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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 09:26
La fin des tracts électoraux bien à l'ordre du jour

La fin des tracts électoraux bien à l'ordre du jour

Malgré deux tentatives lors des projets de lois de finances de 2014 et 2015, le gouvernement persévère.

Faustine Loison, Graphiline: La fin des tracts électoraux bien à l'ordre du jour
http://www.graphiline.com/article/23994/fin-tracts-electoraux-bien-a-l-ordre-jour

C'est une économie de près de 170 millions d'euros qu'attend l'État de l'article 52 du projet du budget 2017 présenté mercredi 28 septembre. Le texte propose la dématérialisation de la propagande électorale,et ce, dès les élections présidentielle et législatives de 2017. L'envoi de ces documents aux citoyens serait remplacé par leur mise en ligne sur un site internet public et leur mise à disposition au sein des mairies, préfectures et sous-préfectures.

"Substituer à l'envoi des circulaires des candidats leur mise en ligne sur un site internet public devrait assurer un meilleur accès à la propagande, susceptible de favoriser une meilleure participation et de réduire l'impact environnemental", affirme le ministère de l'Économie et des Finances.

L'économie nette attendue de ce changement pour les élections de 2017 s'élève à 168,9 millions d'euros dont 68,3 millions pour les élections législatives et 100,6 millions pour la présidentielle. Ce montant tient compte de coûts des mesures d'accompagnement et la campagne d'information (estimés à 8 millions d'euros).

L'État prend en charge les frais liés à la mise sous pli de ces documents, leur affranchissement et rembourse le coût du papier et l'impression des circulaires et bulletins de vote aux listes de candidats ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés.

En Guyane, en Guadeloupe, en Martinique, à La Réunion, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, dans les îles Wallis-et-Futuna, à Mayotte, à Saint-Barthélemy, à Saint Martin et à Saint-Pierre-et-Miquelon, l'envoi et la distribution des circulaires imprimées aux électeurs serait maintenue.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 11:44
Suppression des trains de nuit: André Chassaigne interpelle le gouvernement à l'assemblée nationale

vendredi 30 septembre 2016

M. André Chassaigne a interrogé, dans une question écrite à l’Assemblée nationale, le gouvernement sur la suppression des trains de nuit. Il dénonce l’annonce par le Gouvernement d’une probable réduction drastique des dessertes assurées par les trains d’équilibre du territoire (TET) conformément aux préconisations du rapport Duron. Cette perspective, partant du constat de vétusté du réseau, oublie sciemment la responsabilité de l’État dans cette situation. En effet, le choix exclusif de privilégier le développement du réseau TGV, en sacrifiant l’entretien des autres trafics tout en laissant courir la dette de la SNCF, conduit à l’abandon de nombreuses dessertes TET pour ne conserver que les plus rentables. Il note avec inquiétude que cette politique, qui organise aussi la quasi-disparition des trains de nuit, sacrifie un peu plus le service public et l’aménagement des territoires.

Il précise que les 6 lignes qui assurent des dessertes de nuit représentent pourtant annuellement 75 millions € de recettes et 1,2 millions de passagers. Alors que les émissions de gaz à effet de serre liées au transport routier repartent à la hausse, et après la loi Macron qui a amplifié le transport par autocar, le Gouvernement fait le choix de réduire encore le transport ferroviaire. M. le député dénonce l’incohérence de ces choix qui prennent le contre-pied des objectifs du Grenelle de l’environnement et des récents engagements de la COP 21.

Dans ces conditions, il souhaite clairement connaître les intentions du Gouvernement au sujet des trains de nuit et plus généralement les orientations en matière de transport ferroviaire assuré par les TET.

Suppression des trains de nuit - conséquences - politique ferroviaire

M. André Chassaigne interroge M. le secrétaire d’État, auprès de la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, chargé des transports, de la mer et de la pêche sur la suppression des trains de nuit. Il dénonce l’annonce par le Gouvernement d’une probable réduction drastique des dessertes assurées par les trains d’équilibre du territoire conformément aux préconisations du rapport Duron. Cette perspective, partant du constat de vétusté du réseau, oublie sciemment la responsabilité de l’État dans cette situation. En effet, le choix exclusif de privilégier le développement du réseau TGV, en sacrifiant l’entretien des autres trafics tout en laissant courir la dette de la SNCF, conduit à l’abandon de nombreuses dessertes TET pour ne conserver que les plus rentables. Il note avec inquiétude que cette politique, qui organise aussi la quasi-disparition des trains de nuit, sacrifie un peu plus le service public et l’aménagement des territoires. Il précise que les 6 lignes qui assurent des dessertes de nuit représentent pourtant annuellement 75 millions de recettes et 1,2 millions de passagers. Alors que les émissions de gaz à effet de serre liées au transport routier repartent à la hausse, et après la loi Macron qui a amplifié le transport par autocar, le Gouvernement fait le choix de réduire encore le transport ferroviaire. M. le député dénonce l’incohérence de ces choix qui prennent le contrepied des objectifs du Grenelle de l’environnement et des récents engagements de la COP 21. Dans ces conditions, il souhaite clairement connaître les intentions du Gouvernement au sujet des trains de nuit et plus généralement les orientations en matière de transport ferroviaire assuré par les TET.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 07:47
«Voyage en barbarie » par Valentine Goby - lettre à mon père

Fête de l'Humanité

Mardi, 13 Septembre, 2016

L'Humanité

Par Valentine Goby écrivaine

Depuis le village provençal et les champs de fleurs de mon enfance, on ne tolérait les communistes que caricaturés par Thierry Le Luron et le Bébête show – tu te souviens papa ? Le rituel candidat PCF à la mairie de Grasse s’appelait Vassallo, hélas. 1981 sonnait comme une catastrophe, j’avais 7 ans, on s’était étonné que les chars russes n’entrent pas dans Paris. Georges Marchais parlait trop fort, les cheveux des communistes étaient longs et gras, les manifs sentaient la merguez – moi, j’étais fille de parfumeur, j’étais soûlée d’essences pures rapportées de l’usine et de pépiements d’oiseaux. Le Journal de Mickey m’était autorisé, avec ses porte-clés clignotant sous blister, Pif Gadget non, trop vulgaire, comme étaient trop vulgaires Coluche et Serge Gainsbourg. Ma tête de 19 ans, apparue un soir dans le JT de France 2 barrée d’un autocollant du syndicat étudiant AGE-Unef, a dû te faire l’effet d’une mauvaise blague, papa. Mes oncles, puisque ce sont les hommes qui chez nous parlaient politique, soutenaient qu’à Sciences-Po on me retournait le cerveau – repaire de gauchistes, entendais-je –, et ce n’était pas faux, ce qui dans leur langage signifiait bobos intellos ou ploucs sans culture, et plus d’une fois j’ai quitté mâchoires serrées le repas familial. J’imagine que « Fête de l’Huma » évoquait pour eux, pour toi peut-être, quelque chose d’un repère de barbares, version allégée de l’homme au couteau entre les dents. Des barbares, autrement dit des étrangers – disant ce mot, on oublie qu’on désigne aussi la norme qui nous retient.

