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8 septembre 2018 6 08 /09 /septembre /2018 06:00
Le retour des populismes: trois questions à Dominique Vidal (sur le blog Médiapart de Pascal Boniface)

" Le terme « populisme » se comprend mieux au pluriel qu’au singulier. Selon les périodes historiques durant lesquelles il apparaît, des narodniki du XIXe siècle au nazisme des années 1930-1940 et au nassérisme des années 1950-1960, selon qu’il se développe au Nord ou au Sud, selon qu’il est de droite ou de gauche, il présente des caractéristiques sensiblement différentes. 

Mais, ces spécificités n’empêchent pas certains points communs. Ainsi le culte du chef, dont le mouvement porte même souvent le nom, du péronisme au lepénisme. De même la prétention de dépasser le clivage gauche/droite. N’oublions pas aussi l’exaltation du peuple et de la nation, menacés ou humiliés par les élites mondialisées, au point de constituer de nouveaux « ethno-nationalismes ». Tous ou presque partagent en outre un certain mépris de la démocratie, dont Benedetto Croce disait : « C’est le néant ! C’est le troupeau conduisant le berger, c’est le monde renversé, c’est le désordre, l’inanité et l’imbécillité organisée. » Autre trait commun : une religion de la souveraineté, face aux organismes supranationaux, Union européenne (UE) en tête."

Dominique Vidal

Dominique Vidal

« Le retour des populismes » - 3 questions à Dominique Vidal
Dominique Vidal, journaliste et historien, dirige avec Bertrand Badie, expert en relations internationales, professeur des universités à Sciences Po, « L’État du monde ». Il répond à mes questions à l’occasion de la parution du nouvel ouvrage, « Le retour des populismes », aux éditions La Découverte.

Pour cette édition de L’État du monde 2019, vous avez opté pour le thème : « Le retour des populismes ». Comment définissez-vous ce concept, qui n’a pas le même sens partout ?

Commençons par le commencement : le populisme est devenu une des tendances majeures du monde contemporain. Coup sur coup, nous avons vécu la victoire-surprise du Brexit, puis l’élection de Donald Trump et le tremblement de terre italien. En Hongrie, le Fidesz et Jobbik ont totalisé plus de 68 % des voix, renforçant ainsi l’« arc populiste » Budapest-Varsovie-Bratislava, rejoint l’an dernier par la République tchèque. Sans oublier l’Autriche, où le FPÖ fondé par Jorg Haider participe au gouvernement et a même failli décrocher la présidence.

Les résultats cumulés des populistes de droite et des extrêmes droites dépassent 10 % des voix dans quinze pays européens et 20 % dans huit pays, avec, outre la Hongrie, des records en Suisse (29 %) et en République tchèque (40 %). Et le populisme ne progresse pas qu’en Occident : il suffit, pour s’en convaincre, de citer Poutine, Erdogan, Dutertre, Modi, Sissi, Kagame…

Cet inventaire à la Prévert, en bien plus triste, l’indique : le terme « populisme » se comprend mieux au pluriel qu’au singulier. Selon les périodes historiques durant lesquelles il apparaît, des narodniki du XIXe siècle au nazisme des années 1930-1940 et au nassérisme des années 1950-1960, selon qu’il se développe au Nord ou au Sud, selon qu’il est de droite ou de gauche, il présente des caractéristiques sensiblement différentes.

Mais, ces spécificités n’empêchent pas certains points communs. Ainsi le culte du chef, dont le mouvement porte même souvent le nom, du péronisme au lepénisme. De même la prétention de dépasser le clivage gauche/droite. N’oublions pas aussi l’exaltation du peuple et de la nation, menacés ou humiliés par les élites mondialisées, au point de constituer de nouveaux « ethno-nationalismes ». Tous ou presque partagent en outre un certain mépris de la démocratie, dont Benedetto Croce disait : « C’est le néant ! C’est le troupeau conduisant le berger, c’est le monde renversé, c’est le désordre, l’inanité et l’imbécillité organisée. » Autre trait commun : une religion de la souveraineté, face aux organismes supranationaux, Union européenne (UE) en tête.

Bref, le populisme représente moins une doctrine cohérente qu’un ensemble de discours et de pratiques politiques.

Les exemples nationaux que vous citez sont nombreux et impressionnants. Quelles sont les origines et causes de ces puissantes vagues ?

Ce qui unit ces discours et ces pratiques, c’est avant tout un contexte. Leur terreau, c’est notamment la quintuple crise dont nombre de pays et de peuples font les frais :

  • D’abord, la crise économique et sociale, dont l’explosion des inégalités constitue la première conséquence : un rapport d’Oxfam indique qu’en 2017 82 % de la richesse a profité au 1 % le plus riche ! Cette relative paupérisation alimente les mouvements populistes qui prétendent défendre les « petits » contre les « gros ». Non sans succès : comme le Rassemblement national en France, ces partis arrivent en général en tête dans l’électorat populaire ;
  • ensuite, la crise d’identité. Car le chômage, la paupérisation, la mise à la retraite forcée provoquent un ébranlement moral, qui vient s’ajouter au flottement de toutes les valeurs traditionnelles, qu’exploitent les populistes ;
  • la troisième est la crise de souveraineté d’États dépossédés de leurs prérogatives au profit des structures supranationales. D’où la tentation d’un repli sur l’État-nation, considéré comme une forteresse. Nombre de populistes prônent une sortie de l’euro, voire de l’UE. Certains glissent vers la xénophobie, parfois le racisme, l’antisémitisme et bien sûr l’islamophobie ;
  • la quatrième tient à la défiance vis-à-vis des institutions démocratiques, accusées de trahir le peuple au profit du grand capital mondialisé. Un récent sondage montre que les Français accordent, dans l’ordre, leur confiance aux PME[1] (80 %), aux maires (68 %), aux grandes entreprises (40 %), à l’UE (36 %), aux syndicats (34 %), à la présidence de la République (34 %), aux médias (30 %), aux députés (26 %) et… aux partis politiques (10 %) ! Ce désamour peut déboucher sur le pire ;
  • mais la cinquième crise, sans doute la plus importante, est celle des alternatives. Partout où ces partis ont connu un essor rapide, c’est en l’absence d’alternatives crédibles, de droite comme de gauche. Concernant ces dernières, la disparition de l’URSS a joué un rôle majeur. Je fais partie de ceux qui croyaient que la faillite du « socialisme réellement existant » lèverait l’hypothèque que le stalinisme avait longtemps fait peser sur la perspective même d’un autre socialisme. Il n’en a rien été. Et c’est un atout décisif des populistes, notamment en Europe.

