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31 mai 2018 4 31 /05 /mai /2018 05:44

Invitées par les sénateurs du groupe PCF-Verts alors que s’ouvrent les discussions sur la réforme ferroviaire, des délégations de cheminots d’Europe et d’ailleurs sont venues témoigner des conséquences de la libéralisation du rail dans leur pays.

Ils ont donné du grain à moudre aux sénateurs, qui planchent en ce moment sur la réforme ferroviaire portée par le gouvernement. Hier, à l’invitation du groupe Communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE), des cheminots allemands, britanniques, espagnols, belges, italiens, luxembourgeois, mais aussi norvégiens ou néo-zélandais sont venus dresser un bilan de la situation du chemin de fer dans leur pays. Parfois totalement privatisé, souvent libéralisé ou en voie de dérégulation, partout le service public de transport ferroviaire souffre de la politique du tout-rentabilité.

Les pourfendeurs du monopole public, gouvernement et direction de la SNCF en tête, dépeignent une concurrence idéale et positive, qui tire les prix vers le bas et garantit la qualité du service rendu aux usagers. « Faux », a répondu hier Oystein Aslaken, cheminot de Norvège et président d’ITF (Syndicat international des travailleurs du transport), qui chapeaute la rencontre. « La libéralisation des chemins de fer est partout négative, c’est l’augmentation assurée des coûts et des tarifs, le tout reposant sur un choix politique délibéré de privatiser l’argent public. »

Une libéralisation toujours synonyme de dégradation

Dans une petite salle du deuxième étage du Palais du Luxembourg, les sénateurs, aux côtés des représentants des syndicats français (CGT, Unsa, SUD, CFDT), ont écouté les cheminots étrangers. Tous vont dans le même sens. Tous dénoncent la concurrence. Tous en appellent au développement du rail et tous, surtout, sont venus témoigner leur solidarité à la lutte des cheminots français. « Nous savons bien que, vraisemblablement, la réforme ferroviaire française, si elle va à son terme, inspirera d’autres gouvernements », a pointé Laurent Bour, cheminot luxembourgeois. Libéralisé sur sa partie fret, le réseau ferroviaire du Grand-Duché, qui cumule 275 kilomètres de lignes, reste largement financé par les pouvoirs publics et l’opérateur historique existe toujours. Mais jusqu’à quand ?, interroge Laurent Bour. En Italie, où le transport de marchandises et de passagers a été ouvert à concurrence – comme en Espagne –, « la compagnie nationale Trenitalia a perdu 25 % du trafic local et 15 % du trafic grandes lignes hors grande vitesse », explique Maria Christina Marzola. Résultat, poursuit-elle, « une forte baisse du nombre de trains avec des conséquences indirectes mais évidentes sur les prix. Car, quand on ne peut plus faire une longue distance d’un trait, on additionne les petits trajets et le nombre de billets ». Mais la cheminote italienne va plus loin : « L’externalisation des travaux de maintenance a désorganisé profondément les choses, c’est l’anarchie en termes de gestion et en dehors de la baisse de ponctualité, cela entraîne surtout des problèmes de sécurité pour les cheminots et pour les salariés des entreprises prestataires. » Finalement, explique Pierre Lejeune, venu de Belgique, « c’est toujours les petites lignes rurales qui subissent le plus durement ces politiques ». Dans son pays, la séparation comptable du gestionnaire d’infrastructures et de l’opérateur ferroviaire est effective depuis 2005. Et « en échange, poursuit le cheminot d’outre-Quiévrain, l’État a repris les 7 milliards d’euros de dette de la SNCB (la compagnie belge – NDLR). Mais malgré les suppressions de postes (4 000 depuis 2015 – NDLR), l’endettement atteint de nouveau 4 milliards d’euros cumulés ».

Restent l’Allemagne et le Royaume-Uni. Cités par le gouvernement, l’une comme exemple, l’autre comme contre-exemple. Collé au « modèle allemand », le pacte ferroviaire d’Édouard Philippe entend libéraliser le secteur sans le privatiser totalement, comme ce fut le cas en Grande-Bretagne. Mais à entendre les cheminots allemands et anglais, les deux options aboutissent au même résultat : dégradation du service, augmentation des coûts et des tarifs. En Allemagne, 19 % du réseau n’est plus exploité depuis 2005, la dette sur l’infrastructure a été reconstituée à hauteur de 18,8 milliards d’euros, les subventions publiques ne cessent d’augmenter, les prix des billets ont augmenté de 50 % – bien plus que l’inflation – et la Deutsche Bahn, la compagnie germanique historique, a perdu sur la période la moitié de ses effectifs, a détaillé Winfried Wolf.

Quant au Royaume-Uni, « où, vingt-deux ans après la dérégulation, 70 % de l’opinion publique est favorable à une renationalisation du rail », précise un cheminot britannique, « les tarifs atteignent des sommes faramineuses ». Pour exemple, poursuit-il, « un abonnement annuel à la ligne Manchester-Newcastle – 142 km – coûte 11 500 euros et Manchester-Liverpool – seulement 42 km – 5 000 euros par an ».

Autant d’arguments qui « renforcent la détermination de notre groupe parlementaire », a résumé sa présidente, Éliane ­Assassi, sénatrice communiste de Seine-Saint-Denis. Une détermination exprimée dans une motion du groupe CRCE qui dénonce non seulement le choix du gouvernement de « passer en force par la voie des ordonnances », mais également un travail parlementaire réduit à « un toilettage à la marge, puisque sur le dur du texte, rien n’est négociable ». « Le combat sera difficile », a pour sa part noté Pierre Laurent. « Mais nous voulons rendre ce débat utile, et nous sommes capables de faire bouger les lignes » d’une réforme qui « ne résout aucun des problèmes concernant l’avenir du ferroviaire », a ajouté le secrétaire national du PCF et sénateur de Paris.

Hier, en début d’après-midi, quelques heures avant que ne s’ouvrent les travaux dans l’Hémicycle, des milliers de cheminots sont venus crier leur colère sous les fenêtres du Palais du Luxembourg. Parmi la foule et la fumée, Francis tente de se frayer un passage. Il porte à la veste un badge sur lequel on peut lire « usager solidaire ». Parce que « le service public est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas », il encourage les cheminots à poursuivre la lutte. Et à ceux qui considéreraient les usagers comme les premières victimes de ce combat, Francis répond qu’« on ne mesure pas la légitimité et l’importance d’un mouvement aux embarras qu’il peut causer ».

 

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31 mai 2018 4 31 /05 /mai /2018 05:42
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29 mai 2018 2 29 /05 /mai /2018 10:51
Le groupe communiste au Sénat mobilisé contre la réforme du gouvernement

mardi 29 mai 2018

Le pacte ferroviaire du gouvernement est examiné à partir d’aujourd’hui en séance publique au Sénat. Les élu-e-s du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste s’apprète à mener une bataille parlementaire contre la réforme du gouvernement

Les discussions en séances publiques se poursuivront jusqu’au 5 juin, date fixée du vote solennel des sénateurs sur le texte. Début juin, une table ronde tripartite avec le gouvernement, les syndicats et l’UTP (patronat de la branche ferroviaire) devrait également se tenir.

