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16 juillet 2019 2 16 /07 /juillet /2019 08:27
Sans-Papiers. Comment les gilets noirs ont pris le Panthéon (L'Humanité, 15 juillet 2019 - Nadège Dubessay)
Sans-papiers. Comment les gilets noirs ont pris le Panthéon
Lundi, 15 Juillet, 2019

Ils veulent « des papiers pour tous ». Vendredi, les gilets noirs ont occupé le monument parisien et demandé à être reçus par le premier ministre. En guise de réponse, les CRS ont chargé.

 

Le rendez-vous était fixé ce vendredi à 12 h 30 à la sortie de la station Luxembourg du RER B. On avait informé l’Humanité d’une occupation coup de poing des gilets noirs. Tout devait rester secret. Aux portes du jardin du Luxembourg, dans les beaux quartiers de Paris, Michel Rimbert et Jean-Claude Amara, deux piliers de l’association Droits devant !, discutent tranquillement avec un petit groupe. Où sont donc les centaines de sans-papiers annoncés ? « T’inquiète, ils vont arriver », rassure Jean-Claude Amara. L’objectif ? Pénétrer dans le Panthéon, nécropole des grands personnages de France, « là où nombre de figures qui y reposent, de Victor Hugo à Aimé Césaire, auraient soutenu notre combat d’aujourd’hui », explique le militant. Au Panthéon, on s’assoit sur les marches. Quelques groupes épars sont déjà là. Mais toujours pas de sans-papiers en vue, ou si peu. Hakim, lui, prend des photos. « C’est beau, hein ? dit-il avec un large sourire. Regarde le toit, c’est de l’ardoise, et là, c’est du zinc. » Il faut dire qu’il s’y connaît, Hakim. Depuis six ans qu’il est en France, il accumule les boulots de couvreur. Dans une autre vie, en Kabylie, il créait des bijoux. À ses côtés, Patricia nous explique, elle, comment elle survit depuis deux ans. « Je garde une petite fille une fois par semaine. » Au Cameroun, elle avait décroché un master. Et puis elle a voulu rejoindre sa mère en France. « Mais, sans papiers, tu ne vis pas. » On arrête là les présentations. Car un passant glisse à voix basse : « Dans 20 secondes… » Tout s’accélère alors. Quelques-uns bloquent les vigiles à l’entrée, des centaines de sans-papiers venus d’on ne sait où envahissent les lieux. Tout le monde court. Certains s’arrêtent et se prosternent devant la statue de la Convention nationale. L’image est forte. La joie se lit sur tous les visages. On se sourit, on se parle, on fait des selfies. Ils ont réussi ! « Gilets noirs ! Gilets noirs ! » scandent les sans-papiers alors que des calicots se déploient autour des colonnes corinthiennes.

Cet hiver, ils avaient déjà envahi la Comédie-Française

Très vite, les touristes sont évacués et les CRS arrivent. Ils encerclent les 700 gilets noirs, qui se sont tous assis dans le calme. Beaucoup veulent aller aux toilettes. Des négociations s’entament. « Ils se croient où ? À l’hôtel ? » s’énerve un CRS. Hakim est là, en pleine discussion sur Skype avec son cousin, « un sans-papiers lui aussi ». Soutenu par les associations de lutte pour les droits des migrants et des sans-papiers la Chapelle debout et Droits devant !, le mouvement des gilets noirs regroupe des sans-papiers issus de dizaines de foyers de travailleurs d’Île-de-France. Ils se présentent comme « des sans-papiers, des sans-voix, des sans-visage pour la République française » et demandent « des papiers et des logements pour toutes et tous » ainsi que la réquisition des 200 000 logements vides à Paris. Ils n’en sont pas à leur premier coup d’essai. Cet hiver, ils avaient envahi la Comédie-Française. En mai, investi un terminal de l’aéroport de Roissy contre la collaboration d’Air France dans les expulsions. En juin, occupé le siège du groupe Elior (restauration collective, propreté), à La Défense, pour dénoncer son sale business avec les sans-papiers. « La CGT était venue nous soutenir », se souvient Houssam El Assimi, militant de la première heure à la Chapelle debout. « Suite à cette action, 203 certificats de concordance ont été délivrés, qui donneront des Cerfa (formulaires administratifs réglementés – NDLR) en vue de régularisations. »

« Maintenant, on veut frapper plus haut »

Ce vendredi, tous étaient venus sous la coupole du Panthéon, devenue la caisse de résonance de leurs vies maltraitées, pour obtenir un rendez-vous avec le premier ministre. Rendez-vous demandé il y a un mois par courrier, sans réponse. « Édouard Philippe a dénoncé notre action, mais il a bien été obligé de nous reconnaître », avance Houssam El Assimi. « Pendant trois ans, nos négociations avec le ministère du Travail n’ont jamais abouti, explique Michel Rimbert. Nous avions pourtant des centaines de dossiers, où l’on apportait des preuves que les sans-papiers travaillaient. Alors maintenant, on veut frapper plus haut. » Aïcha approuve d’un signe de la tête. Arrivée de Côte d’Ivoire il y a quinze ans, elle donne aujourd’hui des cours de français, d’alphabétisation. Mais n’a toujours pas de papiers. « Nous, on est des moins que rien. Pourtant, les Européens qui viennent dans mon pays vivent dans de belles maisons, on les appelle les “expats”… Écris ça, hein ! » nous glisse-t-elle. « Hier colonisés, aujourd’hui exploités, demain régularisés », reprennent en chœur les gilets noirs, alors que les témoignages affluent. Ils racontent les patrons voyous. Les boulots de merde pour 20 euros. Le travail sans protection. La nuit, dehors, porte de la Chapelle. La queue devant la préfecture. Les contrôles au faciès. La peur. Boubou sait qu’il peut être embarqué par la police. Mais il n’a plus peur. En Mauritanie, il a été torturé, emprisonné pour avoir simplement manifesté. Ici, il survit. Mais, dit-il, « depuis qu’il y a le collectif, ensemble, nous sommes forts ». Il n’est pas 17 heures. Les CRS évacuent tout le monde par la porte arrière. Dehors, d’autres gilets noirs, des députés, des syndicalistes sont venus soutenir l’action. Deux heures plus tard, les CRS chargeront, frapperont à l’aveugle avec une violence rare sur des gens totalement pacifiques. Une quarantaine de sans-papiers sont alors menottés, embarqués au commissariat. D’autres contrôlés. Une jeune femme en état de choc s’approche. Elle ne peut plus arrêter de pleurer, de trembler. Les CRS viennent de lui foncer dessus.

Nadège Dubessay
Occupation du Panthéon : le sort des gilets noirs se règle au tribunal
Lundi, 15 Juillet, 2019

Une quarantaine d’immigrés et leurs soutiens se sont rassemblés lundi 15 juillet devant le palais de justice de Paris pour soutenir seize de leurs camarades interpellés vendredi dernier, suite à leur action coup de poing dans le célèbre monument.

