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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 20:57

Du pouvoir de dislocation du chômage et de la précarité de masse et de l'absence de capacité ou de volonté des politiques d'y mettre fin qui amène l'électeur à se vouer aux recettes de n'importe quel charlatan. 

Du pouvoir du simulacre en politique et dans les démocraties modernes. 

Du pouvoir d'envoyer mille reflets contradictoires de celui que l'on ne connaît pas, derrière l'apparence de brillant et d'ambitieux jeune homme au physique séduisant, fonceur et sans tabou. Macron, l'homme caméléon qui renvoie les hommes de droite, de gauche, les ni-droite ni-gauche, les indéterminés, à leurs aspirations ou à la confusion de leurs pensées.  

Des régressions infantiles produites par l'hyper-présidentialisme transformant pour beaucoup  la vie politique en conjugaison de fièvre narcissique et d'idolâtrie béate. 

Du brouillage des repères idéologiques entre droite et gauche, de la méfiance et de la déception vis-à-vis des partis traditionnels. Emmanuel, dit merci à François Mitterrand, dit merci à François Hollande! Ne sois pas un fils ingrat. 

De la permanence et de la croissance d'une subjectivité politique ni droite ni gauche, pourvu que ça marche... 

De la capacité nouvelle de la technocratie et du monde des affaires à devenir sexy et à exercer le pouvoir directement, plutôt que par l'intermédiaire de politiciens chevronnés. Macron, c'est Raymond Barre avec une gueule de jeune premier. 

De la dépolitisation d'une bonne part des citoyens qui regardent la politique comme un match de boxe, un spectacle, complètement désabusés sur son efficacité, et qui accordent leurs bravos aux plus belles formules, aux forts en gueule, aux starlettes du moment du show politique.  

Du pouvoir de la jeunesse en politique et de la rhétorique du modernisme... Voyez Giscard en 1974. 

De la crise du PS que Hollande et Valls ont envoyé dans le mur, mais plus grave, le pays et la gauche avec! 

De la désorientation des dirigeants socialistes et de la conversion depuis un moment déjà d'une partie d'entre eux au néo-libéralisme. 

Des conquêtes idéologiques du néo-libéralisme: où comment un homme de la finance, banquier d'affaires chez Rotschild, peut passer au cabinet du Président, le trahir, se présenter seul contre un vieux Parti, passer pour un homme providentiel sans jamais avoir affronté le suffrage universel avec pour seul fait d'arme celui d'avoir oeuvré au cabinet de Hollande et au gouvernement à une politique pro-business contre les régulations, le droit du travail et les services publics. Macron: c'est le culte de l'individualisme, des hommes forts, de la réussite personnelle évaluée en costard et en tape-à-l'oeil. L'équivalent centriste d'un Berlusconi ou d'un Sarkozy. Un épigone de Tony Blair ou de Tapie.  

De la puissance de la marchandisation du politique dont le devenir publicitaire est à l'oeuvre et du storytelling dans un contexte de concentration de la majeure partie des médias aux mains de quelques capitalistes ou de leurs alliés objectifs.

Si Macron était dans le trio de tête des Présidentielles, ce serait le signe de la capacité du système capitaliste et oligarchique à remplacer des valeurs refuges démonétisées (le PS social-libéral passé à la centrifugeuse de 5 ans de hollandisme, Juppé le prétendu "modéré") par d'autres monnaies de singe encore peu expérimentées, de manière à ce que l'on ait le choix entre l'extrême-droite ennemie des syndicats et amie des riches et des inégalités traditionnelles et "naturelles" malgré son discours anti-libéral de façade, Fillon et sa droite ultra-libérale, et Macron, la version soft et cool du néo-libéralisme. 

Les conditionnements sont bien en place mais l'électeur reste libre et souverain en démocratie et il ne tient qu'à lu, et au sérieux des "offres" concurrentes, de renvoyer Macron à ses conférences et conseils à plusieurs centaines de milliers d'euros pour l'aristocratie du capital.    

Alors, en marche pour devenir tous des millionnaires, ou en révolte contre le cynisme de ceux qui ne se contentent pas de vous asservir sous le règne de l'argent roi mais voudraient encore vous faire aimer le veau d'or de l'argent souverain et du big business? 

Ismaël Dupont 

 

 

  

 

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 19:35

Parfois alliés, parfois opposés, les deux partis de gauche se déchirent sur les investitures des législatives pour lesquelles la France insoumise entend dicter ses conditions.

Une relation de couple bizarre, avec très peu de hauts et beaucoup de bas. D’un côté, Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise. De l’autre, Pierre Laurent et le Parti communiste français. Parfois, ils s’affichent ensemble. D’autres fois, ils se tapent dessus à distance. Ces derniers jours, on a eu droit à un mélange.

L’année débute par les vœux de Jean-Luc Mélenchon : Pierre Laurent est au premier rang. La semaine suivante, c’est ceux de Pierre Laurent : Jean-Luc Mélenchon sèche. Une situation qui exaspère plusieurs cadres du PCF, mais pas le patron du parti. Il regarde ailleurs. Du genre, «pas de temps à perdre avec les broutilles».

