Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 07:18
étreint(s) - Mac Macron le liquidateur: Jean-Emmanuel Ducoin, journaliste et écrivain (L'Humanité, 19 avril 2018)

JEUDI 19 AVRIL 2018

 

Étreint(s)

 
Face à la terre brûlée de Mac Macron, façon table rase, un vertige nous étreint, à moins que ce ne soit une maudite intuition: si l’Antisocial gagne, sera-t-il trop tard?

Marécage. Tout homme, avant bilan, est homme du passé et déjà homme du passif. L’avantage de l’âge n’exonère pas l’état récapitulatif des pertes et profits, côté salut public et nobles causes ; nous avons même le droit d’anticiper la catastrophe à-venir. Continuant de miser – pour ce qui nous concerne – sur le renouveau d’une République sociale à la française, nous voyons prendre ses aises, à marche forcée et sans complexe, une démocratie à l’anglo-saxonne, la relation client remplaçant un à un les services publics. L’ancienne «embêteuse du monde» qu’était la France (formule de Régis Debray dans un livre à paraître début mai, à suivre…), cette fille aînée de la Révolution, rétive à l’alignement, s’enlise désormais dans le marécage de l’Euroland, capitales Berlin, Strasbourg ou Bruxelles, et devient fer de lance des Gafa en leur déroulant le tapis rouge à Versailles, plus bel avatar ensoleillé de la monarchie républicaine. Le bloc-noteur s’égare-t-il? Pas tant que cela. Le monde de Mac Macron, qu’il pourrait nommer «le train du monde» à défaut de «nouveau monde», est là, sous nos yeux, en projets et en application effective. Il tourne le dos au Conseil national de la Résistance et renvoie nos humanités comme en dépôt, dans les tiroirs de bouquinistes avec d’inutiles cautions de papier. Qu’il est difficile de ne pas s’étonner d’en être là, d’assister sans y avoir prise – ou presque – au tapage nocturne des nouveaux managers, arraisonnés que nous sommes par le langage de la gestion comptable et financière, quand « l’entreprise France » se substitue progressivement à la France des Lumières, celle qui, par sa trace au moins, continue de nous pousser dans le dos en nous efforçant de ne pas renoncer. Allez, croyez-le, ces mots n’ont rien de romantique. Ils ne visent qu’à soupeser les risques, réveiller les consciences (les nôtres aussi d’ailleurs) et favoriser les initiatives, d’où qu’elles viennent en quelque sorte. Soyons honnêtes. Face à la terre brûlée de Mac Macron, façon table rase, un vertige nous étreint, à moins que ce ne soit une maudite intuition que nous ne pouvons taire: si l’Antisocial gagne, bref, s’il liquide tout du sol au plafond en moins de temps qu’il ne le faut pour en anticiper toutes les conséquences, sera-t-il trop tard? Mais vraiment trop tard cette fois? Qui peut répondre à cette question, sans peur et sans crainte de se tromper? 


Liquidateur. Curieuse ironie de l’histoire. Jetant un œil avancé sur le livre d’ex-Normal Ier, "les Leçons du pouvoir" (Stock), un trait fielleux nous a amusés: «L’ancien monde a un nom, cela s’appelle la démocratie. Avec des partis politiques, des syndicats, un Parlement et des élus, une presse.» Une autre manière de dire à Mac Macron que, en s’entourant de ministres technos ou trop soulagés d’être de l’ancien monde pour cachetonner, le nouveau prince-président a tué un certain type de débat politique. Non sans danger, rappelons-le. Si nous ne croyons pas à une «coagulation» rapide des luttes actuelles, aussi multiples soient-elles, et encore moins à une «convergence» (soyons réalistes), le «cause toujours» et le «manifestez toujours» ont leurs limites. Les cheminots tiennent le haut du pavé, dans une action de longue haleine inédite? Le Parlement poursuit son travail de sape et vote la contre-réforme du rail français, comme si de rien n’était. Avec Mac Macron, c’est simple: offensive globale, méthode autoritaire, projet non négociable. Au moins le procédé a-t-il eu pour effet de cimenter un front syndical que nous savons pourtant fragile comme du cristal. Près de quatre-vingts «réunions» avec les syndicats de la SNCF en deux mois! Résultats? Le gouvernement n’a aucune marge de manœuvre octroyée par l’Élysée: marche ou crève. Tel est la seule «négociation» possible. À ce point de «dialogue social», parlons plutôt de mépris absolu. Même les citoyens passifs l’ont compris. Ils savent même à quoi s’attendre dorénavant. La seule question est de savoir s’ils laisseront le liquidateur agir, sans réagir massivement, tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre.

