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4 juillet 2019 4 04 /07 /juillet /2019 05:43
APL : les Thénardier au pouvoir (Ian Brossat - PCF)

Le Canard enchaîné révèle aujourd'hui la réforme des APL engagée par le gouvernement. C’est un nouveau coup dur. Ce sont plus d’un million de familles qui subiront de plein fouet une baisse des aides, voire une suppression totale.

Une fois de plus, ce gouvernement de Thénardier fait les poches aux familles populaires. La perte de pouvoir d’achat est immense : un milliard d’euros prélevé aux plus modestes. Pour une famille, ce sera 1000 euros en moins par an, soit presque un SMIC.

Après des mois de mobilisation sociale, c’est une véritable provocation.

C’est d’autant plus hallucinant que le gouvernement avait lui-même reconnu son erreur, après avoir baissé une première fois les APL en 2017.

Pourtant, deux ans après, Macron s’attaque de nouveau au pouvoir d’achat des familles populaires. N’oublions pas qu’entre temps, les cadeaux aux plus riches se sont multipliés : il est clair que le président des riches mérite plus que jamais son surnom.

 

Ian Brossat, porte parole du PCF et Responsable de la commission Logement au PCF

3 juillet 2019

APL: les Thénardier au pouvoir - Ian Brossat, porte-parole du PCF
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4 juillet 2019 4 04 /07 /juillet /2019 05:21
Carrière

Il faut le lire pour le croire. Jacques Julliard, ce mondain qui fit toute sa carrière sous les ors de la social-démocratie, consacre une pleine page du Figaro pour annoncer que « les intellectuels n’aiment pas la liberté ».

Il est sur le sujet absolument catégorique. Dans l’Histoire, dit-il, ils auraient été fachos ou staliniens. Il aligne Aragon, Eluard, Joliot-Curie, Picasso. Et pour ce plumitif, le pire de tous semble avoir été Jean-Paul Sartre, assassiné ici comme « mauvais romancier qui a justifié tous les massacres pourvu qu’ils se réclament du socialisme », « petit vieillard en charentaises » et « insatiable buveur de sang ». Pourquoi tant de rage ? On se dit d’abord qu’il a mal digéré la canicule, un coup de chaud de trop. Et puis on se souvient que nos dominants veulent effacer de la mémoire nationale les traces de la Libération, du programme du CNR, des idées révolutionnaires d’alors. En loufiat appliqué, Julliard fait sa part du job en crachant sur l’intelligentsia et les idées émancipatrices de cette époque. Car, c’est sûr, Julliard, lui, il sait ce qu’est un vrai intellectuel, ce bobo néo-libertaire qui finit sa trajectoire pigiste au Figaro.

Gérard Streiff

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2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 06:27
Ian Brossat au meeting de Rennes des Européennes, 24 avril dernier, devant mille personnes (le plus gros meeting de la campagne Européennes en Bretagne, tous partis et mouvements confondus) - photo France Chapa

Ian Brossat au meeting de Rennes des Européennes, 24 avril dernier, devant mille personnes (le plus gros meeting de la campagne Européennes en Bretagne, tous partis et mouvements confondus) - photo France Chapa

Élections municipales. Ian Brossat mènera campagne à Paris
Dimanche, 30 Juin, 2019
 
Les communistes parisiens se sont dotés d’une équipe collégiale pour le scrutin de 2020. L’actuel maire-adjoint au logement, Ian Brossat, sera leur porte-voix.

 

 
Ian Brossat a été désigné pour mener la campagne des communistes à Paris pour les municipales de 2020. « L’enjeu est de battre la République en marche, qui a décidé de jeter toutes ses forces dans la bataille, y compris depuis l’Elysée, et de faire gagner la gauche, en travaillant au rassemblement, sur la base d’un projet qui répondent aux aspirations des familles parisiennes », explique-t-il. L’actuel maire-adjoint au logement considère que les macronistes « ne veulent pas seulement remplacer la maire Anne Hidalgo, mais aussi les habitants », en faisant de la capitale une « ville pour les riches et les touristes ».

Fort de son bilan, avec la création de « 42 000 logements sociaux durant la mandature, ce qui constitue record absolu », Ian Brossat ne compte pas laisser LaREM les vendre comme elle le prévoit. « Les 550 000 familles modestes qui vivent à Paris grâce au logement social seraient poussées dehors », s’inquiète-t-il. A l’inverse, l’élu compte poursuivre sa politique et atteindre les 30% de logements sociaux à Paris en 2030. Soit 7000 de plus par an, notamment en s’attaquant aux 200 000 logements vacants, et en poursuivant les rachats pour transformer le bâti existant.

