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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 05:32

"Pikachu dans la guerre du clic entre le gouvernement et les groupes anti-IVG":

Lien avec l'article du Monde (9 août 2016): où l'on voit que les intégristes catholiques et mouvements d'extrême-droite affiliés à la Manif pour tous et aux combats anti-féministes restent très actifs, jusqu'à être en mesure, grâce à leurs moyens matériels et leur sens de la com, de laisser croire qu'ils présentent une information objective sur l'IVG sur internet à des femmes et souvent des jeunes qui ne sont pas forcément prévenues du caractère tendancieux d'un site qui est longtemps apparu en premier dans les référencements Google.

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/08/09/gouvernement-et-groupes-hostiles-a-l-avortement-se-livrent-une-guerre-du-clic_4980544_4408996.html

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 07:38

Air France : Le ministère du travail s'acharne contre le monde du travail (Isabelle De Almeida - PCF)

La ministre du travail a validé le licenciement de Vincent Martinez, délégué CGT d'Air France accusé d'avoir participé à l'épisode de la "chemise arrachée", a annoncé hier son ministère dans un communiqué, alors même que l'inspection du Travail avait pris une décision inverse en janvier.

Le PCF apporte toute sa solidarité aux salariés d'Air France comme à tous les salarié-es victimes de criminalisation et exprime son soutien à Vincent Martinez .

Il s'agit bien d'une décision à caractère politique, bafouant d'une part l'avis très argumenté de l'Inspection du travail, et d'autre part, piétinant le Code du travail, le délai pour recours étant épuisé.

A nouveau, avec cette décision prise en plein été, s'exprime une volonté politique de ce gouvernement de faire taire toute contestation sociale dans le pays et d'affaiblir le mouvement syndical avec une criminalisation des hommes et des femmes qui s'engagent et luttent pour défendre des conquêtes sociales et améliorer les conditions de travail et de vies des travailleur-euses.

Le gouvernement a d'abord, en début de quinquennat, refusé l'amnistie sociale pour les militants. Puis il a mené une campagne de stigmatisation contre les responsables syndicaux et une répression sans précédent du mouvement social comme nous l'avons vécu durant ces derniers mois avec les manifestations contre la loi dite « travail ». Comment alors croire les paroles de François Hollande prononcées samedi dernier « Il faut changer la démocratie, pas la restreindre » ?

Effectivement il faut donner un nouveau souffle à la démocratie dans notre pays.

Il faut pour cela écouter et respecter les citoyens et le débat parlementaire en renonçant à l'utilisation du 49-3.

Cela passe par la démocratie sociale, avec des nouveaux droits et pouvoirs pour les salarié-es et leurs représentant-es.

Cela passe également par le retrait de la loi « travail » pourtant promulguée aujourd'hui.

Le PCF participera, à l'appel de plusieurs syndicats et organisations de jeunesse, à la journée de mobilisation du 15 septembre.

Dès maintenant le PCF invite les salarié-es, les citoyens en lutte contre cette loi régressive à participer à la Fête de L'Humanité les 9, 10 et 11 septembre, pour échanger afin de construire une alternative de gauche à cette loi.

Affaire de la "chemise" à Air France: El Khomri valide le licenciement du délégué CGT (Médiapart- 8 août)

Air France: le ministère du travail s'acharne contre le monde du travail (PCF)
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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 06:05

Par Yves Housson

Mardi, 9 Août, 2016

L'Humanité

L'éditorial de Michel Husson : "À l’échelle macroéconomique, le premier anniversaire de la loi Macron, qui devait « doper » la croissance, coïncide avec l’annonce d’une croissance zéro au deuxième trimestre, et un rebond du chômage ces derniers mois."

Déréglementons, et tout ira mieux. Avant d’être celui de la loi El Khomri, ce fut le credo de la loi Macron, dite « pour la croissance et l’activité ». Un an après son adoption, le ministre de l’Économie claironne une « réussite » qui aurait commencé à « changer le quotidien » des Français. Au concours des invraisemblances, lancé par le fameux « ça va mieux » de Hollande, qui l’emportera ? L’enflure des mots ne cache pas la misère des résultats. Principal titre de gloire avancé, le succès des transports interurbains par autocar a été obtenu, sans surprise dans un contexte de pouvoir d’achat en berne, grâce à des tarifs excessivement bas… dont les patrons des compagnies avouent, maintenant qu’ils ont raflé le marché, qu’ils ne vont pas durer. Et, quand les prix du bus auront remonté, le service public ferroviaire, lui, sera un peu plus affaibli, entre la mise à mort gouvernementale des trains de nuit et les menaces sur les trains Intercités…

Quant à l’extension du travail du dimanche, prétendument très attendue par les salariés du commerce, ceux-ci l’ont heureusement mise en échec en nombre d’endroits. Et, là où elle est appliquée, le miracle n’a pas eu lieu : selon les retours des commerçants, « il n’y a pas eu de hausse significative du chiffre d’affaires », constate un économiste. Les quelques emplois créés risquent fort, du coup, d’être à durée très limitée.

