Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 06:29

Jean-Luc Mélenchon à "Tous politiques"
Emission animée par Marc Fauvelle et Arnaud Parmentier (Monde), Bernard Pelegrin (AFP). Parmi les thématiques abordées: le décès de Pierre Mauroy, la mort de Clément Méric, l'affaire Tapie, l'Europe-la Chine ou encore la réforme des retraites.
Partager cet article
Repost0
6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 15:00
Halte aux agissements des groupes violents !

http://www.france-palestine.org/Halte-aux-agissements-des-groupes

jeudi 6 juin 2013

Hier soir, aux alen­tours de 19h, à l’entrée de la Gare Saint-​​Lazare, Clément Méric, militant anti­fas­ciste de 19 ans a été passé à tabac par un groupe de skin­heads affilié, selon diverses sources, au groupe des Jeunes Natio­na­listes Révo­lu­tion­naires (JNR). Il est depuis hier soir en état de mort céré­brale à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière.

L’Association France Palestine Soli­darité tient à condamner fer­mement cet acte abject. Le retour des grou­pus­cules d’extrême droite dans diverses régions fran­çaises est plus qu’inquiétant. Qu’ils se nomment JNR ou LDJ, et quelles que soient leurs moti­va­tions, nous ne pouvons détourner le regard de ces indi­vidus qui pro­pagent le racisme en toute impunité, en usant de dis­cours de haine et de vio­lence phy­sique contre des mili­tants. De son côté la ligue de défense juive (LDJ), une milice interdite aux Etats-​​Unis et en Israël, mais tolérée en France, a reven­diqué publi­quement, avant de se rétracter, une agression en bande orga­nisée contre le jeune Mounir à Saint-​​Mandé dimanche 2 Juin. Le Jeune Mounir était dans un premier temps tombé dans le coma. Les consé­quences de cette agression auraient pu être dra­ma­tiques comme dans le cas de Clément.

Nous appelons le ministère de l’Intérieur à prendre les mesures d’interdiction qui s’imposent, pour que ces groupes cessent de nuire et que soit pré­servé notre cadre démocratique.

Rassemblement à 17h au passage du Havre, puis à 18h30, place St-​​Michel à Paris

 

logo AFPS

Partager cet article
Repost0
5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 10:03
Tribune "Idées" dans Le Monde.fr,
par Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa et Christiane Marty (membres d’Attac et de la Fondation Copernic)

Une nouvelle réforme, ou plutôt contre-réforme, des retraites est en préparation. L’effet catastrophique des précédentes est connu. Une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques a calculé que si les réformes de 1993, 2003 et 2008 s’étaient appliquées aux affiliés de la CNAV (régime général des salariés du privé) et de la MSA salariés de la génération 1938, ceux-ci auraient eu des pensions de base réduites de 28 % en moyenne lors de la liquidation, et de 35 % sur l’ensemble de leur période de retraite. 

Comme précédemment, l’argument "on vit plus vieux, il faut travailler plus longtemps" est invoqué, et il semble de bon sens. Notons pourtant que l’augmentation de l’espérance de vie ne date pas d’aujourd’hui et que, par le passé, le partage de la richesse produite a permis qu’elle s’accompagne de la diminution du temps passé au travail et d’une amélioration globale du niveau de vie. Mais surtout, vouloir augmenter la durée de cotisation relève d’une double hypocrisie. 

Hypocrisie, quand on sait qu’une grande partie des salarié-es est déjà hors emploi au moment de liquider leur retraite. Repousser encore ce moment les enfermerait dans les minimas sociaux en attendant de pouvoir toucher une retraite à taux plein. Augmenter la durée de cotisation revient au final à faire baisser le montant des pensions sans oser le dire. 

Hypocrisie encore, car vouloir faire travailler les salariés plus longtemps dans le contexte actuel de chômage revient aussi à rompre le contrat entre les générations. Car la solidarité intergénérationnelle a deux faces. Si les actifs paient les pensions des retraités, en contrepartie les salariés âgés laissent leur place dans l’emploi aux nouvelles générations. Décaler l’âge de départ à la retraite revient à préférer entretenir le chômage des jeunes plutôt que payer des retraites. 

