Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 06:11
Suppression du corps diplomatique : tout un symbole ! - Francis Wurtz, L'Humanité, 4 juin 2022
Suppression du corps diplomatique : tout un symbole !
Publié le Samedi 4 Juin 2022

Grève au Quai d’Orsay, ce 2 juin ! Le fait est suffisamment rare pour que l’on s’y arrête : il n’y a qu’un seul précédent (en 2003) dans toute l’histoire de ce ministère emblématique. Le malaise du « Quai » ne date pas d’hier, tant l’écart s’est creusé, année après année, entre l’ambition affichée en haut lieu d’une diplomatie universelle et les moyens, en recul constant, mis à la disposition de cette administration jadis si prestigieuse (diplomatie : – 30 % en dix ans ; défense : + 23 % en cinq ans !). Macron aura réussi à faire déborder le vase. L’ironie du sort veut que ce soit le président dont nombre de diplomates attendaient un sursaut en matière de politique étrangère qui assène à ce secteur le coup le plus rude : la suppression, par décret, du corps diplomatique ! Si cette « réforme » voit effectivement le jour, comme prévu, le 1 er janvier 2023, les futurs « conseillers des affaires étrangères » et autres « ministres plénipotentiaires », chargés de représenter la France dans le monde et d’analyser, en retour, les réalités internationales, en transformation perpétuelle – à une époque où les interdépendances impactent tous les domaines de la vie – ne seront plus des professionnels de la diplomatie. Ils seront choisis parmi les « administrateurs de l’État », vaste vivier de hauts fonctionnaires interchangeables : préfets, inspecteurs des finances ou… diplomate à Abidjan, à Bogota ou à Pékin !

Ancien parlementaire européen, j’ai pu, au gré de mes missions internationales, mesurer et apprécier – à de rares exceptions près – les compétences interdisciplinaires, la culture enrichie au fil des expériences successives et l’indispensable motivation à exercer ce métier si particulier, de nos diplomates. Maîtriser l’histoire des peuples, sinon leur langue ; être à l’aise dans les arcanes des relations internationales ; savoir gérer avec doigté des crises délicates ou des rapports de forces complexes, cela ne s’improvise pas. Être consul général à Jérusalem-Est, en charge du suivi des territoires palestiniens occupés et en négociations constantes avec les autorités israéliennes, ne s’apprend pas dans un institut chargé de former des « administrateurs » ! Représenter dignement la France au Brésil ou en Afrique du Sud a peu de choses à voir avec les prérogatives d’un préfet de région ! Siéger au Conseil de sécurité des Nations unies suppose d’autres affinités que d’exercer ses talents – au demeurant utiles, mais d’une tout autre nature – d’inspecteur des finances.

Cette décision, qui risque de faire de la France le seul grand pays sans diplomates professionnels, est tout un symbole : celui d’un déclassement de la diplomatie française au profit d’une illusoire « puissance » militaire ; celui d’un hyperprésidentialisme accordant au chef de l’État le privilège de nommer « ses » représentants à travers le monde ; celui, enfin, d’un mépris pour tout corps intermédiaire, fût-il aussi spécifique et indispensable que le corps diplomatique, les discours flamboyants ou les coups de com médiatiques du Prince tenant lieu de « parole de la France ». Toute notre solidarité aux diplomates en rébellion contre cette régression historique !

Partager cet article
Repost0
2 juin 2022 4 02 /06 /juin /2022 05:13

Clip officiel de campagne du PCF pour les élections législatives des 12 et 19 juin 2022

Partager cet article
Repost0
1 juin 2022 3 01 /06 /juin /2022 12:50
Eric Bocquet, Sénateur communiste du Nord lance l'alerte, avec d'autre sénateurs et sénatrices !
Depuis le rachat par General Electric de la branche énergie du groupe Alstom, la multinationale a mis en place un vaste système d’évasion fiscale entre la France, la Suisse et l’état américain du Delaware. Ce sont ainsi 800 millions d’euros de bénéfices qui ont été transférés en direction de ces deux paradis fiscaux.
⚠️« 97 % des profits de General Electric en France se sont envolés vers la Suisse » ⚠️
Pour plus d'informations, suivez Eric Bocquet⬇️
COURRIER AU MINISTRE DE L'ECONOMIE ET DES FINANCES
General Electric et révélations d’évasion fiscale : une énième révélation, mais quelle réaction ?

Suite aux révélations parues dans la presse sur les pratiques d’optimisation et d’évasion fiscales du groupe General Electric, Eric Bocquet a souhaité interpeller Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances, pour connaître les suites qu’il compte donner à cette affaire.

Monsieur le Ministre,

De récentes révélations de la presse nous informent des pratiques fiscales de la multinationale américaine General Electric (GE).

Depuis le rachat par GE de la branche énergie du groupe Alstom, la multinationale a mis en place un vaste système d’évasion fiscale entre la France, la Suisse et l’état américain du Delaware. Ce sont ainsi 800 millions d’euros de bénéfices qui ont été transférés en direction de ces deux paradis fiscaux.

General Electric a créé une société à Baden en Suisse qui gérait les responsabilités commerciales. C’est ainsi que, par voie de conséquence, l’usine de Belfort a cessé d’être un « fabricant » pour devenir une simple « unité de fabrication », placée sous les ordres d’une société suisse. Ce tour de passe-passe permet à l’antenne suisse de revendre les turbines au client final afin d’en percevoir les bénéfices. Ce sont ainsi 97% des profits qui ont échappé à l’impôt dans notre pays.