Pour Éliane Assassi, présidente du groupe CRCE au Sénat et sénatrice de Seine-Saint-Denis, l’examen du texte au Sénat sera « l’occasion de montrer que d’autres solutions sont possibles ».

Car, si une réforme du rail est nécessaire pour améliorer le service public, « celle du gouvernement ouvre la voix à la privatisation de l’entreprise publique », note la E. Assassi.

Après avoir déposé une vingtaine d’amendements de suppression lors des discussions en commissions, ce groupe devrait porter en séance publique une centaine d’amendements et présenter une motion de rejet du texte.

« Nous sommes le porte-voix de ce qu’expriment les cheminots », poursuit la sénatrice.

Le groupe a déposé une centaine d’amendements et de motions (en savoir plus)

Eliane Assassi, présidente du groupe communiste, républicain, citoyen, écologiste au Sénat (photo L'Humanité)

Eliane Assassi, présidente du groupe communiste, républicain, citoyen, écologiste au Sénat (photo L'Humanité)

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29 mai 2018 2 29 /05 /mai /2018 07:18
Photo Dominique Resmon 23 mai 2018

Photo Dominique Resmon 23 mai 2018

tribune envoyée à la presse et publiée dans l'Humanité.
La Bretagne dans sa diversité appelle à une autre réforme ferroviaire
Face au projet de loi gouvernemental.
Mardi, 29 Mai, 2018
 

Élus, usagers et syndicalistes de la région Bretagne lancent un appel commun au regard de leurs expériences du terrain et des enjeux d’avenir. 

 

Nous, acteurs régionaux et locaux impliqués dans l’action publique des transports, nous, usagers des services de transport, nous, professionnels, salariés, des entreprises de transport sommes particulièrement attachés aux responsabilités de chacun pour moderniser l’action publique en matière de politique des transports.

 

Les enjeux environnementaux, le droit au transport inscrit dans notre législation, le droit à l’égalité des citoyens comme des territoires, les enjeux industriels et stratégiques, le rôle irremplaçable des services publics sont autant de considérations que nous vivons quotidiennement dans notre région.

 

De fait, la situation très grave que nous connaissons nous conduit en premier lieu à réaffirmer ici que la nécessité de réformer le système ferroviaire devrait d’abord s’appuyer sur des éléments concrets, objectifs, et non se traduire par une mise en cause injustifiée du corps social des cheminots qui entraîne ce vaste mouvement. Il n’est en effet pas acceptable de livrer à la vindicte populaire les cheminots et de les mettre en cause, en laissant entendre notamment qu’il y aurait un lien entre les problèmes que connaît la SNCF et leur statut social. Ce jeu pernicieux et irresponsable, qui a fait fleurir les caricatures les plus grossières du « cheminot nanti », alimente les pires populismes, dont les conséquences pourraient être particulièrement graves.

 

De surcroît, ce n’est pas honnête car, s’il est vrai que la dette de la SNCF est le problème majeur, rien n’est pour l’instant engagé pour la résorber et ce problème était déjà la cause de la création de la SNCF, en 1938, année où le déficit cumulé des cinq compagnies ferroviaires privées (qui assuraient à l’époque le ferroviaire en France) représentait déjà un montant cumulé de 37 milliards de francs.

À l’opposé de ces appréciations, la région Bretagne, ses collectivités, comme nombre d’usagers, se félicitent du professionnalisme des cheminot-e-s et de leur engagement quotidien car c’est ce travail concret qui permet de hisser la région au premier rang national des performances du TER et du transport ferroviaire des voyageurs.

 

Cela se vérifie au quotidien malgré des efforts continus de leur part et qui conduit l’entreprise publique SNCF à continuellement se réorganiser. Des évolutions dont les finalités (croissance externe du groupe, stratégie de filialisation du fret ferroviaire, externalisation, utilisation des fonds publics, etc.) doivent nous interroger !

 

Dire que les dérives financières ou les prix trop élevés du train sont imputables aux cheminots et à leurs conditions sociales ne résiste pas un instant à l’argumentation rationnelle. Depuis 2004, 2 000 emplois sont supprimés chaque année à la SNCF. Le taux de productivité des cheminots durant cette période a augmenté de 3,2 % contre 1,9 % pour l’ensemble de l’économie.

 

Mais la SNCF porte aussi de beaux exemples de réussite ! Pour ne prendre que le seul exemple de la Bretagne, où il reste aussi beaucoup de progrès à faire, les chiffres sont éloquents ! La région a beaucoup investi dans l’acquisition de trains neufs (530 millions d’euros), dans la rénovation des lignes, des gares, haltes ferroviaires et points d’arrêts. La fréquentation a été multipliée par 2 en quatorze ans et la subvention moyenne par voyage a baissé dans le même temps de 49 % ! Cela prouve bien que le développement, avec des cheminots à statut, du service public peut être vertueux, y compris pour la dépense publique elle-même. Avec un taux de régularité des trains en moyenne à 95 %, la démonstration est apportée du savoir-faire des cheminot-e-s grâce à qui la Bretagne se hisse au premier rang des régions de France en matière de fiabilité.

 

Dans le même temps, une étude bancaire récente (octobre 2017) révèle que le coût moyen annuel du TER par habitant en Bretagne est de 31 euros quand il est en moyenne à 57 euros au plan national. Ce résultat illustre bien les avantages de la mutualisation dans l’organisation des transports ferroviaires en région !

 

Ce nouveau service mutualisé, augmentant l’offre ferroviaire en région de 20 % depuis le 1er juillet 2017, se solde également par des résultats spectaculaires en termes de croissance du trafic (+ 18 % pour les TGV et + 9 % pour les TER).

La solidarité nationale est aussi menacée par l’ouverture annoncée à la concurrence. En effet, cela conduira la SNCF et les nouveaux entrants à se positionner sur les lignes les plus rentables. Ainsi, certains territoires pourraient être exclus de dessertes ferroviaires nationales dès lors que ne joueraient plus que les mécanismes adossés à la rentabilité des marchés. Il faut donc réinventer les principes de la solidarité nationale et territoriale et réinterroger le bon périmètre de son exercice pour garantir à chaque territoire les moyens de son développement.

 

Ainsi, s’agissant de la région Bretagne, au moment de l’ouverture à la concurrence pour le TGV, les opérateurs de transport feront leurs offres sur le segment le plus rentable, c’est-à-dire entre Paris et Rennes. Quand la concurrence s’exacerbera entre Paris et Rennes, restera-t-il encore un opérateur pour assurer la desserte TGV jusqu’à Brest et Quimper, beaucoup moins rentable ? La réponse est hélas connue : la desserte de la pointe bretonne ne pourra être garantie que par le service public et les moyens financiers s’y rapportant. C’est tout le contraire du combat mené pendant des décennies pour atteindre l’objectif de mettre la Bretagne à trois heures de Paris.

