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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 06:58

Courant d'ère. La mémoire qui couve
http://www.letelegramme.fr/debats/la-memoire-qui-couve-21-08-2016-11188993.php

Dans la nuit du 17 au 18 août 1936, le poète Federico Garcia Lorca fut assassiné par des miliciens franquistes. On connaît les circonstances du meurtre, mais le corps, malgré des fouilles, n'a jamais été retrouvé. L'Association espagnole pour la récupération de la mémoire historique se bat pour que le dossier ne soit pas clos et elle vient de se tourner vers une juge argentine, Maria Servini, afin qu'une action soit entreprise en ce sens, les crimes contre l'humanité n'étant jamais prescrits. Pourquoi l'Argentine, pourquoi ne pas s'adresser à la justice de Madrid ? Parce qu'en 1977, une loi d'amnistie générale a été votée par le Parlement espagnol, compliquant l'accès aux archives et interdisant les poursuites contre ceux que lesdites archives permettraient d'identifier.

Une chape de plomb, alors que l'on estime à 100.000 le nombre des disparus lors de la guerre civile et de la dictature. Le juge ibérique Baltasar Garzon, entre 2006 et 2008, a tenté de forcer le blocus. Il a lui-même été poursuivi et réduit au silence. Mais l'amnésie ne se décrète pas, du moins pas aujourd'hui. On espère qu'avec l'élimination naturelle des témoins, les interrogations et les recherches vont s'éteindre. Et cela ne marche pas, ne marche plus. La plupart des familles d'Espagne possèdent des photographies, des écrits, des traces, et les petits-enfants prennent la relève des parents, comme ils le font en Arménie, au Chili, au Cambodge et ailleurs. La politique de l'oubli n'est pas une politique. La mémoire renaît, la mémoire travaille, la mémoire est à l'oeuvre même quand ce travail n'est pas apparent, la mémoire couve, refuse de s'éteindre. La seule et unique manière d'en finir avec elle, c'est, paradoxalement, de l'accepter ? comme les commissions « vérité et réconciliation » le firent et continuent de le faire en Afrique du Sud. Génocides, tyrannies, conquêtes, esclavages sont et restent des données vivantes, des plaies ouvertes, jusqu'à ce que l'histoire soit écrite, connue, débattue. Chape de plomb ou pas, les Espagnols n'y échapperont guère. Comme les nazis. Comme les totalitarismes. Comme les colonisateurs. Bien sûr, nombre d'individus, de coupables, passent entre les gouttes. M. Kissinger est Prix Nobel de la paix, mais nul n'oubliera qu'il planifia la torture en Amérique latine. Tôt ou tard, Garcia Lorca aura le dernier mot"

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 06:21

Lettre ouverte à M. Nicolas de Tavernost, PDG de M6, concernant sa nouvelle émission « La Rue des Allocs »

lundi 22 août 2016

Par Gilles LEPROUST, Maire d’Allonnes, Secrétaire Général de Ville et Banlieue, Vice-Président de l’Académie des Banlieues

Lettre ouverte à M. Nicolas de Tavernost, PDG de M6, concernant sa nouvelle émission « La Rue des Allocs »

M. de Tavernost, ce mercredi, votre chaîne programme une émission intitulée « La Rue des Allocs ». Il s’agit d’un « docu-réalité » sur des habitants d’un quartier populaire d’Amiens, sévèrement frappé par le chômage et les inégalités.

Vous reprenez à votre compte une série documentaire anglaise qui avait soulevé de nombreuses protestations et avait été récupérée politiquement par les conservateurs pour justifier une réforme antisociale.

Au lieu d’avoir un véritable travail journalistique concernant des personnes subissant au quotidien les inégalités sociales et territoriales avec les souffrances endurées, vous faites le choix de montrer la misère de la façon la plus caricaturale et spectaculaire possible, d’être sensationnel sur le dos des personnes en difficulté sociale… pour faire de l’audimat.

Je considère, en tant que citoyen, et en tant que maire d’une ville populaire, le procédé abject et malhonnête.

En effet, il ne s’agit pas de nier les ravages des politiques libérales sur les comportements de certaines personnes, mais je peux constater au quotidien que la majorité des habitants frappés par les injustices sont dignes, courageux et tentent, tant bien que mal, de garder « la tête hors de l’eau ».

Je vous invite à proposer sur votre chaine des reportages qui valorisent la création des habitants de nos quartiers, que ce soit en termes de culture, sport, solidarité, réussite dans les études…

Avec des associations d’élus telles que Ville et Banlieue et l’Académie des Banlieues, nous œuvrons, élus, associations et habitants, à construire au quotidien des lieux de convivialité, de bien vivre ensemble.

