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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 10:56

En proposant hier dans son allocution à TF1 et France 2 un référendum local sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, François Hollande a créé la surprise, car cela constitue un revirement par rapport à la justification de la légitimité du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes au nom de la raison technicienne des experts économiques et de l'aménagement du territoire, de la responsabilité des élus et de la valeur de la démocratie représentative et du prétendu message envoyé par des électeurs élisant depuis des décennies des élus locaux, régionaux, favorables à l'aéroport.

On peut considérer que cette "fausse bonne annonce est un piège" comme certains opposants historiques à l'aéroport mais il y a un tout de même un paradoxe à refuser la consultation directe du peuple sur ce projet qui soulève les passions et controverses depuis des années, qui impacte grandement, non seulement l'écologie, mais aussi l'aménagement du territoire des régions Bretagne et Pays-de-Loire. Nul de peut prétendre avoir la vérité révélée et décider pour tous, pas plus un petit groupe d'élus, de technocrates et de milieux d'affaires, que des associations et des activistes écologistes.

Le référendum permet une appropriation populaire de la question politique, un vrai débat public, un échange d'arguments sur le fond du dossier, sur ses tenants et aboutissants.

On dira: le diable est dans les (gros) détails.

S'il s'agit d'un référendum local à l'échelle de la communauté d'agglomération, du département, certains le voient aboutir sur la victoire certaine du Oui à Notre-Dame-des-Landes, disant qu'il risque de se transformer en référendum pour ou contre la ZAD, et de donner le coup de grâce à la résistance contre ce grand projet d'infrastructure à l'utilité et au modèle économique plus que douteux. Je ne sais pas s'il faut être aussi défaitiste sur la maturité politique du peuple: c'est en tout cas une position a priori qui n'est pas tenable.

Le Front de Gauche à l'occasion des élections Régionales en Bretagne s'était battu pour ce référendum tout en disant, avec plusieurs arguments (agricoles, écologiques, liés à l'aménagement du territoire, au mode de gestion capitaliste en PPP, aux priorités budgétaires pour l'Etat et la Bretagne) que, selon lui, cet aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne se justifiait pas et avait beaucoup plus d'effets négatifs que positifs.

Aujourd'hui, il faut exiger que ce soit, sinon tous les Français, ce qui pourrait s'entendre sur une question aussi emblématique, du moins tous les habitants des régions Pays-de-Loire et Bretagne qui soient consultés sur ce projet d'aéroport car la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes aurait des incidences sur notre aménagement du territoire, la fermeture des petits aéroports de proximité à l'ouest breton, la densification et l'étirement plus grand encore de la métropole nantaise avec une vitalité économique et démographique se déplaçant toujours plus à l'est de la Bretagne, sur l'axe Rennes-Nantes et le littoral sud du Morbihan.

La Bretagne souffre déjà du décrochage du centre-Bretagne et de l'ouest par rapport à l'est, la région débloque des budgets en lien avec les dessertes de transport pour Notre-Dame-des-Landes: il est normal que les bretons aient voix au chapitre.

Pour notre part, nous ne sommes pas opposés à ce référendum mais nous réclamons d'y participer en tant que finistériens, et nous savons que nous aurons tous les arguments à disposition pour montrer l'inutilité et la nocivité de ce nouvel aéroport à l'ouest de Nantes.

Ismaël Dupont

A lire aussi:

NDDL. Un référendum local après 20 ans de discorde [Chronologie]
http://www.ouest-france.fr/environnement/amenagement-du-territoire/notre-dame-des-landes/nddl-un-referendum-local-apres-20-ans-de-discorde-chronologie-4030617

NDDL. François Hollande demande un référendum local avant octobre
http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/nddl-francois-hollande-demande-referendum-locall-avant-octobre-11-02-2016-254553

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 11:50

C’est sur TF1 que Jean-Luc Mélenchon a décidé hier soir de rendre publique sa candidature à l’élection présidentielle. Certes, la formule est un peu alambiquée : il « propose » sa candidature. Mais il ne fait aucun doute que cette proposition est davantage qu’une hypothèse. Un site – jlm2017.fr – est déjà en ligne et il en a fait la promotion de façon réitérée lors de l’émission.

Mélenchon a jeté toute son énergie dans cette nouvelle bataille. Il s’y sent conduit par une analyse de l’état de la gauche. D’abord, il a récusé encore une fois l’hypothèse d’une primaire de toute la gauche. On le comprend : elle n’a aucun sens tant les bases politiques communes se sont davantage dissoutes pendant le quinquennat.

Il fait ensuite mine de ne voir aucune force favorable à une primaire de l’autre gauche. Il n’en est évidemment rien : l’idée d’un rassemblement des forces opposées à gauche à la politique gouvernementale s’exprime et se défend. Mais il récuse cette possibilité. Il est convaincu d’être le seul représentant crédible d’une alternative au hollandisme. En fait et plus au fond, il ne croit plus à une dynamique possible autour des partis et des forces constituées, notamment au Front de gauche.

Il décide donc de se présenter en s’adressant directement au peuple. D’où son choix d’un média de plus large audience – le 20 heures de TF1. D’où surtout son modèle d’une mobilisation citoyenne "à la Bernie Sanders" dont il fait aujourd’hui sa référence.

La gauche, selon lui, n’est plus une réserve de mobilisation. Il fera donc campagne au nom du peuple. Son slogan est trouvé : "La France insoumise, le peuple souverain". Sa visée est « l’intérêt général humain ». Sa méthode se trouve dans la sortie des traités européens et dans une laïcité affirmée.

