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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 07:51
Laurence Cohen, sénatrice communiste, groupe Communiste, Républicain, Citoyen, Ecologiste

Laurence Cohen, sénatrice communiste, groupe Communiste, Républicain, Citoyen, Ecologiste

Le Sénat a refusé mercredi in extremis d'accorder le statut de réfugié aux militants des droits des femmes à l'occasion de l'examen du projet de loi asile-immigration.

Deux amendements identiques avaient été déposés, l'un par le groupe CRCE (à majorité communiste), l'autre par Laurence Rossignol (PS). Mme Rossignol a retiré son amendement au profit de celui du CRCE qui a recueilli autant de voix favorables que de voix défavorables, 166 pour et 166 contre.

L'ensemble du groupe LR a voté contre, à l'exception de Laure Darcos et de Fabienne Keller, ainsi que 19 LREM. Les autres ont été pour.

Le règlement du Sénat prévoit que pour être adopté un amendement doit obtenir une majorité de voix favorables, plus une. L'amendement a donc été rejeté.

"Cet amendement reconnaît le statut de réfugié aux femmes persécutées ou menacées de persécutions dans leur pays, en raison de leur action en faveur des droits des femmes ou du fait de leur refus de se soumettre aux coutumes, normes sociales, pratiques discriminatoires de leur pays ou de leur orientation sexuelle", a plaidé Laurence Cohen (CRCE).

"Les contraintes sociales portent particulièrement sur les femmes: elles sont emprisonnées pour leurs opinions politiques, assassinées pour avoir refusé un mariage, violées pour ne pas être hétérosexuelles", a-t-elle poursuivi.

"Il existe des persécutions qui passent sous les écrans des radars, tant elles sont inscrites dans les coutumes, tant elles font l'objet d'une complaisance coupable", a déclaré Laurence Rossignol. "La France doit protéger les activistes des droits des femmes; comme pour l'avortement, elle doit avoir une position diplomatique claire en leur offrant son soutien".

En revanche, pour le ministre de l'intérieur Gérard Collomb qui n'avait pas pu participer mardi à la première journée du débat, "votre objectif est satisfait par les textes en vigueur, à commencer par la Convention de Genève".

Pour le rapporteur François-Noël Buffet (LR), "l'intention, louable, est satisfaite par le droit en vigueur". "L'action en faveur du droit des femmes peut être reconnue comme une opinion politique au sens de la Convention de Genève et la persécution des femmes en tant qu'appartenant à un groupe social particulier est également prise en compte", a-t-il dit.

"Il y a des pratiques abominables que personne ici ne cautionne et que nous voulons tous combattre", a déclaré le président de la commission des lois Philippe Bas (LR). "Mais encore faut-il démontrer la nécessité, l'utilité de l'amendement", a-t-il ajouté. "Si nous énumérons les actions politiques éligibles au statut de réfugié, nous dégradons la protection".

Le Sénat votera sur l'ensemble du texte le 26 juin, après examen de près de 600 amendements.

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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 07:45
Cathy Apourceau Poly

Cathy Apourceau Poly

CATHY APOURCEAU-POLY. UNE NOUVELLE « SÉNATRICE MILITANTE »
Vendredi, 22 Juin, 2018

La femme du jour. 

Née dans le bassin minier du Pas-de-Calais, elle en porte les combats depuis de nombreuses années comme militante et élue du PCF. Bientôt, Cathy Apourceau-Poly les fera entendre à Paris, au palais du Luxembourg. Elle s’apprête en effet à prendre le relais du sénateur communiste Dominique Watrin, qui avait annoncé, à l’automne dernier, que sa 65e bougie soufflée il passerait le témoin. C’est chose faite en ce mois de juin, sa suivante de liste fera donc son entrée au Sénat dès le 1er juillet. « Comme mon prédécesseur, je veux être une sénatrice militante. On ne peut pas se contenter de l’institution, il faut être au contact des élus locaux, des gens, des combats », explique-t-elle, se relevant d’ores et déjà les manches. « Avec Macron qui tape tous azimuts, je vais immédiatement être jetée dans le grand bain. » Forte de ses douze ans comme conseillère régionale en charge de la formation et de l’apprentissage, mais aussi comme présidente de la « mission bassin minier », elle entend porter les aspirations et les espoirs d’un territoire « rongé par la souffrance, les difficultés sociales ».

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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 06:42

L’aide sociale et les minima sociaux coûtent environ 70 milliards d’euros par anaux finances publiques, soit 3 % du produit intérieur brut (PIB). Ces prestationscontribuent de façon décisive à réduire la pauvreté et les inégalités.