Dans le cadre de la campagne de 2020, Ian Brossat propose aussi un référendum pour interdire Airbnb dans les quartiers les plus impactés, et un autre sur l’encadrement des loyers, afin de maintenir le dispositif actuel ou de mettre en place un blocage pendant cinq ans. Les communistes « qui ont joué un rôle essentiel tout au long de la mandature » visent toujours la gratuité totale des transports en commun en 2030. « Après l’avoir obtenu pour les personnes âgées et les 4 à 11 ans, il faut que cela soit gratuit pour tous les mineurs lors du prochain mandat », insiste Ian Brossat, qui place « le combat contre la vie chère et pour la qualité environnementale » au cœur du débat. « La puissance publique devra également intervenir davantage contre l’uberisation. On voit que des entreprises peuvent transformer la ville en un jour. Il faut réagir », ajoute-t-il.

Les communistes parisiens, qui avaient dans un premier temps choisi Nicolas Bonnet-Oulaldj pour mener campagne, ont tenu mardi dernier un conseil départemental qui a décidé de la création d’une équipe collégiale, notamment composé « d’Hélène Bidard et de Nicolas, en charge du projet », explique Ian Brossat. L’ancienne tête de liste du PCF aux européennes tire de ce dernier scrutin « la nécessité que la gauche reprenne le chemin du dialogue, car le risque du duel entre RN et LaREM existe aussi pour les municipales ». Il soutient un accord sur des contenus, son parti ayant écrit aux autres forces de gauche. Des rencontres ont actuellement lieu. La décision de se rassembler avec la maire PS de Paris Anne Hidalgo au premier tour « si nos propositions sont entendues », ou au second tour sera tranchée en octobre, précise Ian Brossat.

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2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 05:54
Hébergement d’urgence. L’État repart à la chasse aux réfugiés
Mardi, 2 Juillet, 2019

Le gouvernement prépare un texte pour contraindre le 115 à transmettre la liste des réfugiés et demandeurs d’asile hébergés.

 

Le gouvernement rouvre la chasse aux réfugiés par la petite porte. Après la circulaire Collomb il y a un peu plus d’un an, un nouveau texte, rédigé conjointement par le ministère de l’Intérieur et celui de la Cohésion des territoires, demande au 115 de fournir à l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) des informations sur le statut et l’état civil des réfugiés et demandeurs d’asile hébergés. Cette circulaire, encore non publiée mais que nous avons pu consulter, prévoit l’organisation de réunions mensuelles entre les deux instances au niveau départemental. Elle envisage, à terme, la fusion de leurs fichiers, au risque de faire passer l’hébergement d’urgence sous la supervision du ministère de l’Intérieur.

Renforcer le contrôle et la répression des étrangers

Le Conseil d’État avait pourtant encadré la circulaire Collomb, qui tentait de remettre en cause le caractère inconditionnel de l’accueil des personnes à la rue. En avril 2018, il avait indiqué que les recensements de migrants dans les centres d’hébergement d’urgence ne pouvaient se faire qu’avec l’accord de la structure d’accueil et sur une base volontaire. Dans ces conditions, le déploiement d’équipes mobiles de l’Ofii dans les centres d’accueil, que la nouvelle circulaire prévoit de relancer, n’a permis qu’un recensement minimal. La visite de 11 structures, où 240 entretiens volontaires ont été menés, a abouti à 6 relogements et aucune régularisation, soulignent les associations. Officiellement, la nouvelle circulaire a pour objet d’améliorer l’orientation des publics dans les structures adaptées. L’idée serait de permettre aux demandeurs d’asile d’intégrer un centre d’accueil et d’examen des situations (Caes) et aux personnes disposant déjà du statut de réfugié d’avoir accès à un logement. Un vœu pieux compte tenu de l’engorgement de ces structures sous-dimensionnées et des difficultés d’entrer dans l’emploi et le logement pour des réfugiés statutaires abandonnés à eux-mêmes. Selon une estimation récente citée par le Monde, 11 000 demandeurs d’asile et 8 000 réfugiés ont du coup atterri dans l’hébergement d’urgence.