Sur ces bases, Jean-Luc Mélenchon escompte un soutien direct et massif à travers son site Internet. Il met ses alliés de la gauche de gauche devant le fait accompli. Il ne négociera rien. C’est à prendre ou à laisser. On verra rapidement ce qu’il en est de ses espoirs de rassemblement citoyen sur une telle base.

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 09:27
Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de TF1 (AFP-Le Monde)

Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de TF1 (AFP-Le Monde)

On le sentait, Jean-Luc Mélenchon ne pensait qu'à ça depuis 2012, se remettre en selle pour les fièvres narcissiques d'une nouvelle campagne présidentielle où le candidat de la gauche de gauche de toute façon ne pouvait être que lui, selon lui.

C'est désormais chose faite, Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature aux Présidentielles sur TF1 hier soir, refusant "la petite scène des (hypothétiques) primaires de la gauche", sans qu'elle fasse l'objet de discussions ou d'une validation collective impliquant les différentes composantes et les militants au niveau du Front de Gauche.

C'est Mélenchon, très gaullien, au-dessus des partis, face aux Français.

Comme souvent avec lui, on est agacé par la politique du fait accompli, les accents mégalos et le fait césariste qui prime, à rebours de tous les discours sur la VI ème République et la lutte contre les excès du présidentialisme, le projet et le collectif avant l'égo.

Jean-Luc Mélenchon, qui est brillant, plutôt constant dans ses discours depuis des années, bien connu maintenant et qui utilise aussi assez bien les médias, du moins pour y être invité car il sait y créer l'événement et la sensation, même si ça se retourne parfois contre sa crédibilité, a bien sûr des arguments à faire valoir pour faire un score correct au premier tour des présidentielles (les sondages à 15 mois des présidentielles lui donnent 10% d'intentions de vote, mais cela ne veut pas dire grand chose) mais il sera sans doute en deçà de 2012 car depuis, Jean-Luc Mélenchon a déçu et énervé plus d'un de ses électeurs de 2012 par ses foucades, ses excès, son discours pas toujours respectueux et manquant de mesure, certaines saillies populistes.

Nous ne nierons pas sa contribution très forte, décisive, à la réussite de la campagne du Front de Gauche en 2012, qui, même sans être à la hauteur des espérances qu'elle avait fait naître à un moment au niveau du résultat numérique, a permis de mettre l'accent sur les questions sociales et démocratiques dans cette présidentielle, et de remettre la rupture au goût du jour.

Bien sûr, le fond des idées qu'il défend contre le libéralisme, l'austérité, le pouvoir de l'oligarchie reste juste, mais il aurait été intéressant de pouvoir décider de manière collective des moyens de leur donner le plus efficacement possible un débouché dans le réel en faisant en sorte de ne pas multiplier les candidatures à la gauche de Hollande ou Valls, sous peine d'être tous condamnés à la marginalité et à un second tour droite-extrême-droite qui ne peut contenter personne à gauche.

Croire à son étoile est une condition pour réussir le pari de convaincre mais cela ne suffit pas.

Surtout, ce sera difficile pour Mélenchon de rassembler et de faire campagne en comptant sur les seules forces d'un Parti, le Parti de Gauche, qui ne compte plus que quelques milliers d'adhérents (moins de 10 000) et peu de ressources. Il y a bien sûr tous les militants, tous les électeurs du Front de Gauche et de ses composantes, mais ils vont probablement être très partagés.

D'où l'appel au peuple, au "nouveau parti des internautes", mais quand on se met a priori en marge de toute construction unitaire dans la gauche de gauche en mettant tout le monde devant le fait accompli, quand on met sa personne, pensée comme le sauveur suprême, avant la construction collective du projet, c'est plus difficile d'élargir.

Pour nous, le projet, le programme, et la construction politique, importent bien plus que le casting, que le bonhomme: nous n'excluons pas de voter et d'appeler à voter pour Jean-Luc Mélenchon, si c'est le mieux à même en 2017 d'être utile pour mobiliser autour des idées de rupture avec l'austérité, le libéralisme, et de donner quelques chances à la victoire d'une gauche différente du néo-libéralisme et du néo-conservatisme de Valls et Hollande, mais nous sommes échaudés par l'expérience du partenariat compliqué au niveau du Front de Gauche avec Jean-Luc Mélenchon, et actuellement fort sceptiques et agacés par ces pratiques individualistes dont on peut discuter le sens des responsabilités.

Déclarer sa candidature à la présidentielle sur la chaîne de télévision de Bouygues avant de le faire dans sa camp politique et face aux militants du Parti de Gauche ou du Front de Gauche, c'est tout un symbole.

Ismaël Dupont

******

Sur Public Sénat:

La "proposition" de candidature à la présidentielle du porte-voix du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon n'a été "ni discutée ni décidée" avec le Parti Communiste.

La "proposition" de candidature à la présidentielle du porte-voix du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon n'a été "ni discutée ni décidée" avec le Parti communiste, a assuré mercredi soir à l'AFP Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.

"Cette proposition n'a été ni discutée ni décidée dans le cadre du Front de gauche", composé du Parti de gauche, du PCF et d'Ensemble de Clémentine Autain, a-t-il déclaré, assurant l'avoir apprise "en regardant TF1".

