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28 juin 2019 5 28 /06 /juin /2019 06:45

Toute honte bue, Roux De Bézieux et le Medef invitent Marion Maréchal Le Pen et le RN a disserter sur le populisme lors de leurs universités d'été
Tout ça n'est pas si grave ? L'extreme droite raciste et xénophobe aurait changé ? Absous les Louis Renault et autres patrons collabos ? Plutôt Hitler que le front populaire ?
Quelle honte! 

"Il n'y a pas que les élus Les Républicains qui n’hésitent plus à s’afficher avec Marion Maréchal. Selon les informations de L’Express, l’ancienne députée FN du Vaucluse a été invitée à participer à l’université d’été du Medef qui se tiendra au mois d’août à Longchamp. Marion Maréchal, qui s’est retirée de la vie politique active tout en prônant “l’union des droites”, a donné son accord de principe.

Selon un document confidentiel cité par L’Express, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen pourrait débattre lors une table ronde consacrée à “La grande peur des mal pensants, pourquoi les populistes sont populaires”.

(Huffington Post, https://www.huffingtonpost.fr/entry/marion-marechal-invitee-de-luniversite-dete-du-medef-une-premiere_fr)

 

Extrême droite Rapprochement entre Marion Maréchal et des élus LR
Vendredi, 28 Juin, 2019
 

En retrait de la vie politique depuis mai 2017, Marion Maréchal se remet doucement en mouvement. Selon les révélations du Figaro, l’ex-députée FN du Vaucluse a dîné avec une quinzaine d’élus « Les Républicains », mardi soir, à Paris. Au menu : discussion sur la PMA, ADP et, bien entendu, l’immigration. Autour de la table, des parlementaires, des membres du bureau politique de LR, des candidats aux européennes. Conseiller régional des Pays de la Loire, Sébastien Pilard assume sa présence à ce repas : « Je préfère discuter avec Marion Maréchal qu’avec Emmanuel Macron. Elle défend une ligne très proche de certaines personnes de notre famille politique comme Laurent Wauquiez ou Bruno Retailleau. Pour reconstruire la droite, nous devons mettre tout le monde autour de la table. Marion Maréchal y a toute sa place. » Elle est aussi– une première – invitée à débattre à l’université d’été du Medef, fin août. CY. C.

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26 juin 2019 3 26 /06 /juin /2019 11:15
Maître Elise Brand, avocate spécialiste en droit du travail, adhérente PCF, la bête noire du patronat (Ouest-France, pages Bretagne, jeudi 20 juin 2019)

Maître Elise Brand, la bête noire du patronat (Ouest-France, pages Région, jeudi 20 juin 2019)

Un très beau portrait d'une adhérente communiste normande, avocate en droit du travail, star du barreau et défenseur des ouvriers et employés victimes de plans sociaux et de licenciements à but de rentabilité financière. Merci à Dominique Resmon de nous avoir signalé l'article et de nous l'avoir transmis.

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26 juin 2019 3 26 /06 /juin /2019 07:25

 

Texte collectif. 

 

Développer la filière énergétique industrielle pour répondre aux besoins humains, écologiques et sociaux de nos territoires pas à ceux de la finance !

En annonçant 1 044 suppressions d'emplois sur le territoire de Belfort, soit plus de la moitié des effectifs dédiés à la filière des turbines pour centrales à gaz, avec les effets induits sur la cinquantaine de sous-traitants, General Electric porte un coup terrible à la filière énergétique et industrielle française, ceci après des centaines de suppressions d’emploi chez GE renouvelables (GE-Hydro power).

D'un trait de plume serait rayé de la carte le plus gros centre de production mondial de turbines à gaz, des savoir-faire technologiques et des compétences humaines accumulés depuis des décennies, qui ont conduit à la capacité de réaliser de A à Z des turbines aux puissances variées.

 

LA  DÉCISION de GE est ANTI-ÉCOLOGIQUE et  ANTI-ÉCONOMIQUE

La turbine à gaz est décisive pour la transition écologique en tant qu'alternative au charbon et au lignite dans les pays qui l'utilisent massivement, car elle produit deux fois moins de CO2 et aucune particule fine. Son pilotage flexible en fait une des technologies incontournables pour compenser l'intermittence des énergies renouvelables, tant que des solutions de stockage viable ne sont pas trouvées. Elle peut aussi avoir sa place dans un avenir énergétique décarboné (biométhane, hydrogène). Loin d'être en fin de cycle de  vie, le produit devrait connaître au contraire un bond de sa demande mondiale.

 

LA DECISION de GE  obéit à une LOGIQUE DE RENTABILITÉ FINANCIÈRE A TOUT PRIX

Un fonds de pension prédateur (Trian Fund Management) a pris le contrôle de GE en 2017, après la vente d'Alstom-Énergie à GE, qui s'est soldée par un désengagement de l'Etat français, jusqu’à la vente par Alstom de ses parts dans les co-entreprises de l’énergie au bénéfice juteux d’actionnaires d’Alstom comme Bouygues.  Le groupe GE, qui a distribué 117,2 milliards de dollars en dividendes et rachats d’actions en 10 ans, mène une stratégie financière globale boursière se traduisant par des cessions et restructurations considérables d'actifs industriels pour faire uniquement de l’argent ailleurs et autrement.

Après la vente d'Alstom-Énergie à GE, tous les brevets mis au point à Belfort ont été transférés sans contrôle dans une filiale de droit Suisse, ainsi que les fonctions stratégiques (gestion de projet, services commerciaux) et donnent lieu au paiement de royalties et redevances diverses par le site. Cela s'apparente à  un véritable hold-up sur les technologies mises au point par les travailleur.se.s de nos territoires, avec l'appui de nos services publics, et fonctionne comme une pompe aspirante de la valeur créée sur le territoire, en même temps qu'un moyen d'échapper à l'impôt en France. 

A cela s'ajoute une stratégie de délocalisation d'activités de production aux USA, conforme à l'objectif politique de D. Trump « America first ». C’est une véritable guerre économique qui se livre, où la France et l’Europe sont un champ ouvert à tous vents et se retrouvent prises en étau entre les Etats-Unis et les pays asiatiques s’il n’y a pas de véritable stratégie et politique industrielle en la matière.

Dans cette situation de perte de contrôle sur une industrie essentielle à la transition écologique, laresponsabilité de l'État est majeure.

