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25 août 2021 3 25 /08 /août /2021 07:57

 

S’égrenant au fil des semaines en plein cœur de l’été, les manifestations contre le « passe sanitaire » interpellent, autant qu'elles divisent jusque dans les rangs de nos camarades. Par leur constance, comme par leur grande hétérogénéité elle peuvent être interprétées comme le relais de l’exaspération croissante que provoque la politique du pouvoir macronien : ses mensonges à répétition ; l’inexistence d’une stratégie sanitaire cohérente depuis le début de l’épidémie ; la casse de notre système de santé comme de nos services publics pour satisfaire aux prescriptions austéritaires des traités européens néolibéraux ; l’autoritarisme d’un président imposant ses décisions en s’affranchissant de tout débat avec le pays et en affichant son mépris pour le Parlement, les élus, les acteurs sociaux, les professionnels de santé ; le danger d’une loi, adoptée à la hussarde par la majorité de l’Assemblée nationale et qui s'attaque dangereusement aux droits sociaux des salarié-es. Ce mouvement s’alimente aussi de la défiance envers des vaccins répondant à de nouvelles technologies, défiance alimentée par nombre d'informations hasardeuses et inexactes et par des scandales sanitaires liés aux grands groupes pharmaceutiques mus par une soif inépuisable de profits juteux.

 

 

Pour autant, même si les manifestations du samedi ont pu emprunter des tonalités faisant écho aux revendications portées par le mouvement social depuis des mois, elles auront également été porteuses de confusions politiques et de régressions idéologiques dangereuses. Que, dans les cortèges, aient pu s’exprimer avec force la dénonciation de la vaccination, des théories complotistes ou des slogans antisémites ne saurait relever de l’anecdote. 

De telles ambiguïtés, de même que la présence dans la rue de forces ultra-réactionnaires ou d’extrême droite, ne sont pas de nature à politiser les enjeux du débat public aujourd’hui, ni à aider au rassemblement d’une majorité de la société autour des exigences de justice, de solidarité, d’égalité. Au contraire, alors que l’action de l’exécutif et ses méthodes divisent profondément la nation lorsqu’il faudrait plutôt la mobiliser pour triompher de la pandémie, la contestation creuse à son tour des fractures qui, in fine, ne font que servir un président en quête de réélection.
Dans leur histoire, les communistes se sont toujours situés aux avant-postes de la lutte en défense de la Raison, de la science, de l’intérêt général humain. Ils entendent, pour cette raison, mener à présent la bataille pour la vaccination générale. Toute la gauche et les forces de progrès devraient d’ailleurs s’y retrouver, car elle est le seul moyen de s’extraire du piège dans lequel le gouvernement tente d’enfermer notre peuple, par sa manière brutale de lui imposer le « passe sanitaire ». 
La vaccination est la seule arme dont dispose, à l’heure actuelle, l’humanité pour se protéger. En l’état présent des connaissances, rien n’atteste qu’elle ferait courir un danger majeur aux populations. S’il peut exister, pour chacune et chacun, une prise de risque limitée lorsqu’il ou elle se fait vacciner (ce qui est vrai pour tout vaccin), celle-ci doit être considérée comme une contribution à l’immunité de tous et de toutes. Dit autrement, au-delà de la situation de chaque individu, il s’agit d’un acte qui relève de la solidarité, donc de la citoyenneté.

C’est la raison pour laquelle nous entendons lier l’objectif de la vaccination générale à l’exigence de démocratie sanitaire que nous portons depuis le début de la pandémie. À la direction du pays, nous procéderions, en effet, tout autrement que les gouvernants en place. Ceux-ci se montrent incapables, non seulement de convaincre les hésitants, mais de mettre la vaccination à portée de celles et ceux qui s’avèrent le plus en danger — sur les dix millions de personnes encore à vacciner, on recense 16% de plus de 80 ans, dont on sait qu’elles ne disposent pas d’un accès aisé à des équipes de soignants, ce qui est plus généralement le cas des populations les plus pauvres qui sont les moins protégées. 

Afin de combiner urgence sanitaire et mobilisation de la société, il serait impératif de réunir, à l’échelon de chaque département, élus, acteurs sociaux, professionnels de santé, représentants des caisses d’assurance-maladie (qui possèdent les moyens d’un contact rapide avec chaque assuré) et des Agences régionales de santé. À charge pour eux de construire une stratégie basée sur la confiance autant que sur l’efficacité, et se déployant au plus près des citoyens, jusque dans les quartiers ou villes délaissés, les entreprises, les lieux d’étude.

