Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 06:38

 

A la hausse ou à la baisse, on ne cesse de spéculer sur le blé et les autres céréales dans les salles marché. Comme la récolte mondiale de 2019 confirme celles des quatre années précédentes, permettant depuis cinq ans de répondre à la demande solvable, on spécule tantôt à la baisse et tantôt en légère hausse dans les salles de marché. Mais, dans un monde où très peu de pays disposent de stocks de sécurité, une récolte mondiale réduite par des aléas climatiques pourrait vite déboucher sur des pénuries et des émeutes de la faim comme en 2007-2008.

Sommes nous condamnés à dépendre en permanence d’un marché mondialisé et toujours spéculatif quand il s’agit, entre autre chose, de notre pain quotidien ? La question se pose quand on analyse, chiffres à l’appui, le point de presse mensuel de FranceAgriMer concernant les cours du blé du maïs et de l’orge. Ainsi, le blé français serait «compétitif» cet automne sur les marchés internationaux. Néanmoins, rendu au port de Rouen pour l’exportation, son prix était en recul de 21,9% en septembre dernier par rapport à celui de septembre 2018, en dépit d’une meilleure qualité. Si cela peut consoler les producteurs français, les prix des blés russes et ukrainiens exportés depuis les ports de la mer Noire sont en recul de 22,5% sur ceux de 2018, ceux de l’Argentine sont en baisse de 26,1% et ceux qu’exporte l’Australie ont chuté de 27,8%.

L’explication de cette chute des cours en début de campagne est simple. En 2019, on a produit dans le monde 762 millions de tonnes de blé tendre pour une demande solvable estimée à 524 millions de tonnes. Comme le stock de report promet d’être conséquent, on a spéculé à la baisse dans les salles de marchés dès le début de l’été et jusqu’au début du mois de septembre. Surtout que des pays importateurs de gros volumes comme l’Arabie saoudite et l’Algérie ne se sont pas pressés pour faire connaître leurs appels d’offres. Parallèlement, la Russie a fait un peu de rétention, ce qui a contribué à faire remonter les cours de 7% en octobre par rapport à septembre en moyenne concernant les ventes au jour le jour.

 

Moins 11% pour un blé livrable en mars 2020

 

S’agissant du «marché à terme», le producteur français de blé tendre qui s’engage à livrer sa marchandise en mars 2020 se voit proposer un prix de 180,75 € la tonne au moment de la livraison, contre 202 euros l’an dernier à la même époque, pour le même type de contrat. La baisse du prix est de 11% pour un blé de meilleure qualité que celui de l’an dernier. La note de conjoncture de FranceAgriMer nous donne l’explication suivante : « Suite aux bonnes récoltes de blé tendre estimées avant l’été, puis confirmées ensuite chez la plupart des pays producteurs, les prix du blé sur Euronext se sont affichés en nette baisse durant tout l’été. L’inversement de la tendance au cours du mois de septembre s’est poursuivi par une hausse en octobre également, soutenu par une forte demande (notamment de l’Egypte) et les inquiétudes par rapport aux récoltes de l’hémisphère sud». On sait que la production de l’Australie est annoncée en baisse de plus de 20%  du fait de la sécheresse et que celle de l’Argentine baisserait de 5%.

A l’inverse du blé tendre utilisé pour faire du pain et des biscuits, le blé dur que l’on transforme en pâtes alimentaires et en semoule à couscous a vu sa récolte baisser sensiblement en France du fait de la sécheresse. Du coup, son prix est de 250 euros la tonne une hausse sensible par rapport à l’an dernier. Les cours risquent encore de fluctuer du fait de la baisse de volumes disponibles en France mais aussi au Canada. Dans ce pays, la quantité n’est pas à la hauteur des attentes tandis que la qualité médiocre de certains blés durs va les rendre invendables pour la consommation humaine du fait des aléas climatiques de la fin de l’été. 

 

Prix en baisse et coûts de production en hausse pour le maïs

  

S’agissant des céréales fourragères comme le maïs et l’orge, les prix  2019 sont en repli sur ceux de 2018. Le recul de la production porcine en Chine suite aux dégâts causés par la peste porcine africaine a conduit à réduire le cheptel de 40%. Cette baisse du cheptel porcin chinois réduira les débouchés de deux céréales durant encore quelques mois. Pour des livraisons à échéance de janvier 2020, le prix de la tonne de maïs se négociait dernièrement à 165,5  euros  contre 172 euros l’an dernier à pareille époque. Or, du fait de conséquences de la sécheresse, le rendement du mais grain français est en baisse en 2019 par rapport à 2018. Le prix est en baisse alors que les coûts de production sont en hausse. S’agissant de l’orge fourragère, le prix de la tonne rendue au port de Rouen pour l’exportation était de 158 euros la semaine dernière contre 200 euros l’en dernier à la même époque. 