Charte

Sauf que dernièrement, un nouveau dossier s’est invité entre les deux. Et pas des moindres : les élections législatives. La France insoumise a décidé d’investir un candidat dans chaque circonscription. Comprendre : investir des candidats face aux communistes, alors que ces derniers soutiennent Mélenchon à la présidentielle. Etrange. Comment éviter cette dispersion ? Jean-Luc Mélenchon demande aux candidats communistes - et à tous ceux qui souhaitent s’allier à lui - de signer sa «charte». Laquelle comprend un rattachement financier à la France insoumise (à laquelle les futurs élus devront verser une partie de leurs indemnités) et l’identification graphique, avec un label France insoumise obligatoire sur les affiches et les tracts. Mieux, la charte impose à tous les futurs députés de «respecter la discipline de vote du groupe lorsqu’une décision collective a été prise conformément au programme "l’Avenir en commun"». La fronde n’existe pas. Evidemment, le PCF refuse de la parapher. Un cadre : «Signer cette charte revient à signer la mort du PCF. Nous avons nos élus sur le terrain, on travaille et on cherche des solutions afin de trouver des accords avec nos partenaires. Mais ça ne passera pas par les forces et les menaces.»

En attendant, la France insoumise est passée aux actes. Le porte-parole de Mélenchon, Alexis Corbière, va candidater à Montreuil. Une circonscription «gagnable». Le tout, sans prévenir les communistes. Et une des figures emblématiques du PCF, André Chassaigne, voit arriver un candidat de la France insoumise sur ses terres, dans le Puy-de-Dôme. Selon la Place du Colonel-Fabien, il paye ses sorties à répétition contre Mélenchon. Chassaigne est furieux.

Refrain

Lundi, Pierre Laurent a convoqué la presse. Le patron des communistes a rappelé que son parti a «ratifié les 253 premières candidatures pour les législatives». Puis il a entamé son refrain, auquel il croit avec force, malgré les désaccords au sein de la gauche : celui du «rassemblement». Sauf que c’est mal barré et que les communistes ne savent pas jusqu’où peut aller Mélenchon. Certains pensent qu’il fera un point au premier tour de la présidentielle. «S’il est très haut, il voudra s’imposer. S’il est bas, les choses changeront», veut croire un élu. De son côté, le porte-parole du PCF a déclaré : «Nous ne sommes pas obnubilés par la France insoumise. Personne ne se couche le soir en ayant peur de faire des cauchemars.» Peut-être. Mais tout le monde ne passe pas des nuits paisibles.

Rachid Laïreche, Libération 

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 19:20
Législatives : entre Mélenchon et les communistes, ça se tend

Pour l'heure, à trois mois des élections législatives, chaque camp - le Parti communiste d'un côté, la France insoumise de l'autre - avance séparément. Les deux formations se retrouvent pour en discuter le 23 janvier.

Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon doivent se mettre d'accord sur l'échéance des législatives. (Reuters)

Ça risque d'être le prochain point de friction entre Jean-Luc Mélenchon et les communistes. Car s'ils ont finalement décidé de soutenir le candidat de la France insoumise à l'élection présidentielle, ces derniers ne comptent pas se ranger derrière lui pour les législatives de juin prochain. Lundi, deux jours après un conseil national du PCF, Pierre Laurent a tenu une conférence de presse pour présenter une première salve de 253 investitures communistes.

"Il y a toute une série d'endroits où nous avons pris contact localement (avec la France insoumise) et où nous nous heurtons à des portes qui sont plutôt fermées", a regretté le secrétaire national du PCF lundi. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a effectivement affirmé sa volonté d'être présent dans les 577 circonscriptions.

"Face à des sortants communistes, on ne voit pas pourquoi il y aurait un candidat de la France insoumise"

Si aucun arrangement n'est trouvé, de nombreux bastions traditionnels du Parti communiste seront disputés par des candidats investis par la France insoumise. C'est le cas notamment de la circonscription d'André Chassaigne, chef de file des députés Front de Gauche. L'élu du Puy-de-Dôme n'était pas favorable au soutien du PCF à Jean-Luc Mélenchon et s'était dit "prêt" à être candidat à la présidentielle. Idem pour celle de Nicolas Sansu dans le Cher. "Face à des députés communistes sortant qui appellent à voter Jean-Luc Mélenchon, on ne voit pas pourquoi il y aurait un candidat de la France insoumise", avait déjà déclaré Pierre Laurent la semaine dernière. "Ou alors, il faut accepter tous ensemble de se tirer une balle dans le pied!", ajoutait-il. "Notre effort prioritaire portera évidemment sur ces circonscriptions pour éviter la concurrence inutile de candidatures de la France insoumise", a complété Pierre Laurent lundi.

Du côté de la France insoumise, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière, est lui annoncé à Montreuil, circonscription perdue en 2012 mais "gagnable" selon le PCF. Une rencontre entre le Parti communiste et la France insoumise est prévue le lundi 23 janvier.

La "charte" du candidat Mélenchon

Au coeur de la discorde : la "charte du candidat" imposée par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon et censée garantir l'identification graphique avec un "label" France insoumise obligatoire ; et le rattachement financier au mouvement. L'objectif est d'aboutir à un décompte national unique des voix, contrairement à ce qui a pu arriver aux dernières élections intermédiaires. Mais au-delà, la charte impose aussi par exemple la "discipline de vote" au sein du futur groupe parlementaire.