Face à cela, le coût de « l’assistance aux plus riches » pourrait être de l’ordre de 150 milliards d’euros par an hors fraude et évasion fiscales, et de l’ordre de 250 à 300 milliards au moins en incluant ces deux derniers coûts, comme le développait un billet de blog récent. Avec comme impact certain un creusement des inégalités et en particulier un enrichissement devenu indécent des très riches : les 500 individus les plus riches gagnent en moyenne 1 670 fois plus que la moyenne des plus pauvres. Je précise : 1 670 fois plus, après impôts.

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22 juin 2018 5 22 /06 /juin /2018 06:16
Leçon(s)
 
Quand le "Manu!" crié par un jeune homme provoque une faute politique grave du chef de l'Etat.


Faute. La scène, superficielle en apparence, n’a l’air de rien. Elle nous instruit pourtant sur les origines des expériences médiatiques, en une époque étonnante où la captation du débat politique (et ses dérives) par les communicants a atteint une sorte de paroxysme tragi-comique. Lors des commémorations du 18 juin 1940, au mont Valérien, Mac Macron a donc sévèrement recadré un jeune homme trop décontracté pour la circonstance. C’est toujours tentant la provocation, à cet âge-là. Préméditée ou pas, l’apostrophe lancée au prince-président allait créer l’événement: «Manu!» La réponse ne tarda pas: «Tu m’appelles le président de la République », a tancé l’hôte du palais, ajoutant cette phrase incroyable: «Si un jour tu veux faire la révolution, tu apprends d’abord à avoir un diplôme et à te nourrir toi-même.» Qui n’a pas pensé, alors, aux vieux maîtres d’école rigoristes en diable munis de leurs baguettes en bois nous tapant sur les doigts, manière de dire: «Quand tu seras dans la vie active, tu auras le droit de parler!» Que les choses soient claires. Héler de la sorte un chef de l’État par son diminutif supposé un jour de commémoration officielle – surtout au mont Valérien! – ne provoquera jamais l’assentiment du bloc-noteur, qui, parfois, prend goût à redonner du sacré au sacré, du moins dans les moments essentiels. Seulement, la disproportion de la repartie, en tant que genre symptomatique, révéla bien autre chose qu’une anecdotique réplique de principe. Que l’insolence soit réprimée publiquement, pas de problème. Mais que veut signifier exactement Mac Macron quand il évoque la «révolution», l’obtention d’un «diplôme» et le fait de «se nourrir» soi-même? La leçon de maintien, passe encore. La leçon de vie qui déborde sur l’être en son intimité, elle, devient déplacée, sinon une faute politique grave… Cette semaine, plusieurs journaux rappelaient opportunément deux autres scènes mémorables impliquant d’anciens présidents – qui avaient de la tenue. François Mitterrand, entendant «Mitterrand, fous le camp!», déclara:«C’est une rime pauvre.» Jacques Chirac, à quelqu’un qui le traitait de «connard», cria à haute et intelligible voix:«Enchanté, moi, c’est Jacques Chirac.» La classe. À moins que ce ne soit autre chose. Une certaine vision de son rapport aux citoyens…


Supérieur. À la vérité, les mots méprisants de Mac Macron ne sont pas sans nous rappeler ceux, vulgaires, de Nicoléon:«Casse-toi, pauvre con!» Nous venions de basculer dans un nouvel univers, qui, depuis, ne cesse de nous hanter. De là naissent – en partie – des interrogations qui dépassent le problème de la « sincérité » des élus qui nous représentent. Nous aimerions penser que celle-ci n’est pas en cause, mieux, que nous devrions nous interdire d’en juger. Mais, à partir du moment où des politiciens fondent leur stratégie sur l’exhibition de leur communication et de leur intimité et qu’ils réclament d’être regardés et écoutés, donc évalués à l’aune de ce critère, pourquoi s’en priver. 
Pour rire...
Dans la construction d’un «espace commun», même avec nos dirigeants, tout n’est pas seulement affaire de distance. Le «lien» reste fondamental. À condition d’offrir la possibilité de toute relation, sans le présupposé de la «supériorité», et surtout, sans abaisser la fonction pour laquelle vous vous considérez comme «supérieur», le montrant ostensiblement par le corps et les mots. Dans cette scène surréaliste, Mac Macron nous a dit beaucoup de lui. Et de ce qu’il pense vraiment. Non sans contradiction d’ailleurs. Car sur ce théâtre de la mémoire officielle du mont Valérien, dans cette solennité des lieux requise et revendiquée, nous l’avons également vu accepter de poser pour des selfies, appuyant lui-même sur le déclencheur photographique des smartphones que certains lui tendaient. Est-ce cela, le respect de la fonction présidentielle ? Et quand il est filmé à dessein dans une intimité relâchée, éructant au milieu de la nuit : « On met un pognon de dingue dans les minima sociaux », est-ce digne des habits qu’il devrait honorer ?

 
[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 22 juin 2018.]
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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 12:15

A l’heure où le Sénat examine la loi asile immigration qui durcit les conditions d’accueil des migrants et que les passagers de l’Aquarius viennent d’accoster en Espagne, il est plus que nécessaire de se mobiliser pour que la France reste un pays hospitalier et solidaire.