Enfin, ce qui est important est moins l’espérance de vie que l’espérance de vie en bonne santé, et toutes les années de retraites ne sont donc pas équivalentes. Prolonger la durée d’activité, alors même que la souffrance au travail se développe et que de nouvelles pathologies apparaissent, obère le temps dont les salariés disposent pour jouir réellement des meilleures années de retraite. 

UN "CHOC DE RÉPARTITION" 

Mais, nous dit-on, il faut combler le "déficit abyssal" des régimes de retraites. Il y a d’abord là un élément paradoxal. Car l’aggravation du déficit est la conséquence directe des politiques d’austérité qui jettent la France et l’Europe dans une spirale récessive et entraînent une montée du chômage... et donc des déficits. Dans son rapport de décembre 2012, le Conseil d’orientation des retraites explique ainsi "la dégradation beaucoup plus rapide que prévu des comptes des régimes de retraite du fait de la chute des recettes liée à la crise". Pourtant, ce qui nous est proposé aujourd’hui est d’aggraver encore cette politique. En finir avec l’austérité, relancer l’emploi par une réduction du temps de travail et une politique audacieuse d’investissement en matière sociale et écologique permettraient déjà de résoudre une bonne partie du problème. 

Enfin, la part des retraité-es augmentant dans la population, il est nécessaire, à moins de vouloir les appauvrir, d’accompagner cette évolution en attribuant aux pensions une part plus grande de la richesse créée. Il est ainsi possible de relever progressivement les cotisations patronales en baissant en parallèle les dividendes versés aux actionnaires (cette part est en effet passée en trente ans de 3 % à 9 % de la valeur ajoutée brute des sociétés non financières, sans aucune justification économique). L’investissement productif ne serait ainsi pas touché et cette mesure n’aurait pas d’impact sur les prix. La sacro-sainte compétitivité des entreprises serait donc épargnée. 

Le rapport du COR de décembre 2012 indique que l’augmentation du taux de cotisation pour équilibrer le système de retraites est de l’ordre de 2 % en 2020. Rien d’inaccessible. Mais il est vrai, et c’est là que le bât blesse, cela suppose un "choc de répartition" et non un choc de compétitivité. Bref, des solutions existent à condition de rompre avec les politiques actuelles et la logique d’un capitalisme financier prédateur. 

Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa et Christiane Marty sont membres d’Attacet de la Fondation Copernic.

 

Partager cet article
Repost0
31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 06:21

Retraites: tant qu'à être impopulaires... ça promet !!!!

Déclaration à l'AFP le 23 mai de Michel Issindou, du Parti Socialiste :
« C’est une réforme d’ampleur. Nous aurions tort de faire une réforme au rabais» a déclaré le député PS Michel Issindou, probable rapporteur du projet de loi sur les retraites, précisant que le gouvernement envisageait de le déposer «dans la deuxième quinzaine de septembre», pour qu’il soit débattu dans l’hémicycle «en septembre-octobre». «Il y aura des tensions, je pense que ce sera dur, il y aura des mouvements dans la rue, mais par rapport à 2010 (précédente réforme des retraites), l’opinion publique est plus prête à entendre les choses» a expliqué le probable futur rapporteur. «De toute façon, nous allons être impopulaires avec cette réforme, et tant qu’à l’être, autant faire des choses utiles pour l’avenir (...), qu’au moins nous allions au fond des choses» a-t-il ajouté. Ainsi «nous n’échapperons pas à un allongement de la durée de cotisation, car c’est la mesure qui produit le plus d’effets à terme», a souligné le député de l’Isère. Mais «en maintenant l’âge légal (de départ) à 62 ans, nous laissons une porte de sortie» a-t-il précisé. Par ailleurs, «il y a un autre sujet qui fera débat, c’est celui du rapprochement public-privé. Il faut crever l’abcès et nous ne réussirons pas si nous ne passons pas par cette phase-là», a-t-il affirmé.
Partager cet article
Repost0
26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 18:38

 

 
Rémunérations patronales : un enterrement de première classe, 24 MAI 2013 | PAR MARTINE ORANGE  (Médiapart)