 
[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 20 avril 2018

Partager cet article

Repost0
21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 07:13
De José Fort: chiffrage des manifs: la vérité sur "Occurence"

De José Fort 
Chiffrage manifs : la vérité sur « Occurrence »

« Occurrence » travaille pour AG2R La Mondiale, Airbus, Alstom, Areva, AXA, BNP Paribas, Carrefour, CCI Paris-Ile-de-France, la Commission Européenne, Danone, GDF Suez, Gefco, Harmonie mutuelle, Macif, Mazars, Sanef, SFR, Vinci Concessions, … N’en jetez plus. Qui te donne les sous, je dirai qui tu es.

Le patron de cette entreprise, M. Assaël Adary a reconnu après la dernière manifestation parisienne que seuls les manifestants « passant la ligne d’arrivée » sont comptabilisés. Exit les gens sur les trottoirs, exit les gens e qui pour diverses raisons quittent les cortèges avant la fin.

Croyez-vous qu’on puisse faire confiance à une structure qui facture de grosses sommes aux entreprises et institutions citées plus haut connues pour leur détestation des grèves, des grévistes et des syndicats ?

A moins d’être crédule, croyez-vous qu’on peut faire confiance à un chiffrage frauduleux, à une entreprise pas très nette et à des journalistes peu regardants ?

Il plane sur cette opération comme un mauvais parfum de connivence entre médias et patronat

Partager cet article

Repost0
19 avril 2018 4 19 /04 /avril /2018 20:12

Immigration et droits d’asile : les députés communistes sont vigoureusement opposés à ce texte

jeudi 19 avril 2018

Le projet de loi Asile et Immigration est discuté toute la semaine dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Vigoureusement opposés à ce texte, Les députés communistes défendront avec force le trait d’identité de la France et de son histoire.

Dans son intervention, Stéphane Peu n’a pas manqué de rappeler que l’exécutif lui-même « flatte les peurs et encourage les attitudes de repli », alors que « partout en Europe ces politiques d’apprentis sorciers ont renforcé l’extrême droite ».

Pour le député communiste, « l’asile est un droit fondamental qui obéit à des obligations liées à des conventions internationales auxquelles nous ne pouvons pas déroger. »

Par contre, « la gestion des flux migratoires est une autre affaire, qui dépend de la législation dont se dote chaque pays. Elle appartient donc à un tout autre registre et la confusion que vous introduisez ici est à nos yeux extrêmement dangereuse : elle incite une partie de nos concitoyens à se détourner d’une tradition d’accueil qui, en plus de constituer un droit fondamental, est un trait d’identité de notre pays et de son histoire et une obligation qui découle des traités que nous avons signés, à commencer par la convention de Genève. »

S. Peu souligne également l’important déséquilibre qui caractérise ce texte :

« réduction des droits et renforcement des dispositifs répressifs. Ce déséquilibre manifeste, brandi au nom de l’efficacité, ne trompe pas les acteurs de terrain et fait d’ailleurs l’unanimité contre lui. Les associations, les magistrats tout comme les avocats sont vent debout contre ce texte, de même que les agents d’administrations comme ceux de la Cour nationale du droit d’asile – la CNDA – ou de l’OFPRA, familiers du sujet, qui rejettent également les choix retenus par le Gouvernement . » Pour lui, on ne fait jamais de bonne loi contre l’avis de ceux chargés de la mettre en œuvre.