 

En déclarant que les petites lignes seraient maintenues, Monsieur le premier ministre s’est bien gardé de nous dire comment.

En effet, aujourd’hui, dans le cadre du contrat de performance qui la lie à l’État, la SNCF finance à hauteur de 7 % à 8,5 % la remise en état des lignes capillaires du réseau ! Ceci revient à dire que les collectivités, au premier rang desquelles les régions, financent déjà la part essentielle de ces investissements (entre 40 % et 50 % en Bretagne). C’est ce qui a permis, en Bretagne, la réalisation de travaux importants sur les axes Quimper-Brest, Plouaret-Lannion, Carhaix-Guingamp-Paimpol et c’est ce qui permet de mettre en perspective la remise à neuf des axes Rennes-Chateaubriant, Dol-Dinan-Lamballe, etc. Si l’État et la SNCF venaient à se désengager, comme suggéré dans un certain nombre de rapports, ces axes seraient condamnés à la fermeture.

 

Ainsi, à l’heure où sont engagés les travaux de réforme du ferroviaire par le gouvernement, il est impératif de créer les conditions d’une appropriation pleine et entière des acteurs du mode ferroviaire et des enjeux d’intermodalité. C’est par l’affirmation de processus démocratiques qui incluent les élu-e-s de la République, les usagers, leurs associations, les salarié-e-s et leurs représentants que nous pourrons avancer dans l’esprit d’un réel dialogue autour des réalités et besoins de notre pays.

 

Cela passe nécessairement par une redéfinition des moyens au travers d’une fiscalité réhabilitée à la hauteur des enjeux posés. Les propositions autour de l’extension du versement transport, le niveau de TVA (retour à 5,5 % contre 10 %), comme la contribution nécessaire des concessionnaires privés (autoroutes, PPP, etc.) à la promotion d’un service public ferroviaire, répondant aux besoins de transport, tant de marchandises que de voyageurs, nationaux qu’aux enjeux environnementaux, doivent être entendus.

En laissant chaque citoyenne et chaque citoyen libre de son appréciation sur un mouvement qui appartient en propre aux cheminots eux-mêmes, nous, signataires de cette tribune, ne ménageons aucun effort pour continuer à porter quotidiennement avec confiance une grande ambition publique, solidairement avec les cheminotes et les cheminots.

 

C’est pourquoi nous exigeons une autre réforme pour que d’autres choix puissent trouver une issue favorable dans le cadre d’une démarche de dialogues et de négociations impliquant tous les acteurs du ferroviaire.

 

Signer l'appel

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La liste des premiers signataires :

A.C.C.R.E.T (Association Citoyenne Châteaubriant Rennes En Train)

Collectif Fougères Rennes En Train (CGT – FSU – CNL – Bretagne Ecologie – FI, Passiflore)

AUDIC Stéphane Conseiller municipal de Roscoff (Gauche Unie)

BELLEC Claude Conseillère municipale déléguée (PCF) de Brest

BENMAKHLOUF Khaled Conseiller municipal de Fougères

BERROCHE Eric Président du Groupe Communiste et Progressiste au Conseil Régional de Bretagne, adjoint au Maire de Rennes

BONNIN Philipe Maire de Chartres de Bretagne, Conseiller départemental Ille et Vilaine

BROUDIC Françoise conseillère municipale de Plérin, conseillère communautaire agglo St Brieuc

BUI Gwenegan Conseiller régional Bretagne (PS)

CADIOU Gaby Conseillère régionale (PCF), adjointe au Maire de Plouaret

CHERBIT Alain secrétaire régional Bretagne UNSA Ferroviaire

CUEFF Daniel Maire de Langouët

DAVID Jean-Claude Conseiller municipal de Plourin-les-Morlaix

DEMOLDER Michel Adjoint au maire de Pont-Péan

DESBROUSSES Jérôme Conseiller municipal délégué de Chevaigné

DUPONT Ismaël Conseiller municipal et communautaire (PCF) de Morlaix

ECH-CHEKHCHAKHI Moulay Hamid Conseiller municipal délégué à la réussite éducative, membre du Groupe Ecologiste

ETIEMBLE Fernand Adjoint (PCF) au maire de St Jacques de la Lande

FLAGEUL Didier Adjoint au maire de Plérin

FAUCHEUX Valérie Conseillère municipale de Rennes (Gauche sociale et écologiste)

GARNIER Jean-François Adjoint au maire de Fougères, délégué aux transports

GAUDIN Jean Luc Maire de Pont-Péan (35), Vice-Président Aménagement Rennes Métropole

GOATER Jean-Marie Adjoint à la mairie de Rennes (EELV)

GOUEDARD Hervé Conseiller municipal (PS) de Morlaix

GUELLEC Eric Conseiller municipal (PCF) de Brest, Vice-président de Brest Métropole

GUILLEMOT Matthieu Conseiller municipal (NPA) de Carhaix, Conseiller communautaire de Poher Communauté

HAMON Laurent Conseiller municipal de Rennes, délégué au numérique, Conseiller métropolitain de Rennes Métropole

HERE Jacqueline Maire-adjointe (PCF) de Brest

HERE Roger Conseiller municipal(PCF) de Plouigneau

JUMEAU Philippe, conseiller municipal (PCF) de Lanester

LAFAYE Elsa Conseillère municipale de Fougères

LAHELLEC Gérard Vice-Président du Conseil Régional de Bretagne chargé des transports et de la mobilité

LAGARGASSON Yannick Conseiller municipal de Rennes

LATREILLE André Conseiller municipal délégué Le Rheu

LE CAM Yannick Conseiller municipal et communautaire de St Brieuc

LE FESSANT Thierry Conseiller municipal (PCF) – Plérin (22)

LE GALL Mireille Secrétaire régionale du syndicat CFDT cheminots de Bretagne

LE GENTIL Morvan Président du groupe écologistes et citoyen.ne.s de Rennes Métropole

LELIEU Florence Conseillère municipale (PCF) de Ploumiliau

LE LORC’H Jean-Michel Conseiller municipal délégué (PCF) de Brest

MAZELIN Isabelle Adjointe (PCF) au maire de Relecq Kerhuon

MESCAM Bernard Adjoint au maire de Retiers

MISSIR Stéphanie Conseillère municipale et communautaire de Dinan

NADEZAN Yannick Conseiller Municipal (PCF) de Rennes

NIOCHE Robert Conseiller consultatif (PCF) de Kernével

NIOCHE Françoise Conseillère municipale (FdG) de Rosporden

NOLL Sarah Conseillère municipale et communautaire (Coopérative Citoyenne) de Morlaix

PEREIRA Véronique Maire du Cloître St Thégonnec

PRUNAUD Christine Sénatrice (CRC), Conseillère municipale de Lamballe

RAINERO Piero Conseiller municipal (PCF) de Quimper

RANNOU Jacques Maire délégué (PCF) de Fernevel, Conseiller communautaire de Concarneau Cornouaille Agglomération