 

L’INDUSTRIE ET LES COOPÉRATIONS NATIONALES SABORDÉES, AVEC L’APPUI D’E. MACRON

Les doutes sur les choix de restructurations industrielles opérés depuis une vingtaine d'années sont tels que deux commissions d'enquête parlementaire ont été constituées, à l'Assemblée Nationale et au Sénat. Leurs conclusions sont sans appel : « l’État a failli à préserver les intérêts nationaux » déclare O. Marleix, Président de la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale.

Cette affaire a même pris récemment un tour judiciaire avec un signalement adressé au procureur d'un possible «pacte de corruption».

Les opérations successives de ventes à la découpe et de désengagement de la part de l'État ont été réalisées sous la pression d'intérêts financiers puissants, sans vision industrielle et sans souci de l'indépendance nationale. La nomination comme directeur de GE-France d'un ancien conseiller du Président n'est pas de nature à rassurer sur les liens actuels entre le pouvoir politique et le pouvoir  économique.

 

CE QUE NOUS SOUTENONS

Une politique énergétique cohérente et efficace suppose au contraire que les projets industriels soient au niveau des prévisions concernant la transition écologique et qu’ils s’appuient sur le développement de l’emploi, des compétences, d’un outil industriel, sur une relation intime, et non prédatrice, avec la recherche et les services, et sur des coopérations avec les entreprises privées et publiques.

L'enjeu immédiat est donc la préservation et le développement de la filière des turbines à gaz. C'est l'intérêt vital pour l'avenir du territoire, de ses salariés, sa jeunesse, ses habitants, ses  PME sous- traitantes. C'est l'intérêt du pays tout entier d'insérer son industrie dans une transition écologique réussie, en faisant en sorte que l'efficacité sociale et économique l'emporte sur  le profit égoïste.

Nous récusons les fausses solutions de la diversification qui sont avancées, parce qu'elles s'inscrivent dans un temps bien trop long. Ces pistes, quel que soit leur intérêt à moyen et long terme, ne permettent pas de préserver les compétences humaines et l'outil industriel, dont la disparition serait irréversible.

 

NOUS DEMANDONS

  1. un moratoire immédiat sur le plan de suppression des emplois et l’ouverture d’un véritable débatpublic et social, avec toutes les parties prenantes, mettant toutes les informations sur la table
  2. un plan de développement industriel ambitieux de la filière au service de l’objectif de « neutralité carbone », des besoins d’énergie, du développement de nos territoires et de l’emploi, incluant R&D, formation, préservation des emplois et investissements, coopérations industrielles à l'échelle nationale et européenne, s'appuyant sur l'atout humain exceptionnel de Belfort en lien avec les fonctions supports et les services commerciaux, d’ingéniérie ou de recherche, les services publics et la mobilisation de moyens financiers bancaires.
  3. La dénonciation de l'accord de cession d'Alstom-Énergie à GE de novembre 2014, que GE n'a pas respecté, non seulement sur la création des 1 000 emplois, mais sur l'avenir du site de Belfort, qui devait assurer pendant 10 ans les fonctions d'un centre mondial de décision, ce qui implique notamment :
  • Le retour en France de la propriété intellectuelle des brevets mis au point en France et la transparence sur les royalties et droits versés.
  • L’annulation de la vente des parts d’Alstom dans les co-entreprises énergie détenues avec GE (dont celles de la filière nucléaire qui peuvent être rachetées avec l'appui des banques et des critères précis), puisque la « fusion » d’Alstom-Énergie avec Siemens ne s’est pas faite, et, pour la même raison, l’annulation du versement du dividende exceptionnel de 900 millions d’euros, toujours prévu pour juillet prochain.
  1. la création d'un comité de suivi démocratique, doté d’un pouvoir effectif de contrôle des engagements, incluant les représentants syndicaux, les élus locaux, et les représentants des partis politiques ayant participé aux commissions d'enquête parlementaires. C'est à ce comité et non à GE, qu'il revient de décider de l'affectation des 50 millions d'euros d'amende pour non-respect de la promesse de création d'emplois.

 

DES SOLUTIONS EXISTENT, LE GOUVERNEMENT A DES LEVIERS POUR AGIR

La responsabilité de l'Etat dans la situation actuelle est évidente, sa responsabilité pour en sortir par le haut également. Si ce dossier pose à terme la question de la maîtrise publique sur nos  secteurs économiques stratégiques, dans l'immédiat, l'Etat doit intervenir au lieu d'accompagner les décisions de GE, et il n'est pas sans moyens d'actions pour le faire. 

GE vit en grande partie des commandes publiques, non seulement l'énergie, mais pour les équipements des hôpitaux, les services aux  collectivités locales. L'entreprise a perçu du CICE, du CIR (crédit d’impôt recherche), alors même que le groupe ne cesse de délocaliser des activités, y compris l'ingénierie. Les intérêts de GE en France, avec  17 000 salariés employés au total, sont importants. Il existe donc, avec de la volonté politique, des moyens de pression économiques.

Les possibilités juridiques effectives existent de dénoncer le contrat de 2014 que GE n'a pas respecté, pour que la puissance publique reprenne la main sur les orientations stratégiques du secteur de l'énergie.

Il est temps de mettre un coup d'arrêt à des décisions qui  nous emmènent un peu plus vers le point de non-retour des technologies et capacités industrielles fondamentales de notre pays. Pour retrouver la voie d'une véritable politique industrielle et de services au service des besoins sociaux et écologiques de notre pays, et de nos territoires, nous voulons contribuer à imposer d'autres choix que ceux d'une industrie soumise aux exigences exclusives de la finance. Notre argent et celui de nos banques doit servir à autre chose.

