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27 décembre 2020 7 27 /12 /décembre /2020 17:11
Attaques antisémites contre April Benayoum - Il y a urgence à combattre le racisme sous toutes ses formes ! (PCF)
Publié le 21/12/2020 par PCF

Il y a urgence à combattre le racisme sous toutes ses formes ! (PCF)

April Benayoum, Miss Provence élue première dauphine de Miss France, vient de subir, ce week-end, de violentes attaques antisémites après avoir déclaré que son père était d'origine israélienne.

L'an dernier, la Guadeloupéenne Clémence Bottino, à peine élue Miss France, avait elle aussi subi des attaques racistes sur les réseaux sociaux et avait été comparée à un singe.

 

Dans le même temps, des tags haineux étaient découverts sur la mosquée de Beaucaire. Et la parole raciste pouvait s'exprimer sans filtre sur les radios, avec des propos abjects tenus contre la chroniqueuse Rokaya Diallo mettant en cause ses origines africaines.

Sud Radio vient d’ailleurs de présenter ses excuses à cette dernière. Il n'en demeure pas moins que la libération de la parole raciste est intolérable et qu'elle est insuffisamment combattue sur les réseaux sociaux.

Face à ces agressions, le PCF assure April Benayoum, Rokaya Diallo et toutes les victimes de racisme, d’antisémitisme et d’autres propos haineux, notamment sur les réseaux sociaux de son soutien.

Il demande que les auteurs d'actes et de paroles racistes et antisémites soient sans délai recherchés, poursuivis et condamnés comme le prévoit déjà la Loi Gayssot.

Il appelle le Conseil supérieur de l'audiovisuel à intervenir auprès des chaînes de radio et télévision afin que ne soient plus tolérés des débordements qui deviennent de plus en plus fréquents.

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25 décembre 2020 5 25 /12 /décembre /2020 14:19

 

Dirigeant du PCF en charge de coordonner son centenaire, Guillaume Roubaud-Quashie met en perspective un siècle d’histoire de la formation née du congrès de Tours avec l’actualité du combat communiste.

 

GUILLAUME ROUBAUD-QUASHIE Historien, membre de la direction du PCF

 

Les communistes soufflent cette année les cent bougies du congrès de Tours. Face à la crise historique que nous vivons, comment leur combat prend-il une nouvelle actualité ?

GUILLAUME ROUBAUD-QUASHIE L’une des dimensions du congrès de Tours est l’ambition d’un changement de civilisation. Dans la période que nous vivons, cette volonté de rupture rencontre une possibilité plus importante que cent ans en arrière du fait des connaissances accumulées par l’humanité. Mais aussi une nécessité plus grande due aux ravages du capitalisme. Le lamentable épisode mercantile des vaccins, où certains sont davantage préoccupés par les profits à engranger que par les vies à sauver, l’illustre parfaitement.

 

Révolution ou réformisme, ce débat trouve-t-il encore une résonance aujourd’hui ? Quelle forme prend aujourd’hui la révolution dont rêvent les communistes ?

GUILLAUME ROUBAUD-QUASHIE Ce vocabulaire est ancien mais a encore un usage aujourd’hui : dans une partie du monde syndical, par exemple, certains évoquent parfois la constitution d’un pôle réformiste. Nous nous définissons toujours comme révolutionnaires. Évidemment, ce mot a une histoire et peut évoquer la brutalité, la brièveté, éventuellement l’idée d’insurrection barricadière. Si ce n’est pas notre stratégie, nous pensons en revanche que les changements à impulser sont globaux. En l’occurrence, sortir d’une logique fondée sur la seule rentabilité quitte à broyer les êtres humains et la planète, pour miser sur le libre et plein développement de chacun. Malheureusement, les forces qui ne portent pas clairement l’ambition d’affronter les logiques du capital sont nombreuses à gauche, peut-être même plus qu’au cours du siècle passé. Ce qui ne doit pas être tout à fait étranger à l’état de la gauche. Est-ce qu’avec des mesures qui laissent le cœur du réacteur intact, on sauvera le million d’espèces menacées ? Beaucoup de gens se rendent comptent que ça ne tient pas.

 

L’histoire du PCF est aussi celle des conquêtes sociales rendues possibles par de puissants mouvements populaires et le rassemblement de la gauche. Quelles leçons en tirer ?

GUILLAUME ROUBAUD-QUASHIE Les enjeux institutionnels et électoraux ont une grande importance. Mais une grande illusion consiste à penser que les changements révolutionnaires ne pourraient advenir que par une logique délégataire. Ce à quoi les communistes appellent, c’est à la mise en mouvement la plus large et de toute nature. Je sais bien que, dans la période, certains cherchent des sauveurs suprêmes, mais, sur ce point, l’Internationale n’a pas pris une ride. En outre, ce sont ces cercles vertueux fondés sur des perspectives de victoires qui ont donné leur force au mouvement populaire en 1936 ou à la Libération. Aujourd’hui, la résignation n’est pas seulement le fruit de la bataille idéologique, mais aussi de déceptions politiques objectives et de difficultés du mouvement social. Cependant, il faut aussi mesurer les points marqués, comme les concessions, malgré toutes leurs limites, que le pouvoir a été obligé de consentir au monde de la santé… La direction actuelle du PCF fait aussi montre de volontarisme pour structurer les communistes sur les lieux de travail et de création de plus-value, parce que le combat de classe y prend sa source. C’est une tâche difficile mais qui n’a rien perdu de sa pertinence.