RICHARD Anita Conseillère municipale (PCF) de Rosporden Kernevel

ROULAND Pascal Conseiller municipal de Fougères

SCHEUER Alexandre Conseiller municipal de Lanester (FI)

SCATTOLIN Valérie Conseillère municipale(FdG) de Morlaix

THOMAS Claire Conseillère municipale PS de Morlaix 

TIZON Yannick secrétaire général secteur CGT des cheminots de Bretagne

TOURENNE Jean-Louis sénateur (PS) d’Ille et Vilaine

TUAL Jean-Paul Conseiller municipal de Rennes

VEANTIN Cyrille Secrétaire régional Bretagne SUD Rail

VERMOT Jean-Paul Conseiller départemental PS du Finistère (Morlaix)

VIGOUROUX Gaëlle Conseillère régionale (PCF) et Vice-Présidente du Parc Naturel Régional d’Armorique

 

 

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29 mai 2018 2 29 /05 /mai /2018 06:50
Marée Populaire du 26 mai - Les Absents n'étaient pas contre! - Par Monique David

LES ABSENTS N’ETAIENT PAS CONTRE !


« 250 personnes à la Manif »* dit la presse, pour défendre l’hôpital, la SNCF, les migrants, les étudiants, la poste, tout ce qui est touché par le gouvernement de Macron. Mais, combien auraient voulu faire partie de cette manif. !? Beaucoup. Oui, car malheureusement, les seniors touchés par ces mesures « macronistes » auraient aimé le faire savoir au gouvernement, mais pour Morlaix, le tracé de la manif était assez difficile. Mais leur cœur était avec les manifestants.
L’Hôpital est primordial pour eux, on le comprend, ils ne sont pas réjouis devoir partir à Brest ( ou autre part) pour se faire soigner. Non seulement il faut avoir le temps d’y arriver mais en plus, ils se coupent un peu plus de leur famille, dont ils ont bien besoin (c’est la galère pour trouver une place de parking à Brest d’après les dires des familles).
Et là aussi, c’est curieux, on les incite à prendre leur voiture (donc pollution) car on touche à la SNCF. On voit « fleurir » de plus en plus les cars privés (Bizarre !) On nous « bassine » avec la pollution et on remet de plus en plus de voitures, cars, sur les routes !
On pourrait continuer à faire le détail de tout ce qui ne va pas. La poste, où on leur demande de faire plus, sans gagner plus ! L’hôpital, même topo, où les soignants n’en peuvent plus mais c’est de l’humain qu’ils ont entre leurs mains, alors !!! ? , on continue.
Les étudiants, très inquiets, la vie est en suspens…  vont-ils trouver des places !!! Les migrants, très, très vaste et profonde question.
Alors ! Que fait-on ? Restons-nous dans nos  « charentaises » ou nous bougeons-nous ! ?
                                                                                                                     Monique DAVID

* 300 en réalité

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28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 07:37
Photo Dominique Resmon - AG des Cheminots finistériens et bretons (intersyndicale) Morlaix 23 mai 2018

Photo Dominique Resmon - AG des Cheminots finistériens et bretons (intersyndicale) Morlaix 23 mai 2018

La Bretagne dans sa diversité appelle à une autre réforme ferroviaire. 
 
Nous, acteurs régionaux et locaux impliqués dans l’action publique des transports, nous usagers des services de transports, nous professionnels, salariés, des entreprises de transports sommes particulièrement attachés aux responsabilités de chacun pour moderniser l’action publique en matière de politique de transports. 
 
Les enjeux environnementaux, le droit au transport inscrit dans notre législation, le droit à l’égalité des citoyens comme des territoires, les enjeux industriels et stratégiques, le rôle irremplaçable des services publics sont autant de considérations que nous vivons quotidiennement dans notre région. 
 
De fait, la situation très grave que nous connaissons nous conduit en premier lieu à réaffirmer ici que la nécessité de réformer le système ferroviaire devrait d'abord s'appuyer sur des éléments concrets objectifs et non se traduire par une mise en cause injustifiée du corps social des cheminots qui entraîne ce vaste mouvement. 
 
Il n'est en effet pas acceptable de livrer à la vindicte populaire les cheminots et de les mettre en cause, en laissant entendre notamment qu'il y aurait un lien entre problèmes que connaît la SNCF et leur statut social. 
 
Ce jeu pernicieux et irresponsable qui a fait fleurir les caricatures les plus grossières du « cheminot nanti » alimente les pires populismes dont les conséquences pourraient être particulièrement graves. 
 
De surcroît, ce n'est pas honnête car s'il est vrai que la dette de la SNCF est le problème majeur, rien n'est pour l'instant engagé pour la résorber et ce problème était déjà la cause de la création de la SNCF en 1938, année où le déficit cumulé des 5 compagnies ferroviaires privées (qui assuraient à l'époque le ferroviaire en France) représentait déjà un montant cumulé de 37 Milliards de Francs. 
 
A l'opposé de ces appréciations, la région Bretagne, ses collectivités, comme nombre d’usagers, se félicitent du professionnalisme des cheminot-e-s et de leur engagement quotidien car c'est ce travail concret qui permet de hisser la région au premier rang national des performances du TER et du transport ferroviaire des voyageurs. 
 
Cela se vérifie au quotidien malgré des efforts continus de leur part et qui conduit l’entreprise publique SNCF à continuellement se réorganiser. Des évolutions dont les finalités (croissance externe du groupe, stratégie de filialisation du Fret ferroviaire, externalisation, utilisation des fonds publics, etc.), doivent nous interroger ! Dire que les dérives financières ou les prix trop élevés du train sont imputables aux cheminots et à leurs conditions sociales ne résiste pas un instant à l'argumentation rationnelle.
 
Depuis 2004, 2000 emplois sont supprimés chaque année à la SNCF. Le taux de productivité des cheminots durant cette période a augmenté de 3,2% contre 1,9% pour l'ensemble de l'économie. Mais la SNCF porte aussi de beaux exemples de réussites ! 
 
Pour ne prendre que le seul exemple de la Bretagne, où il reste aussi beaucoup de progrès à faire, les chiffres sont éloquents ! La région a beaucoup investi dans l'acquisition de trains neufs (530M€), dans la rénovation des lignes, des gares, haltes ferroviaires et points d'arrêts. 
 
La fréquentation a été multipliée par 2 en quatorze ans et la subvention moyenne par voyage a baissé dans le même temps de 49% !
 
Cela prouve bien que le développement, avec des cheminots à statut, du service public peut être vertueux, y compris pour la dépense publique elle-même.
 
Avec un taux de régularité des trains en moyenne à 95%, la démonstration est apportée du savoir-faire des cheminot-e-s grâce à qui la Bretagne se hisse au premier rang des régions de France en matière de fiabilité.
 