À l’échelle macroéconomique, le premier anniversaire de la loi Macron, qui devait « doper » la croissance, coïncide avec l’annonce d’une croissance zéro au deuxième trimestre, et un rebond du chômage ces derniers mois. Symbole, après le pacte de responsabilité, avant la loi travail, de la dérive libérale de la présidence Hollande, la loi Macron le démontre encore une fois : la déréglementation n’est pas le remède, mais bien une impasse économique. Socialement cher payée. Et propice aux pires aventures politiques. Il est encore temps d’en tirer les conséquences

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 05:59
«Il faut s'attaquer aux origines sociales de la violence»

L'HUMANITE

Entretien avec Olivier DARTIGOLLES

Le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, revient sur les attentats et les réponses à opposer au terrorisme. L'heure est selon lui à la réflexion et au débat démocratique, à la prise en compte des causes sociales plutôt qu'à l'enfermement sécuritaire.

La France a été frappée cet été par des attentats. La polémique a suivi celui de Nice. Que pensez-vous de l'attitude des habitants de SaintÉtienne-du-Rouvray à la suite de l'assassinat du père Hamel?

OLIVIER DARTIGOLLES

Après un tel choc, alors qu'un nouveau palier a été franchi dans l'abomination, il ne faut pas oublier une chose essentielle: le but ultime des terroristes est le basculement dans la haine pour créer un processus de division allant jusqu'à l'affrontement. La population de SaintÉtienne-du-Rouvray a réagi de manière remarquable, dans le respect de tous. Je crois que les paroles du maire ont marqué les esprits. Alors qu'après le massacre de Nice, le débat public était monopolisé par les surenchères indécentes et indignes de la droite, Hubert Wulfranc a parlé de l'État de droit et de la prochaine rentrée scolaire. Ce n'est pas rien de parler de la réponse éducative dans un tel moment. Il a appelé au discernement, à prendre le temps de la réflexion. Les solutions pour faire reculer les impasses sécuritaires, autoritaires et guerrières viendront aussi des territoires, des citoyens, des élus locaux, des associations. L'orientation de ces politiques publiques de proximité et les moyens pour les mener sont une question essentielle.

Que pensez-vous de la surenchère que certains alimentent à droite ?

OLIVIER DARTIGOLLES

Surenchère, oui, attisée par la compétition des primaires, mais qui dessine un choix de société qui n'est pas celle dans laquelle nous vivons. Le problème, c'est que cette droite a été confortée et renforcée par l'exécutif au cours des derniers mois, et le 21 juillet dernier avec le vote sans débat d'une nouvelle loi « antiterroriste » qui, en plus de la prorogation de six mois l'état d'urgence ¬ ce qui est déjà très préoccupant ¬, reprend des demandes de la droite, puisées dans le programme du FN, jusque-là repoussées. Cela est d'une exceptionnelle gravité. Notre pays mérite mieux.

Cet enfermement vers le tout-sécuritaire représente-t-il un danger pour l'État de droit et la démocratie ?

OLIVIER DARTIGOLLES

Après Charlie, le gouvernement n'a pas voulu tirer le meilleur de ce que notre société et notre République sont capables. Après le 13 novembre, le débat sur la déchéance de nationalité a ouvert les vannes au pire. Cela a été mis en échec, mais que de temps perdu. Après les derniers attentats, le pouvoir accentue ce qui jusque-là n'a apporté aucune solution: un état d'urgence inefficace, une fuite en avant sécuritaire et guerrière, une politique d'austérité qui provoque des dégâts considérables pour les vies et les territoires. Ce terreau est favorable à la propagande de haine des terroristes. Ça ne va pas mieux pour notre pays et c'est pourtant un chantier prioritaire pour faire reculer les menaces. Pas mieux quand on voit la dernière note de conjoncture de l'Insee, pas mieux avec les conditions de la mort du jeune Adama Traoré et le comportement inadmissible du parquet en réponse à une famille qui demande que la vérité soit faite, pas mieux avec les provocations du patronat ¬ des annonces faites par Patrick Drahi pour SFR à la caissière d'Auchan licenciée pour 85 centimes.

«Le pouvoir accentue une fuite en avant guerrière, une politique d'austérité qui provoque des dégâts considérables pour les vies et les territoires.» Que propose le PCF face au terrorisme, sur les plans national et international ?

OLIVIER DARTIGOLLES

Le débat démocratique et pluraliste est légitime et ne peut plus être à ce point cadenassé et empêché. Nos groupes parlementaires ont fait des propositions qui tiennent non pas au renforcement de l'arsenal législatif après chaque attentat, mais à des moyens renforcés et adaptés pour la sécurité, le renseignement de proximité, la justice. L'exécutif et la droite ne parlent que de répression alors que tous les spécialistes de ces questions insistent depuis des mois, sans que leurs avis ne soient pris en considération, sur la prévention et la réinsertion. Rien ne sera réglé si on ne s'attaque pas aux origines sociales de la violence ; c'est pourquoi le secrétaire national du PCF a proposé de déclarer un état d'urgence social afin de stopper les politiques d'austérité en déployant des moyens sans précédent de l'État et des services publics dans tous les territoires de la République. Il faut dans le même temps réaffirmer, avec plus de force et de constance, que la paix est la solution. La France doit changer en profondeur sa politique internationale pour bâtir la paix, apporter des solutions pacifiques et politiques durables au Proche-Orient et en Afrique, sous maîtrise de l'ONU.