Évidemment, comme le soulignait la déclaration de notre parti en juillet, l’immunité collective ne peut être atteinte au seul niveau des États nationaux. Pour ne prendre que cet exemple, sur les trois milliards de doses inoculées dans le monde, on en compte seulement 30 millions distribuées aux Africains, ce qui est dérisoire. Il importe, par conséquent, de relancer l’action pour la levée des brevets, le transfert de technologies, le développement massif des capacités de production, en particulier pour les pays en développement.

L’enjeu n’est rien d’autre qu’un choix de civilisation, auquel le capitalisme se montre, une fois de plus, incapable de répondre.


Christian Picquet, Maryse Montangon, membres du CEN.

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25 août 2021 3 25 /08 /août /2021 07:42
Fabien ROUSSEL : interview Corse Matin (16 août 2021)

Secrétaire national du PCF, il sera en 2022 le premier candidat communiste présent à une élection présidentielle depuis 15 ans.

En vacances à Olmeto, le député du Nord veut donner du sens à sa candidature, au sein d’une gauche qui en comptera d’autres

Vous êtes le premier candidat communiste à la présidentielle depuis 2007. Quelle est la place du parti communiste en France en 2021 ?

Au regard de ses élus et de ses militants implantés de partout dans les villages ainsi que dans les grandes villes, le parti communiste français fait partie des forces politiques parmi les plus importantes de notre pays.

Cette implantation locale nous permet de mesurer les difficultés de vie de nos concitoyens. C’est pour cela que nous sommes très soucieux de la situation du monde du travail, des salariés, du pouvoir d’achat, de la jeunesse et de son éducation.

C’est pourquoi j’ai mis ces préoccupations au cœur de ma campagne. La place du parti est liée à cette implantation dans le pays.

Comment avez-vous pu mettre en place ce retour sur « le devant » de la scène politique ?

Cette pandémie qui nous frappe depuis plus d’un an révèle les problèmes de notre pays. Notamment, le manque de soutien à nos services publics, comme les hôpitaux, ou encore notre manque de souveraineté économique dans un certain nombre de domaines, comme le médicament.
Elle a révélé que ce système économique - entièrement dédié à la rentabilité et à la course au profit - a affaibli notre pays. C’est ce qui a poussé à la nécessité de présenter une candidature aux élections présidentielles.
Pour dire qu’il faut changer de système économique et arrêter de mettre la course au profit au cœur de tous les choix. Au contraire, il faut mettre les besoins de l’être humain, et celui du sauvetage de la planète, au cœur de tous nos choix.

Les différentes listes nationalistes ont capté près de 68 % des votes aux dernières élections territoriales en Corse. En quoi est-ce que cela vous interpelle ?

Cela m’interpelle parce que nous avions présenté une liste avec Michel Stefani (secrétaire du PCF en Corse, ndlr) qui n’a pas obtenu les suffrages que nous attendions.
Mais ce que je voudrais dire c’est qu’en Corse, comme dans les autres régions françaises, le premier vote, c’est l’abstention. Il faut donc se demander pourquoi les gens ne vont plus voter.
Ensuite, pour ceux qui sont allés voter en Corse, ils ont majoritairement donné du poids aux listes nationalistes. Il faut l’entendre. Mais il faut aussi comprendre pourquoi les gens font ce choix-là...
Dans le cadre de ma campagne présidentielle, je souhaite m’adresser aux gens qui veulent retrouver l’espoir d’une vie meilleure. Je m’adresse à ceux qui sont en colère de voir les salaires stagner alors que les factures augmentent, et ce, alors qu’il y a tant de richesses dans le pays.
Et je pense que chez les abstentionnistes, il y en a beaucoup qui sont en colère contre ce système. Je voudrais pouvoir leur dire que je suis quelqu’un de relativement neuf dans le paysage politique. Je veux leur apporter ce nouvel espoir.

« Redonner du pouvoir aux Français »

Plus tôt dans la semaine, vous annonciez sur Europe 1 vouloir « reprendre le pouvoir sur l’argent grâce à un pacte avec les Français ». De quel pacte parlez-vous exactement ?