 

La France gagnerait à produire davantage de protéines végétales 

 

On sait que la France exporte bon an mal an 50% du blé tendre qu’elle produit. La moitié de ce blé exporté est acheté par des pays non membres de l’Union européenne. Ces pays font jouer la concurrence sur les prix et privilégient aussi les achats de blés avec un taux de protéines élevé que les blés français ont souvent du ma à atteindre, bien que ce ne soit pas le cas cette année. La France gagnerait donc à cultiver moins de blé. Surtout que sa culture en rotations courtes demande de gros apports d’engrais azotés tout en appauvrissant les sols en matière organique.

 Comme d’autres pays membres de l’Union européenne, la France gagnerait à cultiver davantage de protéines végétales comme le soja, la féverole, le lupin pour le bétail ; le pois chiche, le haricot sec, la lentille pour l’alimentation humaine. Cela suppose aussi une nouvelle orientation des aides européennes en faveur de ces productions. Ce serait enfin la meilleure façon de ne plus contribuer à la déforestation de l’Amazonie en réduisant progressivement les importations de soja qui dépassent chaque année les 40 millions de tonnes dans les pays membres de l’Union européenne. 

Partager cet article
Repost0
19 novembre 2019 2 19 /11 /novembre /2019 06:42

 

Ian Brossat invité de Public Sénat jeudi 7 novembre 2019

Partager cet article
Repost0
19 novembre 2019 2 19 /11 /novembre /2019 06:40

La mobilisation des personnels de l’hôpital public de ce jeudi 14 novembre a été exceptionnelle. Elle exprime la très grande souffrance des personnels soignants et leur attachement à trouver des solutions rapidement pour sauver l’hôpital public, revaloriser les métiers, réouvrir les lits, des unités de soins, des services d’urgence, des maternités, des hôpitaux de proximité

 

 

De manière exceptionnelle, le Président de la République a tenu à réagir avant la fin de la manifestation pour annoncer un nouveau train de mesures, confirmant ainsi que sa ministre n’a pas su être à la hauteur jusqu’à maintenant.

Comment peut on en effet répondre aux besoins de l’hôpital public en poursuivant les politiques d’austérité et la baisse, année après année, du budget de la santé et de la Sécurité Sociale ?


Ces déclarations du chef de l’État ont percuté l’étude du Projet de loi de finance de la sécurité sociale (PLFSS) au sénat. Les sénateurs de tous bords ont décidé, sur initiative du groupe communiste, de suspendre ces travaux. Ils ont ensuite refusé de voter le volet "recettes" ! A cette heure, l’étude du PLFSS est bloquée. C’est inédit ! Mais compréhensible logique : car ce budget, contraint, réduit, sera remis en cause la semaine prochaine à l’issu du conseil des ministres par les nouvelles mesures du gouvernement.


Cette situation n'est pas seulement un grand cafouillage ou un bricolage d'État. C'est la démonstration que ce pouvoir ne parvient plus à imposer sa politique au pays.


Un an après le surgissement du mouvement des « Gilets jaunes », les Français ne sont pas en attente de « pédagogie » ou de « progressivité » dans la mise en œuvre des réformes. Ils supportent plus des choix budgétaires consistant à réduire la dépense publique, faire des cadeaux aux plus riches, alléger le capital. La colère grandit également dans le pays contre une réforme des retraites qui met à mal la sécurité sociale. Rien de tout cela ne permet de répondre à l'urgence sociale qui s'exprime depuis des mois !

Bien au contraire ces politiques aggravent les inégalités !


Ce gouvernement doit changer de politique, de dogme économique, desserrer les cordons de la bourse pour répondre aux besoins de notre pays. En matière de dépenses de santé, l’ONDAM exige une hausse d’au moins 4,5% au lieu des 2,2 annoncés : il faut ajouter 4 milliards d’euros pour répondre aux besoins de notre système de santé. C’est la seule issue pour s’en sortir.

Partager cet article
Repost0
19 novembre 2019 2 19 /11 /novembre /2019 06:35

 

La cour d’appel de Rennes a cassé les deux mandats d’arrêt européens émis par l’Italie à l’encontre de l’ex-manifestant contre le G8 de Gênes.

Un seul être manquait, et tout était dépeuplé à Rochefort-en-Terre (Morbihan)… Interpellé début juillet sur la base de deux mandats d’arrêt européens émis par l’Italie et incarcéré depuis, Vincenzo Vecchi, condamné à douze ans de prison pour « saccage et pillage » lors du contre-G8 de Gênes en 2001 et d’une manifestation antifasciste à Milan en 2006, a été remis en liberté vendredi. Et dans son bourg d’élection, au café associatif de La Pente, où le comité de soutien rassemblant ses amis et ses voisins a ses habitudes, la fête a, entre vivats et embrassades, duré jusqu’à l’aube, samedi matin.