 Lire l’intervention de Stéphane Peu

Stephane Peu, député communiste

Stephane Peu, député communiste

Partager cet article

Repost0
18 avril 2018 3 18 /04 /avril /2018 11:31
Hubert Wulfranc député PCF de Seine-Maritime

Hubert Wulfranc député PCF de Seine-Maritime

Nouveau pacte ferroviaire

"une agression de classe sans aucune efficacité sociale"

mercredi 18 avril 2018

Les députés communistes ont rejeté le 17 avril, le projet de loi de réforme ferroviaire :

"Votre majorité aura des comptes à rendre aux usagers et aux agents de la SNCF. Pour notre part, nous laissons le compteur ouvert pour remettre les pendules à l’heure !" a expliqué Hubert Wulfranc lors des explications de vote.

Il a rappelé l’absence de réponse du gouvernement sur les modalités d’apurement de la dette, imputable au choix et au laxisme des différents gouvernements de ces 30 dernières années.

Aucune information sur le niveau de reprise, sur le calendrier et bien entendu sur qui sera appelé à régler la note .

Dans l’esprit du gouvernement, ce sont les ménages et les usagers qui seront mis à contribution et non pas les entreprises, notamment du transport routier subventionnées directement, et indirectement, par les pouvoirs publics.

Aucun engagement du gouvernement sur le maintien du réseau régional ferroviaire.

Aucune explication crédible sur le casse tête que constitue l’ouverture à la concurrence avec le maintien des exigences du service public, notamment en terme de continuité du service.

La chimère de la baisse des tarifs pour les usagers liée à l’ouverture à la concurrence est contredite chaque jour par les précédentes libéralisation qui ont touché le secteur postal, le gaz, l’électricité...

Une réforme qui se donne pour ligne de mire politique, la suppression du statut des cheminots alors même que l’Union Européenne ne pose pas cette exigence. Une mesure de "classe" idéologique pour tenter de briser les forces de contestation sociale alors que le mouvement perdure et se réinvente chaque jour. Le groupe GDR est consolidé dans son contre projet. Ils proposent d’assurer la pérennité et le développement d’un service public unifié autour de la SNCF, et d’introduire une fiscalité plus exigeante pour les modes de transport les plus polluants notamment transport routier et aérien actuellement largement défiscalisé. Ils proposent également de recentrer la SNCF sur son coeur de métier, le train, et de développer les complémentarités avec les autres modes de transport.

Le vote de la réforme en première lecture à l’Assemblée nationale n’est pas synonyme de conclusion au débat, loin s’en faut. Dès à présent, le Gouvernement est comptable de sa politique devant les usagers et les agents de la SNCF, a affirmé Hubert Wulfranc

La réforme ferroviaire largement adoptée par les députés

mercredi 18 avril 2018

Le 17 avril, l’Assemblée a adopté, par scrutin public, le projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire (Pour : 454 Contre : 80 Abstentions : 29)

 Voir le vote de chaque groupe

Ce texte sera discuté au Sénat à partir du 23 mai en commission et du 29 mai en séance. Les principales dispositions :

 Le texte autorise le gouvernement à transformer par ordonnance la SNCF en société nationale à capitaux publics, détenue à 100% par l’Etat, à partir du 1er janvier 2020. L’ouverture à la concurrence sera possible à partir de décembre 2019 pour les régions qui le souhaitent et après avoir organisé des appels d’offres, avec la possibilité laissée aux régions de continuer d’attribuer des contrats à la SNCF jusqu’à fin 2023, pour une durée maximale de 10 ans. Tout contrat signé après décembre 2023 devra être mis en concurrence. L’ouverture sera étendue aux TGV à partir de décembre 2020. La transition sera progressive, jusqu’en décembre 2023.  Pour l’Ile-de-France, l’ouverture à la concurrence se fera entre 2023 et 2039. Le texte met fin au statut des cheminots pour les nouveaux embauchés, qui seront soumis aux conventions collectives et accords d’entreprise. Sont floues, les garanties que les cheminots conserveront lorsque la SNCF perdra l’exploitation d’un contrat de TER à la suite d’un appel d’offres. Pour l’instant, le projet de loi prévoit qu’ils conserveront leur niveau de rémunération, leur régime spécial de retraite et la garantie de l’emploi.