C’est la littérature qui m’a conduite à La Courneuve. Les livres d’histoire de mon enfance m’avaient ouverte au roman social, naturaliste des Zola et Hugo, c’est dans leurs pas romantiques que j’ai voulu écrire pour être soulevée de terre. Je suis entrée à la Fête de l’Huma par le village du livre. Thomas est là aussi, mon ami d’enfance, son père et toi avez traversé 68 reclus dans votre chambre de la rue Champollion, après avoir assisté, te faisant passer pour un ouvrier, aux débats affligeants, dis-tu, de la Sorbonne. Vous êtes la frontière transgressée.

Tu avais raison, papa, la Fête de l’Huma est saturée de drapeaux rouges, de slogans radicaux anticapitalistes, des haut-parleurs scandent fort les chiffres des inégalités dans le monde, et des militants t’arrêtent aux carrefours : « Tu n’as pas encore ta carte ? » – au Parti bien sûr – ; non, je ne suis pas communiste. Ça sent la bière, la saucisse grillée, l’herbe à fumer, la sueur de milliers de corps debout depuis des heures sous le franc soleil après avoir dansé, chanté, peu dormi. Les musiques s’entrechoquent, te vrillent les tympans, ta voix casse pour les vaincre.

Toi qui as fait le tour de la Terre pour trouver des plantes à parfum, parcouru 70 pays en 40 ans, tu pourrais comme moi au village du monde traverser la planète le temps d’un repas et pour quelques sous : La Réunion et son rhum arrangé, la Chine du porc au caramel, la Palestine au goût de miel via le Marocet sa soupe harira. Sinon, tous les terroirs sont disponibles, leurs vins, leurs accents, huîtres, pâtés, homard grillé et pommes de terre sous la cendre, tartiflette, cacasse à cul nu et même, en cas de nostalgie, juré : un aïoli. Je pense avec tristesse à ces parcs de répliques miniatures à Las Vegas ou à Shenzhen, d’où on saisit d’un seul regard tour Eiffel, pyramides de Gizeh, Taj Mahal, Angkor Vat et chutes du Niagara habités par personne, pauvres de leur silence, de leur immobilité, de leur absence de sueur. Ici, à La Courneuve, on ne voit pas le monde en petit, papa, mais un pays en grand.

Il y a un cirque et une scène de contes pour enfants, des concerts rock et des matchs de rugby-fauteuil, du tir à l’arc, des boutiques éphémères de chapeaux, de vêtements africains, une agora géante pour les débats mais tous les stands en bruissent, basse continue et vivante, ça parle travail, écologie, culture, agriculture, éducation. Tu peux dormir sur des coussins fatboys, danser la samba, trouver une mutuelle, dialoguer avec des féministes d’OLF, des adeptes du naturisme, des libraires, des éditeurs d’art et delittérature, toucher un robot prototype d’aide à la personne, t’initier à l’espéranto, adhérer au Secours populaire, accompagner en photos le périple de réfugiés syriens, découvrir l’imprimerie de Tremblay et le rucher-école de Montreuil ou l’écrivain-aventurier Jack London – le bordel quoi, je t’entends déjà. Ce n’est pas la fête des barbares mais de la parole, le barbare étymologique c’est l’homme qui ne parle pas ta langue, ici elle circule et enfle, se heurte, vibrante, épuisante, refuse toute fatalité et c’est sa grandeur, même quand elle échoue ; c’est le vrai matériau de la Fête, le plus pauvre et le plus dense. Et toi la tchatche, papa, ça te connaît.

Tu aurais j’en suis sûre, comme moi, aimé les colliers d’Elsa Triolet exposés dans la halle Léo-Ferré, d’ordinaire conservés – le découvrir confère soudain à ce lieu éprouvé une grâce inattendue – par la ville de Saint-Étienne-du-Rouvray. Des colliers en cachets d’aspirine, paille et bandes de carton, perles de verre, cuir frangé, anneaux pour harnais de chevaux, pâte à papier enduite de nacre à défaut de coquillages réels, boules de cotillon en coton compressé, catadioptres de vélo recyclés, « ces joyaux faits de rien sous tes doigts orpailleurs / Ces cailloux qui semblaient des fleurs », écrivait Aragon, avec des mots qu’on poserait sur des cadeaux d’enfants pour la fête des Mères, et qui désignent ici des splendeurs prisées par les maisons Poiret et Schiaparelli – je pense, forcément, parce qu’ils ont peuplé un de mes romans, à ces bijoux faits de bois, de mie de pain et de pièces électriques volées aux usines Siemens par les déportées de Ravensbrück. Bijoux « impondérables », disait Elsa Triolet, parce qu’ils défient la pesanteur, tel ce collier en crin blanc, « de neige et de rêve ». Elle n’avait pas d’argent, et voulait les valises de bijoux légères aux bras d’Aragon, qui les vendait à l’autre bout de Paris, ou du monde. Matériaux pauvres et qui résistent, ce qui fait leur noblesse, se tordent, s’altèrent, exigent un travail qui les complexifie, les enrichit, deviennent beaux de ce travail.

On a fait ça, enfants, tu te souviens ? Maman gardait les boîtes de Vache qui rit, les cartons à chaussures, les bouts de laine cardée rescapés de son métier à tisser. La maison était belle, l’oliveraie immense. Mais nos palais étaient cabanes, notre piscine un jet d’eau. On ne trichait pas : on avait de l’imagination. On jouait aux alchimistes, aux orpailleurs, vous trouviez ça génial. C’est exactement ce que je comprends de cette Fête de l’Huma, papa, elle résiste, elle enchante à partir de rien, une chanson, un plat chaud, des paroles en suspension dans l’air dont on fait des poèmes et des armes, choses simples, gratuites et pourtant sans prix, dont naissent de la complexité, de la beauté ; comme de pétales de fleurs, de mousses et d’écorces naissent des parfums.