 

Sur les questions dites de société comme le féminisme ou l’antiracisme, les positions à gauche ont fluctué, quelles ont été les évolutions du PCF sur ces sujets au cours de son histoire ?

GUILLAUME ROUBAUD-QUASHIE C’est plus compliqué que ce que l’on dit toujours : avant, les luttes étaient hiérarchisées, maintenant elles ne le sont plus. La logique multidimensionnelle des changements à opérer a été l’objet de fluctuations, parfois de conflits pendant tout ce siècle. Les années 1920 sont celles de l’accentuation de la question de classe, mais aussi d’affirmation du combat des femmes, avec des candidates aux élections municipales, par exemple. Cela est atténué lors du Front populaire parce que ces questions ne font pas l’objet d’un accord unanime dans la société française et que le rassemblement prime face à la menace fasciste. Avec la Libération, viennent les combats pour le droit de vote et d’éligibilité des femmes ou encore la création de l’Union des femmes françaises. Pendant les années 1950, des oppositions avec le mouvement féministe naissent sur la question du « birth control », suivies d’autres ratés en 1968 et dans les années 1970 avec une hostilité réciproque assez forte. Mais, dans la décennie 1990, un rapprochement s’opère à nouveau sous l’impulsion de personnalités comme Marie-George Buffet qui affirment très clairement qu’il n’y a pas à penser de hiérarchie dans les combats émancipateurs. Sur l’antiracisme, les combats contre l’antisémitisme des années 1930, la lutte contre le fascisme, contre la colonisation, ou encore la création du Mouvement national contre le racisme, qui deviendra ensuite le Mrap, ont marqué l’histoire du PCF. Tout cela est abîmé à la fin des années 1970 et début 1980 par un moment de flottement sur des questions de politique migratoire, encore l’objet aujourd’hui d’instrumentalisation de l’extrême droite. Mais on ne peut pas résumer le Parti communiste ni même Georges Marchais, puisque c’est de lui qu’il est question, à ce flottement de quelques années.

 

Courant majoritaire à gauche après-guerre, l’influence du PCF a reflué à partir de 1978. Quelles sont aujourd’hui ses forces et ses faiblesses ?

GUILLAUME ROUBAUD-QUASHIE La mémoire du pays est assez sensible aux années 1970. Or ces années sont effectivement un moment d’apogée, très loin de représenter les cent ans du PCF. Si on se place en regard de l’histoire générale du mouvement ouvrier, on peut mesurer que le Parti communiste d’aujourd’hui par rapport à celui du début des années 1930, par exemple, compte un nombre tout à fait significatif d’adhérents, de cotisants, de municipalités… La période des années 1980-1990 a été extrêmement difficile, avec un déclin qui semblait impossible à arrêter. Depuis une quinzaine d’années, le PCF a réussi à en sortir. L’image de l’URSS continue de jouer négativement, mais elle est moins significative pour les plus jeunes générations. Et cette dynamique est aussi liée à la crise du capitalisme : nombreux sont ceux qui cherchent une alternative. Les succès d’éditions autour de Marx le donnent à voir.

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25 décembre 2020 5 25 /12 /décembre /2020 10:16

Pêche. Sur les bateaux et à terre, « jusqu’à 30 000 emplois pourraient être détruits » par le Brexit

Lundi 21 Décembre 2020

Un Brexit sans accord risquerait de porter le « coup de grâce » à la filière après une année 2020 marquée par des difficultés d’écoulement des stocks, prévient Sylvie Roux, déléguée CFDT-FGTE en charge de la pêche. Entretien.

 

Alors que les négociations pour trouver un accord à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, cristallisées depuis plusieurs mois autour des questions de pêche, devraient prendre fin au plus tard dimanche à minuit, les yeux des syndicats sont rivés vers Bruxelles. En cas de victoire de la position de Londres, les pêcheurs français pourraient se voir refuser l’accès aux eaux britanniques. Un scénario alarmant après une année catastrophique pour les marins.

Les bateaux ont été autorisés à prendre la mer pendant les deux confinements. Le coronavirus a-t-il tout de même eu un impact important sur les salariés de la pêche ?

Sylvie Roux La filière entière a été extrêmement fragilisée cette année, à commencer par les entreprises de pêche. Celles-ci ont en effet continuer à pêcher, mais encore fallait-il pouvoir vendre par la suite. Sur la première période de confinement, nous avons rencontré beaucoup de problèmes de commercialisation de nos produits, puisque l’essentiel de nos points de ventes, les poissonneries, les restaurants, et les entreprises de restaurations collectives pour les poissons moins nobles, étaient fermés. Les exportations ont aussi été mises à mal puisque les principaux pays vers lesquels partent nos poissons, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, connaissaient des restrictions similaires. Lors du deuxième confinement, certaines entreprises déjà très fragilisées ont dû retarder le départ en mer de leurs bateaux à cause de cas de contamination au virus parmi les membres de leur équipage. Les pêcheurs sont capables de supporter cette situation quelques semaines, quelque mois, mais comme le virus perdure, il y a un vrai risque de voir les entreprises couler.

