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8 septembre 2021 3 08 /09 /septembre /2021 05:25

 

Alors que la campagne vaccinale contre le Covid progresse en Europe, un fossé se creuse entre pays développés et pays pauvres. En cause, la subordination de la santé au capital et aux intérêts lucratifs.

Pour en débattre : Cathy Apourceau-Poly, sénatrice PCF du Pas-de-Calais, groupe CRCE ; Marc Botenga, député européen (parti du travail de Belgique), groupe GUE/NGL ; et Maurice Cassier, sociologue, directeur de recherche au CNRS.

 
En juin 2020, plus de 150 personnalités du monde de la science ont lancé un appel enjoignant les organisations internationales et les gouvernements à agir pour faire du vaccin contre le Covid un « bien commun » mondial. Où en sommes-nous dans cette démarche ?

 

CATHY APOURCEAU-POLY L’importance de cet appel n’a jamais été si forte : alors que les pays développés parviennent à des taux de vaccination avoisinant les 50 %, l’Afrique en est à 2,5 %… Avec en sus de fortes disparités sociales, comme cela est le cas en Tunisie, cause de l’explosion des contagions ces derniers mois. Pour fonctionner, un vaccin doit être injecté à une grande majorité de la population d’un pays, c’est le principe de la couverture vaccinale. C’est le principe qui régit les campagnes de vaccination depuis 1749 et les travaux du docteur Jenner, généralisés et développés par Louis Pasteur.

Or, comme l’a démontré la propagation du virus, avec la mondialisation, les ensembles nationaux, les frontières n’ont plus la même densité, il est donc indispensable d’atteindre les 75 à 80 % de personnes vaccinées dans le monde, et plus seulement devant chez nous. L’initiative Covax, animée en partie par la France, n’est qu’une aumône face aux besoins des pays en voie de développement, les doses sont insuffisantes tandis que la réflexion sur une possible troisième dose va accentuer encore la concurrence pour les obtenir.

Enfin, comme le soulignait Emmanuel Vigneron dans l’Humanité du 9 août, on constate déjà en France métropolitaine des écarts de près de 20 % dans la couverture vaccinale entre des jeunes vivant dans les zones les plus défavorisées et les plus favorisées. La question de la disponibilité n’est donc pas le seul critère, il faut aussi s’interroger sur la communication et l’information des populations ou sur l’accès des personnes isolées, en France comme dans le monde entier.

 

MARC BOTENGA Il y a au niveau mondial une immense majorité en faveur de la levée des brevets et de la propriété intellectuelle. La proposition est sur la table de l’OMC et en Europe, une initiative citoyenne européenne le demande. L’Union européenne et les gouvernements européens sont à peu près les derniers remparts au monde contre une levée des brevets. Dans ce sens, nos gouvernements incarnent l’absolue arrière-garde. Même le président américain, Joe Biden, a dû formellement déclarer défendre une suspension des brevets.

Sous pression d’une large mobilisation citoyenne, une majorité du Parlement européen a voté, tant en mai qu’en juin 2021, en faveur dudit Trips Waiver. Une victoire énorme. Mais la Commission européenne refuse de reconnaître ces résultats. À huis clos, les fonctionnaires de la Commission vont jusqu’à prétendre qu’il y a eu erreur et qu’il n’y a pas de majorité parlementaire en faveur de la levée des brevets, bien que la résolution finale ait été approuvée avec environ cent voix de différence. Cela tombe les masques. La Commission européenne obéit à Big Pharma, pas au Parlement européen.

 

MAURICE CASSIER Il convient de considérer la situation inédite créée en mai dernier par la décision des États-Unis, puis de la Chine et de la Russie de soutenir la proposition de l’Inde et de l’Afrique du Sud, déjà ralliée par une centaine de pays à l’OMC, d’une suspension temporaire de tous les droits de propriété intellectuelle sur les technologies de santé anti-Covid pour en faire des biens communs mondiaux, librement partageables et reproductibles par tous les fabricants qualifiés.

Le grand intérêt de cette proposition est qu’elle organise la suspension de tous les droits intellectuels couvrant ces produits (substances actives, procédés de fabrication, savoir-faire industriels, données cliniques confidentielles, etc.), ce qui permet de lever immédiatement toutes les restrictions sur les dizaines de familles de brevets qui couvrent par exemple tous les composants des vaccins à ARNm, au lieu d’entamer un processus long et incertain de décisions de licences obligatoires par brevet et par État.

Le 4 juin, l’Union européenne a apporté son renfort aux firmes propriétaires en proposant de s’en tenir à des licences volontaires accordées par les firmes et à des décisions de licences obligatoires, ce qui a provoqué l’indignation de Médecins sans frontières, qui accuse l’UE de saborder les négociations à l’OMC.

 

Pourquoi faire du vaccin contre le Covid un tel bien commun mondial est-il essentiel dans la lutte contre la pandémie ?

 

MARC BOTENGA Aujourd’hui, nous vivons un état d’apartheid vaccinal. Tandis que l’Union européenne fête un taux de vaccination de 70 %, dans des pays à bas revenu, ce taux n’atteint souvent même pas 3 %. C’est évidemment d’abord une injustice énorme. Face à un virus, une pandémie, nous disposons d’un vaccin, mais ce vaccin est nié à certains pays. Le British Medical Journal s’est même demandé si cela ne représentait pas un crime contre l’humanité.

Mais c’est aussi un désastre du point de vue de la santé publique. Plus le virus circule, peu importe à quel endroit de la planète, plus le risque de variants augmente. En mars 2021, sur 77 épidémiologistes de 28 pays, deux tiers considèrent qu’il reste au maximum un an avant que le Covid ne mute au point que nous ayons besoin de nouveaux vaccins, révèle un sondage du People’s Vaccine Alliance. Et ces variants ne connaissent pas de frontières.

Parlons aussi d’ailleurs des conséquences financières. En laissant le brevet dans les mains des multinationales, nous permettons à Pfizer et compagnie d’en déterminer le prix. Ainsi, l’Union européenne, si inquiète en général quand un État hausse ses dépenses sociales, ouvre allègrement la voie à un hold-up sur la sécurité sociale. Moderna et Pfizer ont déjà augmenté leurs prix. Et une troisième dose coûtera encore plus cher.

 

CATHY APOURCEAU-POLY Faute de système social de protection, les travailleurs des pays les plus pauvres ne se confinent pas, même en cas de symptômes, tandis que les élites sont venues se faire vacciner en Europe. La question du prix des vaccins est aussi déterminante. Quand les laboratoires fixent leurs prix sur les capacités financières de l’Union européenne, cela prive mécaniquement les pays les plus pauvres de millions de doses. Or, faute de couverture vaccinale suffisante, l’épidémie continuera de se propager, d’impacter les économies les plus fragiles, et de voir apparaître des variants. L’impératif est donc double : il est indispensable de lever les brevets pour massifier la production de vaccins, mais également pour faire reculer le plus vite possible cette maladie, avant que ne se développent de nouveaux variants résistant aux vaccins.

 

MAURICE CASSIER Alors que les inégalités d’accès aux vaccins demeurent béantes en dépit de la croissance de la production, encore très insuffisante, le partage des technologies permettrait de construire dans un délai rapide (de six à sept mois selon la DG de l’OMC) une nouvelle carte de la production dans toutes les régions du monde pour répondre aux besoins de protection des populations et prévenir le nationalisme vaccinal.