 

Assis sur un rebord du parvis du tribunal de grande instance de Paris, S. attend la décision du juge. Le jeune Malien lève les yeux vers le bâtiment en verre où se reflète le soleil de midi. « Je n’ai pas pu fermer l’œil de la nuit, souffle-t-il. Normalement je dors à côté de lui mais là, de voir sa place vide dans le lit, ça me rendait trop nerveux. » « Lui », c’est son petit frère de 20 ans. Vendredi 12 juillet, il faisait partie des quelque 700 immigrés gilets noirs qui ont occupé pacifiquement le Panthéon pour réclamer « des papiers pour tous ». En guise de réponse, trente-sept ont été interpellés manu militari. Et seize d’entre eux incarcérées au centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, avec le risque d’être expulsées du territoire français.

Le sort du frère de S. se jouera mardi 16 juillet, face au juge des libertés et de la détention (JLD) qui doit statuer sur le maintien, ou non, en CRA. Mais dès ce lundi, S. a tenu à être présent pour soutenir les huit premiers camarades convoqués aujourd’hui. A ses côtés, une quarantaine de gilets noirs et membres du collectif La Chapelle debout discutent entre eux, à l’affût des dernières nouvelles de la salle d’audience. « Cette situation est absurde, voilà un mot auquel je pense souvent, glisse S. Ce sont des criminels qui devraient être au tribunal et pas des innocents venus revendiquer leurs droits. » Une logique qui n’est visiblement « pas celle de l’Etat français ».

Trois avocats sont chargés de plaider pour leur libération. Me Sophie Weinberg fait valoir, entre autres, que ces contrôles d’identité n’ont pas de fondements légaux et que les interpellations ne pouvaient avoir comme motif l’occupation du Panthéon. « Elles ont toutes été effectuées à l’extérieur du monument », précise une des membres du collectif La Chapelle Debout, présente sur le lieu des arrestations vendredi. « Juste parce que ce sont des étrangers, ils ne sont pas considérés comme des manifestants ou des sujets politiques, à l’inverse des gilets jaunes par exemple », s’agace un membre de La Chapelle Debout.

Devant le TGI des Batignolles, tous les gilets noirs rencontrés assurent vivre et travailler en France. « Nous sommes légitimes à demander des droits », insiste S. En face de lui, un homme plus âgé tient une pochette bleue dans ses mains. C’est le dossier administratif d’un de ses amis, sénégalais, lui aussi retenu au CRA de Vincennes. « On dit que c’est un ‘’sans-papiers’’, mais il en a des papiers, un passeport, un acte de naissance… c’est juste que pour ce pays, ce ne sont pas les bons ! », relève une jeune femme, qui connait bien son cas.

En début d’après-midi, l’attente prend fin. Deux femmes, membres de La Chapelle Debout, sortent du tribunal en souriant, les bras en l’air. Immédiatement, un petit groupe se presse autour d’elles pour entendre la décision du juge. « Il a déclaré que les contrôles d’identité et les arrestations étaient illégales », annonce l’une des militantes. Le procureur n’a pas fait appel de la décision, les huit personnes sont libres. « C’est important, cela veut dire qu’on ne peut pas nous arrêter parce qu’on revendique nos droits », poursuit-elle. Toute l’assistance applaudit, soulagée, et scande « Libérez nos camarades ! ». Une liesse de courte durée. Les audiences des huit autres incarcérés doivent avoir lieu ce mardi. « Malgré tout, maintenant, nous continuerons sans peur notre combat et nous ne nous découragerons plus », assure un gilet noir. 

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16 juillet 2019 2 16 /07 /juillet /2019 08:18
Nucléaire militaire - la sécurité des Français en danger - Jean-Marie Collin, porte-parole de l'ICAN France

Tribune de Jean-Marie Collin, porte-parole de l'ICAN France, publiée dans Ouest-France de lue sur le site internet du PCF Pays Bigouden, Le Travailleur Bigouden: http://pcbigouden.over-blog.com

 

Le risque de guerre et d'emploi d'arme nucléaire n'a jamais été aussi élevé. Les accords de contrôle des armes nucléaires s'érodent et perdent en crédibilité. Face à cette situation alarmante, la diplomatie française contribue avec les autres puissances nucléaires à déstabiliser la pierre angulaire du régime de non-prolifération nucléaire et, en même temps, les parlementaires sont aux abonnés absents !

Depuis 1945, les relations internationales sont fondées sur l'équilibre de la terreur. Autrement dit, sur le pari qu'aucun État ne va employer en premier l'arme nucléaire. Pendant combien de temps ce pari est-il tenable ?

Cet « ordre » nucléaire est principalement fondé sur le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qui vient de tenir son dernier comité préparatoire (28 avril-10 mai), avant la Conférence d'examen quinquennal de 2020. L'échec de ce comité, à se mettre d'accord sur le futur de ce traité, annonce la perte de crédibilité du régime de non-prolifération et donc d'une plus grande insécurité.

Alors à qui la faute ? Aux 186 États qui n'ont pas la bombe ou aux États qui ont adopté le Traité d'interdiction des armes nucléaires pour renforcer la norme internationale d'interdiction de cette arme de destruction massive ? Ces derniers estimant qu'il est de leur devoir d'agir contre le risque d'une utilisation – accidentelle, volontaire ou malveillante – de l'arme nucléaire aux conséquences catastrophiques pour l'ensemble de l'humanité. Évidemment non !

« Un petit gang »

L'ambassadeur sud-africain – dont l'État a volontairement éliminé son arsenal nucléaire – a apporté la réponse : « Certains États parties ne peuvent pas fonctionner comme un petit gang Ce « gang » est composé des États-Unis, de la Russie, du Royaume-Uni, de la France et de la Chine.

Ces cinq États, aux régimes politiques opposés, sont en effet dans une attitude des plus incohérentes qui risque d'entraîner le TNP vers sa fin. Tous ont refusé, avec des argumentaires communs, les recommandations exprimées par la majorité de ce comité qui constituaient pourtant un bon point de départ pour la conférence de 2020. Pire, ces cinq États renoncent à leurs obligations de désarmement (article 6 du TNP et multiples autres engagements acceptés en 1995, 2000, 2010) en poursuivant la modernisation et le renouvellement de leurs arsenaux nucléaires. La France, par exemple, augmente son budget nucléaire de 60 %, soit 37 milliards d'euros qui seront dépensés entre 2019 et 2025. Comme l'a clamé la ministre des Armées : « Nous affûtons nos armes, toutes nos armes ! »

Une menace constante

L'objectif du TNP est d'amener plus de sécurité. Or, par leur refus de mettre fin à leurs arsenaux nucléaires, ils renforcent l'insécurité mondiale. Le plus incompréhensible est qu'ils se menacent les uns les autres à travers des exercices simulant une frappe nucléaire !

