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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 08:31
Vœux de Charlie Hebdo: françaises, français, binationaux...
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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 07:36
"Malades: les labos osent tout" (Charlie Hebdo)
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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 08:00

Chômage: Pôle emploi publie ses chiffres au terme d'une année noire
http://www.ouest-france.fr/economie/emploi/chomage/chomage-pole-emploi-publie-ses-chiffres-au-terme-dune-annee-noire-3940428

L'austérité, le libéralisme et les cadeaux aux entreprises ne font pas une politique de lutte contre le chômage. Mais depuis 35 ans ce chômage est en grande partie entretenu par le système capitaliste en France et ses serviteurs parce qu'il est bien commode pour faire pression sur les salaires, faire en sorte que les salariés acceptent la flexibilité, la précarité, les dégradations des conditions de travail. Le chômage est en partie voulu pour restaurer les marges de profit du monde patronal. Il est inéluctable si on ne partage pas de nouveaux services socialisés financés publiquement (santé, aide à l'autonomie...) et si on ne partage pas le temps de travail et les richesses produites par l'accroissement de productivité dû aux innovations techniques, à la révolution informatique.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 06:31
Un attentat contre la République (Patrick Le Hyaric)

Par Patrick le Hyaric, directeur de l’Humanité : "En s’attaquant au droit du sol et à la nationalité, le pouvoir exécutif vient de basculer dans le déshonneur. "

C’est tout l’inverse du programme présenté aux Français par le candidat François Hollande.

Aux choix sécuritaires extrêmement inquiétants pour les libertés individuelles et collectives symbolisés par l’inscription de l’état d’urgence dans la Constitution s’ajoute donc l’infamie d’une mesure racialiste et identitaire qui balafre le visage de la République laïque et universelle.

En inscrivant dans la Constitution la possibilité de déchoir de leur nationalité les binationaux, le président et son premier ministre viennent de créer deux catégories de citoyens. Au-delà du caractère ridiculement inefficace de la mesure pour lutter contre le terrorisme, le symbole envoyé effraie.

Qui peut croire qu’un terroriste puisse craindre d’être déchu de la nationalité française ? C’est avoir peu confiance en notre République, sa police et sa justice que d’envoyer dans un pays tiers un terroriste ou présumé tel au lieu de l’incarcérer dans notre pays.

Le gouvernement a donc décidé de placer les idées et propositions de la droite extrême et de l’extrême droite au cœur du débat public et de leur donner corps dans les principes constitutionnels. Ils accélèrent ainsi leur ascension à quelques encablures des élections législatives et présidentielle. Il s’agit soit d’une minable manœuvre politicienne sur le dos des principes républicains pour conserver le pouvoir, soit d’un choix idéologique profond.

La situation est très inquiétante. La République, ses principes, ses valeurs, ne sont aujourd’hui plus défendus. François Hollande adresse une gifle à toutes celles et ceux qui l’ont porté à la tête de l’État. Nous pensons à cette France diverse et colorée aujourd’hui pointée du doigt par un gouvernement qui se dit de gauche.

Nous devons et devrons redoubler de solidarité avec les millions de Français ainsi stigmatisés en raison de leurs origines. C’est à la résistance morale et politique qu’il va désormais falloir s’atteler pour préserver la République des démons identitaires qui la consument à grand feu.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 06:28
Un manifestant pacifique, interpellé à Paris place de la république, lors de la manifestation organisée à la veille de l’ouverture de la COP21, le 29 novembre, mais interdite par le gouvernement socialiste. Photo : Romain Beurrier/REA

Un manifestant pacifique, interpellé à Paris place de la république, lors de la manifestation organisée à la veille de l’ouverture de la COP21, le 29 novembre, mais interdite par le gouvernement socialiste. Photo : Romain Beurrier/REA

L’exécutif voudrait inscrire l’état d’urgence dans la loi fondamentale, pour le «sécuriser». Ce serait surtout la confirmation d’un glissement sécuritaire durable extrêmement inquiétant pour les libertés publiques et individuelles.

