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3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 13:12

 

Rejeté par une large majorité du pays, le président de la République a choisi de s'aventurer sur un terrain très glissant.

Au nom des reculs de la République qui préoccupent nos concitoyennes et concitoyens, il a en effet pris le risque d'encourager les amalgames entre l'islam, les musulmans, l'intégrisme ultra-réactionnaire, le terrorisme, la délinquance, les quartiers populaires.

 

 

Le « séparatisme » dénoncé ne concerne qu'une seule religion. Le choix même de parler depuis une ville populaire d'Île-de-France entretient la confusion en associant aux régressions obscurantistes une partie de la nation. Celle qui, souvent de confession ou de culture musulmanes, se trouve reléguée dans les périphéries urbaines et est victime d'une insupportable exclusion sociale. Celle aussi qui était en première ligne de la lutte contre l'épidémie de Covid-19 au printemps, sans que quiconque ne songe alors à lui reprocher un quelconque « séparatisme ».


Emmanuel Macron met de fait en cause des libertés fondamentales et certaines des règles énoncées par la loi de 1905 consacrant la séparation intransigeante des Églises et de l'État. Ce qui fera le jeu des prêcheurs de haine de tout bord, qui ont en commun de vouloir diviser les Français en fonction de leurs origines et de leurs convictions intimes.


Il est ainsi dangereux de remettre en cause les droits des collectivités locales, en soumettant leurs actes à la tutelle administrative des préfets.


Il n'est nullement dans l'esprit des lois de 1901, 1905 et 1907 de s'engager sur la pente dangereuse de la restriction des droits des associations et de leurs possibles dissolutions par voie administrative.


Si l'on veut scolariser les enfants dès l'âge de trois ans, encore convient-il, dès l'exercice budgétaire de 2021, d'offrir à l'école de la République tous les moyens d'exercer sa mission.


Ce n'est pas en s'ingérant dans l'organisation et le financement des établissements privés que l'on combattra vraiment les dérives sectaires, c'est en revenant sur les dispositions qui, depuis de très nombreuses années, ont favorisé l'essor de l'enseignement confessionnel au détriment de l'école publique.

C'est aller à l'encontre de la séparation des religions et de la puissance publique que d'engager l'État dans la structuration d'un culte particulier et la formation de ses officiants. On ne peut prétendre écarter une « approche concordataire » et remettre implicitement en question le principe d'égalité de traitement des religions par la République, ouvrant du même coup la boîte de Pandore de nouvelles querelles religieuses à l'avenir.


Le fondamentalisme fanatique, qui pousse aux replis communautaires et prétend substituer la loi divine à celles de la République, existe dans la plupart des religions. Il doit être combattu sans réserves. S'il se manifeste au sein de l'islam, il n'en est pas moins extrêmement minoritaire parmi nos compatriotes de confession musulmane. C'est pourquoi c'est une faute de réduire l'action publique au seul « séparatisme islamiste ».


Ni des lois de circonstance bousculant l'État de droit, ni des dispositifs bricolés à la hâte à des fins électoralistes ne permettront une action efficace. Les textes aujourd'hui existants permettent aux administrations de lutter efficacement contre les dérives sectaires, d'engager des poursuites contre les incitations à la haine ou à la violence sur les lieux de culte et dans le cadre d'associations cultuelles, de fermer si nécessaire tout lieu qui se place hors des règles du vivre-ensemble, de contrôler et démanteler les circuits de financement occultes de certaines obédiences.


Pour faire reculer l'obscurantisme et l'intégrisme, l'urgence est d'abord à la reconstruction du lien social et des liens de la citoyenneté dans notre pays.


Notre laïcité républicaine a d'abord besoin que ses principes soient véritablement mis en œuvre pour garantir la liberté de conscience et l'égalité des citoyens, par-delà leurs appartenances religieuses.