"On se s'explique toujours pas pourquoi il n'est pas possible de discuter avec Jean-Luc Mélenchon", a-t-il ajouté, alors que le Parti communiste participe au processus d'une primaire de la gauche et des écologistes, totalement refusé par le député européen.

Selon M. Dartigolles, "le peuple de gauche est très inquiet de la tournure que prennent les événements, très inquiet de la manière dont 2017 se présente". "Le peuple de gauche n'a pas besoin d'une candidature en solo, il n'est pas préoccupé par le casting, ce qu'il attend c'est une nouvelle espérance", a-t-il observé.

Jean-Luc Mélenchon a annoncé sur le plateau du 20 heures de TF1 mercredi qu'il proposait sa candidature à la présidentielle de 2017.

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 16:47

Le texte de loi pour la prolongation de 3 mois de l'état d'urgence a été adopté hier au Sénat par 315 voix contre 28, dont tous les Sénateurs communistes et Front de Gauche qui ont voté contre, et une partie des écologistes.

Aucun sénateur n'avait voté contre l'instauration de l'état d'urgence en novembre. Elle avait été adoptée par 336 pour et 12 abstentions (11 Communistes Républicains Citoyens et 1 écologiste).

A l'Assemblée Nationale, un amendement prévoyant le retrait de la loi de l'article 2 sur la déchéance de nationalité a été repoussé par 176 voix contre 118. Ont voté contre la la déchéance de nationalité tout les députés PCF et Front de Gauche, la majorité des écologistes, des socialistes frondeurs et une partie des Républicains.

L'article 2 du projet de loi inscrivant la déchance de nationalité dans la Constitution n’a été voté, mardi 9 février, qu’avec 14 petites voix d'avance, par 162 voix contre 148 (et 22 abstentions). Le vote a révélé une fracture croissante entre partisans et opposants du texte, au sein même de la majorité socialiste. Si 119 socialistes ont voté pour, 92 ont voté contre, bien au-delà de l'aile gauche du parti ou des "frondeurs". Le texte divise également au sein du groupe Les Républicains (LR), où 32 députés ont voté pour alors que 30 ont voté contre. Le groupe Front de gauche, les "frondeurs" socialistes, la majorité des écologistes ainsi que des radicaux de gauche ont voté contre.

Voir la déclaration de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, au sortir de ce vote:

Révision constitutionnelle : « Mettre un terme à l'examen du texte en votant contre »

Le vote à l'arraché, hier soir à l'Assemblée, de la déchéance de nationalité confirme que la révision constitutionnelle peut être mise en échec. Elle ne rassemble pas les 3/5 des parlementaires nécessaires à sa ratification. J'appelle l'ensemble des députés de gauche et les partisans de la République à mettre un terme à l'examen de ce texte en le rejetant cet après-midi lors du vote solennel à l'Assemblée nationale.

La révision constitutionnelle proposée par le Président de la République n’apporte aucune réponse aux enjeux auxquels doit faire face notre peuple. La banalisation et la glorification de l’état d’urgence alimentent l’illusion d’une solution sécuritaire. L’invocation de la déchéance de nationalité contribue à nourrir des réflexes identitaires dangereux et des analyses erronées de la situation. Dans le même mouvement, la réforme pénale qui s’annonce vise à faire entrer dans le quotidien des mesures d’exception réduisant les droits et libertés individuelles. Les communistes s’opposent à cette dérive sécuritaire du pouvoir et à l’approfondissement des logiques de division populaire. A l’inverse, c’est en étant pleinement elle-même, en s’appuyant sur la vitalité démocratique de notre peuple que la République pourra relever le défi de l’avenir. C’est en s’efforçant d’honorer sa promesse de liberté, d’égalité et de fraternité qu’elle parviendra à recréer une unité.

Jamais la précipitation et l’improvisation ne devraient présider à la modification des textes fondamentaux de la République. Le tournant pris pas ce débat est de plus en plus politicien et nauséabond. Il ne sert une fois de plus que les idées d’extrême droite dont notre peuple doit se dégager d'urgence.

Le Parti communiste français appelle à amplifier l'action pour une véritable visée d'émancipation humaine. C’est une tout autre modification constitutionnelle qu’il faut mettre à l’ordre du jour, d’une tout autre ampleur et d’un tout autre contenu : pour un nouvel acte fondateur d’une VIème République s’appuyant pleinement sur la souveraineté populaire et la participation citoyenne.

Pierre Laurent

Pierre Laurent

Eliane Assasi

Eliane Assasi

Voici le discours d'Eliane Assassi, sénatrice communiste Front de Gauche de Seine St Denis, et présidente du groupe CRC (Communistes, Républicains, Citoyens) hier, mardi 9 février au Sénat: 

Une justice soumise, dans bien des circonstances, à la puissance administrative et à la puissance policière

La France vit depuis plus de deux mois et demi sous un régime d’état d’urgence. Sa mise en œuvre dès le 13 novembre pour rétablir la sécurité et pour répondre à la terrible angoisse de nos concitoyens, suscite aujourd’hui des interrogations, une inquiétude croissante et l’hostilité d’associations et de personnalités dans leur diversité.

Depuis le 16 novembre, le Parlement est accaparé par cette question de l’état d’urgence et par la regrettable — très regrettable — initiative sur la déchéance de la nationalité.