Par ailleurs, cette stratégie d’optimisation fiscale s’appuie sur une autre filiale basée dans le Delaware, un état qui compte 950 000 habitants et 1,2 million de sociétés ! La moitié des entreprises américaines y ont leur siège social.

Les conséquences sont multiples. Le budget de la République perd des centaines de millions, les salariés perdent des parts d’intéressement et enfin les finances locales du territoire sont touchées par la diminution de la Contribution sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE) à hauteur de 10 millions d’euros.

Je rappellerai enfin que le bilan de la multinationale américaine est désastreux, 5 000 emplois supprimés depuis 2015, dont 1 400 à l’usine de Belfort.

Monsieur le Ministre, quels contrôles ont été effectués par l’administration fiscale sur ce dossier ? Quelles mesures comptez-vous mettre en œuvre pour mettre fin à ce scandale d’évasion fiscale ? Allez-vous demander des comptes et des explications à cette multinationale ?

Dans l’attente de votre retour, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Éric Bocquet

 

 

 

Partager cet article
Repost0
30 mai 2022 1 30 /05 /mai /2022 05:50

 

L’installation du nouveau gouvernement, jusqu’au second tour des élections législatives, manifeste une sorte de continuité contrairement à ce qu’avait laissé entendre M. Macron. Ça, c’était pour se faire élire !

 

Aujourd’hui, on prend l’essentiel des mêmes pour recommencer ou amplifier une gestion libérale et technocratique au service du monde de la finance et des grands groupes industriels. Nos concitoyens sentent plus ou moins confusément qu’il n’y aura aucune rupture. Et que ça ne joue pas en leur faveur. Laisser entendre que nos concitoyens joueront le jeu des institutions en donnant une majorité de députés au Président pour qu’il recule l’âge de la retraite à 65 ans et applique rapidement une super-austérité au nom de « la crise » reviendrait à se laisser enfermer cinq années encore dans une politique ultra-libérale. Une alternative à cette régression sociale et antidémocratique se présente avec les candidats de la coalition de gauche et écologistes. Les candidats de la NUPES (Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale).

 

Avec la coalition macroniste, la crise démocratique risque de s’amplifier encore, avec tous les risques qu’elle comporte. Cette continuité dans le choix de l’équipe gouvernementale est aussi révélatrice du manque de vision du pouvoir et des forces qui le soutiennent. Et les premières déclarations des ministres - à commencer par la nouvelle hôte de Matignon - le confirment.

 

Or, nous entrons dans une période de fortes turbulences inimaginable au début de la campagne de l’élection présidentielle. Les conséquences mondiales de la pandémie, la guerre que mènent le pouvoir et l’armée russes contre l’Ukraine, les guerres intra-capitalistes avec l’accélération de la concentration des multinationales et du capital nous font entrer dans un monde plus instable et plus violent. Les risques sont sérieux que le monde entre en récession et qu’une famine va s’amplifier.

 

Il ne suffit donc pas d’accoler le mot « souveraineté » à la fin de l’intitulé des ministères de l’Industrie, de l’Économie ou de l’Agriculture pour résoudre les lourds problèmes qui s’avancent. Dans ce contexte, un gouvernement de la France, membre du Conseil de sécurité de l’ONU et septième économie mondiale, doit être capable de traiter les grands enjeux telle que la possible récession mondiale, de s’attaquer nettement aux défis climatiques en le liant aux enjeux de progrès sociaux et démocratiques, d’éviter la marche en avant vers la guerre, de tenir tête aux États-Unis qui, à la faveur de la guerre contre le peuple ukrainien, recommencent à dicter l’agenda des relations internationales pour soumettre l’Union européenne à ses stratégies.

 

Rien de tout cela au programme du « nouveau » gouvernement. La seule préoccupation du Président de la République est de manigancer ses discours pour s’assurer une majorité au Parlement.

 

Un tel contexte renforce encore la nécessité de la mobilisation immédiate pour le vote en faveur des candidats de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale. C’est un engagement pour l’amélioration de la vie quotidienne de toutes les familles populaires.

 

Il convient partout par des actes militants, de faire mesurer l’enjeu des élections des députés le 10 juin prochain. Plus que jamais, il est indispensable d’agir pour une nouvelle répartition des richesses et une autre manière de les produire. En effet, faire ses courses aujourd’hui fait toucher du doigt les hausses permanentes des prix qui poussent les familles populaires au bord de la rupture. Les privations s’élargissent à de nouveaux produits en qualité comme en quantité. Le choc est là. Et il est violent. L’épargne populaire va considérablement ralentir et ceux qui en disposent voient sa valeur fondre comme neige au soleil, quand le taux de rémunération d’un livret A est aux alentours de 1% alors que l’inflation monte à 5%. Ceux qui doivent rembourser des crédits les paieront plus cher.