 

Nous ne sommes pas face à une crise migratoire mais à une crise de l’accueil des réfugié.e.s. Seuls 12 % des migrations se font des pays du sud vers les pays du nord. La plupart des personnes que les guerres, les catastrophes climatiques ou économiques poussent à fuir leur pays trouve en effet refuge dans les pays voisins. Nous sommes à un moment où doivent se mettre en place en France, en Europe et dans le monde, des politiques qui puissent assure un accueil digne des migrant.e.s en élargissant notamment le droit d’asile.

 

Inscrire en urgence la question des migrants au prochain Conseil européen

 

Par son inaction, l’Union Européenne met en danger des vies humaines. Elle tourne le dos à son histoire et à son identité. En demeurant passifs, Bruxelles laisse les populistes et les xénophobes régner sur la politique migratoire européenne.

De façon incompréhensible, Emmanuel Macron aura mis 48h à réagir face au drame de l'Aquarius, finissant par dénoncer le « cynisme et l’irresponsabilité » du gouvernement italien. Mais plutôt que des belles paroles, nous avons besoin que la France prenne l’initiative. Elle doit exiger l’inscription en urgence de la question de l’accueil des réfugiés et de la réforme du règlement de Dublin au prochain Conseil européen des 28 et 29 juin.

 

Il est nécessaire de réformer en urgence le règlement de Dublin qui impute au premier pays d’entrée au sein de l’UE la charge d’examiner les demandes d’asile. Du fait de cette disposition, les populations de l’Europe du Sud assument seules l’accueil des réfugiés dans des conditions humaines dramatiques.

 

Les propositions du Parti communiste français

 

 En France

Abrogation de la loi Asile et immigration

Simplification du dépôt des demandes d’asile

Raccourcissement de la durée du maintien en rétention

Création de 50 000 place d’accueil en centre d’hébergement

des demandeurs d’asile (CADA)

Interdiction de l’enfermement de mineurs en centre de rétention

 

En Europe

Partage de la responsabilité des demandeurs d’asile entre tous les pays de l’UE

Réorientation de Frontex vers le sauvetage

Création d’un couloir humanitaire en méditerranée

Migrants : une France fraternelle et hospitalière, c’est possible ! L'Humain d'abord! (PCF)
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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 11:30
1800 élu-e-s français-e-s soutiennent Salah Hamouri en détention depuis 300 jours!
1800 élu-e-s soutiennent Salah Hamouri en détention depuis 300 jours !

mercredi 20 juin 2018

Cela fait 300 jours que Salah Hamouri, avocat franco-palestinien est en détention administrative en Israël. A quelques jours de la fin de sa peine, il n’y a aucune garantie qu’il sera libéré, la prolongation de la peine étant toujours à craindre. L’Etat français doit enfin obtenir se libération !

INTERPELLONS LE PRÉSIDENT MACRON avec le hashtag : #LiberezSalah !

➡ Facebook d’Emmanuel Macron
➡ Twitter : https://twitter.com/emmanuelmacron
➡ Instagram : www.instagram.com/emmanuelmacron/

Des élu-e-s, des militants, des avocat-e-s, des journalistes, des chercheur-e-s, des citoyen-ne-s, des artistes considèrent que l’arrestation de Salah Hamouri les exhorte à agir contre l’arbitraire israélien, et à se mobiliser pour sa libération

1800 élu-e-s ont déjà donné leur soutien à Salah

 Voir la liste des 1 800 élu-e-s

 Signez l’appel (en bas de page du site libertepoursalah.fr)

1800 élu-e-s français-e-s soutiennent Salah Hamouri en détention depuis 300 jours!
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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 11:25
Ian Brossat, adjoint communiste au logement de la ville de Paris, chef de file communiste aux élections Européennes, animateur de la commission Logement du PCF

Ian Brossat, adjoint communiste au logement de la ville de Paris, chef de file communiste aux élections Européennes, animateur de la commission Logement du PCF

 

Communiqué de Ian Brossat

APL : Macron frappe une nouvelle fois les plus modestes au portefeuille

mercredi 20 juin 2018

Après avoir baissé les APL de 5 euros en 2017, Emmanuel Macron vient de décider le gel des aides au logement. Une mesure qui va priver chaque famille modeste de 4,68€ par mois. Décidément, ce gouvernement fait preuve d’un acharnement sans précédent contre les plus pauvres, dénonce Ian Brossat dans un communiqué.

Macron fait porter l’effort sur les 6,5 millions de familles qui touchent les aides au logement, dont plus de la moitié ont des ressources inférieures au seuil de pauvreté et 80% ont des ressources inférieures à un SMIC. Pour elles, ces quelques euros mensuels de perdus s’ajoutent aux baisses précédentes et à la baisse annoncée de l’ensemble des prestations sociales d’au moins 7 milliards d’euros.