 Lors du débat, il y a eu peu de réponse sur la reprise de la dette de la SNCF (46,6 milliards d’euros fin 2017). Le 15 avril dernier, Emmanuel Macron avait indiqué que l’État "reprendra progressivement de la dette" à partir du 1er janvier 2020, sans en préciser le montant.

Partager cet article

Repost0
18 avril 2018 3 18 /04 /avril /2018 05:32
Réforme de la SNCF: il y a de faux arguments absolus (le réalisateur Robert Guédiguian, France Info)

Le réalisateur Robert Guédiguian a réagi dimanche 15 avril sur franceinfo à la tribune qu'il signe sur un blog de Mediapart. Avec une trentaine d'écrivains, de réalisateurs ou d'universitaires ils ont lancé une cagnotte pour aider financièrement les cheminots grévistes. Sur franceinfo, le cinéaste a voulu expliquer qu'à ses yeux la réforme ferroviaire ne se justifie pas.

franceinfo : Pourquoi soutenez-vous les cheminots ?

Robert Guédiguian : Je considère qu'ils ne défendent pas seulement leurs positions, je crois qu'ils défendent l'unité générale qu'on pourrait appeler l'idée du service public. L'idée du service public est pour moi un marqueur très fort de la gauche. Depuis que je suis né les services publics se réduisent comme peau de chagrin.

Le gouvernement explique-que la SNCF ne fonctionne pas. Qu'en pensez-vous ?

Ce n'est pas exact. Cela fait des mois que les uns et les autres, pour préparer cette réforme, prétendent que la SNCF est un désastre. Ce n'est absolument pas vrai. Il y a des choses qu'il faut améliorer, mais je trouve que ça marche plutôt bien. Quant à la dette, c'est une chose qui ne dépend absolument pas du statut des cheminots. Cela dépend des politiques de droite et de gauche menées depuis 30 ans et qui ont conduit à cet endettement.

Que pensez-vous de la réforme ferroviaire ?

Il y a de faux arguments absolus. C'est une croyance d'un côté et les autres ne croient pas à la même chose. A partir de là, il y a un rapport de force qui s'installe. C'est une opposition droite-gauche sur une conception du monde : ou le libéralisme ou le service public.

Emmanuel Macron a dit que l'État allait reprendre la dette. Cela vous rassure-t-il ?

Non, parce qu'il est très flou sur les dates de la reprise de la dette. Très franchement je ne le crois pas. Je ne comprends pas pourquoi on change le statut. Donc, je suis obligé de penser qu'on le change parce qu'on glisse, comme on dit en maçonnerie. On met un coin dans une faille pour qu'elle s'élargisse. Donc, on change le statut et on a un peu grignoté cette affaire. Je n'y vois là qu'un cheval de Troie.

Partager cet article

Repost0
18 avril 2018 3 18 /04 /avril /2018 05:20
Journée de solidarité: une "cerise sur le gâteau du président des riches" pour André Chassaigne

Journée de solidarité: une "cerise sur le gâteau du président des riches" pour André Chassaigne

AFP | mardi 17 avril 2018

Le président du groupe communiste à l'Assemblée, André Chassaigne, s'est insurgé mardi contre l'idée évoquée par Emmanuel Macron d'une seconde journée de solidarité pour financer la dépendance, y voyant "la cerise sur la gâteau du président des riches".

"Ça, c'est la cerise sur le gâteau du président des riches", a réagi M. Chassaigne sur RFI.