Ramener la République là où elle a démissionné depuis des années nécessite des politiques audacieuses en matière d'emploi, de réindustrialisation des territoires, de moyens accrus pour notre enseignement, de formations qualifiantes des jeunes et des salariés, de services publics refondés et étendus, d'égalité entre femmes et hommes, de revitalisation de la démocratie, de mise en place d'une police et d'une justice de proximité, d'encouragement à un travail de mémoire approfondi sur les crimes de la colonisation. Et s'il s'agit de parler de la vie associative, que l'exécutif se préoccupe donc d'aider sans délai les structures républicaines et leurs milliers de bénévoles qui agissent au quotidien contre les conséquences de la crise sanitaire, le développement de la précarité, la misère qui gangrène tant de nos communes. Emmanuel Macron n'en a pas dit un mot.


Cela  exige, non les vœux pieux énoncés par le président de la République en conclusion de son propos, mais une rupture radicale avec la politique mise en œuvre depuis le début de son quinquennat et au cours des précédents. Il est temps de refuser toute tolérance envers ce «séparatisme» dont on ne parle jamais et qui émane des privilégiés et de la haute finance.

 

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30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 15:54
9/10 octobre : La bataille de l’emploi, ça urge - PCF, 30 septembre 2020

9/10 octobre : La bataille de l’emploi, ça urge

Airbus, General Electric, Boiron, Renault, Auchan, Nokia, Bridgestone, Air France, la liste des entreprises qui cassent l’emploi est longue. Le patronal Figaro parle de « purge » et de « dégraissage ». Les libéraux des ministères qui ont le sens des mots tordus évoquent, eux, « les plans de sauvegarde de l’emploi ». Et cette casse ne se limite pas à quelques noms médiatisés. On brade dans les PME, on brade les intérimaires, les salariés en CDD, les indépendants sans mission, on gèle des plans d’embauche, notamment de jeunes diplômés.

Le chef de la division emploi de l’OCDE, Stéphane Carcillo, note : « On parle beaucoup des plans sociaux car ils sont très médiatisés et touchent parfois des bassins d’emplois entiers en raison de leur ampleur. Mais beaucoup d’ajustements sur l’emploi ont déjà eu lieu au fil de l’eau par le biais de licenciements individuels et surtout de fin de recrutements en contrats courts et de renouvellement des CDD. »

Ainsi l’intérim affiche un déficit de 150 000 emplois sur un an (-20 % sur 2019). À Pôle emploi, au 2e trimestre, on parle de 150 000 inscriptions en moyenne par mois suite à une fin de mission d’intérim ou de CDD et de 10 000 licenciements économiques.

Bref, la vague annoncée de plans sociaux déferle. Le chômage explose. L’urgence sociale est là. C’est la raison pour laquelle les communistes, lors de leur dernier Conseil national, ont lancé une campagne sur l’emploi, à commencer par des journées d’action dans toute la France les 9 et 10 octobre prochains.

Une grande diversité d’initiatives est prévue (rassemblements devant des préfectures, des entreprises, des hôpitaux publics, conférences de presse), nous en faisions état ici même la semaine dernière.

Des initiatives de résistance, de protestation, et dans le même temps de propositions pour dire haut et fort que ce désastre n’est pas fatal, que l’argent public, des banques, des entreprises ne doit pas servir à licencier mais bien à sécuriser l’emploi et la formation, pour développer l’emploi public dans tous les domaines et révolutionner notre mode de production.

Il va s’agir d’une campagne de longue haleine pour marquer des points dans la bataille idéologique, obtenir des avancées concrètes et contribuer à réidentifier le PCF à un projet de société alternatif au capitalisme et aux dégâts humains et écologiques qui l’accompagnent. Il est clair que cette question de l’emploi va occuper une grande place dans les campagnes départementales et régionales du printemps prochain. Alors que la crise du politique est profonde, que les citoyens doutent des capacités d’intervention des élus (« puisque le pouvoir économique est ailleurs », pensent-ils), il va s’agir de convaincre au contraire que les collectivités territoriales, par leurs choix politiques, peuvent avoir une influence sur l’emploi en résistant aux logiques destructrices et en construisant des alternatives.