Pourtant, à la suite de la première baisse des APL, le Premier Ministre Edouard Philippe affirmait que « ce n’est pas intelligent, c’est une mesure de rabot [...] Ce n’est jamais intelligent de faire du rabot ».

Puis, le secrétaire d’État Julien Denormandie évoquait à son tour « une mauvaise décision » et Richard Ferrand, le président du groupe des députés macronistes, parlait même d’une « connerie ». Dans son discours officiel du 23 janvier 2018 à la Cour des Comptes, Emmanuel Macron affirmait sans ambiguïté possible : « Je refuse ce que j’appelle les réformes paramétriques ». La preuve est faite, une nouvelle fois, du décalage complet entre les discours de l’exécutif et ses actes. Cette décision intervient enfin alors qu’on apprend que la suppression annoncée de « l’exit tax », qui frappait les millionnaires pratiquant la délocalisation fiscale de leurs avoirs, coûtera à l’État un manque à gagner colossal de 6 milliards d’euros.

Assécher le pouvoir d’achat des plus modestes pour gonfler celui de ceux qui se soustraient à leur devoir fiscal : telle est la philosophie révoltante du macronisme."

Le gouvernement s’en prend de nouveau aux aides au logement
 PAR  - Médiapart

La loi de finances 2018 prévoit le gel de l'aide personnalisée au logement en octobre prochain. Cette attaque s'inscrit dans une remise en cause plus générale des prestations sociales et prouve, encore une fois, que le gouvernement ne défend pas le pouvoir d'achat des ménages.

 

Edouard Philippe avait juré qu’on ne l’y reprendrait plus. Évoquant la baisse généralisée de 5 euros de l'aide personnalisée au logement (APL), décidée l’été dernier dans la foulée d’un audit excessivement pessimiste sur le déficit public, il avait reconnu plus tard que cette mesure, qui avait déclenché la première polémique sur l’iniquité de la politique gouvernementale, avait été « pas très intelligente ».

Aussi a-t-il tenté quelque chose de plus « intelligent ». Dans la loi de finances 2018, la même où le gouvernement a mis en place la fin de l’ISF sur le capital et le « bouclier fiscal » à 30 % sur les revenus de ce même capital, le gouvernement a inséré dans un endroit très discret la non-revalorisation « à titre exceptionnel » des APL.

Chaque année, l’exécutif peut en effet réévaluer ces aides en fonction de l’évolution du niveau de vie calculé, dans ce cas, sur l’indice de révision des loyers. Un indice mesuré par l’Insee qui représente la hausse des prix à la consommation hors tabac et loyers. Cette revalorisation a toujours été activée, sauf en 2012 où le gouvernement Fillon avait gelé la valeur des APL.

Édouard Philippe suit donc l’exemple de son prédécesseur qui, rappelons-le, avait été l’adversaire d’Emmanuel Macron à l'élection présidentielle : les APL ne seront pas revalorisées au 1er octobre prochain. Or comme l’a souligné il y a quelques jours la Fondation Abbé-Pierre, l’indice de révision des loyers sera de 1,8 %. Les bénéficiaires des APL devront se passer de ce coup de pouce qui, selon cette fondation, représente une valeur moyenne de 4,2 euros mensuels. Le gouvernement, par la voix de son ministre de la cohésion des territoires Jacques Mézard, a estimé que cette action avait été votée par le Parlement et qu’il ne s’agissait pas d’une baisse, mais d’une « non-augmentation ».

Qu’en est-il exactement ? L’indice de révision des loyers n’est pas un chiffre sorti de nulle part. C’est l’estimation de l’augmentation du coût de la vie. La revalorisation des APL a donc un sens : maintenir le pouvoir d’achat de ses bénéficiaires. Toute « non-augmentation » se traduit donc par un fait simple : une dévalorisation de fait des APL et la nécessité pour ses bénéficiaires d’assumer la hausse des prix par leurs autres revenus. C’est donc bien une perte sèche pour ceux qui touchent les APL, même si la valeur nominale du montant versé reste la même. Dans ce cas précis, ce gel des APL est aggravé par la baisse nominale et générale de 5 euros mise en place au 1er octobre 2017. À la différence de 2012, les bénéficiaires des APL perdront donc du pouvoir d’achat pendant deux années consécutives, ce qui ne s’est jamais vu. 

Rappelons que ces coups de rabot sur les APL ont un sens financier très limité. La baisse de 5 euros, qui a donc été entérinée comme définitive, a permis à l’État d’économiser 150 millions d’euros, ce qui est une goutte d’eau dans un déficit public de près de 60 milliards d’euros. Cette baisse a été d’autant plus inutile que les recettes fiscales ont été en forte hausse l’an passé. Concernant 2018, le gouvernement a jugé bon de distribuer pour 10 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux entreprises, aux ménages des classes moyennes et aux plus riches. Ce gel des APL semble donc difficilement justifiable par l’habituel discours sur l’importance des déficits et de la dette publics.