Mon souhait est de redonner du pouvoir aux Français dans les choix économiques de notre pays. Les richesses que nous créons dans les entreprises ne peuvent pas seulement être attribuées aux dirigeants. Elles sont créées par chaque travailleur et travailleuse.

Pourquoi n’ont-ils aucun mot à dire sur la manière de produire ces richesses ? Passer un pacte avec les Français revient à cela.

C’est dire, si je suis élu président de la République, je vais redonner du pouvoir aux salariés, pour qu’ils puissent décider, eux aussi, de la manière dont on produit les richesses et comment celles-ci sont réparties.

Est-ce que ce pacte permettrait vraiment un retour aux jours heureux comme vous l’avez suggéré ?

Oui, parce que nous produisons énormément de richesses. Il y a près de 1 000 milliards d’euros de patrimoine dans les mains des 500 plus grandes familles françaises.

Comme si c’était elles-mêmes, toutes seules, qui avaient tout produit. Non. Ces richesses sont produites par les millions de travailleurs qui existent dans ce pays. Je souhaite que nous puissions les mettre au bénéfice de tous.

Pour moi, les jours heureux c’est partager ces richesses, les mettre au service de l’être humain et de la planète. C’est répondre à l’urgence sociale. C’est garantir l’éducation de nos enfants et l’accès aux soins.

Vous appelez les gens à la vaccination, mais vous êtes en désaccord avec la méthode du pass sanitaire. Quelle aurait été la solution qui aurait engendré plus de confiance envers la vaccination ?

Il faut respecter les gens. On ne peut pas les célébrer lors du premier confinement et un an après leur dire : « Si vous n’avez pas de pass, on vous licencie. »

S’il y avait plus de respect, plus de dialogue avec les organisations syndicales, cela créerait de la confiance. On aurait pu créer des conditions où l’on se rend vers les Français pour leur proposer la vaccination. Et ce, plutôt que leur dire de faire les démarches eux-mêmes.

Et puis, c’est important. Il nous faut aussi un vaccin public. C’est-à-dire qu’il faut lever les brevets pour pouvoir montrer comment les vaccins sont produits. Être transparent. Les Français ont besoin de confiance.

« Je ne vais pas enlever d’électeurs aux autres candidats »

À l’heure ou la gauche rassemble de moins en moins de votes, votre candidature ne risque-t-elle pas de provoquer une division de plus au milieu des candidats de cette famille politique ?

Ma candidature est une candidature d’addition. Je souhaite aller chercher toutes celles et ceux qui sont déçus par les politiques de gauche qui ont pu être menées.

Déçus par ceux qui à droite ont fait tant de promesses et qui ne les ont pas mises en œuvre. Je souhaite reconquérir le cœur et la tête de ceux qui ne croient plus et leur offrir une perspective, un changement de société. De leur dire qu’ils seront respectés et que nous allons redresser le pays ensemble.
Et donc je ne vais pas enlever des électeurs aux autres candidats qu’il y aura à gauche. Je vais aller en convaincre des nouveaux. En faisant cela, je renforce la gauche.

Mais alors, comment comptez-vous faire face au duel annoncé Macron/Le Pen au 2e tour ?

Je ne crois pas à ce duel. Tous les pronostics de ces quarante dernières années ont été déjoués, parce que ce sont les Français qui décident, et pas les instituts de sondages, ni les journalistes, ni les émissions de télé.

Je fais confiance aux Français. Ils aiment avoir le choix entre différentes personnes et différents programmes. Ils vont regarder ce que cela va leur apporter.

Je ne crois pas à ce duel parce que les gens ne veulent plus de Macron et parce qu’ils ont bien vu que l’extrême droite n’apporte aucune réponse à leurs problèmes.

Que diriez-vous aux gens qui auraient aujourd’hui des préjugés sur l’appellation même « communiste » ? En quoi restez-vous un parti d’actualité ?

Parce que dans communisme il y a commun. Et nous n’avons jamais eu autant besoin de mettre en commun. L’idéal communiste est toujours d’actualité parce que c’est celui qui met en commun tous les moyens au service de l’être humain.

Humaniser nos hôpitaux. Humaniser nos Ehpad, l’enseignement scolaire, les transports, la société... Pour moi, cette crise montre que le communisme n’a jamais été autant d’actualité.