 

Un gouvernement de coalition de la gauche et des écologistes aurait pour tâche immédiate de permettre l’augmentation des salaires et des retraites les plus modestes, comme des prestations sociales. Il aurait également à agir sur les prix en prenant des dispositions drastiques contre les spéculateurs de tout poil qui profitent de la guerre aujourd’hui comme ils ont profité de la pandémie. Personne ne peut décemment soutenir et défendre que les propriétaires capitalistes de l’agro-alimentaire aient vu leur fortune augmenter d’un milliard tous les deux jours, alors que les gens ont du mal à remplir leur caddie.

 

De même, la précarité énergétique augmente alors que les grands groupes de l’énergie pétrolière, gazière et charbonnière (ceux qui polluent le plus) voient leurs profits augmenter de 45%. Voilà une illustration de la lutte des classes.

 

Une augmentation substantielle de la prime de rentrée scolaire est indispensable, de même que le blocage des loyers. En même temps, l'investissement réel et utile pour la transition écologique nécessite la mise en formation de millions de salariés de toutes professions et la création de millions de postes de travail. Un combat devrait être mené pour qu'à l'opposé de la période du Covid, la création de monnaie par la Banque centrale ne serve pas à l’augmentation de la rente des actionnaires et des plus fortunés, mais à l’économie réelle, aux services publics de la santé et de l’éducation.

 

Comment les autorités de l’Union européenne pourront-elles défendre encore longtemps qu’elles aient pu créer un fond commun pour la guerre et qu’elles ne le peuvent pas pour le mieux vivre des familles populaires, pour l’éducation et la santé. La mise en place d’un fonds européen, pour les services publics et la transition environnementale est plus nécessaire que jamais. Le 10 juin, l’enjeu est donc considérable dans chaque circonscription pour construire une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale de laquelle découlerait un vrai nouveau gouvernement, pour de vrais changements au service des classes populaires.

Partager cet article
Repost0
29 mai 2022 7 29 /05 /mai /2022 05:38

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
29 mai 2022 7 29 /05 /mai /2022 05:32

Les promesses d’Emmanuel Macron de renouveler sa politique et son gouvernement n’auront pas tenu très longtemps. La nomination d’Élisabeth Borne à Matignon et l’annonce des nouveaux ministres ne présagent aucun changement de cap dans la politique de l’exécutif.

 

En annonçant vouloir reculer l’âge de départ à la retraite, le nouveau gouvernement montre sa volonté de continuer la casse de notre modèle social. Alors que la jeunesse a montré à de multiples reprises sa volonté de mettre un terme aux politiques libérales, le premier gouvernement d’Élisabeth Borne fait sans surprise le choix de la continuité.

Bien que nous nous félicitions du départ de Jean-Michel Blanquer du ministère de l’Éducation nationale, l’absence de ministre de la Jeunesse est particulièrement alarmante. Parcoursup, réforme du bac, baisse des APL, emplois précaires, le gouvernement précédent n’a fait que dégrader nos conditions de vie. L’absence de projet politique pour la jeunesse n’arrangera pas les choses.

La jeunesse est dans une situation catastrophique : chômage, précarité, inégalités, mise en concurrence, affectée dans des filières par défaut, détresse psychologique, baisse des pratiques sportives et artistiques… Ce ne sont pas les sujets qui manquent et pourtant les nouvelles générations ont été les grands oubliés du quinquennat précédent.

En réaction à cette situation, Emmanuel Macron a annoncé vouloir faire de la jeunesse une priorité du quinquennat. Résultat  ? Toujours pas de ministère dédié à la jeunesse. Nous devrons encore une fois nous contenter d’une délégation affiliée au ministère de l’Éducation nationale.

Emmanuel Macron aura mis encore moins de temps qu’il y a 5 ans pour faire son premier retournement de veste. Le soir du second tour, il s’était pourtant dit redevable aux électeurs de gauche ayant voté en sa faveur pour faire barrage à l’extrême droite. Une nouvelle fois, le Président ne semble pas avoir tenu sa promesse.

Nous pouvons encore déjouer le projet funeste d’Emmanuel Macron. Gagner la retraite à 60 ans, l’augmentation des salaires, un réinvestissement dans les services publics et une véritable politique à destination des jeunes est encore possible. Aux élections législatives, votons pour les candidats de la Nouvelle union populaire écologique et sociale.

Le capitalisme et le libéralisme ont prouvé depuis des années qu’ils n’étaient pas capables de répondre aux besoins et aspirations de la jeunesse. La main invisible censée organiser l’économie et la société n’a été capable que d’amplifier les inégalités et broyer des projets de vie.

Face à ce nouveau gouvernement libéral, l’heure est à l’engagement. Le MJCF s’oppose à toute régression de nos droits, et se battra pour en conquérir de nouveaux.

Léon Deffontaines

 

Partager cet article
Repost0
27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 05:38
Israël. Salah Hamouri ou l’enfer de la détention administrative - L'Humanité, Nadjib Touaibia, 24 mai
Israël. Salah Hamouri ou l’enfer de la détention administrative

L’incarcération de l’avocat franco-palestinien en Israël depuis le 7 mars mobilise les défenseurs des droits humains. Plusieurs organisations demandent aux autorités françaises d’agir et en appellent à la Cour pénale internationale.