Comment lutter efficacement contre ce phénomène ?

Le combat contre les populismes suppose évidemment une lutte contre leurs différentes thèses, et a fortiori contre leur mise en œuvre lorsque leurs tenants arrivent au pouvoir. Il ne s’agit évidemment pas là d’une bataille sur le seul plan moral. Ce qui sera capital, c’est la capacité à proposer des solutions différentes et cohérentes, mieux à même de répondre aux nouvelles attentes populaires dans tous les domaines.

Au-delà, la question décisive est celle de la reconstruction d’alternatives crédibles, aux plans national, mais aussi européen et, à certains égards, mondial. Ce changement radical de perspective est seul de nature à faire refluer les illusions populistes.

Car c’est dans l’absence d’alternative qu’elles s’enracinent. Si les Le Pen n’ont cessé de progresser, n’est-ce pas du fait des échecs de la droite et de la gauche françaises dans le cadre de politiques similaires ? Si le Mouvement des Cinq étoiles et la Ligue ont rassemblé la majorité des suffrages exprimés, n’est-ce pas en raison de l’épuisement des coalitions incarnées par Silvio Berlusconi et Matteo Renzi ? Si Viktor Orban, Jaroslaw Kaczynski, Andrej Babis et Peter Pellegrini dominent le groupe dit « de Visegrad », n’est-ce pas parce que le communisme, puis le postcommunisme ont trahi successivement leurs promesses dans leurs pays ?

C’est ce cercle vicieux qu’il convient de rompre en rouvrant une perspective.

[1] Petites et moyennes entreprises.

 

9782348037436

 

Cet entretien est également disponible sur mon blog.

 

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8 septembre 2018 6 08 /09 /septembre /2018 06:00
Ian Brossat inaugurera l'espace Bretagne de la Fête de l'Huma le vendredi 14 septembre à 18h
Ian Brossat inaugurera l'espace Bretagne de la Fête de l'Huma le vendredi 14 septembre à 18h
Ian Brossat, chef de file des Communistes aux élections européennes du 26 mai 2019, inaugurera l'espace Bretagne
espace de scène musicale (pour le Fest-Noz du vendredi soir) et de débats organisés par les communistes bretons, le vendredi 14 septembre à 18h à la fête de l'Humanité (avenue Martin Luther King) 
Il développera les propositions du Parti Communiste pour les élections européennes et l'enjeu de cette élection et de l'action des parlementaires européens pour nous.   
Tous les militants disponibles et les visiteurs de la fête de l'Humanité sont bien sûr invités à venir l'écouter. 
Voici les débats prévus sur l'espace Bretagne le samedi et le dimanche: 
Le samedi 15 septembre, 15h :
 
 "Le scandale Parcoursup et les inégalités d'accès des jeunes à l'enseignement supérieur" 
 
Débat animé par Jeanne Péchon et Camille Le Marchand, des Jeunesses Communistes Bretagne (MJCF)
Avec : Camille Lainé, secrétaire nationale des Jeunesses Communistes
Pierre Ouzoulias, sénateur communiste  en première ligne dans le combat contre Parcoursup au Parlement
- Yann Le Pollotec, membre de la direction du PCF, animateur de la commission Révolution numérique 
- Jean-Marc Cléry, porte-parole de la FSU Bretagne 
 
Le dimanche 16 septembre, 11h :
 
« Vieillir est une chance ! Pour le respect, la dignité : combattre l’Âgisme
dans notre société, les EHPAD et à domicile »
 
Débat animé par Christiane Caro, commission nationale santé PCF-Front de Gauche
- Avec Pascal Champvert, président de l'association des Directeurs au service des Personnes âgées 
-  Bernard Spitz, président de la fédération française de l'assurance 
-  Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF
Ian Brossat inaugurera l'espace Bretagne de la Fête de l'Huma le vendredi 14 septembre à 18h
Ian Brossat inaugurera l'espace Bretagne de la Fête de l'Huma le vendredi 14 septembre à 18h

"Le Parti communiste s'est assez fait marcher sur les pieds. Mon objectif est de faire en sorte, avec cette campagne, qu'il retrouve une place dans le paysage politique". (Ian Brossat, L'Humanité) 

Si l’extrême droite la plus xénophobe progresse partout en Europe, à qui la faute ? Qui a laissé l’Allemagne de M. Schaüble dicter sa politique monétaire ultra-conservatrice à l’ensemble des 27 ? Quels sont les gouvernements qui, élus parfois sur des programmes sociaux-démocrates, ont libéralisé d’arrache-pied leur « marché du travail », c’est-à-dire précarisé les salariés et abaissé leur niveau de vie ? Qui a contribué à aggraver l’explosion des inégalités à laquelle on assiste depuis des années ? Ce sont exactement ces gouvernements libéraux, se qualifiant eux-mêmes de « progressistes », mais servant hélas souvent de fourrier à l’extrême droite (...) La vérité, c’est que contrairement aux éléments de langage d’Emmanuel Macron, il n’y a pas à ce jour d’affrontement entre gouvernements dits progressistes et gouvernements nationalistes. A l’inverse, tout se passe comme si les libéraux acceptaient sans le dire de jouer un véritable paso doble avec l’extrême droite pour mettre en place des politiques économiques et migratoires convergentes. Cette fausse opposition ne leur sert qu’à brandir avec facilité le spectre de l’extrémisme pour espérer conserver leurs positions électives. La vraie alternative, elle se situe entre les partisans de cette Europe du dumping fiscal et de la fermeture des frontières, et ceux d’une Europe ouverte, multiculturelle, sociale. La seule façon d’être à la hauteur des valeurs humanistes du projet européen, c’est de l’arrimer au progrès social et à la tradition de l’accueil et de la solidarité. Et dès lors, de promouvoir une fiscalité qui frappe les multinationales pour financer les services publics, ainsi qu’une vraie coopération européenne pour organiser et répartir équitablement l’accueil des migrants d’aujourd’hui et de demain.  (Ian Brossat, Tribune dans Le Monde