Pourrait être proposée, par exemple, la mise en place de conférences permanentes sur l’emploi, la formation et la transformation écologique des productions, ainsi que des fonds régionaux pour financer cette démarche.

Et il s’agirait (voir le texte « Ce que nous voulons pour nos régions ») de faire converger deux batailles politiques : le contrôle et le suivi démocratique des aides publiques (respect des critères sociaux et environnementaux, transparence) et la création de comités locaux de défense de l’emploi, à l’initiative des organisations communistes et avec toutes les forces progressistes, politiques, syndicales, associatives, pour alerter sur les licenciements, sur les difficultés des TPE/PME, recenser les besoins dans les services publics (santé, éducation) et les autres activités.

Et ainsi de faire reculer les idées fatalistes sur le chômage, l’idée que la gestion des entreprises est à laisser au seul patronat. Il s’agirait aussi d’opposer au chaos du marché une démarche de planification démocratique et décentralisée porteuse d’efficacité sociale.

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30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 15:48
Sénatoriales - Le PCF progresse en sièges, en voix et en pourcentage

Dans les 21 départements à scrutin majoritaire où le PCF était présent en 2020 et 2014, il progresse en voix et pourcentage dans 14 d’entre eux, gagnant, par rapport à 2014, 868 voix et 4,7 %/exprimés sur un total de 2 271 voix et 12,54 %/exprimés en 2020. Sur les dix départements à la proportionnelle où une ou un communiste conduisait une liste de rassemblement, le PCF progresse dans six d’entre eux, gagnant 1 001 voix et 4,33 %/exprimés par rapport à 2014 sur un total de 2 249 voix et 9,9 % en 2020.

Sénatoriales : Le PCF progresse en sièges, en voix et en pourcentage

Ce dimanche 27 septembre, la moitié des sièges du Sénat étaient renouvelés. Il s’agissait de renouveler les sénatrices et sénateurs élu·e·s en 2014. Cette élection au suffrage indirect a été le reflet des dernières élections municipales et de l’engagement de nos candidats et candidates. Il y a de véritables campagnes électorales avec de réelles dynamiques de rassemblement où les candidates et candidats présenté·e·s par le PCF ont su en général mobiliser les grands électeurs communistes et au-delà.

À la suite de son échec aux municipales, avec l’éradication de ses candidats dès le 1er tour des législatives partielles, LREM connait une nouvelle défaite avec la perte de trois sénateurs sur les dix sortants qui étaient en lice. Ce résultat est une confirmation du rejet général de la politique du gouvernement.

La droite hors LREM progresse globalement de huit sièges, confirmant son ancrage municipal dans la ruralité et les villes petites et moyennes. Le RN ne retrouve qu’un siège, alors qu’en 2014 il avait réussi à envoyer deux sénateurs au Palais du Luxembourg.

Le groupe des radicaux paye son rapprochement avec la LREM avec la perte de neuf sièges sur les quatorze qui étaient renouvelables.

À gauche, alors que le PS accuse une perte de cinq sièges sur les trente-cinq qu’il remettait en jeu, EELV gagne six sièges, dont la moitié sur des listes de rassemblement de toute la gauche. EELV profite des dynamiques de rassemblement entre la gauche et les écologistes qui ont permis l’élection de maires écologistes à Marseille, Lyon et Strasbourg.

Les communistes ont enregistré eux aussi un succès électoral issu des municipales. Nous confirmons nos deux sièges sortants dans les Côtes-d’Armor et la Seine-Maritime, avec l’élection de Gérard Lahellec et la réélection de Céline Brulin. Nous gagnons deux sièges, l’un en Dordogne avec Marie-Claude Varaillas face à un candidat de LREM et l’autre dans les Bouches-du-Rhône avec Jérémy Bacchi qui conduisait une liste de rassemblement de toute la gauche et des écologistes, qui a mis fin aux ambitions sénatoriales hégémoniques de LR. Nous avons fait la preuve de notre capacité à gagner et à faire gagner les autres forces de gauche. En Dordogne, c’est la première fois depuis 1946 et l’élection de la militante communiste Jeanne Vigier (1) qu’une femme devient sénatrice. Ce renforcement de la présence des communistes au Palais du Luxembourg est une bonne nouvelle pour les salariés et pour toutes les luttes et combats émancipateurs Il s’agit pour nous, non plus d’un maintien de nos résultats électoraux mais d’une progression remarquée.