Publié le Mardi 24 Mai 2022
 
Mesure arbitraire reconductible, sans inculpation ni procès, la détention administrative est fréquemment appliquée dans le contexte de l’apartheid israélien. Amnesty International, la Fidh, l’Acat, la CGT, la FSU, la CFDT, la Confédération paysanne, le Syndicat des avocats de France, l’Unef lancent un appel contre cet « enfer ». Spécialisé dans la défense des prisonniers politiques, l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri vit sous cette menace constante de l’armée israélienne et de sa juridiction. Sa dernière arrestation, sous statut « administratif », date du 7 mars 2022. Il a subi ce même sort en 2017, puis a été libéré en 2018 avant d’être à nouveau arrêté le 30 juin 2020 et détenu durant une semaine. La traque est permanente. L’objectif des Israéliens est d’obtenir son expulsion de Jérusalem, où il est né et a toujours vécu.
 

Des années d’une vie en sursis

Les années de harcèlement, la suppression de sa résidence à Jérusalem-Est, la séparation forcée de sa femme et de ses enfants (son épouse est interdite de territoire israélien jusqu’en 2025), le risque d’expulsion, une vie en sursis, en somme, font de son cas un « dangereux précédent pour l’escalade de l’occupation israélienne en matière de révocation de résidence et de détention administrative »¸ résume Sahar Francis, directrice générale de l’association Addameer Prisoner Support and Human Rights. Sa persécution prolongée « constitue un crime de guerre et un crime contre l’humanité au sens du statut de Rome de la CPI. Il est impératif que la CPI, les autres instances internationales et les États interviennent immédiatement et exigent qu’Israël, en tant que puissance occupante, libère Salah et revienne sur sa décision de révoquer sa résidence».

« L’occupation ne se limite pas à nous tuer, nous détenir et nous déplacer. Elle persécute nos rêves et les assassine.». Salah Hamouri

Devenu la référence d’un combat au long cours, l’avocat et militant demande de son côté à la CPI d’accélérer l’enquête sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par Israël, dont le transfert forcé et l’expulsion des Palestiniens de Jérusalem-Est. « Aujourd’hui, je me trouve à la croisée des chemins la plus difficile de ma vie, du préjudice à l’exil, la détention sans charge et plus encore », déclare Salah Hamouri. « L’occupation ne se limite pas à nous tuer, nous détenir et nous déplacer. Elle persécute nos rêves et les assassine. L’incertitude quant à l’endroit où je pourrais finir, une fois libéré, est une tornade de pensées qui me poursuivent quotidiennement. Elle affecte mon moral, et mon état psychologique est comme des montagnes russes. »

Que fait la France ? Les diplomates disent privilégier « la discrétion », explique Elsa Lefort, épouse de Salah Hamouri. Les communiqués ne stipulent pas « l’exigence de libération », précise-t-elle. Elle reste dans tous les cas convaincue que la solution est entre les mains du président. Plus de 500 Palestiniens sont actuellement en détention administrative. Le recours par les Israéliens à cette pratique est un coup porté en continu à la société civile palestinienne. La machine d’une guerre sournoise, entre les bombardements cycliques et les phases d’expansion coloniale.

Israël. Salah Hamouri ou l’enfer de la détention administrative - L'Humanité, Nadjib Touaibia, 24 mai
Partager cet article
Repost0
21 mai 2022 6 21 /05 /mai /2022 06:24
Législatives. Avec son programme, la Nupes défie Emmanuel Macron (L'Humanité, 19 mai 2022)
Législatives. Avec son programme, la Nupes défie Emmanuel Macron

Les responsables des formations politiques de la coalition de gauche ont présenté leur projet de gouvernement ce jeudi. Des mesures qui sont destinées à « changer la vie » des Français dès le 19 juin, en rupture avec l’austérité pratiquée par la majorité sortante. Jean-Luc Mélenchon appelle à un débat face à Élisabeth Borne. Décryptage

L'Humanité -  le Jeudi 19 Mai 2022

Après l’accord de rassemblement, le programme. La Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) a présenté, jeudi, ce que sera son action au gouvernement après le 19 juin, si elle obtient une majorité à l’Assemblée nationale. Avec 8 chapitres et 650 mesures en tout, cet accord programmatique est large et précis. Il ne se limite pas à une série de « principes communs », comme l’a souligné Jean-Luc Mélenchon, mais vise à « changer la vie des gens dès juin 2022 ». « Nous n’avançons pas masqués », a d’ailleurs pointé le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, ajoutant que la coalition ne se résume pas à « un cartel électoral ». « Nous sommes présents ici avec enthousiasme, a insisté de son côté Ian Brossat pour le PCF. Le programme permet d’en finir avec cette succession de réformes qui dégradent la vie des Français. » Et c’est l’ambition dont il est porteur qui, selon Julien Bayou, le secrétaire national d’EELV, « permet de faire la jonction de nos forces politiques sur le terrain ».

De la retraite à 60 ans à l’augmentation du Smic à 1 500 euros net, de la sixième semaine de congés payés à la « sécurité sociale professionnelle », ce « programme partagé de gouvernement » peut être à l’origine de nouvelles conquêtes sociales après des décennies d’austérité. Au moment où le Giec ne donne plus que trois ans aux gouvernements du monde pour limiter les effets du changement climatique, la Nupes entend mettre en place la « règle verte » et « planifier la bifurcation et la rénovation écologiques ».