Combien de temps dure l’urgence ? Si par essence elle est ponctuelle, le gouvernement semble plutôt être parti pour rendre l’état d’urgence durable, voire sans limite. Aujourd’hui, en Conseil des ministres, doit être présenté le projet définitif de révision constitutionnelle visant à inscrire l’exception au cœur de la loi fondamentale.

Le déclenchement de l’état d’urgence le 13 novembre pour douze jours avait été décrété sans réellement susciter de protestations. Sa prorogation pour trois mois avait été aussi adoptée dans les jours suivants dans un relatif consensus, l’opposition ayant notamment largement participé à la rédaction du texte. Il en va très différemment pour sa constitutionnalisation. Dès le vote sur la prorogation, le 19 novembre, des députés alors favorables au texte avaient exprimé leur opposition à aller plus loin, comme André Chassaigne, président du groupe de la Gauche démocratique et républicaine (GDR) : « L’acceptation du texte que nous discutons aujourd’hui ne signifie pas notre acceptation de la révision constitutionnelle annoncée », avait-il déclaré. « L’état d’urgence doit rester un moment exceptionnel. Nous ne sommes pas pour son inscription dans la Constitution », avait confirmé le sénateur Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.

Qu’est-ce que cette constitutionnalisation ? À quoi sert-elle ? Selon ses défenseurs, elle permettrait de cadrer l’état d’urgence, de protéger de ses possibles dérives. En réalité, elle protège surtout l’état d’urgence lui-même, comme l’expliquait au Figaro Didier Maus, ancien conseiller d’État et président émérite de l’Association internationale de droit constitutionnel : « Quand on fait une loi sécuritaire, qui limite les libertés, on prend un risque d’aller contre la Constitution, d’être retoqué par le Conseil constitutionnel. (…) François Hollande veut donc rendre constitutionnel l’état d’urgence. » Dans une tribune publiée lundi par le Monde, une bonne quarantaine de juristes universitaires alertaient sur le fait que « l’exercice, s’il affiche l’intention du gouvernement de préserver l’état de droit, ne permet aucunement de le garantir mais, bien au contraire, d’y déroger sans imposer aucune nouvelle limitation au pouvoir exécutif ».

Une grande nouveauté qui inquiète les spécialistes...

Cette question de la constitutionnalité de l’état d’urgence se pose dans un contexte particulier : saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) par l’un des sept militants écologistes assignés à résidence pendant la COP21, le Conseil constitutionnel a confirmé, hier, la régularité de ces mesures. Même si les sages avaient finalement déclaré les assignations à résidence inconstitutionnelles, cela aurait, selon Me Patrice Spinosi, avocat de la Ligue des droits de l’homme, permis de faire valoir que « la loi a été trop loin et qu’il ne faut pas changer la Constitution pour faire rentrer de force des mesures contraires à des principes essentiels ».

Dans le détail, le préprojet de révision constitutionnelle ne diffère pas très largement de la loi de 1955 régissant l’état d’urgence modifiée par les parlementaires en même temps qu’ils le prorogeaient. Il comporte cependant une grande nouveauté qui inquiète les spécialistes : la possibilité offerte à l’exécutif de prolonger les mesures de l’état d’urgence (y compris les assignations à résidence) « pendant une durée maximale de six mois » après le retour officiel à l’état de droit « commun ». Autrement dit, après l’état d’urgence, c’est toujours l’état d’urgence. Le collectif de juristes signataires de la tribune du Monde s’en indigne : « Le texte institue une période pour le moins étrange pendant laquelle les autorités administratives pourront décider de faire survivre les mesures prises pendant l’état d’urgence et, sur habilitation législative, adopter de nouvelles mesures générales (interdiction de réunions, fermeture de lieux publics…) si “demeure un risque d’acte de terrorisme”. En somme, à la seule condition que la menace terroriste perdure, l’état d’urgence perdurera… Qui ne devine que c’est à un état d’urgence permanent qu’on nous destine ? »