Les parlementaires sont censés contrôler l'action du gouvernement (article 24 de la Constitution), mais, dans ce domaine, nous observons tout le contraire. Il est inquiétant de voir que la réflexion engagée l’an dernier, avec la mission des députés Fanget et Lecoq, a disparu. Cela fait en effet près d'une année que nous attendons la création de la « délégation permanente à la dissuasion nucléaire, à la non-prolifération, à la maîtrise de l'armement et au désarmement », adoptée à l'unanimité par la commission des Affaires étrangères. Pourquoi n'est-elle pas encore en place ? Il est largement temps que les parlementaires prennent leur responsabilité.

La France, qui possède le troisième arsenal nucléaire au monde, doit arrêter de fuir ses engagements. Oui, il est possible de la complimenter pour ses efforts passés. Mais ils ne servent à rien, si son discours et ses actions restent figés dans une politique de défense datant du siècle dernier.

Les armes nucléaires représentent un problème de sécurité qui doit trouver une fin définitive autre que celles de la menace constante et du risque de leur utilisation. Croire que nous échapperons éternellement à une détonation nucléaire est une vision stratégique naïve et une erreur politique grossière !

(Ican - Campagne Internationale pour Abolir les Armes Nucléaires)

Tribune publiée par Ouest-France

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16 juillet 2019 2 16 /07 /juillet /2019 08:10
Commandement militaire : Macron à la course aux armements et à la « guerre des étoiles » (PCF, 15 juillet 2019)
Commandement militaire : Macron à la course aux armements et à la « guerre des étoiles »

Ce 13 juillet, le discours aux armées du Président de la République a marqué un nouvel infléchissement guerrier et atlantiste de la politique militaire française.

Officiellement, la création en septembre prochain d’un « Grand commandement de l’espace », le renouvellement du parc des satellites français, ou le lancement du nouveau sous-marin nucléaire d’attaque s’inscrivent dans la perspective d’une future défense européenne. En pratique, celle-ci n’est que l’alibi d’une adaptation sans cesse plus poussée d’Emmanuel Macron à la course aux armements et à la « guerre des étoiles » initiées par Donald Trump.

La présence, le 14 juillet, au côté du chef de l’État, du secrétaire général de l’Otan, la nomination à la tête de la direction des affaires politiques et de sécurité du ministère des Affaires étrangères d’une figure du néoconservatisme à la française, les postures belliqueuses adoptées récemment à l’égard de la Russie ou de l’Iran, vont toutes dans ce sens.

De même, l’annonce de la constitution d’un commandement militaire dédié à l’espace ne fait qu’emboîter le pas à l’administration nord-américaine. Elle remet en cause le Traité international de l’espace, pourtant signé par la France et les États-Unis, lequel en son article 4 prohibe la mise en orbite d’armes nucléaires ou de destruction massive. À l’inverse, les annonces présidentielles s’inspirent de l’armée de l’espace chère à la Maison Blanche et elles aboutissent à laisser libre cours au Space Act de 2015, qui autorise les entreprises américaines à s’emparer des ressources de l’espace.

Non seulement la doctrine militaire de Monsieur Macron va amputer les finances publiques de 37 milliards d’euros rien que pour la modernisation de l’arme nucléaire (inscrits dans la loi de programmation militaire 2019-2025), alors que l’austérité saigne déjà à blanc les services publics et le pouvoir d’achat des Français. Mais elle entraîne notre pays dans la folle stratégie de tensions internationales mise en œuvre par Trump.

La France doit plutôt recouvrer son indépendance et se faire porteuse de propositions de paix. Ce qui implique qu’elle se désengage de l’Alliance atlantique, qu’elle agisse en défense du droit international, qu'elle signe et ratifie le Traité international d'interdiction des armes nucléaires (TIAN), pour le respect de tous les traités internationaux aujourd’hui violés par les États-Unis.

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16 juillet 2019 2 16 /07 /juillet /2019 07:50
Afrique. Affaire des missiles en Libye : le double jeu de Paris
Jeudi, 11 Juillet, 2019

Des armes achetées par la France aux États-Unis ont été retrouvées dans un camp abandonné par le maréchal Haftar, le chef de guerre qui attaque la capitale Tripoli.

 

L’affaire est pour le moins embarrassante pour le gouvernement français. Le New York Times vient de révéler que les quatre missiles antichars découverts par les forces loyales au gouvernement d’union nationale (GNA) sur une base reprise fin juin au maréchal Haftar (qui a lancé en avril une offensive sur la capitale) étaient la propriété de la France.

« Les missiles Javelin trouvés à Gharyan (ouest) appartiennent effectivement aux armées françaises, qui les avaient achetés aux États-Unis, a déclaré le ministère français des Armées, confirmant les assertions du quotidien américain. Ces armes étaient destinées à l’autoprotection d’un détachement français déployé à des fins de renseignement en matière de contre-terrorisme. » Toutefois, ces munitions, « endommagées et hors d’usage », étaient « temporairement stockées dans un dépôt en vue de leur destruction » et « n’ont pas été transférées à des forces locales », assure Paris, qui se défend de les avoir fournies aux troupes du maréchal Haftar, sans pour autant expliquer comment elles ont fini sur cette base. « Il n’a jamais été question ni de vendre, ni de céder, ni de prêter ou de transférer ces munitions à quiconque en Libye », insiste le ministère français des Armées, qui ne dit pas non plus pourquoi ces munitions, stockées dans un pays en guerre, n’ont pas été rapidement détruites.

Le nœud gordien libyen

En réalité, l’affaire aurait pu en rester là. Mais dans le dossier libyen, depuis la guerre menée en 2011 sur volonté de la France de Sarkozy entraînant avec elle les États-Unis d’Obama et bien d’autres pays dont le Royaume-Uni, mais également les Émirats arabes unis, les antagonismes sont forts. Emmanuel Macron cherche à être le deus ex machina pour trancher le nœud gordien de cette Libye déchirée, affirmant soutenir le GNA mais aidant, en sous-main, les forces du maréchal Haftar, ce que montre la découverte de ces missiles. Ce n’est pas du goût de Washington, qui appuie, comme Moscou, au grand jour le maréchal et n’apprécie pas le double jeu de Paris. D’autant que le GNA bénéficie de l’aide de Doha et d’Ankara. D’où les révélations du New York Times. Selon l’agence de coopération pour la défense et la sécurité du Pentagone, la France a bien donné son accord, en 2010, pour l’acquisition de 260 missiles Javelin de fabrication américaine et les éléments associés, pour un coût total estimé à 69 millions de dollars (soit au cours actuel un peu plus de 61 millions d’euros).