 

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24 août 2021 2 24 /08 /août /2021 06:01

 

« C’est le consommateur qui sera gagnant », assuraient les chantres de la déréglementation. Nous y voilà : + 5,3 % en août, après une flambée de 10 % en juillet. Les cours s’envolent. Il est plus que temps de renationaliser l’énergie. EXPLICATIONS

C’est une surprise dont 5 millions de Français se seraient bien passés. Les tarifs réglementés du gaz ont grimpé de 5,3 % en août, après une précédente augmentation de 10 % en juillet. Pratiqués par l’opérateur « historique » Engie (anciennement GDF), ces tarifs sont fixés par le gouvernement, sur proposition de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), une autorité administrative indépendante.

Concrètement, pour une famille avec deux enfants qui se chauffe au gaz, cela représente une hausse de 5 euros par mois (LCI, le 28 juillet). Pour justifier cette augmentation, liée à une forte hausse des prix du gaz sur le marché mondial, la CRE avance plusieurs arguments : une demande et des prix très élevés en Asie, tirés par la reprise économique dans cette région du monde ; des opérations de maintenance en mer du Nord plus complexes que prévu, qui entraînent une réduction des importations de gaz norvégien en Europe, etc.

Trente ans de libéralisation

Le raisonnement de la CRE est juste, mais incomplet. « Nous sommes évidemment dépendants des cours du marché mondial, dans la mesure où on ne produit plus de gaz en France, explique Aurélien Bernier, spécialiste de l’énergie. Mais, au-delà des fluctuations des cours, il y a un problème de fond : les entreprises comme Engie continuent de verser des dividendes coûte que coûte. Au lieu de servir les actionnaires, elles pourraient très bien décider de lisser leurs tarifs, de manière à ce qu’on ne répercute pas (ou très peu) les hausses des cours sur les consommateurs. C’est la grande différence entre un marché géré par des opérateurs privés et un service public… »

Petit retour en arrière. Le secteur du gaz (et de l’énergie en général) n’a pas toujours été dérégulé. La situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui les consommateurs est le produit d’un mouvement de libéralisation initié en Europe dans les années 1990, sous la houlette des dirigeants néolibéraux. Objectif : démanteler progressivement les anciens monopoles publics, afin d’ouvrir le marché à des opérateurs privés. C’est ainsi que, depuis le 1er juillet 2007, deux tarifs cohabitent en France : les tarifs réglementés, fixés par le gouvernement et proposés uniquement par EDF pour l’électricité et GDF (puis Engie) pour le gaz ; et les tarifs de marché, proposés par les fournisseurs « alternatifs ».

 

Engie : plus de dividendes que de bénéfices

À l’époque, les défenseurs de la libéralisation justifiaient ce choix par les gains promis aux consommateurs. « Notre seule volonté dans cette affaire est de répondre aux besoins des consommateurs français, tant pour la sécurisation de l’énergie que pour les tarifs les plus bas », lançait ainsi le ministre de l’Économie Thierry Breton, en octobre 2006. « L’ouverture ménagée du marché se traduira par une baisse des prix au bénéfice des consommateurs domestiques comme des industriels », nous promettait déjà le gouvernement d’Alain Juppé, dix ans plus tôt.

Lire aussi : Gaz et électricité. « La concurrence fera baisser les prix », qu’ils disaient. Et aujourd'hui...

Las ! Les baisses promises n’ont jamais eu lieu, et les tarifs ont joué au yo-yo sous l’influence des marchés mondiaux. Fabrice Coudour, de la CGT énergie, a calculé que « les factures de gaz ont doublé depuis 2004 ».

Dans le même temps, les opérateurs historiques ont été en grande partie privatisés, malgré les engagements pris par les gouvernements de droite. D’abord transformé en société anonyme, GDF a ensuite été fusionné avec Suez en 2008, pour finalement donner naissance à Engie, groupe dans lequel l’État ne détient plus que 23,6 % du capital.

Lire aussi : Électricité. La « tarification dynamique » va faire exploser vos factures

Cette transformation à marche forcée va de pair avec une financiarisation régulièrement dénoncée par les syndicats et les ONG. Engie est connue pour sa propension à choyer ses actionnaires (le géant américain BlackRock, par exemple, détient 4,5 % du capital), quelle que soit la situation de l’entreprise. En 2018, Oxfam s’indignait : « Les dividendes versés par Engie à ses actionnaires depuis 2009 ont représenté plus de trois fois le montant de ses bénéfices et, en 2016, le groupe a même versé quinze fois plus de dividendes que de bénéfices. » Emprunter pour nourrir ses actionnaires, un comble… Engie n’est évidemment pas la seule multinationale à le faire, mais le procédé est d’autant plus choquant que l’État est toujours présent au capital.