Dans l’avis demandé par le gouvernement, le Conseil d’État s’est néanmoins montré très réservé sur cette possibilité, appelant à privilégier la prolongation en bonne et due forme (par la loi votée par les parlementaires) de l’état d’urgence, ou l’inscription dans la loi simple des mesures que le gouvernement entendrait pérenniser. Le Conseil d’État s’est cependant montré beaucoup plus conciliant avec la proposition de déchéance de nationalité pour tous les binationaux figurant dans le projet soumis par le gouvernement, en estimant que la mesure ne portait pas atteinte au principe d’égalité. Une délibération qui a mis l’exécutif dans l’embarras, puisque cette mesure, à l’origine proposée par l’extrême droite, avait été introduite dans le projet de révision constitutionnelle afin de donner des gages à la droite et dans l’espoir d’un avis défavorable du Palais-Royal qui lui permettait de s’en laver les mains. L’abandon de la mesure a finalement été annoncé hier par la garde des Sceaux, Christiane Taubira, mais dans l’intervalle, c’est à un petit débat surréaliste que nous avons pu assister au sein de la majorité gouvernementale, notamment avec la proposition de Bruno Le Roux (portée aussi par l’avocat Jean-Pierre Mignard, intime du président de la République) de substituer à la déchéance de nationalité « l’indignité nationale ». Rappelons que cette peine est censée s’appliquer à des individus condamnés pour terrorisme, dont le but est justement de déstabiliser la nation. La droite, particulièrement son aile dure, s’en est naturellement donnée à cœur joie : « Encore une fois, Hollande prend un engagement pour le renier quelques semaines plus tard », a ainsi dénoncé le président du groupe « Les Républicains » (LR) au Sénat, Bruno Retailleau, quand Roger Karoutchi regrettait « l’enclenchement de la marche arrière générale ».

Pour être adoptée, la révision constitutionnelle présentée par le gouvernement devra obtenir les voix favorables de trois cinquièmes des parlementaires – députés et sénateurs – réunis en Congrès. Une barre qui n’est pas encore acquise pour l’exécutif.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 06:25

L’éditorial de Patrick Apel Muller : "En constitutionnalisant l’état d’urgence, le tandem gouvernant signe sa reddition devant l’idéologie sécuritaire et une défaite pour la démocratie. "

François Hollande n’a pas résisté à l’appel du vide. En choisissant d’inscrire la déchéance de la nationalité pour les binationaux au cœur de la Constitution, le président a renié deux siècles de combats de la gauche pour une nation fondée sur l’égalité républicaine. Derrière ce qui semble au premier regard une vengeance dérisoire et inefficace face à des crimes monstrueux, s’installe la mise en cause du droit du sol, l’instauration de citoyens de seconde zone, de Français en sursis. La dernière fois que ce fut tenté en France, ce fut par Pétain dont le régime procéda à 15 000 dénaturalisations et 500 déchéances de nationalité, tandis que 110 000 juifs d’Algérie étaient réduits de l’état de citoyens à celui de sujets. Le précédent dit assez la nuisance du ver introduit dans le fruit.

En lui cédant tout, le pouvoir a gagné… le soutien de la droite et le contentement du FN, qui voit ses thèses validées au plus haut niveau et qui juge que François Hollande a choisi « Marine plutôt que Christiane ». Pauvre Mme Taubira, passée du statut de conscience de la gauche à celui d’avaleuse de serpents. Toutes convictions ravalées, elle sera d’ailleurs sur le plateau du Parlement pour défendre un texte gouvernemental qui flatte les réactions les plus bornées, en assistante de Manuel Valls. Grandeur et misère.

En constitutionnalisant l’état d’urgence, le tandem gouvernant signe sa reddition devant l’idéologie sécuritaire et une défaite pour la démocratie. Ce n’est plus dans la politique et l’État de droit que la République puise les forces de résister au fanatisme assassin, mais dans leur abandon ou le recours aux seuls pouvoirs de police. C’est la France qui est ainsi affaiblie, la nation qui est fracturée, son message universel flétri. Le choix de l’indignité.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 06:23

Alors que l'abandon de l'extension de la déchéance de nationalité avait été annoncé, en début de semaine, par Christiane Taubira, François Hollande a maintenu cette mesure dans le texte de la réforme constitutionnelle. La garde des sceaux a acté cette décision par ces mots "le président a la parole dernière"... A moins que ce ne soit le parlement ?