«Les décisions prises par le PCF priorisent l'irruption dans le paysage politique d'un mandat populaire.» Comment le PCF prépare-t-il la rentrée alors que se profilent la présidentielle et les législatives de 2017 ?

OLIVIER DARTIGOLLES

Pierre Laurent s'exprimera lors de l'université du PCF qui se tiendra à Angers du 26 au 28 août. Cette intervention sera importante pour la prochaine période. La grande consultation citoyenne lancée par notre parti est plus que jamais un outil qui permet d'écouter et d'échanger. Quasiment systématiquement, les personnes qui ont consacré une vingtaine de minutes pour répondre au questionnaire nous disent merci... Pour 2017, il n'y aura pas de raccourcis, de « sauveur », de formule miracle. Les décisions prises par le PCF lors de son dernier congrès priorisent l'intervention citoyenne, l'irruption dans le paysage politique d'un mandat populaire. La prochaine Fête de l'Humanité en sera le cœur battant. Ça va se voir... et surtout se vivre partout dans les allées, les stands, les débats. Ce mandat populaire trouvera sa traduction dans un pacte d'engagements communs puis dans une votation citoyenne partout dans le pays.

Je mesure bien que cette façon de faire ne rentre pas dans la manière dont la présidentielle se présente. Raison de plus, car le présidentialisme, et tout ce qu'il provoque, est un verrou au changement et à un récit émancipateur qui dépasse 2017. La droite et le Front national peuvent être mis en difficulté et être battus en 2017. Le simple fait de fixer cet objectif est une bouffée d'oxygène face aux « fatalités » qui privent notre peuple d'imaginaire et d'espérance. Il va falloir oser.

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 05:44

Reportage

Paris : les migrants chassés sans relâche

Depuis plusieurs semaines, démantèlements et contrôles d’identité se multiplient dans la capitale. Les associations accusent de harcèlement les forces de l’ordre.

Les tractopelles sont arrivées peu de temps après les forces de l’ordre. Mardi, à l’heure du déjeuner, les quelque 200 réfugiés qui dormaient à même le trottoir de l’avenue de Flandre, dans le XIXe arrondissement de Paris, ont été emmenés dans quatre bus de la préfecture de police. Le campement de fortune a été rasé dans la foulée. Une «opération de contrôle», à ne pas confondre avec les évacuations de «mise à l’abri», menées jusqu’ici avec la mairie. Et dont la dernière remonte au 22 juillet, sur le camp situé entre les stations de métro Jaurès et Colonel-Fabien. Depuis, la stratégie de la préfecture, contactée parLibération, est tout autre :«Eviter la stagnation de migrants.» Certes,«certains réfugiés se verront proposer des solutions d’hébergement à l’issue de ces contrôles administratifs». Mais pour la plupart, la police le sait,«ils vont revenir». Autrement dit,«c’est comme vider la mer à la petite cuillère». Agathe, membre du Collectif parisien de soutien aux exilé-e-s, s’en désole :«On ne sait pas combien d’entre eux seront vraiment relogés. Et, comme d’habitude, certains iront au commissariat pour identification et seront ensuite remis à la rue. Sans parler de la situation déplorable réservée aux mineurs.»

Agathe était présente la veille, lundi, quand dix camions de CRS ont débarqué«discrètement» boulevard de la Villette, selon ce modus operandi utilisé depuis une dizaine de jours.«J’étais en train de discuter avec un jeune mineur, sur un banc, raconte-t-elle.Et là, d’un coup, nous nous sommes retrouvés entourés par la police qui est arrivée sans bruit, sur la pointe des pieds. Certains réfugiés ont sauté par-dessus la barrière du boulevard pour échapper à l’interpellation.» Une vingtaine de minutes, des contrôles d’identité et une nasse plus tard, environ 30 personnes de nationalité afghane ont été placées dans deux camions de CRS. Seuls 20 d’entre eux ont été relogés depuis dans un Formule 1, la préfecture assurant que«c’est le chiffre moyen de personnes à qui [elle] propose un hébergement» dans le cadre de ces opérations. Une sélection opérée selon«leurs dossiers et situations individuelles».

