système. Cette crise a déjà eu des conséquences terribles pour des peuples voisins (en Grèce, au Portugal, en Espagne...). Si la gauche française n'engage pas un véritable changement de cap, nous serons très probablement le prochain pays à souffrir des conséquences des plans d' "austérité". Le calendrier électoral français fait de l'élection présidentielle la première d'une longue série en Europe. C'est une occasion unique de montrer l'exemple et de mettre un coup d'arrêt brutal au rouleau compresseur du libéralisme.

Le Front de Gauche est le seul parti en France qui se donne les moyens pour que le politique dompte la finance : mais comment ? Il préconise un véritable changement politique, écologique, économique et social par une relance de l'économie, un véritable partage des richesses, la planification écologique, une nouvelle construction de l'Europe et une refonte des institutions en créant la VIe République.

Relance de l'économie :

C'est en faisant respirer l'économie (et non en la contractant) que le pays renouera avec le cercle vertueux de la croissance :

- Retraite à 60 ans
- Smic à 1700 euros
- Diminution du temps de travail hebdomadaire
- Réglementation des stages
- Arrêt immédiat de la RGPP.

Redistribution des richesses :

C'est par la fiscalité que la société organise l'égalité de ses membres : l'impôt juste est celui qui corrige les inégalités entre les différents revenus des citoyens en prenant aux riches pour redistribuer aux pauvres. Le Front de Gauche veut bloquer la spéculation et la financiarisation de l'économie en réglementant et en taxant les banques et les individus qui s'arrogent des richesses communes :

- Création d'un pôle public financier
- Placement sous contrôle social des banques privées
- Suppression du bouclier fiscal
- Mise en place d'un impôt sur le revenu "réellement progressif" (14 tranches, dont la dernière, au dessus de 20 fois le salaire médian, soit 360 000 par an, à 100%)
- Arrêt du démantèlement de la fiscalité du patrimoine
- Augmentation du rendement de l'ISF et de l'impôt sur les revenus du capital
- Imposition des exilés fiscaux
- Taxation des revenus financiers des entreprises
- Rétablissement d'une égalité de l'impôt sur les sociétés entre les PME et les grandes entreprises.

Planification écologique

Le réchauffement climatique, la destruction de la biodiversité et l'épuisement rapide des ressources naturelles sont le résultat des logiques de profit maximal à court terme. Le Front de Gauche propose la planification écologique comme moyen de redéfinir nos modes de production, de consommation et d'échange en fonction de l'intérêt général de l'humanité et de l'impact de l'activité économique sur l'écosystème :

- Moratoire sur toutes les politiques de déréglementation de l'énergie.
- Création d'un pôle 100% public de l'énergie comprenant EDF, GDF, Areva et Total renationalisé.
- Réferendum sur la sortie du nucléaire après débat public national.
- Constitution d'un grand service public de l'eau et de l'assainissement (ayant pour objectif que les dépenses d'eau par famille n'excèdent pas 3% de leurs ressources).
- Mise en place d'un plan de transition écologique (promouvant des investissements publics conditionnés à des critères écologiques, sociaux et démocratiques).
- Mise en place d'un plan de financement pour la sobriété et l'efficacité énergétiques et pour la diversification des sources d'énergie.
- Lancement d'un réseau de géothermie profonde.
- Lancement d'un grand plan de ferroutage.
- Plan national de transition écologique de l'agriculture.
- Interdiction des OGM en plein champ et de la vente libre de pesticides et herbicides chimiques nocifs pour la santé.
- Lutte contre la privatisation du vivant, les brevets sur les semences
- Soutien à l'installation des jeunes agriculteurs et à une agriculture responsable.
- Création d'emplois en agriculture (révision du mandat des Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer) et du Code des marchés publics, droit de préemption systématique des terres libérées en faveur de l'installation d'agriculteurs).
- Encadrement des pratiques de la grande distribution (prix minimums aux producteurs, coefficients multiplicateurs maximums).
- Inscription de toutes les politiques publiques dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Une nouvelle Europe

Le traité de Lisbonne et les politiques qu'ils favorisent encouragent le libre-échange au détriment de l'environnement et de la justice sociale. L'Europe n'est pas seulement un marché, c'est d'abord une alliance fraternelle entre des peuples :

- Remise en cause du pacte pour l'Euro+ qui impose l'austérité aux peuples
- Création d'un Fonds de développement social, écologique et solidaire européen
- Refonte des statuts et mission de la BCE pour mettre fin à l'indépendance dont elle jouit à l'égard des instances démocratiques européennes et nationales
- Affranchir l'Europe du Traité de Lisbonne et mener la bataille politique et diplomatique pour un nouveau traité européen
- Convocation d'Etats généraux de la refondation européenne mobilisant toutes les forces sociales et politiques disponible
- Remise en cause, par référendum, du Pacte de stabilité qui impose l'austérité aux peuples
- Financement direct par la BCE (et les banques centrales) du Fonds de développement social, solidaire et écologique européen par création monétaire
- Refus d'appliquer les directives européennes qui libéralisent les services publics
- Harmonisation fiscale pour empêcher le dumping social entre pays membres de l'UE
- Harmonisation des droits sociaux et politiques européens (SMIC européen)
- Adoption d'une nouvelle Politique Agricole Commune fondée sur l'objectif de souveraineté alimentaire et centrant la production sur les besoins intérieurs
- Institution d'une coopération euro-méditerranéenne de progrès social, écologique et de codéveloppement en direction des pays du Maghreb, du Machrek, d'Afrique noire et du MoyenOrient.