Dans les 21 départements à scrutin majoritaire où le PCF était présent en 2020 et 2014, il progresse en voix et pourcentage dans 14 d’entre eux, gagnant, par rapport à 2014, 868 voix et 4,7 %/exprimés sur un total de 2 271 voix et 12,54 %/exprimés en 2020. Sur les dix départements à la proportionnelle où une ou un communiste conduisait une liste de rassemblement, le PCF progresse dans six d’entre eux, gagnant 1 001 voix et 4,33 %/exprimés par rapport à 2014 sur un total de 2 249 voix et 9,9 % en 2020.

Ces bons résultats, porteurs d’espoir et d’avenir, sont les fruits des résultats contrastés des municipales, avec des défaites et des victoires, mais où dans une majorité de départements nous avons gagné des mairies et des élus. C’est aussi la reconnaissance de l’activité parlementaire et de terrain de très grande qualité des sénatrices et sénateurs communistes, et de la capacité des communistes à être initiateurs d’un large rassemblement à partir des expériences des municipales et à mener de véritables campagnes électorales où l’investissement militant a pu donner toute sa mesure.

Pierre Lacaze CEN, Yann Le Pollotec CN,  secteur élections

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30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 15:45
3400 nouveaux lits supprimés en 2019! Il faut arrêter le massacre de l'hôpital public!

3400 nouveaux lits supprimés en 2019! Il faut arrêter le massacre de l'hôpital public!

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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 06:02
Levez le mandat d'arrêt européen contre Vincenzo Vecchi
Levez le mandat d'arrêt européen contre Vincenzo Vecchi

A l'heure où deux partis d'extrême-droite se partagent avec la droite en Italie 15 des 20 régions de la péninsule, on renverrait Vincenzo Vecchi, militant capitaliste réfugié en Bretagne, dans son pays natal pour qu'il y soit enfermé? 

Le militant antifasciste Vincenzo Vecchi fait toujours l'objet d'un mandat d'arrêt européen, criminalisé sans preuves réelles par la justice italienne.

Les Parlementaires communistes Laurence Cohen, Pierre Dharréville, Fabien Gay, Pierre Laurent, Jean-Paul Le Coq, Stephane Peu, Christine Prunaud, Pascal Savoldelli ont  alerté le Ministre de la Justice, aux côtés de collègues parlementaires écologistes, insoumis, Génération.s, et de Paul Molac.

 

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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 05:37
Rétention. David Rohi: "L'enfermement des étrangers se banalise" (entretien avec Emilien Urbach, L'Humanité, mercredi 23 septembre 2020)

Rétention. David Rohi : « L’enfermement des étrangers se banalise »

Mercredi 23 Septembre 2020

Cinq associations qui interviennent auprès des personnes placées en rétention publiaient, mardi, leur dernier rapport. Elles dénoncent un système devenu « hyper-répressif ». Entretien avec David Rohi, responsable du pôle rétention à la Cimade.

En 2019, le nombre de personnes étrangères placées en centre de rétention administrative (CRA) a augmenté de 23 %. Le temps de leur enfermement a, lui, augmenté de 40 %. En outre, de plus en plus d’enfants sont amenés à vivre derrière les barreaux des CRA. David Rohi, responsable du pôle rétention à la Cimade, alerte sur cette dérive répressive et la banalisation de l’enfermement des étrangers.

Nombre de personnes enfermées, durée de rétention, atteinte aux droits : tous les éléments sont à la hausse. Quelles conclusions en tirez-vous ?