La nouvelle circulaire semble surtout destinée à renforcer le contrôle et la répression des étrangers. Elle ne s’en cache pas et contient des dispositions comme le retrait de l’aide au logement versée à un demandeur s’il est hébergé, mais aussi un transfert plus simple des déboutés vers les structures organisant les reconduites à la frontière. Elle devrait aussi complexifier l’accueil des exilés. Une stratégie gouvernementale dénoncée par les associations et qui consiste à laisser des milliers d’exilés vivre dans des conditions indignes avec le vain espoir que cela les empêcherait de venir chercher l’asile en France.

Camille Bauer
Hébergement d'urgence: l'état repart à la chasse aux réfugiés (Camille Bauer, L'Humanité, 2 juillet 2019)
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2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 05:45
Référendum ADP: la barre des 10% de demandes citoyennes pour l'obtenir est franchie (L'Humanité, 2 juillet 2019)
Référendum adp. La barre des 10 % de signatures est franchie
Mardi, 2 Juillet, 2019

Le Conseil constitutionnel a annoncé hier que 480 300 noms ont été enregistrées sur les 4,7 millions exigées.

 

Ce sont « 480 300 soutiens (qui) ont été enregistrés sur le site Internet du ministère de l’Intérieur dédié à (la) procédure » ouverte par 248 parlementaires de toute l’opposition, hors RN, contre la privatisation des Aéroports de Paris (ADP), a annoncé hier le Conseil constitutionnel. Soit un peu plus de 10 % des 4 717 396 signatures nécessaires pour ouvrir la voie à un référendum d’initiative partagée (RIP). Pour recueillir assez de soutiens dans le délai imparti de 9 mois, le recueil doit suivre un rythme de 17 000 signatures quotidiennes jusqu’au 12 mars 2020. Pour l’heure, 26 683 ont été enregistrées chaque jour en moyenne.

Depuis l’ouverture de la procédure, le 13 juin, de très nombreuses critiques quant à l’accessibilité du site ou aux conditions faites aux 2 000 communes censées participer à la collecte se font entendre. « Les réclamations dont le Conseil constitutionnel a été saisi à ce jour portent dans une très grande proportion sur le fonctionnement du site Internet dédié », a reconnu celui-ci, hier. Et de temporiser aussitôt en arguant de la mise en ligne « d’un tutoriel, d’une “foire aux questions’’, d’une carte interactive des points d’accès proposés dans des mairies et consulats », et de précisions apportées sur les informations à mentionner dans le formulaire. Du côté de la place Beauvau, on « assume », assure le secrétaire général adjoint du ministère, Alain Espinasse, au Monde. « Entre ergonomie et sécurité, on avait des arbitrages à faire », justifie-t-il.

« Beaucoup renoncent parce que c’est trop compliqué »

« Des sites nécessitant autant de sécurité, comme pour les cartes d’identité ou les passeports, sont beaucoup plus faciles d’accès. Là, beaucoup renoncent parce que c’est trop compliqué », réplique le député PCF Stéphane Peu, qui a demandé la semaine dernière à Christophe Castaner le cahier des charges du site. Avec ses collègues des autres groupes parlementaires, il sollicite également une nouvelle rencontre au ministère, qui pourrait avoir lieu cette semaine.

Le délai entre deux annonces du nombre de signataires est également considéré par beaucoup de soutiens au RIP comme un défaut de transparence et un obstacle à la mobilisation. Alors que le ministère a fait fermer l’un des compteurs militants, les sages de la rue de Montpensier n’ont cure, eux non plus, des multiples demandes d’un décompte plus régulier, hebdomadaire, voire quotidien : « Le prochain communiqué sur le recueil des soutiens interviendra normalement fin juillet. »

Julia Hamlaoui
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29 juin 2019 6 29 /06 /juin /2019 07:08
Réforme de l’assurance-chômage. Une grave attaque contre les plus précaires (Samuel Churin, dans les pages débats de l'Humanité, 28 juin 2019)
Réforme de l’assurance-chômage. Une grave attaque contre les plus précaires
Vendredi, 28 Juin, 2019

Samuel Churin

 

Mardi 18 juin 2019, a eu lieu un événement qui fera date dans l’histoire des droits sociaux. Le 18 juin 2019, ce n’était pas un appel plein d’espoir pour organiser la résistance, mais des annonces qui constituent, sans aucune contestation, la plus grave attaque contre les plus précaires. Vous ne trouverez pas d’équivalent dans l’histoire. Mardi 18 juin 2019, le gouvernement, par les voix d’Édouard Philippe et de Muriel Pénicaud, a osé décrire par le menu et très tranquillement la manière dont il allait faire plus de 3 milliards d’euros d’économies en trois ans sur les plus pauvres à travers la réforme de l’assurance-chômage. Pour tous les salariés à l’emploi discontinu (sauf pour les intermittents), cette réforme est tragique. Vous pensez peut-être que j’exagère, que je surjoue la pièce. Et pourtant !