La gauche a donc réussi à s’entendre sur un projet de fond, alors qu’elle n’était jamais parvenue, ces dernières années, à dépasser les contradictions entre ses différentes formations. Ses 650 mesures susciteront, à n’en pas douter, l’ire de la droite et de la majorité macroniste, qui de longue date contestent même la possibilité de leur mise en application. Pourtant, a rappelé Jean-Luc Mélenchon, qui aspire à diriger le gouvernement si la Nupes l’emporte aux législatives, il ne s’agit pas d’un accord décidé à la va-vite « en jouant aux dés ». Le coût de l’investissement nécessaire à la mise en œuvre de ces propositions partagées est de 250 milliards d’euros, selon lui. Les recettes fiscales attendues en retour de la relance, dont le programme serait le moteur, s’élèveraient à 267 milliards. « On peut discuter ce scénario », a-t-il déclaré jeudi matin, mais « il a été inscrit dans le schéma économique de la Banque de France ». Tandis qu’en face, le programme d’Emmanuel Macron consiste à « réduire les dépenses publiques » avec pour conséquence qu’à « la fin, tout s’effondre », a opposé l’insoumis, tout en appelant de nouveau la première ministre Élisabeth Borne à venir en débattre avec lui.

LaREM Pendant cinq ans, la politique économique d’Emmanuel Macron s’est résumée en un mot : le « ruissellement ». En somme, donner sans cesse aux plus riches pour que les euros qui débordent de temps en temps dégoulinent lentement sur les plus modestes. Problème : cette théorie ne fonctionne pas, et le pays compte désormais 10 millions de pauvres au moment même où le cumul de la pandémie du Covid et de la guerre en Ukraine fait exploser les prix. Afin de faire face, le gouvernement n’entend pas du tout baisser la TVA mais préfère répondre avec un gel des hausses des prix du gaz et de l’électricité, un chèque alimentaire de 50 euros, dont on attend encore de voir la couleur, et une remise à la pompe de 15 à 18 centimes par litre de carburant… Des rustines – recyclées dans un projet de loi annoncé pour l’été – loin de permettre une augmentation du pouvoir d’achat. La Macronie n’entend d’ailleurs surtout pas organiser une hausse des salaires, mais propose plutôt de « tripler la prime Macron », en la faisant passer de 2 000 à 6 000 euros au maximum par an. Une prime pourtant loin d’être obligatoire, puisqu’elle est laissée au bon vouloir des entreprises, en plus d’être défiscalisée, donc de n’être pas comptabilisée pour les retraites. Quant au RSA, il sera conditionné à une « activité effective »… A

NUPES La véritable hausse du pouvoir d’achat se situe du côté de la Nupes. Pour y parvenir, l’alliance de gauche propose de faire passer le Smic à 1 500 euros net, « pour que les gens vivent mieux tout de suite », explique Clémence Guetté. « Et nous convoquerons une conférence sociale générale pour organiser une hausse générale des salaires », ajoute la responsable du programme de la FI. L’égalité salariale entre les femmes et les hommes sera rendue obligatoire et une échelle des salaires sera mise en place pour des écarts maximaux de 1 à 20 dans une entreprise. Mais renforcer le pouvoir d’achat passe aussi par l’instauration d’une garantie dignité de 1 063 euros par mois, pour que personne ne vive en dessous du seuil de pauvreté, et d’une allocation d’autonomie du même montant pour les jeunes. Face à l’inflation, la Nupes propose de bloquer les prix et de réduire la TVA sur les produits de première nécessité. L’ambition est aussi de « refuser la libéralisation du marché de l’électricité et du gaz » en nationalisant EDF et Engie, et en garantissant des tarifs accessibles. Augmenter le pouvoir d’achat passe enfin par le 100 % Sécu, en remboursant intégralement les soins de santé prescrits, et, pour que chacun puisse se loger sans se ruiner, par la construction de 200 000 logements sociaux par an. A. S.

ÉCOLOGIE

Icon TitreBifurcation historique contre « greenwashing »

LaREM « Le président de la République a annoncé que le premier ministre serait en charge de la planification écologique », a rappelé Élisabeth Borne, jeudi, lors de son premier déplacement aux Mureaux, dans les Yvelines. Emmanuel Macron s’était emparé de ce terme de « planification », le reprenant aux insoumis, entre les deux tours de la présidentielle. Mais, dans les faits, son bilan est proche du néant. L’État français a été condamné par la justice pour son inaction sur la question du climat. Son programme pour les cinq années à venir n’augure pas de grande révolution en matière écologique. Il prévoit de miser sur la filière nucléaire avec la construction de six nouveaux EPR, la multiplication par dix de la puissance solaire et la rénovation de 700 000 logements par an. Pas de « pôle » public énergétique en vue, tout au plus une « reprise de contrôle capitalistique de plusieurs acteurs industriels ». Quant à la neutralité carbone de la France, elle est envisagée par Emmanuel Macron pour 2050. D. C.