David Rohi Il faut noter aussi la hausse remarquable du nombre de places et la création de quatre nouveaux CRA. En 2019, le gouvernement a pratiqué une politique hyper-répressive du tout-enfermement. Ces privations de liberté s’inscrivent dans une logique punitive qui s’ajoute à de nombreuses violations des droits et pratiques illégales. Un tiers de ceux qui sont placés en rétention sont libérés par un juge. On a pu voir des enfants se faire expulser sans être accompagnés de leurs parents. Les audiences judiciaires par visioconférence se multiplient. L’État est ainsi en train de créer une justice d’exception spécialement réservée aux étrangers en voie d’expulsion.

On a aussi assisté cette année à plusieurs mouvements de grève de la faim dans les CRA. De quoi est-ce le symptôme ?

David Rohi  Les retenus supportent mal l’allongement de la durée d’enfermement, qui a doublé. On fait face à de gros problèmes psychologiques. Trois personnes se sont donné la mort en rétention en 2019. C’est inédit et ça doit nous alerter.

Votre rapport évoque le cas de 264 enfants placés en CRA en métropole, bien qu’ayant déclaré être mineurs. Comment est-ce possible ?

David Rohi Dès que l’administration a un doute sur l’âge d’un adolescent, le système ne le protège plus. En 2019, on a réussi à en faire sortir certains, en établissant leur minorité alors qu’ils étaient déjà en rétention. Rien n’est prévu pour prendre le temps d’une réelle évaluation de leur âge et ils se retrouvent régulièrement enfermés avec des adultes, certains sont même expulsés. C’est souvent le cas de ceux qui, à un moment de leur parcours d’exil, ont été obligés de mentir sur leur âge en se déclarant majeurs. Si ce sont des enfants, le système devrait les protéger quoi qu’il en soit.

Vous indiquez également que plus de 14 % des personnes placées en rétention sortent directement de prison. La rétention n’est pourtant normalement pas liée au système carcéral ?

David Rohi Dans les faits, si. La prison et la rétention fonctionnent ensemble, maintenant. Une personne étrangère sous le coup d’une procédure de reconduite à la frontière ne devrait pas avoir à passer en rétention. L’administration devrait savoir gérer sa situation lors de la levée d’écrou. Il faut, par ailleurs, noter que de plus en plus de gens sont enfermés après avoir refusé de monter dans l’avion prévu pour leur expulsion. Le fait nouveau avec la situation sanitaire, c’est qu’on voit des gens se faire emprisonner pour avoir refusé un test de Covid-19. Pour être admis par le pays vers lequel on les renvoie, les personnes doivent avoir fait le test. Ceux qui refusent sont condamnés pour obstruction à la mesure d’éloignement. Christophe Castaner, à l’époque ministre de l’Intérieur, avait déclaré qu’il ne pouvait pas laisser « ces gens dehors », à propos de personnes étrangères sorties de prison. Il considérait ainsi, arbitrairement, que bien qu’ayant purgé leur peine, elles restaient dangereuses et donc à enfermer, sans intervention de la justice.

Vous notez aussi que les « dublinés », censés être renvoyés dans le pays par lequel ils sont entrés en Europe, sont de plus en plus nombreux dans les CRA. Là aussi, la rétention administrative n’est-elle pas dévoyée de sa fonction légale ?

David Rohi Le nombre de dublinés enfermés a doublé par rapport à 2018. C’est, en outre, ceux qu’on éloigne le plus. Il s’agit de personnes qu’on expulse sans contrôle par un juge, sans garantie que leurs droits ont été respectés au moment de leur interpellation ou pendant leur rétention. Par ailleurs, on compte parmi les dublinés de nombreux enfants expulsés avec leur famille, au petit matin, afin d’éviter l’intervention des juges ou des soutiens associatifs. Et ce, sans considération pour les conséquences psychologiques. Les dublinés constituent la seule catégorie de personnes qu’on enferme en rétention sans être sous le coup d’aucune procédure d’expulsion. C’est une dérive grave du système, qui introduit l’idée qu’on pourrait enfermer n’importe qui pour étude de sa situation administrative. L’enfermement des étrangers est quelque chose qui se banalise.

