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13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 08:10
Pénurie de médicaments - Marie-Noëlle LIENEMANN - 9 juillet 2019

 

Mme Marie-Noelle Lienemann

Ma question s’adresse à Mme la ministre des solidarités et de la santé.

Depuis plusieurs années, la pénurie de médicaments ne cesse de s’accentuer. Le Gouvernement a tardé à réagir, à tel point que la situation est désormais alarmante : des bébés ne peuvent être vaccinés à temps, des personnes touchées par le cancer ne peuvent recevoir leurs médicaments, des malades de Parkinson peuvent être gravement atteints par la rupture de leur traitement. La liste est longue…

Face à ce constat, vous avez annoncé, madame la ministre, la volonté d’agir du Gouvernement. Pourtant, vos déclarations ne semblent pas montrer une volonté de s’attaquer à l’impuissance publique face aux laboratoires pharmaceutiques. Or ce point est majeur.

Les laboratoires renchérissent les coûts en organisant les pénuries, prônent le recours aux flux tendus en réduisant les stocks pour maximiser les profits et délocalisent hors de France la production et la recherche. Sanofi, par exemple, après avoir fermé de nombreux sites, prévoit la suppression de 1 500 emplois en 2019, dont 300 dans le secteur de la recherche-développement, alors même que cette entreprise a touché chaque année 150 millions d’euros de crédit d’impôt recherche, sans même compter ce qu’elle a perçu au titre du CICE.

Par ailleurs, les laboratoires laissent arriver d’Asie des lots de mauvaise qualité, qui sont bloqués lors des contrôles et contribuent à la pénurie.

Il est temps que tout cela change, que la filière pharmaceutique soit considérée comme stratégique et vitale, que l’État soit capable d’assurer l’approvisionnement de médicaments de qualité à des prix abordables. Que compte faire concrètement le Gouvernement pour atteindre ces objectifs ? (Applaudissements sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste, ainsi que sur des travées du groupe socialiste et républicain.)

 

M. le président. La parole est à Mme la ministre des solidarités et de la santé.

Mme Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé. Madame la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, je ne suis pas d’accord avec vous : le Gouvernement n’a pas tardé pour agir. L’Agence du médicament a demandé à tous les industriels de la pharmacie de mettre en place des plans de gestion des risques pour éviter les ruptures.

Cela étant, vous avez raison, il s’agit d’un phénomène mondial, qui s’accélère. Les pénuries sont vingt fois plus nombreuses aujourd’hui qu’elles ne l’étaient voilà dix ans. Nous avons donc décidé de monter notre dispositif d’un cran pour agir contre ces pénuries, qui inquiètent énormément nos concitoyens et les professionnels de santé.

J’ai présenté lundi une feuille de route autour de quatre grands axes pour mieux prévenir, gérer et informer les patients.

Le premier vise à faire toute la transparence sur ces pénuries et à mieux informer à la fois les patients et les professionnels afin de rétablir la confiance et la fluidité entre tous les acteurs.

Le deuxième axe vise à mieux lutter contre les pénuries par de nouvelles actions de prévention et de gestion des risques sur l’ensemble de la chaîne de production et de distribution du médicament.

Le troisième axe consiste à renforcer non seulement la coordination nationale pour lutter contre les pénuries, mais aussi la coordination internationale. Comme je l’ai souligné, il s’agit d’un phénomène mondial, et l’Europe doit aussi s’organiser.

Enfin, nous allons mettre en place une nouvelle gouvernance nationale en instaurant un comité de pilotage, que j’installerai en septembre prochain, afin de réunir tous les acteurs autour de la table.

Je souhaite aussi rassurer nos concitoyens : l’ensemble des acteurs de la chaîne du médicament, notamment les pharmaciens et les médecins, font aujourd’hui tout leur possible pour assurer la distribution des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur. Je les remercie sincèrement de leur implication.

Le comité de pilotage permettra de rendre compte régulièrement de l’avancée de cette feuille de route.

 

M. le président. La parole est à Mme Marie-Noëlle Lienemann, pour la réplique.

Mme Marie-Noëlle Lienemann. Ces déclarations me semblent tout de même très en deçà de l’enjeu et des risques.

Nous vous demandons, madame la ministre, de prendre en compte des propositions que nous avons déjà faites dans cette assemblée.

La première consiste en la création d’un pôle public du médicament, tant pour la production que pour la recherche. Nous voyons bien que nous ne pouvons rester à la merci du bon vouloir des laboratoires pharmaceutiques, car il y va de la santé de nos concitoyens et de la souveraineté nationale.

La deuxième consiste en l’élaboration d’un plan public de distribution en mobilisant, d’une part, la pharmacie centrale des armées…

M. le président. Il faut conclure !

Mme Marie-Noëlle Lienemann. … et, d’autre part, l’Agence générale des équipements et produits de santé.

Enfin, notre troisième proposition consiste à nous opposer immédiatement à toutes les délocalisations dans le secteur du médicament.

 

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12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 19:20
Non à la ratification du CETA - Appel à rassemblement demain, samedi 13 juin, à Morlaix, à 11h devant le kiosque

 Non à la ratification du CETA

 Le "CETA", traité de libre échange entre l'UE et le Canada, sera soumis pour ratification aux députés et sénateurs le mardi 17 juillet 2019. 

 Le collectif du pays de MORLAIX  « Stop CETA » rappelle que la signature de ce traité permettra aux canadiens de vendre en France des produits qui ne sont pas soumis au principe de précaution. Ce sont 65 000 tonnes de viandes canadiennes issues de bovins engraissés au maïs OGM, aux farines animales et aux antibiotiques qui arriveront en Europe. Cette arrivée massive de produits alimentaires ne respectant pas les normes européennes, ne sera pas soumis à un étiquetage permettant de les identifier. Les conséquences de ce traité sont connues : une importation de biens et de services des deux côtés de l’Atlantique qui va générer davantage de gaz à effet serre en raison de l'augmentation du transport maritime extrêmement polluant.  Le réchauffement va s’accélérer.  Le CETA est en totale contradiction avec les engagements pris par la France pour lutter contre le changement climatique. Ce traité est d'autant plus cynique que le Canada vient de s'engager dans un nouveau programme d'exploitation pétrolière favorisant ainsi le réchauffement climatique. 