Peut-être bien que tu es un barbare.

http://www.humanite.fr/

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 06:01
887 usines fermées depuis 2012: les raisons d'une débâcle industrielle (L'Humanité, 28 septembre 2016)

887 usines fermées depuis 2012 : les raisons d’une débâcle industrielle

MERCREDI, 28 SEPTEMBRE, 2016

L'HUMANITÉ

Selon une étude de l’observatoire de l’investissement Trendeo, la désindustrialisation n’a pas cessé depuis 2009. Et la politique de l’offre, matraquée par le gouvernement Hollande-Valls, ne produit pas les effets escomptés. Lire la suite

Il en va de la désindustrialisation de la France comme de la cause humaine du dérèglement climatique. Étude après étude, le doute n’est plus permis sur sa réalité. Pis, les chiffres que nous publions du cabinet Trendeo, qui scrute l’évolution du nombre des usines en France, montrent que le tissu productif du pays continue de s’effilocher sans interruption ou presque depuis 2009 et la propagation de la crise mondiale. Compilées sur les durées respectives des mandats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, les données font apparaître une véritable hécatombe, que l’action du président socialiste ces quatre dernières années n’a pas freinée. De l’été 2012 au printemps 2016, 887 sites industriels ont fermé leurs portes en France, contre 609 inaugurés durant la même période, soit une perte nette de 278 usines. Sur une période un peu plus courte – trois ans et demi –, de début 2009 à la mi-2012, le bilan du prédécesseur de Hollande à l’Élysée s’élevait à 329 usines de moins. Une érosion au rythme comparable si l’on excepte la terrible année 2009 et son printemps meurtrier. Autant dire, dans ce contexte, que les Alstom montés de Belfort et d’autres sites du groupe au siège de l’entreprise, hier, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) pour sauver l’usine franc-comtoise en réclamant d’autres choix industriels s’engagent dans une lutte dont l’enjeu est politique au sens noble. Lire la suite

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 05:31
Le maire (FN) de Hayange prive de local le secours populaire, jugé trop "pro-migrants"

Ils ont bien raison, les fachos, de considérer que le "Secours Populaire" n'est pas de chez eux et ne mange pas de leur pain xénophobe. Julien Lauprêtre, le président du Secours Populaire depuis 58 ans, a été arrêté comme résistant avec le groupe Manouchian et est l'infatigable avocat d'une France d'accueil, d'inclusion de tous, d'égalité des droits, de fraternité et de tolérance. Sa dernière émission sur France Inter dans Périphéries animée par Claire Servajean le 2 septembre était juste bouleversante tant son discours humaniste et profond détonne dans l'ambiance du moment:

https://www.franceinter.fr/emissions/une-semaine-en-france/une-semaine-en-france-02-septembre-2016

Le maire (FN) de Hayange prive de local le Secours populaire, jugé trop "pro-migrants"

JEUDI, 29 SEPTEMBRE, 2016

L'Humanité

La municipalité (FN) de Hayange (Moselle) menace d'expulser dans les jours à venir l'antenne locale du Secours populaire qui occupait jusqu'à présent un local municipal à titre gratuit, et à qui elle reproche de mener une "propagande pro-migrants", a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Le Secours populaire est prié de quitter les lieux au plus tard vendredi, a dit à l'AFP le maire (FN) Fabien Engelmann, précisant que ce jour-là un huissier de justice se présenterait sur place et qu'ensuite, le cas échéant, une procédure d'expulsion serait lancée. "Nous n'avons pas l'intention de rendre les clefs, ni de partir. Nous n'avons pas vidé ni nettoyé le local. Nous voulons continuer à venir en aide à nos 776 bénéficiaires", a dit de son côté à l'AFP Anne Duflot-Allievi, la présidente du comité local de l'association caritative.

Les locaux en question, où sont stockés des denrées alimentaires et des vêtements à destination des personnes à faible revenu, "sont occupés sans bail", par une "succursale du Parti communiste", s'est justifié le maire. "Je n'ai rien contre le Secours populaire", mais (à Hayange) la présidente et le trésorier sont des militants du PC, qui font de la propagande pro-migrants toute l'année" et "utilisent l'image du Secours Populaire pour faire de la politique".

"On n'est pas dans la politique, le seul combat qu'on mène c'est contre la misère", a répondu Mme Duflot-Allievi. "Le maire nous reproche d'aider les migrants, mais nous on aide tout le monde", a-t-elle ajouté. "Ce qui me fait le plus mal au coeur, c'est que si on perd le local, on ne pourra plus aider les personnes dans la misère. Ce sera la mort du Secours populaire à Hayange", a déploré la responsable.

Selon la présidente de l'association caritative, le maire lui reproche des propos qu'elle a tenus au journal Libération en décembre 2015, à propos d'un goûter de Noël dont les enfants de migrants auraient été exclus sur décision de la municipalité.

"Engelmann a décidé que seuls pourraient venir (à ce goûter) ceux dont les parents touchent les minima sociaux, donc exit les migrants!", avait alors déclaré Mme Duflot-Allievi au quotidien national. Selon elle, le maire reproche également au Secours populaire d'avoir travaillé, lors d'un événement caritatif, avec l'association "Hayange, plus belle ma ville", opposante notoire à la munipalité FN.

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 12:05

En onze ans, le nombre de SDF augmenté de 50%

jeudi 29 septembre 2016

Selon une étude de l’Insee et de l’Ined le nombre des SDF a progressé de près de 50% entre 2001 et 2012.

En 2012, il y avait ainsi 140 000 sans abris en France.

- un quart d’entre eux travaillent

- 10% ont fait des études après le bac

Dans les agglomérations de 20 000 habitants ou plus, le nombre de sans-abris dans ces villes a progressé en onze ans de 58%, et la progression du nombre d’enfants a été plus rapide que celle du nombre d’adultes (respectivement 85% et 49%).

Au cours d’une semaine de collecte, 103 000 adultes ont utilisé les services d’hébergement ou de distribution de repas.