Si quelques-uns se voient donc proposer des solutions - souvent précaires - depuis une dizaine de jours, de nombreuses associations dénoncent le traitement par les pouvoirs publics de ces personnes originaires du Soudan, d’Erythrée, d’Ethiopie ou encore d’Afghanistan. En cause, ces interventions policières quasi quotidiennes, souvent qualifiées de«violentes» par les demandeurs d’asile. Les bénévoles, parlent, eux, d’un«véritable harcèlement». Un programme bien rodé, que la mairie de Paris - qui préfère prendre ses distances - qualifie de«stratégie de dispersion de la part de la préfecture»(lire ci-dessous) : les réfugiés délogés sont emmenés au commissariat où ils subissent un contrôle d’identité et de situation administrative. Certains y reçoivent alors des obligations de quitter le territoire français sous trente jours… Puis sont relâchés dans la rue, sans véritables solutions alternatives.

Une version corroborée par Ahmad, la vingtaine et d’origine soudanaise. Le document le sommant de quitter la France est soigneusement plié dans sa poche. Il n’en a cure :«Je ne vais pas retourner dans une zone que j’ai quittée à cause de la guerre. Je veux juste être aidé.» A ses côtés, Jad, 26 ans, qui vient lui aussi du Soudan. En France depuis deux mois, il vit dans une insécurité permanente. Régulièrement délogé, il bouge constamment, passe d’un bout d’asphalte à un autre :«Il n’y a nulle part où aller, la police vient tout le temps nous dire de partir, on se fait gazer.» Même chose pour Ali, 18 ans, qui a quitté le camp de Jaurès puis le boulevard de la Villette, après que les policiers lui ont crié«leave, leave !» Hatheam, 22 ans, a choisi pour sa part de s’installer sur une parcelle d’herbe de la Rotonde, place Stalingrad. Il a peur :«On se dispatche, car quand on est un groupe trop gros, la police vient nous déloger.» Il se dit également amer d’avoir«quitté [son] pays en guerre pour [se] retrouver dans cette situation».

Abdou, 25 ans, a eu, lui, plus de chance : il est actuellement logé à l’hôtel, après sept mois d’errance. Mais ce Soudanais aux chaussettes jacquard et lunettes de soleil sur le nez est las :«Parfois, la vie est tellement difficile que je me dis que j’aimerais mourir, comme ça, le calvaire serait terminé.» Sur son téléphone portable, il montre une photo de la manif des migrants de samedi, bloquée par les CRS. Sur l’image, une pancarte :«Honte à la France.»

Les associatifs, eux aussi, sont à vif.«Ces interventions quotidiennes, c’est vraiment pour décourager les gens, explique l’un d’eux.Elles ralentissent les réfugiés dans leurs démarches administratives et les empêchent de s’installer.» Pierre Henry, président de France terre d’asile, se désole de la situation mais parle aussi d’un phénomène «attendu, au plein cœur du mois d’août» : «On savait que les arrivées seraient plus nombreuses, avec 50 à 100 primo-arrivants par jour à Paris et en Ile-de-France.» Aline Pailler, ex-députée européenne apparentée PCF et productrice à France Culture, est elle aussi effarée :«C’est comme ce qui s’est passé pour les Roms, personne ne leur propose de solution et on les chasse violemment de lieu en lieu… Il n’y a aucune logique dans cette manière de procéder, puisqu’ils s’installent 20 mètres plus loin. Forcément, ils n’ont pas d’autre choix.» Elle est venue, avec sa fille, apporter des vêtements -«visiblement il y a besoin de chaussures d’hommes ici !» - et ne semble pas en revenir :«C’est une honte qu’on en soit arrivé là.»

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 07:15

En juillet, les prisons françaises comptaient 69 375 détenus pour une capacité de 58 311 places. Un record qui n’avait pas été atteint depuis avril 2014.

La mission de la prison républicaine est en partie mais inséparablement de réintégrer le détenu au terme de sa détention dans la communauté civique. Quelle possibilité pour cela si les conditions de détention sont indignes et génèrent du stress, de la violence? De manière générale, le degré de civilisation d'une société se mesure à la manière dont elle traite ses êtres les plus vulnérables: vieux, enfants, bêtes, fous, prisonniers... On est loin du compte!

Cela interroge aussi sur la législation pénale: sachant qu'une bonne proportion des prisonniers sont des trafiquants de cannabis, et que la prison ne les rend souvent pas plus honnêtes et pas plus tendres, mais surtout pas plus en mesure de s'intégrer économiquement et socialement par des voies légales, n'y a t-il pas urgence à remettre en débat la dépénalisation du cannabis, pour mettre fin à toute cette économie illégale de la drogue, cet argent facilement et mal gagné pour les jeunes, qui génère aussi beaucoup de criminalité, de danger par rapport à la santé publique, en envisageant une légalisation sous contrôle public comme aux Pays-Bas?

Les partisans du "tout répressif", motivés souvent par la démagogie puisque que l'instinct populaire veut souvent semble t-il, surtout quand le discours médiatique célèbre les victimes et surmédiatise les drames indépendamment des explications rationnelles, la punition exemplaire et la plus sévère pour autrui, devraient se rendre à l'évidence: la prison, surtout quand elle est surpeuplée et manque de moyens, ne fait pas suffisamment revenir les citoyens qui ont fauté dans le droit chemin, et ne protège pas suffisamment la société.