C'est pourquoi, nous demandons à nos parlementaires de voter contre cet accord climaticide et nous vous invitons à nous  rejoindre le samedi 13 juillet à 11h au kiosque place des otages, pour protester contre la ratification de ce traité.

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12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 05:21
« HOMARD M’A TUER » (L'HUMANITE - 11 juillet 2019 - Maurice ULRICH et Gérard LE PUIL)

Le billet de Maurice Ulrich.

Aïe. On  a attribué hier à Woody Allen, une phrase d’Alphonse Allais, journaliste et écrivain, connu pour son humour caustique. « C’est curieux comme  l’argent aide à supporter la pauvreté ». Woody Allen, d’où notre moment d’égarement, ayant remarqué que « l’argent est préférable à la pauvrete, ne serait-ce que pour des raisons financières ». Ce n’est pas François de Rugy qui va nous démentir, dont les  dîners somptueux organisés à l’Hötel de Lassay avec son épouse, journaliste à Gala, étaient sans aucun doute un moyen de supporter sa dure condition de président de l’Assemblée nationale. Mais ça fait désordre et  si Homard ne l’a pas «tuer» selon une formule devenue célèbre, il est un peu atteint. D’autant que nombre de questions se posent désormais au regard de la souffrance animale quand au sort réservé aux savoureux et conséquemment, malheureux,  crustacés. On apprend du même coup que certains de nos vertueux confrères étaient présents aux agapes. On se doute bien que c’étaità l’insu de leur plein gré. Pourrait-il en être autrement? 

 

 

"Homard m'a tuer" à l'Hôtel de Lassay  - Gérard LE PUIL

François De Rugy pourra-t-il rester au ministère de la Transition écologique et solidaire après les révélations sur les repas fastueux qu’il organisait à l’hôtel de Lassay quand il présidait l’Assemblée nationale ? Ce matin, une partie de la presse suggère que non et Stanislas Guérini, délégué général de La République En Marche, a déclaré sur France 2 que « si ce sont des dîners strictement privés, alors il faut rembourser ». Ce matin aussi, on apprenait que, suite aux révélations de Médiapart, François de Rugy avait demandé à sa directrice de cabinet, Nicole Klein, de quitter ses fonctions, pour cause de non-occupation d’un appartement HLM dont elle était locataire à Paris. Pour le reste, le slogan « homard m’a tuer » remporte un franc succès sur les réseaux sociaux.

 

Sur les 28 éditoriaux de la presse quotidienne que l’Agence France Presse passe en revue ce jeudi matin, 13 sont consacrés aux repas fastueux organisés par François De Rugy quand il était président de l’Assemblée nationale avant de succéder à Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique et solidaire. Peut-être y en aura-t-il davantage demain. Car, ce matin, les repas organisés par l’ancien président de l’Assemblée nationale à l’hôtel de Lassay font dire à Stanislas Guérini, délégué général de LaREM, la chose suivante sur France 2 : « Si ce sont des dîners strictement privés, alors il faut rembourser, ce n’est pas normal d’utiliser les moyens de l’Assemblée nationale pour des dîners privés… ». Ce matin aussi, on apprenait que la directrice de cabinet du ministre de la Transition écologique et solidaire a quitté ses fonctions à la demande de son patron pour une histoire de non-occupation d’un logement HLM dont elle était locataire à Paris.

« Austérité pour les autres et bonheur pour les siens »

Mais revenons à la presse. Dans La Marseillaise  Léo Purguette évoque « un modèle de sobriété heureuse en actes. Austérité pour les autres et bonheur pour les siens (…) candidat écologiste à la primaire de la gauche avant de trahir son serment pour rallier Emmanuel Macron et s’asseoir au perchoir, l’actuel ministre de l’Écologie est une parfaite incarnation du nouveau monde promu par le président de la République. À moi le homard, à toi la salade pourrait-on résumer. L’histoire ne dit pas si François De Rugy a remis à la consigne ses bouteilles de Cheval Blanc 2 001 ou de Mouton-Rothschild 2 004 dépassant les 500 euros… ».

Dans le Courrier picard, Jean-Marc Chevauché ironise en ces termes : « Rugy qualifie les soirées de dîners de travail. Il arrive même à le dire sans rigoler. On travaille mieux le ventre vide. Rugy n’a pas l’air de le savoir. Homards et grands crus, ça doit peser sur les neurones ». Dans Sud Ouest, Yves Harté cite le principal argument de défense de François De Rugy qui a déclaré que « ces dîners servaient pour rester en contact avec la vie réelle ». Et le confrère de faire état de cette interrogation : « Des homards pour prendre le pouls de la France après l’année que nous venons de passer ? C’est une curieuse vision d’exploitation sociétale ».

Déjeuner de mariage à l’hôtel de Lassay

Dans l’Union, Sébastien Lacroix rappelle que François De Rugy « n’en est pas à son coup d’essai » avec cette révélation de Médiapart en rappelant ces deux informations : « Alors président de l’Assemblée, il avait organisé son déjeuner de mariage à l’Hôtel de Lassay. Précédemment, il avait fait une note de frais pour quatre appareils à raclette multicolores ainsi que trois jeux de spatules ».