« Engagement 07.4 : supprimer les stocks options et encadrement des bonus. Promesse en-dehors des 60 propositions : une loi sur l’organisation des entreprises privées contre les rémunérations abusives des patrons et pour la représentation salariale. Engagement de campagne : limiter la rémunération des dirigeants des entreprises publiques dans la limite de 1 à 20 par rapport à la plus petite rémunération de l’entreprise. Promesse en dehors des 60 propositions : une taxation de 75 % pour les revenus supérieurs à 1 million d’euros. »

C’était il y a un an. C’était il y a un siècle. C’était le temps où pour conquérir des voix, François Hollande et son entourage ne mégotaient pas sur les promesses d’un jour. Puis, le temps de la « responsabilité » dans la conduite des affaires est venue. Les engagements se sont effilochés jour après jour. La niche Copé a été maintenue (voir le nouveau cadeau de l’État à Lagardère).

En quelques roucoulades, les pigeons sont parvenus à faire reculer le gouvernement sur l’imposition des plus-values de cession, pour le plus grand bonheur des fonds d’investissement et de leurs dirigeants. La taxation sur les 75 % a été abandonnée à la suite d’un grossier vice de forme juridique. Et le ministre des finances, Pierre Moscovici, vient de jeter la dernière pelletée de terre sur les projets de réforme des rémunérations patronales. Un enterrement de première classe.

Dans un entretien aux Échos, le ministre des finances a signifié vendredi 24 mai que le gouvernement avait abandonné toute velléité de réformes sur les rémunérations patronales, sujet pourtant hautement sensible dans le monde entier depuis la crise. « Après plusieurs mois de concertation, j’ai décidé de concentrer l’action législative sur la contribution de 75 % sur la part des rémunérations dépassant 1 million d’euros, qui sera acquittée par l’employeur. Elle sera soumise au Parlement dans le cadre du budget 2014, et aura une durée limitée à deux ans. Nous n’irons pas au-delà sur le plan législatif : il n’y aura pas de projet de loi spécifique sur la gouvernance des entreprises », explique-t-il.

« J’ai choisi d’agir dans le dialogue, poursuit le ministre. Dans cet esprit, j’ai rencontré la semaine dernière la présidente du Medef, Laurence Parisot, et le président de l’Afep, Pierre Pringuet, qui se sont engagés à présenter rapidement un renforcement ambitieux de leur code de gouvernance. Ils m’ont assuré qu’ils étaient prêts à des avancées importantes, notamment en recommandant le « Say on Pay », qui permettra à l’assemblée des actionnaires de se prononcer sur la rémunération des dirigeants. Notre but est d’éviter de figer des règles dans la loi, quand celles-ci sont amenées à évoluer sans cesse dans un environnement international mouvant. Nous préférons miser sur une “autorégulation exigeante”. »

Comment le ministre des finances ose-t-il tenir de tels propos ? Demander aux patrons de retrouver le sens de la mesure dans leurs rémunérations, c’est comme demander à un alcoolique enfermé chez un caviste de ne pas toucher à une bouteille. Parler encore aujourd’hui d’auto-régulation, c’est n’avoir tiré aucune des leçons de la crise, de ce qu’elle a mis à jour sur les pratiques des dirigeants des grands groupes, de leur incapacité à se réformer – eux qui n’ont que le mot réforme à la bouche –, à résister à ce qui ne peut que s’appeler de la cupidité.

Depuis 1995, au moins six rapports sur la gouvernance des entreprises et la rémunération ont été rédigés. Il y a eu le rapport Vienot 1, Vienot 2,  Bouton 1, Bouton 2,  Afep-Medef 1, Afep-Medef 2. Pour quel résultat ?

En 2012, le total des salaires des patrons du CAC 40 a atteint 92,7 millions d'euros, soit 2,319 millions par dirigeant, selon lescalculs des Échos. Le salaire moyen serait en recul de 4 % par rapport à l’année précédente. Sur dix ans, le montant nominal n’a presque pas changé, mais il est passé de francs en euros !