 

« Un bien commun »

De leur côté, les syndicats pointent des erreurs stratégiques de la direction. « Depuis la privatisation, le groupe a multiplié les achats à l’international, note Sébastien Menesplier, secrétaire général de la CGT mines-énergie. Beaucoup d’investissements ont été réalisés à perte. Dans le même temps, la direction s’est engagée dans la cession de pans entiers d’activité : la vente des parts d’Engie dans Suez (démarrée à l’automne 2020 – NDLR) n’est qu’une étape parmi d’autres. »

Autant d’éléments qui donnent du grain à moudre aux détracteurs du tout-marché. « L’énergie est un bien commun qui ne devrait pas être confié au secteur privé, assure Aurélien Bernié. C’est d’ailleurs aussi vrai pour le gaz que pour l’électricité ou les énergies renouvelables. Il n’y a aucune raison de laisser des opérateurs privés s’engraisser sur le dos des consommateurs. »

 

Avant le mur de 2023

La CGT ne dit pas autre chose, qui milite depuis des années pour une renationalisation des grandes entreprises de l’énergie. « Libéraliser l’énergie n’avait aucun sens, confirme Sébastien Menesplier. Le service public a fait ses preuves depuis 1946 : il n’est bien sûr pas question d’en rebâtir un à l’identique, mais bien de prendre en compte les évolutions historiques du secteur. Nous militons pour un service public du XXIe siècle, articulé autour de deux entreprises renationalisées : un Epic (établissement public à caractère industriel et commercial) gazier, et un Epic électricité. Ce service public devra répondre aux besoins de la nation, c’est-à-dire à la fois assurer la sûreté du réseau, définir le mix énergétique et garantir aux consommateurs des tarifs bas et lisibles. »

Ce n’est évidemment pas le chemin emprunté actuellement par les dirigeants européens : le 1er juillet 2023, en France, les tarifs réglementés du gaz pour les particuliers seront définitivement supprimés. Les consommateurs n’ont rien à y gagner…

 

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24 août 2021 2 24 /08 /août /2021 05:58

 

Le niveau 2 du protocole sanitaire s’appliquera à partir du 2 septembre. Le ministre de l’Éducation nationale confirme que la vaccination sera l’outil quasi unique de lutte contre la pandémie à l’école.

Disparu, volatilisé, dispersé façon puzzle… Éradiqué ? On a eu beau la lire et la relire : pas la moindre trace du variant Delta dans les réponses – ni, d’ailleurs, dans les questions – données par Jean-Michel « Magic » Blanquer à l’interview-fleuve qu’il a accordée au Journal du dimanche, le 22 août.

 

Ne pas faire croire que l'école est un talon d'Achille

Ce variant inquiète pourtant les épidémiologistes et, comme l’écrivait Santé publique France dans son point épidémiologique du 19 août, entraîne ces dernières semaines un taux d’incidence « en augmentation dans toutes les classes d’âge chez les jeunes enfants » (0-10 ans). C’est que, pour le ministre de l’Éducation nationale, il ne s’agirait pas de « faire croire que l’école aurait été le talon d’Achille de la gestion de la crise ». La rentrée 2021-2022 se fera donc sans sortir du sillon de « mesures sanitaires qui ont fait leurs preuves ».

Comme l’an dernier, au lieu de passer par les canaux d’information officiels, le ministre a choisi le JDD pour faire connaître ses décisions. Un procédé que Sophie Venetitay, nouvelle secrétaire générale du Snes-FSU (premier syndicat de l’enseignement secondaire), juge « insupportable » : « Il faut payer pour savoir dans quelles conditions on va exercer dans dix jours ! Je ne connais pas une autre profession qui soit dans ce cas », s’indigne-t-elle. Avantage annexe pour le ministre : une vague interview engage beaucoup moins sa responsabilité qu’une circulaire officielle.