Pour une VIe République

Les institutions actuelles ont éloigné le pouvoir du peuple, provoquant une grave crise démocratique. La vie politique tend à se réduire à une compétition présidentielle opposant tous les cinq ans des candidats qui se distinguent avant tout par leurs styles personnels. C'est l'oligarchie qui gouverne. Pour restaurer une démocratie véritable, il est temps de fonder une nouvelle République :

- Convocation d'une assemblée Constituante visant à fonder une sixième République sociale, parlementaire et participative dont l'adoption sera soumise au référendum populaire.
- Inscription du droit à l'emploi et au travail, à la santé, à l'éducation, à la protection sociale dans la Constitution.
- Garantie de l'indépendance des médias à l'égard des puissances d'argent et du pouvoir politique par la création d'un Conseil national des médias.
- Adoption du scrutin proportionnel pour l'ensemble des élections.
- mise en place d'une "règle verte" (en lieu et place d'une "règle d'or") visant à rembourser la dette écologique de la France vis-à-vis du reste du monde et de nos enfants.
- Remplacement du Conseil Constitutionnel par une nouvelle instance nationale pluraliste chargée du contrôle de constitutionnalité, pouvant être saisie par les citoyens.
- Inscription dans la Constitution du droit des citoyens à intervenir dans le développement de la recherche.
- Garantie des statuts de l'élu(e) et du bénévole dans toutes les collectivités (communes, départements, régions, assemblées nationale et européenne).
- Renforcement du rôle de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (HALDE).
- Rétablissement notamment de la fonction de Défenseur des enfants.
-Création d'un Ministère de l'Éducation populaire et des libertés associatives.
-Abrogation de la réforme de 2010 des collectivités territoriales.

Voilà quelques propositions centrales du Front de Gauche. Elle sont nécessaire car nous sommes à un de ces moment-clefs de l'histoire... Évidemment ce n'est pas à la une du "télégramme" ;-) mais nous sommes en limites : Limites écologiques, limites sociales, limite du système néolibéral, limites du modèle de construction européen. Ces éléments sont tous "imbriqués" les uns avec les autres et doivent tous être maîtriser et réorienter en même temps, pour être cohérents. Seul le programme du front de gauche les intègre comme un tout, afin d'éviter les chaos qui nous menacent à court terme. D'autre part, et au fond de vous vous le sentez, l'austérité prônée par tous les candidats en dehors de Jean-Luc Mélenchon, entraine la récession, et une entrée en crise profonde comme en Grèce, au Portugal, ou en Espagne... Si on laisse les néolibéraux faire, ils vont tenter de diminuer encore la valeur de votre travail pour augmenter leurs profits, en s’appuyant sur le TESF (traité européen de stabilité financière) comme le montrent tous les éléments dans ne vous parlent pas les médias, mais que vous trouverez facilement sur le site placeaupeuple2012.fr ou sur la page facebook du Front De Gauche Morlaix, par exemple. Par contre des pays comme l'Argentine, ou l'Islande, qui ont dit fermement non à la finance, sont sorti de la crise et sont en pleine période de relance et de développement. L'Islande par exemple, va faire trois fois plus de croissance que l'Europe en ayant refuser de rembourser un seul centime de sa dette... En fait, la finance n'a pas de morale, ni dans un sens, ni dans l'autre... Et en ce moment, elle finance et réinvesti dans le développement de L'Islande. C'est sain, et fiable... Tout le paradoxe de la finance... Si vous lui laissez une faille, elle s'y engage, et vous mange la main et le reste ensuite, si vous lui tenez tête elle vous mange dans la main ! Il faut simplement ne pas en avoir peur... Le capitalisme, (et le néolibéralisme actuel d'autant plus) n'a pas de système de pensée sinon le profit immédiat ! Réfléchissez-y et acceptez ce qui peut vous apparaître comme un défi, car tout autre chemin nous mènera à une exploitation encore plus forte...

Ne dispersez pas les forces de la vraie gauche. Votez Front de gauche, c'est faire reculer le front national, écraser Sarkozy, (en attendant son emprisonnement), et assurer une très large victoire de la gauche...Ainsi, montrer la voie aux autres pays européens qui voteront prochainement, et ré-orienter l'Europe vers son dessein original: L'Europe des peuples et des Nations, pas celle de la finance et du néolibéralisme.

J'espère que ce courrier vous aura aider à faire votre choix. Salutations fraternelles à toutes et tous, et bon week-end !


                                                                                                                                                                                                                                                        Patrick
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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 12:49

I. Quelques causes des difficultés de l'euro

 

1. L'Europe est essentiellement un espace économique où les états sont en guerre économique. "La concurrence libre et non faussée", principe inscrit dans les traités, entraîne, dans chaque pays, des politiques anti-sociales: il faut produire moins cher que le voisin pour exporter plus que le voisin. La seule façon, pour les capitalistes, de produire moins cher est de réduire le coût du travail: baisse des salaires, mise à mal de ce qui protège comme la sécurité sociale ou les retraites.