Je vais essayer d’expliquer assez simplement l’ampleur des dégâts. Le dossier est technique et bon nombre de travailleurs pauvres mesureront l’étendue du massacre uniquement lorsque la réforme sera appliquée en 2020. Je ne retiendrai que trois points parmi beaucoup d’autres.

1 - Les critères d’accès

Aujourd’hui, pour accéder à l’assurance-chômage dans le régime général (hors annexes 8 et 10), il faut avoir travaillé au minimum 4 mois sur les 28 derniers mois. Avec la réforme, la période minimale de travail pour accéder à l’assurance-chômage sera donc ramenée à 6 mois sur 24. Cela peut paraître négligeable, ces 2 « petits mois » supplémentaires, mais quand vous êtes un salarié avec des pratiques discontinues, c’est beaucoup. Et les intermittents du spectacle en savent quelque chose. Ce changement de critères d’accès empêchera des centaines de milliers de travailleurs de bénéficier de l’assurance-chômage.

2 - Le massacre du montant de l’indemnité journalière

Ce point est passé presque inaperçu. Et pourtant, c’est de loin le plus terrible. « Les indemnités chômage seront désormais calculées sur le revenu mensuel moyen du travail, et non sur les seuls jours travaillés comme aujourd’hui. » Cette phrase résonne comme une sorte de banalité, mais elle aura des conséquences tragiques. Actuellement, quelqu’un qui travaille 1 jour sur 2 au Smic jour a son indemnité calculée sur la base du Smic jour. Donc, le jour où il a un mois entièrement chômé, son indemnisation mensuelle sera basée sur le Smic. Et il en va de même s’il travaille 1 jour sur 3. Pour calculer l’indemnité journalière (IJ), on se base sur son prix de journée travaillée. Dorénavant, avec la réforme, ce salarié à travail discontinu aura son indemnité calculée sur la base d’un demi-Smic s’il travaille 1 jour sur 2, d’un tiers s’il travaille 1 jour sur 3, etc. Si ce mode de calcul était mis en place pour les intermittents, l’immense majorité des indemnités journalières ne dépasserait pas 20 euros, soit 600 euros par mois en cas de mois entièrement chômé !

3 - Le malus pour les employeurs de salariés aux pratiques discontinues

Le bonus-malus fonctionnera de la manière suivante : plus le nombre de salariés qui s’inscrivent à Pôle emploi après avoir travaillé pour une entreprise est important par rapport à son effectif, plus une entreprise paiera de cotisations patronales à l’assurance-chômage.

Cette façon de faire est en place aux États-Unis et a des conséquences bien perverses, à commencer par le non-recours aux droits. En clair, un deal est passé entre l’employeur et son salarié afin que ce dernier ne s’inscrive pas à Pôle emploi. Ainsi, l’employeur ne paye pas de malus pour le salarié, en échange de quoi il lui promet de lui donner du travail. Si le salarié ne se plie pas à cette demande, il ne l’embauche plus. Le non-recours aux droits sera une « belle » manière, assez radicale, de faire des économies sur le dos des plus fragiles.

Vous l’aurez compris, j’espère, cette réforme est la plus importante baisse de droits et de « pouvoir d’achat » jamais appliquée en France. Elle est ciblée principalement contre les plus fragiles des précaires. Et pourtant : le chômage étant une telle honte, les chômeurs étant considérés comme des parias coupables d’être au chômage, cette attaque ne déclenchera aucune manifestation importante.

Nous, intermittents du spectacle, sommes épargnés. Nous savons, intimement, en quoi l’assurance-chômage est essentielle pour nos vies. Nous pouvons, mieux que quiconque, mesurer le désarroi, la détresse et l’extrême pauvreté à laquelle nos collègues intermittents de l’emploi seront confrontés. Nous avons été épargnés pour cette fois, mais nous ne resterons pas éternellement protégés dans notre réserve d’Indiens, à l’écart de cette politique néolibérale qui exclut systématiquement les plus pauvres.