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 19:42
Lier relance industrielle, justice sociale et transition écologique  : le plan des parlementaires PCF pour faire face à la crise du Covid (L'Humanité, 23 septembre)

« Lier relance industrielle, justice sociale et transition écologique » : le plan des parlementaires PCF pour faire face à la crise du Covid

Mercredi 23 Septembre 2020

Députés et sénateurs communistes ont présenté un contre-plan de relance bien différent de celui du gouvernement,  à la fois par son ampleur de 252 milliards d’euros et par son contenu, avec 117 mesures.

 

Les parlementaires PCF ont présenté, mardi, leur propre plan de relance pour faire face à la crise du Covid. « Celui du premier ministre Jean Castex n’est pas guidé par la justice sociale et l’exigence écologique. Il n’a qu’une boussole : le capital », prévient Éliane Assassi, présidente du groupe CRCE au Sénat.

 

« La crise appelle une réponse politique sans précédent. Celle du gouvernement est loin de l’essentiel. Nous, nous avons un plan à la hauteur de la situation », assure André Chassaigne, président du groupe GDR à l’Assemblée. Ce plan, baptisé Pour une transformation économique, sociale et écologique, se décline en 117 propositions. « On nous annonce 250 milliards d’euros de pertes pour l’économie française, donc nous répondons avec un plan de 252 milliards d’euros, avec des objectifs concrets », indique le député PCF Pierre Dharréville. Soit bien loin des 100 milliards prévus par Castex. « Ils seront inefficaces économiquement, injustes socialement et inopérants écologiquement, car le gouvernement se base sur une théorie du ruissellement qui ne fonctionne pas. Les milliards du Cice versés sans condition n’ont amené que 100 000 emplois », dénonce Sébastien Jumel. L’élu PCF invite donc à mettre « l’accent sur l’investissement, en réconciliant les objectifs de justice sociale et de transition écologique avec la relance industrielle ».

Supprimer le Cice

Mais où dénicher 252 milliards ? Près de 150 seraient investis sur trois ans, 85 constitueraient une dépense courante et 17 seraient dédiés à des aides temporaires. En plus d’une annulation partielle de la dette et de son traitement par la BCE, les parlementaires PCF savent où trouver des sous. Plus de 102 milliards d’euros sont à récupérer chaque année du côté de la fiscalité. D’abord, en supprimant un Cice qui en coûte 22 milliards par an, et en créant un grand impôt progressif sur le patrimoine net qui fusionnerait taxe foncière et impôt sur la fortune immobilière, pour un gain de 10 milliards. Fin de la flat taxe, hausse de celle sur les transactions financières, impôt sur le revenu en 12 tranches et rétablissement du taux d’imposition de 2018 sur les sociétés (avec prélèvement à la source contre l’évitement fiscal) sont autant de mesures qui composent le plan. L’idée étant de construire une nouvelle société en changeant de logique et en aidant massivement les secteurs clés qui en ont besoin, sans laisser personne sur le carreau.

30 milliards d'euros pour la rénovation énergétique des bâtiments

Sur le front écologique, le plan vise à atteindre la neutralité carbone en 2050. La somme de 30 milliards serait dédiée à la rénovation énergétique des bâtiments (700 000 isolations par an jusqu’en 2040), en plus de construire 600 000 logements sociaux en trois ans. Les communistes veulent ici transformer la BPI en Banque de la transition écologique et sociale. Un livret d’épargne de l’ESS et un livret agricole viendraient abonder cet effort. Plus de 27 milliards d’euros seraient dirigés vers les transports, dont 15 milliards pour le ferroviaire et 2 millliards pour le vélo (avec la fin des exonérations fiscales pour l’aérien et le routier). Aides de 2 milliards à l’agroécologie, refonte de la PAC, prix minimal d’achat et d’entrée sur le marché, pêche raisonnée et mix électrique entre nucléaire, éolien et photovoltaïque sont au menu, des créations d’emplois à la clé.