La DG de l’OMS résume l’objectif : « La pandémie a montré que s’appuyer seulement sur quelques entreprises pour fabriquer un bien commun est limité et dangereux. » L’OCDE fait le constat que les dons et la philanthropie sont inefficaces. La revue médicale The Lancet indique que l’utilité sociale de la vaccination pour endiguer l’épidémie et prévenir l’émergence de nouveaux variants suppose de rendre accessibles et disponibles rapidement les vaccins pour immuniser toute la population mondiale : l’efficacité en termes de santé publique mondiale converge avec le libre partage des technologies. La production de biens communs permet de maîtriser la formation des prix, ajustés aux coûts de production, d’assurer la viabilité des payeurs publics et sociaux et de garantir un accès universel.

 

Comment faire bouger les choses en ce sens et faire cesser la contradiction manifeste qui oppose droit de propriété et la recherche du profit et intérêt général dans ce domaine particulier ?

 

MAURICE CASSIER La pandémie de Covid a fait émerger de nouvelles solutions de production de biens communs mondiaux. Le panel indépendant sollicité par l’OMS pour évaluer les réponses à la pandémie propose ainsi de créer une plateforme mondiale de production de biens communs mondiaux qui pourrait être mise sous l’autorité d’une OMS renforcée. L’OMS a elle-même créé des plateformes de mutualisation des droits intellectuels et de transfert des technologies à ARN qui pourraient fonctionner à plein régime en cas de suspension des droits de propriété exclusive sur les vaccins. Plusieurs propositions misent sur une relance de la production publique de vaccins pour relocaliser la production dans toutes les régions du monde et être en mesure de répondre directement aux besoins des ministères de la Santé en assurant la viabilité des payeurs publics et sociaux. Je propose que tous les médicaments et vaccins inscrits sur la liste des médicaments essentiels de l’OMS soient dégagés de la propriété exclusive et soient librement partageables par tous les laboratoires industriels dans le monde, à la fois publics et privés. L’institution de biens communs suppose une nouvelle démocratie sanitaire à tous les échelons pour instaurer la transparence de la formation des prix et pour mieux s’approprier la valeur d’usage des technologies vaccinales, avec les professions de santé et les usagers.

 

MARC BOTENGA Quand le 19 mai 2021, le Parlement européen vote une première fois en faveur de la levée des brevets, c’est la conséquence d’une lutte et d’un an de mobilisations articulées à la fois aux niveaux national et européen. Sous pression, même des députés européens de droite doivent soutenir l’amendement en faveur de la levée des brevets. La bulle européenne autour de la place Schuman et de la place du Luxembourg à Bruxelles s’en trouve déséquilibrée. La confirmation de ce vote par le Parlement européen un mois plus tard, le 10 juin, témoigne de la force de cette large mobilisation.

Certes, ce ne sera pas un vote parlementaire qui changera la nature des politiques européennes, mais grâce à la mobilisation, la Commission se trouve sous pression non seulement à l’OMC, mais aussi en Europe. La mobilisation de l’initiative citoyenne européenne No Profit on Pandemic continue de jouer un rôle important dans cette pression. Cette action vise à imposer une initiative législative à la Commission européenne en faveur d’une levée des brevets sur les médicaments et les vaccins contre le Covid. Elle récolte des signatures de Chypre à l’Irlande et de l’Italie à la Finlande, dans l’espoir d’arriver à un million de signataires. Mais il ne s’agit pas uniquement des signatures, ni d’un vote au Parlement européen, il s’agit de mobiliser une large coalition à travers l’Europe, qui fait connaissance, commence à se concerter et à développer une stratégie commune pour créer ainsi le contre-pouvoir dont nous avons besoin.

 

CATHY APOURCEAU-POLY Il est indispensable de continuer à animer la bataille politique, comme le font Fabien Roussel et tous nos camarades. Il faut faire pression sur le gouvernement et le chef de l’État, en particulier pour refuser le chantage des laboratoires sur les prix et sur les volumes. Le droit de propriété intellectuelle est important parce que c’est un des moteurs de la recherche privée. Or, après des décennies de casse de la recherche publique, on ne peut pas changer de braquet d’un coup de baguette magique. Toutefois, la situation critique du monde impose des mesures critiques : c’est la raison de cet appel à la levée des brevets.

À l’inverse, c’est aussi parce que la situation est critique que les laboratoires mènent ce chantage. Nous devons donc mener la bataille à la fois sur la question du bien public mondial, au plus vite, mais également, comme nous l’avons fait au Sénat, pour que la France retrouve une industrie pharmaceutique publique nationale. Il en va de notre souveraineté, mais aussi et surtout de la santé de nos concitoyens. Ce qui est vrai pour les vaccins contre le Covid l’est également pour les traitements contre le cancer ou l’orientation des recherches des laboratoires. Dans la situation actuelle, la voracité des laboratoires alimente aussi la défiance de certains de nos concitoyens vis-à-vis du vaccin, c’est une catastrophe.

 

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8 septembre 2021 3 08 /09 /septembre /2021 05:17

 

Trois jours durant, le président Macron a fait de l’enfumage à Marseille la semaine dernière pour tenter de camoufler le bilan de sa politique au service exclusif des riches. Au même moment, une étude de l’INSEE révélait « qu’une personne sur cinq était déjà en situation de privation monétaire ou de privation matérielle et sociale » en France en 2019.

Par Gérard Le Puill

 

En page 14 de « l’Humanité » du 2 septembre, l’article de Camille Bauer, montrait à partir d’une étude de France Stratégie, un think tank proche du gouvernement, que la somme mensuelle consacrée au logement par les ménages modestes réduisait sans cesse ce que l’on nomme « le reste à vivre ». D’où le commentaire suivant de la journaliste : « Ainsi, le niveau de vie moyen d’une personne appartenant à la catégorie des plus pauvres atteint 679€ par mois. Mais une fois payées toutes ces charges incompressibles, il ne lui reste que 169€ pour faire face aux autres dépenses (nourriture, habillement, transport)… ».

La veille, tandis que le président Macron entamait ses trois jours de propagande à Marseille, le journal du soir d’une chaîne de télévision faisait témoigner une privée d’emploi de 60 ans vivant avec 600€ par mois dans cette ville. Elle payait un loyer de 400€ mensuel pour une pièce de 7m2 dans un immeuble privé dégradé. Le même jour, concernant la construction de logements, le Figaro annonçait que « le gouvernement planche sur un nouvel avantage fiscal dans le neuf à partir de 2023 ». Qualifié de « super-Pinel » - en référence au nom d’une ancienne ministre du Logement, porteuse d’une loi qui fit la part belle aux investisseurs privés dans le logement locatif au détriment des HLM durant le quinquennat de François Hollande - le texte que prépare l’actuel gouvernement maintiendrait les 21 % de réduction d’impôt pour les investisseurs. Ce serait moyennant le respect de quelques nouveaux critères définis par la mission « référentiel de qualité logement ».