La cour d’appel de Rennes a jugé dénué d’objet le premier mandat d’arrêt à l’encontre du militant italien : sa défense avait produit plusieurs pièces établissant qu’il avait déjà purgé la peine visée. Sur le second, pour des faits imputés à Vincenzo Vecchi lors des manifestations de Gênes en 2001, la justice française a constaté « l’irrégularité de la procédure d’exécution ». « C’est une décision juste, se félicite Me Catherine Glon, une des avocates de Vincenzo Vecchi. Cette procédure, depuis le début, était irrégulière ; elle était aussi inexacte : les autorités italiennes avaient menti à l’État en évoquant des décisions de justice qui n’existaient pas ou n’étaient plus exécutoires. » Pour l’écrivain Éric Vuillard, très engagé dans le comité de soutien (lire l’Humanité du 21 octobre), la remise en liberté de Vincenzo Vecchi est une « victoire » qui « s’inscrit dans un paysage plutôt sinistre en Europe. Il y a une dégradation progressive des libertés publiques, une atteinte progressive aux droits fondamentaux et, finalement, on s’en accommode, dénonce-t-il. Là au moins, voilà une décision positive. La liberté, ce n’est pas qu’un mot, il y a toujours quelqu’un derrière la liberté. Le sort de cette personne irradie sur tous ». Également membre du comité de soutien, Pierre Laurent salue lui aussi la décision : « L’extradition demandée par l’Italie n’aura pas lieu, se réjouit le sénateur PCF. Après la Grèce, un tribunal français indique que les militants politiques ne sont ni des criminels ni des terroristes. Nous ne pouvons qu’être heureux que Vincenzo retrouve les siens. »

Après que l’avocat général s’était déclaré favorable à l’extradition lors des audiences, le procureur général de Rennes ne lâche pas l’affaire, avertissant dans un communiqué qu’il étudie l’éventualité d’un pourvoi en Cassation. Selon le parquet, la décision n’affecte pas la validité et la régularité du mandat d’arrêt européen délivré par les autorités italiennes, mais uniquement la procédure de notification en France.

Thomas Lemahieu

Partager cet article
Repost0
18 novembre 2019 1 18 /11 /novembre /2019 13:52

 

Une adolescente de 15 ans a été tuée et plusieurs personnes sont "probablement" disparues après l'effondrement d'un pont, le 18 novembre, enjambant le Tarn à Mirepoix-sur-Tarn, en Haute-Garonne dans le sud-ouest de la France. Une catastrophe qui remet en lumière un rapport du Sénat réalisé à la suite de la tragédie de l’effondrement du pont Morandi à Gênes le 14 août 2018, qui avait provoqué la mort de 43 personne. Selon ce rapport, rendu public en juin 2019, 25 000 ponts routiers en France nécessitent d’être rénovés dans les dix ans. En cause, le désengagement de l’État. Toutes les informations sur la catastrophe dans l'Humanité du 19 novembre.  

Un pont routier sur dix serait, en France, « en mauvais état structurel » et poserait « des problèmes de sécurité pour les usagers ». Lancée au lendemain de la tragédie de l’effondrement du pont Morandi à Gênes le 14 août 2018, qui a provoqué la mort de 43 personnes, la mission sénatoriale qui vient de rendre son rapport met au jour que, de ce côté-ci des Alpes aussi,l’inquiétude est de mise. Vingt ans après la dernière grande catastrophe en France, celle du tunnel du Mont-Blanc en 1999, les sénateurs font d’abord le constat que « le nombre exact de ponts routiers en France n’est pas connu » – il y en aurait entre 200 000 et 250 000. Surtout, qu’aucune politique globale n’est à l’œuvre, entre les ponts dont l’entretien dépend soit de l’État, des départements ou des communes et de leurs groupements.

Pire, quelque 1 750 ponts gérés par l’État présentent « un risque d’effondrement ». Le viaduc autoroutier de Gennevilliers, dont un remblai s’est écroulé en mai 2018, a mis dix mois à rouvrir pleinement. En Seine-et-Marne, deux ponts communaux sont fermés à la circulation depuis… 2014.

« Sous-investissement chronique  et insuffisance de l’action publique»

Si les sénateurs pointent « le vieillissement du patrimoine », avec 2 800 ponts gérés par l’État arrivant en fin de vie, ils soulignent aussi « un sous-investissement chronique (…) et les insuffisances de l’action publique ». Surtout, l’État, en visant l’austérité budgétaire, ne peut que se concentrer sur les ponts les plus dégradés. « Le problème est plus inquiétant encore, s’agissant des communes et des intercommunalités, écrivent les auteurs, qui pour certaines méconnaissent l’état de leurs ponts, voire parfois leur nombre, ne sont pas équipées pour en assurer la gestion et se heurtent à d’importantes difficultés financières pour les entretenir ».