Dans le même temps une étude bancaire récente (octobre 2017) révèle que le coût moyen annuel du TER par habitant en Bretagne est de 31€ quand il est en moyenne à 57€ au plan national. Ce résultat illustre bien les avantages de la mutualisation dans l'organisation des transports ferroviaires en région ! 
 
Ce nouveau service mutualisé, augmentant l'offre ferroviaire en région de 20% depuis le 1 er juillet 2017, se solde également par des résultats spectaculaires en termes de croissance du trafic (+18%TGV et +9%TER). La solidarité nationale est aussi menacée par l’ouverture annoncée à la concurrence. En effet, ceci conduira la SNCF et les nouveaux entrants à se positionner sur les lignes les plus rentables. 
 
Ainsi certains territoires pourraient être exclus de desserte ferroviaire nationale dès lors que ne joueraient plus que les mécanismes adossés à la rentabilité des marchés. Il faut donc réinventer les principes de la solidarité nationale et territoriale et réinterroger le bon périmètre de son exercice pour garantir à chaque territoire les moyens de son développement.
 
Ainsi, s'agissant de la région Bretagne, au moment de l'ouverture à la concurrence pour le TGV, les opérateurs de transports feront leurs offres sur le segment le plus rentable, c'est à dire entre Paris et Rennes. Quand la concurrence s'exacerbera entre Paris et Rennes, restera-t-il encore un opérateur pour assurer la desserte TGV jusqu'à Brest et Quimper, beaucoup moins rentable?
 
La réponse est hélas connue : la desserte de la pointe Bretonne ne pourra être garantie que par le service public et les moyens financiers s'y rapportant. C'est tout le contraire du combat mené pendant des décennies pour atteindre l'objectif de mettre la Bretagne à 3 heures de Paris.
 
En déclarant que les petites lignes seraient maintenues, Monsieur le premier ministre s'est bien gardé de nous dire comment. En effet, aujourd'hui, dans le cadre du contrat de performance qui la lie à l’État, la SNCF finance à hauteur de 7% à 8,5% la remise en état des lignes capillaires du réseau ! Ceci revient à dire que les collectivités, au premier rang desquelles les régions, financent déjà la part essentielle de ces investissements (entre 40 et 50% en Bretagne). 
 
C'est ce qui a permis en Bretagne la réalisation de travaux importants sur les axes Quimper-Brest, Plouaret-Lannion, CarhaixGuingamp-Paimpol) et c'est ce qui permet de mettre en perspective la remise à neuf des axes RennesChateaubriant, Dol-Dinan-Lamballe...etc.
 
Si l’État et la SNCF venaient à se désengager, comme suggéré dans un certain nombre de rapports, ces axes seraient condamnés à la fermeture. Ainsi, à l’heure où sont engagés les travaux de réforme du ferroviaire par le gouvernement, il est impératif de créer les conditions d’une appropriation pleine et entière des acteurs du mode ferroviaire et des enjeux d’intermodalité.
 
C’est par l’affirmation de processus démocratique qui inclut les élu-es de la République, les usagers, leurs associations, les salarié-e-s et leurs représentants que nous pourrons avancer dans l’esprit d’un réel dialogue autour des réalités et besoins de notre pays. Cela passe nécessairement par une redéfinition des moyens au travers d’une fiscalité réhabilitée à la hauteur des enjeux posés.
 
Les propositions autour de l’extension du versement transport, le niveau de TVA (retour à 5,5% contre 10%), comme la contribution nécessaire des concessionnaires privés (autoroutes, PPP, etc…) à la promotion d’un service public ferroviaire, répondant aux besoins de transport tant marchandise que voyageurs nationaux, qu’aux enjeux environnementaux doivent être entendus. 
 
En laissant chaque citoyenne et chaque citoyen libre de son appréciation sur un mouvement qui appartient en propre aux cheminots eux-mêmes, nous, signataires de cette tribune ne ménageons aucun effort pour continuer à porter quotidiennement avec confiance une grande ambition publique, solidairement avec les cheminotes et les cheminots. C’est pourquoi nous exigeons une autre réforme pour que d’autres choix puissent trouver une issue favorable dans le cadre d’une démarche de dialogues et de négociations impliquant tous les acteurs du ferroviaire. 
La Bretagne dans sa diversité appelle à une autre réforme du ferroviaire -   Intersyndicale cheminots Bretagne, élus bretons: une tribune-pétition pour une autre réforme du ferroviaire!
Nous avons eu hier des contacts avec la CGT Cheminots Bretagne pour nous demander de signer et faire signer cette tribune-pétition validée par l'intersyndicale des cheminots qui sera signée par les secrétaires des organisations syndicales de Cheminots en Bretagne, et de nombreux élus municipaux, départementaux, régionaux de la région Bretagne en soutien au service public ferroviaire face aux projets de Macron partant de l'exemple breton, tribune initiée par la CGT Cheminots Bretagne et qui doit être déposée avant le débat au Sénat le 29 mai sur le projet de Macron sur la SNCF.  
 
Nous comptons sur votre soutien pour le mouvement des cheminots et la défense public ferroviaire. 
 
Si, en tant qu'élu, vous souhaitez signer, vous pouvez m'adressez un mail à : dupont.ismael@yahoo.fr pour que je les transmette à la CGT Cheminots
 ou directement à un responsable de la CGT Cheminots sur Rennes: dallois.cyril@gmail.com
 
Ismaël Dupont (élu PCF-Front de Gauche à Morlaix et Morlaix-Communauté) 
 
Voici les premiers signataires de cette tribune parmi les élus auxquels nous l'avons transmise de notre côté pour collecter les signatures pour l'intersyndicale des Cheminots Bretagne: 
 
Stephane Audic Conseiller municipal - Roscoff d'une gauche unie qui n'existe pas encore 
 
Claude Bellec conseillère municipale déléguée PCF à Brest 
 
Gwenegan Bui conseiller régional Parti Socialiste 
 
Jean-Claude David conseiller municipal à Plourin-les-Morlaix
 
Ismaël Dupont conseiller municipal et communautaire PCF Morlaix 
 
Hervé Gouédard conseiller municipal PS à Morlaix
 
Eric Guellec, conseiller municipal de Brest, vice-président de Brest Métropole, PCF
 
Matthieu Guillemot NPA conseiller municipal à Carhaix et conseiller communautaire de Poher Communauté
 
Jacqueline Héré Maire-ajointe PCF à Brest
 
Roger Héré conseiller municipal PCF à Plouigneau 
 
Philippe Jumeau élu PCF-Front de Gauche à Lanester
 
Florence Lelieu conseillère municipale PCF à Ploumiliau
 
Jean-Michel Le Lorc'h Conseiller municipal délégué PCF de Brest 
 
Isabelle Mazelin adjointe au maire PCF au Relecq Kerhuon
 
Françoise Nioche PCF-Front de Gauche, conseillère municipale Rosporden
 
Robert Nioche Conseiller consultatif PCF de Kernével 
 
Sarah Noll conseillère municipale et communautaire Coopérative citoyenne Morlaix
 
Véronique Péreira, maire du Cloître St Thégonnec
 
Piero Rainero Conseiller municipal PCF de Quimper 
 
Jacques Rannou - PCF - Maire-Délégué de Kernevel (29) - Conseiller communautaire de Concarneau Cornouaille Agglomération 
 
Anita Richard conseillère municipale PCF de Rosporden Kernevel 
 
Valérie Scattolin Conseillère municipale Front de Gauche à Morlaix
 
Jean-Paul Vermot, conseiller départemental PS du Finistère - Morlaix
 
Pour une sortie demain, l'intersyndicale des Cheminots Bretagne vient de communiquer à la presse la tribune et les premiers signataires.
 
