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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 07:22
« Emmanuel Macron incarne la réunification de la bourgeoisie »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CHRISTOPHE DEROUBAIX
LUNDI, 15 MAI, 2017
L'HUMANITÉ
Jérôme Sainte-Marie, politologue, auteur de l’ouvrage "le Nouvel Ordre démocratique". Photo : Bertrand Langlois/AFP
Jérôme Sainte-Marie, politologue, auteur de l’ouvrage "le Nouvel Ordre démocratique".

Pour le politologue Jérôme Sainte-Marie, Emmanuel Macron rassemble libéralisme économique et libéralisme culturel, satisfaisant un bloc élitaire qui se sent menacé. Entretien.

Vous affirmiez quelques jours avant le second tour que la bourgeoisie avait trouvé son candidat en Emmanuel Macron. Dans le même temps, celui-ci a été considéré comme le rempart de la République face à l’extrême droite. Qui a gagné dimanche dernier ? La bourgeoisie ou la République ?

Jérôme Sainte-Marie C’est en effet ce que j’ai dit même si je suis un peu sorti de mon rôle ! (Rires.) Commençons par le contenu idéologique de l’offre d’Emmanuel Macron, qui est très clair : il s’agit de la réunification de tous les libéralismes, le libéralisme économique et le libéralisme culturel. L’illusion que la gauche pouvait promouvoir le libéralisme culturel sans en tirer de conséquences quant au libéralisme économique – et inversement pour la droite – vole en éclats. Hamon et Mélenchon figurent le renouvellement du libéralisme culturel sans le libéralisme économique. Fillon, c’est le contraire. Cette réconciliation des deux libéralismes est également inscrite dans les traités commerciaux internationaux, comme le Tafta. Elle est portée sur le plan international par des chefs d’État comme Justin Trudeau.

Les élites des deux bords se retrouvent idéologiquement. Cela correspondant aussi à une pratique politique des gouvernements de droite ou de gauche, dont la convergence, quinquennat après quinquennat, était toujours plus éclatante. Mais les alternances divisaient de plus en plus artificiellement le bloc élitaire, que l’on peut appeler plus clairement la bourgeoisie. Cette dernière s’est rendu compte que ses divisions historiques étaient fatales à la mise en œuvre de son projet commun de réformes. Elle s’est donc réunifiée sous la forme du bloc élitaire. Cette réunification aurait pu se produire entre les deux tours. Cela s’est fait de manière plus brutale et plus rapide, avant même le premier tour, avec la création du mouvement En marche ! d’Emmanuel Macron. Ce dernier incarne parfaitement cette réunification idéologique et sociale de la bourgeoisie française pour donner aux réformes la plus grande force propulsive possible.

Ce projet est-il majoritaire dans la société française ?

Jérôme Sainte-Marie Soulignons d’abord que le premier tour a révélé un vote de classe d’une puissance inédite, du moins depuis les années 1970. C’est aujourd’hui une réalité aveuglante. On n’avait pas vu cela depuis le référendum de 2005.

On a, d’un côté, les catégories populaires, qui représentent la majorité du salariat, dont le vote s’est divisé entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. De l’autre, François Fillon et Emmanuel Macron ont rassemblé le bloc élitaire – les chefs d’entreprise, les cadres en général, les détenteurs de patrimoine, donc beaucoup de retraités, et aussi, parmi les jeunes, certaines catégories d’étudiants. Ces deux blocs rassemblent chacun entre 40 et 45 % des suffrages exprimés. Le voile d’illusion idéologique que représentait le clivage gauche-droite est en train de se déchirer.

À cette occasion, la réunification de la bourgeoisie est éclatante. Globalement, le bloc élitaire, c’est la France qui a voté oui en 2005. Cela lui donne un avantage pour gouverner puisqu’il domine sans partage l’appareil de l’État et la direction des grandes entreprises. Plus durablement, toutes les structures institutionnelles convergent, y compris les instances de contrôle. La division partisane de la bourgeoisie, notamment dans la haute fonction publique et dans la direction des médias, constituait un garde-fou que ce processus d’unification idéologique pourrait supprimer.

Ce qui est plus embêtant pour elle, d’un point de vue politique, c’est que cela devient visible. Une domination s’affaiblit quand elle avance sans masque. Par exemple, l’alternance sans véritable alternative est la solution optimale pour maintenir l’ordre social. La clarification actuelle, pour reprendre le mot de Manuel Valls, pourrait s’avérer une mauvaise idée. La disparition de médiation entre le monde des affaires et le milieu politique, avec un président de la République directement issu du premier, constitue une transparence redoutable pour un système en crise.

Cette élection présidentielle marque la fin d’un cycle. Quels sont les marqueurs du nouveau cycle ?

Jérôme Sainte-Marie De manière très schématique, la vie politique française a été longtemps structurée par deux grands blocs, la gauche et la droite, subdivisés en leur sein par deux forces. C’était le clivage politique qui était essentiel. Aujourd’hui, c’est le clivage sociologique qui est primordial, en ce sens qu’il détermine les opinions des électeurs et le comportement des élus. À l’intérieur de ce clivage, les cultures politiques servent de nuancier.

Ce cycle qui s’ouvre sera marqué par des tensions d’une intensité telle qu’on n’en avait pas connu depuis quarante ans, dites-vous…

Jérôme Sainte-Marie Lorsque vous faites un travail sur la violence politique, vous vous rendez compte qu’elle peut intervenir lorsque les clivages se superposent. Pour prendre un exemple extrême, la révolte du prolétariat catholique en Irlande du Nord doit beaucoup à la coïncidence des séparations sociales et des séparations religieuses. Cette analogie peut servir pour analyser la situation politique française, en remplaçant les différences religieuses par les oppositions partisanes.

Le premier facteur de tension est donc l’estompement du clivage gauche-droite au profit d’un choc entre libéralisme élitaire et souverainisme populaire. Intérêt social et valeurs politiques coïncident. Le premier tour a ainsi permis une forme de décantation sociologique, facilitée par l’affaissement du PS, qui était devenu un parti interclassiste.

Le second facteur est que les Français ont de plus en plus conscience que cette opposition sociale est fondamentale. Les études montrent que leur explication de vote renvoie très souvent à des considérations très matérielles, et antagonistes.