" L'Union européenne promeut depuis de nombreuses années des politiques d'austérité. Celles-ci sont à la fois injustes et inefficaces. Au cours des 10 dernières années, les richesses produites ont augmenté, certes. Le PIB des pays de l'UE est passé de 15 000 milliards d'euros à plus de 17 000 milliards d'euros entre 2006 et 2017. 2000 milliards d'euros de plus, c'est l'equivalent du PIB français. Mais dans la même période, la part de travailleurs pauvres est passée de 7% à 10%. Ceux qui ont produit ces richesses n'ont pas été récompensés pour leurs efforts. Pire, ils se sont appauvris. Ce sont les multinationales qui en ont profité et s'en sont mis plein les poches.
Tout cela n'est pas le fruit du hasard. La politique de l'Union européenne y est pour beaucoup. Toute sa logique peut être résumée en 3 lettres : priorité aux marchés. Résultat, c'est jackpot pour les banques et ceinture pour les autres.
Depuis la crise de 2008, la Banque centrale européenne a versé 3000 milliards d'euros aux banques privées sans la moindre contre-partie. Les mêmes banques qui alimentent la spéculation et qui vous infligent des aggios dès lors que vous avez quelques euros de déficit.
Quant aux salariés, la Commission européenne leur inflige la mise en concurrence à tous les étages. Elle organise le dumping social, c'est-à-dire la course aux plus bas salaires et aux pires conditions de travail. Elle ne fait rien d'efficace face au travail détaché, rien face aux délocalisations.
Au dumping social, elle ajoute le dumping fiscal en encourageant les États à baisser les impôts des plus riches et des entreprises.
C'est avec cela qu'il faut rompre. Car cette Europe nous conduit dans le mur. La preuve : les gouvernements ont tellement dégoûté les Européens de l'Europe qu'ils finissent par se jeter dans les bras de l'extrême-droite. Il y a donc urgence à porter la voix d'une autre Europe, qui soit celle du monde du travail, et non celle du fric". (Ian Brossat, Rouge Finistère - août 2018) 
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8 septembre 2018 6 08 /09 /septembre /2018 05:30
Marie-George Buffet, ancienne ministre des Sports (1997-2002), députée communiste de Seine St Denis

Marie-George Buffet, ancienne ministre des Sports (1997-2002), députée communiste de Seine St Denis

Marie-George Buffet : «Redonner plus de pouvoirs au ministère» des Sports

Présente à la conférence sur le financement du sport français, mardi au CNOSF, l'ancienne ministre des Sports (1997-2002) a surfé sur la démission de Laura Flessel pour lancer un plaidoyer en faveur du maintien de l'institution.

«Je pense qu'il faut redonner à ce ministère plus de compétences et plus de pouvoirs. Peut-être que Laura Flessel n'a pas eu cette possibilité de porter ce ministère tel qu'elle l'aurait voulu», a expliqué la député communiste de Seine-Saint-Denis. «Je pense que trop souvent Bercy vient contrecarrer des projets. Par exemple la bêtise de plafonnement des taxes sur le sport amateur. C'est ridicule quand on voit les sommes que cela représente. Ce n'est rien dans le budget de l'Etat. Le budget des Sports, c'est 0,13% du budget de l'Etat, c'est une poussière dans le budget de la nation.Donc pourquoi aller rogner sur des activités humaines qui jouent un rôle pour l'épanouissement des individus et un rôle social et économique», a poursuivi l'ancienne ministre des Sports de Lionel Jospin.

 
 
 

À l'origine de la taxe sur les droits télé qui porte son nom, la femme politique  «comprend que le mouvement sportif manifeste sa colère. Aucune ministre ne doit le prendre pour elle, c'est normal que le mouvement sportif réclame au Gouvernement les moyens de son fonctionnement et de jouer son rôle dans la société».

 

Interrogée sur l'opportunité de conserver un ministère alors que va être lancée une agence du sport, elle a insisté : «Est-ce que l'on a encore besoin d'une activité qui soit régulée par l'Etat et qui soit un droit pour tous ? Oui il faut un ministère des Sports. Et je le dis au mouvement sportif, méfions-nous de cette fausse bonne idée qui viserait à penser qu'il faut prendre toute son autonomie et que l'on a plus besoin du ministère. Il y a certaines fédérations qui n'ont peut-être pas besoin d'un ministère mais il y en a beaucoup de fédérations qui en ont drôlement besoin.» 

 

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7 septembre 2018 5 07 /09 /septembre /2018 09:56

A QUIMPER AUSSI
SAMEDI 8 SEPTEMBRE 11H
PLACE TERRE AU DUC
puis à 12h cheminement vers la rue Ste Catherine près de la préfecture pour dépôt de gerbe et die-in symboliques
avec le soutien du PCF

8 septembre : Tous ensemble pour le climat

Les raisons de la démission de Nicolat Hulot ont le mérite de relancer les mobilisations citoyennes sur le climat. Tant mieux, nous en serons! Sans l'intervention des peuples, les États, seuls, même les mieux intentionnés, ne peuvent pas résoudre la crise écologique.

Nous vivons dans un monde malade d'un système : le capitalisme. Ce système, promu par actionnaires égoïstes, se fout de la vie du plus grand nombre et de la planète comme de ses premiers dollars.

Pour protéger l'humanité et préserver la planète il nous faut changer ce système et bâtir un nouveau mode de développement, de production et de consommation, éradiquant les inégalités sociales et environnementales, respectueux des êtres humains et de la nature.

L'avenir est entre nos mains. Nous serons donc dans la rue le 8 septembre, à Paris et partout en France, avec toutes celles et tous ceux pour qui l'urgence écologique est à l'ordre du jour !

La planète se consume, la macronie joue les pompiers pyromanes (PCF) - Marche pour le climat le 8 septembre
La planète se consume, la macronie joue les pompiers pyromanes.
Il y a une semaine Nicolas Hulot, démissionnait avec fracas, exprimant dans une sincérité incontestable, son incapacité à changer les choses face à un pouvoir gangrené par les lobbys, et mettant en lumière l’urgence à changer de « paradigme », accusant nôtre modèle économique marchand d’être « la cause de tous ces désordres ».