PREMIERS SIGNATAIRES :

 

Intellectuels

Bachet Daniel, Professeur, Université de Paris-Saclay

Barbier Jean-Marie, Professeur CNAM, formation des adultes

Baumgarten Christophe, Avocat

Bellal Amar, Rédacteur en chef de Progressistes

Boccara Frédéric, Economiste, Membre du CESE

Colletis Gabriel, Economiste, Université de Toulouse

Didry Claude, Sociologue, Directeur de recherches CNRS

Dimicoli Yves, Economiste, Ancien membre du CAE (conseil d’analyse économique)

Durand Denis, Economiste, co-Directeur Economie et Politique

Herzog Philippe, Economiste, ancien député européen

Ivorra Pierre, Chroniqueur économique

Kirat Thierry, Economiste, Directeur de recherches CNRS et université Paris Dauphine

Lang Dany, Economiste, Université de Paris 13, CA des économistes atterrés

Levi-Cyferman Annie, Avocate

Meda Dominique, Sociologue

Mills Catherine, Economiste, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Paillier Aline, Journaliste

Rauch Frédéric, Rédacteur en chef Economie et Politique

Renou Xavier-Francaire, Philosophe, Association Renaissance des lumières

Salais Robert, Economiste

Sterdyniak Henri, Economiste, CA des économistes Atterrés

Stiegler Bernard, Philosophe

Tournebise Alain, Ingénieur, économiste, ancien membre du CES

 

Responsables associatifs, politiques et élus

Bruneel Alain, Député PCF

Chesneaux Philippe, militant écologiste, Ancien conseiller régional Paca EELV

Cours-Salies Pierre, Sociologue, Ensemble !

Fiterman Charles, Ancien ministre

Gay Fabien, Sénateur, PCF

Lassauzay Didier, Gauche démocratique et sociale (GDS)

Le Bouler Hervé, Militant écologiste, Membre du CESE

Mamet Jean-Claude, Ensemble !

Renard Antoine, Membre du CESE, président de l'association Européenne des catholiques

Roussel Fabien, Secrétaire national du PCF

Ternant Evelyne, Secrétaire du comité régional Bourgogne Franche-Comté du PCF

Ternant Muriel, Secrétaire Départementale du PCF du Territoire de Belfort

 

Syndicalistes

Cailletaud Marie-Claire, syndicaliste, Membre du CESE, rapporteure "Industrie

Caritey Cyril, Syndicaliste, CGT General Electric

Debons Claude, Ancien syndicaliste

Goncalves Valérie, Syndicaliste énergie

Heredia Laurent, Syndicaliste, Secrétaire fédéral CGT énergie

Matoug Karim, Syndicaliste, CGT General Electric

Ménesplier Sébastien, Syndicaliste Energie

Pastor Grégory, Syndicaliste, CGT General Electric

Pagnoncelli Damien, secrétaire UD CGT Territoire de Belfort

Sanchez Frédéric, Secrétaire général de la métallurgie CGT

Thiriet Dominique, CGT General Electric Belfort

 

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26 juin 2019 3 26 /06 /juin /2019 07:14

 

Le prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les revenus du capital ne pèsera pas sur le budget en raison d’une envolée des dividendes distribués en 2018. Un succès pour les défenseurs du gouvernement, mais c’est en réalité la preuve que le gouvernement met ses pas dans ceux de Ronald Reagan et croit bel et bien dans la théorie du ruissellement. 

 

La « flat tax » sur les revenus du capital était une des mesures phares des réformes fiscales du gouvernement au début du quinquennat. Mis en place au premier janvier 2018, ce prélèvement forfaitaire unique (PFU) est une forme de bouclier fiscal qui limite la taxation des revenus du capital à 30 %, tout compris. Cette taxe devait, dans le projet de loi de finances 2017, coûter 1,3 milliard d’euros au budget de l’État ; finalement, il ne coûtera rien puisque l’augmentation des versements de dividendes a élargi sa base fiscale et donc les recettes. Un succès, donc, proclame dans son éditorial de ce 20 juin le journal Les Échos, évoquant les « bons comptes de la flat tax ». Selon son rédacteur Étienne Lefebvre, tant l’État que la Sécurité sociale ont profité de cette mesure in fine.

Qu’en est-il réellement ? Effectivement, la flat tax ne devrait rien coûter formellement aux comptes publics. Mais ce constat ne représente qu’une partie de l’histoire. Ce meilleur résultat s’explique effectivement par une très forte augmentation des versements de dividendes en 2018, de 24,34 % en un an, pour atteindre le niveau de 37,11 milliards d’euros. C’est effectivement près de 8 milliards d’euros de plus de versés, ce qui a permis de combler le manque à gagner attendu. On notera immédiatement qu’un manque à gagner nul ne représente pas un gain et que, partant, si l’État n’a pas perdu d’argent, il n’en a pas gagné alors même que la hausse des versements de dividendes est vertigineuse et que les prix ont progressé de 1,6 %. La stabilité des recettes fiscales sur des revenus du capital en hausse de 24 % ne peut guère être considérée comme une bonne affaire. Les « bons comptes » ne sont donc pas si bons. Ils sont, à la limite, « pas aussi mauvais » qu’attendu.

Évolution de la croissance de l'EBE des entreprises et de celle des dividendes versés. © Insee, note de conjoncture de juin 2019.

Évolution de la croissance de l'EBE des entreprises et de celle des dividendes versés. © Insee, note de conjoncture de juin 2019.

Mais dès lors se posent plusieurs autres questions. D’abord, sans cette réforme, les dividendes auraient-ils été aussi importants ? La réponse est sans doute négative. Dans sa note de conjoncture publiée le 19 juin, l’Insee reconnaît, page 104, qu’il y a « sans doute » eu un effet PFU. Autrement dit, les entreprises ont décidé de verser davantage de dividendes pour profiter d’une aubaine fiscale. La courbe attachée par l’institut statistique semble le prouver avec éclat. Alors que la croissance du résultat brut d’exploitation des entreprises a ralenti à 3 % en 2018, le versement de dividendes a explosé. Il n’est donc pas possible d’invoquer une croissance « naturelle » du dividende liée à celle de l’activité. Le PFU a ainsi alimenté la hausse des dividendes, ce qui a permis de limiter les pertes fiscales… du PFU.

Car une autre interrogation surgit aussitôt. Si ces versements de dividendes ne sont pas « naturels », d’où viennent-ils ? Il y a, à cela, plusieurs réponses qui permettent immédiatement de relativiser le succès de la flat tax et ses « bons comptes ». La première est que dans le partage de l’EBE, on ait versé plus de dividendes au détriment des autres usages du profit : reversement aux salariés et, surtout, investissement. De fait, on constate que la croissance de l’investissement des entreprises non financières a ralenti, passant de + 5 % en 2017 à + 3,9 % en 2018, avec un coup de frein plus marqué dans les investissements en produits manufacturés (de + 3,1 % à + 2 %), dont l’investissement en machines et en modernisation de l’appareil industriel ne représente qu’une partie.