Congrès de Versailles, première prorogation de l’état d’urgence, propositions de loi d’initiative sénatoriale pour « renforcer l’efficacité de la lutte anti-terroriste » ou pour « prévenir les actes terroristes dans les transports »… projet de loi de réforme du code de procédure pénale, projets de loi d’application de la révision constitutionnelle… ce second projet de prorogation prend place au sein d’un Maelstrom, couronné par le débat constitutionnel qui se déroule en ce moment même à l’Assemblée nationale.

Monsieur le Ministre, vous connaissez bien la principale critique à l’égard de votre dispositif : celle de l’inefficacité dans la lutte contre le djihadisme de Daech. Sur les quelque 3 200 perquisitions administratives, seules 4 enquêtes ont été ouvertes pour des faits de terrorisme et seule une personne a été mise en examen à ce jour…

Le temps me manque pour détailler les effets désastreux de ces perquisitions hors droit, de ces assignations parfois si excessives que les avant-projets de lois d’application de la révision constitutionnelle envisagent même de les assouplir quelque peu.

Le gouvernement serait-il bipolaire ? Aujourd’hui la prorogation de l’état d’urgence stricto sensu est proposée alors que dans le même temps les excès sont en partie reconnus dans les avant-projets précités. 
Peut-être ces derniers n’ont-ils pour objectif que d’amadouer une gauche récalcitrante ?

Si le dispositif de l’assignation ne respecte pas les libertés publiques selon votre propre aveu, il faut modifier ce projet de loi dès aujourd’hui. C’est ce que nous vous proposerons de faire par voie d’amendement.

Monsieur le Ministre, mes chers collègues, je repose mot pour mot la même question que j’ai posée le 20 novembre dernier : « des mesures très larges doivent être prises pour faire face à la situation, mais ne peuvent-elles pas l’être dans le cadre de notre droit commun avec un contrôle de l’autorité judiciaire ? »

Pouvons-nous accepter de maintenir cette situation qui brise l’équilibre des pouvoirs, avec d’une part, un pouvoir exécutif surpuissant et d’autre part des pouvoirs législatif et judiciaire rabaissés.

L’état d’urgence c’est un état d’exception.

Il entraine une mise en cause significative des droits des citoyens : ce qui suscite interrogations et critiques au-delà même de nos frontières.

Est-il appréciable, Monsieur le Ministre, que notre pays soit pointé du doigt par une association aussi reconnue et rigoureuse qu’Amnesty International ?

Je le dis une nouvelle fois — c’est une constante dans mes interventions depuis le congrès de Versailles — la dérive sécuritaire en cours, les propos martiaux, la remise en cause des libertés publiques c’est une victoire de Daech.

Oui ces intégristes assassins « nous tendent un piège politique » pour reprendre la formule de l’ancien garde des Sceaux, Robert Badinter, qui souligne par ailleurs que « ce n’est pas par les lois d’exception et des juridictions d’exception qu’on défend la liberté contre l’ennemi ».

Des forces comme Daech se nourrissent de la violence, du sang, et du malheur. 
Oubliez-vous que ce sont des dizaines de milliers de bombes déversées sur l’Irak qui ont donné naissance à ces combattants qui mêlent fanatisme et soif de vengeance contre la destruction insensée de leur pays de leur peuple ?

Face à ce phénomène, l’arme absolue c’est la liberté, la démocratie, la paix.

Oui il faut assurer la sécurité de notre peuple. Il faut pour cela donner les moyens humains et matériels à nos forces armées et à notre police, il faut réorganiser notre Renseignement qui lui aussi a été victime de l’austérité.

Cette politique de sécurité doit prendre place dans un vaste effort de reconstruction de notre société dévastée par des décennies de crises.

Monsieur Valls m’a heurtée quand il nous a répondu ainsi qu’à d’autres : « expliquer c’est déjà vouloir un peu excuser ».

Comme s’il pouvait exister une bienveillance de la part de ceux qui s’efforcent d’expliquer. Certes, une grande part de libre arbitre est à prendre en compte, mais le fléau de la radicalisation ne prend pas ses seules racines dans les parcours personnels. Pour mieux lutter et combattre, il est nécessaire de comprendre l’ensemble en cherchant toutes les explications.

Oui, le fanatisme religieux se nourrit de terribles fractures : là où la République faillit, là où « liberté, égalité, fraternité » ne demeurent que paroles vaines.

Combien de jeunes tomberont-ils encore dans le fanatisme ? Si des actions d’envergure ne sont pas menées sans attendre, en urgence, en grande urgence !

Le Conseil d’État dans son avis sur ce projet de loi de prorogation a lui-même signalé que l’état d’urgence doit demeurer temporaire. Cependant le « péril imminent » qui justifie l’état d’urgence, a été contourné. Ce péril imminent, selon les propos du Premier ministre lui-même à la BBC, demeurera jusqu’à l’éradication de Daech. Ce péril imminent devient donc un péril permanent.

En conséquence, l’orientation préconisée par le Conseil d’État lui-même est de faire entrer dans le droit commun l’état d’urgence ce qui sera l’objet du prochain projet de réforme du code de procédure pénale.

Monsieur le Ministre, il faut dire la vérité : l’état d’urgence va devenir permanent et la justice soumise, dans bien des circonstances, à la puissance administrative et à la puissance policière.

Pour conclure…, à mon sens, l’état d’urgence dépasse largement la réaction à la menace terroriste. C’est l’accélération du processus que nous pressentions : la montée en puissance de l’autoritarisme dans les démocraties occidentales. La violence libérale qui est à l’œuvre sur le plan économique et social exige un État fort comme le souligne par exemple l’affaire des Goodyear. Avec l’état d’urgence, le pouvoir exécutif s’affirme, le Parlement et la Justice s’inclinent.