"Nous ne signerons pas cette charte", a répété plusieurs fois Pierre Laurent, refusant toute "logique de fusion". "Ce n'est pas tout noir tout blanc, c'est une construction. Mais en l'état actuel des choses, avec le cadre proposé, ce n'est pas possible", a confirmé Fabien Roussel, secrétaire fédéral du PCF dans le Nord, où trois députés communistes sortant se représentent. Il déplore le risque pour le PCF de ne pas récupérer les financements publics s'il ne se présente pas en son nom. "Pour l'instant, on a une fin de non-recevoir mais peut-être qu'ils se détendront", temporise-t-il, espérant qu'il "sera encore temps de siffler la fin de la récré" après la présidentielle.

Les communistes "veulent se mettre autour d'une table, à l'ancienne"

De son côté, le directeur de campagne de Mélenchon, Manuel Bompard, préfère temporiser. "On n'est pas encore à la fin, on va voir s'il y a des discussions et si oui, dans quels termes", explique-t-il à l'AFP. Selon lui, "des communistes ont signé la charte" et figurent parmi les 120 premiers investis de la France insoumise. Combien? "Une dizaine", concède-t-il. Plus virulente, Leïla Chaïbi, coordinatrice de "l'espace politique de la France insoumise", regrette une attitude "suicidaire". Les communistes "veulent se mettre autour d'une table, à l'ancienne, et négocier des accords en se partageant le gâteau". L'argument financier ne tient pas, déconstruit-elle, puisque "chaque candidat indique à quelle organisation il veut reverser l'argent. Il n'y aura pas un centime de perdu pour les communistes". Il reste quelques semaines aux deux formations pour tenter de trouver un accord. 

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 19:18

On le sait, France Insoumise communique sur son intention de présenter 577 candidats dans 577 circonscriptions qui, le doigt sur la couture du pantalon, auront signé la charte de France Insoumise s'engageant à une discipline de vote à l'Assemblée Nationale, à ne reconnaître que le programme de la France Insoumise, programme "intouchable" écrit par le clan rapproché autour de Mélenchon en prenant en compte des contributions sur internet des individus soutenant Jean-Luc Mélenchon et sur lequel n'ont pas eu un mot à dire les ex-partenaires du Front de Gauche et les soutiens actuels de la candidature Mélenchon au PCF (PCF, Ensemble) et à financer le nouveau mouvement politique France Insoumise avec les voix qu'ils auront gagnées dans les circonscriptions.

Cette intention affichée est pour une part une rodomontade et une provocation: comment à l'approche des Présidentielles prétendre obtenir le maximum de voix des électeurs du Front de Gauche et du Parti Communiste si on fait le jeu de la division de la gauche de transformation dans les circonscriptions législatives, si on s'apprête à faire perdre les députés sortants du Front de Gauche qui refuseraient de se soumettre à Mélenchon et France Insoumise parce qu'ils ne reconnaissent plus le centralisme démocratique depuis longtemps et refusent l'hégémonie d'un chef?

C'est aussi un élément de communication et de chantage pour "obtenir" placer des candidats France Insoumise sur des circonscriptions gagnables, comme le professionnel de la politique Alexis Corbière, ancien lambertiste et du courant de la Gauche socialiste comme Mélenchon, dont il est le porte-parole aux élections présidentielles de 2017, qui se présente dans la circonscription de Bagnolet-Montreuil que le Parti Communiste, qui pilote deux mairies sur le territoire, pourrait regagner, avec le tandem PCF-Front de Gauche Gaylord Le Chequer et Nathalie Simonnet. 

Une chose est probable, si Mélenchon obtient un bon score au premier tour des présidentielles, lui et son mouvement France Insoumise chercheront à capitaliser aux législatives pour engranger du financement public et de la visibilité, car il y a derrière la sortie du Front de Gauche de Mélenchon et la création de France Insoumise sur la base d'une plateforme numérique rappelant la démarche de Macron, de Podémos ou du mouvement Cinq Etoiles en Italie, un projet de recomposition politique qui s'appuie aussi sur l'objectif d'un affaiblissement du PCF et de toutes les organisations qui ont une consistance militante et organisationnelle à gauche.

Que le refus du rassemblement déroule le tapis rouge à la droite et à l'extrême-droite et fasse perdre des députés du Front de gauche sortants qui ont un bilan irréprochable dans l'opposition à la politique de Hollande et Valls, devrait interroger les sympathisants de France Insoumise...

En tout cas, parmi la centaine de candidats sur les 577 circonscriptions (où dans presque toutes, des militants, parfois et souvent inconnus au bataillon, se sont présentés à la candidature auprès des groupes d'appui à Mélenchon) qui a été validée nationalement par le comité de candidature France Insoumise, figurent deux candidats présentés comme André Chassaigne et Nicolas Sansu, comme par hasard deux députés communistes et Front de Gauche qui ont fait part publiquement par le passé de leurs désaccords avec Jean-Luc Mélenchon sur certaines questions et certaines démarches. Comme France Insoumise, malgré des apparences de démocratie participative et directe, fonctionne de manière très pyramidale, hiérarchisée et centralisée pour les décisions importantes, ces candidatures contre André Chassaigne et Nicolas Sansu sont directement imputables à Jean-Luc Mélenchon qui pour l'instant, se refuse à discuter tout accord national sur les législatives avec Pierre Laurent et ses ex-partenaires du Front de Gauche, attendant probablement le premier tour des Présidentielles pour voir comment il aborde le problème, quand les équipes de campagne concurrentes se seront déjà bien écorné sur le terrain. 