NUPES La France détient « le bonnet d’âne en Europe » en matière d’énergies renouvelables, a rappelé Julien Bayou (EELV). C’est donc un des axes majeurs du programme de la Nupes : accélérer leur développement pour aller vers un horizon de 100 % en 2050. La sortie du nucléaire y est aussi mentionnée et serait soumise au débat parlementaire puisque le PCF notamment s’y oppose (lire page 5). La coalition entend réduire les émissions de gaz à effet de serre de 65 % d’ici à 2030. Pour assurer cette « bifurcation écologique », la Nupes prévoit de lancer un plan massif de 200 milliards d’euros sur cinq ans pour investir, « développer l’emploi et la formation, et rétablir des pôles publics dans l’énergie, les transports et la santé ». Le projet de gouvernement prévoit aussi d’« annuler les cadeaux fiscaux accordés sans contrepartie aux plus grandes entreprises ces dix dernières années » et d’imposer des critères environnementaux et sociaux dans l’attribution des aides publiques. Pour faire de l’eau un « enjeu central pour l’humanité », la Nupes créera aussi un haut commissariat. La règle verte sera inscrite dans la Constitution. D. C.

SANTÉ

Icon TitreMarchandisation ou grand service public

LaREM Recrutement de personnels soignants, renforcement du lien ville-hôpital : concernant les enjeux sanitaires, le président de la République compte poursuivre les réformes engagées depuis cinq ans de marchandisation. Alors que le Ségur de la santé est resté en travers de la gorge des soignants, que les services d’urgences sont exsangues, Emmanuel Macron entend poursuivre « la sauve- -garde de l’hôpital public » via un plan de recrutements d’infirmières et d’aides-soignants. Combien ? On ne sait pas. Il affiche aussi la volonté de mener « une politique ambitieuse pour la santé des femmes ». Avec quel budget ? Quant aux déserts médicaux, il prône « des solutions locales et nationales » imaginées « avec les citoyens », et appelle à une grande conférence sur le sujet. Rien de nouveau sur le fond. A. C.

NUPES « Il faut garantir l’accès à tous les services publics, à l’inverse des politiques néolibérales menées aujourd’hui. La situation des hôpitaux, dès l’été prochain, sera intenable. Pour nous, c’est stop. Il faut faire autrement. » Marie-Jeanne Gobert pose le cadre en matière de santé. Pour la Nupes, « il n’y a pas de service public sans personnel, et du personnel formé ». Il faut donc « recruter et revaloriser les personnels des hôpitaux et des Ehpad ». La lutte contre les déserts médicaux est aussi une priorité, avec des leviers précis à actionner. La coalition de partis de gauche prône aussi le remboursement de tous les soins prescrits à 100 %, en intégrant les complémentaires dans la Sécurité sociale. Assurer la souveraineté sanitaire, prévoir la levée des brevets, créer un pôle public du médicament sont aussi au menu de la gauche. A. C.

CULTURE

Icon TitreSoutien au marché ou politique publique ?

LaREM Pandémie oblige, le précédent gouvernement a arrosé d’argent public, à hauteur de 13,6 milliards d’euros, les différentes structures culturelles, tout en faisant bénéficier les intermittents d’un prolongement de leurs droits, malgré de considérables failles. Si ce « quoi qu’il en coûte » a maintenu à flot l’existant, il n’a pas été le vecteur d’une politique ambitieuse, menée pour l’essentiel dans les rails du marché. Le Pass culture figure ainsi comme seule originalité du quinquennat, soit 300 euros offerts aux jeunes de 18 ans, qu’Emmanuel Macron a annoncé vouloir étendre dans les cinq prochaines années. Le président entend également lancer « de nouvelles commandes publiques » et investir « pour proposer des expériences en réalité virtuelle ». C. G.

NUPES La Nupes entend hisser, chaque année, le budget de la culture à 1 %, non pas du budget de l’État, mais de la richesse produite. La proposition figurait à la fois dans le programme de la FI et du PCF. Cet effort budgétaire considérable vise à « restaurer un service public de la culture ambitieux ». Le programme partagé des forces de gauche entend ainsi revaloriser « l’éducation artistique à l’école, les conservatoires, l’éducation populaire et la place de la culture dans les comités d’entreprise », tout en revenant « sur les privilèges fiscaux excessifs liés au mécénat culturel ». Proposition attendue des créateurs, un régime de protection sociale des artistes-auteurs sera adossé à un centre national dédié à ces professions. C. G.

FISCALITÉ 

Icon TitreRedistribution contre « ruissellement »

LaREM « Aujourd’hui, il faut de la stabilité », ­déclarait le chef de l’État lors de la campagne présidentielle. Et pour cause : les mesures fiscales ont été parmi les premières mises en œuvre en 2017, mais le « ruissellement » tant attendu n’a eu lieu que pour les 10 % les plus riches. Flat tax à 30 % sur les revenus du capital, suppression de l’ISF et de la taxe d’habitation (que percevaient les communes et non l’État), qui, selon Emmanuel Macron, ont permis d’améliorer « l’attractivité économique ». Mais il ne compte pas s’arrêter là, notamment pour les entreprises : après la baisse de 33 à 25 % de l’impôt sur les sociétés, il prévoit de supprimer totalement la contribution sur la valeur ­ajoutée. Cet impôt local, qui rapportait 17 milliards d’euros en 2018 et a remplacé la taxe professionnelle, est dû par les entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur à 500 000 euros. Comme tous à droite, il veut également réduire les droits de succession en augmentant le seuil d’exonération à 150 000 euros et 100 000 euros pour les donations pour tous les membres d’une même famille. Le chef de l’État veut aussi, comme Marine Le Pen, supprimer la redevance audiovisuelle tout en garantissant « l’indépendance de l’audiovisuel public », ce qui ressemble fort à une promesse de Gascon. B. K.