La possibilité d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord vous inquiète-t-elle ?

Sylvie Roux Ça risque d’être le coup de grâce. Nous avons calculé qu’en six mois à un an, jusqu’à 30 000 emplois pourraient être détruits, en comptant les emplois induits. Dans les gros ports comme celui de Lorient (Morbihan), dont le sort va être éminemment soumis à la signature ou non d’un accord, des dizaines de bateaux se retrouveraient du jour au lendemain privés de leur pêche. Pour certaines entreprises, la pêche dans les eaux britanniques représente jusqu’à 100 % de leur chiffre d’affaires, ce serait donc vraiment catastrophique. D’autant plus que ces hauturiers ne pourront pas se rabattre sur les eaux nationales, qui sont déjà saturées, et où ils ne disposeront pas des licences et autorisations nécessaires. Si les entreprises de pêche ont plus ou moins réussi à se garder à flot après les restrictions sanitaires, le Brexit, ça sera une tout autre chanson.

Si ce scénario venait à se réaliser, quelles perspectives s’offriraient aux entreprises et salariés de la filière de la pêche ?

Sylvie Roux Par les temps qui courent, je vois mal comment des redéploiements des bateaux vers la Mauritanie, le Maroc, ou vers d’autres côtes africaines, comme cela s’est déjà vu par le passé, pourraient se faire. Donc les solutions restantes sont des plans de sortie de flotte, ce qui revient à détruire des entreprises en les indemnisant. Ce serait évidemment un très mauvais signe, parce que cela signifie détruire des savoir-faire, emmener à la casse des bateaux en état de navigation, voire presque neufs parfois, et supprimer des emplois de pêcheurs. Or, nous savons qu’à cause de leur espace et mode de travail très particuliers, il est dur de reconvertir un marin à terre.

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25 décembre 2020 5 25 /12 /décembre /2020 09:43
Bravo à nos camarades de Landerneau!!!

Bravo à nos camarades de Landerneau!!!

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25 décembre 2020 5 25 /12 /décembre /2020 09:19
Accord UE-Royaume Uni : un Brexit pour le business, pas pour les travailleurs, ni pour les peuples
 
Après deux élections législatives, trois crises gouvernementales en Grande-Bretagne et 4 ans et demi de tractations laborieuses et souvent opaques, la volonté majoritaire et souveraine du peuple britannique à quitter l'UE qui s'est exprimée en juin 2016 sera donc effective le 31 décembre prochain, date de la fin de la période de transition.
 
L'accord qui vient d'être annoncé évite une sortie sèche du Royaume-Uni de l'espace communautaire, ce qui aurait signifié une crise majeure, entre autres, pour la pêche et pour les accords de paix en Irlande. 
Mais ce même accord scelle un Brexit négocié entre les conservateurs anglais et les bourgeoisies européennes pour le plus grand bénéfice du libre-échange et du capital. Les faibles normes sociales et environnementales européennes, qui sont déjà trop élevées pour la bourgeoisie britannique, ne pèsent que peu de choses face aux dispositions de ce qui n'est ni plus, ni moins qu'un accord de libre-échange gigantesque entre la 6e puissance économique mondiale, qui a déjà signé de tels accords avec des états tiers et s'apprête à en signer d'autres, et l'Union Européenne, qui tout au long des
négociations a placé le maintien des règles du marché intérieur communautaire au-dessus de toute autre considération. D'après les éléments révélés ce matin par la presse britannique, le dispositif « d'équivalence » entre les règles européennes et britanniques est réduit à sa portion congrue et les règles qui vont dans ce sens sont soumises à un arbitrage « indépendant ». Il n'y a rien dans l'accord pour empêcher la transformation de la City en véritable paradis fiscal. 
 
Tout cela va avoir des conséquences graves à la fois pour les travailleurs et les peuples européens d'une part et pour les peuples du Royaume-Uni d'autre part, qu'ils aient ou non voté pour le Brexit, et qui sont frappés par une explosion de la pauvreté du fait des politiques austéritaires des gouvernements successifs. Il ne s'agit donc pas d'un « compromis », mais d'un accord entre les conservateurs britanniques en pleine dérive droitière et les classes dirigeantes européennes.
 
Cet accord a aussi des impacts négatifs pour les activités de pêche et cela touche notamment les régions de Bretagne, Normandie et Hauts-de-France. Le gouvernement français doit prendre toutes les mesures qui s'imposent pour que les pêcheurs ne paient pas le prix du Brexit. 
 