Malgré tout, la croissance de l’investissement s’est poursuivie, ce qui suppose que les entreprises ont eu recours à l’endettement pour financer ces dépenses et augmenter les versements de dividendes. Et de fait, la dette des sociétés non financières n’a cessé de croître en 2018. En décembre 2018, la croissance annuelle de cette dette, selon la Banque de France, était de 5,8 % contre 4,8 % en janvier. En un an, toujours selon la Banque de France, le taux d’endettement des sociétés non financières est passé de 69,8 % à 72,6 % du PIB. Un taux désormais supérieur à ceux de l’Espagne et du Royaume-Uni, ce qui n’était pas le cas fin 2017. En d’autres termes : les entreprises françaises s’endettent beaucoup plus vite que la création de richesses. Le Haut Conseil de stabilité financière ne cesse de s’en émouvoir et durcit légèrement, en conséquence, les contraintes sur les banques. Mais la clé est peut-être ailleurs. Le PFU pourrait ainsi avoir alimenté cette forte hausse de l’endettement afin de répondre à l’aubaine fiscale pour les actionnaires. Résultat : il a fallu investir plus prudemment et, pour financer l’investissement, avoir recours à la dette. Quand on sait, par ailleurs, que les choix d’investissement des entreprises françaises sont très discutables et ne portent pas en priorité sur la modernisation de l’outil productif, il y a de quoi s’interroger sur l’opportunité du PFU.

Endettement des entreprises non financières en % du PIB. © banque de France

Endettement des entreprises non financières en % du PIB. © banque de France

De fait, le PFU a été mis sur pied en urgence dès le 1er janvier 2018 pour soutenir l’investissement productif. C’était la justification du gouvernement, qui appliquait l’idée libérale classique selon laquelle le capital, moins taxé, s’allouerait mieux et pourrait ainsi davantage financer l’outil productif hexagonal, lequel est effectivement le talon d’Achille de l’économie française. De ce point de vue, la prétendue « bonne nouvelle » de la PFU n’est qu’un leurre. En alimentant l’immense croissance des versements de dividendes, le PFU n’a guère conduit à l’effet désiré puisque la croissance de l’investissement productif a ralenti. En revanche, il est venu alimenter les revenus des plus fortunés.

Dans la note de conjoncture déjà citée, en effet, l’Insee pratique quelques rappels bienvenus. Ceux qui bénéficient le plus des revenus de la propriété, autrement dit des dividendes, ce sont les plus riches. Ces revenus ne pèsent rien dans les revenus disponibles bruts des 60 % les plus pauvres. Ils pèsent en revanche 14 % du revenu disponible brut des 20 % les plus riches, et l’on sait que plus le niveau de revenus augmente, plus cette part s’accroît. Le PFU n’a donc pas soutenu l’investissement, mais le revenu des plus riches. Autrement dit, dans les faits et contrairement à ce que l’exécutif n’a cessé d’affirmer, la politique du gouvernement a bien été une politique de « ruissellement », qui a alimenté les revenus des riches en espérant que l’économie en profite dans son ensemble. Cela n’est pas arrivé et de fait, le gouvernement a subventionné le transfert de richesses vers les plus hautes classes de la population.

L’autre conséquence du PFU est plus difficile à identifier. L’économiste Gabriel Zucman, de l’université de Berkeley en Californie, avait dans une tribune du Monde, fin 2017, mis en garde contre un effet de transfert des revenus du travail vers les revenus du capital. Ce phénomène, qui a pu être constaté en Finlande notamment, s’observe lorsque la taxation des revenus du capital est inférieure à celle du travail. Dans ce cas, plusieurs entrepreneurs préfèrent réduire leurs salaires, qui sont plus fortement taxés (en France, jusqu’à 45 % pour tout euro gagné au-delà de 153 000 euros) pour se verser des dividendes, taxés à 30 % au plus. Cette situation peut aussi inciter certains à basculer du statut de salarié à celui d’entrepreneur pour bénéficier de l’aubaine. Si un phénomène de ce type se produisait, alors le surplus de recettes du PFU (ou plutôt son absence de pertes) ne serait que le reflet d’une perte de recettes par ailleurs, sur l’impôt sur le revenu, la CSG salariale et les cotisations sociales.

Identifier un tel mouvement est très complexe, parce qu’il est nécessairement lent à se mettre en place. Il faut que les agents fassent des calculs compliqués pour réaliser cet arbitrage. Mais il est intéressant de souligner que l’éditorial des Échos n’évoque guère cette possibilité. Pourtant, rien n’est sûr à ce sujet. Contacté par Mediapart, l’Insee refuse de se prononcer sur cet effet de la « flat tax », estimant que « ces éventuels effets nous sembleraient […] assez difficiles à identifier spécifiquement, compte tenu des données disponibles ». On peut cependant relever quelques pistes. Si l’éditorialiste des Échos estime que le PFU aurait « rapporté un milliard d’euros de plus que prévu » à la Sécurité sociale, il oublie de dire que, hors effet des réformes fiscales, la croissance des recettes des cotisations sociales (3 %) a été inférieure en 2018 à celle de 2017 (+ 3,4 %) et à la croissance de la masse salariale du secteur privé (+ 3,5 %). Ce simple ralentissement annule déjà l’effet positif du PFU et pourrait bien s’expliquer par la décision de certains de basculer une partie de leurs revenus sous formes de dividendes. En tout cas, selon le rapport de la Cour des comptes publié le 19 juin 2019, malgré le « miracle » du PFU, les recettes globales de la Sécurité sociale en 2018 sont inférieures aux prévisions du projet de loi de financement de la Sécurité sociale de 100 millions d’euros « sous l’effet, annonce la Cour, d’une baisse des cotisations sociales plus forte qu’anticipé ». Ce qui a été gagné par le PFU a donc été nécessairement perdu ailleurs. Et les choses se présentent mal pour 2019.

La commission des comptes de la Sécurité sociale a lancé une alarme en raison de l’effet de la nouvelle baisse des cotisations. Mais le ralentissement de la croissance de la masse salariale malgré la hausse des créations d’emploi est aussi préoccupant. Selon l’Acoss, au premier trimestre 2019, la masse salariale soumise à cotisations a progressé de 2,6 % sur un an, contre 3,5 % au trimestre précédent. Autrement dit, il n’y a pas de miracle : si une base fiscale stagne, celle des dividendes, une autre est freinée, celle des cotisations. Il est même possible que Gabriel Zucman ait ici vu juste et que le phénomène de basculement accélère encore dans les prochaines années.