A compter de maintenant la tribune peut être soutenue sur le lien suivant:
 
 
Elle sera reprise dans l'Humanité du mardi 29 mai.
 
 
 
 
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27 mai 2018 7 27 /05 /mai /2018 19:40
De la combativité
 
Mobilisations anti-Macron du samedi 26 mai: quand le mépris de classe va jusqu'à nier la réalité d'une belle mobilisation, partout dans les médias et ailleurs...
 
Curieux, à quel point les moments de combativité collective suscitent la haine, quitte à oublier la réalité objective en la noyant dans des considérations d’apothicaire. Que les thuriféraires des politiques macroniennes et de la casse des services publics se rassurent à bon compte: même les participants aux rassemblements du 26 mai auraient évidemment souhaité être encore plus nombreux dans les rues pour combattre la destruction de notre civilisation sociale. Mais quand même, soyons sérieux! Entre 250 000 et 300 000 personnes ont défilé, samedi, avec au cœur et à l’esprit une identique pugnacité. Est-ce une raison pour qualifier d’«échec» cette mobilisation, importante et presque historique en raison de son périmètre élargi, à savoir plus de soixante organisations politiques, syndicales et associatives, unies toutes ensemble dans le respect des uns et des autres? Plusieurs centaines de milliers de manifestants, cela ne compte donc plus, dans ce pays, qu’il faille écouter toute la médiacratie rabâcher leurs commentaires de classe sur ce «peuple de la rue» qui ose, oui, qui ose encore se dresser pour dire «non» à la société promise par le chef de l’État, alors même que des conflits sociaux fondamentaux pour notre à-venir continuent d’agiter la France… et l’opinion. 

Nous avons assez écrit, ici, que les combats sociaux en cours relevaient d’un enjeu politico-culturel (au sens gramscien du terme), pour ne pas répéter que, en effet, la bataille de l’opinion reste essentielle. Personne ne peut prédire ce qu’il se passera dans les toutes prochaines semaines, en particulier du côté des cheminots. Toutefois, certains feraient bien se méfier de leur orgueil mal placé. Ainsi en est-il d’Édouard Philippe, de plus en plus «droit dans ses bottes». Dans un entretien au JDD, celui-ci rappelle que, sur le fond de la réforme concernant la SNCF, il n’entend rien lâcher, ni sur l’ouverture à la concurrence, ni sur le statut, ni sur la transformation de l’entreprise. La loi votée «s’appliquera», affirme-t-il. Savez-vous pourquoi il le prétend de la sorte? La réponse vient d’un conseiller de l’Élysée qui, anonymement, déclare: «Le président pense avoir convaincu les Français. (…) Cette bataille est gagnée.»Vous ne rêvez pas… La morgue additionnée au mépris offrent toujours de la médiocrité. Les citoyens savent à quoi s’attendre. Ils savent aussi, surtout, que l’affaire n’est pas finie! 
 
[EDITORIAL publié dans l'Humanité du 28 mai 2018.]
De la combativité - éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l'Humanité du 28 mai 2018
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26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 07:40
De nombreux secteurs ont commencé à tenter d’ouvrir la brèche par leur mobilisation ces derniè res semaines. Boris Horvat / AFP

De nombreux secteurs ont commencé à tenter d’ouvrir la brèche par leur mobilisation ces derniè res semaines. Boris Horvat / AFP

26 mai. « Pour forcer Macron à écouter, il faut taper plus fort »
MARION D’ALLARD, OLIVIER CHARTRAIN, SÉBASTIEN CRÉPEL, SYLVIE DUCATTEAU, MAËL DUCHEMIN, JULIA HAMLAOUI, KAREEN JANSELME ET LOLA RUSCIO
VENDREDI, 25 MAI, 2018
L'HUMANITÉ
De nombreux secteurs ont commencé à tenter d’ouvrir la brèche par leur mobilisation ces derniè res semaines. Boris Horvat / AFP
 

Syndicats, partis de gauche, associations ont lancé un appel inédit à se mobiliser, samedi. Salariés en lutte, étudiants et simples citoyens, beaucoup espèrent qu’une « marée populaire » déferle dans les rues.

Samedi, Fabienne a rendez-vous à la gare de l’Est, à Paris. Pas pour partir en week-end profiter du soleil de cette fin de printemps. Avec son « ras-le-bol absolu » pour tout bagage, cette ex-militante socialiste prendra la direction de la place de la Bastille. « Enfin ! soupire-t-elle, comme soulagée. Seul le nombre pourra faire bouger les choses. » Comme elle, des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes attendent que la « marée populaire » espérée déferle dans les rues du pays ce 26 mai. Plus de quatre-vingts manifestations sont prévues, à l’appel d’un vaste collectif d’organisations. Syndicats, partis politiques de gauche, associations ont lancé un appel inédit à descendre dans la rue pour répondre à l’offensive tous azimuts d’Emmanuel Macron et de son gouvernement. « La multiplication des mesures prises avec brutalité sur tous les fronts a un objectif, celui de créer un effet de sidération et espérer ainsi empêcher toute riposte, écrivent-ils. (…) Ce coup de force peut échouer », si « les mobilisations (qui) se multiplient dans le pays » ne restent pas « isolées » mais que toutes se rassemblent pour donner naissance à une « marée populaire ».

« ça suffit maintenant »

« Il faut réussir à établir un rapport de forces qui dise (au gouvernement) “ça suffit maintenant” », résume Michel, posté au métro Laumière, à Paris, avec deux de ses camarades communistes, appels au 26 mai en main. Y parvenir n’est cependant « pas de la tarte » : « Les gens s’engagent s’ils pensent qu’il y a quelque chose au bout qui permette vraiment de s’en sortir », pense-t-il. Parmi ceux à qui il tend ses tracts, il estime que beaucoup sont à « un point d’équilibre. Ils hésitent : est-ce qu’on continue à attendre ou est-ce qu’on fait le saut ? ». C’est justement le cas de Claudia. Malgré son « dégoût » de la situation – fonctionnaire en catégorie C, son salaire est gelé depuis longtemps et finir le mois « devient impossible » – elle a « l’impression que les gens se mobilisent mais qu’on ne les entend pas ». « Pour forcer le gouvernement à écouter, il faudrait taper plus fort », dit-elle. Originaire de Guadeloupe, elle prend l’exemple du mouvement social de 2009 sur l’île qui avait « tout bloqué ». Paul est étudiant, lui aussi est un peu désabusé mais il garde un petit espoir cependant : « J’encourage les gens qui en ont la force à se mobiliser, quand je verrai qu’il y a une fissure, je serai peut-être de ceux-là. »