"C'est quand même un peu gros. On a sur le budget 2018 des cadeaux faramineux qui sont faits aux plus riches. (...) On fait des cadeaux qui au final vont alimenter l'évasion fiscale, avec des sommes d'argent colossales, des milliards qui vont partir dans les paradis fiscaux et on dit aujourd'hui il faut que ce soit les salariés, les travailleurs, qui puissent travailler une journée gratis pour financer la dépendance", a-t-il développé.

"Je trouve que non seulement c'est inacceptable, mais ça a un côté que je pourrais qualifier d'immoral", a déclaré l'élu du Puy-de-Dôme.

Évoquée par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, l'idée d'une deuxième journée de solidarité a été jugée "intéressante" dimanche soir par le président Emmanuel Macron.

"C'est une piste (...) Est-ce que ça a bien marché la dernière fois? Je ne suis pas contre, je pense que c'est une piste intéressante, il faut la regarder (...) Ça peut être une option", a déclaré le chef de l'Etat.

La première journée avait été instaurée après la canicule de 2003. En 2017, elle a rapporté 2,37 milliards d'euros, dont 1,42 milliard ont été octroyés aux personnes âgées et 946 millions aux personnes handicapées.

Partager cet article

Repost0
13 avril 2018 5 13 /04 /avril /2018 18:45

Laïc(s)

 
 
Mac Macron affirme que le fameux «lien» entre l’Église et l’État a été abîmé et qu’il conviendrait de «réparer» quelque chose. Affaire sérieuse. Comment ne pas croire que, en l’espèce, la ligne rouge de la sécularisation de l’État est franchie? Comme disait Jaurès: «Démocratie et laïcité sont deux termes identiques.»
 
 
 
Initiés. Posons une question: Mac Macron veut-il rompre avec l’un des principes laïcs qui cantonnent les cultes dans la stricte intimité de la vie privée? En s’exprimant devant le «monde catholique», sous la nef gothique des Bernardins, le président a donc exposé sa conception de la place de la religion dans le débat public et, singulièrement, celle de l’Église, lui, l’ancien jésuite. Passons sur les aspects de la «pensée symbolique» de ce discours-fleuve, destinés en grande partie aux initiés, passons également sur sa stratégie politique (installer un pseudo-mouvement démocrate-chrétien en vue des européennes), concentrons-nous sur certaines arêtes restées coincées en travers de nos gorges de républicains. La pensée de l’hôte de l’Élysée peut se résumer de la sorte: l’État est laïc, mais la société ne l’est pas. Rien de scandaleux, d’autant que l’Église ne saurait être «injonctive»,selon sa propre expression. Mais, contrairement à ce qu’il propose par ailleurs, dans une République laïque, il ne peut y avoir aucun «lien» entre les religions et l’État, sauf à contrevenir à l’article 2 de la loi de 1905: «La République ne reconnaît (…) aucun culte.» En évoquant ce «lien», que devient la neutralité de l’État, pierre angulaire de la laïcité française? Et accorde-t-il une fonction de «centralité» au catholicisme en octroyant ainsi à l’Église une sorte de «privilège de représentation»?
 
 
 
Démocratie. Ce n’est pas tout. Mac Macron affirme que le fameux «lien» entre l’Église et l’État a été abîmé et qu’il conviendrait de «réparer» quelque chose. Affaire sérieuse. Comment ne pas croire que, en l’espèce, la ligne rouge de la sécularisation de l’État est franchie? La faute, inexcusable, est double: politique et morale. Non seulement, il tord la réalité historique en ne tarissant pas d’éloges sur l’apport des catholiques à la saga républicaine, mais il gomme l’essentiel en passant sous silence les conflits que l’Église a eus avec la République. Impossible de taire le combat fanatique du catholicisme officiel contre ladite République jusqu’à la loi de séparation? Et comment oublier les résurgences et les complicités sous le régime de Vichy, alors que Mac Macron, dans son discours, n’évoque que les «résistants catholiques de 40», dédouanant l’épiscopat de son soutien à Pétain? L’amnésie a ses limites. 
 