L’assurance-chômage nous concerne tous. Faisons en sorte, au moins en diffusant l’information, que cette réforme soit dénoncée et que ce gouvernement réponde de ses actes.

Comédien et membre de la Coordination des intermittents et précaires d’Île-de-France

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29 juin 2019 6 29 /06 /juin /2019 06:56
Catherine Wihtol de Wenden avait été l'invitée des Jeudis Rouges des sections PCF de la 8e circonscription du Finistère, Réseau Partage des Savoirs, à Quimperlé, pour une conférence d'éducation populaire cette année, le 28 mars 2019, qui avait rassemblé beaucoup de monde. 
 
Le sort des migrants. Le droit émergent à la mobilité
Vendredi, 28 Juin, 2019

Catherine Wihtol de Wenden

 

L’élection d’un nouveau Parlement européen et la poursuite des épisodes de morts en Méditerranée, des murs, des camps et des situations d’illégalité du séjour dues aux migrations appellent une nouvelle politique concertée entre les États européens entre eux et entre les institutions européennes et les États, contrairement à la crise passée, marquée par le défaut de solidarité entre les pays européens et le manque de confiance entre les États et la Commission de Bruxelles.

Tout d’abord, une remise à plat complète de la politique européenne d’immigration et d’asile, compte tenu de ses dysfonctionnements, s’impose, en questionnant le principe du renforcement des frontières extérieures de l’Europe. La suppression des accords de Dublin II sur l’asile, en débat depuis quinze ans, est nécessaire, car le principe « one stop, one shop » (tout demandeur d’asile doit obligatoirement demander l’asile dans le premier pays européen où il a mis le pied) ne fonctionne pas car ce système ruine l’insertion future des nouveaux arrivants qui ne souhaitent pas rester dans ce pays sans réseaux de connaissances familiales ou de compatriotes, ni perspectives d’insertion professionnelle.

Tout demandeur d’asile en Europe doit en outre avoir les mêmes chances d’avoir une réponse uniforme à sa demande quel que soit le pays européen auquel il s’adresse, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui car chaque pays conserve un pouvoir d’appréciation de la situation de crise dans le pays de départ où des considérations politiques, diplomatiques, commerciales peuvent interférer alors que la transparence entre pays européens serait de mise.

Ensuite, l’Europe doit suivre les lignes tracées par le pacte de Marrakech de 2018, « pour une immigration sûre, organisée et régulière », c’est-à-dire ouvrir davantage ses frontières à l’immigration de travail légale dans les secteurs non pourvus par les nationaux. Cette disposition permettrait de résoudre la difficulté de faire la part des profils de demandeurs d’asile et de migrations économiques. Les migrants cherchant du travail ne seraient plus obligés de se présenter sous le jour d’une demande d’asile (avec beaucoup de risques d’être déboutés) du fait de la suspension, depuis 1974, de l’immigration de travail salarié, ou de faire appel à des passeurs en Méditerranée et de traverser la Libye avec le concours des trafiquants en s’exposant à des formes d’esclavage et à la mort en mer (2 275 en 2018).

Enfin, face à l’ampleur des échecs des politiques de reconduction à la frontière, de retour, des dispositions répressives et dissuasives et au coût de l’approche sécuritaire des migrations, il convient au contraire de considérer celles-ci comme un phénomène banal, correspondant à une tendance structurelle du monde et non à une pratique criminelle. Les migrants fuient les inégalités dans un monde interdépendant, les crises et les conflits, le chômage massif des jeunes, la gestion politique de pays faillis, la corruption, l’absence d’espoir. Or, l’inégalité du droit à la mobilité qui dépend du passeport (soumis ou non à l’obligation de visa) est l’une des inégalités les plus mal vécues dans le monde d’aujourd’hui, qui considère la mobilité comme une forme de modernité et de développement humain. Il n’est plus possible d’imaginer un monde où seuls les habitants du nord de la planète peuvent circuler librement et un monde du Sud contraint à rester derrière ses frontières en attendant un hypothétique développement futur car le développement est lui-même lié aux migrations. Le droit à la mobilité est l’un des droits émergents de ce début du XXe siècle.

