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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 08:44
Victoire au 64 ème jour de grève de la Clinique de l'Ormeau: "des travailleuses en lutte ont fait plier la Finance" (CGT)

Victoire au 64ème jour de grève de la Clinique de l’Ormeau : "des travailleuses en lutte ont fait plier la Finance !"(CGT)

 

UNE LUTTE ÉBLOUISSANTE !

Il aura fallu 64 jours de grève, 64 jours de luttes et de mobilisations, 64 jours de détermination et de ténacité collective, 64 jours de fortes émotions, 64 jours de solidarité pour contraindre, enfin, les employeurs de la Clinique de l’Ormeau à entendre les justes et légitimes revendications des salarié-e-s.

Employé-e-s dans des conditions salariales et sociales plus que minimalistes, les salarié-e-s en ont eu assez de cette exploitation, alors même que ce groupe « Médipôle Partenaires » engrange des bénéfices colossaux au détriment des conditions sociales et de travail de leurs personnels.

Pour ces cliniques privées lucratives, une seule logique : les profits. A l’heure où se met en œuvre la loi « Travail » qui comporte entre autres, le soi-disant « dialogue social d’entreprise », il aura fallu actionner toutes les structures de la CGT, locales, départementales, fédérales et confédérale, solliciter le gouvernement jusqu’au cabinet du Premier ministre pour trouver les voies d’un accord. Cette victoire témoigne donc également du bien-fondé de nos luttes contre cette loi et ses pernicieuses conséquences.

L’énergie exemplaire des salarié-e-s avec la CGT a été payante et lors de l’assemblée générale de ce matin, mardi 10 janvier, la signature d’un protocole d’accord a été votée.

Ce protocole comprend : une augmentation significative de la valeur du point intégrant la Rémunération Annuelle Garantie avec un effet rétroactif au 1er janvier 2016, une prime pérenne de 700 euros pour tous les salarié-e-s de l’établissement, des mesures en termes d’amélioration des conditions et d’organisation du travail avec la prise en compte de toutes leurs revendications sur ces derniers points.

La Fédération de la Santé et de l’Action Sociale salue tous les grévistes de cette remarquable lutte et reste persuadée que d’autres victoires peuvent être conquises, dès lors que les revendications sont élaborées par les salarié-e-s et que leur détermination les porte, même quand les employeurs jouent le pourrissement de la mobilisation, ou que des élus locaux les critiquent au lieu de les écouter.

Elle salue aussi l’aide et la solidarité exemplaires de toutes les structures de la CGT locales et nationales qui ont été aux côtés des salarié-e-s de la clinique de l’Ormeau jusqu’à la victoire.

Nous resterons vigilants dans les étapes de mise en œuvre du protocole.

Fédération CGT de la santé et de l'action sociale, Montreuil, le 10 janvier 2017

******************************

Pierre Laurent avait apporté son soutien aux salarié-e-s de l'Ormeau.

À la veille de la fin de ce long conflit social, l'Humanité en retraçait le déroulement et les dessous. À lire attentivement, le détricotage du service public hospitalier et la mainmise de la finance sur la santé ne sont pas un particularisme pyrénéen !

 

Polyclinique de l'Ormeau : 63 jours de grève contre les marchands de santé

 

Soixante-trois jours de grève, c'est le conflit social le plus long jamais connu dans le secteur des cliniques privées. Depuis le 8 novembre, il oppose 65 % des soignants et administratifs de la polyclinique de l'Ormeau à Tarbes (Hautes-Pyrénées) – 100 % même dans certains services – à leur employeur, MédiPôle Partenaires, 3ème groupe de l'hospitalisation privée lucrative en France, propriétaire de l'établissement depuis juin 2105. Que veulent les soignants ? Rien d'exceptionnel. D'abord, un retour à une organisation du travail acceptable. Les arrêts de travail ont fait un bond de 30 % depuis les réorganisations orchestrées par le nouveau propriétaire. Et puis et surtout, des augmentations de salaire. Près de 30 % du personnel de la clinique, en grande majorité des femmes, sont rémunérés en deçà ou au niveau du Smic. Jusqu'à 300 euros de moins que leurs collègues des autres cliniques du groupe. Un groupe en pleine santé selon ses propres informations. Dans un communiqué daté du 17 octobre 2016, quinze jours avant le début de la grève, on apprend son intention d'entrer en Bourse et ses excellents résultats. MédiPôle Partenaires annonce un chiffre d'affaires de 895 millions d'euros. Mieux encore. L'acquisition d'un établissement à Agen et la cession d'établissements de santé en Île-de- France lui permettraient d'engranger 905 millions. Banco ! Et ce n'est pas tout. On apprend au passage l'intention du groupe de procéder à une cession-bail des actifs immobiliers de la clinique de l'Ormeau.

« Une volonté idéologique de briser la volonté de revendication »

De ces perspectives réjouissantes, il n'a nullement été question durant les deux mois du conflit et les quelque 17 séances de négociation. À la place, « une volonté idéologique, dogmatique pour briser la volonté de revendication, pour écraser et humilier les salariés », déplore Laurence Charroy, responsable CGT de la polyclinique. En tout cas, rien n'a eu raison de la détermination des salariés. Ni leur bulletin de salaire du mois de décembre, réduit à rien, amputé des jours de grève, que la direction, pleine de morgue, leur a fait parvenir plus tôt que d'habitude. Ni le Noël des enfants, ni les traites à payer, ni la convocation de 17 grévistes devant le tribunal de Tarbes pour séquestration et occupation, plainte heureusement rejetée, ne les ont amenés à renoncer. Mais le ton est monté sérieusement en fin de semaine. Si bien que les discussions ont été délocalisées à Paris – sous le regard de Matignon – et prises en main par Philippe Martinez pour la CGT, par le cabinet-conseil de Raymond Soubie, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, pour les véritables décideurs de l'entreprise, le PDG de MédiPôle Partenaires et un nouveau venu, invisible jusque-là, le patron du groupe Elsan, Jérôme Nouzarède, à la tête du deuxième groupe d'hospitalisation privée à but lucratif qui s'apprête à racheter MédiPôle Partenaires.