L’Église catholique est, depuis 1905, un organisme de droit privé, et non plus un «établissement public du culte». Elle doit le rester. Et puisqu’une précaution utile vaut mieux qu’un doute persistant, rappelons que la laïcité posée dans les termes de la loi de 1905 n’est pas antireligieuse: elle a d’ailleurs été portée par des croyants, par des déistes, par des agnostiques comme par des non-croyants de l’époque. Alors, à quoi joue le président, sinon à attiser des débats déjà clivés et hystérisés, voilà dix ans, par Nicoléon? Nous observons avec sidération la façon dont deux positions principales sur le sujet sont devenues antagonistes, se radicalisant au fil de leurs affrontements. D’un côté, la laïcité dite «ouverte»: attachée à la libre expression de la diversité des convictions dans une société multiculturelle et à la non-discrimination des croyants, quels qu’ils soient. De l’autre côté, la laïcité dite «stricte»: soucieuse que le principe soit affirmé sans lâcheté, ni renoncement, glissant progressivement vers une intransigeance totale, comme le montrent les positions sur ce sujet de Fifille-la-voilà en personne, fraîchement convertie à la laïcité afin de mieux stigmatiser les musulmans. Bref, les uns accusent la laïcité d’être antireligieuse, les autres l’utilisent comme une arme antireligieuse. Revenons un instant au sens originaire du terme : la laïcité est le principe selon lequel le pouvoir politique réside dans la souveraineté du peuple. En somme, ce principe s’applique à l’État, qui ne peut se soumettre à aucune puissance dite supérieure, à aucune tutelle extérieure, à aucune fraction du peuple. Comme disait Jaurès: «Démocratie et laïcité sont deux termes identiques.» Oui à la liberté absolue de conscience. Mais l’État chez lui, et l’Église chez elle!
 
[BLOC-NOTES publié dans l’Humanité du 12 avril 2018.]
Laïc(s) - par Jean Emmanuel Ducoin - L'Humanité, 12 avril 2018

Partager cet article

Repost0
11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 11:36
SNCF : les députés communistes brandissent un rail pour rappeler le gouvernement à la réalité

SNCF : les députés communistes brandissent un rail pour rappeler le gouvernement "à la réalité"

mercredi 11 avril 2018

Les députés communistes ont ironisé mardi sur la création d’une société baptisée "Portion de chemin de fer" (PCF) en symbole de leur vive opposition à la réforme ferroviaire, l’un de leurs porte-parole brandissant un morceau de rail pour un "rappel à la réalité" au gouvernement.

"J’ai amené avec moi un rail, un bout de ligne abandonné comme il en existe beaucoup trop dans notre pays et peut-être encore plus demain si la réforme du gouvernement devait aboutir", a déclaré le député Pierre Dharréville lors d’un point-presse, en tenant le morceau de métal.

"En regardant ce bout de rail, nous nous sommes demandés si nous n’allions pas créer une société que nous pourrions appeler la société PCF, +Portion de chemin de fer+", a-t-il ironisé, martelant la volonté des élus de son groupe de "défendre le service public".

Il a dénoncé un gouvernement qui à l’ouverture des débats à l’Assemblée lundi "n’a pas assumé le projet de fond de la réforme", notamment "la privatisation de toute une partie d’un service aujourd’hui assumé par une structure publique".

Pour Sébastien Jumel, également porte-parole, Emmanuel Macron "poursuit l’écriture du dictionnaire de la pensée libérale", s’inscrivant dans les pas de Ronald Reagan ou Margaret Thatcher. Il "veut scalper les cheminots parce qu’il a mesuré à quel point la bataille du rail (...) était le symbole du scalp du modèle social français", du "socle de notre République qu’il protège", a-t-il affirmé.