Nous venons de traverser un été meurtrier (incendie, glissement de terrain, inondation) aussi bien au niveau national qu'international mais aussi la catastrophe du pont de Gênes qui, une fois de plus, rappelle l’impérieuse nécessité de développer le fret ferroviaire en mettant fin au tout-camion. La démission de Nicolas Hulot aurait pu et dû agir comme un électrochoc, l’ex ministre de l’écologie appelant lui même « à une introspection profonde de notre société ».

La nomination, aujourd’hui, de François Rugy, homme qui a fait repousser à deux heures du matin l'amendement demandant l'interdiction du glyphosate, comme ministre de la transition écologique et solidaire, est un très mauvais coup porté à l’écologie ainsi qu’à l’avenir de notre planète et de nos enfants.

Il est vrai que François de Rugy a le profil type : un soldat au service du roi qui ne dit rien et accepte tout.

Alors que les enjeux environnementaux sont un défi à relever pour l'humanité toute entière, qu’Emmanuel Macron s’est fait élire sur la promesse « d’un nouveau monde », les annonces d’aujourd’hui ressemblent comme deux gouttes d’eau à l’ancien monde. Le remaniement interne à LREM ne donne que l’amer goût d'un remerciement à ses serviles soldats et au service des ambitions individuelles.

Plus les jours passent et plus l’astre Jupiter pâlit. En revanche, la planète continue de brûler. 
 
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7 septembre 2018 5 07 /09 /septembre /2018 09:54
Sacrifier la jeunesse et les retraités, c’est détruire la société (Yann Le Pollotec, PCF)

Sacrifier la jeunesse et les retraités, c’est détruire la société

Un adage populaire veut que l’on juge une politique à partir du sort qu’elle réserve à sa jeunesse et à ses aînés. Or la politique de Macron cogne à la fois sur les jeunes et sur les retraité·es, tout en divisant et opposant nos concitoyens entre eux.

La jeunesse, avec la loi Pénicaud, est précarisée comme jamais alors que Parcoursup met en algorithme la reproduction sociale et la discrimination territoriale. Les retraité·es avec la hausse de la CSG et le quasi blocage de leurs pensions voient leur pouvoir d’achat fondre comme neige au soleil. Le pouvoir va jusqu’à dévoyer la solidarité générationnelle de notre système de retraite qui veut que les actifs cotisent pour payer la retraite de leurs aînés, en présentant les retraité·es comme des rentiers vivant grassement aux crochets des salarié·es. Or la vérité est que les retraités actuels ont eux même cotisés pour les générations précédentes ce qui leur a ouvert un droit imprescriptible à la retraite. La vérité est que les retraités touchent en moyenne 1389 € par mois avec une retraite médiane à 1300 € et d’énormes inégalités entre les femmes et les hommes. La vérité est que ce ne sont pas les montants des pensions qui sont trop hauts mais les salaires qui sont trop bas. La vérité est que les retraité·es loin d’être égoïstes aident leurs enfants et petits enfants à hauteur en moyenne de 330 € par mois. La vérité est que la pseudo économie obtenue par le blocage des retraites est inférieure à la perte de ressources fiscales conséquente à la suppression de l’impôt sur la fortune. La vérité est que ce qui coûte un « pognon de dingue », c’est la rémunération du capital.
La vérité est que Macron veut mettre en place une société d’insécurité sociale au seul profit des 1% qui accaparent l’essentiel des richesses produites dans notre pays. Cette société interdit à la jeunesse de construire son avenir et aux aînés de jouir de leur droit à la retraite. Cette société fait que 46% des moins de 35 ans ne croit plus en la démocratie (soit une progression de +10% depuis l’élection de Macron). Le modèle d’une société qui sacrifie sa jeunesse et ses retraités n’est pas une société d’avenir, Elle n’est qu’une utopie mortifère digne du film de fiction Soleil Vert
C’est pourquoi, nous devons mettre au cœur de notre congrès, la construction du chemin politique pour une société de la sécurité sociale, gage du libre développement de toutes et tous.

Yann Le Pollotec

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6 septembre 2018 4 06 /09 /septembre /2018 06:08

 

Le gouvernement a confirmé hier que l’État allait cesser d’être actionnaire majoritaire du groupe au profit de la Caisse des dépôts, désormais seul maître à bord.

Un tsunami se prépare à La Poste. Hier, le gouvernement a annoncé le début d’un grand chantier de rapprochement entre la Caisse nationale de prévoyance (CNP) Assurances et La Banque postale. De fait, la Caisse des dépôts et consignations (CDC), actionnaire à hauteur de 26 % de La Poste depuis 2011, deviendra majoritaire dans le capital du groupe en mettant la main sur une partie des parts détenues par l’État français via l’Agence des participations. En contrepartie, avant la fin 2019, la CDC apportera à La Poste sa participation de 42 % dans CNP Assurances, permettant à l’opérateur postal de récupérer 6 milliards d’euros de fonds propres. C’est via un amendement ajouté dans le projet de loi Pacte, examiné au Parlement en septembre, que l’État deviendra actionnaire minoritaire de La Poste pour la première fois de son existence. Laissant la CDC seul maître à bord. La procédure de privatisation entamée depuis la transformation de La Poste en société anonyme à capitaux publics le 1er mars 2010, suivie d’un grand malaise social face aux bouleversements internes, s’accélère. Présentée par le gouvernement comme une nécessité de trouver des revenus alternatifs à la baisse de l’activité courrier, cette opération poursuit surtout la stratégie de privilégier les activités bancaires et assurance comme locomotives du groupe.