Pour le sénateur centriste Hervé Maurey, qui préside la mission, l’État mesure mal l’impact de ses décisions. « Certains petits ponts peuvent être fragilisés par la multiplication des poids lourds. » On songe à la suppression du « train des primeurs Perpignan-Rungis » voulue par la SNCF, risquant d’être remplacé par 250 camions quotidiens. Les sénateurs pointent aussi l’impact d’applications GPS sur la fréquentation d’ouvrages d’art non conçus pour cela. Ou les effets du dérèglement climatique sur des ouvrages an-ciens, mettant à l’épreuve leur résistance.

La mission dénonce les restructurations à l’équipement

La mission formule dix propositions, dont la première est un plan Marshall consistant à tripler les moyens consacrés par l’État à ses ouvrages, 120 millions d’euros par an, contre 45 millions aujourd’hui. Pour ceux dépendant des communes, elle préconise « un fonds d’aide aux collectivités territoriales doté de 130 millions d’euros par an pendant dix ans ».

En creux, la mission dénonce aussi, au-delà de l’absence de moyens, les effets des restructurations intervenues dans les services de l’équipement, et pointe le besoin de recréer « une ingénierie territoriale accessible », la « mise en place d’une programmation pluriannuelle des travaux ». Il n’y a plus assez d’agents, ce que le ministère des Transports reconnaît pudiquement comme « une tension sur les effectifs ».

La mission s’est concentrée sur les ponts routiers, laissant de côté murs de soutènement et tunnels, « bien que ces autres catégories d’ouvrages puissent également poser des problèmes de sécurité », met en garde le rapport. Pour Hervé Maurey, « le gouvernement qui écarterait ce constat d’un revers de la main prendrait un vrai risque ».

Lionel Venturini

 

Partager cet article
Repost0
17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 13:00
Rouge Finistère n°5 à sortir pour la fête de l'Humanité Bretagne le 30 novembre - Une interview exclusive de Fabien Roussel: l'homme de Béthune

"L'homme de Béthune", Fabien Roussel en invité vedette du cinquième numéro de Rouge Finistère, le journal de la fédération PCF du Finistère, qui sortira dans 10 jours, sous la direction graphique de l'atelier Caradec.

Avec une très belle interview décalée de nos amis et camarades Ernest Gahan et Adèle Ajonc.

Fabien Roussel sera à Lorient dans le cadre de la fête de l'Huma Bretagne le dimanche 1er décembre pour le meeting et un débat sur la gauche.

Partager cet article
Repost0
17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 11:02
Logement. Nouveau coup de rabot sur les APL
Vendredi, 15 Novembre, 2019

La réforme du calcul des allocations logement sera appliquée début janvier. Objectif : 1,2 milliard d’euros d’économies sur le minimum social le plus efficace contre la pauvreté.

Les aides personnelles au logement (APL) sont encore dans le collimateur du gouvernement. Votée dans la loi de finances 2019 mais repoussée à plusieurs reprises pour des raisons techniques, la « contemporanéisation » devrait cette fois s’appliquer à partir du 1er janvier 2020

Derrière ce mot compliqué se cache un principe qui relève en apparence de la justice. Au lieu d’être calculées, comme c’est le cas actuellement, sur les revenus perçus deux ans auparavant, ces allocations, qui aident 6 millions de personnes à payer leur loyer, seront désormais versées en fonction de la situation actuelle des allocataires. Cette dernière sera recalculée automatiquement tous les trois mois par les CAF, qui recevront les informations de la base de ressources mensuelles (BRM), concoctée à partir des données transmises par les employeurs dans le cadre du prélèvement à la source. « Cette réforme va permettre à chacun d’avoir ce dont il a besoin et, surtout, de l’avoir au bon moment et non pas deux ans après, comme c’est le cas aujourd’hui », s’est récemment félicité Julien Denormandie, ministre du Logement, dans un entretien accordé à 20 minutes.

Une étude d’impact aussi bien gardée qu’un secret-défense

« Je vois des perdants et pas de gagnants », s’inquiète Camille Giraudet, de la Confédération syndicale des familles. Derrière l’argument d’une meilleure adéquation des APL aux besoins des personnes, le gouvernement ne cache pas que son objectif est de faire 1,2 milliard d’euros d’économies par an. Selon les chiffres diffusés par le Canard enchaîné, 600 000 allocataires verront leur APL disparaître à la suite de la réforme, et 1,2 million auront des prestations à la baisse. À l’exception de l’hebdomadaire satirique, personne n’a eu accès à l’étude d’impact réalisée par la CAF, qui semble aussi bien gardée qu’un secret-défense. Malgré leurs nombreuses demandes, les associations de défense de locataires n’ont pas pu l’obtenir. Pas plus que les représentants des syndicats qui ont participé, le 5 novembre dernier, au conseil d’administration de la CAF au cours duquel elles ont toutes voté contre le projet de décret entérinant la réforme.