« MédiPôle est en phase de fiançailles avec le groupe Elsan pour devenir le premier groupe français de cliniques privées de France. Nous sommes face à un mastodonte financier qui se fiche du département, des patients », écrivait le 25 décembre, au 48 ème jour de grève, dans une lettre ouverte, une infirmière, maman de trois enfants. S'il n'est plus question d'entrée en Bourse, le rachat de MédiPôle Partenaires par Elsan, financé par Capital Partners, cinquième fonds d'investissement au monde dont le siège est situé au Luxembourg, est bien à l'ordre du jour. Du beau monde. L'actuel PDG de MédiPôle n'est autre que Philippe Gravier, il a succédé à Marcel Hermann, contraint au départ, son nom apparaissant dans la longue liste des évadés fiscaux des Panama Papers. Le nouveau promu est également très proche de Christine Lagarde, jugée, il y a peu, coupable de « négligence » dans l'affaire Tapie, dont il a été directeur adjoint de cabinet au ministère de l'Économie et des Finances. MédiPôle revendique une soixantaine d'établissements, 9 000 salariés, 2 500 praticiens. Et plus d'un million de patients. Qui sont ses actionnaires ? Le fonds d'investissement anglo-saxon Bridgepoint mais également l'État, entré au capital à hauteur de 95 millions d'euros via la Banque publique d'investissement (BPI). L'État se montre, ici, très généreux. Il l'est beaucoup moins avec les cinq hôpitaux publics des Hautes-Pyrénées. À Lourdes, le service de réanimation cardiaque a disparu, des lits ont été supprimés en psychiatrie, des menaces pèsent sur les urgences de Bagnères-de-Bigorre. Deux maternités ont été rayées de la carte ces dernières années, à Lourdes, de nouveau, et à Lannemezan.

Un recul inquiétant du service public

La polyclinique de l'Ormeau n'a pas à se plaindre de ce désinvestissement de l'État puisqu'elle réalise désormais 45% des accouchements du secteur. Comme partout en France, le regroupement des établissements inscrit dans la loi santé est à l’œuvre. L'Agence régionale de santé ( ARS ) a décidé que les cinq établissements du département constitueraient un seul groupement hospitalier de territoire ( GHT ). À Lannemezan, les manifestations se sont multipliées, l'automne dernier, contre le projet de rattachement de l'établissement au GHT que piloterait l'hôpital de Tarbes. L'inqiétude de voir se multiplier les suppressions de postes, de lits, de services, est forte. « Nous demandons une dérogation ou un statut d'établissement associé. Nous avons déjà l'expérience de la mutualisation de services », s'inquiète Michel Dabat, le responsable CGT de l'hôpital de Lannemezan. « La polyclinique de l'Ormeau a pris un tel poids dans le département qu'en cas de défaillance, les conséquences sanitaires sur la population seraient sérieuses ». La polyclinique revendique le quasi-monopole sur l'oncologie, la cardiologie interventionnelle. Elle assure 70% des actes de chimiothérapie et radiologie, 80% de la chirurgie ORL et de stomatologie, 70% de l'implantation des stimulateurs cardiaques. Autre signe du recul du service public, la multiplication des réquisitions des grévistes de la clinique par l'ARS pour assurer la sécurité des patients des urgences et des maternités où 57 d'entre eux ont été sommés de travailler.

Grâce aux remboursements par la Sécurité sociale des actes réalisés sur ses 40 000 patients, la polyclinique, bénéficiaire, par ailleurs, de 1,7 million d'euros de crédit d'impôt compétitivité emploi (Cice), a reversé 10 millions à MédiPôle Partenaires. Critère de rentabilité incontesté, l'Ebitdar de l'établissement, un ratio qui renseigne sur le compte d'exploitation net d'une entreprise, affiche une marge de 22 %...Bref. Tout va bien.

Sylvie Ducateau

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 15:41
RENTRÉE 2017 EN BRETAGNE : LE RÉSEAU PRIVÉ SE REFERAIT-IL UNE SANTÉ ?
Communiqué de presse

Le rectorat de Rennes a dévoilé les prévisions d’effectifs pour la rentrée 2017. La tendance amorcée à la rentrée 2016 est confirmée : le réseau privé gagnera pour une seconde année consécutive plus d’élèves que le réseau public.

A la rentrée 2016 et pour la première fois depuis des années, la progression des effectifs dans le 2nd degré privé (+1600 élèves) a été supérieure à celle du public (+1071). Pour la rentrée 2017, le réseau privé maintiendrait cette avance avec 1991 élèves supplémentaires contre 1437 pour le public.

En lycées généraux et technologiques, depuis 2013 les augmentations sont toutefois favorables au réseau public avec 6000 élèves supplémentaires sur 5 ans (2013/2017) contre 3263 dans le privé. Mais le retard pris par la Région Bretagne pour accompagner la hausse démographique avec des extensions et de nouvelles constructions de lycées publics a permis au réseau privé de réduire l’écart, jouant du manque de place dans le public. Ainsi à la rentrée 2017, +603 élèves sont attendus dans les lycées privés et +662 dans les lycées publics. La FSU reste mobilisée pour que la construction des lycées publics de Ploermel (56) et de Liffré (35) n’accuse plus aucun retard.

En collège et malgré les discours du gouvernement sur la laïcité, le réseau privé catholique a poursuivi sans contrainte son développement depuis 5 ans (2013/2017) avec +2084 élèves supplémentaires contre +717 dans le public. L’accélération aux rentrées 2016 et 2017 est d’ailleurs notable (+1649 élèves contre -44 pour le public) !

Plus finement, les prévisions pour la rentrée 2017 dans les Côtes d’Armor annoncent cependant un rebond du public à l’entrée en 6ème (+234 contre +26 en 6ème du privé), preuve s’il en fallait qu’une meilleure densité du réseau permet aux collèges publics de s’imposer sans difficulté. Pour l’Ille et Vilaine, la tendance est proche (+256 contre +193 en 6ème privé) mais freinée par le manque de places dans les collèges (40 élèves n’ont pas trouvé de place dans les collèges publics à la rentrée 2016). En revanche, dans le Finistère (+146 élèves en 6ème public contre +185 en 6ème privé) et surtout dans le Morbihan (+80 élèves 6ème public contre +287 en 6ème privé) les prévisions à l’entrée en 6ème restent favorables au réseau privé.

Outre une implantation forte du privé dans l’académie, des choix politiques, portés de longue date dans la région par de nombreux élus, affaiblissent le réseau public. Le SNES-FSU dénonce tout particulièrement la fermeture de 4 collèges publics sur 2 ans (Kérichen Brest, Commana, Montaigne Vannes, Surcouf St Malo), l’absence d’écoles, de collèges et de lycées publics sur des territoires (St Avé et Guidel, deux communes du Morbihan de plus de 10 000 habitants, sont sans collège public mais ont chacune un collège privé !), les resectorisations précipitées de la carte scolaire qui favorisent le réseau privé (à Pluneret toujours dans le Morbihan, un projet est particulièrement exemplaire).