Alors que le gouvernement dont François De Rugy est le numéro deux en titre ne cesse d’imposer des sacrifices aux chômeurs, aux retraités, aux paysans, aux artisans et aux salariés d’une façon générale, plusieurs éditorialistes jugent sévèrement le système de défense du ministre de la Transition écologique et soi-disant « solidaire ». Dans la Nouvelle République du Centre-Ouest Denis Daumin écrit que « le ministre de l’écologie passe pour un goinfre, au propre comme au figuré. Le jour où la proposition de loi contre le gaspillage est présentée au Conseil des ministres, ça pose une vilaine petite tache au revers de sa veste moirée ». Dans l’Alsace, Laurent Bodin insiste en ces termes : « Il y a ces dîners en famille et entre amis mais aussi cette fête de la Saint-Valentin faisait déjà suite à un repas de mariage ». Et de poursuivre : « François De Rugy pourra chercher tous les prétextes : l’ancien écologiste n’a pas été à la hauteur de sa fonction, ni fait preuve de l’exemplarité exigée. Grandement fragilisé, le ministre de la Transition écologique et solidaire aura bien du mal à rester en poste ».

Philippe Bourg appuie aussi là où ça fait mal quand il écrit dans le Républicain Lorrain : « Contesté par les Verts, moqué pour ses retournements de veste, soupçonné de mollesse, le successeur de Nicolas Hulot vient encore de perdre une bonne proportion de crédibilité. La lutte contre le dérèglement climatique, la transition énergétique et la défense de la biodiversité ont besoin d’un porte-voix efficace, déterminé et incontestable. Elles héritent d’un pâle héraut plombé par ses excès de table ».

Cette perte de crédibilité du ministre est également mise en avant par Cécile Cornudet qui écrit dans les Échos : « Le gouvernement ne vient-il pas d’annoncer une taxation des billets d’avion et de présenter un projet de loi sur l’économie circulaire ? La malice aurait pu conduire à évoquer cette ombre qu’Élisabeth Borne, Brune Poirson et Emmanuelle Wargon font bien souvent à leur ministre de tutelle qu’est François De Rugy. Mais pour cela, il aurait fallu qu’on nous aide. Qu’on ne revive pas ces épisodes désespérants de responsables politiques oubliant la colère des Français, et sortant des vins et des mets trop chers pour être digérés par le plus grand nombre ».

Les précédents Gaymard, Cahuzac et Fillon

Dans Paris-Normandie, Baptiste Laureau, rappelle quelques précédents dont l’appartement de 600m2 payé par le contribuable qui fit démissionner le chiraquien Hervé Gaymard du ministère de l’Économie. Plus tard ce fut le socialiste Jérôme Cahuzac coupable d’évasion fiscale, sans oublier les emplois fictifs de Pénélope Fillon qui ont permis à Emmanuel Macron de devenir président de la République.

Pour mémoire, on rappellera ici que la cave de la présidence de l’Assemblée nationale, sise à l’Hôtel de Lassay, fut abondamment approvisionnée en grands vins de Bordeaux durant les années où Jacques Chaban-Delmas, ancien maire de Bordeaux, présidait la chambre des députés. Elle fut, dira-t-on plus tard, sérieusement appauvrie quand cette présidence revint à Laurent Fabius de 1988 à 1992, puis de 1997 à 2000. Une partie de la presse parla même de « socialisme hôtelier » quand elle évoquait les relations que nouait le président de l’époque en vue de se faire investir comme candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle. Sans jamais y parvenir finalement face à Lionel Jospin et plus tard Ségolène Royal.

 

 

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 14:26

 

Les temps ont changé. En janvier dernier, un sondage indiquait que deux Français sur trois approuvaient une réforme des retraites « Macron », présentée comme plus égalitaire et moins complexe, avec « un système par points où un euro cotisé donnera les mêmes droits ». Le pouvoir insistait alors sur les thèmes de justice et d’équité, tout en sachant que l’opinion publique n’est pas satisfaite du système actuel, mis à mal par les contre-réformes successives des dernières années.

Retraites : face à un pouvoir en difficulté, le potentiel de mobilisation est considérable

Patatras. Un récent sondage (1) montre, d’une manière saisissante, combien le climat s’est modifié. Aujourd’hui, quasiment la moitié des sondés se dit « opposée » à la réforme voulue par E. Macron. Les interrogations sur l’âge réel de départ à la retraite et les inquiétudes sur le niveau des pensions sont installées dans le pays. L’irruption du thème « travailler davantage » a eu un effet de souffle. La défiance s’est installée. Beaucoup de personnes soupçonnent une arnaque, un piège : « il faudra travailler plus longtemps », « le montant des pensions va diminuer »...

E. Macron et le gouvernement ont donc modifié la méthode et le calendrier. Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites, présentera ses recommandations le 18 juillet. Le calendrier, qui prévoyait une réforme votée à la fin de l’année ou au début de l’année prochaine, n’est plus d’actualité. Alors qu’Emmanuel Macron refusait, en janvier 2018, « les approches comptables qui rognent des droits sans avoir de nouvelles perspectives », le gouvernement prépare une réforme des paramètres, dès le prochain budget de la Sécurité sociale, pour faire des économies en accélérant l’allongement de la durée de cotisations (réforme Touraine de 2014) dès 2020. Il n’y aura donc pas une mais deux réformes. Ce dispositif va créer de la confusion et faire grandir la défiance. Le potentiel de mobilisation est très certainement considérable. Les communistes peuvent y contribuer, dès cet été, par des échanges politiques permettant de dire les dits et les non-dits des réformes Macron. Notre collectif de travail a produit une première note aidant à un premier décryptage. Un modèle de tract, en réaction aux annonces de J.-P. Delevoye et aux projets gouvernementaux pour le PLFSS 2020, sera disponible le 20 juillet.

“L’ambition d’une nouvelle innovation sociale et démocratique”

Quoi d’autre que l’arnaque Macron ? Ayons l’ambition d’une nouvelle innovation sociale et démocratique. Parlons d’un enjeu de société et de civilisation en répondant à un triple défi : l’augmentation de la part des plus de 60 ans dans la population, l’allongement de la durée de vie, l’aspiration à une autre vie. À l’opposé du système Macron, nous proposons un système de retraites à prestations définies, avec un âge de départ connu, garantissant la solidarité entre les salariés, notamment en matière de pénibilité et de durée de carrière. Chacun peut ainsi connaître les droits dont il disposera à 60 ans, sans vivre dans la crainte d’une réduction de la valeur du « point retraite ».