"Aujourd’hui, plus que jamais, nous réaffirmons que tous ceux qui luttent dans les hôpitaux, dans les Ehpad, dans les territoires oubliés de la République pour défendre l’économie rurale, pour défendre un projet d’enseignement supérieur (...) sont tous cheminots", a-t-il ajouté. Les députés PCF ont dénoncé à nouveau, comme ils l’avaient fait la veille, un amendement gouvernemental adopté pour acter le principe du changement de statut de la SNCF, y voyant "du jamais vu" et une "rupture avec l’esprit de la Constitution". Selon eux, malgré l’affirmation que les parts de la SNCF seront incessibles avec la nouvelle organisation, il y a derrière "une volonté d’augmenter le capital, ce qui n’est pas une cession d’actions mais conduit au même résultat".

Lu sur le Facebook du groupe (source AFP)

Partager cet article

Repost0
11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 11:22
La pauvreté augmente chez les plus jeunes mais n'épargne pas les plus âgés: 700 000 pauvres en plus sur la période 2004-2015

La pauvreté augmente chez les plus jeunes, mais n’épargne pas les plus âgés

mardi 10 avril 2018

Selon le centre d’observation de la société, au cours de la période 2004-2015, le nombre d’enfants de pauvres et de jeunes adultes pauvres a augmenté de 700 000, soit + 36 %. A elle seule, cette augmentation est plus de deux fois supérieure à celle de l’ensemble des plus de 30 ans (+ 310 000). Même si cette pauvreté des plus jeunes résulte de facteurs différents, cette évolution devrait questionner les politiques publiques. 

Les jeunes pauvres le sont surtout parce qu’ils sont des enfants de milieux populaires ou des jeunes actifs peu qualifiés : leur pauvreté est pour une grande part liée à leur appartenance à un milieu social et non à des accidents de la vie. Les inégalités sociales à l’école constituent pour eux l’obstacle numéro 1.

Les personnes âgées sont bien moins nombreuses à vivre sous le seuil de pauvreté, mais elles ne sont pas pour autant épargnées. Leur taux de pauvreté demeure faible, mais entre 2004 et 2015, le nombre de personnes âgées de 60 à 69 ans vivant sous le seuil de pauvreté a été multiplié par deux, de 150 000 à 300 000. Surtout, la pauvreté des plus âgés n’a pas grand chose à voir avec celle des jeunes. Avec l’âge, l’espoir de voir sa situation personnelle s’améliorer diminue voir disparaît. La pauvreté est moins fréquente chez les aînés, mais elle est aussi plus structurelle.

- En savoir plus

Partager cet article

Repost0
11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 05:11
Université de Rennes 2. Les étudiants votent la reconduction du blocage jusqu’à lundi (Ouest-France)

De nombreux étudiants ont répondu à l’appel du président de l’université pour participer à l’assemblée générale de Rennes 2, ce mardi. En fin d’après-midi, ils ont voté la poursuite du blocage de la fac, pour protester contre la réforme de l’entrée à l’université, jusqu’à lundi.

Après le blocage de l’université de Rennes 2 par une centaine d’étudiants militant contre la réforme de l’entrée à l’université, une assemblée générale se déroule ce mardi, sur le site de la fac de Villejean.

Le blocage reconduit jusqu’à lundi

L’assemblée générale des étudiants de Rennes 2 a voté, à 16 h 50, la reconduction du blocage de l’université jusqu’à lundi prochain, date de la prochaine AG.

Selon les responsables de l'AG, 1611 personnes se sont exprimés en faveur du blocage ; 880 personnes ont voté contre, 58 se sont abstenus. Soit 2549 participants ? Le chiffre paraît important. Reste qu’une majorité de personnes présentes a bien effectivement voté en faveur du blocage.

Les étudiants demandent "la validation automatique du semestre 2 si les partiels n’ont pas lieu"

Les étudiants viennent de voter, vers 16 h, la reconduction du blocage de l’université de Rennes 2, jusqu’à la prochaine assemblée générale, prévue lundi.

Ils se sont également exprimés pour "la validation automatique du semestre 2 si les partiels n’ont pas lieu", "davantage de moyens pour l’université", "l’invalidation des examens qui se sont déroulés hier et aujourd'hui", "l’arrêt de la délocalisation des examens quand la fac est bloquée"…

Le vote sur la reconduction du blocage - un tiers contre, deux tiers pour, selon quelques observateurs - est contesté. Les leaders du mouvement font asseoir tous les participants de l’assemblée générale pour les recompter un par un.