De plus, le réseau public a été grandement fragilisé par les réformes imposées aux personnels quand l’enseignement privé disposait lui de certaines libertés. Ainsi l’an dernier, le rectorat, pour afficher un plan d’accompagnement des professeurs, a désorganisé les collèges publics. Et surtout, comme le souligne le Ministère, dans une brochure remise aux parents en juin sur la réforme du collège, « L’organisation des horaires peut varier dans les collèges privés ». Comment ne pas mieux encourager des parents à la recherche d’une offre de formation diversifiée et soutenue à se tourner vers le réseau privé catholique ?

Le SNES-FSU exige des moyens pour accueillir tous les élèves qui le souhaitent dans le public : il est inacceptable que des familles qui font le choix de l’école publique gratuite et laïque, en soient réduites à se tourner vers le réseau privé catholique, faute de place ou d’établissement à proximité dans le réseau public. C’est aussi une autre réforme qu’il faut pour le collège, respectueuse des personnels et des disciplines et encourageant une réelle mixité sociale dans les établissements.

SNES-FSU: rentrée 2017 en Bretagne: le réseau privé se referait-il une santé? (Communiqué de Presse du 9 janvier 2017)
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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 08:05
«Je le fais parce qu'il y a des gens qui ont un problème, je le fais parce qu'il faut le faire. Il y a des gens qui sont morts sur l'autoroute, il y a des familles qui souffrent, il y a un État qui a mis des frontières en place et qui n'en gère absolument pas les conséquences», a déclaré Cédric Herrou lors de l'audience, mercredi dernier au tribunal de Nice.

«Je le fais parce qu'il y a des gens qui ont un problème, je le fais parce qu'il faut le faire. Il y a des gens qui sont morts sur l'autoroute, il y a des familles qui souffrent, il y a un État qui a mis des frontières en place et qui n'en gère absolument pas les conséquences», a déclaré Cédric Herrou lors de l'audience, mercredi dernier au tribunal de Nice.

Cédric Herrou, ma grand-mère et la « famille » de Mazamet
MARDI, 10 JANVIER, 2017
HUMANITE.FR

Par José Fort. Le sort des réfugiés et de leurs soutiens en France me rappelle les durs moments passés par ma grand-mère et ses deux filles.

Leur mari et père, leur fils et frère étaient morts au combat pour la défense de Madrid pendant ce qu’on qualifie encore et encore de guerre civile espagnole alors qu’il s’agissait d’un putsch fasciste commis contre une République démocratiquement élue. Passons.

Ma grand-mère et ses deux filles avaient trouvé refuge à Barcelone. Peu de temps avant que la ville tombe aux mains des troupes franquistes, comme des centaines de milliers d’autres Espagnols, elles prirent le chemin de la France. C’était en février 1939. Il neigeait. Elles n’avaient comme seul bagage que deux baluchons. En arrivant au Perthus sous un froid glacial, à la frontière française, les gardes mobiles encadraient, bousculaient, insultaient ces hommes et ces femmes qui croyaient en la France solidaire. La plupart d’entre eux étaient dirigés vers les camps de concentration d’Argelès et de la région. Sauf quelques chanceux au nombre desquels ma grand-mère et ses deux filles. Elles comptaient, bien entendu, des complicités locales.

L’espace d’un instant, le cordon des gardes mobiles s’écarta laissant passer les trois femmes. Un homme les attendait, les entraîna vers une voiture, leur donna trois billets de train. Et il leur dit : « Vous allez jusqu’à Mazamet sans prononcer un mot ». Un couple vous attendra sur le quai. J’insiste pas un mot ».

Jusqu’à la fin de leur vie, ma grand-mère et ses deux filles ont évoqué avec tendresse la « famille » de Mazamet chez qui elles ont trouvé réconfort, amitié, solidarité. De la chaleur humaine, tout simplement.

Cédric Herrou, élu par 4 000 internautes « Azuréen de l’année »

Pourquoi  vous raconter cette histoire ? C’est le comportement de Cédric Herrou qui me pousse à le faire. Ce jeune agriculteur de la vallée de la Roya près de la frontière franco-italienne est menacé de huit mois de prison avec sursis pour avoir nourri, hébergé, soigné des réfugiés. Vendredi, quatre de ses voisins ont été arrêtés pour les mêmes raisons.

Cédric Herrou est un citoyen généreux, comme la famille de Mazamet Cédric Herrou est un homme courageux, comme la famille de Mazamet.

Cédric Herrou est l’honneur de la France, comme la famille de Mazamet.

Cédric Herrou, élu par 4000 internautes «  Azuréen de l’année », donne à voir une autre France que celle représentée par le très mussolinien président du conseil général des Alpes maritimes, Eric Ciotti.

Il y a bien deux France : celle qui peut voler en toute impunité la République, pourchasser les malheureux et celle qui au prix de sa propre liberté refuse l’injustice et fait simplement preuve de générosité. Dans la vallée de la Roya, on peut à juste titre chanter Bellaciao. Ecoutons et chantons cet hymne à la résistance.

José Fort est un internationaliste passionné du monde, journaliste, ancien chef du service monde de l’Humanité.
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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 06:32
André Chassaigne déplore des candidatures du Mouvement France Insoumise de Mélenchon contre des députés communistes sortants (Paris Normandie, 10 janvier)

La mobilisation des communistes sur le terrain pour Jean-Luc Mélenchon pourrait pâtir de « l’incompréhension » née de candidatures aux législatives au nom de « La France insoumise », mouvement du candidat à la présidentielle, contre des communistes sortants, a estimé mardi André Chassaigne, patron des députés Front de gauche.

« Pour les parrainages, je pense que c’est réglé pour Jean-Luc Mélenchon -il ne lui en manquerait que quatre ou cinq- et qu’il ne va pas courir après les parrainages PCF », a déclaré M. Chassaigne, lors d’une conférence de presse.

Mais « la mobilisation pose problème sur le terrain, quand on apprend par exemple que des députés sortants ont des candidats Insoumis contre eux, comme dans ma circonscription ou dans celle de Nicolas Sansu », a-t-il expliqué.

Cette situation suscite « de grandes interrogations, une incompréhension, alors qu’il y avait chez des militants très attachés au Front de Gauche une volonté de s’inscrire dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon après le choix majoritaire des adhérents PCF » de le soutenir pour 2017, a poursuit le député du Puy-de-Dôme.

Le chef de file des députés Front de Gauche compte discuter mercredi de cette situation « extrêmement compliquée » liée aux législatives avec le numéro un du PCF, Pierre Laurent.