Flambée des prix de l’immobilier et de l’énergie

Le 1 er septembre également, « Les Échos » indiquaient que dans l’immobilier ancien « la hausse des prix se généralise et gagne tous les territoires ». En cinq ans, selon ce journal, les prix ont grimpé de 27,8 % à Paris, de 33,6 % dans dix grandes villes, de 26,6 % dans 50 autres grandes villes, de 14,4 % en zone rurale et de 19,2 % en moyenne nationale. Comme des investisseurs achètent des logements anciens pour les louer le plus cher possible, les futurs locataires verront encore la hausse des loyers réduire chez eux ce que l’on nomme « le reste à vivre ». Alors que le prix du gaz a augmenté de plus de 30 % depuis le début de l’année pour les consommateurs, « Les Échos » évoquaient aussi une « menace sur la facture d’électricité des consommateurs ».

La situation des ménages aux revenus modestes va donc continuer de s’aggraver alors qu’elle était déjà très difficile. Dans une note de conjoncture publiée le 27 août, l’INSEE indique que le prix du supercarburant a augmenté de 79, % sur douze mois et celui du gazole de 57,2 %. Parallèlement, des risques de pénuries au niveau planétaire font grimper les prix de certaines productions agricoles avec des répercussions à venir pour le pouvoir d’achat des ménages aux fins de mois difficiles. Sur douze mois, le prix des fruits et légumes a augmenté de 16,2 % en France, suite aux gelées du printemps qui ont considérablement réduit certaines récoltes.

Privations pour 39 % des 30-44 ans en France

Voilà qui ne va pas améliorer la situation des personnes « en situation de pauvret monétaire ou de privation matérielle et sociale » auxquelles l’INSEE consacre aussi une étude en ce début septembre. « En 2019, selon cette étude, 49 % des personnes de 16 à 29 ans et 39 % des 30-44 ans en situation de privation matérielle et sociale déclarent rencontrer des difficultés pour payer leur loyer ou leurs factures d’électricité (…) Le chômage joue fortement sur le risque de pauvreté monétaire ou non : 64,8 % des personnes vivant dans un ménage dont la personne de référence est au chômage sont en situation de privation matérielle et sociale ou à risque de pauvreté monétaire (contre 21 % de l’ensemble de la population) ; 35,1 % se trouvent exclusivement concernées par l’une ou l’autre forme de pauvreté et 33,3 % cumulent les deux (contre respectivement 15,3 % et 5,7 % de la population générale). Les locataires sont également plus touchés que les propriétaires… ».

47 % de pauvres dans les familles monoparentales

Ce constat n’a rien d’étonnant puisque le crédit aux accédants à la propriété n’est accordé qu’au regard d’un revenu mensuel conséquent qui limite les risques pour la banque. Ce qui écarte en conséquence les salariés mal payés et les travailleurs indépendants aux revenus modestes. L’étude de l’INSEE ajoute que « la fréquence de la pauvreté varie également selon les types de ménage. Les personnes vivant en famille monoparentale sont les plus touchées (47 % sont affectées par l’une ou l’autre forme de pauvreté et 14,1 % cumulent les deux) devant les personnes en couple avec trois enfants ou plus (respectivement 32,9 % et 10,2 %) et les personnes seules 27,9 % et 7,9 % ».

Les chiffres de cette étude datant de 2019, on imagine que la situation s’est aggravée depuis pour beaucoup de ménages. Car depuis le début de l’année 2020, le chômage partiel a touché en premier lieu les salariés précaires tandis que beaucoup de travailleurs indépendants ont connu une baisse durable de leur activité. Voilà de quoi mettre en doute le prochain bilan économique et social du quinquennat d’Emmanuel Macron qui vient de passer trois jours à fanfaronner dans différents quartiers de Marseille. Ce lundi matin, sur BFMTV, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, a exclu d’avance tout coup de pouce au SMIC pour le 1 er janvier 2022. Pour le reste, il a évoqué un possible accès au chèque énergie pour un nombre accru de ménages pauvres. Ce n’est pas ainsi qu’on sortira des millions de ménages de la pauvreté en France.

 

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8 septembre 2021 3 08 /09 /septembre /2021 05:16

Fabien Roussel était l'invité de RTL, jeudi 2 septembre 2021

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7 septembre 2021 2 07 /09 /septembre /2021 05:12

 

Alors que le gouvernement a annoncé l’instauration de facilités de circulation pour la police, les avantages tarifaires des cheminots et de leur famille sont sur la sellette.

L’ouverture à la concurrence va-t-elle remettre en cause les « facilités de circulation » des cheminots ? À entendre le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, vendredi sur RMC, le sujet est clairement sur la table. « On va engager la concertation la semaine prochaine avec les syndicats. L’idée est de pouvoir régler ce sujet-là avant qu’on ait un système de mise en concurrence », a-t-il déclaré. Après la réforme du statut de cheminot en 2018 et l’alignement sur le régime général des retraites, SUD rail y voit « un acharnement de la part du gouvernement à l’encontre des cheminots ».

Les billets gratuits ou à tarif réduit, depuis 1938, bénéficient à 1,3 million de cheminots et leur famille (conjoints, enfants, parents). Beaucoup ne retiendront que le coût de 105 millions d’euros annuels, oubliant que l’enveloppe ne représente que 0,3 % du chiffre d’affaires de la SNCF. Or, pour un agent actif et ses ayants droit, les réductions et/ou la gratuité des billets représentent seulement 404 euros par an, estime le rapport réalisé par l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale des affaires sociales. « Au regard de la valeur monétaire des avantages en nature accordés par d’autres entreprises à leurs salariés, ce montant ne paraît pas exorbitant », notent d’ailleurs les auteurs du rapport. Et de citer la remise de 10 % sur achats octroyée aux salariés du groupe ­Carrefour pouvant atteindre jusqu’à 1 200 euros par an. De quoi casser le mythe du cheminot « privilégié ».

Sur les quatre scénarios étudiés par la mission gouvernementale pour « éclairer » les négociations, un seul propose de transférer ces facilités de circulation aux nouveaux salariés. Ce que souhaite la fédération CGT des cheminots, qui affirme « qu’elle mettra tout en œuvre pour que cette revendication soit satisfaite ». Les trois autres pistes proposent de supprimer tous les avantages pour les parents et de diminuer les réductions tarifaires de 90 % à 30 % pour les enfants et conjoints. Soit de supprimer la gratuité ou la réduction des prix des billets pour les proches des agents de la SNCF sur les lignes gérées par les nouveaux opérateurs. La dernière envisage tout simplement d’ôter les facilités de circulation pour les agents transférés, au profit d’une indemnité compensatoire.

Armés pour ne pas payer

La sortie du ministre des Transports irrite d’autant plus les cheminots qu’elle coïncide avec l’annonce d’un accord conclu avec la SNCF afin que « le trajet domicile-travail soit gratuit pour les policiers, s’ils sont armés et s’ils se signalent au chef de bord », dont les détails seront présentés ce lundi. En cas de trajet non professionnel, le policier n’aura plus à s’acquitter que de 25 % du prix du billet, qui sera « compensé par des bons d’achat SNCF, utilisables pour sa famille par exemple ».