 

2. L'Europe est un ensemble de pays très inégaux sur le plan économique et social. L'absence de solidarité et de coopération évoqué ci-dessus aggrave les différences: les déséquilibres commerciaux entre états s'accentuent. L'Allemagne vend beaucoup à ses voisins européens. L'excédent de sa balance commerciale est de l'ordre de 100 milliards d'euros pour l'année 2011. Par contre, la France, qui se désindustrialise, a un déficit de 60 milliards pour la même année. A ces déséquilibres commerciaux s'ajoutent les déséquilibres financiers: l'écart entre les pays les moins endettés et les plus endettés ne cesse de grandir. Tout cela destabilise la monnaie unique.

 

II. Les fausses solutions: sortir de l'euro

 

1. Le retour des frontières est une solution populiste (démagogique). Le repli sur soi caractérise le Front National dont le nationalisme étriqué, réactionnaire et dangereux est en cohérence avec d'autres thèmes racistes: fermer les frontières pour se protéger de la menace extérieure, expulser tous les étrangers, des ennemis potentiels et des parasites.

 

2. L'Europe, le bon niveau pour régler certains problèmes:

 

a) Sortir de l'Euro, ce serait faire exploser l'Europe à un moment où la réponse aux questions liées à la mondialisation passe par la constitution d'ensembles plus grands.

 

b) même très imparfaite, l'Europe a su trouver des solutions immédiates à la crise: la banque centrale européenne (BCE), en renflouant les banques, les a sauvées de la faillite qui nous aurait plongés dans le chaos.

 

c) sortir de l'euro aggraverait les logiques désastreuses du chacun pour soi. En plus de la concurrence qui pousse chaque pays à s'attaquer aux acquis sociaux, nous connaîtrions à nouveau la spéculation sur les monnaies nationales et la guerre entre elles. Chaque pays pourra utiliser l'arme de la dévaluation qui donne un avantage en faisant baisser le prix des produits exportés. On vend alors plus que le concurrent. La contrepartie est douloureuse: le retour de l'inflation causée par l'augmentation des produits importées et la baisse du pouvoir d'achat.

 

3. Le retour au Franc non seulement ne règlerait pas la question du pouvoir d'achat mais aurait encore des conséquences très négatives:

a) obstacle aux déplacements en Europe.

b) dévaluation très importante du Franc, monnaie moins forte que l'euro. Cela entraînera de l'inflation et un alourdissement de plusieurs milliards de la dette française.

c) augmentation des taux d'intérêt (ceux-ci déterminés actuellement par la BCE sont plus bas que du temps du franc): ralentissement de l'activité économique (emprunter coûte cher) et donc une augmentation du chômage.

 

III. Les vraies solutions: changer l'Europe

 

Puisque l'Europe est un cadre à maintenir, il faut construire de l'intérieur de l'Europe une Europe des peuples et non de la finance et des marchés.

 

1. l'Euro doit devenir un outil de coopération entre pays et non être au service des rentiers et de l'Allemagne, grande exportatrice, qui impose à tous un € fort. Il faut donc harmoniser:

- les politiques économiques pour éviter les disparités évoquées plus haut.

- les politiques sociales, par le haut et non par le bas, par exemple établir, par étapes, un SMIC européen qui empêche la concurrence inacceptable fondée sur l'exploitation des travailleurs.

 

2. D'une manière plus générale, l'Europe doit mettre en place des mécanismes de solidarité entre Etats et non livrer ceux-ci en pâture aux marchés privés comme les banques par exemple. Il faut, en particulier, revoir les missions de la BCE (donc le Traité de Lisbonne): celle-ci actuellement ne peut pas financer directement les Etats, ce que revendique le Front de Gauche. Elle finance les banques privées à des taux avantageux. Celles-ci prêtent ensuite- ou ne prêtent pas-  aux Etats à des taux qui peuvent être très élevés: les banques s'enrichissent, ainsi que les spéculateurs, les Etats s'appauvrissent (le montant des intérêts de la dette française égale 40 milliards d'€ en 2012).

 

3. l'Euro doit exclusivement servir les besoins de la population. Il doit donc favoriser l'investissement qui modernise les entreprises, le progrès social, l'augmentation des salaires, par exemple, la recherche. Comment? En instituant un crédit sélectif: crédits à taux zéro pour les dépenses utiles, crédits très chers pour les spéculateurs.

 

Conclusion

 

La monnaie n'est qu'un outil. La question essentielle est donc celle de son utilisation. Retour au franc? Mais pour faire quoi? Une politique libérale? Sociale?

L'Europe et l'euro ne sont pas la propriété des technocrates, souvent non élus, de Bruxelles, et qui agissent pourtant au sein d'institutions sans légitimité. Il faut donc "prendre le pouvoir" selon le slogan de l'affiche du Front de Gauche. Cela veut dire imposer d'autres logiques que celles du capitalisme: la préoccupation principale ne doit pas être le profit mais l'humain. "L'Humain d'abord" est le sous-titre de notre programme. Cela veut dire démocratiser l'Europe: donner plus de pouvoir au Parlement et tenir compte du résultat des référendums afin qu'elle évolue selon les désirs des peuples".