 

Pas de passe sanitaire

Parmi les quatre niveaux d’alerte fixés par le protocole sanitaire du 23 juillet, c’est le niveau 2 qui sera en vigueur sur tout le territoire métropolitain. C’est « celui qui nous permet d’avoir la rentrée la plus normale possible », insiste le ministre. Et qui entraîne des mesures de protection allégées : tous les cours en présentiel, port du masque obligatoire seulement à l’intérieur, cours d’EPS en intérieur autorisés (sauf pour les sports de contact)… À partir de quel moment et, surtout, selon quels critères pourra-t-on descendre au niveau 1 ou, au contraire, aux niveaux 3 ou 4 ? Mystère.

Le maître mot de la stratégie du ministre face à la pandémie reste donc la vaccination. Et, puisqu’ « il n’y aura pas de passe (sanitaire – NLDR), ni pour les élèves, ni pour les parents, ni pour les enseignants », Jean-Michel Blanquer annonce « une campagne vaccinale dans tous les établissements ». Déplacements groupés vers les centres de vaccination ou « centres éphémères » montés pour l’occasion par les autorités sanitaires, « cette organisation sera opérationnelle dès la rentrée », affirme le ministre à dix jours de celle-ci… en ayant l’air de le croire.

 

Pour ce qui est des élèves non vaccinés

Quant aux élèves non vaccinés, soit par choix de leurs parents, soit parce qu’ils n’ont tout simplement pas l’âge, à partir de la sixième, ils devront donc s’isoler une semaine s’ils sont cas contact. Petit ajustement au passage : c’est « sur la base d’une attestation des parents », que pourra éventuellement vérifier l’assurance-maladie, que se fera la différence entre vaccinés et non-vaccinés. « Les parents sont donc libres de ne pas dire si leur enfant est vacciné ou non, précise même le ministre, mais cela relève de leur responsabilité. »

Comme en outre le vaccin restreint mais n’empêche ni les contaminations ni la circulation du virus, on mesure l’efficacité potentielle de cette organisation. D’autant que la continuité pédagogique promise par le ministre risque de ne pas inciter à rester chez soi : « Laisser croire aux parents qu’il est possible de faire cours en présentiel et à distance en même temps, rappelle Sophie Venetitay, ce n’est pas possible, les enseignants n’ont pas le don d’ubiquité… »

La crainte de nombreuses fermetures de classe

Sa collègue Guislaine David, porte-parole du Snuipp-FSU (primaire), craint « de nombreuses fermetures de classes dès la première semaine ». Elle évoque carrément une « mise en danger, dans la communauté éducative et au-delà, car on risque de favoriser la circulation du virus », parmi des élèves par définition non vaccinésEn constatant que le ministre, tout en déclarant vouloir « généraliser » les capteurs de CO2 dans les classes, se contente de promettre une vague aide en direction des collectivités locales (qui n’en ont jusqu’ici jamais vu la couleur), la syndicaliste réclame « un plan de financement de l’État » pour ces équipements.

Lire sur le sujet notre entretien avec le mathématicien Bertrand Maury : Covid à l'école : « Les mesures de CO2 devraient être systématisées »

 

Pour un plan d’urgence

Une rentrée « de nouveau marquée par le manque d’anticipation et la confusion de la politique suivie » : c’est ce que dénoncent quatre syndicats de l’éducation (CGT Éduc’action, Fnec FP-FO, FSU et SUD éducation). Ils demandent « un plan d’urgence pour le service public de l’éducation », avec « la création massive de postes (…), dans un contexte qui a rendu plus compliquée la progression des apprentissages ». Les quatre organisations invitent les personnels à se réunir « dès les premiers jours de la rentrée, y compris avec les parents d’élèves », et lancent d’ores et déjà un appel à la grève pour le 23 septembre.

 

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21 août 2021 6 21 /08 /août /2021 15:14

 

Au regard de l’actualité et des mois que nous venons de vivre, l’édition 2021 de la fête de l’Humanité sera une immense bouffée d’oxygène. Nous avons tant besoin de nous retrouver, de partager des moments festifs, culturels, politiques !

 

 

A 23 jours de la fête, la diffusion la plus large possible du bon de soutien doit être au cœur de l’activité des communistes. Alors que nous vivons les derniers mois du quinquennat d’Emmanuel Macron et des événements internationaux majeurs, la fête peut être un atout décisif dans la bataille idéologique et politique à mener. Au regard de sa préparation tardive imposée par les conditions sanitaires, seule une mobilisation exceptionnelle des communistes aux côtés des équipes de l’Humanité peut assurer sa réussite.