J’ajoute un troisième élément : si nous allons vers des solutions à la Blair ou à la Schröder, même si la situation générale du pays devait s’améliorer, dans ce modèle l’accroissement du bien-être de certains pourrait s’accompagner d’une plus forte précarisation ou paupérisation pour d’autres. Dans un pays de culture égalitariste comme la France, cela générerait des tensions très fortes, qui trouveraient dans le nouvel ordre démocratique une traduction politique directe. C’est tout le paradoxe de la « grande réconciliation » qu’incarne Emmanuel Macron.

correspondant à Marseille
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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 06:51
Pierre Dharéville, secrétaire du PCF dans les Bouches-du-Rhône, dénonce le "gâchis" que représente la stratégie du leader de La France Insoumise en France et dans la région marseillaise (L'Express)

Pierre Dharréville, secrétaire du Parti communiste dans les Bouches-du-Rhône, dénonce le "gâchis" que représente la stratégie du leader de La France insoumise.

En présentant des candidats dans toutes les circonscriptions de Marseille, alors que le PCF s'est retiré au profit de La France insoumise dans quatre d'entre elles, Jean-Luc Mélenchon s'attire les foudres des communistes.  

"Nous avons pris connaissance jeudi (...) de la décision de Jean-Luc Mélenchon de présenter des candidats de son nouveau parti politique dans toutes les circonscriptions de Marseille et dans la quasi-totalité des circonscriptions du département", déplore dans un communiqué Pierre Dharréville, secrétaire du PCF dans les Bouches-du-Rhône. 

 
Il bouscule le microcosme marseillais

"Nous avons retiré notre candidat dans la quatrième circonscription de Marseille dès le lendemain de l'annonce de l'arrivée de Jean-Luc Mélenchon", a rappelé le communiste, "nous avons également retiré nos candidats dans trois autres circonscriptions (la 3ème à Marseille, la 9ème à Aubagne et la 16ème à Arles, ndlr) pour ouvrir la voie au rassemblement et montrer les possibles". 

Bousculant le microcosme politique marseillais, Jean-Luc Mélenchon a annoncé le 10 mai sa candidature dans la 4e circonscription de Marseille, celle qui lui a été le plus favorable localement (39% au premier tour), dans une ville qui l'a plébiscité à la présidentielle, le plaçant en tête au premier tour (24,82%) devant Marine Le Pen (23,66%). 

"Jean-Luc Mélenchon donne l'impression de mépriser"

"Le gâchis, c'est cela que nous n'acceptons pas. Je regrette profondément, qu'au lieu d'arriver ici avec la volonté de rassembler les forces disponibles, Jean-Luc Mélenchon donne l'impression de mépriser celles et ceux qui ne l'ont pas attendu pour mener bataille". 

Dénonçant cette "démarche d'hégémonie, doublée de tentatives de débauchage et de pressions", le secrétaire départemental du PCF a affirmé qu'il "vaudrait mieux se situer en rassembleur, produire des gestes de reconnaissance et de respect qui sont la marque des grands". "Les communistes ne sont pas les seuls, mais ils sont au premier rang de ceux qui reçoivent ce mépris à la figure", a-t-il regretté 

Dans le baromètre Elabe pour Les Echos, Jean-Luc Mélenchon perd 17 points et abandonne la place de personnalité politique préférée des Français à Alain Juppé. "Il paie lourdement son attitude qui donnait l'image d'un mauvais perdant", analyse pour Yves-Marie Cann, directeur des études politiques d'Elabe, pour qui "son refus de donner une consigne de vote [au second tour de la présidentielle] a incontestablement choqué l'opinion". 

(L'express, 20 mai) 

 

Discours de Pierre Dharéville lors de sa conférence de presse le 19 mai:

 

    Nous avons pris connaissance jeudi, au moment-même où s’annonçait un gouvernement de combat contre le monde du travail et les intérêts populaires, de la décision de Jean-Luc Mélenchon de présenter des candidats de son nouveau parti politique dans toutes les circonscriptions de Marseille et dans la quasi-totalité des circonscriptions du département.

            Depuis une semaine, je ne cesse d’entendre l’incompréhension, la sidération, la colère aussi de femmes et d’hommes qui veulent croire en des victoires partagées et qui redoutent désormais un formidable gâchis.

            Le gâchis, c’est cela que nous n’acceptons pas. Et c’est cela qui me conduit à prendre la parole à nouveau aujourd’hui, au moment d’entrer dans le vif de la campagne des élections législatives.

            Je regrette profondément, qu’au lieu d’arriver ici avec la volonté de rassembler les forces disponibles, Jean-Luc Mélenchon donne l’impression de mépriser celles et ceux qui ne l’ont pas attendu pour mener bataille.

            Cet acte n’est pas compris, et mal accepté par tous ceux et toutes celles qui ici, si souvent se rassemblent, agissent sur le terrain, dans la diversité, font la richesse et le foisonnement de cette ville qui n’est pas simplement la France en concentré mais aussi cette ville si singulière dans ce territoire si singulier.

            Ce comportement, beaucoup d’hommes et de femmes ont le sentiment, ils nous le disent, qu’il n’est pas à la hauteur des responsabilités qui nous ont été confiées en commun, ni des espoirs qui ont conduit à se reconnaître dans sa candidature.

            Depuis le soir du premier tour de l’élection présidentielle, nous entendons trop qu’il y a de la déception chez celles et ceux qui ont voté pour lui et qui l’ont soutenu. Car la dynamique du 23 avril déborde largement le cadre d’un Parti et dépasse la personne de Jean-Luc Mélenchon. Cette démarche d’hégémonie, doublée de tentatives de débauchage et de pressions voulant soumettre et faire renier leur engagement à des militants en les obligeant à signer une charte établie par une autre organisation politique que la leur et à se réclamer d’elle devant les autorités, ne produira pas de résultats positifs. Il vaudrait mieux se situer en rassembleur, produire des gestes de reconnaissance et de respect qui sont la marque des grands. Car dans cette course en solitaire se préparent de sérieuses déconvenues.