« C’EST UN DÉSENGAGEMENT IMPORTANT DE LA PART DE L’ÉTAT »

Si le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, affirme que « la création de ce pôle public financier marque désormais une étape historique dans l’histoire de La Poste, qui a au moins six siècles d’existence », pour la CGT, qui soutenait ce type de proposition, on est loin du compte. Comme le souligne Alain Barre, administrateur CGT, « d’accord pour un grand pôle public, mais pas comme ça ! À quoi va-t-il servir ? Cela ressemble à un montage financier pour que La Poste obtienne des fonds afin d’augmenter la croissance externe du groupe, notamment pour payer les acquisitions de sociétés de prestations de santé à domicile » (Psad). De son côté, SUD PTT juge qu’un autre scénario était possible : « Il n’y a aucune incompatibilité entre un rapprochement de la CNP et La Poste, l’État pouvant rester majoritaire sans aucune difficulté, sous réserve que ce dernier augmente le capital de celle-ci. Ce ne serait d’ailleurs qu’une juste compensation des 500 millions d’euros qui manquent chaque année dans les comptes de La Poste au titre de l’accomplissement des missions de service public (aide à la personne, accessibilité bancaire et territoriale…). »

Quant à FO et la CFDT, elles semblent se satisfaire de cette décision, mais la regardent avec « vigilance ». Pour Force ouvrière, cette opération permettrait à La Banque postale de devenir « une vraie banque assurance ». L’argument de la permanence des capitaux 100 % publics à La Poste, via la montée au capital de la CDC, institution financière publique, n’apaise pas les esprits. « C’est un désengagement important de la part de l’État, rappelle Alain Barre. La Caisse des dépôts a des exigences de rentabilité. Il n’y a donc aucune garantie de maintien des missions de service public et de l’égalité d’accès postal. Et l’activité courrier existe encore, quoi qu’en dise le gouvernement. » Pour SUD PTT, c’est aussi « une supercherie. Que La Poste commence déjà par geler la fermeture des bureaux de poste qui se fait à la cadence de 500 par an ». Sur 17 000 points de contact dans le pays, seuls 8 500 bureaux sont de plein exercice. Bien loin d’un service public de haut niveau.

Cécile Rousseau

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6 septembre 2018 4 06 /09 /septembre /2018 06:07

 

Dans un pays ou la consommation représente 55% du produit intérieur brut, le quasi blocage des pensions de retraite, des allocations familiales et de l’APL en 2019 et 2020 va appauvrir des millions de gens et produire un effet récessif qui fera augmenter le chômage. Tous ces Français ont de bonnes raisons de se conduire en « Gaulois réfractaires » fustigés hier par Emmanuel Macron au Danemark pour justifier sa politique au service des nantis. 

 

Dans l’entretien accordé par le Premier ministre au Journal du Dimanche daté du 26 août, deux extraits ont souvent été relevés mais peu analysés par les commentateurs. Ils méritent pourtant d’être vus comme porteurs de contradictions au delà de la volonté d’enfumage de ce gouvernement. Edouard Philippe nous informe que « dès le 1er septembre 2019, les cotisations salariales sur les heures supplémentaires seront supprimées pour tous les salariés dans le privé comme dans le public. Pour une personne payée au SMIC, cette mesure représentera en moyenne plus de 200€ supplémentaires par an», dit-il.

Le Premier ministre ne précise pas combien d’heures supplémentaires seront nécessaires chaque semaine pour que la suppression des cotisations salariales du smicard sur ces heures-là lui donne un peu plus de 16 € par mois en moyenne. Mais on sait que cela ne coûtera pas un centime à son employeur qui empochera la plus-value produite par ces heures supplémentaires. Car le gouvernement paiera la différence via nos impôts. Dans le même entretien, Edouard Philippe précise aussi que certaines prestations « augmenteront de  0,3% par an en 2019 et en 2920 : l’aide personnalisée au logement, les allocations familiales, les pensions de retraite».

CE QUE PERDRA LE SMICARD SUR L’APL ET LES ALLOCATIONS FAMILIALES

Prenons le cas du smicard mis en exergue par le Premier ministre. Si son employeur lui propose des heures supplémentaires défiscalisées, ce sera seulement à partir d’octobre 2019. Si ce smicard est locataire d’un logement HLM  et bénéficie de l’Aide Personnalisée au Logement (APL) en raison de ses revenus modestes, l’augmentation de 0,3% de l’APL en 2019 et 2020 ne couvrira pas l’augmentation du loyer calée sur la moyenne de l’inflation. A supposer qu’un loyer mensuel de 600€ augmente de 2% en 2019 et en 2020, cela se traduira par une hausse de la dépense de 144€ pour 2019 et un peu plus pour 2020. A supposer que l’APL couvrait en 2018 le tiers de ce loyer mensuel, sa  hausse de 0,3%  seulement les deux années suivantes fera monter sensiblement le reste à charge pour le locataire.

Si le smicard, ou la  smicarde, pouvant percevoir une moyenne de 16€ de plus par mois via les heures supplémentaires à partir d’octobre 2019,  est aussi parent de plusieurs enfants, la même personne perdra beaucoup sur ses allocations familiales. Elles s’élèvent à 299,20€ mensuels en 2018 pour trois enfants. Revalorisées de 2% en 2019 pour tenir compte de l’inflation, elles auraient pu augmenter de près de 72€ sur l’année. Avec 0,3% d’augmentation, elles augmenteront de 10,44€ et guère davantage en 2020. Sur deux ans, le manque à gagner atteindra 123€ environ.

MACRON VEUT RÉDUIRE LES RETRAITES DE 10% EN CINQ ANS

Evoquons maintenant la situation des 16 millions de retraités que compte le pays. Ils ont perdu plusieurs points de pouvoir d’achat sous les présidences de Nicolas Sarkozy et François Hollande, du fait de plusieurs reports des dates de revalorisation des pensions et du changement du mode de calcul en ne prenant plus en compte l’inflation dans sa totalité. Mais les choses empirent comme jamais depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée. Le prélèvement de 1,7% sur les pensions brutes dès janvier 2018 a réduit les pensions nettes de 1,83%. Alors que la hausse des prix a été de 2% sur un an de la fin du printemps 2017 à celle de 2018, les retraités ont perdu 4% de pouvoir d’achat depuis l’installation de Macron à l’Elysée.