Ces missiles particulièrement efficaces ont été utilisés notamment lorsque le maréchal Haftar a lancé la bataille pour reprendre Benghazi (est) aux islamistes épaulés par le Qatar et la Turquie. Haftar était alors soutenu par les Émirats, l’Égypte et… la France, qui avait dépêché des forces spéciales, comme l’a révélé François Hollande après qu’un hélicoptère dans lequel se trouvaient trois soldats français d’élite a été abattu lors d’une « dangereuse opération de renseignement », selon ses propres paroles. C’était en juillet 2016.

Yémen même salade

Autre fait troublant, ces Javelin auraient été retrouvés dans des caisses sur lesquelles il était indiqué qu’ils avaient été vendus en 2008 aux Émirats, important partenaire militaire des États-Unis. Ce qu’a démenti Abou Dhabi. Volonté de dissimulation pour masquer l’aide de Paris ou imbroglio international comme les armes françaises utilisées au Yémen par l’Arabie saoudite et dont une partie était officiellement destinée (et payée par Riyad) à l’armée libanaise ? Dans ce domaine, tout est possible. Pour notre part, nous avions constaté en avril 2011 alors que les combats faisaient rage entre la rébellion et les troupes de Mouammar Kadhafi dans la localité de Ras Lanouf qu’avaient été abandonnés par les troupes gouvernementales des missiles rangés dans des caisses en provenance de Corée du Nord qui étaient censées renfermer des « pièces détachées pour bulldozer ».

La France a reconnu tardivement avoir apporté du renseignement au maréchal Haftar dans la lutte antidjihadiste dans l’est et le sud du pays mais continue à réfuter tout soutien militaire dans son offensive contre Tripoli lancée il y a trois mois, tuant plus de 1 000 personnes, dont plus d’une centaine de civils et, parmi eux, des dizaines de migrants.

Pierre Barbancey
Afrique. Affaire des missiles en Libye: le double jeu de Paris (L'Humanité, Pierre Barbancey, 11 juillet 2019)
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15 juillet 2019 1 15 /07 /juillet /2019 09:02
À l’Assemblée, l’opposition fait front commun contre le Ceta
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Le traité de libre-échange conclu entre l’Union européenne (UE) et le Canada arrive à l’Assemblée nationale, mercredi 17 juillet. Forts du soutien des agriculteurs et des écologistes, tous les groupes d’opposition, sans exception aucune, ont fait savoir qu’ils voteront contre le projet de loi de ratification.

C’est un vote clé qui arrive à l’Assemblée nationale, mercredi 17 juillet. Et pourtant, les nombreux débats qu’il suscite n’auront certainement pas le temps d’être développés dans l’hémicycle, où les quelque soixante amendements déposés ont toutes les chances d’être rejetés. Une fois les élections européennes passées, l’exécutif a choisi de profiter de la torpeur estivale pour faire ratifier le traité de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Canada (Ceta) par les quelques députés encore présents en session extraordinaire.

Un calendrier que le secrétaire d’État en charge du commerce, Jean-Baptiste Lemoyne, avait justifié par la nécessité de mener à bien l’étude d’impact qui accompagne le projet de loi de ratification. « Les questions commerciales ont été au cœur de la campagne, on ne les a pas du tout escamotées », faisait-il valoir dans un débat organisé par Mediapart, fin juin. Pour que « le Parlement soit pleinement informé », il fallait conduire une inspection visant « à travailler sur les filières agricoles sensibles », et une étude d’impact du Ceta sur l’économie française, réalisée par des économistes du CEPII, ajoutait-il.

Deux séries de travaux qui, selon Jean-Baptiste Lemoyne, « ont pris du temps ». D’où un vote en juillet. Ces études étant désormais sur la table, l’exécutif et la majorité estiment que tous les voyants sont au vert pour une ratification de l’accord commercial, avant le deuxième anniversaire de l'entrée en vigueur provisoire de l'essentiel du texte, le 21 septembre 2017. Malgré les « garanties » mises en avant par le rapporteur du projet de loi, le député La République en marche (LREM) Jacques Maire, les inquiétudes sont encore vives dans les rangs de l’opposition.

En témoignent les échanges qui ont précédé l’adoption du texte en commission des affaires étrangères, dans la soirée du 9 juillet. Forts du soutien des agriculteurs et des écologistes qui, une fois n’est pas coutume, se retrouvent pour dénoncer ce que la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) qualifie de « mauvais coup » du gouvernement, les élus d’opposition ont donné ce soir-là un avant-goût des débats qui ne manqueront pas d’agiter l’hémicycle, mercredi après-midi.

Des socialistes à la droite de Les Républicains (LR), en passant par La France insoumise (LFI) et Libertés et territoires, la totalité des représentants qui se sont exprimés en commission ont affirmé que leur groupe voterait majoritairement contre la ratification du Ceta, à l’exception des députés d’Agir – rattachés à l’UDI, mais proches de la majorité – qui opteront sans doute pour l’abstention. Pendant plus de trois heures, chacun a exprimé ses réticences à l’encontre d’un accord qui, selon l’élu communiste Jean-Paul Lecoq, « menace notre environnement, notre agriculture et notre modèle social à long terme ».

Pour LR, Pierre-Henri Dumont a conditionné le vote de son groupe à une demande : rouvrir la discussion sur la viande bovine. Sans grand espoir que la majorité y réponde favorablement, comme il le confiait à Mediapart quelques jours plus tard. « Nous ne voulons pas que l’agriculture, ses hommes, ses productions, ses traditions, ses paysages, soit demain le secteur de notre économie sacrifié au nom d’un libéralisme sans barrières, sans régulation », a fait valoir le député en commission, en précisant toutefois que la droite n’était pas « hostile par nature » aux accords de libre-échange, à condition d’en revoir le modèle.

S’il a lui aussi ringardisé le Ceta, dont il estime qu’il est la « lointaine queue de comète d’une autre vision du monde », Jean-Luc Mélenchon a critiqué de façon plus générale le libre-échange avec lequel il souhaiterait « en finir ». « Nous sommes au contraire pour la relocalisation maximale de toutes les activités. Ce n’est pas faire du repli, c’est se demander à quoi sert de déménager le monde quand ça ne sert à rien », a-t-il souligné au nom de son groupe, soulignant également le risque de « surproduction » des « produits les plus discutables », comme le gaz de schiste.

Guère « convaincu » par les « garanties » apportées par la majorité – notamment sur le contrôle des produits OGM pour lesquels le Canada ne prévoit pas d’étiquetage, alors qu’il en est le quatrième producteur mondial – le leader de LFI a aussi insisté sur le « problème politique » que pose la clause des tribunaux d’arbitrage. « Est-ce que nous acceptons que les litiges soient jugés autrement que dans la loi du pays où le conflit surgit ? » a-t-il interrogé, rappelant que c’est dans cette logique que « l’Allemagne a été condamnée à un milliard d’euros d’indemnités pour être sortie du nucléaire ».