En réalité, le gouvernement a clairement ces aides dans le viseur depuis le début du quinquennat. Il les accuse de tous les maux, notamment d’un « effet inflationniste » sur les loyers qui n’est plus démontré. Il a mis en place dans la loi de finances 2018 une baisse des APL pour les locataires des logements sociaux, qui s’accompagne d’une baisse des loyers. Cette décision a conduit l’exécutif à engager un bouleversement majeur dans le domaine du secteur social du logement qui, in fine, risque de fragiliser dangereusement ce secteur. L’attaque menée contre les APL semble s’inscrire dans la remise en cause plus générale des prestations sociales qui a été engagée par le gouvernement dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances 2019.

Parallèlement, le gouvernement s’est bien gardé de toucher aux « aides à la pierre », mesures de soutien au secteur de la construction dont le coût, pourtant, progresse plus vite que les APL et dont l’efficacité est largement contestée, y compris par des proches du pouvoir, puisque les trois économistes qui réclamaient voici une semaine un « rééquilibrage » de la politique du gouvernement appelaient ce dernier à les réduire. La différence est que ces aides sont en réalité des aides aux entreprises de construction et de l’immobilier, tandis que les APL soutiennent directement le pouvoir d’achat des bénéficiaires. Le biais en faveur de l’offre et des entreprises du gouvernement semble ici apparaître au grand jour.

Le gouvernement et le président de la République avaient appelé les propriétaires en 2017 à répercuter la baisse des APL sur leurs loyers. Un appel étrange, qui revenait à demander aux propriétaires d’assumer les économies de l’État sur leur propre pouvoir d’achat, évidemment sans aucune contrainte. Inutile de dire qu’ils n’ont pas été entendus. L’indice de référence des loyers au premier trimestre 2018 est en hausse de 1,18 % et l’Insee prévoit une hausse de 0,3 % des prix du poste « loyer-eau » en 2018, après 0,4 % en 2017. Ces deux hausses seront intégralement payées par les bénéficiaires des APL sur d’autres revenus. Si l’on exclut le tabac, l’Insee souligne que les hausses toucheront principalement les produits frais (+ 3,2 %) et les prix de l’énergie (+ 9,5 %). Ces deux postes de dépense seront donc particulièrement douloureux pour les bénéficiaires des APL.

Avec cette attaque contre les APL, le gouvernement prouve une nouvelle fois que son titre autoproclamé de « gouvernement du pouvoir d’achat » est fort usurpé. Lors du rendez-vous salarial de la fonction publique mardi 19 juin, l’exécutif a annoncé une troisième année consécutive de gel du point d’indice des fonctionnaires. Plus globalement, les mesures fiscales qu’il a prises pour les ménages (baisse par tiers de la taxe d’habitation, revalorisation au compte-gouttes de certains minima sociaux, suppression des cotisations maladie et chômage en deux temps) vont être effacées par l’inflation et la hausse modérée des salaires. C’est un des enseignements de la note de conjoncture de l’Insee publiée le 19 juin.

Selon l’institut, le salaire moyen de base réel, soit corrigé de la hausse des prix, progressera de 0,2 % en 2018 contre une stagnation en 2017. En 2016, la hausse réelle était de 1,3 %. Si l’on prend en compte les autres revenus, notamment sociaux et du patrimoine, on assiste à une décélération de la croissance du pouvoir d’achat par unité de consommation : de 1,5 % en 2016, on passe à 1 % en 2017 et 0,6 % en 2018. En trois ans, les gains de pouvoir d’achat pour les ménages ont donc été divisés par 2,5 !

Difficile dans ces conditions de croire à l’idée que le gouvernement défend le pouvoir d’achat. En réalité, sa politique de baisse des coûts du travail pèse sur les salaires réels, tandis que les dépenses sociales apparaissent désormais comme des variables d’ajustement budgétaire pour financer la politique de soutien aux revenus des plus fortunés. La pression sur les APL n’est que la face visible de cette politique.

 

 

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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 11:23
Eliane Assassi, présidente communiste du groupe CRCE au Sénat

Eliane Assassi, présidente communiste du groupe CRCE au Sénat

Asile et immigration : le Sénat rejette la motion du groupe CRCE

mercredi 20 juin 2018

Le 19 juin, lors de la discussion sur le projet de loi pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie, Éliane Assassi présidente du groupe CRCE, a présenté une motion tendant à opposer l’exception d’irrecevabilité, rappelant que « le Conseil constitutionnel a qualifié le droit d’asile d’exigence constitutionnelle ». « C’est un élément constitutif de la Révolution française et du siècle des lumières » insiste la sénatrice.