Par ailleurs, ne faut-il pas reconnaître que la prison est aujourd'hui un moyen de gérer, très mal et de manière très inefficace et contre-productive, les conséquences pathologiques d'un système social et économique inégalitaire, qui rejette dans la marginalité sociale des périphéries urbaines et des enfants de l'immigration pour lesquels l'accès au travail et à des conditions de vie décentes est très compliqué? Ce n'est pas être angélique de rappeler que la prison est toujours un échec pour la société et que c'est une société d'intégration basée sur la justice et une volonté d'égalité d'accès aux droits, mais aussi sur des valeurs communes solides, autre chose que le capitalisme sauvage et l'argent roi, qui peuvent réduire les crimes et délits.

I. D

En juillet, les prisons françaises comptaient 69 375 détenus pour une capacité de 58 311 places. Un record qui n’avait pas été atteint depuis avril 2014. 11 000 détenus de trop!

Dans la région parisienne par exemple, celles de Fresnes ou de Fleury enregistrent des taux d’occupation de 200 %.

Adeline Hazan décrit bien les conséquences de cette surpopulation carcérale: "Que ce soit pour la société ou pour l’individu incarcéré, elle a des conséquences catastrophiques. L’administration pénitentiaire ne dispose pas d’assez de moyens pour préparer des projets de réinsertion. En outre, la forte proximité crée de la violence et des tensions entre les codétenus, mais aussi entre détenus et surveillants.

Aujourd’hui, les droits fondamentaux des détenus ne sont pas respectés, comme le droit aux liens familiaux ou le droit à la santé, puisqu’il n’y a pas assez de médecins pour voir tout le monde. Les prisons françaises sont des cocottes-minute, il pourrait se passer n’importe quoi".

" Plus on construit de places dans les prisons, plus elles se remplissent. Il faut créer un certain nombre de places, mais pas au niveau qu’on entend aujourd’hui dans la bouche de certaines personnalités politiques. L’ancienne garde des sceaux, Christiane Taubira, avait annoncé 6 000 places supplémentaires, c’est amplement suffisant.

La bonne solution face à la surpopulation carcérale, c’est de développer des alternatives à l’incarcération, comme les contraintes pénales, ou des libérations sous contrainte."

A lire en intégralité, cet article du journal Le Monde constitué d'un entretien avec Adeline Hazan, contrôleuse générale des prisons, ancienne députée socialiste: Surpopulation : « Les prisons françaises sont des cocottes-minute »

Surpopulation : « Les prisons françaises sont des cocottes-minute »
http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/08/08/surpopulation-carcerale-le-numerus-clausus-une-question-de-courage-politique-adeline-hazan-controleure-generale-des-lieux-de-privation-de-liberte-surpopulation-les-p_4980010_1653578.html

En juillet, les prisons françaises comptaient 69 375 détenus pour une capacité de 58 311 places. Un record qui n’avait pas été atteint depuis avril 2014.

Surpopulation carcérale: "les prisons françaises sont des cocottes-minute" (Marine Forestier/ Adeleine Hazan: Le Monde, 8 août 2016): 69 375 détenus pour 58 311 places, des prisonniers qui dorment sur des matelas à même le sol!
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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 06:50
Histoire secrète du Patronat, 23€ aux éditions La Découverte (2014): Fréderic Charpier, Benoît Collombat, Martine Orange, Erwan Seznec, David Servenay: un usuel à se procurer de toute urgence!

Histoire secrète du Patronat, 23€ aux éditions La Découverte (2014): Fréderic Charpier, Benoît Collombat, Martine Orange, Erwan Seznec, David Servenay: un usuel à se procurer de toute urgence!

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 05:46
Affaire de la «chemise» à Air France: El Khomri valide le licenciement du délégué CGT

8 AOÛT 2016 | PAR MATHILDE GOANEC

Contrairement à l'avis de l'inspection du travail, le ministère du travail a validé le licenciement d'un délégué syndical CGT d'Air France, impliqué dans l'affaire de la « chemise arrachée ». Une étincelle de plus dans un dossier qui hérisse le milieu syndical, dans une affaire qui sera jugée à la rentrée.

La décision est importante, dans une affaire lestée par les symboles. Le ministère du travail a validé lundi la décision d’Air France de licencier Vincent Martinez, délégué CGT d’Air France, impliqué dans la désormais fameuse affaire de la « chemise arrachée », malgré une décision contraire de l’inspectrice du travail chargée du dossier. Les quatre autres salariés concernés, dépourvus de mandats syndicaux, ont perdu leur emploi depuis plusieurs mois, sans que le ministère n’ait eu son mot à dire.