Après les terribles attentats de 2015 et de ce mois de juillet dans notre pays, produire des émissions qui visent à stigmatiser et opposer les gens entre eux n’est pas acceptable.

J’attends des médias qu’ils fassent leur travail (heureusement de nombreux journalistes le font) en faisant appel à l’intelligence humaine.

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 05:39

Clotilde Mathieu

Lundi, 22 Août, 2016

L'Humanité

Près de 40 milliards d’euros. Tels sont les profits cumulés des groupes du CAC 40 sur les six premiers mois de l’année, en hausse de près de 4 % par rapport à 2015. Alors que de son côté le salaire mensuel de base a évolué moins vite que l’inflation.

En effet, monsieur le président, pour le CAC, « ça va mieux »

On aurait pu penser que le Brexit, la faible croissance européenne, le ralentissement économique de la Chine notamment, et autres signes de mauvais augure auraient fragilisé l’activité des entreprises du CAC 40, mais non, pour elles, « ça va mieux » selon une formule que répète François Hollande. Avec près de 40 milliards d’euros de bénéfices engrangés en milieu d’année, en hausse de près de 4 %, les 40 plus fortes valeurs boursières font le bonheur de leurs actionnaires. Certes, le groupe Total, avec la chute des cours du pétrole, a connu six mois difficiles !, avec plus de 3 milliards d’euros de profit en six mois, mais dans leur ensemble, « les entreprises françaises ont bien résisté ». « Des résultats de qualité. » Les analystes boursiers applaudissent. Car, après une année calamiteuse où les résultats, rappelons-le, avaient reculé de 9 % en 2015, 2016 semble être enfin un bon cru. Les politiques du gouvernement et de la Banque centrale européenne semblent enfin porter leurs fruits.

Les industriels ont pu s’appuyer sur la politique du gouvernement

À commencer par la baisse des taux d’intérêt, qui a permis aux groupes de réaliser des opérations juteuses, comme Air Liquide, qui au premier semestre a racheté l’américain Airgas. Quand d’autres ont privilégié le rachat de leurs propres titres afin de récompenser leurs actionnaires, car cela permet d’augmenter mécaniquement le bénéfice par action (BPA) de l’entreprise cotée. Dans ce monde du tout financier, même les banques françaises, que ce soit BNP Paribas, qui a ouvert le bal des publications des bancaires avec une hausse de son bénéfice net part du groupe (+ 4,1 %), ou la Société générale (+ 7,4 %), ont amélioré leurs résultats, grâce à leur banque d’investissement, dont l’activité est concentrée sur les marchés financiers.

Les industriels ont de leur côté pu s’appuyer sur la politique du gouvernement, qui pour les stars du CAC 40 a porté ses fruits. Accords de compétitivité, crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), pacte de responsabilité… autant d’instruments au service de la hausse de la rentabilité. En perfusant les entreprises d’argent public tout en les incitants à baisser les « coûts », et notamment les salaires. La « performance est due (…) à une stratégie claire avec des progrès significatifs sur les initiatives de réduction de coûts et de simplification », a par exemple expliqué Jean-Pascal Tricoire, président-directeur général de Schneider Electric, en présentant les comptes du groupe.

Au premier semestre, les groupes du CAC 40 ont donc utilisé tous les outils du gouvernement. En juillet, PSA a négocié un nouvel accord de compétitivité que la CGT n’a pas signé et dont l’objectif est de permettre au groupe de réaliser 700 euros d’économies pour la production d’une voiture construite en France et ainsi « de démontrer que l’industrie automobile peut vivre et être rentable », souligne Xavier Chéreau, le directeur des ressources humaines. Alors qu’en six mois le groupe a doublé son résultat et enregistré 1,2 milliard d’euros de bénéfices.

Si les profits culminent, les salaires, eux, chutent

Vendredi, c’était au tour de Bouygues Telecom, qui n’a pas hésité à profiter des vacances pour « réorganiser » le travail de ses salariés en proposant à ses employés d’abandonner leurs 23 jours ou 11 jours de RTT (selon leur catégorie) pour une hausse de salaire symbolique de 2 %. Une modification du contrat de travail qui se ferait sur la base du volontariat pour les personnes actuellement employées, mais qui serait imposée aux personnes nouvellement embauchées.