 

Roland Porcher

Avril 2012  

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 10:41
  • Eva Joly, la candidate d'EELV qui soutenait Bayrou en 2007, a estimé samedi 14 avril sur TF1 que le programme de Jean-Luc Mélenchon, c'est "en réalité le programme commun de 1981". Interrogée sur le candidat du Front de Gauche, Mme Joly a estimé que "Jean-Luc Mélenchon parle avec ses tripes, il parle aux tripes de la populations. Cela risque de générer une grande déception parce qu'il se base sur le passé, il évoque des évènements historiques, cela est très agréable à entendre". "Mais en ce qui concerne les projets, ils ne sont pas réalisables, c'est en réalité le programme commun de 1981", d'après elle. "Il crée beaucoup d'espoir qu'il ne pourra pas remplir". Pour l'ex-magistrate, "il n'est pas écologiste, il est allié au Parti communiste", une formation "pro-nucléaire"...
  • Pour François de Rugy, député EELV de Nantes, la planification écologique n'évoque que la centralisation étatique et bureaucratique: "Je ne suis pas certain que c'est en ressortant de la naphtaline un vocabulaire que l'histoire s'est chargée de discréditer qu'on réussira vraiment à convaincre de la nécessité de la transformation écologique". 
  • Conclusion:  Chez EELV, on passe bien plus de temps à tirer sur le Front de Gauche qu'à remettre en cause les partis-pris pro-croissance ou nucléaire de Hollande et du PS ou à critiquer son choix d'une politique d'austérité et de soumission à la règle d'or budgétaire voulue par le pacte Merkel-Sarkozy. C'est en effet que dans ce parti la préservation des intérêts électoraux, comme l'a montré l'accord avec le PS, rentre en concurrence ou du moins en tension avec le désir de faire aboutir des combats pour la préservation de l'environnement et de la santé publique. EELV s'approprie l'écologie comme une marque déposée et n'a pas l'honnêteté de se féliciter que d'autres organisations politiques - et le Parti Communiste en fait partie- évoluent de manière positive dans la prise en compte de la nécessité de la transition écologique de la société. Beaucoup d'écologistes sont viscéralement anti-communistes par tradition - un combat anti-nucléaire à connotation quasi religieuse, un terreau militant fait d'"anarchisme individualiste" et de "deuxième gauche" chrétienne -  et aussi, osons-nous dire, du fait d'un socle sociologique de sympathisants à esprit ou intérêts "petit-bourgeois" effrayés par la tradition révolutionnaire et les principes de confrontation sociale. Les dirigeants EELV sont en majorité  des socio-démocrates hostiles au marxisme et au discours de rapport de force entre classes sociales aux intérêts contradictoires, Dominique Guizien, candidat EELV aux législatives à Morlaix,  l'a rappelé l'autre jour au débat de la gauche à Plourin les Morlaix. Ils ne prennent pas réellement en charge les aspirations des précaires, des chômeurs, des salariés au bas salaires, à un volontarisme de l'Etat qui impose un vrai partage des richesses et une garantie de droits sociaux permettant à tous la vie bonne et l'émancipation. L'Europe fédérale est leur horizon ultime et pour avancer vers cet idéal, ils sont prêts à être des alliés objectifs des ultra-libéraux qui renforcent les limitations de souveraineté des Etats et des Parlements nationaux au nom des impératifs d'austérité budgétaire. Comme ces néo-libéraux, ils rêvent d'une politique post-moderne libérée du conflit et basée sur le consensus des hommes compétents, éclairés par la science, s'imposant aux masses populaires conduites par leurs seuls appétits matériels. Comme ces néo-libéraux, ils caricaturent comme archaïques et passéistes les propositions et combats d'une gauche de transformation sociale qui remet en cause fondamentalement les règles du capitalisme, ne renie pas son lien avec l'héritage ouvrier et populaire de la gauche, remet à l'honneur l'Etat, la loi, l'insurrection citoyenne, la planification contre la toute-puissance des marchés... Leur refus de remettre en cause de manière fondamentale le capitalisme financiarisé et mondialisé, le libre-échange dans l'UE et les règles d'ouverture à la concurrence des services publics, rend leur volonté de préservation de l'éco-système partiellement inefficace ou réduite à des combats partiels ou symboliques. Enfin, il y a chez beaucoup de dirigeants et peut-être de militants écolos un mépris du peuple qui se traduit bien par les références dédaigneuses d'Eva Joly sur les "tripes de la population" qui seraient remuées par la voix de Mélenchon, elle-même moins porteuse d'une réflexion intellectuelle valable que d'une colère ou d'une passion, quand elle-même ne parlerait qu'aux plus intelligents et conscients des citoyens...  
  • Heureusement, ce tableau ne concerne pas, loin de là, tous les électeurs de sensibilité écologiste, qui pour beaucoup se retrouvent dans la démarche et le projet du Front de Gauche et militent ou votent pour lui, et c'est bien ce qui explique les attaques systématiques, outrancières et malhonnêtes dont nous faisons l'objet vis à vis de dirigeants "verts de rage".  