Vers 15 h 50, la question du blocage est enfin débattue

 

L’assemblée générale dure depuis 13 h. Vers 15 h 50, la question du blocage est enfin débattue. Les étudiants interviennent, devant une foule moins importante qu’en début d’assemblée générale, autour de 700 personnes contre environ 1 500 il y a trois heures.

Bloquer ou non… Échange d’arguments

Des étudiants prennent la parole tour à tour : "La loi ne sera pas votée s’il y a un véritable rapport de force", estime l’une. "On ne bloque pas de gaieté de cœur, on bloque pour que tout le monde puisse aller à l’université", assure un autre.

Séverine, en reprise d’études, met en garde contre les dommages collatéraux du blocage : "Pour les Erasmus, ceux qui vivent dans les îles, si les examens sont repoussés, leurs billets d’avion ne seront pas remboursés."

"Je pense que le blocage n’est pas une solution, affirme une autre étudiante. On vous dit que votre semestre sera validé si vous bloquez, mais quelle est la garantie ?"

Fausse alerte au bâtiment L

Soudain, mouvement de foule. La rumeur court que des agents débloquent le bâtiment L de Rennes 2. Fausse alerte : c’est une entreprise de BTP, qui vient récupérer du matériel.

L’Unef pour le blocage illimité

L’Unef de Rennes 2 appelle "à la mobilisation générale des étudiants et au blocage illimité de l’Université".

« Les inquiétudes, il faut les formuler aux bloqueurs »

Après trois semaines de cours sans interruption, le retour du blocage à l’université de Rennes 2 inquiète de nombreux étudiants à l’aube des partiels qui devraient commencer la semaine prochaine. Olivier David, le président, a invité tous les autres étudiants à y participer pour faire valoir leur point de vue.

« Si des étudiants sont inquiets, la meilleure solution est de se déplacer aux assemblées générales. Les inquiétudes, il faut les formuler aux bloqueurs. C’est par le débat que ça peut évoluer », a affirmé le président de l’Université, Olivier David, hier. « Il faut qu’il y ait un maximum d’étudiants présents, pour une expression démocratique. »

Plus d’un millier d’étudiants présents

Alors ? Plus d’un millier d’étudiants, peut-être 1 500, sont venus participer à cette assemblée générale, à Rennes 2, ce mardi. Pro-blocage et anti-blocage débattent actuellement. L’évacuation de la ZAD à Notre-Dame-des-Landes ou encore la grève des cheminots s’invitent dans le débat.

Des heurts entre pro et anti blocage hier

Pour rappel, lundi, une centaine d’étudiants ont barricadé les entrées de l’université Rennes 2, pour protester contre la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur. Une action au cours de laquelle, une quinzaine d’étudiants du collectif Contre les blocages à Rennes 2 (dont trois membres de l’UNI Bretagne - Union nationale interuniversitaire - étudiants à Rennes 1) affirment avoir été « violemment pris à partie et agressés physiquement ».

« Une soixantaine de personnes cagoulées est arrivée vers nous, raconte Brieuc Quil, président du syndicat UNI Bretagne. Ils nous ont frappés à main nue. J’ai pris un coup de poing dans les mâchoires, une jeune fille dans les côtes… C’était violent. Il y a trois blessés légers. »

Le jeune homme a porté plainte et assure qu’une main courante va être déposée dans la journée par un autre étudiant.

Du côté des bloqueurs, on assure que les membres du collectif Contre les blocages à Rennes 2 « ont été provocants et menaçants. Ils se sont fait virer, relate Lucie Musset, présidente de l’Unef (Union nationale des étudiants de France) Rennes. Il y a eu de la violence, mais en réponse à la violence de l’UNI. »

Olivier David, président de Rennes 2, lui, « condamne fermement cette altercation. On n’a pas besoin de ça. »

 

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011