Si les profits culminent, les salaires, eux, chutent. Au deuxième trimestre, le salaire brut de base, en clair le salaire sans les primes et sans les heures supplémentaires, a progressé moins vite que l’inflation (0,3 % contre + 0,6 % pour la hausse des prix).

Mais peu importe pour le gouvernement, qui après les 33 milliards d’euros prévus en 2016 pour le CICE et le pacte de responsabilité s’apprête à baisser l’impôt sur les sociétés progressivement pour passer son taux de 33,3 % à 28 %. Le président de la République a toutefois précisé que cette modification ne s’appliquerait pour le moment qu’aux PME. Mais c’est oublier que grand nombre d’entre elles sont des filiales de grands groupes ou des entreprises sous-traitantes

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 05:31
Agriculture: le candidat Juppé envoie le combat écologique sur les roses

Gérard Le Puill

Vendredi, 19 Août, 2016

Humanité Dimanche

Les Français voteront, fin avril 2017, au premier tour de l’élection présidentielle. Nous serons alors à la date limite concernant la ratification du texte adopté à la COP21 sur le réchauffement climatique.

L’Europe doit, d’ici là, se mettre d’accord sur le taux d’effort de chaque pays proposé récemment par la Commission en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre à partir de 2020.

« hors-sol »

En France, les enjeux climatiques sont absents de la politique conduite par le gouvernement de Manuel Valls. Les livres programmes de François Fillon, Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire pour 2017 n’en disent rien. Alain Juppé écrit que, « si nous ne sommes pas capables de tenir les engagements pris lors de la COP21 à Paris en décembre 2015 pour contenir le réchauffement climatique à 1,5 ° C d’ici à la fin du siècle, nous épuiserons la Terre, qui est en grande souffrance », en page 20 de son livre (1). Il récidive en page 180, affirmant que, si nous ne luttons pas contre le réchauffement, « les conséquences seront désastreuses et nous les connaissons : montée des eaux, disparition d’États entiers, déplacements massifs de populations, conflits pour l’accès aux ressources, pics de pollution atmosphérique “jamais atteints” ».

Voilà qui ressemble à une prise de conscience. Sauf que, interrogé dès la page suivante sur la politique exportatrice de la France, il affirme que « l’exemple des Pays-Bas (deuxième exportateur agricole au monde) doit vivement nous inciter à réorganiser et moderniser notre modèle agricole ». C’est vrai que les Pays-Bas exportent beaucoup de viande et de produits laitiers. Mais ils le font en important énormément de nourriture et du bétail en provenance d’Amérique du Sud. Or, ces cultures d’exportation accélèrent là-bas la déforestation et le retournement des prairies. De fait, les Pays-Bas ont une agriculture « hors-sol » qui augmente sensiblement le bilan carbone de chaque calorie produite.

Les Pays-Bas exportent beaucoup de fleurs et de légumes frais. Mais les fleurs sont surtout cultivées en Afrique, en lieu et place des productions pour les populations locales. De plus, ces champs de fleurs pompent et polluent l’eau des lacs en pesticides via les rejets non traités des cultures d’exportation. Les fleurs sont ensuite transportées en Europe par avion pour gagner du temps. Puis, elles accèdent à des milliers de points de vente en camion, avec un bilan carbone désastreux par bouquet vendu.

vive l’autocar !

Dans son livre, Alain Juppé regrette enfin que la loi Macron ne soit pas allée assez loin dans la dérégulation de l’économie, estimant toutefois que « son principal apport est le développement du transport en autocar »… Comme cela se fait au détriment du rail, l’énarque Juppé nous démontre, là encore, qu’il n’a rien compris à l’ampleur du combat qu’il convient de mener pour contenir le réchauffement climatique. À le lire, on comprend pourquoi les trois autres ne parlent pas du climat.

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 05:59

Clotilde Mathieu

L'HUMANITE

Le taux de chômage est passé de justesse sous la barre symbolique des 10 %. Mais la précarité augmente.

À un cheveu, ou plus exactement à 0,1 point, le taux de chômage, avec 9,9 %, est passé au deuxième trimestre sous la barre symbolique des 10 %, selon l'Insee. Une première depuis l'élection de François Hollande en 2012 que n'a pas manqué de saluer, à huit mois des prochaines échéances électorales, le gouvernement, qui a multiplié les réactions euphoriques. À l'image de celle de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, qui voit dans cette statistique « le fruit de l'action volontariste du gouvernement ». Un nouveau « ça va mieux » qui pourrait être vite contredit, lors de la prochaine publication de l'Insee.