L’heure est à résister au pouvoir d’Emmanuel Macron qui, en pleine pandémie, aura fracturé profondément le peuple, abîmé notre pays et son environnement en cédant tout au capital et aux plus riches qui ont vu leurs fortunes doubler pour atteindre 1 000 milliards d’euros ! Et à porter une grande ambition pour la France, avec la volonté de contribuer à être utile au peuple, à construire l’alternative avec la candidature de Fabien Roussel à la présidentielle de 2022 et l’action pour bâtir un pacte d’engagements communs pour les élections législatives. Inégalités sociales et sanitaires grandissantes, méga-feux sur la planète, retour au pouvoir des talibans en Afghanistan… les événements montrent chaque jour à quel point le capitalisme, le néolibéralisme et les politiques de puissance ont atteint leurs limites historiques.

Notre projet communiste est plus que jamais d’actualité pour relever le défi des jours heureux. Avec qui ? Les participant·e·s à la fête de l’Humanité et, bien plus largement, toutes les Françaises et les Français qui veulent une réponse à la hauteur des défis du siècle, sociaux, écologiques et démocratiques. Comment ? En commençant par « recréer le sens de la joie et celui de la dignité », comme le disait Léo Lagrange à propos des congés payés sous le Front populaire pour, lutte après lutte, avancée après avancée, parachever l’œuvre d’Ambroise Croizat pour sécuriser toutes les dimensions et tous âges de la vie.

Il nous reste un peu plus de trois semaines, alors engageons ensemble toute notre énergie pour réussir une très belle fête de l’Humanité ! Et pour toutes celles et ceux qui le pourront, retrouvons-nous lors du prochain rendez-vous national du bon de soutien lundi 23 août à 18 h 30 à Paris, Place de la République, en présence de Fabien Roussel.

Igor Zamichiei

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21 août 2021 6 21 /08 /août /2021 08:38

 

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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 05:35
 interview dans Corse Matin. "Pour moi les Jours heureux, c'est partager les richesses et les mettre au service de l'être humain et de la planète"

interview dans Corse Matin. "Pour moi les Jours heureux, c'est partager les richesses et les mettre au service de l'être humain et de la planète"

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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 05:29
Et maintenant, tous ensemble à la fête de l'Humanité! (Igor Zamichei, PCF)
Et maintenant, tous ensemble à la Fête de l’Humanité !

Au regard de l’actualité et des mois que nous venons de vivre, l’édition 2021 de la fête de l’Humanité sera une immense bouffée d’oxygène. Nous avons tant besoin de nous retrouver, de partager des moments festifs, culturels, politiques !

A 23 jours de la fête, la diffusion la plus large possible du bon de soutien doit être au cœur de l’activité des communistes. Alors que nous vivons les derniers mois du quinquennat d’Emmanuel Macron et des événements internationaux majeurs, la fête peut être un atout décisif dans la bataille idéologique et politique à mener. Au regard de sa préparation tardive imposée par les conditions sanitaires, seule une mobilisation exceptionnelle des communistes aux côtés des équipes de l’Humanité peut assurer sa réussite.

L’heure est à résister au pouvoir d’Emmanuel Macron qui, en pleine pandémie, aura fracturé profondément le peuple, abîmé notre pays et son environnement en cédant tout au capital et aux plus riches qui ont vu leurs fortunes doubler pour atteindre 1 000 milliards d’euros ! Et à porter une grande ambition pour la France, avec la volonté de contribuer à être utile au peuple, à construire l’alternative avec la candidature de Fabien Roussel à la présidentielle de 2022 et l’action pour bâtir un pacte d’engagements communs pour les élections législatives. Inégalités sociales et sanitaires grandissantes, méga-feux sur la planète, retour au pouvoir des talibans en Afghanistan… les événements montrent chaque jour à quel point le capitalisme, le néolibéralisme et les politiques de puissance ont atteint leurs limites historiques.

Notre projet communiste est plus que jamais d’actualité pour relever le défi des jours heureux. Avec qui ? Les participant·e·s à la fête de l’Humanité et, bien plus largement, toutes les Françaises et les Français qui veulent une réponse à la hauteur des défis du siècle, sociaux, écologiques et démocratiques. Comment ? En commençant par « recréer le sens de la joie et celui de la dignité », comme le disait Léo Lagrange à propos des congés payés sous le Front populaire pour, lutte après lutte, avancée après avancée, parachever l’œuvre d’Ambroise Croizat pour sécuriser toutes les dimensions et tous âges de la vie.