Parmi eux, 81 000 sont sans domicile (80 %) ; les autres bénéficiaires sont soit locataires ou propriétaires de leur logement (11 %), soit dans une autre situation sans logement personnel (9 %).

Ces derniers peuvent alors être hébergés par un tiers (famille ou connaissance), occuper un squat, ou louer une chambre d’hôtel.

Le nombre de sans-domicile en 2012 n’est pas directement comparable à celui de l’enquête Sans-domicile de 2001.

En effet, en 2012, le champ de l’enquête a été élargi, avec notamment la prise en compte des bénéficiaires de distributions de petits-déjeuners. Si l’on se limite aux mêmes types de services qu’en 2001, le nombre d’adultes sans-domicile dans les agglomérations de plus de 20 000 habitants a progressé de 44 % entre 2001 et 2012.

Parmi les 81 000 adultes sans-domicile usagers de ces aides, 47 % sont de nationalité française, 18 % sont des étrangers non francophones, 35 % sont des étrangers francophones. Un cinquième des sans-domicile étrangers sont nés en Europe (22 %).

La part des étrangers parmi les sans-domicile est ainsi passée de 38 % en 2001 à 53 % en 2012. Elle est près de neuf fois plus élevée que dans la population de France métropolitaine.

Cette hausse s’explique en partie par l’augmentation du nombre de demandeurs d’asile qui n’ont pas de place dans les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) et s’orientent donc vers les services d’aide aux sans-domicile. Les 81 000 adultes sans domicile usagers des services d’aide étaient accompagnés de 30 000 enfants. En incluant les 8 000 personnes sans-domicile des communes rurales et des agglomérations de moins de 20 000 habitants et les 22 500 personnes dépendant du dispositif national d’accueil des étrangers (essentiellement les CADA), on estime qu’environ 141 500 personnes étaient sans-domicile en France métropolitaine. L’augmentation depuis 2001 est de l’ordre de 50 %.

La suite de l’étude porte uniquement sur les 66 300 adultes francophones sans-domicile des agglomérations d’au moins 20 000 habitants.

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 11:48

Où sont les 60 000 postes promis dans l’éducation ?

LE MONDE | 28.09.2016

Par Camille Stromboni et Aurélie Collas

Sur le papier, le compte est bon : 60 000 postes auront été créés dans l’éducation sur le quinquennat.

Le ministère de l’éducation nationale a annoncé, mercredi 28 septembre, la création de 12 800 postes en 2017.

Si on y ajoute les 47 200 emplois déjà créés depuis 2012, l’objectif est atteint.

L’engagement du candidat François Hollande à l’élection présidentielle de 2012 « est tenu », s’est félicitée sa ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem. « A ceux qui doutaient qu’on y arriverait, et bien ça y est, c’est fait ! »

Après des années de disette budgétaire sous la droite (près de 80 000 postes supprimés), la gauche s’était engagée à « réinvestir dans les moyens humains » au nom de la « priorité à la jeunesse ».

La programmation de 60 000 nouveaux emplois sur cinq ans était un préalable à sa « refondation de l’école » inscrite dans la loi d’orientation de 2013.

Dans le détail, 54 000 postes sont affectés à l’éducation nationale, 5 000 à l’enseignement supérieur et 1 000 à l’enseignement agricole.

Des moyens concentrés sur certains territoires

Reste à savoir où sont passés ces postes. Si les crédits sont bel et bien affichés dans les lois de finances successives, dans la réalité, le ressenti est différent. Les moyens mis en œuvre ne sont pas toujours visibles, comme le pointait le rapport du comité de suivi de la loi sur l’école, paru en janvier. Les parents se plaignent toujours d’absences de professeurs non remplacées, les syndicats d’enseignants dénoncent toujours des classes trop chargées, et les rectorats ont toujours recours à du personnel précaire pour pallier les besoins. L’explication de ce paradoxe tient à plusieurs facteurs.

Interrogée à ce sujet lors de la présentation du budget 2017, mercredi 28 septembre, la ministre a rappelé que « les moyens n’étaient pas affectés indifféremment partout. Ils ont été concentrés dans les territoires qui en avaient le plus besoin ».

Surtout, tous les postes créés ne correspondent pas à des enseignants titulaires en plus dans les classes.

Dans l’éducation nationale, près de la moitié des nouveaux moyens (26 000) sont en réalité des postes de stagiaires, dont le nombre est dû au rétablissement de l’année de formation en alternance que la droite avait supprimée en 2007.

Dans sa répartition, le ministère inclut aussi des personnels non enseignants – 600 personnels médico-sociaux et 450 administratifs –, ainsi que des contractuels – 4 250 emplois d’aide aux élèves handicapés et 2 150 assistants d’éducation (AED, principalement des surveillants).

Dans les rangs syndicaux, le fait que ces contrats soient intégrés dans le calcul des 60 000 postes agace un peu : « Les AED ne sont jamais comptabilisés dans les emplois de fonctionnaires. Il nous semble un peu opportun de les comptabiliser pour une fois, dans le but d’arriver au compte à l’unité près… », observe Fabienne Bellin, du SNES-FSU.

Reste 20 600 postes d’enseignants titulaires, dont environ 10 600 dans le primaire, 7 850 dans le secondaire, 1 800 dans l’enseignement privé et 350 conseillers principaux d’éducation.

A quoi servent-ils ? En premier lieu, une bonne partie de ces postes ont été « absorbés » par une démographie galopante. Selon le syndicat SNUipp-FSU, les écoles primaires ont scolarisé 66 000 élèves de plus entre 2012 et 2016.

De leur côté, les collèges et lycées ont accueilli 39 000 élèves supplémentaires à la rentrée 2015, 53 000 à la rentrée 2016, et 58 000 élèves de plus sont attendus en 2017, selon le SNES.

Autre « difficulté » à laquelle le gouvernement a été confronté : la reconstitution des bataillons cassés par l’ancienne majorité : Réseaux d’aide aux élèves en difficulté (Rased), remplacements, etc. Objectifs non atteints pour deux dispositifs clés

Conséquence, dans le premier degré : les deux principaux dispositifs créés par la gauche dans le cadre de la « priorité au primaire » – scolarisation précoce et « plus de maîtres que de classes » (deux enseignants par classe), destinés en priorité aux zones en difficulté – ne seront pas suffisamment abondés.