Le cabinet Proxinvest, qui réalise une étude annuelle sur les rémunérations patronales, aboutit à des chiffres très différents. Car, dans ses calculs, il intègre non seulement les salaires (fixes et variables) mais aussi les stock options, les retraites chapeau et autres compléments de rémunération.

D’après son dernier rapport établi en décembre 2012, les rémunérations des patrons du Cac 40 ont progressé en 2011 de 4 % pour atteindre en moyenne 4,2 millions d’euros. Cette moyenne inclut les indemnités de départ. En les excluant, la rémunération moyenne des patrons du Cac 40 baisse de 3 %, « baisse dont l’ampleur aurait pu être plus significative au regard de l’exercice 2011 marqué par une baisse des multiples de valorisation, une crise bancaire, une baisse de 17 % du Cac 40 et un recul de 10 % des bénéfices nets cumulés », souligne le rapport.

Le cabinet qui conseille de grands fonds de pension et d’investissement juge que la limite acceptable aux rémunérations patronales est de 240 fois le Smic. C’est déjà énorme. Cela correspond 4,6 millions d’euros. En 2011, ils étaient onze à dépasser cette limite.

À juste titre, les patrons de PME ne cessent de rappeler que le monde de l’entreprise ne se résume pas à celui de nos « champions nationaux » superstars. Ils se plaignent, avec raison, de la mauvaise image jetée sur les entreprises par les comportements des dirigeants du CAC 40. Leur rémunération n’a rien à voir avec ces salaires mirobolants. En moyenne, elles tournent autour de 4 000 euros par mois. Pour beaucoup, c’est beaucoup moins. Pour tous, la difficulté de leur tâche et les risques pris sont sans commune mesure avec ceux d’un responsable du CAC 40. Tout en prônant la défense de l’entreprise, le gouvernement a, malgré tout, préféré préserver cette caste dirigeante qui influence et conduit le pays depuis plus de trente ans, avec le succès que l’on sait.

Ces derniers ne voulaient pas de texte législatif. Ils n’en auront pas, ils n’en auront plus, contrairement aux engagements pris par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, au lendemain de la votation suisse sur les rémunérations patronales en mars dernier. À 67,9 %, les électeurs suisses ont adopté un texte d’initiative populaire visant non seulement à limiter les rémunérations, mais aussi de les faire adopter en assemblée générale par les actionnaires.

Ce texte prévoit aussi d’interdire tous les golden hellos et golden parachutes, c’est-à-dire toutes les primes d’arrivée et de départ, jugées illégitimes. Le mandat des administrateurs devra être renouvelé tous les ans. Enfin, les conseils des entreprises qui n’appliqueraient pas ces dispositions seraient passibles de sanction pénale. « C’est une excellente expérience démocratique où les Suisses montrent la voie et, personnellement, je pense qu'il faut s'en inspirer », avait commenté alors Jean-Marc Ayrault.  On comprend l’effroi dans le monde du Cac 40.

Un lobbying actif et discret a permis d’en finir avec ces velléités de réforme. Pierre Moscovici jure qu’il n’y aura plus de texte législatif. Il préfère s’en remettre à la « sagesse » du Medef et de l’Afep, l’association qui regroupe les sociétés du CAC 40. Ceux-ci, assure-t-il, sont prêts à adopter une disposition sur le vote en assemblée générale des rémunérations patronales. Mais le tour de passe-passe est déjà prévu : selon le projet patronal, les actionnaires ne se prononceront pas sur les rémunérations en tant que telles, les retraites chapeau et autre indemnités de départ, mais sur les critères d’attribution pour fixer le montant des bonus. En la matière, ceux-ci sont totalement arbitraires et changeants.

Ainsi, depuis trois ans, la référence aux cours de Bourse a disparu car les marchés boursiers se sont effondrés. De même, les stock options ont cédé le pas aux actions dites de performance, bien plus intéressantes : elles sont gratuites donc valables quelles que soient les circonstances, à la différence des stock options dont une partie a perdu tout intérêt en raison de la chute des cours.

Si tout se passe comme anticipé, la France, sous la direction d’un gouvernement socialiste, a toutes les chances d’avoir des principes de rémunération moins stricts que ceux adoptés par la Suisse, à l’instigation de groupements activistes de petits actionnaires. Quelle avancée !