« Dans la quasi-totalité des régions, la direction SNCF fait circuler les trains régionaux sans contrôleur et sans aucune présence à bord, dénonce Erik Meyer, délégué syndical SUD rail. Ce n’est pas avec des policiers hors service et armés qu’on lutte contre le sentiment d’insécurité, mais avec la présence systématique de personnels SNCF formés et identifiés. » De son côté, si la CGT cheminots « ne peut que souscrire à l’attribution d’un nouveau droit pour une catégorie de salariés », elle réaffirme qu’«  un droit utile et pertinent pour une catégorie de salariés ne peut être jugé abusif lorsqu’il s’agit des cheminots ».

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7 septembre 2021 2 07 /09 /septembre /2021 05:08

 

Aucune annonce chiffrée de la part du chef de l’État, le 2 septembre, pour les écoles marseillaises. Mais la promesse d’une « expérimentation » structurelle qui transposerait dans l’éducation un modèle managérial inadapté et dangereux.

Marseille n’avait mérité ni cet excès d’honneur, ni cette indignité. Après plusieurs jours d’une véritable préparation d’artillerie médiatique jonglant avec les milliards, la venue d’Emmanuel Macron dans la cité aux centaines d’écoles laissées à l’abandon depuis des années a donc accouché de cette promesse : « Faire de Marseille un laboratoire » pour « inventer ici l’école du futur ».

Un choix qui n’avait pas été sollicité et qui s’annonce lourd de conséquences pour l’ensemble de la communauté éducative de la ville – écoliers, familles, personnels. Et au-delà, puisque cette expérimentation devrait s’étendre à « plusieurs autres quartiers de la République » et aurait vocation à se généraliser par la suite.

Ah, on allait voir ce qu’on allait voir ! Dans le plan « Marseille en grand », l’école occupait une place centrale. En vérité, à la hauteur des besoins et des attentes : selon la municipalité, parmi les 511 écoles de la ville, 174 nécessitent des travaux lourds en urgence, tant leur état de dégradation est avancé après plus de trente ans d’abandon par les majorités précédentes. Le sujet est de ceux qui avaient précipité la chute de l’équipe Gaudin lors des élections municipales de 2020, la colère de la population à cet égard se traduisant notamment par la constitution du très actif Collectif des écoles de Marseille, un rassemblement de citoyens ayant pris cette question à bras-le-corps. Avant la venue du président de la République, un chiffre était avancé : 1,2 milliard, le coût du programme de rénovation souhaité par la majorité issue du Printemps marseillais, mais hors de portée pour une ville financièrement exsangue.

Un « laboratoire »

Autant dire que la déception a été énorme, après le discours prononcé par Emmanuel Macron au palais du Pharo. Concrètement, aucun chiffre n’a été mis sur la table, malgré le constat posé par le visiteur du jour d’écoles « dans un état de délabrement tel que l’apprentissage y est devenu impossible ». Le président de la République s’est d’abord approprié le programme de rénovation de quinze écoles, déjà décidé sous l’égide de l’Agence nationale du renouvellement urbain (Anru) et financé à 90 % par l’État.

Puis il a placé les suites des rénovations promises sous une double conditionnalité. D’abord la création d’une « société ad hoc » rassemblant l’État et la ville, présidée par le maire et bénéficiant d’un « financement conséquent »… sans plus de précisions. Ensuite, faire de cinquante écoles marseillaises un « laboratoire de liberté et de moyens », où les directeurs pourront « choisir l’équipe pédagogique » et ainsi, a-t-il expliqué, s’assurer que les enseignants sélectionnés « sont pleinement motivés, qu’ils adhèrent au projet ».

Stigmatisation de l'absentéisme

Car au passage, le chef de l’État en mode café du commerce n’a pas manqué de stigmatiser « l’absentéisme, les grèves perlées » : « Vous avez un problème avec vos personnels municipaux », a-t-il même lancé, avant d’ajouter à cette saillie un coup de pied de l’âne en direction des enseignants « qui sont fatigués » et « ne viennent plus » dans les quartiers difficiles… Le syndicat FSU des Bouches-du-Rhône a aussitôt dénoncé des « insinuations » pour laisser entendre que « la situation marseillaise est de la responsabilité des personnels municipaux », et des « propos insultants » à l’encontre des enseignants.

« Ce sont les mêmes enseignants, rappelle le syndicat, qui pendant les périodes de confinement organisent des collectes alimentaires pour les élèves dans le besoin, se présentent en surnombre pour accueillir les enfants de soignants, et se démènent au quotidien pour faire réussir leurs élèves dans des conditions scandaleusement dégradées, non loin des trafiquants de drogue et de la violence ! » Sans nier « les difficultés liées à la gestion des personnels de la ville de Marseille et au clientélisme », la première fédération des salariés des services publics tacle comme on sait le faire dans la ville de l’OM : « On ne voit pas le rapport avec l’état du bâti des écoles, leur insalubrité et leur délabrement. »

Icon QuoteNous avons sans doute le taux d’encadrement le plus bas de France, avec un adulte pour vingt-cinq enfants en maternelle, et un pour cinquante en élémentaire… quand tout va bien ! JULIEN HOULES Collectif des écoles de Marseille

Julien Houles, du Collectif des écoles de Marseille, s’interroge lui aussi : « Oui, il y a beaucoup de grèves, mais pourquoi ? Sur le temps de la pause méridienne par exemple, nous avons sans doute le taux d’encadrement le plus bas de France, avec un adulte pour vingt-cinq enfants en maternelle, et un pour cinquante en élémentaire… quand tout va bien ! » Le militant associatif rappelle que la nouvelle majorité municipale s’était engagée à ramener ces taux respectivement à un pour quatorze et un pour dix-huit, mais que « rien n’a été fait » pour le moment, laissant les familles dans l’impatience. Selon lui, la sortie du chef de l’État sur ce sujet frise le chantage à l’égard de la ville : « Il veut tenir en laisse la municipalité en disant : ’“Si vous voulez l’argent pour rénover le bâti, il va falloir vous réformer” », sous-entendu mettre fin aux acquis sociaux des personnels.

Un financement qui inquiète

La partie des annonces sur la rénovation des bâtiments inquiète également le Collectif des écoles. « On était déjà sceptiques avant, mais nous sommes quand même surpris que tout ce battage n’aboutisse à rien de concret, à aucun engagement financier » de la part de l’État, reprend Julien Houles.

La structure de la société qui doit regrouper la ville et l’État suscite sa vigilance : « On n’est pas dans le même cas qu’avec les partenariats public-privé (PPP) de Gaudin, qui voulait financer les écoles en mettant des commerces dedans », rappelle-t-il, « mais on sait que les rénovations déjà programmées sous l’égide de l’Anru passeront par un marché global de performance (MGP)… qui est une sorte de cousin des PPP. » La possibilité que des financements privés interviennent dans le cadre de la future structure sera ainsi scrutée avec attention…

Des directeurs recruteurs

Mais la partie des annonces macroniennes qui a suscité une véritable levée de boucliers bien au-delà des contours de Marseille, c’est celle qui concerne les cinquante écoles où, dès la rentrée 2022, les directeurs deviendraient responsables du recrutement des enseignants. Les syndicats enseignants sont immédiatement montés au créneau. Une « annonce inadmissible », à la fois « inquiétante et inadaptée », s’insurge le Snalc.