 

C’est sur le volet environnemental que la députée socialiste Laurence Dumont a consacré l’essentiel de son intervention. « Tous les jours, les effets du réchauffement climatique se révèlent au monde et votre majorité avance à marche forcée vers des accords qui amplifient le phénomène et n’apportent aucune contrainte sur le respect des accords de Paris », a-t-elle souligné, mettant en lumière le double discours d’Emmanuel Macron en la matière. Et l’impossibilité de mesurer les effets du Ceta depuis sa mise en place partielle, « quoi qu’en disent les rapports censés nous convaincre ».

« C’est le niveau zéro de la politique »

C’est aussi pour que « les parlementaires soient assurés que nos ambitions environnementales soient pleinement protégées à long terme », que le député Matthieu Orphelin, qui a quitté le groupe LREM en février, a annoncé déposer une motion d’ajournement du projet de loi de ratification de l’accord. « Dans le cas où cette motion serait rejetée en séance le 17 juillet, je voterai contre », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Ce proche de Nicolas Hulot – qui a lui aussi appelé à « rejeter le Ceta » dans les colonnes du JDD insiste également sur la nécessité d’avoir de vrais débats démocratiques sur les accords de libre-échange, au moment où celui conclu entre l’UE et les pays du Mercosur divise jusque dans les rangs de la majorité. Et rend toutes les discussions autour de la ratification du traité avec le Canada « épidermiques », de l’aveu même de la députée LREM Martine Leguille-Balloy.

Si le Ceta a été signé avant l’accord de Paris, la France se veut toutefois rassurante quant aux engagements du Canada en matière climatique. Le rapporteur du projet de loi de ratification, Jacques Maire, a ainsi rendu public un courrier récemment adressé par Jim Carr, le ministre canadien de la diversification du commerce international à son homologue français, Jean-Baptiste Lemoyne. Le Canada s’y montre favorable au « veto climatique ». « Avec ce veto (…) nous avons l’assurance qu’aucune entreprise canadienne ne pourra remettre en question devant un tribunal d’arbitrage notre réglementation environnementale », promet Lemoyne, dans le JDD.

Mais comme l’a souligné la députée LREM Nicole Trisse en commission, et comme s’en inquiétait déjà Matthieu Orphelin dans Les Échos, le sujet reste tout de même suspendu aux résultats des prochaines élections fédérales du Canada, prévues fin octobre. Le leader du parti conservateur Andrew Scheer, qui a voté contre l’accord de Paris, y est donné favori devant Justin Trudeau. « Pour avoir un débat serein sur le Ceta, je veux avoir des assurances sur le veto climatique, et peut-être aussi, attendre les résultats des élections au Canada », estime Matthieu Orphelin.

Aussi mesurées soient-elles, toutes les interventions des représentants de l’opposition ont provoqué un léger agacement et quelques levées de sourcils parmi les députés de la majorité présents en commission des affaires étrangères, le 9 juillet. Car pour eux, l’heure n’est plus à tergiversation dès lors que les inquiétudes ont été balayées par l’étude d’impact du CEPII. « Cette étude répond dans l’ensemble à ce que nous avions demandé, même si des améliorations sont encore souhaitables », a indiqué la présidente de la commission Marielle de Sarnez, qui s’était pourtant abstenue, lors du vote du texte au Parlement européen, le 15 février 2017.

Rappelant les « liens forts, d’amitié et de compréhension mutuelle » que la France entretient avec le Canada, la députée MoDem a affirmé qu’il n’y avait pas grand risque à signer un « accord innovant » avec « un pays qui nous ressemble et qui partage nos valeurs ». Un argument repris en boucle par les autres élus de la majorité : « Si nous ne signons pas d’accord avec le Canada, avec qui en signerons-nous ? » ont interrogé plusieurs d’entre eux. La députée LREM Annie Chapelier a même cru bon d’apporter un « éclairage historique » en rappelant le nombre de Canadiens tués au cours des deux guerres mondiales.

« C’est hors sujet ! » lui a rétorqué l’élu LR Michel Herbillon, qui avait déjà regretté, quelques minutes plus tôt, que le rapporteur évoque lui aussi dans son introduction le rôle joué par le Canada pendant la guerre. « Pardon de le dire, mais ce n’est pas le sujet. On aime beaucoup le Canada et la question n’est pas de remettre en cause le Canada en tant que pays », a-t-il eu besoin de rappeler. « C’est le niveau zéro de la politique, c’est ridicule. S’ils en sont à dire ça, c’est bien qu’il y a un sujet quelque part », commentait Pierre-Henri Dumont (LR), quelques jours plus tard, auprès de Mediapart.

L’autre argument que la majorité ne manquera pas d’utiliser dans l’hémicycle mercredi a été glissé par la députée LREM Marie Lebec, rapporteuse pour avis, lors d’une conférence de presse organisée à l’Assemblée, juste avant le passage du texte en commission. « Sur la question de nos oppositions et malgré les prises de parole médiatiques, nous espérons un soutien de leur part car l’accord [entre l’UE et le Canada – ndlr] a démarré sous Nicolas Sarkozy et a été validé sous Hollande », avait-elle souligné.

Dans le JDD, Jean-Baptiste Lemoyne s’étonne lui aussi de la position de LR et du PS sur le sujet. « Mon ancienne famille politique est désormais sans cap, sans boussole, sans chef et sans colonne vertébrale, dit-il. Et quand je vois le député socialiste Boris Vallaud demander un référendum alors même qu’il était secrétaire général adjoint de l’Élysée de François Hollande quand celui-ci a signé le Ceta au nom de la France, je me dis qu’au bal des reniements le Parti socialiste est roi. » Également esquissé par Jacques Maire en commission, l’argument a suscité une vague de vociférations.

En février 2017, lors de son adoption par le Parlement européen, la majorité des eurodéputés français s’étaient opposés au traité de libre-échange de l’UE avec le Canada. La plupart des élus LR avaient soutenu le texte, à l’exception de six d’entre eux qui s’étaient abstenus (Michèle Alliot-Marie, Arnaud Danjean, Angélique Delahaye, Michel Dantin, Brice Hortefeux, Nadine Morano). Quant aux libéraux de l’UDI-MoDem, ils s’étaient divisés entre l’abstention (Marielle de Sarnez, Nathalie Griesbeck), l’opposition (Jean Arthuis, Robert Rochefort) et l’approbation (Sylvie Goulard, Dominique Riquet).

Le vote à Strasbourg a entraîné l’application provisoire de la quasi-intégralité du Ceta, à l’exception du chapitre sur l’arbitrage État/investisseur. Depuis, treize parlements nationaux ont donné leur feu vert. Le rejet par un seul parlement suffirait à suspendre le texte.