« J’espère que chacun prendra ses responsabilités dans les élections législatives », a déclaré de son côté mardi M. Laurent sur LCP, regrettant des décisions pour l’instant « ultra-centralisées » de la part de la France insoumise.

« Nous voulons être présents dans le pays avec nos idées, avec nos candidats. (...) On aura tellement besoin d’un groupe communiste, du Front de gauche et d’autres alliés peut-être demain, dans l’Assemblée nationale, il faut que tout le monde se rassemble autour de ces candidatures », a poursuivi le secrétaire national.

« Nous travaillons de manière ouverte et rassembleuse avec tous ceux qui sont disponibles », a-t-il promis, promettant qu’il s’adressait « aux militants de la France insoumise », a-t-il assuré.

« Mais pour le moment, j’ai compris que leur décision était ultra-centralisée, donc j’espère que le dialogue national sur ce point sera aussi possible », a-t-il déclaré.

Il a assuré que des « contacts » étaient prévus « au cours du mois de janvier ». Le Parti communiste réunit son conseil national samedi au cours duquel il devrait avaliser une première série d’investitures pour les législatives.

Regrettant que le PCF fasse « une séparation très nette entre les élections présidentielle et législatives », M. Chassaigne a estimé qu’il n’y avait « pas de négociations avec Jean-Luc Mélenchon, qui ne souhaite pas négocier et qui a pris acte du soutien du PCF, point ».

Il a assuré qu’il n’aurait néanmoins « pas un comportement en opposition avec la décision prise majoritairement par les adhérents de son parti » en faveur de la candidature Mélenchon, à laquelle il était opposé.

Mais, a-t-il prévenu, il n’ira « pas en première ligne avec le drapeau à la main et le mégaphone », préférant se concentrer sur les législatives.

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 12:00
Mercredi 11 janvier: les sénateurs communistes-Front de Gauche déposent un projet d'abrogation de la loi travail!

La proposition du groupe CRC est discutée demain au Sénat

mardi 10 janvier 2017

La proposition de loi d’abrogation de la loi travail, déposée par le groupe Communiste, Républicain et Citoyen du Sénat, sera discutée en séance publique demain dans l’hémicycle.

Une pétition est lancée par le groupe communiste, républicain et citoyen du Sénat


Au printemps dernier, nous avons été des millions à nous opposer à la loi Travail. Aujourd’hui, alors qu’elle entre progressivement en application, nous demandons son abrogation.

Cette loi a été imposée à coup de 49,3 au mépris de la démocratie, au mépris d’un puissant et long mouvement social soutenu par une majorité de nos concitoyens et contre lequel le gouvernement n’a pas hésité à déployer des forces policières hors-norme, recourant parfois à une répression d’une rare brutalité.

Mesure phare, l’inversion de la hiérarchie des normes qu’elle instaure constitue un recul social sans précédent. Avec elle, le Code du travail et les garanties collectives chèrement acquises volent en éclats. Les salariés se voient imposer la loi patronale dans chaque entreprise. Les licenciements sont facilités, les heures supplémentaires peuvent être moins payées, la médecine du travail est encore affaiblie, les syndicats contournés.

Cette loi n’est rien d’autre qu’une loi de soumission aux volontés du Medef. Elle ne favorisera ni l’emploi ni l’économie, mais encouragera les suppressions de postes ayant pour seul objectif d’augmenter les profits des actionnaires.
De multiples initiatives sont d’ores et déjà prises pour la combattre, comme au Sénat où une proposition de loi d’abrogation a été déposée par le groupe CRC et discutée le 11 janvier.

Nous sommes toujours une majorité à ne pas vouloir de ce retour à des rapports sociaux dignes du 19e siècle. Alors oui, en 2017, il faut abroger cette loi de régression qui met en cause des décennies de conquêtes sociales.

 

 

"Nous ne voulons toujours pas de cette loi, néfaste pour les salariés et notre modèle social" explique Dominique Watrin sur le site du groupe.

 Lire également son entretien dans l’Humanité du 10 janvier 2017

 

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 16:00
Manuel Valls arriverait en tête du premier tour de la primaire de gauche, mais serait battu au second par Arnaud Montebourg, avec 53% des suffrages contre 47%.

Manuel Valls arriverait en tête du premier tour de la primaire de gauche, mais serait battu au second par Arnaud Montebourg, avec 53% des suffrages contre 47%.

Manuel Valls arriverait en tête du premier tour de la primaire de gauche, mais serait battu au second par Arnaud Montebourg, avec 53 % des suffrages contre 47 %, selon un sondage Kantar Sofres-OnePoint pour RTL, Le Figaro et LCI, publié dimanche.

Dans l’hypothèse d’un duel de second tour entre l’ancien Premier ministre et Benoît Hamon, les deux sont donnés à égalité (50 %-50 % d'intentions de vote).

 

Au premier tour de cette primaire des 22 et 29 janvier, Manuel Valls serait en tête avec 36 % des voix, devant Arnaud Montebourg (23 %), Benoît Hamon (21 %), Vincent Peillon (10 %), Sylvia Pinel (6 %), Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy (2 % chacun).

73 % excluent de participer au scrutin

Ces chiffres, rendus publics avant le premier débat télévisé jeudi entre les candidats, proviennent des intentions de vote de 488 personnes tout à fait certaines de participer à la primaire.

Sur tout l’échantillon interrogé, soit 8 011 personnes, 73 % excluent de participer au scrutin.

Cependant, parmi les personnes tout à fait certaines d’aller voter, Manuel Valls ressort en tête des « souhaits » comme des « pronostics de victoire » à cette primaire lancée par le PS. 34 % souhaitent qu’il l’emporte, et 41 % pensent qu’il gagnera.

Enquête réalisée du 3 au 6 janvier sur internet, auprès d’un échantillon de 8 011 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 06:29

«Les terroristes appartiennent toujours à leur époque, ils ressemblent davantage à la civilisation qu’ils combattent qu’à l’idéologie dont ils se prévalent. L’État islamique ne fait pas exception.»

« La crise, c’est lorsque le vieux monde est en train de mourir et que le nouveau monde tarde à naitre. Et dans ce clair-obscur naissent les monstres.»

« Une toute nouvelle pauvreté s’est abattue sur les hommes avec ce déploiement monstrueux de la technique. Et l’envers de cette pauvreté c’est la richesse oppressante d’idées qui filtrent chez les gens […] Que vaut en effet tout ce patrimoine culturel s’il n’est pas lié pour nous justement à l’expérience ? […] cette pauvreté d’expérience ne concerne pas seulement nos expériences privées, mais aussi celle de l’humanité en général. Et c’est en cela une forme nouvelle de barbarie.»