Nous sommes en guerre martelez-vous ! Mais quels sont donc vos projets de paix, Monsieur Le Ministre ? Comment allez-vous apaiser notre pays, redonner l’espoir ? Comment allez-vous participer à l’essor de la fraternité en France et dans le monde ?
Nous sommes de plus en plus nombreux à être las des propos guerriers et des coups de menton.

Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir comprendre, à vouloir des actes et un discours de justice, de progrès de réconciliation ; des actes et un discours républicain et —enfin ! – des actes et un discours de gauche !

Vous l’aurez compris, le groupe CRC voter contre cette prorogation de l’état d’urgence.

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 11:52

Pourquoi être ouvert à la perspective de l'organisation de primaires à gauche?

Ceux qui promeuvent de telles primaires pour beaucoup se refusent à voir la gauche française évincée du second tour des Présidentielles, ou, ce qui reviendrait sans doute au même, François Hollande ou Manuel Valls porter les couleurs du PS au 1er tour des élections présidentielles et capter (mal) le vote utile de gauche.

François Hollande et Manuel Valls, menant une politique néo-libérale, néo-conservatrice, de droite, n'ont aucune légitimité pour représenter les valeurs et l'électorat de gauche aux élections présidentielles de 2017.

Actuellement, on sait que dans le cadre d'une situation politique figée, avec Hollande d'un côté du côté du nouveau parti libéral démocrate qu'est devenu le PS dans ses instances dirigeantes soumises aux logiques présidentielles et européennes-libérales, et Mélenchon, en candidat auto-proclamé de la gauche de la gauche, dont l'effet de surprise et de rassemblement est peut-être un peu émoussé, plus d'autres candidats très certainement à la gauche du PS, il n'y aurait guère de résultat concluant à attendre pour les citoyens et militants en attente d'une vraie politique de gauche à l'issue des premiers et seconds tours des présidentielles.

Les primaires peuvent être un moyen de déjouer le pronostic d'un 2nd tour Sarkozy ou Juppé - Le Pen, un moyen, si un débat peut se développer sur les politiques de fond à mener pour sortir le pays du chômage de masse, des inégalités, de la crise culturelle, démocratique et sociale dans laquelle il s'enfonce, pour faire émerger une candidature beaucoup plus rassembleuse et représentative de la diversité de la gauche que celle de Hollande ou Valls.

De la gauche du PS au Front de Gauche, en passant par les écologistes, il peut y avoir des marges de manœuvre pour trouver un projet de gouvernement et un candidat commun. Au Portugal, le bloc de gauche et le Parti Communiste soutiennent un gouvernement socialiste qui tourne le dos à l'austérité, qui augmente le SMIC, qui résiste aux sirènes et à la pression de fer du libéralisme autoritaire européen. A la gauche du PS, on partage avec les composantes du Front de Gauche et les écologistes sans doute un certain nombre de diagnostics communs sur la gravité de la politique du gouvernement et ce qu'il faudrait faire dans un premier temps comme réformes d'urgence.

En même temps, tout cela reste bien conditionnel et non exempt de contradictions et de dangers.

En l'absence d'une participation de François Hollande aux primaires, l'objectif de réunir la gauche autour d'un candidat pouvant accéder au second tour est très hypothétique à supposer qu'il se représente, et en sa présence, on voit mal comment les électeurs, sympathisants et militants de la gauche de gauche pourraient s'engager à voter au 1er tour pour le vainqueur des primaires ... même si c'est Hollande, Valls ou Macron.

Le candidat commun de la gauche pouvait être une possibilité dans les années 60 ou 70 quand il y avait certaines convergences idéologiques entre Mitterrand, épousant à l'époque des thèses marxistes par opportunisme, et les communistes, aujourd'hui, quelles convergences il y a t-il entre Hollande, Valls, et les électeurs du Front de Gauche? Aucune. Pour nous, ce sont des hommes de droite.

Les candidats que l'on pourrait trouver à la gauche du PS pour tirer une candidature commune de gauche - Taubira, Hamon, Montebourg ou autres - peuvent aussi poser question, dans la mesure où ils ont soutenu des années de politique gouvernementale austéritaire et libérale.

Les Primaires à gauche pourraient être sur le papier un moyen de créer une dynamique d'implication politique citoyenne contrariant le scénario annoncé d'un second tour droite-extrême-droite, elles pourraient faire entendre d'ici quelques mois la diversité des voix et des projets de gauche (ce qui n'est pas vraiment le cas aujourd'hui) et mettre dans le débat présidentiel des thématiques centrales comme l'austérité, le pouvoir de la finance, le chômage, le développement des inégalités, l'Europe, et faire émerger de nouvelles exigences du peuple vis à vis de la gauche.

L'exemple des primaires du Parti Travailliste en Grande-Bretagne avec la percée de Corbyn et celui des primaires du Parti Démocrate aux Etats-Unis avec la percée de Sanders peuvent nous donner des arguments en faveur des primaires pour déverrouiller un système institutionnel sous contrôle de l'oligarchie.

Mais elles peuvent aussi se résumer à une histoire de casting: qui est le mieux placé pour accéder au second tour et l'emporter éventuellement au second tour?