Il est donc nécessaire et possible de consacrer plus de richesses aux pensions versées à un nombre croissant de retraités et aux dépenses visant à préserver la santé et l’autonomie des personnes âgées quand le pouvoir entend plafonner les dépenses pour les retraites à l’actuel 14 % du PIB. Or, un prélèvement sur les revenus financiers des entreprises et des banques, une modulation des cotisations sociales patronales, une modulation de l’impôt sur les sociétés, une réorientation du crédit bancaire et de la politique monétaire pourraient permettre de mobiliser entre 70 et 90 milliards d’euros de ressources à consacrer chaque année au financement des retraites.

Et pour quelle vie à la retraite ? Alors que E. Macron vise un véritable hold-up sur les plus belles années à la retraite, celles en bonne santé, nous proposons un nouveau cycle de vie pour décider de sa vie, pour un nouveau développement humain, pour une nouvelle utilité sociale, non marchande, pour celles et ceux qui le souhaiteront. C’est aussi la question essentielle de la garantie de conditions de vie digne avec un véritable service public de nouveau type, à l’opposé des projets de « silver economy » qui cherchent à élargir l’emprise du marché.

La prochaine Université d’été sera un temps fort sur ces enjeux avec une séance plénière, un débat avec les forces politiques de gauche et deux ateliers. D’autres rendez-vous seront proposés lors de la Fête de l’Humanité. Préparons les conditions d’un front politique et social le plus large. Le PCF va agir en ce sens. Les membres du collectif de travail peuvent être sollicités pour animer des débats dans les fédérations et les sections.

Olivier Dartigolles, membre du CEN, en charge de l’animation de la campagne sur les retraites.

1. Les Français et la réforme des retraites, Elabe, Les Échos, Radio Classique, Institut Montaigne du 4 juillet 2019. Cliquez ici pour obtenir les résultats détaillés du sondage.

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 14:21

 

Dans le cadre de la mobilisation contre le projet de General Electric de délocaliser la filière française de turbine à gaz en Hongrie, en Pologne et aux États-Unis, je me suis rendu à Belfort mardi 9 et mercredi 10 juillet.
 

Avec Olivier Marleix (LR) et Bastien Lachaud (LFI), nous avons rencontré l'intersyndicale des salarié.e.s, les élu.e.s locaux, et des acteurs économiques. J'ai également été reçu par des représentants de la vallée de l'énergie, de la chambre de commerce, et des PME et TPE du département.

Soupçons d'optimisation et fraude fiscales de GE : Fabien Roussel saisit le Parquet National Financier

Dans le cadre de la mobilisation contre le projet de General Electric de délocaliser la filière française de turbine à gaz en Hongrie, en Pologne et aux États-Unis, je me suis rendu à Belfort mardi 9 et mercredi 10 juillet.
Avec Olivier Marleix (LR) et Bastien Lachaud (LFI), nous avons rencontré l'intersyndicale des salarié.e.s, les élu.e.s locaux, et des acteurs économiques. J'ai également été reçu par des représentants de la vallée de l'énergie, de la chambre de commerce, et des PME et TPE du département.
A l'issue de ces rencontres, l'intersyndicale, les élu.e.s locaux, et les députés ont décidé de mettre en demeure l'État de faire respecter l'accord signé en novembre 2014 entre le ministre de l'économie et la direction de GE. Dans l'attente, l'ensemble des participants demandent la suspension du plan de licenciement de GE.

En outre, j'ai décidé de saisir le Parquet National Financier au sujet des soupçons d'optimisation et fraudes fiscales pratiquées par les filiales de GE avec celle basée en Suisse.
Le plan de suppression de 1044 emplois à Belfort, dont 792 dans le secteur de la turbine à gaz n'est pas acceptable. Il intervient de surcroît après un premier renoncement de GE à créer 1000 emplois en France. L'amende due de 50 millions d'euros est dérisoire au regard du chiffre d'affaire de la multinationale.
L'État ne peut plus demeurer silencieux. Il en va de sa responsabilité de faire respecter les engagements de GE, et de convoquer en urgence le comité de pilotage prévu à l'article 5 de l'accord de 2014. Dans l'attente, il doit exiger de GE le retrait du plan de suppression d'emplois.
Dans cette négociation, l'État dispose de leviers importants. Il peut prévoir une amende extrêmement forte et dissuasive pour non respect des engagements pris. Il peut également décider, avec d'autres acteurs de la filière tels Alstom, de reprendre l'activité à GE.
Il en va de la préservation d'une filière industrielle stratégique pour la transition écologique et pour la souveraineté nationale, car c'est à terme toute l'activité turbine à gaz française qui est menacée de délocalisation.

Il en va également de l'avenir d'un Territoire entier de la République, car c'est l'ensemble du tissu économique et social qui est menacé. Pas moins de 3000 salarié.e.s sont employé.e.s par la centaine de PME industrielles liées à GE, dont le chiffre d'affaire a déjà diminué de manière significative.
Le PCF appelle l'État à définir sa stratégie en matière de politique industrielle et particulièrement dans sa filière énergétique. Les enjeux sont colossaux pour l'emploi au service du développement des territoires, mais aussi pour la recherche et les outils de production permettant de lutter efficacement contre les dérèglements climatiques. Si notre pays affiche l'ambition pour son industrie d'atteindre 15% du PIB, il doit s'en donner les moyens.

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10 juillet 2019 3 10 /07 /juillet /2019 09:17
Pollution. La Bretagne se noie encore sous les algues vertes - L'Humanité, 8 juillet 2019, Alexandra Chaignon
Lundi, 8 Juillet, 2019
Alexandra Chaignon

Envahie d’algues vertes, la plage du Bon Abri, à Hillion (Côtes-d’Armor), a dû être fermée pour éviter tout accident. Romi/REA

Envahie d’algues vertes, la plage du Bon Abri, à Hillion (Côtes-d’Armor), a dû être fermée pour éviter tout accident. Romi/REA

Toxiques et nauséabondes, les « laitues de mer » continuent de proliférer malgré les plans d’action qui se succèdent. Un phénomène qui pourrait être jugulé par un changement de modèle agricole.