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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 07:15

Au moment où la fine fleur de la chiraquie et Jacques Chirac lui-même appellent à voter Hollande, comme d'autres ministres de la droite tels que Fabela Amarra, Martin Hirsch, Corinne Lepage (...etc), il est un autre candidat qui séduit moins les opportunistes et les hommes du centre-droit espérant un "gouvernement d'ouverture" que les femmes et les hommes de conviction, d'intelligence et de générosité, c'est Jean-Luc Mélenchon.

 

Ecoutons ces belles voix qui incarnent la belle France rebelle, à qui l'Humanité du mardi 17 avril donne la parole:  

 

On n'en peut plus de l'allégeance aux riches

Annie Ernaux, une des plus grande romancière française vivante, auteur de La Place  

"Depuis des mois, des années, on n'en peut plus de l'injustice sociale, de la dégradation des services publics, de l'argent donné aux banques, du mépris du gouvernement à l'égard du travail, de la culture, de l'éducation, et de son allégeance aux riches comme jamais. Les gens ont dit "non" à l'Europe libérale, ils sont descendus dans la rue contre des lois qui démantèlent le système des retraites, l'université, contre les fermetures d'usines. Il monte depuis des mois l'attente d'un changement en profondeur que les discours d'impuissance, dans le même temps, s'acharnent à déraciner. Dans cette élection présidentielle, je ne vois que Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche répondre à cette attente par leur programme, lequel comporte, entre autres, la proposition fondamentale d'une VIème République. Le vote utile, utile pour notre avenir, celui de nos enfants, d'un pays plus juste, c'est celui-là"

 

L'aurore d'un monde meilleur

Ignacio Ramonet, essayiste, directeur du Monde diplomatique

"Dans l'actuelle atmosphère d'angoisse sociale, Jean-Luc Mélenchon est le président dont le peuple a besoin. Il rassemble toutes les sensibilités de la gauche. Renoue avec l'histoire populaire de la France. Porte les espérances des mouvements sociaux. Annonce une révolution citoyenne. Replace la volonté politique au coeur de l'action gouvernementale. Entend rétablir la souveraineté de la France. Veut répartir la richesse et abolir l'insécurité sociale. Promet d'arracher le pouvoir aux banques et aux marchés financiers. Préconise une planification écologique. Prône la convocation d'une Assemblée constituante pour aller vers une VIème République. Propose de briser le carcan du traité de Lisbonne et de construire une nouvelle Union européenne. Encourage enfin la démondialisation...Toutes ces propositions soulèvent une nouvelle ferveur populaire. Jean-Luc Mélenchon redonne de l'espoir aux Français, aussi bien aux militants vétérans qu'à la multitude des jeunes Indignés. Il revivifie une démocratie en crise et remobilise des citoyens qui avaient cessé de croire à la politique et aux élections... Dans une Europe désorientée, Mélenchon annonce l'aurore d'un monde meilleur". 

 

Un candidat qui assume la lutte des classes 

Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, sociologues, auteurs du Président des riches

"Pour nous, il s'agit d'exprimer le choix d'un changement radical, devant un système économique et social qui enrichit les spéculateurs et appauvrit les travailleurs, quand ils ont du travail. Un système irréparable, qui a fait la preuve de sa malfaisance. Il faut donc un candidat qui assume la lutte des classes et qui ne se réfugie pas dans la recherche d'un consensus, qui est le meilleur moyen de tromper et de pressurer le peuple. Un candidat qui ne fasse pas porter la responsabilité du chômage aux travailleurs immigrés mais qui mette en cause la recherche du profit maximal, raison principale des délocalisations. Un candidat qui ait à coeur de défendre les acquis sociaux et les services publics en donnant la priorité à la solidarité sur le chacun pour soi des systèmes privés de prévoyance. L'avenir n'est pas dans la lutte de tous contre tous pour l'accumulation sans limites. L'avenir est dans la construction d'une internationale des forces vives pour un monde apaisé et tourné vers d'autres valeurs que l'argent".

 

Sa campagne réinvente la politique tout en renouant avec les sources de la démocratie.

Christian Salmon, philosophe, auteur de Storytelling, de Kate Moss Machine, président du parlement des écrivains