Pour l’heure, 1 200 emplois ont servi à créer des classes accueillant des enfants de moins de 3 ans (sur les 3 000 prévus) ; 3 500 ont été déployés dans le cadre du « plus de maîtres que de classes » (sur 7 000). «

Comme 4 000 créations de postes sont prévues au budget 2017 pour le premier degré, on sait déjà que les objectifs, pour ces deux mesures, ne seront pas atteints », avance Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp.

Dans le secondaire, la ministre de l’éducation nationale s’est engagée à déployer 4 000 postes pour mettre en œuvre la réforme du collège sur deux ans (rentrées 2016 et 2017) – ces postes serviront notamment à « dédoubler » les classes, c’est-à-dire à proposer aux élèves plus de travail en groupes.

Pour le reste, absorbés par la hausse démographique, les nouveaux moyens n’auront pas permis, selon le SNES, de rétablir le vivier de remplaçants, ni de diminuer le nombre d’élèves par classe. C’est même plutôt l’inverse qui se produit au lycée : « La part des classes comptant de 35 à 39 élèves est passée de 25 % à 41 % », écrit-il dans un communiqué. Par ailleurs, qui dit poste créé ne dit pas forcément poste occupé. Dans certaines disciplines, comme les lettres classiques, l’allemand ou les mathématiques, la crise du recrutement perdure et les concours ne font pas le plein. Quand un poste n’est pas pourvu, ou bien il est occupé par un contractuel, ou bien les crédits sont réaffectés ailleurs. Selon la Cour des comptes, près du quart des postes supplémentaires n’ont pas été « consommés » entre 2013 et 2015. Un décompte qui fait débat pour l’enseignement supérieur

Enfin, s’agissant des 5 000 postes promis à l’enseignement supérieur, le décompte fait véritablement débat. Ces emplois correspondent à des dotations qui ont bien été versées aux universités – environ 60 millions par an pour 1 000 postes, répartis de manière à soutenir les établissements les plus sous-encadrés.

Mais les universités autonomes n’ont pas pu forcément les créer en raison de leurs difficultés financières. Thierry Mandon, le secrétaire d’Etat, a avancé mercredi une fourchette de 75 % à 80 % de ces emplois qui auraient été créés par les universités. Une proportion qui laisse sceptique les syndicats : « Entre 2012 et 2015, nous avons surtout perdu près de 1 200 emplois de titulaires à l’université d’après la Cour des comptes, souligne Hervé Christofol, secrétaire général du Snesup-FSU. Seul le nombre de contractuels a augmenté, de 4 110. »

« Il s’agirait plutôt de 60 % de ces emplois réellement pourvus, évalue de son côté Franck Loureiro, secrétaire national du SGEN-CFDT en charge de l’enseignement supérieur, qui souligne la difficulté d’un tel calcul. Il est dans tous les cas évident que cela ne suffit pas à répondre au boom démographique à l’université. »

D’où ce sentiment de décalage avec la réalité que ressentent les universitaires, avec encore 30 000 étudiants supplémentaires qui rejoignent les bancs de la fac en cette rentrée.

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 06:49
Interview d'André Chassaigne dans "Regards"

Regards. Vous sortez d’un conseil national décisif. Serez-vous en mesure d’arrêter une stratégie politique avant la mi-novembre, comme Pierre Laurent s’y était engagé ?

André Chassaigne. Au regard de l’urgence de la situation politique et de l’éclatement de la gauche, le Parti communiste français s’apprête à faire un choix décisif pour l’avenir. Mais comme nous l’avons toujours fait lors des moments cruciaux, nous prendrons nos responsabilités. C’est pour cela que nous nous réunirons en conférence nationale le 5 novembre pour arrêter les options définitivement soumises aux communistes.

Sur quoi reposera la consultation des communistes ?

Il y a trois hypothèses sur la table. La première est celle du statu quo pour marquer notre détermination à faire émerger une candidature de rassemblement. Dans ce cas de figure, le PCF ne ferait pas le choix immédiat d’un candidat pour parvenir à cette candidature de rassemblement. La deuxième hypothèse suggère une candidature issue du PCF. Il ne faudrait pas, pour autant, y voir un repli identitaire. Au contraire, nous aurions là une candidature qui défendrait certes les idées communistes, mais en poursuivant l’objectif d’un rassemblement large pour parvenir une candidature unique. Enfin, dernière option : un soutien à Jean-Luc Mélenchon. Mais il ne se ferait pas sans clarification.

« Avec Jean-Luc Mélenchon, on est face à une dérive égocentrique qui s’accompagne de divergences de fond. »

Justement, Éric Coquerel, interrogé la semaine dernière par Regards, nous disait que si le PCF privilégiait cette dernière hypothèse – ce qu’il appelle de ses vœux – « ça ne peut conduire à se soumettre aux conditions de ceux qui arriveraient en dernier », dit-il.

C’est terrible de dire cela. Cela veut dire qu’il ferme la porte à toute candidature de rassemblement. Personnellement, je n’exclus pas un soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, mais je ne peux pas admettre que ce soit à prendre ou à laisser. Je crois par ailleurs que l’on est face à une dérive égocentrique qui s’accompagne de divergences de fond. Nous devrons nécessairement avoir cette discussion avec Jean-Luc Mélenchon, comme nous pourrions l’avoir aussi avec d’autres candidats déclarés. Il nous faut rencontrer tout le monde avant de nous prononcer.

À ce stade, y a-t-il des désaccords de fond avec Jean-Luc Mélenchon et le mouvement des Insoumis ?

Nous avons une base commune qui s’appelle l’Humain d’abord, notre programme de 2012. Nous avons porté et défendu ce programme tout au long de ces cinq dernières années à l’Assemblée nationale avec les députés du Front de gauche. Il faut l’étoffer et l’adapter aux nouveaux enjeux. Je pense notamment aux questions internationales, de conflits, d’évasion fiscale, de migrations. Pas de quoi vous fâcher avec Mélenchon, donc… Il y a des expressions qui fâchent et une volonté de grappiller des voix un peu partout qui brouille les pistes. Des mots employés qui ne correspondent pas à ce que l’on souhaiterait d’une politique commune. Je n’entre pas dans les polémiques lancées sur les "migrants" ou les "Gaulois". Sur un sujet moins polémique en apparence, l’agriculture : je crois qu’on ne peut pas apporter des solutions durables en disant simplement qu’il faut changer les pratiques alimentaires. Tout ça pour accrocher un électorat. Ce sont des raccourcis fâcheux qui nourrissent les divergences de fond. Nous n’échapperons donc pas à ce débat. Il sera utile et nécessaire.