Non Mr Valls, « expliquer ce n’est pas excuser », essayer de comprendre les meurtres de masse, les crimes violents et lâches, les violences arbitraires et monstrueuses, les douleurs indicibles et inimaginables que les terrorismes contemporains provoquent, ce n’est pas excuser, et encore moins pardonner. C’est combattre les coupables. Non pas aveuglément et en les suivant à la trace de leurs sinistres forfaits, pris que nous sommes dans un jeu de piste sanglant où nous épuisons nos forces de sécurité à devoir les poursuivre sans relâche, et sans pitié pour nos libertés publiques et privées. Mais en sectionnant à leurs racines les facteurs de risques qui ont permis dans notre monde l’émergence de ces symptômes morbides, et en les éradiquant.  Ce qui suppose que nous parvenions à reconstruire la sécurité au cœur même de nos sociétés malades.

Car il s’agit bien d’une maladie, d’une pathologie, celle d’une civilisation, celle d’« un monde sans esprit » auquel appartiennent les meurtriers comme leurs victimes.

Il s’agit bien de la maladie d’un monde livré à la religion d’un marché total, et totalitaire, qui par la globalisation et la fragmentation des cultures concrètes et régionales des peuples et des États-Nations, a pulvérisé le fragile équilibre sur lequel reposaient bien des régimes politiques, bien des souverainetés nationales. De ce chaos sont nés les terrorismes. Les terroristes appartiennent toujours à leur époque, ils ressemblent davantage à la civilisation qu’ils combattent qu’à l’idéologie dont ils se prévalent. L’État islamique ne fait pas exception.

Comme le taylorisme dans l’organisation du travail, et avant lui le fascisme en politique, le terrorisme islamiste est un nihilisme. C’est-à-dire qu’il a besoin d’idoles, faute d’avoir des idées, de vraies idées, de celles qui permettent d’exister, de fonder un « pacte d’humanité » entre tous ceux qui, pour un temps seulement, partagent la même terre.

A la place de ce « pacte d’humanité » nos démocraties libérales ont feint de se contenter de sceller en Europe un « pacte de stabilité » pour mieux mettre les citoyens et les peuples sous curatelle technico-financière. Du coup ces démocraties se sont trouvées « désarmées » face aux entreprises de terreur. Elles ont perdu la force morale et matérielle qui permet aux nations et aux peuples de défendre leur liberté lorsque celle-ci se trouve menacée par des tyrans ou des envahisseurs. Face à des « révolutionnaires » déterminés aux massacres de masse, aux pires exactions, aux crimes lâches et imprévisibles, l’appel à un « pacte de sécurité » est un peu assourdi ! La sécurité n’est pas uniquement dans la force qui tend toujours, nous dit Simone Weil, à transformer celui qui la subit, comme celui qui l’exerce, en cadavre, tôt ou tard. La sécurité résulte aussi de la culture, de la civilisation des mœurs, du lien social et de ses fabriques. Or, la révolution symbolique du néolibéralisme a largement altéré les fabriques du lien social, les prérogatives des États en matière de protections sociales et de services publics.

Une révolution symbolique est une forme de conversion, analogue aux conversions religieuses, qui transforme la manière de voir le monde et d’éprouver l’expérience sensible. Une révolution symbolique répond à l’exigence de devoir construire un nouvel ordre intellectuel et politique permettant aux humains de supporter les contradictions sociales et les conflits inévitables dans lesquels ils sont pris.

 Une révolution symbolique s’impose lorsqu’une hégémonie culturelle a fait son temps, devient obsolète et se doit d’être remplacée par d’autres catégories de penser et d’éprouver. C’est ainsi que la « globalisation » de notre planète, bien au-delà de la mondialisation marchande, est venue se substituer aux cultures d’un monde bipolaire. Contrairement aux illusions progressistes nourries d’évolutionnisme naturaliste, l’histoire n’avance pas en sens unique, les révolutions symboliques ne suivent pas la marche du progrès. Les révolutions symboliques se succèdent, avec des périodes de transition, de superposition et de crises, sans pour autant suivre la flèche duprogrès, dans le clair-obscur des crises elles permettent aux monstres de renaitre.

La globalisation, marchande autant qu’éthique et culturelle, a permis une redistribution des cartes où mondialisation devenait aussi synonyme de fragmentations. Le jeu politique et moral en a été bouleversé. A commencer par celui de nos démocraties libérales toujours avides de devoir trouver un équilibre entre les principes philosophiques de liberté et d’égalité citoyennes, leur conférant une légitimité éthico-politique, et les inégalités sociales réelles que fabriquent les économies capitalistes. Le néolibéralisme a fait litière de cette utopied’un système politique libéral où les ratés des inégalités sociales se seraient trouvés compensés par le dédommagement des libertés individuelles et des protections sociales régulatrices. Du coup le néolibéralisme a fait litière du libéralisme.

Cette utopie a cédé la place à une autre fiction faisant de tout humain un « entrepreneur » de lui-même, et des États des soutiens indéfectibles aux Grands Groupes Nationaux lancés dans la compétition internationale. Quitte à devoir délaisser leur rôle d’arbitre et de garants de l’intérêt général, pour devoir contraindre et civiliser les citoyens à cette nouvelle Réforme de la religion du marché.  C’est au chevet de cette clinique des nouvelles formes sociales d’organisation du travail que l’on pourra approcher les méfaits de cette utopie, laquelle isole les individus, les transforme en instruments techniques, « mis sous pression », au motif d’accroitre leur productivité. Il y a un rapport étroit entre l’organisation sociale du travail humain, le gouvernement politique des peuples et la politique internationale de leurs gouvernants. A la géopolitique des uns, tend à répondre l’organisation sociale et culturelle des autres.

Le néolibéralisme a fait un pas supplémentaire dans le « désenchantement » du monde. C’est ce « monde sans esprit », ce « monde sans cœur » qui impose aux uns comme aux autres « la terreur rationnelle » et la morale utilitaire et cynique fabriquant le chaos d’où émergent les terrorismes, les populismes et autres figures monstrueuses du politique. Ce chaos est celui que produit sur les scènes intimes comme publiques, locales comme globales, un monde sans esprit, un monde guidé par les intelligences algorithmiques, taylorisées à l’extrême. Ce ne sont pas les algorithmes qui nous aliènent, mais nos aliénations qui nous conduisent à en user de cette manière. Il nous faudrait retrouver la qualité sacrée de la parole et du récit pour que nous puissions faire œuvre de nos vies, avec ou sans les algorithmes, et en finir avec la prolétarisation généralisée des peuples. Les atrocités commises par DAESH nous empêchent de voir que le problème est politique : la panne du sacré fabriquée par l’hégémonie culturelle des révolutions néolibérales a produit ce « monstre » qui se nourrit davantage de spectacles que de recueillement. Ce monstre qui ressemble à la civilisation nihiliste qui l’a engendré.