« Les colères peuvent s’agréger »

De nombreux secteurs ont commencé à tenter d’ouvrir la brèche par leur mobilisation ces dernières semaines. Les cheminots sont de ceux-là, et beaucoup devraient prendre part, d’une manière ou d’une autre, à la grande marée populaire de samedi. Si les fédérations de cheminots CGT et SUD, dont les maisons mères – la confédération CGT et l’union syndicale Solidaires – font partie des artisans de cette mobilisation, appellent sans retenue leurs syndiqués à défiler, l’affaire est plus complexe pour les cheminots CFDT. « Certains d’entre nous y seront, sans forcément s’afficher comme cédétistes, mais plutôt en tant que citoyens », confie l’un d’eux. En effet, la confédération, arguant de l’indépendance syndicale vis-à-vis des partis politiques, n’a pas appelé à la Marée populaire. Idem du côté de l’Unsa ferroviaire ou de FO, dont les syndiqués auront eux aussi à faire un choix individuel. Sous couvert de l’« autonomie » des structures du syndicat, « nous n’appelons pas à manifester le 26 », explique Roger Dillenseger, secrétaire général de l’Unsa ferroviaire. Toutefois, poursuit-il, « ce ne serait pas étonnant du tout que beaucoup d’entre nous y soient quand même ». Pour Romuald Ternisien, secrétaire CGT aux ateliers du Landy à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), peu importent finalement les organisations derrière l’appel à mobilisation, « l’important, c’est de manifester main dans la main avec les salariés et de prouver à ce gouvernement que les colères peuvent s’agréger. Ce sera l’occasion d’une convergence avec les salariés en lutte, du privé comme du public ».

Air France, McDonald’s, Carrefour… le privé ne devrait d’ailleurs pas faire pâle figure dans les cortèges. La CGT Air France appelle à manifester ce samedi aux côtés des organisations syndicales et politiques. « On participe à toutes les mobilisations pour essayer d’en finir avec cette politique ultralibérale », explique Karine Monsegu, co-secrétaire générale du syndicat de l’ex-compagnie publique, dont les salariés ont désavoué le patron lors d’un retentissant référendum d’entreprise. Et ont inspiré leurs camarades cheminots, qui se sont prononcés à 95 % de votants contre la réforme ferroviaire du gouvernement. De quoi doper le moral de ceux qui luttent malgré des rapports de forces défavorables. « On a toujours été de toutes les manifestations parce que les salariés prennent de plein fouet le système ultralibéral de McDonald’s », estime ainsi Gilles Bombard, secrétaire général CGT de la chaîne de restauration rapide en Île-de-France. La manifestation régionale partira au pied du restaurant de la gare de l’Est. Ses employés en grève pour les salaires et les droits syndicaux se joindront au cortège. Même si le mélange des étiquettes syndicales et politiques rend certains méfiants. « J’aurais préféré l’exclusivité syndicale, ou alors une plus ample participation des partis. Mais le commerce CGT sera là car il s’agit d’un même combat contre toutes les attaques du gouvernement : les ordonnances travail, la privatisation de la SNCF, la volonté de s’en prendre au statut des fonctionnaires », explique Isabelle Raset, employée chez Carrefour et déléguée syndicale de son hypermarché, qui se bat contre une direction qui vient d’annoncer la fermeture de 227 magasins avec 2 000 emplois menacés.

Tout a été pourtant fait pour que le risque de la récupération qui avait un peu gâché le 5 mai la Fête à Macron soit contenu au maximum. « Il y a eu beaucoup d’initiatives unilatérales, commente Willy Pelletier, responsable de la Fondation Copernic, en charge, avec Attac, de coordonner le dispositif unitaire. Celle-ci n’est ni unilatérale ni, comme certains médias le laissent penser, bilatérale (entre la CGT et la France insoumise – NDLR). C’est une initiative multilatérale, où des forces très diverses dans leur champ d’intervention se mettent en commun. Personne ne va monopoliser ce cadre. » Du côté des militants politiques, on s’emploie à convaincre les sceptiques. Syndicats, partis, associations, « l’objectif est le même pour tous : obtenir la satisfaction des besoins sociaux », plaide Nicolas, de la FI, tract en main à la sortie du métro Crimée. Le militant parisien espère « un front unique, populaire, pour dire aux gens qu’ils ne sont pas seuls ». Dans l’arrondissement où il milite, le concept est décliné. Un « collectif de lutte » s’est monté en vue du 5 mai et a perduré pour le 26. Sergio Tinti, élu local du PCF, va plus loin : « L’essentiel, samedi, c’est de créer une dynamique. Il faut que chaque citoyen se rende compte que son pouvoir ne se résume pas au vote. Contre la politique antisociale, chacun a quelque chose à faire. »

« Le premier pas vers une unité »

Étudiant en histoire à Nanterre et militant à l’Unef qui se bat depuis des semaines contre la loi ORE (orientation et réussite des étudiants) ou de son avatar et principal instrument, la plateforme Parcoursup, Barthélémy Piron fait partie de ceux qui jugent « positif que les associations, les syndicats, les partis politiques se retrouvent dans la rue, tous ensemble. C’est juste dommage qu’il n’y ait pas un appel à la grève en même temps, car il y a aussi des salariés qui travaillent le samedi, et là ils ne pourront pas venir ». À cette réserve près, il voit cette marée populaire comme un point de départ, « le premier pas d’une unité qui se construit, un signal pour qu’on arrête de lutter chacun dans notre coin. On ne gagnera pas contre Macron juste avec ça, mais on peut montrer que la colère sociale existe et qu’elle s’exprime ». 

Des manifestations prévues dans toute la france

Samedi, des rassemblements festifs et des manifestations auront lieu dans toute la France. Cela commencera dès 10 heures à Bayonne, place de la Mairie ; à Perpignan, devant la gare, et à Orléans, devant la préfecture, comme à la bourse du travail de Narbonne. À 10 h 30, le cortège d’Avignon partira de la gare centrale et celui de Montpellier se rassemblera place du Peyrou. À Lyon, les organisateurs de la Marée populaire ont choisi d’inviter à un grand rassemblement festif et revendicatif à partir de 11 heures sur les berges du Rhône, au niveau du pont de la Guillotière, dans le souci de ne pas faire concurrence à la manifestation antifasciste, prévue de longue date, qui partira à 14 h 30 de la place des Terreaux. De nombreux rassemblements auront lieu également en début d’après-midi. Les Marseillais se retrouveront à partir de 14 heures à l’angle du Vieux-Port et de la Canebière. Même heure à Toulouse, place Jeanne-d’Arc ; à Rennes, devant la poste au 66, mail François-Mitterrand ; à Strasbourg, place Kléber ; à Nancy, place Dombasle, ou encore à Bordeaux, place Pey-Berland. À Paris, le cortège partira de gare de l’Est à 14 h 30, passera par République et ira jusqu’à Bastille. Les rassemblements à Nice et à Metz auront lieu devant à la gare et, à Lille, sur la place de Paris, à 14 h 30 également. Plus sur mareepopulaire.fr/