Il nous reste un peu plus de trois semaines, alors engageons ensemble toute notre énergie pour réussir une très belle fête de l’Humanité ! Et pour toutes celles et ceux qui le pourront, retrouvons-nous lors du prochain rendez-vous national du bon de soutien lundi 23 août à 18 h 30 à Paris, Place de la République, en présence de Fabien Roussel.

Igor Zamichiei, PCF

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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 05:07
Interview de Fabien Roussel dans Libération - 16 août 2021
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19 août 2021 4 19 /08 /août /2021 05:43

 

Alors que les impacts du réchauffement se multiplient dans l’agriculture, le gouvernement doit annoncer à la rentrée une réforme du régime des assurances récoltes.

« On comptera les bouses à la fin de la foire », ont l’habitude de dire les vieux paysans. Trois mois après les épisodes de gel qui ont brûlé les cultures, c’est l’heure des comptes. Les pertes sont énormes : - 47 % pour les pêches et nectarines, - 62 % pour les cerises ou encore - 59 % pour l’abricot. « C’est probablement la pire catastrophe agronomique de ce début de siècle », a répété le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie. Ce n’est pourtant que le début. Les événements climatiques se multiplient. Dans les champs, vergers et vignes, les années sont dures : trop d’eau en cet été 2021, du gel en avril, une sécheresse agricole en 2020 et, entre-temps, des épisodes de grêle. Le dérèglement va affecter de plus en plus l’activité.

Des primes très subventionnées

Cette fois, l’État a promis 1 milliard d’euros, dont 500 millions viennent renforcer le dispositif des « calamités agricoles », un fonds national public. Avec une règle : « Éviter que des compensés “calamités agricoles” ne se retrouvent mieux indemnisés que les assurés (assurances privées). Il ne faut pas que le dispositif soit une désincitation à s’assurer », a expliqué le ministère de l’Agriculture lors d’un point presse le 29 juillet.

Jusque-là, le système repose sur ces deux piliers. Mais, pour le gouvernement, le recours aux assurances privées est la voie à suivre. Si 30 % des surfaces en grandes cultures sont couvertes, c’est à peine 3 % en arboriculture et 1 % pour les prairies. Mise en place en 2005, l’assurance « multirisque climatique » est largement ­sub­ventionnée : jusqu’à 65 % du montant de la prime. Mais « une partie des producteurs n’en ont pas les moyens – les primes sont très chères –, et pour certaines productions comme le maraîchage très diversifié, les assurances privées ne savent tout simple­ment pas le faire », explique Nicolas Girod, le porte-parole de la Confédération paysanne.

Le gouvernement a ­annoncé « une réforme à la rentrée » , après avoir reçu le rapport du député LaREM Frédéric Descrozaille, le 26 juillet. Il préconise la suppression à l’horizon 2030 du fonds « calamités agricoles » pour augmenter l’assurance privée. « D’ici à 2030, 60 % des surfaces en grandes cultures et viticulture devront être couvertes par l’assurance et 30 % en arboriculture et en prairie », précise le rapport. Le député propose d’augmenter encore les subventions aux producteurs pour souscrire une assurance. En tout, le rapport table sur un « financement de l’État de 700 millions d’euros ».

L’alternative : un régime public

« Désormais, la porte d’entrée du dispositif sera les assurances privées. Cette réforme supprimera les indemnisations de la moitié de l’agriculture française à l’horizon 2030 », dénonce Nicolas Girod. D’autres voies étaient possibles : la proposition de loi du député communiste du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, déposée en avril 2020. Elle vise à créer un régime public qui couvrirait « les risques de toutes les productions agricoles, et qui permettrait de s’adapter au réchauffement ».

Pour le chef de file des députés communistes, « ce régime pourrait être alimenté par une taxe sur les revenus financiers des entreprises liées au secteur agricole : banques, assurances, industrie agroalimentaire, grande distribution ». Mais pour le gouvernement, pas question de faire payer ces grandes entreprises qui font leur beurre sur le dos des paysans. « La solidarité nationale doit financer l’assurance récoltes », avait promis Julien Denormandie. Ou comment ne pas partager l’addition du réchauffement.

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