« Mélenchon veut construire "l’autre gauche", nous on se bat pour rassembler la gauche. »

Il n’est pas déjà un peu trop tard pour aborder ces questions programmatiques ?

Non. Il faut tout poser sur la table. Parce que je crois qu’il subsiste un désaccord stratégique qui a son importance. Je ne crois pas aux deux gauches irréconciliables, comme le suggère Mélenchon. Lui, il veut construire "l’autre gauche", nous on se bat pour rassembler la gauche, parler aux militants et aux élus socialistes en souffrance, aux écologistes, c’est notre combat et notre priorité pour reconstruire une gauche de transformation sociale.

Vous ne semblez pas convaincu par une candidature de Jean-Luc Mélenchon. Votre choix est-il arrêté parmi les trois hypothèses que vous venez de présenter ?

Je pense en effet que dans les conditions actuelles, il n’est pas possible de soutenir Jean-Luc Mélenchon : exiger la soumission comme il le fait est contre-productif. Ça ne marchera pas. Mélenchon n’aura d’ailleurs pas le soutien des militants communistes sans un accord préalable avec le PCF. Nous devons construire du commun et réveiller l’espoir. Pour autant, il peut devenir notre candidat commun, mais dans le cadre d’un rassemblement large.

Alors, que privilégiez-vous, finalement ?

L’échec d’une candidature de rassemblement serait lourd de conséquences. Nous devons rassembler toutes celles et tous ceux qui ne résignent pas et qui ne veulent pas renoncer à une vraie politique de gauche. Ensemble, nous sommes la seule alternative à gauche porteuse d’espoir. Mais pour y parvenir, pour être crédibles, nous devons être rassemblés. À la fois pour préparer une stratégie commune à la présidentielle et aux législatives, mais aussi pour reconstruire à gauche, demain. Je crois, à ce titre, qu’une candidature présentée par le PCF pourrait largement y contribuer et ainsi bousculer cette campagne présidentielle.

« C’est uniquement à la demande de la direction du Parti que je pourrais envisager d’être candidat. »

Vous pourriez être ce candidat ?

Si l’option d’une candidature communiste était celle retenue, il y aura sans doute un appel à candidatures. En ce qui me concerne, c’est uniquement à la demande de la direction du Parti que je pourrais envisager d’être candidat.

Au final, cette stratégie ne va-t-elle pas au contraire renforcer les querelles d’ego et ajouter de la division à la division ?

Non, puisque la candidature communiste – si cette hypothèse était retenue par les militants – s’engagera jusqu’au bout à créer les conditions d’une candidature de rassemblement. En mettant tout le monde autour de la table, je crois qu’une candidature peut s’imposer. Il y a celles qui sont présentes aujourd’hui dans le débat public. Et puis il y en a d’autres qui peuvent émerger et faire consensus. Je suis peut-être d’un optimisme béat, mais nous montrerions enfin un nouveau visage de la politique. Nous en sortirions tous grandis. Je crois qu’on ne pourra rabibocher la politique avec les citoyens qu’en lui redonnant ses lettres de noblesse. Mais vous croyez vraiment qu’un candidat unique de la gauche qui s’oppose à la politique du gouvernement est encore possible aujourd’hui ? Non seulement j’y crois, mais c’est surtout souhaitable et nécessaire. Je suis désespéré de cette dispersion à gauche. Alors que rassemblée, elle serait majoritaire dans le pays. J’en ai la conviction. Et s’il n’y a qu’un fenestrou [1] pour qu’on puisse passer à travers, il ne faut pas le boucher, mais au contraire l’élargir et saisir cette ouverture jusqu’au bout.

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 19:14
Faut-il débattre avec Sarkozy sur l'identité nationale? - Olivier Dartigolles s'interroge sur une proposition de Jean-Luc Mélenchon

Voici le point de vue d'Olivier Dartigolles , porte-parole national du PCF .

https://blogs.mediapart.fr/olivier-dartigolles/blog/280916/faut-il-de-battre-avec-sarkozy-sur-lidentite-nationale

Faut-il débattre avec Sarkozy sur l'identité nationale?

28 SEPT. 2016 OLIVIER DARTIGOLLES LE BLOG DE OLIVIER DARTIGOLLES

Dans les colonnes du Figaro, Jean-Luc Mélenchon propose un « débat solide » avec Sarkozy « sur l'identité nationale ». Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF explique ici pourquoi il considère que débattre avec l'homme du ministère de l'immigration, de l'intégration et de l'identité nationale (...) est une erreur.

Elle m'interroge. Je ne reviens pas sur la séquence médiatique, sidérante, suite aux déclarations de Nicolas Sarkozy sur « nos ancêtres les gaulois ». Personnellement, j'y ai vu une nouvelle étape dans la stratégie du candidat à la primaire de la droite. Il s'agit aussi d'une véritable farce comme des historiens l'ont rappelé avec autorité et parfois non sans humour. C'est aussi, et cette réalité ne doit pas être négligée, une nouvelle opération de détournement des vrais sujets. Même affublés des habits d'Astérix, les derniers chiffes du chômage n'en sont pas moins douloureux pour des millions de familles.

Pour Jean-Luc Mélenchon, « l'histoire des gaulois de Sarkozy n'est pas dénuée de sens. Pourquoi faudrait-il aboyer en cadence, quoi qu'il dise ? Moi, je ne veux pas d'une ethnicisation gauloise du débat. Mais oui, je dis que nous sommes les filles et les fils des Lumières et de la grande Révolution. A partir du moment où l'on est français, on adopte le récit national ». Puis, il propose un « débat solide » avec Sarkozy « sur l'identité nationale ».

Si nous sommes les filles et les fils de ce qui émancipe et libère, un débat sur l'identité avec l'homme du ministère de l'immigration, de l'intégration, et de l'identité nationale, celui du discours de Dakar, et plus récemment, celui des « gauloiseries » et du travailler plus... pour gagner moins, est une erreur. Cela créditerait une opération qui tend à rendre centrale la question de l'identité dans le débat politique français.