Pour elle, le texte du gouvernement porte atteinte au droit d’asile dans la partie « administrative de la demande » et « dans la phase contentieuse ». Le délai de recours, en cas de rejet d’une demande d’asile, passe d’un mois à 15 jours dans le projet de loi gouvernemental.

La sénatrice de Seine-Saint-Denis a rappelé l’épisode des « 629 femmes et hommes repêchés en mer par l’Aquarius, qui n’ont trouvé accueil ni en Italie, ni en France. 629 femmes et hommes qui ne sont rien ». Elle s’oppose en particulier au placement de mineurs en centre de rétention.

Lire les interventions des sénateurs communistes  :

 La logique de pénalisation des demandeurs d’asile enfreint la tradition française
exception d’irrecevabilité - Par Éliane Assassi

 Il aurait fallu porter un jugement plus sévère sur votre action passée !
Par Éliane Assassi

 Ce texte n’a qu’un but : décourager ceux qui cherchent refuge chez nous
Par Esther Benbassa

 La démocratie ne sortira pas grandie de ce texte qui fait prévaloir la suspicion sur l’accueil
Par Eric Bocquet

 Le dossier législatif

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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 05:19
Immigration. Face à la xénophobie, la France solidaire se manifeste
IXCHEL DELAPORTE
LUNDI, 18 JUIN, 2018
L'HUMANITÉ

Hier, la marche solidaire pour les migrants, partie le 30 avril de Vintimille, est arrivée à Paris. L’occasion d’une manifestation de la gare d’Austerlitz à Bastille pour réaffirmer solidarité et protection des migrants.

«De l’air, de l’air, ouvrez les frontières ! » C’est avec ce slogan que des centaines de personnes sont arrivées sur la place de la Bastille, hier, à Paris. La marche solidaire pour les migrants a été accueillie au son d’une fanfare pour une des dernières étapes avant leur destination finale, à Londres, le 8 juillet. Cette marche, organisée par l’Auberge des migrants, association basée à Calais, et par Roya citoyenne, dans les Alpes-Maritimes, se veut un rassemblement de tous ceux qui soutiennent, accueillent et protègent les migrants. Dans la foule, une banderole se distingue : « Non au délit de solidarité ». D’autres, plus modestes, sont des adresses directes au gouvernement Macron : « Virage à droite » ou encore « Calais, stop répression ».

200 morts à Calais depuis 2000

Muni du tee-shirt blanc aux insignes de la marche et de deux cannes, Christian Salomé, président de l’Auberge des migrants de Calais, n’a pas pu marcher depuis le sud de la France. Présent à la manifestation parisienne, il se félicite de cette mobilisation malgré « le contexte politique de rejet avec notamment le refus de la France d’ouvrir ses côtes à l’Aquarius ». Il reste optimiste : « De nombreux exemples dans l’histoire montrent que le premier réflexe, c’est le rejet. À nous de faire évoluer dans le bon sens. Ça viendra », assure-t-il. Dans le cortège, plusieurs collectifs de sans-papiers de Paris et de sa banlieue se sont joints aux marcheurs, eux-mêmes attendus à Bastille par des bénévoles d’Emmaüs, d’Amnesty International et de la Cimade. C’est le cas de Philippe, militant à la Cimade à Paris. Il les a rejoints à la gare d’Austerlitz : « Le gouvernement avance ses lois comme des bulldozers. Il n’y a aucun débat. La manifestation d’aujourd’hui n’est pas un exutoire, c’est un appel à un changement de cap urgent. »

À Bastille, sur une petite estrade, François Guennoc, vice-président de l’Auberge des migrants à Calais, a pris la parole pour remercier associations et citoyens. Ses premiers mots s’adressent à la France solidaire : « Tout au long de notre itinéraire, nous avons rencontré des Français solidaires qui apportent aide et protection aux migrants avec des trésors d’imagination pour améliorer leur quotidien. » Il a rappelé l’inefficacité des politiques migratoires sécuritaires, qui enrichissent les passeurs. « Les gens finissent par passer en risquant leur vie. À Calais, depuis 2000, il y a eu 200 morts. » Parmi les demandes concrètes au gouvernement, les marcheurs ne veulent plus être une cible judiciaire parce qu’ils sont solidaires et demandent enfin qu’un dispositif digne de ce nom soit insaturé pour l’accueil et l’hébergement des migrants. Ils demandent également le retrait du projet de loi asile-immigration, qui arrive sur les bancs du Sénat mardi.