La possibilité de déchoir de leur nationalité française des binationaux nés Français, lors qu'ils ont été condamnés définitivement pour terrorisme figure finalement dans le texte du projet de loi constitutionnel. L'information est donnée par plusieurs medias citant des sources au sein de l'exécutif, tandis que le gouvernement présente son "projet de loi constitutionnelle de protection de la nation".

"Le président et le Premier ministre étaient fermement décidés à tenir bon par rapport à l’engagement fixé dans son discours au Congrès", a indiqué l'Elysée au Monde pour expliquer le choix du président.

La ministre de la Justice Christiane Taubira avait indiqué, mardi, que le projet de révision constitutionnelle "ne retient pas" la déchéance de nationalité pour les binationaux condamnés pour acte de terrorisme, cette dernière vient de s'esprimer sur France 2, affirmant que la gravité de la situation justifiait la décision du président de la république et qu'il avait en toute état de cause, "la parole dernière" (ie, le dernier mot !)

La garde des sceaux et moi même défendrons ensemble ce texte devant le parlement, a affirmé Manuel Valls.

Le gouvernement doit aussi présenter, mercredi, son "projet de loi renforçant la lutte contre le crime organisé et son financement, l'efficacité et les garanties de la procédure pénale". Devrait notamment y figurer l'autorisation des perquisitions de nuit dans certaines circonstances.

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 13:01
photo de Gaby Paul, Ouest-France

photo de Gaby Paul, Ouest-France

Gaby Paul, né en 1918, fils de cheminot, titulaire d'un brevet supérieur obtenu à l'école primaire supérieure de Brest, ancien travailleur de l'Arsenal, ancien député communiste pendant 12 ans de la Libération à 1958, vient de s'éteindre à 97 ans. Il avait commencé à militer à la CGT en 1936 et au Parti Communiste, alors que celui-ci était interdit, en 1942. Il milita aussi dans la Résistance au sein des FTP. Il fut secrétaire départemental du PCF du Finistère de 1945 à 1947, avant Marie Lambert.

Après les grèves du bâtiment de 1950, à l'occasion desquelles Edouard Mazé fut tué par la répression policière du mouvement social brestois le 17 avril 1950, Gaby Paul a accompagné la grande grève des travailleurs de l'Etat en 1951 et joué un rôle décisif à l'Assemblée Nationale pour la promulgation du décret du 22 mai 1951 qui alignait les salaires des travailleurs de l'Etat sur ceux des métallurgistes de la région parisienne.

C'était un ami de Pierre Cauzien, grièvement blessé aussi le 17 avril 1950 et amputé d'une jambe, le témoin principal de Kris et Etienne Davodeau, les auteurs de la BD "Un homme est mort".

1950 fut, dans le contexte de la lutte contre la guerre d'Indochine, des mouvements ouvriers et populaires dans un climat d'exaspération sociale liée à la misère, et de guerre froide, une période d'anti-communisme d'Etat très violent: ainsi les députés communistes du Finistère, Alain Signor et Marie Lambert, furent emprisonnés cette année-là pour avoir manifesté contre la guerre d'Indochine, comme Jacques Duclos, lui-même, pourtant figure de la résistance.

Gaby Paul fut également vice-président, chargé des transports, à la Communauté Urbaine de Brest de 1977 à 1983.

Le Parti Communiste du Finistère lui rend hommage, lui exprime sa reconnaissance pour son action au service de la population, et s'associe à la peine de sa famille et de ses amis.

La cérémonie d'adieu aura lieu le jeudi 24 décembre à Brest, au crématorium du Vern, à 16h30.