L’histoire remonte à octobre 2015, et elle a fait le tour du monde. Alexandre de Juniac, alors encore PDG d’Air France, vient de mettre fin aux négociations avec les syndicats et de dévoiler son plan pour redresser Air France. Il parle de 2 900 suppressions d'emploi, et prévoit 10 % de vols long-courriers en moins. Très vite, la manifestation organisée en contestation à ces annonces dégénère sur le parvis de l'entreprise. Plusieurs manifestants s’engouffrent dans le siège de l’entreprise, occupent la salle de réunion où a lieu le comité central d’Air France.

L’arrivée inopinée des salariés provoque le départ précipité des membres de la direction, dont le DRH Xavier Broseta, ainsi que le numéro deux de la compagnie, responsable des vols long-courriers, Pierre Plissonnier. Poursuivis par les manifestants, les deux hommes sont finalement évacués par des vigiles, et se voient obligés de sauter par-dessus les grilles qui encadrent le siège social, leurs costumes en charpie, pour échapper à la colère. Très vite, le premier ministre tranche la polémique, traitant les salariés de « voyous » et entraînant derrière lui une large partie de la classe politique. Xavier Broseta et Pierre Plissonnier s’en tirent eux avec sept jours d’incapacité totale de travail (ITT), et les vigiles qui les entourent avec 0, 4 ou 5 jours d’ITT, selon les cas.

La réponse des autorités est néanmoins sévère. Les mis en cause sont interpellés chez eux, au tout petit matin, et subiront pour certains près de 30 heures de garde à vue, ce qui provoquera des réactions outrées du monde syndical. « Les conditions de cette interpellation volontairement mise en scène pour criminaliser des salariés ayant pris part à un mouvement social sont particulièrement scandaleuses », déclarait ainsi le syndicat Sud aérien, interrogé à l’époque par Mediapart.

La direction ainsi que deux vigiles d’Air France (l’un d’eux a fait un malaise de quelques minutes au moment des incidents) déposent une dizaine de plaintes. En fin de compte, quinze salariés d’Air France sont poursuivis, pour avoir participé aux échauffourées. Cinq d’entre eux sont poursuivis pour violences en réunion, les dix autres pour des dégradations, notamment sur la grille d’entrée du siège d’Air France. Le procès, initialement prévu pour décembre 2015, a été reporté deux fois sous la pression des avocats, et devrait se tenir les 27 et 28 septembre prochains.

L’entreprise n’a cependant pas attendu la condamnation judiciaire possible pour statuer. Elle a lancé illico les sanctions disciplinaires, et licencié cinq salariés pour violences diverses. Avec quelques incongruités : comme Mediapart le révélait en décembre dernier, le premier salarié licencié par Air France n’a pas été mis en cause par les enquêteurs, et ne fait pas partie des employés ayant à répondre devant la justice. Inversement, l’un des hommes poursuivis en justice pour violences l’a été à la suite d'une plainte d’un vigile, mais il ne fait l’objet d’aucune procédure de la part d’Air France.

Par ailleurs, le dossier judiciaire lui-même est moins limpide qu'il n'y paraît : Lilia Mhissen, avocate de trois salariés poursuivis pour violences, et de neuf autres pour dégradations, a dénoncé une enquête policière pilotée par le parquet, bouclée en moins de deux semaines par la police aux frontières de Roissy, et reposant presque exclusivement sur des images très difficiles à interpréter au vu du nombre de manifestants présents sur les lieux. Savoir qui a ou n'a pas tiré sur la fameuse chemise s'avère également plus complexe que prévu. « Il est rapidement apparu que la densité et la mobilité de la foule rendaient extrêmement complexes les identifications formelles d'individus s'étant rendus coupables de faits délictuels », ont par exemple indiqué les enquêteurs sur des PV du dossier que Mediapart a pu consulter (lire ici en détail le papier de Dan Israël). Ou encore : « La confusion est telle qu'il est impossible de distinguer des éventuels auteurs de violences ou de dégradations. »

Restait également pour Air France une incertitude sur le sort de Vincent Martinez, cinquième salarié mis en cause par la justice, délégué syndical, donc légalement davantage protégé. L’inspection du travail a statué le 20 janvier 2016 en demandant sa réintégration. Comme elle en a le pouvoir, la direction d’Air France a ensuite sollicité l’avis du ministère, qui a finalement choisi d’aller contre l’inspection du travail, et validé le licenciement. Le dossier judiciaire n'est cependant pas plus explicite sur son cas que sur le reste. Devant les policiers, Vincent Martinez a reconnu avoir poussé un vigile, mais expliqué que c’était parce qu’ils s’étaient déjà affrontés quelques instants plus tôt, et que le vigile l’avait insulté et lui avait donné des coups. Il aurait voulu se venger, sans vouloir faire de mal à Xavier Broseta, qu’il n’avait pas reconnu. Il présente à plusieurs reprises ses excuses pour ce « mauvais geste », mais rejette toutes les autres accusations d’Air France, qui lui attribue une autre bousculade, où il repousse un second employé d’Air France.