NUPES « Le consentement à l’impôt passe par la justice fiscale », a rappelé la socialiste Corinne Narassiguin, chargée de présenter la partie fiscalité du programme de la Nupes, dont l’objectif est de « favoriser l’investissement plutôt que les dividendes ». Dans ce domaine, la politique menée par le chef de l’État a aggravé les inégalités : il convient donc de tout remettre à plat. Avec, pour les particuliers, le rétablissement de l’ISF en incluant un « volet climatique », c’est-à-dire une taxation modulée en fonction de l’empreinte carbone des actifs détenus, ainsi que le rétablissement de l’« exit tax ». Autre priorité : une réforme de l’impôt sur le revenu avec la création de quatorze tranches, contre cinq actuellement. Enfin, il s’agit de revenir sur l’allègement de la taxation du capital, source de l’explosion des inégalités, en supprimant la flat tax (forfaitaire à 30 %) instaurée par Macron et « imposer les revenus du capital a minima comme ceux du travail ». En ce qui concerne les entreprises, la Nupes prévoit l’instauration d’une taxe « significative » sur les transactions financières, la « refondation de l’impôt sur les sociétés » pour le rendre plus égalitaire et la création d’un impôt universel sur les multinationales, une arme contre l’évasion et l’optimisation fiscales. Ce programme a aussi l’ambition de « réorienter le crédit vers la bifurcation sociale et écologique », a précisé Corinne Narassiguin. Mais, pour ce faire, il faut également réformer l’ensemble de la politique monétaire. La Nupes prévoit de créer un pôle public bancaire en « socialisant certaines banques ­généralistes » et de permettre à la Banque publique d’investissement de se financer à taux zéro auprès de la Banque centrale européenne (BCE). B. K.

EMPLOI

Icon TitreCasse des droits ou sécu professionnelle

LaREM promet d’atteindre le plein-emploi en cinq ans, par la transformation de Pôle emploi en guichet unique – rebaptisé France Travail. Pas question, en revanche, d’ouvrir la porte à des augmentations de salaires : la majo­rité sortante table sur la « prime Macron », qui serait multipliée par trois. La politique d’aide aux entreprises, au contraire, ne s’embarrasse guère d’austérité : 30 milliards d’euros sont prévus pour les secteurs « innovants » – des subventions assorties de baisses d’impôts. Dans cette hotte de cadeaux au capital, Emmanuel Macron et les siens annoncent encore qu’ils veulent « poursuivre la modernisation du Code du travail engagée avec les ordonnances de 2017 ».

Après la réforme de l’assurance-chômage, qui privera à terme 41 % des allocataires de 17 % de leur allocation journalière, LaREM veut aller plus loin, vers un « système simple » consistant, « à chaque fois que la conjoncture s’améliore », à « avoir des règles qui réincitent encore davantage au retour à l’emploi », avec toujours moins de droits. La même logique est appliquée aux bénéficiaires du RSA, qui se verront imposer « quinze à vingt heures par semaine » de travail. R. M.

NUPES Ne cherchez pas les expressions « coût du travail », « exonérations de cotisations » ou « lutte contre l’assistanat ». Entendre parler d’emploi les représentants de la Nupes, c’est plonger dans un vocabulaire opposé à celui de la doxa libérale rabâchée depuis quarante ans, et s’ouvrir à une nouvelle logique. Celle du travail acteur de progrès social, choisi par chacun et garanti par une sécurisation des parcours pour tous. Finies donc les loi El Khomri et ordonnances Macron. Le Code du travail redevient la pierre angulaire des relations employé-employeur. Lutte contre l’ubérisation et le dumping social de la sous-traitance. Retour d’une assurance-chômage protectrice – fin de la réforme Borne, garantie d’emploi pour les chômeurs de longue durée. Avènement d’une sécurité sociale professionnelle accompagnant les aspirations d’évolution de carrière. Et dépoussiérage du travail dans ses temps – 35 heures socle, 32 heures pour les métiers pénibles, sixième semaine de congés payés – et son organisation – le CDI devenant la norme, lutte contre les pénibilités et nouveaux droits pour les salariés en entreprise. S. G.

ÉDUCATION

Icon TitreLigne Blanquer : stop ou encore

LaREM Autonomie des établissements, recrutements sur profils, rémunération au mérite, carte scolaire redéfinie, plus grande place accordée aux entreprises : pour son second mandat, Emmanuel Macron compte aller encore plus loin dans sa vision entrepreneuriale de l’éducation nationale, avec une orientation libérale encore plus affirmée. Rien, en revanche, sur le fond du problème, à savoir l’attractivité du métier, alors que les candidats au concours se font chaque année moins nombreux. La ­réintégration des mathématiques dans le tronc commun en première et terminale a d’ores et déjà été annoncée. Mais sans professeurs en nombre suffisant, la rentrée prochaine sera acrobatique. Dans la continuité des cinq années écoulées, ce programme, sans aucune idée nouvelle, fait craindre une rupture d’égalité pour les élèves. A. C.