A supposer que la hausse moyenne des prix soit de 1,8% en 2019 et en 2020, la revalorisation des pensions de seulement 0,3% durant chacune de ces prochaines années fera perdre 3% de pouvoir d’achat aux retraité. A ce rythme, ils pourraient perdre 10% de leur pouvoir d’achat durant le quinquennat de l’actuel président de la République. Alors que la pension brute moyenne était de 1.389€ en 2016 et qu’elle a baissé depuis du fait de l’augmentation de la CSG, la perte mensuelle sur la pension moyenne pourrait être de 138€ par mois à la fin du quinquennat! C’est du vol au regard des droits acquis par une vie de cotisations mensuelles !       

En France, la consommation représente près de 55% du produit intérieur brut, le fameux PIB évoqué à tout bout de champs pour booster la croissance économique, qui fait rentrer des recettes fiscales dans les caisses de l’Etat. Cette croissance n’a été que de 0,2%  au cours du second trimestre 2018. Que deviendra-t-elle en 2019 et 2020 dès lors que, des retraités aux locataires en passant par les familles avec enfants, plus de la moitié de la population française subira une baisse sensible de son pouvoir d’achat? Un tel recul de pouvoir d’achat fera progresser le chômage et donc le nombre des inactifs tandis que la progression globale des heures supplémentaires délestées du salaire différé réduira les recettes de la Sécurité sociale et des caisses de retraite !

L’HOMME QUI PALPAIT 140 FOIS LE SMIC MENSUEL CHEZ  ROTHSCHILD

Déterminé à poursuivre sa politique au service des plus riches, Emmanuel Macron a déclaré hier devant la petite communauté française installée au Danemark en évoquant ce que l’on appelle la « flexisécurité » dans ce pays : « Il ne s’agit pas d’être naïf, ce qui est possible est lié à une culture, un peuple marqué par son histoire. Ce peuple luthérien, qui a vécu les transformations de ces dernières années, n’est pas exactement le Gaulois réfractaire au changement !», que serait le citoyen français. Plus tard, devant le patronat danois, le même homme a déclaré : « Vous verrez, la France transformée par son peuple, les gens changent d’état d’esprit, ils sont beaucoup plus ouverts au risque».

Lors de sa dernière année passée à la banque Rothschild sur un total de quatre, le cadre bancaire Emmanuel Macron a empoché la somme de 2 millions d’euros en salaire, en actions gratuites et en primes. On ignore quelle fut la part des heures supplémentaires pour acquérir ce pactole. Sachant que le SMIC net est aujourd’hui 1.153,82 euros mensuel, Macron empocha en 2011 l’équivalent de 140 SMIC par mois. Fort de cette expérience, il estime que tout doit revenir aux « premiers de cordée ». Il reste à savoir comment vont réagir les « Gaulois réfractaires »

 

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5 septembre 2018 3 05 /09 /septembre /2018 06:04

 

Parcoursup, réforme du bac, « culture de l’évaluation » à tous les étages : discrètement, le ministre de l’Éducation nationale poursuit en cette rentrée une reconfiguration très idéologique de l’école française.

Jean-Michel Blanquer, c’est un ministre de l’Éducation qui aime parler d’amour. « Un pays qui va bien, c’est un pays qui aime ses profs », a-t-il ainsi déclaré à plusieurs reprises la semaine dernière, au cours de la traditionnelle conférence de presse de rentrée. À leur manière, les syndicats d’enseignants ont eu vite fait de lui répondre qu’il n’y a pas d’amour, seulement des preuves d’amour, et que celles-ci se font attendre.

Il ne s’agit pas là seulement de pointer les fameuses « revendications catégorielles » qu’on ne nomme ainsi que pour souligner l’égoïsme supposé de ceux qui les portent. Baisse des salaires réels, perte d’attractivité d’un métier qui peine de plus en plus à recruter, recul de la liberté pédagogique et poids de la hiérarchie… En vérité, les motifs de mécontentement sont nombreux, au point que le Snes-FSU, premier syndicat du second degré, a déposé un préavis de grève courant sur les quinze premiers jours de classe, afin de couvrir les actions revendicatives que cette rentrée sous tension pourrait susciter.

Mais, au-delà de ces préoccupations, ce qui s’exprime, c’est l’inquiétude qu’à « bas bruit », pour reprendre la terminologie en vogue, la deuxième rentrée Blanquer, s’inscrive dans une reconfiguration profonde du modèle scolaire français, une stratégie que la secrétaire générale du Snuipp-FSU (primaire), Francette Popineau, qualifie de « rouleau compresseur ». Une crainte que le ministre réfute indirectement : pour lui, en cette rentrée 2018, il s’agit simplement « d’amplifier (sic) le sillon de l’école de la confiance », qu’il a commencé à creuser l’an dernier. « Il y a une politique sociale en profondeur qui est menée », « j’ai en permanence à l’esprit les enjeux de justice sociale », martelait-il encore samedi dans une grande interview opportunément offerte au quotidien le Monde.

AVEC PARCOURSUP, SÉLECTION ET ORIENTATION FORCÉES

Pourtant, cette reconfiguration est visible, et elle ne se fait pas toujours dans la discrétion. La colère qui s’est levée au printemps dans les universités contre la loi ORE (orientation et réussite des étudiants) et le système Parcoursup en témoigne. Alors que la « phase principale » de Parcoursup prend fin mercredi, on en connaît déjà les effets : il restait encore hier dimanche plus de 127 000 élèves en attente ou sans affectation (sur 812 000 inscrits). Ceux-là, s’ils arrivent à intégrer une formation supérieure à l’issue de la « phase complémentaire » le 21 septembre, auront subi une sélection, une orientation forcées. Mais la logique de Parcoursup va encore plus loin, on le sait : maintenir et légitimer – en lui donnant l’apparence d’un système juste, tenant compte des aspirations de chacun – le goulet d’étranglement d’un enseignement supérieur en incapacité d’accueillir tous les jeunes en demande de formation. Ce faisant, les mettre en concurrence les uns avec les autres, en les obligeant à déployer dès le lycée des stratégies dont l’unique but est de leur permettre d’intégrer après le bac la formation de leur choix. Et au passage, mettre en concurrence les établissements les uns avec les autres, à qui attirera les « meilleurs » élèves afin de présenter les meilleurs taux de réussite au bac et d’admission post-bac. Aux autres, quels que soient leurs mérites ? Les miettes. Et en option obligatoire, l’expérience de l’injustice…