" L'histoire des peuples connaît, comme la vie amoureuse des individus, des moments d'inégale intensité. Il y a des périodes de bas voltage où la vie s'assombrit. Et puis, il y a ces moments de haut voltage que les cyniques qualifient d'irrationnels et que nous appelons avec Deleuze "devenirs révolutionnaires" des moments qui n'apportent pas des solutions toutes faites qui qui libèrent des champs de possibles. Les révolutions sont des coups de foudre qu'on peut toujours taxer après coup d'illusoires, mais qui transforment en profondeur nos perceptions. Comme l'homme mûr se surprend à acheter un bouquet de fleurs à sa bien-aimée, le peuple français périodiquement retrouve le chemin du fleuriste. Soudain, il est d'humeur printanière. Il descend dans les rues, il envahit les places. Revoilà le citoyen qui avait disparu des campagnes électorales soumises à la bêtise narrative, celles qui nous font choisir un candidat comme une marque, dans un mouvement de sympathie dévoyée....Oui, j'appelle à voter Mélenchon, car sa campagne réinvente la politique tout en renouant avec les sources de la démocratie. Sur le plan technique, elle réconcilie trois âges de la communication, les trois T: la tribune, la télévision, la Toile. La campagne du Front de Gauche a créé son réseau, mais pas n'importe quel réseau: un réseau éduqué, conscient, comme aime à le dire Mélenchon, un "réseau pensant". Les rassemblements de la Bastille, du Capitole et du Prado ont surpassé, en nombre de participants et en puissance de contagion, le grand rassemblement démocrate du stade de Denvers en août 2008, lors de la nomination d'Obama (80000 personnes). Mais ce n'est pas tout, la campagne du Front de gauche opère un triple déplacement du débat public. Primo, de la scène du souverain et de ses rivaux vers la scène du forum, de la place publique. Secundo, elle milite pour un changement social mais aussi pour un changement de perception. Tertio, elle rend contagieux un certain état d'esprit: le renversement ironique du haut et du bas, l'esprit carnavalesque qui préside aux périodes de grand bouleversement. C'est à l'émergence d'une langue nouvelle qu'on repère un changement social. Le droit de nommer les choses autrement, d'abattre les murs rhétoriques, d'enrichir la langue commune. Faire acclamer les mots de "partage", de "solidarité", et même d'"amour" par des assemblées citoyennes (des assemblées et non pas des foules imbéciles qui acclament un leader), c'est ce qu'a réussi Mélenchon, un renversement syntaxique, un décadrage discursif. C'est une forme d'alchimie qui fait qu'un ensemble de causes irrationnelles trouvent à un moment donné une expression politique adéquate, c'est à dire une syntaxe et un récit dans lesquels une majorité se reconnaît. C'est cela, la politique. Et nous n'avons pas d'autres raisons de l'aimer".

 

 

Quelques noms de célébrités qui soutiennent publiquement Mélenchon et le Front de Gauche:

 

Editorialistes et journalistes, intellectuels engagés: Bernard Cassen, journaliste au Monde diplomatique; Serge Halimi, rédacteur en chef du Monde diplomatique; Paul Ariès, rédacteur en chef du Sarkophage et théoricien de la "décroissance" ; François Rufin, auteur de la Guerre des Classes, du Journal de mes pulsions protectionnistes, rédacteur en chef de Fakir; Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité, auteur du Pacte des rapaces; Raoul Marc Jennar; Laurent Mauduit (Médiapart).  

 

Philosophes: Regis Debray, Denis Collin, Henri Pena-Ruiz, Christian Salmon, Yvon Quiniou, Patrick Tort, Philippe Dardot et Christian Laval, Benoît Schneckenburger...

 

Scientifique: Jacques Testard, Albert Jacquard 

 

Sociologues: Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, Bertrand Geay, Bernard Friot, Gérard Mauger, Alain Accordo... 

 

Economistes: Michel Husson, Dominique Plihon, Jacques Généreux, Frédéric Boccara, Philippe Légé, Jean-Christophe Le Duigou, Jean-Marie Harribey, Nicolas Béniès, Denis Durrand, Yves Dimicoli...

 

Historiens: Michel Vovelle, Serge Wolikow... 

 

Psychaniste: Gérard Miller

 

Ecrivains: Annie Ernaux, Pierre Bergounioux, Edmonde Charles-Roux, Gérard Mordillat, Patrick Chamoiseau, Didier Daeninckx, Patrick Raynal, Marcus Malte, Caryl Ferey+100 auteurs de Polars

 

Dessinateurs: Alexandre Courtelis, Charb

 

Musiciens et chanteurs: Bernard Laviliers, Sansévérino, HK et les Saltimbanks, Ridan.

 

Réalisateurs: Robert Guédiguian, ...

 

Comédiens:Ariane Ascharide, Anémone, Yvon Le Bolloch...  

 

Hommes et femmes de théâtre: Ariane Mouschkine, Jacques Weber...

 

Humoriste: Guy Bedos, Didier Porte...

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 17:59

Jean-Luc Mélenchon a accordé une interview exclusive à Reporterre, centrée sur les questions écologiques.

Dans les trois séquences qui suivent, il s’explique d’abord sur son cheminement intellectuel vers l’écologie, puis sur la planification écologique et la règle verte, et enfin sur le nucléaire, l’énergie, et l’étalement urbain.

Il reconnait sa dette théorique à l’égard des Verts. Pour lui, "l’écologie politique a été un choc intellectuel".

Il rappelle sa position sur la sortie de l’énergie nucléaire, mais souligne le "défi extraordinaire" que représente la sortie des énergies carbonées.

Et il prend ses distances d’avec la croissance comme aucun responsable politique ne l’a jamais fait.