La loi asile arrive au sénat

Le projet de loi asile-immigration arrive demain au Sénat en vue d’un vote solennel le 26 juin. Toute la gauche et « Les Républicains » avaient voté contre à l’Assemblée, pour des raisons parfois diamétralement opposées. En effet, la commission des Lois du Sénat, sous la houlette de Philippe Bas (« Les Républicains »), a encore durci le texte, supprimant plusieurs mesures votées par les députés, comme « l’assouplissement du délit de solidarité » ou l’extension du regroupement familial aux frères et sœurs mineurs. Elle s’est en revanche opposée à la réduction de 30 à 15 jours du délai de recours devant la Cour nationale du droit d’asile.

rubrique société
Journée mondiale des réfugiés: face à la xénophobie, la France solidaire se manifeste (L'Humanité, 18 juin 2018)
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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 04:53
Macron ou le tri entre les bons et les mauvais pauvres (Pierre Duquesne, l'Humanité, 14 juin 2018)
Macron, ou le tri « entre les bons et les mauvais pauvres »
PIERRE DUQUESNE
JEUDI, 14 JUIN, 2018
L'HUMANITÉ
Hier, à Montpellier, Emmanuel Macron prononce un discours sur sa vision des politiques sociales. Sylvain Thomas/AFP
 

Cela fait plusieurs mois qu’Emmanuel Macron est taxé de mépris de classe. Mais ses déclarations chocs, loin d’être subies, visent à préparer les esprits.

Les déclarations d’Emmanuel Macron sur « le pognon de dingue (mis) dans les minima sociaux », filmées et diffusées mardi par ses propres conseillers, ne sont pas des dérapages incontrôlés. Cela fait plusieurs mois qu’Emmanuel Macron, à coups de déclarations chocs, prépare les esprits à une offensive violente contre les politiques sociales pour économiser des milliards. Florilège de phrases qui, en plus de puer le mépris de classe, esquissent la nouvelle politique destinée à tous ceux qui « ne sont rien ».

« Ce que veulent les jeunes et les moins jeunes des quartiers (…) : c’est le réseau, c’est l’accès à, c’est l’opportunité. Et ce n’est pas forcément une politique publique, ce n’est pas forcément la becquée ! »

Dans ce discours intitulé « La France, une chance pour chacun », Emmanuel Macron semble opposer les droits sociaux à d’autres droits plus légitimes, de nouveaux « droits d’accès » permettant d’être « au bon endroit, au bon moment ». Cette version renouvelée du discours sur « l’égalité des chances », déjà présent chez Nicolas Sarkozy, sert surtout à « stigmatiser les politiques visant une égalité des conditions de vie, au profit d’une méritocratie somme toute très illusoire », déplore Manuel Domergue. « Des politiques de mobilité sociale, aussi volontaristes soient-elles, ne pourront faire abstraction du fait que les perdants de la compétition scolaire et sociale étaient rarement égaux sur la ligne de départ par rapport à leurs concurrents. Qui peut séparer, dans les difficultés personnelles, la part de la responsabilité individuelle des déterminismes familiaux, sociaux, territoriaux ou sanitaires ? Et quand bien même l’égalité des chances était possible, une société juste peut-elle se satisfaire d’inégalités de conditions de vie aussi criantes au prétexte qu’elles seraient liées au “mérite” des individus ? »

« Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord. »

« Il y a des phrases qui pèsent leur poids… » enrage Jean-François Yon, du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP), pour qui ces déclarations attestent au mieux une « méconnaissance crasse » de la réalité, au pire un « puissant mépris » pour les premiers concernés. « Sa logique économique de réduction des politiques sociales est celle mise en œuvre en Angleterre et en Allemagne. Nous ne pouvons que nous opposer à ces politiques qui sont sources d’accroissement des inégalités, de la pauvreté et de la précarité du travail. » Le modèle social qui tend à se dessiner derrière toutes ces déclarations est « une société où rien n’est jamais “acquis”, où les aides sociales ne sont que des pieds à l’étrier mais pas des protections durables », déplore aussi Manuel Domergue. Cette philosophie contre un supposé « cancer de l’assistanat » se retrouve derrière le refus d’attribuer le RSA aux moins de 25 ans ou de l’augmenter pour atteindre le seuil de pauvreté, « comme si le dénuement était une bonne incitation au travail », raille le responsable de la Fondation Abbé-Pierre. Il y aurait d’un côté « le bon pauvre », absout de toute responsabilité, et, de l’autre, des pauvres suspects de ne pas chercher de façon suffisamment active un travail. Cette logique explique « le (léger) coup de pouce à des minima sociaux comme le minimum vieillesse et l’allocation adulte handicapé, ou la focalisation de l’exécutif sur les enfants des familles pauvres », souligne Manuel Domergue. De même, l’accès au logement social est « souvent dépeint comme un parcours qui vient “récompenser” un mal-logé méritant, plutôt que concrétiser un droit reconnu à tous. Même le droit du séjour, on l’a vu récemment avec le cas de Mamoudou Gassama, en vient à récompenser un grand mérite ».