            Les communistes ne sont pas les seuls, mais ils sont au premier rang de ceux qui reçoivent ce mépris à la figure. Je refuse qu’on nous renvoie dos-à-dos comme étant nous aussi comptables de cette division face aux forces libérales qui elles, sont en train de se coaliser. Les forces de gauche sont éclatées face à cette droite en mouvement et ce n’est jamais sous la forme d’un Parti unique qu’elles ont pu gagner.

            Aussi, je veux simplement rappeler de façon clinique les actes que nous avons produit afin de contribuer à faire grandir une dynamique commune dont il disait lui-même n’être que l’instrument. Nous avons renoncé à présenter un candidat afin de venir conforter une candidature déjà décidée unilatéralement. Nous avons choisi de mener campagne pour cette élection à fonds perdus sans être associés à son organisation. Les élus communistes de notre département ont parrainé la candidature de Jean-Luc Mélenchon dans leur grande majorité, comme cinq années auparavant. Malgré des mots peu amènes, nous avons milité sur tout le territoire, multipliant les rencontres et le travail de terrain que nous étions seuls à pouvoir effectuer. Nous avons retiré notre candidat dans la quatrième circonscription de Marseille dès le lendemain de l’annonce de l’arrivée de Jean-Luc Mélenchon, le jour de sa première venue. Nous avons également retiré nos candidats dans trois autres circonscriptions pour ouvrir la voie au rassemblement et montrer les possibles.

            La seule boussole qui vaille pour nous, ce n’est pas en soi de viser un score, c’est la passion farouche de victoires populaires, l’ambition viscérale d’être utile dès aujourd’hui le plus fort possible dans la vie quotidienne.

            Si Jean-Luc Mélenchon a pris notre attitude pour de la faiblesse, il s’est trompé. Mais je crois qu’il sait pertinemment que ces actes ont parlé pour nous, qu’ils ont montré la sincérité de notre engagement, qu’ils renvoient des questions : que cherche-t-il ? Pourquoi ne construit-il pas la plus large dynamique possible pour le meilleur résultat aux législatives et pour le meilleur rapport de force ? Considère-t-il qu’aucune autre force que la sienne ne mérite d’exister ?

            L’expérience que nous faisons aujourd’hui de plus près nous pousser à former une hypothèse, l’hypothèse qu’il ne veut pas d’alliés. Et nous, nous ne serons pas des vassaux. Les communistes, ne font pas allégeance, notre histoire dans cette ville et ce département en témoigne. J’en profite pour préciser que les décisions prises ici par les communistes engagent la direction nationale du Parti communiste, ce n’est donc pas la peine de faire comme si nous étions désunis. Et nous considérons, sans renier à chacun sa part, avoir fait oeuvre commune à la Présidentielle. D’ailleurs, comme cela a beaucoup été dit entre les deux tours, les voix n’appartiennent à personne qu’aux citoyennes et citoyens eux-mêmes.

            J’ai entendu hier à la télévision que 7 millions de personnes avaient voté sur un programme non négociable et que cela empêcherait de, je cite « se partager des places ». Ne me situant pas dans l’invective, je voudrais simplement faire à ce propos trois remarques. D’abord, j’ai voté pour Jean-Luc Mélenchon sans partager l’intégralité de son programme, et au risque de le décevoir, c’est sans doute le cas d’un nombre significatif d’électrices et d’électeurs. Deuxièmement, il est crucial de sortir de ce modèle délégataire qui conduit à penser l’élection comme une abdication temporaire de souveraineté par le peuple, où un Président vous dit : vous avez voté, vous avez adopté mon programme, on se reparle dans 5 ans. C’est cela, aussi, la sixième République. Il doit y avoir de la place pour unir des forces qui partagent un socle essentiel sans être d’accord sur tout, en continuant de mener un débat populaire sur un certain nombre de questions. Je n’appelle pas cela des magouilles mais la richesse de la démocratie. Enfin, il ne s’agit nullement de se partager des places, encore moins, j’espère qu’un seul se les accapare, il s’agit simplement de créer les conditions de victoires pour les femmes et les hommes de notre territoire et de notre pays.

            J’ai également entendu hier cette question : « Où y a -t-il un candidat de la France insoumise soutenu par la direction du PC ? » J’ai bien cherché et j’ai trouvé la réponse : A Marseille ! Malgré le fait que la France insoumise n’a pas souhaité d’accord avec nous, alors que nous, nous le souhaitions, contrairement à ce qui se dit.

            Et comme il ne s’agit pas pour moi de tricher, que j’accorde de la valeur à ma propre parole, je dois à la vérité de dire, et je le fais bien volontiers, que la seule chose qui m’ait été annoncée depuis la semaine dernière, sans rapport avec cet acte que nous avons produit, c’est que comme dans deux autres circonscriptions du pays, où le député communiste sortant avait parrainé Jean-Luc Mélenchon, il n’y aurait pas de candidat dans la 13ème : c’est bien, c’est peu, il était temps. Et nous nous emploierons cependant avec plaisir à rassembler toutes les énergies sur place.

            Pourtant, il eut été si facile de se montrer à la hauteur en retirant des candidats ailleurs dans une forme de réponse à notre acte, comme dans la 7ème circonscription, par exemple, où Jean-Marc Coppola incarne l’alternative mieux que quiconque, ou dans la 5ème, où l’ancienne sénatrice communiste Isabelle Pasquet se présente, dans la 10ème, où un syndicaliste gardannais Eric Sordet, porte nos couleurs, ou encore dans la 11ème où un maire qui a parrainé Jean-Luc Mélenchon, André Molino, est candidat. Ne pas le faire, c’est prendre la responsabilité, le risque de sacrifier des victoires, de possibles députés, des points d’appui pour se défendre… C’est contraire aux intérêts populaires. Car l’enjeu n’est pas l’élection d’untel ou d’une telle, c’est d’envoyer le plus grand nombre de parlementaires progressistes à l’Assemblée.

            Malgré ce, nous ne renions pas les actes que nous avons posés. Nous prenons simplement notre peuple à témoin : ce n’est pas ainsi que l’on pourra reconstruire la gauche nécessaire à inventer l’avenir. Ce n’est pas ainsi que l’on pourra créer les dynamiques populaires nécessaires à résister et à changer les choses. Nous avons produit des actes que nous maintenons parce qu’ils peuvent aider à empêcher des catastrophes, parce que nous continuons d’être farouchement opposés à la banalisation du Front national, parce que nous ne cherchons définitivement pas notre petit intérêt. Mais dans les douze circonscriptions où nous aurons des candidats, nous mènerons le combat politique avec force afin de faire vivre les espoirs qui se sont manifestés à la Présidentielle. Nous visons des victoires dans plusieurs circonscriptions.