Avec Jean-Luc Mélenchon et les militants de France Insoumise, nous partageons un certain nombre d'objectifs, de diagnostics, et d'éléments de programme essentiels, mais nous refusons la logique présidentialiste, le culte de l'homme providentiel, la dimension souvent jacobine, populiste, nationaliste, hostile à l'Europe du discours de Mélenchon. Pour un certain nombre d'entre nous, nous ne nous reconnaissons pas dans un certain nombre de ses propos sur la politique internationale qui nous semblent même scandaleux (son tropisme anti-impérialiste pro-Poutine, son indulgence pour Bachar-Al-Assad, soi-disant protecteur de la laïcité et de l'Etat contre le terrorisme islamiste, ses discours de revalorisation de l'Algérie Française, ou de rattachement au nom de la grandeur de la France des territoires d'outre-Mer à nos projets d'expansion diplomatique et économique, contre les batailles des anti-colonialistes locaux...). Nous goûtons peu surtout le narcissisme, les velléités à tout diriger de Jean-Luc Mélenchon parce qu'il a de la gueule, un charisme indéniable, une pensée politique et stratégique cohérentes et intelligentes, quoique discutables, sans respecter la diversité dans le monde politique et ses alliés qui lui ont permis d'exister en 2012, sa propension à caricaturer les gens qui ne pensent pas exactement comme lui ou lui résistent.   

Nous considérons que sa volonté affichée de sortir du clivage droite/gauche jugé insignifiant pour les citoyens désormais en positionnant un clivage Peuple (réputé homogène) contre les élites et le système (réputés homogènes) et en jouant le recours au populisme contre la "caste" plutôt qu'à l'explication et à la critique de classe et anti-capitaliste est dangereuse, qu'elle crée des ponts étranges parfois avec le discours traditionnel de l'extrême-droite: celui du "tous pourris"! "Du balai!"...etc.  

Nous considérons que le discours anti-partis que l'on entend beaucoup à France Insoumise est largement déplacé et hypocrite sachant que leur but et leur méthode est bien de constituer un nouveau parti d'un nouveau type avec des élus dans les institutions. 

Nous considérons que le programme présidentiel de France Insoumise est un programme socialiste de gauche et écologiste qui est de loin meilleur et plus prometteur que celui qu'a appliqué Hollande mais qui ne prend pas en compte non plus toutes les conditions d'un dépassement de la tyrannie du capitalisme sur notre société (la question du crédit, de la nationalisation des banques, des services devant être soustraits à l'empire des logiques marchandes, le financement de la Sécurité Sociale et son extension - nous refusons le financement de la Sécu par l'impôt qui reviendrait à la nationaliser et à la soustraire à la gestion des organisations de travailleurs - la question des nouveaux droits à conquérir pour les travailleurs dans leurs entreprises ne sont pas abordés).  

Cela ne nous empêche pas de soutenir la candidature Mélenchon comme la plus utile et la plus capable virtuellement de mobiliser la population française contre l'austérité, le libéralisme, et les institutions de plus en plus antidémocratiques de la Ve République, et, dans les conditions actuelles de qualifier la gauche au second tour des présidentielles et d'éviter un second tour effroyable entre Le Pen et Fillon, voire de gagner à gauche véritablement l'élection présidentielle.

Ce n'est pas le scénario le plus probable mais nous ne pensons pas non plus que des ex-ministres des gouvernements Hollande, représentants du social-libéralisme autoritaire comme Macron ou Valls ou de la social-démocratie classique comme Hamon ou Montebourg, aient beaucoup plus de chance.

Seulement, si l'on veut créer cette dynamique aux présidentielles et aux législatives (car en cas de victoire à gauche, on aura encore besoin d'avoir une majorité parlementaire pour gouverner), il faut arrêter de se tirer des balles dans le pied en déclarant la guerre aux ex-partenaires du Front de Gauche et à ses députés qui ont défendu, comme André Chassaigne, le projet L'Humain d'abord et les propositions du Front de Gauche avec brio, combativité, courage pendant 5 ans à l'Assemblée.

André Chassaigne qui était salarié de l'éducation nationale jusqu'en 2001, qui est un fils d'ouvriers, est un député de terrain brillamment réélu depuis 2002, parce qu'il est modeste, démocrate exemplaire, efficace et proche des citoyens de la circonscription de Thiers. Avec sa liste qui avait préfiguré l'ouverture et les succès du Front de Gauche aux Régionales de 2010, il avait réuni 14,5% des suffrages, se qualifiant au second tour: c'était le meilleur score de la gauche de gauche en France.  

Rien n'est facile pour les communistes quand ils veulent conquérir ou sauvegarder un poste de député, particulièrement en zone rurale comme André Chassaigne. Cela demande de vraies qualités humaines et politiques pour y parvenir.     

C'est plus facile pour Mélenchon de faire le bateleur sur les plateaux télé et sur quelques tribunes pendant quelques semaines en se présentant face à Marine Le Pen à Hénin-Beaumont et en désertant ensuite complètement la circonscription et les combats du FRont de Gauche et des communistes du Pas-de-Calais.   

Ce dont les citoyens ont besoin dans cette période où la politique suscite souvent la défiance, c'est d'une démarche politique authentique, rassembleuse, conséquente, pas de sectarismes, d'arrogance, de volontés hégémoniques et de règlements de compte.