Le candidat du Front de Gauche indique qu’il n’a pendant longtemps pas prêté beaucoup d’attention à l’environnement, pour lequel il n’avait qu’une « sensibilité purement superficielle  » (0’34"). Il a évolué, notamment en constatant « les angles morts » du marxisme, d’autre part sous l’influence des Verts, envers qui il « reconnait tout à fait notre dette » (2’15"), parce qu’ils « ont mis le sujet sur la table ». D’Alain Lipietz, il a retenu « l’idée que l’écologie politique est le nouveau paradigme organisateur de la gauche ».

L’écologie politique « a été pour moi le même choc intellectuel que lorsqu’à vingt ans, j’ai lu ‘L’idéologie allemande’, le livre de Marx m’a fait l’effet d’une espèce de révélation intellectuelle » (2’42"). Pour lui, dans la foulée de Marx, la nature est comme «  le corps inorganique de l’homme » (3’58") et l’homme est « un épisode de la nature elle-même » (4’35"), il est « partie prenante de la nature, il en est un moment, liée par la même loi du hasard et de la nécessité que tout autre réalité vivante » (5’05").

Cela a conduit à abandonner « l’aveuglement » (5’57") de l’ancienne gauche « productiviste ». « Et puis surtout, le problème était l’adoption du standard de vie des riches. Ce que les riches voulaient était donc bon, et donc il en fallait pour tout le monde. Et c’est à ça qu’il faut renoncer. Parce que la richesse est synonyme d’irresponsabilité, dans les modes de consommation. Dans la mesure où elle n’a pas à se poser pas les problèmes de la masse, le problème de la responsabilité qu’elle prend, parce que comme elle pense qu’ils sont peu nombreux, tout va bien pour eux. Je me souviens de la période où on disait, ‘Une Mercedes pour tout le monde’. On voulait dire, ‘Ce que les riches ont, alors tous les autres doivent l’avoir’. On avait un regard a-critique sur la consommation » (6’37").

« L’écologie permet de refonder l’ensemble des paradigmes de la pensée de gauche »

Selon Jean-Luc Mélenchon, « l’écologie a permis de régler des problèmes théoriques. » En effet, toute l’idée progressiste repose sur l’égalité. Mais c’est une vue de l’esprit, tous les hommes ne sont pas vraiment égaux dans l’état de nature (10’30"). Et donc, tous les régimes égalitaires sont par nature totalitaires, parce qu’ils contraignent l’état de nature. « L’écologie politique clot cette discussion. Pourquoi ? Parce qu’elle dit qu’il n’y a qu’un écosystème compatible avec la vie humaine. Donc tous les êtres humains sont semblables en ceci que si cet écosystème disparaît, ils disparaissent tous en même temps. Donc ils sont bien semblables, et égaux, devant la contrainte de cet écosystème. De là, tout le reste vient, qui se trouve fondé objectivement. Si nous n’avons qu’un seul écosystème qui rend la vie humaine possible et que nous sommes tous semblables, il y a donc un intérêt général humain. L’intérêt général, dont on avait entendu dire pendant des années – et j’ai fait partie de ceux qui disaient ça – ‘l’intérêt général est une construction idéologique, intérêt général égale intérêt du capital’. Ben non, pas du tout, il y a un intérêt général humain. S’il y a un intérêt général, comment le connaître ? En en discutant » (10’40").

La discussion permet deux idées fondamentales. Il n’y a pas de vérité révélée : « Un, nous ne sommes jamais dans la certitude » (11’50"). Et deux, « nous sommes plus intelligents à plusieurs qu’à un seul, donc, comment allons-nous trancher ? C’est la démocratie. D’après quelle règle ? Ce qui est bon pour tous. Et qu’est-ce qui est bon pour tous ? Ce qui nous rend davantage égaux et davantage en osmose avec notre écosystème. Et donc au terme, on voit qu’on arrive à avoir refondé l’ensemble des paradigmes organisateurs de la pensée de gauche, le socialisme, l’humanisme, les Lumières, la République, et la démocratie, et nous n’avons rien abandonné en route » (11’54").

« Ensuite je suis passé à un deuxième niveau : y a-t-il une classe écologique ? » (12’50") « Certains sont par rapport à l’environnement dans une situation particulière. Les travailleurs sont en première ligne. C’est eux qui manipulent les produits pourris. La classe de contact avec la catastrophe écologique, c’est la classe ouvrière. » La classe d’intérêt général est la classe ouvrière.

Ainsi, augmenter le SMIC est une mesure écologique, parce que cela permet de mieux soutenir et donc de soutenir une agriculture paysanne.

………………Deuxième Partie………………….(elle commence à 15’39")

« Je m’interdis le mot croissance »

La planification écologique est l’outil maître de la politique environnementale du Front de gauche. Pourquoi ? Parce que « la production aujourd’hui est entièrement commandée par le court terme » (15’57"). Les entreprises doivent rendre des comptes tous les trois mois. «  On a besoin de temps long pour faire diverger la machine. La planification, c’est ralentir le temps. » (16’35").