Le PCF réaffirme sa solidarité avec les forces de gauche politiques et syndicales britanniques qui luttent contre les nouvelles régressions sociales, environnementales et démocratiques que les conservateurs britanniques cherchent à imposer. Il réitère également au Sinn Féin irlandais qu'il se tient à ses côtés pour la défense des droits
nationaux du peuple irlandais et de l'intégralité des dispositions de l'Accord de paix de 1998.
 
Le Brexit marque la faillite de la construction capitaliste de l'UE.
 
Plus que jamais, il est urgent d'en finir avec les règles et les traités européens néolibéraux, pour aller vers une Europe à géométrie choisie respectant les souverainetés démocratiques des peuples et des nations et offrant un cadre à une association et une coopération mutuellement bénéfiques entre elles.
 
Parti Communiste Français,
 
Paris, le 24 décembre 2020

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24 décembre 2020 4 24 /12 /décembre /2020 13:51
PCF - Pauvreté, chômage : Il n'y a pas de fatalité (Fabien Roussel)

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23 décembre 2020 3 23 /12 /décembre /2020 06:49

 

Tandis que les primo-accédants ont du mal à obtenir un crédit pour l’achat de leur logement, un récent « focus » de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) donne des chiffres précis sur la situation de l’habitat en France au début de l’année 2020. Mais cette note ne fournit guère d’informations sur les raisons de cette évolution. Or, le rôle accru confié au secteur privé depuis plus de 40 ans a favorisé la spéculation avec des effets pervers qui s’amplifient au fil des ans.

Par Gérard Le Puill

C’était une des nouvelles mises en exergue hier dans les journaux du soir. Le gouvernement a fait savoir que la durée d’un emprunt pour acheter son logement va pouvoir passer de 25 à 27 ans tandis que la part du revenu mensuel consacrée au remboursement des traites pourra passer de 33 à 35 %. On imagine que la mesure a surtout été prise pour relancer l’industrie du bâtiment en relançant les ventes, quitte à déboucher sur une plus grande fragilité financière pour beaucoup de nouveaux accédants. Car nous sommes dans un contexte où le risque de perdre son emploi guette une proportion accrue de nouveaux emprunteurs.

En page 21 de « l’Humanité » de ce 18 décembre, on apprend que 10 milliards de tonnes de CO2 ont été émises en 2019 dans le secteur du bâtiment ; un record, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies. Voilà qui nous renvoie à la rencontre du 14 décembre entre le président Macron et les membres de la Convention citoyenne pour le climat.

Les passoires thermiques, un problème parmi d’autres

Cette rencontre a donné lieu à de multiples commentaires sur les désaccords entre le chef de l’État et ses interlocuteurs, concernant plusieurs sujets, dont le rythme qu’il convient de retenir pour réduire en France le nombre de « passoires thermiques », émettrices de gaz à effet de serre. Il s’agit de logements mal isolés, souvent chauffés au fioul ou au gaz. Leur nombre est évalué à 4,8 millions en France métropolitaine, sur plus de 36 millions de logements au début de l’année 2020, selon un « Focus » publié par l’INSEE au début de ce mois de décembre. La lecture de cette étude permet aussi de comprendre que les passoires thermiques, identifiées comme telles, ne sont qu’un des multiples problèmes à résoudre si nous voulons réduire le bilan carbone du logement en France.

L’INSEE indique qu’au 1 er janvier 2020 « la France métropolitaine compte 36,1 millions de logements sur les 37 millions de France hors Mayotte, soit 12,4 millions de logements supplémentaires depuis 1982. L’évolution du parc de logements résulte de différents facteurs. La construction de logements neufs ainsi que la transformation des locaux non résidentiels en logements (réaffectations) contribuent à augmenter le nombre de logements. Inversement, les démolitions et les changements d’usage de locaux d’habitation (désaffectations) réduisent le parc », précise l’institut. On se souvient de ces destructions par dynamitage d’immeubles dégradés au bout d’une trentaine d’années dans certaines cités ces dernières décennies. Ce n’est jamais le cas pour les immeubles conçus par le Baron Haussmann et construits un siècle plus tôt à Paris. Mais l’INSEE n’évoque pas dans ce « focus » la faible durabilité des constructions depuis plus d’un demi-siècle en France.

50 % de résidences principales de plus en moins de 40 ans

L’étude nous informe que « depuis 1982, le nombre de résidences principales s’est accru d’environ 50 %. Cette hausse a été portée par la croissance démographique, la population ayant crû de 19 % sur cette même période, mais également par baisse de la taille des ménages (mise en couples plus tardives, ruptures d’unions, vieillissement démographique…) ». Aucune donnée n’est fournie par l’INSEE sur les colocations auxquelles recourent des personnes à faible pouvoir d’achat, à commencer par les étudiants. Mais elles doivent rester marginales au regard du nombre total de logements. Qui plus est, les bailleurs, qui sont souvent des investisseurs privés bénéficiaires d’une politique généreuse de l’État en matière de défiscalisation sur le capital investi, tirent généralement un plus gros loyer d’une colocation avec plusieurs occupants, que d’un bail signé avec un ménage.