Une machine idéologique au profit des plus riches

Le PFU n’a donc pas de « bons comptes » : c’est une machine idéologique mise en place pour profiter aux bourses des plus fortunés et pour accélérer le démantèlement du système assurantiel et salarial français. Il permet de réduire le produit des cotisations, tout en plafonnant celui de la CSG sur les revenus du capital. Au bout du compte, il affaiblit donc la Sécurité sociale tout en encourageant le remplacement d’une relation salariale par une relation interentreprises. Ce que permet le PFU, c’est bel et bien l’individualisation de la relation au travail et à l’assurance sociale, ce qui est le socle de la pensée néolibérale au cœur du projet gouvernemental.

Cet éloge exagéré et grossier du PFU est donc loin d’être anodin. Au moins à deux titres. Le premier tient à la stratégie du gouvernement. On sait que, le 25 avril dernier, le président de la République a concédé, du bout des lèvres, qu’il pourrait revenir sur le PFU et la réforme de l’ISF si les évaluations montraient l’inefficacité de ces mesures. L’éditorial des Échos montre que ces évaluations n’auront guère besoin d’être convaincantes. Il suffira de montrer le meilleur angle pour justifier la poursuite de la manœuvre. C’est du reste ce qu’ont montré les évaluations du CICE, qui n’ont retenu des travaux empiriques que les meilleures hypothèses

Le second élément important est la justification générale des baisses d’impôts, qui constituent le cœur du programme du gouvernement et du quinquennat. Le PFU serait la preuve éclatante de l’existence de la « courbe de Laffer », cette fameuse courbe qui traduit en un graphique approximatif l’adage « trop d’impôt tue l’impôt ». Avant le PFU, les recettes auraient ainsi été entamées par un taux de prélèvement trop élevé. Ce taux baissant, la base fiscale se renforce et les recettes augmentent. On a vu que l’on n’en était pas là, et que les gains liés au PFU sont peut-être des pertes ailleurs. On notera aussi que le but du PFU n’était pas officiellement d’accroître le versement de dividendes dans un pays qui était, comparativement et avec une fiscalité plus forte, déjà très généreux dans ce domaine, mais d’augmenter l’investissement productif. Mais en réalité, peu importe : si la courbe de Laffer a raison, alors il faut continuer dans les baisses d’impôts. Or ces baisses d’impôts et de cotisations ont un revers : ils affaiblissent le système de redistribution et mettent la pression sur le budget de l’État. Car même si le PFU n’a pas pesé sur les comptes publics, il ne les a pas améliorés. Compte tenu de l’inflation et de la tendance naturelle des dépenses, il a donc in fine bel et bien pesé sur les comptes publics. Il en sera évidemment de même des autres baisses d’impôts du gouvernement.

En réalité, la courbe de Laffer a été, de l’aveu même de son concepteur Arthur Laffer – décoré et honoré de la médaille présidentielle par Donald Trump le 19 juin –, rédigée sur un coin de nappe (laquelle est conservée au Musée national d’histoire américaine de Washington) lors d’un dîner en 1974 avec Donald Rumsfeld et Dick Cheney. Elle n’est rien d’autre qu’une parole de café du commerce et les études empiriques n’ont jamais été capables de la confirmer. Par ailleurs, elle est toujours restée extrêmement abstraite, aucun niveau maximal de l’impôt n’a jamais pu être établi avec certitude. Dès lors, il ne reste de la place que pour l’idéologie. Et c’est bien ce qui s’est passé lorsque les républicains, derrière Ronald Reagan, ont repris cette courbe comme étendard et comme justification à leur politique de baisses d’impôts dans les années 1980.

Et c’est bien ce qui se passe pour le PFU. L’éditorialiste des Échos voit dans cette taxe la preuve que la taxation du capital « doit être plus que toute autre adaptée de manière pragmatique et non idéologique ». Deux termes qui, comme d’habitude en régime néolibéral, cachent évidemment une position fort idéologique, puisque l’on a pu constater comment le résultat du PFU avait été tiré vers le haut. En réalité, les dividendes distribués en France ont été entre 2010 et 2012 encore plus élevés qu’aujourd’hui, avec un régime fiscal moins favorable. De plus, en considérant que la courbe de Laffer doit être le seul critère du succès de la « flat tax », l’éditorialiste suppose que le rôle de l’État doit bien être de favoriser la distribution de dividendes. Or cette distribution excessive ne peut se faire qu’au détriment de l’investissement et de la santé financière des entreprises. Son intérêt réside principalement dans l’amélioration du revenu disponible des plus riches. Et l’on retombe sur l’une des conséquences inévitables de la croyance dans la courbe de Laffer : la théorie du ruissellement qui n’a pas davantage de soutien scientifique. On demeure donc plus que jamais dans l’idéologie et, plus précisément, l’idéologie de classe.

En réalité, le PFU est bien une pierre essentielle à la construction d’une politique économique favorable au capital et aux plus riches. Il permet la distribution généreuse de revenus à des plus fortunés qui, précisément, viennent d’être exonérés de l’ISF. Parallèlement, les réformes structurelles affaiblissent les plus fragiles des travailleurs par la flexibilisation de l’emploi et, plus récemment encore, par le durcissement des conditions d’accès à l’assurance-chômage. Tout ceci n’a qu’une ambition : peser sur les salaires pour augmenter le taux de marge des entreprises et ainsi permettre encore davantage de versement de dividendes aux plus riches. Au premier trimestre 2019, le salaire moyen par tête a ainsi reculé de 0,3 % selon l’Acoss alors que, selon l’Insee, les revenus du capital versés aux ménages devraient encore progresser cette année de 3,5 % (soit 1,2 point de plus que les revenus d’activité) après une hausse de 8,3 % en 2018… Emmanuel Macron mène une politique économique connue : elle est absolument copiée sur celle de Ronald Reagan, elle-même inspirée par Arthur Laffer…

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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 15:40

 

"Halte aux spoliations" est le titre du dixième ouvrage de Gérard Le Puill, paru en mai dernier. Journaliste professionnel depuis 35 ans, Gérard Le Puill est un spécialiste des sujets environnementaux, climatiques et agricoles. Dans son dernier livre, il est question de ces enjeux. Mais pas que. Il y aborde aussi la situation des retraités, des corps hospitaliers ou encore des gilets jaunes.