Juriste, politologue, directrice de recherche au CNRS

Le sort des migrants. Le droit émergent à la mobilité - Catherine Wihtol de Wenden - L'Humanité, 28 Juin 2019
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29 juin 2019 6 29 /06 /juin /2019 06:49
Déjà 415 000 signatures pour un Référendum d'initiative citoyenne sur le statut public inaliénable d'Aeroports de Paris - vous aussi, demandez le réféendum
Afin d'obtenir l'organisation du référendum pour le statut public  d'aéroport de Paris, et contre sa privatisation, il faut le soutien de 4,7 millions d'électeurs.
 
Si vous ne l'avez pas fait, vous trouverez ci-dessous le lien pour apporter votre soutien :
 
 
Partagez ce lien autour de vous...
 
Encouragez vos proches à signer.
 
Il y a 415 000 signatures pour l'instant.
 
A 1 million de signatures, on pourra se battre pour abaisser le seuil des 4,7 millions de signatures pour demander un référendum, très élevé tout de même.
 
Haut les cœurs!
 
ADP. Le mode d’emploi pour avoir plus de chances de réussir à signer
Vendredi, 28 Juin, 2019 - L'Humanité

Pour signer, sur la page Internet dédiée et mise en place par le ministère de l’Intérieur, tout commence par une case à cocher, « Je soutiens ». Cliquer ensuite sur « Suivant ». Se munir d’une pièce d’identité, inscrire ses prénoms, nom, date et lieu de naissance, mais aussi commune de vote. Pour ce faire, quelques détails sont à avoir en tête : mettre une majuscule aux prénoms, ne pas mettre de virgule entre deux prénoms mais un espace, mettre une majuscule et des tirets à la commune de résidence. Après signature, veiller à garder précieusement le récépissé car même en respectant ces consignes le résultat n’est pas garanti. Il existe également un autre moyen : remplir un formulaire papier, à imprimer et déposer dans les chefs-lieux de canton.

Déjà 415 000 signatures pour un Référendum d'initiative citoyenne sur le statut public inaliénable d'Aeroports de Paris - vous aussi, demandez le réféendum
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28 juin 2019 5 28 /06 /juin /2019 12:28
Rétention des étrangers  :  Le PCF dénonce la politique punitive et inhumaine du gouvernement (28 juin 2018) - et pétition de la CIMADE
Rétention :  Le PCF dénonce la politique punitive du gouvernement
 
22 associations, parmi lesquelles la CIMADE, le GISTI et AMNESTY INTERNATIONAL, ont écrit ce 24 juin à Christophe Castaner pour lui demander de faire cesser la politique du tout enfermement qui conduit à
la maltraitance des personnes étrangères placées en centre de rétention.
 
Le constat que ces associations dressent est alarmant: Taux d'occupation des centres en très forte hausse, automutilations, émeutes, suicides, pratiques illégales des préfectures, politiques punitives pouvant aller
jusqu'à 3 mois derrière les barbelés.
 
Le PCF dénonce la dernière loi Asile et Immigration qui a permis de doubler, dés septembre 2018, la durée maximale de rétention, qui passe ainsi à 3 mois.
 
Il est pourtant établi qu'une plus longue durée d'enfermement ne permet pas plus d'expulsions. Par contre cette politique, jamais encore appliquée par aucun autre gouvernement, a pour conséquence de maintenir
des hommes, des femmes et même des enfants dans des conditions carcérales indignes.
 
La France a d'ailleurs déjà été condamnée pour avoir placé des enfants dans des lieux les privant de liberté.
Les associations rappellent que depuis cette réforme, le taux d'occupation a explosé générant une promiscuité et des tensions insupportables, notamment pour les personnes les plus vulnérables, et
les familles.
 
Le PCF exige du gouvernement de faire cesser cette politique punitive.
Il s'oppose à l'enfermement des enfants et des personnes les plus vulnérable au sein des centres de rétention.
Le PCF demande au gouvernement une large concertation avec l'ensemble des associations de terrains spécialisées dans la défense des étrangers, afin de mettre en œuvre une vraie politique migratoire et humaine, respectueuse de tous.
 