            Après ce quinquennat calamiteux, devant cette attitude, nous sommes sans doute désormais la force de gauche la plus solide et rassembleuse. Il y aura besoin de nous pour construire l’avenir et faire du neuf à gauche. Les femmes et les hommes de Marseille et de notre département nous connaissent, ils savent notre enracinement, notre sincérité, notre désintéressement, notre combativité, la force de ce que nous avons accompli dans les responsabilités qui nous ont été confiées. Dans la période écoulée, on a voulu faire croire que tout cela n’était plus possible et ces idéaux plus assez modernes, nous avons vu à quelles régressions sociales et démocratiques nous avons ainsi été conduits. Le Parti communiste est encore la force qui peut tenir la gauche debout, sans sectarisme, sans oukases, sans hégémonie. Dans les rudes moments qui se préparent, on ne peut se passer de personne.

            Je suis fier d’appartenir à un parti capable d’un tel esprit de responsabilité. Notre combativité sera indispensable face au projet dévastateur d’Emmanuel Macron, elle devra être la plus forte possible.

            Je regrette profondément cette situation de division de la gauche de transformation sociale.

            L’heure est à engager la bataille contre le gouvernement de droite d’Emmanuel Macron et sa politique. L’heure est à empêcher l’emploi des ordonnances pour dépouiller le code du travail. L’heure est à battre de nouveau le Front national comme notre peuple l’a fait à la Présidentielle, et dans les circonscriptions, si cela était nécessaire, il faudra faire ce travail pour ne pas se retrouver avec des représentants issus de l’extrême droite. L’heure est à amplifier les espoirs qui se sont exprimés au printemps 2016 et à les porter en politique. Dans cette ville et ce département où notre engagement a été fort et où notre influence est conséquente, nous sommes là pour incarner cet espoir. Nous sommes la principale force enracinée, combative et disponible à gauche. J’appelle les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et au-delà, de toute la gauche à nous donner partout, en votant pour nos candidates et candidats la force de donner une grande suite, un nouvel élan à cette dynamique. Je fais le serment que nous respecterons leur vote, en tendant toujours la main vers ceux, différents de nous, avec qui nous pouvons agir. Nous serons là, comme c’est notre obsession depuis toujours pour défendre le monde du travail et les milieux populaires, pour faire grandir les dynamiques d’émancipation humaine.

            C’est cela qui va nous occuper à plein. Je me dis qu’il y aura une reconnaissance, une prime aux généreux, aux rassembleurs, aux grands coeurs. Nous laissons chacun assumer ses responsabilités devant notre peuple, nous avons pris les nôtres. Nous savons que ceux qu’il faut combattre, sont ceux de l’autre camp, ce sont les puissants et la finance, ce sont les forces de la droite et de l’extrême droite. Pour cela, si des mains se tendent, si des ouvertures se font jour, si la lucidité revient dans les jours qui viennent, nous serons toujours au rendez-vous.

            Je souhaite que notre département envoie le plus grand nombre de parlementaires de la gauche de transformation sociale à l’assemblée, parmi lesquels de nombreux communistes. Pour y faire résonner les aspirations populaires, la voix de Marseille et des Bouches-du-Rhône.

Pierre Dharéville, écrivain et essayiste, secrétaire départemental des Bouches-du-Rhône, membre de la direction du PCF

 

 

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 05:52
André Chassaigne : « Le chef de l’État veut confisquer le pouvoir législatif »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AURÉLIEN SOUCHEYRE
VENDREDI, 19 MAI, 2017
L'HUMANITÉ
Photo : Bertrand Guyot/AFP
 

Pour le député PCF André Chassaigne, président du groupe GDR, le projet de Macron n’est « pas compatible avec une démocratie réelle. »

Quel objectif politique vise Emmanuel Macron avec son projet de réforme du Parlement ?

André Chassaigne Les annonces faites par le président lors de la campagne sont particulièrement inquiétantes pour notre démocratie. La réforme du droit du travail par ordonnances dès les premiers jours de la session parlementaire témoigne de son ambition. Son projet vise à raccourcir le processus parlementaire et à éviter les navettes qu’il considère comme une perte de temps. Sous couvert de rapidité, il s’agit de permettre au gouvernement de s’emparer du pouvoir législatif. Les parlementaires doivent, selon lui, être réduits à une fonction de contrôle pour mieux les empêcher de légiférer. Cette mise au pas du pouvoir législatif au profit du pouvoir exécutif n’est pas compatible avec une démocratie réelle. Les membres du gouvernement sont désignés selon le bon vouloir du prince. Quel mandat leur a confié le peuple ? Quelle légitimité ont-ils pour élaborer la loi ?

Que vise la suppression d’un tiers des députés ?

André Chassaigne Je ne pense pas que la réduction du nombre de députés et de sénateurs garantirait, à elle seule, plus d’efficacité. Je le pense d’autant moins que la réforme globale de Macron vise à confisquer le pouvoir législatif aux parlementaires. L’efficacité à laquelle aspirent nos concitoyens se situe plutôt dans la garantie de voir leurs intérêts représentés. C’est pour cela qu’il convient d’instaurer la proportionnelle intégrale aux élections législatives – et à toutes les élections d’ailleurs. L’endogamie, cet entre-soi qui règne au sommet de l’État et au Parlement, n’est pas un gage d’efficacité et de transparence. Je considère qu’une meilleure représentation de nos concitoyens passe aussi par une véritable revalorisation du rôle du Parlement.

Que pensez-vous de la suppression des amendements rejetés en commission ?