« Les gens qui pensent (...) que le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL, ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’histoire de notre pays. »

Ce jour-là, le président de la République avait opposé la grandeur du sacrifice du gendarme Arnaud Beltrame à tous ceux qui défendaient les aides au logement. Si cette phrase a profondément choqué, c’est que cette mise en avant du sens du devoir du colonel a été « avancée explicitement pour décrédibiliser la revendication des droits », déplore Manuel Domergue, directeur des études à la Fondation Abbé-Pierre. Le « droit à » est présenté « comme une demande paresseuse, passive, presque contraire à la dignité des bénéficiaires ». On aurait pu espérer, déplore Manuel Domergue, que le respect des droits « fût partagé comme un socle minimal par nos gouvernants, tant il se trouve au fondement de notre système politique, depuis la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen jusqu’à son rappel dans chacune de nos constitutions successives et quantité de textes internationaux ». Or, le président comme le premier ministre ont stigmatisé les droits « sans que cela suscite la moindre critique », déplore-t-il. « Je me pose la question de savoir comment on peut passer à une logique où on donne des droits et on distribue de l’argent à une logique où on accompagne individuellement les personnes et où on investit dans leurs compétences pour qu’ils retrouvent une activité ou un emploi », déclarait Édouard Philippe, le 7 juin dernier.

« Si l’on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c’est toute la cordée qui dégringole. »

Le président fait erreur, s’indigne François Soulage, président du collectif Alerte, qui regroupe 37 associations de lutte contre la pauvreté. « Chacun sait, en montagne, que c’est le plus lent de la cordée qui impose le rythme, car la responsabilité du premier de cordée, s’il ouvre le chemin, doit aussi faire en sorte que toute la cordée arrive au but final. » L’ancien président du Secours catholique a une autre question à poser : « Quels moyens devons-nous mettre en œuvre pour que le dernier aille au même rythme que le reste de la cordée ? » C’est la même chose dans le monde de l’entreprise, ajoute-t-il en détournant le verbe macronien. « Si tous les salariés ne peuvent suivre le rythme qui leur est imposé, c’est toute la chaîne de fabrication qui n’avance pas. » S’il faut en finir avec quelque chose, c’est avec cette « théorie du ruissellement », rétorque à son tour Claire Hédon, présidente d’ATD Quart Monde. Elle dénonce « ce discours de la compétition, du mérite et de la productivité que l’on nous sert depuis quarante ans et qui nous a plongés dans une crise économique, sociale et environnementale sans précédent. Réussir, pour beaucoup de jeunes, de personnes en précarité, de citoyens inquiets pour l’avenir, ne signifie pas lancer des entreprises qui vont faire le maximum de profit, mais simplement pouvoir vivre dignement dans une société respectueuse de l’environnement de tous ». Pour cela, nul besoin que des premiers de cordée tirent la société « en avant ». Il est en revanche indispensable de s’appuyer « sur l’expérience et l’intelligence des plus exclus pour construire une société autrement ».

« On met un pognon de dingue dans les minima sociaux, (...) les gens sont quand même pauvres. »

Un refrain se fait de plus en plus insistant, du côté de l’Élysée, dès que l’on évoque les prestations sociales, la politique de la ville dans les banlieues, et, plus généralement, toutes les politiques redistributives. « On a mis beaucoup de pognon », et il y a toujours des pauvres, des mal-logés, des quartiers en difficulté, comme le clame lui-même Emmanuel Macron. La conclusion est invariablement la même : arrêtons le massacre et faisons des économies. Opter pour des mesures d’accompagnement social complémentaires à des aides monétaires n’est jamais évoqué, regrette Manuel Domergue. « Ce discours se fait même parfois moral, voire moralisateur, en stigmatisant la politique de redistribution monétaire, assimilée à “des chèques” aux plus pauvres, qui seraient presque humiliants pour eux. En réalité, cette austérité budgétaire sur le dos des couches populaires déguisée en philosophie d’empowerment se trompe. » La bonne vieille redistribution, ce n’est pas très original, mais ça marche. « Impôts et prestations réduisent les inégalités de moitié, d’après les chiffres de l’Insee. Les minima et les APL constituent un puissant levier contre la pauvreté, qui explique grandement pourquoi la France, malgré un taux de chômage élevé, compte moins de pauvres que bien des pays où le taux de chômage est plus faible. Le gouvernement devrait y réfléchir avant de les remplacer par d’hypothétiques mesures d’incitation, de formation ou d’accompagnement », alerte Manuel Domergue.

Le 22 mai 2018, à l’occasion d’un discours sur les banlieues

Le 18 février 2015, sur BFMTV

Le 7 mai 2018, sur France 3

Le 15 octobre 2017, sur TF1

Le 11 juin 2018, lors une réunion à l’Élysée

Journaliste
Macron ou le tri entre les bons et les mauvais pauvres (Pierre Duquesne, l'Humanité, 14 juin 2018)
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