Parti communiste français,
 
Paris, le 28 juin 2019.
Monsieur Castaner, votre politique d’enfermement en rétention a franchi la ligne rouge

Avec La Cimade, Médecins du Monde, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), Amnesty International France, le GISTI, le CCFD-Terre Solidaire, Emmaüs France, le Syndicat des avocats de France (SAF), la Ligue des droits de l’Homme (LDH), le Comède, le Secours islamique, ADDE, le MRAP, l’ACAT, le Syndicat de la magistrature, le Secours Catholique – Caritas France, l’Uniopss, la Fasti, Le Collectif des morts de la rue, Emmaüs Solidarité, l’Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau et l’Anafé, signez la pétition et envoyez la lettre ouverte à Christophe Castaner pour mettre fin aux violences dans les centres de rétention administrative.

Merci.

 

Les demandes de la lettre ouverte sont :

  • Faire cesser cette politique du tout enfermement qui conduit à la maltraitance de personnes étrangères ;
  • Proscrire tout enfermement d’enfants en rétention ;
  • Assurer la protection des personnes les plus vulnérables, parmi lesquelles les personnes malades ;
  • Mettre un terme aux pratiques illégales l’administration.

14070 soutiens.

Des hommes et des femmes s’automutilent ou tentent de se suicider dans les centres de rétention administrative (CRA). D'autres se révoltent face à la violence et aux humiliations. Des lignes rouges ont été franchies par le gouvernement dans sa politique d'expulsion à tout prix. Adressons un message clair au ministre de l'Intérieur : "Monsieur Castaner, votre politique d’enfermement en rétention a franchi la ligne rouge".

 

Les hommes, les femmes et les enfants enfermé·e·s dans les centres de rétention administrative français* sont dans une situation de désespoir rarement égalée. Des personnes étrangères s’automutilent ou tentent de se suicider dans les CRA. Au cours de ces quinze derniers mois, deux hommes se sont donné la mort dans ces lieux où l’administration enferme des personnes pour les expulser du territoire français. D’autres se révoltent ou expriment leur désespoir à travers des lettres publiques, des grèves de la faim, des émeutes ou des tentatives d’incendie. Ces actes qui se multiplient à une fréquence inédite sont le résultat d’une politique inacceptable qui a conduit à une situation extrêmement alarmante.

La Cimade, qui intervient dans 8 CRA pour accompagner les personnes enfermées dans l’exercice de leurs droits, prend l’initiative d’interpeller publiquement le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, premier responsable de ce choix d’utiliser l’enfermement en rétention comme outil principal d’une politique d’expulsion. Cette politique du gouvernement banalise la privation de liberté des personnes étrangères.

22 organisations engagées en faveur des personnes migrantes et réfugiées se sont associées à cette lettre ouverte qui pointe du doigt les effets catastrophiques de la loi Asile et Immigration de septembre 2018, qui a notamment doublé la durée maximale de rétention. Cette loi permet désormais d’enfermer toutes les personnes visées durant trois mois, ce qu’aucun gouvernement français n’avait jamais jusqu’alors proposé. Or, les statistiques sont formelles : enfermer plus longtemps ne permet pas d’expulser plus. En revanche, être privé·e de liberté derrière des barbelés pendant 90 jours, c’est subir une machine à enfermer qui brise des vies, notamment celles d’enfants, dans un environnement carcéral oppressant.

La Cimade avec 21 organisations interpellent le ministre de l’Intérieur pour lui demander de :

  • Faire cesser cette politique du tout enfermement qui conduit à la maltraitance de personnes étrangères ;
  • Proscrire tout enfermement d’enfants en rétention ;
  • Assurer la protection des personnes les plus vulnérables, parmi lesquelles les personnes malades ;
  • Mettre un terme aux pratiques illégales de l’administration.

Associez-vous à ces demandes, envoyez la lettre ouverte à Christophe Castaner. Refusons les violences faites aux personnes enfermées en rétention.

Merci -

Lettre ouverte et pétition initiées par La Cimade avec le soutien de Médecins du Monde, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), Amnesty International France, le GISTI, le CCFD-Terre Solidaire, Emmaüs France, le Syndicat des avocats de France (SAF), la Ligue des droits de l’Homme (LDH), le Comède, le Secours islamique, ADDE, le MRAP, l’ACAT, le Syndicat de la magistrature, le Secours Catholique – Caritas France, l’Uniopss, la Fasti, Le Collectif des morts de la rue, Emmaüs Solidarité, l’Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau et l’Anafé.

 

*Rétention administrative : enfermement des personnes étrangères (hommes, femmes et enfants) pour le seul fait qu’elles ne sont pas en règle d’un point de vue strictement administratif. En vue de leur expulsion, elles sont privées de liberté par l’administration et subissent un traitement carcéral, alors qu’elles n’ont commis aucune infraction au sens pénal.