Chaque année, c’est le même scénario : entre mai et juillet, des tonnes d’algues vertes prolifèrent sur le littoral breton, notamment dans la baie de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). « Elles sont arrivées avec six semaines d’avance et six plages sont fermées », relevait en fin de semaine dernière André Ollivro, coprésident de l’association Halte aux marées vertes. Conséquence directe de cette prolifération intense : l’usine de Launay-Lantic, chargée du traitement des algues vertes dans la baie de Saint-Brieuc, frôle la saturation et a dû fermer en urgence, les riverains se plaignant d’odeurs insoutenables.

Le phénomène n’est certes pas nouveau mais il s’amplifie depuis l’après-guerre, et particulièrement depuis les années 1970 et l’intensification de la production agricole : il est d’ailleurs établi que c’est bien la fertilisation agricole qui est responsable à plus de 90 % des flux de nitrates qui enrichissent les cours d’eau, puis engraissent les algues vertes. Quant à sa précocité, elle s’explique par les conditions météorologiques particulières cette année : des milliers de fragments d’algues insuffisamment dispersés l’hiver dernier, un printemps lumineux et chaud, puis de fortes précipitations en juin ont fait grimper le débit des cours d’eau, donc l’apport de nitrates, qui favorisent le développement de ces « laitues de mer », particulièrement toxiques. Car en pourrissant, ces ulves produisent un gaz – le sulfate d’hydrogène – qui à concentration élevée peut s’avérer mortel en quelques minutes.

Par année, quelque 50 000 tonnes d’algues vertes sont ramassées

Il aura fallu attendre 2009 et le décès d’un homme de 48 ans qui a succombé au pied de son camion de ramassage d’algues, puis la mort d’un cheval, intoxiqué par des ulves en décomposition, pour que les pouvoirs publics lancent un plan de lutte contre les algues vertes dans les huit baies touchées. Chaque année, quelque 50 000 tonnes d’algues vertes sont ainsi ramassées par camions. Une partie est épandue sur les terres agricoles, pourtant déjà saturées en azote, l’autre partant dans des stations de traitement et de compostage spécifiques. Et pour éviter les accidents, certains maires ferment carrément leurs plages, comme à Hillion.

« Depuis dix ans, il y a une baisse de la concentration en nitrates des cours d’eau, observe Sylvain Ballu, responsable du suivi des marées vertes au Centre d’étude et de valorisation des algues (Ceva), basé à Pleubian (Côtes-d’Armor). Mais les nappes phréatiques mettent des années à se décharger de ces nitrates. » Pour les défenseurs de l’environnement, qui reconnaissent que la qualité de l’eau s’améliore, on est encore loin du compte pour ne plus avoir de marées vertes en Bretagne. « Il faut que le plan algues vertes (qui repose sur une adhésion volontaire des agriculteurs – NDLR) devienne obligatoire pour changer d’agriculture et aider les reconversions. Il faut donner plus de moyens financiers et de soutiens agronomiques », assène André Ollivro, néanmoins conscient des « efforts » de la profession.

Face à cette crise sanitaire et environnementale, les militants écologistes appellent dans un premier temps à baisser le plafond de fertilisation azotée des parcelles et, ensuite, à un changement de pratiques, et même une « révolution agricole ». Financés par de l’argent public via l’Agence de l’eau, l’État, la région et les départements, les plans s’apparentent, pour France Nature Environnement, à « une série de rustines sur une chambre à air en bout de course. Ces financements conséquents (55 millions d’euros pour le plan de lutte contre les algues vertes 2017-2021) pourraient être mieux utilisés, au profit notamment de l’expérimentation des changements de modèles à l’échelle territoriale ». Alimentation des élevages par des cultures locales, élevages biologiques ou fermiers, circuits courts, retour de l’herbe pâturée, diminution du maïs et arrêt d’engrais azotés chimiques, couverture des sols toute l’année… autant de mesures à même de faire baisser le taux de nitrate dans les eaux… et donc d’endiguer les marées vertes.

En attendant, sur le terrain, la situation devrait s’améliorer, pronostique Sylvain Ballu : « Les conditions sèches vont diminuer les débits des rivières et couper le robinet des nitrates. »

https://www.humanite.fr/pollution-la-bretagne-se-noie-encore-sous-les-algues-vertes-674564

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 07:12
Référendum ADP. Le PCF espère un million de soutiens en septembre
Mardi, 9 Juillet, 2019

Les communistes ont présenté hier leur mobilisation estivale pour le RIP contre la privatisation d’Aéroports de Paris.

 

Si, selon le décompte quotidien de CheckNews, le rythme de la collecte est tombé à 5 000 signatures en 24 heures en ce début de semaine, le nombre de soutiens engrangés permet de garder de l’avance. Et la démarche, engagée par 248 parlementaires de toute l’opposition (hors RN), peut puiser dans un large réservoir : 75 % des Français se disent « prêts à signer une pétition pour réclamer l’organisation (de ce) référendum », selon un sondage YouGov.

Pour la mise en place d’un « comité de suivi »

Pour animer cette campagne qui durera jusqu’en mars 2020, un nouveau collectif doit voir le jour ce jeudi, a aussi annoncé le PCF. Sous le nom de « marée populaire », celui-ci doit regrouper formations politiques, associations, syndicats… Il pourrait organiser, tout au long de ces huit mois, des rendez-vous nationaux. En attendant, les parlementaires réunis sous l’acronyme CNR (pour Coordination nationale du référendum) ne baissent pas la garde. Outre un courrier au ministre de l’Intérieur pour demander la mise en place d’un « comité de suivi » avec une rencontre hebdomadaire, ils se sont également adressés aux radios et télévisions publiques, ainsi qu’au CSA « pour que dans les meilleurs délais possibles, des dispositions soient prises pour organiser l’information » sur cette procédure qui relève, soulignent-ils, d’un « droit constitutionnel ». Des courriers restés sans réponse jusqu’à présent, ce qui pourrait conduire à une mobilisation devant France Télévisions.