André Chassaigne Cela n’a pas de sens. Le débat ne peut nuire à la qualité du travail parlementaire, bien au contraire. Le dépôt, en séance, d’un amendement rejeté en commission est d’autant plus opportun qu’il permet de répondre aux objections qui lui ont été présentées et ont abouti à son rejet. Il faut, en outre, rappeler que seuls les députés membres d’une commission peuvent voter sur les amendements présentés en commission. Cette mesure, si elle était décidée, reviendrait à interdire à l’ensemble des parlementaires de prendre part à l’élaboration de la loi ! Un député ne serait législateur que sur un domaine précis. Mais a-t-il été désigné par les électeurs pour ne traiter que d’un sujet ? Non, le député est le représentant de ses électeurs pour l’ensemble des affaires de la cité.

Quel est l’enjeu des législatives, pour les députés PCF, combatifs sous Hollande ?

André Chassaigne Face à un président de la République déterminé à appliquer un programme rétrograde sous l’apparence de la nouveauté, il est plus que jamais nécessaire de faire converger dans leur diversité les projets antilibéraux et de transformation de la société. Les députés communistes ont vocation à jouer un rôle moteur dans cette reconstruction attendue de la gauche, à créer des passerelles, à faciliter le dialogue et l’élaboration de stratégies communes, dans le respect de l’identité de chacun. Faire reculer les dogmes libéraux et le pouvoir de la finance sera au cœur du combat de la gauche et c’est pourquoi nous avons l’obligation, la lourde responsabilité de fédérer et d’unir nos forces.

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 05:40
Si Macron a la majorité le 18 juin, neuf millions de retraités, à partir de 1200 euros mensuels, vont voir leur CSG augmenter!

lu sur le blob Commun Commune (d'El Diablo): http://www.communcommune.com/

A partir de 1200€ de revenu mensuel, des millions de retraités vont voir leur CSG augmenter. Avec 1200€ de retraite, vous allez payer 245€ de CSG en plus par an, avec 1500€ ce sera 306€, pour 1700€ 346€ supplémentaires et pour 2000€ le montant à payer en plus sera de 408€. Cette mesure servira à financer la baisse des cotisations chômage et maladie destinées aux actifs. Les employés vont payer plus de CSG et voir leurs cotisations diminuer c’est bien mais qu’en est-il des retraités ? Les seniors vont payer plein pot la CSG mais ne vont pas voir leur pension augmenter. Finalement, les retraités seront les seuls perdants … Et il faut arrêter de dire que seuls les retraités privilégiés seront concernés car avec 1199€ de retraite on n’est pas milliardaire, non ? Cette mesure est destinée à renforcer la solidarité entre les seniors “aisés” et les actifs… Drôle d’argument, non ?

http://blog.seniorenforme.com/categorie/retraite-2/

Quand nous lisons ces quelques lignes tirés d’un journal économique “Les seuls perdants seront les 60 % de retraités qui paient une CSG à taux plein, c’est-à-dire ceux dont le revenu annuel est supérieur à 14.375 euros” “Je leur demanderai cet effort pour avoir un système plus intelligent” défend Emmanuel Macron.

http://blog.seniorenforme.com/

Pour info 14375€ de revenu annuel c’est…1197€ par mois. C’est pas le Pérou !

Les seuls perdants seront encore et toujours les retraités… C’est incroyable comme les dirigeants aiment taxer les retraités. C’est vrai que nous ne manifestons pas, nous ne faisons pas de grandes manifestations, bref nous sommes incapables de nous faire entendre.

On veut bien que l’on demande des efforts à des retraités avec 2000€ de pension mensuelle, mais avec 1200€ de retraite, il faudra un jour faire comprendre à nos dirigeants que l’on est pas un retraité “riche”.

Ensuite, il est prévu que la suppression que la taxe d’habitation compense la hausse de la CSG. Mais comme la fin de la taxe d’habitation est prévue dans 3 ans, les retraités vont d’abord payer la CSG pour être éventuellement exonéré de taxe d’habitation dans 36 mois…

Et si la hausse de la CSG pour les retraités n’intervenait qu’en même temps que la fin de la taxe d’habitation soit dans trois ans ? Cela voudrait dire que le nouveau président entend les justes revendications des retraités.

Alors mobilisons-nous !

http://blog.seniorenforme.com/categorie/politique/

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 05:37
Pour les députés, ce sera « Tais-toi et marche ! » si Macron l’emporte
AURÉLIEN SOUCHEYRE
VENDREDI, 19 MAI, 2017
L'HUMANITÉ
« Ce que Macron prépare, personne n’a jamais osé le faire sous la Ve république », explique le député PS Christian Paul. Photo : Hamilton/REA
« Ce que Macron prépare, personne n’a jamais osé le faire sous la Ve république », explique le député PS Christian Paul.

Le président de la République prépare plusieurs réformes afin d’éviter toute contestation possible à l’Assemblée nationale. Il entend renouer avec les visions gaullienne et bonapartiste qui ont inspiré la Constitution de la Ve République.

Emmanuel Macron va-t-il « moderniser » la démocratie jusqu’à la vider de son sens ? Cela semble bel et bien être son projet s’il parvient à remporter les législatives, pour mieux ligoter le Parlement dans la foulée. « Qu’on se le tienne pour dit : pour le nouveau président de la République, le Parlement est un problème, pas une solution. À ses yeux, il ne faudrait surtout pas qu’il devienne la caisse de résonance des revendications populaires », prévient Éliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat. Si l’ensemble du personnel politique s’accorde sur le besoin de rénovation des institutions, tous ne vont pas dans le même sens. Emmanuel Macron ne s’en cache pas. Une fois au pouvoir, il compte bâillonner le Parlement en supprimant un tiers des députés, en réduisant son temps législatif à trois mois par an, en plus de recourir à des ordonnances. En somme, il souhaite se tailler sur mesure un Parlement aux ordres. Ce projet d’une violence inouïe peut être repoussé les 11 et 18 juin.

Amateur de théâtre, Emmanuel Macron souhaite mettre sur pied un Parlement d’apparat. Adepte d’une Ve République « contemporaine », selon ses propres termes, il vise en réalité à renouer avec l’ADN du coup d’État permanent porté par de Gaulle. « Le gaullisme, le debréisme se caractérisent par une défiance à l’égard du Parlement et une spoliation de ses pouvoirs. Macron veut renforcer le bonapartisme de l’actuelle Constitution », estime Charlotte Girard, spécialiste du droit constitutionnel et coordinatrice du programme « l’Avenir en commun » de la France insoumise. L’actuel président de la République aborde le sujet de façon totalement décomplexée. En 2015, il regrettait, dans un entretien à l’hebdomadaire le 1, le « vide émotionnel, imaginaire, collectif » laissé par « l’absence du roi ». « On a essayé de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace », poursuivait-il.