Actuellement, partout dans le Finistère, partout en France, France Insoumise refuse les propositions de rassemblement sur des bases pluralistes aux législatives du PCF et de ses ex-partenaires du Front de gauche. 

Avec un FN situé par les sondages à entre 25 et 30% des suffrages, une droite radicalisée prête à remettre en cause un certain nombre d'acquis sociaux et démocratiques fondamentaux, un Macron et un Valls qui cherchent à faire une OPA droitière sur la gauche, c'est tout simplement irresponsable! 

Ismaël Dupont.  

 

  

    

Jean-Luc Mélenchon présente des candidats France Insoumise contre le chef de file des députés Front de Gauche, André Chassaigne, et contre Nicolas Sansu: inacceptable
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 19:41
Migrants: pour une France en commun (PCF)

Notre pays a les moyens d'une grande politique sociale au bénéfice de tous, en mettant fin aux politiques d'austérité qui fabriquent de la pauvreté, asphyxient les budgets et les services publics, les villes, et appauvrissent les populations.
Ce combat pour « l'humain et la solidarité d'abord » est le nôtre. Il est celui de très nombreux Français de toutes opinions et confessions qui rejettent la tentative de faire de l'immigré un nouveau bouc émissaire, d'alimenter les peurs, la xénophobie et le racisme.
Cette bataille pour la justice pour une France ouverte, hospitalière, de partage, nous la gagnerons tous ensemble.

MIGRANTS : POUR UNE FRANCE EN COMMUN

Après la journée internationale des migrants du 18 décembre à l'initiative de l'ONU, l’Église catholique de France célèbre ce 15 janvier la journée mondiale des migrants et des réfugiés.

Le Pape François appelle à faire de cette journée un moment de réflexion sur le thème « mineurs migrants, vulnérables et sans voix ».

L'engagement de l’Église et des chrétiens en faveur des migrants après les appels de l'ONU confirme combien cette question est au coeur de la conception du vivre-ensemble dans nos sociétés et la vision que nous avons du monde et de la France de demain.

Un monde aujourd'hui dont une grande partie de ses habitants sont frappés par la guerre, les persécutions, la misère, les inégalités, un monde dominé par des intérêts financiers et des politiques de puissances hostiles à tout développement et libération humaine qui pousse des hommes et des femmes sur les chemins de l'exil.

Pour le Parti communiste français, l'avenir de notre pays doit se construire par des politiques faites de solidarité et de partage… et non de concurrence et de concentration des richesses et des pouvoirs.

C'est aussi vrai concernant l'accueil des migrants et des réfugiés qui doivent être accueillis dans la dignité afin qu'ils puissent trouver leur place dans notre société ou, s'ils le désirent, retourner dans leur pays en paix.

Ce choix n'a rien d'arbitraire. Il s'appuie sur le respect des droits humains, les valeurs de notre République, des traités et conventions internationaux et européens. Ce choix s'oppose frontalement à l'entreprise de démolition proposée par le candidat de droite et d'extrême droite, qui, au nom du « redressement de la France » préconisent une véritable chasse à l'immigré et aux réfugiés, multipliant les obstacles à leur venue ou à demeurer sur notre sol. Nous ne voulons pas d'une France forteresse, repliée sur elle-même.

Notre pays a les moyens d'une grande politique sociale au bénéfice de tous, en mettant fin aux politiques d'austérité qui fabriquent de la pauvreté, asphyxient les budgets et les services publics, les villes, et appauvrissent les populations.

Ce combat pour « l'humain et la solidarité d'abord » est le nôtre. Il est celui de très nombreux Français de toutes opinions et confessions qui rejettent la tentative de faire de l'immigré un nouveau bouc émissaire, d'alimenter les peurs, la xénophobie et le racisme.

Cette bataille pour la justice pour une France ouverte, hospitalière, de partage, nous la gagnerons tous ensemble.

 

PCF

Migrants: pour une France en commun (PCF)
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 19:38
Marine Le Pen fait la chasse aux étrangers démunis pour mieux servir les Français les plus riches
LUNDI, 16 JANVIER, 2017
HUMANITE.FR
Marine Le Pen à la Trump Tower, mercredi 11 janvier 2017. Photo : Samuel Levine/AFP.com
Marine Le Pen à la Trump Tower, mercredi 11 janvier 2017

La candidate du Front national à l’élection présidentielle a réitéré sa proposition de couper l’accès aux aides aux immigrés de fraîche date, pour la scolarité notamment. A demi-mots, elle évoque également le rétablissement d’aides pour les Français les plus aisés installés à l’étranger.

Marine Le Pen a réaffirmé ce matin sur RTL sa volonté d’instaurer un délai de carence pour l’accès aux aides pour les étrangers installés en France. Estimé « par exemple » à deux ans, a-t-elle acquiescé à la question de la journaliste, il concernerait les remboursements de frais médicaux, mais aussi l’éducation, en établissement public ou hors contrat. La présidente du Front national met non seulement en avant la « préférence nationale » mais invoque la réciprocité : « Il y a des tas de Français qui vont travailler aux Etats-Unis, en Allemagne, en Australie et personne ne leur paye ni les soins ni l'école. » Oubliée la France terre d’accueil « mieux-disante » socialement… Fidèle à son habitude, la chef de file de l’extrême droite française veut réduire les droits des derniers immigrés arrivés sur le sol national, souvent les plus faibles. 