Pour 2017, ouvrons le seul grand débat qui compte, « quelle société voulons-nous ? », ou « quelle Nation voulons-nous être ? », quand les interrogations de type « Quelles origines avons-nous » ne peuvent qu'alimenter les peurs, les stigmatisations, les divisions, et, au final, faire le jeu d'une droite extrémisée et d'un FN dangereusement banalisé. L'enjeu est aujourd'hui d'agréger toutes les mémoires, y compris les mémoires blessées, dans un nouveau récit républicain en ne laissant pas la plume à une droite qui attaque si durement les valeurs républicaines dans son projet politique pour 2017.

Comme l'a magnifiquement exposé Gérard Noirel dans une tribune publié dans Le Monde (27/09), la surenchère identitaire d'une partie de la droite est un danger pour notre démocratie. Le rappel historique de ce qui s'est déjà produit dans les années 30 devrait davantage être réfléchi, discuté et débattu de manière « solide ». On ne pourra alors pas dire que nous n'étions pas avertis. Je préfère un débat entre historiens qu'un débat instrumentalisé avec comme toile de fond un présidentialisme exacerbé qui ne permet pas de faire entendre les exigences populaires.

Lors de la dernière Fête de l'Humanité, un nombre considérable de jeunes ont rempli le questionnaire de la consultation citoyenne animée par le PCF. Une chose est certaine à la lecture de ces écrits, à l'écoute de ce qu'ils nous disent lors des échanges que nous avons eu avec eux, le « récit national » aurait tout à gagner à s'ouvrir aux aspirations des jeunes, notamment ceux des milieux populaires. Avant d’être les filles et les fils de je ne sais quel panthéon, ils sont les enfants d'une République qui ne les prend pas en considération et d'une société qui les violente en ne leur permettant d'y prendre leur place. Pour de vrai. C'est l'une des grandes questions de la prochaine période.

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 05:40
Un carnet consignait en 2007 les millions libyens de Nicolas Sarkozy

27 SEPTEMBRE 2016 | PAR FABRICE ARFI ET KARL LASKE

L’ancien ministre du pétrole libyen Choukri Ghanem, retrouvé noyé dans le Danube en avril 2012, a laissé derrière lui un carnet de notes actuellement exploité par la justice. L’ancien dirigeant y a détaillé, le 29 avril 2007, une série de trois versements destinés à la campagne présidentielle de l’ancien chef de l’État.

C'est un petit carnet qui pourrait bien devenir le pire cauchemar de Nicolas Sarkozy. Le juge d’instruction parisien Serge Tournaire et les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption (OCLCIFF) ont obtenu la communication des notes manuscrites d’un ancien dignitaire du régime Kadhafi qui détaillent une série de versements occultes au profit de l’ancien chef de l’État français, pour au moins 6,5 millions d’euros, au moment de l’élection présidentielle de 2007.

La justice enquête depuis trois ans sur des soupçons d’un financement libyen massif de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, alors président de l’UMP et ministre de l’intérieur. Ce que plusieurs dirigeants libyens, Mouammar Kadhafi en tête, avaient publiquement affirmé peu avant l’offensive militaire occidentale de 2011. Cette affaire vaut déjà une mise en examen pour « blanchiment de fraude fiscale », « faux » et « usage de faux » à son plus proche collaborateur d’alors, Claude Guéant, mis en cause pour avoir reçu 500 000 euros d’un des gestionnaires des comptes offshore de l’État libyen.

Le carnet manuscrit appartenait à un dénommé Choukri Ghanem, ancien chef du gouvernement (2003-2006) et ministre du pétrole (2006-2011) de la Libye. Proche du fils de Mouammar Kadhafi, Saïf al-Islam, qu’il a pris sous son aile dès ses études à l’université, Choukri Ghanem était un personnage clé du régime, en charge de sa principale ressource, le pétrole (et ses secrets). Il fera partie en 2011 des hauts responsables du pays qui ont fait défection au colonel Kadhafi pendant la guerredéclenchée par la France.

À la date du 29 avril 2007, soit une semaine pile après le premier tour de l’élection présidentielle française, Ghanem rédige en arabe dans son carnet le compte-rendu d’une réunion qu’il a tenue avec un autre cacique du régime Khadafi, Bachir Saleh, le très influent (et francophone) directeur de cabinet du “Guide” et patron de l’un des fonds souverains du pays, le Libyan Africa Portfolio (LAP). Est également présent Baghdadi Mahmoudi, premier ministre libyen alors en exercice. Au cours de cette réunion, Saleh dit avoir transféré 1,5 million d’euros à Nicolas Sarkozy, rapporte Ghanem.

D’autres noms de dignitaires du régime sont également évoqués, ainsi que des montants supplémentaires : 3 millions envoyés par Saïf al-Islam Kadhafi et 2 millions par Abdallah Senoussi, chef des services secrets intérieurs libyens et beau-frère de Kadhafi. Soit un total de 6,5 millions d’euros qui auraient été versés, selon les écrits de Choukri Ghanem, en pleine campagne électorale au clan Sarkozy. Le carnet mentionne en outre, selon les informations recueillies par Mediapart, une impatience des destinataires quant à la réception physique des fonds. Sollicitée par Mediapart, la porte-parole de Nicolas Sarkozy n'a pas donné suite.

Choukri Ghanem n’est plus là pour témoigner aujourd'hui devant les juges. Son corps a été retrouvé sans vie le 29 avril 2012, flottant dans le Danube, à Vienne (Autriche), la ville de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), où il avait trouvé refuge après sa fuite de Libye. La police autrichienne, qui n’avait pas exclu la piste de l’assassinat dans un premier temps, a finalement conclu à une noyade accidentelle au petit matin consécutive à une crise cardiaque. Toutefois, de nombreuses zones d’ombres et incohérences continuent d’entourer cette disparition et plusieurs proches de la victime n’hésitent pas à évoquer en privé des soupçons persistants de meurtre.

La veille de la mort de Ghanem, Mediapart avait rendu public un document officiel libyen, daté de décembre 2006, évoquant l’accord de principe des autorités pour financer, à hauteur de 50 millions d’euros, la campagne électorale du président de l’UMP. Plusieurs personnages clés de l’ancienne dictature libyenne cités dans cette note se retrouvent dans le carnet secret de Ghanem, désormais entre les mains de la justice française.