NUPES Pour la Nupes, il faut tourner la page Blanquer, afin d’aller vers une école de l’« émancipation ». Cela passe par la gratuité et surtout l’égalité à l’école. « Nous voulons réduire le nombre d’élèves par classe, supprimer bel et bien la réforme Blanquer, la réforme du bac et arrêter Parcoursup », a résumé la communiste Marie-Jeanne Gobert, lors de la présentation du programme de la Nupes, ­évoquant au passage l’objectif « zéro décrocheur », via des accompagnements adaptés. Ce qui suppose la ­revalorisation de tous les personnels de l’éducation nationale, « dans toutes les disciplines », avec le dégel du point d’indice et la revalorisation des grilles salariales. Et, pour pallier le déficit de professeurs de tous les niveaux, la mise en place d’un plan pluriannuel de recrutement pour l’ensemble des concours. A. C.

RETRAITES

Icon Titre Travailler plus ou vivre mieux

LaREM Emmanuel Macron, lors de sa réforme de marchandisation des retraites en 2020, avait fait imposer par 49-3 un texte qui ne précisait ni l’âge de départ ni le montant des pensions. S’il a depuis modifié son projet, il souhaite toujours faire « travailler plus longtemps », avec la retraite à 65 ans (et une pension minimale de 1 100 euros). Son objectif est d’inciter à quitter le marché de l’emploi le plus tard possible, à travers un « service d’appui de travailleurs seniors » et un renforcement du « cumul emploi-retraite ». Son programme bascule ensuite, sur la même page, dans des propositions de gestion du grand âge et d’accompagnement du deuil... Preuve que, pour lui, il y a le travail puis la dépendance, et que la retraite n’est pas un nouvel âge de la vie. Il propose, enfin, de « monétiser » les congés et RTT non pris. A. S.

NUPES Plutôt que la retraite à 65 ans, la Nupes propose de restaurer le droit plein et entier d’arrêter de travailler à 60 ans, après 40 annuités de cotisation, avec une prise en compte des facteurs de pénibilité supprimés par Macron. La pension minimale pour une carrière complète serait de plus au niveau du Smic (soit 1 500 euros), et le minimum vieillesse fixé au niveau du seuil de pauvreté. Le montant des retraites serait également indexé sur les salaires. « Nous voulons renouer avec des réformes heureuses et populaires », insiste le porte-parole du PCF, Ian Brossat, qui s’enthousiasme également au sujet de la réduction du temps de travail global avec le rétablissement des 35 heures hebdomadaires, le passage progressif aux 32 heures, pour les métiers pénibles dans un premier temps, et la création d’une sixième semaine de congés payés. A. S.

Législatives. Avec son programme, la Nupes défie Emmanuel Macron (L'Humanité, 19 mai 2022)
Partager cet article
Repost0
20 mai 2022 5 20 /05 /mai /2022 06:00
Partager cet article
Repost0
20 mai 2022 5 20 /05 /mai /2022 05:46

 

 

L’espoir au présent

Les 12 et 19 juin prochains, un vent d’espoir peut se lever sur la France.

 

 

Emmanuel Macron n’a remporté la présidentielle qu’à la faveur de la volonté majoritaire du pays de barrer la route à l’extrême droite.

En se rassemblant pour les législatives, la gauche rend aujourd’hui possible la mise en échec du président de la République et de son programme de casse sociale, la défaite de très nombreux députés de droite et d’extrême droite. La conquête d’une majorité de gauche à l’Assemblée nationale devient possible pour relayer les attentes du mouvement populaire. 

Avec les propositions de « La France des Jours heureux », le PCF et son candidat Fabien Roussel ont travaille avec l’ensemble des forces de gauche au programme partagé que nous défendrons ensemble. Ils ont particulièrement insisté sur la nécessité de se doter de moyens financiers et de pouvoirs à la hauteur des objectifs sociaux et écologiques avancés. D’où la place du travail et de l’emploi au cœur des politiques publiques à déployer, en sécurisant l’emploi et la formation… D’où l’engagement pour la retraite à 60 ans, en intégrant les périodes d’études et de non travail dans le calcul des années de cotisation nécessaires pour une pension à taux plein. D’où l’exigence d’une République sociale, laïque, universaliste et démocratique, qui se déploie partout avec des services publics pour toutes et tous… D’où l’importance accordée à la réappropriation publique et sociale de grandes entreprises concernées telles EDF et Engie, comme au besoin d’un pôle public financier avec la nationalisation de banques privées pour conduire une politique réellement transformatrice… D’où l’accent mis sur un nouveau mode de développement, solidaire et écologique, qui suppose un mix énergétique nucléaire/renouvelable, la réindustrialisation de la France et la nationalisation de grands groupes stratégiques, ainsi que de nouveaux pouvoirs d’intervention des citoyens et des salariés sur l’économie… D’où enfin la demande que la France use de son siège au Conseil de sécurité pour faire naître des coopérations solidaires entre les peuples et prévaloir le droit international et la paix, en Europe autant qu’en Palestine ou au Sahara occidental, et dans la levée du blocus de Cuba…

 

Certains de ces points figurent parmi nos objectifs communs, d’autres resteront à débattre entre les groupes de gauche au sein de la prochaine Assemblée. Le plus important est que nos compatriotes puissent voir leurs vies changer dès l’été, et qu’avec les mobilisations populaires la colère se transforme en une force puissante de changement.

 

Ian BROSSAT - Léon DEFFONTAINES - Marie-Jeanne GOBERT - Christian PICQUET - Évelyne TERNANT - Vincent Boulet

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011