Mais Marine Le Pen fait pire. Car comme souvent avec le FN, une mesure cache d’autres préoccupations. « Les Français qui sont par exemple aux Etats-Unis paient la scolarisation de leurs enfants depuis cinq ans. Avant c’était gratuit dans les écoles françaises, maintenant c’est payant.  Et ça n’a l’air de scandaliser personne. Pourtant ils sont Français et à ce titre ils devraient quand même bénéficier de la gratuité de l’école française. » Certes – et c’est l’argument sur lequel s’appuie Le Pen - on peut se demander pourquoi les enfants Français installés à l’autre bout du monde paieraient l’école quand elle est gratuite sur le territoire national. Demandons-nous plutôt pourquoi les Français qui vivent en France et y scolarisent leurs enfants paieraient sur leurs impôts les frais de scolarité pour les 125 000 enfants de Français expatriés (1) qui le plus souvent paient leurs impôts dans leur pays de résidence. En sous-entendant une rupture dans l’égalité, c’est en fait à une flagrante inégalité de classe que la candidate du Front national voudrait revenir. Une inégalité  - elle se gardera bien de le dire - mise en place par Nicolas Sarkozy.

Les Etats-Unis, le pays « exemplaire » pour Marine le Pen

L’ancien président de la République, sous couvert d’aide au réseau international d’établissements français (500 établissements situés dans 137 pays), dont « les financements publics ne (permettaient) plus de couvrir les frais », expliquait Le Monde en janvier 2013, avait décrété « le remboursement intégral des frais de scolarité des lycéens », conformément à ses promesses de campagne de 2007. Pour l’anecdote, cette décision avait été appliquée alors que son fils Louis fréquentait le lycée français de New York, à 20 000 euros l’année… La mesure avait été levée par le gouvernement Ayrault en 2013, car outre la prise en charge totale de 33 millions d’euros, c’est en tout 110 millions d’euros qui étaient inscrits au budget pour financer la scolarité des Français à l’étranger, avec des critères qui selon la ministre déléguée aux Français de l’étranger « privilégiaient trop les familles au train de vie le plus élevé ». Le Monde citait à l’époque des comptes 2011 qui mentionnaient une famille installée à Londres et « gagnant 170 000 euros annuels » remboursée à hauteur de « 41% des 16 000 euros de frais de scolarité qu'elle déboursait pour ses deux enfants inscrits dans l'école bilingue », une autre expatriée à Houston « aidée à hauteur de 76 % pour ses 26 000 euros annuels de facture scolaire en dépit de ses 120 000 euros de revenus annuels ».

C’est d’ailleurs aux Etats-Unis, le pays « exemplaire » que cite Marine le Pen, que cette injustice sociale était la plus flagrante : en tout, relevait le ministère, « 776 familles françaises installées aux Etats-Unis se sont partagées en 2011 une enveloppe de 12 millions d'euros au titre de l'aide à étudier dans un établissement français ». Est-ce vers ce modèle que la présidente du Front national, qui prétend parler « au nom du peuple », veut faire revenir en France ?

(1) Sur les 336 000 élèves scolarisés dans les établissements français dans le monde, 211 000 sont étrangers, estimait en septembre 2016 le ministère des Affaires étrangères.

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 16:07

Madame la Ministre s’affole et demande aux établissements de santé, publics et privés, de déprogrammer des soins chirurgicaux et/ou médicaux, afin de faire face à l’afflux de patients atteints de grippe ou autres complications hivernales.
Cela pourrait presque passer pour un gag si ce n’était pas la triste réalité !
Voilà plusieurs années que les ARS, sur ordre du ministère, taillent dans les effectifs de personnels des hôpitaux publics et y suppriment des lits, des services et des plateaux techniques.
De réformes en mesures d’austérité, Ils ne disposent plus des effectifs et des structures nécessaires à l’exercice de leurs missions et ne parviennent plus à répondre aux besoins de santé.
Parallèlement, le secteur privé, qui ne prend en charge ni les épidémies de grippe, ni les personnes en difficultés sociales, continue de prospérer.
Avec le numerus clausus, délibérément sous-estimé, la démographie médicale est en chute libre : La pénurie de médecins de ville et de praticiens hospitaliers amplifie les déserts médicaux. La permanence des soins n’est plus assurée partout.
La Sécurité Sociale a vu son rôle amoindri, au profit des complémentaires, créant une inégalité de plus en plus forte en matière de santé.
Le nombre de morts prématurées augmente chaque année, l’espérance de vie régresse pour la première fois pour certaines catégories de population.
Il est temps d’ouvrir les yeux, Madame la Ministre : notre pays est au bord de la crise sanitaire et vous en portez la responsabilité, comme vos prédécesseurs.
Depuis des années, la Coordination Nationale, des organisations syndicales de personnels hospitaliers, des médecins tirent la sonnette d’alarme, sans jamais être entendus.