23,7 % C'est la part de Chômeurs Chez les 15-24 ans, selon l'insee.

Des chiffres attribués à une fraction réduite de chômeurs En attendant, le taux de chômage publié hier par l'institut concerne une fraction bien délimitée des demandeurs d'emploi et ne constitue pas une référence, puisque seules les personnes qui n'ont pas travaillé, ne serait-ce qu'une seule heure, durant la semaine de référence sont prises en compte. À l'inverse, ceux qui ne sont pas disponibles immédiatement ou n'ont pas entrepris de « démarches actives » de recherche d'emploi dans le mois précédent en sont exclus. Ce qui représente la bagatelle de 1,5 million de chômeurs, un nombre en hausse au deuxième trimestre. Si le nombre de CDD tend à diminuer et celui des CDI à progresser, en revanche, le nombre de personnes en sous-emploi, c'est-à-dire à temps partiel et qui souhaiteraient travailler davantage, est sensiblement en hausse. À cela s'ajoutent les autres indicateurs de l'emploi qui, de leur côté, ont marqué le pas entre avril et juin. Après un premier trimestre exceptionnel, le nombre d'inscrits à Pôle emploi n'a que très légèrement baissé au deuxième trimestre (- 5 300 en catégorie A), les embauches ont reculé de 2,2 % et les créations d'emplois privés ont ralenti (+ 24 100 postes, après quatre trimestres autour de + 40 000). Et les perspectives à venir ne sont pas plus réjouissantes. La croissance est tombée en panne au deuxième trimestre, et il serait sage de ne pas oublier qu'il existe un décalage d'un ou deux trimestres entre la croissance et son effet sur l'emploi...

Ces éléments devraient normalement tempérer les ardeurs de François Hollande et des membres de son gouvernement. Reste que, pour arriver à inverser la courbe du chômage, le chef de l'État a établi un plan, révélé au début de l'été par le Canard enchaîné. Il consiste à orienter 500 000 chômeurs supplémentaires vers des formations professionnelles, qui glisseront ainsi de la catégorie A (sans aucune activité) à la catégorie D (personne sans emploi momentanément indisponible), qui n'est pas comptabilisée dans les chiffres du chômage commentés chaque mois par le gouvernement.

QUAND LE CHÔMAGE RECULE, FRANÇOIS HOLLANDE TROUVE QUE C'EST « TROP BON TROP TÔT ! »

L'inversion de la courbe du chômage, François Hollande en a fait LA promesse du quinquennat... Mais encore faut-il que ça tombe quand ça l'arrange. Les bonnes feuilles ¬ sélectionnées jeudi par le Point ¬ du livre à paraître Conversations privées avec le président, des journalistes Antonin André et Karim Rissouli, sont éclairantes. « Je suis en déplacement (en octobre 2013 ¬ NDLR) quand j'apprends qu'il y a 20 000 chômeurs de moins. C'est bien ! Mais pour l'inversion je me dis : "C'est la plus mauvaise nouvelle qui puisse arriver" », raconte le chef de l'État. Avec cynisme pour ceux qui ont alors trouvé un emploi, il s'explique : « Parce que ce chiffre est trop bon trop tôt ! » Quant à sa promesse d'inversion de la courbe, le président semble regretter d'avoir répété « cet engagement lors des vœux le 31 décembre 2012. J'ai eu tort ! J'ai pas eu de bol ! En même temps, j'aurais pu gagner ».

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 08:10
Redécouvrez les images de Georges Séguy, responsable de la puissante CGT de 1967 à 1982 et qui a marqué en particulier l'actualité sociale lors des négociations de Grenelle en 1968.
Archives Ina.fr et TéléToulouse.
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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 07:50

L'éditorial de Maud Vergnol.

L'Humanité, 20 août 2016.

« Le drame, c’est quand vous laissez la place et que vos traces sur le sable s’effacent elles-mêmes »… Figurez-vous que François Hollande a du vague à l’âme. « C’est dur, beaucoup plus dur que ce que j’avais imaginé. » Comme tous les monarques républicains en fin de règne, le président s’est prêté au jeu du livre testament, estampillé « pour la postérité », histoire de conjurer le sort d’un quinquennat dont lui-même doute de ce que l’histoire en retiendra… Aidons-le un peu.