C’est « l’expérimentation du démantèlement du service public d’éducation et du statut de fonctionnaire par des dispositifs de sélection discrétionnaires », dénonce la CGT Éduc’Action, soulignant que le périmètre de « l’autonomie » défini par le président de la République comprend non seulement « le recrutement et l’encadrement des personnels », mais aussi « la gestion des projets pédagogiques, les rythmes scolaires ou les horaires. »

Une obsession de Blanquer

Le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, rappelle que ces annonces « remettent sur le devant de la scène la question du statut hiérarchique de la direction d’école », alors que la proposition de loi Rilhac, qui contient justement une mesure de cette nature, va revenir à l’Assemblée cet automne. C’est un serpent de mer et une des obsessions de Jean-Michel Blanquer depuis qu’il fut directeur de cabinet de Luc Chatel sous Sarkozy. C’est à cette époque que fut expérimenté, dans les collèges, le dispositif Eclair, qui ouvrait déjà à un recrutement « sur profil » dans les établissements concernés.

Le Snalc rappelle opportunément que cette mesure « avait été abandonnée car elle se révélait inopérante ». Visiblement, cet échec n’a pas suffi. « C’est complètement fou ! s’indigne Julien Houles. Cette mesure va créer une concurrence entre les écoles pour attirer les “meilleurs” profs, avec des financements sur projet qui fabriqueront des gagnants et des perdants. Ce que nous voulons, c’est que tous les enfants aient droit à la même qualité d’éducation. »

« Des solutions qui font éclater les cadres communs »

« Les écoles ont besoin, à Marseille comme ailleurs, rappelle le Snuipp-FSU, d’effectifs réduits dans toutes les classes, de personnels spécialisés et d’équipes pluriprofessionnelles renforcées, ainsi que d’une formation de qualité (…), de directeurs et de directrices dont les tâches sont allégées et recentrées sur l’animation et la coordination de l’équipe pédagogique », au lieu d’être écrasés jusqu’à l’absurde sous les tâches administratives.

« Dans une ville gangrenée par le clientélisme, créer du recrutement local est quand même une drôle de solution », achève la FSU des Bouches-du-Rhône avant de dénoncer « avec force l’instrumentalisation de la situation marseillaise pour imposer des orientations (…) qui font éclater les cadres communs » et « cherchent à mettre les personnels en concurrence les uns avec les autres ». C’est pointer avec force la démarche purement idéologique qui est à l’œuvre ici : imposer à l’école, sans tenir compte ni des réalités du terrain ni des échecs du passé, un modèle managérial inadapté et hors-sol, dont les plus fragiles parmi les élèves feront les frais. Marseille a décidément le dos large.

 

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 05:36

 

Après deux années scolaires marquées par le COVID, l’enjeu de cette rentrée est de taille. Il s’agit, malgré la situation sanitaire qui reste tendue, de permettre à chaque jeune de renouer avec une scolarité à 100% en présentiel. Il s’agit de permettre à chaque élève de rattraper le « temps perdu » depuis 18 mois. Il s’agit de considérer l’école, au même titre que la santé, comme un enjeu de société de premier ordre.

 

La responsabilité du ministère est de donner aux écoles, aux enseignant-e-s et aux personnels d'éducation les moyens de raccrocher les élèves dont les difficultés se sont aggravées, celles et ceux qui n’ont que l’école pour réussir.

 Il y a besoin de garantir la sécurité sanitaire des élèves, des personnels et de leurs familles.

 Tout doit être fait pour permettre la vaccination des personnels et des élèves et pour cela entre autre reconstruire une médecine scolaire de qualité en capacité d’intervenir dans tous les établissements et auprès de chaque élève.

Depuis plus d'un an, le PCF propose également de réduire les effectifs par classe, de les dédoubler quand cela est possible et pour cela de recruter 90 000 enseignants en puisant chez les admissibles aux concours de l’enseignement, en recrutant les listes complémentaires, en titularisant des contractuels donnant satisfaction et en poste depuis plus de 3 ans.

 Nous proposons en lien avec les communes, les départements un grand plan d’équipement des locaux scolaires en aérateurs, de permettre la création de classes avec des locaux supplémentaires, d’aménager les préaux et les cours de récréation, les salles dédiées à l’EPS, à l’éducation musicale notamment de manière à permettre de revenir à la normalisation des enseignements.

 Les élèves après des mois de confinement ont perdu du temps de classe. Or, pour apprendre, il faut être en classe, il faut donc donner aux élèves, aux enseignants du temps pour apprendre. 

 Il y a besoin d’aménager les programmes scolaires, de regagner 27 heures hebdomadaires en maternelle et primaire, et d’aller ensuite vers les 32 heures de la maternelle au lycée.

 Le PCF propose des mesures d’urgence pour répondre aux besoins que fait surgir la crise sanitaire, et au-delà il propose d’engager un véritable débat sur les nécessaires transformations de l’école pour garantir à chacune et chacun les moyens de réussir. 

 Pour cela il faut du temps pour apprendre, il faut plus de temps de classe, plus d’enseignants et mieux formés, il faut plus de temps pour d’autres pratiques, rééquilibrer les apprentissages, et garantir à chaque élève d’avoir du temps pour réussir sa scolarité.

 

Le PCF propose :

- vaccination de l’ensemble des personnels et des élèves de collège et lycée

- reconstruction d’une véritable médecine scolaire

- dédoublements des classes

- mise à disposition de locaux et équipement en aérateurs

 

Sur le plan des apprentissages, nous proposons de redonner du temps pour apprendre :

- 26h dans le premier degré et 32h dans le second

- plus de maîtres que de classes

- remplacement en nombre suffisant pour garantir la continuité des enseignements

- refonte des programmes, programme ambitieux mais réaliste, qui problématise les choses plutôt que d'être un catalogue interminable de notions techniques

- pas d'évaluations nationales qui obligent à faire la course au programme

 

Parti communiste français,

 

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 06:19
Atteinte aux libertés - Soutenez Edouard Descottes, prof rennais victime de répression pour activité syndicale par Blanquer et "son" ministère

Message du comité de soutien à Edouard Descottes. Vous aussi, envoyez lui votre soutien!

Nous avons mis en place un comité de soutien au lycée Jean Macé pour soutenir Edouard Descottes, l’adresse mail du collectif de soutien est : collectifsoutien.edjm1@gmail.com

Une grande partie des enseignants du lycée sera en grève vendredi 3 septembre pour la première journée de cours (jeudi, c’est l’accueil des classes par les profs principaux)

Nous manifesterons devant le lycée de 8h à 10h avant de réaliser d’autres actions tout au long de la journée

Nous appelons tous ceux qui le peuvent à nous rejoindre avec leurs banderoles (et/ou leurs casseroles !)

Merci de diffuser l’information dans le milieu de l’éducation nationale mais aussi dans d’autres.

 

UNE ATTAQUE DE PLUS DU MINISTÈRE BLANQUER
 

Professeur d’Histoire-géographie depuis 20 ans au lycée Jean Macé de Rennes, par ailleurs militant syndical SNES-FSU,
Edouard Descottes, 57 ans, s’est vu notifier le 21 /08/2021 une sanction décidée par le ministère de l’Education Nationale : mutation d’office. Il a donc perdu le poste qu’il occupait depuis toutes ces années.