Vincent Martinez a également expliqué aux enquêteurs qu'à l'aube de cette journée fatidique, il a été bombardé membre du service d’ordre et tenté à de nombreuses reprises de protéger les cadres dirigeants. Une version que la direction réfute, mais qui est confirmée par une vidéo dénichée par le site d’information Les Jours, où l’on voit le cégétiste s’interposer entre la foule et Pierre Plissonnier.

Pour le ministère, cette décision de confirmer son licenciement est « cohérente avec le licenciement des quatre autres salariés impliqués dans le même dossier, qui ne bénéficient d’aucun mandat syndical ». La dernière issue pour le salarié est désormais de former un recours de la décision de la Direction générale du travail devant le tribunal administratif, en parallèle du procès en correctionnelle. Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a jugé de son côté cette décision « éminemment politique », et condamné l’attitude « revancharde » du gouvernement dans cette affaire.

L’annonce tombe effectivement au plus mal sur le front social. Chez Air France, l’arrivée du nouveau PDG Jean-Marc Janaillac a été saluée la dernière semaine de juillet par une semaine de grève dure. Hôtesses et stewards refusent que l’accord concernant leurs conditions de travail soit revu tous les 17 mois, contrairement aux autres catégories de personnel. La grève a été très suivie, et l’affaire de la chemise reste un puissant carburant. Par ailleurs, les procès mettant en cause des syndicalistes se multiplient. Les huit salariés Goodyear, accusés d’avoir séquestré et violenté leur ancien dirigeant, ont été condamnés à 8 mois de prison ferme mais font appel de la décision. Le procès se tiendra en octobre 2016 (voir notre Espace de travail consacré au sujet ici). Cinq militants anti-loi Travail sont également poursuivis pour avoir bloqué le centre-ville d’Amiens et leur procès aura lieu le 27 septembre dans cette ville.

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 05:41
Retenue à la source de l'impôt sur le revenu : attention, un prélèvement peut en cacher d'autres...!

Jean-Marc Durand

Membre de la Commission économique du PCF

Dans la préparation de la loi de finances 2017, une question occupe une place centrale : le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu en 2018. Présenté comme une simplification du paiement de cet impôt, le prélèvement à la source ne serait-il pas le cheval de Troie d'une refonte de l'ensemble de la sphère des prélèvements fiscaux et sociaux ?

Un fait tend à valider cette hypothèse : c'est la confusion qui entoure les modalités d'application de ce prélèvement. Les « usines à gaz » servent souvent d'écran de fumée à des projets encore inavouables. Ainsi, à propos de la confidentialité des revenus autres que salariaux, il serait possible de conjuguer divers types de paiement : un prélèvement à la source par l'employeur ou un prélèvement « à l'ancienne » ou exécuté par les banques. Et il y a aussi le taux neutre. C'est le contribuable qui le proposerait à son employeur pour ne pas révéler ses autres sources de revenus ou ceux de son conjoint. Cela reviendrait à ce que chacun déclare pour lui seul. Et puis il y a le Medef qui fait grise mine : projet trop compliqué, trop de charge de travail, dit-il ! Une seule chose serait à peu près certaine à ce jour, l'année 2017 serait une année fiscale blanche en matière d'impôt sur les revenus salariaux et assimilés.

Il est bon de le répéter, en matière de simplification, de sécurité et de régularité du recouvrement des rentrées fiscales, l'administration dispose avec la déclaration préremplie et la mensualisation d'outils efficaces. Sur 17,5 millions de contribuables payant l'impôt sur le revenu, 10,4 sont mensualisés.

Alors cherchons l'erreur ou plus exactement le véritable moteur de cette réforme. Cet objectif n'est d'ailleurs pas un secret : c'est la fusion entre l'impôt sur le revenu et la CSG. Le président, François Hollande lui-même, en a fait un objectif, reprenant en cela le projet initial du père de la CSG, Michel Rocard. En fusionnant un impôt progressif et un impôt proportionnel, on ferait entrer dans le nouvel impôt sur le revenu des milliers de contribuables jusque-là non imposables car disposant de trop faibles revenus, devenus ainsi captifs face aux aléas des hausses de taux ou de variation de tranches futurs.

Mais c'est aussi le moyen de franchir un nouveau pas vers la fiscalisation des recettes de la protection sociale, notamment de la branche santé, et donc d'accélérer le désengagement du patronat de ce financement par le biais des cotisations. Dans un premier temps, ce sont 25 milliards d'euros, montant des allégements de cotisations sociales patronales, que le gouvernement souhaiterait « barémiser » et ainsi graver dans la loi de financement de la protection sociale, voire pour ensuite faire basculer des cotisations sociales vers la fiscalité

Là ne s'arrêtent pas les évolutions sous-tendues par le prélèvement à la source. Même si aujourd'hui seul l'impôt sur les revenus salariaux entre dans cette épure, d'autres, comme les impôts locaux, notamment la taxe d'habitation, déjà très souvent mensualisés, pourraient suivre. Au-delà, c'est l'architecture de l'impôt sur le revenu et les fondements de la politique familiale qui pourraient être très fortement chamboulés.