La collecte des signatures pour ouvrir la voie au référendum d’initiative partagée (RIP) contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP) a passé le cap des 10 % des 4,7 millions de soutiens nécessaires, la semaine dernière. Mais, avec l’été, les initiatives se multiplient pour ne pas perdre le rythme. « Nous allons aller crescendo », a promis hier la sénatrice communiste Éliane Assassi à l’occasion d’une conférence de presse, évoquant la mobilisation des militants et élus communistes, des rendez-vous estivaux et le temps fort que sera la Fête de l’Humanité, en septembre. « Je pense que, malgré toutes les difficultés, nous pourrons aboutir à au moins 1 million de soutiens en septembre », ajoute l’élue. « À chacune de nos initiatives, nous réunissons des centaines de signatures malgré le site digne de l’époque du Minitel », appuie le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, tandis que les critiques à l’égard du dispositif gouvernemental se sont multipliées depuis son lancement, le 13 juin. Encore aujourd’hui, souligne le député PCF Stéphane Peu, qui transformera sa permanence en lieu de collecte dès la semaine prochaine, « énormément de gens, pourtant pas réfractaires à Internet, ne parviennent pas à apporter leur contribution ».

Julia Hamlaoui
Référendum ADP. Le PCF espère un million de soutiens en septembre - L'Humanité, 9 juillet 2019
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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 07:17
#OuEstSteve ? Assourdissant silence des médias anesthésiés. Il y a + de 30 ans, la mort de Malik Oussekine provoquait un scandale d'état. Aujourd'hui, la mort d'un jeune de 24 ans n'émeut plus personne. Comment en est-on arrivé là ?

#OuEstSteve ? Assourdissant silence des médias anesthésiés. Il y a + de 30 ans, la mort de Malik Oussekine provoquait un scandale d'état. Aujourd'hui, la mort d'un jeune de 24 ans n'émeut plus personne. Comment en est-on arrivé là ?

Invité de Dimanche en Politique hier, 7 juillet, Ian Brossat, porte-parole du PCF, a dénoncé la faute aux conséquences gravissimes des services de l'Etat et le manque de discernement dans les violences policières qui ont émaillé la fête de la musique à Nantes. Il a dénoncé les violences policières contre un groupe d'écologistes sur le pont Sully à Paris et cette parodie de "maintien de l'ordre" qui menace les libertés démocratiques et l'intégrité physique de jeunes pacifiques. Il a dit sa conviction qu'on parlerait bien plus de Steve, le "disparu" de Nantes, jeté à la Loire suite à l'intervention de la police, si c'était le fils de Castaner!!!  

La honte de la République! C'est Macron, Castaner et compagnie, qui attentent aux libertés et acceptent que la violence de la BAC et de la police dans la réponse aux rassemblements et manifestations deviennent ordinaire. 

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 07:15
Éducation. Bac 2019, Blanquer recalé
Lundi, 8 Juillet, 2019

Face à la fronde des enseignants, le ministre a préféré changer les règles de notation en cours de route, plutôt que d’ouvrir le dialogue. Un entêtement coupable qui pourrait déboucher sur une multiplication des recours en justice pour rupture d’égalité de traitement. Du jamais-vu.

 

«Les tribunaux devraient se préparer à entendre parler du bac ! » Mi-rigolard, mi-scandalisé, Juan Prosper, avocat spécialisé en droit de l’éducation, en est persuadé. Cette session 2019 du célèbre examen va se poursuivre sur le terrain judiciaire, bien au-delà de ce début de mois de juillet. Alors même que les épreuves de rattrapage doivent débuter ce matin, de nombreux parents de candidats recalés ou insatisfaits de leurs résultats ont déjà menacé de saisir les tribunaux administratifs afin de faire constater une « rupture d’égalité de traitement ». Et ils ont toutes les chances d’obtenir gain de cause, tant les consignes de notation, imposées dans l’urgence par Jean-Michel Blanquer franchissent allègrement la ligne rouge du droit public. « Pour résumer, c’est le ministre en personne qui a demandé à ses fonctionnaires de faire des choses illégales ! s’indigne Patrick (1), professeur d’histoire-géographie dans l’académie de Créteil. C’est juste fou… »

« Une manipulation politique »

Hormis en 1968, jamais le bac, pourtant à l’histoire bicentenaire, n’avait été autant malmené. L’exploit en revient à Jean-Michel Blanquer. Le millier de correcteurs grévistes (sur 175 000) qui n’avaient pas remonté les notes ou rendu les copies (entre 30 000 et 40 000 sur 4 millions) en milieu de semaine dernière ne poursuivaient qu’un but : repousser d’une journée la publication des résultats, normalement prévus le vendredi 5 juillet, afin de faire entendre leurs revendications et obtenir, notamment, l’ouverture de négociations autour de la réforme du lycée. « Au minimum, le ministre pouvait accepter un dialogue et tout serait rentré dans l’ordre rapidement, assure Patrick. Il a préféré jouer le bras de fer et le foutoir pour décrédibiliser les grévistes et les organisations syndicales auprès des familles et de l’opinion publique. C’est une manip politique lamentable et gravissime. »