D’abord avec cette carte postale estivale, sombre photographie d’une République délabrée, dans laquelle en moins d’une semaine les plages de Corse sont devenues le théâtre inquiétant d’affrontements communautaires, un commerçant chinois est mort sous les coups du racisme, et un camp de Roms attaqué au cocktail Molotov à Marseille. Autant de stigmates du plus grand gâchis politique de la Ve République. En 2012, François Hollande a été élu pour panser les blessures du sarkozysme, pour que Marianne embrasse de nouveau sur le front tous les citoyens. Mais, non content de ne pas avoir fait progresser l’égalité, d’avoir laissé au bord de la route les Français les plus fragiles, déroulant le tapis rouge au populisme, François Hollande porte la responsabilité d’avoir creusé un peu plus les plaies béantes du vivre-ensemble. Il l’a fait en toute conscience, laissant le soin à la droite et son extrême d’empoisonner le débat public avec des polémiques montées de toutes pièces pour diviser le pays, (le « burkini » est un cas d’école), jusqu’à l’hystérie collective qui aura conduit des députés de la nation à envisager la création d’apatrides.

Ce funeste testament est celui d’un monarque engoncé dans le fauteuil d’une Ve République agonisante, qui voudrait condamner les progressistes à rester les spectateurs malheureux d’une démocratie en apnée, dont il faudrait redouter à chaque élection la dernière convulsion. C’est le piège tendu par ce quinquennat. Et il reste peu de temps pour le déjouer.

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 07:46
La méthode Hollande, de l’affaire Léonarda au maintien de Jacqueline Sauvage en prison

GÉRARD LE PUILL

VENDREDI, 19 AOÛT, 2016

Si une bonne partie de la presse écrite a traité en « brève » le renoncement de Jacqueline Sauvage à faire appel de la décision du Tribunal d’application des peines de ne pas la libérer, les chaines d’information en continu en font des tonnes depuis hier après midi à toutes les heures du jour et de la nuit. Sans pour autant aller à l’essentiel. Cette affaire, qui résulte de la grâce seulement partielle accordée à Jacqueline Sauvage par François Hollande, nous rappelle aussi l’affaire Léonarda où le chef de l’Etat s’était ridiculisé publiquement le 19 octobre 2013.

Il convient de rappeler ici que Jacqueline Sauvage est une femme de 68 ans qui a été condamnée à dix ans de prison pour avoir tué de plusieurs coup de fusil un mari qui venait de la battre une fois de plus comme il le faisait depuis 40 ans. Répondant à une demande de grâce formulée par ses avocats voilà quelque mois, François Hollande lui avait, en février dernier , accordé une « grâce partielle », en ce sens qu’elle demeurait susceptible d’être remise en cause par un tribunal d’application des peines. Le président de la République avait ainsi choisi de ne pas assumer totalement son droit de grâce alors qu’il en avait la possibilité. Suite à cela, un avis négatif avait été rendu par la « commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté » où siégeaient notamment le préfet du département où Jacqueline Sauvage était internée ainsi qu’un bâtonnier. Mais cet avis négatif n’était que consultatif.

On sait enfin que la procureure de Melun Béatrice Angelelli a expliqué le 12 août le rejet de la grâce présidentielle non assumée par le chef de l’Etat avec les arguments suivants : « l’importante médiatisation de son affaire rend difficile une authentique démarche de réflexion pour madame Sauvage, qui est encouragée à se cantonner dans un positionnement exclusif de victime». En ne décidant que d’une grâce conditionnelle, le chef de l’Etat avait délibérément choisi de s’en remettre aux magistrats concernant la libération ou non de Jacqueline Sauvage. C’était moins une grâce présidentielle qu’une proposition de « synthèse » comme François Hollande en a formulé en permanence à la tête du Parti socialiste, puis en présence de ses ministres depuis qu’il est président de la République. Est-ce vraiment ainsi que doit fonctionner la grâce présidentielle? Chacun jugera en son âme et conscience. L’une des filles de Jacqueline Sauvage a déclaré à propos du refus de sa mère de formuler un nouveau recours en grâce : «Elle n’en peut plus de se justifier sans arrêt. Elle est épuisée. Elle ne fera plus de demande de libération conditionnelle et attendra la fin de sa peine ».