L’utopie néolibérale a conduit au cynisme le plus total, celui-là même qu’utilisent également les terroristes pour déstabiliser les démocraties.

Ces terrorismes appartiennent bien à notre civilisation, ils en sont les enfants monstrueux. Cela nous arrangerait bien qu’ils en soient les « exclus », les barbares étrangers, les astres morts d’époques révolues. Mais hélas, par leur cynisme « négationniste » de l’humanité, par l’utilitarisme de la terreur, par le « rationalisme morbide » de leurs méthodes, ils se révèlent bien comme des « entrepreneurs » néolibéraux redoutables. Ils tentent par une « propagande par les actes » d’imposer leur « marque » sur le marché des idéologies, dans la lutte pour une nouvelle hégémonie culturelle au moment où les lunes mortes du néolibéralisme brillent de ses derniers feux. Ils s’emploient sur les marchés de la terreur à nier, à leur manière, l’humanité de l’homme, à ne se soucier que de la productivité de l’horreur, à la fourguer comme une marchandise et un spectacle. L’exploitation de la « matière humaine » comme masse d’ajustement, de camouflage et de « pièces de munitions », avant d’être le lot d’extrême misère et de désespoir de ces scènes de guerre totale, a été « rôdée » sur les scènes de production industrielle d’abord, financière et administratives ensuite. Comme avec Taylor : « dans le passé, l’homme était tout, ce sera désormais le système. » Les populations qui servent de « boucliers humains » en savent quelque chose…

Le système technicien, les progrès considérables des nouvelles technologies, la financiarisation de l’économie, l’effondrement des idéologies et des pratiques réformatrices et le discrédit des mouvements et des États se revendiquant des révolutions socialistes, ont permis, dans le domaine du travail, une extension inégalée dutaylorisme. Cette nouvelle révolution symbolique dans les mœurs et cette manière de voir le monde, d’éprouver nos expériences, se sont installées sur un mode quasitotalitaire avec les révolutions industrielles d’abord, le marché globalisé ensuite. Les (contre)-révolutionnaires s’y opposent tout en lui ressemblant.

Que devient ce monde vidé de tout esprit, ou presque, que seules tendent à recouvrir et à masquer les pratiques de distraction et de divertissement ? L’humain y devient superflu. Les machines intelligentes le rendent obsolète. Cette culture a fabriqué une prolétarisation généralisée des existences concrètes et singulières. Dans ce « désert », au sens d’Hannah Arendt, les humains sont « esseulés », « désolés », livrés à la cupidité des fascismes de toutes sortes, césarismes divers et variés, techno-fascismes newlook, populismes nationalistes agressifs, totalitarismes contre-révolutionnaires… ou théo-fascismes.

Alors, oui j’affirme, en accord avec l’anthropologue Scott Atran, que l’État Islamique s’apparente à une révolution,une révolution conservatrice, réactionnaire, accouplant des pratiques terroristes à une idéologie, au sens gramscien du terme, à une forme symbolique de discours et de vie qui rencontre, à un moment historique donné, des forces matérielles, des infrastructures économiques et politiques en mouvement ou plongées dans un chaos. Ce chaos que nous avons fabriqué en Occident, par nos manières de vivre ensemble, et à l’extérieur en essayant de les « greffer » dans d’autres régions du monde. De ce chaos nait l’État Islamique et les nationaux-populismes qui l’accompagnent. Ils partagent la haine conjointe des principes des Lumières et des projets d’émancipation sociale et subjective qui les ont prolongés.

 Ne nous y trompons pas : l’ennemi est bien un révolutionnaire, un révolutionnaire des anti-Lumières. Il appartient de pied en cap à tous ces ennemis des Lumières qui font sans cesse résurgence. Ce n’est pas méconnaitre sanouveauté et son originalité que de le rapprocher de tous ces mouvements contre-révolutionnaires, réactionnaires et conservateurs toujours, totalitaires et fascistes parfois, qui font éternellement retour, et donnent l’impression que « l’univers piétine sur place », comme le criait du fond de sa prison le révolutionnaire Blanqui.

Toute la philosophie de l’histoire de Walter Benjamin montre que la remémoration d’un passé s’écrit dans le texte de l’actualité qui offre à la fois ce qui est primordial et originel, et ce qui est radicalement nouveau. Depuis le début des Lumières, des (contre)-révolutionnaires n’ont eu de cesse de contester ce qui dans la culture en recueille l’héritage. Paradoxalement, le néolibéralisme a favorisé la crise du libéralisme et dilapidé bien des notions qui en étaient l’héritage. Les terrorismes et les nationaux-populismes aujourd’hui poussent telles des fleurs vénéneuses sur l’humus du néolibéralisme décomposé.

On n’efface pas impunément la souveraineté des nations sans prendre le risque de voir des communautés se reformer selon de nouveaux alliages, et sous la pression de nouvelles divisions. Les identifications humaines, collectives comme singulières, sont symboliques, en aucune manière « naturelles » ou évidentes. Elles résultent de rapports de forces et sont d’une certaine façon, arbitraires. Ce qui explique les violences qui les fondent et l’autorité qu’elles revendiquent. A la révolution symbolique des nations, parfois imposées par les colonisateurs, a succédé aujourd’hui de nouvelles révolutions symboliques qui tentent de recycler les identifications anciennes des religions, des sectes, des tribus, des clans et des ethnies.

L’humanité de l’homme est fragile, toujours à construire, déjà-là et à venir, elle affleure dans ces traces que laissent les œuvres et les actes d’émancipation, comme autant d’instants d’éternité actualisés dans un présent dont le « diagnostic » éclaire l’avenir… faute de quoi « l’esprit erre dans les ténèbres » disait déjà Alexis de Tocqueville. Nous risquons d’y entrer dans ces ténèbres, si nous ne faisons pas l’effort de comprendre « comment nous en sommes arrivés là ? Qu’est-ce que nous pouvons espérer ? » C’est cette injonction à connaître, qui constitue le défi lancé depuis le XVIIIe siècle par les Lumières, que nous nous devons, une fois encore, à l’orée des révolutions, relever.