A l'Assemblée, l'opposition fait front commun contre le Ceta (Médiapart, 15 juillet 2019 - Ellen Salvi)
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14 juillet 2019 7 14 /07 /juillet /2019 06:28
L'article du Télégramme sur la création du collectif finistérien contre la privatisation d'ADP, regroupant actuellement 14 organisations (Attac, Citoyens et Jeunes pour le climat, Ensemble !, France Insoumise, Parti Communiste Français, Parti Socialiste, Génération.s, EELV, UDB, Solidaires, FSU, CGT, Convergence nationale de défense des Services Publics 29, groupe de soutien 29 à Fakir), en pages Brest ce matin, dimanche14 juillet.

L'article du Télégramme sur la création du collectif finistérien contre la privatisation d'ADP, regroupant actuellement 14 organisations (Attac, Citoyens et Jeunes pour le climat, Ensemble !, France Insoumise, Parti Communiste Français, Parti Socialiste, Génération.s, EELV, UDB, Solidaires, FSU, CGT, Convergence nationale de défense des Services Publics 29, groupe de soutien 29 à Fakir), en pages Brest ce matin, dimanche14 juillet.

Photo Jean-Yves Cabon

Photo Jean-Yves Cabon

Photo Jean-Yves Cabon

Photo Jean-Yves Cabon

Ce matin, vendredi 12 juillet, nous avions une conférence de presse à Brest de la coordination finistérienne pour un référendum sur et contre la privatisation d'ADP (Aéroports de Paris), coordination avec 14 organisations depuis sa création le 3 juillet dernier: PCF, FI, PS, Génération.s, EELV, Ensemble!, UDB, Solidaires, CGT, FSU, Attac, convergence nationale de défense des services publics, jeunes et citoyens pour le climat, Fakir.

Une unité inédite depuis la bataille contre la privatisation de la Poste pour la démocratie, la défense du service public et la lutte contre la mainmise des multinationales sur le patrimoine public.

Une présence sur les marchés et les festivals cet été (Douarnenez, Jeudis du Port, Bout du Monde à Crozon), des vœux à diffuser et soumettre aux votes dans les assemblées d'élus des municipalités et communautés d'agglo, un tract, un appel et des actions communes pour arriver aux 4,7 millions de signatures pour le référendum d'initiative citoyenne sur ADP ou au moins faire en sorte que Macron recule sur ce projet de privatisation scandaleux et illégitime, aux conséquences catastrophiques! 

Ce matin, étaient présents des représentants du PCF, de FI, de Génération.s, d'EELV, d'Ensemble!, de Solidaires, de Attac, de Jeunes et citoyens pour le Climat qui ont échangé en toute cordialité! Un bon point de départ pour un travail commun à dynamiser avec une grosse bataille à la rentrée à préparer tout cet été.

Ismaël Dupont

Texte constitutif

de la Coordination 29 pour un référendum d'initiative citoyenne sur la privatisation d'ADP

Coordination créée le 3 juillet 2019

Le Président de la République et le Gouvernement veulent privatiser complètement les Aéroports de Paris (ADP) – qui gèrent Roissy Charles de Gaule, Orly, Le Bourget – un groupe dont l’État est actuellement actionnaire à 50,6 %. La privatisation d'ADP a été votée par la loi Pacte au printemps 2019. Outre ADP, elle prévoit aussi la vente de ENGIE et de la Française des Jeux, des barrages hydro-électriques. Ils rapportent à eux tous presque un milliard d'euros par an à l’État : 173 millions de dividendes pour l’État l'an passé pour ADP! C'est de l'argent qui peut être ré-investi dans le Service Public.  ADP est la deuxième valeur boursière détenue par l’État après EDF.

Ce projet soulève une très forte opposition dans tout le pays.

La maîtrise publique de nos plus grands aéroports nationaux est un enjeu d'intérêt national avec une forte dimension stratégique, économique et sécuritaire. 86 % des aéroports dans le monde sont sous contrôle public, dont 100 % aux États-Unis.

Si ADP est privatisé :

- quel impact sur l'aménagement du grand Paris ? ADP gère actuellement une réserve foncière immense qui tombera entre les mains des spéculateurs immobiliers sans préoccupation écologique, et les prix des terrains vont exploser.

- quelles conséquences sur une augmentation des coûts des prestations pour les compagnies aériennes et les usagers, sur leur adaptation aux nouveaux impératifs de lutte contre le dérèglement climatique ? Nous ne pouvons pas laisser les actionnaires décider d'un domaine si vital pour notre avenir.

Pour privatiser, l’État devra payer les actuels actionnaires minoritaires d'ADP à hauteur de 1 milliard. Parmi eux, le groupe Vinci, qui est candidat au rachat ! ADP est le principal hub d’Air France, la privatisation fera courir des risques à la compagnie national. Elle s'accompagnerait de lourdes menaces sur les conditions de travail des salariés de l'entreprise.
Les compagnies aériennes se sont déclarées défavorables à la privatisation car elles craignent une augmentation des coûts pour elles et donc une répercussion sur les prix des billets. L'association internationale du transport aérien a en effet mené une étude sur près de 90 aéroports internationaux qui confirme que les aéroports privatisés sont plus chers que ceux restés dans le giron public

Deux exemples devraient inciter le président de la République
à renoncer à ce projet :

- les autoroutes françaises bradées aux multinationales pour un prix de 14,5 milliards d'euros inférieur de 40% probablement à la valeur réelle, concession qui a déjà permis à ces sociétés d'empocher 28 milliards d'euros depuis 14 ans et d'engranger des profits astronomiques sur le dos des citoyens qui paient deux fois les infrastructures : comme usagers avec les péages, et comme contribuables avec les investissements de départ. C'est un véritable racket organisé. Veut-on la même chose pour les aéroports?

- le précédent de la vente de l'aéroport de Toulouse organisée
en décembre 2014 par Emmanuel Macron, ministre de l'économie et des Finances. Vendu pour 308 millions d'euros à un groupe privé sans aucune expérience en matière aéroportuaire et composé à 51% d''une entreprise publique chinoise et à 49% d'un fonds d'investissement de Hong Kong domicilié dans un paradis fiscal - les îles vierges britanniques - il a été revendu 200 millions d'euros plus cher après que les actionnaires en aient vidé les caisses. Cette privatisation a été épinglée par la Cour des comptes.

Suite à la démarche des groupes parlementaires PCF, FI, PS, et de parlementaires LR, la représentation nationale a réussi à imposer un Référendum d’Initiative Partagée (RIP) sur la reconnaissance du caractère de « service public national » des aérodromes parisiens, proposition d'un RIP validé le 9 mai dernier par le Conseil Constitutionnel. Il faudra réunir avant le 12 mars 2020 4,7 millions soutiens à la loi cosignée par 248 parlementaires de gauche et de droite qui consacre ADP comme un service public national, donc non cessible au privé.