Garantir aux moins de 25 ans un  reste à vivre décent

Les jeunes actifs entrant sur le marché du travail devraient être les premiers à faire les frais de la réforme. En raison de leurs salaires plus faibles et de leur précarité dans l’emploi, les APL sont un outil indispensable pour leur permettre de se loger, dans le marché restreint et coûteux des petites surfaces dans les grandes métropoles. « Pour préserver l’accès au logement des moins de 25 ans, leur garantir un “reste pour vivre” décent et une sécurisation de la première année d’installation, nous demandons un aménagement de l’application du principe de contemporanéité des revenus pris en compte pour le calcul des APL », avaient d’ailleurs plaidé, dès novembre 2018, les associations travaillant sur le logement des jeunes. Les étudiants bénéficieront d’un régime de dérogation : leurs revenus seront calculés en fonction d’un forfait, ce qui rend l’impact de la réforme complexe à évaluer. « Cette réforme va installer de l’instabilité budgétaire », observe aussi Camille Giraudet. Au-delà des jeunes, la réforme entérine l’alignement des allocations sur une précarisation croissante du monde du travail, alors que l’accès au logement est de plus en plus difficile.

Cette nouvelle coupe s’inscrit dans une politique qui a fait du logement en général, et des APL en particulier, les principales victimes des coupes budgétaires de l’ère Macron. En même temps qu’il supprimait l’ISF, le gouvernement fait 400 millions d’euros d’économies annuelles avec la très décriée baisse de 5 euros des APL, décidée à l’été 2017. Au moins 900 millions annuels de plus ont été récupérés, en diminuant de 60 euros celles versées aux locataires de HLM. Dans sa dernière étude, l’Insee a souligné que, même en prenant en compte les réductions de loyer, consenties par les HLM pour compenser la ponction du gouvernement, la baisse des APL expliquait la hausse en 2018 du nombre de ménages dont les revenus sont passés sous la barre du seuil de pauvreté.

Camille Bauer
Logement: nouveau coup de rabot sur les APL (Camille Bauer, L'Humanité, 15 novembre 2019)
Partager cet article
Repost0
17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 10:54
Oui, Monsieur le Président de la République, la précarité tue ! - Par André Chassaigne, député PCF du Puy-de-Dôme, président du groupe GDR (L'Humanité)
Oui, Monsieur le Président de la République, la précarité tue !
Vendredi, 15 Novembre, 2019 - L'Humanité

Lettre ouverte au Président de la République. Par André Chassaigne, député PCF du Puy-de-Dôme, président du groupe GDR (PCF - Gauche des DOM-TOM)

 

" C’est avec émotion que je m’adresse à vous, Monsieur le Président, avec l’espoir que vous serez sensible à cet appel. Émotion, mais aussi colère, à la suite du drame vécu par un enfant de la République dans notre France de 2019. Anas, étudiant de 22 ans à Lyon, s’est immolé aux portes d’un restaurant universitaire. Brûlé à 90 %, ce jeune homme est toujours « entre la vie et la mort ».

Vous me connaissez suffisamment, Monsieur le Président, pour savoir qu’en exprimant ma colère je ne me livre pas à quelque instrumentalisation politicienne de cette terrible tragédie. Mais vous en conviendrez, ce drame ne relève ni du fait divers, ni de la fatalité. Au-delà de raisons intimes impénétrables, il s’agit d’un cri d’alarme générationnel dont la résonance est foncièrement politique. C’est l’étudiant lui-même qui le reconnaît dans un message qu’il a posté avant son acte de désespoir. C’est la dégradation de ses conditions de vie et sa situation de jeune précaire qui l’ont plongé dans l’abîme. Et c’est explicitement qu’il souligne la responsabilité du gouvernement et de tous ceux qui nous ont engagés sur la voie de la régression sociale.

Vous devez entendre cette parole, Monsieur le Président. L’appel à la dignité et à la solidarité lancé par notre jeunesse mérite mieux que votre aveuglement. Votre silence inexplicable pendant près d’une semaine pourrait être interprété comme une marque d’indifférence. A moins que ce ne soit, pour reprendre Albert Camus dans « l’Homme révolté , « la sécrétion en vase clos d’une impuissance prolongée » ? Au cœur du mouvement des « gilets jaunes », n’aviez-vous pas déclaré ne pas sentir « une colère profonde » dans le pays ?

La jeunesse est l’une des principales victimes de la violence sociale de votre politique. En témoigne votre décision, à peine arrivé au pouvoir, de baisser l’aide personnalisée au logement de 5 euros par mois (soit 60 euros par an, ce qui n’est pas rien pour un étudiant !). Parallèlement, vous avez également marqué l’ouverture de votre quinquennat par la suppression de l’ISF : une suppression à la fois symbolique et symptomatique. Symbolique, elle a été le péché originel de votre présidence, qui a fait de vous « le président des riches ». Symptomatique, elle a éclairé votre conception de l’équité et de la solidarité nationale, au détriment de nos jeunes concitoyens qui en payent le prix fort.