Aujourd’hui, Macron veut supprimer un tiers des députés. La représentation nationale au palais Bourbon passerait alors de 577 élus à 385. « Réduire le nombre d’élus, c’est réduire d’autant le lien avec la population et les territoires. C’est toujours plus éloigner le peuple du pouvoir », dénonce la sénatrice PCF Éliane Assassi. « C’est aussi s’attaquer au pluralisme démocratique, les petites formations politiques seraient les premières touchées », abonde Charlotte Girard. « On peut réduire le nombre de députés. Mais, attention ! Les départements ruraux seront encore une fois les grands perdants en termes de proximité avec leurs élus », prévient le député « Les Républicains » Philippe Gosselin.

Dans un entretien à Mediapart, entre les deux tours de la présidentielle, le candidat Macron expliquait vouloir « donner plus de moyens pour travailler » aux députés conservés. Il est possible de se demander comment, puisqu’il entend réduire drastiquement le temps législatif à trois mois par an, « pour légiférer et porter les lois du gouvernement. (…) Le reste du temps, on doit le consacrer au contrôle parlementaire. » « Trois mois ! Même Debré n’avait pas osé ! Lors de la création de la Ve République, il avait réduit le temps législatif à six mois. Ce temps a depuis constamment été étendu, par paliers, jusqu’en 1995 », s’alarme Charlotte Girard. Aujourd’hui, le Parlement peut légiférer de début octobre à fin juin, et se réunir de juillet à septembre en session extraordinaire.

Il serait impossible de réorienter un projet de loi

Le chef de l’État souhaite en parallèle instaurer la procédure accélérée comme procédure d’examen des lois par défaut. « Réduire le temps accordé aux députés, les solliciter dans l’urgence, c’est aussi une façon de les neutraliser », dénonce Éliane Assassi. « Sous Macron, le Parlement sera une machine à voter, pas à parlementer, à délibérer et à créer la loi. Il sera dépouillé de son potentiel de contradictions et d’enrichissements », mesure Charlotte Girard. Les amendements sont eux aussi visés – donc l’essence même du rôle de parlementaire –, puisque ceux rejetés en commission n’auront pas le droit d’être présentés dans l’Hémicycle. Or, les commissions, en plus d’être généralement contrôlées par l’exécutif, ne rassemblent chacune qu’une part infime des députés et ne sauraient se substituer à la représentation nationale. « Macron veut segmenter le débat. Il sera impossible de réorienter un projet de loi. Il compte aggraver ce qui avait déjà été introduit par Nicolas Sarkozy avec la réforme de 2008 », analyse Charlotte Girard.

Échaudé par un Parlement hostile lors de l’examen des lois Macron et El Khomri, passées en force à coups de 49-3, l’actuel chef de l’État a défendu pendant la campagne le recours aux ordonnances. Comme François Fillon, il considère que son élection vaut autorisation à appliquer son programme par tous les moyens que lui offre la Ve République. Macron est pourtant un président mal élu, avec un taux d’adhésion à son projet historiquement bas au premier tour, doublé d’une victoire à la faveur d’un second tour contre le Front national. Il le sait bien. Les législatives, phagocytées par la présidentielle depuis le quinquennat et l’inversion du calendrier, lui donnent l’occasion d’un hold-up parfait. Le processus d’investiture des candidats En marche !, totalement vertical, vise de plus à faire élire des députés godillots, qui n’auront que faire des mouvements et des luttes sociales qui s’annoncent.

« Une entreprise de soumission du Parlement »

« L’ordonnance suppose une autorisation des députés. Mais elle est profondément antiparlementaire puisqu’elle invite le Parlement à renoncer de lui-même à son propre rôle », constate Charlotte Girard. Si Macron dénonce lui aussi « l’affaiblissement du Parlement », la « dysenterie législative » et défend dans ses discours un « vrai contrôle parlementaire », force est de constater que le remède qu’il propose est pire que le mal. « Rendre plus efficace le Parlement, ce n’est pas le priver de ses prérogatives de délibération », répond Christian Paul, chef de file des frondeurs du PS sous Hollande. « Macron veut lancer une entreprise de soumission du Parlement, poursuit-il. Ce qu’il prépare, personne n’a jamais osé le faire sous la Ve République. Il va falloir résister très collectivement, bien au-delà des rangs de la gauche, pour éviter que l’Assemblée ne se transforme en fan-club. »

35 % des députés sortants ne se représentent pas

Le président de la République, qui ne s’interdit pas un recours au référendum si le Parlement rejette sa réforme, risque d’écœurer davantage les députés, soucieux de leur rôle. « Déjà sous Hollande, des élus, y compris de la majorité, s’étaient  demandé à quoi on pouvait bien servir, alors que l’Assemblée est censée être   un des poumons de la démocratie », raconte le député « LR » Philippe Gosselin. Avec la loi sur le non-cumul, nombreux sont les élus à préférer rester maires plutôt que parlementaires. En tout, plus de 200 députés sortants, de gauche comme  de droite, soit 35 % d’entre eux, ont d’ailleurs renoncé à se représenter en 2017.

 

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 06:35
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot

Monique Pinçon-Charlot, dans un entretien à la revue Le Comptoir :

" Michel et moi nous avons fait de multiples rencontres qui nous poussent à penser que le rapport de force de la gauche radicale est actuellement énorme. Si Mélenchon avait joué le jeu de la dynamique du Front de gauche et accepté qu’on l’ouvre à d’autres forces, des associations ou des individus, au lieu de créer La France insoumise, faisant cavalier seul, nous aurions été présents au second tour.

Je regrette beaucoup ce qui s’est passé et j’appréhende les législatives. Je dis ça en tant que citoyenne en colère et en tant que sociologue malheureuse. J’ai peur que la classe dominante ait un coup d’avance sur nous. Malgré ses contradictions, et alors qu’elle représente très peu de monde, elle la jouera collectif aux législatives, avec le traditionnel jeu pervers des fausses contradictions et des oppositions mises en scène.