Derrière le taux neutre, donc la possibilité pour chaque membre du foyer fiscal de choisir son type d'imposition, s'ouvre la voie à une remise en cause de la notion de foyer fiscal et avec lui du quotient conjugal et familial. Cela fait de nombreuses années qu'à divers prétextes, y compris de l'égalité femme-homme et de l'équité fiscale, les notions de quotient conjugal et de quotient familial sont attaquées.

Même s'il est nécessaire de réfléchir aux moyens de préserver, y compris sur le terrain fiscal, l'égalité femme-homme et d'agir pour mieux mettre à contribution les hauts revenus, il est un fait avéré : la suppression du quotient conjugal entraînerait une augmentation globale de l'impôt sur le revenu payé par un couple et celle du quotient familial rendrait plus de 9 millions de foyers fiscaux perdants (Rapport des services de Bercy de 2013).

Enfin, si le Medef rechigne à appliquer ce système, c'est surtout pour la forme ! Qui mieux que lui peut évaluer les liquidités supplémentaires dont les entreprises pourront ainsi momentanément disposer ? Et il n'a certainement pas oublié que Bercy avait évalué à 1,5 milliard d'euros le coût de la gestion de l'impôt sur le revenu, manne qu'il n'a cessé de convoiter.

Par contre, il y a fort à parier que le gouvernement prenne prétexte de cette réforme pour à nouveau réduire les moyens de l'administration fiscale. Pour 2017, 1 200 suppressions d'emplois sont déjà programmées, ce qui porte à 36 000 les suppressions d'emplois au ministère des Finances en quinze ans. Or, la retenue à la source n'allégera en rien le travail des services. Au contraire, il le complexifierait, d'une part parce que les contribuables devront toujours remplir une déclaration et qu'il faudra vérifier les montants déclarés et les montants payés. D'autre part parce que vont perdurer divers types de paiement de l'impôt et qu'il faudra répondre aux demandes de régularisation des contribuables, car, une chose est certaine, le prélèvement à la source n'est qu'un acompte sur l'impôt dû.

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 05:38
71 ans après le bombardement atomique d'Hiroshima et de Nagasaki : le 24 septembre prochain, marchons tous ensemble pour la paix

Roland Nivet

porte-parole du Mouvement de la paix

Vouloir augmenter les crédits consacrés aux armes nucléaires au nom de la sécurité de la France est déraisonnable. C'est pourtant l'objectif envisagé par JeanYves Le Drian, ministre de la Défense, lors de l'émission Bibliothèque Médicis, en proposant leur augmentation de l'ordre de 40 % dans les prochaines années afin, en particulier, de renouveler en totalité la flotte de sous-marins nucléaires. Sarkozy propose une augmentation de 60 %. En quoi les armes nucléaires améliorent-elles notre sécurité contre les actes terroristes commis par des assassins qui se revendiquent de Daech ou que Daech revendique comme ses soldats ? En quoi les milliers d'armes nucléaires possédées par les États-Unis ont-elles protégé ce pays contre les attentats du 11 Septembre ?

Ces faits montrent que le projet de renouveler en totalité la flotte de sous-marins nucléaires de la force océanique stratégique (Fost) ¬ dont le dernier exemplaire a été livré en 2010 ¬ ne peut en rien contribuer à mieux assurer notre sécurité en France.

Dès 1989, des généraux et amiraux ont lancé un appel pour dire que « les armes nucléaires sont juridiquement illégales, militairement inutiles, dangereuses, économiquement coûteuses et éthiquement inadmissibles ».

Oui, les armes de destruction massive, dont les armes nucléaires, sont illégales et contraires au droit humanitaire. C'est ce qu'a rappelé l'Assemblée générale des Nations unies en 1961 à travers une résolution affirmant que l'utilisation des armes nucléaires était un crime contre l'humanité et la civilisation. C'est pourquoi des conventions d'interdiction et d'élimination des armes chimiques et bactériologiques ont été adoptées. C'est aussi pourquoi le traité de non-prolifération prévoit en son article 6 leur élimination. C'est pourquoi les deux tiers des États du monde ont voté à l'ONU en décembre 2007 pour l'éta-blissement d'une convention d'élimination des armes nucléaires. C'est pourquoi, il y a quelques années, le secrétaire général des Nations unies a présenté les 100 raisons de demander leur élimination.

Au plan mondial, des milliers d'associations et d'ONG, les deux tiers des États du monde, des milliers de maires à l'initiative du maire d'Hiroshima, des milliers de parlementaires, les organisations syndicales via la CSI, le pape, la Croix-Rouge exigent un traité d'interdiction et d'élimination. Persister dans la volonté de moderniser les armes atomiques, dont l'utilisation risquerait d'entraîner une catastrophe humanitaire pouvant provoquer la destruction de l'humanité, est irresponsable. Alors, pourquoi les neuf États possédant des armes nucléaires, dont la France, s'entêtent-ils dans leur modernisation ? Neuf États sont-ils capables de violer impunément et durablement le droit international ?

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