Si ces 4,7 millions de signatures sont recueillies, le gouvernement se trouvera l'obligation de consulter les Français sur ce projet. Il va être possible de s'opposer à une nouvelle privatisation et au bradage du patrimoine public au profit exclusif des intérêts privés.

Comment le président et son gouvernement peuvent-ils ainsi privatiser complètement des groupes stratégiques rentables gérant des infrastructures stratégiques sans même consulter les Français, alors qu'ils n'ont reçu aucun mandat pour cela ? Ce serait un déni de démocratie.

A l'inverse, l'obtention du référendum par une très forte mobilisation des Français pourrait constituer une victoire politique majeure contre les logiques néo-libérales et capitalistes de privatisation des services publics.

C'est un enjeu de maîtrise publique d'un secteur essentiel pour notre pays, un enjeu de démocratie.

Citoyens, mobilisons-nous tous ensemble pour que partout dans le Finistère comme dans le reste du Pays une dynamique populaire se mette en place en faveur du référendum sur la privatisation d'ADP!

 

Coordination ouverte aux citoyens et soutenue actuellement par 14 organisations au niveau départemental :

Attac, Citoyens et Jeunes pour le climat, Ensemble !, France Insoumise, Parti Communiste Français, Parti Socialiste, Génération.s, EELV, UDB, Solidaires, FSU, CGT, Convergence nationale de défense des Services Publics 29, groupe de soutien 29 à Fakir

 

 

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13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 19:30

 

Dévoilé par le Monde hier, le projet de texte devant mettre en œuvre la prochaine réforme ne tient aucun compte des récriminations des syndicats.

Muriel Pénicaud est donc restée droite dans ses bottes. La ministre du Travail a fait fi du rejet unanime de sa réforme de l’assurance-chômage par les syndicats lors de sa présentation le 18 juin dernier. Dévoilé hier après-midi par LeMonde.fr, le projet de décret censé mettre en application ces mesures jugées « iniques » par la CGT, instaurant une « paupérisation des chômeurs indemnisés » selon Laurent Berger (CFDT), ne tient compte d’aucune de leurs critiques. L’examen mardi prochain de ce document par les organisations syndicales s’annonce donc houleux. D’autant plus que ces dernières sont réunies avec leurs homologues patronales en Commission nationale de la convention collective, de l’emploi et de la formation professionnelle. Elles ne seront que « consultées » sur le sujet. Et leur avis demandé ne sera que « consultatif ».

Ce décret achève donc un processus de réforme biaisé depuis son lancement. La lettre de cadrage du gouvernement ouvrant les négociations entre patronat et syndicats sur de nouvelles règles d’indemnisation avait été rédigée de manière suffisamment restreinte et rigide pour envoyer ces discussions dans le fossé. Reprenant le dossier, la ministre du Travail a donc eu les coudées franches pour imposer une cure de rigueur à l’assurance-chômage, en la faisant payer par les chômeurs actuels et à venir.

Près de 3 milliards d’économies sur le dos des chômeurs!

Résultat : le texte contient toutes les mesures destinées à rendre plus difficiles les conditions d’ouverture des droits au chômage. À partir du 1er novembre prochain, il faudra avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois, au lieu de quatre mois sur les 28. Le seuil permettant un rechargement des droits sera également de six mois, contre un aujourd’hui. L’autre recul majeur des droits n’est pas oublié. Les salariés qui disposaient d’un revenu du travail supérieur à 4 500 euros brut par mois ne seront plus indemnisés à hauteur de leurs cotisations, mais verront leur indemnisation réduite, au début du septième mois d’indemnisation, de 30 %, avec un plancher à 2 261 euros net. Seuls les 57 ans et plus ne seront pas concernés par la mesure.

Les contreparties à ce serrage de ceinture y trouvent bien leur place, de la meilleure prise en compte du travail discontinu à l’ouverture de droits aux travailleurs indépendants et démissionnaires, jusqu’à la mise en place du système de bonus-malus sur les cotisations patronales pour inciter les entreprises à restreindre leur recours aux contrats courts, mais dans sept secteurs seulement. Cependant, ces maigres concessions sont sans commune mesure avec la note présentée aux privés d’emploi. Le durcissement d’accès à leurs droits permet au gouvernement de réaliser près de trois milliards d’économies sur l’Unédic.

Ce qui créera beaucoup de perdants. Selon des analyses « prudentes » réalisées par l’Unédic, révélées la semaine dernière par l’AFP, 1,2 million de personnes ayant travaillé de manière discontinue, soit la moitié des entrants, vont voir leur allocation journalière diminuer. Chaque année, 500 000 personnes devraient de même être touchées par une ouverture de droits retardée ou annulée. Enfin, le passage aux 24 mois pour les moins de 53 ans rendra la durée des droits plus courte pour 250 000 allocataires. Muriel Pénicaud a eu beau par la suite revendiquer entre 600 000 et 700 000 personnes « potentiellement impactées », la facture sociale de cette réforme s’annonce salée.

 

Nouvelle Vie Ouvrière - journal de la CGT (publié sur la page Facebook de la CGT Pôle Emploi)

Nouvelle Vie Ouvrière - journal de la CGT (publié sur la page Facebook de la CGT Pôle Emploi)

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13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 19:23
 André Chassaigne Président du groupe communiste GDR - Député du Puy-de-Dôme (5ème circonscription)

André Chassaigne Président du groupe communiste GDR - Député du Puy-de-Dôme (5ème circonscription)

Dans la presse - POLITIS

et sur le site: http://www.communistes-republicains-partidegauche.assemblee-nationale.fr

Tribune : « La lutte contre le réchauffement climatique : une bataille sociale »

Le changement climatique provoqué par les activités humaines ne relève plus de la seule hypothèse scientifique : il s’agit d’une réalité vécue et subie par l’humanité dans sa globalité. Les implications de l’élévation de la température moyenne de la planète représentent un défi immense pour la protection de la biodiversité et de l’environnement. Trop longtemps minoré, voire ignoré, il convient également de prendre au sérieux l’impact social du dérèglement climatique. Celui-ci est en effet synonyme de dégradation de nos conditions de vie et d’aggravation des inégalités. À l’échelle mondiale et nationale, ce sont les populations les plus vulnérables qui se trouvent être les premières victimes de ce fléau. C’est pourquoi opposer « fin du monde » et « fin du mois » relève plus du slogan publicitaire que d’une réflexion politique salutaire.

L’impact de l’augmentation des températures moyennes affecte d’abord les pays les moins développés. Leurs populations subissent déjà les phénomènes accrus de sécheresse et inondations, de désertification, d’insécurité alimentaire, d’érosion des côtes et des ressources, de montée du niveau de la mer, etc. Avec pour corollaires une atteinte aux droits fondamentaux – comme l’accès à l’eau – et une intensification des flux de réfugiés climatiques.