Tout commence le 13/02/2020 lors de l’émission « Le Téléphone sonne » de France Inter. Alors que la mobilisation des
élèves et des professeurs s’était développée dans tout le pays contre la réforme Blanquer du bac, un parent d’élève est
intervenu. Il a accusé, sans preuve, « le professeur d’histoire-géo de 1ère STMG du lycée Jean Macé de Rennes d’avoir
incité ses élèves à faire grève ».

 

Résultat : le 5 juillet 2021, Edouard Descottes est convoqué à une commission disciplinaire de l’académie de Rennes. Pour le soutenir, 200 enseignants, élèves, parents d’élèves et syndicalistes étaient présents.


A l’issue de cette commission, dont l’avis n’est que consultatif, aucune sanction n’a été votée. Pourtant, le samedi 21 août 2021, à 10 jours de la rentrée, Edouard Descottes reçoit donc la sanction du ministère.


Pour justifier cette décision grave, l’administration invoque deux types de motifs : Premièrement, des aspects pédagogiques ; ainsi Edouard Descottes aurait :


-« manqué d’assiduité à remplir ses cahiers de texte numériques »
- Du mal à « terminer ses programmes d’histoire-géographie »
- trop jalonné ses cours de « digressions historiques » Enfin, lors du 1er confinement de mars 2020, on lui reproche de n’avoir pas pris contact avec ses élèves entre le 17 mars  et le 6 avril. Il faut oser !


Que tout le monde se souvienne des dysfonctionnements manifestes des services du ministère de l’Education Nationale
à ce moment-. Familles et enseignants étaient alors livrés à eux-mêmes.
Deuxièmement, des raisons liées à son engagement syndical : C’est en fait le fond de l’AFFAIRE ! Il est reproché à
Edouard Descottes :


-d’avoir animé dans son lycée la mobilisation contre la réforme Blanquer en janvier 2020. Or, au lycée Jean Macé
toutes les actions et la grève ont été menées collectivement et mocratiquement. SANS BLOCAGE NI INTERVENTION POLICIERE !

 

- de même, il lui est reproché d’avoir « instrumentalisé ses élèves « lors de cette mobilisation. Or, là encore,
témoignages à l’appui, les élèves se sont mobilisés EUX-MÊMES, sans jamais interdire l’accès aux épreuves du
bac à leurs camarades qui le souhaitaient.

 

PIRE ! Il est reproché à Edouard Descottes son engagement de militant syndical en faveur d’élèves sans-papiers
scolarisés au lycée. Effectivement, à Jean Macé, 4 élèves et leurs familles ont pu être régularisés grâce à la
mobilisation collective de centaines d’élèves, de parents d’élèves, d’enseignants et de militants engagés à leurs
côtés.

Conclusion : De nombreux enseignant(e)s ont affaire à l’entreprise de mise au pas voire à la répression du ministère
Blanquer.

Avec Edouard, c’est un militant syndical reconnu et apprécié qui est attaqué à son tour. En fait, plus largement, ce sont les droits de grève, de réunion, d’expression, de défense des sans-papiers et d’organisation syndicale qui sont attaqués par le gouvernement.

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 06:04

 

 

Une étude de France Stratégie montre que les ménages, surtout en bas de l’échelle, voient leur pouvoir d’achat plombé par l’explosion de leurs dépenses contraintes.

Que les plus pauvres le soient de plus en plus et que les écarts se creusent, c’est ce que martèlent depuis des années les associations de solidarité. Mais que cette vérité soit analysée et étayée par un think tank gouvernemental, c’est plus original.

Le 31 août, une note de France Stratégie, le bureau d’analyse rattaché au cabinet du premier ministre, explique pourquoi, alors que statistiquement le niveau de vie des Français augmente, l’argent dont disposent les ménages pour consommer tous les mois ne cesse de se réduire, surtout en bas de l’échelle sociale.

Le constat d’abord. « Les inégalités de revenu arbitrales, c’est-à-dire ce qu’il reste pour consommer une fois déduites les dépenses pré­engagées (loyer et charges, remboursements d’emprunts immobiliers, services de télécommunications, services de télévision, cantines scolaires, assurances et services financiers), sont près de deux fois supérieures à celles que l’on observe en niveau de vie », note l’étude. Ainsi, le niveau de vie moyen d’une personne seule appartenant à la catégorie des plus pauvres atteint 679 euros par mois. Mais une fois payées toutes ces charges incompressibles, il ne lui reste plus que 169 euros pour faire face aux autres dépenses (nourriture, habillement, transport)…

Pour les moins aisés des ménages modestes, on passe de 1 162 à 600 euros. Plus on s’élève dans la classe sociale, plus la différence entre ces deux indicateurs s’atténue. Ainsi, parmi les plus aisés, le niveau de vie s’élève à 3 428, et le revenu arbitral à 2 710 euros.

Le poids des loyers

Comment expliquer ce décalage croissant entre ce que gagnent les Français et ce qu’ils peuvent consommer ? D’abord, le poids de ces dépenses incontournables qui sont réglées par prélèvement – d’où l’appellation de préengagées – n’a cessé d’augmenter. En 2017, elles représentaient 32 % du total des dépenses, contre 27 % en 2001. Et cette augmentation moyenne de 5 points s’est faite de façon inégalitaire. Pour les plus pauvres, elle atteint 10 points.

Le prix du logement, qui n’a cessé d’augmenter depuis les années 1990, est au cœur de cette perte de pouvoir d’achat. À lui seul, le paiement des loyer, charges et remboursement d’emprunts, représente 23 % de l’ensemble des dépenses des ménages et 70 % des préengagées. « L’augmentation du poids du loyer et des charges est très importante pour les ménages pauvres et modestes et contribue ainsi à la hausse de leur consommation préengagée », souligne France Stratégie.

Une nécessaire régulation des prix

Sans surprise, le statut d’occupation est le facteur le plus déterminant. « Ce sont les locataires du parc privé qui font face aux dépenses de logement les plus élevées. » Les ménages pauvres, par exemple, consacrent 40 % du total de leurs dépenses au logement quand ils sont dans le privé, contre 36 % quand ils vivent en HLM, 30 % quand ils sont accédants à la propriété et seulement 13 % quand ils sont propriétaires et ont déjà fini de rembourser leurs prêts.

D’autres facteurs font varier ce poids du coût du logement pour les ménages. L’âge d’abord. Chez les plus de 60 ans, qui ont souvent fini de payer leur résidence principale, le logement ne compte que pour 18 % des dépenses, contre 24 % pour les autres tranches d’âge. Cela explique que les 30-39 ans sont ceux chez qui la part des dépenses contraintes pèse le plus lourd. Le lieu de résidence influe aussi. Les ménages pauvres qui habitent dans des villes de plus de 3 000 habitants au kilomètre carré consacrent 42 % de leur budget au logement, contre 38 % pour ceux résidant dans des communes où la densité est inférieure à 100 habitants par kilomètre carré.

Alors que démarre la campagne pour l’élection présidentielle, ce poids du logement dans les dépenses des ménages, surtout parmi les catégories pauvres et modestes, devrait interroger les responsables politiques et l’opinion publique. Sans régulation des prix, il semble illusoire d’espérer une revalorisation du niveau de vie et une relance de la mobilité géographique et sociale. Une question cruciale pourtant, enterrée derrière la surenchère sécuritaire.