Des mesures d’urgence s’imposent :
- L’arrêt des fermetures de lits et des suppressions de postes
- L’octroi des moyens budgétaires permettant aux établissements sanitaires et médico-sociaux d’assurer leur mission de service public
- Des politiques sanitaires et sociales à la hauteur des besoins de la population, quel que soit son lieu d’habitation
- La remise en cause du numérus clausus et de la liberté d'installation
- La réappropriation de la Sécurité Sociale et le respect du principe : chacun cotise en fonction de ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins
- le rétablissement de la démocratie sanitaire garantissant la prise en compte des besoins de santé des territoires.


Lure le 13 janvier 2017

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 20:59

Fillon réinvente l’histoire et insulte le personnel…
Lors de son déplacement au salon de l’électronique à Las Vegas (CES), François Fillon s’est attribué le mérite du développement de l’internet en France en déclarant « vous pensez qu’il y aurait de l’internet en France si on avait toujours France télécom avec des
fonctionnaires?».

Pour rappel en 1997, lors de la privatisation de France Télécom, Mr Fillon était à
l’époque ministre des télécommunications.
Rappelons-lui quand même qu’aujourd’hui encore, plus de la moitié des salariés d’Orange sont fonctionnaires…
Un peu d’histoire, c’est sous l’impulsion de la puissance publique que la France a été le premier acteur des Télécoms durant deux décennies, Cela a été possible grâce aux agents de la fonction publique, des polytechniciens jusqu’aux agents des lignes.
En 1970, la DGE invente la commutation temporelle qui va révolutionner l’industrie des télécom., En 1971, c’est l’invention de la fibre optique qui révolutionne aujourd’hui les réseaux filaires. En 2000, 3 ans après la privatisation, la France est le pays avec le meilleur taux d’équipement internet haut débit au monde (ADSL), à ce moment 80% des agents de France Télécom sont fonctionnaires, et ce résultat est permis grâce à un des meilleurs réseaux
cuivre du monde, construit et souhaité par la puissance publique.
François Fillon ne se sera pas contenté de privatiser France télécom, il a aussi porté et annoncé en 2010 l’arrivée du quatrième opérateur. La vague de privatisation et d’ouverture à la concurrence aura un impact désastreux sur les politiques industrielles des
télécoms : recherche divisée par cinq, 48.000 emplois détruits, la France est passée de la première à la 44ème place mondiale en termes de couverture internet très haut débit. De plus, suite à l’arrivée du 4ème opérateur, huit milliards € de valeurs et richesses pour le pays ont été détruites.
François Fillon est un des acteurs de la déréglementation du secteur, ce qui a entraîné des
suppressions d’emplois, la dégradation des conditions de travail et la baisse des investissements notamment sur le réseau. Plutôt que d’avoir contribué à l’avènement de l’ADSL, il est l’un des principaux responsables du retard pris dans la construction des réseaux Très Haut Débit en France. Les entreprises du secteur sont pour leurs parts plus enclines à faire des achats externes et participer à la consolidation du secteur des télécoms plutôt que de mener une politique d’investissement productif. 

La CGT d'Orange, le 12 janvier 2017 

Fillon associe la privatisation de France Telecom à l'essor d'Internet en France: réponse de la CGT d'Orange au candidat "Les Républicains" de l'ultra-libéralisme et de la réaction
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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 08:03
Conférence de la Paix: la France doit reconnaître l'Etat Palestinien immédiatement (PCF)

Conférence pour la Paix : La France doit reconnaître l'Etat Palestinien immédiatement

 

A l’initiative de la France, le 15 janvier 2017, se réunira à Paris la Conférence pour la paix, où devront se retrouver les représentants de 70 Etats des cinq continents, pour mettre en place un accord de paix israélo-palestinien.

Il est nécessaire de soutenir toute initiative qui repose sur le respect des droits des Palestiniens et la condamnation de la colonisation, obstacles essentiels à la paix.

Cette colonisation a été condamnée par la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations Unies où, pour la première fois, les Etats-Unis n’ont pas opposé leur véto.

Le PCF, qui se bat pour la justice, puisque sans justice il ne peut y avoir de paix et de sécurité, demande au gouvernement français d’avoir une position claire : reconnaître l’Etat de Palestine dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale et le respect du droit au retour des réfugiés de 1947 et 1967 suivant la résolution 194 qu’Israël a signée.

Cette initiative saluée par les Palestiniens et de nombreux anticolonialistes israéliens devrait aboutir à un accord concret. N’oublions pas que pour obtenir d’Israël le respect du droit international, l’Union Européenne peut demander la suspension de l’accord d’association entre l’Union Européenne et Israël en référence à l’article 2 qui précise que cet accord « se fonde sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques […] qui constitue un élément essentiel du présent accord  »

 

Conférence de la Paix: la France doit reconnaître l'Etat Palestinien immédiatement (PCF)
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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 07:58
D'Ambroise Croizat à Alain Duhamel, à propos du Club de la Presse sur France 2: éditorial de Patrick Le Hyaric dans "L'Humanité Dimanche" (14 janvier 2016)
D'Ambroise Croizat à Alain Duhamel...
PATRICK LE HYARIC
SAMEDI, 14 JANVIER, 2017
HUMANITÉ DIMANCHE

Éditorial. "Il faut penser dans les cadres actuels, intime-t-on sur France 2. Si Croizat et de Gaulle avaient raisonné ainsi, il n'y aurait pas eu de Sécurité sociale."