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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 15:24

 

Une fois de plus, les tenants du "nouveau monde" reprennent les recettes de l'ancien : culpabilisation des chômeurs et déresponsabilisation sociale des entreprises comme seules perspectives.

 

Assurance chomage : une attaque de grande ampleur contre les bases mêmes de notre modèle social

Avec sa réforme de l'Unedic, le gouvernement veut faire payer 3 milliards d’euros d'indemnisation du chômage par les chômeurs. Au nom de l'idéologie ultra-libérale selon laquelle l'indemnisation du chômage serait un facteur de désincitation au travail, il veut une fois encore changer les règles de l'indemnisation des chômeurs en rognant sur le droit à indemnisation. 
Mais cette fois, l'ambition est bien d'ajouter une pierre à la mise à bas de notre système solidaire de protection sociale, en introduisant le principe que l'indemnisation calculée ne pourra pas dépasser la moyenne des salaires perçus. 

Cette décision prolonge en effet la réforme précédente de l'Unedic et la réforme des cotisations salariales engagées toutes les deux au début du quinquennat. La suppression des cotisations salariales chômage par l'intégration dans le salaire net de leur montant monétaire a modifié les modalités de la gouvernance de l'Unedic où le poids de l’État a remplacé le paritarisme syndicats-patronat. Le refus du patronat d'accepter une solution viable à la dette de l'Unedic (35 Mds d'euros) par une augmentation des cotisations patronales a laissé le champ libre au gouvernement pour cette nouvelle régression des droits des chômeurs. 

En vérité, à l'instar de sa future réforme systémique des retraites qui veut plafonner ad vitam æternam la richesse produite par le pays consacrée aux pensions de retraite, le gouvernement déroule sans le dire sa réforme systémique de l'indemnisation du chômage qui imposera de limiter la contribution sociale du pays en faveur des chômeurs et donc la part de richesses que le pays voudrait leur consacrer. C'est ni plus ni moins qu'une nouvelle "règle d'or d'austérité sur la dépense publique et sociale" qui est ainsi imposée aux salariés, et en premier lieu aux chômeurs, dont le but est de remettre en cause les bases mêmes de notre modèle social.

Les dispositions relatives à un bonus-malus pour les entreprises utilisatrices des contrats courts n'étant là que pour servir d'appât pour de futurs signataires de l'accord.

Le Premier ministre prétend qu'il faut "que le travail paie plus que l'inactivité". Il aspire à un "plein emploi" ... à 7% de chômeurs ! De qui se moque-t-on ?!

Si le gouvernement veut vraiment réduire le nombre de chômeurs et relancer l'emploi, eh bien qu'il crée les conditions d'une éradication réelle du chômage. Et pour cela, le PCF a des suggestions à lui faire. A commencer par empêcher les fermetures de site industriels et par créer en urgence les centaines de milliers d’emplois qui manquent cruellement dans les services publics.

Et il pourrait inscrire cette ambition dans la mise en place d'une véritable sécurité d'emploi ou de formation qui, en assurant une rotation emploi-formation-nouvel emploi sans perte de rémunération, permettrait d'assurer une véritable mobilité professionnelle choisie des salariés sans passer par la case chômage, ni par l'inactivité. Et pour financer cela, qu'il mette à contribution ceux qui sont les premiers responsables de la hausse du chômage : le Medef, qui privilégie la rémunération des actionnaires au développement de l'investissement productif, des compétences et de l'emploi !

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22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 07:20
Vœu pour un référendum contre la privatisation d'ADP - Aéroports de Paris
 
Conseil Municipal de Morlaix du 25 juin 2019
 
Rapporteur :  Ismaël Dupont
 
Le  Président de la République et le Gouvernement ont pour objectif de privatiser complément  les Aéroports de Paris (ADP) – qui gèrent Roissy Charles de Gaule, Orly, Le Bourget – un groupe  dont l’État reste actionnaire à 50,6 %. La privatisation d'ADP (aujourd'hui l’État est actionnaire à hauteur de 50,6%) a été votée par la loi Pacte au printemps 2019. Outre ADP, elle prévoit aussi la vente de ENGIE et de la Française des Jeux. Ils rapportent à eux trois 800 millions d'euros par an à l’État : 173 millions de dividendes pour l’État l'an passé pour ADP. ADP est la deuxième valeur boursière détenue par l’État après EDF.
 
Ce projet soulève une très forte opposition dans tout le pays, à l'Assemblée Nationale et au Sénat..
 
En effet, la maîtrise publique de nos plus grands aéroports nationaux est un enjeu d'intérêt national avec une forte dimension stratégique, économique et sécuritaire.  86 % des aéroports dans le monde sont sous contrôle public, dont 100 % aux États-Unis.
Si ADP est privatisé, quel impact sur l'aménagement du grand Paris ? Sur une augmentation des coûts des prestations pour les compagnies aériennes et les usagers ?
 
Pour privatiser l’État devra payer les actuels actionnaires minoritaires d'ADP à hauteur de 1 milliard. Parmi eux, le groupe Vinci, qui est candidat au rachat !ADP est le principal hub d’Air France, le privatiser c’est faire courir des risques à la compagnie nationale. La privatisation d'ADP fait peser de lourdes menaces sur les conditions de travail des salariés de l'entreprise.
 
Un exemple devrait inciter le président de la République à plus de prudence : le précédent de la vente de l'aéroport de Toulouse : Vendu pour 308 millions d'euros à un groupe chinois sans aucune expérience en matière aéroportuaire et composé à 51% d''une entreprise publique chinoise et à 49% d'un fonds d'investissement Hong Kongais domicilié dans un paradis fiscal (les îles vierges britanniques). Il a été revendu 200 millions d'euros plus cher après que les actionnaires en aient vidé les caisse. Cette privatisation a été épinglée par la Cour des comptes.
 
Les compagnies aériennes se sont déclarées défavorables à la privatisation car elles craignent une augmentation des coûts pour eux et donc une répercussion sur les prix des billets. L'association internationale du transport aérien a en effet mené une étude sur  près de 90 aéroports internationaux qui confirme que les aéroports privatisés sont plus chers que ceux restés dans le giron public
 
A l’initiative des parlementaires PCF, FI, PS et LR, la représentation nationale a réussi à imposer un Référendum d’Initiative Partagée (RIP) sur la reconnaissance du caractère de « service public national » des aérodromes parisiens, proposition d'un RIP validé le 9 mai dernier par le Conseil Constitutionnel.
 