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 05:57

 

Face à la pénurie de salariés dans plusieurs secteurs, patronat et gouvernement admettent qu’une augmentation des rémunérations est nécessaire. Les syndicats veulent s’en saisir pour faire du niveau du Smic le sujet chaud de la conférence sociale qui débute aujourd’hui.

Les vacances sont finies pour le gouvernement et les organisations syndicales et patronales, qui commencent ce mercredi une série de réunions bilatérales. Tandis que les mois d’été ont été animés par une forte tension exercée sur certains secteurs d’activité, déplorant de lourdes difficultés de recrutement, l’ordre du jour des rencontres semble tout trouvé. Le secrétaire fédéral de Force ouvrière, Yves Veyrier, a déjà indiqué que la question serait le sujet prioritaire de la rentrée.

« Manque de reconnaissance »

Alors que les prévisions promettent une croissance côtoyant les 6 % pour cette année, de nombreux métiers de l’hôtellerie-restauration, du bâtiment, du service à la personne, des travaux agricoles ou encore de la logistique peinent à embaucher. Selon la Banque de France, 48 % des entreprises ont rencontré des difficultés de recrutement. Si la situation n’est pas nouvelle, la crise sanitaire a amplifié le phénomène.

« Dans l’hôtel où je travaille à Tours, le chef de cuisine a démissionné, le second a démissionné, tout comme la gouvernante, la cheffe de réception. Les salariés qualifiés ne veulent plus rester », témoigne Arnaud Chemain, secrétaire fédéral de la CGT commerce et services. La faute à des salaires et conditions de travail hasardeuses, que le Covid a rendu inacceptables aux yeux des travailleurs. « Avec le manque de reconnaissance, le travail du dimanche qui n’est pas mieux payé, sans treizième mois, beaucoup se sont rendu compte que la passion ne suffirait pas pour continuer », poursuit-il.

Beaucoup de reconversions

Sur les chantiers, souvent affectés par des pénuries de main-d’œuvre, le nombre de postes vacants est aussi au plus haut. Selon l’observatoire des métiers du BTP, sept entreprises sur dix anticipent des difficultés lors de leur recrutement. Le salaire et les conditions de travail sont invoqués dans 12 % des cas (derrière l’absence de personnel qualifié à proximité et le manque d’expérience des candidats).

Même scénario dans le secteur du service à la personne. « Il s’agit d’un secteur historiquement en forte tension, du fait des conditions de travail difficiles, des temps partiels souvent imposés, ainsi que de la faiblesse des rémunérations. Le monde d’après n’a fait que greffer l’obligation vaccinale à cette situation. Il y a eu beaucoup de reconversions, souvent dans la tristesse », rapporte Stéphane Fustec, de la fédération CGT commerce et services.

La balle est dans le camp du Medef

Pour les syndicats, la seule solution pour résoudre cette situation est d’augmenter les salaires. «  Pour que les salariés soient heureux et fidèles, il faut qu’ils soient mieux rémunérés », glisse Stéphane Fustec. Sur ce constat, les organisations disposent d’alliés aussi puissants qu’incongrus : le patronat et le gouvernement. Habituellement frileux quand il s’agit de passer à la caisse, les employeurs semblent forcés par la pénurie, qui menace leur entreprise, à prendre leurs responsabilités.

Nicolas Dumas, du Medef du Centre-Val de Loire, acquiesce : « L’entreprise n’échappe pas à l’évolution de la société. Elle ne fait plus rêver, notamment les jeunes, qui n’ont pas envie des contraintes liées à certaines professions dans le BTP, la mécanique, les transports ou la restauration. Il faut qu’on s’adapte. Voilà pourquoi on envisage une augmentation des salaires.  »

Certains employeurs ont même déjà mis la main à la poche pour retenir les salariés. Selon la fédération des particuliers employeurs de France, les salaires versés aux assistants de vie ont augmenté de 2,7 % en un an, ceux des salariés auprès de personnes dépendantes de 3,3 %. « La différence par rapport aux entreprises est que les particuliers ne cherchent pas à faire de profits, mais à répondre à un besoin », explique Stéphane Fustec.

Bruno Le Maire donne l’illusion d’avoir choisi la fermeté

Pourtant, si la hausse des salaires semble être une nécessité largement partagée, les avis sur ses modalités divergent. Le patronat, d’accord sur le diagnostic, gesticule quand il s’agit de sortir le chéquier. «  Si augmentation de salaire il y a, celle-ci doit reconnaître une montée en compétences du collaborateur  », estime Jean-François Faure, patron de AuCoffre.com (site de vente d’or et d’argent). « Derrière, ce sont les prix qui vont augmenter », grommelle Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef.

Icon Quote L’une des organisations patronales de la branche hôtellerie-restauration s’apprête à lancer une grosse campagne visant à inciter les clients à verser plus de pourboires pour remédier à la faible rémunération des travailleurs !ARNAUD CHEMAIN CGT

De son côté, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, donne l’illusion d’avoir choisi la fermeté. «  C’est aux entreprises de faire leur part du chemin », a-t-il indiqué lundi dernier sur France Inter, se refusant à toute réduction de cotisations patronales sur les salaires. Mais les hausses peuvent aussi passer par «  les primes, l’intéressement, la participation, l’actionnariat salarié », tempère-t-il toutefois.

Au niveau des branches aussi, les syndicats ont pu observer les réticences des employeurs à revaloriser les salaires durablement. « L’une des organisations patronales de la branche hôtellerie-restauration s’apprête à lancer une grosse campagne visant à inciter les clients à verser plus de pourboires pour remédier à la faible rémunération des travailleurs ! » s’indigne le cégétiste Arnaud Chemain. Pour les syndicats, soulager les filières en tension ne peut passer que par des revalorisations pérennes des salaires, qui n’entravent pas le bon fonctionnement des systèmes de Sécurité sociale. « Le ministre de l’Économie doit commencer par augmenter le Smic ! » a martelé Yves Veyrier. Revendication que la CGT et les autres confédérations comptent elles aussi porter. Seront-elles entendues par le gouvernement ? Ce sujet pressant sera en tout cas au cœur des discussions.

Une faible revalorisation pour les fonctionnaires

Le point d’indice n’augmentera toujours pas à la rentrée pour les salariés de la fonction publique, mais le gouvernement entend apaiser la colère en revalorisant les rémunérations des agents les plus proches du Smic. Environ 1,2 million d’agents de catégorie C des trois fonctions publiques (hospitalière, territoriale et d’État) bénéficieront prochainement d’une hausse de salaire comprise entre 40 et 100 euros mensuels nets, a annoncé en juillet la ministre de la Fonction publique, Amélie de Montchalin. Les syndicats ont dénoncé l’absence de mesure générale. Selon eux, très peu d’agents de catégorie C profiteront des plus hautes augmentations.

 

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 05:50

 

Nouveau service public de l’emploi, revenu étudiant de 850 euros net, grand plan pour l’éducation… À l’occasion de la sortie de son livre, Ma France, le candidat du PCF à la présidentielle détaille le « pacte » qu’il propose à la jeunesse.

Dans son premier livre, intitulé Ma France et ­publié ce jeudi (le Cherche midi, 16,50 euros), Fabien Roussel invite la nouvelle génération à passer un « pacte » et formule une série de propositions pour en finir avec la précarité. Le prétendant du PCF à l’Élysée refuse de s’aligner sur les quelques mesurettes brandies face aux jeunes et remisées au placard sitôt le scrutin clos. Entretien.