Le Front national sera son allié, car il risque maintenant de capter la critique sociale et de se l’approprier.

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 17:37

Un gouvernement libéral de combat (PCF)
 

L'ensemble des affaires économiques de la France est confié aux hommes de droite, confirmant le virage austéritaire et libéral de Macron. La nomination d’un Premier ministre de droite avait annoncé la couleur, le tableau se complète avec Bruno Le Maire et Gérard Darmanin, qui prennent directement en main le budget et l’économie.

La nomination de l'ancien ministre de la Défense Jean Yves le Drian aux affaires étrangères en duo avec Marielle De Sarnez aux affaires européennes et surtout avec Sylvie Goulard, ministre des Armées, laisse présager l'accentuation de la dérive militaire de notre politique internationale et la perte accrue de notre indépendance militaire au profit de la Défense européenne. Les nominations sans surprise de Gérard Collomb et François Bayrou confirment qu'on est à des années lumière du renouvellement de la politique.

Dans ces conditions, nous pouvons nous demander dans quelle galère s'est embarqué Nicolas Hulot, nommé ministre d’État à la Transition écologique et solidaire?

Les Français sont prévenus, ils auront face à eux un gouvernement libéral de combat. Les 11 et 18 juin, ils peuvent empêcher qu'il ait les mains libres en votant pour une autre majorité, et les candidat-es présentés et soutenus par le PCF- Front de Gauche.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Paris, le 17 mai 2017.

Nomination des ministres de Macron: Un gouvernement libéral de combat (Pierre Laurent, secrétaire national du PCF)
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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 05:31
Lettre ouverte de Jacques Lèbre à Jean-Luc Mélenchon: "Je fais des choses comparables à Emmanuel Macron en voulant casser les anciens partis"...
Lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon
JEUDI, 18 MAI, 2017
HUMANITE.FR
Par Jacques Lèbre.

Je fais des choses comparables avec Emmanuel Macron en voulant casser les anciens partis. Ce que l’on peut d’abord dire, c’est que vous avez de drôles de références, pour ne pas dire : modèles. Mais vous croyez vraiment que c’est vous qui avez cassé le parti socialiste ? Comme on casse un jouet ? Vous pensez vraiment avoir cette puissance-là ? Mais non, ce n’est pas vous, Jean-Luc Mélenchon, qui avez cassé le parti socialiste. C’est d’abord le quinquennat de François Hollande qui l’a fracturé. Ensuite c’est la primaire avec la victoire de Benoît Hamon, c’est la trahison de Manuel Valls et l’inertie du premier secrétaire (une marionnette sans fils) qui ont accéléré un processus de délitement. C’est parce que ce parti était aussi divisé, c’est parce qu’il ne sait plus où il habite (idéologiquement) que beaucoup de ses électeurs ont pré-féré voter pour vous au premier tour de la dernière présidentielle. Mais êtes-vous bien certain qu’ils recommenceront aux législatives où le local compte au moins autant, si ce n’est plus, que le national ? Mais non, Jean-Luc Mélenchon, ce n’est pas vous qui avez cassé le parti socialiste de l’extérieur, ce sont ses divisions internes qui l’ont mené là où il en est aujourd’hui. Normalement, cela devrait vous amener à réfléchir, et vous ramener à de meilleures considérations envers un parti communiste qui vous a soutenu sans faille. 

Aujourd’hui le paysage politique est (momentanément) bouleversé, le résultat des prochaines législatives bien indécis. Mais au premier tour nous pouvons penser que les candidats d’En marche, des Républicains et du Front national feront aux alentours de 20 %, résultat conforme en cela aux résultats du premier tour de la présidentielle. Ce que nous pouvons encore penser, c’est que ces trois candidats se maintiendront au deuxième tour et que nous aurons donc, au moins, de très nombreuses triangulaires. Nous ne pouvons extrapoler ce que sera le score d’un candidat socialiste. Par contre, si d’un côté nous avons un candidat de la France insoumise et de l’autre un candidat du parti communiste, aucun des deux ne sera en mesure d’atteindre les 20 %. Les chances de succès au deuxième tour seront lourdement hypothéquées. Croyez-vous vraiment que la France insoumise pourra retrouver son score de la présidentielle sans le parti communiste ? Vous vous trompez, Jean-Luc Mélenchon. Ce n’est pas en laissant des électeurs orphelins d’une dynamique que l’on peut les fidéliser. Des électeurs orphelins retournent sou-vent à leurs premières amours. Mais pourquoi (Front de gauche hier, législatives demain) cas-sez vous toujours une dynamique lorsqu’elle se met en place ? Est-ce psychologique ?
Un dernier point : dans le cadre d’une sixième république les mandats électoraux devraient être limités dans le temps ; un candidat ne devrait pouvoir se présenter que là où il habite et paie ses impôts. Dans le cadre d’une sixième république, un élu en cours de mandat ne devrait pas pouvoir se présenter à une autre élection afin de respecter jusqu’au bout le mandat qui lui a été confié par les électeurs. Vous allez vous présenter à Marseille où vous n’avez aucune attache. En cela vous reproduisez les vieilles pratiques d’une vieille classe politique. Depuis quand êtes-vous un élu, Jean-Luc Mélenchon ?
Laissez la place, la gauche et ses électeurs ne s’en porteront que mieux !
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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 05:14

Mélenchon menteur sur France 2 "des candidats de la France insoumise soutenus par le Parti communiste il n'y en a pas"! Jusqu'où ira-t-il?

Un exemple parmi plusieurs dizaines d'autres: dans la 7e circonscription du Finistère, à Douarnenez-Pays Bigouden, une suppléante PCF, Martine Le Nozerh, se présente à côté d'un titulaire France Insoumise, Roland Jaouen. Dans le Morbihan, dans deux circonscriptions, des candidats France Insoumise sont soutenus par le PCF, sans réciproque. A Marseille et dans les Bouches-du-Rhône, plusieurs candidats PCF se désistent pour France Insoumise, sans réciproque.  

Cela aurait été possible partout ailleurs dans le Finistère. C'est la seule circonscription du département où France Insoumise a fait une proposition et a répondu à nos offres de rassemblement, certes par une proposition à leur avantage, et sans réciprocité, que nous avons acceptée pour des raisons locales et pour montrer qu'unis, nous aurions été plus forts.  