DES CHEFS D’ÉTABLISSEMENT « MANAGÉRISÉS »

Parcoursup joue donc le rôle d’un entonnoir forçant chacun, en amont, à entrer dans une logique de concurrence. C’est d’ailleurs ce qui le fait applaudir par les plus libéraux de ses partisans. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Jean-Michel Blanquer a beau s’en défendre avec des airs de Raminagrobis : cette même logique est en train de s’immiscer au cœur de tout l’appareil scolaire. Des indices ? La fameuse « culture de l’évaluation », vantée par le ministre comme l’alpha et l’oméga de sa politique. Après l’entrée au CP et en 6e en 2017, ces évaluations sont étendues cette année à la mi-CP, au CE1, et à l’entrée en 2de. À une échéance non déterminée, il s’agira aussi d’évaluer les établissements ; voire, dans l’enseignement prioritaire (REP et REP+), de lier la prime de 1 000 euros promise aux enseignants aux résultats obtenus par leurs classes aux évaluations et aux objectifs de fin d’année. Objectifs annuels qui, au passage, remettent en question les cycles pluriannuels et la souplesse qu’ils autorisent.

Bien sûr, pour le moment il n’est pas question – du moins ouvertement – d’établir un classement officiel des établissements. Mais il n’est pas non plus question de se l’interdire. Et c’est un canevas serré qui se dessine finalement au-dessus de l’école, en ajoutant l’autonomie des établissements et la « gestion des ressources humaines de proximité » promise par le ministre. Là encore, il faut décoder : aux chefs d’établissement du secondaire, de plus en plus « managérisés », la possibilité d’un recrutement local – voire hors des concours de l’éducation nationale. De quoi faire voler en éclats l’entraide et le travail collectif, pourtant indispensables, au sein d’équipes pédagogiques qui se plaignent déjà des pertes d’autonomie induites par le poids croissant de la hiérarchie, des chefs d’établissement aux inspecteurs. Malgré tous les démentis, c’est donc bien une école au modèle entrepreneurial très macronien, instillant dès le plus jeune âge le venin de la compétition et de la concurrence de tous contre tous, qui pourrait se mettre en place assez vite… si on n’y prend garde.

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RETOUR À LA SEMAINE DE QUATRE JOURS, PORTABLES INTERDITS...

 

Outre le dédoublement des CP et CE1 dans les quartiers défavorisés ou le développement des évaluations, cette rentrée voit d’autres nouveautés se mettre en place. Sur les rythmes scolaires, la plupart des écoles devraient revenir à la semaine de quatre jours : 85 % des communes, soit un peu plus de 80 % des élèves. Une « liberté nouvelle », dixit Blanquer, qui fait peu de cas du bien-être des élèves… Lesquels devront aussi mettre de côté leurs portables, désormais interdits officiellement. « La majorité des collèges avait déjà régulé l’utilisation du portable via leur règlement intérieur », tempèrent les chefs d’établissement. Enfin, dans le cadre de la très floue réforme du bac, les lycéens de seconde auront désormais 54 heures consacrées à l’information sur l’orientation, après les vacances de la Toussaint.

Olivier Chartrain

 

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5 septembre 2018 3 05 /09 /septembre /2018 06:02

 

Qu’il soit chef d’entreprise ou secrétaire d’État du président Donald Trump, l’Américain Rex Tillerson est avant tout un homme de pouvoir qui cultive autant le profit que le secret.

En évoquant Rex Tillerson, Donald Trump a comme un brin d’admiration dans la voix : « Il est bien plus qu’un chef d’entreprise : c’est un joueur de classe mondiale. » C’est par ces mots que le fraîchement élu président des États-Unis justifie son choix de propulser l’homme sur le devant de la scène, en le nommant secrétaire d’État en 2016. Si la confirmation du Sénat s’est faite avec la plus faible majorité connue pour une telle fonction, c’est peut-être parce que l’homme d’affaires n’a aucune expérience en diplomatie internationale.

Dans une nouvelle ère états-unienne gouvernée par des chefs d’entreprise, il semblerait que Rex Tillerson ait trouvé naturellement sa place. Comme chez les scouts, où le Texan a gravi les échelons jusqu’à atteindre le rang le plus élevé – Eagle Scout –, l’ingénieur est monté progressivement en grade au sein d’ExxonMobil. Occupant des postes de plus en plus importants, il devient président d’Exxon Yémen en 1995, puis PDG en 2006. Ce roi du pétrole ne se contente pas de diriger une des plus importantes sociétés pétrolières et gazières des États-Unis, il fait aussi partie des plus puissants lobbys du pays. Membre de l’American Petroleum Institute, une structure qui pèse sur les normes et les politiques nationales, voire internationales, c’est surtout sa participation au Business Roundtable, considéré comme l’organisation la plus influente des États-Unis, qui fait de lui un homme de pouvoir.

SON IMPLICATION DANS LE PROCESSUS D’ÉVASION FISCALE D’EXXONMOBIL EST RÉVÉLÉE EN NOVEMBRE 2017

En désaccord avec le président sur de nombreux points (l’accord de Paris sur le climat, celui sur le nucléaire iranien…), Rex Tillerson est limogé le 13 mars dernier. Auprès de l’opinion non plus, sa popularité n’était pas au beau fixe. « Notre pays a besoin d’un secrétaire d’État qui s’intéresse à guider les affaires étrangères d’une main ferme, plutôt qu’à placer le profit avant la diplomatie », avait analysé le jour même de sa nomination le journaliste John Nichols (The Nation). Faire du profit semble être la spécialité de Rex Tillerson. Et pour l’accumuler, le chef d’entreprise cultive le secret. Son implication dans le processus d’évasion fiscale d’ExxonMobil est révélée en novembre 2017 par le scandale des Paradise Papers. D’après le consortium international des journalistes d’investigation (Icij), lorsque Rex Tillerson était PDG d’ExxonMobil, l’entreprise possédait 51 milliards de dollars dans 35 paradis fiscaux, aux Bermudes, aux Bahamas ou encore à Singapour. Il a également été administrateur de la Marib Upstream Services Company, une société offshore basée aux Bermudes qui gère des opérations pétrolières au Yémen. Cette société, dont Hunt Oil, Total et l’entreprise publique du gaz au Yémen étaient également actionnaires, a permis d’exploiter 61 millions de barils de gaz naturel par an dans l’ouest du Yémen grâce à un fonds d’investissement de 5 milliards de dollars, avant que le pays n’exploite lui-même son gaz naturel à partir de 2005.