Note de l’examen disponible ou pas, tous les résultats ont dû sortir le 5 juillet. Coûte que coûte. Et la veille de la date fatidique, les jurys du bac chargés d’harmoniser les copies ont reçu ces consignes ministérielles ubuesques : « En cas de note manquante, les jurys sont invités à remplacer celle-ci, à titre provisoire, par la moyenne obtenue par l’élève sur les trois trimestres de la terminale dans la matière concernée. » Une introduction du contrôle continu qui a concerné environ 4 % des 540 000 élèves de la filière générale et technologique, notamment dans les académies de Créteil et de Versailles. En cas de livret scolaire manquant, certains jurés ont pu inventer une note en s’inspirant de celles obtenues à l’examen dans les autres matières. Enfin, dernier point, une fois connu le verdict définitif du bac, ce lundi au mieux, ces candidats au « résultat provisoire » conserveront la meilleure de leurs deux notes (copie du bac ou moyenne de l’année). Ces consignes ont suscité un tollé parmi les jurés. Et débouché sur la « folle journée » de jeudi dernier (lire page 5), qui risque de se poursuivre aujourd’hui lors des oraux. En effet, certains lycéens passeront peut-être le repêchage pour rien s’ils apprennent que leur moyenne définitive aurait dû leur permettre d’y échapper ! D’autres, recalés vendredi avec une note provisoire, seront peut-être appelés in extremis par les jurys au cas où leur moyenne, revue avec la note du bac, franchirait les 8/20. Remontés à bloc contre leur ministre, certains professeurs ont également prévu, quoi qu’il se passe, de donner le nombre de points nécessaires à l’obtention du diplôme…

Détruire le dialogue social

Un grand micmac dont l’illégalité ne fait guère de doute. « Sur le plan du droit, la rupture du principe constitutionnel d’égalité devant le service public est clairement établie, souligne l’avocat Juan Prosper. Non seulement le ministère a changé les règles de fonctionnement de l’examen en cours de route, mais en plus, il a appliqué des règles différentes selon les élèves. » Dans un même lycée, un candidat peut ne pas avoir le bac avec les notes de l’examen, tandis qu’un camarade l’aura avec ses notes de contrôle continu. Résultat : les parents du premier sont fondés à former un recours devant le tribunal administratif. Avec toutes les chances de l’emporter. « Certains l’envisagent déjà », assure Rodrigo Arenas, le président de la FCPE, qui en appelle à l’arbitrage du chef de l’État et souhaite que soient organisées des Assises de l’éducation à la rentrée prochaine. Pour la fédération de parents d’élèves, Jean-Michel Blanquer, en jouant l’opinion publique contre les représentants de la communauté scolaire, fait une « faute politique majeure ».

Certes. Mais aussi un calcul d’un redoutable cynisme. Dans cette affaire, le ministre connaît tout des risques juridiques que ses « mesures d’urgence » font courir à son administration. Avant d’investir la Rue de Grenelle, Blanquer était professeur de droit public, spécialiste de droit constitutionnel… Potentiellement, des dizaines de milliers de recours seraient possibles. Mais il mise sur le fait que très peu devraient intervenir. « Les personnes susceptibles de se sentir lésées et d’entamer des démarches sont celles recalées au bac, souligne Juan Prosper. Or, vu les taux très élevés de réussite, le nombre est plutôt limité. Surtout, dans notre système scolaire inégalitaire, ces recalés sont beaucoup plus souvent des enfants des classes populaires. Peu auront les moyens et la patience d’intenter un recours… » L’autre calcul de Blanquer est évidemment de disqualifier les représentants syndicaux. Et de saborder l’actuel baccalauréat, qu’il veut réformer en accentuant – tiens, tiens – la part du contrôle continu. Au fond, ce fiasco le sert, pense-t-il. « Blanquer veut détruire tout dialogue social et veut la peau des organisations syndicales, déplore Claire Guéville, du Snes-FSU. Mais ça va plus loin, je pense qu’il veut faire la peau au métier d’enseignant tel qu’il se pratique aujourd’hui. » Pour le contrecarrer, des mobilisations sont déjà envisagées pour la rentrée. La bataille du bac ne fait que commencer.

(1) Prénom modifié.
Laurent Mouloud

Jean-Michel Blanquer menace les profs « saboteurs »

Loin de répondre aux demandes de dialogue, Jean-Michel Blanquer n’en finit plus de brandir la menace contre les grévistes. Jeudi dernier, il en a parlé comme des « saboteurs » qui « seront sanctionnés ». Le vocabulaire est d’une brutalité rare : les grévistes sont assimilés à « ceux qui commettent des exactions » (comprendre faire grève) et qui imposent « leur dictature » aux autres. Et de leur suggérer de « faire attention » car il va s’occuper d’eux « en son temps »… Jean-Michel Blanquer oublie que ses réformes ont toutes été retoqués par les instances représentatives du personnel (CSE, Cneser). En l’occurrence, le « dictateur » est plutôt du côté de la Rue de Grenelle, non ?

Éducation. Bac 2019, Blanquer recalé - Laurent Mouloud, L'Humanité, 8 juillet 2019
 05/07/2019 - Communiqué du PCF
Baccalauréat 2019 : le ministre n’est pas au-dessus des lois !

Aujourd’hui, lycéennes et lycéens reçoivent les résultats du baccalauréat. Mais dans un grand nombre de cas, ces résultats sont faux : les notes affichées ce matin sont le résultat de tripatouillages illégaux, imposés aux jurys par un ministre sans scrupule. Pour sauver sa réforme, Blanquer a saboté le baccalauréat. Son attitude est  irresponsable.

Ce qui s’est passé hier dans de nombreux jurys de bac est extrêmement grave. Un ministre prêt à tout pour imposer sa politique a sciemment contraint des fonctionnaires à adopter des pratiques illégales : invention de notes, calculs farfelus, substitution de l’administration aux jurys souverains… Le PCF est aux côtés des jeunes et des familles qui refuseront ces tripatouillages, et se battra pour faire reconnaître le scandale de cette rupture d’égalité.

Depuis des mois, enseignantes et enseignants tirent la sonnette d’alarme : notre système éducatif est au bord de l’explosion, il n’a plus les moyens d’assurer ses missions ; les réformes imposées par le ministre Blanquer détériorent les conditions d’éducation et aggravent les inégalités. Depuis des mois, ils et elles se battent pour préserver l’ambition égalitaire et le caractère national du service public d’éducation. Depuis des mois, ils et elles sont ignorés, méprisés, insultés par leur ministre et subissent une répression sans précédent. Ces enseignantes et enseignants sont l’honneur de la fonction publique. Ils et elles peuvent compter sur le PCF : nous sommes à leurs côtés dans leur bataille pour l’école, et nous sommes mobilisés pour défendre leur liberté d’expression et leur droit de grève.