À défaut de « ruissellement », votre politique en faveur des plus riches a produit des résultats implacables pour les plus vulnérables : les jeunes pauvres et précaires sont de plus en plus nombreux, y compris parmi les étudiants, avec pour eux de lourdes conséquences et des injustices intolérables dans la continuation de leurs études. Concrètement, l’appauvrissement des conditions de vie des étudiants et la multiplication des emplois précaires de jeunes pèsent lourdement sur leur capacité à payer leurs factures, leur loyer et leurs besoins élémentaires.

Une dégradation des conditions de vie qui n’affecte pas que les plus jeunes : nos anciens, eux aussi, sont frappés de plein fouet par la cherté de la vie et la baisse continue de leur retraite.

Je le redis, Monsieur le Président, vous devez entendre cette réalité. Et il n’est pas trop tard ! Rappelons-nous qu’en Tunisie, l’immolation de Mohammed Bouazizi, qui avait préféré « mourir plutôt que vivre dans la misère », fut l’événement catalyseur du soulèvement populaire qui a fait chuter le régime de Ben Ali. Aujourd’hui, partout dans le monde, du Chili au Liban, les peuples s’élèvent contre l’injustice et les inégalités sociales produites par les politiques néolibérales menées par des élites coupées des réalités.

En France, le mouvement des gilets jaunes n’est pas éteint : ses racines profondes sont toujours au cœur de votre action. Cette histoire n’est pas terminée. Elle est toujours vivante et anime les forces vives de notre nation qui en appellent aujourd’hui au retour de nos valeurs fondamentales de justice et d’égalité.

Monsieur le Président, écoutez notre peuple, changez de politique avant qu’il ne soit trop tard… ou l’Histoire vous jugera coupable de non-assistance à peuple en danger.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de mes sentiments les meilleurs."

Partager cet article
Repost0
17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 08:07

‪Pour attaquer l’historien Benjamin Stora, l’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs actuelles à qui Emmanuel Macron, président de la République, a accordé une longue interview il y a quinze jours, mobilise des caricatures antisémites dignes des antifreyfusards et des brûlots racistes des années 30. À lire ce vendredi 15 novembre dans l’Humanité.

Caricature antisémite contre Benjamin Stora dans Valeurs Actuelles: Rosa Moussaoui dénonce dans l'Humanité, vendredi 15 novembre
Partager cet article
Repost0
17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 06:53
GILETS JAUNES, AN II. « LES GILETS JAUNES ONT REMIS LA JUSTICE SOCIALE AU CŒUR DU DÉBAT PUBLIC » (L’HUMANITE - Jeudi 14 Novembre 2019 - Diego Chauvet)

Le mouvement des gilets jaunes, inattendu, a pris des formes inédites. En marge des organisations traditionnelles, il a cependant permis l’expression d’une colère populaire qui couvait. Rémi Lefebvre, politologue, et Laurent Jean-Pierre, auteur d’un ouvrage sur le sujet (1), analysent un an d’une lutte qui infuse dans la société.

 

Comment le mouvement des gilets jaunes a-t-il été possible ?

Laurent Jeanpierre. En son départ, il est le fruit inattendu de la rencontre entre des mobilisations conjoncturelles via les médias sociaux autour de l’automobile, de la limitation de vitesse à 80 km/h puis des taxes sur le gazole, et le rejet profond de Macron et de ses politiques favorables aux classes dominantes, détruisant le tissu institutionnel de redistribution et de solidarité du pays. À ces facteurs se sont ajoutées des tendances plus anciennes d’endettement du « bas » des classes moyennes et des classes populaires consolidées, de retrait des services publics sur nombre de territoires suite aux politiques néolibérales, et de subordination des villes périurbaines et de leur population vis-à-vis des grandes métropoles régionales et de Paris à cause d’un aménagement du territoire irrationnel ou absent et de la désertification des emplois.

Rémi Lefebvre. C’est un mouvement improbable qui reste à bien des égards une énigme pour les chercheurs. Il est aussi la traduction de phénomènes structurels qui ont nourri l’action collective : les problèmes de mobilité, le déclassement de certains territoires, la crise des services publics, les fractures territoriales…

Internet a joué un rôle majeur dans la dynamique de désintermédiation et réintermédiation que le mouvement traduit. Il démontre une nouvelle fois le potentiel de mobilisation qu’offre Internet et sa capacité à élargir l’accès à la parole publique. Les réseaux sociaux tendent à fonctionner comme des vecteurs et ascenseurs contestataires puissants qui ont permis de relier des gens inconnus dans une forme d’immédiateté et d’agréger soutiens et mots d’ordre.

 

Les revendications sont allées très au-delà ensuite. Comment ont-elles pu évoluer ?

Laurent Jeanpierre. Au risque de simplifier, on peut les diviser en deux grandes catégories. Des demandes de maintien du pouvoir d’achat qui insistent, non pas sur les salaires, mais sur le poids croissant des dépenses contraintes et préengagées chaque mois. Et des revendications de démocratie directe, dont le référendum d’initiative citoyenne n’a été que l’une des traductions, car elles invitaient aussi, en creux ou parfois plus vigoureusement, les organisations politiques et leurs représentants à se remettre en question, à se rapprocher de leurs concitoyens, à entendre leurs expériences quotidiennes de souffrance, à ne pas vivre hors-sol.