Il importe de percevoir à travers les terrorismes actuels l’« éternel retour » du même : quand les conditions historiques ne permettent plus de lier l’actualité à la tradition, le nouveau à l’éternel, la civilisation fuit dans lamode fugitive et contingente, ou opère un retour obscurantiste à l’origine fétichisée et momifiée. Le néolibéralisme appartient au premier choix, l’islamisme salafiste au second. L’un comme l’autre procèdent de « coups d’État » divers et variés, ou d’épisodes (contre)-révolutionnaires. Ils résultent d’un temps dissocié, d’une temporalité en panne de dialectique, cristallisée dans son origine imaginaire ou exhalée dans l’instant. Face à la fumée du libéralisme et à la pierre marmoréenne du salafisme, il nous faut construire et inventer une nouvelle temporalité, une nouvelle conscience critique et partagée.

Cette nouvelle conscience collective et politique ne saurait venir au monde qu’à la condition que nous soyons capables de reconnaitre à l’art et à la culture une fonction sociale, la puissance sacrée des droits de « la pensée humiliée », dont parle l’œuvre d’Albert Camus. Là où les fascismes, anciens ou nouveaux, tendent à esthétiser la politique et ses actions, il nous faudra politiser l’esprit. Tel a été l’enseignement de Walter Benjamin : politiser l’intelligence.

Ce n’est donc pas sur la scène des idéologies, de leurs affrontements, que nous parviendrons à combattre les terrorismes, ce qui constituerait une manière de s’y inclure et de s’y aliéner.

Mais bien plutôt en essayant de comprendre et d’analyser les moments historiques où ces formes rencontrent des conditions favorisantes qui leur redonnent la vigueur de forces révolutionnaires. Lorsqu’une idéologie parvient à recueillir « le souffle des opprimés », « le cœur d’un monde sans cœur », cela veut dire que le politique a failli, pas seulement le personnel politique. Non, le politique en tant que synonyme de culture, ce politique authentique qui affecte les foules pour le meilleur, et parfois pour le pire, les met magiquement en émotion. C’est alors qu’adhérant à de nouvelles fictions sacrées, les foules deviennent des peuples.

C’est, en partie, l’objectif de cet essai que de montrer que la panne du politique, aujourd’hui, consécutive à la révolution conservatrice néolibérale, produit, en retour, de nouvelles idéologies concurrentes portées par le désir et la nécessité de résoudre et d’affronter les contradictions d’un régime libéral en proie à la violence tayloriste du capitalisme financier. Ce qui suppose un autre rapport à la mémoire et au temps, dont l’art seul peut-être, peut rendre compte.

Ce qui suppose une autre posture éthique et politique, véritablement humaniste que seule une nouvelle hégémonie culturelle permettrait. Une posture éthico-politique qui reconnaîtrait à l’art et à la culture authentique sa pleine fonction sacrée, sa puissance symbolique à relier les humains entre eux, à transformer la foule en Peuple, à donner aux « populations » la substance d’une « spiritualité politique » sans laquelle l’humain vit, mais n’existe pas.  A cette condition, nous résisterons à la terreur, à son empire, en sectionnant les racines des forces matérielles et symboliques qui permettent aux formes vides des idéologies, aux spectres sortis de ténèbres, de reprendre vie.

Antonio Gramsci, Cahiers de prison, I à V, Paris, Gallimard, 1996.

Walter Benjamin, Expérience et pauvreté (1933), Paris : Payot, 2011, p. 39-40.

Frederic Winslow Taylor, Principes d’organisation scientifique (1911) ; Paris, Dunod, 1927, p. 20.

Roland Gori, Un monde sans esprit, La fabrique du terrorisme, Les Liens qui Libèrent.
240 pages, 18€50, parution le 4 janvier.

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 09:02

 

La loi Travail, c'est la précarité généralisée, les licenciements favorisés, le Code du travail affaibli

Sans majorité dans le pays, ni à l'Assemblée nationale, le gouvernement Hollande/Valls a dû recourir au 49-3 pour imposer son projet

Les sénatrices et sénateurs communistes présentent le 11 janvier une proposition de loi visant à l'abroger

 

 

 

La loi El Khomri poursuit le travail de sape des acquis sociaux en revenant sur des droits des salariés. Elle s'est faite sans concertation avec les organisations syndicales. Ses orientations libérales sont un cadeau pour le Medef qui n'en demandait pas tant. Les premiers exemples de son application sont alarmants.

 

Le pouvoir des chefs d'entreprises renforcé

Depuis les Accords de Matignon de 1936, les conventions collectives et les accords de branche ne pouvaient qu'améliorer les conditions des salariés prévues par le Code du travail.

Désormais, un simple accord d'entreprise permettra de déroger à ces règles, la hiérarchie des normes est inversée. Les salariés sont laissés seuls face à leur employeur dont les moyens de pression sont élargis au détriment des droits, des conditions de travail.

Le gouvernement offre aux grandes entreprises les moyens de faciliter le dumping social et économique.

 

Licenciements facilités, précarité renforcée

La loi permet désormais aux entreprises qui réalisent des bénéfices de licencier pour motif économique. De même, les salariés pourront être obligés de travailler plus sans gagner plus, ceux qui refuseraient pouvant alors être licenciés.

 

Les 35h menacées, les heures supplémentaires moins payées

Par un simple accord d'entreprise, il sera possible de revenir sur le temps de travail et sur les 35h. De même, la majoration des heures supplémentaires passe de 25 % à 10 % ce qui se traduira dans les faits par des baisses de salaires alors que le pouvoir d'achat a déjà considérablement baissé.

 

La santé du travail menacée

Nombre de mesures de la loi contribuent à durcir les conditions des travail (plus de flexibilité, temps de travail, pressions de l'employeur). Dans le même temps, les missions de la médecine du travail sont dénaturées et l'intervalle entre deux consultations passe de 2 à 5 ans.

 

Le Parti communiste demande l'abrogation de cette loi et propose :
  • l'adoption d'une loi de sécurisation de l'emploi et de la formation permettant à chaque salarié-e d'alterner période d'emploi et de formation choisie sans perte de salaire et sans passer par le chômage
  • la refonte du Code du travail, rétablissant le hiérarchie des normes et garantissant de nouveaux droits aux travailleurs à l'entreprise
  • le doublement des effectifs de l'Inspection du travail
  • des négociations pour une réduction du temps de travail avec les 32h hebdomadaires pour objectif.
  • de faire du CDI la norme et de limiter le recours à l'intérim
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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 08:11
2017, année de grandes incertitudes pour les paysans français (Gérard Le Puill - L'Humanité)
2017, année de grandes incertitudes pour les paysans français
MARDI, 3 JANVIER, 2017
HUMANITE

L’année 2016 a été éprouvante pour le monde paysan avec une perte de revenu de 26,1% en moyenne. Il y eut des mauvaises récoltes imputables au climat et des prix bas résultant de la mondialisation. Une année 2017 identique serait catastrophique pour la profession agricole et préoccupante pour notre souveraineté alimentaire.