Tétanisé à l’idée de ne pas paraître favorable à l’entreprise, le gouvernement a même renoncé à peser dans les entreprises publiques. Certes, le pdg d’EDF, Henri Proglio, placé sous les feux de la rampe, a dû rabaisser son salaire pour le ramener de 1 million d’euros en part fixe à 885 000 euros. Avec la part variable, sa rémunération est encore de 1,29 million d’euros contre 1,6 précédemment.

Mais, pour le reste, tous les trous ont été utilisés pour contourner le dispositif annoncé. Bien qu’actionnaire à 15 %, l’État continue de tolérer la complète opacité qui entoure les rémunérations de Carlos Ghosn chez Renault, qui en font le patron le mieux payé du CAC 40. Il a fallu une intervention un peu ferme du gouvernement pour lui rappeler qu’en contrepartie de l’accord social, signé avec les syndicats, revenant sur un certain nombre d’avantages, le pdg de Renault se devait de faire un geste. Ce dernier a finalement accepté de renoncer à 30 % de sa part variable. Mais le sacrifice n’est que momentané. Il les touchera dans trois ans.

De même, premier actionnaire de Thales, l’État a avalisé en décembre un golden parachute de 1,5 million d’euros à l’arrivée de Jean-Bernard Lévy, ancien dirigeant de Vivendi parti quelques mois plus tôt du groupe avec un autre golden parachute de 4 millions d’euros, après y  avoir amassé une fortune de plusieurs dizaines de millions. Plus récemment, l’État n’a pas bronché à l’annonce de l’attribution d’un parachute doré de 2,8 millions d’euros et d’une retraite chapeau, accordés à Jean-Paul Herteman, PDG de Safran, alors qu’il avait mis son veto à ces dispositions en assemblée générale, avec le soutien de petits actionnaires.

Acceptant le principe de son illégitimité, mise en avant par le monde patronal, pour intervenir dans la conduite des affaires privées, le gouvernement a normalement l’arme de la fiscalité pour remédier aux abus, et reconstruire une égalité. Mais là aussi, il a décidé de renoncer. La tranche supérieure des impôts a été portée à 45%. Mais la vraie réforme fiscale, attendue de tous, pour rétablir une efficacité, une progressivité et une transparence de l’impôt n’a pas été entreprise, en dépit des déclarations de Jérôme Cahuzac, alors ministre du budget. L’annonce d’une taxation imbécile de 75% sur les salaires de plus d’un million d’euros est parvenue à servir de leurre à tout projet réel de réforme fiscale. Une réforme Canada dry comme l’avait anticipé Laurent Mauduit.

Une grossière erreur juridique – juste l’oubli de l’égalité devant l’impôt ! – a suffi pour enterrer le projet. Le gouvernement a réécrit un projet symbolique, aboutissant à imposer une taxe aux entreprises plutôt qu’aux dirigeants, pour les rémunérations supérieures à 1 million d’euros, pendant deux ans. Autant dire que la portée de cette mesure n’aura aucun effet d’incitation sur les dirigeants pour les amener à se modérer ou au moins donner le sentiment de participer à un effort collectif. D’autant que la taxe risque de disparaître dans les sables de la crise. Entre les optimisations fiscales et les déficits qui s’annoncent en raison de la récession, les groupes n’auront rien à payer.

Le pire est que le gouvernement ne tire aucun bénéfice de ces reculades devant le monde patronal. Les cris lancés sur l’assassinat de l’entreprise, sur la chasse aux riches, ont fait leur effet. La presse internationale ne cesse de revenir sur la fameuse taxe de 75% appliquée en France,  sur le mode du socialisme barbare, sans avoir pris note qu’elle a totalement disparu. En Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, chacun fait des gorges chaudes sur la fiscalité confiscatoire appliquée aux entreprises et aux entrepreneurs. Pourtant l’impôt sur les bénéfices est plus élevé aux Etats-Unis qu’en France.