Un graphique nous indique que sur les 36,1 millions de logements que compte la France métropolitaine en janvier 2020, le nombre de résidences principales est de 29,46 millions à quoi s’ajoutent 3,597 millions de résidences secondaires et logements occasionnels, tandis que l’on compte aussi presque 3 millions de logements vacants. L’INSEE précise que « depuis le début des années 2010, le nombre de résidences secondaires et de logements occasionnels augmente plus vite que l’ensemble du parc, alors qu’il avait progressé de manière moins soutenue que ce dernier à partir de 1990. Cette hausse s’accentue même sur les cinq dernières années ».

Parallèlement, cette étude de l’INSEE indique aussi que « les logements vacants augmentent de façon marquée depuis 2006, à un rythme supérieur à celui de l’ensemble du parc, alors leur nombre augmentait moins vite, voire diminuait, auparavant. Néanmoins, cette hausse s’atténue sur les dix dernières années. La vacance peut provenir d’une inadéquation de l’offre avec la demande en matière de taille, de localisation, prix, par exemple, ou correspondre à des logements en mauvais état », ajoute l’INSEE. Là encore, il est possible que l’offre de logements locatifs proposés par des investisseurs privés avec des loyers élevés, soit pour une bonne part à l’origine de cette inadéquation. Mais l’étude ne donne aucune précision.

Recul du logement social au profit des investisseurs privés

Elle précise qu’en 2020, « l’habitat individuel représente 55 % des logements, comme en 1982 (…) Depuis 2008, sa part recule légèrement, car le nombre de logements collectifs augmente plus vite que celui des logements individuels. Depuis 2013, les logements achevés dans l’année sont en effet plus collectifs qu’individuels, alors que c’était l’inverse avant 2008 ». L’étude de l’INSEE ne précise pas pour quelles raisons. Mais, concernant le logement locatif, elle nous apprend que « les logements détenus par les bailleurs publics représentent 17 % du parc des résidences principales, tandis que ceux détenus par les bailleurs privés pèsent 23 %. La part des bailleurs publics est stable depuis le milieu des années 1990, alors qu’elle avait nettement augmenté auparavant ».

En effet, c’est à partir de 1995, avec Pierre-André Périssol comme ministre du logement dans le gouvernement Juppé, que débuta la politique de défiscalisation offerte aux investisseurs privés tandis que diminuaient les aides au logement social. De la présidence de Jacques Chirac à celle d’Emmanuel Macron, en passant Nicolas Sarkozy et François Hollande, ce sont bien les aides au privé qui ont empêché le logement social de progresser en France depuis un quart de siècle. Bien avant cela, le gouvernement dirigé par Raymond Barre, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, réduisit considérablement l’aide à la pierre pour le logement social, favorisant déjà par ce biais le recul des constructions dans le secteur de « l’Habitat à Loyer Modéré » (HLM).

L’accession à la propriété face à la précarité de l’emploi

Enfin, « en 2020, 58 % des ménages sont propriétaires de leur résidence principale. Cette part est stable depuis 2010 après avoir augmenté de façon continue depuis 1982 où elle était de 50 %. En effet, la part des propriétaires sans charges de remboursement s’est sensiblement accrue jusqu’en 2010, en partie sous l’effet du vieillissement de la population. La part des propriétaires accédants, qui n’ont pas fini de rembourser leurs emprunts, se stabilise depuis une dizaine d’années alors qu’elle avait baissé de façon continue entre 1990 et le milieu des années 2000 », lit-on encore dans cette étude.

On peut penser que certains des actuels accédants qui remboursent un emprunt vont connaître des difficultés de remboursement en raison des pertes d’emplois et de revenus provoqués par la récession économique en cours. D’autres devront renoncer à leurs projets d’accession à la propriété pour les mêmes raisons. Surtout si les banques se montrent plus exigeantes en garanties au moment d’accorder des crédits. On risque aussi d’assister à une hausse des mises en vente de biens sur saisie pour défaut de remboursement des emprunts. Voilà pourquoi les deux annonces faites hier par le gouvernement sur l’allongement de la durée des emprunts et l’augmentation de la part du revenu pouvant y être consacrée n’est pas forcément une bonne nouvelle pour de nombreux emprunteurs.

 

 

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22 décembre 2020 2 22 /12 /décembre /2020 06:44

 