Il faudra réunir avant le 12 mars 2020 4,7 millions soutiens à la loi cosignée par 248 parlementaires de gauche et de droite qui consacre ADP comme un service public national donc non cessible au privé. Si ces 4,7 millions de signatures sont recueillies, le gouvernement se trouvera l'obligation de consulter les français sur ce projet. Il va être possible de s'opposer à une nouvelle privatisation et au bradage du patrimoine public au profit exclusif des intérêts privés.
 
En tant qu'élus de Morlaix, nous nous sentons concernés par la possibilité que puisse se tenir ce Référendum d'initiative partagée et appelons un maximum de Morlaisiens à le demander en s'exprimant en mairie où sur le site internet du ministère de l'intérieur.
C'est un enjeu de maîtrise publique d'un secteur stratégique pour notre pays, un enjeu de démocratie, et aussi un enjeu financier pour l’État car ADP est rentable et permet d'investir des millions chaque année dans le service public.
En tant qu'élus de Morlaix, nous sommes pour un abaissement du seuil de 4,7 millions de soutiens à la loi pour le Référendum d'initiative partagée sur ADP. En tant qu'élus de Morlaix, nous exprimons notre refus de la privatisation complète d'ADP.
Voeu pour le référendum contre la privatisation d'ADP présenté par Ismaël Dupont au prochain conseil municipal de Morlaix, 25 juin 2019
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22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 06:53
Pierre Laurent interpelle Castaner sur le référendum ADP - plus de 253 000 signatures au 21 juin 2019 - à 5% de l'objectif

La collecte des soutiens à l’organisation d’un référendum sur la privatisation d’ADP est ouverte depuis le 13 juin.

Au quatrième jour des validations des signatures (il faut un délai de 5 à 7 jours pour officialiser ces signatures)
253 274 soutiens ont été validés

Pierre Laurent interpelle Christophe Castaner
sur le référendum d'ADP

Le 20 juin dernier, Pierre Laurent sénateur de Paris, a interrogé Christophe Castaner sur le référendum d'ADP : : "Vous avez du mal à digérer l'affaire mais il faudra vous y faire ! "

"Depuis tout juste une semaine, la procédure de recueil de signatures en faveur d'un référendum sur la privatisation d'ADP a été lancée. C'est une première ; une expérience démocratique inédite. La question est : la plus grande plateforme aéroportuaire de France restera-t-elle publique ou sera-t-elle livrée à des actionnaires, comme les autoroutes ? Or côté Gouvernement, c'est le silence radio : ouverture du site le 13 juin en catimini, aucune allusion dans les discours de politique générale du Premier ministre, aucun compte rendu de la rencontre au ministère de l'Intérieur avec les parlementaires qui ont lancé la démarche. Vous avez du mal à digérer l'affaire mais il faudra vous y faire ! Pas de compteur officiel mais une association en a créé un, qui affiche 235 832 signatures ce matin déjà. Il faudra y ajouter les nouveaux inscrits. Comment élargir la communication auprès du grand public ?. Quand mettrez-vous en place le comité de suivi ? Quels outils de communication mettrez-vous à disposition des maires pour impliquer les citoyens ?"

Dans sa réponse, Christophe Castaner réfute vouloir compliquer la procédure de recueil des signatures et annonce que dès qu'il y aura des signalements de dysfonctionnements, ils y remédierons. La loi n'autorise pas de campagne officielle ni de financement des partis qui participent à cette campagne. Mais chaque maire qui sollicite un « agrément » pourra l'obtenir et sera accompagné. L'Intérieur, qui travaille sous le contrôle du Conseil constitutionnel, n'a qu'un but : que l'outil permette à chacun de s'exprimer.
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Pierre Laurent interpelle Castaner sur le référendum ADP - plus de 253 000 signatures au 21 juin 2019 - à 5% de l'objectif
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20 juin 2019 4 20 /06 /juin /2019 19:19
A Saint-Denis, un meeting historique contre la privatisation d'ADP - 20 juin 2019

A Saint-Denis, un meeting "historique" contre la privatisation d'ADP

AFP | jeudi 20 juin 2019

Des élus issus de tout "l'arc républicain" se sont retrouvés mercredi soir à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour une réunion publique destinée à lancer la collecte des signatures contre la privatisation d'Aéroport de Paris (ADP).

"Nous sommes dans une réunion peu banale, avec des parlementaires de toutes ces sensibilités, des parlementaires centristes, des parlementaires de droite, on est dans une configuration assez inhabituelle", a relevé le député PCF Stéphane Peu, organisateur de l'événement, en introduisant le meeting.

Objectif de la réunion: lancer la campagne pour rassembler les 4,7 millions de signatures nécessaires pour organiser un référendum contre la privatisation d'ADP.

Assis sur la scène de la Bourse du Travail, devant environ 250 personnes dont quelques syndicalistes agitant à l'occasion des drapeaux CGT : les députés LR Gilles Carrez et François Cornut-Gentille, les députés LFI Clémentine Autain et Eric Coquerel, le premier secrétaire du PS Olivier Faure, le secrétaire national du PCF François Roussel, notamment.

Dans la salle se trouvaient également les sénatrices Esther Benbassa (EELV) et Sophie Taillé-Polian (Générations), le patron des sénateurs PS Patrick Kanner ou encore le député Boris Vallaud.

Auprès de la presse, Eric Coquerel a salué un meeting "historique", disant n'avoir jamais participé à une réunion avec des élus issus d'horizons politiques si différents.

Ciment de cet œcuménisme inédit, "la défense de ce qu'on considère comme l'intérêt supérieur de la nation", a souligné M. Peu.

"Nous avons besoins d'être unis pour gagner la bataille contre la privatisation de l'Aéroport de Paris", lui a fait écho M. Carrez.

Avant qu'il prenne la parole, un extrait vidéo de la séance des questions au gouvernement a été diffusé sous les sifflets de la salle, où le ministre de l'Economie Bruno Le Maire raille ses anciens collègues de droite.

"Mesdames et Messieurs Les Républicains, cela a dû vous faire bizarre de vous retrouver sur la même estrade que les communistes et les socialistes, pour vous opposer à la privatisation d'ADP", avait-il de façon prémonitoire lancé le 10 avril aux élus.

"Bruno Le Maire, c'est l'hôpital qui se moque de la charité", a répliqué M. Carrez.