Judiciairement, l’histoire de ce carnet est celle d’un long périple au travers de l’Europe. Il a été découvert chez le gendre de Ghanem lors d’une perquisition aux Pays-Bas, menée en marge d’investigations liées à un vaste scandale de corruption impliquant le géant norvégien de la chimie Yara. Ce dossier a donné lieu en 2015 au plus important procès financier que la Norvège ait connu de son histoire. Choukri Ghanem y a été présenté comme l’un des acteurs de premier plan du système de pots-de-vin mis au jour.

Selon les traces qu’il a laissées derrière lui, l’ancien premier ministre libyen était également le gardien de quelques secrets enfouis sur les compromissions de la France à Tripoli. C’est pourquoi, après être resté à la disposition de la justice norvégienne, le petit carnet de Ghanem a été transmis par la procureure Marianne Djupesland à la justice française. Une aubaine.

« Des fonds ont été transférés en Suisse »

Ce document, parce qu’il est daté de 2007, vient briser le principal argument sarkozyste dans l’affaire des financements libyens, selon lequel ce soupçon n’aurait été qu’une construction a posteriori du régime Kadhafi pour décrédibiliser la France, pays leader dans la guerre en Libye. Quand Ghanem couche ces lignes, c’est-à-dire quatre ans avant l’opération militaire, la France de Sarkozy et la Libye de Kadhafi entretenaient en réalité des rapports d’une telle proximité qu’un ambassadeur américain les qualifiera un jour de« lune de miel ».

À l’époque, c’est le marchand d’armes Ziad Takieddine, déjà mis en cause dans les financements illégaux de l’affaire Karachi et très proche de deux intimes de Sarkozy (Claude Guéant et Brice Hortefeux), qui avait opéré dans le plus grand secret le rapprochement entre Sarkozy et le dictateur.

La note libyenne révélée par Mediapart en 2012 – taxée de « faux grossier » par l’ancien président, mais désormais authentifiée par les expertises techniquesordonnées par la justice – ne portait que sur un accord de financement de la campagne de 2007. Le carnet Ghanem, pour la première fois, montre que des versements ont bien eu lieu, conformément au témoignage de l’ancien chef de cabinet de Saïf al-Islam, un certain Mohamed Ismail, qui avait décrit des circuits bancaires ayant notamment transité par le Liban, l’Allemagne et la Suisse.

Que ce soit dans la note de 2006 ou dans le carnet Ghanem, il est par ailleurs intéressant de constater qu’un même personnage apparaît au cœur des tractations secrètes. Il s’agit de Bachir Saleh, l’ancien directeur de cabinet de Kadhafi, qui s’est placé sous la protection du président Sarkozy pendant l’offensive militaire de 2011. Lors de la chute du régime, Bachir Saleh s’était en effet réfugié en France où il avait trouvé un soutien sans réserve du gouvernement malgré le mandat d’arrêt d’Interpol qui le visait.

Le 3 mai 2012, en pleine élection présidentielle et cinq jours après la publication par Mediapart de la note de 2006 (dont il était le destinataire), Saleh était exfiltré en catastrophe du pays avec le concours des services secrets français, du cabinet de Claude Guéant, alors ministre de l’intérieur, et d’un homme d’affaires introduit à l’Élysée, Alexandre Djouhri. Une scène à la John Le Carré, qui porte la marque des affaires d’État.

Récemment convoqué dans le cabinet du juge Tournaire, Bachir Saleh a fait faux bond au magistrat, comme l’a révélé Le Monde. Contacté par Mediapart en Afrique du Sud, où il s’est exilé depuis sa fuite de Paris, Bachir Saleh, manifestement gêné, a affirmé : « Je ne suis pas concerné par l’affaire des financements de Sarkozy, je n’ai rien à voir avec cela. » « Les gens écrivent ce qu’ils veulent », a-t-il ajouté, précisant au sujet de Choukri Ghanem qu’il s’agissait d’un proche à qui il ne connaissait pas de « problèmes de santé particuliers » au moment de sa mystérieuse disparition.

Bachir Saleh se retrouve de fait dans une situation compliquée vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, à qui il doit sa survie. Dans une note déclassifiée du 19 septembre 2011 de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), consacrée à son exfiltration de Libye avec l’aide des autorités françaises, l’ex-bras droit de Kadhafi semble entièrement dévoué à l’ancien président français. Son agent traitant de la DGSE écrit à son sujet :« L’œil humide, la voix un peu cassée, il confie son émotion en remerciant à de nombreuses reprises le président français […] et déclare avec un peu d’emphase qu’il n’oubliera jamais ce geste et qu’il restera fidèle à la France quoi qu’il advienne maintenant. »

L’autre interlocuteur libyen cité dans le carnet Ghanem en avril 2007, Baghdadi Mahmoudi, était le chef du gouvernement à l’époque des faits. Présenté dans une note du 26 mai 2011 de la DGSE comme « lucide et influent » et « très actif dans l’entourage de Choukri Ghanem », Baghdadi Mahmoudi a confirmé à plusieurs reprises le financement occulte de Nicolas Sarkozy par le régime Kadhafi.

« Oui, en tant que Premier ministre, j’ai moi-même supervisé le dossier du financement de la campagne de Sarkozy depuis Tripoli. Des fonds ont été transférés en Suisse et Nicolas Sarkozy était reconnaissant pour cette aide libyenne », avait notamment affirmé l’intéressé, le 25 octobre 2011, devant la cour d’appel de Tunis, en Tunisie, où il avait dans un premier temps trouvé refuge après la guerre.

« Baghdadi Mahmoudi a dit avoir remis à une délégation française envoyée par Sarkozy de l’argent, beaucoup d’argent, des millions d’euros en liasses de billets, a résumé l’un des avocats de l’ancien dirigeant, Me Slim Ben Othman. Il a des documents comptables. On ne remet pas des millions d’euros sans aucune signature. Il garde en mémoire les prénoms de la délégation française. »

Extradé depuis à Tripoli, Baghdadi Mahmoudi a été condamné à mort mais il n’en démord pas. À un journaliste de Libération qui avait pu le rencontrer en prison en août 2015, l’ancien premier ministre de la Libye maintenait que Nicolas Sarkozy avait profité de subsides du régime Kadhafi pour sa campagne de 2007. Le carnet du noyé, désormais, en témoigne.

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