Ni mépris ni postures guerrières…

Respects Un petit rappel vaut mieux, parfois, que de longs discours enflammés. Alors, répétons-le tranquillement : la laïcité n’est pas une religion d’État, ni, au nom de l’athéisme, le dernier degré du théisme. L’historien Jean-Paul Scot le rappelle souvent : « La laïcité est le fruit d’une longue bataille pour la liberté et l’égalité, indissociable de celle pour la démocratie politique et sociale. » L’heure serait donc si grave pour que nous soyons obligés de quelques redéfinitions élémentaires, tandis les projets de loi se multiplient et tentent de déconstruire une part de notre histoire républicaine chèrement acquise. Exemple, le coup de semonce de l’historien et sociologue Jean Baubérot, qui, dans une tribune donnée au Monde, explique fort justement que la loi sur les « séparatismes », censée conforter « le respect des principes républicains », remet « en cause des libertés fondamentales et risque d’être contre-productive ». Et il précise son inquiétude : «  Le gouvernement affirme renforcer la laïcité, alors qu’il porte atteinte à la séparation des religions et de l’État. Avec ce texte, il accorde un rôle beaucoup plus important à l’État dans l’organisation des religions et de leur pratique, et renforce le pouvoir de contrôle de l’autorité administrative aux dépens de celui de l’autorité judiciaire. (…) Même Émile Combes (président du conseil de 1902 à 1905 – NDLR) n’envisageait pas, à l’époque, de confier à l’autorité administrative la décision de fermeture d’une association pour une suspicion de délit. Aujourd’hui, on veut aller plus loin que les combistes ! » Et Jean Baubérot enfonce le clou : « Ce projet de loi témoigne de la nostalgie d’une pureté laïque qui n’a jamais été mise en pratique et n’a donc jamais fait la preuve de son efficacité. On réinvente un passé sans voir l’écart entre les principes énoncés – l’égalité, la fraternité… – et la réalité. »

Neutralité Notre laïcité repose en effet sur l’articulation des principes de liberté absolue de conscience, d’égalité des droits et de neutralité de l’État à l’égard de toutes les convictions. Souvenons-nous que Jean Jaurès affirmait, le 2 août 1904, dans l’Humanité : « Démocratie et laïcité sont identiques car la démocratie n’est autre chose que l’égalité des droits. La démocratie fonde en dehors de tout système religieux toutes ses institutions, tout son droit politique et social. » Et il ajoutait, après avoir proposé que la suppression du budget des cultes serve à alimenter le premier fonds des retraites ouvrières : « Laïcité et progrès social sont deux formules indivisibles. Nous lutterons pour les deux. » Comprenons bien. La laïcité n’est pas une idéologie antireligieuse, mais un idéal d’émancipation, un principe d’organisation politique et social et la garantie du droit de chacun à affirmer ses différences dans le respect mutuel de tous, par la tranquillité et la neutralité de l’État – et de l’espace public.

Apaisement Le philosophe et médiologue Régis Debray, qui vient de publier France laïque. Sur quelques questions d’actualité (Gallimard), ne théorise pas autre chose. Dans ce texte vivifiant, il interroge la France « à l’occasion de récentes et écœurantes atrocités », insistant sur la notion de « délimitation » en ces termes : « La laïcité est une exigence. De quoi ? De frontières. Une frontière n’est pas un mur. C’est un seuil. Pour distinguer un dedans d’un dehors. » Car le mot lui-même – laïcité –, dans la bouche des uns ou des autres, peut signifier tout et son contraire. Voilà le danger. Régis Debray persiste : « Le respect de cette démarcation requiert incontestablement un effort sur soi-même, une retenue, disons une discipline – à quoi prépare en principe l’éducation civique à l’école. L’individu est censé s’effacer derrière sa fonction, comme les intérêts particuliers derrière l’intérêt général. » Ni mépris, ni postures guerrières. Juste de l’apaisement. Tel se veut le modèle républicain laïc.

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22 décembre 2020 2 22 /12 /décembre /2020 06:43

 

Le ministre de l’Agriculture a annoncé vouloir planter 50 millions d’arbres. Deux cents millions d’euros sont consacrés à ce plan. Un bel effort. Mais à qui profite-t-il, alors que les petites scieries disparaissent et que la forêt publique manque d’agents ?

« Mon beau sapin, roi des forêts »… va-t-il débarquer dans toutes les plaines de France ? Le ministère de l’Agriculture s’apprête à lancer « le plus grand volet de repeuplement depuis l’après-guerre », époque à laquelle épicéas et sapins avaient été massivement introduits. « Cinquante millions d’arbres vont être plantés en France en deux ans », a assuré Julien Denormandie, le 16 décembre, lors d’une émission sur la chaîne spécialisée Cultivonsnous.tv.

Sécheresse ou parasites

Cette annonce fait en réalité partie du plan de relance dévoilé en septembre, dont un chapitre prévoit d’« adapter les forêts françaises au réchauffement climatique ». Au fur et à mesure, les détails se précisent.

Près de « 200 millions » d’euros seront dévoués à la filière forêt-bois. « C’est un bel effort, cela fait longtemps qu’autant d’argent n’avait pas été investi sur la forêt française », tient à rappeler Philippe Canal, agent de l’Office national des forêts (ONF) et secrétaire général du Snupfen Solidaires, qui s’exprime à ce titre.

Il faut dire qu’elle va mal. Les effets du réchauffement climatique se font déjà sentir. « Sécheresse ou parasites : la forêt publique française a perdu près de 60 000 hectares en 2018-2019 », explique le représentant syndical. À titre de comparaison, les 50 millions d’arbres mis en avant par le ministre équivalent à une surface de l’ordre de… 45 0000 hectares.

Diversification des espèces

Les variétés choisies posent aussi question. Julien Denormandie évoque « des espèces adaptées ». « Les frênes ont besoin d’humidité, et il y a plein d’endroits où on se dit que si on (en) replante, dans trente ou quarante ans, ils n’arriveront pas à résister », rappelle-t-il.