Interrogé sur BFM, Marine Le Pen a dénoncé le "sectarisme" des organisateurs, le Rassemblement national n'ayant pas été invité.

Initié par des parlementaires PS, le référendum d'initiative partagée (RIP) a été enclenché il y a deux mois avec des députés et sénateurs allant de LFI à LR.

Référendum contre la privatisation d'ADP : la collecte des signatures est lancée

Aéroports de paris. Pour appuyer le référendum, le front républicain est lancé
Vendredi, 21 Juin, 2019

Un arc politique inhabituel s’est créé autour de la défense du service public aéroportuaire. Les parlementaires qui tenaient une réunion publique à Saint-Denis, mercredi soir, ont officiellement lancé la campagne de mobilisation populaire.

 

C’est « une question d’intérêt général ». D’intérêt stratégique national, même, ont fait valoir plusieurs des élus de tous bords réunis mercredi soir à la bourse du travail de Saint-Denis pour un meeting unitaire contre la privatisation d’Aéroports de Paris. « Nous sommes dans une réunion peu banale ! » lance le député PCF Stéphane Peu, organisateur de l’événement, en ouverture du meeting. Parlementaires communistes, écologistes, insoumis, socialistes (PS et Génération.s), mais aussi centristes ou LR… le moment est « historique », insiste son voisin, le député de la France insoumise Éric Coquerel. Tous unis dans « le souci du service public et de la démocratie », comme le souligne le député (LR) de Haute-Marne, François Cornut-Gentille. Un front commun inhabituel qui a d’ailleurs fait se déplacer la presse en masse et espère installer un rapport de forces populaire pour faire capoter le projet du gouvernement. Une bataille de longue haleine, puisqu’il s’agit de recueillir 4,7 millions de signatures en 9 mois pour voir aboutir le processus de référendum d’initiative partagée (RIP) qu’ils ont ensemble lancé.

C’est « la même union qui a présidé à la création d’ADP »

« Tous les moyens sont bons pour gagner ! » lance le député du Nord et secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, répondant à distance aux critiques du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, à propos de la diversité politique du comité national qui anime cette campagne. « Ce n’est pas inédit », rappelle-t-il : c’est « la même union qui a présidé à la création d’ADP, le 24 octobre 1945 », avec comme maître d’œuvre pour le gouvernement provisoire mis sur pied par le général de Gaulle, le ministre communiste de l’Air, Charles Tillon. Le LR Gilles Carrez, ancien président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, n’a pas non plus oublié son histoire et assure d’ailleurs l’assistance que « les Républicains sont déterminés à se battre à travers (leurs) réseaux, (leurs mairies) ». Selon son collègue François Cornut-Gentille, le matin même, une réunion des députés LR avait évoqué la création d’un comité de parlementaires, puisque « quasiment tous les sénateurs », les 45 députés signataires de la proposition de loi (« mais on peut compter sur 80 », dit-il) sont mobilisables. « Chacun fera sa propre campagne », admet Stéphane Peu, mais il y aura « d’autres rendez-vous » comme celui-ci, notamment à Toulouse.

« Demandez à vos maires d’organiser la collecte » des signatures, exhorte le sénateur socialiste du Val-d’Oise, Rachid Temal, appuyé par le maire PCF de Saint-Denis, Laurent Russier, qui espère l’étendre à d’autres villes que les 2 000 – les plus grosses de chaque canton – pour l’instant ciblées par le gouvernement. Car, si le référendum donne « un cadre constitutionnel » – même si le président du Sénat, Gérard Larcher, accuse les animateurs de la campagne pour le référendum de « détournement de démocratie représentative » (sic) – c’est « la volonté du peuple » que cette bataille doit illustrer, estime Éric Coquerel. D’ailleurs, « si cette campagne nous échappe et passe dans les mains des citoyens, on sera très heureux », laisse entendre le député PS des Landes, Boris Vallaud.

Le directeur de recherche au CNRS, Patrick Weil, insiste sur ce point. En créant l’Association pour le référendum ADP (referendum-adp.fr), l’universitaire veut pallier les carences du gouvernement en matière de communication : « Christophe Castaner lui-même a reconnu que le site du gouvernement était “austère’’ », dévoile le sénateur PS Patrick Kanner, qui faisait partie de la délégation qui a rencontré le ministre de l’Interieur, la semaine précédente. Le site associatif recense 15 questions pour faciliter la signature et surtout la mobilisation des citoyens. « Nous voulons transformer les signataires en militants du référendum », assure Patrick Weil. Autocollants et badges « Volontaires du référendum » seront bientôt disponibles pour aller à la rencontre des Français « sur la plage, dans les bistrots, en boîte de nuit si vous voulez », plaisante Clémentine Autain en clôture du meeting. C’est un été de mobilisation qui se profile.

Grégory Marin
L’homme du jour. Stéphane Peu
Jeudi, 20 Juin, 2019

Cheville ouvrière du RIP

 

Stéphane Peu ne s’est pas économisé pour organiser, hier soir, à la bourse du travail de Saint-Denis, le premier événement unitaire visant à obtenir un référendum sur la privatisation d’Aéroports de Paris. « Les chevilles ouvrières du RIP, “Républicains”, les socialistes, les communistes, les insoumis, les syndicalistes vont faire chacun une campagne avec leurs propres arguments et leurs propres réseaux. Mais c’est bien de montrer que, sur cette question, il y a un intérêt national qui dépasse les clivages politiques », a déclaré le député communiste avant la tenue du meeting. À ses côtés, hier soir, figuraient le député LR Gilles Carrez et Boris Vallaud, député PS des Landes, des syndicalistes, des représentants de la France insoumise, ainsi que des personnalités comme l’historien Patrick Weil. L’idée n’est pas d’en faire un référendum anti-Macron, insiste Stéphane Peu, mais de montrer combien la question d’ADP, qui gère 80 % du flux de passager aérien en France, revêt un caractère national. « Je pense que c’est à cette condition que l’on obtiendra les 4,7 millions de signatures nécessaires au référendum ». Il reste neuf mois pour « populariser cette campagne, faire fonctionner les réseaux ». Au boulot !

Pierre Duquesne
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20 juin 2019 4 20 /06 /juin /2019 19:08
Fabien Roussel, interviewé dans Le Monde, appelle à une union des forces de gauche - 20 juin 2019: la gauche peut gagner les municipales
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