Ce que cherche à faire Mélenchon et France Insoumise, c'est à privatiser les votes qui se sont exprimés pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon, et qui ont des motivations diverses, qui viennent d'horizons et de sensibilités diverses, alors que le PCF, le journal L'Humanité, les élus et militants communistes, ont mis beaucoup de force dans la bataille pour tenter de faire élire Mélenchon aux présidentielles. 

Nous ne supportons plus cette déloyauté, cette ingratitude, ces mensonges et calomnies, et cette volonté de liquider notre formation politique, et tout ce qu'elle peut représenter de potentiel de résistance pour les valeurs sociales et démocratiques, contre le capitalisme, au service d'un nouveau projet hégémonique.   

Ils ne nous passeront pas dessus! Il ne parviendra pas à faire main basse à détruire ce que les patrons et la droite n'ont pas réussi à détruire au service de la constitution d'un nouveau mouvement populiste de gauche "attrape tout" aux repères idéologiques flottants et centré sur le pouvoir charismatique et les intérêts d'un homme seul.   

Mélenchon menteur sur France 2: "Des candidats de France Insoumise soutenus par le PCF, il n'y en a pas!"
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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 05:59
Non Jean-Luc Mélenchon, le néant et la mort n'éblouissent pas les yeux des Partisans, et le Parti Communiste sera là encore longtemps pour se battre pour et aux côtés des gens
Non Jean-Luc Mélenchon, le néant et la mort n'éblouissent pas les yeux des Partisans, et le Parti Communiste sera là encore longtemps pour se battre pour et aux côtés des gens

Dans un message à Pierre Laurent, M. Mélenchon déclare: "Vous ( les communistes) êtes la mort et le néant." Pas étonnant que quand le leader traite ainsi en ennemi ce qui est censé être un allié politique et prétend, du haut de sa superbe, condamner à mort le Parti qui compte aujourd'hui à gauche le plus adhérents à jour de cotisation (56 000) et cent fois plus d'élus que le sien, cela puisse créer des manières de faire sectaires et hystériques dans ses rangs.   

Cela constitue en tout cas une inquiétante dérive mégalomane, hégémonique et anti-communiste de celui qui a été deux fois le candidat soutenu par le Parti Communiste et ses dizaines de milliers de militants. 

Pour notre part, nous n'avons pas d'inquiétude, le PCF est né en 1921, il a 96 ans d'histoire, il en a vu passer des cadors socialistes ou gauchistes et même si son influence électorale a connu un net déclin, il est un parti démocratique, avec beaucoup de jeunes parmi ses militants et ses cadres, porteur d'une réflexion vivante, profondément impliqué par le devenir de notre République dont il porte une part de l'héritage, en lien très fort avec le monde syndical et la vie quotidienne des gens.

Ses luttes ne se limitent pas aux acnés narcissiques et aux fans zones électorales du présidentialisme. Nous survivrons à la carrière politique de Jean-Luc Mélenchon car notre identité et nos idéaux, puisant dans la longue histoire du mouvement ouvrier et révolutionnaire, le marxisme et une lutte de classes qui est aujourd'hui très violente, ont un sens qui dépassent les agendas personnels et les populismes.    

En même temps, il est profondément désespérant de voir qu'au lieu de construire une risposte organisée et rassembleuse à l'ultra-libéralisme de Macron, Mélenchon se donne pour premier but de faire le ménage à gauche pour tenter de balayer tout ce qui n'est pas à sa botte. Cela s'appelle le caprice tyrannique d'un aventurier qui a sans doute un costume trop grand pour lui et pour ses responsabilités historiques et politiques, comme on l'a vu dans l'entre deux-tour des présidentielles. 

Il est profondément désespérant de constater que Mélenchon et la petite troupe sectaire qui l'accompagne au sommet de France Insoumise préfère jouer au chamboule-tout, compter les voix pour son nouveau parti et l'asseoir économiquement plutôt que de privilégier le gain de sièges de députés pour la gauche de gauche, qui soient au service de la résistance à Macron et à sa politique pro-finance.   

De notre côté, nous avons sans doute eu souvent des torts et fait nombre d'erreurs, mais nous travaillons pour une cause et des intérêts populaires qui nous dépassent, et nous n'avons jamais traité des partenaires, et même des adversaires politiques, comme le fait aujourd'hui Jean-Luc Mélenchon à l'égard de Pierre Laurent et du PCF.  L'insulte et l'hystérisation des rapports politiques, c'est pour nous, non seulement contre-productif, inélégant et grossier moralement, mais aussi dangereux démocratiquement.   

Ismaël Dupont. 

***   

  

 « Déformation et menace », le billet de Gérard Streiff dans l’Humanité de ce jour ! 
 

Jean-Luc Mélenchon a de bonnes lectures. Il lit Communistes. Invité de Bourdin sur BFM, le 10 mai dernier, il a montré notre journal [un numéro de janvier]. Merci. Même si on peut trouver qu’il a lu de travers l’article incriminé, sortant une phrase de son contexte. Pas question de négocier une entrée du PCF dan FI, disait en substance l’article. Jean-Luc Mélenchon nous fait dire que jamais le PCF ne discutera avec FI. Balivernes. En fait, quand il s’agit des communistes, Jean-Luc Mélenchon a une drôle de façon de communiquer. Il déforme. Ou il menace. Ainsi on nous signale qu’il fait circuler dans ses réseaux l’échange de messages personnels qu’il a eu avec Pierre Laurent début mai où l’on peut notamment lire ceci : « Vous[les communistes] êtes la mort et le néant. […] je décide de la rupture ». Bonjour le dialogue. Jean-Luc Mélenchon a du vocabulaire, comme on dit, c’est connu. Pourtant il y a des mots dont il ignore le sens. Il confond par exemple allié et coché.
* Le Canard enchaîné d’aujourd’hui a publié l’intégralité du message auquel fait référence Gérard Streiff.

article du Canard Enchaîné ce mercredi

article du Canard Enchaîné ce mercredi

La réponse de Gérard Streiff à Mélenchon dans le "Communistes", supplément à l'Huma du mercredi, du jour

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