Dans l’intérêt des lycéennes et des lycéens d’aujourd’hui et de demain, et de toute la société, il faut mettre fin à la crise en écoutant les acteurs de l’éducation. C’est pourquoi nous combattons, aux côtés des familles et des acteurs de l’éducation mobilisés, les réformes rejetées par les instances représentatives de la communauté éducative (CSE, CNESER) : la loi dite « école de la confiance », des réformes du lycée et du baccalauréat et de la loi ORE (Parcoursup).

La crise que traverse l’éducation nationale est sans précédent. Nous appelons tous les acteurs de l’éducation – personnels, familles, jeunes –,  toutes les forces de progrès à se rencontrer au plus vite pour organiser ensemble des États généraux de l’éducation. Avec eux, nous entendons ainsi travailler à une réforme progressiste de l'éducation, que devra porter une nouvelle majorité politique dans ce pays.

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 07:06
EELV: Jadot, champion de l’écologie « ni-ni », tend la main aux élus de droite
Lundi, 8 Juillet, 2019

« Faire tomber les murs à gauche. »

 

« Faire tomber les murs à gauche. » Telle était l’ambition du Festival des idées, organisé ce week-end à La Charité-sur-Loire (Nièvre) par l’ex-député PS Christian Paul et le journaliste Guillaume Duval. Invité de ces rencontres, Yannick Jadot, arrivé troisième aux élections européennes (13,5 %), persistait plutôt à faire cavalier seul, réaffirmant sa volonté de dépasser le clivage droite-gauche. « Dans des municipalités où vous avez des gens qui sont sans étiquette ou même divers droite qui font du 100 % bio dans les cantines, des jardins partagés, de la rénovation urbaine, qui appliquent ce qu’on a envie de faire », il faudra « prendre nos responsabilités », a prévenu Jadot. Aujourd’hui, il sera à Ivry-sur-Seine en compagnie de figures écolo-centristes, comme Delphine Batho (Génération écologie), François Darmeval (Cap21) ou Antoine Waechter (MEI), apôtre de l’écologie « ni-ni » dans les années 1980, pour soutenir la candidate EELV dans cette ville communiste. P. Du.

EELV: Jadot, champion de l'écologie ni-ni, tend la main aux élus de droite (Pierre Duquesne, l'Humanité, 8 juillet 2019) - réaction de Ian Brossat
Brossat (PCF) sermonne Jadot: "Rappelle-toi que tu es de gauche!"
"Rappelle-toi que tu es de gauche": le chef de file des communistes aux élections municipales à Paris, Ian Brossat, a tancé dimanche le leader écologiste Yannick Jadot, qui n'a pas exclu la veille des alliances avec la droite dans certaines villes.

"Je suis très surpris par les déclarations de Yannick Jadot, même si cette petite musique s'était déjà faite entendre aux européennes", a déclaré sur France 3 M. Brossat, qui a conduit, comme lui, la liste de son parti au scrutin du 26 mai (2,5 %), où EELV a réalisé une percée à 13,5 %.

"Je ne pense pas que l'écologie soit soluble dans le libéralisme - car c'est produire n'importe quoi dans n'importe quelles conditions sociales et environnementales - et M. Jadot nous dit qu'on peut faire alliance avec la droite", s'est indigné le communiste.

"J'y vois une espèce d'opportunisme qui est à mon sens inquiétant", a-t-il ajouté, avant de souligner: "Moi la droite je l'affronte au Conseil de Paris, elle s'est opposée au tramway, à la reconquête des voies sur berges".

Invité samedi au "Festival des idées" dans la Nièvre où se rendait une partie de la gauche, Yannick Jadot avait prôné le "pragmatisme" dans des municipalités "où vous avez des gens qui sont sans étiquette ou même divers droite".

"Majoritairement chez les écologistes, il y a un attachement à la gauche, et dans la plupart des villes que dirige la gauche, il y a des écologistes", a tenu à lui rappeler Ian Brossat.

Interrogé sur l'éventualité d'une alliance d'EELV avec LREM aux élections à Paris, l'adjoint au Logement d'Anne Hidalgo - qui compte EELV dans sa majorité -, a assuré: "Pour être en contact régulier avec les écologistes parisiens, je ne sens pas du tout cette tentation, j'ai l'impression que Jadot est isolé sur cette ligne, heureusement."

 

Ian Brossat a redit sa conviction que la seule ligne possible pour la maire sortante "c'est le rassemblement de la gauche dès le premier tour", auquel les communistes veulent participer.

Questionné sur la compétition pour désigner le candidat LREM, dans laquelle Benjamin Griveaux et Cédric Villani semblent les mieux placés, M. Brossat a assené: "C'est bonnet blanc et blanc bonnet ! Ce ne serait pas un maire mais un préfet, qui ne serait pas là pour défendre les parisiens, mais pour défendre le président de la République".

La députée européenne LFI Manon Aubry a de son côté jugé "inquiétants" les "signaux donnés par Yannick Jadot": "alliances locales avec la droite, acceptation de l'économie de marché". La question écologique "ne peut et ne doit pas se fondre dans une pensée libérale et doit s'accompagner de la justice sociale", a-t-elle souligné.

 

M. Jadot s'est attiré les critiques d'une partie de la gauche en déclarant pendant la campagne des européennes qu'il était favorable "à la libre entreprise et l'économie de marché".

Dans une interview à Reporterre le 14 mai, il avait précisé son propos, se disant contre le "capitalisme financier" et contre un "libéralisme prédateur sur l'environnement, les femmes, les hommes, les animaux et sur l'économie", même s'il est pour la "liberté d'entreprendre" et reconnaît l'existence du "marché".

Ian Brossat en meeting à Rennes, 24 avril 2019 - photo France Chapa

Ian Brossat en meeting à Rennes, 24 avril 2019 - photo France Chapa

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