Mais Rex Tillerson n’aime pas qu’on fouille dans ses affaires. Déjà très discret comme PDG, le Texan n’a pas changé ses habitudes une fois devenu secrétaire d’État. Récalcitrant à l’idée d’accorder des interviews, l’homme se dit « pas un grand fan des médias ». « Personnellement, je n’en ai pas besoin »,explique-t-il. À l’instar d’autres journalistes américains, Steve Coll (The New Yorker) a mis les points sur les i lorsqu’un seul rédacteur a été convié à suivre le secrétaire d’État lors d’un déplacement officiel en Asie : « Dans une démocratie, le but de la couverture médiatique des personnages du gouvernement n’est pas de les célébrer mais de rendre leurs décisions transparentes et d’en rendre compte au public. »

 

Le guide touristique de la fraude : Singapour

Elle serait « le meilleur endroit du monde pour faire des affaires », selon The Economist. Singapour, troisième place financière mondiale, est un symbole de réussite économique… mais aussi d’évasion fiscale. La République insulaire apparaît en effet en tête de tous les classements, y compris celui des paradis fiscaux. Si elle ne figure pas sur la liste noire de l’Union européenne, les ONG Oxfam et Tax Justice Network la classent cinquième paradis fiscal en termes d’opacité et de nombre de capitaux investis dans des sociétés offshore (900 milliards de dollars). L’indice d’opacité fiscale, qui est compris entre zéro (transparence absolue) et 100 (opacité totale), est de 67,1 pour la ville-État. De nombreuses mesures incitatives sont proposées aux entreprises et aux particuliers pour alléger leurs factures fiscales : une société offshore peut s’y créer en moins de dix jours, le secret bancaire y est respecté, le taux d’imposition faible, et surtout l’anonymat du bénéficiaire y est possible. Parmi les personnes connues qui ont bénéficié de ces largesses, on peut évoquer l’ancien ministre socialiste Jérôme Cahuzac (voir notre « Carnet noir » du 27 juillet). Singapour est surnommée « ville jardin ». Un joli nom pour dissimuler des milliards de dollars derrière des forêts de gratte-ciel.

Mathilde Picard

 

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4 septembre 2018 2 04 /09 /septembre /2018 19:22
Prèlevement à la source: L'exécutif à l'heure des choix (L'Humanité)
Prélèvement à la source, l’exécutif à l’heure du choix !

Alors qu’Emmanuel Macron et le premier ministre attendent demain « des réponses claires » sur le prélèvement à la source, une note interne citée par le Parisien évoque jusqu’à 352 000 erreurs en phase de test du système.

Prélèvements à multiples reprises de la même personne, attribution du mauvais taux… jusqu’à 352 000 erreurs ou anomalies ont été répertoriées, touchant « des milliers de contribuables voire plus » durant la phase d’essai de retenue des impôts à la source réalisée auprès d’entreprises entre janvier et juin 2018, révèle une note interne de la direction générale des finances publiques publiée ce week-end par le Parisien. Or il n’y aurait « a priori pas moyen de (se) prémunir » de certaines de ces erreurs, prévient la note. Pourtant, la réforme, prévue pour entrer en application au 1er janvier 2019, était censée être un havre de paix, la fin du casse-tête et de l’angoisse.

Cette mesure, déjà engagée puis repoussée sous le quinquennat de François Hollande, afin que l’impôt soit directement collecté sur les salaires ou les pensions, devait être la clé pour faciliter la vie des contribuables. Telle était la ritournelle également chantée par l’exécutif macroniste depuis le lancement de la campagne officielle.

À quatre mois de la mise en application, le chef de l’État envisage sérieusement le report, voire même son abandon. Pour les syndicats, c’est déjà tout vu. « Personne n’est fichu de dire à 100 % si cela va fonctionner normalement », résume Olivier Vadebout, secrétaire général CGT finances publiques. « Le système d’impôt sur le revenu progressif est trop complexe pour le prélèvement à la source », résume Alexandre Dérigny, secrétaire général de la CGT finances. À cela s’ajoutent les très nombreuses niches fiscales. « Tout cela multiplie les situations, les taux et donc les bugs informatiques potentiels », note un autre spécialiste des finances publiques. La multiplication des acteurs est également un facteur d’erreurs, explique Alexandre Dérigny. « Aujourd’hui, le contribuable n’a qu’un seul interlocuteur, le service des impôts, c’est-à-dire des professionnels expérimentés.

Mais, à partir de janvier 2019, les contribuables, en fonction de leur situation, devront s’adresser au service du personnel de leur entreprise pour les salariés, à la caisse de retraite pour les retraités et à Pôle emploi pour les demandeurs d’emploi (qui deviennent collecteurs des impôts à la place du fisc), mais aussi au service des impôts puisqu’il faut continuer à faire des déclarations, et prévenir de tout changement, etc. » « Ce sont plusieurs systèmes d’information qui doivent coexister. Vu la taille, il va forcément y avoir des bugs », assure Olivier Vadebout. Outre les bugs, les agents pointent également un potentiel manque à gagner sur le recouvrement, en prenant l’exemple de la TVA, collectée par les entreprises. Selon l’étude de la Commission européenne, datant de 2015, « l’écart de TVA », à savoir la différence entre les recettes de TVA attendues et perçues, serait en France d’environ 12 %, alors qu’aujourd’hui le taux de recouvrement de l’impôt sur le revenu est de 98 %.

Or, pour la CGT, il était possible d’« améliorer l’outil de mensualisation déjà existant », note Alexandre Dérigny. « À moins, alerte-t-il, que le gouvernement ne cherche au travers du prélèvement à la source à casser la progressivité du système en supprimant des tranches au prétexte d’une simplification pour in fine arriver à un taux d’imposition sur le revenu individuel et unique. 

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