Décidément, le pluralisme des idées, l'authentique confrontation politique quittent l'esprit des chaînes de radio et de télévision. Les pôles publics de France Télévisions et de Radio France, que je défends par ailleurs, donnent le mauvais exemple. « L'Humanité » comme nos confrères de « la Croix » ou de « Politis » ou encore du « Monde diplomatique » et bien d'autres qui font entendre un autre son de cloche sont quasiment interdits de micro. Certes, on ne trouvera nulle part un décret d'interdiction. Non, c'est devenu presque une banalité, une normalité.
Voici que France 2 lance, en prévision de l'élection présidentielle, une nouvelle émission baptisée « le Club de la presse ». La première a eu lieu dimanche 8 janvier, après le journal télévisé. Elle ressemblait, une fois de plus, à une discussion de café du commerce avec des journalistes aussi neutres que M. Duhamel, M. Brunet et deux autres confrères de « Challenges » et du « Journal du dimanche ».
Je ne leur reproche pas d'avoir des opinions et de les exprimer. Précisément parce que je suis pour la confrontation d'opinions. Ce que je conteste, ce sont les visages différents pour des opinions quasi similaires ! On y a sondé, avec l'air savant, le cerveau caché des candidats, les tactiques obliques, les phrases devenues petites au fur et à mesure qu'on les découpe, les jugements sentencieux toujours aussi éloignés de la vie de la multitude qui travaille et qui souffre.
 
Dans leur bouche, chaque électeur devient un sujet au service de tactiques biscornues. On explique, par exemple, que si on ne choisit pas M. Valls à la primaire, on aura M. Macron, car les élus socialistes ne voteront pas pour un autre candidat de leur parti. Bref, vous avez le choix entre un libéral et un... libéral. Tous sont hantés par la crainte que les candidats socialistes n'assument pas chacun un virage à droite. Tous reprochent même à M. Valls de ne pas tenir la ligne libérale qu'il mettait en oeuvre lorsqu'il était premier ministre. Certes, la mue de l'ancien premier ministre pose légitimement question, mais pas en ces termes ! S'il parle aujourd'hui à gauche après avoir dit qu'elle n'existait plus, c'est que le peuple de gauche existe et compte en France. Au-delà, une immense majorité de citoyens n'a supporté ni le 49-3, ni le projet de déchéance de nationalité, ni la loi sur la précarisation du travail, ni les cadeaux permanents aux grandes entreprises sans contreparties pour l'emploi, tandis que continuaient à progresser le chômage, la précarité, la pauvreté, l'affaiblissement des services publics et l'alignement permanent sur la doxa bruxelloise. Voici un élément de débat qu'il serait intéressant de décrypter. Ces porte-voix ne le souhaitent pas, trop occupés à démontrer que l'avenir passe par la mise en oeuvre de toutes ces solutions du passé vers encore plus de libéralisme, alors qu'elles ont toutes échoué partout. Peu leur importe si les conséquences des choix qu'ils défendent enferment beaucoup trop d'électeurs en colère vers le vote d'extrême droite.
Tous, sur le plateau, ont défendu comme « intelligente » cette incroyable profession de foi de M. Fillon déclarant qu'il ne serait pas dur avec la Sécurité sociale puisque « chrétien ». Autre manière de prolonger les épisodes affligeants autour du burkini, des menus à la cantine, du voile et autres propos stigmatisant précisément une « autre » religion. Sa foi si « chrétienne » le conduira-t-il à soutenir Cédric Herrou, poursuivi pour avoir « aidé son prochain », la salariée d'Auchan qui a perdu son enfant parce qu'on l'a obligée à rester « attachée » à sa caisse, ou encore la défense des services publics alors qu'il veut purger cinq cent mille emplois.
En vérité, cette déclaration ­ qui n'aurait jamais dû quitter la sphère privée ­ sert à illustrer le débat lancé par M. Sarkozy sur « l'identité » de la France. Oui, la droite veut, un jour ou l'autre, aller jusqu'à défigurer ou abolir la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État.
Transpirait de cette émission la hargne contre toutes les conquêtes du Conseil national de la Résistance. La première question de l'émission invitait Alain Duhamel à émettre son voeu pour l'année nouvelle. Du tac au tac, il réclama de chaque candidat qu'il ne fasse aucune promesse qui ne serait pas financée. Tout est ici ! Vous ne devez penser que dans les cadres actuels ! Si, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans un pays dévasté et ruiné, Ambroise Croizat et le général de Gaulle avaient ainsi raisonné, il n'y aurait jamais eu de Sécurité sociale, et le pays aurait eu plus de mal à se relever. Il est heureux qu'une pensée inverse les animait, comme celle de M. Thorez qui érigea le statut de la fonction publique. Tout droit social, tout bien commun au service de tous est aussi la condition du redressement et du développement économiques.
Dans les conditions de notre époque, c'est d'une nouvelle Sécurité sociale dont il faudrait débattre ; celle, par exemple, ouvrant une cinquième branche pour financer le crucial enjeu de l'autonomie, ou celle permettant une « sécurité » de l'emploi. De même, un nouveau partage des richesses et une nouvelle manière de produire et de consommer, combinés à un nouvel âge de la démocratie participative d'intervention conditionnent un développement durable, respectueux de la planète. Quand et où en débattra-t-on enfin sérieusement ? Tout le monde, à commencer par les journalistes, a tout à gagner au fait que le pluralisme irrigue enfin les débats publics. Nous sommes disponibles pour cela !
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