Décès de l'ancien député communiste de Brest Gaby Paul: hommage de la fédération du Parti Communiste du Finistère
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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 12:09

Contre la déchéance de nationalité, au nom de l’unité de la République

ÉDITION : LES INVITÉS DE MEDIAPART

Si l'exécutif hésite à garder la déchéance de nationalité pour les binationaux nés Français dans son projet de réforme de la Constitution, André Chassaigne, Président du groupe Front de gauche à l'Assemblée nationale, affirme que : «Constitutionnaliser la déchéance de nationalité pour les binationaux serait rien de moins qu’une victoire idéologique pour les terroristes djihadistes comme pour l’extrême-droite.»

Si l'exécutif hésite à garder la déchéance de nationalité pour les binationaux nés Français dans son projet de réforme de la Constitution, André Chassaigne, Président du groupe Front de gauche à l'Assemblée nationale, affirme que : «Constitutionnaliser la déchéance de nationalité pour les binationaux serait rien de moins qu’une victoire idéologique pour les terroristes djihadistes comme pour l’extrême-droite.»

Après les terribles attentats du 13 novembre, l’exécutif a dû agir vite. Certaines initiatives ont néanmoins été prises dans la précipitation, sans le recul nécessaire pour apprécier leur sens profond et leur portée réelle. Ainsi en est-il, plus particulièrement, de l’annonce présidentielle faite devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles d’insérer dans la Constitution la possibilité de déchoir de la nationalité française les citoyens « nés Français » – mais disposant d’une autre nationalité – convaincus d’actes terroristes. Une telle mesure a déjà été soutenue par une extrême-droite motivée à l’idée de différencier et de hiérarchiser les Français. A l’inverse, les forces du Front de gauche ont toujours été opposées à cette idée aussi grave que dangereuse. Aujourd’hui, le malaise est perceptible jusque dans les rangs de la majorité. Il est vrai que la proposition fait peser un air de suspicion sur nos binationaux, un air malsain, qui charrie l’amalgame entre terrorisme et bi-nationalité.

Sur le plan symbolique, la mesure préconisée instaurerait de fait des catégories de Français, une stratification de la communauté nationale que la Constitution, notre norme juridique suprême, porteuse de notre Contrat social et de nos valeurs, est appelée à consacrer. Constitutionnaliser la déchéance de nationalité pour les binationaux serait rien de moins qu’une victoire idéologique pour les terroristes djihadistes comme pour l’extrême-droite. En effet, tous deux s’attaquent aux caractères « une et indivisible » de la République, de la communauté nationale, en suscitant la guerre entre communautés fictives de nature confessionnelle et/ou ethnique. Le Front national comme les islamistes se rejoignent ici : ils ne croient pas dans notre capacité à vivre-ensemble, dans notre unité par-delà une diversité de cultures, croyances ou origines.

Outre sa dimension néfaste sur le plan symbolique, la proposition n’a aucun intérêt en droit comme en pratique. Non seulement la menace de déchéance de la nationalité ne saurait dissuader un djihadiste fanatique de passer à l’acte, mais une telle mesure n’apporterait rien à notre Etat de droit. L’article 23-7 du code civil prévoit déjà que tout Français binational –né Français ou naturalisé– peut être déchu de sa nationalité française, s’il « se comporte en fait comme le national d’un pays étranger ».

La sauvegarde de la sécurité de nos concitoyens s’impose à tout responsable, elle relève de ses missions impérieuses. Il convient néanmoins de ne pas succomber à une forme de populisme qui amène notamment à stigmatiser nos binationaux. C’est un prix injustifié et inique que l’exécutif souhaite faire payer à des binationaux, comme si la politique sécuritaire était le pendant d’une dérive identitaire. Dans les circonstances actuelles, l’essentiel est de nous rassembler autour des valeurs fondamentales de la République. En cela, l’initiative de l’exécutif est irresponsable et dangereuse pour la République, car elle tend à la diviser et donc à l’affaiblir.

"Contre la déchéance de nationalité, au nom de l'unité de la République" par André Chassaigne
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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 11:45
Question au gouvernement sur la revalorisation du SMIC: André Chassaigne (mardi 15 décembre 2015)

http://www.groupe-communiste.assemblee-nationale.fr/expressions/revalorisation-du-smic

Questions au gouvernement

Par André Chassaigne, député PCF-Front de Gauche

Ma question s’adressait à M. Le Premier ministre.