Loin de démentir les faits, nos grands patrons en rajoutent, cultivant une critique systématique, sans nuance, un déclinisme qu’on ne retrouve dans aucun autre pays. À l’écart des estrades, ceux-ci pourtant ne peuvent que se féliciter de la marche des événements. Une partie du monde des affaires avait choisi se soutenir François Hollande, bien avant la chute de Dominique Strauss-Kahn au Sofitel de New York, comme candidat à la présidentielle. Ils ont eu raison. Eux, au moins, ne sont pas déçus.

Partager cet article
Repost0
25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 06:40

A lire en page 2 du Télégramme du 24 mai, un article qui se passerait presque de commentaire:

 

François Hollande: A Leipzig, il fait l'éloge du modèle allemand

 

232 

 

Présent, hier, aux célébrations des 150 ans du parti social-démocrate allemand (SPD), le président français François Hollande, s'est livré devant la chancelière conservatrice Angela Merkel, à un éloge des réformes entreprises en 2003 pour flexibiliser le marché du travail par l'ancien chancelier SPD, Gérard Schröder. (Rappelons de quoi il s'agit: suppression du salaire minimum et des contrats de travail protégés, réduction des indemnisations chômages, développement des CDD et des petits boulots...)

"Des choix courageux"  

"Le progrès, c'est aussi de faire dans les moments difficiles les choix courageux pour préserver l'emploi, pour anticiper les mutations industrielles et c'est ce qu'a fait Gérard Schröder ( Haut-représentant du géant pétrolier russe GAZPROM désormais!), ici, en Allemagne et qui permet à votre pays d'être en avance sur les autres" (avec un quart de sa population vivant sous le seuil de pauvreté et une flopée de salariés plafonnant à 400 ou 600 euros par mois!), a déclaré le chef de l'Etat français... Vantées par certains pour avoir boosté la compétitivité allemande, les réformes de Gérard Schröder ont étyé critiquées par d'autres pour avoir aggravé la pauvreté. Dix ans plus tard, elles restent controversées, y compris au sein des sociaux démocrates allemands...  

 

 

Partager cet article
Repost0
25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 06:21

En 2012, le Front de Gauche et son candidat aux présidentielles, Jean-Luc Mélenchon, s'engageait à créer "un pôle 100% public de l'énergie comprenant EDF, GDF, Areva et Total renationalisé".

Avec Hollande et le pouvoir socialiste, Total et les millionnaires qu'il y a derrière pavoisent alors que Total, profitant à fond des paradis fiscaux, continue à ne payer en France que des impôts dérisoires par rapport à ses activités et ses bénéfices. Et tout cela alors qu'on abandonne nos raffineries, instruments de souveraineté nationale et garantes d'emplois de qualité.

 

Lu dans l'Humanité Dimanche du 23 mai:

Christophe de Margerie, PDG (4,9 millions d'euros de salaire) de Total (12,4 milliards de bénéfices) a été chaudement applaudi lors de la dernière assemblée générale du groupe. Les actionnaires n'ont pas grand chose à lui reprocher: ils ont empoché un dividende de 2,34% cette année, en hausse de 3%. Un petit porteur a toutefois brisé l'euphorie générale en reprochant au patron "modèle" de ne pas avoir protégé les raffineries françaises en difficulté. Réponse du PDG? "Faire français pour faire français, ce n'est pas ça qui changera la France!"  Les 780 salariés qui travaillent sur la raffinerie de Dunkerque, rayée d'un trait de plume en 2010, ont apprécié.

 

 

L'alternative à l'austérité, cela suppose de faire revenir les rentrées fiscales dont on a privé l'Etat et les caisses de protection sociale, c'est à dire toute la collectivité, en nationalisant les grands groupes positionnés sur des activités d'intérêt général, en faisant revenir les cotisations sociales et les contributions des entreprises au niveau qu'elles étaient avant l'oeuvre de sape de 30 ans de néo-libéralisme qui ont transféré 10 points de la richesse produite des poches des salariés à celles du capital, et faisant la guerre à l'évasion fiscale.  

affiche 60x90 lalternative-projection

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 06:12

A lire dans l'Humanité Dimanche  du 23 mai:

Bossez le dimanche! Bruno Le Roux Bricole.