Eva Darlan, membre de son comité de soutien a déclaré : « Elle est fatiguée, elle se fait taper dessus tout le temps depuis l’âge de 15 ans, on va l’achever, qu’est ce qu’ils veulent exactement ? De toute évidence, elle n’aura pas le courage de continuer. Il n’y a plus le choix, c’est la grâce totale où rien ». Cette affaire dans laquelle est impliqué le chef de l’Etat nous en rappelle une autre. Le 9 octobre 2013 La famille Dibrani - une mère et cinq de ses six enfants- était interpellée dans un Centre de demandeurs d’asile du Doubs pour être expulsée vers le Kosovo, pays d’origine du père expulsé la veille depuis Geispolsheim, dans le Bas Rhin. Une sixième enfant, répondant au prénom de Léonarda, élève de troisième dans un collège de Pontarlier, était interpelée le même jour que sa mère et les autres enfants alors qu’elle participait à une sortie scolaire en car. Cette interpellation devant les autres élèves suscita beaucoup d’émotion et de protestations au delà de milieu scolaire et de la jeunesse. Manuel Valls assuma cette décision comme ministre de l’Intérieur tandis que de nombreuses voix s’élevèrent, y compris au Parti socialiste, contre le renvoi brutal de la collégienne. Dix jours plus tard, le 19 octobre, le président de la République intervint en personne à la télévision pour dire, sur la base d’un rapport de l’IGA, qu’il n’y avait pas eu de faute de l’administration dans le traitement de cette affaire. Mais il reconnaissait un manque de discernement concernant l’arrestation de Léonarda. Et le président de la République d’ajouter concernant la gamine de 15 ans : « Si elle le demande, un accueil lui sera réservé et à elle seule ». BFMTV ayant dépêché un envoyé spécial auprès de la famille Dibrani au Kosovo, Léonarda répliqua quasiment en direct au chef de l’Etat qu’elle reviendrait en France avec sa famille ou pas du tout. Ce qui fit écrire ceci au Monde daté du 20 octobre que cette affaire s’était « muée en saga politique qui rappelle le pire des émissions de téléréalité ».

On peut dire aujourd’hui que François Hollande a récidivé dans le même genre en n’accordant qu’une grâce partielle à Jacqueline Sauvage. Mais, dans un livre à paraître ces jours ci, l’hôte de l’Elysée évoque avec les auteurs l’élection présidentielle de 2017 en ces termes : « L’envie je l’ai. C’est mon inclinaison personnelle. Reste la question politique. Je ne ferai pas de choix de candidature si, d’évidence, elle ne pouvait pas se traduire par une possibilité de victoire ». Mais pour faire quelle politique alors ? « Il y a, dit François Hollande aux deux auteurs de ce livre(1), une condition pour se représenter : être capable d’apparaître aux yeux des électeurs comme nouveau. Donc il faut trouver du neuf. Et ça vaut surtout pour moi parce que je suis en position de sortant. Si c’est pour dire on a bien travaillé pendant cinq ans et on va faire la même chose cinq ans de plus ça ne marchera pas. Les gens n’en voudront pas. Ils veulent un nouveau temps, une nouvelle période, un nouveau thème». Voilà bien une manière de solliciter un nouveau chèque en blanc sans estimer devoir rendre compte de son bilan. Reste à voir ce que décideront les électeurs en 2017. Ils seront, cette fois, dans la position du « juge d’application des peines». Comme l’était Béatrice Angelelli qui a choisi de maintenir Jacqueline Sauvage en prison, le chef de l’Etat n’ayant pas usé du pouvoir qu’il détenait pour la libérer .

(1) « Conversations privées avec le président » d’Antonin André et Karim Rissouli , Albin Michel , 320 pages , 19,50€

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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 06:26

Au micro d'iTELE, Olivier Dartigolles évoque la polémique autour du burkini et le climat politique actuel dans l'hexagone : "C'est un climat pourri, l'air est vicié", a-t-il déclaré. Il a vivement critiqué le positionnement de Manuel Valls, notamment au sujet du burkini, qu'il accuse de jouer un jeu dangereux en s'appropriant des thèmes propres au Front National.

Rideau de fumée ... C'est la course à l'échalote ( FN , Droite , Valls et consorts ) à qui polluera le plus le débat politique sérieux et loyal exigé par la situation catastrophique où se débat notre pays .

Olivier Dartigolles a été très clair, et a porté une parole très forte sur I-Télé, s'attaquant à Manuel Valls, un multi-récidiviste de la provocation, qui fait le jeu des terroristes, de la guerre des religions, qui cherche à déplacer le terrain du débat du fiasco économique et social du bilan gouvernemental vers la question de l'Islam de France (le voile à l'université, le burkini... censés être des premières marches vers la fabrication de terroristes).

https://youtu.be/mM9huAiSA5U

Olivier Dartigolles sur I-Télé: "Agitation autour du burkini et contre les musulmans: c'est un climat vicié, pourri"
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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 05:56
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