Au lendemain des élections régionales qui ont signé des victoires à la Pyrrhus et fait de l’abstention le premier parti de France, le Gouvernement a annoncé, pour la troisième année consécutive, qu’il ne donnerait pas de coup de pouce au SMIC.

Ainsi il n’augmentera que de 0,6 % au 1er janvier. Une personne rémunérée au salaire minimum touchera donc 1 143 euros nets mensuels, soit une hausse de six euros par rapport à 2015. Comment vivre dignement avec 1 143 euros par mois – et je ne parle là que des salariés employés à temps plein – ?

S’en tenir à l’indexation légale du SMIC est tout simplement incompréhensible au regard des attentes exprimées et des souffrances sociales des Français les plus modestes. Une inflexion de la politique économique et sociale du Gouvernement contribuerait pourtant à rétablir le lien entre le pouvoir et le peuple. Il existe pour cela des marges de manœuvre : ce n’est qu’une question de choix.

Entendons cette désespérance sociale qui s’exprime dans notre pays, alimentée aussi par les promesses non tenues. Un coup de pouce significatif au SMIC serait une première réponse aux appels de notre peuple, dont une partie de plus en plus importante, guidée par la colère et le désespoir, renonce à son droit de vote ou n’hésite plus à voter pour le parti de la haine.

Le Gouvernement doit sortir de son entêtement à poursuivre dans la voie actuelle pour offrir une alternative concrète à la désespérance. Et cette alternative, c’est l’espoir suscité par une sortie de l’austérité.

Le Gouvernement entend-il rester sourd aux appels, qui s’expriment de plus en plus largement, jusqu’au sein même de sa majorité ? (Applaudissements sur les bancs du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.)

M. Nicolas Dupont-Aignan. Très bien !

Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social.

Mme Myriam El Khomri, ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social. Monsieur le président Chassaigne, bien sûr, nous entendons cette désespérance et nous savons qu’il est compliqué de vivre avec 1 143 euros par mois.

M. Marc Dolez. Il faut y répondre : qu’attendez-vous ?

Mme Myriam El Khomri, ministre. Je ne crois pourtant pas que la réponse soit d’apporter un coup de pouce au SMIC. Comme je l’ai indiqué, il y a une reprise de l’activité économique, avec 40 000 créations nettes d’emplois. Nous devons donc accompagner encore ce mouvement de reprise.

C’est précisément parce que notre priorité c’est l’emploi que nous avons décidé de ne pas aller au-delà de l’augmentation mécanique du SMIC à hauteur de 0,6 %. J’entends vos critiques et vos inquiétudes. Nous avons naturellement pris cette décision de manière responsable mais cela ne signifie pas que nous soyons insensibles à la question de la précarité. Le pouvoir d’achat des salariés est essentiel et les Français attendent que nous traitions cette question.

Nous la traitons d’abord sur le plan fiscal, en allégeant l’impôt sur le revenu des ménages, de près de deux milliards d’euros supplémentaires en 2016. Très concrètement cela représente un gain moyen de 252 euros, soit bien davantage qu’un coup de pouce au SMIC.

Mme Jacqueline Fraysse. Les smicards ne paient pas d’impôt !

Mme Myriam El Khomri, ministre. Nous l’accompagnons également en mettant en place la prime d’activité au 1er janvier 2016, et en l’étendant aux jeunes actifs, apprentis et étudiants.

Plus que des mesures d’ajustement, nous voulons des résultats, notamment en matière d’augmentation du pouvoir d’achat. Ils nous permettent d’envoyer le signal que nous voulons favoriser le pouvoir d’achat des travailleurs les plus modestes. Il s’agira aussi de relever les minima sociaux dans vingt-trois branches, où ils sont inférieurs au SMIC – cela aussi, c’est inacceptable.

Alléger la fiscalité, c’est aussi une mesure de justice sociale.(Applaudissements sur quelques bancs du groupe socialiste, républicain et citoyen.)

Mme la présidente. Nous avons terminé les questions au Gouvernement.

mardi, 15 décembre 2015

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