Le lobbying du patronat des magasins de bricolage, qui n'hésite pas à organiser des pseudo-manifestations de salariés et de "bricoleurs du dimanche" pour obtenir la généralisation de l'ouverture dominicale, paye. Des députés ont écrit au ministre du Travail pour le presser d'agir dans ce sens. Et, surprise, aucun d'entre eux n'appartient à l'UMP. Ils sont tous socialistes. Et pas des moindres. Le président du groupe PS, Bruno Le Roux, figure au premier rang, tandis que celui de l'Assemblée Nationale, Claude Batrolone, soutient l'initiative. A quelques jours de la conférence sociale, les syndicats, unanimes contre l'ouverture dominicale, apprécieront.

 

 

COMMUNIQUE DU PCF:

 

Les femmes ont-elles droit au repos dominical ? C’est la question que nous sommes en droit de nous poser suite au courrier envoyé par plusieurs députés socialistes (dont une seule femme) à Michel Sapin, Ministre du travail, pour lui demander l’ouverture, le dimanche, des magasins de bricolage en Ile-de-France.

Quelques semaines seulement après le vote à marche forcée de l’ANI (Accord National Interprofessionnel) instaurant plus de flexibilité, de précarité pour l’ensemble des salariés et singulièrement des femmes, nous nous élevons contre une telle proposition pour le moment repoussée par le Ministre.

Ces députés socialistes parlent de travailleurs volontaires, mais où est le libre-choix quand les caissières de ces magasins sont payées une misère et sont contraintes de travailler le dimanche pour gagner quelques euros de plus, quitte à sacrifier leur vie de famille, leurs loisirs. Chacun-e sait, en ces temps de crise, combien il est difficile de pouvoir refuser de travailler le dimanche, quand le patron menace de sanctions ou en profite pour exercer un chantage à l’emploi.

Les dérogations et les aménagements permis dans certaines zones géographiques sont déjà suffisamment nombreux, il est plus urgent que le gouvernement inscrive à l’ordre du jour, la proposition de loi des sénatrices et sénateurs communistes, garantissant le droit au repos dominical, adoptée par le Sénat, et donc par l'ensemble de la gauche, en décembre 2011.

Au lieu de répondre aux sirènes du MEDEF, d’imposer toujours plus de flexibilité à celles et ceux qui produisent les richesses, il serait temps pour le gouvernement d’augmenter le SMIC, les minima sociaux et de prendre des mesures afin de réduire les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes.

La marche des femmes contre l’austérité, le 9 juin prochain à Paris, est plus que jamais d’actualité.

 

Laurence Cohen, Responsable nationale de la commission Droits des femmes et Féminisme au PCF

 

photo Laurence Cohen

Partager cet article
Repost0
25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 06:08

Salaires des patrons : "un camouflet pour la gauche" (Olivier Dartigolles)

 

Une des trop rares propositions de gauche de l'ancien candidat François Hollande vient de disparaître corps et biens. Le projet de loi visant à limiter les hauts salaires de patrons n'est plus. C'est Pierre Moscovici qui a prononcé son éloge funèbre dans une interview aux Echos, déléguant au Medef le soin de s'auto réguler. Quel beau cadeau de départ pour Laurence Parisot qui quittera ainsi ses fonction sur un triomphe et quel camouflet pour la gauche.

 

De renoncement en renoncement, l'abandon de la limitation des hauts salaires patronaux est un double scandale. Il est d'abord un coup porté contre la justice sociale au moment où l'austérité s'applique implacablement sur les salariés, chômeurs et retraités dont le pouvoir d'achat fond comme neige au soleil. Il est ensuite un crime contre l'économie réelle car ces surplus indécents iront nourrir la bulle spéculative des marchés financiers, responsable de la crise actuelle.

 

Ce gouvernement trahit une fois encore sa propre parole. Cette volte-face est une nouvelle fuite en avant fédéraliste que nous ne pouvons que dénoncer. Reste au gouvernement de reprendre ses esprits. Adepte désormais de l'auto-régulation, que le gouvernement laisse les salariés décider du montant de leur paye. Ils sauront assurément se débrouiller.

 

logo

 

 

Partager cet article
Repost0
17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 06:17
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011