Au sein même des pays riches comme la France, si nul n’est épargné par la hausse des températures, nous ne sommes pas tous égaux devant les effets du réchauffement climatique. Une vérité qui se vérifie tant pour les personnes morales (toutes les collectivités territoriales ou entreprises n’ont pas forcément les moyens de s’offrir les aménagements ou services nécessaires pour s’adapter), que physiques. Ce sont en effet les personnes issues des couches sociales les plus défavorisées et les individus les plus vulnérables qui pâtissent le plus du changement climatique. On pense aux personnes âgées et aux sans-abris, mais aussi aux classes populaires qui n’ont pas la capacité financière de faire face à l’augmentation des coûts liés à l’énergie, aux assurances (contre les risques) ou à l’habitat (mal isolé).

En outre, certains secteurs d’activités sont directement exposés à la nouvelle donne climatique. La pénibilité est appelée à croître pour des métiers tels qu’ouvriers du bâtiment, travailleurs de l’agriculture, agents de voirie... Pour les paysans, à la détérioration des conditions de travail s’ajoute l’augmentation des aléas climatiques (sécheresses, inondations, grêles et tempêtes…) qui perturbe les cycles des cultures, ce qui entraîne des pertes de récoltes et de revenus. Quant aux consommateurs, la raréfaction des ressources et le caractère plus aléatoire des conditions de production sont synonymes d’une augmentation du prix des matières premières qui affecteront encore et toujours les plus défavorisés.

Cette conséquence du réchauffement climatique est d’autant plus injuste, que l’empreinte carbone des ménages est liée au niveau du pouvoir d’achat. Autrement dit, les catégories sociales les plus élevées sont celles qui émettent le plus de gaz à effet de serre. Un rapport du Commissariat général du développement durable de 2011 affirme ainsi que « la consommation des 20 % des ménages les plus modestes représente 11 % des émissions de CO2 alors que celle des 20 % des ménages les plus aisés est responsable de 29 % des émissions ». Ainsi, la pratique consistant à calculer les moyennes d’émissions de gaz à effet de serre par pays correspond à ce que des économistes désignent par la formule « hiding behind the poor » (« se cacher derrière les pauvres »).

Notre propos ne vise pas à culpabiliser pour culpabiliser. Nous avons tous notre part de responsabilité, mais certains sont plus responsables que d’autres : à elles seules, cent grandes transnationales seraient responsables de 71 % des émissions globales de gaz à effet de serre. Il s’agit ici également de pointer la stratégie de déresponsabilisation politique de la majorité au pouvoir. Derrière les slogans et autres postures médiatiques tendant à promouvoir « la lutte contre le changement climatique », l’action gouvernementale demeure très en deçà des objectifs fixés par le Giec. Un contraste entre le discours et les décisions symbolisé par la démission fracassante de l’ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot. Un signal d’alarme resté lettre morte. Aujourd’hui, l’exécutif s’apprête à ratifier le traité Ceta (Comprehensive Economic and Trade Agreement), un accord commercial de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, qui porte directement atteinte au climat, à la santé, à l’emploi, et à l’agriculture…

Derrière la catastrophe écologique qui se dessine sur fond de changement climatique, il y a malgré tout une opportunité historique à saisir pour tous ceux qui croient dans la volonté politique et dans la nécessité d’ériger une société nouvelle et meilleure. Son avènement dépend de choix de rupture avec, à la fois, le dogme capitaliste de la rentabilité financière et le cercle vicieux du « productivisme-consumérisme », seuls à même d’ouvrir un nouvel horizon pour un mode de vie respectueux de l’environnement. Il s’agit là d’un double impératif, non d’une simple option. Cela suppose prioritairement de remettre en cause la multiplication des flux internationaux et l’augmentation des investissements dans l’ensemble des industries polluantes telles que le pétrole. La société du XXIe siècle sera plus juste ou ne sera pas.

Lien vers l’article : https://www.politis.fr/articles/2019/07/la-lutte-contre-le-rechauffement-climatique-une-bataille-sociale-40661/

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13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 18:18
Marché de Morlaix, 13 juillet 2019: mobilisation contre le vote du traité de libre-échange UE-Canada CETA
Marché de Morlaix, 13 juillet 2019: mobilisation contre le vote du traité de libre-échange UE-Canada CETA
Marché de Morlaix, 13 juillet 2019: mobilisation contre le vote du traité de libre-échange UE-Canada CETA
Photo Pierre-Yvon Boisnard, 13 juillet 2019

Photo Pierre-Yvon Boisnard, 13 juillet 2019

Photo Pierre-Yvon Boisnard, 13 juillet 2019

Photo Pierre-Yvon Boisnard, 13 juillet 2019

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13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 08:15

Le groupe CRCE  -  10 juillet 2019

Aujourd’hui, les salariés de CONFORAMA sont appelés à se mobiliser à l’appel des syndicats contre le projet de restructuration présenté par leur direction la semaine dernière, alors que débute la période des vacances d’été. De quoi refroidir ces milliers de salariés dont l’avenir vient soudainement de s’obscurcir.

Alors que le groupe sud-africain STEINHOFF, qui détient entre autres CONFORAMA, jouit d’une très bonne santé financière en Europe, les actionnaires ont pris la décision de fermer 32 magasins en France, évoquant une situation déficitaire.

La stratégie est bien connue des grands groupes. Ceux-ci organisent, par des jeux comptables, le déficit de leurs filiales pour justifier de fermetures ou de cessations d’activité, tout cela dans le seul but de réaliser des opérations financières juteuses. Dans le cas de CONFORAMA, cela fait des mois que les actionnaires préparent la vente à la découpe de l’entreprise qui espèrent empocher 800 millions d’euros en vendant son immobilier.

Cette décision est d’autant plus scandaleuse que le groupe CONFORAMA a bénéficié en 4 ans de plus de 63 millions d’euros d’aide publique : exonérations sociales, CICE… ! Tout comme les géants de la grande distribution, CARREFOUR, AUCHAN, CASINO… qui licencient à tour de bras bénéficiant de l’argent de nos impôts et des résultats des ventes du bien public !

Le Gouvernement actuel mais aussi ses prédécesseurs sont les premiers responsables de cette situation. En effet, toutes les réformes du droit du travail de ces dernières années (Loi El-Khomri, Ordonnances Macron…) n’ont eu qu’un seul objectif : permettre aux employeurs de se débarrasser plus facilement de leurs salariés sans être inquiétés.

A l’heure où le Gouvernement et sa ministre du travail, Muriel Pénicaud, s’attèlent à détruire notre système de protection sociale, notamment avec la réforme de l’assurance chômage, les sénatrices et Sénateurs CRCE sont aux côtés des milliers de salariés qui risquent de perdre leur emploi et rejoindre les millions de chômeurs dont la situation va davantage se précariser.

 

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