Le problème, c’est « qu’aucune espèce, même exotique, n’est adaptée a priori au changement climatique, reprend Philippe Canal. Il faut trente ans pour savoir si l’une peut survivre. Encore sera-t-elle adaptée aux trente années passées, pas forcément aux suivantes, alors que l’on s’achemine vers une hausse des températures de 3 °C d’ici la fin du siècle ».

En outre, ces 200 millions d’euros ne s’accompagnent d’« aucune conditionnalité, entre autres en termes de diversification des espèces », précise pour sa part Sylvain Angerand, ingénieur forestier et coordinateur des campagnes de l’association Canopée-Forêts vivantes. « Ce plan a été discuté en catimini avec les grosses coopératives de la filière bois, sans concertation, estime-t-il, inquiet. Il encourage à raser les “peuplements pauvres” pour y mettre de la monoculture. » Le terme figure tel quel dans l’appel à projet publié le 4 décembre.

Mégascieries de résineux

En clair, dans une forêt du Morvan ou de Dordogne, « le bois n’est pas forcément de bonne qualité, les chênes sont tordus ». Les scieries de feuillus fermant les unes après les autres, « il devient plus difficile de le valoriser », continue l’ingénieur forestier. « Les mégascieries de résineux, elles, veulent des monocultures. Là, les pouvoirs publics les y aident. Le climat sert tout simplement d’alibi pour pousser à l’industrialisation de la forêt », conclut-il. La plantation de 50 millions d’arbres va donc s’accompagner… de coupes rases, dont l’interdiction, hors raisons sanitaires, est pourtant demandée, tant par la Convention citoyenne sur le climat que par la députée Anne-Laure Cattelot (LaREM), autrice d’un rapport parlementaire rendu mi-septembre.

À l’ONF, le représentant syndical s’inquiète lui aussi. « Il faut surtout des moyens humains, du monde en forêt pour observer, faire des suivis, expérimenter. Replanter, c’est marginal comme solution. » Mais le gouvernement, lui, veut supprimer encore 90 postes en 2021. Pour l’instant, il « n’y a aucune trace des 200 millions d’euros du plan de relance dans le prochain budget de l’Office. »

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21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 06:40

 

Certaines multinationales profitent de la crise pour accélérer les délocalisations de leur matière grise, sans que les pouvoirs publics n’y trouvent grand-chose à redire.

Nokia, General Electric, Technicolor, Renault, IBM… autant de multinationales qui ont annoncé des restructurations massives, ces derniers mois. À chaque fois, un phénomène saute aux yeux : la recherche et développement (R&D), pourtant vantée par toutes les directions du monde comme une denrée essentielle, fait les frais de la purge. Certains commencent à s’inquiéter des effets à long terme d’une telle hémorragie. « Il sera difficile de relancer la machine à innover quand vous n’aurez plus un seul acteur local capable de le faire », soupire ce patron du numérique. En 2001, Serge Tchuruk, PDG d’Alcatel, théorisait « l’entreprise sans usine » (recentrage sur la R&D et externalisation de tout le reste). « Le risque, c’est que, à terme, on n’ait plus ni usine, ni R&D. »

Devant l’ampleur de la restructuration annoncée chez Nokia, des responsables politiques se sont fendus d’une tribune assassine dans le JDD, fin novembre : « La direction de Nokia veut supprimer 986 emplois, essentiellement en recherche et développement, sur les sites de Lannion (Côtes-d’Armor) et de Nozay (Essonne). Les emplois supprimés seraient délocalisés essentiellement en Pologne et en Inde, mais aussi en Finlande et aux États-Unis. (…) On ne peut pas déclarer que la souveraineté sanitaire et industrielle sera un des piliers du plan de relance et, en même temps, laisser partir des industries stratégiques. » (1)

Les mêmes inquiétudes montent chez General Electric Grid, où 634 emplois sont menacés. « La direction a décidé de réduire l’activité de R&D de 20 %, ce qui se traduit pour nous par une baisse de 30 % des effectifs », dénonce Serge Paolozzi, de la CGT. Avant de préciser : « Sur Villeurbanne, nous faisons de la recherche sur de l’appareillage électrique haute tension : des disjoncteurs de ligne, que l’on installe sur le réseau électrique pour le protéger en cas d’accident (chutes d’arbres, etc.), et des disjoncteurs de sortie de centrale, qui sont placés principalement dans les centrales nucléaires. Pour justifier la casse, la direction nous a expliqué qu’il nous fa llait rattraper nos concurrents déjà bien implantés en Asie. Il y a un risque qui pèse sur la filière énergétique. Que se passera-t-il dans quelques années, quand nous aurons dilapidé notre savoir-faire ? »