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28 juin 2019 5 28 /06 /juin /2019 07:10
Assurance-chômage: un projet barbare contre les précaires (Cécile Rousseau, L'Humanité, 27 juin 2019)
Assurance-chômage. Un projet « barbare » contre les plus précaires
Jeudi, 27 Juin, 2019
(...)

L’indignation est unanime contre ce coup de rabot géant permettant d’économiser 3,4 milliards d’euros en trois ans sur le dos des plus fragiles.

« On veut nous forcer à prendre n’importe quel boulot »

Pour Denis Gravouil, en charge des questions d’emploi à la CGT, « le gouvernement est allé plus loin que ce que demandait le Medef en reculant l’entrée dans l’indemnisation à 6 mois travaillés sur les 24 derniers mois. On sait que 300 000 personnes vont sortir de l’indemnisation. Au total, avec la réforme du mode de calcul des allocations (non plus basées sur le salaire journalier de référence, mais sur le salaire moyen), 800 000 personnes perdront ou n’auront plus de droits ». Ce changement des règles de calcul va avoir des effets dévastateurs pour les précaires cumulant emplois et allocations. Philippe Tixier, secrétaire de la CGT intérim, pointe des conséquences massives sur le porte-monnaie. « Un intérimaire qui a travaillé 15 jours et était indemnisé le restant du mois pourrait toucher jusqu’à deux fois moins d’allocations qu’avant. La chasse aux précaires est ouverte ! » Selon lui, les travailleurs temporaires, mis à mal par les deux dernières conventions Unédic, ont déjà perdu 30 % de leur revenu de remplacement. « On veut nous forcer à prendre n’importe quel boulot, ce sera de l’intérim subi, à n’importe quel prix, même à des conditions de santé et de sécurité déplorables. »

« On va placer les gens dans une situation de survie »

Ces mesures austéritaires censées réduire le déficit de l’Unédic et accélérer son désendettement pourraient achever d’anéantir le système. Comme l’explique Malika Zediri, porte-parole de l’Apeis (association de chômeurs) : « Bientôt, l’indemnisation par l’assurance-chômage sera réduite à peau de chagrin. On va placer les gens dans une situation de survie », constate-t-elle. La énième petite phrase méprisante sur les privés d’emploi d’Emmanuel Macron, il y a trois jours, assurant que, si les personnes avaient envie de travailler, « il y avait des offres », est mal passée. « En ce qui me concerne, Pôle emploi m’a proposé une heure de travail par semaine pour faire du ménage. Là, à 59 ans, j’ai réussi à obtenir un CDD », raconte la militante. Cette précarité dont il est très compliqué de sortir, avec 9 embauches sur 10 qui sont des contrats à durée déterminée, Pierre Garnodier, de la CGT chômeurs, l’a aussi expérimentée. Surveillant dans l’éducation nationale, le jeune homme ne compte plus les contrats de 3 mois qu’il a enchaînés : « C’est la peur du lendemain, cela a un effet psychique certain. Ce projet du gouvernement est barbare, sachant qu’un chômeur sur quatre touche moins de 800 euros par mois et que le chômage tue 14 000 personnes par an. »

Présentée comme l’une des maigres contreparties du plan, l’annonce de 1 000 recrutements pour 3 ans à Pôle emploi par la ministre du Travail est loin d’avoir rassuré les conseillers. « On aurait préféré des CDI », note Magalie Amaouz, élue SUD emploi travaillant dans une agence du 19e, qui rappelle que 800 équivalents temps plein sont supprimés à Pôle emploi cette année. « On va être chargé d’appliquer la réglementation, mais ce n’est pas comme ça que je vois ma mission de service public », soupire-t-elle, déplorant au passage que l’accompagnement spécifique des « permittents » (cumulant emplois et salaires) soit désormais transféré au secteur privé… Quant à Michel Brevart, du bureau national du SNU Pôle emploi, il est fatigué du discours officiel : « Quand le gouvernement parle de chômeurs (percevant salaires et allocations) qui s’installeraient dans leur situation, qui toucheraient 100 %, voire 200 % de l’équivalent de leur ancien salaire, c’est un mensonge ! » Pour maintenir la pression, la CGT appelle à une journée d’action interprofessionnelle le 24 septembre prochain.

Cécile Rousseau
 
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