Rémi Lefebvre. Les gilets jaunes ont permis un partage de souffrances sociales, rendues publiques, encouragé l’expression de récits individuels de misères, mais ce rôle purement expressif a été progressivement dépassé par la transmutation de misères individuelles en une cause collective qui s’est dégagée. Si les revendications ont été évolutives, souvent contradictoires et non priorisées, formant une liste à la Prévert, les gilets jaunes ont réussi à mettre la justice sociale au cœur du débat public.

 

Une nouveauté dans l’histoire des mouvements sociaux en France ?

Laurent Jeanpierre. Ses formes d’action, de structuration souple et fragile, sa décentralisation importante, son rejet viscéral des grandes villes, en font incontestablement une mobilisation d’un type nouveau. Mais on peut aussi l’inscrire dans un ensemble actuel de mobilisations moins spectaculaires sur les territoires – contre les fermetures d’école, d’hôpitaux, contre les grands équipements inutiles – et aussi dans une lignée plus ancienne de mobilisations en rupture avec les syndicats et les partis, comme les coordinations, les mouvements de « sans » des années 1990 et d’autres protestations.

Rémi Lefebvre. Les coordinations dans les années 1980 ont des similitudes mais étaient cependant strictement corrélées et confinées à un milieu professionnel salarié et ont été largement animées par des militants de la « gauche syndicale ». Elles avaient désigné des interlocuteurs pour négocier avec le gouvernement. Le mouvement des gilets jaunes est beaucoup plus large et rassemble une fraction importante de primo-engagés.

De manière relativement inédite, la dynamique a été globalement spontanée, décentralisée, au départ essentiellement locale. Le mode de mobilisation perturbe les grilles d’analyse classiques : il est moléculaire, sans centre ni leader, et n’est cadré ni par un parti ou par une organisation syndicale. Le pouvoir est dérouté face à un mouvement sur lequel il n’a pas prise et qui refuse de produire des interlocuteurs pour négocier.

 

Est-ce qu’il a apporté quelque chose aux revendications populaires ?

Laurent Jeanpierre. Il a obtenu des concessions de la part du gouvernement qui bénéficient aux classes moyennes mais aussi aux petites retraites. Il a permis surtout de faire largement valoir l’idée que le règlement de la question écologique ne pouvait s’affranchir des enjeux de justice sociale et aussi des demandes de démocratie. Et il a rappelé que les grandes villes n’étaient qu’une partie du territoire national où vivent souvent les plus privilégiés et donc que la justice territoriale est un enjeu majeur en France. Écologie, justice sociale et spatiale, démocratie approfondie : ce sont des enjeux centraux pour les gauches de gauche afin de se renouveler et de parler au-delà de leurs bases électorales devenues de plus en plus étroites.

 

Pourquoi ont-ils réussi à durer ?

Laurent Jeanpierre. Ce mouvement a duré parce que les premiers gilets jaunes ont été remplacés ou accompagnés par d’autres manifestants, souvent plus précaires ou plus politisés qu’eux, et parce que la mobilisation a aussi été un vaste mouvement d’éducation politique populaire et de rencontres dans des zones où les habitants se croisent peu. Ces deux derniers facteurs ont incité beaucoup de gens à rester proches de la dynamique jaune.

Rémi Lefebvre. Les gilets jaunes ne sont pas un mouvement social sauvage qui rejette toute forme d’intermédiation. Si le mouvement a fait l’économie d’une organisation, il a structuré son action, articulant habilement le territorial et le virtuel, les luttes de proximité des ronds-points et les réseaux sociaux, les actions en province et les manifestations parisiennes. Un travail de médiation politique et sociale a bien été produit sans organisation et sans représentation dans ses formes habituelles. Il s’est ainsi installé dans la durée, aussi parce que l’opinion publique lui était favorable. Il a aussi pris et duré parce qu’il a généré des formes de sociabilité.

Le mouvement a assumé une autre fonction que les partis et organisations politiques remplissent de moins en moins : celle de solidarité et de socialisation. Les gilets jaunes ont révélé la solitude et le désœuvrement, notamment des femmes seules très présentes dans le mouvement, mais aussi l’aspiration à l’échange, aux coups de main, à la réciprocité.

 

La défiance à l’égard des organisations politiques et syndicales est restée de mise. N’a-t-elle pas empêché le mouvement de trouver une traduction politique lors des élections européennes ?