« Deuxième point : nous ne sommes plus dans la politique de l’offre » (16’48"). Autrement dit, pas question de soutenir aveuglément la production de n’importe quoi. Il s’agit de mener une politique de la demande. Mais en analysant comment elle devient écologiquement responsable et en s’interrogeant sur les besoins, selon « un impératif commun à toutes les réflexions et à toutes les réorganisations de la production et de l’échange, qui serait la règle verte, c’est-à-dire diminuer l’empreinte écologique de la production, et le faire d’une manière sérieuse et méthodique » (18’08").

Jean-Luc Mélenchon a abandonné le dogme de la croissance : « Le PIB [produit intérieur brut] est un instrument de mesure extrêmement rustique, il n’est pas utile pour ce qu’on a à faire » (19’06"). En fait, il s’agit de « la doxa, c’est la bataille des mots. Quand vous avalez le mot, vous avalez la grammaire avec. Quand vous avalez le mot PIB, vous avalez le mot croissance, et puis vous avalez un mot que vous ne prononcerez jamais, c’est le mot d’irresponsabilité » (19’27").

« Je m’interdis le mot croissance, je dis ‘la relance de l’activité’, je ne parle jamais de croissance dans mes discours. Ce n’est pas que la croissance soit un problème, mais je sais très bien ce qu’on met dedans. Et d’ailleurs, la relance de l’activité implique de la décroissance dans certains domaines » (19’48").

Certaines productions devront croître, comme celles des services à la personne, s’occuper des petits, des personnes dans la dépendance, mais d’autres productions devront décroître.

Pour le candidat du Front de gauche, il y a là « une rupture idéologique de fond avec la social-démocratie : nous ne disons pas que nous allons répartir les fruits de la croissance ! La social-démocratie est organiquement liée au productivisme, quand elle dit ça [répartir les fruits de la croissance], puisqu’elle déclare qu’il n’y a de progrès social que dans le cadre du productivisme. Nous, on pense exactement l’inverse, on pense qu’il n’y a de progrès économique que s’il y a du progrès humain et du progrès social » (20’43").

M. Mélenchon reconnaît que le parti communiste n’est pas arrivé au même point que lui : « les communistes ne proposent pas de partager les fruits de la croissance, ils proposent de partager tout », mais « la discussion n’a pas été très avant… Il y a beaucoup de débat au sein du parti communiste ». « Je veux convaincre mes camarades communistes que l’écologie est la réponse aux questions qu’ils se posent, et non pas quelque chose qui nie leurs préoccupations – c’est leur principale crainte » (22’50").  

Le candidat critique ensuite vivement la publicité : elle « est un impôt privé : on vous conditionne, et vous payez votre conditionnement » (27’40"). « Il faut arrêter l’orgie » (27’23").

………………TROISIEME PARTIE………………….(elle commence à 26’33")

L’océan est la nouvelle frontière

A propos de la sortie du nucléaire, Jean-Luc Mélenchon « demande qu’on ne soit pas hypocrite : ou bien c’est dangereux, et alors c’est à la première centrale que c’est dangereux, ou bien ça ne l’est pas, et alors on prend d’autres dispositions. Mais le mi-chèvre, mi-chou n’a pas de sens dans un domaine comme celui-ci » (27’40"). Sa position ? « Ma conviction personnelle, qui n’est pas celle du Front : Je suis pour qu’on en sorte » (29’38").

Il précise : quoi qu’il arrive, on aura besoin de la recherche nucléaire, notamment pour les déchets, et donc, « on va continuer la recherche fondamentale » (28’18").

Par ailleurs, Mélenchon veut developper deux nouvelles énergies – dans lesquelles les travailleurs du nucléaire pourraient se reconvertir : la géothermie profonde, « qui commande en amont plein d’autres activités, dans la sidérurgie, dans la chimie, et dans l’organisation du territoire » (30’25"), et l’énergie de la mer : « Quand on a le deuxième territoire maritime au monde, on a peut-être quelque chose à dire sur le sujet » (31’10").

Le candidat est réservé à propos de l’énergie solaire, en raison de « l’empreinte écologique des panneaux » (31’40").

Et surtout, il considère que « la sortie des énergies carbonées » représente « un défi extraordinaire » (32’58"), qui devra notamment mobiliser des technologies pointues, y compris dans les nanotechnologies.

Il est moins disert sur les économies d’énergie – mais il est vrai que la durée de la discussion était limitée par un agenda très serré -, évoquant seulement « les process de production » (35’20") et « des milliers d’emplois pour la rénovation thermique ». Quant à la hausse inévitable du prix de l’énergie, il préfère botter en touche : « Nous ne sommes pas crédibles si nous venons avec une dimension punitive » (36’00").

Sur l’étalement urbain, Jean-Luc Mélenchon reconnaît que sa réflexion est limitée : « On n’est pas au point sur l’étalement urbain. La question n’est pas traitée en tant que telle dans notre organisation alors que la situation ne peut plus durer, on a atteint des dégâts sans limite » (41’53"). Il faut cependant « combattre l’archétype enfoncé dans la tête depuis quarante ans » (43’58"), dans lequel tout le monde doit être « propriétaire de sa petite maison ».

Jean-Luc Mélenchon conclut dans l’enthousiasme : il faut « retrouver l’audace des pionniers. Ce monde est beau, il est neuf » (45’00). Et il a une nouvelle frontière, l’océan.

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