Par ailleurs, le Parti Communiste est engagé sur une plate forme de rupture anti-austéritaire, anti-libérale, avec le Front de Gauche, qui, quoique affaibli, peut aussi profiter des Présidentielles pour retrouver une audience et remettre le peuple en mouvement.

La première tâche ne serait-il pas de s'entendre avec les partenaires - Ensemble et le Parti de Gauche un objectif, une stratégie, un projet, un candidat communs? Même avec l'objectif de dépasser le cadre et la nature actuels du Front de Gauche et de rassembler plus largement.

Tout cela mérite qu'on y réfléchisse sérieusement.

Cette tribune de Michaël Foessel donne quelques éléments de réflexion en défaveur des primaires.

A propos des primaires….

Par Michaël Fœssel, philosophe, et membre du conseil de rédaction de la revue "Esprit".

Le mantra des primaires

Nul ne disconviendra que la gauche française traverse l’une des crises idéologiques les plus profondes de son histoire. Qu’il s’agisse de la politique économique, de l’Europe, des migrants ou du terrorisme, il n’est pas un seul enjeu fondamental où un espoir de consensus se dessine à l’horizon du camp progressiste.

Le point de non retour a peut-être été atteint avec le projet de réforme constitutionnelle du gouvernement (qui ne comporte pas seulement l’article sur la déchéance de nationalité). A l’intérieur même du Parti socialiste, le conflit porte désormais sur la nature de l’État de droit, ce qui n’est pas une mince affaire, même pour des dirigeants politiques habitués à mettre beaucoup d’eau dans leur vin.

Dans un contexte aussi délétère, on pourrait croire que toutes les opportunités d’aggiornamento sont les bienvenues. C’est ce qu’ont dû penser les signataires d’une pétition qui, autour de Thomas Piketty, ont réclamé l’organisation d’une primaire qui réunirait tous les candidats potentiels de la gauche et des écologistes lors de la prochaine élection présidentielle[1].

Conscients du fait que l’un des principaux obstacles à l’unité de la gauche réside dans la politique menée par François Hollande, ils préconisent une solution qui, du moins en apparence, ne s’abrite pas derrière l’évidence présidentialiste. Dans le schéma préconisé par les pétitionnaires, Hollande devrait lui-même se soumettre à une telle présélection par les urnes. N’est-il pas souhaitable de soumettre la politique présidentielle au verdict des électeurs de son camp?

Pour autant qu’on l’applique même au Président en exercice (ce qui ne se fait nulle part pour l’instant), la logique des primaires a le mérite de rejouer la légitimité démocratique à la fin de chaque mandat. Mais, même de ce point de vue, le bénéfice est ambigu. Loin de limiter la personnalisation de la politique, les primaires consacrent le système présidentiel.

L’exemple américain montre parfaitement ce que l’institutionnalisation des primaires fait à la politique: campagne électorale permanente, financiarisation exponentielle de la vie publique, personnalisation à outrance des enjeux. On cite toujours Barack Obama pour vanter les primaires; c’est malheureusement Donald Trump que nous avons aujourd’hui sous les yeux. Dans les conditions actuelles du débat public, rien ne garantit que ce mode de désignation favoriserait l’émergence d’un «Pablo Iglesias à la française», ce qui est peut-être le rêve secret de Thomas Piketty et de quelques autres.

Après l’adoption absurde du quinquennat, les primaires achèvent en effet de soumettre le temps politique au temps médiatique, les joutes oratoires l’emportant de manière définitive sur la confrontation des projets. A un moment où le système présidentiel français manifeste dramatiquement ses limites, la réduction de la politique à un concours entre têtes d’affiches ne peut qu’aggraver le discrédit du politique.

Les partisans des primaires (Terra Nova en 2012, la gauche du PS aujourd’hui) insistent sur la légitimité que le vote citoyen apporte au futur candidat. Déjà discutable en principe, cette réduction de la légitimité à l’élection est contredite par les faits. Pour ce qui est du passé, on peut juger de la «légitimité citoyenne» dont a pu bénéficier François Hollande: sa courbe de popularité s’est effondrée dès le lendemain de son accession à l’Elysée. Les millions de voix récoltées lors des primaires socialistes n’ont rien fait pour garantir une légitimité qui s’est d’abord abîmée sur les promesses non tenues.

Au contraire, un des vices principaux de l’élection du Président de la République au suffrage universel est de convaincre l’heureux élu qu’il dispose d’une légitimité à toute épreuve. Autrement dit, adoubé deux fois par le suffrage populaire (celui des primaires et celui de l’élection proprement dite), il se croit doublement autorisé à ne tenir aucun compte de ses promesses de campagne (par exemple la renégociation du Traité européen sur l’équilibre budgétaire). Nous savons déjà que les primaires sont une machine à s’affranchir un peu plus du sérieux de la parole publique.

Pour ce qui concerne l’avenir, les partisans des primaires affirment que la procédure est tellement populaire que tous les partis seront contraints de l’adopter. Comment expliquer, alors, que le seul parti qui, à coup sûr n’y recourra pas (le Front national) se porte aussi bien? La logique de la Vème République est plus que discutable, mais tant que l’on n’aura pas rompu avec elle (ce que les pétitionnaires ne proposent nullement), elle s’impose de manière implacable.