Financiarisation accrue

Le processus qui se déroule sous nos yeux n’est pas né de la crise actuelle, même si cette dernière a tendance à l’accélérer. L’externalisation par les grands groupes d’une part croissante de leur R&D a démarré il y a plus de quinze ans, sur fond de financiarisation accrue. L’économiste Gabriel Colletis résume à grands traits : « Pendant des années, les grands groupes sous-traitaient uniquement des activités jugées non stratégiques (nettoyage, comptabilité, sécurité…), puis ils se sont mis à externaliser également leur activité de R&D. Cette externalisation ne s’accompagne pas nécessairement d’une délocalisation, mais c’est souvent le cas. »

Et tout ne se fait pas forcément à bas bruit. En 2008, le PDG de Capgemini avouait ainsi, entre cynisme et franchise désarmante : « À qualification équivalente, un ingénieur indien “tout équipé” (installé dans un bureau avec un ordinateur) coûte environ quatre fois moins cher qu’un ingénieur occidental. Et même si les salaires augmentent de 15 % par an en Inde, il faudra encore vingt ans au minimum pour que ce pays rattrape les coûts salariaux occidentaux. C’est un avantage compétitif énorme. »

"Valeur" et "coût" de la matière grise

Douze ans après, le rattrapage n’est pas encore achevé. Combien « valent » les ingénieurs sur le marché mondial de la matière grise ? L’ANRT (Association nationale regroupant les acteurs de la R&D) tient les comptes à jour. En 2019, un graphique joliment intitulé « Cours du chercheur 2018 » nous apprend que les salariés indiens « coûtent » 2,2 fois moins cher aux entreprises que des travailleurs basés en France. Viennent ensuite les chercheurs polonais (1,6 fois moins chers) et espagnols (1,4 fois moins chers).

Lire aussi : Industrie : François Bayrou, un commissaire plan-plan

La France bénéficie pourtant d’un avantage comparatif non négligeable, le crédit impôt recherche (CIR). Cette niche fiscale permet aux entreprises de réaliser de substantielles économies, puisque le « coût » salarial d’un chercheur y baisse d’environ 25 % après le crédit d’impôt. Malgré un poids non négligeable pour les finances publiques (6 milliards d’euros par an), le CIR n’a jamais permis à la France de combler son retard sur l’Allemagne. Les entreprises françaises consacrent à la R&D l’équivalent de 1,4 % du PIB, soit six points de moins que les entreprises allemandes (2 %).

Stratégie court-termiste

La raison tient en bonne partie aux errances de la politique industrielle française. C’est dans l’industrie que se réalise l’essentiel de la R&D ; or, les sites de production n’ont cessé de fermer leurs portes. « Il faut arrêter d’isoler la question de la recherche de celle de la production, souligne Gabriel Colletis. Lorsque Alcatel s’est lancé dans une politique de délocalisation tous azimuts, cela a pu créer de la valeur actionnariale pendant un temps, mais au bout du compte, que sont devenus les 2 000 ingénieurs formant le noyau dur de l’entreprise ? Rien du tout. Quand vous n’avez pas de continuum entre recherche et activité de production, alors vous n’avez plus de débouchés pour la recherche… »

Cette stratégie court-termiste est pourtant à l’œuvre en ce moment dans de nombreux groupes industriels. Le géant de l’informatique IBM va supprimer 1 251 postes, soit le quart des effectifs hexagonaux. « C’est une logique purement financière, s’agace Frank Setruk (CFE-CGC). IBM fait de la “décroissance profitable”, combinant baisse régulière du chiffre d’affaires et augmentation des bénéfices. Cela plaît aux actionnaires, mais ça réclame moins de salariés ! La direction est obsédée par la traque aux coûts, qui justifie les délocalisations. En Bulgarie ou en Roumanie, vous avez des ingénieurs payés 1 300 euros par mois, et pratiquement pas de cotisations retraite à payer… »

Casse sociale

Il serait évidemment réducteur d’expliquer les décisions d’implantation des grands groupes par la seule logique du « coût » du travail. « Dans certains cas, localiser un centre de R&D en Asie permet de se rapprocher d’un nouveau marché, convient un spécialiste des télécoms. Mais les délocalisations récentes en Europe de l’Est sont bel et bien financières. Le problème n’est pas d’embaucher de la main-d’œuvre dans des pays “à bas coût”, c’est de détruire de l’emploi ailleurs. »

C’est une catastrophe nationale qui se déroule avec la bénédiction des pouvoirs publics !FABIEN ROUSSEL Secrétaire national du PCF

En attendant, l’ampleur de la casse sociale concernant des industries pourtant considérées comme « stratégiques » fait bondir certains responsables politiques, qui reprochent son inaction au gouvernement. « C’est une catastrophe nationale qui se déroule avec la bénédiction des pouvoirs publics ! tonne Fabien Roussel, secrétaire national du PCF. Emmanuel Macron est personnellement impliqué dans certains dossiers emblématiques, comme Nokia, Vallourec ou General Electric : il les a suivis, en tant que secrétaire général de l’Élysée, ministre de l’Économie et président de la République. Il faudra faire un audit de toute cette casse sociale qui dévitalise le pays. »

(1) Tribune signée notamment par Fabien Roussel (PCF), Adrien Quatennens (LFI), Arnaud Montebourg (ancien ministre socialiste).

 

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