Alors que les syndicats paysans entament cette semaine les traditionnelles rencontres avec la presse à l’occasion des vœux du nouvel an, 2017 pourrait d’être une année de grande incertitude pour le monde paysan. En 2016, sous réserve de connaître les chiffres définitifs dans quelques mois, le revenu paysan aurait baissé de 26,1%, ce qui est énorme. Les principales causes sont les baisses de prix de vente du lait, de la viande bovine et des céréales dont les rendements ont aussi connu une baisse sensible à cause d’un climat défavorable au remplissage des épis à la fin du printemps 2016. Car, parallèlement, la récolte mondiale de blé a été abondante pour la troisième année consécutive et dans les salles de marché, on a spéculé à la baisse.

En ce début d’année, la tonne de blé rendue au port de Rouen pour l’exportation ne vaut que 164,5€, contre plus de 200€ en 2012 et 2013. Le prix du lait a baisse de 20% en deux ans du fait de l’augmentation de 4% de la production européenne avec la fin des quotas. Cette augmentation du nombre de vaches laitières a également fait chuter le prix de la viande bovine d’environ 4% car l’augmentation du troupeau laitier augmente aussi l’offre en viande avec plus de jeunes bovins mâles et de vaches de réforme pour la boucherie. En 2016, les exportations françaises de viande bovine ont été détrônées par celles de la Pologne dans les pays importateurs comme l’Allemagne, l’Italie et la Grèce. La viande polonaise, bien que de moindre qualité, se vendait mieux à cause de son prix bas rendu possible par les bas salaires dans les abattoirs de ce pays.

La Commission européenne négocie tous azimuts de nouveaux accords de libre échange

Alors que les incertitudes sur les prix payés aux paysans en 2017 sont plus grandes que jamais sur le marché mondialisé des céréales, mais aussi sur le marché intra-européen des produits laitiers et de la viande, la Commission européenne annonce pour ce début d’année un programme de négociations tous azimuts en vue de conclure de nouveaux accords de libre échange avec des pays tiers. Après un accord conclu avec le Canada, qui ambitionne de nous exporter toujours plus de viande et des céréales, Cecilia Malmström, la commissaire en charge du Commerce, est mandatée pour négocier des accords de libre échange avec plusieurs pays d’Asie. Et la Commissaire d’affirmer : « nous nous attendons à des progrès dans les négociations avec le Mexique et le Mercosur » , tout en se disant « totalement consciente d’une approche prudente pour les produits sensibles dans tous les accords commerciaux ». Ce langage diplomatique nous prévient que c’est une fois de plus l’agriculture européenne qui servira de monnaie d’échange pour permettre à d’autres secteurs économiques d’exporter plus facilement dans ces pays.

Nouvelle menace de boycott du roquefort aux USA

Alors que la négociation en cours sur le TAFTA continue, les Etats-Unis menacent de saisir le tribunal arbitral de l’OMC contre l’Europe, parce que l’accord précédent n’aurait pas assez bien fonctionné en leur faveur en particulier sur les exportations de viande bovine. Est à nouveau brandie la menace de surtaxer nos exportations de roquefort aux Etats-Unis. On notera à ce propos que François Hollande, ancien député d’une circonscription rurale de Corrèze, n’a pas eu un mot concernant la situation dramatique vécue par les paysans français lors de son allocution du 31 décembre. Sans doute parce que la France continue de donner des mandats à la Commission européenne pour négocier, encore et toujours, des accords de libre échange qui, en plus de ruiner nos paysans, sont aussi des vecteurs du réchauffement climatiques, tant ils favorisent la déforestation dans les pays du sud et les longs transports inutiles de denrées alimentaires sur la planète entière. Notons encore que François Hollande et les autres chefs d’Etat de gouvernement européens ont décidé en décembre 2016 de prolonger jusqu’en juillet 2017 leurs sanctions économiques contre la Russie. Ce faisant, ils conduisent la Russie à maintenir l’embargo sur les produits agricoles européens tandis que des secteurs agricoles russes comme la production de viande de volaille, de porc et de lait sont en train de monter en puissance. Finalement, les sanctions économiques de l’Europe, avec l’embargo comme contre-sanction du côté russe, aura permis à la Russie de tendre vers l’autosuffisance et de ne plus avoir besoin des importations de volailles et de porcs en provenance d’Europe.

Signalons enfin que des syndicats agricoles européens s’inquiètent des concessions commerciales supplémentaires que l’Europe s’apprête à faire à l’Ukraine. Ce pays pourrait exporter plus de céréales et d’autres produits agricoles en Europe sans droits de douanes. Il faut savoir que le 17 décembre 2016, les chefs d’Etat et de gouvernement des 28 avaient « réaffirmé » leur « attachement à la conclusion de l’accord d’association UE-Ukraine, y compris l’établissement d’une zone de libre échange approfondi et complet », dont il faut rappeler ici que les dispositions sont applicables de façon unilatérale du côté européen depuis 2014. Bref depuis cette date, l’Ukraine peut vendre de nombreux produits agricoles en Europe sans droits de douanes tandis que les produits européens sont taxés aux frontières de l’Ukraine.

Voilà qui ne préfigure pas d’une bonne année pour les paysans français. On peut aussi se demander comment sera préparée la prochaine réforme de la Politique agricole commune (PAC) prévue pour 2020. Surtout que la présidence tournante de l’Union est confiée à l’Etat confetti de Malte de janvier à juin, tandis que l’Estonie, pays frontalier de la Russie, prendra le relai en juillet.

Journaliste et auteur
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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 08:07

Malgré un froid glacial, 7000 personnes, dont beaucoup de Kurdes venus d ’Allemagne et de toute l’Europe ont défilé ce samedi en hommage à Sakine, Fidan, et Leyla abattues le 9 janvier 2013 au cœur de la capitale de plusieurs balles dans la tête. Sous une forêt de drapeaux à l’effigie des trois militantes kurdes, la foule réclamait que la lumière soit enfin faite sur leur assassinat. Le décès de leur meurtrier présumé, le Turc

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