Laurent Jeanpierre. Peut-être, même si notre idée des traductions politiques d’un mouvement social ne devrait pas être réduite aux débouchés électoraux. De toute manière, pour des manifestants majoritairement profanes en politique, le scrutin européen n’a rien de mobilisateur. Il présente des enjeux et des problèmes trop lointains, trop abstraits par rapport aux expériences vécues quotidiennement qui étaient partagées sur les ronds-points. Il pourrait en aller différemment des scrutins municipaux car c’est à l’échelle locale que les gilets jaunes se sont rassemblés. Mais, là non plus, rien n’est certain.

Rémi Lefebvre. Les forces du mouvement (sa souplesse, son informalité, son horizontalité…) sont aussi ses faiblesses (absence d’horizon stratégique clair, de lisibilité…). Dès lors que le mouvement se veut autre chose qu’une protestation ponctuelle (ce qui est induit par la montée en généralité de ses mots d’ordre), ses contradictions surgissent. À partir de février 2019, la fracture a été de plus en plus forte entre la stratégie de la rue et celle des urnes, la deuxième impliquant la formalisation d’une organisation dans la perspective des élections européennes de mai. Devenir ou ne pas devenir une organisation (pas forcément liée au jeu électoral) ? Telle a été une des questions centrales qui a agité le mouvement.

 

Cette défiance est-elle indépassable ? Comment pourrait-elle être dépassée ?

Laurent Jeanpierre. Il n’y a rien de fatal en politique. Pour que la défiance des gilets jaunes envers les partis, les syndicats et les organisations soit dépassée, il faudra plusieurs ingrédients. Du temps, parce que cette distance est profonde de la part de fractions de la population qui, dans la leur écrasante majorité, ont découvert les protestations et se sont formées à la politique l’année dernière. Mais il faudrait aussi que les organisations politiques, notamment leurs appareils, réfléchissent aux raisons de leurs propres distances vis-à-vis de la colère jaune et de leurs difficultés préalables à en saisir les ressorts.

Les organisations pourront-elles aussi se saisir de la demande démocratique radicale du mouvement et des autres demandes ? Dans un premier temps, les échelles politiques locales et territoriales, dans le périurbain mais aussi dans les quartiers et les zones rurales, me paraissent plus favorables que d’autres échelles pour cela.

Rémi Lefebvre. La question démocratique de la représentation du mouvement est au cœur de la première assemblée des assemblées, qui regroupe une centaine de délégations des gilets jaunes en janvier. Le rejet de la représentation politique est au fondement de cette démarche marquée par le refus de la hiérarchie et de la délégation. La légitimité des délégués de cette assemblée pour parler au nom de tous les gilets jaunes est sans cesse remise en cause. Il y a chez une partie des gilets jaunes un rejet radical de toute forme de représentation qui conduit à une impasse.

Les organisations restent, sans doute, en démocratie représentative, sous condition d’une rénovation radicale de leur modèle, des structures indispensables pour agréger durablement des intérêts collectifs, les défendre et les porter dans le système politique à travers des programmes et des propositions…

 

Peut-on dire que le mouvement continue malgré la baisse du nombre de manifestants ?

Laurent Jeanpierre. Les effectifs de la mobilisation sont beaucoup plus faibles qu’au départ L’une des originalités de ce mouvement aura été de ne pas peser par le nombre mais par des formes nouvelles de révolte. Même si un noyau dur irréductible peut continuer à manifester les samedis, l’avenir est plus diffus. Il passe déjà par des projets électoraux, individuels ou collectifs, des lobbies citoyens, des assemblées locales, des tentatives fragiles de fédérations entre elles, et il pourrait surtout se traduire à plus long terme par un engagement dans la société civile.

Rémi Lefebvre. Il s’est beaucoup affaibli mais, à mon avis, il existe encore à l’état dormant. Je pense qu’il peut repartir même si la répression féroce du mouvement a eu de puissants effets de dépolitisation.

 

Un an après, qu’a-t-il apporté à la société française, à la vie politique ?

Laurent Jeanpierre. L’onde de choc se ressent et se fera ressentir dans nombre d’institutions. Si l’on devait retenir seulement quelques éléments, je dirais que le mouvement participe d’une tendance plus longue et internationale de relocalisation de la politique protestataire, elle-même parallèle à un investissement politique plus grand des sociétés locales par les pouvoirs publics, à travers les dispositifs participatifs par exemple. Plus largement, le mouvement amplifie le doute de nos sociétés sur la qualité de nos démocraties et témoigne, avec d’autres mobilisations, de la nécessité de les rénover profondément, surtout s’il s’agit de traiter ensemble la question écologique et la question sociale.

Rémi Lefebvre. La question de la justice sociale et la question démocratique (après Nuit debout) ont été mises au cœur de l’agenda politique. Les gilets jaunes ont produit une politisation intense d’acteurs qui ont pour la première fois pris part à des actions collectives, discuter politique, échanger… Ce mouvement aura des effets politiques à long terme.

(1) « In Girum. Les leçons politiques des ronds-points », de Laurent Jeanpierre. Éditions la Découverte, 192 pages, 12 euros.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011