Dans l’état actuel des institutions, la seule véritable «primaire» est constituée par le premier tour de l’élection présidentielle où les citoyens sont invités à trancher entre les candidats et les projets qu’ils portent. Que l’articulation entre un candidat et un projet ne soit « naturelle » que pour l’extrême-droite en dit long sur l’état de la démocratie française. Mais aucun recours à des primaires ne sera en mesure de répondre à cet état de fait.

Car les primaires ne sont qu’un moyen de déléguer aux électeurs le soin d’arbitrer les conflits idéologiques que les partis sont incapables d’affronter. Comme il est exclu de faire voter les citoyens sur des motions programmatiques (ce qui aurait déjà plus de sens), on les invite à se prononcer sur des personnalités.

Y a-t-il là un bénéfice démocratique quelconque? La démocratie implique la participation du peuple à l’élaboration de la loi, pas seulement le petit avantage narcissique de désigner le chef. Dans cette désignation, les sondages font office de critères : en 2007 (primaires militantes) comme lors des dernières élections présidentielles (primaires ouvertes), ce sont eux qui ont joué le rôle principal dans la désignation du candidat socialiste. Hélas, le procédé n’est vertueux que le temps d’une campagne.

Nous sommes par là ramenés au point de départ: l’éclatement de la «gauche» française qui fait douter même de l’univocité de ce vocable. Y répondre par des primaires, c’est supposer que Jean-Luc Mélenchon pourrait s’engager à faire campagne pour François Hollande (ou pour Manuel Valls, voire Emmanuel Macron…) dès le premier tour, et vice versa. Il suffit de poser la question pour y répondre.

Il faut manifester une solide croyance dans la magie du vote populaire pour penser qu’il suffira à combler l’abîme qui sépare les positions politiques de ceux qui se réclament du mot de «gauche». L’adage selon lequel «quand on ne sait pas décider, on vote» fonctionne ici à plein. Il peut, à la rigueur, fonctionner le temps d’une campagne. Mais quand est venu le temps de gouverner, les équivoques éclatent au grand jour, accroissant encore un peu plus la défiance des citoyens pour la parole publique.

Les primaires sont comparables à des soins palliatifs qui évitent à la gauche (on en dirait à peu près autant de la droite classique) de regarder en face ses propres contradictions. Encore le remède participe-t-il ici au mal: les primaires ôtent aux militants des partis le droit de participer à l’élaboration des programmes pour les réduire au statut de supporters mis au service d’une écurie présidentielle. Si, à la faveur de la lassitude populaire à l’égard de Nicolas Sarkozy, l’illusion a pu fonctionner en 2012, elle est condamnée aujourd’hui à l’échec.

Michaël Fœssel

[1] Libération, 11 janvier 2016. En plus de Piketty, on compte parmi les premiers signataires: Daniel Cohn-Bendit, Yannick Jadot, Michel Wievorka, Marie Desplechin, Romain Goupil, Dominique Méda, Julia Cagé.

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 08:30

La Réunion: la route à 1,6 milliard fait des ravages jusqu'à Madagascar
"Le tronçon "viaduc" de la future route du littoral, à 100 mètres du rivage réunionnais © Région Réunion Notre enquête sur le méga chantier de la nouvelle route du littoral à La Réunion nous emmène à Madagascar. Là, les géants du BTP Bouygues et Vinci sont à la recherche de millions de tonnes de roches. Pour cela, un énorme trou dans la forêt malgache a été creusé, le port de Tamatave a été modifié, des « ristournes » ont été versées à de nombreuses institutions…"

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 08:15

Le Groupe PCF/FDG au conseil de Paris condamne le voeu provocateur des Républicains qui vise à interdire la campagne BDS

Groupe Communiste Front de Gauche, lundi 8 février 2016

Le groupe Les Républicains au conseil de Paris a présenté, dans divers arrondissements, un vœu relatif à la condamnation du boycott de l’État d’Israël, qu’il avait déjà présenté en septembre dernier au conseil de Paris et qui avait été rejeté.

L’objectif du mouvement Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) est de faire pression sur le gouvernement d’israélien pour le forcer à mettre fin à sa politique de colonisation et d’occupation des territoires palestiniens.

C’est ce type de mobilisation qui avait contribué à la fin du gouvernement d’Apartheid en Afrique du Sud.

Cette campagne est la réponse pacifiste de la société civile pour dénoncer la politique du gouvernement de Netanyahou pour le non-respect des résolutions de l’ONU.

En tant que formation politique le PCF soutient le boycott des produits des colonies, milite pour le désinvestissement et les sanctions et proteste contre toute pénalisation de ces militants pacifistes. C’est dans ce cadre que le PCF demande l’abrogation des circulaires Alliot-Marie qui portent atteinte à la liberté d’expression. Jean-Jacques Urvoas avait lui-même écrit, le 20 Novembre dernier, à Christiane Taubira, alors Ministre de la Justice, que "la question de l’abrogation de la circulaire Alliot-Marie mérite indéniablement d’être posée".

Nous combattons pour une paix juste et durable entre israéliens et palestiniens et pour une solution à deux états avec Jérusalem-est comme capitale de la Palestine et ce combat est conforme au droit international, celui que piétine chaque jour le gouvernement d’extrême droite d’Israël.

Nous nous sommes donc opposés, dans chaque arrondissement dans lequel il était présenté, au vœu des Républicains demandant l’interdiction du boycott et nous voterons contre tout autre vœu condamnant de quelque manière le mouvement du boycott.