Dans votre ouvrage, vous hissez la jeunesse au rang de priorité. Lors de précédentes présidentielles, nombre de candidats lui ont fait des promesses. En quoi votre démarche se veut différente ?

Fabien Roussel On a entendu les promesses, mais on voit surtout dans quel état nos jeunes étudient et la précarité qui les touche. Un sur cinq est au chômage. Et la crise a accentué leurs difficultés. Il ne s’agit pas juste d’aligner quelques mesures, mais d’élaborer un plan sur plusieurs années qui leur ­garantisse de pouvoir se former et leur donne la possibilité de participer pleinement à la reconstruction du pays face aux urgences écologiques et sociales. C’est pourquoi je propose de passer un pacte avec la jeunesse. Je souhaite qu’il y ait des milliers de rencontres dans les villes, les villages, sur les lieux de travail, non seulement avec les jeunes, mais aussi les actrices et les acteurs de l’éducation, les élus locaux, les syndicats, les associations… et au printemps nous en rendrons compte et nous formaliserons ce pacte écrit à des milliers de mains.

Face à la précarité et au chômage amplifiés par la pandémie, vous dénoncez les dispositifs existant comme la garantie jeunes, que mettez-vous sur la table ?

Fabien Roussel Les réponses du gouvernement se résument à des coups de pouce, du saupoudrage. La garantie jeunes qu’il veut développer, c’est 497,50 euros sous condition et « apprenez à survivre avec ça ». C’est ­indécent de la part d’un président qui a tout fait pour que les premiers de cordée et les grandes fortunes s’enrichissent. Les jeunes sont méprisés. Nous voulons tout l’inverse. Avec la création d’un nouveau service public de l’emploi, je veux un travail, ou une formation, garanti pour chacun de nos 800 000 jeunes qui sortent de l’école chaque année, assorti d’un salaire correspondant à leur diplôme. Ce ne sont pas les besoins qui manquent dans le public comme dans le privé. D’un côté, nous avons besoin de médecins, de chercheurs, d’ingénieurs, de métallurgistes, d’ouvriers… De l’autre côté, la jeunesse regorge de forces vives et ne demande qu’à être utile pour la société. Les jeunes ne doivent plus être une variable d’ajustement, mais un levier pour nous permettre de vivre mieux et de progresser. Nous devons planifier les besoins de personnel dans les services publics. C’est pourquoi nous voulons mettre en place des plans de prérecrutements.

Et dans le privé, comment contraindre les entreprises à des embauches en CDI et ­correctement rémunérées ?

Fabien Roussel Le gouvernement met sur la table annuellement – hors crise – 140 milliards d’euros d’aides publiques, dont les deux tiers vont aux plus grosses entreprises. Cet argent public, voire le crédit bancaire accordé aux grandes multinationales, doit être conditionné à la création d’emplois, à de la formation, à la relocalisation de l’activité. Est-il normal qu’un ingénieur diplômé se voit proposer des salaires à 1 800 euros net après cinq ans d’étude ? Et ils ne sont pas les plus mal lotis. Les patrons ont beau jeu de se plaindre que les Français ne ­répondent pas aux offres d’emploi, est-ce qu’ils les proposeraient à leurs propres ­enfants ? Le monde économique a une responsabilité importante et il doit s’engager. J’invite d’ailleurs Geoffroy Roux de Bézieux à en débattre avec moi.

Vous défendez l’idée d’un « revenu étudiant de 850 euros », pourquoi ce choix qui coûterait, selon vos estimations, de 20 à 23 milliards ?

Fabien Roussel C’est donner les moyens de l’autonomie à chaque jeune. Une allocation de 850 euros net par mois leur permettrait de poursuivre leurs études sans être obligé de travailler. Elle compterait plusieurs ­niveaux en fonction de l’attribution d’un logement ou non, des ressources des étudiants… À défaut, elle pourrait être plus importante. Son financement doit reposer sur deux sources : une nouvelle cotisation sociale et une part du budget de l’État. C’est aussi inciter les entreprises à embaucher ces jeunes, puisqu’elles auront contribué à financer leur formation.

Quid alors de l’extension du RSA aux moins de 25 ans défendue par les organisations de jeunesse et que le gouvernement refuse ?

Fabien Roussel Nous soutenons le RSA jeunes mais pour répondre à l’urgence immédiate, le temps de créer ces filières, de réindustrialiser, d’ouvrir ces prérecrutements… Mon ambition pour le pays, ce n’est pas de proposer le RSA comme horizon aux jeunes : 584 euros pour lesquels la droite voudrait en plus qu’ils bossent. Nous souhaitons redonner du sens au travail, répondre aux immenses besoins de la société, sortir d’un système d’accompagnement du chômage.

La rentrée scolaire démarre ce jeudi. Vous proposez d’investir 5 milliards de plus par an pour l’école publique, où irez-vous les chercher et à quoi seraient-ils consacrés ?

Fabien Roussel La crise sanitaire a révélé et accentué la crise de notre école. Le gouvernement n’a rien fait pour protéger les enfants et les personnels de ses conséquences. Pire, la rentrée va se faire avec 1 800 postes d’enseignants en moins dans nos collèges et lycées. En quatre ans, 7 500 postes ont été supprimés. Et le gouvernement profite de la crise pour casser le bac et avancer vers une éducation à plusieurs vitesses. Il faut inverser ces logiques pour donner à la France la jeunesse la mieux formée. Il faut mieux reconnaître le métier d’enseignant en revalorisant les salaires autrement que par une prime. Du CP à la terminale, les classes ne doivent pas compter plus de 20 à 25 élèves. Cela nécessite de construire des établissements et de prérecruter 90 000 enseignants. Je propose aussi d’allonger le temps passé à l’école à 32 heures par semaine. Plus de temps pour apprendre en classe, c’est plus de temps pour donner du sens aux apprentissages, varier les activités, résoudre les difficultés… et c’est aussi une manière de libérer le reste du temps, d’en finir avec les devoirs pour mettre tous les enfants sur un pied d’égalité. Alors je le dis clairement : il faut augmenter le budget de l’État. Celui de l’éducation nationale doit passer de 55 milliards à 80 milliards en l’espace de cinq ans. Le gouvernement Macron a fait un cadeau de 20 milliards par an au capital, je propose de les récupérer et d’en consacrer 5 à l’école.

Emmanuel Macron est depuis mercredi à Marseille, après les drames liés au trafic de drogue. C’est une réalité à laquelle une partie de la jeunesse est confrontée, que lui dites-vous ?

Fabien Roussel Si on veut offrir des jours heureux aux jeunes dans toute la France, les grandes villes, les banlieues comme la ­ruralité, nous devons leur offrir les mêmes droits. À Marseille, il faut plus de moyens pour la justice, mettre en place une vraie police de proximité. Mais, face à ce fléau, ça ne suffira pas. Dans notre pacte, nous proposons un statut social pour nos jeunes qui, à partir de leurs 18 ans, leur garantira les mêmes droits au logement, aux transports, au sport et à la culture, à la santé… Nous voulons pour cela créer partout des maisons pour la jeunesse avec de nouveaux moyens. C’est la mission de la République 

 

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