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26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 06:46
Monseigneur Gaillot et Marie-Pierre Vieu s'engagent pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah (vendredi 25 mai 2018)

Monseigneur Gaillot et Marie-Pierre Vieu s'engagent pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah (vendredi 25 mai 2018)

Georges Ibrahim Abdellah, militant communiste et anti-colonialiste libanais, emprisonné depuis 1984 et condamné à la prison à perpétuité depuis 1987 en France

Georges Ibrahim Abdellah, militant communiste et anti-colonialiste libanais, emprisonné depuis 1984 et condamné à la prison à perpétuité depuis 1987 en France

Vendredi 25 mai devant la prison de Lannemezan pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Avec Monseigneur Gaillot venu le rencontrer ainsi que les prisonniers basques détenus, et les collectifs locaux.
Abdallah est emprisonné depuis 1984 ce qui est en fait le plus ancien détenu en Europe. « Je tiens parce que je pense aux miens à ma famille. Je tiens parce que je vous vois Gaza et continue à croire au combat des palestiniens » a-t-il dit à son visiteur.
Aujourd’hui Abdallah est libérable, il faut faire œuvre de justice et que le gouvernement français œuvre à sa liberté. La question des droits de l’homme ne peut être seconde surtout quand on se retrouve face à l’ Amérique de Trump. 
#Solidarité
Pour ma part je vais continuer à partir ce combat au Parlement Européen.

Marie-Pierre Vieu 

 

Georges Ibrahim Abdallah, né le 2 avril 1951 à Al Qoubaiyat au Liban, proche de Georges Habache, le leader du FPLP, militant communiste libanais, entamera le 24 octobre sa 35 ème année dans les prisons fran­çaises. Empri­sonné depuis 1984, il a été condamné à la réclusion à per­pé­tuité en 1987, à la suite d’une mani­pu­lation des ser­vices français l’impliquant pour son enga­gement au sein des Forces Armées Révo­lu­tion­naires Liba­naises dans des faits pos­té­rieurs à sa détention.

Ayant effectué la totalité de sa peine de sûreté, il est libérable depuis 1999.

Après plu­sieurs rejets de ses demandes de libé­ration, il a obtenu le 21 novembre 2012 un avis favo­rable à sa demande de libé­ration, assorti d’une inter­diction de séjour sur le ter­ri­toire français. Le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, malgré la demande du Premier ministre libanais, s’était refusé à signer l’arrêté d’expulsion, empê­chant déli­bé­rément sa libération.

Georges Ibrahim Abdallah ne peut être indé­fi­niment maintenu en prison. Il doit être libéré sans délai ni conditions !

 

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25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 16:53
Parcoursup. La folle répression des lycéens du 22 mai (Laurent Mouloud, L'Humanité - 25 mai 2018)
Parcoursup. La folle répression des lycéens du 22 mai
LAURENT MOULOUD
VENDREDI, 25 MAI, 2018
L'HUMANITÉ
Ce jeudi, devant le tribunal de Paris, une centaine de manifestants se sont rassemblés pour dénoncer les gardes à vue. Photo : Alain Jocard/ADP
 

Garde à vue à rallonge, mise en examen... des dizaines d’élèves qui voulaient occuper le lycée Arago ont été réprimés dans des conditions invraisemblables.

«On n’est plus dans un État de droit ! » Pierre ne décolère pas. Sa fille Jeanne, 16 ans, fait partie de la centaine de personnes, dont une quarantaine de mineurs, interpellées mardi soir à Paris, alors qu’elles tentaient d’occuper le lycée Arago pour dénoncer la loi Vidal et Parcoursup. Un coup de filet opéré dans des conditions ahurissantes. Et qui se traduit, depuis deux jours, par une répression invraisemblable.

Tout a débuté après la manifestation des fonctionnaires. Vers 19 heures, des dizaines de jeunes décident de pénétrer dans cet établissement afin d’organiser une AG. Alertés, les CRS débarquent en nombre. Fouilles brutales, palpations, interpellations au hasard… une soixantaine de ces jeunes atterrissent dans les bus de la police, garés sur le parking du commissariat du 19e. « Ma fille y est restée enfermée pendant 5 heures, sans eau, sans accès aux toilettes, ni possibilité de communiquer », raconte Pierre. Tous sont finalement dispatchés dans divers commissariats et placés en garde à vue (GAV) bien après le délai maximal de 4 heures de rétention. Et sans que les parents ne soient informés ! Les GAV vont durer 24 heures, parfois plus. Et seront rudes. Une élève, sous le choc, devra être hospitalisée. « D’autres se sont retrouvés avec des détenus majeurs, dont l’un déféquait à même le sol », assure Pierre. Les motifs d’arrestation, eux, restent flous : « attroupement », « intrusion », « vols », « dégradations »… « En fait de dégradations, il s’agit de chaises renversées, quelques tags sur des tables et une vitre brisée par les CRS qui essayaient de rentrer », témoigne un des lycéens. Lucie Simon, membre d’un collectif d’avocats, se dit « choquée » et évoque « des dossiers vides ».

Las, une vingtaine de ces adolescents ont tout de même été déférés, jeudi, au tribunal de grande instance, en vue d’une mise en examen. Rien de moins. Pierre n’en revient pas : « Le gouvernement exerce une répression féroce car il redoute que les lycéens ne bougent, c’est inadmissible. » De la FSU à la FCPE, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer cette intervention disproportionnée. Nicolas Bonnet-Oulaldj, président du groupe PCF-FG au Conseil de Paris, a interpellé le préfet de police. Pierre, lui, a déjà décidé de monter un « collectif du 22 mai ». Et s’apprête à saisir le Défenseur des droits. Laurent Mouloud

Communiqué de la JC Ille-et-Vilaine: 

30 000 personnes refusé·e·s par Parcoursup, plus de 350 000 autres "en attente", une centaine de lycéen·ne·s raflé·e·s et en garde à vue jusqu'à 48H au lycée Arago, sans même que les familles ne soient prévenues...

Des personnes qui meurent dans les hôpitaux par manque de moyens, des lignes de train qu'on ferme, des services publics qu'on vend au privé.

Et à côté de ça, les profits mirobolants de quelques milliardaires s'envolent.

Ce Samedi 26 Mai, soyons des milliers à Rennes pour nous battre pour l'égalité, la justice, et la solidarité, avec toutes les organisations politiques, syndicales, associatives, unies dans un même combat.

RDV à 14H sur le mail François Mitterrand pour une marée populaire contre Macron et son monde ! 

➡️ https://www.facebook.com/events/642339619445204/

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