Groupe Communiste - Front de Gauche du conseil de Paris

Le Groupe PCF Front de Gauche de Paris condamne le voeu des Républicains visant à interdire la campagne BDS, Boycott des produits des colonies israéliennes
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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 15:35

"J'observe l'essor d'une idéologie néo-conservatrice au sein de l'exécutif, qui se reconnaît à trois caractéristiques: la revendication du primat de la question identitaire sur la question sociale, l'adhésion décomplexée au libéralisme économique et une vision pessimiste du monde, de son avenir. Le débat sur la refonte du Code du Travail viendra après celui sur la déchéance de nationalité, et il sera la nouvelle offensive de ce courant idéologique. Quelle est la conviction de ce dernier pour lutter contre le chômage? Ce qui empêcherait les entreprises d'embaucher, ce serait les protections trop nombreuses et coûteuses de ceux qui travaillent. En diminuant les droits des insiders (les inclus au marché du travail- NDLR), on faciliterait les outsiders (les exclus - NDLR) d'entrer sur le marché du travail. Les mêmes défendent l'idée que la dégressivité des allocations chômage encouragerait les chômeurs à chercher un emploi. Même si toutes les études démontrent exactement l'inverse. C'est injuste et inefficace, tout comme l'idée d'organiser la prévisibilité du licenciement abusif aux prud'hommes! Les signes donnés par le gouvernement depuis deux ans sont tous les mêmes. Ils ont le mérite de la cohérence mais le défaut de l'inefficacité puisque, aujourd'hui, en dépit d'un contexte économique incroyablement favorable - un pétrole à un prix extraordinairement bas, des taux d'intérêt très faibles et un euro très compétitif par rapport au dollar, sans compter les politiques de soutien massif aux entreprises à travers le pacte de responsabilité -, on a un taux de chômage supérieur à 10%, une pauvreté endémique et des inégalités qui continuent de se creuser".

Benoît Hamon, entretien à L'Humanité, lundi 8 février 2016

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 10:30
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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 07:15

A en croire Robert Badinter, son rapport remis le 22 janvier dernier au premier ministre se limiterait à "définir les principes essentiels du droit du travail" conformément à la mission qui lui a été confiée le 22 novembre. Charge ensuite au législateur de rédiger, sur cette base, un nouveau Code conforme aux "transformations profondes qu'engendrent, dans la société contemporaine, la révolution du numérique et l'irrésistible mondialisation des échanges".

En somme, Robert Badinter n'aurait donné que le coup d'envoi d'une entreprise d'adaptation de la législation aux conditions du 21e siècle. En réalité, derrière ces précautions langagières, les 61 articles de ce qui est présenté comme le préambule du futur code du travail que le gouvernement prévoit d'achever de rédiger d'ici à 2018 ouvrent bel et bien la porte au dynamitage redouté de l'actuel.

D'une part, parce qu'en définissant le droit du travail comme "la volonté d'assurer le respect des droits fondamentaux de la personne humaine au travail" et en passant sous silence le lien de subordination du salarié à l'employeur, Robert Badinter efface le rapport de domination et d'exploitation, dont la reconnaissance est un des fondements du droit actuel.

D'autre part, parce que la rédaction souvent ambiguë des articles autorise toutes les remises en cause des droits actuels des salariés.

Premier exemple, l'article 14 stipule que "le Code du travail peut prévoir une période d'essai d'une durée raisonnable". Mais qu'est-ce qu'une "durée raisonnable"? Du point de vue du patron ou du salarié? Celle-ci pourra t-elle excéder la durée actuelle de 4 mois au maximum?

Deuxième exemple, l'article 59, en affirmant que les litiges doivent être "portés devant une juridiction composée de juges qualifiés", pourrait très bien entraîner la disparition des prud'hommes.

Troisième exemple, l'article 33 sur la durée du temps de travail assure qu'elle continuera à être fixée par la loi mais sa rédaction ambiguë laisse le champ libre à une remise en cause des 35 heures. Substituant à la notion de "durée légale" celle de "durée normale", il précise qu'une "durée différente" pourra s'appliquer en cas de signature de convention ou d'accord collectif. Autrement dit, la "durée normale" pourrait ne pas toujours être la même suivant les entreprises ou les secteurs d'activité, et le seuil de déclenchement des heures supplémentaires pourrait varier en conséquence. En ce qui concerne les heures supplémentaires justement, le même article 33 affirme un "droit à la compensation". Or, une compensation ne prend pas forcément la forme d'une majoration salariale.

Le rapport Badinter donnera lieu à la présentation en Conseil des Ministres d'un projet de loi le 9 mars prochain par la ministre du travail, Myriam El Komri.

Le premier ministre a d'ores et déjà décidé de mettre en oeuvre l'article 33. "La dérogation à la durée légale du temps de travail n'est plus une transgression", a t-il déclaré, en précisant que le texte devra fixer "un niveau de compensation".

Le projet de loi portera également sur la négociation collective. Alors que le rapport Badinter n'est pas en reste sur le sujet, proposant par exemple à l'article 57 que désormais "les clauses d'une convention ou d'un accord collectif s'appliquent aux contrats de travail" sans que le salarié n'ait son mot à dire, Myriam El Khomri propose que des référendums puissent être instaurés pour contourner l'opposition à un accord de syndicats majoritaires.

Avec le chantage à l'emploi et au chômage, ou la carotte d'une légère augmentation de la rémunération en cas d'acceptation d'un temps de travail plus important et d'une flexibilité plus grande exercée par l'employeur, on imagine ce que ça peut donner...

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