Un dispositif antidélocalisations et antifaillites

Pour éviter dès demain des licenciements, le plan prévoit un dispositif antidélocalisations et antifaillites. Les aides publiques seraient conditionnées à des critères sociaux et environnementaux : interdiction des licenciements boursiers, écart de salaires de 1 à 12, non-distribution de dividendes en 2020 et 2021 et obligation du reporting pays par pays. La baisse temporaire de la TVA pour le tourisme, le sport et la culture, un fonds pour les TPE-PME et un pour les relocalisations sont aussi au programme, l’État devant assumer son rôle de stratège pour atteindre la souveraineté industrielle, sanitaire et alimentaire. Un pôle national du médicament serait ainsi créé, en lien avec un plan hôpital visant 100 000 personnels supplémentaires, sans oublier une conférence nationale sur les salaires, le Smic à 1 800 euros brut, un revenu étudiant et le RSA de 18 à 25 ans, l’assurance-chômage élargie, la semaine de 32 heures et un soutien massif à l’éducation nationale avec un dispositif pour les décrocheurs. « Nous défendrons ces 117 propositions à chaque occasion », promet Pierre Dharréville

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 19:40
Le groupe communiste, républicain, citoyen, écologiste au Sénat s'engage pour la gratuité des masques

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 19:39
Vous avez dit République? - Par Patrick Le Hyaric, L'Humanité, 23 septembre 2020

Vous avez dit République ?

Mercredi 23 Septembre 2020

Il semblerait désormais, selon le ministre de l’éducation nationale, qu’il faille aller chercher la République entre le nombril et le décolleté des jeunes filles... Le mot « République » est devenu dans la bouche du pouvoir un « mot gourdin », que l’on assène sur la tête des classes populaires au fur à mesure que l’on assèche ses principes. Un mot pour filer droit et mettre au pas, un mot pour surveiller et punir, un mot pour maquiller les propos xénophobes, un mot pour cacher la destruction méthodique de tous les fondements de la République démocratique et sociale érigée il y a 228 ans et fortifiée par le mouvement socialiste et communiste, un mot pour protéger le pouvoir.

Quelle farce d’hurler « République ! » quand l’éducation nationale est laissée à la merci de la concurrence d’officines privées et affaiblie dans ses missions, quand le Parlement est bâillonné, quand les services publics sont privatisés, quand le pouvoir dit « républicain » pactise avec la finance, devançant toutes les aspirations du capital, contre les retraites, les droits sociaux, la sécurité sociale.

Quelle blague de prétendre défendre l’unité républicaine quand les territoires sont laissés à l’abandon au profit de métropoles portées vers les rivages du capital mondialisé, quand la sécession des plus riches est entretenue, quand un sabir « globish » est imposé partout par les pouvoirs économiques et politiques, quand des élites corrompues adossent la France et l’Europe à l’empire états-unien.

Certes, le concept de République embrasse large. Raison de plus pour définir le sens que l’on veut lui donner. Il n’y a pas besoin d’aller chercher bien loin. L’histoire de notre pays et les principes constitutionnels arrachés contre la réaction ne demandent qu’à être défendus, travaillés et approfondis. L’émancipation individuelle et collective ne sera le fruit que d’une République garante des libertés, démocratique, sociale et laïque. Tisser à nouveau ce fil, en rehaussant le débat et non en le maintenant au niveau du nombril, voilà l’urgence.

Vous avez dit République? - Par Patrick Le Hyaric, L'Humanité, 23 septembre 2020

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 19:36
Parlement. Au Sénat, nous affrontons LaREM et LR  (Eliane Assassi, présidente du groupe CRCE, L'Humanité - 25 septembre 2020)

Parlement. « Au Sénat, nous affrontons LaREM et LR » (Eliane Assassi, présidente du groupe CRCE)

Vendredi 25 Septembre 2020
Les élections sénatoriales se tiennent dimanche. La présidente du groupe communiste, Éliane Assassi, revient sur les enjeux de ce scrutin. Entretien.
 

Vingt ans après le référendum sur le quinquennat, à quoi sert le Sénat ?

Éliane Assassi C’est toujours l’une des deux chambres qui votent la loi et contrôlent le gouvernement  ! Bien sûr, l’Assemblée nationale a le dernier mot. C’est logique puisqu’elle est élue au suffrage universel. Et le Sénat entretient toujours une approche plus fine dans sa relation aux collectivités locales. Mais il est aussi devenu une sorte de contre-pouvoir. C’est bien sûr dans un contexte où la majorité LR du Sénat affronte la majorité LaREM de l’Assemblée, ne soyons pas naïfs. Mais on peut dire que le bicamérisme a retrouvé du sens : l’Assemblée est de plus en plus soumise à l’exécutif, et le Sénat peut jouer un rôle de garde-fou. Nous l’avons vu sur le projet de réforme constitutionnelle et lors de l’affaire Benalla. Mais, d’évidence, nous, les communistes, avons deux adversaires au Sénat : la Macronie, qui dépose les projets de loi, et la droite, qui les réécrits dans un sens qui n’est pas le nôtre et qu’il faut combattre.

Quel est justement le rôle du groupe communiste ?

Éliane Assassi Il est toujours utile d’avoir des élus du local au national pour porter la voix des luttes, des citoyens et des collectivités locales. Nous forçons les débats, imposons des questions sur le monde du travail, les libertés collectives, l’écologie ou encore la fraude fiscale. Nous avons des textes qui ont été adoptés lors de beaux combats, comme la hausse des APL et la revalorisation des retraites agricoles. Nous sommes un peu les trublions de cette chambre, car nous cherchons toujours à mettre en avant des causes que le Sénat préférerait ignorer. Nous avons été très actifs l’an dernier, lors de l’immense mobilisation pour l’avenir d’Aéroports de Paris, qui a rassemblé plus d’un million de signatures. Les communistes ont prouvé qu’ils savent réunir toutes les familles politiques pour défendre un équipement stratégique au cœur des questions d’emploi, de souveraineté, d’aménagement du territoire, de comptes publics et d’écologie. Plus récemment, nous avons déposé deux propositions de loi : l’une pour réduire les inégalités d’accès au numérique, l’autre pour créer un pôle public du médicament assurant à la fois la production et le contrôle des prix.

Le Sénat est souvent présenté comme la chambre qui défend les territoires. Est-ce vraiment le cas ?

Éliane Assassi Il y a des postures sur cette question. Nous sommes en complet désaccord avec LaREM et la droite sénatoriale sur le projet de différenciation territoriale. Cela va conduire à terme à la création d’un État fédéral et à une rupture d’égalité devant la loi. Tout le monde parle en ce moment des « territoires ». LaREM et LR ont tous ce mot à la bouche. Mais ils sont en train de déployer une stratégie sémantique pour ne plus parler des communes et des départements, et encore moins de leurs compétences et de leurs moyens propres pour développer des politiques locales au service des citoyens. C’est une façon de revenir sur l’article 1 de la Constitution qui dit que la République est une et indivisible.

Quels sont vos objectifs pour les sénatoriales de dimanche ?

Éliane Assassi Nous entendons conserver nos sièges en Seine-Maritime avec Céline Brulin et dans les Côtes d’Armor avec Gérard Lahellec. Nous attendons aussi de bonnes nouvelles des Bouches-du-Rhône, où Jérémy Bacchi conduit la liste de rassemblement de la gauche. Des surprises peuvent enfin venir des Alpes-Maritimes, des Alpes-de-Haute-Provence, de Dordogne, du Rhône ou du Finistère, où les communistes sont reconnus comme des élus de terrain combatifs, constants et cohérents. Au final, la droite va gagner, ce n’est pas un suspense. Il y aura une possible recomposition au centre-droit et un retour du groupe EELV. Nous avons, quoi qu’il arrive, hâte d’en découdre sur le budget et celui de la Sécurité sociale, forts de notre propre plan de relance composé de 117 propositions. Nous sommes ici en phase avec l’opinion publique, que ce soit sur le conditionnement des aides publiques, l’hôpital, les retraites ou la gratuité des masques.

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